• New San Francisco billboard warns workers they’ll be replaced by iPads if they demand a fair wage | PandoDaily
    http://pando.com/2014/07/17/new-san-francisco-billboard-warns-workers-theyll-be-replaced-by-ipads-if-they
    http://pandodaily.files.wordpress.com/2014/07/imag0016.jpg?w=1000&h=829

    So who the hell pays for billboards threatening waitstaff with redundancy if they demand a living wage? A bit of digging and clicking reveals that the campaign is backed by Employment Policies Institute, the conservative lobbying group which regularly campaigns on behalf of the restaurant industry.

    #travail #salaire #californie #ipad #robotisation (vu sur nettime-l)


  • Associated Press met au travail des robots journalistes
    http://www.numerama.com/magazine/29862-associated-press-met-au-travail-des-robots-journalistes.html

    « Plutôt que de fournir 300 articles mensuellement, nous pourrons en fournir jusqu’à 4 400 automatiquement pour toutes les entreprises à travers les Etats-Unis chaque trimestre », se félicite Lou Ferrara, rédacteur en chef chez AP. L’agence ne prévoit pas de licencier les journalistes remplacés par les robots, mais de les affecter à des tâches plus gratifiantes, de mise en perspective des données ou de recherche de sujets inédits. Tous les articles produits par les algorithmes d’Automated Insights seront signalés par AP comme étant « produits automatiquement avec du contenu de Zacks ».

    #actuweb


  • Un robot pour corriger le travail des journalistes
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/06/26/un-robot-pour-controler-la-qualite-du-travail-des-journalistes_4446072_44089

    les articles de presse contiennent parfois des erreurs factuelles. Une start-up parisienne baptisée Trooclick a décidé d’éradiquer ce problème, en inventant un système automatisé de « fact checking » (vérification de l’exactitude des faits, dates, chiffres, etc.) dans les textes journalistiques publiés sur Internet.

    (...) Quand Trooclick décèle une information qui ne correspond pas aux données officielles, son logo s’affiche en temps réel sur la page, avec la mention : « 1 glitch » – « un pépin », une petite anomalie. Puis il affiche l’information fournie par le site de référence, et le lien vers le document pertinent.

    (...) Bien sûr, il y a de nombreux articles sans glitch : « C’est aussi une information précieuse, notamment pour les professionnels de la finance, qui sont prêts à payer pour ce genre de service. La mention "zéro #glitch" sera un label de qualité. Trooclick va s’imposer comme l’antivirus de la malinfo. »

    #robotisation #presse #fact-checking — par contre la marque typée 1998, je sais pas trooo


  • Perpétuer notre chute sous le patronat grâce aux machines

    Laetitia Strauch, (scribouillarde a « Valeurs actuelles » journal très réactionnaire, et propagandiste [et patronne] de « Panaches ») vient de pondre un article en bois, en éloge aux mécanique de métal :
    La France contre les robots ? Faire entrer le pays dans la troisième révolution industrielle
    http://www.slate.fr/story/88397/france-innovation

    Sa promesse d’emploi : on va pourvoir embaucher 10 gars qui grâce aux robots qu’ils fabriquerons a la chaîne en licencierons des centaines d’autres. Elle ne prend même pas la peine de cité une étude chiffré, selon laquelle es robots créerons plus d’emploi qu’ils n’en détruirons.
    Par exemple, les emplois très qualifiés censé apparaître par l’automatisations... ne sont jamais apparu, faut-il le rapeller ? Visiblement oui. Sur ce sujet un livre : Technocritiques, de François Jarrige, fait un panorama assez complet des critiques depuis la naissance de l’industrialisation. (Empruntez-le, lisez le sur place, sinon c’est 28 euros !)

    Chaque fois qu’un robot remplace un humain, c’est la disparition du jugement et de la décision adapté, pour une exécution automatique sans distinction, sans discernement. Il vaux mieux que vous n’ayez jamais de problème face a un robot, car il ne vous aidera pas a le résoudre.

    Les machines et techniques qui remplace les humains sont la décision du patron, qui a des objectifs différents de ceux des travailleuses et travailleurs. Il veut uniquement de la production, la ou la travailleuses ou le travailleurs serait content d’un travail bien accompli, écologique, voire personnalisé pour la personne envers qui il a une demande. Lui fabriquer quelque chose qui dure et qui est robuste, et pas lui refiler un truc qui la conduira a revenir vous voir par la suite pour vous dire que c’était de la camelote. La machine, fruit du projet patronal, exécuté par des ingénieurs, relayera les intentions du patron, tout en faisant passer cette exécution pour l’objectivité de la science... voire un « progrès » !

    L’article se termine tout de même par une blague sur sa répartition des rôles : oui, bon l’entreprise se fera des bénéfices, et puis le contribuable, non seulement devra leur donner de l’argent (pour la monter) mais aussi faire des études pour écarter les effets négatifs. Hein, parce que bon, nous tant qu’on peu faire du pognon.


  • Les robots : la nouvelle main-d’oeuvre en Chine
    http://www.latribune.fr/technos-medias/20140602trib000832970/pour-mardi-les-robots-la-nouvelle-main-d-oeuvre-en-chine.html

    L’industrie chinoise prend un nouveau tournant. La Chine est aujourd’hui le premier acheteur mondial de robots industriels, rappelle ainsi le Financial Times. La raison est simple : la concurrence des économies émergentes ont contraint la Chine à modifier les manufactures traditionnelles en véritables industries technologiques, poursuit le quotidien américain. 

    La Chine aurait ainsi acheté 36.650 robots industriels en 2013, soit une augmentation de plus de 60% par rapport à 2012, selon la fédération internationale de la robotique, un groupe industriel basé en Allemagne. En comparaison, le Japon, qui arrive en seconde place, a acheté 26.015 robots en 2013. Quant aux Etats-Unis, à la troisième place, ils comptent quelque 23.679 robots achetés.

    (…)
    Une révolution technologique toutefois à nuancer puisque si la Chine est le marché le plus dynamique pour les robots, le Japon a cependant toujours, et de loin, le plus grand nombre de robots industriels en fonctionnement, avec plus de 310 000 en 2012, comparativement à 96 000 en Chine et 168 000 aux États-Unis.


  • Promising Malaria Vaccine Looks to Employ Robots to Mass Produce Its Product | Singularity Hub
    http://singularityhub.com/2014/06/01/promising-malaria-vaccine-looks-to-hire-robot-to-mass-produce-its-pr

    a vaccine for malaria that, in early trials, was 100 percent effective. (...) Sanaria, a biotechnology founded in 2003 by long-time malaria researcher Stephen Hoffman and based in a suburb of Washington(...) reported that in a Phase I clinical trial whose participants were consenting U.S. veterans, the vaccine administered at the higher of two doses kept all the patients who got it from becoming infected with malaria when bitten by mosquitos carrying Plasmodium falciparum, which causes 98 percent of all malaria deaths. This year, the company will conduct trials in the U.S., Mali, Tanzania, Equatorial Guinea and Germany.

    #paludisme #vaccin #robotisation #crowdfunding #santé


  • Et si l’ère post-travail était en fait promise à un âge d’or ?
    http://www.rslnmag.fr/post/2014/05/30/Et-si-lere-post-travail-etait-en-fait-promise-a-un-age-dor-.aspx

    Dans un monde du travail envahi par les robots, la majorité des êtres humain n’aura-t-elle bientôt plus besoin de travailler ? Loin des utopies techno-béates, les représentations d’un tel futur tiennent plutôt, généralement, du bonheur impossible cher aux dystopies. Pourtant, est-il si inimaginable de prévoir cet avenir dans sa version heureuse ?

    #Automatisation #Chômage #Emploi #Prospective #Robotisation #Silicon_Valley #Travail #Économie_de_la_contribution

    • Oui, parce que les proprios des robots veulent garder toute la richesse produite pour eux seuls, parce qu’ils pensent aussi que c’est la meilleure solution pour réduire la concurrence sur les ressources naturelles : plus besoin de prolos, ils peuvent donc crever en masse et laisser les survivants profiter à fond de de tout le reste. En gros, cette évolution pourrait effectivement être une évolution d’émancipation, mais je pense qu’elle est prévue comme une évolution d’anéantissement.
      #surnuméraires

    • @koldobika Après avoir lu la réflexion de @monolecte on pourrait être tenté de croire que c’est parce que la pénurie n’aura pas lieu - pas pour ceux qui profiteront pleinement du progrès.

      Je pense que c’est plutôt un symptôme de la sclérose de l’état démocratique moderne :
      Tout le monde en a conscience mais il est impossible d’y remédier parce ce qu’on est obligé à faire des compromis avec les forces destructives. Ça s’appelle pluralisme : tant que tu ne portes pas de croix gammée ou le drapeau rouge révolutionnaire on t’accepte et ta position sera pris en compte tant que tu saches attirer du monde par ta propagande.

      Bien sûr il y aussi des situations où ces forces exercent ouvertement leur pouvoir : quand le gouvernement Merkel fait arrêter le développement de la production locale d’énergie solaire et du vent au profit des grands producteurs ou quand Kofi Annan appelle en vain pour une action concertée contre la catastrophe climatique, la position de @monolecte devient plausible.

      Lors ce qu’on tourne le regard vers les Etats Unis où sévissent les sectes évangélicales avec leur fucking rapture on comprend que les contrées de la raison ne s’étendent pas sur toute la planète, qu’il faut accepter que ces forces destructives existent vraiment et qu’elles jouent un rôle important partout. L’enlèvement risque d’avoir lieu, mais il n’aura rien de spirituel.

      Les alternatives se dessinnent de plus en plus clairement. On se souvient de socialisme ou barbarie , c’est un vieux truc français des années 1950. A l’époque il c’était encore d’une dichotomie alors qu’aujourd’hui il s’agit d’alternatives concrètes.

      Le révolutionnaire Ernest Mandel a identifié ce changement de paradigme après la recupération du territoire de la #DDR défunte par le #capitalisme de l’ouest.
      https://www.npa2009.org/content/une-biographie-syst%C3%A9matique-d%E2%80%99ernest-mandel-par-michael-l%C3%B

      Pendant ses dernières années, Mandel avait remplacé le dilemme classique « socialisme ou barbarie » par celui, apocalyptique, de « socialisme ou mort » ; le capitalisme nous conduit, insistait-t-il, à la destruction de l’humanité par la guerre nucléaire ou par la destruction écologique.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Mandel
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme_ou_barbarie

      #rapture #enlevement #entrückung #socialisme_ou_barbarie

    • ça me fait penser aux trois scénarios d’Hervé Kempf
      http://www.reporterre.net/spip.php?article2102

      - Dans le scénario oligarchique, la classe dirigeante refuse la logique de la situation, et continue de proclamer la nécessité d’augmenter l’abondance matérielle par la croissance du PIB. Malgré un effort d’amélioration de l’efficacité énergétique – qui sera nécessaire dans tous les scénarios -, cette politique entraîne l’aggravation de la crise écologique et l’augmentation des prix de l’énergie, d’où un blocage de la croissance entraînant des frustrations d’autant plus grandes qu’une très forte inégalité perdure. Ces frustrations suscitent une montée des tensions sociales que l’oligarchie tente de détourner en stigmatisant les immigrants et les délinquants. Elle renforce l’appareil policier, ce qui lui permet au passage de réprimer les mouvements sociaux. De surcroît, la compétition mondiale pour les ressources et la dispute quant à la responsabilité de la crise planétaire enveniment les relations internationales, ce qui alimente le moulin sécuritaire et nationaliste. Le régime oligarchique, au départ encore respectueux des formes extérieures de la démocratie, les abolit progressivement.

      – Dans le scénario de gauche croissanciste, les dirigeants s’obstinent à chercher la croissance du revenu moyen, en corrigeant cependant l’inégalité sociale, à la marge pour ne pas heurter les « élites économiques ». Les tensions intérieures aux pays occidentaux sont certes moins fortes que dans le scénario oligarchique, mais le poids de la crise écologique et les tensions internationales restent tout aussi accablantes, générant rapidement les mêmes effets de frustration et de conflit. L’oligarchie, ou sa fraction la plus réactionnaire, harcèle les dirigeants en s’appuyant sur l’extrême-droite. Il faut alors choisir, si cela est encore possible, une franche rupture avec le croissancisme, ou être entrainé dans la débâcle.

      – Dans le scénario écologiste, les dirigeants convainquent les citoyens que la crise écologique détermine l’avenir proche. Remettant explicitement en cause la démesure de la consommation matérielle, la politique économique réoriente une part de l’activité collective vers les occupations à moindre impact écologique et à plus grande utilité sociale – l’agriculture, l’éducation, la maîtrise de l’énergie, la santé, la culture… La création d’emplois ainsi permise rend populaire cette politique, permettant d’engager ouvertement la lutte contre les privilèges de l’oligarchie : le système financier est socialisé et les inégalités sont drastiquement réduites. Cela rend possible de transformer le modèle culturel de prestige que définissent les plus aisés. De plus, la réduction des inégalités atteste que le mouvement vers la moindre consommation matérielle est partagé par tous, ce qui le rend supportable. Enfin, elle signifie que la société reprend la part de la richesse collective que s’est appropriée l’oligarchie depuis les années 1980 - près de 10 % du PIB. Ces ressources servent à améliorer le niveau de vie des plus pauvres et à investir dans les nouvelles activités écologiques et sociales. Sur le plan international, les relations sont pacifiées, parce qu’il est aisé de plaider pour une orientation écologique des politiques. La confiance mutuelle l’emporte, les dépenses militaires reculent, la crise écologique est évitée, les jeunes générations peuvent prendre en main le monde nouveau.

      Ce tableau appelle plusieurs remarques. Sur le fond, il signifie qu’il nous faut reconquérir la démocratie dans un contexte mental radicalement différent de celui dans lequel elle s’est développée. Durant les XIXe et XXe siècle, elle a grandi et convaincu parce qu’elle était une promesse d’amélioration du sort du plus grand nombre, promesse qu’elle a accomplie, en association avec le capitalisme. Aujourd’hui, le capitalisme délaisse la démocratie, et il nous faut la revigorer en annonçant un bien-être, un « bien vivre », fondamentalement autre que celui qu’il fait briller. Qui, d’abord, évitera la dégradation chaotique de la société. Qui, ensuite, ne sera plus fondé sur les séductions de l’objet, mais sur la modération illuminée par un lien social renouvelé. Il nous faut inventer une démocratie sans croissance.

    • @monolecte :

      [...] plus besoin de prolos, ils peuvent donc crever en masse et laisser les survivants profiter à fond de de tout le reste.

      Besoin encore de consommateurs pourtant. Et pour deux raisons : consommer bien sûr mais aussi produire les données que les robots exploiteront.

      On a déjà des robots qui nous libèrent massivement du travail : on a donc inventé la société du #chômage à la place de celle des #loisirs tant espérée.

      Vrai... Le déficit intellectuel est patent.

      @koldobika :

      Je comprends toujours pas comment dans ces scénarios ils ne tiennent pas compte de la pénurie énergétique à venir, ni de la pénurie de métaux rares nécessaires à la construction de tout matériel électronique.

      Oui... Mais je pense qu’il y a une sorte de fuite en avant technologique, par exemple vers les promesses que peut faire le graphène entre autre :
      http://seenthis.net/tag/graph%C3%A8ne
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Graph%C3%A8ne

      Soyons clair, ce qui est intéressant dans cet article inintéressant, c’est que les questions qu’amènent les bouleversements technologiques de la Silicon Valley (pour faire simple), ne sont pensées que par les hommes de la Silicon Valley. Il y a un aveuglement total du reste du monde politique et intellectuel, et en particulier à gauche et encore plus particulièrement ici en Europe. Qui sont ceux qui nous alertent du monde à venir ? C’est donc Steve Jurvetson de DFJ, mais aussi Bill Gates de Microsoft http://www.gizmodo.fr/2014/03/17/bill-gates-robots.html :

      La substitution logicielle, qu’elle serve aux conducteurs, aux serveurs ou aux infirmières, évolue. Au fil du temps, la technologie va faire chuter la demande pour ces emplois, et plus particulièrement en ce qui concerne les emplois peu qualifiés. D’ici à 20 ans, la demande de main-d’œuvre pour beaucoup de secteurs sera très inférieure. Je ne pense pas que les gens l’établissent dans leur modèle mental.

      ou Éric Schmidt de Google http://meta-media.fr/2014/03/12/et-voici-lere-dot-com-des-robots-attention-danger.html :

      Je suis très inquiet là dessus. Toutes les données montrent que ça va empirer (…) pour moi, c’est le sujet actuel le plus important pour les démocraties.

      etc.

      Aujourd’hui ce sont les premiers impliqués et les premiers responsables qui sont les plus inquiets. On croit rêver ! Et il ne fait aucun doute qu’ils vont apporter et proposer des « solutions ». Donc une chose est sure, nous y perdrons beaucoup à abandonner ces questions à ces gens.

    • Pour moi il y a d’autres sujets aussi pertinents que la raréfaction des ressources lorsqu’on évoque « La fin du travail (grâce à ou à cause de la robotisation) », à savoir :
      – l’exploitation humaine (femmes et enfants des pays pauvres compris) et l’esclavage moderne (allez, disons pour 99% des « travailleurs » de la planète !)
      – l’épanouissement individuel

      Je pense simplement qu’une version heureuse du #post-travail devrait avoir comme but de limiter au maximum l’exploitation humaine et d’offrir à chacun un peu plus de temps libre pour son propre équilibre et épanouissement, et cela de manière égalitaire - sachant bien évidemment que de l’autre côté, l’ère de la fin-pétrole a ses propres exigences, notamment en main d’oeuvre.

    • J’aurais donc tendance à dire, que le fait que chacun ait à retrousser ses manches pour créer les conditions de sa subsitance, n’a réellement rien à voir avec le fait d’être exploité dans son travail ou d’être obligé d’occuper des emplois contre-productifs pour la société (des emplois de merde par exemple, ou des emplois parasitaires).

    • Ah ah, on prend les mêmes et on recommence !

      Besoin encore de consommateurs pourtant.

      On voit bien que le fordisme a disparu et que chacunE veut la force de travail la moins chère (production) et les marchés mes plus prospères (consommation), donc ne pas prendre la peine d’entretenir une classe moyenne consommatrice. Le schéma est complètement guerrier et irresponsable.

      S’il est un truc qui puisse nous aider, c’est l’épuisement écologique du modèle. Et non, surtout pas les rêveries écolos décroissantes qui sont complètement déconnectées de la réalité :
      –la fin du travail est une utopie techno qui tient sur l’exploitation des machines, un modèle pas écolo, alors comment vouloir les bénéfices d’un modèle haïssable et insoutenable ?
      –c’est quoi le rapport de force envisagé pour conquérir la part du gâteau, à part persuader d’autres surnuméraires et voter ça en AG de rue avec les mains qui tournent au-dessus des têtes ?

      Je suis critique parce que j’en reviens, j’avais des impulsions à faire tourner approbativement mes mains même dans les repas de famille, tellement j’étais dedans, avec l’idée petite-bourgeoise que tu as des droits et qu’il faut les demander, et sinon les demander plus fort.

      Tu parles... on ne pourra reconstruire une économie correcte que sur un épuisement généralisé des ressources (voir #Julien_Milanesi pour la chronique dans @lan02 sur cette question), parce qu’avant, la stratégie c’est de penser qu’on a droit aux parts du gâteau et qu’il suffit de le dire.

      Exemple, mon frère à l’hosto qui entend deux servantes pendant ses années d’étudiant en médecine : « vivement qu’on ait du tout-jetable, parce que c’est ennuyeux, hein, de désinfecter tous ces ustensiles ». Il leur a dit qu’elles pouvaient toujours rêver qu’on les paye à nettoyer des ustensiles qu’elles ne nettoyaient pas, et que ce ne serait pas les vacances mais la porte.

      Sur cette question, les gentils écolos qui font l’impasse sur la question technique et sur la question des rapports de force sont comme les deux meufs en question, plus des chouignements pleins de bonne conscience sur le tout-jetable. Parce que ce serait tellement bien d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Ah oui.

      Toute ma réflexion aujourd’hui, elle est sur qu’est-ce qui te laisse imaginer que tu pourrais avoir des droits et ne pas te faire traiter comme unE surnuméraire, si tu ne crées par une société différente, avec une relation aux autres basée sur la réciprocité et plus sur la répétition à qui veut l’entendre que tu as droit à ci et ça ?

      http://blog.ecologie-politique.eu/category/Textes/La-petite-bourgeoisie-s-amuse

      Vous l’avez compris si vous me lisez depuis le début de cette série, je suis une habituée du milieu associatif écolo. Ici pas d’obligation d’aller vendre la feuille de chou rouge sur les marchés le week-end, pas de culpabilisation quand on loupe une réunion sur deux, c’est l’esprit du « nouveau » militantisme post-it, un engagement souple, humain, gouverné par le principe de plaisir... individuel. Prière de ne pas rigoler, j’ai moi aussi participé à théoriser cette vision d’un militantisme qui fait la part belle à l’humour, aux plaisirs de la commensalité ou de la découverte, et au dialogue qui se crée entre le groupe et ses... euh, membres, usagèr-e-s, consommateurs/rices ? A la fin, on ne sait plus bien, et le dialogue est à sens unique : « Si j’veux. »

      [...]
      En déconnectant droits et devoirs, participation politique et participation de fait, au nom de sa liberté individuelle, la petite bourgeoisie se met en mesure de jouir d’échanges non-équitables, de se vautrer dans la non-réciprocité. Si elle est incapable de se sentir redevable, si elle limite son engagement à son intérêt bien compris, elle consomme les espaces collectifs sans les nourrir, prenant pour acquis que d’autres vont s’y coller. Elle perd de vue le dessin global, qui est que nous créons ensemble le monde dans lequel nous sommes amené-e-s à vivre, et qu’il peut être sacrément moche quand les responsabilités sont à sens unique.

      Et comme pour l’instant, dans les milieux les plus conscientisés, l’exploitation des ressources et du travail produits au sud n’est pas une épine dans le pied (même pas merci le billet d’avion et la tablette, c’est un dû), je doute que la prise de conscience soit là...

    • Le truc, c’est justement de limiter le nombre de convives à table, pas de garantir à chacun son rond de serviette, on se retrouve avec @aude_v.
      L’élimination des surnuméraires a déjà commencé, même si cela se voit plus dans le sud que dans le nord : on fait de la simple survie une question d’argent et on retire l’argent. Rien de plus démonstratif que cela.

      Dans le sud, c’est donc l’accès à l’éducation et aux soins de base, ce genre de choses : personne ne veut payer les 2€ qui suffisent à sauver un enfant du palu. Mais la taille de l’économie informelle permet d’absorber le reste... pour l’instant, tant bien que mal, avec un très beau ratio de pertes, ce qui ne va pas être le cas du nord, comme vous avez pu le remarquer.

      Dans nos villes impossible de manger ou de boire et même de chier sans argent. Il n’existe tout simplement plus d’espace démarchandisés, sauf illégaux. Il suffit de voir avec quelle ardeur on pourchasse les clandos et les SDF qui tentent de se bricoler des abris de fortune : circulez, circulez, sans jamais vous reposer. Vous avez la liberté de circuler, pas celle de vous arrêter. Pour nous qui ne faisons que traverser l’espace public à petits pas pressés pour aller d’un lieu privé à un autre, il n’y a là rien à voir, ressentir ou comprendre. Mais trouve-toi sans destination dans nos grandes cités riches...

      Dans les cambrousses, ce n’est pas mieux : il n’existe en fait pratiquement plus d’autres espaces publics que les routes... où il faut circuler. Tout le reste est proprement délimité, grillagé, clôturé... chaque fois que je dois pisser dans un espace rural, c’est la galère : pas un chemin qui ne soit privé, pas un bosquet qui ne planque pas une maison, une exploitation agricole.

      Il n’existe aucun espace démonétisé.
      Ensuite, l’équation est simple : pour les prolétaires, la seule manière d’avoir accès à l’eau, l’abri, la nourriture, les soins, l’énergie, c’est l’argent. Cherchez de l’eau gratuite, vous verrez. La seule manière d’avoir de l’argent, c’est de travailler. Priver les prolétaires de travail et vous tenez entre les mains leur droit à vivre. Coupez les subsides et les surnuméraires devront se battre entre eux pour survivre une journée de plus. Darwin fera le job !

    • C’est marrant :

      Il ne s’agirait donc pas de rentrer dans une course contre les machines - mais d’inventer de nouvelles façons de travailler avec elles et redéfinir les conditions de vie pour les « humains obsolètes ». Et plus encore, d’agir par la loi pour transformer le système en profondeur : repenser en fonction de ce scénario l’éducation, l’entrepreneuriat et la politique fiscale

      comment tourner délibérément autour du grand tabou en l’évitant soigneusement ? Le noeud essentiel ça s’appelle « redistribution des richesses », et nul ne l’évoque. C’est la seule mécanique à laquelle on n’ose pas toucher dans ce monde où tout doit changer tout le temps, le seul archaïsme toujours rutilant..

      Parler de fiscalité y fait allusion, mais la fiscalité sera toujours un cataplasme de #charité si le fonctionnement capitaliste moyenâgeux pourvoyeur de rentes, de privilèges de propriété et de droit à la spéculation prédatrice perdure.. Pour le reste, la technologie, c’est du gadget...

    • J’ai du mal avec la gratuité, pour l’instant j’y vois l’invitation pour les surnuméraires (artistes, scribouillardsEs, précaires) de se mettre à dispo de la collectivité, qui le leur rendra si ça lui chante - et tiens, en fait non.
      C’est la gratuité dont @monolecte parle qu’il faut retrouver, d’usage de biens communs concrets. Je cherche à commander pour @lan02 une chronique sur les chemins ruraux, communaux et vicinaux dont la privatisation interdit ou à peu près de faire autrement qu’en caisse.
      Et l’habitat léger, s’il ne ressort par le droit de chacunE à être connectéE aux réseaux et s’en sort de manière autonome, m’évoque cette liberté qu’on a perdu, notamment avec le droit d’être connectéE.
      http://terreaterre.ww7.be/habitat-mobile-et-ou-ephemere.html
      Enfin, bref, c’est la misère et ça tient pas mal à notre liberté perdue de produire et d’échanger dans un cadre démocratique...

    • Ici, c’est la guerre des chemins : les gens s’approprient par extension les voiries publiques qui jouxtent leur sacro-sainte propriété et sortent la bave aux lèvres dès qu’on fait remarquer qu’il s’agit d’une confiscation de l’espace public. Et ce n’est rien face aux agriculteurs qui ont vite fait de passer un petit coup de charrue pour régler une servitude de passage qui gêne leur remembrement perso.
      Du coup, même randonner en cambrousse devient compliqué. Il faut pratiquement adhérer à une asso qui va négocier avec les riverains et agriculteurs des autorisations de passage à géométrie variable pour des accès qui devraient être publics.

    • Enfin, bref, c’est la misère et ça tient pas mal à notre liberté perdue de produire et d’échanger dans un cadre démocratique...

      @aude_v, tout à fait d’accord. Comme tu dis, il appartient aux gens (aux communautés d’habitants) de définir leurs besoins en terme de production et d’échange. Ce que défend initialement l’écologie politique, il me semble, c’est la liberté des communautés à décider par eux-mêmes, non ?

      J’avais tendance à voir dans l’expression « fin du travail », la « fin du travail esclave » et la nécessité de dépasser l’idéologie actuelle du travail.

    • @koldobika Les trois scénarios de Kempf ont déjà été testé implicitement dans le passé, alors on en connaît le résultat. Le modèle oligarchique a provoqué une destruction de la société par la guerre avec comme résultat une phase où le modèle écologique s’imposait pour faire place au modèle croissanciste une fois cette phase de réorganisation et d’accumulation de capital accomplie.

      La population de la ville de Berlin a augmenté jusqu’à 4,48 millions d’individus en 1942 suivi d’une chute brutale vers 3 millions en 1945/46 pour augmenter à nouveau jusqu’à environ 3,5 millions aujourd’hui.
      On peut se faire une idée de ces phases quand on regarde des photos du Tiergarten, l’immense parc du centre ville.

      Plan du parc de 1833 (la parte de Brandebourg à l’est se trouve en bas au centre)
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/de/1/1e/Tiergarten_1833.jpg

      Panorama estival du Tierparten aujourd’hui
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/eb/Berlin_Siegessaeule_Panorama.jpg

      Le parc transformé en potager après la famine de l’hiver 1945/46
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4c/Bundesarchiv_Bild_183-H0813-0600-009%2C_Berlin-Tiergarten%2C_Gem%C3%BCsebeet_wird_gegossen.jpg
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f1/Bundesarchiv_Bild_183-M1015-314%2C_Berlin%2C_baumloser_Tiergarten.jpg

      Photo aerienne permettant de situer les prises de vue
      http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Berlin_Tiergarten_Siegess%C3%A4ule_Luftansicht.jpg

      Je crois que ça vaut la peine de s’engager pour empêcher ce cycle de trois phases de se répéter.

      #berlin #histoire

    • Comment limiter les prélèvements sur les ressources quand on observe aujourd’hui l’explosion mondiale du marché des tablettes numériques et des smartphones, alors que les entreprises de la « nouvelle économie » - particulièrement les entreprises de la Silicon Valley comme Google - et les opérateurs de téléphonie mobile, attendent 2 milliards d’abonnés à internet supplémentaires provenant des pays émergeants ou pauvres (inde, chine, etc) ?

      https://blog.mozilla.org/garykovacs/2013/02/bringing-the-worlds-next-2-billion-people-online

      Currently, less than a third of the world’s population are connected to the Internet. But two billion more people will come online in the next five years, primarily through mobile devices and in emerging markets. Every one of those two billion individuals has a unique voice, and an open system is necessary to help them find it.

      –-> traduction « Actuellement, moins d’1/3 de la population mondiale est connectée à l’internet. Mais 2 milliards d’habitants supplémentaires vont rejoindre le monde du Web dans les 5 prochaines années, principalement à travers des appareils mobiles et grâce aux nouvelles offres de marché. Chacune de ces personnes parmi ces 2 milliards est une unique voix, et un système ouvert est nécessaire pour les aider à la trouver. »

      Je pense qu’à l’ère numérique, l’accès à internet est un droit fondamental, et que chaque terrien doit pouvoir accéder et contribuer au monde de l’internet, d’une manière ou d’une autre. Internet me semble en effet un facteur important pour la démocratie. Mais dans un marché de 4 milliards de consommateurs connectés à internet - ça fait un peu bétail, mais bon - , je pense qu’il faudrait parvenir à optimiser l’usage de ces appareils, voire si c’est possible partager l’usage de ces appareils.

      #mozilla #firefoxos #sur-consommation

    • Sans compter la « démocratisation » de la voiture, du transport aérien... L’apparition d’une classe moyenne mondiale, c’est le truc qui enthousiaste, alors que c’est sur un modèle dépassé : la classe moyenne des pays riches est en train de se réduire et son mode de vie est insoutenable...
      J’ai passé plus de trois ans de trop dans une revue « écolo » ou on s’extasiait sur des infos comme ça et ça fait plaisir de lire que c’est inquiétant !

    • @aude_v, je pense que tu veux dire que la conscience environnementaliste (avec ses constats alarmistes) et celle qui observe la dégradation toujours plus poussée des conditions de vie ne suffiront pas, s’il n’y a pas de réelle volonté de changements des rapports humains : je pense que c’est pertinent de parler de nécessité de réciprocité dans les rapports humains, comme de parler de droits ET de devoirs. Il me semble que tu parles d’abord d’éthique dans les relations.

    • Et à l’échelle historique j’ai l’impression que ce déploiement d’internet sera une brève parenthèse, un feu de paille, par l’effet combiné de l’obsolescence programmée de ce matériel, de l’épuisement des métaux nécessaires à leur fabrication, et de la dé-démocratisation (d’internet, de la voiture, de l’avion) à mesure que le coût de l’énergie se fera sentir, combinée à un captage de richesses par une minorité.

    • Ce qui était le plus râlant, en fait, c’était que je posais la question dans les termes de @koldobika : on court derrière l’effet-rebond, il n’y a aucune efficacité qui fasse baisser la conso, et c’est des ressources de dingue qui sont utilisées à un rythme qui ne cesse d’augmenter.

      Et au lieu de ça, en s’extasiant devant la révolution Internet on perdait de vue le big picture (pour nous, les écolos, c’était la déplétion des ressources naturelles et les conflits qui s’ensuivent) et on s’engouffrait dans une voie qui n’avait pas besoin de nous pour être promue. Promue en mieux, puisque nos discours étaient vraiment indigents par rapport aux échos que j’entends ici, avec des gens comme @fil ou @rastapopoulos. Notre maître à penser sur Internet, c’était un gars qui avait écrit à la machine (merci le tipp-ex) et faxé son testament intellectuel, « La sortie du capitalisme a déjà commencé ». On y est pile, vous avez dû remarquer.

    • Notre maître à penser sur Internet, c’était un gars qui avait écrit à la machine (merci le tipp-ex) et faxé son testament intellectuel, « La sortie du capitalisme a déjà commencé ». On y est pile, vous avez dû remarquer.

      http://kinoks.org/spip.php?article214

      Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons est la voie royale de la sortie du marché. Elle nous permet de nous demander de quoi nous avons réellement besoin, en quantité et en qualité, et de redéfinir par concertation, compte tenu de l’environnement et des ressources à ménager, la norme du suffisant que l’économie de marché a tout fait pour abolir. L’autoréduction de la consommation, son autolimitation - le self-restraint - et la possibilité de recouvrer le pouvoir sur notre façon de vivre passent par là.

      Il est probable que les meilleurs exemples de pratiques alternatives en rupture avec le capitalisme nous viennent du Sud de la planète, si j’en juge d’après la création au Brésil, dans des favelas mais pas seulement, des « nouvelles coopératives » et des « pontos de cultura ». Claudio Prado, qui dirige le département de la « culture numérique » au ministère de la culture, déclarait récemment : « Le ’job’ est une espèce en voie d’extinction...

    • Pourtant une tout autre voie de sortie s’ébauche. Elle mène à l’extinction du marché et du salariat par l’essor de l’autoproduction, de la mise en commun et de la gratuité. On trouve les explorateurs et éclaireurs de cette voie dans le mouvement des logiciels libres, du réseau libre (freenet), de la culture libre qui, avec la licence CC (creative commons) rend libre (et libre : free signifie, en anglais, à la fois librement accessible et utilisable par tous, et gratuit) de l’ensemble des biens culturels - connaissances, logiciels, textes, musique, films etc. - reproductibles en un nombre illimité de copies pour un coût négligeable. Le pas suivant serait logiquement la production « libre » de toute la vie sociale, en commençant par soustraire au capitalisme certaines branches de produits susceptibles d’être autoproduits localement par des coopératives communales. Ce genre de soustraction à la sphère marchande s’étend pour les biens culturels où elle a été baptisée « out-cooperating », un exemple classique étant Wikipedia qui est en train d’« out-cooperate » l’Encyclopedia Britannica. L’extension de ce modèle aux biens matériels est rendue de plus en plus faisable grâce à la baisse du coût des moyens de production et à la diffusion des savoirs techniques requis pour leur utilisation. La diffusion des compétences informatiques, qui font partie de la « culture du quotidien » sans avoir à être enseignées, est un exemple parmi d’autres. L’invention fabbers, aussi appelés digital fabricators ou factories in a box - il s’agit d’une sorte d’ateliers flexibles transportables et installables n’importe où - ouvre à l’autoproduction locale des possibilités pratiquement illimitées.

      Écrit à la Remington, ça doit faire drôle. Et hop, encore la gratuité et toujours pas la réciprocité, d’autres échanges (immédiats ou non, formels ou non, monétaires ou non, mais gratuité et gratuité ça n’a jamais fait un échange).

    • À propos de biens communs, ce week-end on a revu un couple de nos connaissances qu’on avait pas vu depuis un baille, et dans notre conversation on a parlé d’accès aux terrains mais aussi de leurs voyages en Europe de l’est. Et de mettre les deux en rapports était assez saisissant.

      En fait ces dernières années ils sont allés plusieurs fois vers la Bosnie et le Monténégro avec leur fille, en camionnette retapée. Et là-bas, partout où ils sont allés, les gens n’ont pas de travail ou très peu. Mais ça reste très rural y compris dans les grandes villes. Et les gens ont à peu près tous un toit, un bout de terrain, des légumes, des poules, des cochons. Régulièrement ce couple cherchait un endroit où garer leur véhicule pour dormir sans déranger, mais à chaque fois qu’ils demandaient à quelqu’un pour être poli, ils finissaient toujours par se faire inviter chez les gens, à manger, etc. Et le lendemain ils partaient avec une poche de légumes et de pains alors qu’ils n’avaient rien demandé. Les gens n’ont pas de travail mais ils arrivent à manger et même à offrir des choses aux gens de passage.

      Chez nous, on a encore un peu de travail, on a trois ordis par foyer, mais à moins de faire partie du haut du panier, on a aucun toit à nous, aucun terrain, aucun moyen de se nourrir sans argent et donc sans travail (ou sans voler).

      L’ère post-travail (au sens capitaliste) devra avoir une grande part de ruralité, sinon je ne vois pas comment on peut parler d’émancipation individuelle. Pour pouvoir être socialement progressiste, il ne faut pas être en train de se monter les uns sur les autres pour subvenir à nos besoins de base.

      À nous de travailler (hihi) pour que le fait de revenir en arrière matériellement sur certains points, ne signifie pas revenir à l’ensemble d’une époque passée avec ses mauvais côtés sociaux inégalitaires. L’Histoire (et donc y compris l’histoire des conditions matérielles d’existence) n’est pas linéaire.

    • Illich décrit les vies développées comme des vies avec des coûts d’accès très élevés. Pas de caisse ? Dommage, parce que tu n’as plus les moyens d’aller à pied. Le TGV, c’est la fin des billets de train à un prix décent. Le meilleur pour touTEs ceusses qui peuvent se le payer. Et plus rien à côté.

    • Des fois je me dis que ça devrait pas être difficile de vivre bien. Si les terrains n’étaient pas à des prix prohibitifs, il y aurait moyen de se construire des habitats pour pas cher, et de produire une grosse partie de sa nourriture (ou en tout cas la partie qui coûte cher car gourmande en main d’œuvre) assez facilement. On y ajoute une énergie de chauffage performante (chaleur de décomposition, biogaz, poêles de masse qui prennent des brindilles), et finalement on a une base d’existence sécurisée. Après manque plus que de se mettre d’accord pour gérer le reste de manière sympa. Y aura moins d’entertainment , de gadgets, d’électricité, mais je pense que ça peut être une broutille pour la qualité de vie par rapport à des rues, places, etc aménagées pour que les gens y passent des moments agréables, à jouer au ballon, aux échecs ou aux dominos, à l’ombre des arbres, sans avoir peur qu’une voiture percute ses gosses.

      C’est mon utopie naïve à moi :)

    • L’ère post-travail (au sens capitaliste) devra avoir une grande part de ruralité, sinon je ne vois pas comment on peut parler d’émancipation individuelle. Pour pouvoir être socialement progressiste, il ne faut pas être en train de se monter les uns sur les autres pour subvenir à nos besoins de base.


      #démocratie #délibération #liberté
      Economie basée sur l’identification des besoins des habitants
      L’économie au service des habitants



  • Comment la prostitution survivra à l’avènement des sexbots
    http://www.vice.com/fr/read/comment-la-prostitution-survivra-a-l-avenement-des-sexbots

    L’hypothèse de résilience consiste à dire que la prostitution est peut-être l’un des seuls secteurs du travail humain qui peut résister au chômage technologique. Je ne dis pas que les sexbots ne seront pas utilisés, mais ils ne remplaceront pas les prostituées humaines.
    [...]
    Je défends l’hypothèse de la résilience pour deux raisons dans mon étude. La première, c’est qu’il y aura toujours une préférence pour les rapports sexuels humains. Si on leur donnait le choix, la plupart des humains préfèreraient avoir des rapports sexuels avec un autre humain qu’avec un robot. La deuxième raison est que le chômage technologique dans d’autres secteurs pourrait faire augmenter le nombre de personnes travaillant dans l’industrie du sexe, ce qui leur permettrait ainsi de supplanter les robots.

    C’est déprimant car présenté ainsi, ça semble inéluctable...

    #Emploi #Humain #Humanoïde #Paupérisation #Prostitution #Robotique #Robotisation #Sexe


  • Pourquoi il faut interdire « killer robots » - Ytring

    http://www.nrk.no/ytring/hvorfor-forby-_killer-robots_-1.11712956

    Un papier d’analyse en norsk qui présente la réunion de genève (13 au 16 mai) où des experts se réuniront pour discuter de cette question

    Killer robots – hvorfor ønsker man et forbud ?

    http://gfx.nrk.no//_UbIWR3L6MWFmAyOssHwyQ_fSETyDvNTfCc4elPHcVdQ.jpg

    Autonome, militære roboter krever verken lønn eller pensjon, og en ødelagt robot etterlater ikke sørgende pårørende. Det er fordelene. Så har vi ulempene og utfordringene.

    cc @fil


  • The Looming #Robotics Gap
    http://www.foreignpolicy.com/articles/2014/05/05/the_looming_robotics_gap_us_military_technology_dominance
    http://www.foreignpolicy.com/files/imagecache/860x/images/radio_illo_sw_v3.jpg

    #Google did not purchase the maker of the WildCat to penetrate the military world, but rather to expand into what it thinks will be the even more lucrative commercial robotics market. Even in areas such as agriculture, the demand for robotics is growing, with a report by WinterGreen Research suggesting that the market will reach $16.3 billion by 2020.

    The issue is that there is no clear line between commercial and military developments in robotics. Just as with electronics and communications, many technological advances in robotics will be usable in both worlds. For example, the commercial sector is leading the way in developing automated driving technology, and the software that governs a self-driving car might well facilitate the design of a remotely driven tank. As off-the-shelf robotics become increasingly advanced, it will become easier for foreign militaries to close the gap in capabilities with the United States.

    #silicon_army #robotisation via @reka


  • Blog de Paul Jorion » L’économie pour les neuneus : Chapitre 2 : La compétitivité, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=64671
    http://0.gravatar.com/avatar/e9d73a7b825d826716e5a25df85c1c8a?s=92&d=identicon&r=G

    On rabâche aujourd’hui qu’il faut être plus compétitif. Pour cela, il faut offrir de meilleurs produits et de meilleurs services pour moins cher afin de pouvoir les exporter. Or pour la plupart des entreprises, leur marché est de fait national et leur périmètre est constant, de même que leurs moyens : il n’existe pas de « nouveau marché » et la dépense possible pour les clients est elle aussi constante : la part des moyens dont disposent les ménages pour tel ou tel besoin demeure constante. Ce qui fait qu’une entreprise plus compétitive ne fait qu’en remplacer une autre qui l’est devenue moins et on ne crée à l’arrivée aucun emploi, on en détruit au contraire puisqu’on aura remplacé tant de personnes par moins de personnes, pour effectuer la même opération de manière optimisée.

    Le souhait serait bien sûr que ces entreprises (après avoir supprimé beaucoup d’emplois au niveau national) finissent par en créer dans un élan irrépressible d’exportation. C’est nier l’évidence que même une entreprise nationale qui exporte à l’étranger fait travailler aussi des personnes dans ces autres pays, il s’agit même d’une contrepartie exigée par ceux-ci dans pratiquement tous les cas. Donc non seulement on utilise moins de main-d’oeuvre dans le pays de départ mais aussi dans les pays clients où là aussi on remplace pour le même marché un nombre X de personnes par un autre nombre Y moins élevé.

    La notion de « nouveau marché » n’existe que par rapport à une entreprise donnée, mais en fait son « nouveau marché » est le plus souvent celui qui était auparavant celui de sa voisine ou, si ce n’est pas le cas, comme pour un nouveau produit technologique, elle ira raboter les moyens dont disposent les clients potentiels sur les autres marchés, puisque ceux-ci n’ont pas accès globalement à davantage de moyens.....

    #économie
    #compétitivité
    #productivité
    #robotisation
    #Paul-Jorion


  • hypathie - Blog féministe et anti-spéciste : La dévolution du monde aux machines a commencé
    http://hypathie.blogspot.fr/2014/05/la-devolution-du-monde-aux-machines.html

    Les abeilles disparaissent sous les effets conjugués de leur surexploitation, de l’appauvrissement de la biodiversité agricole (monoculture), et bien sûr, des phytosanitaires (pesticides) destinés à préserver nos récoltes de divers parasites. Mais la technologie a la réponse à la disparition de ces indispensables pollinisatrices : des abeilles robots (Robot Bees) sont en développement dans les labos d’électronique. Capteurs d’énergie solaire pour les faire voler, et puces électronique pour les faire mimer le comportement des vraies abeilles, il ne reste plus qu’à les lâcher dans les champs ! Le tour est joué et la pollinisation reprend. Produites à échelle industrielle, elles peuvent même coûter moins cher que les soins aux vraies abeilles. Les robot Bees sont indestructibles, au moins jusqu’à l’usure de leurs matériaux -qui pollueront ensuite les sols.



  • The Guardian launches small-run newspaper in U.S. — and it’s machine-curated | VentureBeat | Media | by Hanqing Chen
    http://venturebeat.com/2014/04/15/the-guardian-launches-small-run-newspaper-in-u-s-and-its-machine-curate

    The Guardian is bringing automated content-curation to U.S. newsstands using some tried and true technology: the print newspaper.

    #presse #curation #robotisation (bon c’est un peu triché le curateur ne fait que sélectionner les articles du guardian les plus “buzzés” — on reste loin du demand media)



  • Toyota est en train de devenir plus efficace... en remplaçant les robots par des humains - Quartz
    http://qz.com/196200/toyota-is-becoming-more-efficient-by-replacing-robots-with-humans

    Les constructeurs automobiles ont été les premiers adeptes de l’automatisation. Le Japon est le second pays (derrière la Corée du Sud) en terme d’équipement en robots industriels. Mais cela n’a pas empêché Toyota de revenir en arrière, en créant des lignes de productions manuelles. Pour Toyota, l’automatisation fait disparaître la qualification des employés. Si les robots savent faire rapidement des choses à faible coût, les hommes apportent une compréhension des processus de conception, de la cohérence et de la qualité. Pour Toyota, la course à la réduction des hommes abouti au développement de procédés moins efficaces. Seuls des employés au fait des processus pourront permettre d’améliorer les machines. Tags : fing internetactu (...)

    #robot #économie #production #refaire #industrie


  • Automating Layouts Bring Flipboard’s Magazine Style To Web And Windows | TechCrunch
    http://techcrunch.com/2014/03/23/layout-in-flipboard-for-web-and-windows

    les secrets de la #mise_en_pages automatique de #Flipboard

    http://tctechcrunch2011.files.wordpress.com/2014/03/duplo-candidates.jpg

    Duplo is a new layout engine that (...) uses a modular block and grid system to quickly fit content into thousands of page layouts in all sizes.

    (...) A designer creates a set of layouts. From this set, Pages selects the layout that best fits the desired content.

    (...) Duplo looks at anywhere between 2,000 to 6,000 candidates, searching for the best layout to fit the content.

    http://tctechcrunch2011.files.wordpress.com/2014/03/page-flow1.png
    (ça c’est l’image que j’ai pas comprite)

    #automatisation #robotisation #presse

    • Intéressant, mais l’article est pas clair.

      Duplo computes the best pairings of content with slots by optimizing a fitness function built on dozens of individually weighted heuristics. Some of these heuristics are page flow, the amount of text to fill the given frame, content coherence across window resizes, and image feature detection, aspect ratio, scale and crop

      #generative_design

    • j’aime bien l’idée, en tout cas ; d’autant qu’on a fait ici ou là des essais avec #SPIP (comme @arno avec ses couleurs extraites des images, ou @rezo qui a son algo pour « équilibrer » sa page d’accueil)… mais rien de cette ampleur

    • L’image du bas, pour l’instant je la comprends comme une représentation des algorithmes qui régulent l’apparition « plutôt de ceci », « plutôt de cela », suivant 3 grands axes à la fois.

      Par exemple pour la courbe violette, cela voudrait dire qu’à peu près toutes les 7 pages, il n’y a qu’un seul contenu en pleine page, puis la densité augmente, puis rebaisse, etc. Même principe pour les deux autres courbes.

    • Sans JavaScript point de salut - je ne vois que dalle de leur page de démonstration Duplo . Graceful degradation c’est du jamais entendu. Mais c’est bôooo ! Quand je consulte l’autre _#FlipZone_ avec ma config NoScript à la parano, j’ai un bel aperçu des pages et quelques éléments de navigation fonctionnent. L’automatisme a bien de limites.

    • Ouais, j’aimerais bien bosser sur un truc comme ça ^^

      Par contre, il doit y avoir un sacré boulot pour régler les poids des contraintes (les poids de la fonction de « fitness »). Enfin, je verrais plutôt ça server-side que client-side (mais je me trompe peut être, l’article est pas clair sur ce point).

      L’automatisme a bien de limites.

      Oui, ça fait quand même assez froid et mécanique, à force, et ça marche pas toujours très bien (certaines couv’ sur flipboard ne fonctionnent pas du tout avec les images utilisées).


  • #Drones will cause an upheaval of society like we haven’t seen in 700 years - Quartz
    http://qz.com/185945/drones-are-about-to-upheave-society-in-a-way-we-havent-seen-in-700-years

    The day that robot armies become more cost-effective than human infantry is the day when People Power becomes obsolete. With robot armies, the few will be able to do whatever they want to the many. And unlike the tyrannies of Stalin and Mao, robot-enforced tyranny will be robust to shifts in popular opinion. The rabble may think whatever they please, but the Robot Lords will have the guns.

    Forever.

    Where this scenario really gets scary is when it combines with economic #inequality.

    #robotisation #guerre #it_has_begun


  • Squarepusher Explores ‘Emotional Machine Music’ With 78-Fingered Robot Guitarist | Singularity Hub
    http://singularityhub.com/2014/03/01/squarepusher-explores-emotional-machine-music-with-78-fingered-robot
    http://www.youtube.com/watch?v=VkUq4sO4LQM

    Squarepusher, a popular electronic musician out of the UK, composed the piece in collaboration with Japan’s party robot band, Z-Machines. The band boasts a 78-fingered guitarist rocking out with 12 picks and a dreadlocked robot drummer.

    The song is called “Sad #Robot Goes Funny.”

    #guitare #robotisation #musique

    • Enorme... Merci.
      Squarepusher est juste un peu plus qu’un « popular electronic musician » (ça serait comme de résumer Zappa à un célèbre musicien moustachu).
      Il expérimente depuis longtemps autour du jazzrock, avec ses envolées d’impros de basse/clavier articulées sur des constructions électroniques ultra séquencées.


  • Foxconn’s Pivot to America: Reverse Outsourcing With Robots | Singularity Hub
    http://singularityhub.com/2014/02/23/foxconns-pivot-to-america-reverse-outsourcing-with-robots

    A little over a year ago, Foxconn, the notorious Taiwanese manufacturer of Apple’s iPhone, said they would replace a million Chinese workers with robots. Now, the firm says they plan to transfer capital-intensive and high-tech manufacturing to the US.

    The two announcements are closely related. Just as cheap labor and competitive firms like Foxconn lured US electronics companies to outsource manufacturing to Asia—new generations of advanced robots may be set to bring it back.

    (...) Some foresee a time in the not too distant future when robots doing everything will cause mass unemployment and inequality. Right or wrong—and a heavy burden of proof is on the hypothesizers—the resurgence of that line of thinking, at the least, signals huge technological advancement and upheaval is afoot.

    #robotisation #chine



  • Nous sommes au bout du modèle fordiste, il faut passer à un modèle contributif - Without Model
    http://www.withoutmodel.com/bernard-stiegler/nous-sommes-au-bout-du-modele-fordiste-il-faut-passer-a-un-modele-cont

    Pour Bernard Stiegler : "On entre dans un nouveau stade de l’automatisation, de nature différente du précédent. C’est la poursuite de ce qui a commencé il y a 200 ans, mais l’automatisation change de régime. Dans beaucoup de secteurs, la main d’œuvre n’est plus nécessaire, ou sera superflue à très court terme. Amazon a annoncé récemment travailler dans cette direction, l’élimination de tous les emplois et leur remplacement par des machines.

    Actuellement, les éléments sont réunis pour que l’automatisation passe à un nouveau stade, seuls les coûts des robots limitent sa progression. On peut penser que lorsque des acteurs comme Amazon annoncent s’y attaquer, l’écosystème industriel va se mobiliser pour produire les économies d’échelles qui rendront les robots moins coûteux que les hommes. Quand cela arrivera, le (...)

    #automatisation #travail&tic #digiwork #robotisation #économie


  • Google chief warns of IT threat - FT.com 23/01/14
    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/206bb2e2-847f-11e3-b72e-00144feab7de.html

    “The race is between computers and people and the people need to win,” he said. “I am clearly on that side. In this fight, it is very important that we find the things that humans are really good at.”

    Mr Schmidt’s comments follow warnings from some economists that the spread of information technology is starting to have a deeper impact than previous periods of technological change and may have a permanent impact on employment levels.

    Cf. le long seen d’@ari http://seenthis.net/messages/220380

    Mr Schmidt said governments had to encourage rapidly growing “gazelle” companies to counter such trends and create new jobs. He cited shale gas fracking in the US, a technology developed mainly by smaller companies that had created an employment boom.

    “There is quite a bit of research that middle class jobs that are relatively highly skilled are being automated out,” he said. The auto industry was an example of robots being able to produce higher quality products, he added.

    New technologies were creating “lots of part-time work and growth in caring and creative industries . . . [but] the problem is that the middle class jobs are being replaced by service jobs,” the #Google chairman said.

    #robotisation #travail


  • The Rich and Their Robots Are About to Make Half the World’s Jobs Disappear
    http://motherboard.vice.com/blog/the-rich-and-their-robots-are-about-to-make-half-the-worlds-jobs-d

    Le Monde nous apprenait hier que le nombre de chômeurs ne cessait d’augmenter au niveau mondial, 202 millions aujourd’hui, 218 en 2018.
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/20/le-nombre-de-chomeurs-dans-le-monde-continue-d-augmenter_4351299_3234.html
    Mais il semblerait que ce ne soit que le début d’une catastrophe à venir : 47% des emplois pourraient être détruits par la robotisation d’après cet article de Vice.

    Two hugely important statistics concerning the future of employment as we know it made waves recently:

    1. 85 people alone command as much wealth as the poorest half of the world.

    2. 47 percent of the world’s currently existing jobs are likely to be automated over the next two decades.

    Combined, those two stats portend a quickly-exacerbating dystopia. As more and more automated machinery (robots, if you like) are brought in to generate efficiency gains for companies, more and more jobs will be displaced, and more and more income will accumulate higher up the corporate ladder. The inequality gulf will widen as jobs grow permanently scarce—there are only so many service sector jobs to replace manufacturing ones as it is—and the latest wave of automation will hijack not just factory workers but accountants, telemarketers, and real estate agents.

    That’s according to a 2013 Oxford study, which was highlighted in this week’s Economist cover story. That study attempted to tally up the number of jobs that were susceptible to automization, and, surprise, a huge number were. Creative and skilled jobs done by humans were the most secure—think pastors, editors, and dentists—but just about any rote task at all is now up for automation. Machinists, typists, even retail jobs, are predicted to disappear.

    And, as is historically the case, the capitalists eat the benefits.

    Les chiffres sont en fait issus d’un édito de The Economist :
    http://www.economist.com/news/leaders/21594298-effect-todays-technology-tomorrows-jobs-will-be-immenseand-no-co

    Le journal est si peu susceptible d’être critique de la technologie, ils sont si étonnés par leur propre audace, qu’ils prennent des précautions oratoires en début d’article :

    For those, including this newspaper, who believe that technological progress has made the world a better place, such churn is a natural part of rising prosperity. Although innovation kills some jobs, it creates new and better ones, as a more productive society becomes richer and its wealthier inhabitants demand more goods and services. A hundred years ago one in three American workers was employed on a farm. Today less than 2% of them produce far more food. The millions freed from the land were not consigned to joblessness, but found better-paid work as the economy grew more sophisticated. Today the pool of secretaries has shrunk, but there are ever more computer programmers and web designers.

    Pour passer de 33 % à 2% d’employés dans le secteur agroalimentaire, ça aura coûté une catastrophe écologique et humaine, mais passons.

    En fait, The Economist est terrifié par les perspectives sociales d’une telle évolution :

    If this analysis is halfway correct, the social effects will be huge. Many of the jobs most at risk are lower down the ladder (logistics, haulage), whereas the skills that are least vulnerable to automation (creativity, managerial expertise) tend to be higher up, so median wages are likely to remain stagnant for some time and income gaps are likely to widen.

    Anger about rising inequality is bound to grow, but politicians will find it hard to address the problem.

    Et de conclure sur une mise en garde :

    Innovation has brought great benefits to humanity. Nobody in their right mind would want to return to the world of handloom weavers. But the benefits of technological progress are unevenly distributed (…). Today’s governments would do well to start making the changes needed before their people get angry.

    http://cdn.static-economist.com/sites/default/files/imagecache/print-cover-full/print-covers/20140118_cna400.jpg

    Pas sûr que les changements mis en place par les gouvernants soient alors fondamentalement démocratique étant donnés les moyens de contrôle que permettent aujourd’hui le numérique (cf. http://seenthis.net/messages/219551 )

    • On pourrait peut-être aussi se souvenir que les principes de l’automation ont donné lieu à des procédés qui sont restés à l’état de prototypes (par ex. en matière de construction des bagneules durant les 50’) tant que l’insubordination ouvrière et le refus du travail n’ont pas contraints les capitalistes à les utiliser en série , se souvenir, même si aujourd’hui cela parait contre intuitif, du vieux dicton : "là où il y’a la grève arrive la machine."

      #RTT #emplois_nuisibles #commandement_capitaliste

    • Il y a une donnée de plus que les riches ne perdent certainement jamais de vue : si tout le monde avait leur niveau de vie, il nous faudrait 10 planètes pour satisfaire les besoins. Autrement dit, les riches sont d’autant plus cruellement concernés par le mur écologique qu’ils sont en première ligne.

      Il y a deux façon de régler le problème :
      – répartir les ressources plus équitablement
      – réduire le nombre de convives autour de la table

      Autant la première solution signifierait que ceux qui auraient le plus à perdre seraient forcément les riches, autant la seconde nécessite de quantifier précisément les surnuméraires, c’est à dire la quantité de population humaine dont les riches n’ont absolument pas besoin pour perpétuer le système outrageusement à leur service.

      La robotisation a cela de merveilleux qu’elle permet de continuer à produire les biens et services dont ont besoin les riches tout en diminuant drastiquement le nombre d’humains nécessaires pour continuer à produire ; ce qui augmente d’autant la quantité de ressources disponibles pour les dominants.

      Ensuite, comment régler le problème des #surnuméraires ?
      Rien de plus facile : tu marchandises toutes les ressources vitales, puis tu diminues la quantité de monnaie disponible pour les acquérir. Par contre, tu penses à ne pas négliger la sécurité.

    • @monolecte, je ne sais pas si les "surnuméraires" (notion promue par un Robert Castel devenu irénique, voir son La « guerre à la pauvreté » aux États-Unis : le statut de l’indigence dans une société d’abondance , Robert #Castel, de 1978, avant son recentrage républicain,
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4243 )sont inutiles…

      Ainsi la régression du "pouvoir d’achat" du RSA, par exemple, ne signifie pas seulement que l’on ne compte pas sur ces pauvres pour faire tourner l’économie en consommant, ni même seulement que l’on appauvrit ces pauvres pour leur faire accepter les bads jobs dans le cadre d’un plein emploi précaire. La majorité (relative) des chômeurs indemnisés est désormais constituée de 40% de "chômeurs en activité à temps réduit" ; idem, les "RSAstes" sont fort nombreux à occuper un ou des emplois durant l’année… De plus, on ne peut sérieusement mesurer l’activité ou l’utilité au seul critère de l’emploi (une formalisation du travail qui n’en contient pas toutes les modalités, bien loin de là).
      Cet appauvrissement me semble aussi avoir pour fonction de fabriquer une figure lisible, évidente, incontestable, de cette déchéance sociale dont nous devons tous nous sentir menacés (ni travail, ni famille, ni patrie, cela doit faire peur). On a vu ces dernières années par exemple de nombreux "sondages" destinés à montrer que de larges fractions de la population craignaient d’avoir à survivre à la rue, vivaient avec la peur plus ou moins forte d’être soumis à un devenir SDF. On est là dans un domaine "symbolique", et pas au sens d’un hochet-repoussoir imaginaire et sans portée, mais bien dans l’affirmation d’un ordre symbolique, de la loi de cette "société de travail" (comme disait Jospin contre les mouvements de chômeurs en 1997/98, cf http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5374), c’est-à-dire de cette société gouvernée par l’argent car fondée sur l’exploitation pour le profit.

      Comme dit la chanson, la meilleure des polices ne porte pas d’uniforme… Autant il me parait erroné d’appliquer ad vitam eternam la notion d’"armée industrielle de réserve" à l’analyse du travail et du monde social (…), autant il semblerait judicieux de chercher comment, dans le péplum aux figurants innombrables de la domination capitaliste, des images (de mort sociale) ont a être incarnées afin d’être en mesure de gouverner par la peur, d’affecter de part en part l’intime et par là d’obérer toute possibilité de communauté qui ne soit pas régie par cette peur.

      L’autre point que tu soulèves, je le résumerais en disant qu’il existe une disproportion radicale des "empreintes écologiques" des riches et des pauvres (cette disproportion quantitative dit fort bien que l’inégalité qualifie décisivement ce monde ) a fait sur seenthis l’objet de nombreux échanges ces derniers temps, échanges placés sous le signe du refus du #moralisme_écolo.
      Que des bourges (déclassés, ont précisé certains) coupables d’avoir de générations en générations détruit massivement des ressources (la vie de ceux qui ont produit pour eux, des matières premières, des biens communs) veuillent expier les comportements prédateurs de leurs ancêtres les plus directs et viennent aujourd’hui expliquer aux pauvres qu’il faudrait être raisonnable avec la planète - et pourquoi pas quitter les achèlèmes et les pavs où nombre d’entre eux ont été parqués avec un chauffage électrique destiné à faire marcher et légitimer et la gabegie et le nucléaire (Guattari et Deleuze formulent, dès 1973, la notion d’ antiproduction capitaliste , cessons de trasher toute "boite à outils" !), me parait abject.

      Faire de la #morale, c’est fabriquer du surmoi collectif, et ici c’est celui bien bourgeois de la "responsabilité individuelle". Un sadisme social qui fait l’économie du collectif pour congédier plus encore cette dimension, quitte pour certains à prôner la small collectivité (plutôt que ou en même temps que la "culture de l’entreprise"), celle qui jamais n’aurait à se battre contre l’ordre social, juste à être "supérieure" (plus efficace, plus désirable) à d’autres "formes de vie" ; mais ça marche pas, pas du tout, ainsi qui a cru fuir le monde du capital dans une yourte, ou se mettre à l’abri de la concurrence pour l’emploi et du contrôle avec un pauvre RSA finit par être confronté, après le ressentiment du voisin, aux préfets, aux présidents de conseils généraux, aux agents de contrôle.

      Plutôt que de verser dans la culpabilisation de ces "pauvres aliénés", on peut préférer imaginer encore un mouvement de désaliénation. Qui croit à la vertu d’un conflit qui s’enfermerait pas dans l’intériorisation sait user, cherche à user, de quelques points de repères parmi tous ceux qu’une longue histoire DE LUTTE a fourni. Marcher sur la tête des rois, guerre aux châteaux, paix aux chaumières, a-t-il par exemple été dit. On ne trahira ces restes sublimes que pour essayer de les traduire, d’expérimenter leur actualisation. Sinon, c’est déconner.