• L’hyperstress au travail, fruit du « s’adapter sans cesse », Nicolas Santolaria
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/12/11/le-travail-c-est-pas-la-sante_5227722_4497916.html

    Après le burn-out, le bore-out ou la maladie de tako-tsubo, l’#entreprise semble avoir créé une nouvelle pathologie : l’hyperstress.

    Selon une étude menée entre 2013 et 2017 par le cabinet Stimulus (sic) , 24 % des #salariés français seraient dans un état d’« hyperstress ». Lorsqu’on tombe pour la première fois sur ces chiffres, on se dit : tiens, ils ont trouvé une nouvelle maladie corporate ! En effet, si l’on ne sait plus très bien où en est la production industrielle de l’Hexagone, une chose est sûre : notre pays usine des pathologies professionnelles à la chaîne avec autant de ferveur que des robots mixeurs durant les « trente glorieuses ».
    Un rapport publié en 2008 par l’Organisation mondiale de la #santé plaçait même la France à la troisième place des pays recensant le plus grand nombre de #dépressions liées au #travail. Burn-out, bore-out, brown-out, tako-tsubo, la litanie terminologique des misères induites par l’activité professionnelle n’a cessé de s’étendre ces dernières années, sans réussir à endiguer la propagation d’un mal-être généralisé et protéiforme. Avec 24 % d’hyperstressés, l’entreprise française semble s’orienter vers une situation où le normal et le pathologique pourraient à terme fusionner, pour accoucher d’une véritable patho-normalité.

    « Comment ça va, ce matin ?, vous demanderait alors votre collègue, dans ce contexte où le malaise psychique serait devenu aussi courant que le rhume en hiver.
    − Je reviens tout juste de burn-out et, comme le patron m’a interdit d’aller aux toilettes pendant mes heures de service malgré mon problème de prostate, je sens monter un léger hyperstress. Mais c’est tout à fait supportable. »

    Dans ce monde où la culture de la lutte a progressivement laissé place à une culture victimaire, l’hyper­stress, dernier barreau sur l’échelle de la mesure du stress psychologique, touche prioritairement les secteurs de la santé humaine et des actions sociales, des arts, spectacles et activités récréatives, et des services. Affectant fortement les femmes et les plus de 50 ans , ce stress, si élevé qu’il en devient dommageable pour la santé, est induit par un sentiment d’inadaptation cognitive aux exigences de l’époque. Il faut « s’adapter sans cesse » et traiter des informations « nombreuses et complexes », alors même que l’autonomie et la reconnaissance font défaut.

    Comparativement au #stress, qui conduisait à se ronger les ongles, on peut se demander si l’hyperstress ne pourrait pas déboucher sur le fait de se dévorer carrément le bout des doigts, en une inquiétante pulsion cannibale appliquée à soi-même. Supposition fantasque, mais qui fait écho au dernier ouvrage du philosophe allemand Anselm Jappe, La Société autophage. Capitalisme, démesure et autodestruction (La Découverte, 248 p., 22 €), où le mythe grec d’Erysichthon est remis au goût du jour. Puni pour un outrage à la nature, ce roi écocide fut condamné à connaître une faim insatiable qui le conduisit, après avoir englouti tout ce qui se trouvait autour de lui, à arracher ses membres et à se nourrir de son propre corps. Soit un devenir à la fois problématique, funeste, et franchement hyperstressant…

    #capitalisme #barrière_hémato-encéphalique


  • I was a terrible PhD supervisor. Don’t make the same mistakes I did | Education | The Guardian
    https://www.theguardian.com/higher-education-network/2016/mar/24/i-was-a-terrible-phd-supervisor-dont-make-the-same-mistakes-i-did

    Research points to high levels of depression among PhD students.

    (...) Every one of my students got depressed at the beginning of their second year. They reached a point where they finally understood what they were trying to do, but did not yet believe that they could do it.

    (...) Looking back, perhaps what they were missing was the feeling of competence. I could have had them give seminars, conference talks or even work with undergrads or first-year PhD students, anything to make them realise how much they’d already achieved.

    (...) I didn’t know how to foster trust, celebrate success or maintain motivation. I was an utterly appalling supervisor and I didn’t even realise it. Perhaps you can learn from my example.

    #recherche #management #dépression #vécu


  • Le lien entre stress et dépression mis au jour
    Martine Letarte, Québec Science, le 3 janvier 2019
    https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/stress-depression

    Article original :

    Social stress induces neurovascular pathology promoting depression
    Caroline Menard, Madeline L. Pfau, Georgia E. Hodes, Veronika Kana, Victoria X. Wang, Sylvain Bouchard, Aki Takahashi, Meghan E. Flanigan, Hossein Aleyasin, Katherine B. LeClair, William G. Janssen, Benoit Labonté, Eric M. Parise, Zachary S. Lorsch, Sam A. Golden, Mitra Heshmati, Carol Tamminga, Gustavo Turecki, Matthew Campbell, Zahi A. Fayad, Cheuk Ying Tang, Miriam Merad & Scott J. Russo
    Nature Neuroscience 20:1752–1760 (2017)
    https://www.nature.com/articles/s41593-017-0010-3

    #Science #Stress #Dépression


  • La #dépression de l’époque
    #Dalila_Awada, Métro (Montréal), le 8 janvier 2019
    http://journalmetro.com/opinions/dalila-awada/2034903/la-depression-de-lepoque

    Peut-être ressentez-vous une sensation étrange lorsque vous entendez parler de crise écologique ? Lire des articles qui projettent les scénarios catastrophes fait naître chez plusieurs une anxiété diffuse, comme si le corps et le cerveau cherchaient à nous préparer aux bouleversements à venir.

    Il y a quelques jours, lors d’un souper, une amie racontait qu’elle avait passé le temps des Fêtes déprimée parce que la prise de conscience est soudainement devenue plus concrète que jamais. Bien sûr, elle sait depuis longtemps que la situation environnementale est alarmante, mais là, c’est différent : le point de non-retour arrive à une vitesse vertigineuse. Elle comprenait que nos vies seraient radicalement changées dans un avenir rapproché.

    Quand l’horizon semble aussi obstrué, comment ne pas ressentir de l’abattement ?

    Plusieurs chercheurs et chercheuses ont étudié les réactions psychologiques liées aux changements climatiques qui s’opèrent sur la planète. Un philosophe australien, Clive Hamilton, fait le lien avec les différentes phases traversées lors d’un deuil : d’abord le déni, suivi de la colère et du marchandage, puis la dépression, et enfin l’acception. C’est une hypothèse que fait également la biologiste Anne-Caroline Prévôt, qui explique, dans un article publié sur Reporterre, que le cerveau cherche à se protéger face à des informations qui seraient trop déstabilisantes. C’est là qu’apparaissent divers mécanismes de rejet et d’évitement.

    Toutes ces réactions psychiques de détresse ne sont donc pas étonnantes puisque les informations qu’on reçoit sur l’état de la planète Terre ont quelque chose d’assommant. C’est extrêmement troublant d’avoir à assimiler l’idée que le monde tel que nous le connaissons est en déliquescence.

    Mais c’est désormais bel et bien notre réalité.

    La bonne nouvelle, c’est qu’une fois qu’un deuil est surmonté, on regagne la capacité d’agir et de se projeter dans l’avenir. Il ne s’agit donc pas de démissionner, mais de renouer avec la volonté de se battre. Chercher coûte que coûte à renverser le cours des choses. Ça ne sera possible qu’en cessant le marchandage avec le modèle économique actuel qui nous a propulsés tout droit dans le mur. La tâche est colossale face à des gouvernements et industries qui cherchent le profit à court terme au détriment de notre avenir à long terme, mais il est dit que de se mettre en action contribue déjà à sortir de la noirceur.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène


  • #Food_matters

    Food Matters examines how the food we eat can help or hurt our health. Nutritionists, naturopaths, doctors, and journalists weigh in on such topics as organic food, food safety, raw foodism, and nutritional therapy.

    J’ai regardé ce #film (sans avoir lu aucune critique au préalable, juste parce que le titre m’intriguait) :
    https://www.foodmatters.com/films
    #documentaire

    ... et je dois dire que je suis pas mal perplexe... est-ce que quelqu’un l’a vu ? Une opinion ?

    #nutrition #médecine #santé #you_are_what_you_eat #alimentation #sols #agriculture #industrie_agro-alimentaire #raw_food #crudisme #Paul_Kouchakoff #superfood #vitamines #vitamine_C #Linus_Paulin #Gerson_Therapy #maladies_cardio-vasculaires #végétarisme #industrie_pharmaceutique #big-pharma #édition_scientifique #science #dépression #santé_mentale #eau #boire #cancer #chimiothérapie #médecine_orthomoléculaire

    –---------------

    Médecine orthomoléculaire

    La médecine orthomoléculaire se propose de soigner les personnes par l’apport optimal de substances naturellement connues de l’organisme, par opposition à l’utilisation de molécules à effets thérapeutiques créées par l’humain. Cette thérapeutique n’est pas validée par la communauté médicale et est considérée comme inefficace.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_orthomol%C3%A9culaire

    #Max_Gerson

    Max Gerson (18 octobre 1881 - 8 mars 1959) était un médecin américain d’origine allemande qui a développé la #thérapie_de_Gerson, un régime alimentaire comme traitement du cancer, qui prétend pouvoir guérir le cancer et la plupart des maladies chroniques dégénératives.

    Gerson a décrit son approche dans le livre A Cancer Therapy : Results of 50 Cases. The National Cancer Institute a évalué ces allégations pour conclure que ce traitement n’apportait pas de bénéfices.

    Après la mort de Gerson, sa fille Charlotte Gerson a continué de promouvoir la thérapie via la fondation « Gerson Institute » en 1977

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Gerson

    Une mention est faite aussi de la #Campaign_for_the_truth_medicine, dont on trouve très peu d’info sur la toile...


  • How to survive and get profit during the crypto apocalypse?
    https://hackernoon.com/how-to-survive-and-get-profit-during-the-crypto-apocalypse-c3ae92f13b6a?

    The November 2018 latest notorious crypto free-fall has continued sending all the crypto assets to their lowest levels for well over a year. Total market capitalization is back to August 2017 levels and the market mood is far from excitement.The #bitcoin lost 12% in 24 hours on November 20th, which sent it below $5,000 for the first time since October 2017. However, the bulls were in control of the markets back in the day, whereas today it is the bears. Meanwhile, Ethereum is dying slow as another SEC charge on two ICOs has put them all in panic mode. ETH has been smashed again lately falling another 13% to below $150, its lowest level since May 2017. Fact is, even before the ICO 17’ boom Ethereum performed better so it could be the end of days for high priced ETH.Instead of waiting (...)

    #market-fall #crypto-apocalypse #trading #depression


  • Mark Fisher, pop philosophe mélancolique
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/18/mark-fisher-pop-philosophe-melancolique_1698587

    C’est un petit livre, à peine plus épais qu’un opuscule, qui cache une forêt. Publié par Entremonde, éditeur genevois spécialisé dans les essais critiques et politiques, on aurait vite fait de laisser sa couverture noire et argent s’évanouir dans la pléthore éditoriale de l’automne. Certains, pourtant, attendent le Réalisme capitaliste, première traduction française du philosophe et critique Mark Fisher, depuis très longtemps. Ceux qui connaissaient la réputation de cette dissection habile du capitalisme tardif éditée en anglais en 2009, et louée par Slavoj Zizek et les philosophes accélérationnistes. Egalement ceux qui suivaient à la trace ses critiques musicales dans les magazines NME ou The Wire. Encore ceux qui étaient abonnés, dans les années 2000, au forum de discussion Dissensus, qu’il avait créé avec le blogueur journaliste Matt Ingram, et lisaient régulièrement son blog K-Punk pour découvrir au jour le jour les inventions théoriques qu’il y développait.

    #livres #édition #culture #musique #cinéma

    • Résultat de six ou sept années de recherches entamées à l’université et affinées sur Internet, Réalisme capitaliste n’est pas un livre sur l’art, ni sur la musique. Quelques musiciens comme Kurt Cobain y apparaissent, tout comme certains films et cinéastes (Wall-E, Blue Collar de Paul Schrader) mais c’est de loin son texte le moins référencé - il est ainsi moins ardu que le suivant, Ghosts of My Life (2014), qui développe nombre de ses idées par le prisme de la musique électronique, dont Fisher était un défenseur et un « pratiquant » fervent depuis l’ère des raves, au début des années 90. Vincent Chanson, qui travaille pour la maison d’édition Entremonde, précise : « Pour introduire Fisher aux lecteurs français, on a choisi de commencer par Réalisme capitaliste. L’entrée dans son œuvre par la musique est un peu rédhibitoire - les œuvres dont il parle sont peu connues hors des amateurs de jungle et de techno. »

      Comme son sous-titre l’indique (N’y a-t-il aucune alternative ?), le premier livre de Mark Fisher est plutôt un guide de survie dans un #capitalisme si englobant qu’il en circonscrit tous les possibles politiques. On connaît l’adage attribué à Zizek comme quoi « la fin du monde est plus facile à imaginer que la fin du capitalisme ». Le Slovène avait imaginé sa formule (ou l’avait emprunté au philosophe américain Fredric Jameson, personne n’en est bien sûr) pour expliquer la recrudescence des scènes de destruction massive dans l’#imaginaire hollywoodien. Lui-même lecteur attentif de Zizek et de Jameson et critique féru de cinéma de genre, Fisher débute son livre par un chapitre titré d’après la fameuse phrase du philosophe slovène et une analyse des Fils de l’homme d’Alfonso Cuarón (2006). Le philosophe l’estimait plus qu’aucun autre film d’anticipation pour sa manière de présenter « une dystopie qui soit spécifique au capitalisme tardif […], dans lequel l’ultra-autoritarisme et le capital ne sont nullement incompatibles : les camps d’internement y coexistent avec des coffee bars franchisés. » A travers ce film, qui se déroule au beau milieu d’une catastrophe dont les causes sont aussi impossibles à déterminer qu’une action qui viendrait l’arrêter, Fisher décrypte un temps où les sociétés auraient intégré que plus aucune rupture ne viendra mettre fin à un cycle infini de « réitération et repermutation ». Ce monde presque stérile, animé d’un « espoir messianique faible » et charriant la #dépression comme une épidémie, c’est bien sûr le nôtre, condamné depuis l’effondrement de l’URSS à survivre au sein d’un capitalisme sans alternative.

      Dans les années 2000 et 2010, d’où écrit Fisher, l’#art ne « peut plus qu’imiter des styles morts, parler avec des masques », et le capitalisme n’a plus besoin de « contenir et absorber les énergies venues du #dehors. A présent, c’est le problème contraire qui se pose à lui : n’étant que trop bien parvenu à assimiler l’extérieur, comment peut-il fonctionner sans un ailleurs qu’il peut coloniser et s’approprier ? » Le réalisme capitaliste est ainsi une tentative de description de ce qui reste quand « les croyances se sont effondrées, ramenées au niveau de l’élaboration rituelle ou symbolique ». C’est un capitalisme qu’on ne critique plus en soi mais dont on #critique les dérives de ceux qui profitent du système ; un réalisme qu’on ne peut plus contester sans se voir opposer un principe de réalité puisque l’idéologie qu’il incarne se présente comme un fait et non plus comme un argument (le fameux « il n’y a pas d’alternative » thatchérien).

      Incarnation d’un monde hanté
      Comment lutter ? Où planter les graines pour refonder un autre monde quand la gauche se partage entre les « immobilistes » et les « communistes libéraux, qui affirment que les excès immoraux du capitalisme doivent être contrebalancés par la charité », et que la croyance même à cet autre monde est présentée comme un fanatisme ? Avant de se lancer dans un sommaire préambule de réponse, Fisher, dans Réalisme capitaliste, décrit, analyse, fouille où il peut, dans les objets culturels notamment, qui sont ses biais critiques de choix. Et une grande part de son inquiétude provient des symptômes qu’il décèle dans les œuvres d’art elles-mêmes. D’une part, elles sont l’incarnation d’un monde hanté par son incapacité à se renouveler réellement, qu’il désignera plus tard par le mot-valise, emprunté à Derrida dans Spectres de Marx, d’« #hantologie ». De l’autre, elles se retrouvent emblématiques d’une incapacité à subvertir la culture capitaliste puisque cette dernière est désormais capable de les « précorporer », c’est-à-dire « formater et façonner de manière préventive les désirs, les aspirations et les espoirs » qu’ils expriment.

      #désir


  • Linguistic red flags from Facebook posts can predict future depression diagnoses — ScienceDaily
    https://www.sciencedaily.com/releases/2018/10/181015150643.htm

    Research finds that the language people use in their Facebook posts can predict a future diagnosis of depression as accurately as the tools clinicians use in medical settings to screen for the disease.

    In any given year, depression affects more than 6 percent of the adult population in the United States — some 16 million people — but fewer than half receive the treatment they need. What if an algorithm could scan social media and point to linguistic red flags of the disease before a formal medical diagnosis had been made?

    Ah oui, ce serait fantastique pour les Big Pharma : la dépression est une maladie complexe, dont les symptômes graves sont souvent confondus avec la déprime qui est un état sychologique que nous connaissons tous. Notre Facebook, couplé avec notre assistant vocal Amazon nous gorgerait de Valium, et tout irait pour le mieux dans le Meilleur des mondes.

    Considering conditions such as depression, anxiety, and PTSD , for example, you find more signals in the way people express themselves digitally."

    For six years, the WWBP, based in Penn’s Positive Psychology Center and Stony Brook’s Human Language Analysis Lab, has been studying how the words people use reflect inner feelings and contentedness. In 2014, Johannes Eichstaedt, WWBP founding research scientist, started to wonder whether it was possible for social media to predict mental health outcomes, particularly for depression.

    “Social media data contain markers akin to the genome,” Eichstaedt explains. “With surprisingly similar methods to those used in genomics, we can comb social media data to find these markers. Depression appears to be something quite detectable in this way; it really changes people’s use of social media in a way that something like skin disease or diabetes doesn’t.”

    Il y a au moins une bonne nouvelle sur la déontologie scientifique :

    Rather than do what previous studies had done — recruit participants who self-reported depression — the researchers identified data from people consenting to share Facebook statuses and electronic medical-record information, and then analyzed the statuses using machine-learning techniques to distinguish those with a formal depression diagnosis.

    Les marqueurs considérés sont aussi des marqueurs sociaux et économiques, qu’il faudrait traiter autrement qu’avec des médicaments.

    They learned that these markers comprised emotional, cognitive, and interpersonal processes such as hostility and loneliness, sadness and rumination, and that they could predict future depression as early as three months before first documentation of the illness in a medical record.

    La conclusion est fantastique : il faut rendre le balayage obligatoire !!!

    Eichstaedt sees long-term potential in using these data as a form of unobtrusive screening. “The hope is that one day, these screening systems can be integrated into systems of care,” he says. “This tool raises yellow flags; eventually the hope is that you could directly funnel people it identifies into scalable treatment modalities.”

    Despite some limitations to the study, including its strictly urban sample, and limitations in the field itself — not every depression diagnosis in a medical record meets the gold standard that structured clinical interviews provide, for example — the findings offer a potential new way to uncover and get help for those suffering from depression.

    #Dépression #Facebook #Foutaises #Hubris_scientifique #Big_pharma #Psychologie


  • Un fil de discussion intéressant initié par @MoMdt pour celleux qui enseignent...

    Reprenons donc 🤓 1er cours de Présentation des méthodes en sciences sociales en L1 (son petit nom sera #PMSS) : globalement ça s’est bien passé - voilà donc ce qu’on y a fabriqué (et comment je l’ai fabriqué) #pédagogie_universitaire

    https://twitter.com/MorganeMdt/status/1043131517923418112
    –-> à défiler

    On y découvre notamment ces liens, vers des #ressources_pédagogiques :

    #Taxonomies d’objectifs d’apprentissage et exemples de verbes d’action


    https://www.unige.ch/dife/files/3514/5372/9196/Taxonomies-verbes-action_SEA-2015.pdf
    #taxonomie_de_bloom #Berthiaume #Daele #Krathwohl

    #Pédagogie et #handicaps

    Ces #fiches_pédagogiques ont pour objectif de promouvoir les bonnes pratiques à mettre en place pour compenser les contraintes liées au handicap mais aussi ses conséquences sur la vie étudiante des élèves concernés.

    #Anorexie (PDF, 540 Ko)
    #Autisme à haut niveau de fonctionnement (PDF, 590 Ko)
    #Dépression (PDF, 543 Ko)
    #Dyslexie (PDF, 591 Ko)
    #Dyspraxie (PDF, 608 Ko)
    #Handicap_auditif (PDF, 948 Ko)
    #Handicap_visuel (PDF, 1,09 Mo)
    #Trouble_bipolaire (PDF, 572 Ko)
    Trouble #déficit_de_l'attention avec ou sans #hyperactivité (TDA/H) (PDF, 611 Ko)

    http://www.sciencespo.fr/enseignants/fr/accompagnements/handicap
    #handicap

    Elaborer un #syllabus de cours (ou #plan_de_cours)
    https://www.unil.ch/files/live/sites/cse/files/shared/brochures/memento_syllabus_cours.pdf

    Le syllabus de MoMdt sur « Présentation des méthodes en sciences sociales (PMSS) »
    https://drive.google.com/file/d/1mgyc8kyhNnPYdw76DTUsS25W4HFLRsCC/view

    Et une chanson :
    "It’s In Your Syllabus"
    https://www.youtube.com/watch?v=M9DLZO1J8aQ&feature=youtu.be

    #enseignement #ressources_pédagogiques #pédagogie #apprentissage


  • #Psychiatrie : des centres médico-psychologiques engorgés
    https://www.allodocteurs.fr/maladies/psychiatrie/psychiatrie-des-centres-medico-psychologiques-engorges_25310.html

    Depuis plusieurs mois, le secteur de la psychiatrie est en pleine #dépression. Les #grèves se multiplient dans les #hôpitaux_publics. Moins connus, les centres médico-psychologiques sont aussi à bout. Au CMP de Montreuil, en banlieue parisienne, les délais d’attente pour un premier rendez-vous sont en moyenne d’un an.



  • What #existentialism Can Teach Us About Dealing With #depression
    https://hackernoon.com/what-existentialism-can-teach-us-about-dealing-with-depression-72a4f4413

    Photo from UnsplashNote: This article is one in a series of articles about the #philosophy of existentialism and how it can be applied to our lives. Here are all the articles in the series:_________________________________Existentialism and AnxietyExistentialism and Depression (You’re reading this right now)More articles to come…_____________________________Depression in the United StatesBefore I dive deeper into how existentialist philosophy can help with depression, let’s take a look at some facts about depression within the United States. In this case, I’m going to be looking at major depression.According to the National Institute of Mental Health, major depression is one of the most common mental disorders within the United States.An estimated 16.2 million adults (6.7% of U.S. adults) (...)

    #mental-health #self-improvement


  • Can Reading Make You Happier ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/cultural-comment/can-reading-make-you-happier

    Bibliotherapy is a very broad term for the ancient practice of encouraging reading for therapeutic effect. The first use of the term is usually dated to a jaunty 1916 article in The Atlantic Monthly, “A Literary Clinic.” In it, the author describes stumbling upon a “bibliopathic institute” run by an acquaintance, Bagster, in the basement of his church, from where he dispenses reading recommendations with healing value. “Bibliotherapy is…a new science,” Bagster explains. “A book may be a stimulant or a sedative or an irritant or a soporific. The point is that it must do something to you, and you ought to know what it is. A book may be of the nature of a soothing syrup or it may be of the nature of a mustard plaster.” To a middle-aged client with “opinions partially ossified,” Bagster gives the following prescription: “You must read more novels. Not pleasant stories that make you forget yourself. They must be searching, drastic, stinging, relentless novels.” (George Bernard Shaw is at the top of the list.) Bagster is finally called away to deal with a patient who has “taken an overdose of war literature,” leaving the author to think about the books that “put new life into us and then set the life pulse strong but slow.”

    Today, bibliotherapy takes many different forms, from literature courses run for prison inmates to reading circles for elderly people suffering from dementia.

    Je me doute que lire fait du bien quand on déprime mais déprime empêche de lire, ou en tout cas exige de lire des livres vraiment prenants et empêche de lire des livres plus difficiles, qui demandent un plus gros effort d’attention.

    #dépression #lecture


  • Common Drugs May Be Contributing to Depression - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/06/13/well/prescription-drugs-depression-suicide.html

    Could common prescription medications be contributing to depression and rising suicide rates?

    Over one-third of Americans take at least one prescription drug that lists depression as a potential side effect, a new study reports, and users of such drugs have higher rates of depression than those who don’t take such drugs.

    Many patients are taking more than one drug that has depression as a side effect, and the study found that the risk of depression increased with each additional such drug taken at the same time.

    About 200 prescription drugs can cause depression, and the list includes common medications like proton pump inhibitors (P.P.I.s) used to treat acid reflux, beta-blockers used to treat high blood pressure, birth control pills and emergency contraceptives, anticonvulsants like gabapentin, corticosteroids like prednisone and even prescription-strength ibuprofen. Some of these drugs are also sold over-the-counter in pharmacies.

    For some drugs, like beta-blockers and interferon, the side effect of depression is well known, but the authors of the study were surprised at how many drugs were on the list.

    “We didn’t prove that using these medications could cause someone who was otherwise healthy to develop depression or suicidal symptoms. But we see a worrisome dose-response pattern: The more of these medications that have these adverse effects that you’re taking concurrently, the higher the risk of depression,” Dr. Qato said.

    #Santé_publique #Dépression #Médicaments #Pharmacie



  • Many People Taking Antidepressants Discover They Cannot Quit - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/04/07/health/antidepressants-withdrawal-prozac-cymbalta.html

    “The tapering rates given by doctors are often way, way too fast,” said Laura Delano, who had severe symptoms while trying to get off several psychiatric drugs. She has created a website, The Withdrawal Project, that provides resources on psychiatric drug withdrawal, including a guide to tapering off.

    She is hardly the only one bewildered by the scarcity of good medical advice about unwinding prescriptions that have become so common.

    https://withdrawal.theinnercompass.org

    #sevrage #antidépresseurs #dépression #santé #santé_mentale

    • Antidepressants and Withdrawal: Readers Tell Their Stories - The New York Times
      https://www.nytimes.com/2018/04/17/health/antidepressants-withdrawal-readers.html

      Their reasons for wanting to stop taking them were rooted in part in the understanding that antidepressants were supposed to be a short-term solution, a bridge over troubled waters. But by the mid-1990s, drug makers had convinced government regulators that when taken long-term, the medications sharply reduced the risk of relapse in people with chronic, recurrent depression.

      Thus began the era of indefinite or open-ended prescribing, and not just for the most severe cases of depression. The change in practice roughly coincided with the promotion of the “chemical imbalance” theory of depression: Marketers and some researchers implied that antidepressants corrected deficits in brain levels of serotonin, a neurotransmitter.

      In truth, the theory has scant basis. No one knows the underlying biology of depression or any mood disorder. But that shift — along with a change in federal regulations, in 1997, allowing drug makers to advertise directly to consumers — helped undermine the stigma associated with depression and mood disorders generally.

      #science_fictive


  • Harcelés à l’armée | France Culture - Les Pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/harceles-a-larmee

    Parce qu’elle est une femme, parce qu’il est homosexuel, ils ont subi des remarques déplacées, des #agressions plus ou moins graves, de la part de camarades mais surtout de supérieurs, au sein de leur régiment.

    « On va dire que c’est de ta faute, alors dis rien et tais-toi ». Morgane B.

    Parce qu’ils ont osé parler et dénoncer ce qu’ils traversaient, ils ont été poussés à la #démission, à la #dépression, parfois jusqu’au #suicide.


    #harcèlement #viol #Themis #armée #audio #radio #Pieds_sur_terre


  • #Résistance et #activisme : comprendre la dépression grâce à l’#écopsychologie (Will Falk, Le Partage)
    http://partage-le.com/2017/07/resistance-et-activisme-comprendre-la-depression-grace-a-lecopsychologie

    Je suis un activiste écologiste. Je souffre de dépression. Être un activiste tout en souffrant de #dépression me place directement face à un dilemme sans issue : la #destruction du monde naturel engendre un #stress qui exacerbe la dépression.
    […]
    Je sais que la #réalité que j’ai décrite est âpre pour ceux d’entre nous qui vivent avec la dépression. Néanmoins, c’est la réalité. Pour nombre d’entre nous, la dépression est une #maladie à perpétuité. Sur le long terme, il est toujours préférable d’accepter une dure réalité plutôt que de se maintenir dans un état de #déni. J’ai compris que le fait d’accepter cette réalité m’aidait à gérer ma dépression au quotidien et me permettait d’être plus efficace en tant qu’activiste.


  • Je ne fais pas une vraie #dépression - La Presse+
    http://plus.lapresse.ca/screens/ffe9fb3b-f2fb-4329-bda8-df82f94ec613__7C___0.html

    Je me permets un parallèle, pour reprendre une question à laquelle on a beaucoup réfléchi, collectivement, récemment : un peu comme le système de justice persiste à juger les agressions de nature sexuelle avec les mêmes critères et procédures que les autres crimes en dépit du caractère visiblement inique de ces méthodes (où l’accusé peut rester confortablement assis dans son box pendant qu’on crucifie les victimes devant le tribunal), le monde du travail continue souvent à jauger la maladie mentale à travers un filtre qui ne lui convient pas : celui des maladies physiques. Je disais tout à l’heure que j’avais le cerveau foulé, c’était la meilleure métaphore que j’aie pu trouver et elle dénote bien notre façon de voir à tous.

    En réalité, si mon cerveau était foulé comme une cheville, il serait plus facile de mettre une date sur mon retour au travail et de mesurer adéquatement mon degré d’invalidité.

    Mon processus de guérison progresserait graduellement et ne serait pas affecté par le fait que le reste de ma vie soit en train de s’écrouler. Il n’y aurait ni rechutes ni faux espoirs. Mais ce n’est pas comme ça que la dépression en particulier fonctionne. Elle ne m’empêche pas de parler. Elle ne m’empêche pas d’avoir de bonnes journées. Elle ne m’empêche pas de désirer réellement m’en sortir et d’avoir parfois envie de revivre et de voir du monde. Sauf qu’à chaque fois, elle trouve le moyen de revenir à la charge et de me tuer.

    • Ils ont aussi utilisé ce nouveau truc qui consiste à éplucher les pages Facebook et Instagram de l’assuré afin de démontrer, preuves à l’appui, en cas de poursuite, qu’il n’est pas dépressif : « Regardez, sur cette photo-là, il sourit ; sur celle-là, il s’occupe de ses enfants et semble tout joyeux, sur cette autre-là, il fait du jogging par - 35 °C… Est-ce bien là le comportement d’un dépressif, votre honneur ? »

      Moi c’est plutôt FB qui me rendrait dépressif.

      Chemin faisant, je me suis mis vraiment en colère, mais ne vous inquiétez pas pour moi : être en maudit m’aide à passer au travers.

      La colère pour lutter contre la dépression ! ouais ça marche, avec une saine colère (c’est pas les sujets qui manque) Parfois ça me boost.


  • Le nombre de suicides reste élevé mais diminue
    La France se classe au dixième rang sur 32 pays européens. Les hommes sont plus touchés que les femmes , L’éMonde

    En 2014, 8 885 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine, soit un par heure en moyenne. Un chiffre élevé, mais en diminution de près d’un quart (– 26 %) par rapport à 2003, et qui confirme une baisse tendancielle entamée en 1985. C’est ce que révèle le rapport de la troisième édition de l’Observatoire national du suicide, publié le 5 février par le ministère de la santé et l’agence Santé publique France, à l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide.

    Le rapport précise que ce chiffre de 8 885 suicides est sous-évalué de 10 %, car il ne prend en compte que les décès officiellement enregistrés comme morts volontaires. En incluant ceux pour lesquels il existe une « très forte certitude », mais pas de certificat, on atteindrait quasiment 10 000 décès, soit près de trois fois le nombre de personnes tuées dans les accidents de la route (3 384) en 2014.

    Ces chiffres ne sont pas bons. Avec un taux de suicide de 14,9 pour 100 000 habitants en 2014, la France présente un des taux les plus élevés en Europe. Elle se situe au dixième rang sur trente-deux, après la Finlande, la Belgique et la plupart des pays de l’Est. Le suicide est d’ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans (16,2 % des décès de cette tranche d’âge en 2014, après les accidents de circulation). Une mauvaise place européenne que les autorités sanitaires appellent toutefois à interpréter « avec une extrême prudence »." La France a un moyen relativement précis de connaître le nombre de suicides, ce qui n’est pas le cas de tous les pays « , souligne Jean-Marc Aubert, à la tête de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques,au ministère de la santé, qui copilote l’observatoire. Le relativement bon recensement des suicides jouerait donc en défaveur de la France dans les comparaisons internationales.

    Interrogé sur les raisons de cette » baisse tendancielle « du nombre de suicides dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques depuis 1990 (exceptés le Japon et la Corée), et depuis 1985 en France, M. Aubert assure que le phénomène est » complexe « , » multifactoriel « et fait l’objet de travaux de recherche. » Malgré toutes ces recherches, on ne sait pas pourquoi ça baisse « , reconnaît-il.

    Et si le nombre de suicides diminue, le profil des personnes qui se donnent la mort reste, lui, globalement similaire d’une année sur l’autre. Ce sont surtout des hommes (23,1 décès pour 100 000 habitants, contre 6,7 chez les femmes). Le taux de suicide » augmente fortement avec l’âge « , note le rapport. Autre constante : des taux de suicide plus élevés sont enregistrés dans la moitié nord du pays. La pendaison reste le mode de suicide le plus fréquent (57 % des décès), loin devant les armes à feu (12 %), les prises de médicaments et autres substances (11 %) et les sauts d’un lieu élevé (7 %).

    Numéro de secours
    L’observatoire rapporte enfin que 78 128 personnes (47 981 femmes et 30 147 hommes) ont été hospitalisées en 2015, dans des services de médecine et de chirurgie, pour tentative de suicide. Un chiffre stable depuis 2013, en baisse après un pic à 91 203 en 2010. Ce nombre de patients est sans doute bien en dessous de la réalité, car il ne prend pas en compte ceux passés aux urgences après une tentative de suicide, mais non hospitalisés, ou ceux hospitalisés en psychiatrie sans être passés auparavant par un service de médecine.

    Afin d’améliorer la prévention et de faire diminuer le nombre de décès par suicide, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé, le 26 janvier, lors d’un discours consacré à la psychiatrie, qu’elle allait étendre, ces deux prochaines années, le dispositif pour recontacter les » suicidants " à leur sortie des urgences ou d’hospitalisation et mettre en place un numéro de secours pour les personnes en détresse psychique extrême.

    François Béguin

    Dans « Suicide. L’envers de notre monde », à paraître le 8 février, les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet analysent la surprenante baisse du taux de suicides en France et dans la plupart des pays, en dehors des plus pauvres - Bonnes feuilles

    Depuis 2006, des changements importants sont intervenus dans l’évolution du suicide, dans notre pays et dans une grande partie du monde. Un rapide coup d’œil sur la courbe d’évolution du suicide en France depuis le début du XIXe siècle suffit pour constater une tendance à la baisse à partir de 1985. Depuis plus de trente ans, le mouvement est net, régulier et de grande ampleur. Le taux de suicides s’établissait au cours des années 1985 et 1986 à 22,5 pour 100 000 habitants, soit un niveau voisin des années précédant la Première Guerre mondiale, très proche du maximum jamais enregistré une seule fois dans notre pays (25 en 1908). Il est tombé en 2013 à 15,1 et à 13,8 en 2014, soit un niveau identique ou légèrement inférieur à celui que la France a connu dans les années 1950, dans l’immédiat après-guerre et au tout début des années de forte croissance : l’un des plus faibles qui ait jamais été enregistré au cours du XXe siècle, à l’exception des années de guerre. En résumé, au cours des trente dernières années, le taux de suicides est passé du niveau maximum au niveau minimum !

    Il ne s’agit pas d’un effet de structure provoqué par la fonte au cours de la période des effectifs de catégories particulièrement suicidaires, comme les agriculteurs ou les ouvriers. Ce mouvement à la baisse n’est pas non plus le fait d’une catégorie particulière de la population. Il affecte, bien qu’à des degrés divers, l’ensemble des composantes de la population, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les agriculteurs, les employés, les ouvriers et les cadres. C’est parmi les personnes âgées de plus de 60 ans que la baisse est la plus accentuée : sur les 9 715 décès par suicide enregistrés par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2012, la moitié (47 %) concerne des personnes de 55 ans et plus. La baisse la plus marquée du taux de suicides est observée dans les classes d’âge où les suicides sont les plus nombreux. Il en résulte une baisse importante du taux de suicides global. Une baisse du taux de suicides des jeunes ne se traduirait pas par une baisse « visible » du taux global. Le constat est clair, mais son explication n’est pas évidente.

    La forte hausse qui l’a précédée entre 1975 et 1985 était, en revanche, plus compréhensible. S’ouvre en effet à partir de la fin des années 1970, suite aux « chocs pétroliers », une nouvelle conjoncture économique qui met à mal nombre de protections et de sécurités dont jouissaient les travailleurs au cours des trente années de croissance. L’instauration d’un chômage de masse, durable et à un niveau élevé, en est le trait le plus marquant. La compétition internationale et la mondialisation des marchés conduisent les entreprises à s’adapter à la nouvelle donne : fermetures d’entreprises, délocalisations et vagues massives de licenciements d’un côté ; intensification du travail, précarisation des emplois et flexibilité croissante des rythmes de travail de l’autre. La dictature grandissante des impératifs du capital financier, de la spéculation boursière et des crises qu’elle entraîne ébranle durablement la société française dans son ensemble. Un monde nouveau est en train de naître, engendrant un surcroît d’incertitude et d’insécurité. La raideur de la pente ascendante de la courbe du suicide de 1975 à 1986 ressemble fort à celle qui a accompagné, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la mutation d’une société paysanne et artisanale en une société industrielle et capitaliste.

    La baisse du suicide observée depuis 1985 étonne du fait qu’aucune des dimensions de cette nouvelle donne n’a aujourd’hui disparu. Le chômage demeure à un niveau élevé, les fermetures d’entreprise vont bon train, les salaires stagnent, des régions entières sont frappées par la désindustrialisation. Le cercle de la précarité s’est élargi, affectant désormais tous les secteurs d’activité et même la fonction publique. Et pourtant, le suicide baisse, même si, autour de la crise de 2008, une relation positive entre chômage et suicide a pu être observée chez les hommes en âge de travailler. Comment l’expliquer ?

    Répondre à cette question n’est pas simple, tant sont multiples et diverses les causes qui peuvent affecter l’évolution d’un phénomène aussi complexe que le suicide. (…) Cette tendance prononcée à la baisse n’est pas propre à la France. On l’observe dans un grand nombre d’autres pays. Le « Panorama de la santé » établi chaque année par l’OCDE en fait même état dans son édition de 2015 : « Depuis 1990, les taux de suicides ont diminué de 30 % environ dans les pays de l’OCDE et ont même été divisés par deux dans des pays comme la Hongrie et la Finlande. En Estonie, après une hausse initiale au début des -années 1990, les taux ont également fortement diminué. » Il ne s’agit donc pas d’un artefact produit par des modifications intervenues au cours de l’enregistrement statistique du phénomène en France.

    Le rôle des médecins généralistes
    À l’échelle mondiale, le taux de suicides standardisé selon l’âge, qui corrige les différences de taille et de pyramide des âges des populations dans l’espace et dans le temps, affiche de 2000 à 2012 une baisse de 26 % : 23 % chez les hommes et 32 % chez les femmes. Cette baisse affecte toutes les régions du monde à l’exception des pays pauvres d’Afrique et les hommes des pays les moins développés de la Méditerranée orientale.

    (…)

    Dans les pays développés qui accusent une baisse sensible du suicide, les dates d’inflexion des courbes varient, mais se situent toutes dans les dernières des années 1980 et les premières des années 1990. Compte tenu de la diversité des situations économiques propres à tous ces pays, il est difficile d’établir une relation simple entre la baisse observée des taux de suicides et des facteurs économiques et sociaux qui seraient identiques et communs à tous ces pays. D’autant que dans aucun des pays de l’OCDE et de ceux de l’ancien bloc soviétique cette inversion des pentes du taux de suicides des années 1980 et 1990 ne correspond à une amélioration notable de la conjoncture économique.

    On est alors tenté d’aller chercher les causes de cette baisse spectaculaire ailleurs que dans les variations des conjonctures économiques, et pour commencer du côté des progrès réalisés dans le domaine médical. Existerait-il un lien entre ces baisses exceptionnelles et mondialisées du suicide et les débuts de la diffusion massive, elle aussi mondialisée, d’une nouvelle classe de médicaments, les antidépresseurs, pour soigner la dépression ? La mise au point et la diffusion de ces traitements sont récentes, les tout premiers datant des années 1960. Accueillis au départ avec scepticisme par les psychiatres, ils n’ont commencé à être utilisés à une large échelle que dans le milieu des années 1980, lorsque apparaît la classe des inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS). Le plus connu d’entre eux est le Prozac, produit par le grand laboratoire américain Lily, qui devient très vite le troisième médicament le plus vendu au monde. Les facilités de son usage lui permettent d’être prescrit, dans la quasi-totalité des pays, par des médecins généralistes et pas seulement par des psychiatres.

    La consommation d’antidépresseurs a considérablement augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE depuis le milieu des années 1980 et surtout depuis 2000. Toutefois, la consommation d’antidépresseurs est très variable d’un pays à l’autre. Leur niveau de consommation dépend de la prévalence de la dépression dans chaque pays et de la manière dont elle est diagnostiquée et traitée, mais aussi de la disponibilité d’autres thérapies, des recommandations locales et des habitudes de prescription. Avec 50 cachets pour 1 000 habitants par jour, la France se situe en dessous de la moyenne des 28 pays de ce classement (58 doses). Il n’en est pas de même pour tous nos voisins européens : au Por-tugal, par exemple, la consommation d’antidépresseurs a presque triplé entre 2000 et 2013, passant de 33 doses journalières à 88.

    En dehors des psychiatres qui affirment que, « bien prescrits, les antidépresseurs ont un effet antisuicidaire évident », un argument fort milite pour leur attribuer une part importante dans la baisse du suicide au cours des trente dernières années : cette baisse généralisée n’a pas substantiellement modifié la hiérarchie des pays. En effet, malgré la baisse notable qu’ils ont connue, les pays de l’ancien bloc de l’Est se distinguent toujours des autres par des taux de suicides très supérieurs, l’Italie et l’Espagne par des taux très inférieurs à ceux de leurs voisins européens. Elle n’a pas non plus affecté les grandes tendances observées au cours des périodes précédentes : les hommes se suicident toujours plus que les femmes, les vieux plus que les jeunes, les pauvres plus que les riches, etc. En somme, l’usage des antidépresseurs aurait agi sur le niveau du suicide en le faisant sensiblement baisser sans modifier qualitativement les facteurs sociaux qui le produisent.

    Après avoir été âprement discuté au sein de la psychiatrie, certains soulignant des risques accrus de suicide chez les jeunes provoqués par cette médication, l’effet bénéfique de l’usage des antidépresseurs sur la baisse du suicide semble aujourd’hui reconnu par tous les professionnels. Une grande enquête internationale publiée en juin 2013 analyse en détail les relations entre le taux de suicides et la consommation d’antidépresseurs. Portant sur 29 pays européens au cours d’une période étendue correspondant aux années d’inflexion de la courbe et de la baisse du suicide qui s’ensuivit (1980-2009), elle calcule dans chaque pays les corrélations entre la consommation d’antidépresseurs et le taux de suicides afin d’explorer le sens et l’ampleur des associations entre les deux phénomènes. Des régressions linéaires associées permettent ensuite de préciser la nature et l’évolution de ces relations. Les résultats sont clairs : dans tous les pays sauf un, le Portugal, le suicide diminue à mesure que s’accroît la consommation d’antidépresseurs.

    (…)

    L’effet positif des antidépresseurs sur la baisse du suicide est aujourd’hui un fait avéré, mais le recours généralisé à ces médicaments n’a pas surgi du néant comme par un coup de baguette magique. Il est lui-même un effet des transformations notables intervenues en amont à la fois dans la prise en charge médicale des maladies mentales et dans la perception sociale de la dépression et du suicide. En France comme dans beaucoup de pays européens, toute une organisation sociale s’est progressivement mise en place pour prendre en charge les souffrances psychiques des individus. Les effectifs de « psys » au sens large (psychiatres, psychanalystes, psychologues, infirmières en psychiatrie) se sont étoffés et se sont répartis sur le territoire grâce à la sectorisation.

    Mutation culturelle
    Comparée à d’autres pays, l’offre de soins française en psychiatrie est de bonne qualité, notamment en termes d’équipement et de ressources humaines. Elle a aussi beaucoup innové par l’organisation pionnière, en réseau, de son offre hospitalière publique sur la base d’une sectorisation géographique originale : le « secteur psychiatrique ». Mis en place par la circulaire du ministère de la santé publique datée de mars 1960, celui-ci constitue l’unité de base de la délivrance de soins en psychiatrie publique. Il dispense et coordonne, pour une aire géo-démographique de proximité, l’ensemble des soins et services nécessaires à la couverture globale des besoins : prévention, soins, postcure et réadaptation. La prise en charge et la coordination des soins sont assurées par des équipes pluridisciplinaires. Avec 815 secteurs de psychiatrie générale, soit en moyenne un secteur pour 56 100 habitants âgés de plus de 20 ans, l’offre publique de psychiatrie représentait, en 2003, 80 % de l’activité psychiatrique réalisée par les établissements de santé. L’autorisation accordée aux généralistes de prescrire des antidépresseurs a aussi favorisé, lors des consultations, le dialogue sur les problèmes psychologiques. Parallèlement à la prise en charge médicale s’est développé, dans la plupart des pays développés, un tissu d’associations qui se sont donné pour mission la prévention du suicide.

    (…)

    Toutes ces initiatives ont été rendues possibles par un changement radical intervenu dans la perception sociale des maladies mentales et du suicide. Le suicide a cessé progressivement d’être un tabou dont on ne parlait pas. La France comme la plupart des pays européens a connu depuis un demi-siècle une forte élévation de son niveau d’instruction. La part des emplois occupés par les cadres supérieurs et les professions intermédiaires s’élève à 43,1 % contre 48,4 % pour les employés et ouvriers. Or les catégories sociales les plus diplômées, davantage à l’écoute des messages de leur organisme, mieux -informées que les autres sur les possibilités de traitement, ont toujours développé un rapport aux soins qui privilégie l’anticipation. Elles consultent avant qu’il ne soit trop tard. Dans une France plus instruite où les professions supérieures sont aussi nombreuses, les maladies mentales ne sont plus associées à la folie ni perçues comme des tares irrémédiables condamnant nécessairement ses victimes à l’asile. Dans la conversation courante et dans tous les milieux, le terme de « déprime » a acquis droit de cité. C’est un mal répandu dont on mesure les risques mais dont on parle sans honte et dont on peut sortir, si on le prend à temps, et parfois en meilleure forme qu’avant. Le recours fréquent aux antidépresseurs est ainsi rendu possible et favorisé par cette mutation culturelle. La transformation médicale de la prise en charge de la déprime et du suicide ne se borne donc pas à la prescription d’antidépresseurs, même si celle-ci l’accompagne.

    #suicide #dépression #antidépresseurs #psychiatrie


  • Réseaux sociaux, sucre... les Occidentaux accros à la dopamine, propos recueillis par Stéphane Foucart, Le Monde science et techno, 30.01.2018

    Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir, fondée sur la dopamine, est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine.

    Cette fugace piqûre de bien-être, cette satisfaction éphémère, ce goût de ­reviens-y… De l’utilisation des réseaux sociaux à la consommation de sucre et d’aliments transformés, le plaisir bon marché n’a jamais été aussi pervasif, suscité en permanence par une multitude de nouveaux produits et de services, marketés comme autant de conditions sine qua non au bonheur.
    Plaisir, bonheur : ces deux mots sont au centre de The Hacking of the American Mind (Penguin, 2017, non traduit), le dernier livre du pédiatre et neuroendocrinologue américain Robert Lustig, tout juste paru aux Etats-Unis. Célèbre pour ses travaux académiques sur le sucre – détaillés dans un ouvrage qui vient d’être traduit (Sucre, l’amère vérité, Thierry Souccar éditions, 400 pages, 19,90 €) –, le professeur de l’université de Californie à San Francisco (Etats-Unis) y expose une réflexion scientifique saisissante, aux implications majeures pour la société occidentale.

    Non seulement le bonheur n’est pas la conséquence naturelle de l’accumulation du plaisir, explique-t-il, mais la recherche effrénée de celui-ci pourrait au contraire inhiber le sentiment de plénitude et de contentement.
    Robert Lustig exploite la littérature scientifique récente sans faire mystère de la difficulté à, parfois, établir avec certitude certains liens de causalité entre des comportements et certaines réactions biochimiques. Mais il n’en développe pas moins un ­argumentaire révélant l’un des plus graves malentendus de notre temps, en montrant que le plaisir peut être l’ennemi du bonheur. Entretien.

    Pour de nombreuses personnes, la recherche du plaisir est un préalable au bonheur, ou l’une de ses conditions. Pourquoi penser que ­bonheur et plaisir sont à ce point différents ?

    Le bonheur et le plaisir ne sont en effet pas identiques. Ce sont des phénomènes distincts, très dissemblables, et si nous ne le percevons pas, c’est ­essentiellement parce que l’industrie vend ses produits ou ses services en faisant passer l’un pour l’autre. Je compte sept grandes différences entre les deux, que chacun peut comprendre aisément.
    Le plaisir est de courte durée, le bonheur de longue durée ; le plaisir est viscéral, le bonheur est spirituel ; le plaisir s’obtient en prenant, le bonheur a plutôt à voir avec donner ; le plaisir peut s’obtenir seul, le bonheur est généralement ­atteint au sein d’un groupe social ; le plaisir peut s’obtenir grâce à des substances, mais ce n’est pas le cas du bonheur. Le plaisir extrême peut conduire à l’addiction – c’est par exemple le cas pour l’alcool, la cocaïne, la nicotine et d’une manière générale pour les comportements susceptibles de procurer un plaisir ­ immédiat comme l’utilisation des réseaux ­sociaux ou des jeux vidéo, le shopping, le jeu, la pornographie… Pour tout cela, il existe une forme d’addiction, mais il n’y a rien qui ressemble à une addiction au bonheur.
    Enfin, la septième et dernière différence est que plaisir et bonheur dépendent de deux neurotransmetteurs distincts : dopamine pour le plaisir, sérotonine pour le bonheur. Le plaisir et le bonheur sont localisés dans deux sites distincts du cerveau, mobilisent deux modes d’action différents, deux types de récepteurs différents…

    Pourquoi la dopamine peut-elle conduire à l’addiction ?

    Pour comprendre, il faut savoir qu’un neurotransmetteur, une fois qu’il a été libéré par un neurone, franchit la synapse et se fixe sur un récepteur du neurone suivant. Là, il peut agir de deux ­façons : soit il excite le neurone qui le reçoit, soit il l’inhibe.
    La dopamine est un neurotransmetteur exclusivement « excitateur ». Bien sûr les neurones sont faits pour être excités – et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont des récepteurs ! Mais ils aiment être chatouillés, pas brutalisés : lorsqu’un neurotransmetteur excitateur est fourni à des hautes doses chroniques, il devient neurotoxique.
    Lorsqu’un neurone est chroniquement sur-stimulé, il a donc tendance à mourir. La dopamine, à des hautes doses chroniques, tue les neurones post-synaptiques – c’est le nom qu’on donne aux neurones qui reçoivent l’information. Mais ceux-ci, pour éviter de mourir, peuvent aussi activer un mécanisme d’autodéfense en régulant leurs récepteurs. En gros, lorsqu’un neurone se trouve sous les assauts constants d’un neurotransmetteur, il peut « éteindre » certains de ses récepteurs pour atténuer son ­excitation et éviter la mort.
    Du coup, pour produire le même effet, il faut une quantité supérieure de neurotransmetteurs. C’est un mécanisme universel, appelé « tolérance », qui est propre à de nombreux types de cellules et pas uniquement aux neurones. Dans le cas particulier de la dopamine, en termes humains, cela ­signifie qu’il faut toujours plus de ce qui procure du plaisir pour obtenir la même satisfaction. Il en faut toujours plus pour produire le même effet. C’est ainsi que le plaisir intense et chronique conduit à l’addiction.

    Mettre sur un même plan tout ce qui procure du plaisir – le sexe, l’alcool, le shopping, le sucre ou les réseaux sociaux – est plutôt contre-intuitif…

    Toutes ces activités provoquent en effet des sensations différentes, parce qu’elles passent par des voies différentes. C’est pour cela que nous ne faisons pas le lien. Mais le cerveau, lui, ne s’y trompe pas. Il les interprète et les comprend de la même manière, comme une ­« récompense ». Or la clé du « circuit de la récompense », c’est la dopamine. C’est un mécanisme fondamental, essentiel à la survie de notre ­espèce : il est impliqué dans la motivation, le moteur de nos actions.
    Le titre de mon livre fait référence au « piratage » [hacking en anglais] de notre esprit : c’est précisément ce mécanisme de la récompense qui a été « piraté » par les industriels, pour induire toujours plus de consommation… le tout en organisant, grâce au marketing, la confusion entre plaisir et bonheur (happiness en anglais). Il suffit de lire les slogans publicitaires : « Happy Meal » pour McDonald’s, « Open Happiness » pour Coca-Cola, « Happy Hour » lorsque vous entrez dans un bar…

    Mais en quoi tout cela peut-il entraver ­l’accès au bonheur ?

    Le neurotransmetteur impliqué dans le sentiment de plénitude et de contentement, la sérotonine, a un fonctionnement beaucoup plus complexe que la dopamine. Néanmoins, il est possible de mettre en avant un certain nombre de ­mécanismes par lesquels le niveau de sérotonine dans le cerveau est susceptible de baisser.
    Par exemple, la synthèse de sérotonine ne se fait, dans les tissus cérébraux, qu’à partir d’une brique élémentaire, un acide aminé appelé tryptophane. Or deux autres acides aminés, la tyrosine et la phénylalanine, sont les briques élémentaires de la dopamine et sont en compétition avec le tryptophane pour être, eux aussi, transportés dans le cerveau.
    Pour schématiser : plus les transporteurs d’acides aminés sont occupés à amener les briques élémentaires de la dopamine dans le cerveau, moins ils sont disponibles pour y acheminer le tryptophane… Il y a donc là une sorte d’antagonisme biochimique potentiel entre ­dopamine et sérotonine.
    Il y a d’autres voies de réduction potentielle de la sérotonine. Par exemple, lorsque vous avez une interaction sociale avec quelqu’un, l’échange de regards avec cette personne active vos neurones dits « miroirs » – les neurones de l’empathie. Ce type d’interaction induit la synthèse de sérotonine. Mais si cette interaction se fait par le biais d’un réseau social comme Facebook, à travers les « likes » par exemple, elle active le circuit de la récompense, mais l’absence de contact visuel laisse les neurones miroirs de marbre… D’où, là encore, une baisse potentielle des niveaux de sérotonine et une moindre capacité au contentement.

    D’autres phénomènes conduisent-ils à une baisse de la sérotonine ?

    Oui. C’est en particulier le cas du stress chronique, associé à l’omniprésence de certaines technologies, en particulier le téléphone… Le stress se manifeste par la libération de cortisol. Cette hormone est nécessaire mais lorsque les niveaux de cortisol sont élevés en permanence, le fonctionnement du cortex préfrontal est inhibé.
    Or il s’agit de la zone du cerveau qui vous permet de faire des arbitrages et des choix raisonnés. En gros, c’est ce qui vous empêche de faire n’importe quoi… En ­situation de stress, vous êtes ainsi plus enclin à ­céder face à la tentation du plaisir et vous êtes plus vulnérable à l’addiction. Attention toutefois : l’addiction et la dépression ne sont pas identiques. Des personnes souffrant de dépression ne souffrent pas nécessairement d’addiction, mais ­disons qu’il y a une forte superposition entre ces deux phénomènes. Il est fréquent que les personnes souffrant d’addiction soient déprimées.
    En outre, des expériences sur les animaux ont montré que le niveau de cortisol baisse lorsqu’on s’élève dans la hiérarchie d’un groupe. Plus vous êtes au bas de l’échelle, plus vous êtes stressé. Des recherches indiquent que chez des singes auxquels on laisse la possibilité de s’autoadministrer de la cocaïne, les individus hiérarchiquement inférieurs deviennent plus probablement accros que les mâles « alpha ».
    On retrouve des indices de cela dans les populations humaines : ce sont généralement les plus #pauvres qui souffrent le plus des maladies chroniques associées à certaines addictions alimentaires (obésité, diabète de type 2…). Stress chronique et dopamine : voilà ce qui a le plus changé dans les sociétés modernes au cours des quarante dernières années.

    Vous avez surtout travaillé jusqu’à présent sur l’alimentation et le sucre, pourquoi vous êtes vous penché sur cette question, bien plus vaste, des liens entre plaisir et bonheur ?

    J’ai commencé à travailler il y a longtemps sur les liens entre sérotonine et dopamine. C’était au début de ma carrière et il y avait surtout des données animales. Le temps a passé, j’ai beaucoup travaillé sur le sucre et les addictions alimentaires, et j’ai vite réalisé que nous avions aujourd’hui autant, sinon plus, de données sur le lien entre le régime alimentaire et la santé mentale qu’entre le régime alimentaire et la santé physique ! Mais il fallait remettre ensemble toutes les pièces du puzzle.

    Et puis, en 2014, j’ai visité les installations d’une université et la personne qui organisait la visite était une ancienne héroïnomane. Elle avait arrêté. Je lui ai demandé ce que cela voulait dire, pour elle, d’être clean. Elle m’a fait une réponse que je n’oublierai jamais tant c’était étonnant. Elle m’a dit : « Quand je me droguais j’étais heureuse, mais ma nouvelle vie me donne du plaisir. » Elle avait tout faux. Dans son esprit, tout était inversé. Elle confondait le plaisir avec le bonheur, et le bonheur avec le plaisir. C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait écrire ce livre.

    #médecine #marketing #dopamine #réseaux_sociaux #sérotonine #cerveau #addiction #dépression #plaisir #bonheur #stress #hiérarchie


  • « Si vous êtes dépressif et anxieux, vous n’êtes pas une machine avec des pièces défectueuses. Vous êtes un être humain avec des besoins insatisfaits. | « PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2018/01/27/si-vous-etes-depressif-et-anxieux-vous-netes-pas-une-machi

    Alors qu’est-ce qui se passe vraiment ? J’ai rencontré des spécialistes en sciences sociales partout dans le monde – de São Paolo à Sydney, de Los Angeles à Londres – et j’ai commencé à voir une image inattendue émerger. Nous savons tous que tout être humain a des #besoins physiques élémentaires : nourriture, eau, hébergement, air propre. Il apparaît que, de la même manière, tous les êtres humains ont certains besoins psychologiques élémentaires. Nous avons besoin de sentir que nous avons notre place. (« We need to feel we belong. ») Nous avons besoin de sentir que notre valeur est reconnue. (« We need to feel valued ») Nous avons besoin de sentir que nous sommes bons à quelque chose. Nous avons besoin de sentir que nous avons un futur sûr. Et il y a des indices croissantes que notre culture ne répond pas à ces besoins psychologiques pour beaucoup de gens – peut-être pour la majorité des gens. Je continue à découvrir que, de toutes sortes de manières différentes, nous sommes devenus déconnectés de choses dont nous avons vraiment besoin, et que cette profonde déconnexion mène l’épidémie de #dépression et d’anxiété tout autour de nous.

    #société

    • La plupart des personnes dépressives et anxieuses que je connais sont dans les 87% qui n’aiment pas leur travail. J’ai commencé à creuser autour de ce point, pour voir s’il existait des preuves que cela puisse être lié à la dépression. Il est apparu qu’une percée avait été faite sur cette question dans les années 1970s, par un scientifique australien nommé Michael Marmot. Il voulait enquêter sur les causes du stress au travail, et il pensait avoir trouver le laboratoire idéal pour trouver la réponse : la haute fonction publique britannique, basée à Whitehall. Une petite armée de bureaucrates était divisées en 19 différentes strates, depuis les directeurs généraux d’administration au sommet, jusqu’aux dactylos. Ce qu’il voulait savoir, au début, c’était : qui a la plus grande probabilité d’avoir une attaque cardiaque liée au stress – le grand chef au sommet, ou quelqu’un en-dessous de lui ?

      Tout le monde lui disait : tu perds ton temps. Evidemment, c’est le chef qui va être le plus stressé parce qu’il a le plus de responsabilités. Mais quand Marmot a publié ses résultats, il a montré que la vérité est exactement à l’opposé. Plus un employé est bas dans la hiérarchie, plus hauts sont ses niveaux de stress et la probabilité qu’il fasse une attaque cardiaque. Alors il voulut savoir : pourquoi ?

      Et après deux années supplémentaires passées à étudier les fonctionnaires, il finit par découvrir le facteur le plus important. Il apparait que si vous n’avez pas de contrôle sur votre travail, vous avez une plus grande probabilité de devenir stressé – et, c’est crucial, dépressif. Les êtres humains ont un besoin inné de sentir que ce qu’ils font, jour après jour, a un sens. Quand vous êtes contrôlé, vous ne pouvez donner une signification à votre travail.

      Alors la dépression de beaucoup de mes amis, même ceux ayant une belle situation – mais qui passent la plupart de leurs heures éveillées à se sentir contrôlés et pas appréciés – commençait à ne plus ressembler à un problème avec leurs cerveaux, mais un problème avec leurs environnements. Il y a, comme je l’ai découvert, beaucoup de causes de dépression comme celle-ci. Cependant, mon enquête ne visait pas juste à trouver les raisons pour lesquelles nous nous sentons si mal. Le cœur de ma démarche était de trouver comment nous pourrions nous sentir mieux – comment nous pourrions trouver des antidépresseurs réels et durables qui fonctionnent pour la plupart d’entre nous, au-delà des boîtes de comprimés qu’on nous a offerts comme le seul item sur le menu pour les dépressifs et les anxieux. Je continuais à penser à ce que le Dr Cacciatore m’avait appris – nous devons traiter les problèmes profonds qui causent toute cette détresse.

      #travail (tout le monde déteste le)



  • Dire « Secoue-toi un peu » à une personne déprimée, ça ne sert à rien
    https://theconversation.com/dire-secoue-toi-un-peu-a-une-personne-deprimee-ca-ne-sert-a-rien-87

    « Fais un effort ! » Ou encore : « Si tu n’essayes pas de te secouer un peu, comment veux-tu t’en sortir ? » De telles recommandations sont adressées quotidiennement aux personnes souffrant de #dépression et se déclinent sous de nombreuses formes.

    Ce type d’échange avec l’entourage est rapporté si souvent par les patients que les psychiatres ont fini par lui donner un petit nom. Ils l’appellent le « #syndrome_orangina », allusion au slogan de la marque de boisson gazeuse, « Secouez-moi – sinon la pulpe elle reste en bas ».