• Climat : le scepticisme au sommaire des programmes scolaires - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/climat-le-scepticisme-au-menu-des-programmes-scolaires,1003

    Pour améliorer le contenu climatique des manuels, le conseil supérieur des programmes fait appel à un climatosceptique notoire, dont les théories ne reposent sur aucune base scientifique. Une pratique bien ancrée dans le monde universitaire français.

  • 400 #écoles fermeraient à la prochaine rentrée scolaire
    https://www.banquedesterritoires.fr/400-ecoles-fermeraient-la-prochaine-rentree-scolaire

    Selon les données de la DGESCO recueillies par le SNUipp-FSU, auxquelles Localtis a eu accès, les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) sont passés de 4.762 à la rentrée scolaire de 2003 à 4.780 à la rentrée 2018, scolarisant 533.300 élèves, soit 9,2% de la population scolaire. Cette évolution est le résultat d’une forte progression des RPI concentrés (962 en 2003 à 1.705 en 2018) au détriment des RPI dispersés (3.800 en 2003, 3.075 en 2018) qui ont l’intérêt de maintenir physiquement les écoles dans les villages et ainsi de « préserver le tissu scolaire rural », selon le syndicat. Le phénomène semble s’accentuer, à la rentrée 2018, il y avait 226 RPI dispersés en moins que l’année précédente. « Désormais la logique est celle d’une concentration dans le cadre de #RPI avec pour conséquences des fermetures d’écoles et un maillage moins dense des écoles rurales », estime le Snuipp, précisant que selon lui, « cette tendance est largement favorisée par les conventions ruralité ».
    Autre chiffre parlant : la chute du nombre des écoles à classe unique. Elles étaient 3.657 en 2018, contre 5.681 en 2006.

    #ruralité #éducation_nationale

  • Le handicap, un impensé de l’enseignement de l’histoire | Aggiornamento hist-geo
    https://aggiornamento.hypotheses.org/4386

    Alors que les élèves handicapés sont de plus en plus nombreux à être scolarisés en milieu ordinaire, à défaut de l’être touset malgré le manque criant de moyens pour les accompagner, les représentations du handicap véhiculées dans les enseignements disciplinaires relèvent encore largement de l’ordre de l’impensé. En effet, si la scolarisation de ces élèves fait l’objet d’une littérature relative aux dispositifs spécifiques d’« inclusion » dans les classes, force est de constater par contraste, un déficit de réflexion et d’analyse critique des effets de la parole tenue sur le handicap, ou de son absence, dans les enseignements dispensés à l’école.

    #handicap #histoire #éducation_nationale

  • L’école, ou la jeunesse rangée derrière le drapeau de la bourgeoisie

    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2019/04/21/lecole-de-jules-ferry-nos-jours-la-jeunesse-rangee-derriere- (Lutte de classe n°199 - mai 2019) #education #education_nationale #nationalisme #propagande #mensuelLO

    – L’#école de #Jules_Ferry  : la nation à la place de Dieu
    – Le #mouvement_ouvrier socialiste et l’école de la république
    – L’école «  tricolore  » toujours
    – Comprendre le monde… pour le changer

  • Neurosciences : comment Blanquer veut entrer dans la tête de vos enfants (L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/education/20190121.OBS10418/neurosciences-comment-blanquer-veut-entrer-dans-la-tete-de-vos-enfants.ht

    Les évaluations de CP et CE1, dont la deuxième session démarre cette semaine, sont la partie visible d’une révolution qui n’ose pas dire son nom.

    La lecture de cet article au titre effrayant est édifiante. Quelques extraits, à mon sens, significatifs :

    1. Les neurosciences de Stanislas Dehaene, cette nouvelle phrénologie

    Ces images, ce sont celles de l’activité cérébrale de nos enfants : rouge vif quand les synapses s’affolent, bleu profond quand elles sont au repos. Elles nourrissent les travaux du chercheur sur les différentes régions du cortex dévolues aux apprentissages – « bosse des maths » ou « boîte aux lettres » de la lecture.

    La « bosse des maths » est une expression qu’on doit à la phrénologie, une pseudo-science du XIXème siècle qui associait capacités cognitives et formes du crâne (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Phr%C3%A9nologie). « La Bosse des Maths » est d’ailleurs le titre d’un livre de Stanislas Dehaene qui semble revendiquer lui-même une forme de filiation (cf. https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/mathematiques/bosse-des-maths_9782738125248.php).
    Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, qualifié par ses détracteurs le « Raspoutine de Blanquer », est le Président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_scientifique_de_l%27%C3%89ducation_nationale).

    2. Une vision mécaniste des apprentissages

    Pour le scientifique, cela justifie d’adopter une méthode d’apprentissage explicite, répétitive et progressive : décoder des syllabes (ba, bo, bu), puis des pseudo-mots (tarba, rabata), puis des mots et des phrases entièrement décryptables – « la banane du bébé est belle ».

    3. Une idéologie et non une pédagogie

    Deux des membres du CSEN, Dehaene lui-même et le Marseillais Jo Ziegler développent des logiciels qui permettent aux élèves à besoin de s’entraîner « en fond de classe sans accaparer leurs enseignants ».

    Accaparer … tout est dit. Dehaene et Blanquer sont les meilleurs élèves du macronisme. Sous des propos consensuels ("aider les élèves les plus fragiles") et des argumentaires scientistes, il s’agit bien de construire une école efficace qui ne perd pas de temps avec les derniers de cordée à besoin .

    #éducation #neurosciences #apprentissage

    NB : L’article est sous #paywall, mais… on peut en retrouver l’intégralité dans la revue de presse (à la gloire) du Ministère qui gère moyennement le respect du droit d’auteur (ou de propriété ?), ici : https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/public/Presse/Panorama_presse/Janvier_2019/Panoramanational_20190122.pdf

  • Réforme Blanquer : « Les changements sont gigantesques et violents »

    Entretien avec trois enseignant·es sur la réforme du bac et de l’école publique

    par Céline Moréno

    https://www.jefklak.org/reforme-blanquer-les-changements-sont-gigantesques-et-violents

    Loi sur l’autonomie des universités en 2007, Parcoursup en 2018, réformes des collèges en rafale ces dernières années, réorganisation des écoles primaires en 2008, mutations incessantes des programmes au lycée… L’enseignement public est la pâte à modeler des gouvernements qui se succèdent pour imposer leur vision de la société. Avec Macron, l’étau se resserre. La réforme des lycées et la loi dite « de l’école de confiance » en train d’être votée constituent un changement radical dans la définition de l’éducation publique. D’un côté le statut des enseignant·es se rapproche de celui des militaires, avec interdiction de critiquer l’institution, les drapeaux et les paroles de l’hymne national qui font leur entrée dans les salles de classe, et de l’autre côté, les lycéen·nes désormais trié·es dès la seconde, sans droit à l’erreur. Pendant que les établissements privés bénéficient d’une nouvelle logique de choix d’options à la carte, le métier d’enseignant·e se précarise à une vitesse folle sous prétexte d’austérité, la mise en concurrence des lycées accroît les inégalités territoriales et les conditions matérielles d’apprentissage se dégradent. Bref, la volonté de casser l’école publique, aussi vieille que le libéralisme, est en passe d’aboutir avec Emmanuel Macron et son ministre Blanquer. Les (futur·es) lycéen·nes sont bien entendu concerné·es, mais aussi toute personne qui voit dans l’éducation autre chose qu’une mise au pas de la jeunesse. Jef Klak a rencontré trois profs pour comprendre de quoi il retourne et comment lutter pour une école encore éprise de liberté, d’esprit critique et de justice sociale.

    + 1 brochure à imprimer dans les salles de prof ou les MJC, avec ce texte et celui sur la lutte des lycées à Los Angeles, ici :

    https://www.jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2019/02/EnseignantesKlak2019_brochurea5.pdf

  • Urgent, mobilisez-vous, contactez les député⋅e⋅s pour la priorité au logiciel libre dans l’éducation | April
    https://www.april.org/urgent-mobilisez-vous-contactez-les-depute-e-s-pour-la-priorite-au-logiciel-l

    L’examen en séance publique du projet de loi pour une école de la confiance va démarrer lundi 11 février 2019 à partir de 16h. Deux amendements déposés par les membres du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) proposent que les logiciels mis à disposition des élèves dans le cadre du service public de l’enseignement soient en priorité des logiciels libres. L’April appelle chacun et chacune à contacter dès maintenant les député⋅e⋅s pour soutenir ces propositions. L’examen de ces amendements pourrait avoir lieu dès lundi 11 février ou mardi 12 février.

    #logiciels_libres #éducation_nationale

  • #Décès du président de l’association des ivoiriens de #Tunisie après une attaque au couteau lors d’un braquage

    Le président de l’#association_des_ivoiriens de Tunisie #Falikou_Coulibaly, a succombé, dans la soirée du dimanche de ses blessures, après un braquage qui a mal tourné du côté de Dar Fadhal, à la Soukra.

    Selon une source sécuritaire, citée par la radio Mosaïque FM, 6 personnes ont été arrêtées dont une personne qui aurait attaqué le jeune homme au couteau.

    La criminalité a largement augmenté en Tunisie depuis 2011.

    “Quelque 185.617 affaires criminelles, tous délits confondus ont été recensées au cours des dix premiers mois de l’année 2018, un chiffre qui pourrait atteindre le pic de 200 mille à la fin de l’année” avait affirmé en novembre dernier, le président de l’Institut Tunisien des Études Stratégiques (ITES), Néji Jalloul.

    L’Amiral, Kamel Akrout, premier conseiller à la Sécurité nationale auprès du président de la République, avait quant à lui révélé que 48% des prisonniers sont des jeunes, 58% d’entre eux ont entre 15 et 17 ans. 4% des élèves, au sein des collèges et des lycées, consomment de la drogue, et 5% parmi les étudiants.

    Pour lui, cela est dû à la situation qui règne sur le pays après le 14 janvier. “Il y a de la négligence, du laisser-aller, que ce soit de la part de la famille, qui les délaisse, ou de la société en perte de valeurs”, a-t-il signalé.

    “Il y a une justice punitive assez développée, à mon avis. Mais le plus important ce n’est pas la dissuasion, car cela est synonyme d’échec (...) Ce qu’il faut, c’est la prévention, c’est le plus important”, a-t-il affirmé, “Et la prévention n’est pas que de la responsabilité du gouvernement ou de l’État, mais de toute la société. Ce sont nos enfants, l’avenir du pays”.

    https://www.huffpostmaghreb.com/entry/deces-du-president-de-lassociation-des-ivoiriens-de-tunisie-apres-u
    ping @_kg_

    • Après la mort de Falikou Coulibaly, la communauté subsaharienne de Tunis entre stupeur et indignation (VIDÉO)

      Le président de l’association des ivoiriens de Tunisie Falikou Coulibaly a succombé à ses blessures après un braquage.

      Plusieurs dizaines d’africains subsahariens se sont réuni, lundi, devant l’hôpital Mongi Slim, à l’appel de l’Association des Étudiants et Stagiaires Africains en Tunisie, criant leur détresse face à la mort du président de l’association des ivoiriens de Tunisie, Falikou Coulibaly, à la suite d’une attaque au couteau pendant un braquage, survenu dimanche à la Soukra.

      _ AESAT
      URGENT URGENT :
      L’Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie condamne avec la plus grande fermeté l’agression à l’arme blanche (des coups de couteau) de notre frère Falikou Coulibaly de nationalité Ivoirienne rendant ainsi l’âme à l’hôpital de Mongi Slim. Nous lançons un appel fort à l’endroit des autorités Tunisiennes sur le devoir de la protection des Etrangers.
      Ainsi un appel à mobilisation pour un rassemblement est prévu aujourd’hui à 9h devant l’hôpital Monji Slim.
      Toutes nos condoléances à la famille de la victime et à la communauté Ivoirienne en Tunisie.

      https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2028583227177956&id=443648175671477_

      “Ici, on nous agresse, on nous tue sans savoir pourquoi” s’emporte une jeune femme. “On nous tue !” déplore pour sa part un jeune homme.

      – vidéo : https://www.facebook.com/ayebbechir.ayeb/videos/2219546101441724/?t=0

      – vidéo : https://twitter.com/medzepplin/status/1077146719392014336

      Contacté par le HuffPost Tunisie, un membre de l’AESAT, déplore cet énième acte de violence, ayant conduit cette fois-ci à la mort : “Cela devait arriver !! À force de nous faire attaquer, de nous faire injurier, de nous faire violenter, sans sanctions contre nos agresseurs, la mort était inévitable. Je ne dis pas que Falikou a été tué parce qu’il est noir, mais le fait est là, nous perdons un de nos frères les plus proches et les plus actifs au sein de la communauté”.

      Stupeur sur les réseaux sociaux

      Sur les réseaux sociaux, l’heure est à la stupeur après ce crime, entre condoléances, appels à la mobilisation et condamnations.

      Une marche spontanée, en mémoire de Falikou, vers l’ambassade ivoirienne en Tunisie se déroule actuellement.

      – vidéo : https://www.facebook.com/Union.Leaders.Africains/videos/2178537942411256/?t=0

      _ Union des leaders Africains
      L’ALDA exprime ses sincères condoléances à la famille du président de l’AIT qui a été assassiné suite à une agression à l’arme blanche (Braquage).
      Actuellement il y a une marche spontanée vers l’ambassade de Côte d’Ivoire en Tunisie.
      Nous sommes solidaires avec la communauté ivoirienne en Tunisie.

      https://www.facebook.com/Union.Leaders.Africains/posts/1138674886314256_

      _ Yamina Thabet
      Terriblement choquée par le meurtre de Coullibaly Fallikou , 33 ans , président de l’Association des Ivoiriens en Tunisie .... terriblement triste et choquée par une telle violence ! Ce qui était arrivé à Najmatar comme déchaînement raciste, n’écarte pas pour moi la piste du règlement de compte ..
      Paix à son âme et sincères condoléances à toute sa famille et à la communauté ivoirienne

      https://www.facebook.com/yamina.thabet/posts/10216616546873601_

      _ Jean Marie Kone
      TRISTE NOUVELLE :
      En effet, triste nouvelle : le jeune étudiant ivoirien Falikou COULIBALY résidant enTunisie ne fêtera pas le réveillon 2018 parmis les siens.
      L’ignominie de son assassinat le week-end en pleine capitale tunisienne marquera à jamais son symbolisme sacrificiel, la marche inexorable vers la réalisation effective de l’Etat de droit en Tunisie.
      Mais, du fond de ce malheur qui noue encore les tripes, méditons froidement sur l’avenir que cet événement nous propose.
      Face à ce drame confirmé et désormais archivé dans la mémoire collective de la communauté des africains subsahariens et en particulier des ivoiriens résidents en Tunisie , je voudrais présenter toutes mes sincères condoléances à toute la famille, amis, et compatriotes du jeune frère COULIBALY.
      Je souhaite que la lumière soit faite sur cette énième assassinat que je qualifie d’inacceptable, de barbarie et sauvage.
      Heureusement, que la Tunisie et la côte d’Ivoire
      entretiennent de bons rapports depuis très longtemps et que nous n,accepterons pas qu’une minorité d’individus ni foi ni lois viennent perturber cette cohésion qui existe entre nos deux "peuples amis et frères ".
      Chers amis et chers compatriotes, je vous invite à la retenue et la sérénité totale afin que les autorités tunisiennes et ivoiriennes mènent des enquêtes pour situer les responsabilités.
      Repose en paix frero Cool !
      Bon courage à toutes et à tous !
      Vive la fraternité et l’intégration africaine !
      #JMK_

      https://www.facebook.com/africa.i.ua/posts/1116490248518762_

      Rafik Shimi
      Une nouvelle journée ordinaire pour les tunisiens, mais un début de semaine triste et sanglant pour nos amis ivoiriens résidents en Tunisie.
      Hier soir, le jeune Falikou Coulibaly, étudiant ivoirien en Tunisie et président de l’AIT ( association des ivoiriens en Tunisie) a été sauvagement poignardé par des criminels tunisiens dans la région de Soukra à Tunis, et le pauvre a trouvé la MORT, succombant à ses blessures.
      Vous vous rappelez bien mon dernier appel il y a une semaine pour le secours des africains subsahariens résidents en Tunisie, mais personne ne s’y intéressait.
      Je présente mes condoléances et mes excuses au nom des tunisiens libres à toute la famille du défunt et À Bas le Racisme !

      https://www.facebook.com/rafikbi9a/posts/10156281715308740_

      _ Mabrouka Khedir
      A dieu mon ami , paix à ton âme ...
      Le président de l’association des ivoiriens en Tunisie AIT - Association des Ivoiriens en Tunisie FALIKOU COULIBALY poignardé au couteau dans un braquage à Tunis ...

      https://www.facebook.com/mabrouka.journaliste/posts/798810053800993_

      _ #OIM Tunisie
      [Condoléances] C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès tragique de Falikou Coulibaly, survenu hier dans la nuit du Dimanche 23 Décembre 2018.
      Selon les sources sécuritaires, M. Coulibaly a perdu la vie en succombant à ses blessures suite à une agression à l’arme blanche dans le quartier de La Soukra, Gouvernorat de l’Ariana. Six suspects ont été arrêtés par les autorités locales. L’enquête suit son cours.
      Nous présentons nos sincères condoléances à la jeune épouse de M. Coulibaly et sa petite famille, à ses proches et à toute la communauté ivoirienne en Tunisie à qui nous assurons notre soutien et notre solidarité.
      Nous nous rappellerons avec gratitude de l’excellente coopération avec M. Coulibaly et de sa contribution décisive aux efforts visant à promouvoir les droits humains, l’intégration et la cohésion sociale et à célébrer le vivre-ensemble au sein de la communauté ivoirienne et migrante en Tunisie.
      Nous saluons finalement l’engagement continu de la Tunisie en matière de Droits Humains. Nous restons toutefois consternés par la mort prématurée du jeune Falikou Coulibaly et nous condamnons fermement toute forme de violence, quels qu’en soient la victime et l’auteur.

      https://www.facebook.com/iomtunis/posts/281702155880300_

      Le président de l’association des ivoiriens de Tunisie Falikou Coulibaly, a succombé, dans la soirée du dimanche à ses blessures, après un braquage qui a mal tourné du côté de Dar Fadhal, à la Soukra.

      Selon une source sécuritaire, citée par la radio Mosaïque FM, 6 personnes ont été arrêtées dont une personne qui aurait attaqué le jeune homme au couteau.

      https://www.huffpostmaghreb.com/entry/apres-la-mort-de-falikou-coulibaly-la-communaute-subsaharienne-de-t

      @deka : j’ai des vidéo témoignages en plus, partagés par les réseaux, fais signe si t’as besoin...

    • Racisme : « La Tunisie doit proclamer son africanité ! »

      Tribune. Mon pays, la Tunisie, se trouve au nord de l’Afrique, à la pointe septentrionale, si proche de l’Europe mais aussi étranger au continent auquel il appartient. Ce petit pays a réalisé d’extraordinaires avancées modernistes, comme l’abolition de l’esclavage en 1846 – une première dans le monde arabo-musulman –, avec une longueur d’avance sur les Etats-Unis et la France. Ou le code du statut personnel, qui octroie en 1956 aux Tunisiennes des droits et une liberté dont rêvent encore des millions de femmes dans le monde.

      Seule une frange de la population est restée dans l’ombre de ces avancées. Même après la « révolution » de 2011, les Tunisiens noirs peinent encore à trouver leur juste place dans la société. Les raisons sont multiples, mais la principale est la méconnaissance de l’Histoire. Dans la mémoire collective, le Noir est arrivé en #Afrique_du_Nord asservi, les chaînes aux pieds, chose que certains compatriotes nous crachent à la figure au moment où nous nous y attendons le moins. On sous-entend ceci : « Quoi que vous fassiez, n’oubliez surtout pas que vous êtes arrivés ici en tant qu’esclaves, que nous achetions pour quelques pièces. » Mais ont-ils pensé, ne serait-ce qu’une fois, que les Noirs pouvaient aussi être des enfants de la région ?
      Lire aussi A Tunis, le meurtre d’un Ivoirien cristallise la colère de la #communauté_subsaharienne

      Le grand tacticien Hannibal Barca était un guerrier noir. Pourtant, peu à peu, il est devenu méconnaissable, ses représentations prenant les couleurs et les traits d’un Nord-Africain. Fini les cheveux frisés et le nez aplati des pièces vues dans mon enfance au musée du Bardo. Tout se transforme, même l’Histoire ! Comment voulez-vous que les jeunes Tunisiens se sentent africains s’ils méconnaissent le passé du continent ? Combien d’entre eux connaissent Cheikh Anta Diop et ses œuvres capitales ? Ont-ils une idée de qui était Thomas Sankara, l’homme intègre, ou encore le président-poète Léopold Sedar Senghor, l’un des pères de la négritude, mouvement de résistance d’une Afrique qui s’éveille ?

      Crimes de haine

      Quand je leur parle de #racisme, mes compatriotes ont des réactions assez amusantes. Ils ou elles ont toujours un ou une ami(e) noir(e) avec qui ils mangent dans la même assiette. Mais seraient-ils prêts, pour autant, à l’épouser ? Le Tunisien a beaucoup de mal à reconnaître que le racisme existe dans son pays, comme partout ailleurs. Quand le racisme mène à l’#agression, les commentateurs ont vite fait de disqualifier cette motivation de l’#attaque. On parle de « déséquilibrés » qu’il ne faut surtout pas prendre au sérieux. Pourtant, ces dernières années, la liste des victimes de #crimes de haine s’est tristement allongée.

      Le 7 décembre 2016, à Tunis, une jeune Ivoirienne échappe in extremis à une tentative d’#égorgement. Dix-sept jours plus tard, à la veille de Noël, deux étudiantes congolaises sont poignardées en plein centre-ville à 11 heures du matin. Un jeune Congolais qui tente de les secourir est, lui, atteint au bras. Ces victimes ont survécu mais elles ont gardé de douloureuses séquelles physiques et psychologiques. Quant à l’agresseur, il avouera ne pas supporter de voir des Noirs parler une autre langue entre eux. Il ne sera pas inquiété par la justice car considéré comme malade.

      Quelque mois après ces attaques, un douanier tunisien noir, en vacances avec sa famille dans un hôtel à Mahdia (centre-est), est agressé par un serveur qui refuse de le servir à cause de la couleur de sa peau. Le douanier termine ses congés à l’hôpital.

      Le 23 décembre 2018, l’Ivoirien Falikou Coulibaly, 33 ans, père de deux enfants, est poignardé à mort à Tunis. Décidément, en Tunisie, les veilles de Noël ont un goût de larmes et de sang pour certaines communautés.

      Sortir du #silence

      Ce #meurtre s’est produit deux mois après l’adoption d’une loi pénalisant le racisme en Tunisie. C’était une première dans le #monde_arabe. Ce texte, que nous attendions avec impatience, a été voté par 125 députés. On notera l’absence, ce jour-là, d’environ 40 % des représentants du peuple… La Tunisie aime à dire qu’elle est africaine, mais dans les faits elle ne proclame ni son #africanité, ni son caractère #multiethnique. Une #multiculturalité qui n’est d’ailleurs pas inscrite dans la nouvelle Constitution post- « révolution ».

      Malgré tout, cette #loi permet aux victimes de racisme de sortir du silence et à la société tunisienne de s’extraire de son long déni. Mon constat est cependant amer : les lois – celle-ci ou celle à venir concernant les #migrants – sont écrites avec le sang de nos congénères, nos frères et sœurs, citoyens subsahariens. Une société change non pas grâce à ses réglementations pénalisantes mais par la volonté de tous d’adhérer à un #projet_commun, celui du « #vivre_ensemble ». La loi est un recours quand l’éducation échoue.

      Pour combattre la bête immonde, l’#Education_nationale doit lancer un travail en profondeur. Le racisme et la violence se manifestent dès le plus jeune âge, à l’école. Il est nécessaire de former les enseignants. Sur le volet de la représentation, une présence visuelle des Noirs dans les #médias, les publicités, les affiches, au cinéma, à la télévision me parait indispensable. Ceci afin que le Tunisien noir ne soit plus cette tache de naissance que l’on porte honteusement sur le visage et qu’on veut oublier ou faire disparaître, mais un joli grain de beauté.

      #Saadia_Mosbah est présidente de l’Association M’nemty (« mon rêve »), qui lutte contre les discriminations raciales en Tunisie.

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/12/29/racisme-la-tunisie-doit-proclamer-son-africanite_5403434_3212.html

  • Au rectorat de Dijon on peut croiser Big Brother
    https://www.humanite.fr/au-rectorat-de-dijon-peut-croiser-big-brother-665400

    Une enseignante y est convoquée après avoir publié un texte ironique sur un site indépendant à propos de la prestation télévisée d’Emmanuel Macron de la semaine passée.


    Le rectorat de l’Académie de Dijon veille à ce que l’ordre règne en Macronie. Une professeure de Lettres au lycée le Castel de la capitale bourguignonne, Sophie Carrouge, y est convoquée par la direction des ressources humaines après avoir publié sur un site indépendant, Disjoncter info, un texte ironique après la prestation télévisée d’Emmanuel Macron la semaine passée. Datée du 13 décembre la convocation évoquant directement la publication de ce texte stipule laconiquement « Je vous demande donc de bien vouloir vous présenter à l’entretien prévu le jeudi 20 décembre à 15 heures 30 ». 
     
    « Le grand chef blanc, écrivait-elle, a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée. Le grand chef blanc accorde une part de bison fumé supplémentaire pour les fêtes et chaque mois, les vieux indiens recevront une galette de maïs et une bouteille d’eau de feu ». Et plus loin, « Emmanuel Macron pendant treize minutes a montré son vrai visage, mains sur la table, yeux rivés au prompteur avec l’empathie du dompteur pour le lion. Saute dans le cerceau, français en gilet jaune ou pas, et ferme ta gueule. »
     
    Au pays de Voltaire le rectorat ne goûte guère la charge. Ce qui a toutes les allures d’un véritable abus de pouvoir a vivement fait réagir les personnels enseignants, administratifs et les parents d’élèves du lycée concerné. Appelant à un rassemblement aujourd’hui à 15 h15 devant le rectorat. Ils écrivent dans un communiqué :

    « Nous, personnels de l’Éducation Nationale, parents d’élèves, représentants syndicaux du lycée le Castel, avons appris avec consternation la convocation de l’une de nos collègues par le rectorat, suite à l’écriture d’une tribune dans une publication dijonnaise. Nous l’assurons collectivement de tout notre soutien. Dans la période de mobilisation actuelle contre les différentes réformes dans l’Éducation nationale, une telle convocation apparaît comme une volonté de faire pression sur l’enseignante et de faire taire toute expression de contestation. Un tel contre-feu ne nous empêchera pas de nous mobiliser contre les réformes en cours. Où est la « liberté d’expression » dans « l’école de la confiance » ?

    • Voltaire, Voltaire, tout de suite les grands noms !

      On est aussi le pays de
      – louis IX, inventeur de l’étoile jaune,
      – henry III
      – napoléons I et III
      – adolf thiers
      – louis faidherbe
      – philippe pétain
      – jules moch
      . . . . . . . .
      Sans oublier quelques sociétés savantes, comme la société d’anthropologie de Paris.
      Une liste serait intéressante à constituer.

      En ce moment, on a un grenadeur, qui se pense comme mussolini enfant, et qui va lancer son métaplan national Post-it.

    • Une professeure de Dijon convoquée par son rectorat après avoir critiqué Emmanuel Macron

      L’enseignante a rédigé une tribune virulente en réaction à l’allocution du chef de l’Etat qui répondait à la colère des « gilets jaunes ».

      « Emmanuel Macron est terne, Emmanuel Macron est vieux, Emmanuel Macron n’est pas un président. Emmanuel Macron est un commercial arrivé au pouvoir par le pouvoir des urnes funéraires. » Cette attaque en règle contre le chef de l’Etat vaut à son auteure, Sophie Carrouge, une professeure du lycée Le Castel de Dijon (Côte-d’Or), d’être convoquée par son rectorat, jeudi 20 décembre. C’est ce qu’a appris franceinfo auprès de l’académie.

      Dans cette tribune publiée sur le site dijoncter.info mercredi 12 décembre, deux jours après l’allocution du président de la République, la professeure de lettres ironise sur la forme du discours présidentiel : « Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire. » Sophie Carrouge, qui milite pour la défense des lycéens sans-papiers, explique à franceinfo avoir réagi, « ivre de rage », « au mot ’immigration’ lâché par Emmanuel Macron » dans son discours.
      « L’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve »

      « Je me doute que l’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve », déclare Sophie Carrouge, qui fait valoir sa liberté d’expression. « Ils vont sans doute m’attaquer sur le fait que je mentionne ma profession et mon établissement. » "Mais chez les enseignants, ce droit de réserve n’est pas le même que dans la police par exemple, il est jurisprudentiel", affirme-t-elle.

      Et la professeure de dénoncer « un contexte très inquiétant ». Selon elle, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, « serre la vis de manière très spectaculaire ». L’enseignante dénonce le projet de loi sur l’école en préparation et les sanctions disciplinaires qu’il prévoit à l’encontre des enseignants qui dénigreraient l’institution. « L’Etat est en train de bétonner le système pour restreindre la liberté d’expression de chaque fonctionnaire », fustige ainsi la professeure.
      « C’est prendre le risque de sanctions disciplinaires »

      Laurent Rabbé, avocat au barreau de Paris, spécialiste du droit de la fonction publique, estime que l’enseignante aura du mal à faire valoir ses arguments. « Au titre de ses obligations statutaires, un professeur de la fonction publique d’Etat a un devoir de réserve sur la politique mise en œuvre par sa tutelle, a fortiori par le chef de l’Etat », explique-t-il à franceinfo. Le juriste estime que le rectorat pourrait légitimement lancer des poursuites disciplinaires contre Sophie Carrouge pour manquement à cette obligation. « Tenir de tels propos publiquement en se présentant en tant qu’enseignante, c’est prendre le risque de sanctions disciplinaires, tranche le conseil. Individuellement, c’est un choix, c’est un risque à prendre ».

      En attendant, des collègues et des parents d’élèves du lycée Le Castel ont apporté leur soutien à Sophie Carrouge dans un communiqué. Ils appellent même à manifester devant le rectorat, jeudi après-midi, au moment où l’enseignante sera convoquée. Contactée par franceinfo, l’académie n’a souhaité faire aucun commentaire.
      Pas de sanction mais un rappel

      La convocation s’est soldée par « un rappel au devoir de réserve », indique à franceinfo Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du Snes-FSU de Côte d’Or. La teneur de l’entrevue était « une incitation à la plus extrême prudence », confirme Sophie Carrouge. Pas de sanction donc pour l’enseignante. « Je peux continuer à écrire mais je n’écrirai plus : ’Je suis enseignante’ », commente la professeure. Le rectorat a rappelé qu’"un fonctionnaire ne doit pas critiquer sa hiérarchie et l’Etat employeur", confirme la syndicaliste. Mais de conclure : « Si elle avait seulement signer de son nom, sans mentionner sa profession et son établissement, ça passait. »

      https://www.francetvinfo.fr/politique/une-professeure-de-dijon-convoquee-par-son-rectorat-apres-avoir-critiqu

  • Bac : « L’Education nationale ne pourra pas assurer une offre raisonnable sur tout le territoire »

    Les nouvelles spécialités prévues dans le cadre du #bac_2021 ne seront pas accessibles à tous, faute d’un nombre suffisant d’enseignants, relève dans sa chronique le chercheur Philippe Askenazy. Cela va à l’encontre de l’#égalité_des_chances promise lors de la campagne du président Macron.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/13/bac-l-education-nationale-ne-pourra-pas-assurer-une-offre-raisonnable-sur-to
    #bac #lycée #réforme #éducation #éducation_nationale #égalité #inégalité #France

  • Face à la pénurie, l’école parfois contrainte d’embaucher n’importe qui (Marie Piquemal, Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/29/face-a-la-penurie-l-ecole-parfois-contrainte-d-embaucher-n-importe-qui_16

    Recrutés à la va-vite pour boucher les trous, les contractuels sont désormais utilisés largement par l’éducation nationale. Peu ou pas formés, certains s’en sortent. D’autres sombrent mais sont reconduits, pour ne pas laisser les classes sans enseignant.
    […]
    « C’est violent pour tout le monde. Pour eux. Pour nous, enseignants. Comme si notre métier, au fond, tout le monde pouvait le faire. Comme si la mission de l’éducation nationale c’était de mettre un adulte devant les gosses. Point à la ligne. Mais le pire, c’est pour ces parents et ces élèves qui font confiance à l’école et à qui on ment. »

    #éducation #remplacements #précarité #vacataire #formation #pénurie

  • Jean-Michel Blanquer adore les évaluations… mais pas pour lui - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/12/jean-michel-blanquer-adore-les-evaluations-mais-pas-pour-lui_1684926

    Un projet de loi, qui sera soumis lundi au Conseil supérieur de l’Education, supprime le Conseil national d’évaluation des politiques scolaires (Cnesco) dans sa forme actuelle.

    Le ministre de l’Education croit beaucoup en l’évaluation, « un levier de progrès incontestable ». D’ailleurs, à la rentrée, Jean-Michel Blanquer a décidé que tous les élèves de CP, CE1, sixièmes et secondes passeraient fissa des tests nationaux pour évaluer leur niveau. Et ainsi, dit-il, aider enseignants à adapter leurs pratiques pédagogiques.

    Aux inquiets et suspicieux, le ministre rétorque : « On doit aborder ces évaluations de façon décontractée. N’essayons pas de créer des peurs, elles ne sont pas anxiogènes mais rassurantes. » Sur le plateau de France 2, il a même dit : « Vous savez c’est très agréable, tout le monde le fait, même pendant les vacances sur la plage. Vous n’arrêtez pas de vous tester dans les magazines et à la fin vous êtes contents parce que vous avez votre portrait. C’est un peu la même idée… On vous dit qui vous êtes. »

    Mais, alors, si les évaluations sont un progrès, qui plus est « agréable », pourquoi vouloir supprimer le Conseil national d’évaluation du système scolaire (#Cnesco) dont la mission est d’évaluer l’efficacité des politiques éducatives ? Le ministre craindrait-il que sa propre action soit évaluée ?

    Une instance à part

    S’il est peu connu du grand public, le Cnesco produit des études intéressantes et utiles au débat public. On lui doit la grande enquête sur la mixité sociale qui a permis de mettre des chiffres sur une réalité vécue par des milliers d’élèves et enseignants. Ou encore le travail de fond sur l’enseignement professionnel, mettant au jour le décalage entre les politiques qui répètent à l’envi que la voie professionnelle est primordiale, tout en laissant ouvertes des filières dont on sait les débouchés d’insertion maigres ou inexistants… Les rapports du Cnesco, nourris par le travail de recherche scientifique, ont aussi le mérite de mettre en lumière des sujets pas forcément dans l’agenda des politiques.

    Terminé les folies et l’indépendance ! Dans un projet de loi en préparation, que les syndicats ont découvert cette semaine, figure la transformation du Cnesco en « Conseil de l’évaluation de l’école ». Sur le papier, la mission semble la même : « Le conseil, placé auprès du ministre chargé de l’éducation nationale, est chargé d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. » Les ressemblances s’arrêtent là.

    Une instance pour évaluer les établissements ?

    Le Cnesco pouvait s’autosaisir. Pas le nouveau conseil. La composition n’a plus rien à voir. Créé par la loi de 2013, le Cnesco consistait en un attelage à part. Pour garantir son indépendance, il comptait obligatoirement deux députés et deux sénateurs, de bords politiques différents. Désormais, ce sera un député et un sénateur choisi par les présidents des deux chambres, autant dire de la majorité. Et pour le reste… Le nouveau conseil comptera quatre « personnalités choisies par le ministre pour leur compétence dans le domaine éducatif » et « quatre représentants du ministre ». Il n’y aurait plus de représentants du Conseil économique, social et environnemental (Cese) comme aujourd’hui.

    Le travail des membres sera un poil moins excitant. Dans l’état actuel du projet de loi, le conseil sera chargé d’« établir une synthèse des différents travaux d’évaluation sur le système éducatif ». Une agence à produire des résumés de rapports produits par les services de l’Education nationale ? Merci l’utilité… En réalité, le conseil aura une autre mission, qui intéresse bien plus le ministre : il sera chargé d’évaluer les établissements scolaires. « La France est en effet l’un des derniers grands pays à n’avoir pas développé une politique nationale d’évaluation de ses établissements scolaires », justifie le ministère dans l’exposé des motifs du projet de loi. Jean-Michel Blanquer croit beaucoup dans les bienfaits de l’évaluation, pour « avancer ». Sauf pour lui.
    Marie Piquemal

    #évaluation #éducation_nationale #blanquer

  • Essonne : « A la mairie, ils disent qu’on n’a pas le droit d’aller à l’école » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/04/essonne-a-la-mairie-ils-disent-qu-on-n-a-pas-le-droit-d-aller-a-l-ecole_1

    A Chilly-Mazarin, dans l’Essonne, des enfants hébergés par le Samu social se sont vu refuser une inscription dans les établissements de la ville. Depuis la rentrée, les familles se battent pour leur scolarisation.

    Il a retrouvé de l’assurance. « En France, les enfants vont à l’école. Chilly-Mazarin, c’est la France ou c’est pas la France ? » Joseph, 45 ans, se tient droit, les bras croisés. Il a fui son pays - il était membre actif de l’opposition politique en république démocratique du Congo et électricien de métier. Demandeur d’asile, il est logé dans une chambre d’hôtel prise en charge par le Samu social dans l’Essonne, à Chilly-Mazarin. Il dort avec ses trois enfants : Herik, 10 ans, Souverain, 9 ans et Angélique, 7 ans. « Je suis papa et maman à la fois », résume-t-il.

    Cet été, il se rend à la mairie avec son attestation de logement pour inscrire ses enfants à l’école. Et s’entend répondre : « Il n’y a pas de place pour les enfants de l’hôtel ici, on va transmettre votre dossier. Une école d’une ville voisine vous recontactera. » Les semaines passent. « Les baskets, le cartable, j’ai tout acheté comme il faut. » La rentrée des classes arrive, mais toujours pas de réponse. Douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école, eux passent leurs journées à l’hôtel, trépignent et questionnent. « Tous les jours, ils me demandaient. Ils me lâchaient pas. "Pourquoi on n’y va pas ? Pourquoi papa ?" » Le père ne répond pas. « Pour leur dire quoi ? Qu’on ne veut pas d’eux parce qu’on vit ici, à l’hôtel ? Ce n’est pas intéressant de leur dire. » Il retourne faire la queue à la mairie. « Votre dossier est toujours en attente. Patientez. »

    Dans la chambre voisine, Makanda est aussi dans la panade avec son fils Patrice, 7 ans, qui tourne en rond. Elle avait quand même réussi par avoir le nom d’une école à Ballainvilliers, à « 55 minutes de bus ». Quand elle arrive dans le bureau de la directrice pour son inscription, celle-ci demande : « Mais comment vous allez faire pour l’amener et le chercher, avec tout ce trajet ? » Makanda raconte cela, assise sur le lit superposé de l’hôtel, son bébé de 5 mois assoupi à ses côtés. Elle fait non de la tête. « Tout cette route, avec le bébé. En hiver, c’est sûr, je vais pas tenir. »

    Bras de fer

    Laurent Ott, d’Intermèdes Robinson, une association qui aide les personnes en grande difficulté, enrage : « A Chilly-Mazarin, on a malheureusement l’habitude. Chaque année, on doit se battre pour que les enfants soient inscrits à l’école, la mairie invente tout un tas de choses pour les en empêcher. » Comme la cantine, facturée au tarif extérieur, parce que « résident à l’hôtel » ne veut pas dire « domicilié » à Chilly-Mazarin. Pour ces familles, sans le sou par définition, le repas du midi est facturé 7 euros par enfant (c’est 5,80 euros fourchette haute pour les Chiroquois). Le maire LR, Jean-Paul Beneytou, justifie : « C’est comme ça depuis toujours pour tous les enfants venant de l’extérieur de la ville. Pourquoi leur appliquerait-on une règle différente ? Il n’y a pas de raison. De toute façon, très peu d’entre eux mangent à la cantine. » Le plus souvent, les parents viennent en effet les chercher le temps du repas, et les font manger comme ils peuvent, les hôtels étant rarement équipés de cuisine.

    Autre coup classique, selon l’association : les refus de scolarisation en maternelle, au motif que l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans. « A chaque fois, on se bat. Parfois, il faut en appeler au Défenseur des droits. Il faut recommencer sans cesse », témoigne Béatrice Michel, membre de l’association.

    Cette rentrée, le bras de fer a pris une autre tournure. Au printemps, le maire de Chilly-Mazarin a alerté la préfecture. « Nos écoles sont saturées, nous n’avons déjà quasi plus de place pour les enfants des Chiroquois. C’est bien de vouloir accueillir tous ces gens en difficulté mais les villes se retrouvent à gérer seules. Cette situation, on ne l’a pas voulue. » L’édile explique qu’au début de son mandat, en 2014, il y avait trois enfants scolarisés venant des hôtels. « Puis les demandes n’ont cessé d’augmenter, on s’est retrouvé avec 37 enfants, vous imaginez ? » Il marque un temps, puis ajoute : « C’est facile de montrer du doigt en disant "le vilain maire". Mais l’État devrait aller au bout de sa démarche. » A l’issue d’une réunion tripartite (académie, préfecture, mairie), il est décidé de « répartir les enfants » dans les communes voisines, sans que la question de la prise en charge des tickets de transport ou des frais de cantine ne semble avoir été évoquée. En fin de semaine dernière, 16 dossiers (donc 16 enfants) étaient toujours en attente. Sans proposition de scolarisation donc, reconnaissait la mairie. « C’est une façon de décourager les familles, comment voulez-vous qu’ils fassent ? » s’indigne Laurent Ott.

    « Histoires d’adultes »

    Encouragés par l’association et ragaillardis, Joseph et Makanda tentent un coup. C’était il y a quinze jours. Un matin, ils déposent leurs enfants devant les grilles de l’école Pasteur à Chilly-Mazarin, près de leur hôtel. « Ils étaient là, avec leurs cartables, prêts à apprendre. Ils ont bien parlé à la directrice », raconte Joseph, esquissant un sourire de fierté. La directrice : « J’ai fait ce que je devais faire. J’ai procédé à l’admission provisoire, je les ai répartis dans les classes. Puis j’ai prévenu la hiérarchie, ainsi que la mairie. » La suite de l’histoire est à peine croyable. L’inspectrice a déboulé dans l’école « demandant de lui montrer les enfants du doigt. J’ai évidemment refusé, ils n’ont pas à être mêlés à ces histoires d’adultes », confiait-elle un peu sonnée au lendemain de l’affaire, et insistant pour que l’on précise qu’elle a de très bons rapports avec la direction académique de l’Essonne. « Elle m’a demandé de faire une information préoccupante [procédure pour les enfants en danger, ndlr] et d’appeler le commissariat afin que la police vienne sortir les enfants de l’école. J’ai refusé. »

    Sollicité à plusieurs reprises, le #rectorat apporte, mardi, quelques précisions, par communiqué : « Selon notre conseil, l’inspection s’est rendue dans l’école pour tenter de connaître l’identité des responsables légaux et de les contacter. » Joseph raconte avoir été reçu par l’inspectrice. « Elle m’a dit avoir trouvé une école pour eux à Massy [une ville voisine]. Qu’ils ne pouvaient pas rester là, car c’était la loi à Chilly-Mazarin. Comment payer les cartes de transport ? Pas de réponse. »

    Moquette et dorures

    En attendant, ses enfants et le fils de la voisine continuent d’aller à l’école Pasteur. On les rencontre dans leur chambre, à l’hôtel, le 26 septembre. Le bâtiment, avec ses colonnes grecques, a un drôle de look. Il est situé à la sortie de la ville, sur le parking de deux boîtes de nuit. A l’intérieur, moquette bleue à fleurs et dorures sur les rampes d’escalier. Herik, le fils aîné de Joseph, dit qu’ici, c’est « un palace ». Il n’y a que des familles hébergées par le 115 dans cet hôtel d’une centaine de chambres. Cet après-midi, Intermèdes Robinsontoque à toutes les portes, un atelier jeux est organisé au rez-de-chaussée. Des enfants sortent de toutes les chambres, joyeusement. Combien sont-ils à aller à l’école ? Difficile de savoir. « Quand tu demandes aux parents, souvent ils répondent que oui, pour ne pas perdre la face, explique Abdelnasser Pochet, éducateur spécialisé dans l’association depuis dix ans. Souvent, ils vont dans des écoles loin d’ici. Les parents tiennent bon, puis finissent par abandonner. Parfois aussi, ils demandent aux grands de garder les petits pendant qu’ils font des petits boulots. Le problème de la #non-scolarisation est beaucoup plus étendu que ce qu’on imagine et que l’on veut bien voir. » Le 17 septembre, dans les colonnes de Libération, un collectif d’associations en appelait solennellement au président de la République pour « combler le fossé entre les textes [qui garantissent le droit à la scolarisation de tout enfant] et leur application effective ». Il demandait la mise en place d’un observatoire pour « mettre des chiffres et des visages sur cette réalité méconnue ».

    Dans la salle de jeux éphémère, Herik parle de son maître génial qui fait des blagues du type : « Ça va, beau gosse ? » L’enfant s’esclaffe. Il veut être footballeur professionnel, « c’est pour ça que je dois absolument aller à l’école ». Pour info, son frère Souverain, plus intimidé, sera aussi footballeur. Et Angélique, danseuse. Elle nous regarde dans les yeux et sans sourire : « A la mairie, ils disent qu’on n’a pas le droit d’aller à l’école parce qu’on vient de l’hôtel. Mais tous les enfants doivent y aller, pas vrai papa ? » Un peu plus tôt, leur père avait fait sonner son téléphone, pour qu’on écoute sa nouvelle sonnerie : « Papa, je t’aime. T’es le meilleur papa du monde. » Un enregistrement de la petite fait au pied levé, le soir de la première journée de classe.
    Marie Piquemal , Corentin Fohlen Divergence
    [photos dans l’article]

    Non mais c’est quoi ce pays ? Le rectorat qui envoie ses chiens de garde parce qu’une directrice a eu l’outrecuidance d’inscrire des enfants dans une école. Je suis profondément choquée ! Les délinquants ne sont décidément pas là où on croit.

    #école #éducation_nationale #racisme #Chilly-Mazarin

  • Octobre 2018 : La fin de l’état de grâce pour Jean-Michel Blanquer ?

    Comme je le disais à @monolecte, je ne finis pas d’être étonné de la réussite du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer depuis l’élection d’Emmanuel Macron.
    – Il est plébiscité dans les sondages au point d’être pressenti comme un 1er ministre de rechange pour la fin du quinquennat ;
    – Il avance dans son agenda politique sans aucune résistance ;
    – Les camarades qui ont une conscience politique mais ne sont pas spécialistes de l’Éducation s’alarment de nombreuses réformes macroniennes, mais personne ne s’émeut de ce qui se passe dans le champ éducatif.

    Il a réussi cela :
    – en détricotant des réformes précédentes impopulaires ou mises en œuvre de manière contre-productive (réforme du collège, réforme des rythmes) ;
    – en faisant profil bas (lors de son arrivée au ministère, il a dit qu’il ne toucherait à rien) ;
    – en pratiquant néanmoins la stratégie du choc (une annonce de réforme par semaine, tous les sujets sur la table, des décisions prises rapidement ne permettant pas une réaction des opposant·e·s) ;
    – en tenant le discours du pragmatisme, de l’expertise et du scientisme.
    – en séduisant les réacs de tous bords de Marianne à Valeurs Actuelles et en se positionnant sur un discours très « républicaniste ».

    [NB : Accessoirement, il a réussi cela parce que les syndicats d’enseignants ont complètement merdé les 10 dernières années et sont condamnés à une impuissance frileuse, mais c’est un autre débat.]

    Pourtant c’est une personnalité controversée, une des plus à droite de ce gouvernement :
    – Il aurait pû être le Ministre de Fillon ;
    – Il est proche des milieux, associations et think tanks (très) réactionnaires ;
    – Ses décisions (sur la pédagogie) sont régulièrement soutenues et approuvées par le RN.

    De fait, il engage, rapidement et efficacement, depuis plus d’un an des réformes de fond, à haute teneur idéologique, en rupture profonde avec les 30 dernières années, et sur lesquelles il sera très très difficile de revenir.
    Et tout ça donc : sans résistances et dans une certaine indifférence médiatico-politique.

    Pourtant, en cette automne, ça commence un peu à se (sa)voir :

    Des démissions qui illustrent à la fois le sectarisme idéologique du ministre et ses méthodes autoritaires finissent par intéresser les médias

    Entretien exclusif : Marie Aleth Grard : On ne peut plus discuter au CSP (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/10/01102018Article636740069644434920.aspx

    Marie-Aleth Grard n’était pas venue par hasard au Conseil supérieur des programmes (CSP). Auteure d’un rapport remarqué sur l’Ecole et la grande pauvreté, elle portait l’espoir d’une école ouverte à tous, et en premier lieu aux plus démunis. Sa démission du CSP, la troisième en un an, marque plus que le changement de cap du Conseil supérieur des programmes. C’est aussi l’enterrement d’un espoir. Marie Aleth Grard s’en explique auprès des lecteurs du Café pédagogique.

    Nouvelle démission au sein du Conseil supérieur des programmes (Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/02/nouvelle-demission-au-sein-du-conseil-superieur-des-programmes_1682546

    Ses adversaires (chercheurs, experts, corps intermédiaires) commencent à prendre la parole

    – Prises de paroles de haut-fonctionnaires retraités qui témoignent qu’une partie des experts, scientifiques et de la hiérarchie intermédiaire refuse de cautionner ce tournant réactionnaire et en même temps ultra-libéral.
    Par exemple :
    Le Blog de Marc Bablet (Club Médiapart)
    https://blogs.mediapart.fr/marc-bablet/blog

    – Philippe Meirieu a écrit un livre !
    [NB : Ce dernier point risque d’être contre-productif, tant son auteur, au-delà de ses apports indéniables à la vie des idées éducatives ces 30 (40 ?) dernières années, a été la figure du socialisme libéral et pour de très nombreux enseignant·e·s le nom cité de manière récurrente par leur hiérarchie pour leur expliquer qu’ils allaient pouvoir se priver des moyens supprimés avec un peu plus de pédagogie. Mais c’est un autre débat.]
    Philippe Meirieu prend la défense de la pédagogie (LeMonde.fr)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/11/philippe-meirieu-prend-la-defense-de-la-pedagogie_5353220_3232.html

    Le problème c’est que le temps que tout le monde se réveille et en prenne conscience, il sera trop tard pour revenir en arrière...

    #éducation #politique #réforme

  • Baccalauréat : Parcoursup met les lycéens à rudes épreuves - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/17/baccalaureat-parcoursup-met-les-lyceens-a-rudes-epreuves_1659878

    Au stress des examens qui commencent ce lundi s’ajoute celui lié à la plateforme de vœux des futurs étudiants, suspendue jusqu’au 26 juin. Dans l’attente d’une affectation, certains élèves angoissent, d’autres se découragent. Quatre candidats témoignent.

    Au petit matin, dans les locaux de l’Institut polytechnique de Toulouse, une petite main va appuyer sur pause : l’algorithme Parcoursup, qui répartit les élèves dans les filières du supérieur, s’arrêtera de tourner au niveau national pendant les deux semaines du bac. Les épreuves débutent ce lundi avec la philosophie (lire aussi page 25), pour les trois quarts des 750 000 terminales - les bac pro, eux, sont déjà dans le dur depuis fin mai. « Le fonctionnement de Parcoursup sera suspendu [jusqu’au 26 juin, ndlr] pour que les candidats puissent se concentrer pleinement sur leurs révisions et leurs épreuves », explique le ministère de l’Education nationale dans un communiqué.

    Dédramatiser

    Les dernières semaines ont été bien rudes pour la quasi-majorité des élèves qui, le soir des premiers résultats Parcoursup du 22 mai, se sont retrouvés sans aucune proposition et avec des « en attente » devant chacun de leurs dix vœux. De retour en classe, les profs ont ramé pour dédramatiser, les aiguiller et faire en sorte qu’ils se concentrent sur leur bac. Depuis, les choses se sont (en partie) décantées. Le ministère se vantera à coup sûr d’avoir tenu sa promesse : que les deux tiers des candidats aient au moins une proposition la semaine du bac. Au compteur, samedi, ils étaient 340 000 à avoir validé leur vœu, et donc à savoir ce qu’ils feront à la rentrée, une fois leur bac en poche. Les autres sont encore dans le brouillard : 255 000 ont un choix accepté mais attendent mieux, nourrissant l’espoir de remonter sur les listes d’attente, 165 000 n’ont toujours aucune réponse, et 50 000 ont cliqué sur« abandonner ». Ils ont quitté la procédure Parcoursup, et donc disparu des radars.

    Il est encore trop tôt pour juger l’efficacité de ce nouvel outil d’affectation, mis en place au pas de course (la loi n’a été votée que le 8 mars). Mais une chose est sûre : niveau stress, Parcoursup ne fait pas mieux pour l’instant que l’ancien système #APB, considéré comme anxiogène car très opaque. Parcoursup, c’est un autre genre. Le ministère dit jouer la transparence, mais des pans restent obscurs, comme les critères utilisés par chaque fac pour classer les candidatures. Surtout, en générateur de stress, la palme revient à ce petit compteur qui s’actualise chaque nuit dans le dossier du candidat : il indique l’évolution de son rang sur les listes d’attente… C’est ainsi que, depuis le 22 mai, des élèves (et pas mal de parents) se réveillent en panique au milieu de la nuit pour rafraîchir frénétiquement leur appli. Angoissant à souhait. La décision de mettre en place ce compteur a été prise sur le fil, quelques jours avant le 22 mai. Le ministère aurait-il omis de jeter un œil à la recherche scientifique ?

    « Indécision »

    Les travaux des chercheurs en psychologie sociale font consensus sur ce point : « Les classements ont des effets négatifs sur l’estime de soi et ce qu’on appelle le sentiment d’efficacité personnelle », indique la maître de conférence en psychologie d’orientation au Conservatoire national des arts et métiers Emmanuelle #Vignoli. Il a par exemple été démontré, raconte-t-elle, que si l’on classe de manière aléatoire des élèves, en ne prenant pas en compte leurs compétences, le jeune mal classé qui a pourtant les qualités requises aura tendance à moins bien réussir. « Ce qui veut dire que ce n’est pas seulement la compétence réelle qui joue dans les résultats scolaires, mais aussi le regard que l’on porte sur ses propres capacités, accentué avec un #classement. Dire aux élèves leur rang sur la liste d’attente n’est pas sans conséquence. » Autre effet étayé scientifiquement : les répercussions de l’anxiété. « Elle joue sur l’indécision vocationnelle : il sera plus difficile pour les élèves anxieux de parvenir à faire des choix d’orientation. » Et sur les performances scolaires : « L’état d’anxiété amène à être centré sur soi, sur ses préoccupations. On a donc moins d’attention à allouer à d’autres tâches. » Comme réviser son bac, par exemple.

    Semih, 17 ans, bac pro : « Le stress a augmenté d’un cran »

    « Sur Parcoursup, tous mes vœux pour des BTS technico-commercial sont en attente et un autre a été refusé. Lorsque je l’ai appris, ça m’a beaucoup angoissé, d’autant plus qu’en tant qu’élève de bac pro technicien d’usage [TU, ndlr], je les ai reçus alors que j’étais déjà en train de passer le bac. On a eu les premières réponses le 22 mai, et j’avais des épreuves les trois jours suivants. C’était vraiment dur. Quand j’ai vu que j’étais en attente, le stress a encore augmenté d’un cran. Le bac est un moment difficile et Parcoursup ne fait que renforcer notre anxiété. Lorsque je révise, je pense à [la plateforme], il est difficile de ne me concentrer que sur le bac.

    « Chaque matin, je consulte le site avec l’appréhension de savoir si je suis pris ou pas. Je comprends très bien qu’on décide de mettre Parcoursup en pause pendant le bac pour éviter de nous ajouter un stress supplémentaire. Cette décision est positive pour la plupart des élèves, mais pas dans mon cas. En bac pro, les épreuves générales du bac ne durent plus que deux jours, mais on doit attendre une semaine que les élèves des filières générales finissent pour accéder aux résultats. Une semaine d’attente dans l’incertitude, c’est long.

    « Mes parents aussi sont inquiets. Ils veulent que j’aille au lycée de Brive-la-Gaillarde [Corrèze], mais je suis en attente. Mes autres vœux sont à Clermont-Ferrand et Toulouse. L’éventualité que je puisse partir loin leur fait peur, comme moi. Je souhaite rester proche de ma famille. Ils me disent de réviser mon bac et de ne pas trop angoisser pour Parcoursup, mais je vois bien qu’ils sont eux-mêmes angoissés. » (M.T.)

    Yann, 17 ans, bac pro : « Je ne sais pas si je veux avoir mon bac »

    « J’ai arrêté de réviser pour le bac. Avant de recevoir les résultats de Parcousup, je travaillais car j’aime ma filière [SEN, systèmes électroniques et numériques, ndlr]. Aujourd’hui, je ne sais pas si je veux avoir mon #bac. Je vais y aller uniquement car j’y suis obligé. C’est la première fois que je ne suis pas stressé avant une épreuve : que je l’aie ou pas, l’issue sera la même pour moi. Sur Parcoursup, j’ai formulé des vœux dans la continuité de ma formation : 9 BTS, en SEN et SIO [services informatiques aux organisations], tous dans ma région [Hauts-de-France]. Le 22 mai, tous mes vœux ont été refusés. Si j’ai mon bac, je sais que je serai déscolarisé à la rentrée. J’en arrive à un point où j’ai l’impression qu’avoir mon bac me handicaperait plus que de ne pas l’avoir. Je suis complètement perdu alors que je devrais être confiant et heureux à l’idée d’avoir mon bac. La seule solution que m’offrent les conseillers d’orientation et la Caes [Commission d’accès à l’enseignement supérieur qui, dans chaque académie, s’occupe des élèves n’ayant essuyé que des refus], c’est l’apprentissage. Sauf qu’en pratique, c’est très difficile de trouver une place en tant qu’apprenti, encore plus sans le permis. Je vais essayer, même si je n’y crois pas trop. Ce n’est pas ce que je veux faire. Je voulais un BTS pour continuer mes études, en alliant théorie et pratique, mais je n’ai pas le choix. Je suis blasé. Avec le bac ou pas, et sans apprentissage, les conseillers d’orientation m’ont dit que je risquais de finir à Pôle Emploi. Ce n’est pas faux : dans tous les cas, je n’aurai pas de place et je sais que la valeur d’un bac pro sur le marché du travail n’est pas conséquente. Je me sens livré à moi-même. » (S.-L.B.)

    Audrey, 18 ans, terminale S : « Ça m’a découragée »

    « Mes résultats sur Parcoursup m’ont coupé toute envie de passer le bac. Je n’ai pas eu de très bons résultats tout au long de l’année [au lycée Victor-Hugo, à Besançon, dans le Doubs, ndlr], donc je n’ai pas été acceptée dans les écoles que je voulais qui proposaient un DUT hygiène, sécurité et environnement. J’avais fait d’autres vœux pour cette même formation, un peu dans toutes les villes, mais je n’ai été acceptée qu’à Saint-Denis. Ce n’est pas du tout ce que je voulais et je suis sur liste d’attente dans les autres. A Lyon, là où j’espérais le plus aller, j’ai été refusée.

    « Cette semaine, je n’ai même pas révisé et je n’ai pas assisté aux derniers cours. La seule chose que j’ai faite, c’est regarder des vidéos YouTube de la chaîne « les Bons Profs ». En parallèle, je n’ai pas voulu ouvrir un cahier. Je vais quand même me présenter au bac et faire ce que je peux, « au talent » comme on dit. Ça m’a totalement découragée. Je préfère redoubler que d’accepter un choix par dépit. Mes résultats n’étaient certes pas très bons, mais j’avais quand même l’espoir d’être acceptée. J’avais mis beaucoup de cœur dans mes lettres de motivation, j’ai mis longtemps à les rédiger, notamment pour Lyon, et je pense qu’ils ne les ont même pas lues.

    « Ma mère est du même avis que moi, elle ne veut pas que j’aie le bac non plus. Elle m’a dit : « Je préfère que tu restes encore au lycée l’année prochaine plutôt que d’aller à Saint-Denis. » J’aurais aimé savoir avant que ce nouveau système allait être sélectif. Dans ce cas, je me serais sûrement donné plus de mal pour avoir de meilleurs résultats. C’est ce que je compte faire l’an prochain. » (M.T.)

    Justine, 19 ans, terminale L : « APB, ça allait »

    « C’est la deuxième fois que je passe le bac [au lycée expérimental de Hérouville-Saint-Clair dans le Calvados, ndlr]. L’année dernière, avec mon avis défavorable, je ne suis même pas allée aux épreuves de rattrapage. Cette année, je me suis ressaisie et j’ai obtenu un avis très favorable. Je connaissais le système APB, et mes candidatures sont les mêmes cette année sur Parcoursup. Je trouvais qu’APB, ça allait. Bizarrement, j’avais été acceptée dans plus de formations que cette année. Aujourd’hui, je suis refusée dans sept de mes treize vœux, et je suis sur liste d’attente pour cinq autres. J’ai été refusée à deux BTS qui m’avaient pourtant dit oui l’an dernier. C’est difficile à comprendre. J’ai juste été acceptée à la fac de Caen en arts du spectacle. Je n’ai pas trop envie d’y aller, je ne pense pas que la fac soit faite pour moi. J’ai mis ce vœu par sécurité, sur le conseil de mes profs…

    « J’attends la réponse d’un BTS audiovisuel à Saint-Quentin, dans l’Aisne, où je suis classée 116e sur les 494 élèves sur liste d’attente. Un autre dans la même ville m’intéressait mais je suis pour l’instant 404e sur 447… On a du mal à y voir clair et surtout, on ne peut pas vraiment savoir quand on sera fixé. Parcoursup génère énormément de stress. J’ai déjà passé le bac, alors je sais à quoi m’attendre, mais la pression que nous inflige #Parcoursup est terrible : on doit attendre des réponses et en même temps se concentrer sur nos épreuves. Ce sont deux choses importantes et difficiles à gérer ensemble. J’attends de passer le bac pour réfléchir à ce que je vais faire si je n’ai rien. Je pense à un service civique. Je ne peux pas ne rien faire. C’est inenvisageable. » (S.-L.B.)
    Marie Piquemal , Marlène Thomas , Sarah-Lou Bakouche

    Plus je lis des articles sur parcoursup et plus je suis horrifiée.

    #sélection #éducation #études #université #éducation_nationale #école #enseignement #diplôme #orientation

  • Les échanges hors sol des «sages de la laïcité»
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220218/les-echanges-hors-sol-des-sages-de-la-laicite

    Emmanuel Macron et #jean-Michel_Blanquer, le 4 octobre 2017. © Reuters Mediapart a consulté le compte-rendu d’une réunion du « conseil des sages de la laïcité », mis en place par le ministre de l’éducation nationale. La question du #voile y est soulevée à maintes reprises, certains se demandant même si Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohammed Merah, serait « ouverte » à l’idée d’enlever le sien pour intervenir auprès des élèves.

    #France #conseil_des_sages_sur_la_laïcité #Education_nationale #Emmanuel_Macron #laïcité #religion

  • Vous reprendrez bien un peu de Blanquer ? Quand a-t-on jamais pris la peine d’écouter les enseignant·es et de faire le bilan des actions engagées à l’#Éducation_Nationale ?

    CP à 12 élèves... Méthodes brutales et finalités contestables... - Vivement l’Ecole !
    http://demain-lecole.over-blog.com/2017/06/cp-a-12-eleves.methodes-brutales-et-finalites-contestables.

    Les enseignants se voient dans l’obligation de renoncer à un précédent dispositif, le "plus de maîtres que de classes". Toutes les écoles REP+ (réseau éducation prioritaire renforcé) et une majorité des écoles REP s’étaient vues attribuer un professeur des écoles en surnuméraire pour accompagner les classes et intervenir en fonction des besoins au sein de celles-ci. Ces enseignants « pollénisateurs » permettaient de décloisonner les classes et d’encourager l’innovation et la réflexion pédagogique au sein d’équipes enseignantes, souvent jeunes et inexpérimentées dans ces écoles prioritaires. Or, en Seine-Saint-Denis où plus de 500 écoles sur 830 sont en éducation prioritaire, la totalité de enseignants PDMQDC ((plus de maîtres que de classes) des écoles REP+ vont disparaître à la rentrée prochaine. Tout est donc « balayé d’un revers de main », sans réflexion, sans bilan et sans égards pour les professionnels investis (voir pétition). Le directeur académique, M.Wassenberg, l’a annoncé vendredi dernier et a même ajouté qu’une partie des nouveaux postes affectés aux brigades de remplacement (75 postes sur 190 pour être précis) serait ponctionnée pour concrétiser la promesse des CP à 12 . Le non remplacement des enseignants absents, véritable fléau dans ce département, a donc toutes les chances de revenir en force dès l’automne prochain.

  • Rémi Brissiaud : Les non-dits du rapport Villani-Torossian
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/02/14022018Article636541887390139057.aspx

    Le rapport Villani-Torossian vient d’être officiellement remis au ministre. On ne s’intéressera ici qu’à la partie concernant l’enseignement du premier degré. Le rapport comporte plusieurs volets, dont l’un est consacré à la formation initiale et continue des professeurs des écoles. Il dresse un tableau réaliste d’une situation qui est particulièrement grave. Dans ce domaine, diverses recommandations sont avancées qui suscitent un certain scepticisme : auront-elles un jour le financement nécessaire ? Concernant le reste du rapport, on peut craindre tout au contraire que ses recommandations, biaisées par la composition de la commission et le manque de rigueur du travail effectué, soient mises en œuvre.

    Le présent texte sera composé de deux parties. La première restitue le biais « systémique » qui résulte du contexte dans lequel la commission a été composée et a bouclé sa mission. La seconde partie mettra en évidence le manque de rigueur et de consistance du travail effectué. Proposer aux professeurs des écoles l’« innovation » consistant à faire manipuler, verbaliser et abstraire ! De qui se moque-t-on ?

    #enseignement (des mathématiques) #rapport_Villani_Torossian #évaluation (culture de l’) #éducation_nationale #GRIP (groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes) #SLECC (réseau de classes « savoir lire, écrire compter et calculer » avec les méthodes préconisées par les programmes de1945 !!!)

  • Suzanne Citron, la résistance chevillée au corps | Aggiornamento hist-geo
    http://aggiornamento.hypotheses.org/3854

    Rendre un hommage lisse à Suzanne serait lui faire offense. Il est impossible de se contenter d’une notice biographique imbibée de consensus poli autour d’une grande historienne. Suzanne était une femme rugueuse, au sens le plus noble du terme : vigilante, intègre, franche, et engagée. C’était cela, une boule de force, de colère et de courage.

    #histoire #historiographie #éducation_nationale #résistance

  • cvuh: Hommage à Suzanne Citron
    http://cvuh.blogspot.ch/2018/01/hommage-suzanne-citron.html

    Suzanne Citron est née le 15 juillet 1922. Sa vie faite de combats, d’engagements, de réflexions fécondes et de travaux décapants s’est achevée paisiblement ce lundi 22 janvier 2018 à son domicile parisien.

    Le travail de Suzanne sur l’histoire de France et son enseignement l’a faite marraine naturelle du collectif Aggiornamento histoire géographie qui naquit dans son salon où il fut baptisé du nom de cet article qu’elle publia dans les Annales en 1968 comme un appel impérieux à dépoussiérer l’existant1.

    #histoire #éducation_nationale #historiographie

  • Contrer les idées reçues pour que l’histoire scolaire soit vraiment de l’histoire | À l’école de Clio. Histoire et didactique de l’histoire
    http://ecoleclio.hypotheses.org/707

    Récemment disparu, l’historien Pierre Laborie a fort bien mis en évidence l’une des lignes de séparation majeures observables dans les manières de faire de l’histoire et, ajoutons-nous, de la transmettre au niveau scolaire. Cette ligne de partage concerne la place que l’historien accorde aux acteurs sociaux comme moteurs de l’histoire, le souci de leur restituer une historicité qui leur soit propre et partant de substituer à une histoire en surplomb et trop facilement causale une approche plus immanente aux temporalités et échelles multiples. La question posée par l’expression de cette ligne de partage est effectivement fondamentale et bien présente dans l’espace public à travers les usages ou mésusages du passé.

    #école #éducation_nationale #histoire #historiographie

  • L’école remplace ses emplois aidés par des services civiques (Mediapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/080118/l-ecole-remplace-ses-emplois-aides-par-des-services-civiques

    Alors que les cendres des contrats aidés sont encore chaudes, écoles, collèges et lycées réclament des volontaires en service civique, encouragés par le ministère. Théoriquement, des volontaires ne peuvent se substituer à des emplois. Théoriquement seulement.

    #éducation_nationale #précariat #précarisation #service_civique #précarité #salariat #salarié.e #emploi_aidé #contrat_aidé

    Vu de par chez nous :
    – Les services civiques sont payés environ 30% de moins que les emplois aidés qui sont déjà très mal payés (temps partiel annualisé). Environ 450€ pour un service civique et autour de 650€ pour un emploi aidé (AVS, AESH, etc.).
    – Toutes les services civiques étaient des femmes, 90% des emplois aidés aussi.
    – Toutes les services civiques passées par chez nous étaient très jeunes et en rupture de formation (voire de scolarité).
    – De fait, les postes des emplois aidés correspondaient à de vraies missions (administratives, pédagogiques, éducatives), leur disparition crée un vide terrible que les équipes tendent à combler avec les solutions disponibles même si les profils ne sont plus, le plus souvent, en adéquation.
    – Les équipes enseignantes sont souvent peu sensibles (euphémisme) aux conditions de travail et de salaire des services civiques et ont parfois des exigences en terme de compétences hallucinantes en regard des profils des candidat.e.s et de leurs conditions d’embauche.