#houria_bouteldja

  • « Gilets jaunes » : « Pour la gauche, l’antifascisme ne doit pas être une option », Sarah Kilani, médecin hospitalier, militante écologiste et membre du Comité Syrie-Europe après Alep ; Thomas Moreau, urbaniste, militant antifasciste, communiste libertaire et membre du collectif Agitations autonomes.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/15/sarah-kilani-et-thomas-moreau-l-antifascisme-n-est-pas-une-option_5398007_32

    Si la gauche peut appuyer le pôle progressiste des « #gilets_jaunes », elle se doit de critiquer ses éléments d’extrême droite, estiment deux militants écologiste et antifasciste dans une tribune au « Monde ».

    Tribune. N’émergeant pas directement des formes traditionnelles de contestation, le mouvement des « gilets jaunes » déboussole la gauche. Entre soutien inconditionnel et mépris affiché, toutes les positions envers la mobilisation se déclinent. Chacun accole sa #grille_de_lecture, s’appuyant sur les éléments fascisants (agressions homophobes, racistes, complotisme à propos du traité de Marrakech…) ou sur les #blocages efficaces (Amazon, dépôts pétroliers, le fabricant de lacrymogène Alsetex) pour valider sa thèse. Et pour cause : le mouvement est labile, changeant selon les espaces géographiques et sociologiques, variant d’un barrage à l’autre, d’un jour sur l’autre. Il a aussi sa dynamique interne.

    D’interclassiste, il évolue de plus en plus vers des bases prolétariennes par l’implication de militants de gauche, de #syndicalistes, du comité pour Adama [association créée après la mort d’Adama Traoré, lors de son interpellation en 2016 par les gendarmes du Val-d’Oise]. Face à ce phénomène protéiforme de colère sociale fourre-tout dont la nature réelle reste difficile à définir, mais justifiée par les bas salaires, le creusement des inégalités et, aussi, la crise institutionnelle instaurée par un exécutif qui a longtemps méprisé les corps intermédiaires et les classes subalternes, il est plus que légitime que la #gauche se soit posé la question de sa participation. Celle-ci se doit cependant dans tous les cas de rester d’une très grande fermeté à l’égard de l’extrême droite et des revendications qui lui sont propres.

    Très souvent décriés par cette gauche, ce sont pourtant les antifascistes qui ont avant tout évacué du mouvement, à plusieurs reprises, des militants fascisants, pendant que d’autres ont choisi une complaisance silencieuse devenue douteuse ; voire énoncent la possibilité de nouer des alliances sur le terrain avec eux. Ainsi, #Eric_Hazan dans un entretien à Mediapart, le 7 décembre, affirmait que la présence de l’extrême droite « ne [le] gênait pas », et de poursuivre « les ennemis de mes ennemis ne sont pas vraiment mes amis, mais un peu quand même ».

    Discours conciliant

    On peut s’étonner qu’une telle déclaration ne fasse pas un tollé général et qu’elle soit passée relativement inaperçue. La Ve République et ses structures économiques ont beau évoluer apparemment inexorablement vers un étatisme autoritaire et une dé-démocratisation, nous ne pouvons faire preuve d’un tel relativisme et affirmer qu’elle est un ennemi équivalent ou voire plus fondamental que l’extrême droite. La normalisation de ce discours conciliant avec les diverses expressions racistes n’est-elle pas la preuve d’une crise des représentations politiques de la gauche et de l’anticapitalisme ?

    Derrière le signifiant vide du gilet jaune se mobilisant contre la figure repoussoir d’Emmanuel Macron, on retrouve certes des militants habituels qui, face aux échecs politiques et syndicaux accumulés de ces dernières années, cèdent aux sirènes du « mouvementisme » et du « bougisme » aveugles à la première mobilisation collective venue sous prétexte qu’il se passe « quelque chose ». Mais c’est bien par ailleurs l’hégémonie du mythe populiste – populisme « dégagiste » fantasmant un peuple capable de s’unir malgré ses divergences pour renverser les élites — comme moteur de complaisance qu’il faut remettre en question.

    Une bonne partie de la gauche est passée avec armes et bagages de la théorie critique, de l’analyse des structures et de la stratégie de la #lutte_des_classes dans le camp du populisme, ayant comme stratégie politique et discursive l’opposition d’« un peuple » naturalisé (demos ou ethnos) contre les parasites du haut (les banques, l’élite), mais aussi parfois du bas (les assistés, les immigrés d’aujourd’hui et d’hier) « profitant de la redistribution ». Ce discours devenu hégémonique, imposant de taire les désaccords, considérés dès lors comme secondaires, entre les composantes du « peuple » – notamment sur les questions du racisme, de l’immigration, du féminisme et de l’homophobie – au nom de l’union stratégique, semble mettre en échec désormais le seul rempart qui permettait jusque-là d’éviter que « les extrêmes se rejoignent » : l’antifascisme.

    Critique intransigeante

    Ce refus du collectif pour ce rassemblement d’individus nus face à l’Etat et son appareil répressif, tout comme l’oscillation constante entre « révolution nationale » et sociale sont à combattre. L’implication du mouvement social semble changer actuellement : le centre de gravité des « gilets jaunes » évolue avec, peut-être, à la clé, un retour d’une base classiste organisée contre celle d’un populisme de gauche confus (type Mouvement 5 Etoiles) ; une logique d’action directe de blocage de la production et de la distribution l’emportant sur celle de la représentation.

    Si une partie de la gauche veut appuyer le pôle progressiste de ce mouvement, elle ne peut en aucun cas se passer de formuler une critique intransigeante de ce qu’il contient de revendications nationalistes et d’éléments d’extrême droite. Pour cela, il faut donc en terminer avec le dangereux mythe populiste, ennemi fondamental et historique de l’indispensable antifascisme. Car ici, l’ennemi de mon ennemi ne saurait en aucun cas, en aucune circonstance, être mon ami. Si tant est que l’extrême droite soit vraiment l’ennemi du capitalisme et de la dé-démocratisation, rien n’étant moins sûr. Pour beaucoup d’acteurs associatifs, syndicaux, politiques, institutionnels, nous sommes à la croisée des chemins : union des populismes ou union des énergies anticapitalistes, barbarie ou socialisme.

    • Ce serait bien que le monde définisse ce qu’est pour lui la gauche.

      #Lille la ville de #martine_aubry (gauche).

      Vendredi soir, froid de canard, pluies verglaçantes. Des trains bloqués, 100 000 foyers sans électricité.
      Les #SDF restent dehors, le plan grand froid n’a pas encore été initialisé par la ville, entre autres. Echange de balles avec la préfecture, pour passer le temps.
      La ville de Lille consacre toutes ses ressources financières à l’élection de #Miss_France.

      Ecologie, toujours à Lille, c’est la guerre contre les opposants à la bétonisation. Guerre violente.

      gauche dans le gouvernement macron, combien de ministres anciennement ou toujours #PS ?

      On aurait bien besoin de médecin hospitalier dans le département, et de militants écologistes dans la métropole.

      Drôles de zigs, celles et ceux qui publient des lettres ouvertes dans l’#immonde, surtout quand ils veulent sauver la #gauche caviar qui s’engraisse, omniprésente.

  • https://offensivesonore.blogspot.com/2018/07/cartographie-de-lislamo-gauchisme.html

    Cartographie de l’Islamo-Gauchisme

    Emission du 20 juillet 2018, nous recevons @lieuxcommuns pour parler une nouvelle fois de l’islamo-gauchisme avec la sortie d’une infographie qui permet de visibiliser cette mouvance. Le phénomène islamo-gauchiste semble paradoxal : une partie de la gauche et de l’extrême-gauche soutiennent l’extrême-droite musulmane. C’est pourtant la convergence construite entre les héritiers des totalitarismes marxistes et la montée du totalitarisme islamique. Ils en reprennent méthodes de propagande, schémas victimaires, idéologies complotistes, certitude d’être dans le Sens de l’Histoire, volonté d’instaurer le Bien sur Terre en luttant contre le Mal, par tous les moyens...

    #audio #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #islamismes #islamogauchisme #islamophobie #islam #gauchisme #religion#complaisance #paternalisme #lieux_commun #urss #postmodernisme #Islam #Politique #Religion #Houria_Bouteldja #Daniel_Obono #Edwy_Plenel #ccif #Alain_Soral #Rokaya_Diallo #Médine #Tariq_Ramadan #lamanifpourtous #extrème-droite #musulmans

  • Cartographie de l’islamo-gauchisme en France (Version I)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/920-cartographie-de-l-islamo-gauchisme

    Cette cartographie de l’islamo-gauchisme en France (inspirée de la cartographie de l’extrême-droite) s’appuie sur nos travaux antérieurs sur l’accointance entre la Gauche et l’islam. Parmi tous les textes de ce site inscrits sous le mot-clef « Islamogauchisme », on lira notamment : Ce que nous appelons extrême droite (tract) Sur les racines de l’islamo-gauchisme (exposé) « Il y a des affinités anthropologiques très profondes entre un gauchiste et un musulman » (entretien) Islamisme, totalitarisme, (...)

    Cartographie de l’islamo-gauchisme en France

    / Lieux Communs , Politique , Islamogauchisme , Islam , Gauchisme , Extrêmes-droites , (...)

    #Cartographie_de_l'islamo-gauchisme_en_France
    #Lieux_Communs
    #Politique
    #Islamogauchisme
    #Islam
    #Gauchisme
    #Extrêmes-droites
    #Totalitarisme

    https://collectiflieuxcommuns.fr/IMG/pdf/cartigdocbrut.pdf

  • How the Tariq Ramadan Scandal Derailed the #Balancetonporc Movement in France
    https://www.newyorker.com/news/news-desk/how-the-tariq-ramadan-scandal-derailed-the-balancetonporc-movement-in-fra

    oon after the #MeToo movement formed in the United States, in response to the Harvey Weinstein scandal, #balancetonporc (“expose your pig”) erupted in France. The effect has been an unprecedented blow to what Sabrina Kassa has described, in Mediapart, as the “patriarchal belly” of a country where harassment and other sexual crimes have often been concealed, or explained away, by a Gallic rhetoric of flirtation and libertinism. In 2008, Dominique Strauss-Kahn, who was the managing director of the International Monetary Fund, was subjected to an internal I.M.F. inquiry over allegedly coercing a subordinate to have sex with him. Although he apologized for his “error of judgment,” he was celebrated in the French press as “the Great Seducer.” Had he not been arrested in New York, in 2011, on charges (which were eventually dropped) of assaulting Nafissatou Diallo, a maid, in the presidential suite of the Sofitel Hotel, Strauss-Kahn, a powerful figure in the Socialist Party, might have been elected President of France in 2012.
    The #balancetonporc movement has exposed prominent men in business, entertainment, and media, but the most high-profile scandal has been that surrounding Tariq Ramadan, an Islamic scholar and activist whom several women have accused of rape and sexual abuse. (Ramadan has denied all allegations.) Ramadan has been a controversial figure in France for more than two decades—a kind of projection screen, or Rorschach test, for national anxieties about the “Muslim question.” Like Strauss-Kahn, he has often been depicted as a seducer, but the description has not been meant as a compliment: he has long been accused of casting a dangerous spell on younger members of France’s Muslim population, thereby undermining their acceptance of French norms, particularly those pertaining to secularism, gender, and sexuality.
    Born in 1962, in Switzerland, Ramadan is the son of Said Ramadan, an exiled Egyptian Muslim Brotherhood leader who was the son-in-law of Hassan al-Banna, the founder of the Muslim Brotherhood. Tariq Ramadan, who is not a member of the Brotherhood, is nonetheless a religious conservative—a “Salafi reformist,” in his words—who has long preached the virtues of female “modesty” in dress and sexual comportment. (His brother Hani Ramadan, the head of the Islamic Center in Geneva, is notorious for his support for stoning female adulterers, his hatred of homosexuals, and his belief that the attacks of 9/11 were a Western conspiracy.)

    • Franchement vu l’extrait ci dessus, je me disais que ça allait encore être un article de merde. Mais en fait c’est beaucoup plus critique que le début de l’article peut le laisser paraître.
      Quelques extraits dont une petite mise au point sur Valls :

      Valls had never before expressed much concern for the victims of sex crimes by powerful men. In fact, he had deplored the “unbearable cruelty” of Strauss-Kahn’s arrest in New York. (A few members of the Socialist Party, including Strauss-Kahn himself, claimed that he was a victim of a plot engineered by President Sarkozy, who saw Strauss-Kahn as a threat to his reëlection. Sarkozy denied the allegations.)

      ou :

      In recent years, Muslims in France have discovered that it is not enough to respect France’s laws: to truly belong to France, they must denounce bad Muslims, praise Charlie, and make other shows of loyalty, just as their ancestors in colonial North and West Africa learned to honor “our ancestors, the Gauls.” The more French they have become, the more their French-ness, their ability to “assimilate,” seems to be in question, which has deepened their sense of estrangement. Muslim organizations and institutions have largely refrained from commenting on the Ramadan scandal—a silence that, for some, has been an expression of solidarity with a fellow-Muslim who has long been vilified in France. Others who have been asked to comment publicly on the Ramadan affair have chosen to remain quiet as a result of their discomfort, or perhaps irritation, at being summoned to pass yet another litmus test to prove their worth as citizens, or at the “Islamization” of the affair, in which Ramadan is either viewed as a victim of an anti-Muslim conspiracy or as a symbol of Muslim sexual violence.

      et la meilleure pour la fin que je ne peux m’empêcher de traduire grossièrement :

      While most of the commentators on the Ramadan Affair have been—as tends to be the case with conversations about Islam, laïcité, and terrorism in France—white and male, some of the most important insights on the scandal have come from those Muslim feminists…

      « Alors que la plupart des commentateurs sur l’affaire Ramadan sont — comme cela a tendance à être le cas des conversations au sujet de l’islam, la laïcité et le terrorisme en France — des hommes blancs, les analyses les plus pertinentes sur le scandale ont été émises par les féministes musulmanes… »
      Difficile de rendre l’effet de surenchérissement « white and male » et l’ironie : blancs et masculins.

    • Oui mais on s’en fout que lui soit blanc, il commente surtout en tant qu’étranger avec un regard extérieur, c’est son statut. À LMSI parfois il y a de bons articles, je vois pas ce qu’il y a de choquant et Houria Bouteldja elle est citée comme à chaque fois qu’il y a un article sur un sujet qui traite d’1 affaire médiatique où il y a un arabe dedans. C’est vrai que sur ce coup là il aurait pu s’en passer mais on va pas trop lui en demander.
      Quant aux féministes musulmanes ce ne sont pas de ces personnes dont il parle et d’ailleurs Houria Bouteldja ne se revendique absolument pas comme féministe ou alors faut me citer une phrase précise. Et je ne pense pas que qui que ce soit la considère comme féministe ou faut m’expliquer pourquoi.
      Le circuit fermé des universitaires est quoi qu’il en soit une réalité indéniable !

    • @ninachani oui, sauf que se présenter comme « un regards extérieur » alors qui est plus impliqué* dans le débats que la plupart des français voir des militants c’est faire preuve malhonnêteté.

      D’autant que l’article prend clairement parti contre Valls en ridiculisant les « laïcistes » qui serait tous démago et raciste car refusant le concept d’islamophobie.

      Cela dit en relisant je serais plus nuancé en effet il ne met pas Boutelja dans les « féminismes musulmanes » (d’ailleurs on ne sait pas trop si il fait il référence à quelque choses d’existants ; des femmes comme Lallab mettant en avant leurs religions ou des féministes issues de l’immigration).

      [Désolé c’est du google trad]
      "Comme l’explique Joan Wallach Scott dans son nouveau livre, "Sex and Secularism", l’idée du patriarche musulman répressif et pourtant ludique a longtemps servi à détourner l’attention de la discrimination de la société française contre les femmes [...] Ces dernières années, les musulmans en France ont découvert qu’il ne suffit pas de respecter les lois de la France : pour appartenir véritablement à la France, ils doivent dénoncer les mauvais musulmans, féliciter Charlie. [...] tout comme leurs ancêtres dans l’Afrique coloniale du Nord et de l’Ouest ont appris à honorer « nos ancêtres, les Gaulois ». Plus ils sont français, plus leur françaisité, leur capacité à « assimiler » semble être en question, ce qui a approfondi leur sens de l’aliénation."

      "Mais les groupes d’activistes anti-racisme dans lequel ces femmes travaillaient avaient choisi d’ignorer les violences sexuelles perpétrées par des hommes « indigènes » par crainte d’attiser l’islamophobie française. Il n’est pas surprenant que des femmes musulmanes comme Henda Ayari se tournent vers des écrivains comme Caroline Fourest".

      J’ai comme même l’impression que les « féministes universalistes » n’existe pas dans son analyse, quand à la critique de la religion on en parle même pas.

      * Voir ses interventions une de ses intervention dans le débats :
      http://213-info.com/lettre-dun-journaliste-americain-adam-shatz-a-kamel-daoud

    • "Laïcisme est un terme péjoratif, utilisé pour fustiger des mesures extrêmes, prises par certains fervents partisans de la laïcité, contre la présence de certaines visibilités ou exigences religieuses dans la sphère publique"
      On peut raisonnablement dire que les « laïcistes » sont tous démagos et racistes.
      Merci pour votre intervention le reste étant de la meme eau.

    • @aktivulo1 les féministes universalistes WTF !!!!! tu veux dire les féministes qui pensent comme universel le fait d’être blanche, athée, occidentale et pour qui en dehors de Badinter et Fourest il n’y a point de salut ? L’universel qui a servi d’argument à la conquête coloniale ?
      « Prendre parti contre Valls » : je ne vois pas comment on peut faire autrement sans se décrédibiliser immédiatement. En tout prendre parti pour Valls a pour effet de se positionner très clairement du côté de la parole raciste.
      Sinon pour ta gouverne, les féministes musulmanes ce sont des femmes qui se reconnaissent dans le féminisme et qui sont de religion musulmane. C’est pas plus compliqué que ça, même si tu en parles comme du yéti : on en parle mais on ne l’a jamais vu… mystère peut-être n’existe t-il pas lol
      Enfin la critique de la religion, je ne vois ABSOLUMENT pas ce qu’elle aurait à faire ici. L’article parle de Ramadan pas de l’islam.

    • @ninachani

      Je pensais plus avoir utilisé un pléonasme qu’un gros mot. Par « féministes universalistes », je parlais d’un mouvement vaste et international avec des tendances différentes et parfois contradictoires ça ne peut pas se résumé à C. Fourest et I. Bandinter. Je pense que la tendance LMSI, Marche de la dignité est encore minoritaire chez les féministes.

      « L’article parle de Ramadan pas de l’islam. »

      Heu, sérieusement ? Mais l’article parle d’un prédicateur et Islamologue, de l’islamophobie, des féministes musulmanes, du mythe de l’homme musulman.

      C’est toute le délire actuel.

      On fait entrer insidieusement la religion dans le débat sans pouvoir en parler. Imaginons un article de fond sur les curées pédophiles, qui ne parlerais pas de pudibonderie propre à l’église catholique.

    • Les curés pédophiles sont couverts par la hiérarchie ecclésiastique, entité qui n’existe pas en Islam. L’islam n’a pas de clergé, en tout cas c’est très clair pour l’islam sunnite auquel appartient Ramadan donc il ne représente que lui même.
      L’article parle de musulmans justement pour contrer le type de discours que tu développes, c’est très bien présenté à la fin de l’article en ramenant Ramadan a sa dimension foncièrement masculine. Les viols sont des outils de domination utilisés par les hommes globalement, pas par les musulmans spécifiquement. Donc chaque homme qu’il soit musulman, athée, juif, bouddhiste etc a sa propre réflexion à mener sur la façon dont il relaie le patriarcat ou pas. Mais c’est sûr que du coup ça a des conséquences plus gênantes que si on réduit tout ça à un problème de musulmans, surtout quand on ne l’est pas n’est ce pas @aktivulo1 ?
      Lallab a fortement déploré que les médias leur aient demandé leur avis au sujet de Ramadan mais jamais auparavant au sujet du mouvement #balance ton porc comme si elles n’étaient concernées que par le fait qu’elles soient musulmanes et non pas par le problème global des violences faites aux femmes.

    • Après j’arrête.

      Mais c’est sûr que du coup ça a des conséquences plus gênantes que si on réduit tout ça à un problème de musulmans, surtout quand on ne l’est pas n’est ce pas @aktivulo1 ?

      Honnêtement je n’ai pas compris. Je ne suis athée, si c’est la question : donc ? Qui réduit le problème à un problème de musulmans, quelle sont les conséquences pour qui ?

      « L’islam n’a pas de clergé [...] Ramadan donc il ne représente que lui même. »

      Je parlais de la soumission qu’induit l’idéologie de la religion sur le respect de la femme. Et aussi de l’emprise sectaire, et de la culture du secret des religions en général. L’islam n’a pas de clergé mais à des organisations et des réseaux de pouvoir. Et puis c’est relativement pratique avant quand on attaquais T. Ramadan on était « islamophobe » quand il n’est plus fréquentable : il ne représente que lui. Face tu perds, pile je gagne.

    • C’est bien ce que je disais, tu insinues qu’un croyant aura moins de respect pour les femmes. Je ne vois pas ce qui peut te permettre de dire cela. Les violences envers les femmes traversent toutes les strates de la société que ce soit en terme de différences culturelles, cultuelles, sociales, les études le montrent. Par contre, forcément quelqu’un qui est dans une situation de pouvoir a forcément plus de moyens de soumettre les autres et donc à plus forte raison les femmes, et ça n’a rien à voir avec la religion. Le pouvoir de Weinstein il le tirait de sa position d’hégémonie dans le cinéma, le pouvoir de Marchal-Beck de sa position de pouvoir au sein des MJS, le pouvoir de Ramadan de son statut de théologien fortement médiatisé.
      Quand on attaque Ramadan avec des arguments islamophobe on est islamophobe. Pour moi Ramadan c’est un bourgeois réactionnaire qui est dans une déférence vis à vis du pouvoir institutionnel et ça par exemple ce n’est pas islamophobe. Bon maintenant on sait qu’en plus c’est un violeur et ça non plus ce n’est pas islamophobe de le dire.
      Quant aux athées, ils ne sont pas moins susceptibles de violer, frapper ou harceler les femmes que les musulmans ou autres croyants.

    • @ninachani

      C’est bien ce que je disais, tu insinues qu’un croyant aura moins de respect pour les femmes. Je ne vois pas ce qui peut te permettre de dire cela.

      Moi je ne voie pas comment tu peux le nier. Ce n’est même pas une question de respect c’est une question de reconnaissance à l’égalité.

      Les principales religions monothéiste Judaïsme, Christianisme et Islam considère la femme comme inférieur. Aie-je besoin de citer les textes à charge ?

      Si tu penses que la culture influe sur les comportements. Pourquoi la religion qui est un programme de conduite moral serait en dehors de ça. Je ne dit que c’est le seul problème, mais c’est un des problèmes.

    • @aktivulo1 Tu ne vois pas comment je peux nier qu’un croyant a moins de respect qu’un athée pour les femmes ? Je trouve ta remarque assez incroyable. Je pense que notre échange va s’arrêter là parce que nous sommes sur des positions trop éloignées, ça n’a aucun intérêt.
      Malgré cela, pour terminer, si on prend les violences faites aux femmes (le sujet ici) les croyants n’en sont pas plus auteurs que les non croyants. J’ai utilisé le mot respect parce que c’est toi qui avait parlé de « respect pour les femmes », moi je n’ai pas pour habitude d’utiliser ce terme, il ne veut pas dire grand chose.
      En réponse à mon affirmation, que j’avais déjà énoncée au-dessus, toi tu me parles théologie et analyse des textes religieux ce qui n’est pas le propos ici. On parle de violences faites aux femmes et, je le répète, le fait d’être croyant n’est pas un critère qui accentue la violence des hommes dans les enquêtes.
      Et juste pour info, pour un croyant la religion n’est pas un programme de conduite morale comme tu dis, c’est beaucoup plus que cela. Tu abordes la religion comme l’athée que tu es, ce qui est normal puisque tu n’as pas vécu l’expérience de la transcendance.

    • @ninachani

      « nous sommes sur des positions trop éloignées, ça n’a aucun intérêt » Oui, on est d’accord sur ça. Quoi que pour moi c’est plus sur la volonté de discuter et de se comprendre (ça tourne en rond).

      le fait d’être croyant n’est pas un critère qui accentue la violence des hommes dans les enquêtes.

      A quelles enquêtes fait tu références ?

    • Pour illustrer le point de vue d’@aktivulo1 :
      L’ahurissante apologie catholique de la virilité masculine
      https://blogs.mediapart.fr/yvon-quiniou/blog/291216/lahurissante-apologie-catholique-de-la-virilite-masculine

      Ce qui suit part d’un longue page du Monde qui nous apprend que des catholiques « veulent rendre à l’Eglise sa virilité » (23 décembre, p. 9) Je dis que cela est ahurissant, mais je pourrais dire scandaleux vu l’argumentaire qui soutient cette prise de position. Elle s’illustre par des faits avérés : des pratiquants, prêtres ou laïcs, tous militants de la foi telle qu’ils la conçoivent, se réunissent et organisent avec succès des stages entre hommes destinés à rendre leur fierté à ceux-ci dans une Eglise qui se serait trop féminisée, dans ses paroles et ses actes. Or que nous disent-ils ? Que l’homme n’est pas la femme (bien qu’ils soient égaux : ouf !), qu’il contient en lui un potentiel de violence guerrière qui doit être valorisé, cultivé et doit s’exprimer. Je cite « Il a besoin de se battre (…) d’un lieu où le guerrier qui est en lui peut reprendre vie ». Ou encore : les hommes doivent assumer les « désirs profonds, spécifiquement masculins, que sont l’aventure à vivre, le combat à mener et la belle à conquérir ». On croirait lire du Nietzsche avec son apologie éthique de la force et son mépris de la femme… sauf qu’il était rigoureusement athée, ayant annoncé « la mort de Dieu » et qu’il combattait vigoureusement les religions ! On y trouve même, chez certains, l’affirmation sans retenue qu’« il y a une animalité en l’homme qui le pousse à aller vers l’extérieur », autre idée nietzschéenne qui refusait toute idée d’« esprit » comme mystificatrice et mettait l’accent sur l’origine animale de l’homme et la persistance de cette origine en lui .

    • @marielle c’est complètement hors sujet ce truc, c’est fatiguant de manquer de rigueur comme ça dans une discussion. Le sujet concerne les violences faites aux femmes, je répète 100 fois que le fait d’être croyant n’est pas un critère qui accentue les probabilités de violences faites aux femmes, ou dit autrement, un homme croyant n’a pas plus de propension à être violent vis à vis des femmes qu’un non croyant et vous vous entêtez à parler soit des textes religieux soit ici des illuminations virilistes d’un groupe de catholiques. Vous essayez de prouver quoi en fait ? Moi je vais vous sortir les règlements des cercles bourgeois privés interdits aux femmes ou un florilège des pensées de comptoir dans les bars prolos et ça prouvera quoi ? Le sexisme est transversal à toute la société dépassant les clivages de culture et de classe, c’est d’ailleurs en ça que la société est patriarcale.
      Quant aux études ce sont tout bonnement les enquêtes sociologiques qui étudient la question depuis de nombreuses années et grâce auxquelles on peut aussi ne pas parler dans le vide sur ce sujet ou pas uniquement en citant un amoncellement de faits ou d’exemples sans analyse.
      Je vous laisse entre grands penseurs et penseuses. Ciao !

    • Je suis parfaitement d’accord avec vous.
      Vous êtes entièrement libre de croire. J’ai perdu la foi depuis longtemps !
      Pardonnez moi pour le « hors sujet » et permettez moi d’adhérer à cette pensée :

      Pour avoir baigné dans le puritanisme catholique pendant toute mon enfance et avoir eu un mal fou à me libérer de ce carcan moralisateur entraînant un sentiment de culpabilité énorme quand je n’étais pas une bonne mère ou une bonne épouse, je voudrais faire mienne la parole d’Emma Goldman qui écrivait en 1906 : « Il est de toute nécessité que la femme retienne cette leçon : que sa liberté s’étendra jusqu’où s’étend son pouvoir de se libérer elle-même. Il est donc mille fois plus important pour elle de commencer par sa régénération intérieure ; de laisser tomber le fait des préjugés, des traditions, des coutumes. » (cf. « La tragédie de l’émancipation féminine », Emma Goldman 1906, traduit par E. Armand (1914), p. 185, « Lutte des sexes, lutte des classes », éditions Agone).

      Autrement écrit : « Ni dieu, ni maître, ni ordre moral ! »

  • Bouteldja, « une sœur » qui vous veut du bien (par Lala Mliha)
    https://infokiosques.net/spip.php?article1469

    Écrit en réponse au livre d’Houria Bouteldja Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire et à la tribune publiée dans Le Monde le 19 juin 2017, ce texte expose en quoi « le projet de Bouteldja pour "ses sœurs" est sexiste et d’une violence inouïe » et comment « les hommes "indigènes" [y] sont essentialisés, leur subjectivité et leur complexité (...) complètement annihilées. »

    Sommaire :
    – Glorification d’un rite patriarcal de protection de la virginité
    – Contre les mariages dits « mixtes »
    – Gays « indigènes » out : « héros à deux balles »
    – L’émancipation par l’étouffement
    – L’homme « indigène » machiste et homophobe
    – L’égalitarisme des hommes, un privilège blanc
    – Chair à canon, hors de question !
    – Féministes et antiracistes

    @baroug @solitudemaisdishuitsansde @aude_v @rezo
    #houria_bouteldja #pir #féminisme #antiracisme #intersectionnalité

  • Valls, Amrani, Obono, Bouteldja : les ressorts d’une offensive médiatique organisée
    Michelle Guerci, Médiapart, le 9 juillet 2017
    https://blogs.mediapart.fr/michelle-guerci/blog/090717/valls-amrani-obono-bouteldja-les-ressorts-dune-offensive-mediatique-

    30 juin. Dans Marianne, Renaud Dély en roue libre : « Le sort réservé à Manuel Valls est […] inquiétant. [.. .]. Car ce sont toujours les mêmes, les contempteurs de la laïcité, agents du communautarisme et autres complices de l’islamisme qui s’acharnent sur Valls, vigie républicaine et gardien de l’esprit Charlie. ».

    (...)

    On voudrait relancer la guerre identitaire pour faire diversion à la veille du débat sur les ordonnances sur le Code du travail qu’on ne s’y prendrait pas autrement. D’autant qu’en la matière la presse mainstream a un savoir faire. Les multiples débats sur le voile qui ont fait l’objet de centaines de Unes ont toujours eu lieu en même temps que les offensives antisociales les plus brutales (10). France télévision a déjà découvert une polémique sur le voile de la députée de Mayotte. A suivre, l’été ne fait que commencer. Pendant ce temps, les violences policières se multiplient dans un silence assourdissant. C’est sûr, la séquence médiatique de #barrage_contre_le_FN est terminée.

    #Manuel_Valls, #Farida_Amrani, #Danièle_Obono, #Houria_Bouteldja

    • Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre « Les Blancs, les Juifs et nous » - d’Houria Bouteldja.

      #Houria_Bouteldja #PIR #Radio #audio

      Édité aux éditions La Fabrique.

      Extrait des Émissions : Pour une critique de l’idéologie IDENTITAIRE .
      vosstanie.blogspot.fr/2016/07/emissi…itique-de.html

      TELECHARGER L’ÉMISSION DANS SA TOTALITÉ

      www.mediafire.com/download/nnu5pyi…osstanie.org.mp3

      VOIR AUSSI
      vosstanie.blogspot.fr/2016/10/dechiq…e-piriste.html

  • La Chronique
    La Fabrique, le 13 septembre 2016
    http://www.lafabrique.fr/chronique.php

    Des vieux staliniens du Monde diplomatique aux totos de Montreuil, des bien pensants du Nouvel Observateur aux ex-gauchistes de Libération, tous sont tombés d’accord : le livre d’Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous, est raciste, identitaire, homophobe, ignorant de l’histoire, balayé par des torrents essentialistes et religieux et – l’adjectif qui tue – antisémite. Il est inutile de faire remarquer que toutes ces critiques sont étayées par des phrases tronquées et sorties de leur contexte, que par bêtise ou mauvaise foi l’ironie du livre est prise au premier degré, que le mot « race » est absurdement pris au sens biologique, bref que toutes ces lectures sont truquées. Inutile parce que la religion de ces gens-là est faite : Houria Bouteldja est intolérable – comme femme, comme militante d’un mouvement qui fait entendre des vérités désagréables, et comme arabe, ce qui est vraiment un comble. On s’étonne que nous ayons publié ce livre, et même on nous en fait reproche, violemment parfois. Nous considérons au contraire qu’il a bien sa place chez nous, dans un catalogue consacré aux voies diverses menant à l’émancipation des opprimés.

    https://seenthis.net/messages/520536

    #Houria_Bouteldja #La_Fabrique #PIR

  • Rencontre-discussion avec Houria Bouteldja et Isabelle Stengers

    https://www.youtube.com/watch?v=RN3dDXOcnXE

    Ajoutée le 19 août 2016

    Nous sommes très heureuses de vous convier le jeudi 9 juin à 19h à une rencontre-discussion avec #Houria_Bouteldja et #Isabelle_Stengers autour du livre « #Les_blancs_les_juifs_et_nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire. ».

    Que ce soit sur le terrain du pragmatisme politique et philosophique, d’une manière de traiter de la #non-innocence, de l’appel à la création d’une paix qui passe par la #décolonisation_de_la_pensée, d’une critique radicale de la modernité occidentale, les liens entre la pensée de la philosophe et la proposition politique de la militante nous semblent multiples et féconds.

    Durée : 1h24

    #critique_décoloniale #PIR

    • Cette article déjà maintes fois partagé ici est une sorte de réponse directe à Oceanerosemarie https://blogs.mediapart.fr/melusine-2/blog/200616/bouteldja-ses-soeurs-et-nous

      C’est en lisant la tribune de soutien qu’a publiée l’auteure et comédienne Océanerosemarie dans Libération le 30 mai dernier que je me suis décidée à écrire ce texte. Parce qu’il n’est question ni de taire la charge antiféministe à laquelle se livre Bouteldja dans Les Blancs, les Juifs et nous, ni de laisser cette critique aux réactionnaires de droite ou de gauche, qui ne se découvrent des velléités antisexistes que lorsque l’accusation porte sur des racisés.

    • @sombre Stengers est dans les trucs paranormaux depuis pas mal de temps, notamment les OVNI. Elle a donné des interviews à des revues ufologiques, les soutenant face à la « science officielle », est intervenue dans des colloques ufologiques, a préfacé leurs livres, etc. Idem pour les sorciers où elle mêle une critique de la répression anti-sorcières au Moyen-Âge (qui était clairement sexiste) avec des affirmations comme quoi ils/elles auraient eu un savoir valant bien celui de la science.

    • je ne connais pas Stengers et encore moins ce qu’elle dit sur les OVNIS et la chasse aux sorcières. Juste à propos de cette phrase @stephane :

      Idem pour les sorciers où elle mêle une critique de la répression anti-sorcières au Moyen-Âge (qui était clairement sexiste) avec des affirmations comme quoi ils/elles auraient eu un savoir valant bien celui de la science.

      Si c’est une comparaison entre ces domaines à l’époque du Moyen-age et de la Renaissance, ce que tu rapporte de ce qu’elle dit me semble possible. La connaissance médicale des sorcières à la Renaissance était plus avancé que celles des scientifiques. Les sorcières avaient une connaissance avancé en herboristerie, en contraception, en avortements, en accouchements et en hygiène.
      Du coté de la science pendant ce temps c’était le règne de la théorie des humeurs, lecture des urines, saignées à répétition. Pendant longtemps la science n’était pas plus rationnelle que la sorcellerie.
      Dans d’autres domaines comme l’astronomie, c’est pas impossible qu’il y ait des sorcières de l’époque qui en savaient aussi long que les scientifiques accrédités.

      Par contre si Stengers ne précise pas ce contexte historique et parle des connaissances scientifiques aujourd’hui, je suis d’accord avec toi pour dire que ses propos sont délirants.

    • Comme il était prévisible, la ligne de rupture entre, d’une part,

      les tenants d’un PIR-pire-que-tout face à qui tous les coups sont non seulement permis mais nécessaires et vertueux, à commencer par l’exhitition d’inintelligence, et, autant que possible, le discrédit à l’emporte-pièce,

      et celleux, tout de même moins bruyants, qui considèrent qu’il y a bien là quelque chose à lire ou à entendre, et que les difficultés à lire ou à entendre une pensée décoloniale ne tiennent pas aux éventuelles critiques que pourraient mériter leurs locuteurs ou autrices une fois leur propos un minimum entendu , mais d’abord au fait qu’il s’agit d’un discours qui cherche une rupture radicale avec ce monde blanc dont nous sommes, qui se moque bien de ce que cela nous plaise ou non, et d’une critique qui entend en finir avec lui. Ce qui a toutes les chances de nous déplaire de prime abord, en effet, car si nous, blancs, prétendions vouloir « en finir avec le vieux monde », ça n’a jamais été que depuis notre seule position provinciale mais hégémonique de petits mâles occidentaux, et en toute innocence de ce cet occident, son racisme et son patriarcat faisaient de nous-mêmes ;

      cette ligne se donne clairement à voir dans les commentaires.

      Comme l’évoque un des intervenants de la vidéo, on aurait pu s’attendre à ce que, par exemple, le travail fait depuis des années par le féminisme radical ait fourni à certains des outils intellectuels ne serait-ce que pour comprendre que des objets comme l’antiracisme politique et la critique décoloniale ne s’abordent pas sans accepter de se confronter aux difficultés liées au fait que de telles critiques assument pleinement de rompre avec le discours dominant et d’y bousculer les catégories, y compris celles qui y ont été imposées par d’autres luttes : tout comme le fait justement le féminisme radical - et que prétendre se satisfaire de les juger platement l’un comme l’autre à l’aune de semblables catégories (racistes ! homophobes ! et tutti quanti) revient tout de même à venir jouer les matamores, tout en donnant à voir comment l’on s’est soigneusement tenu à l’abri du risque de jamais devoir approcher sa cible .

      Il semble que ce ne soit hélas pas le cas.

      Mais on peut aussi bien espérer que le fait qu’ il n’y a guère qu’en France , et parmi celleux, de l’Agrif aux libertaires en passant par tout le reste, qui n’ont de cesse de jeter assez de discrédit sur cet antiracisme politique en prétendant bruyamment n’y lire qu’extravagances, ignorance, haines diverses, variées et multiples, outrances nègres, arabes, musulmanes ou réactionnaires, que le travail de problématisation du racisme porté, entre autres, par le PIR, soit fallacieusement présenté comme quelque chose de complètement « nouveau » et « inédit » : il se trouve qu’il a été et est formulé ailleurs, dans d’autres contextes, depuis des décennies, tandis que l’antiracisme moral et bien français se félicite toujours, et plus que jamais, de ne jamais rien vouloir savoir d’autre en la matière que son propre universalisme blanc et abstrait...
      que ce fait donc, désormais de plus en plus visible, finisse par rendre à quelques uns le vacarme de leur propre provincialisme et de son autistique arrogance également insupportables.

      J’ai l’air de m’être énervé, et c’est le cas, un petit peu. Marre de lire partout des réactions du niveau de celles de Guénolé ou de Marianne.

      C’est d’un convenu.

      Quant à mépriser et dénigrer, s’il vous plaît, soyez donc un peu originaux, inventifs. Donnez vous au moins la peine de produire un dernier petit quelque chose, avant de disparaître. Parce qu’une chose me semble certaine désormais : l’ancien antiracisme que j’ai connu et défendu moi aussi : blanc, élaboré sans les racisé-e-s, son confort et son inefficacité, ne reviendront plus sur le devant de la scène : ni demain, ni dans vingt ans, ni plus tard. Désormais, on n’a d’autre choix que d’accepter d’y voir plus clair - ce qui, j’en conviens, peut faire mal aux yeux au début.
      Et je m’en réjouis.

    • Isabelle Stengers
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Stengers

      Licenciée en chimie de l’université libre de Bruxelles (ULB), lectrice de Whitehead, de Simondon et de Starhawk, collaboratrice régulière de la revue Multitudes1, Isabelle Stengers enseigne la philosophie des sciences à l’ULB2. Elle est aussi membre du comité d’orientation de la revue d’écologie politique Cosmopolitiques3.

      Isabelle Stengers se fait connaître dès son premier ouvrage, La Nouvelle Alliance (1979), coécrit avec le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine, consacré notamment à la question du temps et de l’irréversibilité.

      Elle s’intéresse ensuite, en faisant appel entre autres aux théories de Michel Foucault et de Gilles Deleuze, à la critique de la prétention autoritaire de la science moderne3. Stengers souligne ainsi l’omniprésence de l’argument d’autorité dans la science, ainsi lorsqu’on fait appel aux « experts » pour trancher le débat, comme s’il n’y avait pas de réel différend politique à la source du débat lui-même. Il est important de noter qu’elle ne fait aucunement partie de la mouvance déconstructionniste, pour qui la science ne serait qu’un ensemble de conventions verbales.

      Puis elle travaille sur la critique de la psychanalyse et, notamment, de la répression, par cette dernière, de l’hypnose, rencontrant par ce biais Léon Chertok. Elle est aussi amenée à contribuer au corpus Le Livre noir de la psychanalyse, où elle rencontre un autre auteur de cet ouvrage, l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, avec qui elle rédige ensuite un exposé de ses idées sur la psychothérapie.

      Elle se consacre depuis une quinzaine d’années à une réflexion autour de l’idée d’une écologie des pratiques, d’inspiration constructiviste. En témoignent les sept volumes des Cosmopolitiques, publiés aux Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, mais aussi ses livres consacrés à la psychanalyse (La Volonté de faire science, 1992), à l’hypnose (L’Hypnose entre science et magie, 2002), à l’économie et à la politique (La Sorcellerie capitaliste, avec Philippe Pignarre, 2005), ou encore à la philosophie (Penser avec Whitehead, 2006).

      En 1990, elle est à l’origine, avec Philippe Pignarre, de la création de la maison d’édition Les Empêcheurs de penser en rond3.

    • @stephane les ovnis, tu es sur ? Tu as des références, ça ne me dit rien du tout. C’est une philosophe des sciences essentiellement et une engagée politique sur les questions des « sans ». Quand à la vidéo, pas le temps encore de la voir, un peu comme tout ce que je pointe sur seenthis en ce moment ça va dans la catégorie #toread

    • @supergeante de ce que j’ai vu elle dit que la question des ovnis révèle un comportement typique de la science universitaire (issue du clergé et d’un étatisme forcené) : mépriser et essayer d’étouffer tout discours, y compris ceux se revendiquant de la pratique et de l’expérience (et non d’une déduction logique hasardeuse), ne provenant pas de son propre réseau de confiance et de légitimation.

      Pour les OVNI, on peut retenir que certains cas ont par la suite été expliqué par la révélation (tardive) des programmes secrets de développement des avions furtifs américains (F117, U-2 etc.) sur la fameuse zone 51. Les habitants voyaient des avions bizarre, reflétant la lumière à très haute altitude ou avec des lumières inhabituelle dans la nuit, mais les autorité (locales et de surcroît fédérales) leur assuraient que rien n’étaient apparu sur les radars (bah oui ils étaient furtifs...).

      Ce qui est « marrant » c’est que les travaux universitaires (qui se sont approprié le terme « science » au cours des XIXe et XXe siècles) ont été caractérisés pendant très longtemps par leur dogmatisme et leur enfermement doctrinal au mépris du pragmatisme et de l’expérimentation.

      Un des meilleurs exemples est précisément la médecine universitaire (longtemps interdite aux femmes, comme les autres activités universitaires) qui pendant plusieurs siècles a défendue la pratique de la saignée et essayé de réduire à néant les pratiques populaires de médecine (bien plus efficaces et pragmatique) en demandant aux rois un monopole professionnel et en désignant les guérisseuses comme des sorcières devant être brûlées (avec l’appuie du clergé qui souhaitait se débarrasser de ce qu’il nommait le paganisme). Aujourd’hui les sciences économiques illustrent bien cet égarement théorique qui caractérise ce milieu qui se gargarise de son indépendance d’esprit bien qu’il doive énormément aux pouvoirs en place dont il est issu.

      Hasard de Seenthis, une discussion à propos du livre Caliban et la Sorcière de Silvia Federici a repris de l’activité : https://seenthis.net/messages/422612

      Je recommande aussi la lecture de cet essai qui fit date :

      Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoirE des femmes soignantes ; de Barbara Ehrenreich et Deirdre English
      https://www.cambourakis.com/spip.php?article550

    • @martin5 : merci. Je me sens moins seul. Ce que tu exprimes dans ton post résume les intuitions que je pouvais avoir par rapport au Parti des Indigènes de la République et à ses détracteurs. Mais comme je ne suis pas un grand « penseur », sûrement à cause de mon manque de culture universitaire, de mes difficultés à énoncer clairement et de façon concise mon analyse des faits, et sûrement aussi par manque de temps ou pure paresse, tout ce que tu as écrit et qui restait au stade intuitif et informulé chez moi, j’y adhère. Voilà.

    • @aude_v

      Ce
      n’est peut-être pas d’aujourd’hui que les racisé-e-s élaborent leurs
      stratégies anti-racistes... Il y a dans ton propos, @martin5, un côté
      « progrès linéaire », étonnamment. Tu aurais fourni cette analyse sur des
      mouvements que je connais mieux et dans lesquels je suis impliquée que
      j’aurais trouvé ça un peu condescendant et ignorant de décennies de
      luttes.

      Est ce ce passage

      Parce qu’une chose me semble certaine désormais : l’ancien antiracisme que j’ai connu et défendu moi aussi : blanc, élaboré sans les racisé-e-s, son confort et son inefficacité, ne reviendront plus sur le devant de la scène : ni demain, ni dans vingt ans, ni plus tard. Désormais, on n’a d’autre choix que d’accepter d’y voir plus clair - ce qui, j’en conviens, peut faire mal aux yeux au début.

      qui te donne cette impression de conception en termes de « progrès linéaire » ? Je voulais justement dire qu’au contraire, c’est une rupture radicale (autonomie, notion de #champ_politique_blanc...) qui avait lieu depuis un peu plus d’une décennie et il me semble que ça n’est pas ignorer, minorer ou faire injure aux luttes antiracistes de la fin du xxeme siècle que de le dire.

      Je m’excuse pour le ton très condescendant. C’est un travers très profondément installé chez moi, qui se trouve encore accentué sitôt que la discussion devient conflictuelle (ce qui était le cas de ce commentaire).

      Je postais juste un lien vers cette vidéo parce que j’ai trouvé cette discussion profondément stimulante et qu’elle n’était pas encore référencée ici. La manière dont Isabelle Stengers, dont je découvre justement avec intérêt le travail de critique depuis quelques mois, y rapproche les méfaits de l’impérialisme sur les européens et sur le reste du monde m’a particulièrement interpellé, (sur ce sujet comme tant d’autres, je découvre tardivement l’eau tiède) comme le fait que cela puisse fournir une base de discussion avec quelqu’un comme Houria Bouteldja.

    • La Chronique
      La Fabrique, le 13 septembre 2016
      https://seenthis.net/messages/524238

      Des vieux staliniens du Monde diplomatique aux totos de Montreuil, des bien pensants du Nouvel Observateur aux ex-gauchistes de Libération, tous sont tombés d’accord : le livre d’Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous, est raciste, identitaire, homophobe, ignorant de l’histoire, balayé par des torrents essentialistes et religieux et – l’adjectif qui tue – antisémite. Il est inutile de faire remarquer que toutes ces critiques sont étayées par des phrases tronquées et sorties de leur contexte, que par bêtise ou mauvaise foi l’ironie du livre est prise au premier degré, que le mot « race » est absurdement pris au sens biologique, bref que toutes ces lectures sont truquées. Inutile parce que la religion de ces gens-là est faite : Houria Bouteldja est intolérable – comme femme, comme militante d’un mouvement qui fait entendre des vérités désagréables, et comme arabe, ce qui est vraiment un comble. On s’étonne que nous ayons publié ce livre, et même on nous en fait reproche, violemment parfois. Nous considérons au contraire qu’il a bien sa place chez nous, dans un catalogue consacré aux voies diverses menant à l’émancipation des opprimés.

      #Houria_Bouteldja

  • Pour Houria Bouteldja, lettre ouverte à Serge Halimi
    3 août 2016 Par Gavroche. Blog : Gavroche
    https://blogs.mediapart.fr/gavroche/blog/030816/pour-houria-bouteldja-lettre-ouverte-serge-halimi

    A propos de votre critique (parue dans le dernier numéro du Diplo, et réservée aux abonnés) du livre de Houria Bouteldja Les blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire. Petite précision sans doute utile par ces temps troublés : je ne suis ni arabe, ni musulmane, juste une sans-dents comme une autre. Mais je me sens quand même indigène de la République ...

    #Houria_Bouteldja

  • Houria Bouteldja des Indigènes de la République, « amoureuse » de Khatibi
    par Jules Crétois | 28 juin 2016
    http://telquel.ma/2016/06/28/houria-bouteldja-indigenes-republique-amoureuse-khatibi_1503368

    Votre livre s’ouvre sur un réquisitoire contre le philosophe français Jean-Paul Sartre. Puis, vous citez l’intellectuel marocain Abdelkebir Khatibi. Que dit, en substance, ce dernier au sujet de Sartre ?

    Il lui reproche d’avoir trahi son propre engagement anticolonial lorsqu’a surgi la question palestinienne. Sartre était incontestablement un grand anticolonialiste qui a fait ses preuves, tant pour ce qui concerne l’Algérie que le Vietnam. Il a achoppé sur la question palestinienne à cause de ce que Khatibi appelle « la conscience malheureuse » et que je préfère appeler « la bonne conscience blanche ».

    Pouvez-vous nous expliquer ce que Khatibi entend par « conscience malheureuse » ?

    Je ne pourrais pas le dire de manière formelle. Mon interprétation c’est qu’il a compris que la gauche française était à la recherche d’un supplément d’âme avec la découverte des camps de concentration en 1945, et qu’elle devait se racheter pour dépasser sa crise morale. Pour ce faire, elle a utilisé le martyr juif au lieu de chercher une solution pour les Juifs d’Europe, comme par exemple remettre en cause le fonctionnement des États-nations qui fondent leur légitimité sur une partie du peuple au détriment d’une autre. C’est ainsi que l’État-nation français privilégie les chrétiens sur les juifs par exemple.

    Qu’avez vous trouvé d’inspirant, en général, dans l’œuvre de Khatibi, dont vous dites qu’elle est trop peu connue ?

    C’est une pensée tonique et radicale qui ne s’embarrasse pas de la critique d’une figure majeure, fut-elle Sartre. Il a décelé les angles morts de la pensée sartrienne, ce qui fait d’ailleurs de Vomito Blanco une œuvre majeure.

    Ce que Khatibi reproche à Sartre, le reprocheriez-vous à des figures de la gauche française aujourd’hui ?

    Plus qu’à de simples figures, à l’ensemble de la gauche radicale française, à quelques exceptions près. Je crois qu’il y a un problème de fond auquel cette gauche ne veut pas faire face. C’est qu’il y a un conflit d’intérêt entre le prolétariat blanc et les peuples du grand Sud puisque le prolétariat occidental tire une partie de ses privilèges de l’exploitation des peuples dominés par l’impérialisme.

    #Houria_Bouteldja

  • Etrange de croiser Houria Bouteldja dans cette revue néo-marxiste, mais j’aime bien ce passage qui nous invite à « aller chercher le petit Hitler qui se trouve au fond de nous-mêmes ». J’aime bien aussi celui qui explique que le racisme n’est qu’une astuce utile au capitalisme :

    Pouvoir politique et races sociales
    Houria Bouteldja, Période, le 25 mai 2016
    http://revueperiode.net/pouvoir-politique-et-races-sociales

    Au passage elle cite cette tribune que j’avais raté :

    Nuit debout peut être porteur d’une transformation sociale de grande ampleur
    Tariq Ali, écrivain ; Ludivine Bantigny, historienne ; Patrick Chamoiseau, écrivain ; François Cusset, écrivain et historien ; Christine Delphy, sociologue ; Cédric Durand, économiste ; Elsa Dorlin, philosophe ; Annie Ernaux, écrivain ; Eric Fassin, sociologue ; Bernard Friot, sociologue ; David Graeber, anthropologue ; Nacira Guénif, anthropologue ; Razmig Keucheyan, sociologue ; Stathis Kouvelakis, philosophe ; Frédéric Lordon, philosophe ; Gérard Mordillat, écrivain ; Toni Negri, philosophe ; Leo Panitch, sociologue ; Paul B. Preciado, philosophe ; Wolfgang Streeck, sociologue ; Enzo Traverso, historien, Le Monde, le 3 mai 2016
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/05/03/nuit-debout-peut-etre-porteur-d-une-transformation-sociale-de-grande-ampleur

    #Houria_Bouteldja #racisme #capitalisme #NuitDebout #impérialisme #Période #Tribune

  • Procès LDJ : des peines allant de 6 mois avec sursis à 12 mois ferme
    mardi 31 mai 2016
    http://www.lecourrierdelatlas.com/1145931052016Proces-LDJ-des-peines-allant-de-6-mois-avec-sursis-

    Le procès de quatre membres de la Ligue de défense juive (LDJ) poursuivis pour violences en réunion avec circonstances aggravantes et arme par destination s’est tenu ce mardi 31 mai devant la 14ème chambre correctionnelle de Paris. Les juges ont condamné les prévenus à des peines allant de 6 mois avec sursis à 12 mois ferme assorties de condamnations pécuniaires solidaires.

    #LDJ

    • Un bel extrait du livre de #Houria_Bouteldja, à propos des Juifs :
      « Il existe une foultitude de conflictualités entre nous mais elles ne sont pas de nature nazie. Elles peuvent être religieuses ou théologiques. Elles peuvent relever de la structuration politique de nos sociétés d’origine et des pouvoirs afférents. Le plus souvent, elles sont coloniales. Mais c’est tout. Et c’est déjà un lourd fardeau dont il nous faut nous délester. Vous qui êtes Sépharades, vous ne pouvez pas faire comme si le décret Crémieux n’avait pas existé. Vous ne pouvez pas ignorer que la France vous a faits Français pour vous arracher à nous, à votre terre, à votre arabo-berbérité. Si j’osais, je dirais à votre islamité. Comme nous-mêmes avons été dépossédés de vous. Si j’osais, je dirais de notre judéité. D’ailleurs, je n’arrive pas à penser au Maghreb sans vous regretter. Vous avez laissé un vide que nous ne pourrons plus combler et dont je suis inconsolable. »

  • La gauche peut-elle dire « nous » avec Houria Bouteldja ? | René Monzat | Contretemps | 22/04/2016
    http://www.contretemps.eu/lectures/gauche-peut-elle-dire-%C2%AB-nous-%C2%BB-houria-bouteldja

    Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La fabrique éditions, 2016) est dédié à la gauche radicale – par une formule rude : « Parce qu’elle est le partenaire indispensable des indigènes, la gauche est leur adversaire premier ».

    Ce court essai mérite des réponses aux questions de fond qu’il pose à la gauche radicale, d’autant mieux que sa forme permet le débat.

    Houria Bouteldja part du socle des idées du Parti des Indigènes de la République, petit courant original en interaction avec la gauche radicale dont sont issu-e-s une partie de ses cadres. Il a su polariser le champ des débats intellectuels et politiques (parfois cantonné au rôle d’épouvantail ou de repoussoir), ainsi que celui des initiatives militantes impliquant des « indigènes ».

    Bouteldja emploie ici un ton plus personnel, et aborde des impensés stratégiques du PIR que la « politique de l’amour révolutionnaire » viendrait combler. Elle opère une prise de risque en laissant apparaître, y compris dans son style, sont goût de l’oxymore, l’incomplète articulation des éléments de réponse proposés. Et c’est à mes yeux une chance de pouvoir discuter avec une pensée qui n’est pas close, ni fermée sur elle-même. De plus les « impensés » du PIR étant de même nature que ceux de la gauche radicale, pointer les dilemmes stratégiques du PIR revient pour la gauche radicale à se saisir de questions qu’elle se refusait à aborder pour son propre compte.

    Le débat en retour de la gauche radicale doit faire écho à cette prise de risque, accepter la discussion, reconnaitre ses propres lacunes. Le débat peut à cette condition « nous » être utile, au PIR comme à la gauche radicale.

    (...)
    #Houria_Bouteldja

  • « Quand nous disons "je", c’est à nous tou-te-s que nous pensons » - Contre-attaque(s)
    http://contre-attaques.org/magazine/article/tribune

    Laurence Rossignol, Manuel Valls, Gilles Clavreul, Laurent Joffrin...ces dernières semaines ont été marquées par les déclarations outrancières de plusieurs responsables politiques et éditorialistes. Qu’elles insultent la mémoire des déportés de l’esclavage, le libre-arbitre des femmes voilées ou les pratiques militantes des antiracistes politiques, ces déclarations n’ont qu’un seul effet : renforcer les stigmates visant une partie de la population. Plusieurs acteurs associatifs ont ouhaité réagir à cette sombre actualité ; nous publions ici leur tribune.

    Nous assistons avec un triste amusement à la déchéance de rationalité d’un État en roue libre. Et avec lui, les hérauts d’une élite désuète qui, face à la remise en cause de ses privilèges, est prête à faire brûler la maison France qu’elle dit tant aimer.
    Comme chaque jour apporte son lot de nouvelles polémiques autour de l’islam et des musulmans, des Noirs et des Arabes, des migrants et des Roms, hier pas plus que demain ne déroge à la règle.

    Douce France, cher pays en pleine souffrance, que nous réserves-tu aujourd’hui ? Quel foulard, quelle barbe, quelle couleur, quelle culture te posera problème ? Quel sujet naitra, sinon de ton ennui, du moins de tes errances ou stratégies racialistes ?

    Sur nos écrans s’affichent les tensions du jour qui, dans nos rues comme dans nos institutions, dans nos écoles comme dans nos entreprises, portent leurs fruits amers, construisant et légitimant le rejet de l’autre, son exclusion. La violence des mots, souvent. La violence des gestes, aussi.

    Et face à cela, un État coupable de lui-même, non plus uniquement de ses renoncements face aux racismes, mais également de ses discours et de ses actions ; une puissance publique qui, plutôt que d’apporter la rationalité de l’analyse, l’humanisme de l’écoute et la fraternité dans l’action, est incapable d’offrir un autre visage que celui du mépris.

    L’antiracisme d’État n’est et ne sera pas la grande force issue de tous les secteurs et de tous les paysages de la société française, permettant à chacun-e de ne plus faire face à l’exclusion de part sa couleur de peau, son origine ou sa religion supposée. Au contraire, il aura été l’obstruction des institutions, empêchant les premiers intéressés d’accéder aux moyens politiques et institutionnels de changer positivement leur condition. Il aura été la domination d’une élite, produisant un discours vertical descendant, à l’attention des populations cibles du racisme que l’on aura voulu « civiliser » et « pacifier », sans jamais dépasser ses réflexes post-coloniaux. Il aura été 30 ans de retard, en donnant à voir l’illusion d’une France fraternelle, signalant sur le plan du marketing ce que nous avons été incapables de faire vivre dans le réel de l’action institutionnelle. Une France pourtant rescapée, sauvée au quotidien par l’expérience humaine de gens qui veulent tout simplement vivre ensemble, bien loin des outrances politiques de ceux qui nous gouvernent. 

Au Président de la République comme au Premier Ministre, au Délégué interministériel prétendument contre le racisme et l’antisémitisme comme aux polémistes qui les soutiennent, aux videurs de l’antiracisme patenté comme aux racistes de tout poil qui se sentent soudainement pousser les ailes d’un républicanisme jacobin, à cette infime minorité qui truste l’espace médiatique névrosé tout en poussant des cris d’orfraie à chaque fois qu’on contredit leurs certitudes, nous disons simplement : 



    Votre antiracisme est un racisme, puisqu’il revient à nous imposer la manière dont nous devrions vivre et les mots que nous devrions choisir pour nous exprimer, juste par notre différence.
    Votre féminisme est un sexisme, puisqu’il aboutit à dicter aux femmes ce qu’elles devraient ou non porter, tout en confisquant la parole des premières intéressées.
    Votre progressisme est une régression, puisqu’il valide le passage de nouvelles lois qui, en son nom, viennent restreindre toujours plus les droits et les libertés de chacun-e.
    Votre liberté d’expression est une censure, puisque asymétrique, elle vous permet d’insulter les autres tout en leur interdisant de vous répondre.

    Fuyez donc les miroirs, vous risqueriez de vous y voir.

    Quand des ministres s’érigent en défenseur des droits tout en convoquant, comme l’a fait Mme Rosignol, la mémoire de l’esclavage pour mieux ostraciser les Noir-e-s et les femmes musulmanes, sans qu’aucun responsable politique de premier plan ne la condamne mais plutôt la défende, on prend la mesure de l’ancrage raciste dans notre société. 

Quand un premier ministre en exercice se sert, une fois de plus, des femmes musulmanes comme bouc émissaire de ses échecs, couvrant le trou béant du chômage et les échecs de l’anti-terrorisme par des déclarations toujours plus abjectes, on a envie de lui rappeler que le premier « asservissement » que les premières intéressées dénoncent est celui de leur exclusion de l’éducation et du travail, auquel Manuel Valls a si ardemment participé.

    Et lorsque le directeur d’un journal dit de Gauche, comme Laurent Joffrin, prend la plume pour donner des leçons sur la manière de bien lutter contre un racisme qu’il n’a lui-même jamais vécu, en s’arrogeant le droit de dicter qui sont les bons et les mauvais, on serait presque tentés de rire si la situation n’était pas si grave, pour finalement lui dire :
    Promis, à la minute où on aura besoin de la permission de qui que ce soit pour savoir comment lutter contre les problèmes qui NOUS affectent, on vous fera signe. D’ici là, vous pouvez prendre un ticket et rejoindre la chorale de ceux qui, dans leur long sanglot, pleurent un antiracisme jusque là garant de leurs privilèges.

    De la même manière, si on a besoin de conseils sémantiques pour savoir comment qualifier la négrophobie, l’islamophobie ou le racisme dont NOUS sommes la cible, nous saurons que nous pouvons compter sur des experts en linguistique sélective qui ont a cœur de préserver la pureté et la conformité d’une langue qui, républicaine ironie, est la notre tout autant que la leur.

    D’ici là, nous continuerons notre travail.

    Nous continuerons à dénoncer le racisme là où il se trouve, comme un système et non un accident, sans hésiter à parler de la responsabilité de l’État dans son institutionnalisation, au travers des discriminations, des pratiques policières abusives ou encore de l’accès aux services publics.

    Nous continuerons à nous organiser en toute indépendance et à choisir nos mots, nos moyens, nos causes, nos stratégies autonomes pour préserver nos droits à tou-te-s.
    Et si votre dernière défense est de nous accuser de communautarisme, quand vous avez été le groupe de reproduction sociologique des élites le plus stable de notre histoire, c’est que vous ne concevez d’égalité que soumise à vous :

    Quand vous dites « nous », c’est à vous seuls que vous songez. 
Quand nous disons « je », c’est à nous tou-te-s que nous pensons. Comme vos discours, votre universalisme est en perpétuelle rotation, autour de votre nombril.

    Nous sommes libres, comme des êtres humains dans toute leur dignité.

    Et si cela vous pose problème, c’est qu’il vous faudra apprendre à vivre avec vous-mêmes, de vos indignations sélectives à votre égalité incantatoire, de votre vision civilisatrice et raciste à votre cécité lorsqu’il s’agit de faire face à vos propres biais et mécanismes d’exclusion. Atteints d’une fracture de l’œil à la vue d’un foulard ou d’une femme noire s’exprimant librement, menacés par une barbe ou un turban troublant votre aseptisé paysage, traumatisés par la mémoire d’un pain au chocolat arraché à votre enfance, vous pourrez trouver une oreille attentive et réconfortante auprès de ceux qui pensent comme vous. Si seuls, vous pourrez vous tenir chaud et évoquer les souvenirs d’antan... vestiges révolus d’un temps où vous pouviez encore nous dominer.

    Mais comme nous ne vous ressemblons pas, nous n’avons pas de revanche à prendre ni de souffrance à projeter sur les autres. C’est pourquoi notre lutte sera toujours et uniquement celle de la justice et de la dignité, pour tou-te-s. Accrochez-vous bien.

    Sihame Assbague, activiste et journaliste par obligation
    Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République
    Ismahane Chouder, membre du Collectif des Féministes Pour l’Égalité
    Nabil Ennasri, essayiste et président du Collectif des Musulmans de France
    Amadou Ka, président des Indivisibles
    Leyla Larbi, membre du Labo Décolonial
    Marwan Muhammad, directeur exécutif du Collectif Contre l’Islamophobie en France
    Fania Noël, militante afroféministe

  • Ce soir ou jamais sur l’antiracisme, décryptage par Houria Bouteldja, Maboula Soumahoro, Nacéra Guénif
    Ajoutée le 4 avr. 2016
    https://www.youtube.com/watch?v=joUMkHE49p0

    Il y a eu cette émission Ce soir ou jamais où Thomas Guénolé a voulu sonner la mort de l’antiracisme politique. Qu’est-ce qui s’est joué lors de cette émission et qu’est-ce qui se joue maintenant ? Le décryptage de l’émission par Houria Bouteldja, Maboula Soumahoro et Nacéra Guénif, trois actrices importantes de l’antiracisme politique...

    Partie 2 du décryptage de l’émission Ce soir ou jamais consacrée à l’antiracisme par H.Bouteldja, M.Soumahoro, N.Guénif.
    Ajoutée le 5 avr. 2016
    https://www.youtube.com/watch?v=ikio87lRwfs

    Décryptage Ce soir ou jamais H Bouteldja , M Soumahoro, N Guénif Partie 3
    Ajoutée le 6 avr. 2016
    https://www.youtube.com/watch?v=5kk5gwXgCNE

    #Houria_Bouteldja
    #Maboula_Soumahoro

  • Les classes, ça existe ! | Poisson Rouge
    http://www.poisson-rouge.info/2015/02/16/les-classes-ca-existe

    C’est donc la soif de #domination qui a toujours guidé et justifié le #racisme. Un Etat et une société ne sont pas racistes naturellement, mais parce qu’ils justifient par ce biais la domination de populations pour servir les intérêts d’un petit nombre. Ce ne sont pas « les Européens » qui ont réduit des peuples en esclavage. Ce sont des Etats, des puissants, des capitalistes qui ont développé un imaginaire raciste pour justifier de telles #entreprises. Ce sont eux aussi qui ont colonisé l’Afrique, l’Asie et l’Amérique. Ces gens-là ont asservi les populations, de tous temps, partout où ils sont passés. Ils ont asservis le monde pour étancher leur soif d’or. Voyez-vous, Houria, ils ont même asservi des bons français bien de chez nous, dans leurs mines, dans leurs champs, leurs usines et leurs entreprises.

    #capitalisme