Le mouvement Hamas doit prendre garde !
Abdel Bari Atwan - 9 mars 2019 – Raï al-Yaoum – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah
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Il existe effectivement un projet visant à déstabiliser Gaza, mais ce n’est pas une excuse pour frapper les manifestants.
Il ne fait aucun doute que le mouvement Hamas a commis des erreurs à Gaza. Il a dirigé la bande de Gaza de manière partisane et sectaire, en faisant appel à ses loyalistes et en s’aliénant ses opposants, voire même ceux qui étaient neutres. Il s’est ainsi donné une longue ligne d’adversaires : cela commence à l’intérieur de Gaza avec les opposants locaux qui appartiennent au mouvement Fatah et certains groupes islamistes radicaux opposés au maintien du calme ; puis cela passe par Ramallah où l’Autorité palestinienne (AP) veut reprendre la mains sur la bande de Gaza à ses propres conditions, la principale étant de désarmer la résistance ; et cela se termine à Tel-Aviv, où l’État israélien d’occupation est de plus en plus inquiet de la résistance armée de Gaza, des missiles et des manifestations de masse.
Malgré tous ces défis, rien ne peut justifier la façon très laide, insultante et brutale avec laquelle la police du Hamas a traité les manifestants alors que ceux-ci cherchaient à exprimer leur colère face à la dégradation des conditions de vie dans le territoire sous blocus. Ces manifestants utilisaient des moyens purement pacifiques pour protester contre les impôts et les taxes qui pèsent sur eux, l’inflation qui rendre la vie impossible et, plus important encore, le taux de chômage des jeunes de 60% ou plus qui les incite à prendre la mer et à risquer leur vie pour tenter de migrer.
Le Hamas a raison de dire qu’il est confronté à un complot aux multiples facettes visant à remettre en cause son pouvoir à Gaza en déstabilisant le territoire et en le faisant exploser de l’intérieur. Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et ses assistants ne cachent pas leur intention d’atteindre cet objectif en multipliant les pressions sur les habitants de la bande de Gaza. C’est la raison pour laquelle ils ont largement rogné sur les salaires des fonctionnaires – y compris les partisans du Fatah -, forcé des milliers de personnes à prendre une retraite anticipée et cessé de payer la facture de carburant de la seule centrale électrique de la bande côtière. Israël – confronté à des missiles de plus en plus efficaces, des ballons et des cerfs-volants incendiaires, des Marches du retour et des dommages croissants à sa réputation internationale – est naturellement le principal comploteur.
Chaque fois que j’appelais des parents ou des amis dans la bande de Gaza, quelle que soit leur conviction politique, ils se plaignaient de moments difficiles et de la difficulté à joindre les deux bouts. Mais tous, même les partisans du Fatah, étaient d’accord sur un point : le Hamas avait instauré la sécurité et mis fin à l’anarchie qui régnait avant sa prise du pouvoir par son célèbre coup de force de 2007. (...)














