• Koungou (Mayotte) : retour de flammes pour les expulseurs
    https://fr.squat.net/2021/10/06/koungou-mayotte-retour-de-flammes-pour-les-expulseurs

    L’hôtel de ville de Koungou, deuxième commune la plus peuplée de #Mayotte, a été la cible d’un incendie volontaire le soir du lundi 27 septembre 2021, après des manifestations contre la destruction d’un bidonville comprenant environ 350 habitations. Alors que l’atmosphère était plus à l’émeute qu’à a simple manifestation, des barricades (notamment près de la […]

    #actions_directes #Afrique #émeutes #expulsion #GIPN/RAID #sans-papiers

  • Mayotte : une nouvelle fuite en avant répressive et toujours plus inégalitaire

    Alors que nos associations sont contraintes d’accompagner au quotidien la population étrangère qui n’a pas fini de faire face aux conséquences dramatiques produites par la loi dite asile-immigration du 10 septembre 2018, c’est à grand renfort de nouvelles annonces visant à éloigner encore Mayotte du droit commun que les deux ministres ont rythmé leur visite. Des choix incompréhensibles quand « la convergence vers l’égalité des droits » est parallèlement revendiquée par les autorités.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/15/mayotte-une-nouvelle-fuite-en-avant-repressive-et-toujo

    #international #colonisation #mayotte

  • Encore 7 morts de faim sur le chemin de Mayotte : quand Paris stoppera-t-il ce massacre ? - Co-développement - Infos La Réunion
    https://www.temoignages.re/politique/co-developpement/encore-7-morts-de-faim-sur-le-chemin-de-mayotte-quand-paris-stoppera-t-i


    La découverte des 8 rescapés lundi à la une du Daily Nation, journal kényan.

    Au milieu de ce récit d’une catastrophe répétée je découvre le mécanisme politique déjà utilisé contre « le communisme » en Allemagne depuis la deuxième moitié des années 1950. Les gouvernement des riches pays capitalistes investissent des sommes importants dans un ilôt qui afin de présenter en tant que défenseurs de la liberté et de la prospérité pour tous. Le flux migratoire crée par cette promesse de prospérité poussa le gouvernement à Berlin-Est en 1961 à fermer les frontières du pays en construisant le mur de Berlin. La mer faisant fonction de mur entre les îles Comores il suffit au gouvernement de France d’imposer des visas aux comoriens pour interdire l’accès aux ressources investies à la majorité des habitants des îles. Les défavorisées, imaginaires en l’Allemagne et vraies sur les Comores, ne se contentant pas de leur sort prennent des risques souvent démésurés pour accéder à la manne imaginée après réception indigérée de la mythologie occidentale moderne.

    Aujourd’hui le fond de commerce comorien est le même que celui de Berlin-Ouest entre 1949 et 1990. Les impérialistes défendent un pied à terre en terre (ou eaux) ennemie avec le soutien de la population locale rendue docile et sympathique par la distribution de subventions et services sociaux à tous les niveaux. Les victimes du mur de Berlin d’aujourd’hui sont les comoriens morts de faim dans un bateau sur l’océan Indien.

    14.8.2021 par Manuel Marcha - Conséquence de la frontière créée par la France entre Mayotte et les trois autres îles des Comores

    Paris refuse de reconnaître le droit pour tout Comorien de circuler librement à l’intérieur des frontières de son Etat. Pour entrer à Mayotte, l’administration française impose aux citoyens comoriens un visa délivré par la France et très difficile à obtenir tandis que les migrants et touristes venus d’Europe en sont dispensés. Tant que les habitants des autres îles des Comores ne pourront pas se rendre librement à Mayotte, Paris continuera d’être responsable d’un des plus grands cimetières marins du monde, où des milliers de personnes sont mortes noyées pour simplement avoir voulu aller d’une île à une autre.

    Un bateau transportant 15 personnes d’une même famille était parti d’Anjouan pour se rendre à Mayotte. Une panne a privé le canot de propulsion, l’amenant à dériver pendant 22 jours sur plus de 1000 kilomètres dans l’océan Indien. L’embarcation a été repérée lundi par un pêcheur kényan, avec à bord 8 survivants qui étaient inconscients. Ils sont depuis soignés à l’hôpital. Les 7 autres sont morts de faim et leurs corps ont dû être jetés par dessus bord.

    Si 15 personnes d’une même famille se sont retrouvées sur un bateau pour traverser le bras de mer séparant deux îles de l’archipel des Comores, c’est parce qu’elles n’avaient pas d’autre moyen de s’y rendre. En effet, depuis plus de 20 ans, la France impose un visa aux citoyens comoriens qui veulent se rendre à Mayotte, alors que Paris et les occidentaux sont les seuls à ne pas contester le maintien de l’administration française sur cette île faisant partie en droit de l’Union des Comores.

    Conséquence d’une aventure coloniale commencée en 1975

    Cette tragédie est une nouvelle conséquence d’une aventure comorienne commencée en 1975, quand un gouvernement français a refusé de reconnaître le résultat d’un scrutin qu’il avait lui-même organisé l’année précédente et qui avait clairement débouché sur le choix de l’indépendance du territoire d’outre-mer des Comores, traduite sous forme de république unifiée proclamée en 1975. Paris avait besoin de maintenir une base stratégique sur l’importante route maritime du canal du Mozambique. La France soutenait alors l’apartheid et son armée venait d’être chassée de Madagascar, et contrainte de replier ses bases militaires à La Réunion. Par ailleurs, la découverte d’hydrocarbures dans la région amène Paris à vouloir étendre sa souveraineté sur les fonds sous-marins du plateau continental en s’appuyant sur des territoires que le droit international reconnaît comme comorien (Mayotte) ou malgache (archipel des Glorieuses).

    Paris a créé un flux migratoire vers Mayotte

    Il est à noter que depuis 1975, les Comores indépendantes sont secouées par des coups d’État perpétrés par d’anciens officiers de l’armée française tandis que Paris a entrepris la départementalisation de Mayotte. Calquée sur celle de La Réunion, cette stratégie néocoloniale vise à injecter massivement des transferts publics dans une économie, afin qu’ils servent à acheter des produits importés de l’ancienne puissance coloniale. Elle vise aussi à faire du territoire une vitrine de la France, montrant ostensiblement les avantages matériels découlant du maintien de son administration. Cette politique a créé d’importantes inégalités entre Mayotte et les autres îles de l’archipel en termes d’équipements publics et de revenus. Elle est à l’origine d’un flux migratoire qui s’ajoute aux échanges commerciaux séculaires entre les îles comoriennes, et qui s’amplifie au rythme de la croissance démographique. Ce flux migratoire créé par Paris est le prétexte choisi pour imposer un visa à l’entrée à Mayotte pour toute personne qui n’a pas la nationalité d’un Etat membre de l’Union européenne. Ce visa est quasiment impossible à obtenir pour un Comorien, compte tenu des conditions demandées. Il est à l’origine d’un commerce dangereux et lucratif : les traversées clandestines sur de frêles esquifs, les kwassa-kwassa, entre Anjouan et Mayotte.

    « France pays des droits de l’Homme » ?

    Depuis la création de ce visa, ce sont des milliers de personnes qui sont mortes noyées entre Anjouan et Mayotte. Et qu’il existera, il y a fort à parier que le massacre continuera.
    Cette situation a été créée par un gouvernement français. Paris a donc la possibilité de mettre fin à cette tragédie en restaurant la libre circulation des personnes dans l’archipel des Comores. C’est en effet la décision la plus urgente à prendre pour sécuriser les déplacements entre les îles.
    Rappelons que grâce à La Réunion, la France vient d’obtenir la présidence de la Commission des îles de l’océan Indien. La suppression du « visa Balladur » serait une mesure plus que symbolique, montrant la volonté de Paris de rompre avec une politique qui décrédibilise le mot d’ordre de « France pays des droits de l’Homme ». Elle permettrait de placer d’emblée la présidence française de la COI sous le signe du progrès, montrant la volonté de l’ancienne métropole d’accepter d’adapter son fonctionnement aux réalités du 21e siècle : l’océan Indien n’est plus le lac franco-britannique du 19e siècle mais redevient le carrefour du monde reliant l’Afrique et l’Asie appelées à reprendre leurs places de principaux moteurs de l’économie mondiale.

    https://www.printmaps.net/#share=AEJCWJD

    Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9ry_Giscard_d%27Estaing

    Archipel des Comores
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_des_Comores#%C3%89poque_contemporaine

    En 1946, les îles ne sont plus rattachées administrativement à Madagascar et forment pour la première fois de leur histoire une entité administrative unie et reconnue (TOM).

    En 1974, la France organise un référendum d’autodétermination dans l’archipel : trois des quatre îles optent pour l’indépendance (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) et forment en 1975 un État souverain appelé initialement État comorien. Mayotte devient une collectivité territoriale9, en dépit de plusieurs résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies qui se sont prononcées en faveur de l’unité et de l’intégrité du territoire des Comores10,11. Ces résolutions ne sont pas contraignantes. La France organisant un nouveau référendum sur la seule île de Mayotte le 8 février 1976, la Tanzanie dépose un projet de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations-Unies, appelant la France à ne pas organiser ce référendum et à respecter l’intégrité du territoire comorien. Le 6 février 1976, la France use alors de son droit du veto dont elle dispose en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies12. D’autres instances comme le Commonwealth[réf. nécessaire] ou l’Union africaine13[réf. nécessaire], jugent illégale la présence française à Mayotte. En 1994, l’assemblée générale a réitéré en demandant au gouvernement français de se plier à sa résolution.
    ...
    la population de Mayotte souhaitait depuis longtemps déjà que soit renforcé l’attachement de l’île à la France. Une fois la crise au sein de l’Union terminée, le conseil général de l’île a adopté à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement français d’organiser le référendum local nécessaire pour la départementalisation9. Il est organisé le 29 mars 2009 et 95,2 % des votants acceptent le changement de statut, faisant de Mayotte le 5e département d’outre-mer (DOM) et le 101e département français en 2011.
    ...
    Depuis les années 1980, de nombreux ressortissants du pays formé par les îles indépendantes, cherchent à gagner Mayotte, notamment depuis Anjouan, pour chercher des conditions de vie meilleures. Ils le font sur une mer difficile, au péril de leur vie, sur des embarcations à moteur hors-bord appelées localement kwassa kwassa. Ces personnes sont considérées comme des immigrés clandestins par les autorités de Mayotte et sont renvoyées de la manière la plus systématique possible sur le territoire de la RFIC, renommée plus tard en Union. L’Union, considérant que Mayotte fait partie du territoire proteste contre cette politique qui, selon elle, brime ses citoyens qui ne font que gagner une partie du territoire de l’Union.

    Comores (pays) (Redirigé depuis Union des Comores)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Comores_(pays)

    Alors que Mayotte votait de nouveau en 1976 pour un rattachement définitif à la République française, la République fédérale islamique des Comores s’enfonçait dans une longue période d’instabilité politique et de coups d’État. Ali Soilih, socialiste, et Bob Denard, mercenaire français, agissent tour à tour au nom de la France ou pour son propre compte. Se succèdent alors des régimes non démocratiques et coups d’État.

    En 1997, Anjouan et Mohéli proclament unilatéralement leur indépendance de la République fédérale islamique des Comores et souhaitent leur rattachement à la France, mais cette dernière refuse. Cette tentative de sécession entraîne un embargo mené par la RFIC et l’OUA. Alors qu’en 1998, sous l’égide de l’OUA, Mohéli accepte de nouveau l’autorité de Moroni, Anjouan refuse toujours.

    En février 1999, le colonel Azali Assoumani prend le pouvoir sur la Grande Comore en renversant le président intérimaire Tadjidine ben Saïd Massounde, un Anjouanais ; ce qui provoque une grave crise institutionnelle. Le colonel Assoumani poursuit des négociations plus fructueuses avec le colonel Mohamed Bacar d’Anjouan afin de résoudre la crise.

    Cette crise sera résolue avec la signature des accords de Fomboni de 2000/2001 et le référendum du 23 décembre 2001. Avec ce processus de réconciliation nationale, les trois îles forment à nouveau une entité avec une nouvelle constitution sous l’égide de l’OUA : l’Union des Comores. Conformément à la constitution, des élections sont organisées en 2006 qui ont été remportées par Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
    Article détaillé : Invasion d’Anjouan de 2008.

    En 2007, Mohamed Bacar, président d’Anjouan depuis 2002, cherche de nouveau à obtenir l’indépendance de l’île, alors qu’il vient d’emporter la présidence tournante de l’Union, contestée par la Grande Comore. Le 23 mars 2008, le président des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi envoie l’armée du pays, appuyée par l’Union africaine, lancer un assaut contre l’île d’Anjouan. La capitale tombe deux jours plus tard et le colonel Bacar prend la fuite.

    En mai 2009, le président Sambi convoque les électeurs comoriens pour un référendum constitutionnel, qui est approuvé par 93 % des votants. Cette nouvelle constitution, corrigeant celle de 2001, renforce les pouvoirs du président de l’Union, ceux des îles devenant des « gouverneurs » avec une plus large autonomie. L’islam devient « religion d’État », alors que la Constitution précédente le définissait seulement comme « inspirateur des règles et principes qui régissent l’Union des Comores ». Et le mandat du président est prolongé d’un an19. Son successeur Ikililou Dhoinine, qui était son vice-président depuis 2006, est élu le 26 décembre 2010 et lui succède effectivement le 26 mai 201120.

    Des gisements d’hydrocarbures ayant été découverts au Mozambique en 2010, Ikililou Dhoinine autorise en 2012 la compagnie Tullow Oil à mener une campagne de prospection pour tenter de déceler la présence de ressources pétrolières au large de l’archipel. Cette perspective fait rêver les dirigeants. Le pays, soumis à une poussée démographique, connaît des difficultés économiques, la moitié de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté, et pour partie souffre de la faim. Lors de la présidentielle de 2016, le candidat du pouvoir est son vice-président Mohamed Ali Soilihi. Mais celui-ci est devancé, après un scrutin à rebondissements, par l’ancien putschiste Azali Assoumani avec 41,43% contre 39,67 % des suffages.

    Le 30 juillet 2018, les Comoriens approuvent par référendum une nouvelle réforme constitutionnelle qui renforce encore les pouvoirs du président, l’autorisant notamment à briguer deux mandats consécutifs. Cette réforme entérine également la suppression du poste de vice-président et supprime la cour constitutionnelle au profit de la Cour suprême.

    Berlin-Ouest
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Berlin-Ouest

    Berlin-Ouest est la partie ouest de la ville allemande de Berlin ayant eu une identité propre de la création de la Trizone le 3 juin 1948 jusqu’au traité de Moscou du 12 septembre 1990. Elle résulte donc du ralliement, en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, des zones de Berlin contrôlées par les trois puissances occidentales victorieuses (les États-Unis, le Royaume-Uni et la France) face à Berlin-Est, sous contrôle soviétique.

    Voici un joli exemple de la propagande vantant les aspects positifs de l’ilot de Berlin-Ouest. La troupe de Günter Neumann s’appellait « Les Iliens » (DIe Insulaner), un ensemble expressément anticommuniste qui racontait la vie et la vison du monde des berlinois ordinaires à travers des sketchs poignants et drôles. Les cachets des artistes et le côut de production se révèlèrent comme un des investissement les plus mois chers et plus rentables de l’United States Information Agency (#USIA).

    Günter Neumann und seine Insulaner 1960
    https://www.youtube.com/watch?v=leMNlxO2yJM

    (Mal)heureusement la qualité du son et l’accent berlinois rendent cette vidéo ingérable pour le système de traduction automatique de Google.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Die_Insulaner

    United States Information Agency
    https://en.wikipedia.org/wiki/United_States_Information_Agency

    The United States Information Agency (USIA), which operated from 1953 to 1999, was a United States agency devoted to “public diplomacy”. In 1999, USIA’s broadcasting functions were moved to the newly created Broadcasting Board of Governors. Its cultural exchange and non-broadcasting information functions were assigned to the newly created Under Secretary of State for Public Diplomacy and Public Affairs at the U.S. Department of State. The agency was previously known overseas as the United States Information Service (USIS).

    Former USIA Director Alvin Snyder recalled in his 1995 memoir that “the U.S. government ran a full-service public relations organization, the largest in the world, about the size of the twenty biggest U.S. commercial PR firms combined. Its full-time professional staff of more than 10,000, spread out among some 150 countries, burnished America‘s image and trashed the Soviet Union 2,500 hours a week with a ’tower of babble’ comprised of more than 70 languages, to the tune of over $2 billion per year”. “The biggest branch of this propaganda machine” was the USIA.

    Rundfunk im amerikanischen Sektor
    https://en.wikipedia.org/wiki/Rundfunk_im_amerikanischen_Sektor

    #France #Mayotte #Comores #Union_des_Comores #RFIC #colonialisme #impérialisme #mur_de_berlin #RIAS

  • Covid-19 : des évacuations « massives » de patients mahorais vers Paris
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/26/le-chu-de-la-reunion-envisage-des-evacuations-sanitaires-massives-vers-paris

    Mercredi 24 février, peu après midi. Sur le tarmac de l’aéroport Roland-Garros à La Réunion, un malade du Covid-19 en réanimation est débarqué avec précaution d’un jet ERJ 135. Le patient, âgé d’une cinquantaine d’années, arrive de Mayotte, distante de 1 500 kilomètres, à moins de deux heures de vol en passant au-dessus de Madagascar. Installé dans une ambulance, il est emmené au CHU de Saint-Denis.Débordées par l’afflux de malades et jugeant la « situation extrêmement préoccupante », les autorités sanitaires de Mayotte ont demandé, le 4 février, l’aide médicale de La Réunion. Depuis le début du mois, 57 malades mahorais atteints du Covid-19 ou de ses variants, dont 37 en réanimation, ont été transférés vers les hôpitaux de l’île.
    Avec un CHU, deux autres hôpitaux et plusieurs cliniques privées, La Réunion « joue son rôle de système de santé de recours pour les Français de l’océan Indien », souligne Martine Ladoucette, directrice de l’agence régionale de santé (ARS) La Réunion. En moyenne, quatre patients par jour font désormais l’objet d’évacuation sanitaire. Le jet affrété par l’ARS Mayotte effectue deux rotations dans la journée. Mayotte, placée en confinement généralisé, a connu à la mi-janvier une brutale flambée épidémique en raison de la circulation du variant sud-africain. Jusqu’au 16 janvier, aucun patient souffrant du Covid-19 n’était admis dans le service de réanimation du centre hospitalier de Mayotte (CHM). A partir de cette date, « nous sommes subitement passés à quatre entrées en réanimation et à dix en médecine en moyenne par vingt-quatre heures », relate le docteur Ludovic Iché, chef du service des urgences et du SAMU 976.Face à l’arrivée de malades dans un état grave, le service de réanimation du CHM n’a cessé de s’étendre, passant de 16 à 38 lits, en partie grâce aux renforts envoyés par le service de santé des armées (SSA). « Nous nous trouvons dans une situation d’équilibre précaire, observe le docteur Iché. Nous avons frôlé les limites plusieurs fois mais nous n’avons pas laissé de malades sur le parking. Notre préoccupation est que pas un patient ne décède par manque de soins ou de place. »Selon les urgentistes, les transferts de patients vers La Réunion se sont déroulés jusqu’à présent sans grosse complication à bord. Ressemblant à un pont sanitaire aérien, cette opération d’entraide entre les deux départements français de l’océan Indien est sans précédent. Même si, en 2019, avant la crise sanitaire, 1 096 malades, dont 31 % étaient mineurs, avaient été acheminés pour des pathologies qui ne peuvent être soignées à Mayotte, notamment des opérations en cardiologie ou en neurochirurgie.
    Or La Réunion connaît à son tour une poussée de l’épidémie. Le rythme accéléré des transferts de malades depuis Mayotte a provoqué de vives réactions dans une partie de l’opinion réunionnaise. Les Mahorais sont accusés de diffuser le virus et son variant sud-africain, mais aussi de prendre la place dans les hôpitaux de futurs malades réunionnais.Même si les cas dits « importés » de Mayotte ou de la métropole oscillent entre 10 % et 15 % des nouveaux patients contaminés dans l’île, l’aéroport Roland-Garros est considéré comme « la porte d’entrée du virus ». Devant le site, une quarantaine de personnes ont manifesté à plusieurs reprises pour réclamer sa fermeture ou davantage de restrictions sur les contrôles des voyageurs.A La Réunion, le nombre de nouveaux cas journaliers ne cesse de progresser et le taux d’incidence est le double du seuil d’alerte avec 100 cas pour 100 000 habitants. Ce qui a conduit, mardi 23 février, le préfet à étendre aux vingt-quatre communes de l’île le couvre-feu de 22 heures à 5 heures du matin déjà en vigueur dans sept d’entre elles pour « empêcher l’emballement » et « éviter le reconfinement ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#mayotte#lareunion#circulationctherapeutique#contamination#variant#casimporte

  • Les déplacements vers l’outre-mer strictement limités
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/30/les-deplacements-vers-l-outre-mer-strictement-limites_6068204_823448.html

    Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé vendredi 29 janvier que tous les déplacements à destination ou en provenance des outre-mer seront soumis, à partir du dimanche 31 janvier, à un motif impérieux d’ordre personnel ou familial, pour des raisons de santé urgentes ou d’ordre professionnel ne pouvant être différées. A vrai dire, la seule nouveauté dans cette annonce concerne la date d’entrée en vigueur de ces mesures en Guadeloupe et en Martinique. Le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, avait annoncé, jeudi, l’extension de ces mesures de restriction dans les deux départements antillais à partir du mardi 2 février. Pour ceux-là, l’application des « motifs impérieux » vise principalement à éviter l’afflux de voyageurs en provenance de l’Hexagone pendant les vacances de février, qui commencent le 6 février pour la première zone. Durant les fêtes de fin d’année, Guadeloupe et Martinique avaient vu affluer près de 200 000 vacanciers. Depuis le 18 janvier, les voyageurs arrivant dans ces deux départements sont également soumis à un isolement de sept jours à domicile, avec l’obligation de procéder à un nouveau test PCR au terme de cette période. Un premier cas de variant anglais du Covid-19 a été détecté, vendredi, en Martinique. La Polynésie française devrait elle aussi passer sous le régime des « motifs impérieux ». Ailleurs, c’était déjà le cas pour la Guyane, où le taux d’incidence avait atteint 280 cas positifs pour 100 000 habitants mi-janvier et où les admissions en réanimation poursuivent leur hausse. De même pour La Réunion et Mayotte, en raison des suspicions de présence dans la région du variant du SARS-CoV-2 501.V2 apparu en Afrique du Sud. Un premier cas porteur de ce variant a été détecté le 15 janvier. Depuis, ce nombre est passé à 50. C’est à Mayotte que la situation apparaît la plus préoccupante. Des mesures de protection ont été prises dès le samedi 9 janvier pour limiter l’introduction de ce variant sur le territoire. Les vols au départ des Etats d’Afrique continentale de l’Est ont été suspendus par le préfet le jeudi 14 janvier

    #Covid-19#migrant#migration#france#outremer#guyane#mayotte#polynesie#martinique#reunion#sante#variant#propagation

  • A Mayotte, la France recrute des navires privés pour stopper les migrants

    https://www.mediapart.fr/journal/france/290121/mayotte-la-france-recrute-des-navires-prives-pour-stopper-les-migrants

    Mediapart révèle que la préfecture [de Mayotte] s’est lancée, au prétexte de la pandémie, dans une collaboration avec des sociétés nautiques privées pour surveiller les frontières maritimes de l’île. Du jamais vu. Du « temporaire », promet la sous-préfète.

    De l’approche des dauphins à la protection des frontières : c’est à une réunion de réorientation professionnelle inédite que les entreprises du monde nautique ont été conviées par la préfecture de Mayotte, mercredi 20 janvier. Par SMS et par mail, tous les clubs de plongée, tour-opérateurs ou croisiéristes de ce département d’outre-mer ont reçu, de la part de « Madame Gimonet, Sous-Préfète en charge de la Lutte contre l’Immigration Clandestine », une invitation pour « une réunion d’information sur la protection des frontières ». Au menu : un appel à volontaires pour surveiller les eaux françaises face aux embarcations de migrants venus des îles voisines des Comores (surnommées « kwassas-kwassas »).

    @cdb_77

  • Covid-19 : la Martinique et Mayotte durcissent les conditions d’entrée sur leur territoire
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/17/covid-19-la-martinique-durcit-les-conditions-d-entree-sur-son-territoire_606

    Alors que plus de 100 000 voyageurs s’y étaient rendus pour les fêtes de fin 2020, la Martinique a décidé de durcir, à partir de lundi, les conditions d’entrée sur son territoire. Les voyageurs de toutes provenances devront se soumettre à un isolement de sept jours, en plus d’un test PCR négatif au Covid-19, a annoncé, samedi 16 janvier, le préfet Stanislas Cazelles.
    Désormais « les voyageurs de toutes les provenances notamment de l’Hexagone et de la Guyane » devront, en plus du test PCR négatif obligatoire, « rester au domicile pendant sept jours, réduire les sorties au strict minimum [courses alimentaires, rendez-vous médical], réaliser un test sept jours après l’arrivée sur le territoire », selon un communiqué du préfet.
    Pour le préfet, il s’agi surtout « d’éviter l’introduction du variant anglais par un voyageur qui serait porteur du virus mais qui n’aurait pas été testé positivement au départ ».
    Seuls les voyageurs en provenance de Guadeloupe ou s’y rendant depuis la Martinique n’auront pas à se soumettre à ces nouvelles mesures. En revanche, « les flux aériens avec la Guyane seront restreints » compte tenu de la situation sanitaire sur place.A Mayotte, c’est un cas détecté du variant sud-africain qui a décidé les autorités à suspendre les liaisons maritimes et aériennes internationales pour quinze jours à partir de dimanche. Les déplacements entre Mayotte, la métropole et La Réunion ne sont autorisés que pour « motifs impérieux », a annoncé samedi la préfecture dans un communiqué.

    #Covid-19#migrant#migration#guadeloupe#martinique#reunion#mayotte#france#sante#circulation#test#isolement#variant

  • Multilinguisme en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte | Boukan & Une Saison en Guyane
    https://www.une-saison-en-guyane.com/article/culture/multilinguisme-en-guyane-en-nouvelle-caledonie-et-a-mayotte

    Les cartes représentant la diversité linguistique dans les territoires ultramarins comme la Guyane ou la Nouvelle-Calédonie représentent généralement des langues associées à des zones linguistiques distinctes bien identifiées. Or, les enquêtes sociolinguistiques réalisées en Guyane ces vingt dernières années mettent à mal l’idée d’une mosaïque de communautés linguistiques étanches. Les territoires sont multilingues et les habitants sont plurilingues, passant d’une langue à l’autre en fonction des interlocuteurs et des situations ou les mêlant au quotidien

  • Un récidiviste à Mayotte, jusqu’où ira le préfet de Mayotte ? [Actions collectives] ⋅ GISTI
    https://www.gisti.org/spip.php?article6495

    Un récidiviste à Mayotte, jusqu’où ira le préfet de Mayotte ?

    Rien ne semble arrêter le représentant de l’État à Mayotte, M. Jean-François Colombet.

    Dans une interview donnée à Mayotte 1ère le 13 octobre 2020, le préfet de Mayotte réitérait ses propos incendiaires liant l’arrêt des reconduites des personnes étrangères aux violences qui secouent l‘île. Le préfet de Mayotte n’en n’est pas à sa première sortie puisqu’il avait déjà tenu des propos similaires le 31 août dernier sur les mêmes ondes.

    Le 10 septembre 2020 déjà, au cours d’un point presse, ce dernier affirmait désormais vouloir “suspendre ou supprimer les titres de séjour de ceux qui n’auront pas rempli leurs devoirs à l’égard de leurs enfants”, et pour ce faire, envisageait de réunir à Mayotte… la Commission des titres de séjour.

    Visiblement très peu au fait de la législation en vigueur, le représentant de l’État semble ignorer que par dérogation (prévue à l’article L312-1 du CESEDA), aucune commission des titres de séjour n’existe à Mayotte et surtout qu’aucune disposition légale ne permet le retrait d’un titre de séjour à un représentant légal pour des agissements commis par son enfant mineur. Seuls certains faits commis par l’étranger lui-même peuvent conduire au retrait de son titre de séjour. Un paradoxe car le préfet souhaite retirer les titres de séjour aux parents d’enfants dits délinquants et assure en même temps que les troubles de Mayotte sont dus aux personnes en situation irrégulière !

    Indignes d’un représentant de l’État, ces contre-vérités ne font que renforcer le discours désormais habituel à #Mayotte, où l’État assimile l’insécurité gangrenant le 101ème département français aux personnes étrangères à l’origine, selon lui de tous les maux de l’île.

    En rendant ainsi responsables des violences les personnes étrangères en situation irrégulière et en attribuant aux seuls parents étrangers la responsabilité de ces violences, le Préfet s’enfonce ainsi - et le 101ème département avec lui - dans une logique de répression et d’effet d’annonce choc pour l’opinion publique infondés juridiquement et profondément stigmatisants.

    Au lieu de chercher à restaurer le contrat social, le préfet de Mayotte, par ce type d’annonce, fragilise l’État de droit fustige, une fois de plus, les personnes étrangères.

    #GISTI #France

  • À Mayotte, les autorités falsifient volontairement l’âge de mineurs isolés pour les expulser | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1594805209-mayotte-autorites-falsifient-volontairement-age-de-mineurs-i

    « Au moment où elle s’est présentée, elle a évoqué le fait d’être majeure et responsable des quatre enfants qui l’accompagnent », balaie Julien Kerdoncuf, sous-préfet chargé de la lutte contre l’immigration clandestine, en poste sur l’île depuis mai 2018. Une affirmation que Zaïna dément. Alerté par des connaissances, son père s’est présenté plusieurs fois devant le CRA pour essayer de prouver la minorité de sa fille. La police lui barre la route. « C’était dur, à chaque fois les policiers me chassaient », raconte celui qui a fui les Comores quelques mois plus tôt, menacé par le régime en place. La minorité de l’adolescente est établie trois jours plus tard, non par les forces de l’ordre ou la préfecture, mais par la Croix-Rouge. Le sous-préfet détaille, « elle a été testée positive au Covid et conduite de son plein gré au centre de Tsararano (village où se situe le centre dédié aux malades du Covid 19, ndlr). C’est une fois là-bas que la Croix-Rouge a appris, en discutant avec elle, que finalement elle était mineure. Dès qu’on l’a su, elle a été prise en charge par l’aide sociale à l’enfance ». Julien Kerdoncuf vante l’efficacité d‘« un système à quatre verrous de vérification : la connaissance du terrain par les agents, la vérification des dossiers par la préfecture, les associations au sein du CRA et le juge de la détention et des libertés, ou du tribunal administratif. » Pourtant, Marjane Ghaem, avocate ayant exercé au barreau de Mamoudzou pendant huit ans affirme avoir souvent « eu à traiter d’affaires de mineurs placés en rétention avec un âge majoré. » C’est, selon elle, « une pratique courante et connue à Mayotte », mais difficile à quantifier

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#mineur#sante#depistage#expulsion#droit

  • Enfants migrants enfermés : la grande #hypocrisie

    La France condamnée six fois depuis 2012

    En dépit de cette Convention, l’UE n’interdit pas la rétention des enfants. La directive « retour » de 2008 l’autorise comme « dernier ressort quand aucune autre #mesure_coercitive n’est possible pour mener à bien la procédure de #retour », nous précise le commissaire européen chargé de la migration. « L’Europe a toujours eu pour priorité la protection des enfants en migrations », explique Dimítris Avramópoulos. Seulement, la Commission européenne semble avoir un objectif plus important : garantir les expulsions. « Une interdiction absolue ne permettrait pas aux États membres d’assurer pleinement les procédures de retour, affirme le commissaire, car cela permettrait la fuite des personnes et donc l’annulation des expulsions. » De là à dire que la Commission propose de retenir les enfants pour mieux expulser les parents, il n’y a qu’un pas.

    Toutefois, rares sont les États de l’UE à assumer publiquement. Des enfants derrière les barreaux, c’est rarement bon pour l’image. L’immense majorité d’entre eux cachent la réalité derrière les noms fleuris qu’ils inventent pour désigner les prisons où sont enfermés des milliers de mineurs en Europe (seuls ou avec leurs parents). En #Norvège, comme l’a déjà raconté Mediapart, le gouvernement les a baptisées « #unité_familiale » ; en #Hongrie, ce sont les « #zones_de_transit » ; en #Italie, les « #hotspots » ; en #Grèce, « les #zones_sécurisées ». Autant d’euphémismes que de pays européens. Ces endroits privatifs de liberté n’ont parfois pas de nom, comme en #Allemagne où on les désigne comme « les #procédures_aéroports ». Une manière pour « les États de déguiser le fait qu’il s’agit de détention », juge Manfred Nowak.

    Certains d’entre eux frisent carrément le #déni. L’Allemagne considère par exemple qu’elle ne détient pas d’enfants. Et pourtant, comme Investigate Europe a pu le constater, il existe bien une zone fermée à l’#aéroport de #Berlin dont les murs sont bardés de dessins réalisés par les enfants demandeurs d’asile et/ou en phase d’expulsion. Étant donné que les familles sont libres de grimper dans un avion et de quitter le pays quand elles le souhaitent, il ne s’agit pas de détention, défend Berlin. Même logique pour le gouvernement hongrois qui enferme les mineurs dans les zones de transit à la frontière. Comme ils sont libres de repartir dans l’autre sens, on ne peut parler à proprement parler de #prison, répète l’exécutif dans ses prises de parole publiques.

    L’#invisibilisation ne s’arrête pas là. Le nombre d’enfants enfermés est l’un des rares phénomènes que l’UE ne chiffre pas. Il s’agit pourtant, d’après notre estimation, de plusieurs milliers de mineurs (au moins). Le phénomène serait même en augmentation en Europe « depuis que les États membres ont commencé à rétablir les contrôles aux frontières et à prendre des mesures plus dures, y compris dans des pays où la détention des enfants avait été totalement abandonnée au profit de méthodes alternatives », constate Tsvetomira Bidart, chargée des questions de migrations pour l’Unicef.

    En dépit de son insistance, même l’agence spécialisée des Nations unies n’est pas parvenue à se procurer des statistiques précises sur le nombre d’enfants enfermés dans l’UE. Et pour cause, précise Bidart, « la réglementation européenne n’impose pas de fournir ces statistiques ». Qui plus est, certains États membres procéderaient « à des détentions illégales d’enfants » et donc – logique – ne les comptabiliseraient pas. Quoi qu’il en soit, il existe un véritable chiffre noir et jusqu’à aujourd’hui, aucune volonté politique de sortir ces enfants de l’ombre où on les a placés. « Publier des statistiques de qualité, conclut l’experte, c’est la clef de la visibilité. »

    Le gouvernement français semble, lui, tenir des statistiques, seulement il rechigne à fournir ses chiffres à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), comme nous l’a révélé la juriste responsable du suivi de la France auprès de la juridiction internationale. Chantal Gallant intervient une fois que le pays est condamné en s’assurant que les autorités prennent bien des mesures pour que les violations des droits humains ne se reproduisent pas. La France étant le pays de l’UE le plus condamné concernant les conditions de détention des mineurs migrants, elle a du pain sur la planche. Déjà six fois depuis 2012… Si l’on en croit la juriste, les dernières données fournies par la #France dateraient de 2016. Quatre ans. D’après elle, la Cour les a réclamées à plusieurs reprises, sans que ses interlocuteurs français – le ministère des affaires étrangères et la représentation française au Conseil de l’Europe – ne donnent suite.

    Chantal Gallant confesse toutefois « qu’elle a mis de côté le dossier » depuis août 2018, car ses interlocuteurs lui avaient certifié que la France allait limiter la rétention des mineurs en #CRA (ces centres où sont enfermés les sans-papiers en vue de leur expulsion) à 5 jours, au moment du débat sur la loi « asile et immigration » de Gérard Collomb. Cela n’a pas été fait, bien au contraire : le Parlement a décidé alors de doubler la durée de rétention maximale, y compris des familles avec enfants (il n’y a jamais de mineurs isolés), la faisant passer de 45 à 90 jours, son record historique. Une durée parmi les plus importantes d’Europe (l’Angleterre est à 24 heures, la Hongrie n’en a pas) et une violation probable de la Convention européenne des droits de l’homme. « Ce que je peux dire, c’est que la durée de 90 jours ne me semble pas en conformité avec la jurisprudence de la Cour, précise Chantal Gallant. Nous considérons qu’au-delà de 7 jours de rétention, le traumatisme créé chez l’enfant est difficile à réparer. »

    La situation est-elle en train de changer ? Le 3 juin, le député Florent Boudié (LREM) a été désigné rapporteur d’une proposition de loi sur le sujet, en gestation depuis deux ans, véritable arlésienne de l’Assemblée nationale. En janvier, l’assistante du parlementaire nous faisait encore part d’« un problème d’écriture sur cette question délicate »… Alors que de nombreux élus de la majorité poussaient pour plafonner la rétention des mineurs à 48 heures, la version déposée le 12 mai reste scotchée à cinq jours tout de même. Et son examen, envisagé un temps pour le 10 juin en commission des lois, n’est toujours pas inscrit à l’ordre du jour officiel. « La reprogrammation est prévue pour l’automne dans la “niche” LREM », promet désormais Florent Boudié.

    En l’état, elle ne vaudrait pas pour le département français de #Mayotte, visé par un régime dérogatoire « compte tenu du contexte de fortes tensions sociales, économiques et sanitaires ». Surtout, elle ne concerne que les centres de rétention et non les zones d’attente. Les enfants comme Aïcha, Ahmad et Mehdi pourront toujours être enfermés jusqu’à 20 jours consécutifs en violation des conventions internationales signées par la France.

    À l’heure où nous écrivions ces lignes (avant le confinement lié au Covid-19), les deux orphelins marocains avaient été confiés par le juge des enfants à l’Aide sociale à l’enfance. « Le jour où on nous a libérés, j’étais si content que j’ai failli partir en oubliant mes affaires ! », s’esclaffait Mehdi, assis à la terrasse du café. Comme la plupart des mineurs isolés âgés de plus de 15 ans, ils ont été placés dans un hôtel du centre de Marseille avec un carnet de Ticket-Restaurant en poche. La moitié des six mineurs sauvés du conteneur logés au même endroit, eux, ont disparu dans la nature, selon leurs avocates. Ont-ils fugué pour rejoindre des proches ? Ont-ils fait de mauvaises rencontres dans les rues de la Cité phocéenne ? Personne ne sait ni ne semble s’en préoccuper.

    Mehdi et Ahmad, eux, n’ont aucune intention de mettre les voiles. Les deux orphelins de Melilla n’ont qu’une hâte : reprendre le chemin de l’école, l’un pour devenir plombier, l’autre coiffeur. Ils ne sont qu’au début du chemin mais, pour l’heure, ils veulent croire que « la belle vie » commence enfin.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/180620/enfants-migrants-enfermes-la-grande-hypocrisie?page_article=2
    #migrations #asile #réfugiés #enfants #enfance #détention_administration #rétention #emprisonnement #enfermement #Europe #retours #renvois #expulsions #euphémisme #mots #vocabulaire #terminologie #statistiques #chiffres #transparence

    ping @karine4 @isskein

  • À Mayotte, des entraves au secours de malades provenant des Comores inquiètent l’ARS
    https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/mayotte-des-entraves-au-secours-de-malades-provenant-des-comores-inquie
    https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMDA2MGU4ZTNmZDRmYmNhOGVlZWRlOTg2NTg3NDY1N2Q1ODE?width=1260&he

    Ce mardi 9 juin, une cinquantaine de personnes ont empêché les pompiers de venir au secours d’une personne blessée déposée en bateau dans le village de Mtsahara, à Mayotte. Il s’agit de la deuxième action d’entrave au secours menée en quelques jours par des villageois contre des malades ou blessés étrangers, et l’Agence régionale de santé a dénoncé ces actes dans un communiqué. Mardi, les pompiers ont dû négocier de longues minutes avec les villageois avant qu’ils ne puissent évacuer l’homme plâtré à la jambe vers le dispensaire de la commune voisine de Dzoumogné. Le blessé a ensuite été évacué au centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Mamoudzou.
    Des habitants ont justifié leur geste en expliquant qu’ils en avaient assez de voir des migrants arriver illégalement à Mayotte pour se faire soigner. Ils considèrent que cela rend plus difficile l’accès aux soins pour eux.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#sante#systemesante#discrimination#etranger

  • Coronavirus : à Mayotte, des dépouilles à risque - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/05/15/coronavirus-a-mayotte-des-depouilles-a-risque_1788460

    Pour Christian Patrimonio, l’avocat qui représente la STPM, ses clients auraient subi « une exposition médicalement avérée au risque de contamination ». Le certificat de décès énonçait qu’il n’y avait « pas lieu de mise en bière immédiate », comme l’exigent pourtant les mesures nationales en cette période d’épidémie. Il a fallu un second document pour que la nécessité d’un cercueil hermétique soit reconnue afin d’acheminer le corps en métropole, où la défunte souhaitait être enterrée. Les plaignants ont déposé une requête contre l’agence régionale de santé (ARS) et le préfet de Mayotte, qui n’auraient pas pris les mesures adaptées. Le département, en zone rouge, est le seul de France à être encore soumis au confinement de sa population. Le tribunal administratif ayant rejeté la requête, le Conseil d’Etat a été saisi en appel.

    #Covid-19#France#Mayotte#métropole#décès#morgue#confinement#épidémie#corps#inhumation#circulation#migrant#migration#santé

  • Julien Kerdoncuf, sous-préfet à Mayotte en charge de la lutte contre l’immigration clandestine : “Nous n’avons pas constaté d’arrivées de kwassas liés au Covid”
    #Covid-19#migrant#migration#France#sanspapier#Mayotte

    https://www.mayottehebdo.com/actualite/politique/julien-kerdoncuf-sous-prefet-a-mayotte-en-charge-de-la-lutte-contre-l-
    https://www.mayottehebdo.com/images/uploads/articles/FI+-%20Kerdoncuf.jpg

    Alors que l’épidémie de Covid-19 continue sa propagation à Mayotte et que le flou règne sur la situation sanitaire en Union des Comores, la LIC se poursuit, d’ailleurs amplifiée pour limiter l’impact que pourrait avoir l’importation de nouveaux cas sur le territoire. Pour autant, après une baisse, les arrivées de kwassas tendent à reprendre depuis quelques jours, sans qu’elles ne soient a priori imputables au Covid-19. Le point avec Julien Kerdoncuf, sous-préfet délégué à la lutte contre l’immigration clandestine.

  • Le déconfinement « reporté » à Mayotte où le virus circule « activement »
    http://www.rfi.fr/fr/france/20200504-le-d%C3%A9confinement-est-report%C3%A9-mayotte-virus-circule-activement

    a ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé que ceux qui rentreront seront placés en quatorzaine. Chaque année, 40 000 étudiants ultramarins viennent étudier dans l’Hexagone. Ces « étudiants ultramarins isolés » font partie des 800 000 jeunes de moins de 25 ans « précaires ou modestes », à qui sera versée en juin une aide de 200 euros, a par ailleurs annoncé Édouard Philippe

    #covid-19#migration#migrant#Mayotte#système-santé#retour#épidémie#ramadan#étudiants#quatorzaine

  • Après une nuit d’émeutes à Mayotte, Marine Le Pen réclame l’envoi de troupes — RT en français
    #Covid-19#migrant#migration#France#emeute#Mayotte#xenophobie

    https://francais.rt.com/france/74770-apres-nuit-demeutes-mayotte-marine-marine-le-pen-reclame-envoi-tr

    Mamoudzou a été le théâtre d’affrontements nocturnes entre les forces de l’ordre et des personnes refusant de respecter le couvre-feu, mis en place à Mayotte du fait de la pandémie. Marine Le Pen réclame l’envoi de militaires et d’un navire-hôpital.

  • Dengue et coronavirus, Mayotte face à une double vague épidémique
    #Covid-19#France#Mayotte#migrant#migration#confinement#sante

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/04/mayotte-face-a-une-double-vague-epidemique_6038536_3224.html

    Mayotte, seul département ultramarin classé rouge sur la carte du déconfinement, est passée, jeudi 30 avril, au stade 3 de l’épidémie de coronavirus, avec un doublement des cas avérés en deux semaines et, désormais, six décès confirmés et deux autres en cours d’investigation pour en déterminer les causes exactes.

  • A Mayotte, « avec le coronavirus, la dengue et la faim, le cocktail est explosif »
    https://www.bastamag.net/Mayotte-faim-pauvrete-acces-eau-penurie-petrole-maladie-chronique-epidemie

    A Mayotte, le nombre de personnes contaminées par le Covid-19 explose. Pourtant, impossible de respecter le confinement au regard des conditions de vie et de l’absence d’eau courante pour un tiers de la population. « Les patients chroniques ne viennent presque plus consulter et sont autant de bombes à retardement à venir », alerte Géraldine, infirmière libérale sur l’île. Le conseil scientifique du gouvernement craint un « risque important d’explosion épidémique et de paralysie du système de santé à (...) #Témoignages

    / #Droits_fondamentaux, Santé , #Alimentation

    #Santé_

  • Coronavirus : à Mayotte, « c’est impossible de rester à l’intérieur »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/07/coronavirus-a-mayotte-c-est-impossible-de-rester-a-l-interieur_6035837_82344

    Chamsiddine Foulera est éducateur en prévention spécialisée dans une des structures des Apprentis d’Auteuil, qui gère plusieurs dispositifs d’accueil et d’accompagnement en faveur de la jeunesse dans le département le plus pauvre de France, où la moitié des 279 000 habitants recensés par l’Insee a moins de 18 ans mais où plusieurs milliers de jeunes sont déscolarisés et sans emploi. Il intervient dans le Grand-Mamoudzou, là où les « bangas » – les baraquements précaires faits de tôle et de matériaux de récupération – rongent les flancs des collines, là où des milliers d’immigrés, pour la plupart en provenance des Comores voisines, survivent dans des conditions indignes, mais qu’ils préfèrent cependant à l’idée de retourner dans leur pays d’origine.

    #Paywall #Mayotte #Covid19

  • Blanquer, ministre de la matraque
    https://npa2009.org/actualite/education/blanquer-ministre-de-la-matraque

    En plein confinement, un arrêté vient d’être publié au Journal officiel, autorisant l’Éducation nationale à « acquérir et détenir des matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques téléscopiques et tonfas téléscopiques, relevant de la catégorie D » . Autrement dit, Blanquer arme ses Équipes mobiles de sécurité (EMS), qui deviennent de facto les CRS de l’Éducation nationale.

    Pour l’instant, il est prévu que cette mesure ne s’applique qu’à #Mayotte. Ce qui, d’un point de vue symbolique, est encore pire. Cela ne fait que confirmer que la France mène sur ce territoire une politique résolument colonialiste.

    #colonialisme

    • J’arrive pas à y croire mais voici le texte de l’arrêté :

      Arrêté du 7 avril 2020 relatif à l’autorisation de détention et de port d’armes pour les agents des équipes mobiles de sécurité du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse dans le Département de Mayotte

      NOR : MENJ2006516A
      ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2020/4/7/MENJ2006516A/jo/texte

      Le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse et le ministre de l’intérieur,
      Vu le code de la sécurité intérieure, notamment ses articles L. 315-1, R. 312-22 et R. 312-25 ;
      Vu les circulaires interministérielles n° 2009-137 du 23 septembre 2009 et n° 2010-25 du 15 février 2010 portant création des équipes mobiles de sécurité du ministère de l’éducation nationale,
      Arrêtent :

      Article 1 En savoir plus sur cet article...

      Le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse peut acquérir et détenir des matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques téléscopiques et tonfas téléscopiques, relevant de la catégorie D définie à l’article R. 311-2 du code de la sécurité intérieure, en vue de leur remise aux agents des équipes mobiles de sécurité, définies par les circulaires interministérielles des 23 septembre 2009 et 15 février 2010 susvisées, qui exercent leurs missions dans le Département de Mayotte.

      Article 2 En savoir plus sur cet article...

      Les agents mentionnés à l’article 1er du présent arrêté sont autorisés, pour l’exercice de leurs fonctions, à porter les armes qui leur sont remises par leur administration.

      Article 3 En savoir plus sur cet article...

      Le recteur de l’académie de Mayotte est compétent pour délivrer aux agents mentionnés à l’article 1er du présent arrêté une attestation nominative valant autorisation individuelle de port d’arme.
      Cette attestation est visée par le préfet du Département de Mayotte.
      Les agents doivent être munis de cette attestation lorsqu’ils sont porteurs de leurs armes.

      Article 4 En savoir plus sur cet article...

      L’attestation nominative ne peut être délivrée qu’aux agents ayant suivi une formation initiale aux règles de sécurité, de stockage, et de maniement des armes mentionnées à l’article 1er dont la durée ne peut être inférieure à 30 heures. Les modalités de la formation initiale et des entraînements réguliers auxquels sont astreints les agents sont fixées par instruction du secrétaire général du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse.

      Article 5 En savoir plus sur cet article...

      Lorsqu’elles ne sont pas portées en service ou transportées pour la formation prévue à l’article 4 du présent arrêté, les armes doivent être conservées dans les conditions prévues à l’article R. 314-1 du code de la sécurité intérieure.

      Article 6 En savoir plus sur cet article...

      L’autorisation de port d’armes est caduque lorsque l’agent n’exerce plus de mission au sein des équipes mobiles de sécurité.

      Article 7 En savoir plus sur cet article...

      La secrétaire générale du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, le recteur de l’académie de Mayotte et le préfet de Mayotte sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

      Fait le 7 avril 2020.

      Le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse,

      Jean-Michel Blanquer

      Le ministre de l’intérieur,

      Christophe Castaner

      https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041789706&dateTexte=&categorieLie

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