• Le groupe Editis suspend la parution d’un livre de Guillaume Meurice juste avant sa sortie
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/13/le-groupe-editis-suspend-la-parution-d-un-livre-de-guillaume-meurice-juste-a


    #cancel_culture

    Le dictionnaire devait sortir le 29 septembre aux Ă©ditions Le Robert (propriĂ©tĂ© du groupe Editis). Un dictionnaire de blagues, coĂ©crit par Guillaume Meurice, chroniqueur de l’émission « C’est encore nous » sur France Inter, et Nathalie Gendrot, metteuse en scĂšne et auteure rĂ©guliĂšre de la maison. Le fin mot de l’histoire de France en 200 expressions, devait ĂȘtre un livre rigolo. Est-ce qu’il n’a pas fait rire Vincent BollorĂ©, premier actionnaire de Vivendi, maison mĂšre d’Editis, le groupe d’édition chargĂ© de publier l’ouvrage ? MichĂšle Benbunan, sa directrice gĂ©nĂ©rale a en tout cas prĂ©fĂ©rĂ© purement et simplement faire suspendre ce livre.

    Mais non, il ne se comporte pas du tout comme un foutu dictateur, l’intĂ©griste chrĂ©tien


    • Explication officielle : « sept passages » du livre seraient « susceptibles de donner lieu Ă  contentieux », a expliquĂ©, mardi 13 septembre au soir, fort ennuyĂ© et visiblement bouleversĂ©, le directeur des Ă©ditions #Le_Robert, Charles Bimbenet, Ă  Guillaume Meurice. Soit l’avant-veille du rendez-vous fixĂ© aux auteurs pour venir signer leur ouvrage, qui s’inscrivait dans une collection Ă  laquelle ont participĂ© des auteurs prestigieux comme le linguiste Alain Rey (200 drĂŽles de mots qui ont changĂ© nos vies depuis 50 ans, ouvrage publiĂ© en 2017).

      « Pas de caviardage »

      L’éditeur avait pourtant sollicitĂ© lui-mĂȘme les auteurs il y a un an et le fameux dictionnaire avait Ă©tĂ© lu, relu, annotĂ©. « Tout roule dĂ©sormais selon la direction juridique sauf deux expressions : Louboutin et #BollorĂ© », finit par expliquer M. Bimbenet Ă  Guillaume Meurice dĂ©but aoĂ»t. Le premier passage litigieux concernait Vincent BollorĂ©, citĂ© dans la dĂ©finition de « Faire long feu : Expression remplacĂ©e aujourd’hui par : rĂ©vĂ©ler sur Canal+ les malversations de Vincent BollorĂ© ». L’autre entrĂ©e du dictionnaire posant problĂšme concernait l’expression « Etre talon rouge : Aujourd’hui, les Louboutin jouent le mĂȘme rĂŽle : bien montrer aux autres qu’on est capable de porter un smic Ă  chaque pied ».

      « Pas de caviardage, rĂ©pond en riant le chroniqueur de France Inter, sinon je fais une vidĂ©o pour dire ce qui vous attend quand on Ă©crit un livre chez BollorĂ© ! » A la limite, il veut bien entendre que #Louboutin soit une marque trĂšs procĂ©duriĂšre, comme on le lui explique – il ignore sans doute encore aujourd’hui que ces chaussures de luxe sont le pĂ©chĂ© mignon de MichĂšle Benbunan. Mais le passage sur BollorĂ©, non, pas question ! Charles Bimbinet prend note et le rassure : « Ok. On laisse comme ça. Ça va le faire. »

      Selon la direction de la communication du groupe, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie »
      Ça ne l’a « pas fait ». Ces derniers jours, cinq autres expressions ont brusquement posĂ© problĂšme au service juridique d’#Editis, qui a sollicitĂ© un avocat extĂ©rieur.

      Soudainement incriminĂ©es, les phrases : « De la chair Ă  canon : Exemple : un livreur #Deliveroo dans l’actuelle guerre Ă©conomique. » Ou : « Faire l’école buissonniĂšre : A ne pas confondre avec faire le ministĂšre buissonnier qui est le fait de laisser l’école se dĂ©grader et les profs devenir “influenceur Lexomil” ». Selon la direction de la communication du groupe, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie. En gĂ©nĂ©ral, les auteurs le comprennent et revoient leur copie ».

      Guillaume Meurice avait pourtant prĂ©venu, en aoĂ»t, qu’il ne reviendrait plus sur le texte, et n’a eu connaissance de ces fautes de goĂ»t s’ajoutant Ă  « BollorĂ© » qu’une fois la dĂ©cision de suspendre l’ouvrage adoptĂ©e. En fin de semaine derniĂšre, MichĂšle Benbunan avait fait stopper la fabrication, chez l’imprimeur, des blagues de Guillaume Meurice et Nathalie Gendrot.

      si on se débrouille bien, Le Robert finira par consonner avec le Larousse des années 50
      #Ă©dition #Editis #humour #capitalisme #culture #tabous

    • Il semble assez Ă©vident que les nouveaux Ă©lĂ©ments « problĂ©matiques » sont ajoutĂ©s pour noyer le poisson, mais j’aurais tendance Ă  croire que mĂȘme les deux premiers passages n’ont pas non plus de risques juridiques : c’est un livre d’humour, et ça limite forcĂ©ment les risques d’ĂȘtre condamnĂ© pour injure ou diffamation.

      Surtout : Meurice et la bande de France Inter sont clairement le centre de focalisation de la dĂ©testation de la part de la droite dans ses fantasmes de culture war. Pas besoin de se cacher derriĂšre des arguties juridiques et des expertises de cabinets d’avocats : pour eux simplement Meurice ne devrait pas ĂȘtre payĂ© par leurs impĂŽts pour se foutre de leur gueule et monter en Ă©pingle leur connerie et leur mĂ©pris de classe tous les jours sur la radio publique (et donc Ă©videmment pas publiĂ© dans une maison d’édition qui leur appartient).

    • Je pense vraiment que ces histoires de risque juridique, c’est juste un alibi pour ne pas avoir Ă  reconnaĂźtre platement qu’on vient de censurer un bouquin pour ne pas dĂ©plaire au patron.

      Le monde qui relate ça, d’ailleurs, c’est trop mignon : les gens qui ont dĂ©publiĂ© une chronique pour ne pas dĂ©plaire Ă  Macron (quoi, y’avait un risque juridique aussi ?).

    • BollorĂ© manquerait-il d’humour ? Certaines blagues de l’ouvrage co-Ă©crit par Guillaume Meurice ne lui ont pas plu du tout. Mais alors pas du tout. VoilĂ  l’explication officielle : « sept passages » du livre seraient « susceptibles de donner lieu Ă  contentieux », a expliquĂ© le directeur des Ă©ditions Le Robert Ă  Guillaume Meurice, selon Le Monde. DĂ©but aoĂ»t, un passage citant BollorĂ© posait dĂ©jĂ  problĂšme : « Faire long feu : Expression remplacĂ©e aujourd’hui par : rĂ©vĂ©ler sur Canal+ les malversations de Vincent BollorĂ© ».

      Puis, d’autres extraits ont Ă©tĂ© vivement critiquĂ©s par le service juridique d’Éditis. Par exemple : « Faire l’école buissonniĂšre : À ne pas confondre avec faire le ministĂšre buissonnier qui est le fait de laisser l’école se dĂ©grader et les profs devenir “influenceur Lexomil.” » Un clin d’Ɠil au ministre de l’Éducation Pap Ndiaye, et Ă  une École publique que la macronie laisse se dĂ©grader Ă  petit feu. Selon la direction de la communication d’Éditis, ces nouveaux passages sont susceptibles de tomber sous le coup « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie. » La libertĂ© d’expression s’arrĂȘte lĂ  oĂč commence la critique des ministres en place et l’égo de BollorĂ© ?

      ▻https://linsoumission.fr/2022/09/14/guillaume-meurice-censure-bolllore

    • Marc : l’un n’empĂȘche pas l’autre.

      Encore rĂ©cemment quelques rĂ©flexions ici :
      ▻https://seenthis.net/messages/968308#message968353

      Ou bien on est arrivĂ©s au stade oĂč il faut dĂ©fendre la « pluralitĂ© » de LĂ©a SalamĂ© parce que sinon c’est Christine Kelly ? La position gauche en est rĂ©duite Ă  rĂ©clamer qu’on socialise les revenus de LĂ©a SalamĂ© et d’Alain Finkelkraut, au motif que sinon c’est CNews ?

      ▻https://seenthis.net/messages/968308#message968435

      Je n’ai jamais payĂ© de redevance, refusant de financer ce trĂšs trĂšs mauvais « service public » qui a globalement toujours servi le pouvoir (et je ne l’écoute et regarde quasiment jamais), voilĂ  que la taxe va revenir par une autre porte...

      Et l’ensemble du fil Ă©tait par ailleurs consacrĂ© Ă  une de tes autres marottes : qui c’est qui paie pour un service public prĂ©sentĂ© comme « gratuit ».