• Les Inrocks - Artistes et hackers, main dans la main
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/29/actualite/artistes-hackers-main-main-11431165

    Berlin accueillait jusqu’à hier soir le Art Hack Day, un grand raout de nerds durant lequel artistes friands de nouvelles technologies et hackers venus du monde entier ne disposaient que de 48 heures pour concevoir des œuvres multimédias, exposées ensuite pendant une nuit. Reportage.

  • Les Inrocks - « L’Aube dorée risque d’être interdite »
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/29/actualite/laube-doree-risque-detre-interdite-11431190

    Le vote pour l’Aube dorée n’est donc pas un vote d’adhésion à l’idéologie national-socialiste que ce mouvement véhicule.

    Le néo-nazisme grec est une incongruité idéologique. Lors de la seconde guerre mondiale, une majorité du peuple grec s’est soulevé contre une occupation allemande qui a été extrêmement dure. Les électeurs de l’Aube dorée votent moins pour un national-socialisme à la grecque que contre la mise sous tutelle financière du pays, contre la classe politique et contre la « trahison » du LAOS. Les méthodes de campagne de l’Aube dorée, consistant à présenter des candidats non issus de l’establishment et à cibler particulièrement les quartiers populaires délaissés par l’action de l’Etat. Ils ont su aller au devant des couches les plus précaires de la société qui sont à la limite du décrochage social, avec des distributions de repas ou de soupes populaires.

    Quel est l’état des relations entre l’Aube dorée et l’extrême droite française ?

    Il n’y a jamais eu de relations entre l’Aube dorée et le Front national. Marine Le Pen a donné une interview à la télévision grecque (ERT) au printemps 2013 et la question de savoir ce qu’elle pensait de ce parti lui a été ouvertement pensée. La présidente du Front national a répondu qu’elle n’avait rien à voir avec l’Aube dorée. Il faut bien comprendre que l’Aube dorée est le parti d’extrême-droite européen le plus radical à avoir une représentation parlementaire. Il est antisémite, nie la réalité du génocide des juifs, défend une conception raciale de « l’héllénité », ses militants organisent des violences collectives contre les migrants. En 2012, il diffusait encore en 2012 des ouvrages faisant l’apologie de la guerre ethnique (les Turner diaries) ainsi que Mein Kampf.

    #extrême-droite #Grèce #Aube-dorée

  • Les Inrocks - Playlist : les 35 chansons du mois de septembre
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/30/musique/playlist-les-35-chansons-mois-de-septembre-11429468

    Dernier jour de septembre : tour d’horizon des bonnes chansons qui ont accompagné la fin de l’été. Vous pouvez compléter la playlist.
    Septembre 2013 s’efface définitivement ce soir. L’occasion de réécouter les chansons cools qui nous suivent depuis la fin l’été. Avec les élégances conjuguées de Blood Orange, Janelle Monáe et Mac DeMarco, des nouvelles de Mazzy Star et Pixies, le tube d’Arcade Fire, les humeurs contradictoires des Français Moodoïd, Strasbourg et petit fantôme…

    http://www.youtube.com/watch?v=Erjl6rw-ADg&list=PLPTOTx5NkPCacApwlypX8AM3htIib4SdF

    Sans oublier les retours à haut niveau de Booba et Sébastien Tellier, la décontraction de Gap Dream, le premier album de Factory Floor (enfin), les cocktails britanniques préparés par Luxury, FKA Twigs et Troumaca ou encore Gucci Mane et son cornet de glace tatoué sur la joue droite. Les 35 chansons du mois sont compilées dans le player qui suit. Un joli bonus vous attend en fin de tracklist.

    #détente
    #musique

  • Contrôle au faciès, le fléau de la Republique

    Un rapport inquiétant d’Open Society Justice Initiative révèle l’ampleur et les conséquences sur la société française des contrôles d’identité “au faciès”.

    http://www.lesinrocks.com/2013/09/28/actualite/controle-au-facies-fleau-republique-11430848

    Ce n’est pas la première fois que les américains d’#Open-Society se penchent sur le cas français. En 2009 déjà, dans un rapport intitulé “Initiative, Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à #Paris”, on apprenait que les #Noirs subissaient quatre fois plus de palpations que les #Blancs et qui si vous étiez #arabe et vous trouviez à la station Chatelet, vous aviez jusqu’à 15 fois plus de risques d’être contrôlé qu’un blanc. Artiste plus connu sous le pseudo d’Axiom, Hicham Kochman témoigne dans le cadre du nouveau rapport. Sa vision est plutôt sombre :

    « Les gens qui ne vivent pas ce #harcèlement, en vérité, ils ne comprennent pas de quoi on parle… Ils ne savent pas ce que ça provoque en nous, ce que ça fait naître en termes de sentiment, d’être pointé du doigt, comme si on était de seconde zone, de troisième zone. Vous n’êtes rien, taisez-vous. Ils vous font comprendre que vous n’êtes rien, personne, voilà… C’est quand même d’une humiliation permanente, quotidienne, dont on parle. »

    Toutes les études convergent ainsi vers le même constat : en #France, « les personnes issues des “#minorités_visibles” sont contrôlées bien plus fréquemment que leurs homologues blancs ». Au delà des idées reçues, cet état de fait ne concerne pas que la banlieue ou la jeunesse. Lanna Hollo, représentante d’Open Society en France, explique ainsi qu’ « un quadragénaire noir ou arabe en tenue de travail sera plus contrôlé qu’un homme blanc du même profil. » Et de poursuivre en expliquant que « les facteurs s’ajoutent les uns aux autres : si vous êtes un homme, jeune et arabe, vous cumulez les risques ».

    Une police qui a les mains libres pour contrôler mais n’a aucun compte à rendre

    Dans l’état actuel du #droit français, quatre normes juridiques distinctes autorisent le recours aux #contrôles d’identités mais seulement une seule d’entre elles astreint les agents à faire état de soupçons spécifiques pour contrôler un #individu. La loi laisse ainsi une grande marge de manœuvre à la #police pour choisir qui contrôler et comment le faire, ce qui revient, pour les rapporteurs, à proposer « une recette pour une discrimination assurée » puisque la police a « les mains libres et n’a pas de comptes à rendre ». Le rapport pointe également la perte de confiance envers la police et le sentiment d’#insécurité que les forces de l’ordre provoquent chez les populations minoritaires faisant l’objet de contrôles fréquents.

    Lyes Kaouah, étudiant en art dramatique habitant Vaulx-en-Velin raconte : « Nous, quand on marche en ville et qu’on voit des flics, on se sent en insécurité. Il y a pourtant des gens qui grâce à la présence policière se sentent en sécurité. Qu’est-ce que c’est que ce fossé qui nous sépare ? C’est qu’il y a deux France, il y a notre France à nous, la France des quartiers, la France des #immigrés, des gens d’origine étrangère, des #chômeurs, des cas sociaux, et il y a la France des autres, ceux qui se sentent rassurés par les voitures de police. Et on a tous en tête, quand on se fait contrôler, des histoires de bavures, on se dit : « ça pourrait être moi », et plus on grandit, plus on pense à ça. »

    Loin d’être sans conséquences, le sentiment exprimé par Lyes Kaouah se généralise et affecte le travail de la police sur le terrain. Le rapport explique ainsi que « lorsque la confiance dans la police s’effondre, les populations deviennent réticentes à signaler à la police les activités criminelles ou suspectes, et se montrent peu disposées à coopérer et à fournir des renseignements. (…) A mesure que le travail de maintien de l’ordre se complique et que son efficacité est ainsi entravée, la sécurité du public en pâtit à son tour ».

    Un sentiment confirmé par Yannick Danio, major de police et secrétaire national du syndicat Unité Police : « Une police qui a la population contre elle ne peut pas fonctionner. Ce n’est pas possible. Les contrôles à répétition sont contreproductifs. Nous, policiers, nous le disons, les spécialistes, les universitaires, ces personnes qui nous observent le disent. Ça n’a ni queue ni tête ! Nous avons besoin de renverser la vapeur pour ne permettre que des contrôles d’identité justifiés au lieu d’en faire à la pelle. La police nationale a besoin de travailler avec les citoyens et pas contre eux. Sinon c’est le monde à l’envers. »

    #Société #Stigmatisation #Politique #Citoyenneté #Relégation #Discrimination

  • “La France n’a pas été immunisée contre le fascisme”
    Entretien avec l’historienne Michèle Cointet à propos de son livre "La milice française" paru aux Editions Fayard

    http://www.lesinrocks.com/2013/09/19/actualite/la-france-na-pas-ete-immunisee-contre-le-fascisme-11428099
    Quelles sont les sources d’inspiration structurelle et méthodologique de cette organisation paramilitaire ?

    Les modèles sont les S.A. et les S.S. allemands et les faisceaux italiens. Des volontaires s’offrent à participer à la lutte contre les adversaires politiques de l’Etat. Leurs actions rencontreront l’impunité même lorsqu’elles vont jusqu’au crime. Les #miliciens fournissent une force #politique qui offre des cadres. Ils se glissent dans les administrations, cherchent à contrôler la #société. #Laval croyait garder la maîtrise de la milice mais c’était compter sans le dynamisme propre à toute organisation et sans la protection que les Allemands offriront à ses chefs qui obtiennent d’eux les armes que Laval leur refusait.

    La #milice est à la fois de son temps (les #totalitarisme du XX° siècle) et du passé, une résurgence de la #contre-révolution et de la #terreur blanche de 1815. A la veille de la guerre, de nombreux chefs miliciens ont fait leurs armes dans la #Cagoule (le CSAR), organisation secrète créée contre le #Front_populaire. Ils y ont appris la violence allant jusqu’au crime d’#antifascistes italiens. A Nice, berceau régional de la milice, le chef #Joseph_Darnand et ses amis ont appartenu alors à une des branches de la Cagoule, “Les chevaliers du glaive”. L’#idéologie de défense religieuse est renforcée par l’#antisémitisme et un #anticommunisme célébrant la lutte à mort de l’Europe contre les
    barbares soviétiques.

    Pensez-vous comme l’historien israélien Zeev Sternhell que la France n’a pas été immunisée contre le fascisme ?

    Une vive polémique a opposé les #historiens français qui voyaient la France des années trente immunisée contre le fascisme grâce à sa culture républicaine et Sternhell qui pensait qu’elle y avait cédé. L’histoire de la milice prouve qu’elle ne l’était pas. Il a bien existé un #fascisme_français. Ses sources sont repérables dans l’émergence de la Cagoule, qui constitue une mutation de l’#extrême_droite_française convaincue de ce que le meurtre est nécessaire dans l’action politique. Nombre de dirigeants de la milice ont eu cette expérience de la Cagoule et ont constitué alors des réseaux qu’ils réveillent en 1943.

    La milice est #fasciste par sa volonté de conquérir le pouvoir, par sa doctrine, par sa volonté d’attirer des couches sociales diverses, par ses pratiques. La chance de la France a tenu à une Libération précoce et rapide. Je n’ose imaginer ce que serait devenu ce pays si l’occupation avait duré jusqu’en avril 1945.

    #Fascisme #Vichy #Histoire #Michèle_Cointet #Livre

  • Les Inrocks - Un esprit pop souffle sur la rentrée télé
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/13/medias/esprit-pop-souffle-rentree-tele-11422618

    L’esprit pop de cette rentrée se déploiera enfin sur un autre territoire télévisuel : le numérique. Les “nouvelles écritures” se développent partout, surtout au sein d’Arte et de France Télévisions. Les projets hybrides, crossmédia (web-séries participatives comme Anarchy sur France Télé ou Intime conviction sur Arte ; jeux documentaires – Fort McMoney de David Dufresne sur arte.tv), en plus de toutes les plate-formes de culture et d’information (Arte Live Web, Arte Radio, Culturebox…) élargissent les frontières de la création audiovisuelle : c’est aussi dans cet éloignement et cette reconfiguration que la culture pop d’aujourd’hui trouve son nouvel écrin. Son nouvel écran.

    #jeudoc #webdoc #fmmpresse

  • “La mixité sociale à Paris est une notion hypocrite” | Les Inrocks
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/12/actualite/mixite-sociale-notion-hypocrite-11425449

    Des appartements réhabilités à Bastille ou Belleville, des parcs, des terrasses et une flopée d’équipements culturels dans les quartiers populaires : la ville de Paris connaît depuis 20 ans une embellie urbaine, à l’instar de New York ou Londres. Mais alors qu’on vante les bienfaits économiques et écologiques de cette “gentrification”, on passe sous silence le nouveau rapport de force entre ceux qui ont les moyens d’acheter et ceux qui sont chassés des quartiers populaires de plus en plus chers. Dans son livre “Paris sans le peuple”, la géographe Anne Clerval revient sur les dessous de la gentrification. Rencontre.

    #gentrification #mixité #géographie #Paris

  • L’Italie cesse de traquer Enrico Porsia, ex-membre des Brigades rouges exilé en France depuis 30 ans : entretien
    http://www.lesinrocks.com/2013/09/09/actualite/apres-30-ans-dexil-en-france-ancien-militant-brigades-rouges-voit-condam

    Les médias italiens ne semblent pas vous avoir oublié. Vous dites que beaucoup se sont indignés devant la prescription de votre condamnation, pourquoi ?

    Cet été, je suis retourné dans ma ville à Gênes et j’ai donné une interview dans la presse au Nice Matin local, Il Secolo XIX . J’ai dit que m’inclinais devant tous les morts, toutes les victimes de cette “guerre civile de basse intensité”, comme l’a très précisément défini la commission parlementaire italienne ayant travaillé sur les années de plomb, de la naissance du phénomène en 1970 jusqu’à sa fin en 1986. Ça a déchainé des réactions très violentes de la part d’une certaine presse de droite. Il a même été écrit que : “ma présence libre et sereine en Italie est intolérable”. Est-ce une menace ? Ou encore que je ne suis pas “un homme à part entière”. Suis-je donc un sous-homme ? Dans un autre article, publié dans Il Libero, on fait même un parallèle entre moi et Priebke, le criminel nazi affecté aux arrestations domiciliaires à Rome… La remarque est insultante moralement, je me suis toujours battu contre les fascistes. Je tiens aussi à souligner que les Brigades rouges n’ont jamais commis d’attentats aveugles, nous n’avons jamais utilisé l’explosif par crainte de tuer des victimes innocentes. Quant à Priebke, il est quand même condamné pour crime contre l’humanité, le seul crime imprescriptible.

    Pourquoi l’Etat italien refuse-t-il de tourner la page sur ces événements des années 70/80 ?

    L’Italie a choisi uniquement la voie répressive sans jamais s’interroger sur les origines sociologiques d’un phénomène de masse. Pourquoi l’Italie n’arrive-t-elle toujours pas se confronter encore aujourd’hui à ces morceaux de son histoire ? La classe politique italienne, qui avait “gagné contre le terrorisme”, a été balayée après la chute du mur de Berlin, par “Mani pulite” (l’opération mains propres). Soudainement, on a vu apparaître des juges dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Leurs enquêtes ont démontré au pays que toute la classe politique était corrompue. On a vu que Giulio Andreotti, ex-Président “inoxydable” du Conseil italien, avait des rapports organiques avec Cosa Nostra (mafia sicilienne – ndlr). L’Italie était parcourue par des organisations secrètes, notamment la loge maçonnique P2 qui comprenait tous les généraux importants de l’armée, les services de renseignement et qui avait la presse à sa botte. Même le cavaliere Silvio Berlusconi en était membre. On a vu aussi la puissance du Gladio, le réseau secret de l’Otan en Europe. Finalement, l’Etat a gagné militairement contre le “terrorisme” mais pas politiquement. C’est pour ça qu’il n’a pas l’autorité morale pour assumer et dépasser cet épisode historique. Il veut l’enfouir avec des années de prison et en récupérant les exilés à Paris. Sa seule solution : une vengeance infinie. La classe politique a démontré son inconsistance. On le voit aujourd’hui, un saltimbanque comme Beppe Grillo devient le premier parti italien…