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« Mettre le vieux monde en pleine lumière, travailler positivement à la formation du nouveau » [Marx] ... et « expliquer patiemment » [Lénine]

  • Les émissions mondiales de CO2 sont de retour à leur niveau pré-COVID
    https://sciencepost.fr/emissions-co2-retour-niveau-pre-covid

    Global Emissions Rebound to Pre-COVID Levels - Scientific American
    https://www.scientificamerican.com/article/global-emissions-rebound-to-pre-covid-levels

    Like millions of people around the world, we’re watching the Glasgow climate change conference carefully. Pledges to end deforestation could reduce five or more billion tons of carbon dioxide pollution a year, while preserving global biodiversity. Additionally, at Glasgow, more than 40 countries have pledged to phase out coal use. Notable countries missing from the list include China, India, Australia and the United States.

  • Devoir conjugal : la sexualité dans le couple est-elle oppressive pour les femmes ?

    Comme je l’ai signalé dans un précédent article (1), le couple est, pour les femmes, le lieu par excellence de relations sexuelles consenties mais non-désirées. D’après les recherches du sociologue (non-féministe) Jean-Claude Kaufmann (2) que je cite dans cet article, pratiquement toutes les femmes en couple ont dû consentir à des relations sexuelles non désirées, occasionnellement ou régulièrement. C’est une pratique qui est inhérente à l’institution du couple hétérosexuel (mariage ou concubinage), et indispensable à son existence même. Elle est humiliante et dégradante pour les femmes, et en tant qu’elle les nie comme sujets sexuels et fait obstacle à une sexualité féminine qui soit l’expression d’un désir autodéterminé, elle les confine à une sexualité de service où leur « agency » se borne à satisfaire les demandes masculines.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/12/devoir-conjugal-la-sexualite-dans-le-couple-est-elle-op

    #féminisme

    • Je pense qu’il y a effectivement pas mal de femmes qui « consentent sans en avoir envie », mais est-ce que cela ne devient pas un peu moins vrai chez les jeunes femmes ?
      Parmi les couples de jeunes que je vois autour de moi, je vois beaucoup plus de fonctionnement égalitaire qu’à la génération précédente.

      Ce serait intéressant de savoir si ce phénomène existe au sein des couples homosexuels (masculins ou féminins).
      Savent-ils mieux gérer le désir/non désir de l’autre quand il n’y a pas synchronisation ?

  • #Nucléaire : un cadre de la centrale du Tricastin dénonce une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/12/nucleaire-un-cadre-de-la-centrale-du-tricastin-denonce-une-politique-de-diss
    #criirad

    L’accusation n’émane ni d’une organisation #antinucléaire ni d’une association de défense de l’#environnement. Pour la première fois, c’est un cadre d’EDF, ancien membre de la direction d’une centrale nucléaire française, celle du Tricastin (Drôme), qui a décidé de briser le silence et de saisir la justice pour dénoncer ce qui, selon lui, s’apparente à une « politique de dissimulation » d’incidents et d’écarts en matière de sûreté. Une démarche inédite dans un milieu tenu au secret. Selon les informations du Monde, une plainte a été déposée au début d’octobre devant le #tribunal_judiciaire de Paris. Elle vise #EDF et la direction de la centrale du Tricastin aux chefs de « mise en danger de la vie d’autrui », « #infractions au code pénal, au code de l’environnement, au code du travail et à la #réglementation relative aux installations nucléaires » et « harcèlement ».

    Le plaignant espère que la justice reconnaîtra son statut de #lanceur_d’alerte. En attendant, toujours #salarié d’EDF, il souhaite garder l’anonymat – nous l’appellerons Hugo. Le Monde a pu le rencontrer, à plusieurs reprises. D’emblée, et malgré la gravité des faits qu’il dénonce, Hugo se présente comme « un amoureux du nucléaire ». Mais un amoureux aujourd’hui « tiraillé », « déchiré », qui tente de cacher sa nervosité derrière un large sourire. Cet homme d’une quarantaine d’années apparaît profondément éprouvé par les événements dont il a été témoin, puis #victime : il affirme, en effet, avoir subi un #harcèlement pendant plusieurs années en raison, notamment, de son refus de « couvrir » certaines tentatives de dissimulation.

    Sa plainte fait figure de dernier recours après qu’il a essayé, en vain, de parvenir à une solution en interne, en alertant la direction de la centrale, celle du groupe ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Contactés par Le Monde, EDF explique ne pas « faire de commentaires s’agissant des propos rapportés par un salarié » et l’ASN conteste toute dissimulation. La direction de la centrale du Tricastin n’a pas souhaité réagir.

    « Cette plainte rappelle que le lanceur d’alerte est une #vigie_démocratique plus que jamais indispensable lorsque l’opacité qui règne dans le nucléaire sert d’alibi pour dissimuler des graves atteintes à l’intérêt général et à l’environnement », expliquent les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, qui accompagnent Hugo dans sa démarche avec l’association franco-américaine de soutien aux lanceurs d’alerte The Signals Network.

    Le parcours d’Hugo est celui d’un pur produit du nucléaire français. Entré chez EDF au début des années 2000, il gravit très vite les échelons jusqu’à prendre, à moins de 35 ans, la tête du service sûreté de l’une des dix-huit centrales du pays. Preuve de la reconnaissance de ses qualités professionnelles, c’est lui qu’on envoie représenter l’entreprise lors de réunions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou de salons internationaux. Fin 2016, bardé d’états de service élogieux, il est nommé au sein de la direction de la centrale du Tricastin.

    Cette centrale, mise en service en 1980, est l’une des plus vieilles de France. Se profile alors la quatrième visite décennale du réacteur numéro un, programmée en 2019. L’enjeu est de taille pour EDF : ce réacteur est le premier des trente-deux réacteurs de 900 mégawatts (MW) du parc à passer sa « visite des 40 ans », qui doit permettre de prolonger son activité de dix ans – si la réglementation française ne prévoit pas de durée de vie maximale des réacteurs, une partie des équipements a été conçue, à l’origine, selon une hypothèse de quarante ans de fonctionnement.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Nucléaire : l’ASN pose ses conditions pour une prolongation de la durée de vie des réacteurs

    Pour EDF, rappelle Hugo, il est « inenvisageable » de rater ce rendez-vous, qui s’accompagne d’une enquête publique. Or, la centrale du Tricastin est dans le collimateur de l’ASN depuis quelques années en raison de la multiplication d’incidents, au point d’avoir été placée sous « surveillance renforcée » en 2017. Chaque centrale est, en effet, classée en fonction de ses résultats en matière de sûreté, d’environnement, de radioprotection, d’accidentologie et de production : celle du Tricastin est dans les dernières places. Au premier trimestre 2017, un nouveau directeur arrive avec pour mission de redresser la barre. « La pression était maximale, dit Hugo. Il a fallu mettre en œuvre tous les moyens pour améliorer les résultats en vue de la validation de la visite du réacteur numéro un. » Quitte à passer sous silence ou à minimiser certains incidents au mépris des règles fondamentales de sûreté.

    Volonté de la direction

    De nombreux documents, que Le Monde a pu consulter, témoignent de la volonté de la direction de dissimuler à l’ASN des événements, ou en tout cas d’atténuer leur ampleur, ou de les déclarer avec retard – comme l’avait révélé en partie Mediapart en 2019. L’exemple le plus spectaculaire date de l’été 2018. Dans la nuit du 29 au 30 août, le chef d’exploitation fait état, dans un e-mail, d’une « inondation interne dans plusieurs locaux et sur trois niveaux » survenue dans l’un des bâtiments électriques de la centrale, et atteignant 10 centimètres d’eau. Il explique que les prélèvements réalisés ne contiennent pas d’activité radioactive, « sauf dans un local », et que « du matériel sensible au niveau sûreté est présent ». Il s’agit notamment de vannes de l’alimentation de secours des générateurs de vapeur, l’un des systèmes de sauvegarde les plus importants en cas d’accident. Selon son compte rendu, l’incident n’est « toujours pas soldé vingt-quatre heures après sa découverte » et « les moyens humains et surtout matériels ne sont pas à la hauteur de l’enjeu », ce qu’il juge « inacceptable ». C’est avec de simples raclettes et un aspirateur emprunté à un prestataire de nettoyage que les agents d’EDF tentent de résorber l’inondation.

    Hugo découvre cet e-mail, ainsi que des photos et vidéos prises pendant la nuit, le lendemain matin. « Mon supérieur vient me voir et me dit : “Mais c’est quoi ce con de chef d’exploitation qui envoie un e-mail à la Terre entière ?” », rapporte-t-il. Le 31 août a lieu une inspection de l’ASN, prévue de longue date. Alors qu’Hugo s’apprête à expliquer ce qui s’est passé, son chef lui demande de quitter la réunion. Il découvrira seulement plus tard ce qui a été dit aux inspecteurs, en lisant le compte rendu de l’Autorité de sûreté nucléaire daté du 16 octobre : celui-ci fait état non pas d’une inondation mais de « quelques écoulements » qui ont été « immédiatement arrêtés ». Pour Hugo, il est clair, à la lecture de cette version, que la durée de l’événement, sa gravité et le manque de moyens pour y faire face ont été largement minimisés.

    « Le compte rendu du chef d’exploitation a été écrit à chaud dans la nuit, explique aujourd’hui Christophe Quintin, inspecteur en chef à l’ASN. Si j’enlève le facteur [de son] “énervement”, les présentations qui sont faites de l’événement sont cohérentes. » En 2019, l’ASN avait toutefois reconnu que le « manque de moyens de nettoyage n’avait pas été évoqué lors de l’inspection ». Depuis 2017, le « gendarme du nucléaire » avait également demandé à deux reprises à EDF de résoudre le problème de l’étanchéité des joints entre les bâtiments, considérant ces derniers comme « importants pour la protection de l’environnement afin d’éviter toute dispersion d’effluents et de produits dangereux ». En vain.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire s’inquiète d’un « recul de la rigueur dans l’exploitation des centrales »

    Non-respect des #procédures généralisé

    Deux semaines après la fuite, un autre incident intervient, lié à la non-fermeture d’une vanne. Ce jour-là, comme le veut la procédure, le chef d’exploitation de permanence et l’ingénieur de sûreté, une sorte de « gendarme du nucléaire » local, confrontent leurs analyses : tous deux conviennent qu’il s’agit d’un « événement significatif de sûreté », qui doit donc être déclaré automatiquement. Malgré leur accord, la direction demande une deuxième « confrontation », contrevenant ainsi aux règles. Les deux responsables maintiennent leur position, mais les directeurs persistent et ne déclareront pas l’incident. L’ASN affirme ne pas avoir retrouvé de traces d’échanges avec EDF concernant cet événement. « Si on n’a rien trouvé, c’est qu’on ne l’a pas vu en inspection », commente Christophe Quintin.

    Ce non-respect des procédures semble relever de pratiques généralisées, plutôt que de situations isolées. Un responsable des ingénieurs sûreté s’inquiète auprès d’Hugo des pressions de la direction : « Les ingénieurs sûreté en ont marre que les chefs d’exploitation baissent leur pantalon pour éviter [de déclarer] des événements significatifs de sûreté. » Ainsi, en décembre 2017, le repli d’un réacteur – la pression et la température de son circuit primaire sont abaissées en raison de l’indisponibilité d’une pompe – n’est pas déclaré. L’ASN a toutefois la possibilité, a posteriori, de revenir sur la caractérisation des incidents : en mars 2018, elle affirme ainsi que ce repli aurait dû être déclaré « sans ambiguïté » et demande à l’exploitant de le faire « dans les plus brefs délais ». S’il paraît anodin, ce retard de déclaration de quelques mois ne l’est pas : signalé en 2018, il n’apparaît pas dans le bilan annuel 2017 du #Tricastin. Dans la même note, l’ASN s’interroge officiellement sur « l’écoute de la filière indépendante de sûreté par les représentants de la direction lorsque ceux-ci doivent arbitrer le caractère déclaratif ou non de certains événements ».

    Un autre exemple, encore. Le 15 juin 2017, le réacteur numéro un fonctionne au-delà de la puissance maximale autorisée pendant quarante-cinq minutes. Une situation qui aurait dû être signalée dans les quarante-huit heures – c’est le cas dès que la surpuissance excède six minutes. Elle ne sera déclarée que le 2 août. Pourtant, la direction de la centrale du Tricastin connaît bien le problème : alors que les cas de surpuissance sont rares à l’échelle du parc français, la centrale en a déjà connu deux cette année-là, le précédent ayant même duré six heures. En cas de répétition d’un même événement significatif, l’exploitant peut être amené à déclarer ce dernier en niveau 2 sur l’échelle INES, graduée de 0 à 7 en fonction de la #gravité. Les événements de #niveau_2 sont très rares.

    « Quand il y a un nouvel événement de surpuissance le 15 juin, ce n’est même plus qu’on serre les fesses, se remémore Hugo. La direction nous dit clairement qu’il est hors de question qu’on ait un incident de niveau 2. » Le Monde a pu consulter un SMS envoyé par un supérieur d’Hugo, le 3 juillet. La consigne ne laisse pas de place à interprétation : « Il faut démonter ce qui s’est passé ce jour-là en mesurant sans prendre l’EC [soit la valeur du capteur utilisé dans le calcul de puissance thermique] pour démontrer que moins de six minutes. »
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Dans la centrale nucléaire du Tricastin, un problème électrique a accru le risque d’accident grave
    Recours à l’intimidation

    Pour tenter de minimiser les écarts de #sûreté, la direction de la centrale du Tricastin peut également avoir recours à l’intimidation, rapporte Hugo. En juillet 2018 a lieu une visite de l’inspection nucléaire (IN), une unité spécifique chargée d’évaluer le niveau de sûreté des centrales, tous les trois ans environ, par le biais d’un audit d’envergure appelé « évaluation globale d’excellence » et pouvant durer plusieurs semaines. Ordre aurait alors été donné de mettre toute la pression possible sur l’un des inspecteurs pour le « pousser à bout et le dégager », raconte Hugo. Il reconnaît d’ailleurs avoir « participé au jeu » : un soir, le rendez-vous avec l’inspecteur s’éternise au lieu d’être expédié en une demi-heure.

    Un SMS témoigne du fait que la direction a donné rendez-vous à Hugo pour « traiter son cas au gars de l’IN ». « On te donne un ordre, tu le fais. Le fonctionnement d’une centrale, c’est très militaire, le directeur est le seul maître à bord. J’ai dû me montrer dur avec quelqu’un qui faisait juste son boulot », regrette Hugo.

    Au-delà de la gravité potentielle des différents incidents, ces pratiques remettent en cause le principe même de la sûreté. Le « gendarme » du nucléaire n’étant pas présent en permanence dans les centrales, le système est fondé sur le processus de déclaration par EDF et sur la transparence. « La sûreté, ce n’est pas qu’une question d’événements ou de valeurs qu’on dépasse, insiste Hugo, c’est une culture. On a tellement bien dissimulé certains incidents que l’ASN ne les a pas vus, c’est très grave. »

    L’ASN, de son côté, conteste cette analyse. « Il est normal qu’il y ait, à certaines périodes, des écarts d’appréciation entre l’ASN et l’exploitant, assure Christophe Quintin. Au Tricastin, il y a effectivement eu en 2017 et 2018 pas mal de divergences, mais elles ont été portées à la connaissance de l’ASN et n’ont pas été mises sous le tapis. Pour tous les événements qui n’avaient pas été déclarés, l’exploitant avait des explications rationnelles. » Egalement contacté par Le Monde, EDF se contente de rappeler que la sûreté des centrales est « la priorité » du groupe et que « la transparence et le respect de la réglementation sont scrupuleusement appliqués et respectés sur tous les sites ».

    Concernant plus particulièrement le Tricastin, l’entreprise souligne que le nombre d’événements significatifs déclarés par la centrale est « stable depuis plusieurs années » et que les bilans sûreté réalisés par l’ASN « ne font aucun état de non-respect du principe de transparence ».
    Entretien avec le physicien Bernard Laponche : Article réservé à nos abonnés « L’état du parc nucléaire français est préoccupant »
    Accidents de travail avec arrêt non transmis

    Un autre aspect de ce que Hugo qualifie de stratégie de dissimulation repose sur la non-déclaration des accidents de travail avec arrêt. Le mode opératoire est souvent le même : si un salarié se voit remettre une déclaration d’accident avec arrêt, signifiant que son état de santé ne permet pas une reprise du travail, la direction met la pression sur ses chefs pour que l’arrêt ne soit pas transmis. Il est alors demandé au salarié de rester chez lui le nombre de jours prévus par le médecin. En cas de suspicion par l’inspection du travail, la direction a la parade : elle explique que le salarié a accepté un « aménagement de poste ».

    L’aménagement de poste sous-entend que celui-ci soit prévu en amont de la délivrance d’un accident du travail avec arrêt, que les conditions dudit poste soient validées par un médecin et, bien entendu, que le poste en question ne soit pas fictif. Hugo indique avoir été témoin d’événements fréquents pour lesquels ces conditions n’étaient pas respectées.

    Ces derniers s’intensifient avant la visite décennale. Le samedi 9 juin 2018, un technicien est victime d’un malaise alors qu’il intervient en salle des machines. Sa tenue vapeur est insuffisamment ventilée pour faire face aux très fortes températures. Selon le médecin qui l’examine, le diagnostic vital aurait pu être engagé : la température corporelle du salarié a atteint 41 °C. Il lui remet un certificat d’accident du travail avec arrêt. Pourtant, deux jours plus tard, la direction déclare l’accident auprès de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) sans arrêt de travail et explique que le salarié a été mis au repos le dimanche avant de reprendre son activité le lendemain.

    Le 18 septembre, un autre accident se produit au sein de la même équipe. Un salarié heurte violemment une vis qui dépasse d’une vanne et est amené aux urgences avec une plaie à la jambe. « Peux-tu suivre avec attention le blessé sur cette fin d’après-midi ? Je suis persuadé que dans le pire des cas un maintien dans l’emploi peut répondre à la situation », demande par SMS un membre de la direction, alors que l’agent n’a pas encore été examiné. Nouveau SMS en fin de journée du supérieur hiérarchique d’Hugo : « L’agent est sorti de l’hôpital sans déchirure grave. Huit jours d’arrêt. La balle est dans votre camp pour le poste aménagé, pas de problème pour tout aménagement. » Le lendemain, la direction transmet à la CPAM une déclaration d’accident du travail sans arrêt.

    Parfois, la stratégie échoue. Le 11 janvier 2018, une chute, un séjour à l’hôpital, un arrêt de travail d’une semaine. Mais le salarié a aussitôt transmis l’arrêt au médecin-conseil. La pression est mise sur les équipes pour rattraper le coup. « On a essayé de faire modifier au médecin de l’hôpital la déclaration, mais il refuse pour question de déontologie. J’ai fait tout ce que l’ai pu », commente, contrit, un adjoint du service d’Hugo dans un échange de SMS. « On va se faire allumer ! », répond un autre. « Attention, un jour, cela apparaîtra que la pression pour ne pas déclarer est démesurée. Il faudra assumer », ajoute un chef de service délégué.

    Cette stratégie de non-déclaration répond à un objectif : l’accidentologie, et plus précisément le taux de fréquence des accidents du travail avec au moins un jour d’incapacité de travail, est un paramètre pris en compte, avec une pondération importante, dans le classement des centrales. Un classement à soigner pour réussir la visite décennale. En 2018, le taux de fréquence du Tricastin est particulièrement bas : 2,7. Plus de deux fois moins que celui d’un secteur comme la banque et l’assurance (6,8), pourtant beaucoup moins à risque.
    Mise à l’écart brutale

    Le refus d’Hugo de « collaborer » à l’ensemble de ces dissimulations va entraîner, selon lui, sa mise à l’écart brutale. Le 25 septembre 2018, peu après l’inondation, il est convoqué par son supérieur, qui lui demande de rédiger un e-mail expliquant qu’il quitte ses fonctions pour raisons personnelles. Hugo refuse, mais, le lendemain matin, son départ est annoncé publiquement devant le personnel. Progressivement, Hugo n’est plus invité aux réunions, disparaît de l’organigramme de la direction, est retiré des listes de diffusion des chefs de service… A bout, il est victime d’une crise de spasmophilie dans son bureau, le 4 octobre, et mis en arrêt de travail. Le premier d’une longue série. « Là, j’ai compris qu’ils allaient me faire taire, dit aujourd’hui Hugo, les nerfs toujours à vif. On a voulu me détruire. »

    Le harcèlement que Hugo évoque passe aussi par des « intimidations » (« une connerie et t’es tondu », envoyé par SMS en pleine réunion) et des « insultes » répétées (« petite nature », « triple nul »). Hugo informe sa direction de la situation. « Ne te mets pas une pression démesurée. Tu n’es pas harcelé », tranche celle-ci, dans un SMS. Il informe les syndicats, saisit l’inspection du travail. Dans le nucléaire, les inspecteurs du travail sont les inspecteurs de l’ASN. Une enquête est diligentée. Elle conclura, en mars 2019, à l’issue d’une soixantaine d’entretiens, que « la pratique de harcèlement moral (…) n’a pas été établie », tout en pointant « des dysfonctionnements au niveau collectif ». « Ces situations sont traitées avec attention, car il n’y a jamais de fumée sans feu et les torts sont toujours partagés, assure Christophe Quintin. L’ASN a proposé un certain nombre d’actions de management à la direction de la centrale au terme de son enquête. »

    Trois jours avant sa date de reprise prévue le 10 décembre, Hugo apprend par un SMS que la direction a l’intention de lui proposer une autre « mission » : un poste de « chef de projet senior ». Il conteste, veut retrouver son poste. Las. Les syndicats l’informent que la direction envisage désormais une « mutation d’office ». L’argument ? « Protéger » sa santé. L’état physique et mental d’Hugo se dégrade. Il est de nouveau arrêté, mais toujours déterminé à retrouver son poste. Le 2 avril 2019, le médecin-conseil de l’Assurance-maladie valide sa reprise du travail. Lorsqu’il se présente, le 4 avril, à la centrale, son employeur le redirige vers le médecin du travail. Ce dernier confirme l’aptitude, mais dans un « contexte professionnel » hors de son service. Depuis, Hugo, qui a contesté en vain ledit certificat médical devant les prud’hommes, attend toujours de reprendre le travail.

    Que savait la direction d’EDF de la situation au Tricastin ? En octobre 2018, Hugo obtient un rendez-vous avec la direction du parc nucléaire. Il expose, une nouvelle fois, les « pratiques dangereuses » qu’il avait déjà relatées par e-mail et SMS. « Tout serait tellement plus simple, et probablement moins douloureux, si tu acceptais un autre poste », lui rétorque-t-on par SMS. Le 23 mai 2019, son avocat alerte le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le courrier est clair : il mentionne des manquements graves au principe de sûreté nucléaire, de transparence nucléaire ou au regard des normes environnementales, la volonté de la direction de la centrale du Tricastin de cacher certains événements et la situation de harcèlement moral dont est victime son client. La réponse parvient le 8 juillet 2019 : pour la direction du groupe, « aucun début d’éléments » ne permet de « caractériser l’existence » des faits dénoncés.

    En désaccord total, Hugo s’interroge quant à son avenir, qu’il continue malgré tout à imaginer dans le nucléaire. Le futur du #parc français est, lui aussi, en pleine redéfinition. Le président, Emmanuel Macron, a confirmé mardi 9 novembre vouloir lancer la construction de nouveaux réacteurs. En février, l’ASN a également ouvert la voie à la poursuite de l’exploitation des réacteurs les plus anciens au-delà de quarante ans. Cet avis générique doit être complété par des réexamens au cas par cas de chacun des trente-deux réacteurs, qui ont commencé en 2019 et doivent se poursuivre jusqu’en 2031. La quatrième visite décennale du #réacteur numéro un du Tricastin, qui a mobilisé près de 5 000 intervenants pendant six mois, a été jugée « assez satisfaisante » par le « gendarme du nucléaire ». Une nouvelle enquête publique doit avoir lieu au premier trimestre 2022 à propos de sa prolongation, avant que celle-ci ne soit validée officiellement.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Emmanuel Macron acte son choix en faveur du nucléaire à cinq mois de la présidentielle

    Stéphane Mandard et Perrine Mouterde

    • merci @ant1 (et merci @vanderling pour le lien vers le seen).

      [...] jusqu’à prendre, à moins de 35 ans, la tête du service sûreté de l’une des dix-huit centrales du pays

      Ok donc le gars était ce qu’on appelle un ISR (ingénieur sûreté radioprotection). L’article présente ça comme une évolution fulgurante alors que ce n’est qu’un truc assez bateau dans le milieu (de jeunes ISR j’en ai croisé quelques uns quand je bossais dans la boîte). Ça ne retire rien à la valeur de l’article, qui synthétise très bien le problème des réacteurs vieillissants c’est juste pour préciser que ça, ce n’est pas un scoop.

  • Loi sanitaire : affirmer les exigences des travailleurs
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/08/04/loi-sanitaire-affirmer-les-exigences-des-travailleurs_168904

    Les manifestations contre l’extension du #passe_sanitaire et l’obligation vaccinale ont réuni samedi 31 juillet plus de 200 000 personnes dans toute la France, plus encore que la semaine précédente. Selon le ministère de l’Intérieur, 14 200 personnes ont défilé à Paris, 8 500 à Montpellier, 6 500 à Nice, près de 4 000 à Nantes.

    Les motivations des manifestants sont bien sûr variées. Si certains sont contre le vaccin, beaucoup d’autres, d’ailleurs parfois eux-mêmes vaccinés, veulent faire entendre leur indignation contre la façon autoritaire dont le gouvernement entend imposer la #vaccination. Alors que pendant des mois Macron avait assuré que personne ne serait contraint de se faire vacciner, il a changé de position du jour au lendemain, affichant le plus total mépris pour les doutes, les méfiances ressenties par une fraction importante de la population.

    Il y a de quoi en effet être choqué par la méthode du gouvernement, avec ses menaces d’amendes, le chantage à l’emploi, sa façon de prendre au piège les non-vaccinés en restreignant leur vie sociale, en allant jusqu’à vouloir les empêcher de faire leurs courses dans des centres commerciaux. Il n’a reculé, partiellement, que sous la pression des représentants de la grande distribution. Parmi les manifestants, il y a aussi des commerçants, des restaurateurs qui, à juste titre, ne se voient pas organiser le contrôle des clients.

    Dans la plupart des cortèges, des soignants, souvent reconnaissables à leurs blouses blanches, ont exprimé une révolte d’autant plus légitime qu’ils ont été en première ligne dans la lutte contre le Covid et qu’ils se souviennent avoir été envoyés au front sans moyens, sans masques, avec des sacs poubelle en guise de surblouses… Et aujourd’hui encore, les moyens ne sont toujours pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire en termes d’embauches et de salaires. La plupart du temps, les suppressions de lits programmées n’ont pas même été remises en cause.

    À travers ces manifestations s’exprime une colère plus générale contre la politique du gouvernement depuis le début de la pandémie, contre les confinements et les restrictions qui ont pesé davantage sur les classes populaires, contre les conditions de travail devenues plus dures, contre l’appauvrissement avec l’augmentation du chômage…

    Les travailleurs ont vraiment toutes les raisons de s’opposer à des mesures qui aboutissent à de nouvelles restrictions de leurs droits. Ils ont raison d’utiliser les manifestations actuelles pour exprimer leur révolte contre le gouvernement et sa politique. Mais ils ne gagneront rien pour eux-mêmes s’ils se contentent de défiler contre Macron, comme le disent certains, ou pour « défendre les libertés individuelles ». Ils ne doivent pas laisser cette colère être dévoyée par ceux qui, comme le politicien d’extrême droite Philippot, cherchent à l’exploiter à leur profit.

    Pour les travailleurs, il n’y a pas de véritable liberté dans cette société sans un emploi et un salaire permettant de vivre dignement. Ce n’est pas seulement Macron qu’il faut combattre, mais l’ensemble de la classe capitaliste, qui, en licenciant, en renforçant l’exploitation dans les entreprises, condamne une partie croissante des travailleurs à la pauvreté. Face à cette classe qui impose sa loi à toute la société, les travailleurs doivent mettre en avant leurs propres revendications, refuser la division que le gouvernement veut instaurer entre vaccinés et non-vaccinés et rester unis sur leur terrain de classe. De la colère qui s’exprime dans les #manifestations, il faut passer à l’expression de ce qui doit être aujourd’hui l’exigence des travailleurs. Il faut affirmer la nécessité d’embaucher dans les services publics, à commencer par les hôpitaux. Face à la gestion capitaliste de la crise sanitaire et économique, il faut affirmer la nécessité d’imposer une répartition du travail entre tous garantissant à chacun un emploi, avec une augmentation des salaires suivant le coût de la vie. C’est toute la société qui doit être réorganisée en fonction des intérêts du plus grand nombre.

  • Obligation vaccinale : l’alibi d’un gouvernement incapable | LO
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/08/04/obligation-vaccinale-lalibi-dun-gouvernement-incapable_16890

    Le gouvernement rend responsable de la pandémie les personnes non vaccinées. Véran, le ministre de la Santé, s’est permis de les comparer à des dangers publics roulant à contre-sens sur l’autoroute.

    En réalité, brandir l’#obligation_vaccinale est un alibi pour le gouvernement. Sortir la matraque et pointer du doigt les personnes non vaccinées est bien plus simple que d’embaucher le personnel soignant nécessaire et d’organiser une véritable prise en charge sanitaire de la population. Car, si la généralisation de la vaccination est souhaitable, en dehors de toute contrainte inutile, elle se heurte à des limites matérielles dues à la déficience du système de santé.

    Malgré les déclarations, rien n’a été réalisé pour combler les déserts médicaux, en zone rurale mais aussi en ville. Dans certains départements, plus de 10 % des habitants ne peuvent avoir de médecin traitant. Certaines communes ont opté pour des pis-aller comme la télémédecine, les médecins intervenant à distance par vidéo pour émettre leur diagnostic. Ce n’est pas nouveau mais, avec cette pénurie, se faire vacciner est un véritable casse-tête pour les personnes les plus fragiles ou âgées, ayant des difficultés pour se déplacer, ne possédant pas d’accès à Internet. Dans certaines zones éloignées des centres, la vaccination s’appuie sur la bonne volonté des soignants ou des milieux associatifs, équipés de camions médicalisés passant de commune en commune, des moyens insuffisants face à la pandémie.

    De même, l’obligation du passe sanitaire prend de court des pans entiers de la population. Les ONG opérant en Île-de-France, reposant sur des équipes bénévoles, sont débordées par les demandes de vaccination de migrants ou de personnes sans domicile, qui craignent, faute de passe sanitaire, de ne pas pouvoir accéder aux hébergements d’urgence, aux établissements médico-sociaux ou aux accueils de jour. Comment peuvent-ils faire dans ces conditions ? Interrogée par les associations sur ces questions, et plus largement sur les besoins urgents de vaccination, la Direction générale de la santé n’a rien su répondre.

    L’insuffisance des moyens piège une partie de la population, surtout les plus pauvres et les plus précaires. Elle retarde en fait l’extension de la vaccination, avec un risque de persistance de la pandémie. Ce gouvernement, exclusivement au service des riches, en porte la responsabilité.

  • Pfizer, Moderna… : expropriation des trusts pharmaceutiques ! |
    éditorial de LO
    https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/pfizer-moderna-expropriation-des-trusts-pharmaceutiques-168628.html

    Selon le quotidien britannique Financial Times, qui a pu consulter le contrat conclu avec l’#Union_européenne, le vaccin #Pfizer va passer de 15,5 à 19,5 euros et celui de #Moderna de 19 à 21,5 euros. Vu le nombre de doses vendues, cela représentera des milliards de profits en plus.

    Ces deux groupes viennent d’annoncer des profits record, mais le rebond épidémique dû au variant Delta leur permet d’imposer des augmentations, alors ils ne se gênent pas ! Protégés par le système de brevets, une poignée de grands #laboratoires_pharmaceutiques peuvent fixer librement leurs prix et priver ainsi les pays les plus pauvres de l’accès aux vaccins.

    La #vaccination est un progrès sur le plan scientifique, mais, dans le système capitaliste, elle est d’abord et avant tout une source d’enrichissement pour une poignée d’actionnaires se moquant totalement de l’intérêt général des populations et de leur santé.

    Biden, Macron et leurs semblables se gargarisent de grandes déclarations hypocrites sur la nécessité de faire du vaccin « un bien commun de l’humanité », mais, en dociles défenseurs des intérêts des capitalistes, ils se gardent bien de remettre en cause le droit de ces grands trusts de détourner à leur profit le travail de tous ceux qui ont concouru à la découverte et à la production des #vaccins. Par contre, vis-à-vis de leur population, ces mêmes dirigeants n’hésitent pas à multiplier les interdictions, les obligations avec menaces de sanctions à l’appui, comme Macron vient de le faire avec la loi sanitaire qu’il entend faire appliquer dès le 9 août.

    À compter de cette date, il faudra donc présenter un #passe_sanitaire pour rentrer dans un hôpital ou un Ehpad, pour prendre le train ou aller au restaurant, et cette obligation concernera aussi les travailleurs de nombreux secteurs. Les soignants auront l’obligation de se faire vacciner, faute de quoi, après le 15 septembre, leur contrat de travail serait suspendu et ils ne toucheraient plus de salaire, à moins de poser des jours de congés. La ministre du Travail a tenu à préciser que les employeurs pourraient aussi procéder à des licenciements. Sous prétexte d’imposer la vaccination, Macron fait passer une loi anti ouvrière qui renforce l’arbitraire patronal.

    Les annonces du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, sont tout aussi choquantes. Ainsi, à la prochaine rentrée, des élèves non vaccinés pourraient être « évincés » de leur classe. Au même moment, Blanquer refuse de dégager des moyens pour permettre à tous d’étudier dans des conditions correctes et sûres du point de vue sanitaire. Il prévoit même de supprimer 1 800 postes d’enseignants en septembre.

    Ces mesures vont compliquer énormément la vie de bien des gens, et en particulier des travailleurs. Mais Macron s’en moque éperdument ! En digne représentant de la classe patronale, il use des mêmes méthodes autoritaires qui ont cours quotidiennement dans les entreprises.

    Pour se justifier, il invoque l’urgence de réagir à la quatrième vague épidémique. C’est du cynisme, car cette menace était prévisible et, depuis un an, les moyens matériels et humains des #hôpitaux, des #Ehpad et de l’ensemble du système de santé n’ont nullement été augmentés.

    Alors, oui, il y a bien de quoi être en colère contre Macron et Castex qui multiplient les leçons de morale à destination de la population, alors que, depuis le début de l’épidémie, l’État n’a cessé de montrer son incurie. Sa seule préoccupation a été de permettre aux entreprises, en particulier les plus grandes, de maintenir leurs profits.

    Comme ses prédécesseurs, Macron a été l’exécuteur des volontés des grands patrons, des financiers, de la minorité de riches privilégiés qui fait passer ses affaires avant tout. La société paye aujourd’hui les conséquences désastreuses de la domination de cette classe capitaliste totalement irresponsable et exclusivement préoccupée de s’enrichir toujours plus.

    Les manifestations contre la loi sanitaire de Macron se sont poursuivies dans toute la France. Protester contre ces mesures est légitime. Pas au nom de la défense des libertés individuelles, mais pour affirmer la nécessité, au nom de l’intérêt collectif, d’exproprier sans indemnité ni rachat les grands trusts de l’industrie pharmaceutique et de les mettre sous le contrôle de la population. Les agissements de ces groupes montrent que c’est la seule façon d’empêcher que la santé publique dépende des décisions d’actionnaires guidés uniquement par la recherche du profit.

    #capitalisme #expropriation #brevet #parasitisme #collectivisation

  • Féminisme, intersectionnalité et lutte de classe | Le mensuel Lutte de classe n°217 - juillet-août 2021
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2021/06/30/feminisme-intersectionnalite-et-lutte-de-classe_163726.html

    Le succès des manifestations du 8 mars 2021, après celles du mois de novembre 2020 contre les violences faites aux #femmes, montre qu’une partie de la jeunesse se mobilise pour exprimer sa révolte contre la persistance des #inégalités entre femmes et hommes et contre la #violence dont sont victimes les femmes dans la société actuelle. Dans ce contexte de relatif renouveau des mouvements féministes, la notion d’ #intersectionnalité – qui définit des groupes de personnes par la liste de discriminations qu’elles subissent simultanément (#sexisme, #racisme …), donc à leur intersection – s’est diffusée en France ces dernières années, et elle peut apparaître comme offrant des perspectives nouvelles à des jeunes en révolte contre l’oppression des femmes. Beaucoup y voient en effet une façon de choisir un féminisme radical, de s’affirmer antiracistes en même temps que féministes, voire, pour certaines, de remettre en cause le système capitaliste...

    – L’intersectionnalité, un mot nouveau pour un constat ancien
    – Derrière toutes les #oppressions, la division de la société en classes
    – Des positions réactionnaires
    – Féminisme et #conscience_de_classe
    – Contre toutes les oppressions, le combat communiste révolutionnaire

    #capitalisme #féminisme #lutte_de_classe #harcèlement_sexuel

  • L’État moderne, de l’époque féodale à nos jours Un appareil d’oppression au service des classes dominantes, que les travailleurs devront renverser (texte intégral) | Conférence de Lutte Ouvrière (mai 2021)

    https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/letat-moderne-de-lepoque-feodale-nos-jours-un-appareil-doppression-a

    SOMMAIRE

    – Au #Moyen_Âge, naissance et essor de la #bourgeoisie
    – Les débuts du #capitalisme et le rôle de la #monarchie_absolue
    – Les révolutions bourgeoises en Angleterre et en France
    – Le rôle des États dans la #révolution_industrielle
    – L’échec des révolutions de #1848
    – Aux États-Unis et au Japon, les dernières révolutions industrielles
    – Le mouvement ouvrier et sa politique face à la bourgeoisie et ses États
    – À la fin du 19e siècle, le capitalisme atteint le stade impérialiste de son développement
    – Les États bourgeois, instruments de la dictature du #grand_capital #état_bourgeois
    – Quand les dirigeants réformistes deviennent ministres
    – Le #nazisme en Allemagne
    – Le #New_Deal aux États-Unis
    – Le #Front_populaire en France
    – L’hégémonie américaine après 1945
    – En France, une politique étatiste au service des grands groupes capitalistes
    – À partir des années 1970, le capitalisme en #crise #crise_économique
    – La #financiarisation de l’économie et ses conséquences
    – L’#État sous la coupe des financiers #état_moderne
    – Un État totalement au service de la bourgeoisie
    – Exproprier la bourgeoisie #révolution_sociale

  • #regionales_2021 Un courant bien vivant dans l’électorat ouvrier | #Communiqué de #Lutte_Ouvrière
    https://www.lutte-ouvriere.org/communiques/un-courant-bien-vivant-dans-lelectorat-ouvrier-162293.html

    L’abstention record dans ces élections régionales et départementales exprime le désintérêt profond, voire le dégoût croissant de l’électorat populaire pour ces compétitions destinées à désigner les coteries politiques qui auront à gérer les affaires de la bourgeoisie dans les différentes institutions. Cette course à l’échalotte pour des places et des positions est d’autant plus dérisoire qu’après plusieurs mois d’une pandémie qui a pesé avant tout sur les classes populaires, les travailleurs sont de plus en plus confrontés à l’offensive brutale de la classe capitaliste : licenciements, fermetures d’entreprise, baisse des salaires et des allocations chômage, aggravation des conditions de travail. Pendant que la grande bourgeoisie s’enrichit au travers de l’exploitation comme rarement dans le passé, que des actionnaires amassent des fortunes autant grâce aux cadeaux de l’État que grâce à la spéculation, ceux qui ont continué à faire marcher la société même pendant la pandémie sont poussés vers la misère.

    Pour les politiciens de la bourgeoisie, les fausses promesses ou les slogans démagogiques tiennent lieu de programme. Ce n’est certainement pas cela qui donnera aux exploités les moyens de résister au désastre qui s’annonce. Une explosion de colère du monde du travail, méprisé, exploité, opprimé, est inévitable et indispensable.

    Encore faut-il que la colère ouvrière de demain ne soit détournée ni par les ennemis ouverts des travailleurs, ni par leurs faux amis ! Il faut qu’elle soit orientée, au-delà des marionnettes interchangeables de la caste politique bourgeoise, contre ceux qui détiennent le véritable pouvoir : les capitaux, les usines, les banques . C’est à la classe privilégiée, sans utilité pour la société et pourtant riche, qu’il faudra arracher de quoi financer le maintien de tous les emplois par la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires. C’est sur les revenus du grand capital, sur les dividendes des actionnaires, sur l’argent dilapidé en spéculation financière qu’il faut prendre pour augmenter les salaires, les retraites et les allocations et les indexer sur les hausses de prix pour protéger le pouvoir d’achat.

    C’est au nom de ce programme que se sont présentées les listes Lutte ouvrière dans ces élections régionales. Pour modestes que soient les scores électoraux des listes Lutte ouvrière, leur progression est un gage pour l’avenir. Ils témoignent de la permanence dans le monde du travail d’un courant politique qui affiche comme objectif le renversement du pouvoir de la grande bourgeoisie. La direction de la société doit appartenir à ceux qui, par leur travail, la font vivre et fonctionner. C’est avec cet objectif que les militants de Lutte ouvrière seront présents dans les luttes de demain et s’efforceront de jouer leur rôle.

    Le premier tour étant passé, le seul où le « camp des travailleurs » a pu s’exprimer, le deuxième tour n’a ni enjeu, ni intérêt pour les travailleurs et les classes populaires. Lutte ouvrière ne cautionnera pas la supercherie consistant à présenter aux travailleurs des hommes politiques qui sont souvent aussi réactionnaires, aussi anti-ouvriers que ceux d’extrême droite, comme un rempart contre la menace du RN au pouvoir. Il n’est pas question pour Lutte ouvrière de soutenir quelque variante que ce soit du #Front_républicain . Cette république est celle de la bourgeoisie. Elle ne réserve, à ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, qu’un avenir d’exploitation et de mépris de la part des riches parasites. Les travailleurs auront à combattre la classe capitaliste pour l’empêcher de conduire la société vers la catastrophe.

    Nathalie Arthaud

  • List of Refugee Deaths, #2021

    –-> 44.764 documented refugee deaths

    In the ‘‘UNITED List of Refugee Deaths’’ (download pdf), UNITED has been collecting reliable data on refugee deaths related to Fortress Europe since 1993. In the period 1993-2021 at least 44.764 documented refugee deaths can be attributed to the ‘Fatal Policies of Fortress Europe’. Most probably thousands more are never found.

    http://unitedagainstrefugeedeaths.eu/about-the-campaign/about-the-united-list-of-deaths

    Pour télécharger la liste:
    unitedagainstrefugeedeaths.eu/wp-content/uploads/2014/06/ListofDeathsActual.pdf

    #décès #liste #asile #migrations #réfugiés #UNITED #statistiques #chiffres #morts

    ping @isskein @reka

    • EU ‘has blood on its hands’, say activists calling for border agency’s abolition

      Coalition of rights groups demanding Frontex be defunded claim EU policies have ‘killed over 40,555 people since 1993’.

      Activists, captains of rescue ships and about 80 human rights organisations across the world have launched an international campaign calling for the European border agency to be defunded and dismantled.

      In an open letter sent last week to the European Commission, the Council of the EU and the European parliament, the campaign coalition highlighted the “illegal and inhumane practices” of the EU border agency, Frontex, which is accused of having promoted and enforced violent policies against migrants.

      “Over 740 people have died so far this year trying to cross the Mediterranean, looking for a place of safety,” reads the letter. “The EU’s border regime forced them to take dangerous migration routes, often on unseaworthy vessels; it enlisted neighbouring countries to stop them on their way; met them with violence and pushbacks; or refused to rescue them – abandoning them to drown at sea.”

      “These are lives lost because of the European Union’s obsession with reinforcing borders instead of protecting people,” said the campaign coalition, which includes Sea-Watch, Mediterranea Saving Humans, Iuventa10, Baobab Experience and Alarm Phone. “At what cost? The policies of Fortress Europe have killed over 40,555 people since 1993. Left to die in the Mediterranean, the Atlantic and the desert, shot at borders, died by suicide at detention centres, tortured and killed after being deported –– The EU has blood on its hands.”

      The launch of the campaign to Abolish Frontex coincides with plans to expand the agency. Frontex has secured a €5.6bn (£4.8bn) budget until 2027, with plans to increase its armed border patrols. Its budget has grown by more than 7,500% since 2005, and the new resources will help buy equipment such as ships, helicopters and drones.

      The coalition has released a list of demands, including the abolition of the agency and the end of migrant detention by EU forces, and plan EU-wide protests, accusing Frontex of being “both avid promoter and key enforcer of Europe’s violent policies against people on the move”.

      It comes after the EU’s anti-fraud office, Olaf, launched an investigation into Frontex in January over allegations of harassment, misconduct and unlawful operations aimed at stopping asylum seekers from reaching EU shores.

      Europe has built more than 1,000km of border walls and fences.

      Carola Rackete, a German ship captain who is one of the campaign organisers, said: ‘“If we truly believe all humans are equal then we have to dismantle the systems which keep inequality in place. Frontex, as part of the border-industrial complex, has no place in our vision of a European society striving for justice and committed to repairing damages inflicted on the global south in a mindset of white supremacy.”

      Stéphanie Demblon, of Agir pour la Paix, said: “We are not asking for a better European migration policy: we are demanding the abolition of Frontex and the demilitarisation of the borders. And we are taking action to achieve this.”

      Frontex did not respond to the Guardian’s request for comment.

      https://www.theguardian.com/global-development/2021/jun/18/eu-has-blood-on-its-hands-say-activists-calling-for-frontex-border-agen

      #Frontex

  • Votons Lutte ouvrière pour faire entendre le camp des travailleurs
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/06/09/votons-lutte-ouvriere-pour-faire-entendre-le-camp-des-travai

    C’est la sortie du confinement et, pour le gouvernement, il faudrait que tout reprenne comme avant. S’il y a bien quelque chose qui ressemble au monde d’avant, ce sont ces élections, où on voit le petit univers des partis politiques de la bourgeoisie essayer de reprendre sa place comme si de rien n’était.

  • #Migrants : la #solidarité n’est pas un délit
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/06/02/migrants-la-solidarite-nest-pas-un-delit_160270.html

    Jeudi 27 mai, s’est ouvert à Grenoble le jugement en appel des « sept de Briançon ». Trois cents personnes se sont rassemblées devant le tribunal, à l’appel d’associations comme la #Cimade, #Médecins_du_Monde, Tous Migrants, pour dénoncer un nouveau procès de la solidarité avec les migrants.

  • Élections partielles : les résultats de Lutte ouvrière
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/06/02/elections-partielles-les-resultats-de-lutte-ouvriere_160263.

    Lutte ouvrière présentait des candidats dans deux élections législatives partielles, dont le premier tour s’est tenu dimanche 30 mai. Dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, notre candidate, Laure Bourel, obtient 663 voix, soit 3,11 % (contre 530 voix et 1,10 % en juin 2017). Dans la première circonscription de l’Oise (Beauvais), Renée Potchtovik obtient 421 voix, soit 1,99 % (contre 336 voix et 0,83 % en 2017).

  • L’impérialisme français et le génocide rwandais
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/06/02/limperialisme-francais-et-le-genocide-rwandais_160307.html

    Jeudi 27 mai, quand Macron est allé au #Rwanda, la presse a annoncé qu’il allait s’excuser du rôle joué par la France dans le #génocide qui a fait 800 000 morts en 1994. Il ne l’a pas fait. Formellement, vingt-sept ans après les massacres, Macron a reconnu « la part de souffrance que la France a infligée au peuple rwandais en faisant prévaloir le silence sur l’examen de la vérité ». Tous ses mots étaient pesés pour avoir l’air de concéder une certaine responsabilité de l’État français, sans la reconnaître vraiment.