• SNCF : Facebook restreint les comptes des syndicats SUD Rail et CGT cheminots - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/economie/sncf-facebook-restreint-les-comptes-des-syndicats-sud-rail-et-cgt-chemino

    Par Vincent Vérier
    Le 22 octobre 2019 à 21h23, modifié le 22 octobre 2019 à 21h56

    Censure ou simple application de la politique de Facebook ? Depuis le 18 octobre, début des arrêts de travail inopinés à la SNCF, trois comptes ouverts depuis plusieurs années sur le réseau social américain par SUD Rail ont vu leur accès restreint voire bloqué pour l’un d’entre eux. Selon le troisième syndicat de la SNCF, il s’agit des comptes SUD Rail Fédération, Sud Rail centraux et SUD Rail Paris Nord qui rassemblent, cumulés, plusieurs milliers d’abonnés.

    « Tout a commencé vendredi matin, quand nous avons relayé l’appel à déposer un droit de retrait après l’accident dans les Ardennes, raconte Fabien Villedieu, délégué SUD Rail. Quand on a voulu publier des communiqués ou des articles de presse sur cet événement, un message apparaissait pour nous informer que ces trois comptes étaient limités. »

    Des restrictions qui sont allées crescendo. « Le samedi, le compte SUD Rail Paris Nord a même été complètement bloqué jusqu’à lundi matin, affirme Karim, un des administrateurs des comptes Facebook de SUD Rail. Les autres pages ont vu les restrictions se prolonger. Au départ, c’était jusqu’au 26 octobre maintenant c’est jusqu’au 28 octobre. »

    « Facebook ne nous répond pas »

    Même constat du côté de la CGT cheminots. La première organisation syndicale de la SNCF a vu sa page Facebook « CGT produit train ET PSE » qui relate de l’actualité du syndicat sur la zone de la gare de Lyon, soumise à des restrictions. « C’est incompréhensible, s’étonne Pascal Philippe, administrateur du compte. Cela fait sept ans que cette page existe. Il y a environ 11 000 abonnés. Nous faisons très attention à ce qui est publié. Pas de propos injurieux, racistes, antisémites, homophobe ou autre. Nous avons écrit plusieurs mails à Facebook pour avoir des explications. Mais rien. Facebook ne nous répond pas ».

    Contacté sur les raisons de ces restrictions, le réseau social n’a pas souhaité répondre spécifiquement aux problèmes rencontrés par SUD Rail et la CGT cheminots. « Ce sont des comptes privés, c’est confidentiel », justifie Facebook. Dans un communiqué l’entreprise assure simplement de manière générale que « ces pages sont traitées comme n’importe quelle autre page, dans le cadre de nos Standards de la Communauté sans considération de leur orientation politique ou des idées qu’elles véhiculent ».
    « Est-ce que c’est de la censure ? Je ne sais pas »

    Le réseau social indique en outre que « toute action prise à l’encontre d’une page ou d’un contenu est liée à la publication de contenus qui contreviennent à nos Standards de la Communauté ». Quels sont ces standards que n’auraient pas respectés les deux syndicats ? Facebook ne répond pas.

    Il rappelle simplement que : « Les sanctions varient en fonction de la gravité de la violation et de l’historique de l’utilisateur ou de la page concernée, et vont du retrait d’un contenu à la suspension temporaire de certaines fonctionnalités (par exemple, la possibilité de publier ou de partager sur notre plateforme pendant 30 jours), jusqu’au bannissement de la plateforme ».

    Quant à savoir si ces restrictions ont pu, le cas échéant, être demandées par un tiers, le communiqué envoyé par Facebook ne le précise pas. « Est-ce que c’est de la censure ? Je ne sais pas, analyse Béranger Cernon, de la CGT. Je constate simplement que ça intervient à un moment où c’est particulièrement tendu entre les cheminots d’un côté et le gouvernement et la direction de la SNCF de l’autre ». « C’est choquant, conclut Fabien Villedieu. D’autant que nous n’avons rien à nous reprocher et que nous avons reçu aucune explication de Facebook. »

    #Facebook #Censure #Syndicats #Politique

  • Philippe Martinez : « Avec les écologistes, on se parle ; ce n’était pas le cas avant »
    https://reporterre.net/Philippe-Martinez-Avec-les-ecologistes-on-se-parle-ce-n-etait-pas-le-cas

    Plusieurs #syndicats appellent les salariés à participer à la grève pour le #climat et aux manifestations de cette semaine de mobilisation écologiste. Parmi eux, la #CGT. Philippe Martinez, son secrétaire général, nous explique pourquoi, selon lui, « il n’y a pas de #justice_sociale sans #justice_écologique ».

    #modèle_industriel #écologie #syndicalisme #convergence_des_luttes

  • McDonald’s à Marseille : un syndicaliste porte plainte pour tentative de meurtre
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300819/mcdonald-s-marseille-un-syndicaliste-porte-plainte-pour-tentative-de-meurt

    Dans un contexte #SOCIAL très tendu, le syndicaliste FO Kamel Guemari a porté plainte mercredi 28 août pour tentative de meurtre devant son lieu de travail, le restaurant McDonald’s de Saint-Barthélemy, à Marseille.

    #syndicats,_McDonald’s,_Marseille,_Kamel_Guemari

  • Pierre Bourdieu, en 1998, sur le néolibéralisme :
    https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609

    Le néolibéralisme est un programme de destruction méthodique des collectifs [...] visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manœuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.

    #travail #économie #néolibéralisme

  • « La tête haute » : Postiers grévistes des Hauts-de-Seine, le récit d’une lutte victorieuse
    https://lemediapresse.fr/social/la-tete-haute-postiers-grevistes-des-hauts-de-seine-le-recit-dune-lutt

    Entre actions coup de poing, occupations et assemblées générales, les postiers grévistes des Hauts-de-Seine ont conclu, après quinze mois de #Grève, un protocole de fin de conflit avec la direction de La #Poste. Retour sur une #Mobilisation historique.

    #Social #emploi #Quirante #SUD #Sud_Poste #syndicalisme #Syndicat #Syndicats #Travail

  • Un syndicalisme debout | Iffik Le Guen
    http://cqfd-journal.org/Un-syndicalisme-debout

    Apparue dans le paysage syndical français à la fin des années 1990, l’Union syndicale Solidaires a cherché à rompre avec les pratiques les plus détestables en vigueur dans les grandes confédérations. Intérêt plus pratico-pratique pour expliquer cet article, leur local marseillais est situé à deux pas de celui de CQFD. Témoignages croisés. Source : CQFD

  • Contre le travail, tout contre... bibliographie

    https://rverbration.wordpress.com
    https://editionsasymetrie.org
    source : lignes de force/Claude Guillon
    https://lignesdeforce.wordpress.com/2019/06/03/les-editions-de-lasymetrie-a-lhonneur-mercredi-20h-a-la-lib

    Je me suis fait embaucher dans une équipe,
    Là haut dans les montagnes
    J’ai payé une commission au requin
    Et j’ai bientôt senti mes chaînes

    Le patron m’a mis au cloutage
    Et je suais tant que j’en étais aveugle
    Il n’avait pas l’air d’apprécier ma cadence,
    Alors j’ai laissé ce boulot derrière moi

    Et j’ai sauté dans un vieux train de marchandises
    Et je me suis mis à voyager dans le pays ;
    Les mystères de la vie d’un hobo
    M’ont vite été dévoilés.

    J’ai brulé le dur d’est en ouest
    Et les chefs de train ne me sont jamais tombé dessus.
    Le lendemain j’étais déjà très loin
    Du boulot que j’avais laissé derrière moi.

    Et je suis tombé sur une bande de prolos errants
    Qu’on appelait les IWW...
    Ils m’ont appris à me conduire en homme
    Et comment lutter contre les tauliers.

    J’ai versé ma cotise et je me suis joint à eux
    Et maintenant je suis dans l’organisation.
    Hourra pour la cause, et puis merde aux patrons...
    Et au boulot que j’ai laissé derrière moi !

    T-Bone Slim les mystères de la vie d’un hobo chanson tiré de Wobblies & hobos
    http://www.insomniaqueediteur.com/publications/hobos-wobblies
    https://www.youtube.com/watch?v=Rn_Wfydg61c


    #critique_du_travail #IWW #Asymétrie_éditions

  • Sur la révolution britannique oubliée de 1919

    The Limerick Soviet (13 – 27 April 1919) was one manifestation of a series of revolutionary crises that confronted British imperialism in the aftermath of WWI. The events of 1919 offer powerful examples of the potential power of workers, as well as important warnings for future struggles, writes Mike Thompson.
    World War I, like so many wars, was built on lies told to those that fought, by the liars that stood to profit from the slaughter. The lies didn’t end with the armistice in November 1918 – and the British government didn’t want war to end either. It continued to wage war against movements for independence across its empire. The Black and Tans were recruited from returning troops to fight in Ireland; in India, the colonial army massacred civilians in Amritsar in April 1919, at the same time as British troops were suppressing a popular revolt in Egypt. Troops were also being sent to France and Russia. Any mention of ‘home fit for heroes’ has to be seen against the background of resistance, and the fear of the Russian Revolution.

    At the start of 1919 there was a wave of mutinies at Southwick, Folkestone, Dover, Osterley Park, Shortlands, Westerham Hill, Felixstowe, Grove Park, Shoreham, Briston, Aldershot, Kempton Park, Southampton, Maidstone, Blackpool, Park Royal, Chatham, Fairlop and Biggin Hill, as well as at several London railway stations where troops refused to embark for Russia and France. Troops already in Calais and Archangel formed Soviets and made links with local struggles.

    HMS Kilbride joined the revolt, raising a red flag and refused to set sail. The sailors demanded that they wouldn’t be sent to Russia, called for quicker demobilisation and higher pay, and challenged bullying officers. Many ex-service personnel were outraged when employers and authorities attempted to take advantage of the post-war depression to impose the old bonds of discipline upon returning soldiers.

    Against this background, when official celebrations took place after the signing of the peace treaty in 1919, many protested against the money spent on extravagant victory parades and banquets. In Luton, for example, thousands were involved in riots, which resulted in the burning down of the town hall, as the crowd sang ‘Keep the home fires burning’.

    The fightback wasn’t limited to the army and navy – workers across the country showed they wanted change too. Engineers, railway and transport workers, miners and cotton workers were all involved in waves of militant strikes.
    [...]

    https://www.rs21.org.uk/2019/04/13/hope-and-tragedy-in-april-1919
    #révolution #1919 #conseils_ouvriers #grêves #syndicats #Royaume-Uni

  • Liban : sit-in dans les camps de réfugiés palestiniens pour l’emploi
    Paul Khalifeh, RFI, le 18 juillet 2019
    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190718-liban-sit-in-camps-refugies-palestiniens-emploi

    La baisse du degré de violence fait suite aux contacts intensifs entrepris à plus d’un niveau pour contenir la colère des réfugiés palestiniens, dans un pays aux lois protectionnistes, où 72 métiers leur sont interdits.

    #Palestine #Liban #Réfugiés #Camps #Discriminations #Xénophobie #métiers_interdits

  • Un documentaire anarchiste et québécois d’une demi heure (en français avec sous-titres en anglais) tente une évaluation et une critique du travail et des luttes sociales dans la société capitaliste actuelle, avec une grand place donnée aux rôles des syndicats :

    Les patrons ont toujours tort
    La CLAC, novembre 2018
    https://www.clac-montreal.net/fr/node/710

    #Documentaire #Québec #Anarchisme #Capitalisme #Syndicats

  • « Vos toilettes propres, nos propres papiers » Maxime Vancauwenberge - 17 Juin 2019 - Solidaire
    https://www.solidaire.org/articles/vos-toilettes-propres-nos-propres-papiers

    Ils et elles sont entre 100 000 et 150 000 en Belgique. Travailleurs et travailleuses sans-papiers. Hormis l’aide médicale urgente et la scolarisation de leurs enfants, les personnes sans-papiers ne jouissent d’aucun droit et ne reçoivent aucune aide. Beaucoup sont employées dans certains secteurs comme l’Horeca, la construction, et le nettoyage.

    « Elles ont peur parce qu’elles sont sans papiers. Elles ont peur des conséquences par rapport à leur employeur », commence Magali Verdier, l’animatrice du MOC (Mouvement ouvrier chrétien) qui coordonne la Ligue des Travailleuses Domestiques, juste avant le début de l’entretien. Nous voilà immédiatement plongés dans le quotidien des personnes sans-papiers : vivre caché et dans la peur. Mais depuis quelques mois, des travailleuses domestiques sans-papiers ont décidé de sortir de l’ombre. Elles revendiquent l’application de la Convention Internationale C189, ratifiée par la Belgique en 2011, qui garantit le respect de certains droits élémentaires comme un salaire minimum, le paiement des heures supplémentaires et la possibilité de porter plainte contre l’employeur en cas d’abus. Elles revendiquent également la possibilité de pouvoir rester légalement en Belgique et de pouvoir ainsi contribuer à la sécurité sociale de notre pays.

    « Le plus dur c’est de ne plus voir sa famille »
    « Je suis venue en Belgique un peu avant 2008 parce que je n’arrivais plus à joindre les deux bouts avec mes deux enfants lorsque leur papa nous a quittés. Je suis aide-soignante mais je travaillais souvent plusieurs mois sans être payée en Afrique. Je ne savais plus quoi faire. Mes enfants sont restés au Cameroun. Je ne savais pas où j’allais. Je ne pouvais pas emmener mes petits bouts avec moi. Je les ai laissés chez mes parents. Ils s’en sortent avec le peu que je leur envoie. Ils me manquent beaucoup. Je me sacrifie pour eux. J’aimerais pouvoir les revoir un jour. Ma maman aussi m’a demandé si elle allait me revoir avant de mourir », explique Lucie, la gorge nouée, avant d’éclater en sanglots. « C’est cela qui est vraiment le plus dur : ne plus pouvoir voir sa famille », confirme Alexandra, qui n’a pas pu assister à l’enterrement de son père. Alexandra est originaire de la Colombie, qu’elle a quittée il y a plus de 10 ans. Elle ne se voit pas retourner là-bas à présent. Elle se sent chez elle en Belgique. « Nous sommes beaucoup comme toi, Lucie. Il faut se battre », s’exclame Naima. Elle aussi, elle a quitté son pays, le Maroc, il y a plus de 10 ans, en laissant tout derrière elle. Là-bas, elle travaillait dans une banque mais n’était presque pas payée. « Je ne m’en sortais pas. » Elle a préféré tenter sa chance en Belgique.

    Maricel est un peu plus âgée. Elle a quitté les Philippines il y a 11 ans afin de pouvoir offrir un avenir à ses enfants restés aux pays. « Je discute avec eux chaque jour via Messenger mais je ne les ai pas vus depuis que je suis partie. Je suis aussi devenue grand-mère entre-temps et j’aimerais pouvoir voir mes petits-enfants… »

    « Certains me demandent de travailler pour 7 euros de l’heure »
    En Belgique, leur situation est cependant loin d’être enviable. Comme tous les sans-papiers, elles sont souvent utilisées comme main-d’œuvre corvéable à merci. « En 2008, j’ai commencé à travailler ici pour 800 euros par mois. De 8h du matin à 8h du soir. Je me suis enfuie. À présent, je suis payée 1 300 euros. Je travaille de 7h du matin à 7h du soir. Les employeurs savent que tu n’as pas de papiers. Ils savent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent », raconte Maricel.

    « La situation se dégrade, précise Lucia. Des employeurs osent me demander des choses qu’ils n’osaient pas il y a plusieurs années. Certains me demandent aujourd’hui de travailler pour 7 euros de l’heure et me raccrochent au nez lorsque je refuse ».

    « Après la crise, l’employeur a diminué mon salaire. Mais je n’ai rien osé dire parce que je n’ai pas de papiers », enchaîne une autre. « Nous sommes des esclaves. C’est ça ou la rue. Et même quand tout se passe bien avec l’employeur et qu’on est bien payée, il y a tout le reste. On est par exemple angoissée dans un bus, même quand on a acheté un ticket, parce qu’on risque un contrôle de police et d’être envoyée en centre fermé », continue Lucia.

    Alexandra estime qu’elle a de la chance : « De mon côté, je suis super-bien payée. J’ai aussi droit à des congés payés et des congés maladie. » En fait, elle gagne un peu plus que le salaire minimum. C’est ce qui symbolise le mieux la condition de ces travailleuses : être complètement à la merci de son employeur et s’estimer chanceuse lorsque celui-ci n’en profite pas.

    « Nous voulons sortir de l’ombre »
    « En tant que travailleuse domestique, on est tout au fond du panier. Nous travaillons dans les soins aux personnes, nous occupons des enfants, des gens malades, des personnes âgées. Mais nous sommes vraiment précarisées, et c’est ça notre lutte. On veut rendre cette réalité visible », explique Lucia. « Nous faisons partie intégrante de l’économie. Nous remplissons des tâches essentielles dans la société. Nous voulons sortir de l’ombre », continue Lucie.

    « Le syndicat m’a rendu l’espoir que je pouvais améliorer ma situation. La Ligue nous permet de nous rendre compte que notre situation n’est pas unique. Que beaucoup d’autres sont dans notre situation. La Ligue nous aide beaucoup. J’espère qu’on va pouvoir rassembler toutes les femmes dans notre situation », s’enthousiasme Naima.

    Magali Verdier, l’animatrice du MOC, explique que la Ligue des Travailleuses Domestiques a en effet pour but de mettre en avant la situation très précaire dans laquelle les femmes sans-papiers se retrouvent, de lutter collectivement, d’intéresser les médias, et d’aller chercher du soutien dans la société. « La Ligue des Travailleuses Domestiques fait partie intégrante de la CSC et du combat plus large mené par l’organisation syndicale auquel les femmes de la Ligue prennent part également. »

    « Je suis optimiste. C’est déjà pas mal. Je pense que nous allons y arriver », dit Naima. « Moi aussi ! » répond Alexandra. Elles rient. Après deux heures de discussions, nous demandons si nous pouvons faire une photo d’elles. Elles hésitent. Certaines préfèrent se mettre de dos. Elles s’encouragent mutuellement et décident finalement de faire la photo à visage découvert. Pour sortir de l’ombre.

    #emploi #travail #femmes #sans-papiers #travailleuses domestiques #esclavage #luttes_sociales #Syndicats #syndicalisation #Belgique

  • La #Poste au tribunal : un procès inédit contre la #sous-traitance abusive
    https://lemediapresse.fr/social/la-poste-au-tribunal-un-proces-inedit-contre-la-sous-traitance-abusive

    Dans les murs du Tribunal de Grande Instance de Nanterre, l’entreprise publique était jugée hier suite au décès, il y a six ans, d’un jeune livreur employé par l’un de ses sous-traitants. Une procédure dans laquelle la Poste est accusée de « prêt illicite de main d’œuvre et de marchandage » : trois #Syndicats se sont portés partie civile pour protester contre ce qu’ils qualifient de « sous-traitance abusive ». 

    #Social #Bagaga #CGT #emploi #libéralisation #SUD #syndicalisme #Syndicat #Travail #UNSA

  • Sous-traitance à La Poste, le procès
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/130519/sous-traitance-la-poste-le-proces

    Le tribunal de Nanterre juge ce lundi le recours trop systématique de La Poste à des sous-traitants, mal payés et moins bien traités que les facteurs classiques, au centre d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). L’enquête a été déclenchée par la noyade d’un livreur fin 2012. « On sous-traite l’intégralité de notre activité principale. On sait bien que ce n’est pas légal », affirme un manager de La Poste.

    #SOCIAL #syndicats,_Seydou_Bagaga,_colis,_sous-traitance,_social,_La_Poste

  • #Italie, anatomie d’une crise (4/5) – Marco d’Eramo : « Salvini et Di Maio ne disent jamais que le problème majeur de l’Italie est la dette publique »
    https://lemediapresse.fr/international/italie-anatomie-dune-crise-4-5-marco-deramo-salvini-et-di-maio-ne-dise

    À Rome, Filippo Ortona rencontre Marco d’Eramo, intellectuel italien, ancien élève de Pierre Bourdieu, penseur du #Capitalisme, du #populisme et de ses usages, pour le quatrième épisode de notre série « Italie, anatomie d’une crise ». Entretien. 

    #Idées #International #classe_ouvrière #communisme #Europe #extrême_droite #fascisme #Gauche #globalisation #italieanatomiedunecrise #Italieombresetlumieres #Lega #M5S #Mondialisation #ouvriers #sociologie #sociologue #syndicalisme #Syndicats #UE #Union_Européenne

  • #Italie, anatomie d’une crise (3/5) – À Pomigliano, Cinq Étoiles pour la #classe_ouvrière
    https://lemediapresse.fr/international/italie-anatomie-dune-crise-3-5-a-pomigliano-cinq-etoiles-pour-la-class

    Près de Naples, un ancien bastion ouvrier et syndical, haut lieu des luttes du siècle dernier, est aujourd’hui acquis au Mouvement 5 Étoiles et à la #Lega. Entre casse méthodique des mécanisme de défense collective et stratégie du groupe Fiat, soutenue par une large partie du spectre politique et des éditorialistes, Filippo Ortona raconte une désillusion ouvrière.

    #International #communisme #extrême_droite #Gauche #italieanatomiedunecrise #Italieombresetlumieres #M5S #ouvriers #syndicalisme #Syndicats

  • Comment l’exécutif veut reprendre en main la Préfecture de police, cet « Etat dans l’Etat », Elise Vincent, Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/20/grand-menage-avant-reprise-en-main-a-la-prefecture-de-police_5438680_3224.ht

    Après le limogeage de Michel Delpuech et de deux hauts fonctionnaires, l’exécutif va donner au nouveau préfet mission de réformer l’institution, selon les informations du « Monde ».

    Le projet était dans les tuyaux depuis plusieurs mois et il semble désormais mûr. Alors que la Préfecture de police (PP) est durement percutée par la crise des « #gilets_jaunes », la vague qui a commencé par emporter les hommes pourrait désormais chambouler toute l’institution. L’« échec », selon le mot ministériel, du #maintien_de_l’ordre lors de l’acte XVIII a déjà coûté sa place au préfet, Michel Delpuech, son directeur du cabinet, Pierre Gaudin, et le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch. Mais iI pourrait accélérer dans la foulée des changements structurels plus importants au sein de la plus ancienne « maison police » de France créée en 1800 par Bonaparte, qui a toute autorité sur la capitale et la petite couronne.

    Selon nos informations, le nouveau #préfet Didier Lallement, qui doit être installé officiellement dans ses fonctions jeudi 21 mars par Christophe Castaner, doit en effet recevoir une lettre de mission avec deux priorités. La première, confirme le ministère de l’intérieur, sera de mettre en œuvre la doctrine de « fermeté renforcée » de maintien de l’ordre, présentée le 18 mars par le premier ministre.
    La seconde consistera à lancer une vaste réforme de la PP. Un signal qui se veut fort, alors que le sujet est depuis plusieurs années un serpent de mer. M. Lallement a rencontré à ce titre le président de la République, mardi. Il devait voir M. Castaner et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, mercredi.

    « #Didier_Lallement n’est là que pour ça, réformer la PP, cet Etat dans l’Etat », confirme un préfet qui connaît bien l’homme, souvent considéré comme dur, voire autoritaire. Les changements d’hommes en seraient les prémices. Le départ de M. Dupuch, maillon essentiel de la « chaîne de commandement » incriminée, était ainsi attendu.
    Le choix de se séparer de lui correspond à la lecture que la Place Beauvau a fait des « dysfonctionnements » dans la stratégie du maintien de l’ordre. Le puissant patron de la DSPAP, principale entité au sein de la PP avec quelque 19 000 hommes à son service, est accusé d’être l’auteur de la note interne sur les lanceurs de balles de défense (#LBD), qui aurait incité les troupes à en faire un usage réduit.

    Equipe amputée de membres importants

    Cela faisait en réalité plusieurs semaines que cette direction de la PP, qui gère notamment les #détachements_d’action_rapide, chargés des interpellations pendant les #manifestations, était dans le viseur du ministre de l’intérieur et de son secrétaire d’Etat. La Place Beauvau avait transmis des consignes pour que l’ensemble de la sécurisation des manifestations soit à la main de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), quand la PP avait opté pour une gestion bicéphale : le cœur de la mobilisation aux troupes de maintien de l’ordre de la DOPC, les abords aux petites unités plus mobiles de la DSPAP.

    Le nouveau préfet va donc devoir procéder rapidement à des nominations, dans un contexte de manifestations hebdomadaires. Ses deux principales directions sont fragilisées par cette crise. La DSPAP a été soudainement décapitée. Quant à la DOPC, elle sort de plusieurs semaines de flottement, après l’arrêt-maladie prolongé de son directeur, Alain Gibelin, finalement relevé de ses fonctions, le 15 mars. Jérôme Foucaud a été nommé en remplacement, lundi 18 mars. Mais il devra lui-même s’appuyer sur une équipe amputée de membres importants depuis l’affaire Benalla.

    Laurent Simonin, le chef d’état-major, ainsi que Maxence Creusat, à la tête de la cellule Synapse – une unité chargée de surveiller les réseaux sociaux qui joue un rôle majeur dans la gestion de la crise des « gilets jaunes » –, ont été mis en examen pour avoir transmis illégalement des images de vidéosurveillance à l’ancien chargé de mission de l’Elysée et ont donc été mutés à d’autres postes.

    « Chantier de transformation en profondeur »

    Quel que soit le jeu de chaises musicales à la PP, il devrait en tout cas être au diapason d’une réflexion profonde, amorcée dès l’automne au ministère de l’intérieur, et plus particulièrement pilotée par Laurent Nuñez, fin connaisseur de l’institution pour avoir été lui-même directeur du cabinet du préfet de 2012 à 2015. Si l’affaire Benalla a pu accélérer cette réflexion, plusieurs interlocuteurs assurent qu’elle était déjà amorcée sous Gérard Collomb. Le calendrier s’est ensuite précisé en décembre 2018, dans le cadre d’un « protocole » avec les #syndicats_policiers.
    Une partie des primes promises lors du premier pic de violences des « gilets jaunes » a en effet été conditionnée à des avancées sur plusieurs sujets « abrasifs », comme les décrit un proche du dossier : les heures supplémentaires, la gestion des cycles horaires et la réforme de la PP. Au cabinet de M. Castaner, on préfère dire que ce protocole a prévu « l’ouverture d’un chantier de transformation en profondeur » auquel les directions de la #gendarmerie et de la #police nationale ainsi que la PP ont été priées de contribuer en faisant des propositions. Le 13 mars, une réunion « d’étape » a en tout cas eu lieu sur le sujet.

    Lisser la chaîne de commandement

    Principal but de cette réforme quoi qu’il en soit : retirer à la Préfecture de police une partie de ses compétences spécifiques, qui lui confèrent une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir politique – et de facto une grande puissance –, supprimer les doublons, lisser la chaîne de commandement, et potentiellement faire des économies… Sont principalement dans le viseur les directions chargées de la lutte contre l’immigration irrégulière, la police judiciaire, le renseignement et, dans une moindre mesure, la logistique. A la PP, un service spécifique gère en effet le matériel nécessaire par exemple à l’ordre public (barres-ponts, canons à eau etc.). Il est déjà en phase de dissolution.

    Le sujet sur lequel les discussions seraient les plus avancées, selon certaines sources, est l’#immigration. Il est ainsi envisagé la création d’une grande « direction zonale » rattachée à la #police_aux_frontières (DCPAF). Celle-ci est en effet compétente partout en France, sauf à Paris. « C’est compliqué car de nombreux réseaux internationaux ont leurs ramifications à Paris. La petite couronne concentre par ailleurs les deux tiers de l’immigration irrégulière. Or, les préfectures n’ont pas de police spécialisée sur cette zone où la PP est compétente… », décrypte un bon connaisseur du dossier, qui salue toutefois les « progrès » réalisés sous l’ère Delpuech avec la vague migratoire [sic, ndc] , notamment pour gérer de façon plus « fluide » les placements en #rétention.

    A la PP, l’un des principaux opposants au projet était Frédéric Dupuch, l’un des hauts fonctionnaires écartés mardi. Et pour cause, sa direction, la DSPAP, a aujourd’hui la gestion de l’immigration illégale en lien avec les commissariats de quartier. Le changement dans l’attribution des compétences affaiblirait cette entité prépondérante au sein de la préfecture.

    Une crise préoccupante des vocations

    Un sujet plus épineux actuellement sur la table concerne la #police_judiciaire. A l’instar de la DCPAF, la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) n’a pas compétence, en pratique, sur le territoire parisien, où les troupes du fameux « 36 » règnent en maître. Une situation qui engendre régulièrement une « guerre des polices » sur les belles affaires.
    « Ça ne se parle pas », regrette une source policière. « Dans un contexte d’internationalisation de la délinquance, notamment en matière de stupéfiants, cela pose des problèmes de continuum et pénalise en partie les stratégies nationales », souligne une autre source haut placée. Concrètement est donc aujourd’hui en réflexion un rattachement de la direction régionale de la police judiciaire de Paris à la DCPJ, dans une nouvelle structure zonale qui comprendrait Versailles.

    En matière de #renseignement, la direction du renseignement de la Préfecture de police de Paris (DRPP) est aussi potentiellement dans le viseur. Les projets à son égard semblent toutefois plus incertains. Depuis toujours, la DRPP défend un modèle « intégré », qui cumule les fonctions de renseignement territorial (ex-RG) et le suivi du « haut du spectre », soit les profils les plus dangereux, notamment en matière de terrorisme. Mais ce modèle doublonne en partie avec la compétence nationale de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui s’agace depuis longtemps de cette situation. La circulation de l’information en pâtit régulièrement, comme cela est apparu lors de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en 2016.
    L’alignement des planètes semble néanmoins idéal aujourd’hui, aux yeux des stratèges du ministère de l’intérieur, pour parvenir à des avancées sur tous ces sujets. Et ce, car la plupart des organisations syndicales apparaissent aujourd’hui enclines à soutenir les réformes. Notamment pour des raisons de ressources humaines et de gestion de carrière. Une crise préoccupante des vocations traverse par exemple la police judiciaire, autrefois service roi. Un rattachement de la PJ parisienne (environ 2 000 personnes) à sa direction centrale, la DCPJ (environ 5 300), permettrait de redonner une respiration aux carrières et d’éviter la fuite des cerveaux en province, estiment certains interlocuteurs.

    « Il ne s’agit surtout pas de tout détruire »

    Tous les spécialistes du sujet soulignent toutefois les risques de ces réformes. En clair, il ne faut pas casser un modèle qui – paradoxalement – fonctionne bien. Grâce à des moyens budgétaires régulièrement abondés, la PP a toujours su survivre aux assauts en développant une réelle efficacité sur son territoire. En matière de renseignement, la compétence de la DRPP sur le « bas du spectre » – souvent négligé par la DGSI – ou les réseaux d’ultradroite ou d’ultragauche n’est par exemple pas questionnée.

    Le problème se pose aujourd’hui à l’envers : alors que les ressources se font rares pour l’Etat, ce sont les directions de tutelle de la PP qui estiment pâtir de sa toute-puissance. Certains plaident même pour inverser le paradigme. « Dans plusieurs domaines, le modèle parisien marche mieux que ce qui se fait ailleurs. Plutôt que de chercher absolument à nous déboulonner, il faudrait regarder comment exporter nos modes de fonctionnement », juge une source haut placée à la préfecture.

    « Il ne s’agit surtout pas de tout détruire », prévient une source au cœur de ces négociations, consciente des spécificités de la capitale. Le but, selon plusieurs interlocuteurs, serait plutôt de ramener le préfet de police de Paris au niveau de ce que sont ses homologues en région : soit des préfets de zone sur lesquels sont « branchés » tous les services nationaux, comme c’est le cas à Marseille.

    « Il faut redonner tout son rôle d’administration centrale » à la PP, résume un proche du dossier, mais sortir de la logique d’« Etat dans l’Etat », qui a aujourd’hui, par exemple, sa propre unité d’élite – la brigade de recherche et d’intervention. Une force qui a toute compétence sur la capitale, les groupes d’intervention de la police nationale et de la gendarmerie, le RAID et le GIGN, étant invités à rester cantonnés derrière le périphérique.

    « Gilets jaunes » : soutenu par l’exécutif, Castaner se sait néanmoins en sursis, Cédric Pietralunga, Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/20/gilets-jaunes-soutenu-par-l-elysee-et-matignon-castaner-resiste-a-l-offensiv
    Le ministre de l’intérieur est critiqué pour n’avoir pas pu maintenir l’ordre samedi. Mais, pour l’exécutif, le problème a été un « défaut d’exécution » de ses ordres.

    Le pilonnage était attendu. Il a été intense. Accusé d’être responsable de la débâcle policière lors de la dix-huitième journée de mobilisation des « gilets jaunes », qui a vu l’avenue des Champs-Elysées se transformer en champ de bataille, samedi 16 mars, Christophe Castaner a été pris pour cible toute la journée de mardi par l’opposition.

    « Un ministre de l’intérieur digne de ce nom aurait dû déposer sa #démission », a attaqué le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, Christian Jacob. « J’en ai connu des ministres de l’intérieur de la Ve République, mais celui-là, il va rester au Musée Grévin ! », a ajouté le député (LR) de Paris Claude Goasguen sur LCP.
    Lors de la séance des questions au gouvernement, le ministre a été plusieurs fois interrompu par des « Démission ! » venus des bancs de la droite, auxquels les élus de la majorité ont répondu en applaudissant debout M. Castaner.

    Devant la commission des lois du Sénat, où il avait été convoqué mardi en en fin d’après-midi pour s’expliquer sur les défaillances dans les opérations de maintien de l’ordre à Paris, M. Castaner a également eu droit à une salve de remarques acerbes, résumées d’un trait par Michel Raison, élu (LR) de Haute-Saône : « Quand est-ce que l’autorité de l’Etat sera rétablie ? Parce que le vrai patron, ce n’est pas le préfet de police, c’est le ministre de l’intérieur. »

    Soutien unanime de l’exécutif

    Sous le déluge, l’ancien maire socialiste de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) ne s’est pourtant pas dérobé, répondant à chaque interpellation. Le ministre peut se targuer il est vrai d’un soutien unanime de l’exécutif.
    Depuis dimanche, c’est le même mot d’ordre qui est répété : il faut sauver le soldat Castaner. « C’est un bon ministre de l’intérieur, il est en première ligne depuis le début et il se montre solide. S’il a pris un coup au casque, il a du coffre et les épaules pour tenir. Il y a un pilote à Beauvau et cela se voit », rassure-t-on ainsi à Matignon. Selon son entourage, le chef du gouvernement, Edouard Philippe, s’est entretenu à plusieurs reprises depuis samedi avec son ministre, dont il est devenu proche malgré leurs parcours politiques opposés, pour lui dire son soutien.

    Sur le fond, c’est le même argument qui est martelé : le ministre de l’intérieur n’est pas en cause dans les défaillances constatées samedi. « Il y a eu un défaut d’exécution », assure-t-on au sommet de l’Etat. Comprendre : la hiérarchie policière n’a pas obéi aux ordres du ministère de l’intérieur.

    « Les consignes que j’avais passées n’ont pas été appliquées », a lui-même plaidé M. Castaner, mardi matin sur France Inter. C’est pour cette raison que le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a été limogé. « Le ministre de l’intérieur est responsable politiquement, le préfet est responsable opérationnellement. Il ne faut pas mélanger les choses, sans quoi nous devrions changer de ministre tous les deux mois », plaide un conseiller.

    En sursis

    Au sein de la maison police, personne ne réclame d’ailleurs le départ de ce fidèle d’Emmanuel Macron. « Quel intérêt on aurait à changer de ministre de l’intérieur ? Aucun ! Il commence à appréhender son poste. A l’heure qu’il est, on a, avec Laurent Nuñez [secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur], un binôme qui fonctionne bien, il ne faut pas y toucher », tranche Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-FO, le premier syndicat au sein du ministère.

    Les nombreux déplacements de terrain de Christophe Castaner sont plutôt appréciés des fonctionnaires. Tout comme le soutien indéfectible aux forces de l’ordre affiché par la Place Beauvau, au plus fort de la tempête sur les violences policières et l’usage trop généreux des lanceurs de balles de défense (LBD).

    Les organisations syndicales n’oublient pas non plus que c’est Christophe Castaner qui a conclu un protocole d’accord en décembre 2018, prévoyant des augmentations de salaire substantielles pour les gardiens de la paix, au terme d’une discussion marathon de huit heures. Le ministre avait sollicité un arbitrage de l’exécutif et obtenu gain de cause. Quant à ses incartades lors d’une soirée dans un restaurant, révélées par la presse people, elles font sourire les troupes plus qu’autre chose. « L’épisode ne l’a pas affaibli », assure-t-on à Matignon, où l’on revendique de former « un pack » autour du ministre.

    Dans les rangs de la police, on ne se fait surtout aucune illusion sur les effets de la politique du fusible. « Depuis 2016, on a eu cinq ministres qui se sont succédé, parfois pour quelques semaines seulement, rappelle une source policière haut placée. Dès que quelque chose ne va pas dans le pays, on veut tout bouleverser à Beauvau, comme si le changement d’homme allait régler tous les problèmes. »
    S’il n’est pas menacé à court terme, Christophe Castaner se sait néanmoins en sursis. Que de nouvelles émeutes éclatent lors d’une prochaine manifestation des « gilets jaunes », ou que des affrontements se terminent par des blessés graves voire des morts, et le ministre de l’intérieur n’aurait d’autre solution que de partir à son tour. « Ce serait le seul moyen de protéger le président et ce serait son rôle », concède un parlementaire de la majorité.

    • Dispositif Sentinelle mobilisé dans le cadre des manifestations, AFP

      Le porte-parole du gouvernement annonce que le dispositif #Sentinelle sera mobilisé de manière « renforcée » samedi dans le cadre des manifestations des « gilets jaunes » afin de protéger des bâtiments officiels et autres « points fixes »

      Les militaires de Sentinelle seront mobilisés pour l’acte XIX des « gilets jaunes »
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/03/20/les-militaires-de-sentinelle-seront-mobilises-pour-l-acte-xix-des-gilets-jau

      Emmanuel Macron a dit « ce matin [qu’il y aurait] une mobilisation renforcée du dispositif Sentinelle pour sécuriser les points fixes et statiques », a-t-il précisé lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée. L’objectif est de « permettre aux forces de l’ordre » de se « concentrer sur les mouvements et le maintien et le rétablissement de l’ordre ». « Nous ne pouvons pas laisser une infime minorité violente abîmer notre pays et détériorer l’image de la France à l’étranger », a-t-il ajouté. Les prochains jours seront donc décisifs. »

      Nouveau dispositif
      Manifestations interdites sur les Champs-Elysées et dans certains quartiers des grandes villes en cas de présence d’« ultras », préfet de police de Paris remplacé, contraventions alourdies : le premier ministre Edouard Philippe a annoncé dès lundi une batterie de mesures pour répondre aux violences ayant émaillé la dernière manifestation des « gilets jaunes », samedi 16 mars à Paris.
      Au-delà de Sentinelle, des brigades anticasseurs seront déployées samedi sur le terrain, des #drones et des « produits avec des #marquages indélébiles » permettant de « tracer » les casseurs vont également être mobilisés. « Des individus ont décidé de casser la démocratie, de s’en prendre à la République et à ses symboles », a déclaré Benjamin Griveaux. « Ce ne sont donc plus des manifestants à qui nous avons affaire mais des émeutiers. Les manifestants défendent une cause, à côté de ceux-là il y a des #émeutiers qui sont simplement mus par la haine. »

      L’opération Sentinelle représente une mobilisation sans précédent de l’armée sur le territoire national depuis la guerre d’Algérie. Des chiffres de 2017 faisaient état de 7 000 militaires déployés en permanence – pour moitié en région parisienne – depuis les attentats de janvier 2015 à Paris.


      https://www.lesinrocks.com/2019/03/19/actualite/le-gouvernement-veut-renforcer-le-maintien-de-lordre-meme-si-un-black-bl
      #interdictions_de_manifester #militarisation #violence_d'État

    • L’utilisation de militaires pour assurer la sécurité (statique) de lieux de pouvoir a été prônée dès décembre dernier par des syndicats policiers. Il s’agit selon ces syndicats, et désormais pour le gouvernement, de privilégier l’emploi des forces de police et de MDO pour des actions requérant de la mobilité, et destinées à alimenter la chaîne judiciaire. Il s’agit aussi de résorber la disproportion entre les délits ou dégâts constatés et les condamnations (tous ces gardés à vue libérés, tous ces condamnés trop ordinaires pour être considérés comme des prototypes de « casseurs »).


      #cogestion #justice

    • Les contraventions pour participation à une manifestation interdite passent de 38 à 135 euros, AFP
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/21/les-contraventions-pour-participation-a-une-manifestation-interdite-passent-

      Il en coûtera désormais plus cher de participer à une manifestation interdite. Les contraventions encourues sont passées de 38 à 135 euros, à la suite de la publication d’un décret jeudi 21 mars au Journal officiel.
      « Le fait de participer à une manifestation sur la voie publique interdite sur le fondement des dispositions de l’article L. 211-4 du code de la sécurité intérieure est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe », dit le texte.
      Cette mesure avait été annoncée lundi par le premier ministre, Edouard Philippe, à la suite des violences, sur les Champs-Elysées notamment, lors de l’acte XVIII des « gilets jaunes ». Ces dernières semaines, les protestataires étaient revenus à leurs méthodes initiales et avaient préféré ne pas déclarer leurs rassemblements à Paris.

      Manifestations interdites à Paris, Bordeaux ou Nice

      Le gouvernement a donc décidé de hausser le ton. Lundi, le premier ministre a également annoncé l’#interdiction_de_manifester « chaque fois qu’il le faudra », dans les quartiers « les plus touchés », « dès lors que nous aurons connaissance d’éléments “ultras” et de leur volonté de casser », en citant les Champs-Elysées, à Paris, les places du Capitole, à Toulouse, et Pey-Berland, à Bordeaux. En cas de manifestation, « nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements », a-t-il prévenu, tout en annonçant en même temps une « réorganisation du maintien de l’ordre ».

      A la demande du maire de Nice, Christian Estrosi, le gouvernement compte également interdire les manifestations des « gilets jaunes » dans un « périmètre défini » samedi dans la ville azuréenne. Pour l’acte XIX, prévu samedi, plusieurs « appels nationaux », ont été lancés sur les réseaux sociaux pour des rassemblements à Nice, mais aussi à Toulouse et à Montpellier.

      Impunité zéro
      Deux jours avant cette nouvelle journée de mobilisation, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a intronisé jeudi le nouveau préfet de police de Paris, Didier Lallement. Ce dernier a succédé à Michel Delpuech, qui a été débarqué par le gouvernement après les violences du week-end dernier. « Votre première mission, évidemment, sera de maintenir l’ordre public dans la capitale », a prévenu M. Castaner, a destination du nouveau préfet.

      « Je vous demande de faire en sorte que la doctrine du maintien de l’ordre, telle que nous l’avons redéfinie entre le 1er et le 8 décembre (actes III et IV des « gilets jaunes » ), soit effectivement et résolument mise en œuvre, sans hésitation ni demi-mesure » , a développé le ministre, réclamant « qu’elle soit effective dès samedi » .
      « Samedi, sur les Champs-Elysées, il n’y avait pas de manifestants, il n’y avait que des haineux, des ultras, des factieux, des gens venus pour casser, pour détruire, pour agresser, car on ne peut pas se prétendre simple spectateur de ceux qui défigurent Paris, de ceux qui balafrent la France. »

      #sous_peine-d'amendes

    • Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics, Willy Le Devin , Ismaël Halissat et Eva Fonteneau, correspondante à Bordeaux — 23 mars 2019
      https://www.liberation.fr/amphtml/france/2019/03/23/lallement-le-nouveau-prefet-qui-fait-flipper-les-flics_1716932

      A Paris, après le limogeage de Michel Delpuech, jugé trop laxiste, son successeur est entré en fonction jeudi. Qualifié de « fou furieux » par certains collègues, il devrait appliquer une stratégie de fermeté lors de l’« acte XIX » des gilets jaunes.

      Des cris de joie déchirent les couloirs feutrés de la préfecture de Bordeaux. Lundi, deux jours après le saccage des Champs-Elysées par les gilets jaunes, les fonctionnaires girondins sont heureux. Ils viennent de l’apprendre, leur patron depuis 2015, Didier Lallement, est nommé à la tête de la préfecture de police de Paris, en remplacement de Michel Delpuech, limogé par l’exécutif car jugé trop laxiste. Ses collaborateurs bordelais en sont convaincus : si la ville a besoin d’un homme de fer, avec lui, elle sera servie. Agé de 62 ans, l’homme traîne en effet une réputation de préfet impitoyable. Le mot pourrait être fort s’il n’avait pas été prononcé spontanément par plusieurs de nos sources ayant croisé sa route par le passé. « Il est très cassant avec les gens, très blessant. On n’avait jamais vu ça, raconte une ex-collègue. Il est froid dans son management, mais assume totalement. Avec lui, c’est la politique de la #terreur. Il ne respecte que ceux qui, de temps à autre, osent lui tenir tête. » « Didier Lallement ? Il est fou comme un lapin, abonde un préfet actuellement en poste. C’est la rigidité faite homme. Il peut ne jamais vous dire bonjour, ça ne le dérange pas. De ce fait, il me semble très éloigné des caractéristiques que l’on exige d’un préfet, à savoir d’être rond. Si le gouvernement l’a choisi, c’est clairement pour une reprise en main musclée de la préfecture de police. »

      « La main de Clemenceau »

      Avec Didier Lallement, le gouvernement poursuit deux objectifs. Un de très court terme : rétablir l’ordre dans la capitale dès ce samedi, pour l’« acte XIX » des gilets jaunes. Par la suite, il s’agira de réformer l’institution créée en 1800 par Napoléon, qualifiée « d’Etat dans l’Etat » pour ses pouvoirs et son autonomie gargantuesques. En effet, la préfecture de Paris possède sa propre police judiciaire, le prestigieux « 36 », son service de renseignement (DRPP), chargé au même titre que la DGSI de la lutte antiterroriste, ainsi qu’une compétence sur la lutte contre l’immigration illégale. Un train de vie jugé luxueux en ces temps de rigueur budgétaire. Jeudi, lors de l’intronisation du nouveau préfet sur l’île de la Cité, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’y est pas allé de main morte au moment de dresser la feuille de route du nouveau maître des lieux : « Didier Lallement, votre modèle est Georges Clemenceau. La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener. »

      Pour ce qui concerne le maintien de l’ordre, la place Beauvau entend renforcer une doctrine d’ultrafermeté. Christophe Castaner, ainsi que son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, n’ont en effet que très modérément goûté une note émanant du directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, appelant à un usage modéré des lanceurs de balles de défense (LBD 40). Les deux ministres attendent donc de Didier Lallement qu’il applique la stratégie « de mobilité et d’interpellations », élaborée après les heurts très violents du 1er décembre. Le risque ? Générer un nombre très important de blessures voire de mutilations chez les manifestants, via un recours débridé aux armes les plus controversées du maintien de l’ordre, comme les LBD 40 bien sûr, mais aussi les différents types de grenades (celles dites de désencerclement ou les GLI-F4 composées de TNT). A Bordeaux, les affrontements entre les forces de l’ordre et les gilets jaunes ont d’ailleurs été très violents ces derniers mois. Deux personnes ont eu la main arrachée et plusieurs autres ont été sérieusement blessées par des tirs de LBD 40. Le 2 mars, c’est le député LFI Loïc Prud’homme qui a dénoncé les coups de matraque dont il a été victime en quittant pacifiquement un cortège des gilets jaunes. Une pétition a été lancée pour réclamer la tête du préfet. Lundi, Prud’homme a accueilli ainsi l’arrivée de Lallement à la tête de la préfecture de police de

      « Le graal »

      C’est là l’immense paradoxe de cette nomination. Bien que très expérimenté, –il a été préfet de l’Aisne, de la Saône-et-Loire et du Calvados–, Lallement n’a rien d’un spécialiste de l’ordre public. « C’est un préfet fou furieux, hoquette un ancien directeur central de la sécurité publique. Il a les dents qui rayent le parquet depuis toujours. En 2012, il voulait déjà avoir la mainmise sur la police et la gendarmerie à l’époque où il était secrétaire général du ministère de l’Intérieur [#Valls, ndlr].Il a toujours voulu faire de la police opérationnelle, jusque-là il était tenu à l’écart avec une perche. » Prendre la tête de la préfecture de police de Paris, Didier Lallement y pensait donc depuis longtemps. « C’était son rêve absolu, il vient de toucher le graal », confie un proche. Didier Leschi [un ex-gaucho passé au "souverainisme", ndc] , aujourd’hui directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration tempère le portrait apocalyptique fait de son compère issu, comme lui, du « #chevènementisme » : « C’est un excellent technicien, à la grande rigueur intellectuelle. Au plan administratif, il est plutôt réformateur. Son passage à la tête de l’#administration_pénitentiaire [où il fut le créateur des équipes régionales d’intervention et de sécurité –unité d’élite, (selon Ration, laudatif avec ces brutes chargé de réprimer les prisonniers, ndc) ] a été salué par les syndicats [ de matons ! ndc] , ce qui est suffisamment rare pour être souligné. » Le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, qui a travaillé avec Lallement il y a bientôt trente ans au secrétariat d’Etat aux collectivités locales, confirme la grande valeur de ce haut-fonctionnaire, au parcours iconoclaste : « Lallement ne vient pas du sérail, il n’a pas fait l’ENA. Il est très sérieux, rigoureux et travailleur. Mais c’est vrai que dans l’exercice de l’autorité, il est très cash. »

      L’ex-préfet de la Nouvelle-Aquitaine laisse par exemple un souvenir âcre aux élus locaux du bassin d’Arcachon, à qui il a contesté sans merci le plan de l’urbanisme. « C’est le seul mec qui a eu les couilles de se prendre les lobbys de l’immobilier en frontal pour les obliger à respecter l’environnement et le domaine public maritime », rapporte un journaliste. Revanchard, l’un des maires contrariés a adressé un courrier au lance-flammes à Macron, accusant ni plus ni moins le haut fonctionnaire « d’abus de pouvoir ». Mais #Didier_Lallement ne craint rien ni personne. Le jour de son arrivée en Gironde, il avait baptisé ainsi son nouveau personnel : « Vous pensez connaître ma réputation ? Elle est en deçà de la réalité. »

      Lallement"...bientôt être entendu dans le cadre de l’enquête sur les #soupçons de #favoritisme qui pèsent sur les marchés de la #Société_du_Grand_Paris. https://seenthis.net/messages/768523

  • Le coup de gueule de Laurent Pinatel : « Putain, il y a un paysan qui se suicide tous les deux jours ! » | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/le-coup-de-gueule-de-laurent-pinatel-putain-il-y-a-un-paysan-qui-se-suic

    « Putain, il y a un paysan qui se #suicide tous les deux jours les gars quoi ! Et nous on est syndicalistes, on est là et on ne dit rien ? Non, ce n’est pas satisfaisant. Non, les #politiques_publiques ne sont pas satisfaisantes » a lancé Laurent Pinatel, entouré des responsables des autres #syndicats_agricoles, la #FNSEA, les #Jeunes_agriculteurs et la #Coordination_rural

    #confédération_paysanne #agriculture

  • Réapproprions-nous les médias !

    #Acrimed lance avec des associations, des organisations de #journalistes, des #médias, des #syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et à signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias.

    « Nous affirmons qu’il est temps de se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias. Pour défendre le droit d’informer et le droit à être informé. Et pour que l’information devienne enfin un bien commun et non une marchandise. »

    Pour lire l’appel complet et signer : https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias

  • #Trump et le coup d’État des #multinationales

    Comment Donald Trump a-t-il conquis la Maison-Blanche ? Au travers d’analyses d’observateurs et de paroles d’électeurs, Fred Peabody dessine le saisissant portrait d’une démocratie confisquée.

    Et si le 45e président des États-Unis n’était pas le symbole d’une ère nouvelle, mais au contraire l’aboutissement d’un processus entamé depuis de longues années ? Alors que la journaliste canadienne Naomi Klein a récemment comparé l’administration Trump à un « coup d’État des grandes entreprises », son compatriote philosophe John Saul (Mort de la globalisation, éd. Payot) estime, lui, que la confiscation de la démocratie et des biens publics par les intérêts privés a débuté dès la fin des années 1970, la première élection de Ronald Reagan en 1981 la rendant effective. Sa théorie du « coup d’État au ralenti » a notamment inspiré le journaliste Chris Hedges dans son analyse de l’état de l’Amérique. Pour lui, et certains de ses pairs, également interviewés ici, l’élection de Donald Trump ne constitue que le dernier rebondissement, le plus visible sans doute, d’une dérive à laquelle ses prédécesseurs démocrates, Bill Clinton et Barack Obama, ont activement prêté la main. Des pans entiers de la population américaine, notamment dans les anciennes régions ouvrières, ont ainsi été délibérément sacrifiés par les élites au nom de la libéralisation du marché, et la crise de 2008 a contribué à accélérer cet abandon.

    Outsiders
    En écho à ces réquisitoires très argumentés, le réalisateur Fred Peabody (Tous les gouvernements mentent) explore ainsi les villes dévastées de Camden (New Jersey) et de Youngstown (Ohio), anciens bastions industriels livrés au chômage et à la misère, où des sans-abri, citoyens jadis prospères, campent à deux pas de rangées de maisons murées. Et c’est l’aspect le plus passionnant, et le plus novateur, de son film, que de donner la parole à des électeurs de Trump qui, ni haineux, ni racistes, ni religieux fanatiques, expliquent pourquoi ils n’ont pu se résoudre, une fois de plus, à voter pour un parti qui les a rayés de la carte sans sourciller. Sans illusion sur Trump, ils lui reconnaissent une seule vertu : celle de l’outsider, méprisé comme eux par les politiciens professionnels et les médias. De Washington à la Rust Belt, la « ceinture de rouille », cette balade dans une Amérique oubliée fait puissamment écho à l’actualité française.


    https://www.arte.tv/fr/videos/084760-000-A/trump-et-le-coup-d-etat-des-multinationales
    #coup_d'Etat #USA #Etats-Unis #corporation #coup_d'Etat_permanent #impôts #fiscalité #élite #pouvoir_économique #démocratie #groupes_d'intérêt #intérêt_personnel #Mussolini #fascisme #corporatisme #propagande #médias #presse #lobby #Camden (New Jersey) #pauvreté #SDF #sans-abris #sans-abrisme #villes-fantôme #capitalisme #ghost-city #pillage #Youngstown (Ohio) #sidérurgie #industrie_sidérurgique #acierie #désindustrialisation #Rusting_belt #délocalisation #chômage #drogue #Manifeste_Powell #inégalités #richesse #pauvreté #ALENA #traité_de_libre-échange #accords_de_libre-échange #syndicats #prisons #privatisation_des_prisons #emprisonnement #divisions #diviser_pour_régner #racisme #sexisme #patriarcat #film #documentaire #film_documentaire

  • En #Loire-Atlantique, deux conceptions de l’#agriculture s’affrontent aux élections
    https://reporterre.net/En-Loire-Atlantique-deux-conceptions-de-l-agriculture-s-affrontent-aux-e

    Les élections de renouvellement des #chambres_d’agriculture se terminent le 31 janvier. En Loire-Atlantique, les trois #syndicats_agricoles ont confié à Reporterre l’étendue de leurs divergences en matière de #pratiques et de #gestion.

    #chambres_consulaires

  • (G)Rève Générale Badia Benjelloun - 29 Janvier 2019 - Librairie Tropiques
    http://www.librairie-tropiques.fr/2019/01/g-reve-generale.html

    L’internationale de la Répression.
    Après les trois semaines d’émeutes en octobre et novembre 2005 qui avaient concerné pas moins de 300 communes en France, les pays européens ont pris au sérieux la menace insurrectionnelle urbaine. Le bilan après la mort des deux jeunes adolescents pris en chasse par la police et piégés dans un site EDF, 6000 interpellations et 1300 personnes écrouées, a été lourd. Les violences ont décliné puis cessé après que le gouvernement ait décrété l’état d’urgence. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait fait appel aux conseils techniques du régime de Tel Aviv http://www.europalestine.com/spip.php?article1929 . Le Ministre de la Sécurité publique et un Haut Commissaire ont été mandés pour passer 4 jours en France et livrer leur expérience accumulée lors de la répression sanglante de l’#Intifada de l’an 2000.

    L’ordre néolibéral devait être défendu de l’émergence probable d’une révolte populaire.

    Le #Danemark a offert en mars 2007 aux corps répressifs de quelques pays un terrain d’expérimentation de techniques de contrôle d’une #insurrection au centre d’une ville. Une maison de quatre étages, mise à la disposition par la mairie depuis 25 ans à des jeunes de la culture underground et finalement vendue à une église évangéliste fondamentaliste devait être évacuée au profit de ses nouveaux acquéreurs. Tout un dispositif que ne nécessitait pas la situation, à peine une quarantaine de jeunes gens de moins de vingt ans dormaient là, a été mis en place pour faire éclater une émeute. L’expulsion des occupants d’Ungdomshuset https://fr.wikipedia.org/wiki/Ungdomshuset dans le quartier de Noerrebro allait être réalisée par une unité d’élite de la police de très bonne heure un matin. Déposée par un hélicoptère sur le toit, elle a été appuyée par des canons à eau au sol et des grues qui ont transporté jusqu’aux étages des policiers anti-émeutes, surprenant les résidents dans leur sommeil.

    Il s’en est suivi des batailles de rues vite étendues à d’autres quartiers de la ville. Incendies de voitures, jets de cocktail Molotov et de pavés, barricades ont été la réponse d’une jeunesse qui a été délibérément provoquée. La ‘guerre des rues’ a duré quelques jours et a donné lieu à des milliers d’arrestations. Le porte-parole de la police danoise avait d’abord nié la présence d’unités actives venant d’autres pays d’Europe. Il a fini par reconnaître que des policiers étrangers pouvaient avoir été présent en ‘qualité d’observateurs’. Les législatives de 2001 avaient mis au pouvoir une coalition du parti libéral d’Anders Fogh Rasmussen et du Parti populaire conservateur, soutenue par le Parti du Peuple danois ouvertement raciste et xénophobe. Le système politique a alors adopté une politique chauvine visant autant la gauche que les musulmans fort peu présents dans ce pays qui réglemente très strictement l’immigration.

    Les attentats du 11 septembre 2001 ont permis de faire muter le problème de l’inégalité économique entre nations en une question de lutte contre le terrorisme. Ils ont aussi autorisé ici et là une transformation des luttes sociales en luttes raciales dissolvant le caractère économique de la régression des acquis des travailleurs, principe subrepticement inclus dans le Traité de Maastricht puis le Traité constitutionnel européen. Les partis de gauche, comme les directions syndicales, absorbés par le système et préoccupés uniquement à mettre en avant des revendications sociétales t se sont absentés du terrain social . Ils ont même été souvent à l’œuvre pour promouvoir la flexibilité, c’est-à-dire la précarité, et l’aide à l’emploi autrement dit les privilèges fiscaux accordés aux grosses entreprises ainsi que la suppression de la part patronale du salaire social différé, retraite, assurance maladie et chômage. Ces entités, devenues accessoires potiches puis inutiles, ont fini par disparaître fonctionnellement et ontologiquement.

    Dissuasion inefficace
    Puis vint cette vague jaune inattendue, acéphale, vivante de ses mille molécules toutes agrégées autour du refus de la mise en esclavage salarial à vie au profit de quelques privilégiés et nantis. Semaine après semaine, elle revient, plus puissante. Elle surmonte allégrement les digues qu’on lui oppose. Chaque nouveau blessé, chaque arrestation arbitraire la renforce.
     
    Le #discrédit
    Elle est réfractaire à toute division et se montre inclassable dans les catégories classiquement réprouvées par la moraline du plasma idéologique ambiant. Ni raciste, ni d’extrême-droite, ni d’extrême gauche, ni antisémite ni homophobe. Rien de tout cela.

    La #mutilation
    La violence policière sciemment organisée ne l’affaiblit pas. Chaque nouveau blessé, chaque arrestation arbitraire la renforce.

    Un temps, au début, on pouvait l’attribuer à l’inexpérience d’unités non ou insuffisamment entraînées à la guérilla urbaine et au contrôle des manifestations. La #sidération produite par la crise financière mondialisée de 2008 aidée d’une réticence à l’offre politique a pu faire croire en effet à la disparition définitive de toute forme de rébellion. L’austérité élevée au rang de religion d’Etat, alpha et oméga de toute orientation budgétaire, avait mené à une restriction du personnel répressif qualitativement et quantitativement. Mais il a fallu admettre que les assauts répétés dans plusieurs villes, à l’occasion de nombreuses manifestations sans violence de la part de ses participants ne sont pas le fruit d’erreurs d’appréciation des forces policières et apparentées. Les têtes et les yeux sont visés délibérément et très adroitement atteints par les lanceurs de balles ‘de défense’. Le #gazage systématique de foules rassemblées et soigneusement encerclées dans des places n’est pas non plus fortuit. Il est accompagné de lancers de grenades de désencerclement https://www.liberation.fr/france/2018/09/04/grenades-de-desencerclement-la-police-a-du-mal-a-compter_1676444 et d’usage de canons à eau alors que nul danger n’est couru par les forces répressives.
    Une atmosphère de guerre asymétrique est présente à chaque fin de manifestation.

    Asphyxié, aveuglé par des #gaz chlorés lacrymogènes, chacun tente de fuir l’agression sans trouver d’issue de sortie. Les ordres de la préfecture sont exécutés, il ne s’agit donc pas de disperser mais de punir https://francais.rt.com/france/58538-gilet-jaune-blesse-jerome-rodrigues-exclusivite-rt-france-importa . Pas de quartier, sus aux revendicateurs !

    Le contre-feu
    La contremanifestation organisée le dimanche 27 janvier n’a rassemblé que quelques centaines de personnes. Macron n’est décidément pas un De Gaulle, Riester n’est pas non plus un Malraux et il manquait 990 000 foulards rouges pour atteindre le million de supporter à l’équipe Macron. Cet échec patent souligne si besoin était l’illégitimité du pouvoir en place totalement déconnecté de la réalité concrète vécue par les millions de Français poussés en dehors de chez eux vers des ronds points, des carrefours et des centre ville.

    La division
    Ils ne se sont pas désignés de chef et récusent toute instrumentalisation de la part de l’ennemi politique. Ils jouent spontanément la partition de la solidarité. La liste pour les européennes contestée pour usurpation https://francais.rt.com/france/58549-flop-directeur-campagne-liste-gilets-jaunes-annonce-retrait-une-s du titre gilets jaunes semble vivre des jours difficiles avec le retrait momentané de son directeur de campagne https://francais.rt.com/france/58549-flop-directeur-campagne-liste-gilets-jaunes-annonce-retrait-une-s .

    La distraction
    Le Grand Débat https://www.gouvernement.fr/grand-debat-national-4-themes-retenus-pour-animer-la-concertation national devait mettre un terme au mouvement des GJ. Il est apparu rapidement comme une manœuvre des communicants élyséens destinée à rendre illégitime et sans objet la colère populaire. L’exécutif consent à donner des leçons à des collèges de maires soigneusement sélectionnés et évite de prendre en compte les doléances émanant des citoyens. La concertation de deux mois sur quatre thèmes étroitement balisés s’effectuera sous contrôle par une autorité administrative sans aucune indépendance. Il est aussi le premier moment du lancement de la campagne des élections pour le Parlement européen qui se tiendront en mai 2019, scrutin de plus en plus boudé par les citoyens européens avec des taux d’abstention de plus de 50%.

    L’interdiction
    Maniant une séduction qui n’opère plus et le bâton, le régime de cette 5ème République finissante se propose de faire voter une loi anticasseurs qui, si elle venait à être adoptée, reviendrait à une véritable abrogation du droit constitutionnel à manifester, rejoignant en cela les mesures adoptées par le maréchal al Sissi qui avait interdit manifestations et grèves dès son arrivée au pouvoir. Le texte est jugé liberticide y compris par des députés de la majorité http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/22/01016-20190122ARTFIG00296-loi-anticasseurs-castaner-tente-de-rassurer-les-d ‘En Marche’.

    Naissance de la cis-Rhénanie et disparition de l’Etat français.
    Pendant ce temps-là, Macron continue ce qu’il sait faire de mieux et pour quoi il a été porté au pouvoir, brader des biens nationaux et dépecer la nation. La fusion Alstom-Siemens va donner lieu en réalité à une absorption du groupe du rail par l’entreprise allemande qui sera majoritaire à 50,5%. Il s’agit bien du rachat de l’activité ferroviaire https://www.lerevenu.com/bourse/alstom-siemens-un-projet-prometteur-mais-desequilibre #Alstom par #Siemens et le terme de fusion n’est qu’une formule promotionnelle destinée à calmer les 67 000 emplois français qui risquent bien d’être translatés en Allemagne et transformés en emplois précaires pour Polonais, Ukrainiens ou immigrés récents syriens.

    Macron s’apprête également à céder au secteur privé #ADP, les trois aéroports d’Orly, de Charles de Gaulle et du Bourget. L’Etat sera délesté d’une rentrée financière importante en augmentation constante avec l’accroissement du fret Paris étant une des premières destinations touristiques mondiales. Cette opération comporte de plus le risque de l’augmentation des taxes aéroportuaires et du prix des billets d’avions, constituant un facteur de ralentissement de leur fréquentation. On peut raisonnablement considérer qu’il s’agit d’un choix malheureux pour un pays dont l’ambition est de devenir un pays avec un PIB alimenté essentiellement par les services du tourisme.

    Le #service_public http://www.lemondepolitique.fr/cours/droit_public/service_public/notion.html est une notion de droit public et administratif évolutive et d’une grande plasticité. Quand des organismes ou personnes privées l’assurent, elles doivent se soumettre à un régime juridique de droit public et ne pas rechercher le profit. En déléguant à la société privée #Streeteo https://fps-stationnement.fr/actualite/moovia-controle-le-stationnement-payant-a-bordeaux-1333 filiale d’Indigo la gestion du contrôle des paiements du stationnement payant en voierie de la capitale, la mairie de Paris réintroduit le fermage de l’impôt avec rentabilité de l’activité qui lui est attenante.

    Le même type de prise en charge par le privé a été institué dans de nombreuses villes françaises. Depuis qu’elle a adopté le principe d’une police municipale indépendante de la préfecture de police de Paris, #Hidalgo va avoir recours à des sociétés privées de sécurité pour contrôler l’accès aux arrondissements piétonnisés un dimanche par mois. L’obsession #escro-écologique de la guerre aux voitures conduit à donner à des personnes non assermentées la prérogative de vérification http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/26/01016-20190126ARTFIG00052-paris-respire-des-agents-non-assermentes-pour-effectuer-des-controles.php#http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/26/01016-20190126ARTFIG00052-paris-respire-des- des documents d’identité.

    Les suppressions de postes http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/01/27/20002-20190127ARTFIG00182-bercy-reduit-massivement-ses-effectifs-partout-en-france.php#http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/01/27/20002-20190127ARTFIG00182-bercy-reduit-massivement-ses-effectifs-pa , près de 2130, programmée par le Ministère des finances et de l’économie fait craindre à juste titre l’extension de sociétés privées de fermage et le retour aux méthodes de l’Ancien Régime et une aggravation de la charge fiscale qui pèse sur les plus démunis. Les plus puissants, on le sait, savent tout des techniques de l’optimisation fiscale.

    Il faudrait pouvoir recenser exhaustivement tous les domaines où le public disparaît en faveur du privé sans que l’administration n’ait les moyens de contrôler la conformité de son activité dans des domaines d’intérêt général comme pour le médicament, l’eau et la gestion des déchets.

    Les inégalités se sont creusées tout au long des quatre décennies précédentes, elles prennent des proportions monstrueuses, véritable violence incompatible avec une vie sociale sans heurts. Les parrains de #Macron l’ont compris. L’affrontement devenu inévitable est en cours. Les GJ ont intégré désormais que leurs balades même imprévisibles et désordonnées dans les villes et leur occupation de nœuds de circulation est insuffisante à faire plier un système qui n’hésite pas à mutiler avec des armes de guerre. Ils ont décidé de s’emparer de la grève reconductible http://www.lapenseelibre.org/2019/01/n-164-gilets-jaunes-et-syndicats.html . Les #syndicats n’ont qu’à bien se tenir, elle se fera avec ou sans eux.
     

    #Badia_Benjelloun
    Le 29 janvier 2019.

    • Gilets jaunes : à Commercy, « l’AG des AG » remporte un succès d’affluence, Lucie Delaporte
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270119/gilets-jaunes-commercy-l-ag-des-ag-remporte-un-succes-daffluence?onglet=fu

      Dans la commune de la Meuse, 75 délégations de gilets jaunes se sont retrouvées ce week-end pour débattre des suites à donner au mouvement. Au menu, échanges d’expérience et débats animés sur une possible structuration du mouvement.

      « Commercy, capitale des gilets jaunes ! » La formule, lancée par un participant dans la liesse qui caractérise depuis le début de la journée les quelque 300 représentants qui ont répondu à l’appel de cette petite ville de la Meuse, enthousiasme un moment. Venues de toute la France, près de 75 délégations ont envoyé à Commercy des représentants pour participer à l’#assemblée générale des assemblées générales des gilets jaunes, créées un peu partout sur le territoire ces dernières semaines (lire notre reportage sur l’expérience menée à Commercy depuis le début du mouvement).

      « On est dans une volonté de mise en commun des idées », précise Steven, un représentant du groupe de Commercy, avant de s’exclamer : « C’est extraordinaire ce qui se passe ici ! » Le succès dépasse manifestement les organisateurs : « On ne s’attendait pas du tout à ça, on est ravis », assure Claude, qui a largement contribué à l’organisation de ce week-end, mais qui tient d’emblée à préciser que l’AG de Commercy « ne va pas prétendre représenter tous les gilets jaunes de France. On va être humbles. Il s’agit de s’engager dans un processus démocratique par le bas ».

      La question, lancinante, de la légitimité de cette assemblée, de ceux qui s’expriment, traversera d’ailleurs tous les débats de ce mouvement si attaché à son horizontalité.

      À partir de neuf heures du matin, commencent à se rassembler dans la salle des fêtes de petits groupes venus de tout l’Hexagone et parfois même d’un peu plus loin. Un journaliste grec, qui échange avec un couple de Suisses, a fait le déplacement parce que « le monde entier regarde ce mouvement ».

      Rico et Chantal arrivent de l’Ariège, du Mas-d’Azil. Ils ont été mandatés par leur AG pour venir les représenter à Commercy. « On a été tirés au sort », précise Chantal, sémillante septuagénaire, qui depuis des semaines multiplie les actions dans son coin de l’Ariège certes reculé, mais « où existe un tissu associatif très vivant ». « Faut la voir bloquer des camions à quatre heures du matin ! », affirme Rico, la quarantaine, admiratif.

      « Macron peut lâcher sur les 80 km, on n’en a rien à faire. Son grand débat, c’est de l’enfumage ! Ce qu’on veut, c’est la #justice_sociale. On en a marre de bosser comme des cons pour rien avoir à la fin », résume Chantal, au diapason d’une assemblée remontée à bloc et persuadée que le mouvement des gilets jaunes, loin de s’essouffler, ne fait que commencer.

      La plupart des participants disent être venus à Commercy pour échanger leurs expériences, prendre des contacts, mais aussi se redonner de la force. « C’est important de discuter, de créer des liens. Et puis il faut qu’on s’organise face à la #répression », estime Stéphane, qui vit à Saillans dans la Drôme. « Moi je viens prendre un max de contacts pour échanger, parce qu’avec une grosse manif par semaine on a un peu la tête dans le guidon et on a du mal à prendre du recul », affirme Christophe, qui arrive de Montpellier.

      Adel, qui vient lui de Rungis, attend de voir « quelles suites va prendre le mouvement ». « En Île-de-France, on est un peu en retard, mais par contre ça continue à grandir », assure-t-il.

      La nécessité de mieux se coordonner, de mieux s’organiser est largement partagée. Tout comme l’inquiétude liée à la structuration d’un mouvement spontané et initié par la base. Dans la salle, si chacun met de côté son parcours politique, le refus de toute organisation bureaucratique du mouvement fait l’unanimité.

      Dans cette assemblée nettement marquée à gauche, et bien que chacun tienne à mettre de côté son éventuel parcours militant, on sent les militants échaudés par leurs expériences d’organisation pyramidale.

      Pour Younès, qui a été mandaté par son AG de Grenoble, c’est la grande force des gilets jaunes, qui rassemblent « des gens sans arrière-pensée politique, qui essaient de s’organiser en sachant que le pouvoir ne doit pas être accaparé par quelques-uns. Ils sont très vigilants sur cette question, ils ne veulent surtout pas d’un #leader qui a la science infuse ».

      Ici, la question d’une liste gilets jaunes aux européennes ne fait même pas débat. « On dénonce un système politique, c’est pas pour rentrer dedans ! », résume Anne, qui arrive de Nancy et pense comme la majorité des participants interrogés que cette initiative ne vise qu’à affaiblir le mouvement, autant que le « grand débat » organisé par Macron, unanimement rejeté.

      Vers 13 heures, la longue présentation des différentes délégations débute avec cette consigne, rappelée par Claude : « Ne pas être trop long, ne pas jouer les grandes gueules. »

      De Dijon à Poitiers en passant par Lorient ou Nice, avec une forte présence de groupes franciliens, les différents représentants détaillent la situation de leur côté. Et témoignent de la grande diversité du mouvement. Un représentant de l’AG de Saint-Nazaire raconte que les gilets jaunes occupent là-bas un bâtiment vide, rebaptisé « maison du peuple ». « On fait une assemblée générale par jour », explique-t-il, précisant que les gilets jaunes sont aussi très mobilisés « sur le ralentissement de l’activité portuaire » (lire notre reportage sur place, et le blog de ce groupe, hébergé sur Mediapart).

      Venu du Vigan, petit village du Gard, Kevin affirme que le mouvement y reste fort : « Pour un village de 3 000 habitants, on a entre 60 et 80 personnes à chaque assemblée. » Des « commissions thématiques » y ont été mises en place « sur la question de l’autonomie alimentaire de la vallée, par exemple », précise-t-il.

      « Le problème, c’est la coordination de toutes les actions »

      Patrick, de Paris, rappelle que la question qui revient le plus dans les allées du marché de la place de La Réunion, dans le XXe, est celle du #logement, des #loyers trop chers, quand Louise explique qu’elle s’exprime ici au nom du groupe des #femmes gilets jaunes en Île-de-France, un groupe créé « pour porter les revendications spécifiques des femmes isolées dans les gilets jaunes. Parce que plus prolo que le prolo, il y a la femme du prolo », lance-t-elle.

      À Horbourg-Wihr, petite commune d’Alsace, le mandaté décrit, de son côté, la présence bienvenue des motards dans le mouvement : « Je peux vous dire que lorsqu’ils sont là, c’est assez impressionnant », se réjouit-il.

      Un représentant de Dijon explique, lui, que si dans sa ville la mobilisation reste importante, « le problème, c’est la coordination de toutes les actions. Il y a beaucoup de groupes qui agissent chacun de leur côté », déplore-t-il. « J’ai vu qu’il y avait par exemple beaucoup de gens qui faisaient des tracts super. Ce serait bien si on pouvait les partager pour ne pas réinventer l’eau chaude chacun de notre côté », lance un représentant de Besançon.

      Beaucoup disent ce jour-là leur préoccupation d’élargir le mouvement, notamment en s’arrimant aux combats des salariés dans les entreprises. « Au départ, on s’est retrouvés par l’association des VTC, raconte Adel, mandaté par l’AG de Rungis. Une petite famille s’est créée. Aujourd’hui, on soutient les salariés de Geodis et on soutient naturellement tous les #salariés_en_lutte. »

      Faut-il appeler à la #grève générale le 5 février, comme y appellent notamment la CGT et La France insoumise ? La question est âprement débattue, tout comme celle de la place à donner aux #syndicats dans le mouvement. Certains refusent, par principe, de s’associer à un mot d’ordre syndical alors que les syndicats sont restés largement en dehors du mouvement.

      Quelles #revendications mettre en avant ? Le débat s’anime entre ceux qui estiment qu’il est trop tôt pour arrêter un socle détaillé et ceux qui jugent important d’acter les grandes tendances autour de la justice fiscale et sociale ou les exigences démocratiques.

      « Il faut mettre en avant des revendications unificatrices », avance un participant, quand un autre propose de « se mettre d’accord sur les grands points pour nous permettre de massifier le mouvement ». « Ou alors on se met d’accord sur ce qu’on ne veut plus, parce qu’être trop précis dans les revendications, cela peut diviser », suggère un autre.

      La discussion, alors que la soirée avance et que la nuit est tombée depuis longtemps, finit par patiner un peu. « J’ai l’impression qu’on est à Nuit debout, là », s’agace à nos côtés un jeune homme barbu.

      Quelqu’un s’inquiète : « On ne va pas ressortir de ce week-end sans un écrit, quand même ! » « Les gens ne sont pas venus ici pour du beurre, nous confie Patrick, de Paris. En tout cas, cela présage un débat extrêmement compliqué sur la structuration du mouvement ! », pronostique-t-il.

      L’idée de rédiger un texte commun le lendemain matin est finalement actée.

      En fin de soirée, sur la position à tenir face à l’#extrême_droite, la discussion s’affole et la sérénité joyeuse qui a marqué l’essentiel de la journée disparaît quelques minutes. Alors qu’au cours de la journée, de nombreux participants ont demandé qu’une position claire soit prise contre toute forme de #xénophobie, #sexisme ou #homophobie, les avis divergent sur la manière de se démarquer de l’extrême droite.

      « On nous a assez traités de fachos. Il faut dire que ces gens-là n’ont rien à voir avec nous », estime une participante, qui propose que l’AG condamne explicitement les violences commises le jour même par des groupuscules d’extrême droite.

      « On est censés être apartisans », souligne un jeune homme, qui se dit gêné par l’idée de cibler, plus ou moins explicitement, le Rassemblement national. « C’est pas un parti politique, l’extrême droite ! », lui rétorque celle qui a fait la proposition. « Ben si ! », se voit-elle répondre.

      Alors que la fatigue se fait sentir, Claude qui joue ce soir-là les monsieur Loyal reprend le micro pour aborder le dernier point à l’ordre du jour : « Comment on s’organise pour rester le plus démocratique possible ? »
      Faut-il demander que tous les #mandats des représentants soient impératifs ? Sans pouvoir décisionnel ? Plusieurs interventions défendent l’idée de ne surtout pas imposer un carcan national aux #assemblées_locales. « Les assemblées locales doivent être souveraines », juge une participante.

      Une chose est sûre : « La #démocratie, c’est super difficile, on le constate encore aujourd’hui », conclut Claude du haut de sa longue expérience militante.

  • Des ordonnances Macron aux « Gilets Jaunes » - Stéphane Sirot - Restriction ou extension du domaine de la lutte syndicale ?

    A l’automne 2017, les ordonnances Macron ont rétréci drastiquement le périmètre d’intervention du syndicalisme dans les entreprises.

    Un an plus tard et dans un tout autre registre, le mouvement social dit des « Gilets jaunes » s’est formé et développé en-dehors des organisations de travailleurs, alors même qu’un grand nombre de leurs revendications et une large part des citoyens en mouvement s’inscrivent dans le cœur de cible du syndicalisme de rapport de force.

    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/LibrePensee/STGJ190119.mp3

    Ce mouvement est unique et spécifique. Mais on pourrait faire un rapprochement avec la période de 1788-1789, qui précède la convocation des Etats Généraux par Louis XVI. On a vu l’émergence de cahiers de doléances qui mettent sur le papier les revendications des gilets jaunes, une absence de leader et une incapacité du pouvoir à répondre à ce mouvement. A l’inverse, la comparaison avec le poujadisme et les jacqueries me semble erronée : ce n’est pas une révolte contre l’impôt mais contre l’injustice qui est ressentie dans la répartition du produit des richesses.

    On a tendance à l’oublier, mais les violences ont presque toujours accompagné les conflits sociaux. Avant la Première guerre mondiale, le maintien de l’ordre était dévolu à l’armée. Il y avait des morts presque chaque année dans les mouvements sociaux. Il y a eu une tendance à la pacification des mouvements sociaux dans les années 80 et 90, avec des manifestations encadrées et pacifiques. 

    Mais depuis le début des années 2000 (émeutes des banlieues et CPE) on a une résurgence des violences à l’occasion de grandes manifestations. Ces actions violentes, sans être suivies par la masse, ne sont pas forcément rejetées. On a vu samedi des gilets jaunes pacifiques regarder ces affrontements sans les fuir. 

    Habituellement, le soutien de l’opinion s’effrite quand des violences se déclenchent dans les mouvements sociaux. Ce n’est pas ici le cas. Il y a en réalité deux mouvements de gilets jaunes : un mouvement de terrain et un autre de l’opinion publique. Il y a dans les profondeurs de l’opinion une identification aux gilets jaunes. Cela va au-delà du soutien traditionnel aux mouvements sociaux, qui fonctionne généralement plus par sympathie que par identification. 

    L’absence d’interface entre le pouvoir légal (gouvernement) et le pouvoir légitime (les citoyens) nourrissent la violence l’absence de structuration du mouvement.

    Les citoyens s’adressent directement à l’Etat et usent d’un droit à l’insurrection, comme le formalise la Constitution américaine. Ce droit n’était plus exercé car nos sociétés ont construit des contre-pouvoirs et des corps intermédiaires, qui jouaient le rôle tampon entre l’Etat et les citoyens. Ce n’est plus le cas. 

    Un syndicalisme dépolitisé et institutionnalisé, volontiers enserré dans le carcan du « dialogue social » et doutant de ses propres capacités à mobiliser, se trouve aujourd’hui en situation d’être réduit au rang de fait social résiduel.

    Pour autant, rien n’est écrit d’avance. L’histoire syndicale plus que séculaire fournit à ceux qui croient encore à l’importance et à l’utilité des organisations des outils
dont le réinvestissement offre des perspectives de relance.

    Stéphane Sirot https://www.u-cergy.fr/fr/recherche-et-valorisation/experts/droit-sciences-politiques/stephane-sirot.html est historien, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme. Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes.
    http://www.lemouvementsocial.net/comptes-rendus/stephane-sirot-le-syndicalisme-la-politique-et-la-greve-france-et

    _ Cet exposé a été enregistrée le 19 Janvier 2019, par Radio Campus Lille, lors d’une conférence débat organisée par l’Université Populaire Chti Guevara de Lens. http://chti-guevara.blogspot.com *

    Source : https://www.campuslille.com/index.php/entry/des-ordonnances-macron-aux-gilets-jaunes-stephane-sirot

    #Audio #Radio # #radios_libres #radio_campus_lille #conflits #grève #Stéphane_Sirot #giletsjaunes #gilets_jaunes #syndicats #CGT #syndicalisme #luttes_sociales #loi_travail #social #syndicat #neutralisation #syndicalisme_rassemblé #CPE #mouvement_social #CSE #dialogue_social #dépolitisation #journée_d_action #histoire #france

  • Deux mois après le début du mouvement des Gilets Jaunes, j’ai terminé une revue de presse sur la question (dans le but d’écrire un article à l’attention de mes ami.e.s anglophones du Canada, mais je ne sais pas si ça arrivera un jour). Je sais que d’autres se sont déjà essayés à une telle revue de presse, mais tant pis, voici la mienne qui n’essaye pas du tout d’être exhaustive :

    (1) Prémices :

    Cette guerre de basse intensité contre toute forme de révolte
    Gaspard d’Allens, Reporterre, le 13 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/735614

    (2) Effets sur le commerce :
    https://seenthis.net/messages/737657
    https://seenthis.net/messages/737900
    https://seenthis.net/messages/739837
    https://seenthis.net/messages/743897
    https://seenthis.net/messages/757890
    https://seenthis.net/messages/760177
    https://seenthis.net/messages/763232
    https://youtube.com/watch?v=Jy7dWH_lpEo


    https://seenthis.net/messages/781986
    https://seenthis.net/messages/800757

    (3) Répression policière et judiciaire (et même l’armée maintenant !) :
    https://seenthis.net/messages/740633
    https://seenthis.net/messages/741161
    https://seenthis.net/messages/742416
    https://seenthis.net/messages/744081
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    https://seenthis.net/messages/745931
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    https://seenthis.net/messages/747535
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    https://seenthis.net/messages/766096
    https://seenthis.net/messages/766691
    https://www.youtube.com/watch?v=kEcaoEfx5j8


    https://seenthis.net/messages/768609
    https://seenthis.net/messages/769398
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    https://seenthis.net/messages/780574
    https://seenthis.net/messages/781429
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    https://seenthis.net/messages/784260
    https://seenthis.net/messages/788763
    https://seenthis.net/messages/789641
    https://seenthis.net/messages/803102
    https://seenthis.net/messages/806673

    (4) Soutien et répression des lycéen.ne.s et étudiant.e.s :
    https://seenthis.net/messages/737434
    https://seenthis.net/messages/741687
    https://seenthis.net/messages/741773
    https://seenthis.net/messages/741813
    https://seenthis.net/messages/741924
    https://seenthis.net/messages/741959
    https://seenthis.net/messages/744912
    https://seenthis.net/messages/746449
    https://seenthis.net/messages/782985
    https://seenthis.net/messages/794533

    (5) Évolution du traitement syndical et médiatique :

    Gilets jaunes : ça bouge chez les syndicats
    Arthur Brault-Moreau, Regards, le 30 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740147

    Les directions syndicales répondent à l’appel de Macron pour maintenir l’ordre contre les gilets jaunes
    Damien Bernard, Révolution Permanente, le 6 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    Les Gilets jaunes se font une place dans les médias et l’agenda politique
    Brigitte Sebbah, Lucie Loubère, Natacha Souillard, Laurent Thiong-Kay, Nikos Smyrnaios, Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, Axe Médias et médiations socio-numériques - Université de Toulouse, le 7 décembre 2018
    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article1538

    Le traitement médiatique des Gilets Jaunes : un mois de propagande pro-Macron
    Marion Beauvalet, Le Vent se Lève, le 29 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/748043

    Gilets jaunes : "Les bavures policières, c’est l’omerta absolue"
    David Dufresne, Eric Dessons, Axel Ronde, Daniel Schneidermann et Lynda Zerouk, Arrêt Sur Images, le 18 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/754890

    Quand les médias faibles deviennent les plus forts
    André Gunthert, Médiapart, le 15 mai 2019
    https://seenthis.net/messages/781388

    Le traitement de l’information par les médias à l’heure des gilets jaunes (Fréquence Paris Plurielle)
    Acrimed, le 19 juin 2019
    https://seenthis.net/messages/788437

    (6) Tentatives d’enquêtes sociologiques :

    Qui sont et que veulent les « gilets jaunes » ?
    Benoît Coquard, Contretemps, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    « Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    Collectif, Le Monde, le 11 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743069

    Enquête. Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique ?
    Collectif "Quantité critique", L’Humanité, le 19 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746021

    Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail
    Sylvia Zappi, Le Monde, le 24 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746763

    « Le mouvement des “gilets jaunes” n’est pas un rassemblement aux revendications hétéroclites »
    Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion, Le Monde, le 27 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/747411

    Qui sont vraiment les « gilets jaunes » ? Les résultats d’une étude sociologique
    Tristan Guerra, Frédéric Gonthier, Chloé Alexandre, Florent Gougou et Simon Persico, Le Monde, le 26 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/755484

    Voir aussi :
    http://www.enquetegiletsjaunes.fr

    Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    Elise Vincent et Nicolas Chapuis, Le Monde, le 26 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/755960

    Le fond de l’air est jaune : comprendre une révolte inédite
    Jean-Claude Monod, Etienne Balibar, Ludivine Bantigny, Louis Chauvel, Isabelle Coutant, Aurélien Delpirou, Olivier Ertzscheid, Michaël Foessel, David Graeber, Samuel Hayat, Thomas Piketty, Pierre Rosanvallon, Alexis Spire, Sophie Wahnich et Michelle Zancarini-Fournel
    Seuil, 2019
    https://seenthis.net/messages/757816

    Gilets jaunes : hypothèses sur un mouvement
    La Découverte, 2019
    https://seenthis.net/messages/757816

    Les gilets jaunes ou le retour de la lutte des classes
    Luc ROUBAN, Sciences Po CEVIPOF, janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/757831

    Rencontres aux ronds-points
    Raphaël Challier, La Vie des Idées, le 19 février 2019
    https://seenthis.net/messages/761503

    Un public éloigné des traits sociologiques des gilets jaunes
    Simon Blin, Clara Dealberto et Julien Guillot, Libération, le 14 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/767413

    Sous un gilet jaune, il y a... (1) et les autres
    Visioncarto, mai 2019
    https://seenthis.net/messages/780220

    Quels outils pour appréhender et analyser les mobilisations de Gilets Jaunes et les données issues du Débat national
    METSEM, 5 & 6 décembre 2019
    https://seenthis.net/messages/805413

    (7) Analyses (pas le plus intéressant, mais c’est pour savoir ce que pensent les "intellectuel.le.s") :

    La couleur des gilets jaunes
    Aurélien Delpirou, La vie des idées, le 23 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    De quelle couleur sont les gilets jaunes ?
    Rafik Chekkat, Etat d’exception, le 24 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/738152

    Omar Slaouti : « Nous organiser »
    Ballast, le 28 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/739537

    Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »
    Laurent Mucchielli, The Conversation, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741173

    QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES, SUR SON IMPORTANCE, ET SUR LE MÉPRIS ET L’EXTRÊME VIOLENCE À LAQUELLE ON ASSISTE AUJOURD’HUI A L’ÉGARD DES CLASSES POPULAIRES
    Edouard Louis, Facebook, le 4 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741160

    Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir
    Samuel Hayat, le 5 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741622

    Au sujet des « gilets jaunes », je ne sais sur quel pied danser
    Titiou Lecoq, Slate, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741978

    Gilets jaunes : le sens du face à face
    Etienne Balibar, Médiapart, le 13 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743887

    Les Gilets jaunes et la question démocratique
    Samuel Hayat, le 24 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746854

    Franck Lepage : « Le gilet jaune est le symbole d’une conscience de classe qui est en train de renaître »
    Kevin Amara, Comptoir, le 26 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/747198

    « Les “gilets jaunes” veulent rompre avec le sentiment de dépossession »
    Ivan Bruneau et Julian Mischi, Le Monde, le 2 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/748665

    Des « gilets jaunes » composites et des gauches embrumées
    Philippe Corcuff, Médiapart, le 3 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752160

    Les vertus de l’inexplicable – à propos des « gilets jaunes »
    Jacques Rancière, AOC, le 8 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/749921

    Eric Fassin : « Quand on rejette l’opposition gauche/droite et la représentation politique, ça finit rarement à gauche »
    Pierre JacquemainRegard, le 14 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/752279

    Gilets Jaunes, l’urgence de l’acte
    Stathis Kouvélakis, Contretemps, le 21 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/756848

    Toni Negri : « Les gilets jaunes sont à la mesure de l’écroulement de la politique »
    Amélie Poinssot, Médiapart, le 29 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/756272

    Bruno Latour : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leur pays »
    Hervé Kempf, Reporterre, le 16 février 2019
    https://seenthis.net/messages/761008

    Samuel Hayat : « Les mouvements d’émancipation doivent s’adapter aux circonstances »
    Ballast, le 20 février 2019
    https://seenthis.net/messages/761834

    Dépolitiser les gilets jaunes
    André Gunthert, Médiapart, le 22 février 2019
    https://seenthis.net/messages/763457

    Le mépris de classe des années 1930 à nos jours
    Gérard Noiriel, le 1er mars 2019
    https://seenthis.net/messages/764120

    Les gilets jaunes ont été réduits à une foule laide, haineuse et antisémite
    Edwy Plenel, RTS, le 6 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/765147

    Fonder des territoires
    Raoul Vaneigem, Ballast, le 2 mai 2019
    https://seenthis.net/messages/778657

    Gilets jaunes  : nous ne sommes pas dupes   !
    Des personnalités du monde de la culture, Libération, le 4 mai 2019
    https://seenthis.net/messages/778817

    (8) En anglais :

    The mass protests in France : A new stage in the international class struggle
    Le Comité de rédaction du World Socialist Web Site, le 3 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/740828

    The undead centre meets the shitstorm
    Richard Seymour, Patreon, le 7 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741895

    To Understand France’s Crisis, You Must First Understand Its Cheese
    Karl Sharro, BuzzFeed, le 20 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/746836

    Popular Uprising in Paris and Left’s Fear of Populism (et compilation d’articles en #anglais)
    Ranabir Samaddar, Alternatives international, le 14 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/752711

    Use of Force in France’s ‘Yellow Vest’ Protests Fuels Anger
    Elian Peltier, The New-York Times, le 28 janvier 2018
    https://seenthis.net/messages/756085

    10 reasons the Gilets Jaunes are the real deal
    David Studdert, Off Guardian, le 10 février 2019
    https://seenthis.net/messages/759573

    France’s class wars
    Serge Halimi & Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, février 2019
    https://seenthis.net/messages/760780

    There Really Is a French Exception
    Michel Wieviorka, The New-York Times, le 15 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/767368

    Low Visibility (excellent)
    James McAuley, The New-York Review of Books, le 21 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/770634

    I saw children being gassed on the Champs-Elysees last week – police violence in France is out of control
    Nabila Ramdani, The Independent, le 20 juillet 2019
    https://seenthis.net/messages/793862

    (9) Audio-visuel :

    ELO#351 - Gilets Jaunes et Musique
    Dror, Entre Les Oreilles, le 12 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/743558

    Des images du Siné Mensuel de décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/741364

    Après le Grand Blabla gouvernemental, retour sur quelques doléances murales
    Yves Pagès, le 29 avril 2019
    https://seenthis.net/messages/778026

    Un Gilet Jaune DJ d’enfer, le 1er mai 2019
    https://seenthis.net/messages/779963
    https://www.youtube.com/watch?v=Win2ltZ3wfA

    Dessine-moi les médias : gilets jaunes et mépris médiatique
    Mat Colloghan, Acrimed, le 20 juin 2019
    https://seenthis.net/messages/788437

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