• L’#antivalidisme en délibéré | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/droit-pluriel/blog/160226/lantivalidisme-en-delibere-1?at_format=link&at_account=mediapartblog

    Je rappelle à ces juristes qu’exclure une personne en raison du #handicap ne constitue rien d’autre qu’une discrimination et que les interprètes interviennent également sous serment et dans le cadre d’une déontologie imposant le secret professionnel. Ces messieurs ne changent pas d’avis et trouvent une solution : « l’article 258-1 du code de procédure pénale dispose qu’il est possible que des citoyens, qui pour un motif grave, ne paraissent pas en mesure d’exercer la fonction de jurés, peuvent être “exclus” par la commission prévue par l’article 262 du même code. »

    En quoi cette femme sourde n’est-elle pas en mesure d’appartenir à un jury ?

    Sauf à perpétuer les pratiques du XIXe siècle, il faut comprendre que cette personne a la même capacité que tout un chacun mais que le handicap lui dicte une autre langue. Dès lors, refuser cette jurée au motif qu’elle ne partage pas la langue des autres est constitutif d’une discrimination fondée sur le handicap.

  • L’antivalidisme en délibéré

    Tirée au sort pour être jurée d’assises, une femme sourde se réjouit d’exercer pleinement sa citoyenneté. La justice saura t’elle l’accueillir ?

    Elle, c’est une femme sourde, qui s’exprime en langue des signes. Elle vient d’être tirée au sort pour être jurée en Cour d’assises. Elle se réjouit de cette convocation. C’est un rôle important, une citoyenneté à part entière jusque dans ses devoirs, surtout quand on sait que la langue des signes a été bannie pendant 100 ans de l’éducation des sourds lors du congrès de Milan en 1880, et qu’on a attaché les mains de ces enfants pour leur interdire toute communication gestuelle, fabriquant des générations de sourds peinant à lire, écrire et maîtriser correctement leur langue. C’est seulement en 1991 que l’amendement Fabius réintroduit la langue des signes à l’école. Alors en 2026, prendre place au sein d’un jury populaire, pour elle, pour toute une communauté dont la langue est enfin reconnue, ce n’est pas rien. C’est l’égalité des droits victorieuse.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/12/27/liberez-delivrez-regularisez-nos-places-handicapees/#comment-72135

    #politique #handicap

  • « Les droits n’existent que sur le papier » : le cri de colère du collectif Résistance Handi-droits à Marseille
    https://maritima.fr/actualites/societe/marseille/11525/les-droits-nexistent-que-sur-le-papier-le-cri-de-colere-du-collectif-resist

    C’est un anniversaire au goût amer. Ce mercredi, à l’occasion de la date anniversaire de la loi handicap de 2005, le collectif Résistance Handi-droits s’est rassemblé sur le Vieux-Port de Marseille. L’objectif : rappeler que derrière les textes législatifs, la réalité quotidienne des personnes en situation de #handicap reste un parcours du combattant.

    « Vingt ans plus tard, les droits existent, mais seulement sur le papier. Dans la réalité, ils sont encore trop souvent inaccessibles », fustige Lilia Mebarkia au micro de Manuel Danloy.

     
    Marseille pointée du doigt pour ses transports et ses écoles

    Pour le collectif, la cité phocéenne est l’un des exemples les plus criants des manquements de l’État et des collectivités. « Marseille, c’est l’un des pires exemples sur l’accessibilité des transports, c’est complètement insuffisant », déplore la militante.

    Le constat est tout aussi sombre concernant le système éducatif. Alors que le gouvernement prône l’inclusion, le collectif dénonce une « école inclusive » qui n’existe que de nom : « L’école dite inclusive manque cruellement de moyens et d’#AESH (Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap) formés. Aujourd’hui, l’inclusion scolaire en France, ça n’existe pas. »

    Au-delà de l’accessibilité physique, c’est la #précarité financière qui frappe de plein fouet les personnes handicapées. Le collectif demande une revalorisation immédiate de l’Allocation aux Adultes Handicapés (#AAH).

    « Vivre avec l’AAH, c’est vivre dans la précarité. Ce n’est pas un moyen de vivre correctement, c’est juste de la survie », martèle Lilia Mebarkia. En plus de subir leur handicap, ces personnes doivent affronter des parcours d’obstacles pour l’accès à l’emploi et au logement adapté, tant dans le parc privé que social.

    #école #école_inclusive

  • Dans l’incapacité d’accueillir des élèves handicapés, l’Éducation nationale signale leurs familles aux services sociaux
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100126/dans-l-incapacite-d-accueillir-des-eleves-handicapes-l-education-nationale

    Au‐delà du danger estimé ou avéré, dans le Rhône, les IP sont également proposées aux familles comme des aides. « Ces dernières années, on constate que certaines institutions comme l’Éducation nationale font des informations préoccupantes pour accélérer les demandes d’accompagnement ou de prise en charge sociale », abonde la cheffe de service dans le secteur de la #protection_de_l’enfance citée précédemment.

    C’est ce qui est arrivé à Laurianne*. Mère d’un enfant en situation de #handicap scolarisé dans une classe Ulis dans l’Ouest lyonnais, elle a été convoquée par l’#école après des problèmes de propreté et de comportement de son fils. « L’équipe et le directeur m’ont expliqué que j’avais l’air épuisée et m’ont proposé de faire une #IP “pour m’aider” », rapporte‐t‐elle.

    Choquée, Laurianne refuse et part en pleurant. « Le directeur m’a immédiatement rappelée pour me dire qu’ils ne le feraient pas, mais que leur hiérarchie leur conseillait de recourir aux IP pour aider les familles. Ils ne se rendent pas compte que pour nous, ce n’est pas une aide, c’est nous enfoncer la tête sous l’eau », souffle‐t‐elle.

    Si ces pratiques obtiennent parfois l’accord des familles, elles interrogent les professionnel·les de l’accompagnement social. « C’est un peu fou de devoir en arriver là, d’autant que ça implique une posture très humiliante pour les parents. Une IP est toujours vécue comme un traumatisme », confirme la cheffe d’un service de protection de l’enfance de la métropole.

    L’expérience de Ludivine le confirme. En couple mais non mariée, elle raconte que son statut marital faisait partie des questions abordées par les services sociaux lors de son évaluation, au même titre que « de savoir si [elle] avai[t] allaité [s]es enfants »…

    Pour la Crip, l’objectif de l’évaluation n’est pourtant pas de questionner les compétences parentales. « Une #information_préoccupante n’est pas une arme, c’est un outil de prévention », tempère Hassina Bianchi. Avant d’ajouter : « On connaît l’épuisement psychique des parents qui élèvent un enfant en situation de handicap. » Le rectorat de Lyon justifie aussi cette approche de l’IP : « L’information préoccupante doit être comprise comme un levier d’aide, une explication claire à la famille étant indispensable. »

    «  Mais de quelle aide parle‐t‐on ?, interroge Marguerite Aurenche, du Défenseur des droits. Si le besoin des familles est lié à la scolarité, ça ne relève pas de la protection de l’enfance. Il ne faut pas se tromper d’interlocuteur et systématiser. Surtout à l’heure où les services de l’ASE [l’aide sociale à l’enfance – ndlr] sont complètement noyés par les IP. »

    Dans de rares cas, la mise en place d’une mesure socio‐éducative débouche sur des solutions. « Lorsque le suivi se passe bien et que la famille nous fait confiance, on peut devenir une béquille, voire réussir à pousser les murs pour trouver une place quelque part. Mais ça n’arrive presque jamais », reconnaît la professionnelle de la protection de l’enfance citée plus haut.

    La plupart du temps, les travailleurs et travailleuses sociales se heurtent plutôt à la colère des familles. « Et à juste titre, souffle-t-elle. Car les éducateurs ne sont pas là pour faire l’éducation à domicile, ils ne sont donc pas en mesure d’apporter de réelle solution quand le seul problème semble provenir d’un manque de scolarisation. Ils se rendent compte par ailleurs qu’ils en savent souvent beaucoup moins dans le champ du handicap que les parents eux‐mêmes. C’est une mise en échec pour tout le monde. »

    Pour l’avocate Laurence Cruciani, ancienne présidente de la commission « tutelle handicap scolarité » au barreau de Lyon, ces situations témoignent de blocages institutionnels inédits. « Nous sommes dans un cercle vicieux, où on renvoie dos à dos la souffrance des professionnels et celle des parents et des enfants en situation de handicap. À tel point qu’aujourd’hui, je vois beaucoup de parents souffrir de stress post‐traumatique dans leur relation avec l’Éducation nationale. »

  • « Assistance sexuelle », « accompagnement sexuel » pour personnes handicapées, notre rapport

    « Assistance sexuelle ». Régulièrement, tel le serpent de mer, la question de « l’accompagnement sexuel pour les personnes handicapées » est remis au devant de l’actualité. Le premier mouvement, face à ces propositions, est souvent d’adhésion. Pourtant, cette mesure aux allures altruistes est porteuse de dérives inaperçues, aussi bien pour les personnes concernées que pour la société dans son ensemble.

    On peut certes se féliciter de voir abordée au grand jour la question de la sexualité des personnes handicapées dans un contexte bienvenu d’affirmation de leurs droits. Mais faut-il espérer la régler par une « réponse » marchande qui exige la révision à la baisse de nos lois sur le proxénétisme ? Faut-il créer en France un emploi de nature sexuelle au moment où les femmes réaffirment plus que jamais leur droit de vivre libres de toute obligation en la matière ?

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/28/assistance-sexuelle-accompagnement-sexuel-pour

    #feminisme #handicap

  • Prestation de compensation du handicap : le bilan 20 après sa création | vie-publique.fr
    https://www.vie-publique.fr/en-bref/301273-prestation-de-compensation-du-handicap-le-bilan-20-apres-sa-crea

    La prestation de compensation du handicap (#PCH) est une aide financière qui permet de compenser la perte d’autonomie des personnes en situation de handicap dans leur vie quotidienne. La Cour des comptes tire un bilan mitigé de cette aide « complexe », dont le poids financier est de plus en plus élevé dans le budget des départements.

    Le rapport de la Cour des comptes, publié le 3 décembre 2025, revient sur l’évolution de cette aide qui bénéficiait, en 2023, à près de 407 000 personnes.

    Entrée en vigueur en 2006, la prestation de compensation du #handicap (PCH) a été créée par la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

    Un coût de plus en plus élevé et une articulation « complexe » avec d’autres aides

    Le coût de la PCH a été multiplié par douze de 2006 à 2010 puis par trois depuis, pour atteindre 3 milliards d’euros (Md€) en 2023. Pourtant, la Cour estime que ce coût pourrait être plus élevé, compte tenu du non-recours de la prestation par un certain nombre de bénéficiaires.

  • Montpellier. Première mobilisation réussie contre les délais et les baisses de moyens de la MDPH !
    https://www.revolutionpermanente.fr/Montpellier-Premiere-mobilisation-reussie-contre-les-delais-et-
    https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/photo_rassemblement_handicap.jpg?1764361392

    Toutes et tous dénoncent les dysfonctionnements massifs dans l’attribution de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), une allocation essentielle qui permet de financer notamment l’aide humaine et l’aménagement du logement. La colère des manifestants rassemblés à l’occasion de la journée portes ouvertes de la #MDPH cible en premier lieu les délais de traitement incroyablement long.

    Marie-Pierre, l’une des fondatrices du collectif, décrit une situation devenue intenable : « Les dossiers MDPH ont énormément de retard, on attend et c’est très stressant. Même les dossiers en urgence sont traités très tard, plusieurs mois voire un an. On peut pas attendre sans aide humaine, ça touche à la vie de tous les jours, pour manger, pour se laver. »

    [...]

    Ces délais ont des conséquences dramatiques pour les personnes en attente de réponse. Sans attribution de la PCH, impossible en effet d’accéder à l’aide la plus élémentaire. Laetitia, secrétaire de l’association Sep 34, témoigne avec force : « Je suis atteinte d’une sclérose en plaques depuis quelques années. Le délai de traitement est catastrophique, c’est pour ça qu’on se mobilise aujourd’hui. J’ai passé deux ans sans auxiliaire, j’ai pas d’aidants familiaux autour de moi. Comment on fait pour se laver ? On demande à des amis de nous doucher ? Comment on fait nos courses ? Comment on fait à manger ? Et même une fois la première PCH attribuée, c’est loin d’être fini. Les renouvellements prennent 12 à 13 mois. Avec une maladie neurodégénérative comme la mienne, ils espèrent quoi ? Que j’aille mieux ? Ce qu’on réclame, c’est notre droit à la dignité, à vivre normalement. On peut avancer, mais pas dans ces conditions. On veut que l’État arrête de considérer les gens comme des numéros. »

    Les retards de traitement des dossiers empêchent donc la grande majorité des personnes en situation de #handicap de recevoir une assistance pour subvenir à leurs besoins vitaux. Un manque qui peut être compensé par des proches, au prix du sacrifice de toute intimité, et d’une situation de vulnérabilité particulièrement dangereuse.

    Ce phénomène de proches aidants est une marge de manœuvre exploitée par l’Etat, qui lui permet de faire des économies sur la #PCH. Mehdi nous explique : « L’État se repose sur les aidants familiaux, qui prennent le relais gratuitement. Moi j’ai de la chance, c’est mes parents qui m’aident, alors que c’est moi qui devrait les aider. Mais c’est une charge énorme pour les proches. »

    #AAH #MVA, mais rien de plus, y compris dans le besoin le plus extrême (ah que PCH)

  • La cerise sur le gâteau… - La Revue Pratiques
    https://pratiques.fr/La-cerise-sur-le-gateau

    J’ai bien reçu votre réponse m’indiquant que j’avais droit à trois trimestres supplémentaires pour enfant handicapé. J’avais pourtant lu que l’on pouvait avoir jusqu’à huit trimestres et pensais pouvoir obtenir ce supplément dès lors que ma fille est lourdement handicapée, qu’elle a eu deux années où les soins étaient nuit et jour, qu’elle n’a pu marcher qu’à l’âge de 5 ans, commencer à dire quelques mots qu’à 9 ans avec la méthode MAKATON que JE suis allée sans aucune aide rechercher dans les premiers stages organisés par M. Walker en France en 1995 à Paris sur une année alors qu’il a fallu ensuite vingt ans pour que la France s’empare de cette méthode et la généralise, Que mon enfant n’a intégré un IME qu’à 9 ans après des années de soins répartis entre orthophonie, UASA, soins orthopédiques, des soins nécessitant beaucoup d’aller retours et donc de disponibilité, et que, non autonome, elle ne peut travailler, est en foyer de vie la semaine depuis l’an dernier seulement, a toujours besoin de moi au quotidien les week-ends et congés, et ce jusqu’à mon décès. Je me pose la question donc : quel type de handicap génère un octroi de huit trimestres puisqu’apparemment son cas et mon cas sur toutes ces années passées et à venir ne le justifient pas, et ne me donnent compensation que de neuf mois !!!!

    In Pratiques N°109 Le #handicap, de quel empêchement est-il le nom ?

    #retraite #france_2025

  • „Unschön, aber auch unbefriedigend“ : Behinderte kämpft um leidensgerechten Arbeitsplatz
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/unschoen-aber-auch-unbefriedigend-behinderte-kaempft-um-leidensgere

    Quandt le boulot te rend malade tu ne peux pas t’attendre à ce qu’on améliore tes condition de travail.

    13.10.2025 von Alexander Reich - Die Beschäftigte einer Berliner Versicherung kämpft seit Jahren um einen behindertengerechten Arbeitsplatz: Nun kam der nächste Rückschlag vor einem überlasteten Gericht.

    Die Erwartungen sind groß vor dem Prozesstermin am Arbeitsgericht Berlin. Jedenfalls die Erwartungen der Klägerin Emilia Wagner, die anders heißt – sie will anonym bleiben. Seit 1993 ist sie bei einem großen Berliner Versicherer beschäftigt, der Bavaria-Direkt. Sie will dort weiter ihr Geld verdienen. Auch wenn sie nicht mehr allen Aufgaben gewachsen ist.

    2017 erlitt Wagner in Folge stressiger Telefondienste einen Hörsturz. Weitere Leiden kamen hinzu. Wagner ist mittlerweile offiziell schwerbehindert. Sie kämpft um eine behindertengerechte Anpassung ihres Arbeitsplatzes.
    „Hier werden keine Ausnahmen gemacht“, soll der Vorstandschef gesagt haben

    Ihre Anwältin Sophia von Verschuer geht hoffnungsvoll in die Verhandlung. In einem ähnlichen Fall hat sie im Frühjahr an diesem Gericht einen Erfolg erzielt: Ein Unternehmen, das die behindertengerechte Anpassung eines Arbeitsplatzes verweigert, erfüllt damit den Tatbestand der Diskriminierung – dieses Urteil ist mittlerweile rechtskräftig.

    Was dem heutigen Termin zusätzliche Brisanz verleiht: Die Richterin hat auf Anregung Verschuers den Vorstandschef des Versicherers geladen. Er soll angesichts des ersten Attests der Klägerin 2017 sinngemäß gesagt haben: „Hier werden keine Ausnahmen gemacht.“

    Für diese Äußerung soll sich der Firmenchef entschuldigen. Auch dafür gebe es ein Präzedenzurteil, erklärt Verschuer. Sie hat die Klage um die Forderung nach der Entschuldigung erweitert.

    Der erste Dämpfer lässt in der Verhandlung nicht lange auf sich warten. Der Vorstandsboss sei „nicht anwesend“, erklärt der Firmenanwalt. „Warum?“, fragt die Richterin. „Ich glaube nicht, dass ich das erklären muss“, gibt der Syndikus zur Antwort. Die Richterin muss ihm zustimmen: „Wir haben hier eine 141er-Vollmacht.“ Mit dieser Vollmacht können sich Geschäftsführer bei Prozessen vertreten lassen, sofern sie in der Firma unabkömmlich sind.

    Auch mit dem Verweis auf das Urteil vom Frühjahr kommt Anwältin Verschuer nicht sehr weit. Zwar spricht die Richterin von einer „etwas ähnlichen Konstellation“, in der der Anspruch auf einen „leidensgerechten Arbeitsplatz“ bestätigt und auch „Schadenersatzansprüche bejaht“ wurden. Der Firmenanwalt hält diese Fälle aber für nicht vergleichbar.
    Ihr Bürostuhl ist nicht orthopädisch, ihr Telefonspeaker „scheppert“

    Er spricht von einem „ganz anderen ärztlichen Attest“, aus dem sich nur ein „individueller Anspruch“ ableiten lasse. Die Richterin setzt dem nichts entgegen. So lösen sich die großen Hoffnungen in Luft auf, bevor die Verhandlung richtig begonnen hat.

    Es folgt ein Hickhack um einzelne Maßnahmen. Ihrer Mandantin werde ein orthopädischer Bürostuhl vorenthalten, erklärt Verschuer. Ein ergonomischer sei ihr bereitgestellt worden, hält die Gegenseite dagegen. Das sei etwas anderes, meint Verschuer. Ergonomisch seien heute fast alle Bürostühle. Es bräuchte einen orthopädischen.

    Ähnlich ist es wohl mit dem Telefonspeaker. Ihr wurde einer zur Verfügung gestellt, aber der „scheppert“, wie die Klägerin erklärt. Sie benötige einen in HD-Qualität, der Hintergrundgeräusche dämpfe. So etwas koste heute keine Unsummen mehr.

    Foto
    Anwältin Sophia von Verschuer vor dem Arbeitsgericht Berlin Alexander Reich

    Schließlich moniert Verschuer noch, dass ihre Mandantin für den Gerichtstermin nicht von der Arbeit freigestellt werde, obwohl persönliches Erscheinen angeordnet sei. Die Gegenseite erklärt das mit der Gleitzeit. Die Klägerin könne zwischen 4.30 Uhr und 20 Uhr arbeiten, wann es ihr passe. Hier vor Gericht sei sie „in eigener Sache tätig“. Das sei vergleichbar mit einem Arzttermin. Auch das bleibt so stehen.

    Viel Klein-Klein, nichts ist geklärt. Die Richterin empfiehlt, sich außergerichtlich zu einigen. Das Verfahren sei „prädestiniert“ dafür. Der Firmenanwalt hält wenig von dem Vorschlag, Verschuer noch weniger. Angesichts der Hinhaltetaktik der Gegenseite sei das aussichtslos, sagt sie: „Wir brauchen ein Urteil.“

    „Hier und heute wird kein Urteil fallen“, meint die Richterin. Aber sie hätten am Gericht eine „Güterichterkönigin“ mit einer Erfolgsquote von „90 bis 95 Prozent“ – die könnte sich des Falls annehmen. „Wenn sie es nicht schafft, wird es nichts werden mit dem Vergleich.“ Davon gehen offenbar beide Parteien fest aus.
    Den nächsten freien Gerichtstermin gibt es im kommenden Sommer

    Die Richterin erklärt, dass sie den nächsten Prozesstermin wegen der Überlastung des Gerichts nicht vor dem kommenden Sommer ansetzen kann: „Wir sind hier bei den Terminständen mittlerweile bei einem Jahr – durchschnittlich.“

    Verschuer erklärt sich bereit, alle Klageerweiterungen zurückzunehmen und später neu anzuhängen. Ob unter diesen Umständen ein Urteil gesprochen werden könne, will sie wissen. Darauf ist die Richterin „nicht vorbereitet“. Keine Chance. Die Sitzung wird geschlossen.

    „Unschön, insgesamt auch etwas unbefriedigend“, lautet das Fazit der Richterin. Aus Sicht der Klägerin ist das noch untertrieben. Sie wird nun bis zum Sommer auf die Fortsetzung der Verhandlung warten müssen. Auf einem ergonomischen Stuhl. Vor einer scheppernden Telefonbox.
    Im Unternehmen wurde die Klägerin aufs Abstellgleis geschoben

    Was bei dem Gerichtstermin überhaupt nicht zur Sprache kam, ist die Versetzung, die ihr der Kampf um einen leidensgerechten Arbeitsplatz eingebracht hat. Wagner würde wohl eher von Degradierung sprechen. Von einem Abstellgleis.

    Als Versicherungsbetriebswirtin hatte sie jahrzehntelang mit Schadensregulierung zu tun. Sie hat sich bei Verhandlungen mit Anwälten bewährt, sagt sie. Nun ist sie mit der Verschickung von Verträgen an neue Kunden unterfordert. Oder mit der Stornierung bei Todesfällen. Und wenn ein tierhaftpflichtversicherter Hund einen neuen Chip erhält, trägt sie die neue Chipnummer in die neue Police ein.

    Von einem diskriminierungsfreien Umgang mit verdienten Mitarbeitern scheint das weit entfernt. Aber ein Urteil des Arbeitsgerichts, das Klarheit in die Sache bringen könnte, wird auf sich warten lassen.

    Ohne das Urteil, davon ist Verschuer überzeugt, wird der Versicherer ihrer Mandantin keinen Schritt entgegenkommen. Doch selbst mit einem rechtskräftigen Urteil ist längst nicht immer alles geklärt, wie sie nach ihrem Erfolg vom Frühjahr feststellen musste. Da musste sie erst eine Zwangsvollstreckung beantragen, bevor das Urteil umgesetzt wurde.

    #maladie #handicap #travail

  • Le Guide. Que faire en cas de violences ? Pour les femmes en situation de handicap

    Comment identifier les violences ?
    Il peut être difficile de savoir si ce que l’on vit est normal ou non. On peut se sentir isolée, dépendante ou avoir peur de ne pas être crue. Il est important de savoir reconnaître les violences pour pouvoir en parler et demander de l’aide.
    Plusieurs choses peuvent t’alerter sur une situation de violence. Une des notions les plus importantes est :

    Le consentement
    Le consentement, c’est dire oui clairement, librement et sans pression.
    Ton corps t’appartient. Personne n’a le droit de te toucher ou de faire quelque chose avec toi si tu n’es pas d’accord.
    Si tu dis non, si tu ne peux pas répondre, ou si tu n’es pas à l’aise, c’est non.
    Sans ton accord, c’est une situation de violence. Tu as le droit d’être respectée, toujours.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/10/10/le-guide-que-faire-en-cas-de-violences-pour-le

    #feminisme #handicap #violence

  • Benfeld : les enfants placés, le handicap et nos aveuglements collectifs | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/lyes-louffok/blog/240925/benfeld-les-enfants-places-le-handicap-et-nos-aveuglements-collectif

    Une professeure a été poignardée dans sa classe. Celui qui l’a attaquée n’est qu’un enfant placé de quatorze ans, entre la vie et la mort après avoir retourné le couteau contre lui. Rien n’est plus révélateur de nos aveuglements collectifs que le sort des enfants placés handicapés : ce sont les plus vulnérables, les plus invisibles. Quand un enfant confié à la République bascule jusqu’à devenir dangereux pour lui-même et pour les autres, c’est qu’il a été abandonné bien avant.

    Le premier qui voit arriver la panique morale de nos fascistes locaux prévient les autres ?

    L’auteur n’est ni trop arabe, ni trop musulman, ni trop tchétchène ou serbe ou russe, ni trop noir. Par contre, il est issu d’un milieu pauvre. Et donc, en toute bonne logique, on devrait bientôt nous expliquer que l’ennemi, c’est le pauvre. Et hop, emballé c’est pesé, on a notre coupable, et on peut déblatérer des heures sur la pauvreté, ce cancer de la civilisation, euthanasions les ou envoyons les sur le front.

    J’oubliais que cette conclusion devrait nous permettre d’abonder dans le sens de Nicolas, à savoir expliquer c’est excuser, et ça, c’est pas possible.

    • un enfant placé à l’Aide sociale à l’enfance, censée le protéger. Mais sa première famille d’accueil a été violente, au point que l’assistante familiale a été condamnée par la justice (y compris en appel). Alors on l’a déplacé dans un foyer, comme si changer de lieu suffisait à effacer la violence déjà imprimée dans sa chair.
      Il vivait avec un handicap psychique et une maladie génétique. Rien n’est plus révélateur de nos aveuglements collectifs que le sort des #enfants_placés handicapés : ce sont les plus vulnérables, les plus invisibles, et ceux dont on parle le moins. Les chiffres sont connus : près d’un enfant placé sur deux présente des troubles psychiques. Mais l’accès aux #soins, déjà saturé pour tous, devient pour eux un parcours d’attente interminable. Les rendez-vous se décalent, les urgences deviennent des solutions par défaut, et l’on finit par s’habituer à l’idée que des enfants vivent avec des blessures jamais prises en charge.

      Au collège , il semble qu’il n’était même pas accompagné par une AESH.
      Nazisme ou djihadisme, il arrive que l’on adopte une communauté imaginaire pour se donner de la force, ne plus être un déchet, et devenir un « monstre ».

      #ASE #école #psychiatrie #handicap

    • « Je veux tuer des gens » : quand les idéologies djihadiste et nazie captent la souffrance et la haine d’adolescents en perdition (2023)
      https://archive.ph/EeZCz

      Agés de 16 ans à 19 ans, trois hommes et une femme, fascinés par la violence djihadiste et d’ultradroite, échangeaient sur Internet et projetaient des attentats pour prendre leur « revanche sur l’humanité ». Le Parquet national antiterroriste demande qu’ils soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste ».

  • Honteux : Valérie Pécresse et sa majorité suppriment discrètement les subventions aux MDPH d’Île-de-France - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/conseil-regional-dile-de-france/valerie-pecresse-et-sa-majorite-suppriment-discretement-les-subventions-aux

    C’est un bras d’honneur à moitié assumé envers les personnes en situation de #handicap. La droite régionale en #Île-de-France supprime en catimini les subventions allouées aux Maisons départementales des personnes handicapées (#MDPH) sur le territoire francilien. L’alerte, donnée vendredi 19 septembre, est venue de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne de la Région Île-de-France.

    Dans son communiqué, le groupe politique s’insurge. Et pour cause. Les aides dont il est question ont été mises en place il y a plus de 10 ans et semblaient stabilisées. En 2014, la loi sur l’égalité des chances – promulguée en 2005 – essaie de mettre un coup d’accélérateur pour orienter les financements en faveur des personnes en situation de handicap. La majorité régionale de l’époque, à gauche de l’échiquier politique, saisit l’opportunité pour subventionner les huit MDPH de la région via leurs fonds de compensation respectifs. « Le dispositif n’a jamais été discuté ni remis en cause depuis ! », s’exclame Céline Malaisé, présidente du Front de gauche à la région.

    6€ de reste à charge

    Son but : financer l’acquisition de matériels, l’aménagement de véhicules adaptés, l’accompagnement pour la vie quotidienne des personnes en situation de handicap. Près de 2 000 Franciliens en bénéficient chaque année [c-à-d, de gauche ou pas, fort peu]. « Avec cette aide, le reste à charge pour les familles est de 6€ », détaille Stéphane Blanchet, Vice-président chargé de l’autonomie au Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

    Un coup de pouce précieux que Valérie Pécresse et sa majorité cherchent à supprimer en douce, sans concertation avec les départements. D’après les informations du groupe de la Gauche, « les MDPH d’Île-de-France n’ont pas perçu l’aide régionale en 2025 et elle ne sera pas reconduite en 2026 ». Aucune communication officielle de la Région n’a averti quant à une potentielle suppression des subventions. Mis devant le fait accompli, les conseillers des Hauts-de-Seine, de l’Essonne, du Val-de-Marne, de Seine-Saint-Denis et de Paris ont acté ce retrait d’argent.

  • Prise de notes pour étudiant·es en situation de #handicap
    https://academia.hypotheses.org/63086

    Nous profitons d’une question d’un·e étudiant·e qui se questionne sur le rôle de preneur et preneuse de notes pour des étudiant·es en situation d’handicap. Ce billet est une première réponse. Il est appelé à être amélioré pour et par les … Continuer la lecture →

    #Antivalidisme_ESR #En_partage #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Pratiques_pédagogiques

  • L’#intersectionnalité, de quoi parle-t-on ?

    Le #concept d’« intersectionnalité » peut apporter un nouvel éclairage sur les multiples réalités étudiantes, en transformant les perceptions et la compréhension des enjeux actuels (Fauteux, 2017).

    Au sens littéral, l’inter-sectionnalité constitue le point d’intersection des #appartenances_identitaires d’un individu. Il ne s’agit pas d’une addition des identités, mais de l’#entrecroisement ou de l’#imbrication des #catégories_sociales comme le genre, l’appartenance à un groupe racisé ou la classe (Harper et Kurtzman, 2014 ; Hill Collins et Bilge, 2020).

    Une expérience indivisible

    Selon la perspective intersectionnelle, les différentes réalités ne sont pas hiérarchisées entre elles : l’expérience d’une personne étudiante qui vit du racisme est aussi valide que celle qui vit de l’homophobie. De plus, alors que les actions antidiscriminatoires se concentrent souvent sur une seule discrimination (le sexisme vécu par des étudiantes, par exemple), une perspective intersectionnelle tient compte du fait que plusieurs formes de #discriminations (comme l’homophobie, le racisme, le sexisme) peuvent être vécues au même moment dans la vie d’une personne (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, 2020).

    L’émergence d’une pensée intersectionnelle remonte au tournant du vingtième siècle, au moment où s’est révélée la complexité des systèmes d’oppression sur la population afro-américaine (Harper et Kurtzman, 2014). C’est toutefois au tournant des années 1990 que le terme « intersectionnalité » a été utilisé afin d’illustrer la situation des femmes afro-américaines et de mettre de l’avant le caractère indivisible de la personne et de son expérience, au fondement de l’interdépendance des catégories sociales (#genre, #classe, #handicap, etc.).

    Au Québec, vingt ans plus tard, la notion d’intersectionnalité a été reprise pour rendre compte des différentes #expériences_vécues par les femmes (Bilge, 2009 ; Juteau, 2010) : une femme blanche scolarisée ne vit pas la même réalité qu’une femme immigrante, par exemple.

    Un outil d’analyse des #inégalités

    En plus d’être une théorie interdisciplinaire, l’intersectionnalité est un outil d’analyse (Lépinard et Mazouz, 2021) qui permet de mieux comprendre comment les #identités — le genre, la classe sociale, l’âge, l’origine ethnoculturelle, le handicap, etc. — se chevauchent et interagissent de manière simultanée pour produire et maintenir des inégalités (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, 2020).

    Une vision intersectionnelle envisage donc les inégalités comme étant le produit du #croisement de différentes situations sociales, de relations de pouvoir et d’expériences (ibid.).

    –—

    L’approche intersectionnelle opère à deux niveaux :

    - Microsocial : en interrogeant les effets des inégalités sur les vies individuelles, ainsi que les configurations uniques découlant de l’interaction des appartenances identitaires ;
    - Macrosocial : en s’intéressant aux manières dont les systèmes de pouvoir, tels que les institutions économiques, religieuses et gouvernementales, les lois, les politiques ou encore les médias participent à la (re)production des inégalités (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, 2020).

    L’analyse intersectionnelle peut aller plus loin en prenant en compte quatre dimensions de la vie sociale :

    –Organisationnelle, qui renvoie aux organisations sociales, politiques et économiques ;

    –Intersubjective, qui fait référence aux relations interpersonnelles dans des situations formelles ou informelles ;

    –Expérientielle, qui désigne l’expérience subjective des personnes, la manière dont elles se perçoivent et leurs attitudes avec les autres ;

    –Représentationnelle, qui renvoie au cadre de référence à partir duquel les individus et les groupes se représentent eux-mêmes et le monde (ibid.).

    –—

    La notion de « #privilège » (voir la figure La #roue de l’intersectionnalité) réfère quant à elle à un avantage octroyé à une personne ou à un groupe de personnes en fonction de l’identité ou du statut dans la société et la valeur qu’on lui donne (l’orientation sexuelle, la présence ou l’absence de handicap, l’appartenance à un groupe majoritaire ou minoritaire, etc.) (Collège Ahuntsic, 2022).

    Une capacité d’agir

    L’approche intersectionnelle présente un intérêt pour les équipes professionnelles et d’intervention des établissements d’enseignement supérieur en rendant visible « la diversité de l’ensemble du public cible de l’éducation inclusive » (Bauer et Borri-Anadon, 2021).

    Sur le plan du sentiment d’appartenance, le partage des expériences contribue à relier et à tisser des solidarités (Fauteux, 2017). En effet, la perspective intersectionnelle inclut la capacité des personnes à se solidariser sur la base de leurs expériences identitaires et à développer des stratégies communes (Pagé, 2014). Cette capacité d’action mobilisatrice, malgré le poids des obstacles et des discriminations, est d’ailleurs au cœur des principes fondateurs de l’intersectionnalité : les femmes afro-américaines ont été des leaders de leurs communautés en créant des mouvements de reprise de pouvoir (Harper, 2013).

    Références

    Bauer, S. et Borri-Anadon, C. (2021). De la reconnaissance à l’invisibilisation  : une modélisation des enjeux conceptuels de la diversité en éducation inclusive. Alterstice  : revue internationale de la recherche interculturelle, 10(2), 45‑55.

    Bilge, S. (2009). Théorisations féministes de l’intersectionnalité. Diogène, 225(1), 70‑88.

    Collège Ahuntsic (2022). Portail (auto)éducatif EDI. Je te vois, je t’entends, je t’écoute.

    Duckworth, S. (2020). Wheel of Power/Privilege [image en ligne]. Instagram.

    Fauteux, J. (2017). Vers de nouvelles pratiques intersectionnelles  : quand parcours migratoire se conjugue avec situation de handicap [mémoire de maitrise, Université de Sherbrooke]. Savoirs UdeS.

    Harper, E. (2013). Ancrages théoriques entre l’intersectionnalité et les pratiques narratives en travail social. Dans E. Harper et H. Dorvil (dir.), Le travail social. Théories, méthodologies et pratiques (p. 47‑78). Presses de l’Université du Québec.

    Harper, E. et Kurtzman, L. (2014). Intersectionnalité  : regards théoriques et usages en recherche et en intervention féministes  : présentation du dossier. Nouvelles pratiques sociales, 26(2), 15‑27.

    Hill Collins, P. et Bilge, S. (2020). Intersectionality (2e éd.). Wiley.

    Juteau, D. (2010). « Nous » les femmes : sur l’indissociable homogénéité et hétérogénéité de la catégorie. L’Homme & la Société, 176‑177(2‑3), 65‑81.

    Lépinard, É. et Mazouz, S. (2021). Pour l’intersectionnalité. Éditions Anamosa.

    Pagé, G. (2014). Sur l’indivisibilité de la justice sociale ou Pourquoi le mouvement féministe québécois ne peut faire l’économie d’une analyse intersectionnelle. Nouvelles pratiques sociales, 26(2), 200‑217.

    Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (2020). L’intersectionnalité [vidéo].

    https://oresquebec.ca/article-de-dossiers/notions-cles/lintersectionnalite-de-quoi-parle-t-on

    #infographie



  • Instituts Médico-Éducatifs (IME) : pour la modernisation de l’éducation des enfants porteurs de handicap, augmentation du financement

    Publication : 17/03/2025 ✅️
    Admissibilité : 10k en 6 mois


    Propositions amies : https://politipet.fr/3141 · https://politipet.fr/2696 · https://politipet.fr/2899 · https://politipet.fr/2834


    https://politipet.fr/2758
    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/2758

    #IME #handicap #enfants #éducation

  • Être une personne autiste dans le monde académique

    Une personne autiste est une personne connaissant un #développement_neurologique différent. Ce développement n’est ni meilleur ni pire que celui de la population « neurotypique », mais simplement différent. Selon les sources que je trouve (notamment l’OMS), l’autisme concernerait 1 % de la population mondiale, même si les difficultés de diagnostic tendaient à sous-estimer ce chiffre1. Ce n’est pas une maladie, un déficit, un trouble, ou un handicap. Cependant, la construction de la société étant calquée sur les besoins de la population majoritaire, cela peut induire quelques #décalages, à l’instar des personnes gauchères devant s’adapter dans un monde de personnes droitières 2. Ainsi, la principale difficulté des personnes autistes consiste à s’adapter constamment. C’est pourquoi je ne parle pas de #handicap, dans le sens où cela est contextuel : en changeant le contexte, les difficultés autistiques (d’adaptation) s’estompent.

    Une #adaptation et un décalage, pouvant conduire au #burn-out

    Si on devait donner une définition de l’autisme, il est caractérisé traditionnellement dans la littérature, et notamment au sein du DSM-53 comme 1) des difficultés dans la #communication et les #interactions_sociales  ; 2) des caractères intérêts restreints des centres d’intérêts  ; 3) des particularités sensorielles, en particulier une hyper ou ou hyposensibilité au bruit, à la lumière, etc. Cependant, il me semble nécessaire de déconstruire cette vision «  pathologisante  ». En effet, on le sait, les études médicales, qui relèvent de personnes humaines, font l’objet de biais, conscients ou inconscients, comme le montre l’histoire médicale4. Dans le cas de l’autisme, une partie de la recherche s’était lancée dans le biais d’étudier sous le prisme de #déficit, notamment en comparaison à une norme, celle des neurotypiques. Et en effet, en cherchant des déficits, on en trouvait, faisant un bais de confirmation, et permettant de justifier d’autres recherches en ce sens.

    Déficit de #communication ou incompréhension mutuelle ?

    Un exemple flagrant de cette «  approche déficitaire  » est celui de la communication. Les autistes sont souvent présentés comme ayant un déficit de communication. Or, c’est faux. Dans un article publié en 2012, Damian Milton5 montre le « problème de #double_empathie », c’est-à-dire une difficulté réciproque de compréhension entre autistes et neurotypiques, du fait de styles de communication et de #sociabilisation différents. Si on devait dresser une analogie, imaginons deux personnes, l’une parlant japonais et l’autre parlant italien, et dont chacune ignore tout de la langue de l’autre. Ces personnes vont essayer de communiquer, difficilement, et des quiproquos pourraient survenir, ce qui peut mener à des #incompréhensions. Elles viennent de milieux culturels distincts, ce qui entraine une différence dans leur mode de communication (la langue), mais aussi dans la manière d’agir (en parlant plus ou moins fort, en coupant ou non la parole, etc). Pourtant, cela ne viendrait pas à l’idée de dire que l’autre se retrouve en déficit de communication.

    L’exemple illustre une #communication_verbale, mais aussi la #communication_non_verbale. Si les personnes autistes ont des difficultés à comprendre le non-verbal, par exemple les expressions du visage de personnes neurotypiques, la réciproque s’applique aussi6,7. Ces études, et d’autres montrent que les personnes autistes avaient plus de facilité à comprendre les intentions d’autres personnes autistes. Elles mettaient particulièrement de l’avant leur capacité à capter des intentions implicites ou du non-verbal. De plus, elles montraient qu’elles excellaient davantage que des duos mixtes (autiste et non-autiste) dans cette tâche. De fait, la difficulté ne se situe pas dans la communication en tant que telle, ou du cliché du « manque d’empathie », mais dans l’#échange entre deux groupes ayant des modalités de communication différentes, avec une incompréhension mutuelle8. À titre d’exemple, si le « small talk » consiste à discuter de la pluie et du beau temps, il constitue un puissant fluidifiant social entre personnes neurotypiques. Cela peut toutefois s’avérer épuisant, ou contraire d’ennuyer, pour un cerveau autiste, qui prendra plus de plaisir à discuter en profondeur de sujets spécifiques9.

    Cependant, si on veut aller plus loin, du fait de la nécessité de s’adapter à un mode majoritaire de communication qui ne sont pas le sien, les personnes autistes ont développé une #capacité_d’adaptation importante, à travers une « # intellectualisation  », c’est-à-dire en analysant et en explicitant un mode de communication qui n’est pas le sien, ont poussé les autistes à une forme de «  #camouflage_social  »10, c’est-à-dire à un #masquage de comportements dans une logique d’adaptation 11 (cela n’est pas sans rappeler la métaphore théâtrale d’Ervin Goffman), au prix d’une #énergie_mentale importante.

    Une meilleure attention aux systèmes et #détails

    Comme évoqué en introduction, on doit concevoir l’autisme comme un développement différent, incluant aussi un certain nombre de « points forts » utiles dans une logique capitaliste et productiviste. Parmi elles, on trouve « l’ #hypersystémisation » 12, qui correspond à la capacité de faire attention aux détails, mais également aux schémas récurrents. Cela donne un avantage dans une prise de décision plus cohérentes13, en se basant sur des critères objectifs (caractéristiques techniques d’un objet par exemple), plutôt que des effets de contexte (une marque, etc.). Toute personne autiste ou connaissant une personne autiste connait cela, avec des comparaisons systématiques et poussées des caractéristiques d’un produit avant son achat par exemple.

    Cette attention aux détails permet également de proposer des procédés optimisés, puisque réfléchis dans les moindres détails. Cette attention aux détails, couplée à un « #hyperfocus », permet une concentration accrue, loin d’une concentration « rigide ». Elle permet de voir de nouvelles perspectives. C’est le cas de Temple Grandin, qui a s’est intéressée à la sensibilité des animaux, permettant d’améliorer conditions d’abattage des animaux14. Cela peut s’appliquer concrètement dans la correction d’un texte. Au lieu de simplement dire « revois ta copie », sans préciser ce qui peut poser problème et donc avec une forte composante implicite, une personne autiste va proposer, via une communication directe, d’indiquer les points de changement, gagnant en efficacité.

    Je pourrais également mentionner un autre avantage que présente cette approche hypersystémique se traduit par sensibilité face à l’#injustice. En effet, on peut voir l’injustice comme une incohérence dans un système, et elle génère un inconfort dans le cerveau autistique (augmentant le #cortisol). Du coup, ce dernier va devoir y remédier pour assurer le respect des règles. En corollaire, les personnes autistes se montrent, pour cette raison évoquée, plus honnêtes. Elles ont donc tendance à moins mentir, tricher ou camoufler une erreur15, et donc à mieux respecter les règles et les délais. Cela s’observe même si cela entraine parfois une franchise sans fioriture, énonçant simplement les faits16. Cette sensibilité à la #justice et à l’#équité revêt, à mon sens, une importance particulière, entre autres en terme d’#intégrité_professionnelle.

    Quand la machine s’emballe : le #burn-out_autistique

    Du fait du développement neuronal, le cerveau autiste est soumis à une #surcharge chronique (du fait de l’adaptation sociale permanente et de la #sensibilité aux détails même insignifiant de l’environnement), qui, bien qu’anodine pour la plupart des personnes neurotypiques, nécessite une quantité de ressources importantes pour le cerveau autiste. Par exemple, avec l’#hypersensibilité, l’environnement sensoriel quotidien (bruits de fond, odeurs, lumières, mouvements visuels…) peut constituer une agression continue pour le système nerveux17. Dans ce contexte, le cerveau va traiter avec une intensité égale ces informations (votre collègue vous parlant est traité de la même manière que le tic tac de l’horloge), mobilisant donc une énergie mentale importante. Les interactions sociales peuvent aussi s’avérer couteuses, comme nous l’avons évoqué précédemment, à travers un travail constant d’observation, d’analyse, et d’adaptation aux attentes sociales, cherchant à anticiper de manière permanente les réactions d’autrui. L’attention et le traitement aux détails peuvent constituer un atout. Cependant, ils consomment également beaucoup d’énergie mentale, même pour des tâches simples. Cette consommation d’énergie peut augmenter dans un contexte instable, multitâche ou bruyant, bref, où les détails s’accumulent.

    Ces microévènements mènent à une #hypervigilance_cognitive, que le cerveau va chercher à compenser (une exposition sensorielle, pour éviter les « faux pas sociaux »). Cela va mener à une réaction chimique18, en sécrétant de l’#adrénaline et du cortisol (les deux hormones du stress et de l’anxiété), qui servent à faire face à un danger. Dans un cerveau humain typique, une fois la menace écartée, le taux de ces hormones descend et le corps retrouve dans un état de repos. Dans un cerveau autistique, cette boucle de régulation fonctionne de façon plus sensible et est davantage sollicitée, restant dans un état de vigilance même lorsque la situation ne le justifie plus19. Afin de faire face à cette situation, les personnes autistes vont chercher à maitriser leur environnement, pour réduire la pression stressante. Elles peuvent réduire les stimulus sensoriels, pratiquer des « activités régulatrices » stabilisant le système nerveux et relançant la régulation (par exemple jouer de la musique ou s’adonner à d’autres loisirs), correspondant aux « intérêts et activités restreintes » de la définition du DSM. Si on veut prendre une métaphore, on peut penser qu’une barre d’énergie mentale existe. Cette quantité varie. Certains facteurs prennent de l’énergie (l’hypervigilance cognitive), qui ne pourra pas être allouée à autre chose, et d’autres facteurs aident à « recharger les batteries »20.

    Parfois, et pour différentes raisons, ce travail de régulation n’a pas lieu, par exemple à cause d’un contexte ne le permettant pas, avec des effets délétères sur la #santé_mentale. Le cerveau va alors progressivement s’intoxiquer avec un trop-plein de cortisol (qui se révèle être neurotoxique), qui, à grande quantité, agit sur le cerveau et attaque certaines structures clés (impact sur la mémoire, le sommeil, sur la régulation sensorielle et émotionnelle, impossibilité d’obtenir un repos régénérateur) : c’est le burn-out autistique 21. Ces effets incluent une incapacité fonctionnelle, c’est-à-dire qu’une personne souhaitant agir (contrairement à une dépression) n’a plus les moyens internes. Elle manque de ressources énergétiques, cognitives et biologiques. Le cerveau ne contrôle plus rien, car il est saturé, comme si un ordinateur se figeait, du fait d’une RAM utilisée complètement en raison du grand nombre de logiciels ouverts. Plus concrètement, cela se traduit par différents symptômes22 : une #fatigue significative sur le plan mental et physique, un #retrait dans les #relations_interpersonnelles principalement, mais également une réduction importante des capacités à avoir des #relations_sociales, des difficultés à mener des activités quotidiennes, une difficulté à maintenir le camouflage social, à se reposer, à contrôler ses #émotions et son adaptation à l’environnement sensoriel. Bref, une perte de fonctions exécutives. Le plus pernicieux dans ce phénomène est que cela est le fruit de micro-accumulations, et il est difficile de se rendre compte du phénomène, d’autant plus lorsqu’on a été habitué à compenser depuis l’enfance : à l’instar de la goutte d’eau faisant déborder le vase, c’est l’évènement de trop, même minime qui déclenchera ce burn out, et pour lequel on se rendra compte généralement que trop tard - si l’énergie mentale est présente pour arriver à conscientiser cela à temps. À l’instar d’un burn out professionnel, le seul moyen de s’en sortir est donc le #repos, en éliminant ces déclencheurs, afin de faire baisser le taux de cortisol dans le cerveau.

    La principale difficulté de l’autisme est donc de s’adapter constamment à un environnement, de manière consciente et énergivore, tout en ne s’épuisant pas au point d’arriver au bout des capacités physiologiques. De fait, si « handicap » de l’autisme est, c’est celle d’une gestion d’un #stress constant et plus ou moins diffus.

    Et le monde académique ?

    Lorsque l’on parle d’autisme et de travail, on pense rapidement à la #RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé, un document ouvrant le droit à des aménagements de la part de l’employeur) et aménagement de postes de travail. Je ne souhaite pas forcément aborder par cette approche, parce qu’on évalue l’autisme d’une part que sous l’angle médical (une difficulté à pallier), et sous une approche individuelle («  adapter une personne au monde du travail  »). De même, les besoins de chaque autiste sont différents, même s’il existe de grandes tendances, et je ne pourrais pas être exhaustif. Comme j’essaye de démontrer dans mon billet, le problème se situe au niveau systémique23. On le sait, un aménagement fait pour un handicap peut profiter collectivement, d’où ma volonté de sortir d’une approche individualiste pour initier une réflexion en vue d’un changement global. À titre d’exemple, les bateaux des trottoirs (l’abaissement pour arriver au niveau de la route) servent tant aux personnes en fauteuil roulant qu’aux parents avec une poussette ; l’absence de musique dans les magasins (pour répondre aux difficultés sensorielles des personnes autistes) bénéficie au bien-être collectif ; la transcription d’une vidéo, servant aux personnes ne pouvant pas entendre ce média, bénéficie à tout le monde, par exemple pour lire en diagonale en quelques minutes les informations essentielles plutôt que regarder pendant des heures des vidéos de MOOC (cet exemple fonctionne également pour les messages vocaux) ; les logiciels de correction d’orthographe tant aux dyslexiques qu’à ceux apprenant le français et les personnes fatiguées faisant des fautes d’inattention.

    Ainsi, je vais vous donner quelques exemples d’éléments de vie courante dans la vie académique. Je montrerai comment un « décalage » peut s’avérer onéreux pour un cerveau autiste. Ensuite, je proposerai des pistes de réflexion pour réduire cet écart, et donc favoriser l’inclusion.

    Une série de #micro-agressions générant une fatigue générale

    Du point de vue de l’aménagement du poste de travail, l’aménagement s’effectue principalement sur le plan organisationnel. En effet, les aménagements, je parle de ce qui me concerne, diffèrent pour chaque personne, bien que je retrouve une similitude en discutant avec d’autres universitaires autistes. Concernant les aménagements matériels, je les ai déjà : casque antibruit, bouchons d’oreilles, lunettes de soleil, etc. Bref, ce ne sont pas des dépenses mirobolantes pour du matériel, que j’ai d’ailleurs payé de ma poche.

    Prenons une journée typique de travail. Le matin, je prends les transports en heure de pointe, et donc bondés. J’arrive au laboratoire, et je rejoins mon bureau, partagé avec d’autres. Je commence à faire mes lectures, là, quand une collègue arrive et discute avec mon cobureau, m’interrompant dans ma réflexion, et dont la reprise me demandera de l’énergie et de la concentration. J’essaie de me concentrer, mais un rayon de lumière qui gêne : je me lève pour fermer le volet. Je décide de faire une pause et je consulte mes courriels : je dois mettre à jour le site du colloque, en devant écrire telle ou telle indication pour les intervenants, je m’exécute. J’ai ensuite une réunion avec l’équipe de recherche, où nous discutons des prochaines étapes du projet de recherche. Vient l’heure de manger, et je discute (small talk) avec mes collègues. En début d’après-midi, je prépare mes candidatures aux postes de MCF, ma réflexion se porte sur les éléments importants devant être présentés. Ensuite, je dois aller donner cours, en amphi ou en TD. Finalement, je rentre, à nouveau en heure de pointe .

    Dans cet exemple, on voit une série de microdéclencheurs, bien qu’ils soient minimes, qui entament la « barre d’énergie mentale » et sont éprouvants une fois cumulés. Et comme l’indique Florence Demourant dans le podcast Atout et Handicap (https://webapp.audiomeans.fr/e/podcast-mania/atouts-and-handicap-82f6aabd), à la fin de la journée, personne nous félicitera pour avoir survécu jusque-là. Durant les phases de transport, les #stimulations_sensorielles (bruits, essayer de ne pas tomber dans le bus) et la #promiscuité (essayer de ne pas toucher les gens) sont d’autant de microdéclencheurs. Une fois arrivé au bureau, on voit une série d’interruptions, tant sonore (la discussion) que visuelle (l’arrivée d’une personne, le rayon de soleil). On voit également des interruptions dans le fil de pensée (discussions, courriels) dont la remise au travail consomme cette barre d’énergie. Une consommation de l’énergie mentale existe également en faisant un travail de sociabilisation (réunion, discussion de la pause). Finalement, la partie enseignement, est une partie éprouvante, car elle implique de nombreuses compétences : physique, comme parler de manière didactique pendant 1 h à 2 h devant des étudiants et rester intéressant, en assurant le « show » ; sensoriel, en gérant le brouhaha de l’amphithéâtre, de vigilance, pour voir les mains qui se lèvent ; social, en scrutant les visages pour comprendre l’ennui ou l’interrogation. Une fois le travail terminé, il faut pourtant continuer de vivre, et enchainer avec les activités de la vie quotidienne. Lorsque je pars en colloque ou sur le terrain, cela est démultiplié : je dois gérer la sortie de ma routine et de mes repères familiers (couteuse pour le cerveau autistique), la fatigue des transports et du voyage, les imprévus (ils surviennent souvent, notamment avec les retards de train), la concentration nécessaire pour écouter les conférences (la partie la plus intéressante !), puis sociabiliser (souvent en anglais, donc énergivore). Cette énergie mentale utilisée pour survivre à mon environnement, c’est d’autant qui ne sera pas consacrée pour réfléchir, analyser, rédiger : bref, réaliser mon travail pour lequel je suis payé.

    Gérer une barre d’énergie mentale au quotidien : des aménagements pour aider ?

    Tout l’enjeu de l’autisme consiste à gérer cette #barre_d’énergie. Il faut essayer de conserver suffisamment d’énergie pour les tâches « coûteuses ». L’adaptation du poste de travail peut se traduire par la mise en place d’un lieu calme, sans passage, sans distraction potentielle (sonnerie de téléphone, panneau « ne pas déranger »), avec un aménagement concernant l’intensité lumineuse (volets, etc.) par exemple24, se traduisant, de facto, par un bureau individuel. Dans un contexte de tension sur les ressources immobilières à l’université, cela n’est pas forcément envisageable (bien que pouvant imaginer des systèmes de rotation avec d’autres personnes en télétravail). Une alternative serait d’augmenter le recours au télétravail, ce qui permettrait de réduire les stimulations sensorielles et les interruptions, et qui est une pratique de plus en plus répandue depuis la pandémie de Covid (malgré un retour en arrière que l’on peut déployer), ainsi qu’à des horaires « souples » permettant d’éviter les heures de pointe25. Si cela semble évident dans le métier d’enseignant-chercheur, où la liberté d’organisation s’applique généralement, cela n’est pas forcément vrai : par exemple, au CNRS, le télétravail n’est autorisé qu’au bout de 6 mois de contrat, dans une limite de deux jours par semaine. Gageons que, sous la pression de la « génération Z » et de la prise en compte des problématiques organisationnelles (parentalité, etc.), on assiste à une transformation de la culture « présentéiste » pour aller vers plus de souplesse. Dans le cadre de déplacements, on peut considérer cela en mettant en place de « temps calmes » au sein du programme (et tant pis pour le repas de gala !), ou pour les organisateurs de colloques, la mise en place de « pièces de repos » sans stimulis sensoriels26. Cela peut aussi se traduire par l’organisation du travail au quotidien : par exemple, pour éviter le multitasking, épuisant tout le monde au passage, notamment par la multiplication des responsabilités dans le monde académique, j’organise mes journées « en bloc » cohérents, permettant de m’adonner à une tâche sans distraction. Je peux ainsi me consacrer pleinement sur telle ou telle tâche (rédiger, lire, faire de l’administratif ou préparer un cours), et cela me permet de m’organiser en fonction d’activités impondérables énergivores (enseigner, une grosse réunion, etc.), et en réduisant le coût mental de switcher entre différentes activités. Ce sont des aménagements simples, organisationnels, pouvant être utiles à tous, et pouvant être mis en place de manière abordable financièrement.

    Les implicites sociaux

    Concernant les implicites sociaux, le monde académique en est truffé, avec de nombreux non-dits, avec des codes que l’on se doit de maitriser. Désolé de mettre les pieds dans le plat, mais cela contribue, à mon sens, à entretenir un entre-soi. Il permet de distinguer ceux qui connaissent les codes des autres27 : cela va des éléments à mettre sur son CV analytique, la structure d’un article et la manière de répondre à un reviewer, aux stratégies de publication et de carrière. Au-là des éléments structurels de l’académique, l’université est bourrée d’implicites, allant sur certaines procédures administratives (pas forcément écrite, ou différente de ce qui est noté dans le règlement intérieur), certaines responsabilités non formalisées, les jeux de pouvoir au sein des laboratoires avec des conflits interpersonnels, etc. Si personne ne peut servir de mentorat, si aucun guide officiel n’existe (des guides officieux existent pour le CV analytique et les recrutements pour palier un manque), difficile de deviner les règles, et il est facile de voir ceux qui ont pu bénéficier de bons conseils des autres. Je pense qu’il est important d’expliciter ces règles implicites. Cela revient à une réflexion d’organisation systémique du monde académique. D’abord, cela permettrait d’aider les personnes autistes, mais aussi les personnes venant pas des milieux sociaux académiques (donc ceux qui ne sont pas des enfants de), et d’intégrer les enseignants-chercheurs internationaux (n’ayant pas forcément les codes de la culture académique française) en tenant en compte l’interculturalité. Car finalement, ce n’est rien de plus que l’explicitation des codes d’une culture, la culture universitaire, permettant un plus grand accès, cassant la reproduction sociale et une forme de mandarinat (ceux bénéficiant des conseils pertinents de ceux devant se « débrouiller »). De même, l’université est souvent présentée comme une organisation horizontale et «  entre pairs  » et avec une forte place à la discussion, mais est en réalité une organisation avec une hiérarchisation implicite très forte (entre ceux ayant ou non un doctorat, titulaire / contractuel, chercheurs /enseignants-chercheurs / personnel d’appui, recherche « fondamentale » ou recherche « appliquée », ceux sortant de certaines universités « prestigieuses » et ceux d’universités « de proximité », etc.)28, avec souvent des jeux de pouvoir (et d’égo), très importants, pouvant générer des tensions et impacter l’organisation collective d’un laboratoire de fait de mésententes, et conflits29. Là encore, une communication explicite (sans implicite, ni ambigüité ou sous-entendus), assertive et directe permettrait de fluidifier les rapports sociaux et de gagner du temps, tant pour les neurotypiques que pour les autres.

    Conclusion : un changement systémique ?

    Être une personne autiste, dans le monde académique30, n’est pas quelque chose de forcément aisé. Si ces aménagements sont envisageables, malgré un contexte de réduction de moyens du monde académique, je vois cependant un problème de fond : du fait de la pression croissante pour les postes, face à deux candidats avec des profils scientifiques et de compétences similaires, le choix se portera certainement vers la personne non autiste, car certainement perçu comme «  plus performant  ». Cela pose un problème majeur, car cela perpétue une vision stakhanoviste du fonctionnement académique, et plus globalement de notre société capitaliste contemporaine, où on voue un certain culte à la performance, où un « biais de survivant »31 s’observe, où restent ceux qui sont le mieux adaptés aux règles du jeu du système32.

    Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de sortir d’une vision étroite de l’organisation du travail, pour apporter une plus grande souplesse et une plus grande adaptation33, et où, je pense, l’autisme est un véritable atout. En effet, en réglant les problèmes de communication, en rendant plus explicite l’implicite, cela permettrait non seulement d’aider les personnes autistes, mais également d’inclure une plus grande diversité sociale de personnes au sein de l’ESR, permettant de sortir d’un entre soi. L’hypersensibilité permet d’éprouver les limites du système. L’ESR connaît particulièrement ce phénomène, avec une dégradation des conditions de travail34 et les personnes neurotypiques peuvent aussi faire un burn-out : ainsi, les personnes autistes sont les canaris de la mine, permettant de lever une alerte sur des conditions pas forcément tenable à long terme d’un point de vue collectif. Nous devons admettre que l’on ne peut pas se montrer performant tout le temps, que l’on peut vivre des hauts et des bas, et qu’on peut s’adapter pour répondre à cette réalité physiologique : nous sommes des humains, pas des machines. À mon sens, nous devons absolument remettre de la #vulnérabilité au sein de nos organisations, au-delà de l’autisme et du handicap, en sortant de la performance absolue et en embrassant une véritable approche du #care. Enfin, si les intérêts restreints peuvent être reprochés aux personnes autistes, je pense que c’est, au contraire, c’est une force, donnant une capacité à être plus efficace, à voir des choses que d’autres ne voyant pas, à apprécier faire des tâches que d’autres rechignent. Ainsi, nous l’avons vu, pour certaines tâches, être autiste peut être un avantage, notamment dans des tâches d’analyse ou dans une volonté de rechercher le vrai, ce qui est quand même des compétences attendues en recherche… Ainsi, comme j’ai essayé de faire passer comme message dans ce billet, être autiste n’est pas un handicap, mais une autre manière de penser, et parfois de manière très (voir plus efficace) sur un certain nombre de points : ça serait un gâchis humain pour la recherche et le monde académique de ne pas tirer partie de cette force.

    Je pense qu’il est nécessaire, au delà d’un discours performatif convenu et plein de bon sentiments, d’intégrer réellement et concrètement au sein des organisations une certaine diversité. Cette diversité pourrait comprendre une diversité de neurodéveloppement, et de groupes sociaux, que cela soit d’origine sociale, culturelle, ou de diversité de genre et d’orientation sexuelle. Cela permettrait de multiplier les perspectives sur une même problématique, et d’apporter des solutions créatives, originales et pertinentes. Intégrer la diversité, en proposant ainsi des changements contextuels et systémiques, permettrait également de sortir de l’approche pathologisante et individuelle que l’on voit souvent au sein des « missions handicaps » des organisations ou de l’approche d’une « fausse visibilité », souvent symbolique et de façade, des politiques de diversité et d’inclusion35, en adoptant une approche plus politique et plus cohérente avec la visée d’émancipation collective dont se targue certains universitaires. Cela permettrait de proposer une perspective d’amélioration et d’inclusion collective, plutôt qu’une approche de compensation individuelle. Je pense que la prise en compte des besoins des personnes autistes, et des autres minorités qui doivent être inclus dans la recherche, permettrait d’initier des réflexions sur d’autres manières de faire de la recherche, tant dans l’organisation du travail, que des axes de recherche ou des méthodes d’enseignement36.

    –—

    Pour aller plus loin

    Le dépliant « T’as pas l’air autiste » pour lutter contre quelques idées reçues.
    Comprendre l’autisme, Association francophone des femmes autistes, Thérapie autisme, avec un travail de vulgarisation d’articles scientifiques ;
    Guide de survie pour personne non autiste vivant avec une personne autiste par l’AFFA.
    L’émission radio « Le mythe du geek autiste », épisode 1 et épisode 2.
    Le projet Atypie Friendly visant à intégrer la neurodiversité (pas seulement l’autisme) à l’université. Voir également le pendant helvétique, avec Autism&Uni et à l’échelle européenne ;
    Violentomètre autistique ;
    L’émission Regards Autisme : les Irlandais en première ligne
    Le collectif « Universitaires autistes » permettant de partager des expériences entre pair⋅es concerné⋅es. Me contacter pour avoir le lien du Discord.

    En effet, de nombreuses populations sont sous-détectées, notamment les femmes, du fait d’une manifestation différente. Étant donné que l’autisme est un «  spectre  », avec différentes configurations possibles et donc différentes manifestations, cela rend également plus ardu la tâche. Voir cet article montrant les différences. ↩︎

    si vous saviez la difficulté à trouver des outils, pourtant simples, et à un prix correct adaptés aux gauchers : ouvre-boites, ciseaux, etc. ↩︎

    5ᵉ édition du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », édité par l’Association américaine de psychiatrie. ↩︎

    Cette histoire nous apprend que le dosage de certains médicaments a été calibré pour une population d’hommes blancs adultes. On prend maintenant progressivement (enfin !) en compte les particularités des femmes et des populations non occidentales ↩︎

    MILTON, Damian E.M., 2012. On the ontological status of autism : the ‘double empathy problem’. Disability & Society [en ligne]. octobre 2012. Vol. 27, n° 6, pp. 883‑887. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1080/09687599.2012.710008. Disponible à l’adresse : http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09687599.2012.710008 ↩︎

    EDEY, Rosanna, COOK, Jennifer, BREWER, Rebecca, JOHNSON, Mark H., BIRD, Geoffrey et PRESS, Clare, 2016. Interaction takes two : Typical adults exhibit mind-blindness towards those with autism spectrum disorder. Journal of Abnormal Psychology [en ligne]. octobre 2016. Vol. 125, n° 7, pp. 879‑885. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1037/abn0000199. Disponible à l’adresse : https://doi.apa.org/doi/10.1037/abn0000199 ↩︎

    BREWER, Rebecca, BIOTTI, Federica, CATMUR, Caroline, PRESS, Clare, HAPPÉ, Francesca, COOK, Richard et BIRD, Geoffrey, 2016. Can Neurotypical Individuals Read Autistic Facial Expressions  ? Atypical Production of Emotional Facial Expressions in Autism Spectrum Disorders. Autism Research : Official Journal of the International Society for Autism Research. février 2016. Vol. 9, n° 2, pp. 262‑271. DOI 10.1002/aur.1508. ↩︎

    Si j’étais provocateur, je dirais : les neurotypiques ont-ils finalement des problèmes de communication, en ne comprenant pas les autistes ? Un exemple flagrant est qu’un neurotypique va généralement supposer la présence de sous-entendus. Croyez-moi, devoir reformuler chaque phrase pour éviter tout sous-entendu et toute mauvaise interprétation, alors qu’une compréhension littérale suffirait à saisir l’intention initiale du texte, est épuisant. ↩︎

    Et franchement, vous préférez encore une inième discussion sur votre week-end ou la météo, ou un séminaire improvisé sur tel ou tel concept pendant votre pause café  ? J’ai fait mon choix, et étant curieux, je préfère apprendre de nouvelles choses, avoir de nouvelles perspectives, initier de nouvelles lectures, plutôt que de savoir que votre activité du week-end. ↩︎

    Une relectrice, m’indique que ce travail de performation sociale s’inscrit également pour les personnes racisées, et d’autres groupes minorisées, voir notamment l’ouvrage Survivre au taf de Marie Dasylva (2022, éditions Daronnes). ↩︎

    Exemple : dans un contexte où je suis gênée, j’ai tendance à sourire, plus par gêne. Mais pour éviter qu’on pense que je me moque de quelqu’un, je dois réfréner ce sourire. ↩︎

    BARON-COHEN, Simon, ASHWIN, Emma, ASHWIN, Chris, TAVASSOLI, Teresa et CHAKRABARTI, Bhismadev, 2009. Talent in autism : hyper-systemizing, hyper-attention to detail and sensory hypersensitivity. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences. 27 mai 2009. Vol. 364, n° 1522, pp. 1377‑1383. DOI 10.1098/rstb.2008.0337. ↩︎

    FARMER, George D., BARON-COHEN, Simon et SKYLARK, William J., 2017. People With Autism Spectrum Conditions Make More Consistent Decisions. Psychological Science. août 2017. Vol. 28, n° 8, pp. 1067‑1076. DOI 10.1177/0956797617694867. ↩︎

    Certes, je conçois, améliorer les conditions d’abattage n’est pas forcément une bonne chose en soi, dans le sens, où, in fine, les animaux sont abattus pour être mangé, et où la vraie preuve d’humanité serait justement de les laisser vivre. Mais ceci est un autre débat. ↩︎

    Ce qui, malheureusement, pose un certain nombre de problèmes, avec une plus grande prévalence de cas de VSS. À titre d’exemple, 9 femmes autistes sur 10 sont victimes de VSS, contre 1 femme sur trois dans la population générale. ↩︎

    Ce qui peut parfois dérouter dans un contexte social de communication neurotypique où on va parfois chercher à euphémiser ou à recourir à «  des petits mensonges  » afin de fluidifier les relations sociales. ↩︎

    Cette vidéo illustre bien le phénomène. ↩︎

    DEMOURANT, Florence, [sans date]. Burn out autistique [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.therapie-autisme.com/_files/ugd/569338_e7ac5e29b8284d1b96996d4c0b64bd5d.pdf ↩︎

    Exemple : des personnes passant dans la rue en criant, c’est un shoot de cortisol. Une personne passant à l’improviste, un autre shoot. C’est rien, mais cumulé sur une journée, cela fait beaucoup. ↩︎

    On entend plus généralement parler de la « théorie des cuillères », mais dont je trouve moins parlante que la métaphore de la barre d’énergie, me faisant plus penser à un jeu vidéo. ↩︎

    RAYMAKER, Dora M., TEO, Alan R., STECKLER, Nicole A., LENTZ, Brandy, SCHARER, Mirah, DELOS SANTOS, Austin, KAPP, Steven K., HUNTER, Morrigan, JOYCE, Andee et NICOLAIDIS, Christina, 2020. “Having All of Your Internal Resources Exhausted Beyond Measure and Being Left with No Clean-Up Crew” : Defining Autistic Burnout. Autism in Adulthood. 1 juin 2020. Vol. 2, n° 2, pp. 132‑143. DOI 10.1089/aut.2019.0079. ↩︎

    HIGGINS, Julianne M, ARNOLD, Samuel Rc, WEISE, Janelle, PELLICANO, Elizabeth et TROLLOR, Julian N, 2021. Defining autistic burnout through experts by lived experience : Grounded Delphi method investigating #AutisticBurnout. Autism [en ligne]. novembre 2021. Vol. 25, n° 8, pp. 2356‑2369. [Consulté le 1 août 2025]. DOI 10.1177/13623613211019858. Disponible à l’adresse : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613211019858 ↩︎

    La critique n’est pas nouvelle : voir notamment Déconstruire le validisme académique : pour une accessibilité structurelle ↩︎

    C’est pourtant une recommandation standard : voir là, là, là ou là. ↩︎

    Cela peut sembler évident, mais ça ne l’est pas. ↩︎

    De quoi compléter le guide « Pour des colloques inclusifs » ? Cela consiste simplement à prévoir une salle en retrait, loin de l’agitation et du brouhaha du colloque, avec une lumière douce/tamisée au besoin (typiquement : les volets entrouverts). Wikimédia Belgique a initié quelques réflexions sur le sujet. ↩︎

    BOURDIEU, Pierre, 1979. La distinction : critique sociale du jugement. Paris : Éditions de Minuit. Le Sens commun. ISBN 9782707302755. ↩︎

    Voir Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles de Françoise Waquet (CNRS Éditions, 2022) ou DUBOIS, Sébastien, 2016. La stratification dans le monde académique comme ordre statutaire  : une proposition wébérienne : Annales des Mines - Gérer et comprendre [en ligne]. 11 mars 2016. Vol. N° 123, n° 1, pp. 35‑45. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.3917/geco1.123.0035. Disponible à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-gerer-et-comprendre-2016-1-page-35.htm?ref=doi ; ↩︎

    Une illustration d’un propos direct et sans fioriture d’une personne autiste voyant un dysfonctionnement systémique, une incohérence entre l’énoncé et les faits, et cherchant à résoudre sans arrière pensé un problème. ↩︎

    Il manque des études concernant la part de personnes autistes dans l’ESR. J’ai le sentiment qu’il y a malgré tout une certaine neurodiversité, mais en absence d’étude pour quantifier, cela reste un ressenti. ↩︎

    Même si, avouons-le, dans ma position de jeune chercheur, diplômé du doctorat, je suis privilégié, ayant réussi à surmonter les difficultés durant mon parcours scolaire. Heureusement, ces dernières années, apparaissent des initiatives, à l’instar de Atypie Friendly, afin de rendre plus inclusive l’université. Voir également ce billet cet article, parlant du point de vue des étudiant⋅es : MICHAUD, Valérie et GOUPIL, Georgette, 2021. Trouble du spectre de l’autisme et études postsecondaires  : points de vue d’intervenants des services d’aide aux étudiants. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [en ligne]. 3 novembre 2021. Vol. 37, n° 3. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/ripes.3439. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/ripes/3439 . ↩︎

    Et s’il existe des postes pour travailleurs handicapés, avoir accès est un véritable parcours du combattant, encore plus difficile que le parcours «  classique  ». ↩︎

    Voir ce billet, reprenant ce constat : OIRY, Ewan, DELHOUME, Fran et CODELLO, Pénélope, 2025. Neurodivergence au travail, pourquoi une approche strictement médicale ne suffit pas. The Conversation [en ligne]. 3 février 2025. [Consulté le 4 août 2025]. Disponible à l’adresse : http://theconversation.com/neurodivergence-au-travail-pourquoi-une-approche-strictement-medica ↩︎

    À défaut de statistiques, voir Enseignants-chercheurs : un grand corps malade Dominique Glaymann (2025, éditions Le bord de l’eau) ou Comment l’université broie les jeunes chercheurs d’Adele Combes (2022, éditions Autrement) dressant un tableau édifiant de la situation. ↩︎

    Avec le risque de faire du tokénisme, c’est-à-dire que l’inclusion ne soit que symbolique, et pas une volonté réelle de diversification. ↩︎

    DUMONTEIL, Julie, 2022. Enseignants autistes  : l’aboutissement d’un parcours inclusif  ? Éducation et socialisation [en ligne]. 2022. Vol. 65. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/edso.20398. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/edso/20398 ↩︎

    https://justin.missaghiehponcet.eu/carnet/20250804.html

    #autisme #ESR #recherche #université

  • Les Dévalideuses. Le collectif féministe qui démonte les idées reçues sur le handicap



    Face à l’inacceptable invisibilisation des femmes handicapées dans le féminisme, nous nous sommes rassemblées.

    #Handi-féministes, nous portons la parole des #femmes et #minorités_de_genre handicapées.

    Forte, fière, nécessaire.

    Nous nous situons au croisement des luttes contre le #validisme (la discrimination systémique subie par les personnes handicapées (C.Puiseux, Dictionnaire Crip)) et le #sexisme.

    Car les femmes, comme les personnes handicapées, sont considérées comme des groupes naturellement inférieurs (aux hommes / aux valides) et doivent lutter pour obtenir l’#égalité et l’#émancipation.

    Les femmes et minorités de genre handicapées font l’objet, au plus haut degré, des formes de domination qui s’exercent sur toutes les femmes : #infériorisation et #infantilisation ; contrôle du #corps et des comportements ; discriminations sexistes ; privation d’accès à des #droits égaux ; #violences_sexistes, y compris sexuelles, qu’elles soient privées, institutionnelles, médicales, ou économiques.

    Les #oppressions ne se remplacent pas, elles se cumulent et elles se croisent, créant des situations uniques et complexes qui nécessitent toute notre attention. Nous sommes donc également concernées par l’ensemble des luttes liées au genre, à l’orientation sexuelle, à l’origine ethnique, à la religion ou au milieu social.

    Nous serons pédagogues, parfois mordantes, toujours argumentées.

    Nous serons politiques, dans nos propos et dans nos actes, car il s’agit de faire la révolution.

    Nous serons toujours aux côtés de nos pairs, nous devons chérir notre communauté et retrouver la fierté de nos identités.

    https://lesdevalideuses.org
    #idées-reçues #handicap #féminisme #préjugés

  • Royaume-Uni. L’utilisation incontrôlée des technologies et des systèmes d’IA entraîne l’exclusion de personnes en situation de handicap et d’autres catégories marginalisées - Amnesty International
    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/07/uk-governments-unchecked-use-of-tech-and-ai-systems-leading-to-exclusion-of

    Les personnes en situation de #handicap, celles vivant dans la #pauvreté ou ayant de graves problèmes de santé sont laissées dans les limbes bureaucratiques en raison de l’exclusion numérique causée par le déploiement incontrôlé des technologies par le ministère du Travail et des Pensions, indique Amnesty International dans un nouveau rapport publié mercredi 10 juillet.

    Ce document intitulé “Too Much Technology, Not Enough Empathy” révèle que les opérations incessantes d’expérimentation, de déploiement et de retrait de technologies numériques coûteuses, notamment d’outils d’intelligence artificielle (#IA), dans le cadre du crédit universel (UC), de la Prestation pour l’autonomie personnelle (PIP) et d’autres dispositifs menées par le ministère ont rendu le système de sécurité social inaccessible pour les personnes qui sont déjà marginalisées et risquant de tomber dans la pauvreté au Royaume-Uni.

    De nombreuses personnes ayant besoin d’aides sociales n’ont pas accès aux technologies numériques, à Internet ou à des appareils sur lesquels ils peuvent se connecter à Internet. Leur coût, associé aux barrières linguistiques et aux longs temps d’attente pour les services téléphoniques, aboutit à une exclusion de ces personnes des systèmes du ministère.

    « La mission donnée au ministère du Travail et des Pensions de “réduire les coûts” explique la fascination pour des technologies problématiques et le recours excessif à celles-ci. Alors que des gens ont du mal à joindre les deux bouts et à nourrir leur famille en raison des coupes budgétaires de la sécurité sociale, le ministère se préoccupe surtout de surveiller les bénéficiaires à l’aide de technologies expérimentales, a déclaré Imogen Richmond-Bishop, chercheuse sur la technologie et les droits économiques, sociaux et culturels à Amnesty International.

    « L’utilisation exclusive des technologies pour les demandes de prestations et leur gestion entraîne une #déshumanisation incessante et un stress supplémentaire pour des personnes qui luttent déjà pour couvrir leurs besoin de base dans un système défaillant. »

    #malades #exclusion_numérique #sécurité_sociale #surveillance #contrôle #bureaucratie_numérisée

  • Les dispositifs ULIS : abolir mais s’inspirer
    https://www.questionsdeclasses.org/les-dispositifs-ulis-abolir-mais-sinspirer

    Malgré des textes officiels plutôt clairs sur la condition des élèves affectéEs en ULIS, les élèves que j’accompagne en ULIS depuis 15 ans (5 ans en école élémentaire et depuis 10 en lycée professionnel) n’ont jamais été vraiment « des élèves à part entière de l’établissement scolaire » et leur classe de référence n’est jamais « la classe ou la division correspondant approximativement à leur classe d’âge » parce que ces enfants restent des « ULIS » avant d’être des élèves de leur classe d’âge. C’est le cas pour tous les dispositifs ou les classes spécifiques. Quand les élèves les intègrent iels sont étiquetéEs et stigmatiséEs :« les petits d’ULIS » (même quand iels ont 18 ans et font 1,90 mètres), « la classe des migrants », « les SEGPA », « cassos », « teubé », « mongols », « neuneu », « migrants »… Les termes prononcés sont différents selon qu’ils sont prononcés par des élèves ou des personnels mais la stigmatisation est partagée par toute la communauté scolaire.

    Je passe de nombreuses heures chaque année pour informer sur le handicap et les discriminations associées : le harcèlement entre élèves, le déni des besoins et des aménagements en classe ou en entreprise. Mais ces temps ne peuvent rien changer à la réalité des élèves handicapéEs affectéEs en ULIS. Iels ne sont jamais des élèves à part entière dans leurs classes.

    #éducation #pédagogie #ulis #handicap

    • De nombreux patients en psychiatrie seront concernés en raison de la nature « incurable » de leur trouble selon les psychiatres. L’amendement excluant les patients en déficience intellectuelle a été rejeté. L’amendement exigeant de vérifier que le patient fait sa demande de façon libre et éclairée a aussi été rejeté. Le médecin peut être seul juge de cela. L’article 4 dans son intégralité laisse beaucoup de place à la subjectivité.

      De nombreux amendements visant à vérifier l’état mental, le discernement, le consentement mais aussi l’absence de coercition financière ou matérielle du patient ont été rejetés. Cependant le texte actuel ne prévoit rien de suffisant sur ces sujets. Il y a une superposition totale entre les personnes pouvant décider de l’institutionnalisation, et de celles pouvant être consultées par le médecin évaluant la demande d’aide à mourir. Rien ne permet au patient d’avoir accès à une vie en dehors des institutions, ou à des aides à domicile plutôt qu’en hôpital, avant de se voir administrer la substance létale.

      Les contrôles et évaluations de l’aide à mourir se feront a posteriori, donc après les décès. La commission qui en est chargée ne représente pas les patients et les personnes institutionnalisées de façon équitable.

      (...) L’aide à mourir pourra prendre place directement dans les établissements hébergeant des personnes dépendantes, handicapées, âgées, mais aussi des établissements en lien avec le milieu carcéral.

      [...]

      Article 9 paragraphe 4. On est sur un gros morceau, amendement demandé par les lobbyistes de @ADMDFRANCE , qui accusent les anti-validistes d’être des vilains lobbyistes, c’est cocasse… Encore une fois leur demande est acceptée : l’aide à mourir est réputée « mort naturelle ».

      Nous nageons en pleine dystopie, les mots signifient l’inverse de qu’ils signifiaient à la demande de l’État. Non seulement ce projet de loi nous fait quitter le cadre de l’euthanasie pour entrer dans celui du suicide assisté, mais en plus, il faut créer une novlangue assortie : le mot suicide est évincé, et l’administration volontaire d’une substance létale devient une mort naturelle.

      #fin_de_vie #suicide_assisté#euthanasie #maladie #handicap #psychiatrisés

    • Aide à mourir : un projet de loi dangereux dont les dérives sont déjà prévisibles. SNJMG
      https://drive.google.com/file/d/1X6palIkDbrTJtBU3CyyvoESSEvrOaNOC/view?pli=1

      Le débat sur une telle loi aurait pu être imaginé à un autre moment de l’histoire, et dans un contexte où l’assurance de moyens de subsistance et de soins décents serait acquise à long terme pour tous-tes. Malheureusement, il ne l’est pas en France en 2025, alors qu’on observe, et ce de façon encore plus criante depuis 5 ans, un refus inquiétant du progrès en santé, la normalisation des prises de positions eugénistes, validistes et âgistes, l’acceptation de pertes d’un nombre indécent de vies humaines, l’exclusion de l’espace public et la mise en danger de personnes vulnérables et que parallèlement on assiste à la constante régression de nos droits sociaux et à l’effondrement du système de santé public ainsi que des services publics de façon générale. Les discours sur les vies “dignes d’être vécues” se multiplient. Dans ce cadre, légiférer maintenant est en soi déjà inquiétant.

      Car le sujet ne peut être extrait de son contexte, et si l’attitude individualisante consistant à vouloir soi-même le droit de choisir de mourir si les souffrances sont insupportables est tout à fait compréhensible, le contexte social, la pression latente qui s’exerce sur les individus sont des éléments essentiels. Une recherche médicale correctement financée, des conditions de soins et de vie décentes pour tous-tes les malades doivent être un préalable.

  • De la « leçon de vie » à l’abattoir, les existences handicapées au service de la société validiste - Solidaires Informatique
    https://solidairesinformatique.org/2024/11/25/de-la-lecon-de-vie-a-labattoir

    Le 3 octobre dernier, Michel Barnier annonce être « favorable à reprendre le travail » sur le projet de loi sur l’euthanasie des personnes handicapées « là où il a été interrompu » lors de la dissolution de l’Assemblée Nationale.

    Dans la plus grande indifférence, à part la terreur et la colère des personnes directement concernées, ce texte, en cours d’examen au début de l’été, avait été validé lors d’un premier vote ; faisant ainsi consensus dans les partis politiques sans que cela ne pose question.

    La Commission Handicap de Solidaires Informatique est mortifiée de voir ce projet revenir sur le devant de la scène sous les applaudissements satisfaits de personnes valides de tous bords. Car loin d’être simplement motivée par un souci de respect de la dignité, cette loi s’inscrit plus cyniquement dans un projet continu de coupes budgétaires à la santé : suppression de l’AME (Aide Médicale d’État), fermetures de services entiers, accueil et structures indignes, discriminations et maltraitances, etc.

    Sur l’ensemble des territoires français, l’accès aux soins est de plus en plus difficile, mettant prioritairement en péril les personnes précaires malades ou handicapées.

    Au-delà de ce constat dramatique, n’oublions pas que la participation à la vie en société constitue une lutte permanente pour chaque personne handicapée… Quand elle ne tient pas de l’impossible, qu’il s’agisse de logement, déplacements, courses, culture, de travail et même d’accès aux espaces militants.

    Dans ce contexte, l’enthousiasme généralisé pour cette loi d’euthanasie est abject.

    Trouver un médecin traitant ou spécialiste relève du luxe pour nombre d’entre nous : les personnes pour qui un suivi médical assidu est une condition sine qua non de survie sont d’ores et déjà en danger.

    • Ce qu’on a vu ailleurs où c’est autorisé, c’est que le recours à l’aide à mourir est le fait de personnes plutôt plus aisées et âgées que la moyenne et qui très majoritairement souffrent d’une pathologie incurable du style cancer ou maladie neurologique. Et on se retrouve ici avec une alliance plus qu’improbable de curetons, de réacs divers (Retailleau en tête et toute la clique de la manif pour tous) et de gens de gauche pour combattre ça... Y a comme un problème à mes yeux.

    • Oui, je connais une dame âgée qui a fait mentionner dans son testament son intention de vouloir une « mort digne » ... en Suisse. Heureusement pour elle, elle a les moyens de financer « l’opération ».
      Maintenant j’ai quand même un mauvais pressentiment. Un peu comme si on disait aux familles modestes ; "Vous voyez bien, le service public d’éducation est complètement « failed ». Mais ne vous inquiétez pas, on va vous aider financièrement à scolariser vos enfants à Bétharram".

    • Je comprends pas trop la comparaison avec l’éducation nationale (en fait c’est déjà exactement ce qu’ils font que de pousser les gens dans le privé). La comparaison que j’ai en tête, c’est comme si on avait milité contre le mariage homo sous prétexte que le gouvernement ne faisait pas grand chose contre l’homophobie. Finalement, l’homophobie n’a pas spécialement reculé mais y a un droit en plus pour les homosexuel⋅l⋅es et ça c’est bien, même si c’était aussi un coup politique de Hollande pour cacher toutes ses mesures anti-sociales.
      Là ça milite contre l’aide à mourir sous prétexte que le système de santé est détruit méthodiquement et de plus en plus défaillant. Mais en fait, le système de santé va continuer à être détruit méthodiquement, loi ou pas, tant qu’on aura pas viré les gus au pouvoir. Et bien sûr que c’est aussi un coup politique des macronistes que de faire du « sociétal » pour masquer leur indigence sur les autres sujets par ailleurs.

    • Je pense que tu as toi même répondu au problème que tu soulèves lorsque tu parles de comparaison. Sinon, pour « l’aide à mourir », les services de soins palliatifs pratiquent déjà la sédation profonde lorsque la personne malade est « en fin de vie ». Encore faut-il que les malades y aient accès. Alors, à quoi vont servir les dispositions de cette nouvelle loi ?

    • @sombre la perspective de finir en sédation profonde n’enchante réellement personne, car avant d’en arriver à cette fameuse sédation, on passe par des étapes rarement plaisantes. Je comprends parfaitement qu’on n’ait pas envie de terminer de façon anticipée sa vie mais on est un paquet de monde à penser que finir dans un mouroir n’est pas très émoustillant. On sait très bien que tout cela est hypocrite et que les plus aisé⋅e⋅s vont en Suisse ou ailleurs, là où c’est autorisé, plutôt que d’atteindre le stade coincé dans un lit en état végétatif. Pour les autres c’est donc soit les piqûres pour dormir, soit le suicide à l’arrache (avec les risques de se louper, j’en connais une à qui s’est arrivé, une défenestration ratée, et son calvaire a duré 3 ou 4 mois de plus, dans un état encore bien pire et elle n’était plus en état physique de pouvoir le refaire, car tétraplégique, donc une vraie torture mentale en supplément).

  • « Accessibilité des logements : 675 000 citoyens ne peuvent pas sortir de chez eux ! »

    On ne peut concevoir de dignité humaine sans l’accès au logement. Pourtant, en France, des milliers de personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie sont privées d’un logement adapté, ce qui constitue une atteinte à leurs droits fondamentaux. Une personne en situation de handicap sur deux rencontre des difficultés d’accès au logement. 675 000 de nos concitoyens ne parviennent pas à sortir seuls de chez eux, et 300 000 avec beaucoup de difficultés, ce qui les contraint à des conditions de vie indignes. En 2023, le Comité des droits sociaux du Conseil de l’Europe a condamné la France pour ces multiples atteintes aux droits des personnes handicapées.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/02/15/monsieur-le-ministre-du-logement-refusez-toute-mesure-qui-signerait-la-suppression-de-la-loi-sru/#comment-66132

    #logement #handicap

  • #Autismes, les combats d’une vie

    Par Jérôme Sandlarz. LSD nous plonge dans le quotidien chaotique de familles aux prises avec l’autisme. À leurs côtés, soignants, éducateurs et chercheurs nous éclairent sur l’histoire de ce #handicap, ses prises en charge et l’état actuel des connaissances scientifiques.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-autismes-les-combats-d-une-vie
    #autisme #podcast #audio #enfance #adultes #école #adolescence #inclusion_scolaire