• Le repas, un enjeu quotidien des parents d’enfants avec autisme. Un article montre la réalité et la complexité d’une situation parentale partagée par des milliers de français 🍴👇 #autisme #santé #handicap #alimentation

    https://sms.hypotheses.org/25525

    Les parents et les particularités alimentaires des enfants autistes

    L’autisme, d’abord décrit comme une maladie rare il y a 70 ans, est à présent défini comme un Trouble du Spectre Autistique (TSA) regroupant des profils hétérogènes. Ces derniers sont caractérisés par des difficultés sur le plan de la communication sociale, la présence de comportements stéréotypés et d’intérêts restreints. D’autres troubles ou maladies peuvent être associés. La notion de spectre autistique (DSM-5, 2013) rend compte de la variabilité de l’intensité des troubles, de la diversité des trajectoires développementales et des retentissements dans la vie sociale. Cette perspective valorise une approche où les différences relèvent exclusivement du degré de sévérité des troubles. Après avoir été considéré comme une maladie, puis un handicap, l’autisme est de plus en plus perçu comme une différence ou un variant dans la « neurodiversité » humaine.

    Les « problèmes alimentaires » au sein de cette population font partie de la description pionnière de « l’autisme infantile précoce » réalisée par Léo Kanner en 1943. Mais il faut attendre les années 1990 pour que les chercheurs de différentes disciplines (nutrition, pédiatrie, psychologie, etc.) analysent la nature et/ou la fréquence de la problématique alimentaire (...)
    .

  • On parle souvent du #handicap en des termes très abstraits, nouvelles lois, obligations légales comme l’accessibilité des sites Web, mesures annoncées par le gouvernement, exonération de dépenses médicales dans certains cas, etc. Mais, sur le terrain, tout cela se traduit comment ? Un handicapé raconte ses démarches pour obtenir un permis de conduire spécial :

    https://adminblog.foucry.net/posts/handi/handicap-et-permis

  • Tous les corps sont désirables | Cécile Kiefer
    http://cqfd-journal.org/Tous-les-corps-sont-desirables

    Dans une société qui exclut les corps qu’elle considère comme dysfonctionnels, la question de l’assistanat sexuel divise. Entre ceux qui associent ce service à de la prostitution et ceux qui considèrent qu’il rentre dans le cadre de la compensation du handicap, des voix s’élèvent et avancent d’autres arguments — ou affirment que ce débat est avant tout un écran de fumée. Tour d’horizon. Source : CQFD

  • Le slogan « Rennes – vivre en intelligence » mis en pratique par la nouvelle municipalité.
    http://alter1fo.com/portillon-discrimination-repression-metro-rennes-128042

    En 2015, c’est avec 98 voix pour, 17 voix contre et 3 abstentions, que la décision de fermer l’accès au métro par des portillons a été validée. Selon la vice-présidence aux transports, leur installation (NDLR, estimée à 7,5 millions d’euros) permettrait de « diminuer le taux de fraude de manière substantielle. » À l’époque, les élu·e·s écologistes et du Front de Gauche avaient rapidement dénoncé « un verrouillage sécuritaire » et alerté l’opinion publique en soutenant et en partageant une pétition. 5 ans plus tard, Matthieu Theurier et Priscilla Zamord, les 2 co-têtes de liste « Choisir l’écologie pour Rennes », ont réaffirmé avec force leur opposition à cette mesure pendant la dernière campagne municipale. Mais les accords du second tour ont quelque peu chamboulé les plans. La politique étant l’art du possible et des compromis, les portillons verront bel et bien le jour.

    #transport_public #handicap #rennes #ça_se_durcit

  • #Handicap : le #contrat_social invalide #Datagueule_97
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/1c3ec9fc-d0f8-41bb-a70f-8ebb80e03c18

    En 2018, en France : 2,8 millions d’handicapés reconnus + 2,3 millions non reconnus ; 400 millions de pénalités versées à l’#agefiph
    19 % de #chômage
    #aah : 900 €/ mois c/ 1026 €/mois pour le seuil de #pauvreté
    MDPH : délai moyen de 16 moisx
    80 % des #femmes en situation de handicap sont victimes de violences.

    Entretien avec Mme Anne-Sarah Kerdudo, directrice de l’association Droits pluriels.

    #invalidité #handicap_invisible #espaces_de_travail #espace_public #accessibilité #logement_accessible #loi_élan #ségrégation #inclusion #éducation_inclusive #établissements_médico-sociaux #discrimination #égalité des #droits

  • Crip-Camp : un documentaire qui donne les clés de l’émancipation
    https://beaview.fr/actualites/crip-camp-documentaire-qui-donne-cles-emancipation

    https://youtu.be/OFS8SpwioZ4

    En rappelant l’histoire des luttes menées par les personnes handicapées pour leurs droits aux Etats-Unis, ce film est reçu en France comme un outil de prise de conscience et de mobilisation. La non-mixité, mais aussi le sentiment d’appartenir à un groupe, ou encore le contexte des années 70, ont permis à ces revendications d’émerger.

    pas vu mais très envie de voir.

    via @elisarojasm sur cui.

  • Des terrasses partout, une fausse bonne idée ?
    https://ieb.be/Des-terrasses-partout-une-fausse-bonne-idee?suivi=2020-07-02&noix=45229

    Ces dernières semaines, une idée a circulé dans les médias, puis a été lentement mise en œuvre. Face à la crise sanitaire et économique, pourquoi ne pas étendre les terrasses pour permettre aux établissements de reprendre enfin leurs activités économiques. Ce nouveau principe d’aménagement de l’espace semble mettre tout le monde d’accord : les travailleur·euse·s pourraient récupérer l’ensemble de leurs revenu, certains tenancier·e·s pourraient éviter la faillite tandis que le/la flâneur·euse, en manque de contact social, pourrait à nouveau profiter des douceurs de la vie. Mais derrière cette image d’Épinal, se cache sans doute une réalité plus complexe. L’espace public est un territoire où les usages rentrent en concurrence et un arbitrage spécifique peut engendrer l’exclusion de certain·e·s. Sans avoir la prétention de trancher la question, ce texte envisage certains risques et tente de les illustrer.

    #espace_public #post-confinement #déconfinement #crise #lamerdedapres

    • Je suis allée en ville tout à l’heure et j’ai constaté que les tables des cafés de la Place du Jet d’eau s’étalaient largement sur la place jusqu’à obstruer l’accès à l’escalier qui mène au Vieux-Mans. Je me suis faufilée entre les tables en râlant ! Je suis redescendue par une autre rue, dite à une époque « Rue de la soif », pareil, c’est une ruelle déjà étroite et là, à la hauteur d’un des cafés, il y a juste la place pour une personne de passer. Grrr

    • Bel arbitrage ! En France les terrasses ont plutôt pris de la place au stationnement automobile. Mais aller jusqu’à prendre l’espace de circulation piétonne et qu’il n’en reste plus...

      Penser l’espace public au-delà de l’économique

      D’une certaine façon, l’extension de l’horeca dans l’espace public est la poursuite de décisions politiques gouvernementales actuelles qui ont permis de se rassembler dans les centres commerciaux avant de revoir sa famille. C’est faire le choix de ce qui semble nécessaire parce que cela rapporte des points de PIB, sans que soit discuté ce qui apparaît indispensable aux personnes qui seront impactées par ces décisions.

    • En fait, c’est les deux. Quand il y a de la place sur la chaussée, c’est sur la chaussée que les terrasses s’étalent. Mais souvent, ce n’est pas le choix qui est fait. Dans certaines rues, c’est à devenir dingue, entre les chaises et les gens, impossible par exemple, de passer en fauteuil. L’autre jour, je me suis engueulée avec des gens qui râlaient après un livreur...

  • Rubber Bullets and Beanbag Rounds Can Cause Devastating Injuries - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/06/12/health/protests-rubber-bullets-beanbag.html

    ... research increasingly shows they can seriously injure and disable people — and sometimes even kill.

    A 2017 analysis# published in the British Medical Journal of several decades of the use of rubber bullets, beanbag rounds and other projectiles during arrests and protests found that 15 percent of people who were injured were left with permanent disabilities and 3 percent of those who were injured died. Of those who survived, 71 percent had severe injuries, with their extremities most frequently impacted.

    [...]

    The main effect of clouds of tear gas, mace or pepper spray — chemicals known as lacrimating agents that were also used to clear the park in Washington — is to cause watering of the eyes and irritate sensitive tissues in the nose, mouth and lungs. But if deployed in an enclosed space, tear gas and pepper spray have a more severe impact. Injuries can include chemical burns, blurred vision, corneal erosions, ulcers, nerve damage, abnormal growth of tissue on the eyes (which may need to be removed surgically) and permanent vision loss.

    The chemical frequently used in pepper spray — oleoresin capsicum (OC) — is a natural oily resin found in hot peppers, including cayenne and other chili peppers. Because OC is often used in the foods we eat, it is considered by many to have minimal toxicity when used as a lacrimating agent.

    That’s simply not accurate, said Dr. Mary K. Daly, chief of ophthalmology at the V.A. Boston Healthcare System. “There have been a number of reports of serious eye complications from OC,” Dr. Daly said. “It can cause permanent vision loss and chronic symptoms. The risks are not only to the eyes. There has also been a death reported in the literature, which was attributed to OC exposure in a person with asthma.”

    [...]

    Doctors worry that lacrimating agents and gases may also increase the risk of spreading the coronavirus as protests occur during the pandemic. Yet the police in Seattle have reportedly sprayed a child in the face and New York City officers have yanked a young man’s protective face mask and pepper-sprayed him while he held his arms in the air.

    A 2011## study of the use of tear gas in regular military trainings noted that exposure to the chemical could have long-term effects and recommended reducing personnel exposure to tear gas. Several health and human rights experts say the substance should also be removed from domestic law enforcement use.

    #létalité #armes #santé #manifestations #décès #meurtres #handicaps

    # Death, injury and disability from kinetic impact projectiles in crowd-control settings: a systematic review | BMJ Open
    https://bmjopen.bmj.com/content/7/12/e018154

    ## Evaluation of CS (O-Chlorobenzylidene Malononitrile) Concentrations During U.S. Army Mask Confidence Training - PubMed
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22010329

  • » Slain Palestinian’s Home, Mourning Tents Invaded by Israeli Police in Jerusalem
    June 6, 2020 6:35 AM Ali Salam – IMEMC News
    https://imemc.org/article/slain-palestinians-home-mourning-tents-invaded-by-israeli-police-in-jerusalem

    Israeli police, on Thursday evening, invaded the home and mourning tent of Palestinian martyr, Eyad al-Hallaq, in Wad al-Jouz neighborhood in Occupied Jerusalem, the Palestinian Information Center reported.

    Local sources said that the Israeli police searched the family home and mourning tent, showing grave disrespect, and provoking confrontations with locals, which resulted in the arrest of two Palestinian civilians.

    Eyad al-Hallaq, a 32-year-old Palestinian with autism, was shot and killed by Israeli police forces, in Jerusalem’s Old City, while he was on his way to his special education school.

    https://seenthis.net/messages/857321
    #sans_vergogne

  • Illisible carte du déconfinement - romy.tetue.net
    http://romy.tetue.net/illisible-carte-du-deconfinement

    Rouge, vert, orange… En cette période de crise sanitaire, le gouvernement communique sur le déconfinement progressif de chaque département à l’aide d’une carte colorée… malheureusement difficile à comprendre.

    « Hier, mon fils de 24 ans, humilié, m’a demandé la couleur de notre département… Le codage des départements en vert, orange et rouge n’a pas été pensé pour les personnes avec daltonisme : 2 500 000 personnes en France, 4 % de la population »

    #MapFail #cartographie #geocovid #daltonisme #sémiologie #accessibilité #a11y #RGAA

  • Israeli police executes intellectually disabled man for holding toy - QudsN May 30, 2020 - Quds News Network
    https://qudsnen.co/israeli-police-executes-intellectually-disabled-man-for-holding-toy

    Occupied Jerusalem (QNN)- Israeli police on Saturday shot dead a Palestinian intellectually disabled man near Al Asbat gate in occupied Jerusalem only because he was holding a toy.

    Israeli media confirmed the victim is Iyad Khairi Hallaq (32 years old), an intellectually disabled student, who was on his way to school.

    The Israeli police claimed in a statement that police officers who were stationed near Jerusalem’s Al Asbat Gate noticed a young man holding a “suspicious object,” that they claim looked like a gun, and told him to stop in his tracks, after which the man began to flee, so they executed him immediately.

    UltraPal quoted a member of his family, who said that Hallaq’s disability makes him with the capacity of a 7-year-old. He also has hearing and speech troubles, which is probably why he didn’t stop when he was ordered to.

    Hallaq used to study in a school, specialized for people with intellectual disabilities, near Al Asbat gate. He was executed while on his way to school.

    Israeli Police chased the man on foot, during which they fired at him, resulting in his death, admitted Israeli police.

    Following the crime, the gates to the old city have been closed by police, fearing of protests.

    #Palestine_assassinée

    • Un jeune homme souffrant de handicap mental a été tué par la police israélienne ce samedi 30 mai engendrant l’émoi et la colère des palestiniens à Jérusalem-Est. Sa mort a provoqué un regain de tension à la veille de la réouverture de l’esplanade des Mosquées
      Publié le : 30/05/2020 -
      De notre correspondant à Jérusalem, Texte par : Michel Paul
      http://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20200530-jeune-palestinien-tu%C3%A9-la-police-isra%C3%A9lienne-%C3%A0-j%C3%A9rus

      À proximité de la Porte des Lions, une des sept portes de la vieille ville de Jérusalem et à deux pas seulement de l’esplanade des Mosquées, un jeune homme a été tué par la police israélienne.

      Ce samedi 30 mai, Iyad Elhalak, un palestinien de 32 ans a été interpellé par des policiers qui pensaient qu’il portait un pistolet. Le jeune homme a pris la fuite donc les policiers ont tiré. Il est mort sur le coup.

      Finalement, aucune arme n’a été découverte sur le corps du jeune homme qui s’avérait souffrir d’autisme. Selon sa famille, Iyad Elhalak n’a probablement pas compris ce que les policiers lui demandaient. Il a été tout simplement exécuté, affirme-t-on dans son entourage. De son côté, le Hamas affirme que sa mort démontre l’aspect sadique des forces israéliennes. (...)

    •  » Israeli Forces Kill Autistic Palestinian Man in Jerusalem– IMEMC News
      https://imemc.org/article/israeli-forces-kill-autistic-palestinian-man-in-jerusalem

      On Saturday, Israeli police in Jerusalem shot and killed an unarmed, autistic Palestinian man, then left him lying on the ground with multiple gunshot wounds for over an hour until he bled to death.

      Eyad Khairi al-Hallaq, 32, was on his way to an institution for people with special needs, where he would go each day, in Wad al-Jouz neighborhood in occupied East Jerusalem.

      The police who killed Hallak claimed that they thought he had a suspicious object in his hand. But Israeli police spokesman Mickey Rosenfeld confirmed to reporters that no weapon was found. (...)

    • In Under 15 Hours IOF Kills Two Palestinians, Including a Person with Disability, in Ramallah and East Jerusalem
      Posted by PCHR - Date: 30 May 2020
      https://www.pchrgaza.org/en/?p=14613

      (...) According to information obtained by the Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), at approximately 06:15 on Saturday, 30 May 2020, Israeli police at al-Mujahideen Street, near Bab al-Asbat area, fired live bullets at disabled man, Iyad Khairy al-Hallaq (32), killing him immediately. Al-Hallaq was en route to a special education school for persons over the age of 18, near the King Faisal Gate, one of al-Aqsa Mosque’s gates in the occupied East Jerusalem’s Old City.

      Israeli police claimed that they noticed “a Palestinian carrying a suspicious object that they thought was a gun and ordered him to stop. After the man refused and started fleeing the scene, the officers started chasing him on foot and opened fire, ultimately killing him.” In a subsequent statement, the Israeli Police announced that the victim was unarmed, and that he had been shot with 8 bullets.

      According to al-Hallaq family, the victim was slim-built, suffered a mental disability; as well as hearing and sight deficiencies. Al-Hallaq resided in Wadi al-Jooz neighborhood, close to al-Asbat Gate, and had been attending “Bacrieh B Occupational School for Special Education” every morning for several years. (...)

    • Israel apologies after police kill unarmed Palestinian in Jerusalem’s Old City
      Jun 1, 2020
      https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/06/idf-chief-israel-police-shooting-autistic-jerusalem.html

      Israeli Defense Minister Benny Gantz apologized for the shooting death of an unarmed autistic Palestinian man by Israeli police in Jerusalem’s Old City on Saturday.

      Thirty-two-year-old Iyad Halak was shot by Israeli police near a school for people with special needs where he studied and worked. Israeli police said they suspected Halak may have had a pistol and ran when he was ordered to stop near the Lion’s Gate. He was later found to have been unarmed.

      “We are really sorry about the incident in which Iyad Halak was shot to death and we share in the family’s grief,” Gantz said, according to the Associated Press. “I am sure this subject will be investigated swiftly and conclusions will be reached.”

      Hundreds of mourners called for revenge during processions in East Jerusalem on Sunday. At least one Israeli police officer was placed on house arrest over the weekend during an investigation into the shooting, The Times of Israel reported.

      A lawyer for Halak’s family called the incident “murder,” saying that that eight rounds had been fired at him, according to the Jerusalem Post. (...)

    • WAFA: UN High Commissioner “Israel Must Investigate” Killing of Eyad al-Hallaq
      June 3, 2020 7:57 AM
      https://imemc.org/article/wafa-un-high-commissioner-israeli-must-investigate-killing-of-eyad-al-hallaq

      The Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR), on Tuesday, stressed that Israel must swiftly develop to a full, independent, impartial, competent and transparent investigation into Israeli forces’ killing of a Palestinian man with a mental disability in Jerusalem, stating that: “those responsible must be held to account.”

      A press statement issued by OHCHR said that the United Nations has for years documented and publicly reported on the routine use of lethal force by Israeli Security Forces against Palestinians, in Gaza and in the West Bank.

    • Eyad al-Halak: Another cruel killing of a Palestinian whitewashed by Israel
      Gideon Levy
      5 June 2020
      https://www.middleeasteye.net/opinion/iyad-al-halak-case-how-israeli-state-and-media-conspire-dehumanise-pa

      The fatal police shooting of an autistic Palestinian man highlights - yet again - the grotesque inequalities that have come to define the Israeli state
      (...)
      Halak never reached his destination last Saturday. Israeli border police began chasing him, shouting: “Terrorist! terrorist!” The reason is unclear. They fired on him, evidently hitting him in the leg. Panicked, he ran into a garbage room alongside the road in an attempt to hide.

      His counsellor from the Elwyn center, Warda Abu Hadid, likewise on her way to the centre, also tried to hide in the garbage room from the police and their gunfire.

      Three border police officers quickly arrived at the doorway to the garbage room. Halak was lying on his back on the filthy floor. His counsellor saw that his leg was bleeding. The three policemen stood there, guns drawn, and screamed at Halak: “Where’s the rifle? Where’s the rifle?”

      Abu Hadid, his counsellor, was yelling back at them, in both Arabic and Hebrew: “He is disabled! He is disabled!” Halak was yelling: “I am with her! I am with her!” This went on for about five minutes, until one of the police officers fired his M-16 towards Halak at close range. A bullet hit him near the waist and struck his spine, damaging various internal organs on the way - killing him on the spot.

      Thus ended the short life of Iyad al-Halak, a Palestinian young man with autism whose face was that of an angel. He was 32 and the apple of his parents’ eye. They cared for him with utmost devotion all those years, and now their entire world is in ruins. (...)

    • ’He’s disabled,’ the caregiver screamed. ’I’m with her,’ Eyad cried. The cop opened fire anyway
      Gideon Levy, Alex Levac | Jun. 5, 2020 | 5:42 PM
      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.MAGAZINE-he-s-disabled-the-aide-yelled-i-m-with-her-eyad-cried-the

      Eyad Hallaq was shot to death in a roofless garbage room. According to the testimony of his caregiver, who was by his side and tried to protect him, he was executed. For long minutes she stood next to him and pleaded for his life, trying to explain to the police officers, in Hebrew and in Arabic, that he suffered from a disability. They shot him three times from close range with a rifle, directly into the center of his body, as he lay on his back, wounded and terrified, on the floor of the room.

      The garbage room is located in a narrow courtyard in Jerusalem’s Old City, inside Lions Gate, exactly at the start of the Via Dolorosa, where Jesus walked from the site of his trial to the place of his crucifixion, on what’s now called King Faisal Street. It’s just a few dozen meters from the entrance to the Al-Aqsa Mosque compound. The sanctity of the area did not help Hallaq. Nor did the fact that he was someone with special needs, a 32-year-old autistic person, the apple of the eye of his parents, who devoted their lives to looking after him.

      Hallaq was afraid of blood: His mother shaved him in the morning, for fear he would cut himself. Every scratch threw him into a panic, she says. He was also afraid of the armed police officers who stood along the route to the special needs center he went to, where participated in a vocational training program. His instructor taught him how to make his way there alone on foot – it took a month before he dared walk the route by himself – a little more than a kilometer from his home in the Wadi Joz neighborhood into the Old City.

      On his first days at the center the teacher stopped with Hallaq next to the police guard post at Lions Gate. She tried to explain to him that he had nothing to fear; they wouldn’t do him any harm, she promised. She also explained to the police officers that he was disabled and was attending the therapeutic institution where she worked – the El Quds center run by the Elwyn Israel organization, as part of its network of facilities for special-needs children and adults.

      Hallaq passed the police post every day for six years, apparently without any problems. In his pocket he carried a certificate issued by the center, stating in Hebrew and in Arabic that he was a person with special needs, as well as a National Insurance Institute card confirming that he had a 100-percent disability. But nothing saved the young man from the hands of Border Policemen, quick on the draw, unrestrained, bloodthirsty.

      Last Saturday, Hallaq left home a little after 6 A.M. The day at Elwyn El Quds, located at the entrance to the Al-Aqsa compound, begins at 7:30, but he always arrived early in order to prepare the kitchen for the cooking classes. Last week, for the first time in his life, he made a vegetable salad for his parents, slicing tomatoes and an onion, and dressing the result with olive oil. His father, Khairy, says it was the tastiest salad he’d ever eaten.

      Eyad liked going to the special needs center. When the institution shut down for a month and a half during the coronavirus lockdown, his mother had to take him there a few times to prove to him that it was closed. Last Saturday, on the last day of his life, he set out tranquilly and in good spirits. He had a cup of tea, ate a sandwich his mother made for him, showered, dressed and left. Security camera footage shows him walking along the street, a garbage bag in his hands. Every morning on the way to school he threw out the garbage from home.

      A little before 6 A.M., Warda Abu Hadid, Eyad’s caregiver, also set out from her home in the Jabal Mukkaber neighborhood, headed for the Elwyn center. At about 6:10, Abu Hadid, 47, passed by the Border Policemen who were manning the security post at Lions Gate and entered the Old City. She had not walked much more than 100 meters before she heard shouts behind her: “Terrorist! Terrorist!” Immediately afterward she heard three shots. She rushed to the garbage room nearby, taking shelter behind the iron closet on its right side. Just then her ward, Hallaq, ran into the room in a panic and collapsed on the floor. A sanitation worker was sitting there, drinking tea.

      The garbage room is an open space, not very big, with a few chairs for sanitation workers and a large container that reeked unmercifully this week when we visited the site. On the iron closet is a metal plaque with verses from the Koran, which has been here a long time. There were three bullet holes in the tin wall.

      Abu Hadid noticed that Hallaq, lying on the floor, was bleeding, apparently from being shot in the leg by the Border Policemen as he fled. She later told Amer Aruri, of the Israeli human rights organization B’Tselem, that Hallaq lay there for between three and five minutes, wounded, before he was shot and killed.

      The whole time she shouted, “He is disabled, he is disabled!” in Hebrew, and Hallaq shouted, “Ana ma’aha!” – Arabic for “I am with her” – as he attempted to cling to his caregiver for protection. It’s not hard to imagine what went through his mind in those last terrified minutes, as three officers ran into the room screaming, “Where is the rifle? Where is the rifle?”

      The officers aimed their weapons at Hallaq. They were at point-blank range, standing over him at the entrance to the garbage room. Abu Hadid kept trying to explain that Hallaq didn’t have any sort of gun – he was only holding the surgical face mask that is required these days at the center, and rubber gloves – when one of the officers fired three shots with his M-16 into the center of the young man’s body, killing him instantly.

      Suddenly the area was filled with Border Police, among them an officer who aimed her weapon at Abu Hadid’s head, ordering her to stand still while she subjected her to a body search. The caregiver, whose ward had just been killed before her eyes, was utterly distraught. She was then taken to the police position next to Lions Gate, stripped almost naked in a search for the nonexistent firearm, and then interrogated for three hours.

      The officers wanted to know about Hallaq and the institution he attended. They then informed Abu Hadid that she would be taken for questioning to the notorious room No. 4 in the police station in the Russian Compound, in downtown Jerusalem. She balked, telling the police that she first had to call her director, which they allowed her to do.

      The director of the center joined her, and Abu Hadid was interrogated for an additional three hours in the Russian Compound, until her family arrived. They took her to a clinic in her neighborhood, to calm her down and tend to her mental state. Later on this week she was summoned to the offices of the Justice Ministry unit that investigates police actions to give testimony.

      In the meantime, the Elwyn center had called Hallaq’s father and told him his son had been shot in the leg. Khairy says now that he had a bad feeling: He knows that the regular police and the Border Police don’t injure people – they shoot to kill. He and his wife Rana rushed to Elwyn El Quds. A large group of officers blocked their way and told them that they were going to search their home. No one told the couple what had happened to their son. It was only when the officers raided their house and carried out a short search that one of them asked Khairy, “When do you intend to hold the funeral?”

      That is how Eyad’s father learned that his beloved son was dead. That’s the way of police officers when it comes to Palestinians. Khairy says that the commander of the force acted humanely, but that one officer was vulgar and violent, telling Eyad’s bereaved sister, “If you were a man I would have already smashed you,” after she tried to grab his arm during the search.

      Khairy Hallaq is a thin, gentle man of 64 who this week was living on tranquilizer injections, not eating or sleeping. His eyes, red from crying and exhaustion alike, said everything. He is disabled as a result of a work accident about 15 years ago in a marble factory he owned in Anata, near the Old City. He has been unemployed ever since. When Eyad was a boy he sometimes took him to work with him.

      The couple has two daughters, Diana, 35, and Joanna, 34. When we visit, the latter, a special-education teacher, is sitting next to her weeping mother and looks no less tormented. Eyad’s parents devoted their lives to his care. This week Khairy and Rana, who is 58 and in poor health, mourned separately, as is the custom – he in the mourning tent that was erected at the end of their road; she in their home on Yakut al-Hamawi Street.

      Eyad Hallaq’s small room is tidy and spotless. A wide bed covered with a brown velvet blanket, a television mounted on the wall, and a row of the cheap bottles of aftershave and other grooming products that he loved are on the chest of drawers, along with the de rigueur bottle of hand sanitizer. He was meticulous about his appearance.

      “I don’t wear fine clothes like my son and I don’t have the kind of cellphone he does,” his father says. The mourning poster hanging at the top of the street shows a handsome young man. His mother tells us that she is convinced he will return.

      “They took Eyad. I want Eyad. When will Eyad come back? When? When? When? All day long I am at the door – maybe he will come back,” she says. “Thirty-two years I raised him, step by step. I put so much into him. My health suffered. Everyone who took care of him said there was no Palestinian who was looked after like him. But your people think he was garbage. That’s why he was murdered.”

      Both parents speak Hebrew. Their initial fears about their son first arose when he was 2. For two more years they made the rounds of doctors and clinics, until he was diagnosed as autistic. At first he was sent to a regular private school, but couldn’t integrate there; up until about six years ago he was home, not enrolled in any educational framework. The years at Elwyn El Quds were apparently the best years of his life. His parents are sorry that they only heard about the center when he was in his 20s. On Fridays, when it was closed, he would go out in the morning to buy his parents Jerusalem-style sesame-seed pretzels.

      Hallaq never spoke to strangers, only to people he knew well. Once he got used to people, he liked to laugh with them. Walking on the street, his head was usually hung low. If he passed someone he knew he might wave hello but wouldn’t stop to speak. He spoke only with his close family and his friends, and with the caregivers at Elwyn.

      “If you sat next to him, he would move away. He needed a lot of time to get used to you,” his father says. When he was not in the center he didn’t hang out with friends. In his room he liked to watch cartoons – Mickey Mouse, and Tom and Jerry on MBC3, the Arabic children’s channel. Rana says he didn’t always focus on the cartoons, only stared at them. “He was a baby,” she says, “a 2-year-old baby.”

      Her husband adds later, “He was 32 but had the intelligence of an 8-year-old.”

      Hallaq’s dream was to work as an assistant cook. In the meantime, he and others at the center would prepare food and go to the Beit Hanina neighborhood to give it to children with special needs there.

      Sitting in the mourning tent is one of Eyad’s friends from Elwyn, wrapped in a black winter coat and a thick sweater. Pointing the friend out, the bereaved father says to us: “You asked me a lot of questions and now I want to ask you a question. Look at that person. Could you wear what he is wearing in this heat? What do you see in this person who dressed like that in the summer? What can you see? I will bring you a little boy, what will you see? A boy. A sick boy. That is what the officer who killed Eyad saw.”

      Back at home, Rana says, “He was an angel while he was on the earth, and now he is an angel when he is under the earth” – and again bursts into tears.

      The day before her son was killed, she says, she asked him not to go to the center the next day, but he insisted. As often happens with bereaved parents, Rana says she had a feeling that something bad was liable to happen to her son. “We saw in the United States the policeman who killed. He is under arrest. And in Israel? He should get at least 25 years. They killed him like he was a fly. My son was a fly.”

      A sign at the entrance to the Hallaqs’ house requests people not to kiss or shake hands, because of the coronavirus, but no one pays any heed to it here. A delegation from the Hadash party, led by MKs Aida Touma-Sliman and Yousef Jabareen, arrives to pay condolences. The police haven’t yet returned Eyad’s disability card and his clothes. A cousin, Tareq Akash, an electrical engineer who was in high-tech and is now a doctoral student at the Hebrew University of Jerusalem, asks, “Can we go and demonstrate now? Burn police stations like in the United States? We don’t want to burn anything. But are we allowed to express anger? You know, they’ll open fire at us.”

      We follow Hallaq’s route on his last day. Leaving the house, we turn right and walk up the street to Jericho Road. At the traffic lights we cross the busy street, above which is a poster: “Look drivers in the eye.” Behind us is the university’s Mount Scopus campus, in front of us is the Old City. After the young man crossed the street, he walked along the renovated stone path that follows the Old City wall to Lions Gate, next to the Yeusefiya Cemetery. Three cute puppies are hiding next to the wall. Here Hallaq walked down the slope, between the graves and the wall, moments before his death. Steps lead up to Lions Gate. Four Border Policemen armed and armored from head to foot, truncheons and rifles in their slings, stand at the entrance in a threatening posture as we pass by.

      Here is where Warda Abu Hadid heard the shots, here is the garbage room, near the sign to the Via Dolorosa. Here she tried to take shelter from the shooting and here lay Eyad, her ward, until his death.

      Elwyn El Quds is only a few dozen meters from here. An electric glass door protects the wards at the facility; there’s no entry to strangers during the coronavirus crisis. Young people emerge from the stone courtyard, it’s midday and the school day will soon be over. The director, Manar Zamamiri, says that about 100 people get training and therapy at this center, all of them 21 and above, but this is just one branch of the Elwyn network – there are several other centers with schools and other programs in the city, serving hundreds of disabled children and adults. The main effort here is invested in vocational training.

      The Dome of the Rock glitters golden behind the entrance, where armed Israeli police officers are poised. The director breaks into a broad smile, visible even through her face mask, when we ask about Eyad. “He was so sweet. We loved him so much. And his mother is such a strong woman – mekudeshet” – holy – she says in Hebrew. This week she tried to explain to her wards what happened to Eyad.

    • Un témoin aurait confirmé qu’Iyad Halak a été abattu au sol
      Le témoignage corrobore celui de l’aide-soignante, qui avait averti les policiers que l’homme était handicapé, en hébreu et en arabe, avant sa mort
      Par Times of Israel Staff 8 juin 2020,
      https://fr.timesofisrael.com/un-temoin-aurait-confirme-quiyad-halak-a-ete-abattu-au-sol

      « J’ai vu un type, un jeune, qui courait de manière bizarre, comme s’il ne savait pas comment courir ou comme s’il était handicapé », a déclaré le témoin. « Il est arrivé dans ma direction et il est tombé sur le dos, à quelques mètres de moi ».

      « Des agents de la police des frontières couraient après lui et ils se sont arrêtés à quelques mètres du jeune, qui portait un pantalon noir et une chemise blanche et qui ne tenait rien à la main », a continué le témoin.

      « J’ai entendu l’agent de la police des frontières demander au jeune, en arabe : ‘Où est l’arme ?’ Mais il était évident que le jeune ne pouvait pas parler parce qu’il était incapable de répondre », a-t-il ajouté.

      Toujours selon le témoin, c’est à ce moment-là qu’est arrivée l’aide-soignante de Halak, Warda Abu Hadid. Cette dernière avait dit qu’elle était arrivée sur les lieux après avoir entendu les tirs initiaux et avant Halak, qui avait couru et qui s’était effondré dans un coin.

      Le témoin a raconté qu’Abu Hadid avait crié à l’attention des agents de police, s’exprimant en hébreu : « Il est handicapé », des propos qu’elle avait ensuite répétés en arabe.

      « Je suis resté immobile et glacé, je ne pouvais pas bouger tellement j’avais peur. C’était la première fois que j’assistais à une telle poursuite. J’ai regardé le jeune, qui était couché par terre et qui tremblait, et j’ai entendu d’autres tirs. L’un des agents m’a dit de partir et je suis parti en vitesse », a continué le témoin.

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      Eyewitness: Caretaker shouted ’he’s disabled’ before soldier shot autistic Palestinian
      The testimony matches that of Eyad Hallaq’s caregiver. Meanwhile, the version of events recounted by two officers involved in the incident is inconsistent
      Nir Hasson | Jun. 8, 2020 | 2:46 AM | 3
      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-eyewitness-teacher-yelled-he-s-disabled-before-soldier-shot-autist

      New eyewitness testimony in the shooting and killing of Eyad Hallaq, a 32-year-old autistic Palestinian man, in Jerusalem’s Old City last Saturday, strengthens the suspicion that police shot him while he was lying on the ground, and after his counselor yelled that he was disabled.

      The witness, A.R., a laborer, was in the garbage-bin space where Hallaq fled to get away from the police. According to his testimony, which was taken by B’Tselem investigator Amer Aruri on the day Hallaq was shot, A.R. was sitting in the garbage room ‒ a small, roofless structure used by sanitation workers on Sha’ar Ha’arayot Street.

      “I saw a young man running strangely, as if he didn’t know how to walk normally or was disabled. He came in my direction and fell on his back, only a few meters from me,” A.R. said. “A few border policemen ran after him and stopped a few meters from the young man, who was wearing a white shirt and black pants, and didn’t have anything in his hand. I heard the police officer ask the young man in Arabic, ’where’s the pistol?’ But it was clear the young man didn’t know how to speak, because he wasn’t able to respond.”

      At this point Warda Abu Hadid, a counselor from the Elwyn El Quds center for people with special needs that Hallaq attended, also ran into the garbage room. She said she had rushed there to hide after she heard the first shots.

      “Meanwhile a woman wearing a kerchief came in and yelled at the policeman in Hebrew, ‘he’s disabled, he’s disabled,’ and then repeated the word ‘disabled’ in Arabic’” said A.R. “I froze on the spot and didn’t move I was so terrified. That’s the first time I’ve seen a chase like that. I was mainly looking at the young man, who was on the ground, trembling, and then I heard a few more shots. One of the policemen told me to get out of there and I fled.”

      His testimony dovetails with that of Abu Hadid, who said she fled to the garbage room to hide after she heard the first shots. In her testimony to Aruri, she said that Hallaq was already wounded when he collapsed in a corner of the room. She said she yelled at the policemen, “He’s disabled, he’s disabled,” and Hallaq shouted, "I’m with her.’” She added that the policeman continued to yell at him, asking “where’s the rifle? Where’s the rifle?” before shooting him several times.

      The version of events the police gave to the Justice Ministry’s department for the investigation of police officers, known by its Hebrew acronym Mahash, was that they were summoned to the site after another police unit saw Hallaq carrying what looked to them like a gun (according to family members it was a telephone). Two policemen said they heard on the radio, “a terrorist armed with a live weapon is en-route to the Lion’s Gate.”

      When he ran into the garbage room the younger of the two border policemen, a recent recruit, fired at Hallaq because “he made a movement that looked like his was preparing to draw [a weapon].”

      Mahash has yet to reconcile the two policemen’s versions of events, even though they differ. While the older border policemen who was in command during the incident claims that he called “hold fire,” after Hallaq ran into the garbage room, the younger policeman claims he never heard such an order and shot after he saw the Palestinian man making a suspicious move.

      Attorneys for the senior policeman, Oron Schwartz and Yogev Narkis, said in a joint statement, “The completion of the investigation, including a confrontation between the two and a reenactment of the events, is required because our client insists that he ordered a halt to the shooting before the fatal shots.”

      Attorneys Efrat Nahmani Bar and Alon Porat, who represent the recruit, who is the main suspect, said, “Our client fired because he felt his life was in danger, based on information that had been given to him by the competent authorities, the behavior of his commander, suspicious indications in the field and a movement that looked like preparation for drawing a weapon.”

      On Sunday night, Mahash investigators planned to conduct a reenactment of the incident with the suspected policemen, but the reenactment was canceled because journalists were present.

      Results of the forensic autopsy on Hallaq’s body revealed that he died from two bullet wounds to his torso, a source involved in the investigation said.

      Earlier Sunday, Prime Minister Benjamin Netanyahu addressed the killing of Hallaq for the first time, calling it “a tragedy.”

      “This is a person with disabilities, autism, who was suspected – as we know, mistakenly – of being a terrorist in a very sensitive place. We all share in the grief of the family,” Netanyahu told the ministers. “I expect your complete examinations into this matter.”

      Noa Landau and Josh Breiner contributed to this report.

    • Al-Haq Sends Urgent Appeal to UN Special Procedures on the Extrajudicial Execution and Wilful Killing of Palestinian Person with Disability Iyad Al-Hallaq
      09 Jun 2020
      http://www.alhaq.org/advocacy/16963.html

      On 8 June 2020, Al-Haq sent a detailed 17-page urgent appeal to several United Nations (UN) Special Procedures mandates on the extrajudicial execution and wilful killing of Palestinian person with disability, Iyad Khayri Al-Hallaq, a 31-year-old Palestinian resident of East Jerusalem. Iyad was shot and killed on his way to Elwyn Centre, a day centre for youth and adults with disabilities in the Old City of Jerusalem on Saturday, 30 May 2020, in violation of international human rights law, international humanitarian law, and in what amounts to the commission of a war crime. (...)

      Between 30 March 2018 and the end of 2019, the Israeli occupying forces killed seven persons with disabilities during the Great Return March demonstrations in the Gaza Strip. In February 2019, the UN Commission of Inquiry on the 2018 protests in the occupied Palestinian territory found, that of the 189 Palestinians killed by the Israeli occupying forces during the Great Return March in 2018, only two incidents may have justified the use of lethal force. Notably, the Commission of Inquiry “found reasonable grounds to believe that Israeli snipers shot at journalists, health workers, children and persons with disabilities, knowing they were clearly recognizable as such.” The Commission also found that Israel’s rules of engagement for the use of live fire were in violation of international human rights law and recommended that the Israeli government ensure these rules of engagement permit lethal force “only as a last resort, where the person targeted poses an imminent threat to life or directly participates in hostilities.”

      On 22 March 2019, the UN Human Rights Council adopted the recommendations of the Commission of Inquiry in accountability resolution 40/13 and called on all duty bearers and UN bodies to pursue their implementation. Over a year since, the Commission’s recommendations remain unimplemented, while Israel’s institutionalised impunity for widespread and systematic human rights violations committed against the Palestinian people has prevailed.

    • https://www.chroniquepalestine.com/pour-israel-tuer-palestinien-handicape-est-pas-exception-mais-no

      via rezo.net
      Pour Israël, tuer un Palestinien handicapé n’est pas l’exception mais la norme
      Par Ramzy Baroud - Chronique de Palestine, 17 juin 2020

      Un homme de 32 ans ayant l’âge mental d’un enfant de 8 ans a été tué par les soldats israéliens le 30 mai, alors qu’il était accroupi derrière son professeur près de son école spécialisée dans la vieille ville de Jérusalem.

      Le meurtre de sang-froid d’Iyad Hallaq n’aurait peut-être pas reçu beaucoup d’attention s’il n’avait pas eu lieu cinq jours après le meurtre tout aussi déchirant d’un homme noir de 46 ans, George Floyd, à Minneapolis, aux mains de la police américaine.

      Les deux crimes convergent, non seulement par leur ignominie et la décadence morale de leurs auteurs, mais aussi parce que d’innombrables policiers américains ont été formés en Israël, par les mêmes « forces de sécurité » israéliennes qui ont tué M. Hallaq. La pratique consistant à tuer des civils, avec efficacité et cruauté, est aujourd’hui un marché en plein essor. Israël est le plus gros contributeur de ce marché ; les États-Unis en sont le plus gros client au monde.

      Lorsque des milliers de personnes se sont précipitées dans les rues de Palestine, dont des centaines de militants palestiniens et israéliens juifs à Jérusalem, scandant « justice pour Iyad, justice pour George », leur appel à la justice était une réaction spontanée et sincère à une si grande et si flagrante injustice.

    • Israeli investigators: No footage of shooting of Palestinian
      https://apnews.com/7c3c742a874e7aadc8bf97940e357244

      Parents of Eyah Hallaq, an autistic Palestinian man who was fatally shot by Israeli police, Khiri and mother Rana, talk during an interview In Jerusalem, Wednesday, June 3, 2020. The family says it is hopeful the officers will be prosecuted after finally confirming the existence of security-camera footage of the incident.(AP Photo/Mahmoud Illean)

      JERUSALEM (AP) — Israel’s Justice Ministry on Tuesday announced there is no footage of the shooting of an autistic Palestinian man who was killed by Israeli police, saying that security cameras in the closely monitored area were not operating properly at the time.

      The admission drew deep skepticism from the family and human rights workers. It raised concerns about the credibility of the investigation due to the large number of security cameras in Jerusalem’s volatile Old City.

      Eyad Hallaq, who was 32, was fatally shot just inside the Old City’s Lion’s Gate on May 30 as he was on his way to the special-needs institution that he attended. The area is a frequent site of clashes between local Palestinians and Israeli security forces, and the Old City’s narrow streets are lined with hundreds of security cameras that are monitored by police.

  • [vidéo] Handicap : le contrat social invalide
    https://www.youtube.com/watch?v=ohFUlAW_ylQ&feature=youtu.be

    En 2018, l’Insee dénombrait 2,8 million de personnes de 15 à 64 ans ayant une reconnaissance administrative du handicap qui devrait leur garantir un emploi, grâce à la loi de 1987. Or seules près d’un million de personnes considérées comme handicapées travaillent. Faut-il rappeler pourtant que l’enjeu n’est pas de gommer la singularité, mais bien d’admettre la différence ? Qu’adapter les institutions, ce n’est pas faire une faveur aux personnes en situation de handicap ? Qu’il ne s’agit pas d’un privilège accordé ? Ne pas discriminer ne signifie pas traiter à l’identique mais offrir les aménagements nécessaires à ceux et celles qui en ont besoin. Source : (...)

  • » Israeli Hospital Guards Kill Epileptic Palestinian Man
    May 16, 2020 11:49 AM Ali Salam – IMEMC News
    https://imemc.org/article/israeli-hospital-guards-kill-epileptic-palestinian-man

    Security guards at a Tel Aviv hospital on Wednesday killed an epileptic Palestinian man in front of his mother. He was killed at the entrance to the hospital where he frequently received treatment for his epilepsy.

    Mustafa Younis , from Aara town, was killed by the guards after an argument at the entrance to the hospital. A video shows three security guards shooting Younis, who has his hands up and is standing near the driver’s side of his car.

    The attack took place at Sheba hospital in Tel Aviv, where Younis had gone with his mother to seek treatment.

    The three security guards all shot at him, with seven bullets hitting him at close range, killing him while his mother looked on, horrified but unable to stop the killing of her son.

    Israeli sources claimed that the Mustafa tried to stab the guards, but that claim contradicts the video evidence — and there was no evidence presented to back the absurd claim. (...)

    #Palestine_assassinée

  • Tri des patients : des dérives laissent penser que les personnes en situation de handicap sont discriminées
    https://www.bastamag.net/tri-des-patients-covid-handicap-reanimation-deces-etabissements-medicaux-s

    Les chiffres du ministère de la #Santé_sont de plus en plus confus sur les personnes en situation de handicap mortes du Covid sans avoir pu être prises en charge à l’hôpital. Plusieurs documents officiels montrent que ces personnes ont pu ne pas été considérées comme prioritaires pour accéder aux soins. Or, le handicap ne constitue pas en soi un facteur de comorbidité aggravant face au Covid. Depuis début avril, le ministère de la Santé communique chaque semaine le nombre de décès dus au Covid dans (...) #Résister

    / #Discriminations, #Inégalités, Santé , #Droits_fondamentaux, A la une

  • « Bienvenue en Alsace, à Coronaland »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/26/bienvenue-en-alsace-a-coronaland_6037791_3224.html

    Le département du Haut-Rhin, dans le sud de l’Alsace, a été l’un des principaux foyers nationaux de l’épidémie. Alors que le pire semble être derrière elle, la population tente timidement d’entrevoir « l’après ».

    Sous une treille de glycine, un enfant a accroché son dessin à la fenêtre d’une ferme : des lapins qui jonglent avec des œufs de Pâques devant une pancarte « Bienvenue en Alsace, à Coronaland » . Traverser le Haut-Rhin aujourd’hui, un des départements les plus touchés par le virus, c’est voyager de ville en village au pays des drapeaux en berne et des hélicoptères sanitaires. « Ailleurs en France, ils se rendent compte que le monde a changé ? Qu’on ne vivra peut-être plus comme avant ? » , demande un gendarme. Ce matin, il a eu un choc en voyant à la télé des joggeurs qui bronzaient, quelque part dans Paris.

    A la mairie d’Altkirch

    Ils sont à deux mètres les uns des autres, mais se dévorent des yeux par-dessus leurs masques chirurgicaux. Certains ont grossi, d’autres maigri. L’une a pris un coup de soleil au jardin, celui-là est tout pâle de ne pas avoir quitté la chambre. A la mairie d’Altkirch, les cinq membres de la cellule de crise se rencontrent pour la première fois après des semaines de réunions par ordinateur. Ils se retiennent pour ne pas sangloter. Etre à nouveau ensemble, tout simplement.


    Marques de distanciation sur le trottoir devant La Poste d’Altkirch (Haut Rhin) le 25 avril. Pascal Bastien/Divergence Images pour Le Monde

    La journée paraît bénie, il faut dire. En cette mi-avril, trois décès seulement ont été enregistrés en vingt-quatre heures à l’état civil, contre sept ou huit depuis le début de la crise. Au « temps d’avant » , il y en avait un seul par semaine ; on n’arrive plus à réaliser.

    « Et si on parlait du “temps d’après” ? , dit quelqu’un sur un ton attendri, la voix étranglée.

    Désolé de casser l’ambiance, mais on n’est pas au bout, pas du tout. »

    Adjoint à la sécurité, Didier Lemaire vient de doucher les enthousiasmes. Il a 45 ans, est pompier professionnel à Colmar, pas de carrière politique en vue. Un « bon soldat » , dit-il de lui-même. Dans sa tête, le pompier se répète : « Objectif principal : ne pas se laisser envahir par l’émotion, faire comme si j’étais dans mon job. »

    Chez les Lemaire, Mathilde, 8 ans, la cadette, descend l’escalier et déclare d’un ton martial, imitant Emmanuel Macron : « Nous sommes en guerre. » Elle a vu papa et maman malades, se relevant juste pour travailler et regarder les infos. A la maison, le virus a tout envahi, jusqu’aux conversations à table. « Avec sa sœur, elles ont dû se sentir seules » , dit Sophie, leur mère, infirmière libérale. La petite résume l’affaire, à sa manière, tel un pitch pour Hollywood : « Super, mes parents ont le Covid. »

    Altkirch, 6 000 habitants et « capitale » du Sundgau, comme on appelle ce territoire du Sud alsacien, est à 20 km de Mulhouse, mais on entre dans un autre monde. Des fermes, des collines, des villages aux clochers si pointus qu’ils paraissent passés au taille-crayon. Et tout au bout, la Suisse. Nicolas Jander, le maire (UDI) d’Altkirch, se souvient qu’il débattait du budget municipal quand un texto lui a appris l’hospitalisation de Jean-Luc Reitzer, député (LR) et ancien maire de la ville. « On a traduit : “Le virus est chez nous.” »

    Le maire décide de fermer les écoles. D’arrêter les marchés. De suspendre la pièce de théâtre. Quel fondement juridique ? Il ne se pose pas la question. De son côté, Didier, le pompier, monte la cellule de crise et prévient : « Tout ce que vous connaissez, c’est terminé. Maintenant, sa fierté, son amour-propre, ses titres, on va s’asseoir dessus et essayer d’avancer sans laisser personne au bord de la route. »

    C’est après seulement qu’est apparue la trouille. On est début mars, le mot « confinement » semble encore du chinois. « Qui sommes-nous, à notre tout petit niveau, pour imposer ça ? » , se demande le maire. Il appelle partout. Pas de réponse. Tout flotte. « On était seul. Ce n’est pas correct de le dire, mais c’est ce qui s’est passé. » Collecte des ordures, sécurité ou administration, chaque chose est à réinventer. Didier, le pompier : « Après cette crise, il faudra une remise en question générale. »

    Au centre médical Sainte-Anne, à Guebwiller

    Sur le parking du centre, le camion vient de démarrer, avec un homme en armes calé sur le siège passager. Ne pas communiquer l’heure de départ, ni le trajet. Ne prendre aucun risque. Près de Belfort, un dépôt de masques chirurgicaux a été attaqué, les convois de matériel médical commencent à se faire braquer. Tout va bien se passer, répète comme un mantra un manutentionnaire, chargé des livraisons entre la pharmacie centrale et les 5 unités de soins de l’Ugecam dans le Haut-Rhin, réseau parapublic relevant de l’Assurance-maladie. Toujours ces pénuries à répétition, qui restent un frein énorme. Parfois, il craint « une forme de guerre civile autour du matos ».

    Le camion a tourné le coin. Aucun humain en vue sous le ciel d’un bleu impeccable. C’est le Grand-Est, pas le Far West, mais on finirait par croire qu’ils se ressemblent.

    « Combien le prix de la blouse jetable aujourd’hui ? » , demande Claude Moser, directeur du pôle Sud Alsace à l’Ugecam.

    Dans la salle de réunion, l’écran de l’ordinateur s’allume.

    La responsable logistique a fait une offre à 7 euros, mais un autre groupe l’a raflé à 10.

    « Dix euros la blouse jetable, répète le directeur, détachant chaque syllabe. En janvier, elle valait 37 centimes. »

    Ces dernières années, les mêmes consignes circulaient dans tout le système médical français, privé ou public : tenir les budgets, ne pas faire de stocks, externaliser un maximum de postes, louer les équipements (maintenance comprise) plutôt que les acheter. Bref, tout ce qui s’est avéré catastrophique dans la crise. « Je commence mon autocritique : moi aussi, je l’ai fait, convient le directeur. Il va falloir repenser tous nos modèles. »

    Avec la crise, le centre Sainte-Anne a été transformé en « unité Covid ». L’opération aurait dû être impossible, voire interdite. Mais personne ne s’est préoccupé d’autorisation. « On serait parti là-dedans, on était face à une morgue » , assure Claude Moser. En moins d’une semaine, le système a été entièrement reconfiguré, y compris la mise en place d’une cuve à oxygène. Le directeur se marre en pensant aux autorités de tutelle. « Si le Covid-19 n’était pas si dangereux, ils nous feraient des inspections. Heureusement, ils ont peur. »

    Au départ, le personnel aussi – une soixantaine de personnes – était inquiet : « Vous nous jetez dans l’arène, sans rien. » Ne sont restés que les volontaires, autrement dit tout le monde. Des médecins et des infirmières en psychiatrie sont venus en renfort.

    « Une perfusion ? Je ne sais plus les poser, dit l’une.

    – Eh bien tu vas t’y remettre, ma grande. »

    La réunion bifurque sur ce patient, décédé la veille à 19 h 45. Il avait des enfants, des frères, des sœurs, mais un seul proche avait été autorisé à son chevet. Qui choisir ? Et qui décide ? La famille ? Le médecin ? La courte paille ? « Chaque jour, il faut trouver des solutions qu’on n’aurait jamais osé imaginer. » Autour de la table, personne ne porte plus de bijou, pas même d’alliance. Règles sanitaires strictes. 74 patients ont déjà été accueillis – dont 24 guérisons et 3 décès –, en majorité des hommes, au tournant de la soixantaine et en surpoids. Le directeur soulève discrètement sa cravate pour se palper le ventre. Cette fois, ce sont ses collègues qui sourient.

    D’un bond, Claude Moser s’est levé de sa chaise. Il vient d’apercevoir par la fenêtre une soignante sortie fumer dans le parc. Or, une seule pause est désormais autorisée, vu le prix des blouses jetables. Il s’énerve : « Vous trouvez normal de vous conduire comme ça ? » La fille pleure. Quand il remonte, on entend le directeur marmonner qu’il s’en veut.

    Sur la route entre Colmar et Mulhouse

    Les camionnettes se succèdent sur la route entre Mulhouse et Altkirch (Haut Rhin), le 25 avril. Pascal Bastien/Divergence Images pour Le Monde
    L’effet est spectaculaire : les camionnettes professionnelles ont recommencé à circuler entre Colmar et Mulhouse, au lendemain du discours d’Emmanuel Macron, le 13 avril 2020. La simple annonce de la fin du confinement pour le 11 mai a produit l’effet d’un signal de départ. Ici, un électricien reprend un chantier, là un horticulteur. Le long du Rhin, vers la frontière allemande, les usines redémarrent, une à une. Cadre dans l’énergie, Christian Rebert pensait que l’activité économique s’arrêterait pour repartir d’un coup, en mode « on » et « off ». En fait, beaucoup de boîtes reprennent sous la carapace du confinement, comme une fourmilière qu’on découvrirait en soulevant une pierre.

    Mais les codes habituels ont parfois volé en éclats. Un éducateur fait le ménage, une secrétaire et un employé à l’entretien des espaces verts aident à faire tourner une blanchisserie. Dans une mairie, les éboueurs sont invités aux réunions par Skype. Chez Dany et Marie-Claude, à Colmar, le salon gentiment bourgeois s’est transformé en atelier de couture, où cet ancien de France Télécom fabrique bénévolement des blouses. Les voisins le disent depuis longtemps : « Il faut être bien avec eux. En temps de guerre, ils pourraient nous fournir. »

    Dans les quartiers est, Emilie, 37 ans, trois enfants, a postulé pour la récolte de fraises, en attendant de reprendre son boulot à la crèche. Manuela, son amie, s’est inscrite aussi. Au chômage, elle avait pourtant refusé le même travail, voilà quelques semaines. Alors pourquoi maintenant ? « J’espère que les cartes vont être redistribuées. »

    Dans le quartier Bourzwiller, dans l’est de Mulhouse

    Au pied d’une HLM, le carré de pelouse n’est pas plus grand qu’un mouchoir, juste la place de déployer un parasol Pepsi-Cola. La mère, la fille et le petit-fils sont confinés dessous, seule tache de vie dans Bourzwiller désert. Les deux femmes, Monique et Nathalie, travaillent dans le ménage, rien en ce moment, ça va sans dire. Juste en face de chez elles se dresse un bâtiment imposant, l’église évangélique La Porte ouverte chrétienne. Le parking donne la mesure de sa fréquentation : gigantesque.

    « Moi j’y vais à Pâques et à Noël, c’est magnifique, mieux décoré que la vitrine des grands magasins à Paris » , s’enflamme Monique, la mère.

    « Une secte » , tranche la fille.

    La mère : « Mais une secte gentille. Des drogués et des alcooliques la fréquentent, ils ont l’air mieux après. » Elle-même a participé à une journée d’accueil, en 2015, « pour le buffet surtout, je le dis honnêtement. Il y avait des sandwichs au salami et même à boire. Entrée libre, tout gratuit ».

    La fille : « Mais c’est venu de là-bas. » A Bourzwiller, où s’est aussi construite la première mosquée d’Alsace, la cohabitation était jusque-là sans histoire avec La Porte ouverte chrétienne. Mais début mars, certains jeunes n’avaient qu’une idée en tête : la brûler, quand l’église évangélique a été désignée comme un des « détonateurs » de la pandémie dans le Grand-Est. Celle-ci avait organisé une semaine de jeûne, réunissant plus de 2 000 personnes, du 17 au 22 février, donc bien avant les mesures nationales contre le coronavirus.

    Finalement, les larmes ont noyé la colère, raconte Fatima Jenn, ardente défenseuse du quartier et candidate aux municipales (ex-LRM). « D’ailleurs, eux aussi sont victimes » , dit-elle au sujet des évangéliques. D’un coup, elle devient livide, s’assoit sur un coin de trottoir, les escarpins dans le caniveau. Le soir même du scrutin municipal, le virus l’a attrapée en plein vol. Son score au premier tour des élections ? A vrai dire, elle peine à s’en souvenir. « Depuis, les priorités ont changé ! Les gens ont changé ! J’ai changé ! » Elle se relève, la démarche mal assurée. « Pardon, je vais rentrer. »

    Un drapeau de l’Alsace flotte dans le jardin d’une maison du Quartier Bourzwiller. . Pascal Bastien/Divergence Images pour Le Monde
    Ici, on se compte entre morts et vivants, le matin à l’heure du café. Une question revient, la même toujours : « Qui est dans le journal aujourd’hui ? » Une jeune femme tente de se consoler : « La voisine de ma mère vient de décéder, elle aussi. Par chance, leurs tombes sont à côté, au carré musulman, derrière Auchan. Elles restent voisines, comme avant. » A la maison de santé locale, un cabinet où se sont regroupés médecins et infirmiers, 80 % des patients ont des symptômes du Covid-19, selon Dominique Amé, une des docteures. « Tout le monde ici a conscience de vivre dans l’épicentre de la maladie. » Rassurer les patients lui prend de plus en plus de temps.

    Dans le quartier pavillonnaire, on croise une jeune femme en survêtement Puma et jupe à paillettes, qui appartient à une des grandes familles algériennes de la ville. La plus touchée aussi, sans doute : 3 morts, 5 hospitalisés, un nombre incalculable de malades. Les rares valides osent à peine s’afficher au supermarché. Longtemps, les gens les ont évités comme le virus en personne : « Vous êtes dangereux. Pourquoi c’est tombé sur vous ? » Eux aussi se le demandent. Pourquoi nous ? Ils culpabilisent. Qu’est-ce qu’on a pu faire ? Quand ? Qui ? La Porte ouverte chrétienne, juste à côté ? Le milieu médical, où travaillent huit femmes de la famille, en Ehpad ou à l’hôpital ? Ou bien cette fête pour la naissance d’un petit dernier, où une centaine de proches s’étaient retrouvés, fin février ? « C’était un moment très heureux. Au fond de mon cœur, je veux croire que ça ne vient pas de là » , reprend Mlle Jupe-à-paillettes. Elle en tremble, se réveille en sursaut, appelle une fois encore une belle-sœur ou une cousine. Personne ne trouve plus de mots, à force. Alors elles s’écoutent juste pleurer, chacune dans son téléphone.

    Dans une PME, à Mulhouse

    « Ma question sera un peu brutale, prévient le responsable des ressources humaines d’une petite boîte de BTP. Est-ce que vous êtes covidée ? » Avant que son interlocutrice n’ait eu le temps de répondre, il continue : « Pour des raisons sanitaires, l’entreprise se pose la question d’organiser le travail en deux équipes, les covidés et les non-covidés. »

    L’employée hésite. Le responsable parle toujours : « Comprenez-moi, on essaie de gérer. La responsabilité des employeurs risque d’être mise en cause en cas de contamination d’un ou plusieurs salariés. »

    L’employée esquive. « Vous avez le droit de demander notre dossier médical ? Est-ce qu’on peut être obligé de se faire tester ?

    – Il s’agit de santé, c’est vrai, mais aussi de sécurité. Il va falloir s’habituer à vivre comme ça. Enfin, sans doute. »

    Médecin-chef au centre médical Le Roggenberg, près d’Altkirch, le psychiatre Thierry Malassiné se demande si la France va désormais se partager en deux, « Covid-positifs » d’un côté, « Covid-négatifs » de l’autre. Et quelle sera la cohabitation.

    A l’association Marie-Pire, à Riespach

    Sous les grands arbres, Stéphane se roule dans l’herbe. Antonio dort la bouche ouverte et un filet de soleil tombe pile entre ses lèvres. Maria parle de Dalida. L’heure de la promenade ressemble à une récréation dans le jardin de la maison d’accueil spécialisée Marie-Pire. Au bout d’une route de campagne, le centre a d’abord hébergé des orphelins de la guerre de 14-18, des malades de la tuberculose, et aujourd’hui il recueille 36 adultes atteints de handicaps lourds, physiques et mentaux.

    Soudain, Manu se met à pousser des hurlements dans son fauteuil roulant. « Quel bonheur de l’entendre enfin ! » , s’enthousiasme Chloé, une aide-soignante. Depuis des jours, Manu restait recroquevillé, dans la position du fœtus, en silence. Ça avait commencé à l’annonce du premier mort dans le centre, le 22 mars, à 20 heures. Depuis, il y en a eu trois autres. « Quand le ministre de la santé affirme qu’il n’y a pas de tri entre malades dans les hôpitaux, je réponds : “c’est faux” » , dit Pierrick Buchon, directeur général de l’association Marie-Pire, 330 personnes handicapées dans différentes structures.

    Au centre de Riespach, des résidents ont commencé à tousser début mars. Les cas suspects sont aussitôt isolés, une opération compliquée dans le milieu des handicapés. On entendait certains gémir dans leur chambre : « Pourquoi je suis puni ? » Un vendredi soir, Alain, 58 ans, se met à suffoquer. L’aide-soignante se souvient d’avoir appelé le SAMU : « Venez vite, il va me mourir dans les bras ! » L’opérateur évoque la surcharge. Deux jours plus tard, Alain expire dans sa chambre.

    L’aide-soignante s’arrête dans son récit et se tourne vers le directeur : « Est-ce que j’ai le droit de tout dire ?

    – Il faut tout dire » , insiste Pierrick Buchon.

    Elle explique donc que le médecin référent refuse, à son tour, de venir constater le décès, par peur de la contamination. « Il m’a conseillé : “Faites-le vous-même. Et si vous ne supportez pas de le voir, mettez-lui un drap sur la figure, à la guerre comme à la guerre.” »

    Tous les soirs, l’angoisse monte au centre de Riespach. « On se disait : “qu’est-ce qui va se passer ?” » Le cahier des transmissions internes raconte la nuit du 25 mars. A 20 h 30, le SAMU est alerté pour Marie-France, à 21 h 15 pour Bruno, à 1 h 30 pour Gilbert, à 2 h 45 pour Françoise. A 3 heures, c’est le SAMU qui rappelle lui-même : « Arrêtez de téléphoner, on est saturé. » Toujours pas d’ambulance en vue.

    Le lendemain, Pierrick Buchon sollicite l’Agence régionale de santé (ARS). La conversation dure dix-huit minutes. « Ils me le font comprendre très clairement : les personnes handicapées ne seront pas prises en charge. Vous vous les gardez. On vous aidera à mettre en place un accompagnement de fin de vie et une cellule psychologique pour le personnel. » Philou meurt le 28 mars. Gilbert, le 31. Lui pouvait passer la journée à se regarder dans une glace. Il ne s’aimait pas avec les cheveux longs, mais la crise interdisait toute visite. Jusqu’au bout, Gilbert a guetté le coiffeur, suppliant qu’on le fasse venir. Puis le 3 avril, c’est Bruna. « Il a fallu qu’ils tombent les uns après les autres pour qu’on les accepte » , reprend Christine, qui pilote le centre de Riespach. En temps ordinaire, déjà, il lui arrive de voir les soignants se décomposer, quand elle emmène une personne handicapée à l’hôpital. « Ils nous les renvoient parfois sans les toucher. Ils n’ont pas l’habitude de les gérer. Certains le disent carrément : “Ces patients-là c’est pas mon truc.” »

    Dans le couloir passe Etienne, agent de service, fraîchement revenu d’arrêt maladie. Il avait signalé lui-même faire partie de l’église La Porte ouverte chrétienne, après l’alerte officiellement lancée début mars par les autorités sanitaires. Les premiers cas venaient d’être détectés parmi les fidèles. Etienne, 35 ans, fait la sono à l’église le samedi soir et y joue de la guitare, comme son père. Il y a rencontré sa femme. A l’association Marie-Pire, Etienne vient de signer son CDI. Seule une collègue lui a lancé un commentaire amer.

    Au conseil départemental du Haut-Rhin, à Colmar

    Présidente (divers droite) du conseil départemental, Brigitte Klinkert se souvient qu’ « on n’avait pas trop envie de nous voir au début de la crise » . Soudain, tout s’annulait, les rendez-vous, les réunions institutionnelles. Juste au moment où les frontières se fermaient, elle a négocié le transfert de patients en Suisse et en Allemagne, à Fribourg. Le ministère de la santé du Bade-Wurtemberg lui a envoyé la liste des places dans les cliniques, in extremis, autour de minuit. Le préfet et l’ARS sont tenus informés.

    On lui demande : « Vous allez le faire vous-même ?

    – Oui.

    – Toute seule ?

    – Oui. »

    Aujourd’hui, elle a plus souvent le maire de Fribourg au téléphone que les autorités de santé françaises. Dans le ciel, au-dessus du conseil départemental, passe un hélicoptère. S’il est jaune et rouge, mauvais signe. Non, c’est le « contrôle-confinement ». Ici, la gendarmerie relève peu de fraudes aux attestations. « Il y a un effet de sidération qui dure , glisse un gradé. Certains jours encore, on sent la mort, littéralement. »

    Dans le quartier Bel-Air, à Mulhouse

    Bebeto Kalala reçoit dans son salon, à Mulhouse, jolie pièce tamisée par des voilages mauves aux fenêtres. La cinquantaine, intérimaire dans l’industrie, M. Kalala a participé avec ses sept enfants à la semaine de jeûne à l’église La Porte ouverte chrétienne. Il ne manquait que sa femme, aide-soignante dans un Ehpad.

    De ces quelques jours en février 2020, connus de tous aujourd’hui dans la tourmente d’une pandémie, M. Kalala garde, lui, un autre souvenir : celui d’un « miracle », comme il dit. C’était le 18 ou le 19, il ne sait plus, dans la grande salle du culte. M. Kalala priait parmi les fidèles, un millier au moins, quand une dame a fendu la foule en fauteuil roulant. Devant l’estrade, elle se lève soudain et l’arpente. Ses paroles sont confuses, mais une clameur les couvre. On s’étreint. On chante des louanges. La Porte ouverte chrétienne s’est fondée sur la maladie et la guérison : Jean Peterschmitt a créé l’église en 1966, à Mulhouse, quand sa femme Suzanne a été sauvée par la prière, selon lui, d’un mal incurable.

    « La nouvelle de cette guérison instantanée s’est tout de suite répandue : le lendemain, il y avait encore plus de monde à l’église » , raconte M. Kalala. C’est justement une journée consacrée aux malades, comme l’église en organise régulièrement. Dans la salle, le pasteur appelle chacun à toucher son corps à l’endroit où il souffre et à prier. Dieu choisira. Ça tousse et ça crache dans certaines travées, par quintes profondes. M. Kalala pense s’éloigner, mais il a honte. « Je me suis senti plein de préjugés. Les gens étaient venus chercher de la force et je m’enfuyais. »

    Le dernier jour de jeûne, M. Kalala a des frissons à son tour. Une faiblesse extrême. La chaleur lui sort de partout, de la gorge, des yeux, des oreilles. Le carême doit l’avoir fatigué, pense-t-il. Il va pourtant au culte.

    Bebeto Kalala a déjà perdu 7 kg lorsque l’ARS lui apprend, deux semaines plus tard, qu’il est contaminé par le coronavirus. Il demande à passer un test. Réponse : ils sont réservés aux soignants. Depuis, plus de nouvelles.

    De son côté, Jonathan Peterschmitt, petit-fils du fondateur, reste « intimement convaincu » que l’église La Porte ouverte chrétienne n’est pas le détonateur de la pandémie dans le Grand- Est. Lui-même est médecin généraliste dans un village d’Alsace, « un praticien classique, semblable à n’importe quel confrère » , dit-il. Pour aborder d’autres sujets, il attend un signe de ses patients. « Le sud de l’Alsace reste un pays de croyances, de rebouteux, où beaucoup de gens croient aux guérisons miraculeuses. Etant moi-même dans le spirituel, je ne renverse pas la table quand ils m’en parlent. » Dans ces cas, le docteur Peterschmitt, 31 ans et 4 enfants, tous vaccinés, utilise « des moyens autres ». Il vient de demander une enquête scientifique sur la propagation du virus dans le Haut-Rhin, et le CNRS l’aurait déjà contacté. Et si les investigations concluaient à un foyer pendant la semaine de jeûne à Bourzwiller ? « Dieu commence par son peuple s’il veut donner un message. Il nous fait passer une épreuve pour nous donner l’occasion d’en tirer un bénéfice spirituel. » La Porte ouverte chrétienne compte déjà 30 morts et des dizaines de personnes hospitalisées, et 18 membres de la famille Peterschmitt ont été touchés.

    Au cabinet du docteur Vogt, à Mulhouse

    Le cabinet du docteur Vogt résonne d’un chahut d’auberge espagnole : une bande d’infirmières et d’infirmiers l’attendent pour faire signer l’ordre de mission qui les renverra chez eux, à Paris, Saint-Etienne ou Lille. Dépêchés en renfort dans le Haut-Rhin, ils ont 25 ans pas plus, une classe d’âge, comme on le dirait pour la conscription. Jusqu’ici, le virus s’est montré clément avec la jeunesse, « alors, on a mis les vieilles de côté pour nous choisir nous : c’est notre tour » , croit savoir l’une, riant, plutôt fière. Tous ont fraternisé à l’hôpital de Mulhouse, ça flirte un peu, chaises positionnées à un mètre de distance, ne se lâchant la main que pour la passer au gel, à un rythme régulier. « On l’aura fait, on s’est confronté à l’Histoire avec un grand H » , dit un autre, faisant le « V » de la victoire. Comment c’était ? Alors les yeux se voilent. Les souvenirs commencent à se rembobiner. Soudain, ils n’ont plus envie de parler.

    Florence Aubenas

    #crise_sanitaire #covidé #covidée #blouse_jetable à 10€ #porteurs_de_handicaps #tri

    • « Est-ce que j’ai le droit de tout dire ? »

      L’aide-soignante se souvient d’avoir appelé le SAMU : « Venez vite, il va me mourir dans les bras ! » L’opérateur évoque la surcharge. Deux jours plus tard, Alain expire dans sa chambre.

      L’aide-soignante s’arrête dans son récit et se tourne vers le directeur : « Est-ce que j’ai le droit de tout dire ?

      – Il faut tout dire » , insiste Pierrick Buchon.

      Elle explique donc que le médecin référent refuse, à son tour, de venir constater le décès, par peur de la contamination. « Il m’a conseillé : “Faites-le vous-même. Et si vous ne supportez pas de le voir, mettez-lui un drap sur la figure, à la guerre comme à la guerre.” »

      Tous les soirs, l’angoisse monte au centre de Riespach. « On se disait : “qu’est-ce qui va se passer ?” » Le cahier des transmissions internes raconte la nuit du 25 mars. A 20 h 30, le SAMU est alerté pour Marie-France, à 21 h 15 pour Bruno, à 1 h 30 pour Gilbert, à 2 h 45 pour Françoise. A 3 heures, c’est le SAMU qui rappelle lui-même : « Arrêtez de téléphoner, on est saturé. » Toujours pas d’ambulance en vue.

      Le lendemain, Pierrick Buchon sollicite l’Agence régionale de santé (ARS). La conversation dure dix-huit minutes. « Ils me le font comprendre très clairement : les personnes handicapées ne seront pas prises en charge. Vous vous les gardez. On vous aidera à mettre en place un accompagnement de fin de vie et une cellule psychologique pour le personnel. »

      #samu #médecin_référent #personnes_handicapées #société_d'abandon

  • Centralisation des diverses recommandations, préventions, actions en lien avec #Covid_19

    #SanteMentale #psychiatry #addiction #Handicap

    + Thread 1, 2, 3 ⤵️⤵️" / Twitter
    https://twitter.com/LenaDormeau/status/1246112732472016905

    Léna Dormeau
    @LenaDormeau
    [Thread 4] Centralisation des diverses recommandations, préventions, actions en lien avec #Covid_19 #SanteMentale #psychiatry #addiction #Handicap
    + Thread 1, 2, 3
    Flèche vers la droite avec pointe vers le bas

  • Déconstructions et reconstructions du #handicap en temps de #coronavirus | EHESS
    https://www.ehess.fr/fr/carnet/d%C3%A9constructions-et-reconstructions-handicap-en-temps-coronavirus

    En effet, dans le cadre d’une épidémie qui submerge les ressources de l’hôpital public, la situation de rareté amène à faire des choix par lesquels sont réénoncées des hiérarchies traditionnelles. Le 17 mars 2020, un document de référence rédigé par un comité d’experts a été remis au ministère de la Santé pour guider les médecins dans le tri de patients qui semble se profiler (dont voici une version de travail→ http://www.sfap.org/system/files/gt_etic_rea_covid_16_mar_20_19h.pdf). Un guide a également été remis aux ARS (https://www.srlf.org/wp-content/uploads/2020/03/ARS-ETHIQUE-COVID-final.pdf), élaboré par des médecins et chefs de services anesthésistes-réanimateurs. Ces deux documents donnent des orientations pour guider l’admission en réanimation dans un contexte d’engorgement des capacités d’accueil. Les décisions doivent être prises au cas par cas, en combinant différents facteurs tels que la volonté du patient, sa gravité clinique et l’évaluation de son état antérieur.

    Ces deux documents s’appuient sur un indicateur : « l’échelle de fragilité clinique » ou « score de fragilité clinique » qui inclut des critères non seulement de maladie mais aussi de limitations fonctionnelles (mobilité, autonomie dans les actes de la vie quotidienne, etc.). Le document remis aux ARS précise d’ailleurs que ce « score de fragilité » peut être remplacé par ou combiné avec l’indicateur de performance de l’OMS (qui mesure notamment la « capacité à travailler », p. 21 du document en lien → https://www.afsos.org/wp-content/uploads/2016/09/decisiontransfert-en-rea-j2r2015-copie.pdf) ou encore l’échelle d’autonomie de Katz (http://www.sgca.fr/outils/adl.pdf) : ces indicateurs sont des échelles d’évaluation de la dépendance dans la vie quotidienne. On peut s’interroger sur la présence de critères qui n’ont en principe aucun lien avec les chances de survie mais qui relèvent plutôt de la conception de la qualité de vie selon l’approche du modèle médical du handicap ou qui répondent à des critères de productivité selon les standards dominants. Les vies ne s’ajustant pas à ces standards sembleraient dotées de moins de valeur et ne devraient pas être sauvées en priorité.

    #validisme #surnuméraires

  • Validisme et darwinisme social à l’ère du coronavirus | Sortir du capitalisme
    http://sortirducapitalisme.fr/emissions/310-validisme-et-darwinisme-social-a-l-ere-du-coronavirus

    Une analyse matérialiste multidimensionnelle du validisme et du darwinisme social à l’ère du coronavirus et de sa gestion discriminatoire vis-à-vis des personnes ayant un handicap, des personnes âgées, des racisé-e-s et des prolétaires – avec Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie, théoricien critique et militant de l’Union Communiste Libertaire (UCL), et auteur sur ce sujet de plusieurs articles. Durée : 48 min. Source : Radio Libertaire

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/coronavirus.mp3

  • LE CONFINEMENT : UNE NOUVEAUTÉ POUR VOUS, UNE RÉALITÉ POUR NOUS | auxmarchesdupalais
    https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2020/03/18/le-confinement-une-nouveaute-pour-vous-une-realite-pou

    Depuis le début de la crise, une grande partie des personnes handicapées/malades sont inquiètes pour leur santé car nombre d’entre elles sont à haut risque.

    Elles sont inquiètes pour leur accès aux soins et aux services d’aides humaines dont elles dépendent.

    Elles sont terrifiées à l’idée de perdre à la loterie de la réa, si elles venaient à être contaminées avec des symptômes graves, car elles savent que leurs vies ne valent pas chères.

    Elles craignent l’incompétence et l’irresponsabilité criminelle de ce gouvernement qu’elles seront comme toujours les premières à payer [1].

    Les personnes handicapées/malades sont sensiblement moins nombreuses en revanche à avoir peur du confinement lui-même. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles l’expérimentent depuis bien plus longtemps que les personnes valides, au quotidien ou sur des périodes plus ou moins longues qui se comptent en semaines, en mois, en années.

    Beaucoup d’entre elles l’ont rappelé avant moi : être limité dans ses mouvements, dans ses interactions sociales, privé de liberté de circuler, d’agir à sa guise ; devoir penser, sous-peser, planifier, justifier chaque déplacement, nous est plus que familier. Que ce soit pour des raisons de santé ou du fait de l’absence d’accessibilité/de moyens humains et matériels qui nous empêche de jouir des mêmes libertés que vous : « le confinement on connaît. »

    #handicap #confinement

  • Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes

    La stupeur dominait, samedi 22 février, après que l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, a dévoilé une enquête interne dans laquelle son fondateur canadien, Jean Vanier, mort en 2019, est accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes.

    Cette enquête a permis de recueillir les témoignages « sincères et concordants portant sur la période 1970-2005 » de six femmes adultes avec lesquelles Jean Vanier « a initié des relations sexuelles, généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », explique l’Arche Internationale dans un communiqué. Les investigations, menées par un organisme indépendant, n’ont pas identifié de personnes handicapées parmi les victimes, est-il précisé.

    « Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe », ajoute l’Arche. Ce dominicain, père spirituel de Jean Vanier et figure encombrante de l’Arche, a été soupçonné d’agressions sexuelles sur des femmes.

    « Cela fait quelques mois que je connais les résultats des enquêtes, et à chaque fois que je les lis à haute voix, je suis abasourdi », confie, ému, Stephan Posner en détaillant les conclusions des experts à plusieurs médias chrétiens, dont La Vie.

    A ses côtés, Pierre Jacquand, responsable France de l’Arche, ajoute : « L’écart est si vertigineux entre l’homme que j’ai connu et celui que je découvre… Je lutte pour accepter, alors même que je sais les faits indiscutables. »

    La Conférence des évêques de France a fait part de sa « stupeur » et de sa « douleur » devant ces révélations, assurant de sa « compassion les femmes qui ont été ainsi abusées », ainsi que de sa « détermination à agir pour que la lumière soit faite ».

    L’Arche, dont le siège international est à Paris, est une fédération d’associations qui anime 154 lieux dans trente-huit pays où des personnes handicapées mentales vivent – spécificité de ces communautés – avec leurs accompagnants, salariés ou volontaires.

    Au fil des ans, des livres et des conférences données à travers le monde, Jean Vanier était devenu une personnalité reconnue, un évangéliste que l’on venait consulter de loin et qui pouvait converser avec l’écrivain Emmanuel Carrère, la reine Elizabeth ou le pape François. En 2015, il avait reçu à Londres le prestigieux prix Templeton, décerné avant lui à Mère Teresa, au dalaï-lama ou encore à Desmond Tutu.

    #christianisme #catholicisme #viol #culture_du_viol #handicape

  • #handicap #transports
    Les réseaux sociaux, ça sert aussi à ça…

    ... Karine Peret... :
    ..." Aventure du jour, loin d’être anecdotique, à partager, mais allez-y hein, faites tourner car c’est révoltant.
    Marseille. Jeudi 20 février, 15h, avenue du Prado, ligne du bus 19 en direction de Castellane . A un des arrêts, une jeune femme en fauteuil roulant qui attend sur le marquage au sol qui lui est dedié. Le chauffeur du bus, la cinquantaine et qui ne répond pas au bonjour, s’arrête plus loin. La jeune femme se déplace pour être en face de la porte du milieu (c’est un gros bus) et le chauffeur tarde à ouvrir. De l’extérieur, une dame remonte lui dire à la porte avant qu’un fauteuil attend pour monter, qu’il doit ouvrir et sortir la passerelle. Il marmonne un « je la prends pas » à peine audible. Mais ouvre la porte car des gens veulent descendre. S’ensuit un bordel pas possible, des personnes cherchant à aider la jeune femme à monter son fauteuil. SANS PASSERELLE SORTIE. Je demande au chauffeur de sortir la passerelle. Il me regarde ds son rétro, fait genre de pas m’entendre. Je réitère, plus fort. Réponse : y a pas de passerelle (ce qui est bien évidemment faux car tous les bus récents comme celui ci en sont équipés). Devant tant de « bonne volonté » certains usagers du bus essaient de monter le fauteuil, puis finalement des personnes SORTENT LA JEUNE FEMME DE SON FAUTEUIL tant bien que mal, la maintiennent quelques secondes le temps pour d’autres de monter le fauteuil, aidés par une jeune fille sur le trottoir qui le pousse, et sur laquelle le chauffeur agacé, pressé, referme les portes sans sommation.. Cris, réouverture des portes, dépôt du fauteuil, on aide la jeune femme à se rassoir...Terminus Castellane, 15h08, les gens descendent, deux personnes restent avec la jeune femme au fauteuil pour l’aider à descendre, d’autres attendent à l’extérieur du bus, espérant voir la planchette sortir cette fois. Je redemande au chauffeur de sortir la passerelle, et ce poliment, il me claque la porte avant au bec. Je décide donc de photographier l’avant du bus avec le numéro, il ouvre sa porte, commence à me menacer de casser mon téléphone, mais je continue, et dans la foulée je prends aussi sa gueule en photo. Une autre dame le prend à partie en lui faisant remarquer que maintenant la porte du milieu est fermée avec la jeune femme sur le fauteuil toujours dans le bus... Il l’insulte. Casse toi, ta gueule... On doit filer avec les minottes, je décide de faire un signalement à la rtm, par email, mais je souhaiterais voir plus loin.
    C’est une attitude proprement SCANDALEUSE de la part de ce chauffeur, refuser au départ de la prendre alors qu’elle est sur l’emplacement RÉSERVÉ sur le trottoir, indigne de parler grossièrement comme il l’a fait, elle a été soulevée comme un sac par des inconnus, ça aurait pu occasionner une chute, une blessure (certes ils étaient bien intentionnés hein mais c’est risqué) mais en théorie elle aurait dû pouvoir monter dans ce putain de bus sans être ballottée de la sorte, c’est indigne.
    Si qqun sait comment faire remonter ça vachement haut, je prends.
    Usagers de la RTM - Marseille
    #rtm
    Mise à jour :
    Il semblerait que l’info remonte et qu’il y aura une enquête.
    À voir pour la suite.
    J’aurais bien voulu que la jeune femme en fauteuil se manifeste. J’espère qu’elle aura l’occasion de lire ce post et qu’elle contactera elle aussi la rtm.
    Merci à tous au passage, ça permet de voir qu’il reste encore quelques personnes que ça fait réagir.
    Alors, UPDATE à 15h :
    Le Directeur du marketing rtm me confirme qu’une enquête est en cours, qu’il y aura visionnage des vidéos du bus et donc sûrement des sanctions.
    Et c’est tant mieux.
    Le reste se fera en interne.
    Merci pour vos partages qui ont certainement contribué à cette réactivité des services concernés. "
    MERCI Karine Peret.

    https://www.facebook.com/helene.venturagagnepain/posts/3277172545644680