• Global Health NOW: Nicotine Pouch Popularity Surges
    https://mailchi.mp/9733e05856b7/global-health-now-a-once-in-a-generation-reset-for-humanitarian-aid-and-nico

    TOBACCO
    Nicotine Pouch Popularity Surges

    The WHO is raising alarm over a rapid uptake of nicotine pouch products among youth, as the small sachets containing flavored powdered nicotine are “being aggressively marketed” to young people worldwide, per News Medical.

    Youth-targeting tactics include using sweet flavors and savvy social media campaigns to attract young users, who are especially susceptible to developing long-term nicotine addiction, finds the organization’s first-ever report on the products.

    Sales topped 23 billion+ units in 2024—a 50% spike over the previous year—creating a ~$7 billion industry in 2025.

    Regulation is limited or absent in many countries, says the WHO, which urges “comprehensive” policymaking from advertising bans to taxation.

    The regulatory debate is playing out across Europe, reports Politico—with Sweden taking a more permissive approach and France instituting a total ban.

    Related:

    It’s maddeningly difficult to ban smoking – The Atlantic

    WHO Member States Should Treat Fossil Fuels like Tobacco – as a Public Health Threat – Health Policy Watch

    Fire and ‘sheer volume’: how Britain’s 6m-vape problem is putting recycling under strain – The Guardian

    #Tabac #Industrie_influence #Médias_sociaux #Manipulation #Adolescence

  • Les réseaux sociaux ne sont pas morts. Ils ont juste changé de visage - Image - CB News
    https://www.cbnews.fr/tribune/les-reseaux-sociaux-ne-sont-pas-morts-ils-ont-juste-change-visage

    Le 17 mai 2026 à 11:29
    Par Sandrine Plasseraud, fondatrice Studio Sérendipité

    Mélancolique de mes années Twitter à échanger avec des inconnus autour de passions communes, n’arrêtant pas d’entendre de mes pairs “les réseaux sociaux sont morts” mais ne voulant pas y croire, je me suis mise à analyser mes propres usages : Strava, Heylo, WhatsApp, Stubstack… Et j’ai réalisé que les conversations n’avaient pas disparu. Elles avaient simplement changé d’endroit.

    Avant le graphe social, il y avait la passion

    L’histoire des réseaux sociaux ne commence pas avec Facebook. Elle commence bien avant, avec une promesse beaucoup plus simple et beaucoup plus belle : se connecter à des inconnus autour de ce qui nous passionnait.

    – Années 2000-2008 : les blogs. Le lien naissait du sujet.

    On écrivait pour partager une passion, un point de vue, une obsession. Des inconnus (sans amis en commun, sans algorithme pour les amener) répondaient en commentaires. Le sujet venait avant la relation.

    – Années 2006-2014 : Twitter. La place publique pour les passionnés.

    Twitter a prolongé cette promesse à grande échelle. On suivait des inconnus, non pas parce qu’on les connaissait, mais parce qu’ils publiaient des choses intéressantes.

    – Années 2010-2017 : le graphe social. Les amis plutôt que les idées.

    Facebook puis Instagram, opèrent alors un glissement discret mais fondamental. Le fi l d’actualité n’est plus construit autour de ce qui vous intéresse mais autour de qui vous connaissez. On passe de la passion partagée au carnet d’adresse numérique.

    La grande bascule algorithmique

    Le glissement s’accélère à partir de 2017 avec TikTok. La visibilité ne dépend plus du nombre d’abonnés mais de la capacité d’un contenu à capter l’attention.

    En quelques années, toutes les plateformes suivent. Le graphe social s’efface, l’algorithme règne. On ne publie plus pour ses proches mais on produit du contenu pour une machine qui décide à qui le montrer.

    Gary Vaynerchuk parle désormais de “médias d’intérêt” : les plateformes ne montrent plus ce que publient les gens que vous suivez, mais ce que l’algorithme pense que vous voulez voir.

    Ce modèle est ultra-méritocratique, mais il transforme aussi les réseaux sociaux en fl ux de consommation passive. Les grandes plateformes cessent d’être des espaces d’échange pour devenir ce que la chercheuse Danah Boyd appelle des “médias parasociaux”. Le scrolling remplace peu à peu la conversation.

    Un retour aux sources

    Pendant que les grands réseaux sociaux se transformaient en machines à attention, quelque chose de discret se passait ailleurs. Les vraies conversations, les vrais liens, migraient. Vers des espaces plus intimes, plus intentionnels, des espaces construits, là encore, autour de sujets et de passions communes. WhatsApp, Discord, Strava, Heylo, Signal, Substack...

    Des groupes WhatsApp sans algorithme où des passionnés partagent des sorties musées entre eux. Des serveurs Discord thématiques où l’on s’entraide. Des communautés Strava ou Heylo qui courent ensemble chaque semaine. Des newsletters Substack qui débordent vers de vraies communautés.

    Si l’on regarde cela avec du recul : ce sont exactement les blogs et le vieux Twitter mais avec de nouveaux outils. Le lien naît toujours du sujet. On se retrouve toujours autour d’une passion commune. Les inconnus échangent. Ce n’est pas une révolution, c’est une réinvention par les utilisateurs de ce qu’on appelait les réseaux sociaux sur de nouveaux espaces conversationnels plus intimes et plus intentionnels.

    Danah Boyd de résumer autrement : on continue à utiliser la technologie pour tisser des liens, on a juste arrêté d’appeler ça des “réseaux sociaux”.

    Les médias d’intérêt jouent désormais le rôle qu’avait la TV linéaire

    Quand j’étais à l’école primaire, au milieu des années 80 et donc bien avant Internet, on parlait déjà des marques à la récréation. Plus tard, au début des années 2010, je me souviens qu’à la cantine du bureau ou autour de la machine à café, la conversation avec les collègues et les managers démarrait souvent par “T’as vu l’émission d’hier soir ?”. La TV de masse était le déclencheur commun : le point de départ partagé qui alimentait les vraies conversations entre gens qui se connaissaient.

    BEFORE : une émission/une pub à la TV. On en parle au bureau, entre amis.

    NOW : un contenu TikTok/Insta. On en parle, on partage sur WhatsApp, Discord et la marque devient un sujet de lien dans la communauté intentionnelle.

    Et donc, ces deux mondes (réseaux sociaux traditionnels ou “médias parasociaux” et “néo-réseaux sociaux” ou communautés intentionnelles) ne s’opposent pas selon moi : ils fonctionnent ensemble comme un entonnoir. Les premiers nourrissant les conversations des seconds.

    La place des marques dans ce nouveau paysage médiatique

    Les marques n’ont pas attendu Internet pour entrer dans les conversations. Elles ont toujours été des prétextes à l’échange, des déclencheurs communs. Ce qui change aujourd’hui, c’est à la fois l’endroit où ces conversations se prolongent et la précision avec laquelle elles peuvent être initiées.

    Là où par le passé, la télévision diffusait le même contenu à la population entière, les algorithmes ciblent désormais des niches ultra précises. Le déclencheur commun est désormais personnalisé et donc encore plus puissant pour alimenter les conversations dans les communautés qui se retrouvent précisément autour de ces sujets-là.

    Pour les marques, l’enjeu n’est donc plus seulement d’être visibles dans les feeds des “réseaux sociaux traditionnels”, mais de devenir des déclencheurs de conversations dans les communautés intentionnelles où les gens se retrouvent vraiment. Et cela implique de ne plus seulement produire un message central, mais décliner leurs prises de parole par communautés d’intérêt, usages, micro-cultures et contextes conversationnels.

    L’histoire des réseaux sociaux n’est pas celle d’une décadence linéaire. C’est une boucle. On est partis de communautés de passionnés autour de sujets (les blogs, Twitter), on a traversé l’ère du graphe social fermé sur lui-même (Facebook, Instagram), puis la dictature algorithmique des médias d’intérêt (TikTok et les réseaux sociaux qui se sont TikTok-ifi és).

    Mais au bout, les utilisateurs ont recréé, avec de nouveaux outils, exactement ce qu’ils avaient au départ : des espaces où le lien naît du sujet, où l’on se retrouve entre passionnés, où la relation a le temps d’exister, y compris IRL.

    Les réseaux sociaux ne sont pas morts. Ils ont fait un grand tour pour revenir à leur promesse initiale : créer du lien autour de ce qui nous passionne.

    (Les tribunes publiées sont sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent pas CB News).

    #Médias_sociaux #Histoire #Evolution #Publicité

  • Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-de-la-grande-matinale/le-debat-du-7-10-du-mardi-25-novembre-2025-4515351

    Publié le mardi 25 novembre 2025 à 09:07
    Provenant du podcast
    Le débat de la Grande Matinale

    Avec : Anne Cordier, professeure des universités en sciences de l’information et de la communication, spécialiste des usages numériques des jeunes. Co-auteure de « Faut-interdire les réseaux sociaux aux jeunes » (Robert Laffont) Laure Miller, députée Ensemble pour la République (EPR) de la Marne

    On peut dire que le débat a été chaud...

    #Anne_Cordier #Laure_Miller #Jeunes #Médias_sociaux

  • Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : comment ça marche ?
    https://leclaireur.fnac.com/article/651707-reseaux-sociaux-interdits-aux-moins-de-15-ans-comment-ca-mar

    Oui, au lieu d’interdire (la prohibition, ça n’a jamais marché) il faudrait contraindre les médias sociaux à réaliser pleinement leurs « promesses »... donc s’en prendre à eux et pas aux jeunes. Mais c’est plus facile de taper sur les jeunes.

    Ce texte, largement soutenu par l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise, vise à considérer l’impact dangereux que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les plus jeunes. Instagram, TikTok, Snapchat et d’autres sont des plateformes désormais omniprésentes dans la vie des adolescents. Elles mobilisent des techniques de rétention de l’attention nuisant gravement à leur concentration, et encouragent des comportements parfois dangereux (notamment en matière d’alimentation).

    « Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, a déclaré, avant le vote, Laure Miller. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »

    La mise en place de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux se fera en deux temps. Au 1er septembre 2026, toute nouvelle inscription sur un réseau social entraînera une vérification de l’âge de l’internaute. Puis, au 1er janvier 2027, il sera exigé de toutes les plateformes en ligne de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et utilisatrices, comme cela est notamment le cas au Royaume-Uni depuis l’été dernier.

    #Médias_sociaux #Prohibition

  • Pourquoi il ne faut pas interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans (mais réfléchir à interdire CNews aux adultes avec le droit de vote). – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2026/01/pourquoi-il-ne-faut-pas-interdire-les-les-reseaux-sociaux-aux-

    D’abord la rationalité d’une telle décision en termes de politique de santé publique. Car tout le monde (je parle ici de la communauté scientifique, pas des experts de plateaux télé ou de votre oncle Patrick) est d’accord pour indiquer qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur le sujet d’une addiction (aux écrans et/ou aux réseaux sociaux). Or la démonstration de cette addiction serait pourtant la seule cause rationnelle d’une nécessité d’interdiction. Interdiction qui si une addiction était un jour réellement démontrée, et si on poussait alors la logique, devrait ne pas se limiter aux moins de 15 ans mais s’étendre aussi à l’ensemble de la société et donc aux publics y compris … adultes, ou à tout le moins, pour ces publics, faire l’objet de campagnes de sensibilisation au moins équivalentes à celle contre le tabac et l’alcool (toujours pour lesdits adultes).

    Ensuite parce que, et je l’explique sur ce blog depuis des années, l’idée même d’une interdiction ou d’un couvre-feu est totalement idiote. Non pas que l’impact des médias sociaux sur les enfants et les adolescents soit nul, non pas qu’il faille le minorer, non pas que lesdits réseaux sociaux soient exempts de problèmes et ne causent aucune situation de souffrance ou de dépendance corrélées à des situations sans lien direct avec l’usage ou le non-usage des écrans ; mais cette interdiction telle qu’elle est imaginée aujourd’hui et au regard des dispositifs, des habitus technologiques partagés mais aussi de leurs failles inhérentes, cette interdiction porte en elle l’ensemble des possibilités de contournement qui seront (et sont déjà) à l’oeuvre pour s’en défaire et la rendre au mieux inopérante et au pire totalement contre-productive. Dans le seul pays (démocratique) qui l’a voté et tente de l’appliquer (l’Australie), les adolescents concernés détournent déjà les dispositifs de reconnaissance faciale supposés certifier l’âge. Et sur un autre sujet, depuis que l’on a interdit l’accès aux mineurs aux mastodontes du porno que sont Youporn ou Pornhub, on a vu croître et se multiplier les sites pornographiques se soustrayant à l’obligation de vérification d’âge et encore plus immondes en termes de violence de contenu et de pratiques que les deux sus-nommés.

    La seule vertu d’une interdiction (pour autant qu’elle repose sur un consensus scientifique et qu’elle puisse s’appliquer sans atteinte aux libertés fondamentales ce qui n’est doublement pas le cas ce celle imaginée par Emmanuel Macron), la seule vertu d’une interdiction est de minorer les effets nocifs, malsains, « addictifs » qui auraient été démontrés.

    Mais la seule chose qui est aujourd’hui démontrée, documentée et établie, et il faut donc encore une fois le marteler, c’est que les plateformes de médias sociaux sont non seulement parfaitement au courant des nuisances qu’elles produisent, mais qu’elles sont aussi parfaitement en capacité de les limiter voire de les réduire à néant (en cassant les chaînes de contamination virales, en supprimant la visibilité de certaines métriques, en embauchant en nombre suffisant des modérateurs, etc.). Et qu’elles ne le font pas parce que ce n’est pas bon pour leur modèle d’affaire. Et qu’après les industries du pétrole et du tabac, elles entretiennent de manière cynique et criminelle le troisième grand mensonge de notre modernité.

    #Olivier_Ertzscheid #Médias_sociaux #Prohibition

  • Interdire les réseaux sociaux et le portable : « Un renoncement politique et une démission éducative » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160126/interdire-les-reseaux-sociaux-et-le-portable-un-renoncement-politique-et-u

    nnoncéAnnoncé à l’occasion de ses vœux aux Français·es le 31 décembre par le président de la République, un projet de loi portant sur l’interdiction du téléphone portable au lycée et l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans doit être présenté avant la fin du mois en conseil des ministres. Une proposition de loi sur le sujet, portée par la députée Renaissance de la Marne Laure Miller, doit être examinée en séance publique à l’Assemblée nationale le 26 janvier.

    Mardi 13 janvier, un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) consacré aux usages des réseaux sociaux numériques et à la santé des adolescent·es a relancé le débat sur la meilleure méthode pour protéger les adolescent·es, et les filles en particulier, des aspects néfastes de plusieurs réseaux sociaux.
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    Des adolescentes australiennes regardent une vidéo TikTok, à Melbourne, le 13 novembre 2025. © Photo Matthew Abbott / The New York Times-Redux-Rea

    Parmi les membres du groupe de travail constitué par l’Anses pour la réalisation de ce rapport, Anne Cordier, professeure des universités en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine, et Séverine Erhel, professeure des universités en psychologie du numérique à l’université de Rennes 2. Autrices de l’ouvrage Les Enfants et les écrans (éditions Retz), elles décryptent pour Mediapart cette volonté coercitive de l’exécutif et des parlementaires.

    Mediapart : Comment analysez-vous les résultats de l’Anses et la traduction politique qui en est faite ?

    Séverine Erhel : L’Anses, par nature, se focalise essentiellement sur les risques et pas sur les usages : c’est sa mission, et c’est ainsi que la problématique a été posé et coconstruite. Oui, il y a effectivement un problème sur l’usage des réseaux sociaux, avec des conséquences sur le sommeil, sur la manière – et ce n’est pas assez dit – dont ces réseaux peuvent prolonger ou amplifier des phénomènes de harcèlement, sur toutes les difficultés qu’ils posent en termes de santé mentale.

    De même, les réseaux sociaux peuvent exposer à des pratiques à risque. Les filles sont plus touchées, clairement. Cela dit quelque chose de notre société, où la pression sociale mise sur les femmes est bien plus élevée que sur les hommes, les réseaux sociaux étant une caisse de résonance de nos problèmes sociétaux.

    Anne Cordier : En effet, il n’y a aucune raison d’être en désaccord avec les résultats, obtenus sur la base de plus d’un millier d’études scientifiques. C’est très robuste, international et pluridisciplinaire. Le problème, désormais, est la traduction médiatique de ce rapport. Depuis mardi, j’ai les cheveux qui se dressent sur la tête… Est-ce que ce rapport va dans le sens d’une interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans ? Absolument pas. L’Anses se prononce fermement pour une application stricte du cadre légal actuel en vigueur, donc du DSA [Digital Service Act, le règlement européen sur les services numériques, qui encadre la régulation des plateformes – ndlr].

    Par ailleurs, le rapport demande des politiques publiques qui valorisent les réseaux sociaux qui ne soient pas délétères, et ils existent. Il y a tout un ensemble de propositions sur le Web qui sont respectueuses des données comme de la santé mentale des individus, parce qu’elles ne reposent pas sur des designs prédateurs ou sur la captation de l’attention. C’est aux politiques publiques de faire des choix : soit de dire « Ah, on renonce, c’est trop dur de dire non à Mark Zuckerberg ou à Elon Musk », soit de lutter, de soutenir et de financer le déploiement de ces réseaux libres.

    L’interdiction, pour vous, c’est le petit bout de la lorgnette ou c’est à éviter absolument ?

    A. C. : Pour moi, c’est un renoncement politique, philosophique, et une démission éducative.

    S. E. : Cela revient à dire : « Nous ne pouvons pas réguler les réseaux sociaux, donc régulons les jeunes. »

    A. C. : Nous n’entendons pas le personnel politique parler d’éducation au numérique, d’éducation à l’information. Est-ce que vous imaginez empêcher votre enfant de sortir dans l’espace public jusqu’à l’âge de 15 ans, avant de lui dire « Vas-y, lance-toi » ? Il ne tient pas trois minutes avant de se faire écraser ! Le Web est un espace public, avec des luttes, des actions de résistance, des rapports de pouvoir, des sociabilités, des risques de tous ordres. Y évoluer, cela s’apprend.

    S. E. : Le drame me semble être l’absence d’exemplarité de la classe politique, des institutions, et malheureusement aussi – désolée pour votre communauté – des journalistes. Un exemple très concret : aujourd’hui, sur la plateforme X détenue par Elon Musk, on retrouve des communications gouvernementales, des journalistes qui disent « On va rester là parce qu’on veut combattre la désinformation », dans un système qui est notoirement biaisé en termes d’algorithmes.

    Si on veut le bien de la jeunesse, il va falloir aussi que nous, les adultes, prenions nos propres responsabilités et qu’on quitte volontairement certaines plateformes. Comment pouvons-nous être crédibles sur le sujet des réseaux sociaux quand le président de la République lui-même communique sur X ?

    #Médias_sociaux #Adolescents #Anne_Cordier #Séverine_Erhel

  • Entre dépendance et soif de régulation, 29% des Français estiment passer trop de temps sur les réseaux sociaux, dont ils se lassent
    https://www.bfmtv.com/tech/actualites/reseaux-sociaux/entre-dependance-et-soif-de-regulation-29-des-francais-estiment-passer-trop-d

    Si les réseaux sociaux restent centraux dans le quotidien des Français, notamment chez les jeunes, une lassitude croissante s’installe. Selon un sondage Ipsos-BVA, 58% des Français considèrent que les réseaux sociaux occupent une place importante dans leur vie. Résultat, ils sont nombreux à vouloir réduire leur temps d’écran et à appeler à une meilleure régulation.

    Un sentiment de saturation commence à se faire sentir chez les Français, et plus encore chez les jeunes. Selon un sondage Ipsos-BVA « Les Français et les plateformes digitales » pour le festival Médias en Seine (Le Parisien et Radio France), près d’un tiers des Français (29%) estiment passer trop de temps sur les réseaux sociaux. Un chiffre qui atteint 57% chez les 18-24 ans.

    L’étude, publiée le jeudi 15 janvier, a été réalisée en ligne sur un échantillon représentatif de 1.000 personnes. Elle confirme que l’omniprésence des plateformes ne se fait pas sans effet sur le quotidien et le bien-être des internautes.
    Un paradoxe

    Pour la chercheuse Anne Cordier, spécialisée dans les usages numériques des adolescents, cette lassitude n’a rien d’étonnant. « On assiste parfois à des discours très négatifs sur les ados qui passeraient leur journée à scroller bêtement sur leur portable. Ce qui est faux et caricatural ! (...) Ils sont pris comme tout le monde dans le fonctionnement prédateur des plateformes et en ont conscience », analyse-t-elle pour Le Parisien.

    Effectivement, les réseaux sociaux reposent sur un modèle économique de captation de l’attention. Les plateformes tentent donc par tous les moyens de retenir leurs utilisateurs, notamment grâce à des algorithmes addictifs ou encore des dark patterns, des dispositifs qui manipulent les utilisateurs. Par exemple, des notifications incessantes ou l’enchaînement des vidéos automatiques.

    Les Français ne remettent pas en cause l’utilité des plateformes dans leur vie quotidienne. 58% d’entre eux considèrent que les réseaux sociaux occupent une place importante dans leur vie, selon le sondage. Un chiffre qui atteint les 85% chez les 18-34 ans. Mais ce rapport au numérique est marqué par un paradoxe.
    Réduire le temps d’écran

    Si les Français reconnaissent les bénéfices personnels des plateformes, ils s’inquiètent de leurs effets sur la société. Ainsi, 85% des sondés estiment que les plateformes exposent les mineurs à des risques graves. Près de deux tiers (73%) perçoivent un impact négatif sur les comportements individuels.

    Résultat, près de quatre Français sur 10 souhaitent réduire leur temps d’écran à l’avenir. Certains utilisateurs tentent donc de se déconnecter des réseaux sociaux et de faire une pause loin des likes, commentaires et autres algorithmes addictifs.

    C’est ce qu’a fait Théophile, 25 ans. « Mon rapport aux réseaux est très paradoxal. D’un côté, je stresse quand je reçois des dizaines de notifications car je n’ai pas le temps d’y répondre. Mais de l’autre, quand je n’en reçois pas je suis en manque », expliquait-il à BFM Tech en août dernier. Il a donc préféré arrêter les réseaux graduellement.

    « Au début, j’ai limité les réseaux à une heure par jour. Maintenant, je les utilise uniquement le week-end. » Et les résultats se sont rapidement faits sentir. « J’ai remarqué que j’étais plus impliqué dans les conversations avec mes amis ou même quand je regardais une série », avoue-t-il.
    Une volonté de réguler

    Avec un objectif : réduire progressivement leur temps d’écran, sans tout couper de manière draconienne. Car ceux qui tentent de tout couper du jour au lendemain finissent généralement par réinstaller leurs applications. C’est ce qui s’est passé pour Léna. Après six mois sans aucune plateforme, la jeune femme a fini par réinstaller Instagram. Mais cette fois-ci, pas question de répéter ses erreurs du passé. « Maintenant, je me suis imposée une limite de 30 minutes par jour. Juste histoire de regarder quelques stories d’amies », précisait-elle à BFM Tech en août dernier.

    En parallèle, 9 Français sur 10 jugent la régulation des plateformes indispensable ou importante. 79% préfèrent un contrôle extérieur, quitte à accepter le risque de censure, plutôt que de laisser les plateformes évoluer librement. Parmi les mesures plébiscitées, des obligations strictes de modération, la transparence des algorithmes et de l’IA (92 %) ou encore le couvre-feu numérique pour les mineurs.

    En Europe, plusieurs pays, dont la France, planchent justement sur une interdiction des réseaux sociaux aux adolescents. Un projet de loi du gouvernement pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et interdire les portables au lycée est arrivé devant le Parlement en janvier.

    Une proposition de loi similaire des députés Renaissance a de son côté été adoptée le 13 janvier en commission par les députés. Elle doit être présentée et votée lors de la niche parlementaire du groupe Renaissance au premier trimestre 2026. Mais les textes pourraient se heurter au droit européen, et plus particulièrement au Digital Services Act (DSA).

    #Médias_sociaux #Lassitude #Usage #Anne_Cordier

  • Réseaux sociaux : faut-il bannir TikTok et Instagram aux moins de 15 ans ? | Parents.fr
    https://www.parents.fr/ado/addiction/faut-il-interdire-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-1145905

    Le projet de loi du gouvernement est loin de faire l’unanimité. Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est-il vraiment la solution pour les protéger ? Emmanuelle Piquet, thérapeute et maître de conférences, nous livre son éclairage et donne ses conseils aux parents
    L’essentiel

    Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une mauvaise idée, selon la thérapeute Emmanuelle Piquet : cela ne protège pas les jeunes, mais risque au contraire de les isoler et de les pousser à contourner les règles.
    Mieux vaut accompagner les adolescents, leur faire confiance, poser un cadre et dialoguer avec eux pour les aider à comprendre et réguler leur usage des réseaux sociaux.
    La priorité devrait être de réguler les plateformes elles-mêmes et leurs algorithmes, plutôt que de punir les jeunes utilisateurs.

    Le 31 décembre dernier, le gouvernement a annoncé vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès septembre prochain. Une manière de protéger les mineurs de l’exposition à des contenus inappropriés, du cyberharcèlement et des altérations du sommeil, selon les mots de l’exécutif. Emmanuelle Piquet, thérapeute et maître de conférences, a participé à la Commission d’enquête sur les effets de TikTok sur la santé mentale des mineurs. Elle nous apporte son éclairage sur ce projet de loi controversé.
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    Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?

    « Ils sont plus doués et plus prudents que nous »

    Emmanuelle Piquet le confie sans ambages, elle estime que ce projet de loi est “hors sol, en dehors de ce qui se passe sur le terrain pour les enfants et les adolescents”. “Je m’appuie à la fois sur ce que je constate de façon empirique en clinique et aussi sur des recherches comme celles de Grégoire Borst ou Anne Cordier. Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une très mauvaise idée”, explique-t-elle.

    La thérapeute rappelle que les adolescents de 2026 sont nés avec les écrans, ont grandi avec eux. “Ils sont plus doués, mieux avertis et souvent plus prudents que nous”, observe-t-elle. “Mais ils sont traités avec mépris par les adultes, qui aiment adopter une position de surplomb par rapport à eux”, poursuit-elle. “Il y a des adolescents vulnérables qui sont très en danger devant certains réseaux sociaux, notamment TikTok, mais je ne crois pas qu’on va les protéger en leur interdisant d’y accéder. Si on ne leur apprend pas à réguler leur usage, ils iront simplement chercher les infos ailleurs”.
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    6 idées reçues sur les dangers des écrans (et on démêle le vrai du faux)

    « Être à côté des enfants plutôt qu’entre eux et le monde »

    Emmanuelle Piquet souligne qu’il est naturel pour les parents de vouloir protéger leurs enfants, mais “on est plus utile, efficace et sécurisant en étant à côté d’eux qu’entre eux et le monde”, insiste-t-elle. Le risque est d’aggraver leur vulnérabilité et de les fragiliser. “La population adulte aurait intérêt à s’asseoir à côté des ados pour comprendre ce qu’ils vont chercher sur les réseaux et ce qui se passe vraiment sur TikTok”.

    Pour la thérapeute, il faut impérativement imposer une régulation à ces géants des réseaux sociaux pour qu’ils cessent de piéger et manipuler leurs utilisateurs avec des algorithmes nocifs. “Il faut être très ferme, aller plus loin et plus fort. On ne doit pas laisser aux géants la possibilité de gagner de l’argent sur la souffrance des ados. C’est à ce niveau-là qu’il faut agir, pas en disant aux ados qu’ils sont idiots et que la seule option est de leur interdire l’accès à TikTok ou Instagram”.

    “La population adulte aurait intérêt à s’asseoir à côté des ados pour comprendre ce qu’ils vont chercher sur les réseaux, et ce qui se passe vraiment sur TikTok”

    Emmanuelle Piquet, thérapeute
    Réseaux sociaux : ce qu’Emmanuelle Piquet conseille aux parents

    Les parents ont le choix entre “être autoritaire” et “faire autorité”, qui sont deux choses très différentes. Être autoritaire c’est interdire sans discernement. “Cela ne peut fonctionner que dans l’espace, très réduit en réalité, sur lequel on a un contrôle. En gros, on dit à l’ado qu’il n’est pas digne de confiance et ça génère de la dissimulation. Le risque est alors que l’ado ne parle pas à ses parents s’il lui arrive quelque chose sur les réseaux sociaux. La bonne conscience d’avoir tout fait pour protéger son enfant ne suffit pas”’, explique Emmanuelle Piquet.

    L’experte recommande plutôt d’accorder sa confiance à l’ado, tout en posant un cadre, singulier et adapté à chaque enfant et chaque situation. “Il faut lui dire : je te fais confiance, je veux juste te demander de m’en parler s’il t’arrive quelque chose de troublant, d’angoissant, de générateur de souffrance. Ça ne veut pas dire que j’interdirai, mais on va faire en sorte que tu te sentes moins mal’, conseille-t-elle. “Il faut aussi s’intéresser à ce qui se passe sur les réseaux sociaux, les regarder avec eux, leur poser des questions. Il faut vraiment faire l’effort de se mettre à côté d’eux”, conclut-elle.

    #Médias_sociaux #Adolescents #Psychologie

  • Règlement européen relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique | Arcom
    https://www.arcom.fr/actualites/reglement-europeen-relatif-la-transparence-et-au-ciblage-de-la-publicite-carac

    Un nouveau règlement européen pose de nouvelles obligations portant sur la transparence et le ciblage de la publicité politique.
    Le règlement relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique, dont les dispositions s’appliquent à compter du 10 octobre 2025, a pour objectif de répondre aux préoccupations relatives aux menaces de manipulation de l’information et d’ingérences étrangères, ainsi qu’à l’utilisation de techniques de ciblage avancées.

    Il y aurait de bonnes idées si la définition pouvait être plus claire. Car en l’état, toute prise de position (féminisme, écologie, contre ceci ou cela...) peut être concernée. Est-ce que la publicité gouvernementale ne serait plus un « service public », mais une « publicité politique » ? (ce qu’elle est de plus en plus par ailleurs, mais on pourrait penser revenir à un statut d’information publique sur des questions générales, notamment en matière de santé publique).

    Les objectifs du règlement

    Le règlement vise à garantir que les citoyens de l’Union européenne soient mieux placés pour faire des choix éclairés lors des élections en leur permettant :

    de reconnaître plus facilement les publicités à caractère politique ;
    de comprendre qui est à l’origine de ces publicités ;
    de savoir s’ils ont reçu une publicité ciblée.
    Image

    Une définition renouvelée de la publicité politique

    La « publicité à caractère politique » est définie comme une publicité élaborée, placée, promue, publiée, distribuée ou diffusée directement ou indirectement par ou pour le compte d’un acteur politique ou susceptible et conçue dans le but d’influencer le résultat d’une élection ou d’un référendum, un comportement de vote ou un processus législatif ou réglementaire.

    #Publicité_politique #Médias_sociaux #Economie_numérique #Médias

  • Addiction au scrolling : pourquoi ne sommes-nous plus capables de nous concentrer sur quelque chose sans regarder nos smartphones ?
    https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/calvados/caen/addiction-au-scrolling-pourquoi-ne-sommes-nous-plus-capab
    https://france3-regions.franceinfo.fr/image/aT3CgMf9G2j-88f04dtraxq_q48/930x620/regions/2025/11/10/illustration-reseaux-sociaux-smartphones-69120bb96e860056

    Écrit par
    Boris Letondeur
    Publié le
    10/11/2025 à 18h30

    Pendant plus d’une semaine, France Télévisions diffuse une Slow TV autour du Mont-Saint-Michel et des grandes marées. Une démarche de contemplation à contre-courant du scrolling et des modes de consommations actuels de contenus sur les réseaux sociaux, qui nous font bien souvent perdre concentration et attention.

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    Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi vous ressentiez l’envie irrépressible de prendre votre téléphone alors même que vous êtes en train de regarder un bon film ou une série, parfois même un livre ?

    Un moment un peu mou dans la narration, « Oh, je peux bien faire un peu de scrolling sur Instagram, TikTok, Facebook ou Snapchat... » Trop tard, vous avez perdu le fil de l’histoire, manqué un passage clé et vous en voulez d’avoir saisi ce satané smartphone, qui monopolise votre attention, ou qui perturbe votre concentration.

    Scroller sur smartphone, une addiction au sens premier du terme

    "C’est le principe même de l’addiction. Ça fonctionne pareil avec la drogue, l’alcool, les jeux d’argents, les casinos, explique Virgine Bagneux, maître de conférences en psychologie à l’Université de Caen. Voilà, ne vous culpabilisez pas trop, vous êtes tout simplement addict au smartphone et aux réseaux sociaux.

    Alors que les plus de 35 ans passent moins de deux heures par jour sur les réseaux sociaux, les 18-24 ans y consacrent 3h15 en moyenne selon un rapport de l’Insee paru en 2025. • © ALICIA WINDZIO / DPA
    De plus en plus de travaux en neurosciences montrent que le scrolling sur les réseaux sociaux a un impact sur notre cerveau, et notamment sur le circuit de la récompense.

    Notre cerveau est basé sur un système de récompense nourri par la dopamine, qui nous permet d’associer un comportement et un sentiment de plaisir. La dopamine est tellement stimulée par les réseaux sociaux que notre cerveau n’en produit plus de manière spontanée. Quand on cesse de scroller, notre système naturel n’est plus en capacité de reprendre le contrôle.
    Virgine Bagneux, maitre de conférence en psychologie à l’Université de Caen
    Des vidéos qui reproduisent l’hormone du bonheur

    Toutefois, sachez que vous n’êtes pas seuls, nous sommes des millions et ce n’est pas uniquement de notre faute. « En Chine et aux USA, les entreprises travaillent à développer des algorithmes dans cet objectif-là. Et ce sont les deux plus grandes puissances au monde », note Virginie Bagneux.

    En somme, difficile de lutter pour le quidam dans son canapé, harassé par sa journée de travail, qui a bien besoin de décompresser en regardant des vidéos ludiques programmées exprès pour qu’ils les regardent à l’infini.

    Les vidéos courtes sur les réseaux sociaux peuvent « contribuer à reproduire l’hormone du bonheur, ce qui est une bonne chose quand même, mais il faut savoir à un moment restaurer le contrôle, tempère la spécialiste. Je dois décider quand je m’adonne à cette activité et déceler quand ça devient délétère. Quels sont les effets néfastes de cette utilisation ».

    Sous peine de ne plus réussir à se concentrer, même sur des activités qui nous passionnent ou génèrent normalement de la satisfaction, du bonheur.

    La nécessité d’apprentissage social des réseaux sociaux

    Pour Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur spécialiste des technologies du web et de la culture numérique, il est nécessaire d’apprendre à apprivoiser notre utilisation des réseaux sociaux.

    Il fait remarquer que le même genre de remarques surgit dès lors qu’une invention majeure apparaît. « Ce n’est pas nouveau, on a dit la même chose au moment où la télé est passée avec la zapette. À la naissance du cinéma, les gens expliquaient qu’il n’y aurait plus besoin de manuels scolaires », explique-t-il.

    À lire aussi :
    Fort de son succès, la Slow TV au cœur des grandes marées du Mont-Saint-Michel prolongée jusqu’au 11 novembre
    Une grande différence tout de même avec les réseaux sociaux, c’est l’hyperpersonnalisation des contenus proposés, « la capacité des producteurs de médias sociaux à nous accrocher individuellement, avec des choses qui ne s’adressent qu’à nous ».

    Dès lors, que faire ? « De la même manière que l’on réduit la dépendance aux substances, la solution, c’est l’alternative. Est-ce qu’il y a dans l’environnement de l’individu des pratiques susceptibles de générer cette hormone du plaisir en passant par autre chose que le smartphone et les réseaux sociaux ? ».

    Il y a une accélération globale de la société, le sentiment qu’il faut tout faire plus vite. Les mouvements slow (slow life, slow food, slow science), peuvent être une solution. Ils ne résoudront pas le problème mais aident à prendre conscience. Il faut accepter d’ignorer quelque chose qui se passe à côté, reprendre la capacité à aller au fond des choses.
    Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur à l’Université de Caen, spécialiste des technologies du web et de la culture numérique
    Pour Hervé Le Crosnier, s’en sortir relève autant de la question individuelle que des choix politiques. « Peut-être qu’il faut bloquer l’appétit de pouvoir des gens qui font les médias sociaux. Il y a une proposition politique intéressante qui est d’interdire le défilement continu, en demandant à l’utilisateur son autorisation toutes les vingt vidéos par exemple ».

    Individuellement, une solution peut aussi être « dans l’approfondissement, dans la contemplation », plaide le spécialiste des questions numériques.

    « Les distractions sont plus nombreuses, on fait plus de choses que les générations plus anciennes. Se pose la question de la société dans laquelle on veut vivre. A-t-on besoin de ralentir ? », s’interroge Virgine Bagneux, qui rappelle que d’après des études, « plus la consommation de réseaux sociaux est importante, plus l’humeur est mauvaise ». 

    La slow TV, un dispositif spécial

    Plongez dans cette expérience unique sur la plateforme de France Télévisions. La Slow TV consacrée aux grandes marées au Mont Saint-Michel est à vivre en direct depuis le lundi 3 novembre.

    Chaque jour sur France 3 Normandie à partir de 10 heures, retrouvez notre émission spéciale « Grandes Marées » pour vibrer au rythme de ce lieu mythique.

    Revivez les plus beaux instants et moments forts de chaque journée sur nos réseaux sociaux : Instagram, Facebook, Threads et TikTok ainsi que sur notre chaîne Youtube.

    #Slow_tv #Médias_sociaux #Doomscrolling

  • Les réseaux sociaux sont-ils morts ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/tech-internet/reseaux-sociaux-morts-bots-intelligence-artificielle-deepfakes-doomscrolling-p

    Divertissement et isolement

    Cela est notamment lié au fait que les réseaux sociaux sont aussi paradoxalement devenus progressivement des plateformes sur lesquelles les interactions sociales se raréfient, au profit d’un doomscrolling à cheval entre la distraction et l’angoisse, qui n’engage plus de communication directe.

    Depuis 2014, la proportion de personnes déclarant utiliser les plateformes sociales pour rester en contact avec leurs amis, s’exprimer ou rencontrer de nouvelles personnes a diminué de plus d’un quart. Dans le même temps, l’usage des applications ouvertes machinalement pour tuer le temps n’a fait qu’augmenter, comme le relève le Financial Times.

    #Médias_sociaux #Doomscrolling

  • Les enfants et adolescents face aux fake news - Next
    https://next.ink/198917/les-enfants-et-adolescents-face-aux-fake-news

    Un enfant de 11 ans peut-il distinguer une fausse information d’une vraie ? Non, selon une étude portée par des chercheurs du CNRS. Problème, ils sont pour certains déjà abreuvés aux réseaux sociaux. Néanmoins, leur esprit critique s’affine avec l’âge. Attention néanmoins à ne pas basculer de l’esprit critique à la théorie du complot.

    Sébastien Gavois

    Le 08 septembre à 10h58

    6 min

    Réseaux sociaux

    Dans un article récent, le Journal du CNRS explique que « oui, les adolescents peuvent se défendre » face aux fake news. Entre les réseaux sociaux, des sites d’actualités générées en tout ou partie par des IA et mis en avant par Google, on se retrouve assez facilement confronté à des infox en masse.

    « Ces fausses nouvelles volontairement fabriquées et diffusées pour piéger le public et influencer les opinions, constituent donc un enjeu social, mais aussi politique : manipulation d’élections, influence sur les campagnes de vaccination, etc. », rappelle le CNRS : « Or tous les individus ne sont pas armés face aux fake news, notamment les adolescents, dont le développement cérébral ne s’achève qu’entre 20 et 25 ans ».

    Société
    [Récap] Nous avons découvert des milliers de sites d’info générés par IA : tous nos articles

    Samedi 08 mars 2025 à 08h29
    44

    Les collégiens face aux fake news

    Une étude menée par Marine Lemaire, doctorante en psychologie au LaPsyDÉ (Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Éducation de l’enfant, CNRS) et publiée dans Nature s’est intéressée au sujet. Elle a proposé à 432 enfants de 11 à 14 ans 56 nouvelles (50 % de vraies, 50 % de fausses) sous la forme de « posts » sur des réseaux sociaux, avec un titre, une accroche et une image.

    Premier enseignement : « plus les collégiens sont âgés, mieux ils repèrent les fausses informations parmi les 56 soumises, et ce, quel que soit leur genre (le milieu social n’a pas été exploré) ». Selon les conclusions de l’étude, « le développement de la capacité à identifier les fake news est en partie lié au développement de la capacité de raisonnement ».

    Autre enseignement : « Plus on voit une information, plus on a tendance à croire qu’elle est vraie. C’est un biais très robuste, détecté dès l’âge de 5 ans », identifié en 1977 et connu sous le nom d’effet de vérité illusoire. Avec les fausses informations reprises en boucle sur les réseaux sociaux, c’est un biais important. Cette fois-ci, « ni l’âge ni la capacité de raisonnement n’influent sur l’effet de répétition » ; les adultes ne sont ainsi pas épargnés.

    Encore récemment, nous avons eu le cas avec l’histoire (fausse) des 2,5 milliards de compte Gmail compromis, ou bien cette rumeur relayée par de nombreux médias sur les voitures de plus de 10 ans soumises à un contrôle technique annuel. Nous pourrions multiplier les exemples tant ils sont nombreux.
    Développer son esprit critique, sans devenir complotiste

    Une partie de l’étude s’est intéressé aux jeunes de 11 ans, c’est-à-dire ceux qui vont entrer au collège : « En moyenne, nous n’avons pas trouvé de différence significative du point de vue statistique », explique Marine Lemaire, au point de ne pas encore être capable de différencier une vraie nouvelle d’une infox.

    La bonne nouvelle, selon Grégoire Borst, directeur du LaPsyDÉ et co-auteur de la publication, c’est qu’il est possible d’expliquer aux enfants le fonctionnement des algorithmes, mais… encore faut-il en avoir conscience soi-même, et bien le comprendre. Il milite donc pour que l’éducation aux médias et à l’information soit renforcée.

    Vie Publique rappelle qu’une « circulaire du ministère de l’Éducation nationale de janvier 2022 renforce et généralise l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Face aux nombreux flux d’informations, à la diversité des sources et à la multiplicité des supports, il apparaît nécessaire de former les élèves à s’informer ». Mais sur le terrain, il reste encore beaucoup de travail.

    L’article a été mis à jour le 30 mars sur Vie Publique, mais dans la partie dédiée à la lutte contre la désinformation, les derniers articles parlent du rapport de Viginum sorti en février dernier au sujet des actions de désinformations russes en lien avec la guerre en Ukraine, et des élections européennes de 2024. Ce ne sont pourtant pas les fausses informations qui manquent…

    Antonio Casilli, professeur de sociologie à Télécom Paris, rappelait en 2022 que « les algorithmes qui déterminent le fil d’information de chaque utilisateur sont optimisés pour mettre en avant des messages percutants et provoquant des réactions émotionnelles fortes. Une sorte de “prime” à l’émotion et à la controverse, laquelle incite l’utilisateur à prolonger sa connexion. C’est pourquoi les fake news les plus outrancières bénéficient d’une large diffusion ».

    Mais le chercheur met aussi en garde contre un effet pervers qui peut rapidement arriver : « La vraie difficulté que nous rencontrons est de développer la pensée critique des adolescents, tout en évitant qu’ils se mettent à douter de toutes les informations. Sinon, ils risquent de se réfugier sur des sites diffusant uniquement des informations avec lesquelles ils sont déjà d’accord, voire d’adhérer à des théories complotistes ».
    « Cultiver le doute raisonnable »

    Rappelons que X et Meta ont fortement modifié leur politique de modération et de lutte contre la désinformation. Au début de l’année, nous expliquions que « Facebook, Instagram et Threads abandonnent leurs programmes de vérification des informations, au profit d’une modération assurée par les utilisateurs finaux, à la façon des Community Notes instaurées sur X ».

    Grégoire Borst recommande donc de « cultiver le doute raisonnable » et de prendre l’habitude de vérifier une information au moindre doute, ou si elle paraît trop belle pour être vraie, trop sensationnelle, bref « trop » quelque chose.

    Pour Marine Lemaire, il ne faut pas stigmatiser les adolescents, qui détectent de mieux en mieux les fake news en grandissant. Enfin, « ils ne les repartagent pas forcément – au contraire, par exemple, des personnes âgées », rappelle le Journal. Une étude avait ainsi révélé que, lors de la ­présidentielle de 2016 aux États-Unis, les plus de 65 ans partageaient en moyenne 7 fois plus de fake news sur Facebook que les 18 - 29 ans.

    #Fake_news #désinformation #Médias_sociaux #Adolescents #EMI #Education_médias_information

  • Grieving parents urge self-protection as lawmakers struggle to rein in social media |
    https://capitol-beat.org/2025/09/grieving-parents-urge-self-protection-as-lawmakers-struggle-to-rein-in

    Intéressant : pour une fois la mise en cause des entreprises et de leur modèle dans le cas des abus par les usagers qui peuvent mener au suicide. Et une démonstration de la force et du pouvoir de ces même entreprises pour limimter toute régulation qui porterait atteinte à leurs bénéfices.

    Accessoirement, j’ai bien aimé la référence au livre de Tim Hwang qui explique très clairement ce rôle de l’économie des plateformes et de la publicité numérique. Et je ne dis pas seulemence cela parce que nous avons traduit et publié cet excellent livre.

    by Ty Tagami | Sep 5, 2025 | Capitol Beat News Service

    ATLANTA — Vincent LaBella did not see signs that his daughter was suffering until the police issued a warrant that allowed him to see the social media activity on her phone.

    He had noticed that his young teen was glued to the device, but so were her friends. They would sit in the car together tapping out messages rather than talking.

    Then, in early February, a day after Amaya LaBella hosted a small party at her family’s Buckhead home, she died by suicide.

    Her Snapchat account told her parents why.

    “Her whole friend group turned on her and there was a text chain one night that was going on for four or five hours,” Vincent LaBella said.

    TikTok’s algorithm started feeding her sad songs and memorials of children who had died, he said. “And it just kept pushing her deeper and deeper in a hole.”

    He called her phone “poison.”

    LaBella was among several parents who testified at a recent legislative hearing about the impact of social media on children.

    The Georgia General Assembly has already tried to rein in the platforms, passing a 2024 law that limited their access to children.

    It had bipartisan support, but the industry sued and, in June, a federal judge in Atlanta issued a preliminary injunction against enforcement.

    So lawmakers are looking for another way to restrain them.

    They may succeed, but the corporations have power and influence, and are sure to fight back, said Ben Pargman, whose son, Manny, was 18 when he died by suicide in December.

    It happened nine days after the college freshman had turned in an English paper about smartphone dependency leading to anxiety and depression, Pargman told lawmakers at that same hearing.

    He encouraged them to impose limitations on the industry but also tempered expectations.

    “I applaud you for this undertaking and what you’re about to do,” he said, adding, “You’re going to get pushback. The industry is well funded. They are well organized, and you will hear from them.”

    Pargman said in an interview that he expects it will take years for regulations to take hold, much like the lengthy battles to restrict smoking and to require seatbelts and air bags in automobiles.

    In the meantime, he advised parents to learn about the industry’s practices and to talk about it with their children.

    Like many who testified at the first hearing of the state Senate study committee, Pargman urged parents to read the book The Anxious Generation, by Jonathan Haidt, who teaches ethical leadership at New York University’s business school. Haidt reports that the marriage of smartphones and social media around 2010 birthed a generation of anxious and depressed adolescents, as mental illness diagnoses for undergraduates skyrocketed.

    Pargman’s son graduated from high school in Sandy Springs, so he gets invited to talk to schools there. He tells students they are not broken if they feel depressed. They should talk with friends, parents or teachers about it. And if a friend discloses suicidal feelings, violate that trust and report it to an adult who can intervene.

    It is better to lose a friendship than a friend, he coaches them, warning that they are “crash test dummies” for social media platforms and device makers.

    But the main responsibility lies with parents, he said. In this era, knowing the risks, they should tell their kids to come to them if they are having suicidal thoughts.

    “We don’t have those conversations with our children,” he said. “And in the absence of that conversation and in that silence our kids don’t know how to handle it. And where do they go? They go to their phones. And once they got locked into social media — and now AI — they’re on a downward spiral whirlpool into the pits of hell.”

    That is what happened to Alex Peiser, said his mother, Sharon Winkler.

    He was a happy kid, active in band, theater and his church group, she said, until a breakup with a girlfriend in 2014. He died a few days later.

    Winkler had seen no hint of his spiral to suicide until she read the note he left behind.

    He had gone online for support but found discouraging responses on Instagram. He also came across dark memes, such as images of corpses.

    “He was sad because he had a breakup, so he would linger on these and the algorithm would say ‘oh good he wants more of this content’,” Winkler said in an interview after she testified at the legislative hearing. “So even though he didn’t type in ‘I want to see suicide content,’ he was getting fed it anyway just because he lingered on it.”

    After three days of being “pummeled” with this he couldn’t take it anymore, she said. She told the lawmakers that the social media business model is to blame. Companies need to deliver users to advertisers, and their algorithms can zero in on what each person demonstrates they want to consume, she said.

    Winkler said she learned from books such as “Subprime Attention Crisis,” by Tim Hwang of Georgetown University, who dissected the business model; and “Robin Hood Math: Take Control of the Algorithms That Run Your Life,” by Noah Giansiracusa, who teaches math at Bentley University.

    Now, whenever her granddaughter by another son visits, she grabs the girl’s devices and tightens all the privacy settings on her apps.

    Most parents probably do not know their way around these settings, though.

    Schools do what they can to educate children and parents. That 2024 state law also required schools to teach students about the dangers of social media.

    Samantha King, the director of technology and media services for the Savannah-Chatham Public School System, said the district is complying and offers such training for parents, as well.

    So do some nonprofit organizations, she said, adding that it is not enough to address the problem.

    “It’s not reaching the masses,” she said. “It’s only very small little pockets of people who take the initiative to learn more.”

    She understands what parents go through. After her daughter changed schools, she and her husband decided to get her an iPhone. She is only 9, but King said she wanted to stay in touch with friends.

    So King used parent controls to limit her daughter’s access to apps between 8:30 a.m. and 6 p.m. so she can only play on the device when they are watching. She also cranked up the privacy settings, to limit what her girl can access and who can see her on interactive games such as Roblox, an app that experts warned lawmakers about.

    It takes time, but anyone can do it, King said. Open the “Tips” app in iOS and search for “child,” then dive in.

    She knows the day will come when her daughter has full control of her life online, so she plays Roblox alongside her and coaches her through other platforms, hoping to instill some wisdom.

    “If I can keep sheltering her, I can maintain that level of innocence,” King said. “Once we open them up to so much, we kind of take that away unintentionally.”

    Pargman’s son was exposed to platforms and apps before the risks were as well known. Pargman said he advises kids to treat mental illness like one treats the flu. Do not ignore it; get help.

    “Talk about it. It’s okay. It doesn’t mean you’re broken,” he said. “But you can be if you don’t address it.”

    EDITOR’S NOTE — This story includes discussion of suicide. If you or someone you know needs help, the national suicide and crisis lifeline in the U.S. is available by calling or texting 988. There is also an online chat at 988lifeline.org

    #Suicide #Médias_sociaux

  • « Les élèves méritent mieux que l’interdiction de leur portable au collège »
    https://www.la-croix.com/a-vif/les-eleves-meritent-mieux-que-l-interdiction-de-leur-portable-au-college-2

    Anne Cordier
    Professeure en Sciences de l’information et de la communication, Université de Lorraine, Crem – Centre de recherche sur les médiations
    Publié le 1 septembre 2025 à 13h15 Lecture : 3 min
    « Plus qu’une question technique ou administrative, l’éducation au numérique est une éducation à la citoyenneté. »
    « Plus qu’une question technique ou administrative, l’éducation au numérique est une éducation à la citoyenneté. » THOMAS SAMSON / LE PARISIEN/MAXPPP
    L’interdiction des smartphones au collège, déjà prévue par la loi depuis 2018, est mise en place à partir de ce 1er septembre. Elle ne représente pas une solution pérenne, selon la chercheuse Anne Cordier, qui défend une éducation aux usages du numérique plutôt qu’une privation stérile.

    En cette rentrée 2025, l’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège revient au premier plan, désormais accompagnée du dispositif « portable en pause ». L’intention est louable : garantir des conditions d’apprentissage sereines. Mais cette mesure est surtout un trompe-l’œil. Interdire rassure, donne l’illusion que l’on agit, tout en masquant une réalité plus dérangeante : l’absence d’imagination et de puissance d’action des politiques publiques pour inventer et mettre en œuvre des réponses éducatives fortes et durables, capables d’accompagner les enfants et les adolescents dans leur rapport au numérique, jour après jour.

    L’interdiction n’est pas nouvelle : la loi du 3 août 2018 la prévoit déjà dans les établissements scolaires. En soulignant à nouveau son urgence, les discours officiels laissent croire que les écoles et collèges seraient des lieux de laxisme, où directions et enseignants seraient débordés. Ce n’est pas rendre justice au travail considérable réalisé depuis plusieurs années pour faire respecter la règle.

    Surtout, l’interdiction s’accompagne d’un emballage discursif qui interroge. Lors de son discours de rentrée, la ministre de l’éducation nationale a évoqué un « fléau de la surexposition aux écrans » et les « dégâts du cyberharcèlement ». Bien sûr, les inquiétudes sont légitimes : personne ne nie les faces sombres, très sombres, du numérique. Mais la recherche est claire : chez les enfants et adolescents, le cyberharcèlement, par exemple, relève d’abord et avant tout du harcèlement.

    C’est sur ce socle qu’il faut agir, avec dialogue et prévention, bien davantage que sur l’accès à l’objet technique par lequel il se prolonge. Concentrer l’attention sur le portable, c’est risquer de détourner le regard de ce qui fait vraiment la différence : apprendre à vivre ensemble, à se respecter et à comprendre et soigner les interactions humaines, en ligne comme hors ligne.

    Comprendre le monde numérique

    De même, l’addiction aux écrans, qui fait couler tant d’encre hautement lucrative, n’existe pas dans le DSM-5, la classification internationale des troubles mentaux. Parler d’« épidémie » ou de « pathologie » nourrit un climat anxiogène et peu respectueux des jeunes, au lieu de poser sereinement la question de leurs usages. Il y a pourtant tant à faire : comprendre et accompagner ce fameux Fomo (« fear of missing out », la peur de manquer quelque chose) qui alimente les usages compulsifs ; aider à résister aux stratégies de captation de l’attention, ressource si précieuse pour apprendre ; donner des clés pour comprendre les logiques de fonctionnement des plateformes.

    Les adolescents eux-mêmes en sont conscients. Ils sont nombreux à confier leur désarroi face aux heures passées à scroller, à reconnaître la force d’attraction des réseaux sociaux numériques et à dire combien il leur est difficile de résister à la notification qui clignote. Beaucoup accueillent même l’interdiction sans hostilité : ils savent qu’ils ont besoin de concentration pour leurs apprentissages, et qu’un soutien collectif est précieux pour trouver un équilibre. Ce ne sont pas des enfants perdus : ce sont des personnes désireuses de comprendre ce monde numérique, d’en percer les mécanismes, et d’apprendre à en faire un allié plutôt qu’un obstacle.

    Leurs usages en témoignent : loin de se limiter à « scroller » passivement, beaucoup s’informent, lisent la presse en ligne, échangent autour de leurs mangas et animes préférés, écrivent de la fiction, seuls ou à plusieurs. Comment aborder ces pratiques de façon apaisée et dialoguée sous le spectre d’une interdiction brandie sous prétexte de pratiques déviantes ?

    L’absence d’ambition éducative

    Dans les établissements, la mise en œuvre concrète du dispositif « portable en pause » est tout sauf secondaire. Elle requiert des investissements matériels – casiers, pochettes, parfois financés par les familles – et une logistique quotidienne lourde pour les équipes éducatives. Les chefs d’établissement, personnels d’éducation et enseignants, loin d’être dupes, rappellent dans la presse que leur mission n’est pas de confisquer, mais de faire grandir, d’ouvrir les horizons. Ils savent que le vrai défi n’est pas de ranger les portables, mais d’accompagner les élèves dans l’apprentissage d’un usage réfléchi et autonome du numérique.

    Il faut donc leur faire confiance. Confiance pour appliquer la mesure avec discernement, non comme une fin en soi, mais comme un levier d’éducation. Confiance pour dépasser les projets ponctuels ou les « journées spéciales » dont est si friande l’institution scolaire, et construire une véritable progression d’apprentissage au numérique, aux médias et à l’information tout au long de la scolarité.

    Plus qu’une question technique ou administrative, l’éducation au numérique est une éducation à la citoyenneté. Elle doit être émancipatrice, tournée vers l’avenir, et portée par une véritable ambition éducative. (Faire) croire qu’une interdiction suffira, c’est renoncer à cette ambition. Les enfants et les adolescents méritent mieux : un accompagnement solide, respectueux et enthousiaste, qui leur donne les moyens de comprendre, de résister et de créer dans le monde numérique qu’ils habitent déjà.

    #Anne_Cordier #Education #Médias_sociaux #Téméphone_mobile

  • Comment protéger nos enfants des écrans et des réseaux sociaux ? Le point avec un chercheur de Nantes - HIT WEST
    https://hitwest.ouest-france.fr/comment-proteger-nos-enfants-des-ecrans-et-des-reseaux-sociaux-

    Alors qu’Emmanuel Macron souhaite une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans dans toute l’Europe, les plateformes ne semblent pas prêtes à prendre leur part de responsabilité. Alors comment se prémunir des risques ? Olivier Ertzscheid connait bien le sujet, il est enseignant chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Nantes .

    Harcèlement, risques sur la santé mentale, dysmorphophobie, addictions, désinformation... Les raisons de limiter voire interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes sont nombreuses. Une interdiction pure et simple de ces plateformes aux moins de 15 ans, c’est même le souhait d’Emmanuel Macron qui l’a répété cette semaine, lors de la remise des prix « Non au harcèlement » au palais de l’Elysée.

    Au-delà des réseaux sociaux, les professionnels s’accordent à dire que l’exposition aux écrans à un jeune âge est particulièrement toxique pour la santé mentale. Fin avril déjà, cinq sociétés savantes, dont la Société française de pédiatrie, appelaient à proscrire les écrans pour les moins de six ans. Des écrans jugés délétères car ils altèreraient durablement leur santé et leurs capacités intellectuelles.

    Pas d’écran avant de 3 ans, jamais d’écran tout seul entre 3 et 6 ans

    Pourtant quand on est parent, quelques règles s’imposent, selon Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Nantes. « La règle qui fait à peu près consensus, c’est celle formulée notamment par le psychiatre Serge Tisseron : pas d’écran avant de 3 ans, jamais d’écran tout seul entre 3 et 6 ans, et de 6 à 9 ans, un accompagnement éducatif avec un temps d’écran limité.

    La période clé est vraiment la période de la toute petite enfance, quand un enfant est devant un écran, il n’a pas d’interaction visuelle directe avec d’autres enfants ou d’autre adultes, toute la maturité émotionnelle passe par le rapport à l’autre, et après dès qu’on arrive dans une phase d’adolescence, les écrans ne sont pas toujours des ennemis toxiques, tels qu’on se plaît souvent à le décrire de manière un peu caricaturale, il y a beaucoup d’essais de socialisation qui chez les adolescents passent aussi par les écrans, parce qu’ils sont en lien avec d’autres adolescents, malheureusement il y aussi un nombre de dérives très importantes ».
    Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur à Nantes

    Au cœur du problème, notamment, le réseau social TikTok et son absence de réglementation. "Toutes les 6 à 10 secondes on a une interaction, cela veut dire qu’on passe à la vidéo suivante, on revisionne la vidéo en boucle et chaque fois qu’on interagit avec un algorithme, on lui donne de l’information et il nous connaît de mieux en mieux.

    C’est ce qui fait que cet algorithme de TikTok est présenté comme très addictif. Comme on a un rythme d’interaction très fort avec lui et comme il s’agit en plus de publics très jeunes, le rapport qui va s’installer va très vite être un rapport de dépendance. Il est de la responsabilité de la plateforme TikTok d’éradiquer les contenus qui sont clairement identifiés comme des contenus toxiques. Ces plateformes savent parfaitement repérer ces contenus problématiques et dangereux et elles refusent, pour des raisons qui sont principalement économiques.

    Ces plateformes doivent « les modérer efficacement, c’est-à-dire les retirer, ou éviter que des publics dont elles connaissent l’âge ne se retrouvent face à ces contenus-là ». Une donnée interroge, celle fournie par la CNIL : en 2021, l’âge moyen d’inscription sur un réseau social dans notre pays s’élevait à 8,5 ans alors que ces plateformes sont en théorie prohibées pour les moins de 13 ans.

    Peaux lisses, corps saillants, fitres à tout-va... Les codes d’Instagram ou de TikTok peuvent entraîner une perte d’estime de soi. Les utilisateurs peuvent même développer un trouble, la dysmorphophobie, qui se caractérise par une obsession constante relative à des défauts physiques, souvent minimes voire même inexistants aux yeux des autres.

    Le phénomène « SkinnyTok »

    « À force d’être confrontés à des représentations travaillées avec des filtres et qui ne sont pas des vrais visages ou corps, on arrive par effet miroir à trouver que son propre visage ou son propre corps ne correspond pas à ces standards que l’on voit en ligne. On en a beaucoup parlé par exemple avec ce qu’on appelle le SkinnyTok c’est-à-dire sur TikTok, ces corps d’adolescents et de jeunes adultes extrêmement amaigris qui tendent à définir une espèce de standard de beauté puisque l’algorithme de TikTok choisit de les mettre en permanence en avant alors qu’il sait pertinemment que derrière ça va occasionner ou aggraver en tout cas un certain nombre de phénomènes liés à des troubles alimentaires ».
    Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur à Nantes

    Preuve que le cyberharcèlement est un phénomène d’ampleur, 20% des 6-18 ans ont été confrontés aux violences en ligne. Un chiffre porté à 60% chez les 18-25 ans. Le harcèlement en ligne est puni sévèrement par la loi : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Ces peines peuvent êre plus lourdes si la victime est mineure.

    #Médias_sociaux #Olivier_Ertzscheid

  • Plus de 1.400 euros de retraite sans travailler ? Attention à ces publications trompeuses
    https://fr.news.yahoo.com/1-400-euros-retraite-travailler-170302048.html
    https://media.zenfs.com/fr/afp_factcheck_fr_809/39f4f6bd5e74921fb8e93736035e6443

    Gaëlle GEOFFROY / AFP France
    ven. 24 janvier 2025 à 6:03 PM UTC+1
    Sous certaines conditions, une personne seule, à l’âge de la retraite, peut percevoir un millier d’euros bruts mensuels, même si elle n’a jamais travaillé : c’est l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ou « minimum vieillesse », destinée à soutenir les plus fragiles. Certains internautes partagent la photo d’un relevé de 1400 euros brut en affirmant, pour s’en indigner, qu’il s’agit de celui d’une personne qui « n’a jamais travaillé ». Mais c’est inexact : le document correspond à une situation différente et montre la pension de quelqu’un qui a travaillé 25 ans. En outre, les posts viraux -en attirant les internautes via un sujet clivant- servent avant tout à les diriger vers des sites internet bourrés de publicités.

    « Voici le montant de la retraite d’une personne qui n’a jamais travaillé... », affirment des utilisateurs de Facebook dans des publications relayées depuis le 20 janvier 2025, parfois partagées des centaines voire des milliers de fois pour deux d’entre elles (archives 1, 2).

    Y figure un visuel on l’on peut lire en toute dernière ligne un « montant brut » de « 1.439,54 euros » et un « montant net » de « 1.206,52 euros ».

    Cette image provoque des milliers de commentaires parfois outrés - « Ceux qui ont travaillé ont moins que ça !!! Une honte » - ou incrédules - « Ça m’étonnerait qu’une personne qui n’a jamais travaillé de sa vie touchera 1200 euros/mois. Ça reste une légende ».

    Les publications ayant généré le plus de partages conseillent en outre de « voir le 1er commentaire », « commentaire » qui consiste en fait à chaque fois en un lien vers des articles sur le thème du départ à la retraite sur deux sites internet.
    <span>Captures d’écran, réalisées le 23 janvier 2025, de publications sur Facebook</span>
    Captures d’écran, réalisées le 23 janvier 2025, de publications sur Facebook

    Plusieurs éléments laissent penser que ces posts semblent n’avoir d’autre but que de générer du trafic vers ces sites internet, en attirant l’internaute au travers d’un post accrocheur susceptible de créer de l’émotion.

    En l’occurrence, comme nous le verrons, le visuel est un relevé de retraite complémentaire d’un ancien salarié ayant travaillé pendant 25 ans.

    S’il est certes possible pour les personnes n’ayant jamais cotisé de percevoir une allocation, le montant brut pour une personne seule est en réalité une fois et demie inférieur à la somme visible dans ces posts.
    Image d’un tout autre sujet

    Ces posts utilisent un visuel qui n’a rien à voir avec le montant auquel pourrait prétendre un retraité qui n’aurait jamais travaillé.

    En faisant une recherche d’image inversée dans Google, on le retrouve apparaissant dans un reportage de franceinfo datant de septembre 2022 (archives 1, 2). Or il traite non pas de la possibilité de percevoir une pension sans avoir travaillé, mais d’une hausse de 5% attendue pour novembre 2022 des pensions complémentaires - versées par des caisses de retraite complémentaire en plus de la retraite versée aux ex-salariés par le régime général de la Sécurité sociale.

    A la 22e seconde du reportage, on voit bien apparaître la même image que celle des posts viraux sur les réseaux sociaux, au moment où le reportage donne la parole à un retraité ayant travaillé pendant 25 ans dans une sucrerie. Il s’agit d’une « attestation de paiement détaillé » de ses pensions.

    Avec une retraite de base de « 1.200 euros nets » et un montant complémentaire de « 995 euros », dit le journaliste, la hausse de 5% de sa pension complémentaire en novembre 2022 lui permettra de percevoir un peu plus de 47 euros supplémentaires par mois, précise le retraité interviewé.
    <span>Capture d’écran, réalisée le 23 janvier 2025, d’une séquence du reportage de franceinfo datant de 2022 où apparaît l’image utilisée dans les posts trompeurs viraux en janvier 2025</span>
    Capture d’écran, réalisée le 23 janvier 2025, d’une séquence du reportage de franceinfo datant de 2022 où apparaît l’image utilisée dans les posts trompeurs viraux en janvier 2025

    Rien à voir donc avec la situation d’une personne qui n’aurait jamais travaillé de sa vie, comme l’affirment à tort les posts viraux deux ans et demi plus tard.

    De plus, même s’il est bien possible, sous certaines conditions, de percevoir une allocation sans avoir jamais travaillé, les montants visibles dans ces posts sont supérieurs à ce qu’il est possible de toucher au maximum dans la réalité.
    1.034 euros bruts maximum par mois, pas 1.439 euros

    Cette possibilité est ouverte par l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ou minimum vieillesse, une allocation qui permet de toucher à la retraite un montant minimum si l’on n’a pas suffisamment cotisé aux régimes de retraites voire jamais travaillé (archive).

    Le montant maximum de l’Aspa, c’est-à-dire le montant versé si l’allocataire ne dispose d’aucune autre ressource, était au 1er janvier 2025 de 1.034,28 euros bruts par mois pour une personne seule, selon le site gouvernemental Service public - soit 405 euros de moins que ce qui est avancé dans les posts trompeurs (archive).

    En outre l’Aspa n’est pas une pension de retraite, qui serait financée par des cotisations ; c’est, comme son nom l’indique, une allocation, financée par l’Etat, qui a assure des moyens de subsistance minimums aux plus démunis.

    Il faut par ailleurs remplir plusieurs conditions pour pouvoir la percevoir, rappelle la Caisse nationale d’assurance retraite (Cnav) sur son site internet : être retraité et avoir au moins 65 ans (62 ans si vous êtes reconnu inapte au travail ou atteint d’une incapacité permanente d’au moins 50 %), résider au moins neuf mois sur douze en France, selon des conditions de séjour conformes à la loi, et avoir des ressources inférieures à 1.034,28 euros bruts par mois pour une personne seule et 1.605,73 euros pour un couple (archive).

    L’Aspa est cumulable avec d’autres ressources tant que le montant total ne dépasse pas le plafond de ressources établi pour percevoir l’allocation.
    <span>Dans une maison de retraite du sud-ouest de la France le 16 janvier 2024</span><div><span>MATTHIEU RONDEL</span><span>AFP</span></div>
    Dans une maison de retraite du sud-ouest de la France le 16 janvier 2024
    MATTHIEU RONDELAFP

    La Cnav, assurance retraite du régime général des salariés, « ne verse l’Aspa qu’aux personnes ayant une retraite de l’Assurance retraite », a précisé cette dernière à l’AFP le 22 janvier. Pour les personnes ne touchant pas de retraite, l’Aspa est versée par le Service de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Saspa), qui dépend de la Mutualité sociale agricole (MSA), a-t-elle précisé (archive).

    Fin 2022, sur les 17 millions de retraités de droit français, 559.220 personnes percevaient l’Aspa, selon l’édition 2024 du panorama social dressé par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui dépend du ministère de la Santé (archive).

    L’AFP a déjà vérifié des allégations trompeuses ou fausses concernant la possibilité de percevoir une allocation sans avoir travaillé ou sur les petites retraites (1, 2, 3). La thématique des aides sociales est aussi souvent détournée sur les réseaux sociaux, comme l’ont démontré plusieurs de nos articles de vérification (1, 2).
    Générer des clics

    Les allégations relayées ont interpellé les internautes, avec des milliers de partages et de commentaires (jusqu’à plus de 16.000 pour le plus gros post identifié par l’AFP), des milliers de réactions signifiées à l’aide d’émojis, et une multitude de petits posts partagés dans leur sillage.

    Le « 1er commentaire » qu’il est conseillé de « voir » est en fait un lien qui mène vers deux articles traitant de la retraite sur deux sites distincts, centrés sur des questions de consommation ou de santé, qui touchent à la vie quotidienne des Français. L’article sur le premier site explique « à quel âge » le lecteur pourrait « partir selon [son] année de naissance », avec des informations factuelles, le second explique « à quoi vous pouvez prétendre » à la retraite « si vous n’avez jamais travaillé ».

    Ce procédé laisse penser que les posts que nous examinons « vont chercher de l’audience sur Facebook en mettant un pavé dans la mare sur le sujet de la retraite, un sujet très débattu, générateur de buzz, pour emmener ensuite les internautes sur les sites en question », a commenté Sophie Chauvet, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’université de Toulouse, auprès de l’AFP le 24 janvier 2025 (archive).

    « Cela fait augmenter l’attention, le volume de clics et d’engagements », qui pourraient ensuite être monétisés auprès d’acteurs de la publicité en ligne ou de la recommandation de contenus. Dans ce cas, « Facebook est un outil de ramassage d’attention en masse », résume-t-elle.

    Le public visé semble toutefois bien ciblé, ajoute-t-elle, à savoir des quinquagénaires et sexagénaires, générations « qui utilisent le plus Facebook de nos jours ». « Le sujet choisi, la retraite, les touche directement », et les noms de certains profils relayant le post ("Bisoutendresse", « J’aime ma maman et que Dieu la protège », etc) ont le potentiel de les toucher plus particulièrement.
    <span>Logo de Facebook sur des écrans de smartphones le 3 avril 2024</span><div><span>KIRILL KUDRYAVTSEV</span><span>AFP</span></div>
    Logo de Facebook sur des écrans de smartphones le 3 avril 2024
    KIRILL KUDRYAVTSEVAFP

    Mais pourquoi inclure le lien vers les sites dans un premier commentaire plutôt que dans le post ? « Il est probable que le fait de cliquer sur ’voir les commentaires’ soit un signal d’engagement ’élevé’ pour l’algorithme de Facebook. Et les images en post natif [originel, NDLR] ont plus de visibilité que si elles sont accompagnées d’un lien », décrypte Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication et maître de conférences à l’université de Nantes, tout en relevant que la configuration de l’algorithme de Facebook reste toutefois opaque (archive).

    « En général les algorithmes de ces plateformes pénalisent les liens sortants inclus dans les posts natifs - puisque l’enjeu est que vous restiez ’dans’ la plateforme », a-t-il ajouté dans un email à l’AFP le 24 janvier 2025. « En mettant le lien dans le commentaire, vous trichez donc deux fois : une fois pour ’leurrer’ l’algorithme en masquant le lien sortant, et une deuxième fois en augmentant artificiellement votre engagement - puisque les gens vont être tentés d’aller voir le commentaire », a-t-il analysé.

    Sollicitée le 24 janvier par l’AFP, la rédaction du premier site, dont un des contributeurs est chef de projet chez CaptainTraffic, une société active dans le développement de la « notoriété digitale », n’avait pas répondu au moment de la publication de notre article (archive).

    L’AFP a déjà montré dans plusieurs articles de vérification que certains posts sur les réseaux sociaux relayaient de fausses informations ou comportaient des images générées par intelligence artificielle pour susciter de l’empathie, maximiser le nombre de clics et au final augmenter leur audience, à des fins de mercantiles, comme ici ou ici.

    #Médias_sociaux #Arnaques #Idéologie #ramassage_attention

  • Meta et X instrumentalisent-ils la liberté d’expression à des fins économiques ? | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/entendez-vous-l-eco/entendez-vous-l-eco-emission-du-vendredi-10-janvier-2025-1383616

    Le revirement spectaculaire de Meta quant à la régulation des réseaux sociaux pour s’aligner avec la position réactionnaire d’Elon Musk montre un changement de paradigme majeur dans la gouvernance des réseaux sociaux : quelles conséquences peut avoir ce revirement dans l’économie de l’information ?
    Avec

    Valérie Peugeot Chercheuse au sein du laboratoire de sciences sociales et humaines d’Orange Labs, présidente de l’association Vecam, think-tank citoyen qui déchiffre les enjeux sociétaux liés au numérique et membre du collège des commissaires de la CNIL.
    Anne Bellon Politiste, maîtresse de conférence à l’Université de Technologie de Compiègne, spécialiste des politiques numériques et de la régulation d’Internet.
    Nikos Smyrnaios professeur en sciences sociales à l’Université de Toulouse

    Le revirement de Mark Zuckerberg a lieu quelques jours avant l’investiture de Donald Trump, et pour Anne Bellon, ce revirement est « opportuniste » afin de garantir son poids dans les négociations à venir dans les régulations des grandes plateformes.

    Le chercheur Nikos Smyrnaios est quant à lui « surpris du changement discursif de Mark Zuckerberg qui s’aligne à des positions très réactionnaires » et qui vont à l’encontre des positions officielles de Meta à partir de 2016 et du scandale de Cambridge Analytica et d’ingérence russe lors de l’élection en 2016. Mais selon lui, Mark Zuckerberg n’a pas nécessairement changé d’idées politiques mais « souhaite défendre ses intérêts économiques ce qui est très dangereux ».
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    Valérie Peugeot explique comment ces patrons de géants de la technologie instrumentalises les « utopies fondatrices d’internet où* la liberté d’expression était central avec une répartition du pouvoir ». Alors que cela fait bien longtemps que ces mêmes patrons ont concentré ces pouvoirs. Qu’ils parlent de liberté d’expression, et s’en fassent les hérauts, est « cynique ». « Reconvoquer la liberté d’expression est ancien » pour les Etats-Unis qui essayent de garder un contrôle sur la façon dont la vision américaine des faits se répand. Déréguler ne permet pas à redonner du pouvoir à la communauté des internautes comme au début de l’Internet, selon Valérie Peugeot, c’est plutôt « une instrumentalisation du crowdsourcing, donc de ce que les utilisateurs produisent comme contenus, pour s’autoréguler ».

    Pour le moment, le revirement de Mark Zuckerberg ne concernerait que les Etats-Unis « mais dans sa vidéo il a vertement fustigé l’Union Européenne et ses régulations », qui est un véritable argument économique.

    Mais alors ce revirement aura-t-il des conséquences sur l’économie de l’information ? Selon Valérie Peugeot, il faut relativiser l’importance de ces réseaux sociaux. « Même si cette influence est importante, il a été prouvée que c’est bien la polarisation de médias traditionnels comme Fox News qui ont eu un véritable impact en 2016 ».

    Une des solutions pour lutter contre la puissance des réseaux sociaux selon les mains dans lesquelles ils tombent, serait de « déconcentrer la gouvernance de ces géants de la Tech » et selon Anne Bellon, des enquêtes sont en cours aux Etats-Unis pour réfléchir à démanteler ces géants de l’Internet. Ces efforts risquent d’être remis en cause par l’Administration Trump.

    #Medias_sociaux #Régulation #Podcast #Meta #Liberte_expression

  • We’re getting the social media crisis wrong
    https://www.programmablemutter.com/p/were-getting-the-social-media-crisis

    My explanation of what is happening is this. We tend to think of the problem of social media as a problem of disinformation - that is, of people receiving erroneous information and being convinced that false things are in fact true. Hence, we can try to make social media better through factchecking, through educating people to see falsehoods and similar. This is, indeed, a problem, but it is not the most important one. The fundamental problem, as I see it, is not that social media misinforms individuals about what is true or untrue but that it creates publics with malformed collective understandings. That is a more subtle problem, but also a more pernicious one. Explaining it is going to require some words. Bear with me.

    The fundamental problem is this: we tend to think about democracy as a phenomenon that depends on the knowledge and capacities of individual citizens, even though, like markets and bureaucracies, it is a profoundly collective enterprise. That in turn leads us to focus on how social media shapes individual knowledge, for better or worse, and to mistake symptoms for causes.

    So what can we do to ameliorate this problem? Making individuals better at thinking and seeing the blind spots in their own individual reasoning will only go so far. What we need are better collective means of thinking.

    To understand the particular success and failure modes of democracy, it is better not to focus on individual citizens, but on democratic publics. Democracy is supposed to be a system in which political decisions are taken not by kings, or dictators, but by the public, or by representative agents that are responsible to the public and can be removed through elections or similar. In principle, then, the public is the aggregated beliefs and wants of the citizenry as a whole.

    The problem is that we have no way to directly see what all the citizens want and believe, or to make full sense of it. So instead we rely on a variety of representative technologies to make the public visible, in more or less imperfect ways. Voting is one such technology

    Bringing this all together, the technologies through which we see the public shape how we understand it, making it more likely that we end up in the one situation rather than the other. As you have surely guessed by now, I believe Twitter/X, Facebook, and other social media services are just such technologies for shaping publics. Many of the problems that we are going to face over the next many years will stem from publics that have been deranged and distorted by social media in ways that lower the odds that democracy will be a problem solving system, and increase the likelihood that it will be a problem creating one.

    The example that really made me think about how this works has nothing much to do with democracy or political theory. It was the thesis of an article published in Logic magazine in 2019, about Internet porn. The article’s argument is that the presentation of porn - and people’s sense of what other people’s sexual interests are - is shaped by algorithms that respond to the sharp difference between what people want to see and what people are willing to pay for. The key claim:

    a lot of people .. are consumers of internet porn (i.e., they watch it but don’t pay for it), a tiny fraction of those people are customers. Customers pay for porn, typically by clicking an ad on a tube site, going to a specific content site (often owned by MindGeek), and entering their credit card information. … This “consumer” vs. “customer” division is key to understanding the use of data to perpetuate categories that seem peculiar to many people both inside and outside the industry. … Porn companies, when trying to figure out what people want, focus on the customers who convert. It’s their tastes that set the tone for professionally produced content and the industry as a whole.

    The result is that particular taboos (incest; choking) feature heavily in the presentation of Internet porn, not because they are the most popular among consumers, but because they are more likely to convert into paying customers. This, in turn, gives porn consumers, including teenagers, a highly distorted understanding of what other people want and expect from sex, that some of them then act on. In my terms, they look through a distorting technological lens on an imaginary sexual public to understand what is normal and expected, and what is not. This then shapes their interactions with others.

    Something like this explains the main consequences of social media for politics. The collective perspectives that emerge from social media - our understanding of what the public is and wants - are similarly shaped by algorithms that select on some aspects of the public, while sidelining others. And we tend to orient ourselves towards that understanding, through a mixture of reflective beliefs, conformity with shibboleths, and revised understandings of coalitional politics.

    The resulting problems are not primarily problems of disinformation, though disinformation plays some role. They are the problems you get when large swathes of the public sphere are exclusively owned by wannabe God-Emperors. Elon Musk owns X/Twitter outright. Mark Zuckerberg controls Meta through a system in which he is CEO, chairman and effective majority owner, all at the same time. What purports to be a collective phenomena; the ‘voice of the people;’ is actually in private hands; is, to a very great extent shaped by two extremely powerful individuals.

    Musk and Zuckerberg are different individuals, with different relationships to their platforms. I expect that the distortions that they impose on their publics will be quite different too.

    Again: none of this is brainwashing, but it is reshaping public debate, not just in the US, but in the UK, Europe and other places too. People’s sense of the contours of politics - what is legitimate and what is out of bounds; what others think and are likely to do and how they ought respond - is visibly changing around us.

    That poses some immediate questions. Can democracy work, if a couple of highly atypical men exercise effective control over large swathes of the public space? How can that control be limited or counteracted, even in principle? What practical steps for reform are available in a democracy shaped by the people who you want to reform out of power?

    It poses some more general questions too. If you want to work towards a better system of democracy, which is both more stable and more actually responsive to what people want and need, how do you do this? It is easy (I think personally, but I am biased too) to see what is wrong with the public at X/Twitter. It is harder to think clearly about what a healthy public would look like, let alone how to build one.

    #Démocratie #Médias_sociaux #Psychologie_sociale

  • Mort de Jean-Marie Le Pen : « Le jour de gloire »… Se réjouir d’un décès est-il plus acceptable sur les réseaux sociaux ?
    https://www.20minutes.fr/societe/4132413-20250108-mort-jean-marie-pen-jour-gloire-rejouir-deces-plus-accept
    https://img.20mn.fr/JP04C0XjSXmDpj8pcrgr3ik/1444x920_jean-marie-le-pen-the-national-front-fn-far-right-launched-its-mun

    dilemme•De nombreux internautes se sont félicités mardi de la mort de Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national. Se réjouir d’un décès est-il plus acceptable sur les réseaux sociaux que dans la « vraie » vie ?
    La mort à 96 ans de Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite française sur plusieurs décennies, a entraîné des commentaires enjoués sur les réseaux sociaux.
    La mort à 96 ans de Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite française sur plusieurs décennies, a entraîné des commentaires enjoués sur les réseaux sociaux.  - NICOLAS MESSYASZ/SIPA
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    Octave Odola

    Octave Odola

    Publié le 08/01/2025 à 10h17 • Mis à jour le 08/01/2025 à 10h17
    L’essentiel

    Jean-Marie Le Pen, figure de l’extrême droite française et fondateur du Front National, est mort mardi à l’âge de 96 ans.
    De nombreuses réactions de joie ont afflué sur les réseaux sociaux à l’annonce de la disparition du père de Marine Le Pen, connu notamment pour ses idées racistes et négationnistes.
    D’où cette question sensible : peut-on se réjouir de la mort d’une personne ? Éléments de réponse avec Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur à l’université de Nantes en sciences de l’information et de la communication.

    L’alerte AFP est tombée peu avant 13 heures mardi : Jean-Marie Le Pen est mort à l’âge de 96 ans. L’annonce de la disparition du leader d’extrême droite, fondateur du Front national, a initié un flot de réactions. De Jordan Bardella au Premier ministre François Bayrou, de François-Xavier Bellamy à Jean-Luc Mélenchon, les responsables politiques ont dégainé leurs tweets, aux tonalités bien différentes selon leur couleur politique. Philippe Poutou s’est ainsi payé le défunt père de Marine Le Pen : « C’est dingue les vœux, ça marche ! L’année 2025 ne commence pas trop mal avec cette bonne nouvelle. »

    Et la joie de l’ancien candidat NPA aux deux dernières élections présidentielles n’est pas un cas isolé. Sur X, on a vu fleurir les expressions « Le jour de gloire est arrivé » ou « quelle belle journée », tandis que TikTok a opté pour « Nous y est » [que l’on peut traduire par « enfin »]. Toutes ont trusté les tendances du jour sur les réseaux.

    « Puis, y’a du soleil dehors en plus ? Non vraiment quelle bonne journée », « C’est aujourd’hui le jour de fête nationale on supprime le 14 juillet », pouvait-on aussi lire. Mais alors, si se réjouir de la mort de quelqu’un est « heureusement » possible, il faut s’interroger sur « cette espèce de pulsion qui nous pousse à partager en ligne cette réjouissance », estime Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur à l’université de Nantes en sciences de l’information et de la communication.
    Un « effet de concurrence »

    Pourquoi un tel affichage sur les réseaux sociaux ? « Les plateformes survisibilisent ce genre de messages, poursuit l’enseignant. Elles savent que cela va entraîner des dynamiques virales quasi automatiques car il y a de l’affectif et de l’instantané. Elles vont aussi encourager la documentation mémorielle ». Et donner à chacun l’occasion d’afficher son camp en public. « C’est l’occasion de contextualiser une partie de son histoire, de renforcer son sentiment d’appartenir à un collectif. »

    Contre-hommages, gifs humoristiques, litanies de condamnations judiciaires ont donc rythmé la journée de mardi en ligne. Avec, en sous-titre, l’idée que se taire serait une faiblesse. « On observe un effet de concurrence intentionnelle sur les réseaux. Si on combattait Jean-Marie Le Pen et qu’on ne prend pas la parole, on intériorise le fait de laisser la parole aux soutiens adverses », analyse Olivier Ertzscheid.
    « Des paroles d’ordinaire contenues par le jeu social »

    L’affrontement de mardi entre les heureux du jour et les partisans du « Menhir » s’est joué avec une intensité propre aux interactions sur les réseaux sociaux… et au sujet de la mort. « Quand on évoque une personne décédée, on peut passer d’une émotion à l’autre et parfois suréagir », déroule l’expert. Il évoque l’« effet d’habitacle » des réseaux sociaux, ce - faux - sentiment de se sentir à l’abri qui libère la parole, notamment sur la mort. « Ces paroles vont d’ordinaire être contenues par le jeu social. Les schémas habituels de communication avec un tiers sont explosés. » Autrement dit : les personnes qui ont écrit sur les plateformes leur joie après la mort de Jean-Marie Le Pen auraient-elles été aussi nombreuses à le crier en public au milieu de la rue ? Des rassemblements se sont tenus mardi soir dans quelques grandes villes de France. « Il est mort, il est mort ! », ont scandé des manifestants venus boire du champagne et craquer des fumigènes à Paris, place de la République.

    Quoi qu’il en soit, trouver acceptable de se réjouir de la disparition d’une personne n’est pas une exception française. Au Royaume-Uni, une étude YouGov publiée par The Guardian en 2021 montrait que plus de la moitié des Britanniques estimaient possible d’applaudir la mort d’une personne.

    #Médias_sociaux #Jena-Marie_Le_Pen #Olivier_Ertzscheid #Effet_habitacle

    • Se poser la question de se réjouir de la mort du tortionnaire qui a relancé l’extrême-droite raciste et antisémite sans que cet aspect face partie des explications (c’est uniquement mentionné dans le chapeau « L’essentiel », pas dans le texte lui-même), ça me semble carrément lunaire.

      Sinon, aussi, pourquoi la question n’a pas fait l’objet d’un article à la mort de Hassan Nasrallah ou de Yahya Sinwar, qui ont été assez largement célébrées sur les réseaux ? Je fais le pari que la question se poserait à nouveau soudainement si une partie des interwebz célébrait la mort de Netanyahu.

      Je trouve cette histoire de « concurrence intentionelle sur les réseaux », ici, un peu insultante. Les réseaux sociaux, malgré les défauts qu’on leur prête, restent des réseaux sociaux, justement, où l’on fait tout de même un peu société (et comme tu t’en doutes : pour moi, particulièrement sur Seenthis). Donc on n’a pas à faire « concurrence », mais on a bien le droit d’y chercher un petite communion dans la célébration d’une des très rares bonnes nouvelles du moment.

    • Bien sûr qu’il faut se réjouir. Mais l’afficher ?
      Tu as raison aussi sur la différence des articles selon la personne dont on se réjouit du décès, même s’il faut également prendre en compte cette bonne vieille règle des médias : l’intérêt est inversement proportionnel au carré de la distance.
      Enfin, je pense que tu as tort sur la question des réseaux sociaux.
      Les réseaux sociaux sont des réseaux intentionnels, des relations de personnes pour des raisons (familiales, politiques, travail,...). Or cet aspect qui était présent aux débuts des médias sociaux n’existent plus. Le petit village de Seenthis fait exception.
      C’est pourquoi depuis des année je parle précisément de « médias sociaux » : des médias organisés par un centre avec ses algorithmes et qui diffuse le travail caché de ses usagers.... comme bon lui semble (i.e ; si cela l’arrange - produire de l’engagement - et non si cela arrange l’usager qui a choisi ses « amis » à suivre comme dans Seenthis). Un détournement du langage pour cacher leur réalité économique (comme le détournement de « communauté » pour dire « sujets » ou « obligés » qui fut un temps le lingo majeur de tous ces médias).

    • L’extrême droite et le « respect » des morts
      https://contre-attaque.net/2025/01/10/lextreme-droite-et-le-respect-des-morts

      Le 7 janvier, après la mort de Jean-Marie Le Pen, des scènes de liesse et des feux d’artifice ont éclaté dans toute la France. La fête était-elle justifiée alors que le Jean-Marie Le Pen s’est éteint tranquillement, dans son lit, riche, entouré et impuni, et que clan Le Pen est plus puissant que jamais et que ses idées sont déjà au pouvoir ? La question mérite d’être posé.

      Jean-Marie Le Pen c’était ça :
      https://seenthis.net/messages/600166#message905896

  • Nouvelles technologies : Des réseaux bien peu sociaux - POLITIS
    https://www.politis.fr/articles/2024/12/societe-nouvelles-technologies-des-reseaux-bien-peu-sociaux

    L’une des promesses du web était de faire interagir des communautés du monde entier. Mais, à l’heure où l’on fait défiler des suites infinies de vidéos sur Instagram, Facebook ou TikTok, en quoi le temps passé en ligne a-t-il une fonction sociale ?
    Benjamin Tainturier • 18 décembre 2024 abonné·es
    Article paru
    dans l’hebdo N° 1841-1843

    Au début des années 1930, la ville autrichienne de Marienthal, dans la banlieue viennoise, est frappée par une grave crise causant un chômage endémique. Paul Lazarsfeld, Marie Jahoda et Hans Zeisel décrivent, dans une étude célèbre sur les chômeurs de Marienthal, l’état de déréliction dans lequel sont poussés ces ouvriers sans travail.

    N’ayant plus rien à faire de leurs journées, ils perdent le goût des loisirs et du lien social – ils désertent les clubs de sport, s’absentent des réunions syndicales et ne lisent plus. Ou si peu : beaucoup délaissent l’Arbeiterzeitung, journal de débats et d’analyses, pour s’adonner à la lecture du Kleines Blatt, tissu de faits divers et d’articles à la petite semaine.

    Quiconque aujourd’hui s’est déjà égaré le long d’un fil ininterrompu de stories Instagram ou de vidéos TikTok sait dans quel puits sans fond on se trouve alors précipité. Ces contenus, criards et parfois obscènes, composent un vrai musée du temps perdu. Ils ont bien plus à voir avec les bêtises du Kleines Blatt qu’avec l’Arbeiterzeitung. La consommation banalisée de tels contenus est-elle le symptôme d’une vie atone, comme celle des chômeurs de Marienthal, ou le temps passé sur les réseaux numériques est-il au contraire un véritable moment social ?

    Il y eut une période où les technologies numériques ­faisaient croire à l’avènement d’un « cerveau planétaire ». Fred Turner, dans Aux sources de l’utopie numérique, le rappelle. À la fin des années 1960, les hippies rêveurs de la contre-culture et les ingénieurs technophiles issus de la cyberculture célébraient ensemble les promesses des technologies numériques. Internet venait de naître et avec lui l’espoir que ce réseau des réseaux puisse un jour héberger toutes les idées, partout au monde, que les humains voudraient bien y consigner.

    Le numérique deviendrait le support d’une couche pensante sur Terre – ce que le philosophe Pierre Teilhard de Chardin nommait « noosphère » – où se rencontreraient toutes les pensées vagabondes sur un réseau où on ne se sentirait jamais seul. Cette aspiration doit beaucoup aux informaticiens des campus états-uniens, porteurs d’une culture universitaire louant le partage et la décentralisation du pouvoir et de l’autorité.

    Elle a pour corollaire une conception très libérale du sujet qui trouve dans les technologies numériques de nouveaux moyens pour s’exprimer. Comme le LSD, disait-on dans les années 1960, ouvre les portes de la perception, le numérique décuple la faculté de connaître et l’agir individuel, les hackers représentant le modèle le plus abouti de cet « empuissantement » technique individuel.

    La promesse du collectif

    Bien des années plus tard, espaces numériques et réseaux sociaux ont hérité de chacune de ces deux lignées – culture participative et culture de soi – mais on se demande si l’une n’aurait pas éteint l’autre. Dans les années 2000, le web était affaire de forums, d’instances, de réseaux pair à pair, de chats, déclinant en autant de lieux de rencontre toutes les formes possibles de l’agora. Aujourd’hui, on ne parle plus que de profils, de pages personnelles, de « bio ». Il existe bien entendu des formes intermédiaires, des Slack et des Discord, faits pour la délibération collective ou la conversation.

    Mais il semble qu’avec Instagram, TikTok ou Twitch, les espaces publics participatifs aient cédé la place à un web archipélisé, grouillant de communautés rassemblées autour de personnalités influentes. C’est cette forme que prend le social des réseaux dits sociaux. Nuançons. Tous ces petits rituels par lesquels on s’affiche sur son profil Instagram, par lesquels nous jouons une performance en ligne, nous incluent dans quelque chose de plus grand que nous.

    La sociologie interactionniste a largement établi combien ces rituels de mise en scène de soi nous aident à donner sens au monde et à nos échanges, à signifier notre adhésion à des normes communes et à donner, ainsi, réalité à ces normes. On s’en convaincra en se rappelant notre embarras devant certains profils Instagram ou Facebook transgressant les normes numériques : leurs images de profils sont louches, leurs messages écrits en majuscules, manquant de ponctuation ou, au contraire, abusant des points de suspension.

    Ces profils sont ceux d’individus pas tout à fait à leur place, parfois même des exclus du numérique qui portent leurs fautes de goût comme autant de stigmates. Si nous savons qu’on ne veut pas leur parler, c’est parce qu’ils transgressent les normes auxquelles nous-mêmes et la majorité des autres internautes souscrivons.

    Le temps passé sur le web n’est jamais gratuit, offert, indemne. Il n’est jamais l’exercice d’une forme positive de liberté.

    Dans un ouvrage magnifique, Asiles, Erving Goffman a bien montré que ces rites de présentation de soi, dirigés vers autrui, ratifient notre inclusion dans un collectif de normes où l’on se sait soi-même reconnu. La présentation à autrui constitue l’assise même de l’individu, de l’identité, du « moi ». Si le temps libre passé sur les réseaux est un temps cosmétique, où l’on raffermit son image, il est aussi social au sens où l’on est toujours soi à travers l’assentiment des autres.

    Mais nous oublions le troisième acteur de l’équation. Entre soi-même et les autres s’étale tout un continuum d’infra­structures numériques. Celles-ci génèrent des revenus en nous extorquant une partie de la richesse que nos données représentent. Nous sommes donc mis au travail malgré nous sur les réseaux sociaux, rendus agents de ce qu’on nomme digital labor. Le terme qualifie « la réduction de nos ‘liaisons numériques’ à un moment du rapport de production, la subsomption du social sous le marchand dans le contexte de nos usages technologiques (1) ».
    1

    Voir la définition donnée par Dominique Cardon et Antonio Casilli dans « Qu’est-ce que le digital labor ? », La Revue des médias, 7 septembre 2015.

    Le temps passé sur les réseaux sociaux est-il véritablement libre ? Il est libre comme l’est le temps de quiconque n’est pas occupé – définition négative de la liberté, où elle est définie par ce qu’elle n’est pas. Mais le temps passé sur le web n’est jamais gratuit, offert, indemne. En ce sens, il n’est jamais l’exercice d’une forme positive de liberté.
    Par Benjamin Tainturier

    #Culture_numérique #Personnalisation #Médias_sociaux #Fred_Turner

  • X et son exode. Comment quitter une forêt lorsque l’on est un arbre. – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2024/11/x-et-son-exode-comment-quitter-une-foret-lorsque-lon-est-un-ar

    Un excellent papier d’Olivier Ertzscheid. Qui sait éviter les postures pour s’intéresser aux modalités de la guerre culturelle qui s’installe.

    C’est une nouvelle fois, c’est une nouvelle occasion. Se débat, se discute, s’organise le projet d’un grand départ. A l’occasion de l’élection de Trump et du rôle que Musk y joua, des réseaux concurrents, à commencer par Bluesky (fondé par Jay Graber après une initiative de Jack Dorsey** qui avait fondé Twitter) gagnent rapidement un nombre significatif de nouveaux comptes. Un million. Un exode numérique sans peine, sans drame, sans souffrance. Notez bien que je parle de nouveaux « comptes » et pas de nouveaux « utilisateurs ». Car pour devenir utilisateur d’une plateforme cela suppose à la fois d’en connaître ou d’en accepter les codes et les règles, mais aussi d’y contribuer un tant soit peu et autrement qu’en seule consultation. Être utilisateur c’est être impliqué dans un implicite d’usage autant que dans un explicite de consultation. De nouveaux comptes donc mais pas encore autant de nouveaux utilisateurs.

    Merci à celles et ceux qui m’ont signalé une erreur dans mon article initial qui indiquait à tort Jack Dorsey comme créateur de Bluesky

    e-« X »-odus.

    L’histoire des grandes plateformes numériques contemporaines nous renseigne sur le devenir de cet exode et nous engage à une grande prudence. Un exode que l’on décrit un peu trop vite comme massif : un million ce n’est pas tant que cela dans des écosystèmes qui en comptent près de 400 fois plus (et X est à ce titre l’un des plus petits écosystèmes numériques « massifs »), d’autant que rien n’est dit qualitativement de ce million et que l’on sait que tous les comptes ne se valent pas dans les dynamiques qu’ils englobent et dans les espaces expressifs qu’ils mobilisent. Un exode que l’on décrit également un peu trop vite comme définitif ou à sens unique : cet exode d’un million entre X et Bluesky n’équivaut pas diamétralement à un million de fermetures de comptes X. Il faut aussi rappeler que déjà un certain nombre de médias et d’institutions (universités par exemple) ont de fait quitté la plateforme ou cessé d’y publier et d’y interagir, et que pour autant, jamais cette même plateforme n’a été aussi puissante qu’aujourd’hui avec cette seule mais importante différence que sa puissance se déplace, qu’elle est désormais peut-être davantage exogène qu’endogène.

    La particularité et le paradoxe des exodes numériques est qu’ils fonctionnent selon des modalités de colonisation bien plus que sur celles d’un exil : ils nous autorisent à continuer d’être présents dans l’espace que nous quittons autant que dans celui où nous arrivons. Ils ne nous engagent pas à quitter un territoire pour en rejoindre un autre.

    L’exode de X qui s’explique par les outrances et la position de Musk à l’occasion de l’élection de Trump fait écho à beaucoup d’autres parmi lesquels celui qui frappa Twitter lors de son rachat par Musk, ou encore celui qui frappa Facebook à l’occasion de différents scandales.

    Je le redis ici à l’échelle des plateformes numériques contemporaines, aucun exode jamais ne permit de générer autre chose qu’un vascillement très temporaire des plateformes originelles. Même si rien n’est jamais certain, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il en sera autrement pour l’exode qui s’opère actuellement sur X.

    #Olivier_Ertzscheid #Médias_sociaux #Ecosystèmes #X #Twitter

  • Enfants influenceurs : un début de prise de conscience mais peu de contrôles
    https://www.la-croix.com/france/enfants-influenceurs-un-debut-de-prise-de-conscience-mais-peu-de-controles

    Analyse

    Quatre ans après la promulgation d’une loi sur les enfants influenceurs en 2020, les parents semblent se conformer au cadre légal et mieux saisir les dangers liés à la surexposition de leurs enfants en ligne. Mais les contrôles de l’inspection du travail restent insuffisants.

    Capucine Licoys, le 23/10/2024 à 05:20

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    Lecture en 5 min.
    Enfants influenceurs : un début de prise de conscience mais peu de contrôles
    En 2020, une loi a été adoptée pour encadrer l’activité des enfants influenceurs, souvent exposés en ligne par leurs parents. artiemedvedev / Getty

    Tiago Tanti, Cayden Correia, Ruby Guedj. Leurs noms ne vous disent peut-être rien, pourtant à eux seuls, ils cumulent près de 2,7 millions d’abonnés sur Instagram. Petite particularité de ces trois stars des réseaux sociaux, aucun n’a plus de 6 ans. Ils font partie de ce qu’on appelle les « enfants influenceurs » : ces mineurs dont la vie quotidienne est mise en scène sur Internet, souvent exploitée à des fins commerciales. Ils sont au cœur de la série Les Enfants sont rois, inspirée du roman éponyme de Delphine de Vigan, disponible ce mercredi 23 octobre sur Disney+.
    À lire aussiSérie : « Les enfants sont rois », une plongée glaçante dans l’univers des bébés influenceurs

    Outre ces comptes dont les enfants sont les héros, des parents influenceurs mettent aussi régulièrement en scène le quotidien de leur progéniture. Si ces contenus n’ont pas toujours un but lucratif, c’est le cas des trois quarts d’entre eux (77 % de ces parents disent en effet avoir un partenariat en cours avec au moins une marque, selon une étude de l’Observatoire français de la parentalité et de l’éducation numérique réalisée en 2022).

    Ces chiffres en disent long sur l’ampleur du marché lucratif reposant sur l’exposition du quotidien des enfants en ligne, à grand renfort de publications parrainées par des marques de luxe, ou de vidéos YouTube (vlogs) faisant la promotion de jeux. Avant 2020, les parents avaient le champ libre pour publier ce type de contenus mettant en scène ces petits travailleurs des plateformes en ligne, en l’absence de cadre légal.

    Jusqu’à ce que Bruno Studer, alors député Renaissance, cherche à combler ce vide législatif : « Le cœur de la loi, c’est de protéger les enfants se trouvant dans une relation de travail claire, via un partenariat de marque, mais aussi les zones plus grises d’Internet, notamment les collaborations masquées avec des plateformes qui monétisent les vues, comme YouTube », explique l’ancien élu.
    Des contrôles insuffisants

    Promulguée le 19 octobre 2020, la loi visant à encadrer l’exploitation commerciale des mineurs devient alors, selon Bruno Studer, « une première pierre dans le chantier de la protection de l’image de l’enfant en ligne ». Dorénavant, chaque mineur de moins de 16 ans bénéficie dans ce domaine d’horaires de travail encadrés et d’un droit à l’oubli numérique, qu’il peut exercer sans l’autorité d’un tuteur.

    L’activité d’un enfant influenceur tombe aussi sous le coup des règles protectrices du code du travail : à l’instar des mineurs opérant dans le monde du mannequinat, les parents doivent demander un agrément à l’administration. « Pour toute collaboration commerciale, même l’apparition minime d’un enfant, d’un de ses doigts ou de ses pieds, il faut un contrat », confirme une employée d’une agence de communication dédiée au marketing famille, qui collabore avec des influenceurs parentaux. En outre, une partie des revenus perçus par l’enfant doivent être remis à la Caisse des dépôts, afin d’être bloqués jusqu’à la majorité de l’enfant.
    À lire aussiBruno Studer : « Il faut mieux protéger les enfants filmés par leurs parents »

    Afin de s’assurer d’être en règle, les agences d’influence collaborent fréquemment avec les agences de mannequinat, et les grandes marques sont particulièrement vigilantes au respect de la réglementation. Peut-on pour autant dire que le texte a porté ses fruits et qu’il protège mieux les enfants ? « Les choses se sont améliorées puisque, avant, beaucoup de marques et de créateurs faisaient n’importe quoi, on voyait des enfants sur des comptes rémunérés sans contrat », reconnaît Oralie Guenzi, gérante de l’agence d’influence JustGo Agency, spécialisée dans la famille et la parentalité.

    Mais force est de constater que dans le monde des influenceurs, il y a encore loin de la coupe aux lèvres, puisque les contrôles de l’inspection du travail restent marginaux : « Au sein de notre agence, nos contrats “enfants” n’ont jamais été vérifiés depuis le passage de la loi, et à ma connaissance, aucun influenceur n’a fait l’objet de contrôles, ni reçu d’amende, ce que j’ai plusieurs fois fait remonter aux pouvoirs publics, explique-t-elle. Depuis la création de notre agence en 2018, on ne compte pas les contrats perdus avec certaines marques, qui se tournent vers d’autres agences moins regardantes. » Contactée, l’inspection du travail n’a pas répondu à nos sollicitations.
    « Du travail potentiellement forcé ou illicite »

    Outre la question de la relation de travail, désormais codifiée, se pose aussi la question du consentement de l’enfant à être exposé en ligne. La loi de 2020 dispose qu’une visite médicale doit être effectuée et un certificat délivré, prouvant que l’enfant est apte à apparaître devant une caméra. Mais comment s’assurer, dans un contexte de manque de contrôle, de l’assentiment du mineur à voir son image exploitée ?
    À lire aussi« Parents, résistez à la tentation de trop exposer vos enfants en ligne »

    « Ce qui est en jeu, c’est du travail potentiellement forcé ou illicite », alerte Bruno Studer, qui estime que des opérations de contrôle renforcées sont nécessaires. Et même dans les cas où les parents feraient preuve d’assiduité dans les contrôles, un enfant peut difficilement se rendre compte des conséquences de sa notoriété en ligne. « Schématiquement, un enfant devient capable de réflexion sur son image en ligne et les traces qui resteront sur les réseaux sociaux, à partir de la préadolescence », analyse Anne Cordier, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine, spécialiste des pratiques numériques de la jeunesse.

    Autre corollaire de cette exposition en ligne, le mineur exposé se retrouve au cœur d’une transaction, ce qui peut être néfaste pour son développement psychique. « L’enfant est une personne, pas une marchandise, souligne encore Anne Cordier. Lui faire faire de la publicité aussi jeune peut lui donner l’impression qu’il n’a pas de valeur sans les likes. » Depuis la loi de 2020, l’arsenal juridique visant à renforcer les droits des enfants influenceurs s’est musclé à deux reprises. Promulguée en juin 2023, la loi visant à encadrer l’influence commerciale prévoit une peine de cinq ans de prison ainsi qu’une amende de 75 000 € pour les représentants légaux opérant sans contrat.

    Une autre, promulguée en février 2024, inscrit la notion de vie privée de l’enfant dans le code civil. Une manière de sensibiliser les parents aux conséquences de l’exposition de leurs enfants en ligne. « C’est une première étape vers l’idée qu’être parent sur le numérique peut faire l’objet de sanctions », insiste Bruno Studer, qui a porté cette loi.
    À lire aussiArnaques et publicité déguisée : fin de partie pour les influenceurs ?

    La prise de conscience des enjeux liés à l’influence sur de jeunes cerveaux a bien commencé, « mais le vrai enjeu dorénavant, c’est de pleinement faire appliquer la loi car le marché reste incontrôlé », martèle le député socialiste Arthur Delaporte, corapporteur de la loi sur les influenceurs de 2023. « Peut-être faudra-t-il un scandale retentissant pour que les choses bougent », présume de son côté Bruno Studer. Ou peut-être que la nouvelle série Les Enfants sont rois, thriller inspiré de ces enfants célèbres en ligne, permettra de faire regagner le sujet en acuité dans le débat public.

    #Enfants #médias_sociaux #Anne_Cordier

  • Scenes of Reading on the Early Portrait Postcard — The Public Domain Review
    https://publicdomainreview.org/essay/scenes-of-reading-on-the-early-portrait-postcard

    Passionnant.
    Au tournant du XIX/XXe siècle, la folie des cartes postales personnalisées s’est étendue dans le monde (occidental et développé ;-). Moyens techniques, confusion privé/public, message sous-jecent de l’image... résonnent pleinement avec ce qui se passe dans les médias sociaux actuels.
    Dans la seconde partie de cet essai, l’autrice se centre sur la représentation d’une personne en train de lire dans l’iconographie, depuis la peinture jusqu’aux cartes postales. Toute ressemblance avec une sous-partie des selfies représentant des livres n’est pas à ignorer.

    When picture postcards began circulating with a frenzy across the United States and Europe at the turn of the twentieth century, a certain motif proved popular: photographs of people posed with books. Melina Moe and Victoria Nebolsin explore this paradoxical sign of interiority and find a class of image that traverses the poles of absorption and theatricality.

    #iconographie #lecture #cartes_postales #médias_sociaux #selfies #domaine_public

  • Platforms Have First Amendment Right to Curate Speech, As We’ve Long Argued, Supreme Court Said, But Sends Laws Back to Lower Court To Decide If That Applies To Other Functions Like Messaging | Electronic Frontier Foundation
    https://www.eff.org/deeplinks/2024/07/platforms-have-first-amendment-right-curate-speech-weve-long-argued-supreme-1

    Une analyse intéressante de la décision de la court suprême.
    Mais qui ne dit rien de la nécessaire régulation.
    Si les plateformes ont un droit reconnu à démotiver ou proouvoir des informations... alors, ce sont bien des éditeurs qui ne peuvent plus se revendiquer du statut d’hébergeur.
    Oui, la concurrence des plateformes pourrait être une solution... s’il était vraiment possible de concurrencer les plateformes sans se casser les dents.
    Bref, les origines libertariennes de l’EFF continuent de peser sur le raisonnement.

    Social media platforms, at least in their most common form, have a First Amendment right to curate the third-party speech they select for and recommend to their users, and the government’s ability to manipulate those processes is extremely limited, the U.S. Supreme Court stated in its landmark decision in Moody v. NetChoice and NetChoice v. Paxton, which were decided together.

    The cases dealt with Florida and Texas laws that each limited the ability of online services to block, deamplify, or otherwise negatively moderate certain user speech.

    Yet the Supreme Court did not strike down either law—instead it sent both cases back to the lower courts to determine whether each law could be wholly invalidated rather than challenged only with respect to specific applications of each law to specific functions.

    The Supreme Court also made it clear that laws that do not target the editorial process, such as competition laws, would not be subject to the same rigorous First Amendment standards, a position EFF has consistently urged.

    This is an important ruling and one that EFF has been arguing for in courts since 2018. We’ve already published our high-level reaction to the decision and written about how it bears on pending social media regulations. This post is a more thorough, and much longer, analysis of the opinion and its implications for future lawsuits.

    #EFF #Electronic_frontier_foundation #Court_suprême #Premier_amendement #Médias_sociaux

  • Opinion | Something Big Just Happened in Kenya - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2024/07/14/opinion/kenya-protests-politics.html

    From the start, this movement felt different from other protests. Most of the demonstrators were part of the country’s young majority, spreading information about where and when to show up on TikTok, Instagram and WhatsApp. No central political figure or unifying political party stood behind the crowds, and no common ideology united them beyond anger at the government’s plan to increase taxes while social services collapsed, public university fees soared and an unemployment crisis deepened. Even as the street action has faded, more Kenyans are now openly following graft cases on social media, circulating excerpts from the constitution and calling and texting legislators.

    This marks a seismic shift in a nation where young people have been accused of political apathy. During general elections in 2022, most young Kenyans didn’t even register to vote. Now, for the first time since the country adopted a new constitution in 2010, the country’s youth are a critical part of a movement in which people are risking their lives to fight for the democratic gains they have been promised.

    This is a profound shift from two years ago, when young Kenyans were written off as indifferent — and unimportant — to the entire political process. The new movement is accomplishing something big in Kenya, and people sense it. Yes, they’re going to the streets to fight for this country’s democracy. But they are also going to see history in the making. When their children and grandchildren someday ask where they were during the Kenyan protests in 2024, they don’t want to say they weren’t there.

    #Kenya #Mobilisation #Médias_sociaux