• #Loi_immigration : après l’arrestation de livreurs en situation irrégulière, la colère d’#Éric_Piolle et d’élus de gauche

    Le maire de Grenoble et des représentants EELV et PS critiquent l’#opération_de_police de ce mercredi en Isère, et au passage la loi immigration.

    Le gouvernement voudrait passer à autre chose, la gauche s’y refuse. La loi immigration est revenue à toute vitesse dans les débats en cette fin décembre, conséquence de l’#arrestation d’une dizaine de #livreurs de repas en situation irrégulière mercredi 27 en #Isère, une information rapportée par Le Dauphiné Libéré. Le maire de #Grenoble, Éric Piolle, suivi par d’autres élus de gauche, a dénoncé « une #indignité » pendant que la CGT parlait de « #rafle ».

    L’édile écologiste a directement interpellé le ministre de l’Intérieur #Gérald_Darmanin, déplorant que « ces personnes seraient donc suffisamment ’régulières’ pour attendre dans le froid de vous livrer vos repas, mais pas pour vivre dignement avec nous ».

    « Voici le vrai visage de ce gouvernement »

    Éric Piolle veut ainsi relancer les discussions autour de la #régularisation des #travailleurs_sans_papiers dans les secteurs en tension. Une mesure ardemment défendue par la gauche pendant les débats sur la loi immigration, mais qui a finalement été écartée de la version du texte adoptée par le Parlement.

    https://twitter.com/EricPiolle/status/1740413156227182760

    Dans le sillage du maire, le secrétaire général du PS, #Olivier_Faure, s’est également exprimé les réseaux sociaux : « Si tous les étrangers en situation régulière ou irrégulière se mettaient en grève une journée, chacun se rendrait compte qu’ils sont dans tous les métiers de la seconde ligne, livreurs, auxiliaires de vie, caristes, assistantes maternelles… loués pendant la crise Covid et puis… ».

    Autre élue EELV, la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée #Cyrielle_Chatelain a elle aussi dénoncé l’opération de police, et entre les lignes la loi immigration adoptée définitivement le 19 décembre dernier. « Voici le vrai visage de ce gouvernement : être méchant avec tous les étrangers, même s’ils travaillent, même s’ils s’intègrent », a-t-elle fustigé, là encore sur X (anciennement Twitter).

    Et pour cause : l’opération baptisée « #Uber_Eats », menée simultanément dans plusieurs localités iséroises (Grenoble, #Voiron, #Vienne…), a conduit à l’#interpellation de nombreux livreurs. Des ressortissants algériens, burkinabés, guinéens ou tunisiens qui ont été placés en #garde_à_vue à Lyon et Grenoble après la saisie de leur vélo, et qui ont été libérés après s’être vu notifier des #obligations_de_quitter_le_territoire_français (#OQTF) et des #interdictions_de_retour_sur_le_territoire (#IRTF), comme l’a expliqué #Mohamed_Fofana, responsable CGT des livreurs du département lors d’un point presse organisé ce vendredi.

    Piolle invité à « aimer les policiers »

    « Nous dénonçons cette opération de police (...) dans une période de fêtes où les associations de défense des migrants et beaucoup d’avocats sont en congé et les recours compliqués », a insisté ce responsable. « Nous sommes des travailleurs, pas des délinquants », a-t-il ajouté, rappelant que beaucoup de livreurs travaillent dans des conditions précaires et pour des « rémunérations scandaleusement basses ». « La place Victor Hugo (à Grenoble) a été complètement fermée par des camions de police. C’était une #nasse. Cela s’appelle une rafle quand cela vise une catégorie particulière de personnes », s’est indigné de son côté un responsable de l’Union locale de la CGT, Alain Lavi.

    Le procureur de la République de Grenoble, #Éric_Vaillant, a répondu à Éric Piolle et aux critiques ayant ciblé l’opération : « Ces #contrôles ont été opérés à ma demande. Ils ont aussi permis de constater que les livreurs en situation irrégulière étaient gravement exploités par ceux qui leur sous-louaient leur #licence. Des enquêtes sont engagées », a-t-il indiqué. La préfecture de l’Isère a pour sa part souligné être garante « de l’application des lois de la République ».

    Le ministre de l’Intérieur Gérald #Darmanin, interrogé à ce propos alors qu’il présentait le dispositif de sécurité pour la Saint-Sylvestre, s’est pour sa part contenté de lancer à Éric Piolle : « J’invite le maire de Grenoble à aimer les policiers et à soutenir la loi de la République ».

    https://twitter.com/BFMTV/status/1740687346364739605

    Quelques heures plus heures, l’élu EELV a répondu au ministre dans un tweet, en énumérant « les cinq actes » de la « #tragédie_macroniste : « laisser les #plateformes créer des situations d’#esclavage, voter la loi immigration avec le RN, imposer la politique du chiffre à la police, arrêter des personnes sans défense, inviter à aimer la police ».

    https://twitter.com/EricPiolle/status/1740738174350143880

    https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/loi-immigration-apres-l-arrestation-de-livreurs-en-situation-irreguli
    #Eric_Piolle #résistance #migrations #sans-papiers #Eric_Vaillant

  • The Project : Sound like Donauinsel

    With this blog post and sound map of the Donauinsel in Vienna, we tried to capture place-specific acoustic features along a roughly 500m interval transect across the whole island. On May 20th, 2023, we walked the island from the north-western to the south-eastern end and took 2 minute long recordings at every stop. The recording took place at noon and afternoon on a warm and sunny Saturday. However, due to heavy rains in the days and weeks before that date, resulting in higher water-levels as well as low water temperatures, the island was less populated than it normally would have been in late spring and summer weekends. By clicking on the points on the map you can see the name of the recording and find it in the playlist below. The playlist will also play the sounds from north to south automatically in the background as well. The way urban soundscapes can be studied are manifold. With this blog we first want to present the recordings as they are, simply to be listened to, without any analysis of the sound data itself for now. However, we understand this as a first step in an exploratory process to capturing and analysing urban soundscapes in Vienna. Important considerations include comparative analyses of sound data at different day and night times as well as seasonal variation in relation to not only how different places can sound in terms of volumes and frequencies, but also how people sense and react to different soundscapes at different times.

    https://soundslikedonauinsel.blogspot.com

    #son #bruit #villes #urbanisme #urban_matter #soundscape #Vienna #Vienne #Donauinsel #soundmap #cartographie #visualisation

    ping @reka

  • #Otto_Neurath, sur les traces d’une #planification_écologique

    Organiser l’#économie à partir des #besoins, en se focalisant sur des #grandeurs_physiques plutôt que leur #valeur en monnaie, tel était le projet subversif de ce philosophe des sciences qui eut à affronter les néolibéraux et les fascistes de son temps.

    Otto #Neurath, un philosophe autrichien du début du siècle dernier, tiendrait-il sa revanche ? La planification écologique, dont on peut le considérer comme étant un des ancêtres intellectuels, est en tout cas sortie des catacombes doctrinales. Pièce maîtresse du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, elle est également devenue, avec des intentions certes différentes, un objectif affiché par le pouvoir macroniste. Un secrétariat général auprès de la première ministre lui est dévolu, et des annonces détaillées sont prévues pour la fin de cet été.

    Parler de planification tout court n’a pas toujours été aussi évident dans le débat public. Il fallait montrer patte blanche, en rappelant qu’il a existé des planifications différentes, et que toutes n’ont pas conduit à l’autoritarisme et aux dysfonctionnements de l’Union soviétique et de la Chine maoïste. Mais au moins y avait-il des précédents historiques à invoquer, des travaux intellectuels à citer. La planification écologique, elle, souffre du handicap supplémentaire de ne pas s’être déjà incarnée dans des expériences à grande échelle.

    Celles et ceux qui la promeuvent aujourd’hui ont à surmonter une défaite vieille de près d’un siècle, lorsque de rares penseurs socialistes ont élaboré des modèles économiques démocratiques, attentifs à l’environnement et aux générations futures. Une « brèche écologiste [qui] fut dans l’ensemble colmatée et oubliée », regrette Serge Audier dans son travail sur L’Âge productiviste (La Découverte, 2019). Encore plus qu’à Karl Polanyi (1886-1964), connu pour ses appels à « réencastrer » l’économie dans la société, c’est à un autre intellectuel de la Mitteleuropa que l’on doit cette brèche : Otto Neurath.

    Philosophe des sciences, économiste, ce dernier a connu la prison pour avoir participé à la république des conseils de Bavière en 1919. Durant la décennie suivante, il a polémiqué avec certains des pères fondateurs du néolibéralisme, Ludwig von Mises (1881-1973) et Friedrich Hayek (1899-1992). Dans le même temps, il s’impliquait dans la vie politique et associative de « Vienne la Rouge ». Après que celle-ci a été écrasée par la dictature du chancelier Dollfuss en 1934, il a pris le chemin de l’exil, d’abord aux Pays-Bas puis au Royaume-Uni, où il est mort en 1945.

    En dépit de ce pedigree, on aurait tort de voir en lui une tête brûlée imprégnée d’idéaux marxistes. Tout aussi pacifiste et attaché à la préservation des ressources qu’il fût, il serait également déraisonnable d’en faire un « Vert » avant l’heure. Mais à quelques décennies de distance, sa figure intéresse à la fois la tradition socialiste et la tradition écologiste : d’abord par sa critique frontale et assumée de la logique de marché, ensuite par sa quête optimiste d’un chemin rationnel et méthodique vers l’amélioration du bien-être collectif.
    Un cocktail d’ingénierie et d’utopies sociales

    Né en 1882 à Vienne, le jeune Otto Neurath est élevé dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle austro-hongroise, qui lui fait profiter du dynamisme culturel de la capitale impériale autant que de contacts répétés avec la nature.

    Dans un mémoire universitaire en forme de biographie intellectuelle, Billal Tabaichount mentionne l’influence durable exercée sur Neurath par son père. Ce dernier portait en effet un regard négatif sur la concurrence capitaliste, en raison de ses conséquences socialement décevantes et moralement dommageables sur la population.

    Le même chercheur souligne aussi l’influence de l’intellectuelle suédoise Ellen Key (1849-1926), avec qui Neurath a entretenu une correspondance. De cette féministe engagée sur les questions de pédagogie, le jeune homme aurait retenu qu’une « réforme sociale » désirable doit viser le « bonheur humain », compris de façon non religieuse, et ne doit pas « passe[r] uniquement par l’élite d’une société, mais […] concerner de larges pans de la population ».

    Formé aux sciences sociales à Berlin, Neurath revient à Vienne en 1907. Il y côtoie des intellectuels réunis par leur insatisfaction envers les approches idéalistes et métaphysiques qui dominent dans l’université de l’époque. D’horizons différents, ils privilégient les faits observables et les raisonnements logiques pour mieux appréhender le monde réel, et tenter d’améliorer l’insertion et le développement de l’humanité en son sein.

    Spécialisé en économie, Neurath travaille sur la théorie de la valeur. Il se familiarise notamment avec des travaux de statisticiens réfléchissant aux méthodes les plus rationnelles pour répondre à la subsistance des populations. Il observe le fonctionnement de sociétés en guerre, d’abord dans les Balkans au début des années 1910, puis dans toute l’Europe à partir de 1914. Il est alors frappé par la capacité de la puissance publique à répertorier, affecter et redistribuer des ressources de manière volontariste, la décision politique se substituant au « laisser-faire » du marché.

    « L’économie monétaire qui existait avant la guerre, écrit-il en 1916, n’était pas capable de remplir les nouvelles exigences qui étaient celles de peuples intéressés par la victoire. Il est apparu que la guerre se mène avec des munitions et de la nourriture, pas avec de la monnaie. » Dès lors, explique-t-il, l’attention s’est focalisée sur les structures concrètes de production et de distribution. L’évolution de ces dernières était pourtant jusque-là négligée, ou considérée comme une fatalité même lorsqu’elle causait des souffrances sociales.

    L’épisode conforte Neurath dans son rejet de l’aspect anarchique et « sous-optimal » du #capitalisme. Sa condamnation ne repose pas tant sur les asymétries de pouvoir, les rapports d’exploitation et l’aliénation que ce mode de production implique, que sur son caractère irrationnel. Comme le résume l’économiste Gareth Dale dans la revue Jacobin, « le capitalisme n’est pas suffisamment moderne » à ses yeux.

    De la révolution bavaroise à #Vienne la Rouge

    Même en temps de paix, pense Neurath, un autre ordre économique est possible, qui ne serait plus structuré par la maximisation individuelle du profit. Grâce à la délibération et l’expertise, la société doit pouvoir s’organiser consciemment pour mieux diffuser le bien-être. Neurath est d’ailleurs avide d’expériences dans ce sens. Selon le chercheur Thomas Kayzel, historien de la planification économique aujourd’hui affilié au CEE de Sciences Po, « c’est un penseur pragmatique, politiquement flexible et toujours à la recherche de nouvelles voies d’engagement et de réalisation ».

    Ainsi se comprend sa participation à la #révolution déclenchée contre la monarchie bavaroise, en novembre 1918. Nommé à la tête du Conseil économique central de Munich, dans le cadre de la république nouvellement instituée, il œuvre en faveur de la socialisation de l’économie de la région. Il y acquiert la conviction qu’un tel programme nécessite de forger un « bloc anticapitaliste » allant bien au-delà de la classe ouvrière industrielle.

    Dans l’immédiat, cependant, il se heurte aux intérêts du patronat, à ceux de la paysannerie, mais aussi aux velléités anarchisantes des groupes les plus révolutionnaires, là où lui défend la centralisation des décisions économiques une fois les besoins identifiés. Et s’il s’efforce de défendre une conception « technique » de sa tâche pour mieux l’isoler des soubresauts politiques permanents de l’expérience bavaroise, ceux-ci le rattrapent.

    Après qu’un gouvernement de type soviétique a pris le contrôle de Munich, une violente répression s’abat au printemps 1919. Elle est soutenue par les sociaux-démocrates au pouvoir à Berlin, qui ont déjà maté une première insurrection en début d’année dans la capitale – celle au cours de laquelle Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht furent assassinés. Neurath échappe à un sort aussi funeste, mais il est emprisonné pour haute trahison, avant d’être exfiltré en Autriche grâce au social-démocrate Otto Bauer, ministre des affaires étrangères de ce pays.

    Si c’est à Vienne que l’économiste s’épanouira, ces années tumultueuses sont importantes. Elles sont d’abord l’occasion pour Neurath d’exprimer sa croyance en la nécessité d’« #utopies_scientifiques », contre tout fatalisme ou déterminisme historique. Sous ce terme, il désigne des conceptualisations de futurs possibles, d’ordres sociaux améliorés, qui tiennent compte des contraintes naturelles et du type de personnalités qui auront été façonnées par l’ordre antérieur. Ces exercices intellectuels ne peuvent se substituer à des mobilisations sociales et politiques, mais sont propres à les encourager, en leur fixant un cap à la fois désirable et atteignable.

    Ensuite, ces années de guerre et de sortie de guerre sont celles où Neurath formule la proposition iconoclaste de se passer des prix, exprimés en argent, pour prendre des décisions économiques, voire pour échanger des biens et des services. « Ce qui remplaçait le motif du profit comme principe conducteur, dans la conception de Neurath d’une économie socialisée, était le plan économique, résume le philosophe des sciences Thomas Uebel, spécialiste de son œuvre. Ce plan était basé sur des calculs statistiques de production et de consommation – et ceci en nature, pas en termes monétaires. »
    Un plaidoyer pour une économie « en nature »

    Son approche suscite une réplique de l’économiste autrichien Ludwig von Mises, attaché à démontrer l’irrationalité du socialisme. Le débat sur la possibilité d’un calcul économique dans une économie collectivisée se poursuivra tout au long des années 1920, mais ne deviendra fameux qu’après avoir changé de nature. Entretemps, il a en effet impliqué l’économiste polonais Oskar Lange, qui s’est efforcé de défendre la rationalité d’un socialisme de marché.

    Neurath, qui a été oublié au passage, défendait le point de vue plus radical d’une économie sans marché, c’est-à-dire sans système de prix pour décider de l’allocation des ressources. Comme le précise Bilal Tabaichount, « Neurath ne veut pas d’une économie de troc, [mais] plutôt d’une économie où les biens et services transitent par des organisations centrales de coordination », les ménages pouvant disposer de « bons de rationnement non échangeables ».

    À l’époque, von Mises pointe la difficulté d’appliquer une telle proposition à grande échelle. Neurath ne lui répond que partiellement et tardivement. Mais son argument le plus important, qui n’implique pas forcément de se passer de tout marché, réside dans son refus de réduire les choix économiques à une seule unité de mesure.

    « Neurath conteste que la monnaie puisse être un résumé adéquat de la valeur des choses, explique la militante et chercheuse Claire Lejeune, engagée dans une thèse en science politique sur la planification. La réduction aux prix lui semble une mesure trop grossière pour penser notre rapport aux ressources et au temps. » Cette conviction vaut d’ailleurs pour toute autre unité de mesure à prétention universelle. Pour lui, il y a une incommensurabilité indépassable entre les différentes facettes du bien-être à travers les générations.

    C’est ici que se repère la dimension écologique de l’argument de Neurath. Dans un article de 1925 paru dans la presse sociale-démocrate, il affirme que l’économie socialiste doit viser « le bien-être de tous ses membres ». « Dès le début, ajoute-t-il, doit être déterminé ce qu’est “l’intérêt de la totalité sociale”. Est-ce que cela inclut la prévention de l’épuisement prématuré des mines de charbon ou de la karstification des montagnes ou encore, par exemple, de la santé et de la force de la prochaine génération ? »

    Comme l’illustrent aujourd’hui les émissions excessives de carbone et les nouveaux projets d’exploitation d’énergies fossiles, la centralité du marché et de la quête de profit est incompatible avec un tel souci pour le long terme. « L’argument écologique fut le principal argument de Neurath contre le fondamentalisme de marché, c’est-à-dire l’idée que les marchés sont la clé de résolution universelle des problèmes de coordination sociale », remarque Thomas Uebel.

    Cela fait-il de Neurath un écologiste ? L’homme avait conscience du caractère irréversible de certains dégâts infligés à la nature. Dressant une comparaison avec la reprise d’une production de pain ou la reconstitution d’un cheptel, il relève dans un de ses derniers textes « qu’il faut un temps beaucoup plus long pour reboiser des vastes zones de territoires et pour en changer le climat – et en quel temps bref une forêt et un climat peuvent être détruits ! ».

    Pour autant, il a aussi défendu avec peu de prescience la monoculture en matière agricole. Plus généralement, Thomas Kayzel le voit davantage comme une source d’inspiration que comme un véritable précurseur de l’économie écologique. Celle-ci conçoit l’économie comme un sous-système inscrit à l’intérieur du système Terre et soumis à la finitude des ressources planétaires, ce qui correspond à des intuitions mais pas à une vision aboutie chez Neurath.
    Pédagogie et délibération

    On peut également estimer incomplète sa compréhension du capitalisme. Focalisé sur la concurrence et la quête du profit, il a négligé la domination et la conflictualité sociales inhérentes à ce mode de production, de même que ses effets sur d’autres sphères de l’existence, comme l’oppression de genre et les rivalités impérialistes. Selon Gareth Dale, il a ainsi manqué la façon dont le capitalisme – a fortiori un capitalisme d’État – pouvait trouver un intérêt fonctionnel à la planification. Pour les mêmes raisons, sa critique du nationalisme et du racisme serait restée « rudimentaire ».

    Il n’en reste pas moins qu’Otto Neurath s’est distingué par sa conception « inclusive » de la planification. « Sa position est celle d’une construction démocratique de la rationalité, affirme Claire Lejeune. À ses yeux, les planificateurs et le centre politique n’ont pas le monopole de la décision, il est important de ménager une place à la pluralité des visions de ce que doit être un bon ordre social. »

    S’il s’est lui-même présenté comme un ingénieur social, il ne confondait pas ce rôle avec celui de philosophe-roi, ou d’un expert au-dessus des masses ignares. « Sa foi était grande dans le fait de définir et d’appliquer des programmes, précise Thomas Kayzel. Mais l’aspect délibératif comptait, car le but de la planification ne peut pas être établi de manière solitaire. Les “bonnes conditions de vie”, ce n’est pas quelque chose que des économistes et des ingénieurs peuvent calculer, les communautés concernées doivent s’exprimer dessus. »

    Neurath a ainsi distingué deux types de plans : un « plan directeur », fruit d’un processus démocratique d’identification et de hiérarchisation des besoins ; et un « plan technique », par lequel les experts mettent concrètement en musique la satisfaction de ces besoins, en tenant compte des diverses contraintes et en optimisant les ressources. Pour cela, Neurath accorde beaucoup d’importance aux données statistiques collectées et partagées de manière compréhensible par les pouvoirs publics.

    Ce n’est pas un hasard si l’économiste a travaillé pour plusieurs musées d’économie, notamment à Vienne, et sur la mise en forme visuelle d’informations, qu’elles soient chiffrées ou non. Avec sa compagne graphiste Marie Neurath et l’artiste Gerd Arntz, il a fondé un langage visuel international connu sous le nom de « système isotype », dont sont issus des pictogrammes que nous croisons tous les jours. « Sa visée était plus pédagogique que scientiste, défend Claire Lejeune. Il souhaitait inclure le corps social dans une prise de décision consciente. »

    La pensée de Neurath s’inscrit ainsi dans une tradition socialiste souhaitant poursuivre l’ambition des Lumières dans ses implications les plus radicales, c’est-à-dire l’exercice collectif de la raison, y compris dans le domaine de la production où l’on s’est habitués à ce que des décisions structurantes soient prises par une poignée de personnes, selon des critères éloignés de l’intérêt général et de la justice.

    C’est l’objectif de la démocratie économique qui est ainsi pointé. Rendu nécessaire pour lutter contre les « forçages » dont le système Terre fait l’objet, il a été perdu de vue par la social-démocratie au cours du XXe siècle. Ici réside l’actualité de Neurath, en plus du refus de la monétarisation et de la marchandisation des richesses naturelles.

    Même son souhait de raisonner « en nature » et « hors marché », qui pourrait apparaître hors de portée au regard de la complexité des économies actuelles, rencontre les nouvelles possibilités techniques de calcul et d’accumulation des données. Il fait en tout cas écho à la diversité des indicateurs dont le guidage de l’économie a désormais besoin, au lieu du simpliste produit intérieur brut (PIB).

    « Nous disposons aujourd’hui d’une grande quantité d’informations, qui devraient être considérées comme des “communs” pour naviguer dans l’anthropocène, et perfectionner nos outils d’action publique, estime Claire Lejeune. Otto Neurath nous rappelle qu’il ne sert à rien de rejeter la modernité en bloc, comme sont tentés de le faire certains écolos. L’héritage des Lumières comme l’histoire du socialisme ne sont pas monolithiques. »

    Neurath apparaît en tout cas comme une figure ayant plaidé pour une coordination centralisée et démocratique des activités économiques, au nom d’une répartition égale du bien-être qui ne soit pas opérée au détriment des générations futures. Si son socialisme proto-écologique laisse à désirer et n’offre pas de solutions clés en main à un siècle de distance, les coordonnées du défi qu’il proposait de relever nous sont familières.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/190823/otto-neurath-sur-les-traces-d-une-planification-ecologique

  • Vienne met 2,5 milliards d’euros sur la table pour alléger la facture d’électricité des ménages autrichiens – EURACTIV.fr
    https://www.euractiv.fr/section/energie/news/vienne-alloue-25-milliards-deuros-pour-alleger-la-facture-delectricite-des-

    Un « frein au prix de l’électricité » : c’est ce qui a été révélé dimanche (4 septembre) dans la feuille de route du gouvernement afin d’alléger la facture d’électricité des ménages. Une baisse des prix sera effective sur 80 % de la consommation d’électricité individuelle.

    (...)

    L’allégement s’appliquera à tous les ménages, quel que soit le nombre de personnes ou le revenu moyen.

    Les économies devraient s’élever à 500 euros par an, et environ 3000 kilowattheures (kWh) d’électricité seront utilisés avec une réduction de 10 centimes par kWh. 2,5 milliards d’euros seront affectés à la subvention des factures d’électricité.

    La mesure doit être adoptée par le Parlement mercredi (7 septembre).

    (...)

  • Vienne, capitale de l’urbanisme « sensible au genre » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/250722/vienne-capitale-de-l-urbanisme-sensible-au-genre#at_medium=custom7&at_camp

    Vienne (Autriche).– Avec ses immeubles peu élevés et ses espaces communs sagement entretenus et arborés, l’ensemble de logements sociaux Frauen Werk Stadt (« Femme, travail, ville ») ressemble à de nombreux autres quartiers d’habitations de la capitale autrichienne. Mais sa construction, achevée en 1997, a représenté une petite révolution. Élaboré par quatre femmes architectes, ce complexe résidentiel a été l’un des premiers projets pilotes intégrant les principes de l’urbanisme dit « sensible au genre ».

    Ici, tout a été conçu pour faciliter les tâches du quotidien : courses, lessive, prise en charge des enfants. Un travail non rémunéré encore effectué en grande partie par les femmes. Ainsi, ont été installés au sein de l’ensemble un supermarché, une crèche, un cabinet médical, une pharmacie. De quoi limiter les déplacements souvent chronophages qu’implique le travail domestique.

    Une dimension également intégrée à l’intérieur des bâtiments : les machines à laver communes n’ont pas été reléguées dans une salle sombre à la cave, comme cela est souvent le cas à Vienne, mais sont situées dans les étages supérieurs qui donnent accès à un toit-terrasse offrant une vue sur tout l’ensemble. Chaque étage dispose d’un local commun de rangement. Les mères peuvent ainsi prendre l’ascenseur avec leur poussette et la laisser devant leur porte, sans avoir à porter enfants et sacs de courses dans les bras. Les cages d’escalier sont larges et éclairées par la lumière naturelle pour inciter les habitant·es à s’arrêter et à discuter, permettant ainsi de créer du lien entre voisin·es et de se rendre éventuellement des services.

    Ça ne remet pas en cause la répartition genrée des tâches domestiques mais c’est déjà ça

    Les parcs publics représentent l’un des exemples les plus aboutis de cette démarche : grâce à une étude sociologique, la municipalité se rend compte que les jeunes filles désertent ces lieux, passé l’âge de dix ans, car elles n’y trouvent plus leur place. En 1999, deux parcs sont alors choisis pour être réaménagés selon des critères de sensibilité au genre : des cages de football sont déplacées pour permettre une utilisation plus diversifiée de la pelouse, des buissons sont enlevés, et l’éclairage est renforcé pour améliorer la visibilité et accroître le sentiment de sécurité, des toilettes publiques sont installées, ainsi que des hamacs qui permettent de se rassembler et de discuter au calme.

    • Vienne, capitale de l’urbanisme « sensible au genre »

      Depuis 30 ans, la capitale autrichienne cherche à assurer un partage équitable de l’espace public entre hommes et femmes. #Aménagement des #parcs, #trottoirs, #éclairage : pionnière de cet urbanisme « sensible au genre », la ville est mondialement reconnue pour sa qualité de vie.

      Avec ses immeubles peu élevés et ses espaces communs sagement entretenus et arborés, l’ensemble de logements sociaux Frauen Werk Stadt (« Femme, travail, ville ») ressemble à de nombreux autres quartiers d’habitations de la capitale autrichienne. Mais sa construction, achevée en 1997, a représenté une petite révolution. Élaboré par quatre femmes architectes, ce complexe résidentiel a été l’un des premiers projets pilotes intégrant les principes de l’urbanisme dit « sensible au genre ».

      Ici, tout a été conçu pour faciliter les tâches du quotidien : courses, lessive, prise en charge des enfants. Un travail non rémunéré encore effectué en grande partie par les femmes. Ainsi, ont été installés au sein de l’ensemble un supermarché, une crèche, un cabinet médical, une pharmacie. De quoi limiter les déplacements souvent chronophages qu’implique le travail domestique.

      Une dimension également intégrée à l’intérieur des bâtiments : les machines à laver communes n’ont pas été reléguées dans une salle sombre à la cave, comme cela est souvent le cas à Vienne, mais sont situées dans les étages supérieurs qui donnent accès à un toit-terrasse offrant une vue sur tout l’ensemble. Chaque étage dispose d’un local commun de rangement. Les mères peuvent ainsi prendre l’ascenseur avec leur poussette et la laisser devant leur porte, sans avoir à porter enfants et sacs de courses dans les bras. Les cages d’escalier sont larges et éclairées par la lumière naturelle pour inciter les habitant·es à s’arrêter et à discuter, permettant ainsi de créer du lien entre voisin·es et de se rendre éventuellement des services.

      Un aspect particulièrement important pour Martina Kostelanik, qui a emménagé dès 1997 dans son appartement, un rez-de-chaussée avec jardin qu’elle compte bien ne jamais quitter : « Quand nous sommes arrivés ici, il n’y avait que des jeunes familles et nous avons maintenu des liens d’amitié, même avec ceux qui ont déménagé. Les enfants ont grandi ensemble et sont toujours en contact. »

      Aujourd’hui retraitée, elle a élevé ses trois enfants à Frauen Werk Stadt, tout en travaillant dans la cantine d’une école : « Ici, c’est très pratique. Il y a deux aires de jeux dans des cours intérieures et on peut laisser les enfants y aller seuls car on peut les surveiller depuis notre jardin. Les voitures ne peuvent pas passer, il n’y a donc aucun danger. Et puis il y a la crèche qui est directement dans l’ensemble, beaucoup d’espaces verts, des endroits pour faire du vélo avec les enfants. Il n’y a pas besoin d’aller ailleurs pour les occuper. C’est super ! »

      Désormais, ses enfants ont grandi et quitté le domicile familial. Comme les appartements sont modulables pour s’adapter aux différentes périodes de la vie, elle a pu facilement faire tomber une cloison qui séparait sa chambre de celle des enfants, afin d’avoir plus d’espace. Son logement ne comprend aucune marche sur laquelle elle pourrait trébucher, le médecin et la pharmacie ne sont qu’à quelques mètres. Dernier aspect important pour la retraitée : le #sentiment_de_sécurité. L’#éclairage a été étudié pour éviter tout recoin sombre, parfois source d’angoisse pour les femmes, et les larges fenêtres des pièces de vie donnent sur les espaces communs pour pouvoir toujours être à portée de regard.

      Après 25 ans à vivre ici « comme dans un village », Martina Kostelanik se dit très satisfaite. Pourtant, quand on lui fait remarquer que cet ensemble a été spécifiquement conçu pour prendre en compte les besoins des femmes, elle sourit et admet qu’elle l’ignorait. C’est tout le #paradoxe de cette approche pour Eva Kail, urbaniste à la mairie de Vienne : « Quand tout fonctionne bien au quotidien, alors ça devient invisible. » Cette experte est l’une des pionnières de l’urbanisme sensible au genre et n’a cessé de convaincre autour d’elle de l’importance de la démarche.

      Une politique initiée dans les années 1990

      En 1991, elle organise une exposition photo retraçant une journée dans la vie de huit femmes à Vienne, une mère célibataire, une étudiante en fauteuil roulant, une cadre… afin de montrer comment s’organise leur quotidien dans l’#espace_urbain. Pour la première fois, des données relatives aux différents #moyens_de_transport sont ventilées par sexe et le constat est sans appel : les automobilistes sont majoritairement des hommes, et les piétons, des femmes. Une réalité sur laquelle personne ne s’était alors penché : « À l’époque, on avait coutume de dire que les responsables de la #planification des #transports étaient des automobilistes blancs de la classe moyenne et ils ont eu une grande influence sur cette politique d’urbanisme », estime Eva Kail.

      La planification des transports était alors principalement centrée sur les trajets en voiture entre le domicile et le travail mais prenait peu en compte les nombreux itinéraires empruntés par les femmes dans leur quotidien. L’exposition permet ainsi de thématiser les problématiques des piéton·nes : largeur des trottoirs, éclairage urbain, temps laissé par les feux tricolores pour traverser. Avec 4 000 visiteurs et visiteuses, l’exposition est un succès et, quelques mois plus tard, la municipalité décide d’ouvrir le Frauenbüro, le « bureau des femmes », pour apporter plus d’attention aux besoins des habitantes. Eva Kail en prend la direction. Un numéro d’urgence joignable 24 heures sur 24 est mis en place, de nombreux projets pilotes, dont Frauen Werk Stadt, sont lancés.

      Les parcs publics représentent l’un des exemples les plus aboutis de cette démarche : grâce à une étude sociologique, la municipalité se rend compte que les jeunes filles désertent ces lieux, passé l’âge de dix ans, car elles n’y trouvent plus leur place. En 1999, deux parcs sont alors choisis pour être réaménagés selon des critères de sensibilité au genre : des cages de football sont déplacées pour permettre une utilisation plus diversifiée de la pelouse, des buissons sont enlevés, et l’éclairage est renforcé pour améliorer la visibilité et accroître le sentiment de sécurité, des toilettes publiques sont installées, ainsi que des hamacs qui permettent de se rassembler et de discuter au calme.

      Résultat : les jeunes filles commencent à utiliser une plus grande partie de ces parcs, même si la municipalité a dû faire face à des critiques qu’elle n’avait pas anticipées : « Il y avait un parc où on avait beaucoup amélioré la visibilité. Des jeunes filles sont venues se plaindre car leur mère pouvait désormais voir de la fenêtre ce qu’elles faisaient en bas et ça ne leur a pas du tout plu ! […] On n’y avait pas pensé ! On aurait dû leur laisser quelques recoins », s’amuse Eva Kail. À partir de ces expériences, des listes de recommandations ont été établies et s’appliquent désormais à l’ensemble des parcs de la capitale.

      #Seestadt, un immense quartier en construction

      Si l’urbanisme sensible au genre a, dans un premier temps, fait l’objet de nombreuses réticences et nécessité un important travail de pédagogie parmi les fonctionnaires de la municipalité, la démarche est aujourd’hui pleinement intégrée à la stratégie de développement de la ville, dirigée de longue date par les sociaux-démocrates. Pour s’en convaincre, direction Seestadt, en périphérie de Vienne. Sur 240 hectares, un nouveau quartier monumental est en train de sortir de terre. Autour d’un lac artificiel, plus de 4 300 logements ont déjà été construits. À terme, aux alentours de 2035, ce quartier devrait accueillir plus de 25 000 habitant·es, ainsi que 20 000 emplois : l’un des projets de développement urbain les plus importants d’Europe.

      Gunther Laher, responsable du suivi du projet pour la municipalité, nous guide dans les allées de cette ville nouvelle avec enthousiasme. Premier signe évident de l’importance accordée à la dimension de genre : les rues, places et parcs portent ici le nom de femmes célèbres. « Avant ce quartier, 6 % des rues de Vienne étaient nommées d’après une femme. On a porté ce chiffre à 14 % », se réjouit le fonctionnaire, pour qui cette décision va au-delà du symbole. « En voyant ces noms, les habitants commencent à s’intéresser à la biographie de ces femmes. Ça contribue à changer les perceptions. »

      Ici, de nombreuses rues sont piétonnes, le dénivelé entre la chaussée et le trottoir n’excède jamais trois centimètres pour faciliter les déplacements avec une poussette ou en fauteuil roulant. Même les commerces, installés le long de la rue Maria-Tusch, ont fait l’objet d’une planification : « Quand on construit un tel quartier, il y a peu d’habitants au début. Pour être sûr qu’ils aient à disposition ce dont ils ont besoin, on ne peut laisser faire le marché privé […]. On loue les boutiques en rez-de-chaussée et on s’assure que pendant dix ans, le local ne puisse être utilisé par un autre secteur d’activité. Le boulanger sera donc toujours un boulanger, le coiffeur toujours un coiffeur », explique Gunther Laher. Ainsi, la municipalité garantit que les habitant·es n’auront pas besoin de courir d’un bout à l’autre de la ville pour faire leurs courses.

      Toutes les politiques de la ville doivent prendre en compte le genre

      Depuis 2006, Vienne a également mis en place un budget sensible au genre (gender budgeting), pendant financier de sa politique d’urbanisme. Chaque département de la mairie doit ainsi s’assurer que ses dépenses contribuent à une amélioration de l’égalité entre les sexes. Si la rénovation d’une rue doit être financée, il faudra se demander quelle place est accordée à la chaussée, donc aux automobilistes, donc majoritairement aux hommes, et quelle place est accordée aux piéton·nes, en s’intéressant par exemple à la largeur des trottoirs.

      Michaela Schatz, responsable du département gender budgeting de la municipalité, se souvient d’une mise en place compliquée : « De nombreux services nous ont dit : “Nous travaillons déjà pour l’ensemble des Viennois.” Il a donc fallu leur montrer qui avait l’usage de telle ou telle prestation. »

      Quinze ans plus tard, la prise de conscience a eu lieu et la démarche, qui s’applique à l’ensemble du budget de la ville, soit 16 milliards d’euros, a permis d’importantes réalisations, selon Michaela Schatz : « Depuis 2009, les enfants de 0 à 6 ans peuvent aller gratuitement à la crèche. […] Une étude a ensuite montré que cette mesure avait eu un impact positif sur le PIB de Vienne. » Le taux d’emploi des mères âgées de 20 à 39 ans avec des enfants en bas âge a ainsi augmenté de 1,5 point sur la période 2007-2013.

      Reste que cette approche globale n’est pas exempte de critiques : à différencier ainsi les besoins, ne risque-t-on pas de renforcer les stéréotypes et d’enfermer les femmes dans un rôle de mère ou de victime ? « On ne peut pas avoir d’influence sur le partage des tâches entre les sexes à travers l’urbanisme. C’est une question de représentations sociales, de rapports de pouvoir au sein d’une relation. Mais on peut faire en sorte que ce travail domestique se fasse dans de bonnes conditions », répond Eva Kail.

      Autre défi : la croissance rapide de la population dans la capitale. Dans ce contexte, la tentation est grande d’aller vers plus d’économies et de faire des compromis sur la qualité des nouveaux logements, notamment sur leur conformité aux critères de sensibilité au genre. Mais cette année encore, Vienne a été élue ville la plus agréable à vivre au monde par l’hebdomadaire anglais The Economist. Parmi les critères déterminants : la qualité des infrastructures ou la diversité des loisirs, des domaines où les critères de sensibilité au genre sont depuis longtemps appliqués.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/250722/vienne-capitale-de-l-urbanisme-sensible-au-genre

      #villes #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #Vienne #Autriche #espace_public #urbanisme_sensible_au_genre #Frauen_Werk_Stadt #travail_domestique #mobilité #mobilité_quotidienne #toponymie #toponymie_féministe #voitures #piétons #commerces #courses #budget_sensible_au_genre #gender_budgeting #égalité #inégalités #espace_public

  • Straßennamen in Wien

    Wiens Straßennamen erinnern an bedeutende Personen sowie prägende Ereignisse und erzählen Geschichten über die Stadt beziehungsweise ihre Entwicklung. Frauen und Männer sind im Stadtraum jedoch nicht gleich repräsentiert: bei 4269 nach Personen benannten Straßen waren für lediglich 356 Straßen Frauen namensgebend. Im Sinne einer gendergerechten Stadtplanung wird diesem Ungleichgewicht mittels der Benennung von Straßen nach Pionierinnen in neuen Stadtvierteln wie z.B. in der Seestadt Aspern entgegengewirkt.

    https://genderatlas.at/articles/strassennamen.html

    #cartographie #visualisation #toponymie #toponymie_féministe #Vienne #Autriche #inégalités #discriminations #patriarcat

    via @nepthys
    cc @cede

  • La voiture autonome ? Une catastrophe écologique Celia Izoard pour Reporterre
    https://reporterre.net/La-voiture-autonome-Une-catastrophe-ecologique

    L’industrie automobile prépare activement la généralisation des véhicules autonomes. Problème : leur mise en œuvre à grande échelle aurait des conséquences écologiques très néfastes.

    Dans le principe, la prouesse technologique consistant à remplacer par des machines les innombrables opérations complexes qu’effectue une personne au volant paraît difficilement compatible avec l’idée de sobriété. Un des derniers modèles, présenté en janvier au dernier Consumer’s Electronic Show de Las Vegas, le SUV Range Rover équipé par l’entreprise Valeo, comporte pas moins de quatre ou cinq caméras, huit lidars (qui permettent de mesurer les distances à partir d’un faisceau laser), plusieurs radars longue portée, un ordinateur central de grande puissance, une caméra trifocale sur le pare-brise et d’autres capteurs. La généralisation de ces véhicules impliquerait, pour abaisser les coûts de façon acceptable, le lancement d’une production de masse de tous ces objets, en supplément de l’électronique déjà présente dans les véhicules actuels. Aux États-Unis, la National Mining Association rappelle régulièrement aux décideurs que « la sophistication croissante des produits de l’industrie automobile va faire exploser la demande en métaux et la compétition pour ces ressources » [1]. En clair, impossible d’obtenir la matière première de tous ces superalliages sans provoquer une augmentation de l’activité minière, qui compte parmi les industries les plus polluantes [2].

    Deuxième problème : la croissance exponentielle des #données (le #data). La conduite automatisée repose sur de gigantesques volumes d’informations que les divers capteurs transmettent aux algorithmes de traitement d’images. Selon Brian Krzanich, PDG d’Intel, un véhicule autonome va générer et consommer, pour huit heures de conduite, environ 40 téraoctets de données, soit l’équivalent de 40 disques durs d’ordinateur. « En circulation, chacun de ces véhicules produira autant de données que 3.000 utilisateurs d’ #internet », précise-t-il [3]. Or la facture énergétique du traitement et du stockage du big data est déjà préoccupante. En France, les #datacenters consommaient déjà en 2015 plus d’électricité que la ville de Lyon. En 2017, ils ont consommé à eux seuls 3 % de l’électricité produite dans le monde, soit 40 % de plus qu’un pays comme le Royaume-Uni [4].

    « L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance » 
    Enfin, la généralisation des véhicules autonomes nécessite le déploiement de la #5G et le renouvellement des infrastructures routières. « Il est probable que l’environnement deviendra plus standardisé et proactif à mesure que sera développée une infrastructure plus communicante, résume un article de la Harvard Business Review. Il faut s’imaginer des transmetteurs radio à la place des feux rouges, des réseaux sans fil permettant aux véhicules de communiquer entre eux et avec les infrastructures, et des unités de bord de route fournissant des informations en temps réel sur la météo, le trafic, et d’autres paramètres [5]. »

    L’Union européenne finance plusieurs projets de ce type via le programme #Codecs, notamment le projet #Cooperative_ITS_Corridor, une autoroute expérimentale connectée desservant #Amsterdam, #Francfort et #Vienne. Une portion test de 8 km est déjà équipée d’une « unité de bord de route » (comprenant une antenne 5G et des ordinateurs) tous les 500 m et d’une caméra tous les 100 m. On imagine la quantité de matériel nécessaire pour équiper ne serait-ce que toutes les autoroutes d’Europe ! Le projet est loin d’être marqué par la sobriété, et moins encore si l’on imagine « des caméras avec des unités de communication (...) installées sur les feux rouges pour avertir le conducteur du passage “au vert” », comme les auteurs du Livre blanc #Mobility_Nation, le rapport du Boston Consulting Group remis au gouvernement pour accélérer l’essor du #transport_autonome [6].


    Un prototype de véhicule autonome Nissan, en 2014.

    On peut dès lors s’interroger sur la dénomination de ces véhicules : autonomes, vraiment ? André Gorz montrait déjà en 1973 à quel point l’automobile, qui dépend d’un approvisionnement en pétrole et d’une infrastructure gigantesque, reposait sur une autonomie largement fictive : « Ce véhicule allait obliger [l’automobiliste] à consommer et à utiliser une foule de services marchands et de produits industriels que seuls des tiers pouvaient lui fournir. L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance [7]. » La démonstration paraît encore plus probante pour ces véhicules qui ne pourraient « rouler tout seuls » qu’à la condition de modifier radicalement leur environnement en déployant autour d’eux un ensemble de macrosystèmes techniques.

    « Un moment de confort, dépourvu de stress, qui offre au consommateur son espace privé, des horaires flexibles, et presque aucune tâche de conduite » 
    Pour les entreprises, les véhicules dits autonomes participent pourtant de la « #mobilité_durable ». Leur argumentaire a largement été repris par le gouvernement : dans les « Neuf solutions de la nouvelle France industrielle » du président macron, les véhicules autonomes figurent en bonne place dans le volet « #mobilité_écologique ». Quels sont les arguments ? D’une part, l’interconnexion des véhicules et des infrastructures va réduire les embouteillages en permettant d’ajuster les itinéraires en temps réel. Ensuite, la conduite autonome, plus fluide, consommerait moins d’ #énergie. Surtout, le transport autonome serait porteur de la fameuse révolution de l’ #autopartage : on pourrait délaisser son véhicule personnel au profit des services de #robots-taxis en #covoiturage. Mais en analysant cette promesse, on constate qu’elle sert surtout à contrebalancer le principal problème que pose le transport autonome : le redoutable #effet_rebond, tel que les économies d’énergie procurées par une technique vont susciter l’augmentation de la consommation.

    Selon un rapport de Morgan Stanley, il paraît vraisemblable que les premiers véhicules autonomes opérationnels à grande échelle seront des #camions de transport routier. Ils seraient pilotés à distance sur des routes complexes et en conduite automatique sur autoroute ; ces camions pourraient circuler en convois, avec un seul chauffeur à la tête de plusieurs véhicules. Étant donné que la paie des chauffeurs représente environ 40 % du coût du transport, les grandes entreprises du secteur s’attendent à une baisse historique des prix, qui donnerait à la route un avantage certain par rapport au #ferroviaire [8]. Que ce soit pour du fret ou de la livraison, on aurait là une incitation à augmenter le nombre de marchandises en circulation, pour le plus grand profit des monopoles de la vente en ligne. Et comment les particuliers, les actifs surmenés par exemple, résisteraient-ils à la tentation de se faire livrer tout et n’importe quoi à domicile ?

    Selon ce même rapport, les véhicules autonomes pourraient concurrencer les transports en commun, d’une part en diminuant de deux tiers le coût d’un #taxi, d’autre part en rendant la voiture personnelle plus attractive : « Si l’automobile devient un moment de confort, dépourvu de stress, qui offre au consommateur son espace privé, des horaires flexibles, et presque aucune tâche de conduite, le consommateur pourrait échapper aux désagréments des transports publics en optant pour la “conduite” d’un véhicule autonome personnel. » La voiture autonome renforcerait ainsi le phénomène de suburbanisation, rendant acceptable de vivre plus loin de son travail en permettant à beaucoup de commencer leur journée dès l’aube dans une sorte de bureau privatif mobile. Elle permettrait à de nouveaux usagers — enfants, personnes très âgées — de se déplacer facilement, ce qui augmenterait encore, comme l’a confirmé une étude de l’université de Leeds, le nombre de véhicules sur les routes [9]. En gros, concluent les chercheurs, à partir du moment où il ne sera plus nécessaire de toucher le volant, les effets négatifs se multiplieront.


    Un prototype de voiture sans chauffeur d’Uber à San Fransisco, en novembre 2016.

    « Au plan environnemental, la voiture autonome est a priori catastrophique, puisqu’elle va faciliter le recours à l’automobile », confirme Bertrand-Olivier Ducreux, du service transport et mobilités de l’Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce service est notamment chargé de l’appel à projets « expérimentation du véhicule routier autonome » qui subventionne les entreprises du secteur via le plan d’investissement d’avenir. « La position de l’ #Ademe, c’est de tenter d’orienter les véhicules autonomes vers une mobilité vertueuse, en faisant en sorte qu’ils soient utilisés comme un service d’autopartage. L’idéal, pour nous, c’est une navette de six, huit places sans conducteur. » Par exemple, un véhicule Uber sans chauffeur qui viendrait chercher plusieurs clients effectuant des trajets semblables.

    « Une solution efficace serait de réserver les véhicules autonomes aux systèmes de transport collectif plutôt qu’aux particuliers » 
    En admettant l’idée de confier l’avenir des transports collectifs à Uber et autres géants du net, la promotion de ces robots-taxis pourrait-elle suffire à enrayer ce qui ressemble à une étape de plus vers la #surconsommation ? Pour Thomas Le Gallic, chercheur en prospective au sein du laboratoire Ville Mobilité Transport, le pari est risqué. « Les études concluent que les véhicules autonomes pourraient aussi bien doubler que diviser par deux la consommation d’énergie associée à la mobilité des personnes. Mais l’augmentation semble plus probable, parce que les gens seront incités à faire des trajets plus longs. Pour moi, une solution efficace serait de réserver les véhicules autonomes aux systèmes de transport collectif plutôt qu’aux particuliers. Mais ce n’est pas la tendance qui se dessine. »

    Ainsi, loin de l’étiquette « mobilité écologique » sous laquelle les pouvoirs publics investissent dans les véhicules autonomes, il faudrait inverser le constat : pour que cette innovation ne soit pas catastrophique, il faudrait une politique extrêmement volontariste.

    Cela impliquerait que le gouvernement, de manière assez invraisemblable, décide de rendre la voiture personnelle prohibitive pour la remplacer par une ambitieuse politique de transports publics et de navettes. Est-ce vraiment le projet ? L’État prévoit-il de se donner les moyens de limiter drastiquement les ventes des constructeurs automobiles ? Est-ce vraiment ce qu’Emmanuel Macron avait en tête, lors de son discours de mars 2018 sur l’ #intelligence_artificielle, quand il déclarait vouloir mener la « bataille essentielle » de la voiture autonome parce que « la #France est une grande nation automobile, et nous y avons notre rôle historique » ?

    En mai 2018, l’État avait déjà dépensé près de 200 millions d’euros pour subventionner la #recherche en véhicules autonomes [10]. C’est sans commune mesure avec ce que pourrait ensuite coûter la mise en œuvre de la 5G, la refonte des infrastructures routières, les mesures de #cybersécurité, soit les investissements publics colossaux nécessaires à leur déploiement, auxquels il faut ajouter le coût social de la mise au chômage de plusieurs centaines de milliers de chauffeurs professionnels.

    Si l’objectif est de mener la « révolution de l’autopartage » et d’en finir avec la voiture personnelle, a-t-on besoin des véhicules autonomes ? Ces investissements ne pourraient-ils pas tout aussi bien servir à mener une aussi ambitieuse politique de transports collectifs avec conducteurs en finançant les trains, les bus et les navettes que réclament les habitants des campagnes et de la France périurbaine pour délaisser leur voiture personnelle ?

    Notes
    [1] « Minerals Drive the Auto Industry », American Mining Association, 10/02/14.
    [2] Cf. Revue Z, n° 12, « Trésors et conquêtes », Agone, 2018.
    [3] « Just one autonomous car will use 4000 GB of data per day », Network World, 7/12/16.
    [4] « Quand le stockage de données consommera plus d’énergie que le monde n’en produit », L’Usine nouvelle, 29/06/18.
    [5] « To Make Self-Driving Cars Safe, We Also Need Better Roads and Infrastructure », 14/08/18.
    [6] « Réinventer la mobilité urbaine et périurbaine à l’horizon 2030 », novembre 2017. Le Boston Consulting Group est une émanation du Forum économique mondial financé par 1.000 multinationales réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 3 milliards d’euros.
    [7] « L’idéologie sociale de la bagnole », Le Sauvage, automne 1973.
    [8] Blue Paper on Autonomous Cars, 2013.
    [9] « Self-driving Cars : Will They Reduce Energy Use ? », University of Leeds, 2016 ; « Will Self-driving Cars Be Good or Bad for the Planet ? », geekwire.com, 25/02/16.
    [10] Développement des véhicules autonomes : orientations stratégiques pour l’action publique, mai 2018.

  • How Vienna built a gender equal city

    In the Austrian capital, all aspects of public life, including transportation and language, are impacted by Vienna’s aim of being an inclusive and gender-neutral destination.

    Walk through the Reumannplatz, one of the best-known squares in Austria’s capital city, Vienna, and you will probably spot an outdoor platform, prominently labelled Mädchenbühne (girls’ stage). The large podium, which can be used by everyone, was requested as a performance space by the girls of the nearby school when asked what they would like from the urban area.

    The girls’ stage joins workout stations, a playground and more than 50 new trees as new additions to the square, which reopened last year following a gender-sensitive redesign. But in Vienna, it’s not only the urban spaces that are developed with gender in mind. All aspects of public life, including transportation and language, are impacted by the capital’s aim of being an inclusive and gender-neutral destination.

    The strategy Vienna uses to achieve this aim is called “gender mainstreaming”. The head of the Department for Gender Mainstreaming, Ursula Bauer, describes it as a tool to achieve gender equality in society based on equal structures, settings and conditions for both women and men.

    She says that it differs from women’s policy in that it makes sure regulations and procedures take into account that there is a structural difference between women and men, mainly stemming from traditional gender roles. “Women’s policy is repair work, whereas gender mainstreaming is prevention,” Bauer said.

    She explained that the department looks at gender-differentiated data and provides guidelines as well as training to make sure government services are gender-sensitive and accessible. Over the years, a network of gender experts in key areas has also been set up. Bauer likens the department’s cross-sectional role to that of a watchdog making sure all areas of the city’s government take gender inequalities into account. “No-one can escape,” she said jokingly. “We are like a spiderweb.”

    In practice, gender mainstreaming takes many forms, such as ensuring government bodies use gender-sensitive language to communicate, or that public transportation includes illustrations of men with children to signal seats reserved for parents. A visitor to the capital might also notice the wide pavements for mothers navigating the city with prams or children, or the fact that a large proportion of the city, including the whole public transportation network, is wheelchair accessible.

    Another key area is urban planning. Gender planning expert, Eva Kail, was central to making sure Vienna was one of the first cities to look to gender to shape its public spaces. Inspired by feminist planning literature, Kail began exploring the topic 30 years ago and received the budget and political backing to make it a priority. “It was time to look at the whole city from the female perspective,” she said.

    Kail began collecting data on how and by whom Vienna’s public spaces were being used and discovered that the female perspective had often been missing. She explained that the predominantly male urban planners had been basing their designs on male interests and their everyday life experiences, meaning they tended to neglect the perspectives of other population groups.

    Kail noticed that the perspective of teenage girls in particular was missing from the city’s parks, and, together with her team, worked with them to understand how to make these urban spaces more appealing. The result was larger areas dedicated to soccer being divided into smaller spaces so that multiple groups could play; and creating additional seating areas, such as hammocks, to retreat to. “It may sound trivial but having public toilets in parks is also important for many park users,” she said.

    The new park designs, which were tested in six pilot projects in 1999 and 2000, also addressed the safety fears held by many females. “We made sure the main path was well lit, as straight as possible, and that bushes weren’t too close,” she said.

    Observations showed that the pilots were a success. “They worked really well,” said Kail. “More girls were using the parks and they were taking up a larger amount of space in them.” Now visitors to the city will see that every new or refurbished park in Vienna follows the same principles.

    The planning pioneer says she is often asked how to spot gender mainstreamed urban design around the city. “When it is done well, it is invisible,” she said. “A well-functioning public space, where no group is missing or struggling to use it, doesn’t stand out.”

    But sometimes Vienna’s public spaces are purposefully used to make females more visible. For example, in the city’s urban development project Seestadt Aspern, the majority of the streets, squares and parks have been named after women, such as Janis Joplin, as a small counter to the historically predominant male naming. And there’s the symbolic identification of the podium in the Reumannplatz as the girls’ stage.

    While Vienna’s gender mainstreaming approach helps it to position highly in quality-of-life rankings, political science professor at the University of Vienna, Birgit Sauer, says the rest of Austria hasn’t yet implemented it to the same extent. “We have a gap between Vienna and the country’s more rural areas and smaller cities,” she said.

    Sometimes Vienna’s public spaces are purposefully used to make females more visible

    Sauer says that while there is a tradition of gender equality in Austria, including public housing projects dating back to the 1920s, women in Vienna have more access to support, such as free childcare, which tends to be costly and have limited opening hours elsewhere in the country. “This means that mothers can work if they want to,” she said, but adds that gender pay gaps are still common.

    Many travellers will think of Vienna, which is known for its formal balls, as a very traditional society, but the professor says that multiple factors have resulted in the capital being ahead of the gender equality curve in Central and Western Europe. Sauer explains that already in the 1970s, the city was home to many active women’s groups and that Vienna has a history of having Social Democratic governments that invested in creating social equality.

    And this does not just stop with gender. According to Sauer, there has also been a lot of activism and political support for the LGBTQ community.

    Berni Ledinski, who is the Vienna coordinator for QueerCityPass, a tourist ticket for lesbian, gay and trans visitors highlighting queer-friendly institutions, agrees. Ledinski, who also performs as the drag queen Candy Licious, says that “Vienna as a city is a really safe space for queer people.” He says that it not only offers a good range of queer-friendly cafes, bars, shops and museums, but also has a division within the city administration focused on combating LGBTQ discrimination.

    For Ledinski, a central moment for the capital’s queer community was when Thomas Neuwirth won the 2014 Eurovision song contest, performing in drag as Conchita Wurst. “It definitely had a really big impact, and marketing campaigns started to include same-sex couples,” he said.

    The event also inspired the City of Vienna to make the queer community more visible in public spaces, for example, by including illustrations of same-sex couples in traffic lights. But while much progress has been made for the queer community, Ledinski says there is a potential to do more. “There is always room for improvement, especially when it comes to the recognition of inter and trans people,” he said.

    And it appears that important steps in that direction are taking place. Vienna recently unveiled its first transgender crosswalk, located close to the Vienna General Hospital, which is home to the nation’s only transgender healthcare centre. “Due to Covid-19, there have been a lot of problems with trans healthcare, and we thought it would be a great sign of solidarity,” said Dominique Mras who came up with the idea.

    Mras, who is the member of parliament in Vienna’s 9th district responsible for diversity, says it is important to note that the pink, blue and white crossing received support from all political parties, including the conservative one. And while it is the only such crosswalk planned for now, Mras believes that it is an important symbol to help open up the conversation around gender diversity and make trans people more visible in Vienna.

    “It’s a first step,” she said.

    https://www.bbc.com/travel/article/20210524-how-vienna-built-a-gender-equal-city?ocid=ww.social.link.email

    #genre #ville #Vienne #ressources_pédagogiques #TRUST #master_trust #villes #urban_matter #espace_public #femmes #visibilité #in/visibilité #Mädchenbühne #urbanisme #féminisme

  • #Budget genré de #Lyon : pour l’#égalité réelle femmes/hommes

    Pour la première fois en #France, une ville de plus de 500 000 habitants va mettre en place un #budget_sensible_au_genre. La ville de Lyon, sous l’impulsion d’#Audrey_Henocque, première adjointe en charge des #finances, et #Florence_Delaunay, adjointe à l’égalité femmes-hommes, va en effet évaluer son budget selon la répartition de la #dépense_publique envers les bénéficiaires hommes et femmes.

    En 2021, les #lignes_budgétaires de cinq directions seront analysées : une mairie d’arrondissement, le musée des beaux-arts pour la culture, la direction des sports, la direction des espaces verts et la direction de la commande publique. En 2022, ce seront l’ensemble des lignes budgétaires qui seront étudiées.

    L’objectif est de prendre conscience des #déséquilibres éventuels, et d’y répondre par des #actions_correctives.

    Dès 2021, pour répondre aux déséquilibres déjà criants, la ville de Lyon met également en place des actions pour renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment en accordant autant de #subvention à l’OL féminin qu’à l’équipe masculine, et en travaillant sur les #cours_d’écoles à la fois pour les végétaliser, mais aussi les rendre plus adaptées à la #mixité des jeux. Pour que chacun et chacune ait sa place dans l’#espace_public, et dans la société. Pour passer d’une égalité de droits, à une #égalité_réelle entre les femmes et les hommes.

    Recommandé par l’ONU Femmes et le Conseil de l’Europe, le budget sensible au genre est déjà en place à #Vienne, capitale de l’Autriche, depuis plus de 15 ans, mais aussi au #Canada, #Mexique, #Australie, #Japon, #Islande. Marlène Schiappa avait d’ailleurs promis sa mise en place au niveau du budget de l’État. En matière d’environnement comme en matière d’égalité femmes-hommes, il y a ceux qui parlent, et les écologistes qui font.

    https://www.eelv.fr/budget-genre-de-lyon-pour-legalite-reelle-femmes-hommes

    #genre #école #féminisation_de_la_politique

  • More Girls To Parks ! Case Study of Einsiedler Park, Vienna, Milota Sidorova

    Compared to boys, girls in the age of 9-12 years don‘t spend as much time in parks and on playgrounds. And while you may have the memory of boys actively playing football all around, girls are really missing. Girls like to chat and spend the time indoors, some explain. Well, you don‘t feel that quite a sufficient explanation even you, yourself not being a gender studies expert.

    Girls pass through Einsiedler park twice a way. Before and after school. They cross the paths through the park and quickly disappear. The park is located in ethnically diverse Viennese district. The other group of girls we have noticed were girls from families of ethnic background. They come and look up for their younger siblings, this is quite typical situation, explains Claudia Prinz-Brandenburg, landscape architect working for Park Department of Vienna.

    The pilot study consisted of several rounds of workshops with girls within one year‘s time. The results were quite surprising and showed there were no facilities for them, girls had no reason to stop here. So an inventory of the park came. Fenced, encaged basketball playground, benches, greenery and relatively poor lighting. Since there was nothing that would serve young girls, Viennese chose the strategy of quick attraction. Different elements like platforms, interactive game installations, hammocks were placed along main pedestrian roads. These elements grabbed attention of passing kids, girls among them. They stopped them for couple of more minutes. And if they are passing walking and talking and have to spend the time outdoors, why not in the park?

    Fear, which is a feeling hard to define by hard data was one of the results of workshops with the girls. They mentioned fear of probable danger. Widening main pedestrian roads leading through the park, improving lighting conditions – these were the first steps. The central element of the park is the enclosed cage playground which we call ballcage among ourselves.

    We enter the playground. After Claudia draws out the idea of fear, for a moment I see myself being eleven years old starting teenager who would be flirting with boys while playing footbal. I could see standing groups of older boys that I dared not to look at. I could see the only door into the cage and them standing very close, controlling walk-ins and walk-outs. And their comments! Oh! The intensity of a sudden memory suprised me even as a thirty years old woman. It is the the fear from impossibility to exit the enclosed space full of strangers, this is the fear that prevents girls from entering playgrounds. To prevent that a redesign ofpark was prepared by the Park Department of Vienna in cooperation with the Coordination Office for Special Needs of Women. The fence was open from three sides and double layered at sites offering three large ways to exit the playground for safe street. Suddenly you feel it and you can breathe.

    Young girls like to watch the game of the others, for example – boys. It takes a little while before they start to play themselves, they like to chat among themselves. Also you can rarely see a girl coming to the playground alone, usually they come in two or in little groups. Only when they feel confident enough they go and play. The playground space is split into two by low platform that was designed for sitting and observing. After a while it became a real center where girls started to play the music, dance and all kinds of informal, spontaneous activities emerged, says Claudia. Finally we had girls in the park!

    Gender mainstreaming carefully analyzes behavior and needs of girls, reorganizes space and improves its usability. It doesn’t necessarily improve aesthetics, but focus on optimizing functions.

    In Einsiedler park we see two playgrounds out of which one is designed for basketball and football. The other one has no signs, no equipment, nothing. With its zero design it is the space for informal ball games. Had we designed the playground, we would immediately formalize another space for football and basketball, games usually performed by boys. Girls tend to play games using whole body, including singing or chatting, throwing ball.

    The effect is that boys and men usually occupy one side of the playground, while the other is used by girls and mixed groups.

    Einsiedler park serves as a central living room of the district. Since the flats are really small here, people tend to spend quite a lot of time outdoors. To be outdoors is partially a culture, partially a necessity, especially for people of ethnic background and low income. So are sisters taking care of their younger siblings on typical playground for the youngest. Here, however they have no place to talk or play themselves. Park Department designed another playground, game elements just next to the place where their siblings are. They also placed tables and benches into the playground for kids below 6 years of age, so their baby sitters can sit inside while having their own space. Two groups of different needs were combined in one space while keeping open-ended options for both of them.

    I am passing through the park that looks nothing special at the first sight. Neither elements, nor materials look any special, hyped by design or another novelty. Still I find myself quite amazed by this behavioral explanation. Gender mainstreaming carefully analyzes behavior and needs of girls, reorganizes space and improves its usability. It doesn’t necessarily improve aesthetics, but focus on optimizing functions.

    Did you achieve what you set out to do?

    Oh yes, after a year we did an evaluation study and found out that the number of girls present in parks increased. So did the amount of informal activities. Results of this pilot project were summarized into guiding principles adopted by Park Department which have been used in design of any new park since then, sums up her part of the walk Claudia Prinz Brandenburg.

    Achieving the knowledge is a thing of expert nature, to pass on the changes – unfortunately – is something quite different.

    For me everything started when I gave birth to my twins. I had to push a giant double stroller over sidewalks of Vienna. Surely you can imagine how terrible that was – cars, narrow, uneven sidewalks, dark corners when one does not see. I immediately realized that life in city does not give the fair chances to women, especially mothers, says Renate Kaufman, sharp woman of grey eyes that directly find their target. Former teacher got incredible sensitivity towards needs of children and parents. Later on she joined politics and two years ago she concluded her fourteen years long mission on as a Chairwoman of 6th Viennese District that became the pilot district of gender mainstreaming implementation.

    Fourteen years, that is quite a time! I say to myself, I – the citizen of Central European space used to four years long political cycles that bring complete opposition towards urban planning policies of the former establishment. Political discontinuity is not efficient, but rather destructive and in its best it is – tiring. Human life however flows continually, from day to day, from year to year, slowly turning decades. It is full of duties and roles that are happening in a physical space of the city. Back home, politics is perceived as a game of sharks, dominant types discouraging more compassionate types from entering it. And when we think of our urban planning it is still considered rather a technical discipline. Parametric control over indicators of traffic, quotas on areas that are be built or not to built, volumes, heights, areas designed as development areas, all of this gives us false feeling that we are planning our cities rationally, ergo, good. But where in all of this we can find true understanding of everyday human life? Try to go even further and bring the term gender equality into this hard professional environment.

    Some municipalities tuned onto words like participation and sustainable development. We are still, however only starting. Reality of participation turns into overuse of surveys, but not a real understanding of groups representing wide range of users. We are still witnessing unprofessional processes which on the top of that are not properly paid. Awareness however kicks in and urban planners and some municipal representatives start to speak about manuals of public spaces.

    How to design good public space? For whom?

    For people.

    What kind of people?

    Well, here is where I usually don’t get the answer much further. But this is the space, the opener where you can really start to get interested in the layer of gender and gender equality. Gender mainstreaming (balancing opportunities for men and women) was implemented in Vienna in 90ties under the directive of European Union. Here is also where I stop using the passive voice. Gender mainstreaming grew into urban planning by pragmatic and practical work of Eva Kail, urban planner who had her own aha moment in 1991. She organized the exhibition Who Owns the Public Space and became interested in connections among old woman, mother, woman of ethnic background, girl using the city. She studied methodologies of gender mainstreaming in architecture and urban planning being already a norm in Germany. Later on, being an employee of Urban Planning Department of the City of Vienna, she started to lobby for budgets. Budgets for pilot studies of user behaviors, budgets for pilot projects – just like the one in Einsiedler park. During her career she was able to assist in more than 60 pilot projects, covering practical aspects of gender mainstreaming and gender equality in housing, transportation, planning and design of small scale public spaces, just like the ones of large scale.

    If you want to do something for women, do something for pedestrians.

    Results showed us women walk and use public transport more than men. Men are more frequent car drivers. Why? Well, this is connected to life roles and duties. If a woman is a mother or care taker, her way through the city is more complex. Men take cars and go to work and back. Usual. This pattern has not changed even in 2016. So, if you want to do something for women, do something for pedestrians, says Kail.

    If women are the major client in public space, how it should function? Try to look at it through eyes of mothers, girls or elderly women. The differences will come out of quite simple observation. The rest is a question of common sense and measures taken.

    How did you achieve all of this in your neighborhood? I ask Renate Kaufmann, who energetically lead our group through the streets and explain why the sidewalks are lower here, why the light was placed there or why the mirror, at all. She is much more persuasive than the gender expert herself. In politics I love to fight for the right causes, she looks at me and for a long time I have nothing to say...

    http://www.wpsprague.com/research-1/2017/1/6/more-girls-to-parks-case-study-of-einsiedler-park-viennamilota-sidorova

    #genre #femmes #espace_public #géographie #Vienne #parcs #parcs_publics #filles #garçons #enfants #enfance #villes #Autriche #urban_matter

    ping @nepthys

  • Was ist SchloR? • Schöner leben...
    https://schlor.org/schlor/was-ist-schlor-2

    Das Projekt SchloR hat zum Ziel, in Wien langfristig abgesicherte und leistbare Räume für selbstverwaltetes und gemeinschaftliches Arbeiten und Wohnen zu schaffen. Unser Selbstverständnis beruht neben der Selbstverwaltung auf Inklusion, Solidarität, sowie der Idee des Nutzungseigentums (statt Privateigentum) und der Kapitalneutralisierung. Selbstverwaltet bedeutet, dass wir uns selbst organisieren und unsere Räume gemeinsam gestalten.
    Um unser Projekt zu realisieren, planen wir gemeinsam mit dem Dachverband habiTAT den Kauf einer Immobilie in Wien Simmering. Durch das Rechtsmodell des habiTAT wird die Immobilie vergesellschaftet und dauerhaft dem Immobilienmarkt entzogen. Außerdem fallen Personen, die Profite aus dem Grundrecht auf Wohnen schlagen, weg.
    Solidarität zeigt sich z.B. dadurch, dass jeder Person – fernab von sozialen Status & Eigenkapital – eine gleichberechtigte Teilhabe, (Mitbestimmungs-)möglichkeiten & Rechte gegeben werden. Somit sollen soziale Ungleichheiten ausbalanciert werden ohne dabei Hierarchien einzuziehen.

    Verein zur Förderung kollektiven Wohnens und kreativer Lebensvisionen (ZVR 236108850)
    Rappachgasse 26
    A-1110 Wien

    Anfragen: contact at schlor punkt org

    #Autriche #Vienne #logement

  • Vienna Rossa, utopia realizzata

    Socialismi. La mostra «Das #Rote_Wien 1919-1934» celebra le riforme rivoluzionarie iniziate nel 1919 e interrotte bruscamente con l’avvento dell’Austria nera nel 1934


    https://ilmanifesto.it/vienna-rossa-utopia-realizzata
    #Vienne #Autriche #Vienne_la_rouge #utopie #socialisme #exposition #villes #histoire #urban_matter #géographie_urbaine

    ping @albertocampiphoto @visionscarto

    • Das Rote Wien 1919-1934

      Die ersten freien Wahlen zum Wiener Gemeinderat im Mai 1919 bringen der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei die absolute Mehrheit. Ein international viel beachtetes, von seinen Gegnern heftig bekämpftes soziales, kulturelles und pädagogisches Reformprojekt beginnt, das eine tief greifende Verbesserung der Lebensbedingungen der ArbeiterInnen und eine Demokratisierung aller Lebensbereiche anstrebt.

      Die Ausgangslage nach dem Ersten Weltkrieg ist katastrophal. Wien ist die Krisenstadt des Kontinents. Zur ersten Herausforderung wird die Wohnungsfrage. Auf der Grundlage einer revolutionären Fiskalpolitik („Luxussteuern“) werden bis 1934 mehr als 60.000 Wohnungen sowie zahlreiche Sozial­, Gesundheits­, Freizeit­, Bildungs­ und Kultureinrichtungen geschaffen.

      „Wie leben?“ wird im Roten Wien mit hoher Intensität debattiert. Das betrifft alle Bereiche des täglichen Lebens: die Rollen von Frauen und Männern, die Betreuung und Ausbildung der Kinder, die Gestaltung der Freizeit, das Einrichten der Wohnungen, die Verteilung der häuslichen Arbeit, den Umgang mit Körper und Tod, die Aufgaben von Kunst und Kultur.
      Die Ausstellung im MUSA wird durch mehr als ein Dutzend Orte in der Stadt erweitert. Diese „begehbaren Objekte“ mit unterschiedlichen thematischen Schwerpunkten werden temporär für das Publikum zugänglich gemacht und beziehen das reiche architektonische Erbe des Roten Wien mit ein, das sich als gebaute Utopie nachhaltig in die Stadt eingeschrieben hat.


      https://www.wienmuseum.at/de/ausstellungen/aktuell/ansicht/das-rote-wien-1919-1934.html

  • City with a female face: how modern Vienna was shaped by women

    As the city’s deputy mayor, Maria Vassilakou, wrote in 2013, gender mainstreaming ensures “fair shares in the city” for all by forcing planning to be approached from different perspectives. But how do pavement widths and bench design relate to gender? And if mainstreaming aims to promote equality, does Vienna’s example prove that it works?


    https://www.theguardian.com/cities/2019/may/14/city-with-a-female-face-how-modern-vienna-was-shaped-by-women

  • Vienne, l’utopie réalisée du logement pour tous

    https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2019/01/29/vienne-l-utopie-realisee-du-logement-pour-tous_5416087_4811534.html

    Vienne, l’utopie réalisée du logement pour tous

    Pionnière mondiale de l’interventionnisme urbain, la capitale autrichienne a misé dès 1919 sur l’habitat social. Résultat, 62 % des Viennois en bénéficient aujourd’hui.

    #vienne #otto_neurath #logement #urban_matter Autriche

  • The boy left behind in Nazi Vienna - BBC News

    https://www.bbc.co.uk/news/resources/idt-sh/left_behind_in_nazi_vienna

    In fear for her life, Kurt’s Jewish single mother fled Nazi Vienna for the UK in 1939, leaving him behind. This 14-year-old’s story of abandonment and adversity can be told for the first time, through recently discovered letters.

    It is mid-March 1939 and 14-year-old Kurt and his devoted Jewish single mother Hedwig are standing on the platform of a train station in Nazi Vienna saying their tearful goodbyes.

    The destination of the impending journey is the UK, and the purpose is to escape the intensifying persecution of Austria’s Jewish citizens.

    Since December 1938, trains have been carrying Jewish children from Germany and German-annexed Europe to safety in the UK, thanks to the Kindertransport operation, a charity-run scheme sanctioned by the British Government.

    Many children have already fled Austria, leaving selfless parents behind to face an uncertain fate - in most cases, a barbaric death.

    #shoah #nazisme #vienne

  • The Grand Refugee Hotel: The Sequel to My Grandfather’s Germany

    On a visit to one of Germany’s most radical refugee integration experiments, U.S. migration journalist and academic Daniela Gerson went in search of her family history and found an increasingly uneasy relationship between past and present.

    At the #Grand_Hotel_Cosmopolis, an African teenager served cappuccinos to European travelers below clocks telling the time in Kabul, Damascus, Grozny and other global centers of crisis.

    Lamin Saidy – sporting a style he described as “American proper” with tight jeans, lots of earrings and a big smile – was 13 when he fled violence in the Gambia. After he arrived in Germany as a refugee, he was told about this place, where tourists, asylum seekers and artists all share one building. The hotel is run by staff composed of a core group of resident German artists and a diverse team that includes volunteers who may be refugees like Saidy or local college students who want to join the experiment.

    Then, in the fall of 2016, at a meeting in Washington, D.C., on immigration, a public artist gave a presentation on cultural integration initiatives in #Augsburg like none I had seen in more than a decade of reporting on immigration in the United States and Europe.

    The artist flashed images of the migrant job center, cafe and immigrant rights organization called Tuer an Tuer, which helped convince the city to take a stance against large institutional centers. Instead, all asylum seekers in Augsburg have been housed in residences of 100 or fewer people. She also showed photos of the colorful, boundary-bending Grand Hotel. This was Augsburg? It was definitely not the city of my imagination.

    Soon after, my mother forwarded me an invitation. In summer 2017, there was going to be a gathering of Jews from Augsburg and their families to commemorate the 100-year anniversary of the synagogue. I set off, eager to explore my family’s past and to see if a city I associated with historic brutality had succeeded in building a more welcoming society as a result.
    A Welcoming Nation

    When I arrived in Munich, the Bavarian capital, I borrowed a friend’s bike and pedaled down to the vast main train station. In 2015, in what was known as the Welcoming Summer, more than 1 million asylum seekers came to Germany and the station was full of arriving migrants. There was such an outpouring of public support for them that they had to close the station to donations.

    Two years later, the backlash was mounting. Chancellor Angela Merkel’s government had taken steps to slow the tide of arrivals, limiting countries from which people are eligible for asylum and speeding up deportations of people whose applications had been rejected.

    Munich’s size has helped mask the impact of the refugee influx. Augsburg, founded more than 2,000 years ago, is a different story. With a population approaching 300,000, and a popular destination for refugees and foreign laborers, it was a contender to become the first majority minority city in Germany. Now almost 50 percent residents have a “migration background.”

    After a quick train trip an hour east of Munich, I biked across Augsburg’s picture-perfect main square of churches and beer gardens, passing by women strolling in hijabs and Chechnyan kids racing in circles on scooters. And near one of the largest cathedrals, down a cobblestone street, I found the Grand Hotel Cosmopolis. On first impression, it hardly felt grand, but rather like the 1960s old-age home it once was, converted into a lively Berlin artists’ squatter house.

    In a sun-drenched garden, I joined two of the artist founders and a refugee artist for a vegetarian lunch cooked in the communal basement kitchen. As we ate, they explained that the building had been abandoned for six years when some local artists spotted it and inquired about renting it out as a temporary exhibition space. But the owners, a Protestant social enterprise, said they had already entered into negotiations with the government to house asylum seekers.

    That’s when the idea came up to merge the two concepts, and add a hotel. The artists take care of the hotel, cafe and ateliers. The social enterprise, with government support, provides housing for the migrants.

    Three days after the first asylum seekers moved in, it became clear to the artists this was not just a utopian experiment in aesthetics and communal living when the first deportation letter for one of its residents arrived. “Many of the artists stopped their artistic work,” one of my guides, Susa Gunzner, told me. Instead, they focused all of their energies on learning about immigration laws and how to help the refugees.

    After lunch, I toured the 12 uniquely designed hotel rooms: One was bordello hot pink, another constructed to feel like a container ship, a third had a forest growing through it. My stark room, with a long wooden bench of a bed and simple, low table, struck me as a very elegant prison cell.

    Three days after the first asylum seekers moved in, it became clear to the artists this was not just a utopian experiment in aesthetics and communal living when the first deportation letter for one of its residents arrived.

    Gunzner, who teamed up with an Iranian artist to create the room, told me it symbolized freedom. The room is a homage to a Persian woman who moved with her family to Europe at the beginning of the 20th century and later became a spy against the Nazis. Gunzner pointed out illustrations of trees on the wall from Shiraz. “We are always trying to enrich each other and find out – sometimes through very slow processes – who the other person is,” she told me.

    Left on my own, I walked downstairs to the refugee floor, and passed a half-dozen or so baby carriages crowding the stairwell. I had been warned I was only allowed to intrude if an asylum seeker invited me in. The founders of the hotel like to say they “only have guests – with and without asylum.” I was also struck by the strangeness of putting us all in one building as fellow travelers: people on holiday rubbing elbows with people who have been running for their lives.

    Not far from Augsburg, in the aftermath of World War II, my other grandparents – on my father’s side – landed in a very different type of refugee camp, set up by the United Nations and largely funded by the United States. They were Polish Jews whose families had been slaughtered in the streets and in concentration camps. They survived the war in Siberian labor camps and in Uzbek villages, where my father was born.

    In the desperate limbo of the displaced persons camp, they created a community – my grandfather took part in local governance; my father remembers a pet dog, Blackie, a synagogue and a school. What would my grandmother have said if artists lived upstairs and American tourists stayed for a week or two, temporarily sharing her first home outside Poland, the place where my father formed his first memories? Would she have appreciated the attention, or would she have felt like a monkey in the zoo?
    The Shadow of the Past

    It was not the first time that I had traveled to Germany and discovered echoes of my family’s past in my present, as I grapple with issues of migration, persecution and intolerance today as a journalist and academic.

    A decade ago, I spent a little over a year researching contemporary guest worker policies in Berlin and Bonn. Despite my last living relative who survived the Holocaust reprimanding me that Germany was no place for a nice Jewish girl, I fell for the country’s bike and cafe culture, numerous lakes and deliberate approach to its troubled history. I almost always felt welcome as a Jew. Even my neighbor who was a neo-Nazi was dating a Venezuelan and liked to come over and chat with me. Another neighbor, whose grandfather had been active in Hitler Youth, became one of my closest friends.

    Though I was sometimes disturbed by the recent stance that Germany was not a country of immigration, as well as the focus on integration – this notion some leaders interpreted as demanding that newcomers should cede their other cultural identities – I, in many ways, felt that Germany had dealt with its past in ways that could be a lesson to all nations.

    Ten years later, I visited a Germany increasingly conflicted about its moral obligations as it confronted the refugee crisis. And in Augsburg the juxtaposition of this tolerant, generous nation and the pernicious shadow of its intolerant past were in stark relief.

    I left the Grand Hotel on Sunday morning to meet other descendants of Augsburg Jews in the glorious sanctuary of the synagogue built in 1917. The descendants of those who fled the Nazis, or had the foresight or luck to leave before the war, had traveled from South Africa, Norway, Israel and across the United States. Civil leaders turned out in large numbers to pledge “never again.” It was a familiar message. But the synagogue’s attic museum reminded me how quickly a nation can shift toward hate. For the first time, it felt less like a history lesson and more like a warning that struck very close to home.

    In Augsburg, the juxtaposition of this tolerant, generous nation, and the pernicious shadow of its intolerant past were in stark relief.

    Created in 1985, the Augsburg synagogue houses the first independent museum in Germany dedicated to Jewish history. It tells the story of how there were only 1,500 Jews in Augsburg when the Nazis came, but they enjoyed comfortable local prominence. The synagogue is a clear sign of that position. Congregants built the sanctuary – one of the most beautiful I have ever seen, with its 95ft (29m) dome and an architectural style that spans from Byzantine and Oriental elements to Art Noveau – investing in what they imagined would be a vibrant future in Augsburg.

    I was struck by a slide titled “Integration through Achievement.” The museum describes the dreams of these Jews, and it reminded me of the aspirations of many of the asylum seekers I met during my stay in Augsburg. They did not want just to live free from danger, they wanted an opportunity to be productive, successful German citizens. Chillingly, the museum concludes, the local Jewish communities were “extinguished totally.”
    Looking Back, Looking Forward

    In the year since my visit to the synagogue, I have covered U.S. authorities tearing apart asylum-seeking families as part of a larger, often vicious, crackdown. While I wish I could at least point to Germany today as a model of how to do things differently, the picture is unfortunately not so black and white.

    In German elections last fall, the far-right anti-immigrant Alternative for Germany party – whose senior member maintains that the country should be more positive about its Nazi past – won 13 percent of the popular vote. According to current polls, the party is on track to win around a similar proportion of votes in upcoming regional parliamentary elections in Bavaria on October 14.

    This year, the leader of Chancellor Angela Merkel’s sister party in Bavaria, Interior Minister Horst Seehofer, pushed her to clamp down on border policy. In the eastern German city of Chemnitz, far-right protests against immigrants in recent weeks were accompanied by xenophobic tirades.

    In August Seehofer instituted the beginning of a new plan in Bavaria that could soon transform how asylum seekers are treated. In what he described as a national model, the goal is to expedite rapid deportations. Most new asylum seekers will be transported to institutions that can house more than 1,000 people, where they will not be in contact with anyone who is not an official or a lawyer or has specific permission.

    “That’s the opposite of what we tried to do in the last years, now we are going two steps back,” said Tuelay Ates-Brunner, the managing director of Tuer an Tuer. “For people who will be rejected, nobody will see them, nobody will know them.”

    “My first impression was that I felt like I was in a new world,” Saidy told me to the beat of Afro Pop on the jukebox. “The hotel is kind of incomparable.”

    The Grand Hotel is located in Augsburg, an ancient German city on Bavaria’s tourist-trod Romantic Road. It is also the place where my mother’s father was born. He was one of the first boys to have a bar mitzvah in the ornate, domed synagogue in Augsburg – just a few years before the Jews were forced to flee or perished at the hands of the Nazis.

    Nearly a century later, I went to stay at the Grand Hotel – one of Germany’s most radical refugee integration experiments.

    Like so many inherited homelands, Augsburg was a mythical place for me, formed from family memories I had never lived – portraits of stern ancestors, the men with elaborate waxy mustaches, the buxom women with beautifully tailored clothes and lace collars. My Augsburg froze when the Nazis took over.


    https://www.newsdeeply.com/refugees/articles/2018/10/08/the-grand-refugee-hotel-the-sequel-to-my-grandfathers-germany

    #Allemagne #hôtel #réfugiés #travail #migrations #asile

    • Merci pour tout ce travail :-)
      C’est bien de nous rappeller les prises de position de Thomas Bernhard au moment où Claus Peymann vient de laisser sa place de directeur du théâtre de Brecht Berliner Ensemble .

      Il nous faut ranimer le discours critique de la bourgeoisie sur la scène théâtrale et les grands théâtres en tant que tels. A Berlin il se passe le contraire. Au Kurfürstendamm deux théâtres populaires des années 1920 disparaissent au profit d’un centre commercial, le successeur de Peymann augmente le prix de l’abonnement de 100% et la mafial néolibérale chasse le directeur de la Volksbühne Frank Castorf et ses acteurs pour y installer un homme sans relation aucune à la ville et ses traditions théâtrales qui vient de se faire la malle après moins d’un an.

      Tout s’écroule alors la voie est libre pour un nouveau couple Bernhard/Peymann cette fois à Berlin au lieu de Vienne.
      Les hommes et femmes de la génération de nos parents et grand-parents s’en vont. Il est à nous de trouver de dignes successeurs.

      Claus Peymann über Thomas Bernhard (28 minutes)
      https://www.youtube.com/watch?v=xiBvkQqzTrs

      Claus Peymann kauft sich eine Hose und geht mit mir essen
      https://de.wikipedia.org/wiki/Claus_Peymann_kauft_sich_eine_Hose_und_geht_mit_mir_essen

      Claus Peymann kauft sich eine Hose und geht mit mir essen ist ein Dramolett des österreichischen Schriftstellers Thomas Bernhard und gleichzeitig Titel der 1990 beim Suhrkamp-Verlag erschienenen Buchausgabe, in der die eine Trilogie bildenden Dramolette Claus Peymann verlässt Bochum und geht als Burgtheaterdirektor nach Wien, Claus Peymann kauft sich eine Hose und geht mit mir essen und Claus Peymann und Hermann Beil auf der Sulzwiese zusammengefasst sind. Die drei Einakter waren ursprünglich nicht zur Aufführung bestimmt, aber das erste Dramolett (über den Umzug nach Wien) wurde schon 1986 zum Abschiedsfest Peymanns in Bochum in der Inszenierung von Hermann Beil uraufgeführt.

      #Allemagne #littérature #théâtre #Berlin #Vienne #Bochum

  • Marin Alsop appointed first female artistic director of top Vienna orchestra | Music | The Guardian
    https://www.theguardian.com/music/2018/jan/29/exclusive-marin-alsop-appointed-first-female-artistic-director-of-orf-o

    Alsop, one of the world’s leading conductors, and the first woman to conduct the Last Night of the Proms, said she was honoured to be assuming the post in Vienna, which she called “the seat of classical music”.

    #musique #vienne #cheffe_d_orchestre
    Acknowledging how groundbreaking the appointment was for the classical music capital of the world, which has often been shockingly slow to welcome female musicians, let alone promote them to leadership roles, Alsop said she welcomed the chance to “push the envelope” for women in music. But she said she hoped the time would soon come when being “the first woman” would no longer be news.

  • La « petite #yougoslavie » de #Vienne
    https://www.mediapart.fr/journal/international/080817/la-petite-yougoslavie-de-vienne

    Mile Stepanović, patron d’une vieille taverne balkanique, dans le centre de Vienne. © Laurent Geslin Voilà des siècles que Vienne est la « porte des #balkans », mais à partir des années 1960, l’ancienne capitale impériale des Habsbourg a accueilli des centaines de milliers d’immigrés yougoslaves. Aujourd’hui courtisée par l’extrême droite, cette communauté « yougo » n’est bien intégrée qu’en apparence et peine toujours à se réconcilier avec sa propre histoire.

    #International #Culture-Idées #Autriche #Danube

  • [Vienne] Attaque contre l’embassade italienne - Solidarité avec les anarchistes incarcéré.e.s
    https://nantes.indymedia.org/articles/37832

    Hier dans la nuit, pour exprimer activement notre solidarité, nous avons attaqué le consulat italien à la bombe de peinture.Pour la libération immédiate d’Antonio, Antonio & Francisco, emprisonnés depuis le 3 mai. Pour la fin de l’assignation à résidence d’Giada, Fabiola & Camille.Il leur est reproché de s’être opposés à une razzia policière dans leur quartier en février dernier.

    #Répression #turine #vienne

  • Descendant des montagnes
    La Vienne gagne
    Les verts coteaux
    Elle gazouille fine
    Frêle et mutine
    Comme un roseau
    Notre belle rivière
    Coule joyeuse et fière
    À travers ses bois et ses prés charmants
    Elle reflète son humble firmament
    Son onde cristalline
    Nous berce et nous câline
    Elle est adorée de tous les pêcheurs
    Au port du Naveix elle fait notre bonheur

    1905 la Rouge
    La ville bouge
    Jusqu’aux bas fonds
    Le siège d’une usine
    Fait que domine
    La voix des Ponts
    Allez Ponticaud chante
    Et que ta voix puissante
    Porte ton cri jusqu’à l’exploiteur
    Qui profit’ de la sueur de ton labeur
    En révolutionnaire
    Toute la ville est fière
    Pour développer son émancipation
    Au premier rang seront les gars des Ponts

    Mais parfois chose triste
    Des arrivistes
    Quittent les Ponts
    Et l’orgueil qui les grise
    Fait qu’ils méprisent
    Les vieux bas-fonds
    Qu’un Ponticaud déserte
    Ce n’est pas une perte
    Il peut aller dans ses beaux quartiers
    En nous laissant dans notre vétusté
    La Vienne a ses fidèles
    Qui meurent auprès d’elle
    Notre souvenir va à Louis Goujaud
    Qui fut sincère et brave Ponticaud

    « La Vienne », d’après Simone Cacaly, fille de Léon Jeammot qui tenait avec sa femme le bistrot La Crotte de Poule, sur les bords de Vienne.

    #vienne #limoges #géoculturelim