• Grande Guerre : au milieu des râles, les premiers cris des surréalistes
    https://next.liberation.fr/culture/2018/11/10/grande-guerre-au-milieu-des-rales-les-premiers-cris-des-surrealistes

    Paul Eluard, Jacques Vaché, André Breton, Louis Aragon, Joë Bousquet… Pour eux, la guerre aura été la matrice d’une pensée et d’une œuvre en rupture. A l’abattage des hommes doit succéder celui de toutes les conventions.

    Des décombres surgit parfois un monde nouveau. Souvent ! ajoutent les générations suivantes comme un acte de foi, une croyance absolue en un monde régénéré par le cataclysme d’avant. La guerre de 14-18 aura précipité la France dans la modernité. Pour s’en convaincre, il n’est que de voir toutes les innovations technologies nées de conflit dans le seul but de mieux s’entre-tuer : avions, chars d’assaut, mitrailleuses, gaz… Le progrès aura eu là des relents fétides…

    Avant la France vivait sa « Belle Epoque », une période de relatif calme après la guerre de 70 et la Commune. Les conséquences de l’affaire Dreyfus s’estompent. La République est installée. Les chemins de fer se développent. Le rail entre dans les campagnes. Seule la question religieuse avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, vient aviver les vieilles plaies. La France, confortablement installée dans ce cocon, traîne des pieds pour entrer dans le XXe siècle et vit toujours à l’heure du précédent.

    La guerre sera la matrice de toute une nouvelle génération d’écrivains. Même si pour certains, ils ont publié avant-guerre, tous, mobilisés dès 1914 ou en 1915, professeront la même volonté de rompre avec l’ancien monde, promettant de casser ses conventions, de « ruiner la littérature » selon la formule de Paul Eluard dans un petit mot adressé à André Breton. Pour une grande part, la guerre sera le creuset où se trempera le surréalisme. Tout comme en Italie où l’après-guerre verra se développer un mouvement se voulant résolument « moderne », le futurisme, dont le manifeste initial a été publié en 1913 ; idem avec « l’expressionnisme » en Allemagne.

    Paul Eluard est mobilisé comme infirmier dès 1914, quelques mois seulement après sa sortie du sanatorium. Il est affecté à l’hôpital ordinaire d’évacuation numéro 18 à Hargicourt, dans la Somme. En 1917, sur le front au sein du 95e régiment d’infanterie, il rédige quelques poèmes restés fort peu connus.

    « Oh ! le bruit terrible que mène la guerre parmi le monde et autour de
    nous ! Oh ! le bruit terrible de la guerre ! Cet obus qui fait la roue,
    la mitrailleuse comme une personne qui bégaie,
    et ce rat que tu assommes d’un coup de fusil ! ». (Notre mort)

    André Breton, étudiant en classe préparatoire aux études de médecine est déclaré bon pour le service le 17 février 1915. Il rejoint Pontivy pour y faire ses classes dans « un cloaque de sang, de sottise et de boue ». Le futur étudiant en médecine est affecté à Nantes en juillet 1915, ville dont le pape du surréalisme écrira dans Nadja qu’elle « est la seule où j’ai l’impression qu’il peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine ». Interne en 1916 à l’hôpital de la rue Marie-Anne du Boccage, il y fera une rencontre déterminante, cruciale même pour la suite de son aventure littéraire, celle du Nantais Jacques Vaché qui, rescapé de la tuerie, mourra en 1919 d’une surdose d’opium dans une chambre d’un hôtel cossu du centre-ville.

    Ses lettres de guerre viennent d’être republiées avec une préface et tout un appareil de notes rédigé par un autre Nantais, Patrice Allain, maître de conférences, un des plus fins connaisseurs de l’œuvre et de la vie de ce précurseur du surréalisme qui, épuisé par la guerre, n’aura brillé qu’un court instant. Avant-guerre, le jeune homme, un brin dandy, lecteur de Jarry, amateur du « nonsense » britannique et de l’Umour – orthographié sans h –, aura été l’animateur d’un petit cénacle littéraire sur les bords de Loire. Le temps de la guerre, la ville devient alors le berceau du surréalisme. Dans ses missives, pour la plupart adressée à sa famille, à ses proches et à André Breton, Vaché relate ses journées de poilu.

    Au fil des mois, le ton change. Parti à la guerre avec un certain enthousiasme, il sera affecté comme interprète auprès des troupes anglaises en Champagne dans ce qui est appelé « la tranchée des cadavres », et décrit toute son horreur de manière poétique, dans la mesure où la censure laisse passer ses lettres. Le 30 septembre 1915, c’est un véritable petit tableau de genre qu’il peint à sa tante. « Le ciel classique sanglant, la nuée de corbeaux, les débris de casque… les armes broyées — On s’oublie à regarder — avant que le râle bizarre et effrayant d’un homme qui va mourir ne vous fasse dresser les cheveux sur la tête — Ces plaintes de mourants sont navrantes… tant qu’ils causent, ou qu’ils appellent leurs mères… […] On les plaint encore avec son cœur d’homme — Mais lorsque ce n’est plus qu’un sanglot rythmé — lointain — que l’on sent que ces yeux révulsés ne regardent plus ici, mais que déjà ce malheureux vit dans un monde différent du nôtre. On a peur — On sent sa chair se hérisser — La terreur instinctive de la bête devant la mort. »

    En 1916, Breton, lui, est affecté au centre neuropsychiatrique de Saint-Dizier, qui accueille les soldats traumatisés de retour du front. Il y fait la découverte de l’œuvre de Sigmund Freud, qui exercera ensuite sur les surréalistes une très grande influence, notamment via la place donnée à l’écriture automatique.

    Au duo Vaché-Breton s’adjoint Louis Aragon. Breton et lui se connaissent déjà pour s’être côtoyés sur les bancs de l’école de médecine. Aragon est mobilisé en 18 sur le front des Ardennes comme brancardier. Il voit arriver vers lui ceux qu’il sait ne pouvoir sauver.

    « Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
    Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu […]
    Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

    Qu’un obus a coupé par le travers en deux
    Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
    Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
    Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

    On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
    On glissera le long de la ligne de feu
    Quelque part ça commence à n’être plus du jeu […]

    Comment vous regarder sans voir vos destinées
    Fiancés de la terre et promis des douleurs
    La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
    Vous bougez vaguement vos jambes condamnées […]

    Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
    Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
    Déjà le souvenir de vos amours s’efface
    Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri » (Tu n’en reviendras pas)

    Et cette génération confrontée à la mort à toute heure de la journée veut brûler les étapes… Aller, et aller vite de peur que le passé ne vous rattrape. A l’abattage des hommes doit succéder celui de toutes les conventions. « Modernité aussi donc constante et tuée chaque nuit […] Former la sensation personnelle à l’aide d’une collusion flamboyante de mots rares. Nous laisserons l’Honnêteté logique — à charge de nous contredire », écrit Vaché dans une lettre à André Breton, datant de 1917, posant ainsi une des pierres fondatrices de ce qui sera le premier manifeste du surréalisme. Et pour mieux le mettre en pratique, toujours dans la même lettre, « PANTINS— PANTINS— PANTINS— voulez-vous de beaux pantins de bois coloriés— deux yeux— flamme morte et la rondelle de cristal d’un monocle — avec une pieuvre machine à écrire », lâche Vaché en proie à la fièvre du front.

    Dans cette galaxie figure aussi un poète sombre, une figure noire, celle de Joë Bousquet. Le mouvement surréaliste sera un mouvement dont il sera le perclus, l’immobile. Blessé le 27 mai 1918 à la bataille de Vailly, dans l’Aisne, à hauteur de la colonne vertébrale, il perd l’usage de ses membres inférieurs. Sa vie se poursuivra sur un lit dans sa petite chambre à l’intérieur des remparts de la cité de Carcassonne où, ironie du sort, il réside rue de Verdun. Il mourra en 1950 à l’âge de 53 ans après trente-deux ans de réclusion entre les quatre murs de sa chambre.

    Bousquet poursuit les expériences intérieures en usant de drogues comme il le raconte dans la Tisane de sarments. « Ma blessure existait avant moi, je suis né pour l’incarner, écrira-t-il. Et alors, j’ai compris que c’était fini et je suis resté debout […]. Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Une balle m’a atteint en pleine poitrine, à deux doigts de l’épaule droite, traversant obliquement mes poumons pour sortir par la pointe de l’omoplate gauche ; ce qui faisait, du même coup, traverser au projectile mes deux poumons et la partie avant du corps vertébral. Je suis tombé », raconte-t-il dans une lettre envoyée à un ami. Tombé pour ne jamais plus se relever tout en restant vivant. Cloîtré pour revisiter son imaginaire tandis que ses amis surréalistes tentaient, avec la boue des tranchées, de façonner les mots d’un monde nouveau.

    Christophe Forcari

    Illustration : André Breton par Man Ray, dans les années 30

    #guerre #Grande_guerre #11-Novembre #surréalisme #Paul_Eluard #Jacques_Vaché #André_Breton #Louis_Aragon #Joë_Bousquet


  • Gertrude Abercrombie - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Abercrombie

    In 1932 she began to focus strictly on her art. The following summer she made her first sale at an outdoor art fair in Chicago and received an honorable mention in the newspaper for the event.[3] In the mid-1930s she moved out of her family’s home and became active in the regional art scene.[3] From 1934 to 1940 she served as a painter for the Works Progress Administration and in 1934 the Chicago Society of Artists held a solo show of her work.[3] During the 1930s and 1940s she also began creating woodcuts.

    In 1940 she married lawyer Robert Livingston, and in 1942 gave birth to their daughter Dinah. In 1948 the couple divorced. That same year she married music critic Frank Sandiford, with Dizzy Gillespie performing at the wedding. The couple were active in the bohemian lifestyle and jazz scene of Chicago hence their connection with Gillespie. They met musicians through Sandiford and through Abercrombie’s own skills as an improvisational pianist. The couple would divorce in 1964.[3]
    Dizzy Gillespie with Abercrombie on his birthday, 1964

    Within Abercrombie’s avant-garde social circle she was the inspiration for the song “Gertrude’s Bounce” by Richie Powell, who claimed that she walked “just like the way the rhythm sounds in the Introduction”,[5] and she appeared as herself in James Purdy’s Gertrude of Stony Island Avenue and as a fictional character in Purdy’s Malcolm, Eustace Chisholm.[3]

    She painted many variations of her favored subjects: sparsely furnished interiors, barren landscapes, self-portraits, and still-lifes. Many compositions feature a lone woman in a flowing gown, often depicted with attributes of sorcery: an owl, a black cat, a crystal ball, or a broomstick.[3] These works were often self-portraits, as she stated in an interview with Studs Terkel shortly before her death: “it is always myself that I paint”.[7] Tall and sharp-featured, she considered herself ugly;[8] in life she sometimes wore a pointed velvet hat to accentuate her witch-like appearance, “enjoy[ing] the power this artifice gave her over others who would fear or recoil from her”.[9] The 1940s and ’50s are described as her most prolific and productive period; a time when she no longer painted many portraits, but retained the themes mentioned above.[3]

    Abercrombie’s mature works are painted in a precise, controlled style. She took little interest in other artists’ work, although she admired Magritte.[10] Largely self-taught, she did not regard her lack of extensive formal training as a hindrance.[11] She said of her work:

    I am not interested in complicated things nor in the commonplace. I like and like to paint simple things that are a little strange. My work comes directly from my inner consciousness and it must come easily. It is a process of selection and reduction.[4]

    Her work evolved into incorporating her love for jazz music, inspired by parties and jam sessions she hosted in her Hyde Park home. Musicians such as Sonny Rollins, Max Roach, Jackie Cain and the Modern Jazz Quartet were considered friends. Dizzy Gillespie described her “the first bop artist. Bop in the sense that she has taken the essence of our music and transported it to another art form”.[12]

    #femmes #art #historicisation #surréalisme #peinture


  • Surréalisme arabe - Le Moine Bleu
    http://lemoinebleu.blogspot.com/2018/05/surrealisme-arabe.html

    Le Désir libertaire dont nous allons lire un choix de textes et d’illustrations, n’est autre que « la revue du surréalisme interdit chez les Arabes ». Ainsi peut-on lire dans le Manifeste de 1975 : « Nous crachons sur la patrie arabe jusqu’à la noyer dans la fumée de la mort non seulement parce que nous combattons l’idée de patrie, mais aussi parce que l’affirmation d’une patrie est une insulte à l’universalité de l’homme ». Ou encore : « Nous ferons exploser les mosquées et les rues par le scandale du retour du sexe au corps qui s’enflamme dans chaque rencontre jusqu’ici restée secrète ». La « fin de l’ère islamique » annoncée sur une couverture du Désir libertaire fait écho à la « fin de l’ère chrétienne » annoncée en couverture du troisième numéro de La Révolution surréaliste, le 15 avril 1925. L’anticléricalisme surréaliste, son antipatriotisme, se déplacent vers l’orient arabe, à partir d’un groupe qui, pour la première fois, revendique un « surréalisme arabe », sans pouvoir être considéré comme des marginaux parce qu’ils sont chrétiens ou minoritaires dans leur nation.
    Sommaire
    Abdul Kader El Janabi : Point de repères – Introduction : Une révolution poétique sans fin – Face à la réalité arabe – Positions : Le Désir libertaire, revue du surréalisme interdit chez les arabes – Manifeste de 1975 – Où en sommes-nous avec le surréalisme ? – Ne construisez pas d’édifices, érigez des toits ! – Éditorial pour la deuxième série – L’Âge de la vie – De la mémoire, brûlant de tous ses oublis – Visa aux lectures – Une voix hérétique : Qorrat al-Aïn (1814-1854) – Jeux surréalistes Vers la libération du langage – Cadavres exquis – Anti-proverbes – Lexique : Imagination – Blasphème – Désir – Manifestes personnels : Ghazy Younes : Soupir – Mohammed Awadh : Cet aboiement ne suffit-il pas ? – Farid Lariby : Mes écrits – Tract : Fermez le Livre et ouvrez la fenêtre – Maroine Dib : L’umour : testament, L’autre nous-mêmes Edouard Jaguer : Flash pour fantômes – Jimmy Gladiator : Ni dieu ni maître, sauf maitre Kanter ! - Pierre Peuchmaurd : Black canary, Billets, slogans, aphorismes ! Quatre étranges cavaliers : Farid Lariby – Ghazi Younes – Abdul Kader El Janabi – Maroine Dib – Annexe, Le Nil du surréalisme : le groupe Art et Liberté (1938-1952).

    #surréalisme #antipatriotisme


  • La Base, émission n°32
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-nous-appartient/la-base-emission-n32

    Emission en direct des studios de Radio Panik avec les élèves de 5ème primaire de l’école Clarté de Jette, pour parler de leur #Création, un portrait sonore de René #Magritte.

    p margin-bottom : 0.21cm ;

    Une création des élèves de l’école Clarté, sur une idée du #Musée René Magritte de Jette et de #BNA-BBOT dans le cadre l’année Magritte 2017. Avec le soutien de la Fédération Wallonie #Bruxelles.

    #Enfants #Surréalisme #Enfants,Surréalisme,BNA-BBOT,Magritte,Création,Bruxelles,Musée
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-nous-appartient/la-base-emission-n32_03682__1.mp3


  • CÉSAIRE, Suzanne – GLOBAL SOCIAL THEORY
    https://globalsocialtheory.org/thinkers/cesaire-suzanne

    On parle beaucoup d’Aimé, mais... #Suzanne_Césaire

    Suzanne Césaire (1915- 1966) was a theorist affiliated with the négritude movement and with surrealism. She was one of the first theorists to emphasise the potential of the multi-ethnic and multi-natural composition of the Caribbean and called for an experimental cultural appropriation rather than a return to essences or assimilation.

    Most of Césaire’s work was published in the Martinican cultural journal Tropiques, which she co-founded along with her husband Aimé and fellow lycée teachers. Published during the fascist Vichy government, the journal established a dialogue with surrealism both as a means of cultural liberation and as a means to obscure political messages for the censors. In her contributions, Suzanne Césaire heavily reappropriated colonial stereotypes such as the ‘cannibal’ and the ‘lazy negro’ as provocations for both coloniser and colonised to re-examine deeply internalised (self)perceptions. This strategy of inversion was even used in a letter of protest against the impending censorship of the journal.

    #historicisation #femmes #intellectuelle #surréalisme



  • Don’t mention the weather. UAE threatens imprisonment over social media videos of storm
    http://www.al-bab.com/blog/2016/march/uae-weather-crime.htm#sthash.jx1QmDu5.9EaUEaDf.dpbs

    Don’t mention the weather

    UAE threatens imprisonment over social media videos of storm❞

    (...) Emirates 24/7 reports:

    During the recent heavy rains across the UAE some individuals behaved irresponsibly on social networking sites, said officials. They shared photos and videos from accidents that occurred during the rainy days and circulated rumours about building collapses and people drowning in rain water, thereby, creating panic among public.

    In addition, they ignored the great initiatives by the authorised departments and the heroic efforts by police and civil defence teams

    Lawyer Yousef Al Sharif said some people shared videos and images of the weather in a manner that harms the country’s reputation and disrupts public peace. He added that as per law such acts are punishable. Violators can be punished with imprisonment and a fine not exceeding Dh1 million [$270,000] for spreading false information or rumours online that damages the reputation of the country.

    #surréalisme_arabe


  • Leurs vies sont nos romans 3/3. #Claude_Cahun, l’insulaire magnifique
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160216/leurs-vies-sont-nos-romans-33-claude-cahun-linsulaire-magnifique

    « Studies for a keepsake », 1926 © Luce et Adrien Ostier Barbier Trois biographies, trois destins, trois œuvres, une traversée artistique et politique du XXe siècle. Après Louis Aragon et Boris Pasternak, voici Claude Cahun, dont #Anne_Egger reconstitue l’extraordinaire parcours.

    #Culture-Idées #Fabrice_Maze #les_Hauts-Fonds #Littérature #surréalisme


  • Leurs vies sont nos romans (1/3) : Aragon, l’écrivain et son double
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/230116/leurs-vies-sont-nos-romans-13-aragon-lecrivain-et-son-double

    Aragon, mai 68 © Claude Dytivon Trois biographies, trois destins, trois œuvres, une traversée artistique et politique du XXe siècle. Aujourd’hui Aragon, revisité par #Philippe_Forest.

    #Culture-Idées #communisme #Littérature #Louis_Aragon #surréalisme


  • Je ne mange pas de ce pain-là : Benjamin Péret, poète et (donc) révolutionnaire, un #film de Rémy Ricordeau
    http://lemoinebleu.blogspot.fr/2015/11/peret-par-ricordeau.html

    LE MOINE BLEU : Salut, Rémy. Dis voir, comment en es-tu venu personnellement à croiser le chemin de 
Benjamin Péret : une appétence pour le surréalisme, la poésie, la 
révolution ? Quand et pourquoi son parcours t’a-t-il, à ce 
point, paru digne de s’y intéresser ?

    RÉMY RICORDEAU : Comment, adolescent révolté, aurais-je pu ne pas rencontrer le #surréalisme, la poésie et la #révolution ? C’est par un recueil de textes d’Arthur Cravan, Jacques Vaché et Jacques Rigaut publié dans les années 70 et intitulé Trois suicidés de la société que j’ai d’abord découvert le lien qui existe entre la révolte et la poésie (c’est seulement après que dans le même esprit j’ai découvert Lautréamont, Rimbaud ou les romantiques allemands). De la génération dadaïste à l’origine du surréalisme, Péret m’a toujours semblé avoir été le plus fidèle à la #révolte qui avait fondé dans sa jeunesse ses engagements poétiques autant que politiques. Son parcours m’a intéressé parce qu’en énonçant cette évidence selon laquelle le poète ne pouvait qu’être révolutionnaire tout en refusant toute poésie « politique » de circonstance, il a contribué (avec d’autres, sans doute, mais de manière plus conséquente dans sa vie même) à mettre en avant cette nécessité selon laquelle le révolutionnaire ne pouvait de son côté qu’être poète, c’est à dire qu’il ne pouvait que mettre la poésie, au sens le plus large du terme, au centre de tout projet révolutionnaire de transformation sociale du monde. Cette idée qui rompt avec une conception strictement « économiciste » de l’#émancipation sociale, peut sembler banale aujourd’hui, mais elle est peut-être la plus subversive qui ait émergé au cours du siècle précédent. Et elle a été d’autant plus subversive qu’elle a eu pour conséquence de ne pas remettre « la révolution » à une réalisation ultérieure issue d’un mouvement social messianique, mais à créer une vision du monde incarnée en l’associant #ici_et_maintenant à une appétence poétique pour la vie. Cette conception vitaliste de l’émancipation humaine est toujours à mes yeux d’une extrême pertinence. C’est d’ailleurs le sens que j’ai voulu donner à la conclusion de mon film.


    un bref extrait :

    https://www.youtube.com/watch?v=_ps8UyYQUwE

    Benjamin Péret

    Le déshonneur des poètes, Benjamin Péret, février 1945
    https://www.marxists.org/francais/peret/works/1945/02/poetes.htm

    Les guerres comme celle que nous subissons ne sont possibles qu’à la faveur d’une conjonction de toutes les forces de régression et signifient, entre autre choses, un arrêt de l’essor culturel mis en échec par ces forces de régression que la culture menaçait. Ceci est trop évident pour qu’il soit nécessaire d’insister. De cette défaite momentanée de la culture découle fatalement un triomphe de l’esprit de #réaction, et, d’abord, de l’#obscurantisme_religieux, couronnement nécessaire de toutes les réactions. Il faudrait remonter très loin dans l’histoire pour trouver une époque où Dieu, le Tout-Puissant, la Providence, etc., ont été aussi fréquemment invoqués par les chefs d’Etat ou à leur bénéfice. Churchill ne prononce presque aucun discours sans s’assurer de sa protection, Roosevelt en fait autant, de Gaulle se place sous l’égide de la croix de Lorraine, Hitler invoque chaque jour la Providence et les métropolites de toute espèce remercient, matin et soir, le Seigneur du bienfait stalinien. Loin d’être de leur part une manifestation insolite, leur attitude consacre un mouvement général de régression en même temps qu’elle montre leur panique. Pendant la guerre précédente, les curés de France déclaraient solennellement que Dieu n’était pas allemand, cependant que, de l’autre côté du Rhin, leurs congénères réclamaient pour lui la nationalité germanique et jamais les églises de France, par exemple, n’ont connu autant de fidèles que depuis le début des présentes hostilités.

    D’où vient cette renaissance du fidéisme ? D’abord du désespoir engendré par la guerre et de la misère générale : l’homme ne voit plus aucune issue sur la terre à son horrible situation ou ne la voit pas encore et cherche dans un ciel fabuleux une consolation de ses maux matériels que la guerre a aggravés dans des proportions inouïes. Cependant, à l’époque instable appelée paix, les conditions matérielles de l’humanité, qui avaient suscité la consolante illusion religieuse, subsistaient bien qu’atténuées et réclamaient impérieusement une satisfaction. La société présidait à la lente dissolution du mythe religieux sans rien pouvoir lui substituer hormis des saccharines civiques : patrie ou chef.

    #Benjamin_Péret #montage #écriture_automatique


  • نصف أعضاء البرلمان الأردني يطالبون بتشكيل قوة ردع عربية للحد من النفوذ الإيراني | رأي اليوم
    http://www.raialyoum.com/?p=270795

    “نطالب بتشكيل تحالف عربي ضد التدخل الإيراني في الدول العربية، خاصةً فب اليمن والعراق وسوريا، من أجل ضمان الأمن والاستقرار في المنطقة العربية”

    La majorité des parlementaires jordaniens votent une résolution appelant à la formation d’une force arabe pour contrer l’influence iranienne dans la région !"Nous demandons la formation d’une coalition arabe contre l’intervention iranienne dans les pays arabes, en particulier au Yémen, en Irak et en Syrie, afin de garantir la sécurité et la stabilité dans la région arabe".

    Pour rappel aux distraits : les Saoudiens et quelques autres pays arabes interviennent militairement au Bahreïn depuis bientôt 4 ans. Au Yémen, ils ne bombardent que depuis un peu plus de deux mois. C’est un secret de Polichinelle que les mêmes Saoudiens, et pas mal les Qataris aussi, financent des mouvements armés en Syrie et Irak, sans parler de quelques interventions sous d’autres formes dans l’ensemble des pays de la région sans exception, par exemple en intervenant directement dans le (non-)choix d’un Président au Liban. Et j’en passe beaucoup, mais tout cela est de la faute des Iraniens, cela va de soi.

    #surréalisme_arabe #décomposition_arabe


  • De l’amour, de la poésie et de la subversion

    Michèle Crès

    http://lavoiedujaguar.net/De-l-amour-de-la-poesie-et-de-la

    Trente-cinq ans après sa première édition par Christian Bourgois, c’est un bien joli présent que nous offre Rue des Cascades en rééditant ces Jeux de l’amour et du langage, de Jérôme Peignot. Un bien joli présent car cet essai méritait mieux qu’une édition de poche, même si celle-ci était bienvenue à son époque, et que la tâche est ainsi accomplie : Rue des Cascades a rempli son rôle de “passeur” de textes essentiels en tirant peut-être celui-ci de l’oubli, du moins en nous le remettant en mémoire.

    Le titre d’abord paraît léger et malicieux en regard de son contenu dense et ardu par endroits. Mais Jérôme Peignot est avant tout un taquineur du verbe, un typoète, il joue avec les mots qui restent le support du triptyque qui supporte sa vie et son œuvre : l’amour, la poésie et la subversion. (...)

    #édition #subversion-amoureuse #poésie #surréalisme


  • « Etre des hommes et non des destructeurs »
    http://www.larevuedesressources.org/etre-des-hommes-et-non-des-destructeurs,2801.html

    Au lecteur Le « moi poétique » désigne ici l’insurrection de quelqu’un face au double cantonnement de l’imaginaire à la sphère individuelle privée (individualisme matériel) et à la fausse universalité du symbole (mysticismes, ésotérismes, romantismes inoffensifs). Beaucoup se reconnaîtront dans ce « moi », pas seulement les poètes. Son insurrection, qui est commune, s’exprime dans une critique du langage poétique et une tentative d’appropriation à la fois historique et singulière de celui-ci. Le « moi (...)

    #Etudes

    / #André_Breton, #Littérature, #XXe_siècle, #Surréalisme, #Poésie, #Ezra_Pound, #Friedrich_Hölderlin, Ossip (...)

    #Ossip_Mandelstam


  • Les allégories politiques de Jan Švankmajer
    http://www.centrevox.ca/exposition/jan-svankmajer-3

    « Jan Švankmajer est un cinéaste d’animation expérimentale qui a entrepris sa carrière dans une structure socialiste rigide et dont l’œuvre est profondément marquée par les changements politiques radicaux qui ont eu cours en Tchécoslovaquie après la Deuxième Guerre mondiale

    Dans son univers filmique, les choses s’animent de manière à produire des environnements étranges et impossibles qui, sur le plan théorique du surréalisme tchèque, visent à restituer la dimension subconsciente de la subjectivité souvent réprimée dans les contextes totalitaires. Byt / The Flat (1968) est exemplaire de cette approche : un homme est jeté à l’intérieur d’un appartement qui se transforme en un environnement hostile. L’homme est ainsi peu à peu réduit à l’impuissance par des objets qui s’animent et mettent en échec toute tentative de retrouver le monde extérieur, lequel demeure par ailleurs inconnu tout comme la raison de sa présence dans ce lieu. Le monde concret de la substance et de la raison perd toute forme d’évidence.

    Ses films sont intrinsèquement liés au thème de la liberté et à tous les aspects de l’indignation ou de la rébellion qui y sont subordonnés. À une époque d’agitation sociale et politique, où les grandes structures de pouvoir sont une fois de plus contestées et où la génération émergente tente d’imaginer de nouveaux scénarios sociaux, les allégories politiques de Jan Švankmajer demeurent, encore aujourd’hui, d’une grande actualité. »

    http://vimeo.com/81875587

    https://www.youtube.com/watch?v=ZpYPr_ppf7w&list=RDZpYPr_ppf7w#t=0

    http://www.festival-larochelle.org/taxonomy/term/185

    GUY DEBORD ET LE SURRÉALISME http://www.oeuvresouvertes.net/autres_espaces/breton_debord.htm

    #fim #animations #allegorie #politique #enfermement #pouvoir #surrealisme


  • Le surréalisme de la revue Front noir
    http://zones-subversives.over-blog.com/2014/04/le-surrealisme-de-la-revue-front-noir.html

    La critique du surréalisme s’accompagne donc d’une critique du socialisme de parti. La revue Front noir semble proche du communisme de conseils, attaché à l’auto-émancipation du prolétariat. La critique de la division du travail s’accompagne d’une critique de toutes les aliénations de la société capitaliste moderne dans la démarche d’une praxis révolutionnaire unitaire. Selon le projet initial du surréalisme, le dépassement de l’art et de la littérature dans une créativité artistique doit permettre le bouleversement de la vie quotidienne. Mais la séparation entre deux tendances, politique et artistique, perdure dans le mouvement surréaliste.

    #surréalisme


  • Une histoire critique du surréalisme
    http://zones-subversives.over-blog.com/2014/04/une-histoire-critique-du-surrealisme.html

    « Le surréalisme appartient à une des phases terminales de la crise de la culture », ouvre Raoul Vaneigem. Le situationniste critique la société de classes qui repose sur l’isolement, l’aliénation et la séparation. Les différents domaines de la vie semblent cloisonnés. La culture devient une activité séparée des autres aspects de la vie. Dans la première moitié du XIXème siècle, les artistes semblent mépriser les valeurs bourgeoises. « Initialement, tout ce qui s’y conçoit de neuf porte la marque du refus de la bourgeoisie, de l’utilitaire, du fonctionnel », rappelle Raoul Vaneigem. Mais la culture devient rapidement une marchandise et le surréalisme peut faire l’objet d’une récupération.

    #surréalisme


  • Le surréalisme, une révolution poétique
    http://zones-subversives.over-blog.com/2014/04/le-surrealisme-une-revolution-poetique.html

    Si Dada insiste sur la banalité d’une existence absurde, les surréalistes valorisent la sensibilité et le merveilleux du quotidien. Mais la critique radicale de l’art semble abandonnée par les surréalistes qui tentent de se faire une place dans le petit milieu littéraire. Louis Janover rappelle, au contraire, que « la subversion dadaïste tendait implicitement à briser les cadres de la spécialisation artistique et littéraire en sortant de l’art pour entrer dans la vie ». Les surréalistes apparaissent comme une intelligentsia petite bourgeoise qui veut briser les carcans artistiques pour mieux percer. Les surréalistes ne développent aucune véritable critique sociale. En revanche, ils valorisent la critique de la religion, de l’ordre moral et du conformisme. L’amour et la sexualité permettent de dynamiter les conventions sociales.

    #surréalisme #dadaïsme


  • anti fascist women
    http://femaleguerrillas.tumblr.com/post/56609255523/the-surrealist-manifesto-begins-with-a-found-image

    The surrealist manifesto begins with a found image of Germaine Berton surrounded by images of male surrealists. She was a young anarchist who on 22 January 1923 walked into the office of right-wing newspaper Action Française and shot right-wing extremist Marius Plateau. She was later acquitted.

    #surrealisme #anarchisme #Germaine_Breton



  • Si tu n’as pas encore lu les Nouvelles impressions d’Afrique de #Raymond_Roussel, tu les trouveras en français chez #Monoskop :
    http://monoskop.org/log/?p=10240

    Et si tu as des ami⋅e⋅s anglais⋅e⋅s, elles et ils y trouveront également les anciennes Impressions d’Afrique.

    Impressions of Africa is set in a mythical African land where some shipwrecked and uniquely talented passengers stage a grand gala to entertain themselves and their captor, the great chieftain Talou. In performance after bizarre performance—starring, among others, a zither-playing worm, a marksman who can peel an egg at fifty yards, a railway car that rolls on calves’ lungs, and fabulous machines that paint, weave, and compose music—Raymond Roussel demonstrates why it is that André Breton termed him “the greatest mesmerizer of modern times.” But even more remarkable than the mindbending events Roussel details—as well as their outlandish, touching, or tawdry backstories—is the principle behind the novel’s genesis, a complex system of puns and double-entendres that anticipated (and helped inspire) such movements as Surrealism and Oulipo. Newly translated and with an introduction by Mark Polizzotti, this edition of Impressions of Africa vividly restores the humor, linguistic legerdemain, and conceptual wonder of Raymond Roussel’s magnum opus.

    In 1915, Roussel began writing New Impressions of Africa while serving in the French Army during the First World War and it took him seventeen years to complete. “It is hard to believe the immense amount of time composition of this kind of verse requires,” he later commented. Mysterious, unnerving, hilarious, haunting, both rigorously logical and dizzyingly sublime, it is truly one of the hidden masterpieces of twentieth-century modernism. The bilingual edition of the poem presents the original French text and the English poet Mark Ford’s lucid, idiomatic translation. It also includes an introduction outlining the poem’s peculiar structure and evolution, notes explaining its literary and historical references, and the fifty-nine illustrations anonymously commissioned by Roussel, via a detective agency, from Henri-A. Zo.

    #littérature #surréalisme #livre #epub


  • Leonora Carrington, The Oval Lady: Surreal Stories (1939/1975) (#Monoskop)
    http://monoskop.org/log/?p=9606

    #Leonora_Carrington, British-born–Mexican Surrealist writer and artist, is the only woman whose work was included in André Breton’s Anthology of Black Humor, first published in 1939. Carrington was then twenty-two years old. The story which he chose, ‘The Debutante’, was written during 1937-38, her first two years in France, where she lived in Paris and then in St-Martin-D’Ardéche with the Surrealist artist Max Ernst. ‘The Debutante’ was one of five stories published in 1939 in her collection, The Oval Lady, along with collages by Ernst. The previous year, another story, ‘The House of Fear’, had been published as a pamphlet with Ernst’s introduction and three illustrations.

    http://monoskop.org/images/1/12/Carrington_Leonora_The_Oval_Lady_Surreal_Stories.pdf [#pdf]

    #livre #surréalisme




  • Surreal Illusionism Photographic Fantasies of the Early 20th Century

    The Surreal Illusionism features nearly 500 photographic postcards that offer a surprising wealth of pictorial ideas, high artistic quality and photographic allure. Surreal fantasies, mysterious dreams, role-play, glamorous divas and irony are running wild in the postcards. All these will transport viewers into the fascinating, forgotten golden era of industrial photography in the early 20th century and the early history of modern photographic art.

    http://www.valokuvataiteenmuseo.fi/en/nayttelyt/nyt/event/70/207---surrealismia-ja-silmaenlumetta

    #surréalisme #photo #photographie

    via @albertocampiphoto


  • le surréalisme n’aime pas perdre la raison ; il aime ce que la raison nous fait perdre

    Ferdinand Alquié

    André Breton par Marguerite Bonnet
    http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/breton2.html

    Cet #homme de la #quête n’a jamais eu le goût des #voyages lointains. A l’errance de Breton, suffisent la #ville et les #rues ; homme du voyage #intérieur, il demeure avant tout un sédentaire et un #terrien : « la grande #aventure #mentale » est tout ce qu’il importe de courir.

    [Ses] premiers #textes, tout appliqués qu’ils soient au bien-dire, nous emmènent au-delà des influences, vers les constantes d’une nature qui cherche, d’emblée, dans la culture, ce qui s’accorde à ses directions instinctives.

    http://www.youtube.com/watch?v=1rwHcEo4JY4

    A l’écoute des #œuvres de son #temps pour reconnaître vers quoi tend sa propre sensibilité, il la découvre plus accordée, dans ses oscillations, à l’inéprouvé, à l’#inattendu, au #mouvant, qu’à la #permanence du connu, si parfaite qu’en soit la réalisation. Ce qui bouge, même s’il est difficile de saisir le sens du #mouvement, supplante pour lui ce qui demeure.

    Il s’oppose en #art à toute anecdote – « Ecrire n’est pas forcément raconter » – comme à la représentation de la vie réelle, même interprétée, la jugeant « à peine moins servile que l’imitation fidèle » ; il veut atteindre à une #réalité autre qui, #tangentielle à celle du #monde #objectif, appartient en propre à l’œuvre et impose de ne la juger que selon ses propres lois.
    (...) Fort de l’exemple de la peinture de #Braque et de #Picasso, c’est pour une existence pleinement autonome de l’œuvre qu’il combat, refusant de la rapporter avant tout à un réel préexistant. Mais il ne tombe pas non plus dans le #formalisme : « aucune #liberté formelle ne pourra jamais remplacer ce que est l’#âme même de la poésie ».
    (...) Ce qui vient, ce qui, furtivement, est déjà arrivé, c’est la certitude que l’#écriture #automatique délivre, irréfutable : il faut que le poème meure pour que la poésie vive.

    L’expérience de l’#automatisme, dès le premier moment, tend à supprimer ou du moins à affaiblir l’opposition entre ce qui est en nous et ce qui est hors de nous, l’arbitraire n’étant arbitraire que pour notre ignorance et ouvrant en réalité en direction du monde comme des êtres, une autre voie de #connaisssance et de #communication.

    Le caractère « sans précédent » des #Champs_magnétiques, selon l’expression d’#Aragon, leur est donné non seulement par la méthode d’édriture dont lils relèvent, mais aussi par la visée à laquelle pour Breton ils répondent. Dans la grande quête parfois hagarde où, depuis 1916, il se trouve engagé pour confondre l’aventure poétique t la vie, ils marquent un tournant, mais un tournant périlleux : "Les Champs magnétiques dit #André_Breton dans ses notes, « c’est le désir d’écrire un livre dangereux ».

    La poésie de toutes parts, déborde les poèmes ; elle déborde le #langage même ; elle se fait existence. En choisissant de s’abandonner à la parole en dérive, Breton trouve provisoirement un solution au #conflit angoissant de l’écriture et du silence ÷ il n’écrit plus, il est écrit. C’est pourquoi l’écriture automatique figure alors une délivrance.

    La notion de surréalisme (…) rassemble sous l’appellation d’automatisme psychique, à côté de l’écriture, tous les modes d’expresion découverts – et à découvrir – capables d’amener au jour sans médiation réflexive les pulsions de l’inconscient dont la réalité enfouie s’oppose aux « #réalités_sommaires » de la #conscience. Le second temps de la définition, annoncé comme l’acception #philosophie du terme, vise à fonder en raison le surréalisme en l’établissant « sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute-puissance du #rêve, au jeu désintéressé de la #pensée ». C’est dire que l’homme n’est pas ce qu’il croit être et que la méthode de connaissance définie par l’#automatisme lui révèlera sa vraie nature, « les étendues illimitées où se manifestent ses désirs ».

    Rien dans le Manifeste ne postule une #transcendance ; il n’y a pas d’ambiguïté dans la revendication qui ferme la définition ; non content d’assigner pour tâche au surréalisme l’expression du « fonctionnement réel de la pensée », Breton lui attribue le pouvoir de changer l’existence, ici et maintenant.
    Réduire le Manifeste à une #déclaration de guerre à la raison est simplifier excessivement les #choses ; c’est à l’#avènement d’une nouvelle raison qu’il œuvre, celle qu’invoquait #Rimbaud, raison plus large, capable d’intégrer l’ensemble de la réalité humaine. #Alquié,[dans sa Philosophie du surréalisme] est tout à fait fondé à écrire : « le surréalisme n’aime pas perdre la raison ; il aime ce que la raison nous fait perdre ».

    #Littérature #Poésie #Peinture #Surréalisme #Psychisme #Psychanalyse #Dada #Tristan_Tzara #Livres #Vidéo