• À Mayotte, l’État français prolonge l’enfermement des enfants migrantEs, confirmant le rôle de laboratoire colonial de l’archipel pour sa politique raciste.

    Le décret « relatif à l’exécution des mesures d’éloignement à Mayotte » (publié au Journal officiel du 12 juin) est la dernière expression en date de la nature coloniale de ce « département » en plein océan Indien, à 8 085 km de l’Hexagone.Une politique raciste d’exception

    L’État français y mène une politique raciste d’exception à l’encontre des migrantEs « illégaux », dans la continuité de celle qu’il a toujours menée dans son empire colonial régi par des lois établies en dérogation au droit commun en vigueur dans la métropole. Absence d’AME, négation du droit d’asile, restriction du droit du sol, enfermement dans des CRA (centres de rétention administrative) d’enfants migrants avec leurs parents en attente de leur expulsion.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/01/28/mayotte-ile-des-exceptions-et-des-chimeres/#comment-75090

    #mayotte

  • A Mayotte, le résultat du recensement pas encore dévoilé, mais déjà vivement remis en question
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/05/a-mayotte-le-resultat-du-recensement-pas-encore-devoile-mais-deja-vivement-r

    L’Insee présentera mardi 7 juillet le résultat du recensement exhaustif mené de fin novembre 2025 à janvier 2026. Très attendus, ces chiffres s’annoncent bien moindres que les estimations des élus locaux, globalement convaincus d’une explosion démographique, selon eux sous-évaluée.

    Par Jérôme Talpin (Saint-Denis (La Réunion), correspondant)
    Publié le 05 juillet 2026 à 04h30, modifié le 05 juillet 2026 à 17h50

    Temps de Lecture 4 min.

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    Un homme répond au recensement, dans le camp de Tsoundzou 2, à Mamoudzou (Mayotte), le 28 novembre 2025.
    Un homme répond au recensement, dans le camp de Tsoundzou 2, à Mamoudzou (Mayotte), le 28 novembre 2025. MARINE GACHET POUR « LE MONDE »

    « Cela va ferrailler dur », pronostique-t-on à l’Insee. Dans un climat de défiance, l’institut de la statistique va dévoiler, mardi 7 juillet, lors d’une conférence de presse à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, le nombre d’habitants de l’île. En donnant les résultats du recensement exhaustif, qui s’est déroulé pendant huit semaines, du 27 novembre 2025 au 24 janvier 2026, avec des agents effectuant du porte-à-porte, la hiérarchie nationale et régionale de cette administration sait qu’elle va essuyer de nouveau une vive polémique. La quasi-totalité des élus et une partie de la population affirment que la démographie de l’île a explosé depuis 2017 – date du dernier recensement exhaustif (256 518 habitants) –, et que le département abriterait, selon eux, autour de 450 000 personnes, voire 500 000, en raison du taux de fécondité le plus élevé de France (3,6 enfants par femme) et de l’arrivée quasi quotidienne de personnes en situation irrégulière, en grande majorité des Comores voisines.

    Or le verdict du recensement sera loin de ce contre-chiffre. Le résultat est proche des 321 000 habitants. Ce chiffre comprend les 299 600 bulletins individuels papier récoltés lors d’entretiens menés par plus de 700 agents recenseurs recrutés par les communes. Il faut ajouter les 11 000 réponses par Internet. L’Insee agrège ensuite un taux de 3,1 % correspondant aux occupants de logements qui n’ont pas répondu – un taux inférieur à ceux de l’Hexagone. Selon les informations du Monde, ce chiffre de 321 000 habitants est « le bon ordre de grandeur ». L’Insee en défend la rigueur méthodologique.

    En attendant, les dix-sept communes de Mayotte ont toutes reçu les données détaillées pour leur territoire, après les opérations de contrôle de l’Insee. Seuls cinq maires ont répondu, sans les contester en bloc, mais en demandant des précisions sur des différences entre la collecte des agents recenseurs et les redressements de l’institut.
    Dotations insuffisantes selon les élus

    La réelle surprise est que le résultat annoncé se situe en deçà des précédentes estimations de l’Insee. Celles-ci avaient été calculées avant le recensement en prenant en compte le haut niveau de naissances et le faible nombre de décès, ainsi que le solde migratoire, pour aboutir à une évaluation à 338 208 habitants au 1er janvier 2026, contre 329 282 un an plus tôt.

    Ce décalage constitue un angle d’attaque pour les élus affirmant que la population de Mayotte est sous-estimée depuis 2017. Ces derniers mettent en avant « la réalité du terrain ». La conséquence, déplorent-ils : des dotations financières de l’Etat qui ne correspondent pas aux besoins en équipements publics, plus particulièrement pour les écoles et les services de santé. Après le passage dévastateur du cyclone Chido, les leaders politiques du département avaient été confortés par le premier ministre de l’époque, François Bayrou, qui avait désavoué l’Insee en parlant de « sentiment de submersion migratoire » et d’absence de « recensement fiable à Mayotte ». Avant d’ordonner un nouveau comptage de la population dans la perspective de la reconstruction du territoire.
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    « Nos chiffres sont solides », répond inlassablement l’Insee en rappelant que les « agents communaux ont toqué à toutes les portes », y compris dans les bidonvilles. Fin février, l’administration a commencé à déminer la polémique dans son blog : « Au vu des comptages remontés par les communes et de ceux effectués par l’Insee, il se confirme d’ores et déjà que le chiffre de 500 000 habitants pour Mayotte, parfois évoqué, n’est pas réaliste. » « Il est impossible que 150 000 personnes soient cachées dans la forêt », affirmait au Monde, fin janvier, Bertrand Kauffmann, ancien chef de projet pour le recensement de Mayotte.
    Lire aussi le reportage | Article réservé à nos abonnés Recensement à Mayotte : frapper à toutes les portes pour « n’oublier personne » et « avoir des chiffres fiables »

    Les élus mahorais persistent. « Nous sommes au moins entre 400 000 et 450 000 », oppose la députée Estelle Youssouffa, qui siège avec le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, en mettant en avant les services publics saturés, la crise de l’eau ou encore « les manquements de l’Insee ». « Nous hébergeons beaucoup d’habitants des Comores et, maintenant, de l’Afrique des Grands Lacs. Comment serait-il possible que la population n’ait pas augmenté ? », s’étonne, de son côté, le sénateur Saïd Omar Oili (apparenté socialiste).

    A Mayotte, les élus ont abondamment critiqué le calendrier choisi pour le recensement, fixé pendant la saison des pluies, au début de la campagne des municipales et en partie pendant les vacances scolaires. Ils rappellent en outre la crainte des personnes sans-papiers de se faire recenser.
    « Une institution qui refuse d’avoir tort »

    Estelle Youssouffa considère aussi que l’Insee part sur une base erronée de quatre personnes pour un logement non enquêté quand, selon elle, « une maison mahoraise compte cinq à six personnes et un foyer des bidonvilles entre huit et douze personnes ». « Il s’agit d’une institution qui refuse d’avoir tort et qui ne veut pas admettre ses erreurs », accuse la députée en reconnaissant des « échanges houleux » avec les responsables de cette administration. « Les chiffres publiés ne doivent pas permettre de valider des statistiques contestées depuis des années, ajoute l’élue. Attention au divorce, aux fictions administratives et aux mauvais calculs pour les dotations. »

    Autre chiffre qui risque d’être vivement critiqué : celui de la ville de Mamoudzou, avec près de 93 000 habitants, contre 71 437 en 2017. Son maire, Ambdilwahedou Soumaila, (Les Républicains) considère que la barre des 100 000 est franchie depuis un moment. Ce qui, selon lui, devrait justifier des moyens supplémentaires dans sa gestion municipale.

    Dans son argumentaire, l’Insee rappelle aux communes que ce sont elles qui ont réalisé le recensement. Avec « des moyens de temps et d’argent » : deux semaines supplémentaires et une dotation exceptionnelle de 1,5 million d’euros.

    La dernière étape de ce recensement est attendue en décembre avec l’annonce de la population dite « totale ». Ce chiffre, qui ne sera pas très différent, mais légèrement plus précis, intègre la « population comptée à part », comprenant certaines personnes qui peuvent résider sur deux communes, à l’instar des étudiants, des militaires, des gendarmes, ou des personnes âgées. Un décret sera publié. Décision qui pourra, alors, être attaquée devant la justice administrative par les collectivités.

    Jérôme Talpin (Saint-Denis (La Réunion), correspondant)

    #Recensement #Mayotte

  • « Des jeunes gens de 18 ans, étrangers dans leur pays natal et dans le pays de leur bannissement, se voient délivrer une OQTF » : la terrible condition des enfants de Mayotte

    Tribune de Nathalie Tehio, présidente de la LDH et Daniel Gros, représentant de la LDH à Mayotte

    Mayotte est le symptôme de l’inhumanité du colonialisme en ce début du XXIe siècle, alors que la France s’enorgueillit d’être une démocratie. Appartenant à l’archipel des Comores, les liens ancestraux entre les familles et l’attirance d’un niveau de vie supérieur ne peuvent que rendre les frontières fictionnelles.

    Les causes exactes de l’installation sur l’île ne sont pas recherchées, au profit de l’idéologie, car elles pourraient s’avérer liées au durcissement de la politique migratoire, qui imposent aux personnes présentes de se fixer à Mayotte plutôt que faire la navette avec Anjouan et y conserver des liens familiaux.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/02/16/la-suppression-du-droit-du-sol-a-mayotte-une-mesure-dexception-dangereuse-pour-toutes-et-tous/#comment-74773

    #mayotte

  • À Mayotte, le combat des associations contre les violences sexuelles sur mineurs

    Depuis 2018, l’association Haki za Wanatsa (“les droits des enfants” en shimaoré) recueille les témoignages de victimes et mène des actions de terrain, en dépit des tabous culturels et de la faiblesse des services de l’État.

    https://histoirescrepues.fr/a-mayotte-le-combat-des-associations-contre-les-violences-sexuelles

    #mayotte

  • A Mayotte, des interventions toujours dangereuses pour intercepter les kwassa-kwassa des migrants comoriens
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/28/a-mayotte-des-interventions-toujours-dangereuses-pour-intercepter-les-kwassa

    A Mayotte, des interventions toujours dangereuses pour intercepter les kwassa-kwassa des migrants comoriens
    Par Maud Jullien (« Lighthouse Reports »), Julia Pascual et Tomas Statius (« Lighthouse Reports »)
    C’est une vidéo inédite. Elle jette une lumière crue sur les techniques dangereuses employées à Mayotte par la police aux frontières pour intercepter les kwassa-kwassa, ces embarcations qui transportent vers le département français des migrants comoriens. Le document de trente secondes, obtenu par Le Monde, son partenaire Lighthouse Reports, média d’investigation à but non lucratif, le magazine allemand Der Spiegel et le média en ligne Komune, montre une collision survenue le 20 février entre le Titan, une vedette d’interception rapide de la police, et un kwassa-kwassa de 7 mètres de long. A son bord, 20 personnes, parmi lesquelles sept femmes et trois enfants âgés de 2, 4 et 6 ans. Ils ont frôlé la mort.
    Il est minuit quand leur bateau, parti d’Anjouan, s’approche de Mayotte à une vitesse de plus de 20 nœuds (environ 35 kilomètres par heure). Repéré par les radars qui sont positionnés tout autour de l’archipel français, le kwassa-kwassa, dont le franc-bord est de 10 centimètres à peine, est pris en chasse par la vedette Titan, un semi-rigide d’une dizaine de mètres affecté à la lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette poursuite ne dure pas. Les deux bateaux sont bord à bord quand la proue du kwassa-kwassa glisse sous le boudin de l’intercepteur. La barque s’emplit d’eau et l’ensemble de ses passagers tombent à la mer. Les policiers se portent à leur secours.
    Quelques jours après, le 24 février, la police nationale de Mayotte se réjouit de la condamnation à trois ans de prison ferme des deux pilotes du kwassa-kwassa, en comparution immédiate. Ceux-ci ont fait appel. Selon le post mis en ligne sur les réseaux sociaux, les pilotes « ont volontairement percuté l’intercepteur de la police nationale, provoquant le naufrage de leur kwassa ». Une version remise en cause par la vidéo des faits, réalisée par un des policiers à bord.
    On y voit notamment le Titan se rapprocher jusqu’à être « à couple » avec le kwassa-kwassa. Au bout d’une dizaine de secondes, un passager jette ce qui semble être une pierre en direction des policiers puis un des fonctionnaires utilise une gaffe – une perche munie d’un croc – pour tenter de retirer la durite d’alimentation en carburant d’un des deux moteurs de l’embarcation. Sans succès. Au même moment, l’un des pilotes du kwassa-kwassa lâche la barre. La barque s’immobilise subitement et plonge sous le Titan. Un policier éclaire la scène avec sa lampe torche. Les passagers sont déjà à la mer, tandis que leur embarcation sombre. Un fonctionnaire lâche : « Putain, merde, à l’eau, à l’eau, à l’eau. » D’après des éléments de l’enquête que nous avons pu consulter, l’un des policiers fait le lien entre la tentative d’arracher la durite d’essence et la collision : « Pour éviter la gaffe, le passeur qui était à droite du kwassa a lâché le moteur 75 CV, ce qui a fait virer brusquement leur embarcation vers nous », a-t-il notamment rapporté lors de son audition.
    Collision, encerclement, création de vagues… En septembre 2025, Le Monde et Lighthouse Reports révélaient qu’à Mayotte les forces de l’ordre usent de tactiques agressives en mer pour stopper les kwassa-kwassa, sans que ces méthodes fassent l’objet de doctrine officielle. Leur dangerosité est pourtant connue. Entre 2007 et 2025, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon à la suite d’une interception.
    Le 28 mars 2026, un kwassa-kwassa a encore chaviré dans un contexte similaire. Hidaya B., une femme d’une cinquantaine d’années originaire d’Anjouan, est morte sur le coup. Une instruction judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire aggravé et aide aggravée à l’immigration irrégulière. Un Anjouanais de 19 ans, identifié comme le pilote du kwassa-kwassa, a été mis en examen.
    Cette fois, la police n’a fait aucune communication sur les réseaux sociaux. Le site d’information Mayotte la 1ère a, pour sa part, relaté que « les policiers ont pu secourir la vingtaine de personnes en situation irrégulière. Parmi elles, une femme était en arrêt cardio-respiratoire ».
    Selon les premiers éléments d’enquête que nous avons pu consulter, c’est un avion de la police aux frontières qui, ce jour-là, a repéré des kwassa-kwassa au large de Mayotte. Plusieurs intercepteurs sont missionnés, dont le Mwamba, qui s’approche d’une des barques en position parallèle. Dans le procès-verbal d’arraisonnement établi par les fonctionnaires, ces derniers affirment que le pilote du kwassa-kwassa aurait refusé de s’arrêter et pris « des risques manifestes pour l’ensemble des personnes à son bord ». Les policiers se mettent alors « à couple » et tentent d’arracher les durites d’essence pour faire stopper l’embarcation. A ce moment-là, écrivent-ils, le pilote du kwassa-kwassa « effectue un virage à 90 degrés sur son tribord et vient nous percuter en travers en se plaçant sur notre trajectoire ». Le bateau prend l’eau et chavire. Trois enfants – dont un bébé de 9 mois – se trouvent parmi les passagers projetés à la mer, ainsi que cinq femmes et un homme de 73 ans. L’ensemble des 24 passagers sont repêchés et les policiers constatent alors qu’« une femme d’une cinquantaine d’années présente des blessures au niveau de la tête et ne répond pas ». Ils tentent, en vain, de la réanimer.
    Le Monde et Lighthouse Reports ont réussi à joindre plusieurs rescapés du naufrage, placés au centre de rétention administrative de Mayotte. S’ils confirment que le pilote a refusé d’obtempérer aux ordres des policiers, ils mettent en cause les manœuvres de ces derniers. Farid S. affirme ainsi que ce sont « les policiers [qui] ont fait chavirer [leur] kwassa » et que ce sont « leurs moteurs qui ont écrasé la tête de la victime ». Les policiers « ont fait chavirer notre barque », corrobore Ahmed S., 21 ans, un autre passager du kwassa-kwassa. Un troisième rescapé, Anzidine M., assure que les policiers « se sont collés à [eux] » et ont « lancé des barres de fer en forme d’hameçons » jusqu’au moment où la vedette de police « a foncé sur [eux] et a roulé en plein milieu de [leur] bateau ». « Notre kwassa a coulé et (…) le moteur de leur bateau a écrasé la tête de la victime décédée », affirme-t-il. Onze passagers du kwassa-kwassa se sont constitués partie civile dans cette procédure, selon leur avocate, Céline Cooper. En attendant, par un arrêté préfectoral du 21 avril, les policiers en service la nuit de la collision ont été récompensés de lettres de félicitations et de mentions honorables pour « actes de courage et de dévouement » en secourant les personnes à l’eau. Contacté sur les circonstances des naufrages du 20 février et du 28 mars, le parquet n’a pas souhaité communiquer ; la police nationale et la préfecture de Mayotte n’ont pas donné suite.
    Ces interceptions semblent en plusieurs points semblables à celle menée le 10 novembre 2019 et au cours de laquelle une collision a eu lieu entre le kwassa-kwassa et la vedette de police. Un Comorien, Farid Djassadi, était alors tombé à l’eau et s’était fait broyer les jambes par les hélices de l’intercepteur. Après plus de six ans d’instruction, un non-lieu partiel a été ordonné en février concernant les blessures infligées à M. Djassadi. Son avocate, Mélanie Trouvé, s’est pourvue en cassation, le 7 avril. « Ce soir-[là], ça ne s’est pas bien passé, mais cela est dû pour moi aux risques que prennent les pilotes, qui n’ont peur de rien », avait déclaré aux gendarmes enquêteurs le brigadier Saïd H., présent à bord de la vedette d’interception cette nuit-là. C’est ce même fonctionnaire, Saïd H., qui pilotait le Titan, impliqué dans la collision du 20 février.
    D’après nos informations, ce policier est, en outre, apparu dans une instruction ouverte entre décembre 2010 et juin 2011 sur des faits d’« aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en situation irrégulière » dans laquelle il a été soupçonné d’avoir des liens avec une filière d’immigration irrégulière.
    Dans un procès-verbal de synthèse transmis au juge d’instruction, les enquêteurs expliquent que leur investigation sur l’implication du fonctionnaire a généré des « interrogations ». Ils suggèrent la saisine de l’inspection générale de la police nationale. Impossible pour eux, en revanche, de procéder à l’interpellation de Saïd H., au risque de compromettre la « lutte contre les filières d’immigration », l’une de leurs « missions prioritaires », ainsi que de nuire à « la qualité des relations [que leur unité] doit entretenir avec les autres formations de la police aux frontières ». Sollicité, Saïd H. n’a pas donné suite. Il est présumé innocent.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire#mortalite#kwassakwassa

  • A #Mayotte, des interventions toujours dangereuses pour intercepter les #kwassa-kwassa des #migrants #comoriens
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/28/a-mayotte-des-interventions-toujours-dangereuses-pour-intercepter-les-kwassa

    C’est une vidéo inédite. Elle jette une lumière crue sur les techniques dangereuses employées à Mayotte par la police aux frontières pour intercepter les kwassa-kwassa, ces embarcations qui transportent vers le département français des migrants comoriens. Le document de trente secondes, obtenu par Le Monde, son partenaire Lighthouse Reports, média d’investigation à but non lucratif, le magazine allemand Der Spiegel et le média en ligne Komune, montre une collision survenue le 20 février entre le Titan, une vedette d’interception rapide de la police, et un kwassa-kwassa de 7 mètres de long. A son bord, 20 personnes, parmi lesquelles sept femmes et trois enfants âgés de 2, 4 et 6 ans. Ils ont frôlé la mort.

    Il est minuit quand leur bateau, parti d’Anjouan, s’approche de Mayotte à une vitesse de plus de 20 nœuds (environ 35 kilomètres par heure). Repéré par les radars qui sont positionnés tout autour de l’archipel français, le kwassa-kwassa, dont le franc-bord est de 10 centimètres à peine, est pris en chasse par la vedette Titan, un semi-rigide d’une dizaine de mètres affecté à la lutte contre l’immigration irrégulière.

    Cette poursuite ne dure pas. Les deux bateaux sont bord à bord quand la proue du kwassa-kwassa glisse sous le boudin de l’intercepteur. La barque s’emplit d’eau et l’ensemble de ses passagers tombent à la mer. Les policiers se portent à leur secours.

    Quelques jours après, le 24 février, la police nationale de Mayotte se réjouit de la condamnation à trois ans de prison ferme des deux pilotes du kwassa-kwassa, en comparution immédiate. Ceux-ci ont fait appel. Selon le post mis en ligne sur les réseaux sociaux, les pilotes « ont volontairement percuté l’intercepteur de la police nationale, provoquant le naufrage de leur kwassa ». Une version remise en cause par la vidéo des faits, réalisée par un des policiers à bord.

    Dangerosité connue
    On y voit notamment le Titan se rapprocher jusqu’à être « à couple » avec le kwassa-kwassa. Au bout d’une dizaine de secondes, un passager jette ce qui semble être une pierre en direction des policiers puis un des fonctionnaires utilise une gaffe – une perche munie d’un croc – pour tenter de retirer la durite d’alimentation en carburant d’un des deux moteurs de l’embarcation. Sans succès. Au même moment, l’un des pilotes du kwassa-kwassa lâche la barre. La barque s’immobilise subitement et plonge sous le Titan. Un policier éclaire la scène avec sa lampe torche. Les passagers sont déjà à la mer, tandis que leur embarcation sombre. Un fonctionnaire lâche : « Putain, merde, à l’eau, à l’eau, à l’eau. » D’après des éléments de l’enquête que nous avons pu consulter, l’un des policiers fait le lien entre la tentative d’arracher la durite d’essence et la collision : « Pour éviter la gaffe, le passeur qui était à droite du kwassa a lâché le moteur 75 CV, ce qui a fait virer brusquement leur embarcation vers nous », a-t-il notamment rapporté lors de son audition.

    https://www.lemonde.fr/societe/video/2026/04/28/mayotte-une-video-inedite-montre-la-violence-d-une-interception-par-la-polic

    Vidéo tournée par un policier à bord d’une vedette d’interception rapide, le « Titan », lors de l’arraisonnement d’un kwassa-kwassa au large de Mayotte, le 20 février 2026. LIGHTHOUSE REPORTS

    Collision, encerclement, création de vagues… En septembre 2025, Le Monde et Lighthouse Reports révélaient qu’à Mayotte les forces de l’ordre usent de tactiques agressives en mer pour stopper les kwassa-kwassa, sans que ces méthodes fassent l’objet de doctrine officielle. Leur dangerosité est pourtant connue. Entre 2007 et 2025, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon à la suite d’une interception.

    Le 28 mars 2026, un kwassa-kwassa a encore chaviré dans un contexte similaire. Hidaya B., une femme d’une cinquantaine d’années originaire d’Anjouan, est morte sur le coup. Une instruction judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire aggravé et aide aggravée à l’immigration irrégulière. Un Anjouanais de 19 ans, identifié comme le pilote du kwassa-kwassa, a été mis en examen.

    Cette fois, la police n’a fait aucune communication sur les réseaux sociaux. Le site d’information Mayotte la 1ère a, pour sa part, relaté que « les policiers ont pu secourir la vingtaine de personnes en situation irrégulière. Parmi elles, une femme était en arrêt cardio-respiratoire ».

    Policiers félicités
    Selon les premiers éléments d’enquête que nous avons pu consulter, c’est un avion de la police aux frontières qui, ce jour-là, a repéré des kwassa-kwassa au large de Mayotte. Plusieurs intercepteurs sont missionnés, dont le Mwamba, qui s’approche d’une des barques en position parallèle. Dans le procès-verbal d’arraisonnement établi par les fonctionnaires, ces derniers affirment que le pilote du kwassa-kwassa aurait refusé de s’arrêter et pris « des risques manifestes pour l’ensemble des personnes à son bord ». Les policiers se mettent alors « à couple » et tentent d’arracher les durites d’essence pour faire stopper l’embarcation. A ce moment-là, écrivent-ils, le pilote du kwassa-kwassa « effectue un virage à 90 degrés sur son tribord et vient nous percuter en travers en se plaçant sur notre trajectoire ». Le bateau prend l’eau et chavire.

    Trois enfants – dont un bébé de 9 mois – se trouvent parmi les passagers projetés à la mer, ainsi que cinq femmes et un homme de 73 ans. L’ensemble des 24 passagers sont repêchés et les policiers constatent alors qu’« une femme d’une cinquantaine d’années présente des blessures au niveau de la tête et ne répond pas ». Ils tentent, en vain, de la réanimer.

    Le Monde et Lighthouse Reports ont réussi à joindre plusieurs rescapés du naufrage, placés au centre de rétention administrative de Mayotte. S’ils confirment que le pilote a refusé d’obtempérer aux ordres des policiers, ils mettent en cause les manœuvres de ces derniers. Farid S. affirme ainsi que ce sont « les policiers [qui] ont fait chavirer [leur] kwassa » et que ce sont « leurs moteurs qui ont écrasé la tête de la victime ». Les policiers « ont fait chavirer notre barque », corrobore Ahmed S., 21 ans, un autre passager du kwassa-kwassa. Un troisième rescapé, Anzidine M., assure que les policiers « se sont collés à [eux] » et ont « lancé des barres de fer en forme d’hameçons » jusqu’au moment où la vedette de police « a foncé sur [eux] et a roulé en plein milieu de [leur] bateau ». « Notre kwassa a coulé et (…) le moteur de leur bateau a écrasé la tête de la victime décédée », affirme-t-il. Onze passagers du kwassa-kwassa se sont constitués partie civile dans cette procédure, selon leur avocate, Céline Cooper. En attendant, par un arrêté préfectoral du 21 avril, les policiers en service la nuit de la collision ont été récompensés de lettres de félicitations et de mentions honorables pour « actes de courage et de dévouement » en secourant les personnes à l’eau. Contacté sur les circonstances des naufrages du 20 février et du 28 mars, le parquet n’a pas souhaité communiquer ; la police nationale et la préfecture de Mayotte n’ont pas donné suite.

    « Interrogations » sur un fonctionnaire
    Ces interceptions semblent en plusieurs points semblables à celle menée le 10 novembre 2019 et au cours de laquelle une collision a eu lieu entre le kwassa-kwassa et la vedette de police. Un Comorien, Farid Djassadi, était alors tombé à l’eau et s’était fait broyer les jambes par les hélices de l’intercepteur. Après plus de six ans d’instruction, un non-lieu partiel a été ordonné en février concernant les blessures infligées à M. Djassadi. Son avocate, Mélanie Trouvé, s’est pourvue en cassation, le 7 avril.

    « Ce soir-[là], ça ne s’est pas bien passé, mais cela est dû pour moi aux risques que prennent les pilotes, qui n’ont peur de rien », avait déclaré aux gendarmes enquêteurs le brigadier Saïd H., présent à bord de la vedette d’interception cette nuit-là. C’est ce même fonctionnaire, Saïd H., qui pilotait le Titan, impliqué dans la collision du 20 février.

    D’après nos informations, ce policier est, en outre, apparu dans une instruction ouverte entre décembre 2010 et juin 2011 sur des faits d’« aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en situation irrégulière » dans laquelle il a été soupçonné d’avoir des liens avec une filière d’immigration irrégulière.

    Dans un procès-verbal de synthèse transmis au juge d’instruction, les enquêteurs expliquent que leur investigation sur l’implication du fonctionnaire a généré des « interrogations ». Ils suggèrent la saisine de l’inspection générale de la police nationale. Impossible pour eux, en revanche, de procéder à l’interpellation de Saïd H., au risque de compromettre la « lutte contre les filières d’immigration », l’une de leurs « missions prioritaires », ainsi que de nuire à « la qualité des relations [que leur unité] doit entretenir avec les autres formations de la police aux frontières ». Sollicité, Saïd H. n’a pas donné suite. Il est présumé innocent.

  • Mayotte : une femme meurt après le chavirage d’un kwassa au large de l’île française - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70623/mayotte--une-femme-meurt-apres-le-chavirage-dun-kwassa-au-large-de-lil

    Mayotte : une femme meurt après le chavirage d’un kwassa au large de l’île française
    Par La rédaction Publié le : 30/03/2026
    Samedi, une femme est décédée au large de Mayotte. Selon Mayotte 1ère, le pilote du kwassa a refusé de s’arrêter à l’approche d’une vedette de la police aux frontières. L’embarcation précaire aurait alors chaviré. Les autorités françaises ont récupéré une vingtaine de passagers.
    Nouveau drame au large de Mayotte. Une femme dont la nationalité n’a pas été précisée est morte samedi 28 mars après le chavirage de son kwassa au large de l’îlot Mtsamboro - la plus petite île de l’archipel français. Selon Mayotte 1ère, le drame s’est déroulé lors de l’interception de l’embarcation par la Police aux frontières (PAF). Le pilote du bateau aurait refusé de s’arrêter à l’approche de la vedette des autorités. L’embarcation précaire aurait alors chaviré.
    La PAF a pu récupérer la vingtaine de passagers. Malgré la tentative de réanimation du Smur (Structure mobile d’urgence et de réanimation) et des pompiers à Longoni, la femme tombée à l’eau n’a pas pu être ranimée.Ces derniers mois, des drames similaires ont eu lieu au large de l’archipel. Au moins 18 migrants, dont de nombreux Congolais, sont morts noyés le 18 mars, après avoir été déposés près des côtes des Comores. Trois autres personnes sont portées disparues.
    En juillet 2025, un kwassa transportant des migrants était entré en collision avec un bateau de la police nationale. Selon les autorités, le canot avait là encore refusé d’obtempérer. Le choc a provoqué le chavirage de l’embarcation. Deux personnes sont décédées et dix-sept autres ont été secourues.Selon une enquête du Monde, paru en septembre 2025, les forces de l’ordre françaises sont pointées du doigt pour leur mode d’interception des kwassas - susceptible de provoquer des naufrages.
    Depuis des années, des groupes de migrants espèrent rejoindre le département français perdu dans l’océan indien. De plus en plus d’exilés venant de la région des Grands Lacs entreprennent la dangereuse traversée depuis les côtes de Tanzanie pour tenter de rejoindre l’archipel. Mais, souvent trompés par les passeurs, les migrants sont régulièrement débarqués près du littoral comorien.
    Aucun bilan précis n’existe sur cette route migratoire dans l’océan indien. Mais d’après les données publiques du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Sud océan Indien, au moins 477 exilés sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un rapport du Sénat français de 2012 qui soulignait « les dangers de longue date de cette route » estimait que ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts entre 1995 et 2011 ».Pour rappel, aucune ONG ne sillonne la zone, il est ainsi probable que de nombreuses embarcations précaires aient pu couler sans avoir été répertoriées. Selon la préfecture de Mayotte, 390 kwassas ont été interceptés en 2025 (contre 493 en 2024), conduisant à l’interpellation de 240 passeurs.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#kwassakwassa#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire#mortalite

  • Au moins 18 migrants africains morts noyés au large des Comores ; trois personnes toujours portées disparues
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/03/19/au-moins-17-migrants-africains-morts-noyes-au-large-des-comores-quatre-perso

    Au moins 18 migrants africains morts noyés au large des Comores ; trois personnes toujours portées disparues
    Le Monde avec AFP
    Au moins 18 migrants d’un groupe se présentant comme des ressortissants congolais sont morts noyés après avoir été déposés près des côtes des Comores, a annoncé, jeudi 19 mars, le ministre de l’intérieur de cet Etat de l’océan Indien.
    Depuis plus de cinq ans, des groupes de migrants espérant rejoindre le département français de Mayotte, situé géographiquement dans l’archipel des Comores, sont débarqués près du littoral comorien, mais c’est la première fois que des corps sont repêchés, selon le représentant des Nations unies aux Comores, James Tsok Bot.Plusieurs des 30 survivants du drame, survenu mercredi ont déclaré que les passeurs leur avaient assuré qu’ils étaient à Mayotte. Trois autres personnes sont portées disparues. « Ceux qui sont vivants disent qu’ils sont des Congolais », a déclaré le ministre de l’intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, lors d’un point presse improvisé à Mitsamiouli, ville à la pointe nord de l’île de Ngazidja (Grande Comore), théâtre du drame.« Dans la nuit [de mercredi à jeudi], nous avons trouvé huit morts. Les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamiouli, pêcheurs et autorités. Ce matin, on a pu repêcher neuf corps, ce qui fait qu’actuellement nous avons 17 morts. Les gardes-côtes sont en train de rechercher les quatre corps disparus », avait ajouté le ministre lors d’un premier bilan.
    Les habitants de cette ville côtière située à 40 kilomètres de la capitale comorienne, Moroni, ont été alertés par des hurlements de détresse. « Nous étions en train de regarder le match [de football] Barça-Newcastle quand nous avons entendu des cris en provenance de la plage », raconte un jeune homme de Mitsamiouli ayant participé aux opérations de secours. « Nous avons trouvé des hommes, des femmes, des enfants. Ils ont dit qu’ils croyaient être arrivés à Mayotte. Le passeur les a déposés sur un banc de sable à quelques mètres de la plage et là, ils avaient pied, explique-t-il. Ils ont voulu rejoindre le rivage alors que beaucoup ne savaient pas nager. L’eau est en fait devenue plus profonde. »D’après James Tsok Bot, ces pertes de vie parmi des migrants débarqués aux Comores sont les premières enregistrées. « Cela montre vraiment l’aspect malheureux de ce mouvement qui est criminel », a accusé le représentant des Nations unies aux Comores.
    Un rescapé de 25 ans a raconté aux médias sur place son parcours depuis la République démocratique du Congo (RDC). Il a quitté la région congolaise du Nord-Kivu, déchirée par un conflit opposant les forces de Kinshasa au groupe antigouvernemental Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda. Après trois jours à traverser une forêt, il dit avoir rejoint en car Dar es-Salaam, ancienne capitale tanzanienne située sur la côte, à 700 kilomètres des Comores. « Là-bas, on a pris un bateau. Le périple a duré sept jours. Au début nous étions dans la cale du bateau. On a très vite senti que le capitaine s’était perdu. A un moment, nous n’avions ni pain ni eau », a témoigné le survivant, qui a ensuite été interrompu par les forces de l’ordre.
    En RDC, le M23 s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes parties de l’est de la RDC, région riche en ressources et ravagée par des conflits depuis plus de trente ans. Ayant choisi de rester français lors d’un référendum en février 1976, avant de devenir un département français en 2011, Mayotte est la destination de nombreux migrants dans cette zone. Près de la moitié de la population de Mayotte était étrangère en 2017, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques français.

    #Covid-19#migrant#migration#france#comores#mayotte#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante

  • « Mayotte île sous domination » : le documentaire du CAJ présenté au CICP dans le cadre de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste à Paris le 26 mars 2026 – 19h

    Le Collectif d’Action Judiciaire a réalisé un film documentaire « Mayotte, île sous domination ». Les réalisatrices sont Pauline Le Liard, Mathilde Detrez et Carol Sibony. Ce film militant, situé au cœur de la réalité sociale et politique de Mayotte sera présenté dans le cadre de la 20e édition de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste le jeudi 26 mars à 19h au Centre international de culture populaire (CICP), à Paris.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/10/lettre-ouverte-intersyndicale-mayotte-aux-ministres-des-outre-mers-et-du-travail/#comment-72614

    #mayotte

  • Table ronde d’associations et de collectifs sur le traitement judiciaire de l’inceste
    https://www.youtube.com/watch?v=5K4BjY1nJEE

    Commission d’enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l’action publique et le respect droits fondamentaux des personnes migrantes
    👥 Suivez la table ronde réunissant les associations et collectifs suivants :

    Teremoana Hellec, avocat au barreau de Papeete, vice-président de l’association Pare Ora, Teanini Tematahotoa, secrétaire de l’association, Cynthia Ayou, médecin légiste et pédiatre à l’UAPED Pare Ora, et Marianne Balet, responsable du site de l’UAPED ;
    Fabienne Sainte-Rose, fondatrice de l’association des mille et une victimes d’inceste et de traumatismes (LAMEVIT) ;
    Lydia Barneoud, directrice fondatrice du collectif CIDE ;
    Éloise Bergeon, présidente de l’Université familiale de la Vienne ;
    Suzanne Frugier, membre du collectif 160 000 enfants ;
    Aude Doumenge, responsable de plaidoyer au sein de l’association Face à l’inceste, et Michèle Créoff, membre du bureau.

    #inceste #viol #VSS #justice #famille #Mayotte

  • A Mayotte, les arrivées de migrants issus de la région des Grands Lacs s’intensifient
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/03/03/a-mayotte-les-arrivees-de-migrants-issus-de-la-region-des-grands-lacs-s-inte

    A Mayotte, les arrivées de migrants issus de la région des Grands Lacs s’intensifient
    En 2024, près de 1 250 demandes d’asile ont été déposées à Mayotte par des Congolais, contre 150 en 2021. De Dar es-Salaam, les passeurs orientent les migrants venus de l’Afrique de l’Est vers le département français.
    Par Mustapha Kessous
    Ils viennent d’Afrique de l’Est et, surtout, de la région des Grands Lacs. De plus en plus de migrants, essentiellement congolais, parcourent chaque année des milliers de kilomètres pour rejoindre les rivages de Mayotte. Un périple qui les conduit à passer par la Tanzanie puis les Comores, avant d’atteindre les côtes du 101e département français. « Cette route de l’océan Indien n’est pas nouvelle, mais s’est nettement densifiée depuis 2023, souligne l’anthropologue Alison Morano, spécialiste des migrations à Mayotte. Sur l’île, les migrants des Grands Lacs sont devenus visibles. Ce n’était pas le cas quand je suis arrivée en 2015 : leur présence était alors marginale. »
    En l’absence de données sur ces flux migratoires, seul le nombre de demandes d’asile publié par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) est en mesure de montrer la fréquentation de cette route. En 2024, sur les 2 463 dossiers enregistrés sur l’île, un peu plus de la moitié ont été déposés par des Congolais, contre 37 % (1 150 personnes) en 2023 et 4 % (150 individus) en 2021. La tendance se confirme en 2025 pour ces ressortissants, selon l’Ofpra, même si les chiffres restent encore difficiles à établir en raison du passage dévastateur du cyclone Chido, en décembre 2024. Ces demandes d’asile des Congolais sont le plus souvent liées au conflit dans l’est du pays.
    Quant aux Comoriens de l’archipel voisin, longtemps majoritaires parmi les demandeurs d’asile à Mayotte, ils représentaient 80 % des dossiers en 2021 (2 970 personnes) et ne sont plus qu’un quart en 2024 (620 individus). Les Somaliens, eux, apparaissent « nouvellement » dans les chiffres de l’Ofpra en 2024 et représentent la troisième nationalité à demander l’asile (370 dossiers). Une réalité reconnue par Emmanuel Macron en avril 2025, lors d’un déplacement sur l’île. Le président français a évoqué une immigration qui a « changé » car elle « s’est doublée » d’une autre venue « du continent africain et en particulier de la région des Grands Lacs ».
    Pour beaucoup, demander d’asile dans l’archipel français est l’objectif de leur trajet. Car si la route vers Mamoudzou est davantage empruntée, c’est aussi parce qu’elle est « moins risquée que celle qui mène vers le nord de l’Afrique et qui passe par des zones désertiques et la Libye, où les migrants peuvent vivre les pires choses », pointe le géographe Fahad Idaroussi Tsimanda, spécialiste des questions migratoires.
    Toutefois, pour une partie de ces Congolais, Rwandais, Burundais ou Somaliens, le département français de l’océan Indien n’était pas la destination initiale. « Certains n’avaient jamais entendu parler de Mayotte avant d’y arriver, explique Ayla Bonfiglio, responsable de l’Afrique centrale et australe au Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. Ils se retrouvent en Tanzanie, pays limitrophe, à la recherche d’une vie meilleure et en sécurité. Mais la gestion frontalière du pays est très stricte. Beaucoup de migrants évoquent les contrôles de police, les arrestations et la difficulté d’obtenir l’asile. » Face à ces obstacles, les parcours bifurquent. « A Dar es-Salaam, les passeurs [le plus souvent Comoriens] jouent un rôle d’orientation plus important que sur d’autres routes migratoires. Ce sont eux qui déterminent la destination finale », explique la chercheuse. « Les migrants acceptent de les suivre les yeux fermés, sans savoir où ils vont aller. On leur parle des Comores ou d’une île française qu’ils vont découvrir à leur arrivée », ajoute Alison Morano.
    De Dar es-Salaam – voire, selon le ministère de l’intérieur français, du port de Mtwara, ville à l’extrême sud du pays –, les migrants sont acheminés à bord de petites embarcations vers un navire plus grand, type chalutier, ancré au large. « Ils restent dans la cale pour ne pas être vus », raconte un médecin d’une ONG, qui souhaite rester anonyme.Après une traversée de trois ou quatre jours, ils sont débarqués en kwassa-kwassa près des côtes d’Anjouan, aux Comores, avant d’être transférés à Mayotte dans ces mêmes frêles canots de pêche comoriens. Certains passeurs proposent des trajets directs entre la Tanzanie et l’île française. Les prix des « voyages » varient de 500 à plus de 2 000 dollars (430 à 1 700 euros).
    A l’arrivée à Mayotte, la promesse d’une vie meilleure se heurte à une autre réalité. Plusieurs centaines de demandeurs d’asile – et de réfugiés – venus des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est vivent dans une effroyable précarité, ballottés de camp en camp.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#oceanindien#afriquedelest#sante#routemigratoire#migrationirreguliere#asile

  • Mayotte : le refus de domiciliation pour les personnes étrangères en situation irrégulière

    Dans le cadre de démarches administratives visant à la régularisation de sa situation administrative, une ressortissante comorienne, arrivée à Mayotte quelques mois seulement après sa naissance, et étant dépourvue de logement stable, a sollicité une domiciliation administrative auprès du centre communal d’action sociale (CCAS) de Mamoudzou.

    En réponse, les services du CCAS lui ont opposé que la domiciliation était réservée aux personnes de nationalité française ou titulaires d’une carte de résident en cours de validité.

    Par courrier recommandé reçu le 18 mars 2025, l’intéressée renouvelait sa demande en prenant soin de joindre l’ensemble des pièces justifiant de son lien avec la commune de Mamoudzou. Face au silence gardé du maire de Mamoudzou, une décision implicite portant refus de domiciliation est née.

    Or, aux termes des dispositions de l’article L. 264 – 2 alinéa 3 du Code de l’action sociale et des familles, l’attestation d’élection de domicile doit être délivrée à la personne étrangère résidant irrégulièrement sur le territoire dès lors que cette demande s’inscrit dans le cadre de « l’exercice des droits civils qui lui sont reconnus par la loi ». Ainsi, la demande présentée par l’intéressée s’inscrivait pleinement dans ce cadre, et plus particulièrement des démarches auprès de la préfecture de Mayotte aux fins d’obtention d’un premier titre de séjour.

    Au regard de ces éléments, le 10 février 2026, la LDH, le Gisti et la Fasti ont introduit aux côtés de l’intéressée un recours en annulation contre la décision litigieuse.

    https://www.ldh-france.org/mayotte-le-refus-de-domiciliation-pour-les-personnes-etrangeres-en-situa
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/10/lettre-ouverte-intersyndicale-mayotte-aux-ministres-des-outre-mers-et-du-travail/#comment-72477

    #mayotte

  • L’ARS confirme 9 cas de Mpox à Mayotte et juge la situation « peu inquiétante » à ce stade
    https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/l-ars-confirme-9-cas-de-mpox-a-mayotte-et-juge-la-situation-peu-in

    L’Agence Régionale de Santé de #Mayotte a tenu à rassurer au sujet de la circulation du #Mpox, de la #variole du singe, sur le territoire. Avec 9 cas confirmés, la situation est « peu inquiétante » selon l’#ARS, qui rappelle pratiquer une #vaccination préventive et réactive.

    #tout_est_sous_contrôle :-)

  • Mayotte : les Congolais sont de plus en plus nombreux à demander l’asile sur l’île - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69702/mayotte--les-congolais-sont-de-plus-en-plus-nombreux-a-demander-lasile

    Mayotte : les Congolais sont de plus en plus nombreux à demander l’asile sur l’île
    Par La rédaction Publié le : 06/02/2026
    En 2025, plus de la moitié des demandes d’asile déposées à Mayotte ont été introduites par des ressortissants des Grands Lacs - République démocratique du Congo (RDC), Burundi et Rwanda, selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Ces exilés vivent souvent dans des conditions extrêmement précaires.
    En 2021, 80% des demandes d’asile effectuées à Mayotte provenaient de ressortissants comoriens. Ils sont désormais minoritaires face au nombre croissant de Congolais débarquant sur l’archipel : 52 % des 2 463 primo-demandeurs résidents étaient originaires de la République démocratique du Congo (RDC) en 2024 - contre seulement 25 % des Comores, selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
    Et en 2025, « environ 800 demandes d’asile ont été déposées par des personnes originaires de la région des Grands Lacs (RDC, Burundi, Rwanda), soit un peu plus de la moitié des demandes d’asile déposées sur l’île », précise l’Ofpra à l’AFP, indiquant qu’il était encore trop tôt pour analyser cette nouvelle route migratoire. L’est de la RDC est ravagé par 30 années de conflits, avec une intensification des violences depuis la résurgence du groupe armé Mouvement du M23 soutenu par Kigali fin 2021. En janvier 2025, Goma, capitale du Nord-Kivu, est tombé aux mains des rebelles du M23, à la suite d’une offensive éclair, poussant de nombreuses personnes sur les routes.
    C’est le cas de Jérôme, qui a fui sa ville de Goma début 2025 pour rejoindre Dar es Salam, en Tanzanie. Le jeune Congolais n’avait jamais entendu parler de Mayotte. En Tanzanie, des Congolais lui parlent de la route menant à l’île française et le mettent en contact avec un passeur. Jérôme arrive finalement à Mayotte en juillet après une périlleuse traversée en « kwassa-kwassa », ces embarcations de pêche utilisées par les migrants dans l’océan Indien."On a risqué notre vie avec un ’kwassa’ sur l’océan ! Entre les vagues, les courants… Je ne saurai pas dire comment nous avons survécu", expliquait-il à InfoMigrants en décembre dernier. « Le ’kwassa’, c’est trop dangereux. Ce n’est pas fait pour l’océan. En RDC, les petits kwassa, on ne s’en sert même pas pour traverser le lac Kivu. »
    Aza Mukeshimana, une Congolaise de 34 ans, est arrivée dans le département français de l’océan Indien en 2024. Comme Jérôme, elle ne ne connaissait pas l’île. « Je ne savais pas que Mayotte existait », affirme-t-elle à l’AFP. La jeune femme a fui la province orientale du Nord-Kivu dans l’est de la RDC pour rejoindre le petit archipel français sur les conseils de la personne qui l’hébergeait en Tanzanie, première étape de son périple. Si aujourd’hui Aza Mukeshimana est installée avec son fils de 11 ans à Sada, au centre de l’archipel, grâce à l’aide d’associations locales, le manque de places d’hébergement dans le réseau local contraint la plupart des demandeurs d’asile à se regrouper dans des camps de fortune.
    À Tsoundzou 2, dans la commune de Mamoudzou, environ 800 personnes s’entassent dans des tentes improvisées faites de bambous et de bâches. De nouvelles personnes arrivent quotidiennement, si bien que les constructions débordent dans la mangrove et sur le bord de la route. « Ici, on a des gens dans des états psychologiques difficiles à cause de la vie que nous menons. Ils sont livrés à eux-mêmes, ne travaillent pas et n’occupent pas leurs journées. Ils sont bloqués dans le camp et réfléchissent à leur condition. Ça crée des troubles mentaux, c’est certain », racontait en décembre à InfoMigrants Kennedy Kighana, un autre Congolais de 28 ans arrivé à Mayotte en septembre 2025.
    L’intégration à Mayotte de cette population congolaise reste difficile à faire accepter aux habitants. Dans un département où l’immigration comorienne est critiquée, ces nouvelles populations sont peu acceptées."Il faudrait les renvoyer chez eux (...), même nous qui sommes Français, on se bat pour avoir nos droits et on ne les a toujours pas", dénonce à l’AFP Safina Soula, présidente du Collectif des citoyens de Mayotte 2018 qui a bloqué plusieurs fois par le passé le service immigration de la préfecture.
    Des actions qui ont retardé le traitement des dossiers. La fermeture de la préfecture provoquée par ces groupes a participé au « rallongement de la liste d’attente pour les premières demandes d’asile » ou rendu difficile « les renouvellements d’attestation de demande d’asile », indiquait en fin d’année à InfoMigrants Solidarité Mayotte, l’association en charge de l’asile sur l’île. L’Ofpra évoquait également « des fermetures contraintes des services préfectoraux qui ont affecté l’activité d’enregistrement des demandes d’asile ».
    Ainsi, Kennedy Kighana attend depuis cinq mois un rendez-vous pour enregistrer sa demande d’asile à la préfecture, première étape avant de soumettre son dossier à l’Ofpra. De son côté, un an après son arrivée sur l’archipel, Aza Mukeshimana vient tout juste d’enregistrer la sienne. Une situation qui prolonge l’attente dans la précarité. « Il y a néanmoins une solidarité souterraine des Mahorais, mais qui reste discrète car mal vue », nuance à l’AFP Daniel Gros, référent de la Ligue des droits de l’Homme à Mayotte.

    #Covid-19#migration#migrant#france#mayotte#congo#asile#politiquemigratoire#ofpra#prefecture#sante#droit

  • « Beaucoup de gens rentrent dans le camp, mais personne n’en sort » : à Mayotte, plus de 800 migrants vivent dans des conditions insalubres - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68875/beaucoup-de-gens-rentrent-dans-le-camp-mais-personne-nen-sort--a-mayot

    « Beaucoup de gens rentrent dans le camp, mais personne n’en sort » : à Mayotte, plus de 800 migrants vivent dans des conditions insalubres
    Par Romain Philips Publié le : 22/12/2025
    Ils étaient aux alentours de 400 suite à la destruction de leur précédent camp en octobre dernier. Dorénavant, ce sont plus de 800 migrants africains qui vivent dans des conditions difficiles dans le campement de Tsoundzou 1. Et ce, en pleine saison des pluies. « Depuis que la saison des pluies a débuté, c’est encore plus dur de vivre ici », raconte à InfoMigrants Kennedy Kighana. Ce Congolais de 28 ans arrivé à Mayotte en septembre témoigne du quotidien dans le campement établi à Tsoundzou 1, aux abords du village Coallia, un lieu réservé à l’hébergement d’urgence et l’insertion, à l’est de Mayotte. « Quand il se met à pleuvoir fort, ce n’est pas beau à voir. L’eau monte, coule de partout, les gens se réveillent la nuit, trempés », dit-il. Les bâches qui recouvrent les tentes cèdent sous la force des trombes d’eau larguées par le climat tropical de l’île, la cuisine se fait à même le sol et les habitants vivent dans une proximité préoccupante.
    Comme Kennedy Kighana, plus de 800 migrants vivent dans des conditions difficiles dans ce campement de fortune. « Selon notre dernier recensement, il y a 837 personnes ici », assure celui qui se présente comme le représentant du camp. Parmi elles, on retrouve des ressortissants de divers pays d’Afrique des Grands Lacs - RDC, Rwanda, Tanzanie... - mais aussi des Soudanais, Yéménites et Afghans. La plupart sont des demandeurs d’asile et sont donc en attente de l’examen de leur dossier.
    Et le temps passé dans cette précarité affecte durement la situation mentale de certains. « Ici, on a des gens dans des états psychologiques difficiles à cause de la vie que nous menons. Ils sont livrés à eux-mêmes, ne travaillent pas et n’occupent pas leurs journées. Ils sont bloqués dans le camp et réfléchissent à leur condition. Ça crée des troubles mentaux, c’est certain », raconte Kennedy.
    Auparavant, la plupart vivaient à moins d’un kilomètre d’ici, dans un coin de forêt de Tsoundzou 2, un quartier voisin, avant que ce lieu de vie ne soit détruit en octobre dernier. Cette opération avait été présentée à l’époque par le préfet comme « la plus grosse mise à l’abri réalisée depuis 24 mois à Mayotte ». Ce jour-là, sur les plus de 1 200 personnes recensées, 402 avaient été prises en charge par les autorités. Une grande partie des migrants, portant à bout de bras le plus d’affaires possible, se sont réinstallés plus loin sur la route. Et depuis, le camp ne fait que grossir. « On manque cruellement d’espace, ce n’est pas un lieu approprié pour vivre. Il y a la mangrove et la mer juste à côté », ajoute Kennedy Kighana. Certaines cabanes ont dû être surélevées pour éviter les dégâts lors des trop grandes marées.
    Plusieurs associations interviennent ponctuellement dans ce camp, comme la Croix-Rouge ou Solidarités International. Un cadre d’une ONG, qui s’est exprimé anonymement auprès de l’AFP, explique que son association a installé un mécanisme de pompage d’eau de rivière, un accès jugé rudimentaire et fragile en saison des pluies. Cinq sanitaires ont également été apportés et les habitants ont accès quelques heures par jour à deux citernes d’eau. Mais cela « reste totalement insuffisant » pour le nombre de personnes réfugiées dans ce camp, insiste Kennedy Kighana.
    Il salue tout de même l’installation d’un accès à l’eau car de nombreux migrants ont été agressés lorsqu’ils sortaient chercher de l’eau à l’extérieur du camp. De manière générale, les habitants de Tsoundzou 2 sont régulièrement victimes d’agressions lorsqu’ils quittent le camp. « Que ce soit quand on va chercher de la nourriture, des bambous pour les constructions ou faire une petite course, de nombreux habitants ont été violentés », témoigne le représentant.
    Ces camps constituent un sujet très sensible dans le 101e département français, confronté à une forte pression migratoire. En 2024, la présence d’un camp au stade de Cavani, à Mamoudzou, avait déclenché l’installation de barrages par des « collectifs citoyens » pendant plus d’un mois. La même année, les locaux de l’association Solidarité Mayotte, accompagnant les demandeurs d’asile, avaient été incendiés
    Paradoxalement, ce sont aussi ces tensions qui perturbent la résolution des dossiers d’asile. La fermeture de la préfecture par ces groupes a provoqué le « rallongement de la liste d’attente pour les premières demandes d’asile » ou rendu difficile « les renouvellements d’attestation de demande d’asile », indique Solidarité Mayotte, l’association en charge de l’asile sur l’île. Ainsi, « les demandeurs d’asile et les bénéficiaires de la protection internationale, ne pouvant renouveler leurs documents, se retrouvent bloqués dans les démarches d’accès aux droits et d’insertion professionnelle ». L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) également évoque « des fermetures contraintes des services préfectoraux qui ont affecté l’activité d’enregistrement des demandes d’asile ».
    « Le problème, c’est la lenteur du processus de l’asile », estime le représentant du camp qui attend lui-même une réponse à sa demande de protection internationale. Et d’ajouter : « C’est pour cela qu’on est les uns sur les autres car beaucoup de gens rentrent dans ce camp mais absolument personne n’en sort ». Pour éviter que le campement ne progresse trop sur la voie publique, la préfecture a publié un arrêté, le 12 novembre dernier, interdisant la construction d’habitations informelles sur trois kilomètres le long de la route du camp. Certains nouveaux arrivants redoutent donc de voir leurs abris détruits à tout moment. « Mais pour aller où ? Les gens n’ont nulle part où aller », s’interroge Daniel Gros, référent de la Ligue des droits de l’Homme sur l’île, dénonçant une situation « catastrophique ». Les possibilités d’hébergement à Mayotte sont effectivement minimes, voire inexistantes, surtout depuis que le cyclone Chido, fin 2024, a détérioré ou détruit plus de « 68 % des logements collectifs et 36 % des logements résidentiels en dur », chiffre la préfecture. Ainsi, plusieurs habitants ont été sensibilisés, lors de maraudes de la préfecture et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), à avoir recours à un « retour volontaire » vers leur pays d’origine.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#OFII#OFPRA#politiquemigratoire#asile#sante#santementale#droit#camp

  • A Mayotte, des demandeurs d’asile congolais expulsés en situation critique
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/16/a-mayotte-des-demandeurs-d-asile-congolais-expulses-en-situation-critique_66

    A Mayotte, des demandeurs d’asile congolais expulsés en situation critique
    Par Julia Pascual
    L’insécurité et la recrudescence de la violence ont plongé la République démocratique du Congo (RDC) dans l’une des plus graves crises humanitaires au monde, générant près de 7 millions de déplacés internes et de réfugiés, selon le rapport semestriel du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). La situation est particulièrement critique dans l’est du pays, au Sud et au Nord-Kivu.
    C’est justement depuis la ville de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, qu’Olivier S. a écrit à son avocat, Graziano Pafundi, fin novembre. Ce père de famille congolais lui expliquait vivre dans la peur constante, face aux risques d’arrestations arbitraires et d’enrôlement de force par le M23, un groupe armé soutenu par l’armée rwandaise, qui ne cesse de gagner du terrain face aux forces armées de la RDC, provoquant à chaque avancée des centaines de milliers de nouveaux déplacements.
    Olivier S. disait à son avocat vouloir fuir vers l’Ouganda. Il avait déjà quitté une première fois son pays, en 2024, avec sa femme et leurs deux fils mineurs, et réussi à gagner Mayotte en kwassa-kwassa, via l’archipel des Comores. Mais la famille avait été aussitôt interpellée. C’est depuis le centre de rétention administrative de Pamandzi, sur l’île de Petite-Terre, qu’ils avaient donc fait une demande d’asile. Cette dernière avait été rejetée et, alors qu’Olivier S., sa femme et leurs enfants avaient déposé un recours devant la Cour nationale du droit d’asile, ils avaient été expulsés par charter vers Goma, le 25 juin 2024, aux côtés de douze autres Congolais.
    Le 3 décembre, leur affaire a été portée devant la Cour nationale du droit d’asile, en leur absence. A l’image de la famille S., d’autres ressortissants du Nord et Sud-Kivu – qui représentent la majorité des demandeurs d’asile à Mayotte – ont ainsi été expulsés courant 2024 alors même que leur demande de protection était toujours en cours d’examen.Pour rejeter une première fois leur requête, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a considéré, dans les cas dont Le Monde a pris connaissance, que les requérants n’établissaient pas détenir le « centre de leurs intérêts » dans l’est du pays avant leur départ. Un raisonnement qui surprend alors que ces mêmes personnes ont été éloignées précisément à l’est du pays, à Goma.
    « On estime qu’environ 80 % des personnes expulsées par avion vers la RDC en 2024 étaient en recours devant la Cour nationale du droit d’asile », souligne une source associative, sous le couvert de l’anonymat. Le droit prévoit qu’en principe un recours devant la Cour nationale du droit d’asile suspend la procédure d’éloignement. Mais des exceptions existent, qui font que les recours ne sont pas suspensifs, et c’est le cas notamment pour les demandes d’asile faites en rétention. Une petite dizaine de vols – charters ou commerciaux – ont permis ces éloignements en 2024. Ministre de l’intérieur à l’époque, l’actuel président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, s’était d’ailleurs enorgueilli de cette politique, évoquant en octobre 2024, devant l’Assemblée nationale, le fait d’avoir donné instruction au préfet de Mayotte d’organiser « des vols groupés pour pouvoir reconduire les étrangers en situation irrégulière vers la RDC ».
    Dans le vol charter qui a renvoyé Olivier S., sa femme et leurs fils de 5 et 4 ans à Goma, se trouvait aussi Jeanne M., une femme de 32 ans originaire du Sud-Kivu. Son recours contre le rejet de sa demande d’asile par l’Ofpra a aussi été examiné le 3 décembre devant la Cour nationale du droit d’asile, en son absence. « Nous avons perdu le contact avec elle depuis qu’elle a été expulsée à Goma, explique Me Pafundi. La responsabilité des autorités françaises est immense. »
    L’avocat Edison Ndayisaba a, lui, défendu devant la Cour nationale du droit d’asile une vingtaine de Congolais expulsés de la sorte de Mayotte. « J’ai perdu le contact avec certains de mes clients dont l’un aurait été placé en prison dès son arrivée à Goma », relate-t-il. Quatorze autres se sont vus octroyer l’asile « en raison de la situation de violence aveugle d’intensité exceptionnelle résultant d’une situation de conflit armé interne » au Kivu, là même où ils avaient été éloignés puisqu’ils ont tous été reconduits à Goma.
    Ils ont depuis pu, « en collaboration avec le ministère de l’intérieur et le HCR, obtenir des visas auprès des ambassades françaises de Bujumbura [Burundi], Kampala [Ouganda] et Dar es-Salam [Tanzanie], où ils avaient fui », assure Me Ndayisaba, qui se souvient que le ministère de l’intérieur s’était étonné des pratiques de la préfecture de Mayotte. Si onze de ses clients eux ont d’ores et déjà rejoint l’Hexagone, trois autres ont, en revanche, été, début décembre, bloqués par les autorités tanzaniennes qui leur reprochent leur séjour irrégulier sur le territoire. « Je vais alerter l’ambassade de France et le ministère de l’intérieur », explique l’avocat, qui doit encore défendre trois recours devant la Cour nationale du droit d’asile en 2026 de demandeurs d’asile congolais expulsés de Mayotte. Alertées par le HCR, les autorités françaises auraient renoncé à ces expulsions depuis 2025. « Cette pratique n’a plus cours », confirme-t-on au ministère de l’intérieur. Fin novembre, près de 13 000 Congolais avaient demandé l’asile en France, selon l’organisme de statistique Eurostat, au troisième rang derrière les Afghans et les Haïtiens.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#expulsion#droit#sante#congo#politiquemigratoire#asile

  • À Mayotte, des réfugiés condamnés à l’errance

    En votant la loi Refondation Mayotte, les parlementaires ont bafoué les droits humains fondamentaux des habitants du département d’outre-mer. Cela dit, les autorités sur place n’ont jamais attendu d’autorisation pour multiplier les arrêtés qui vouent à l’errance les réfugiés africains et criminalisent tout repos et tout abri. Retour sur trois années de harcèlement contre les demandeurs d’asile.

    Le préfet de Mayotte, délégué du gouvernement, mène une lutte acharnée contre l’habitat informel, malgré la dévastation causée par le cyclone Chido du 14 décembre 2024, qui n’a épargné que 23% du bâti sur l’île [1].

    Depuis le début de l’année, il a signé cinq arrêtés de démolition. Quatre ont ciblé les quartiers pauvres peuplés principalement de Comoriens et de Mahorais. Mais le pire est réservé aux demandeurs d’asile venus du continent africain, notamment de la région des Grands Lacs, de Somalie et du Soudan.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/01/28/mayotte-ile-des-exceptions-et-des-chimeres/#comment-70279

    #international #mayotte

  • Mayotte : plus de 400 migrants livrés à eux-mêmes après le démantèlement de leur camp - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67827/mayotte--plus-de-400-migrants-livres-a-euxmemes-apres-le-demantelement

    Mayotte : plus de 400 migrants livrés à eux-mêmes après le démantèlement de leur camp
    Par Romain Philips Publié le : 29/10/2025
    Depuis la destruction du camp de Tsoundzou 2, environ 400 migrants originaires d’Afrique des Grands Lacs se retrouvent en errance à Mayotte. Ils vivent maintenant à quelques kilomètres de leur ancien camp au bord de la route nationale.
    Les tentes et cabanes ont laissé place à quelques bâches accrochées à un grillage. À même le sol, sur des tapis ou des matelas trainés jusqu’ici, des centaines de migrants originaires de l’Afrique des Grands Lacs se sont installés le long de la route nationale 2, à Tsoundzou, à quelques kilomètres au sud de Mamoudzou, la principale ville de l’île française.
    Ces exilés font partie de ceux qui n’ont pas eu de proposition d’hébergement suite au démantèlement du camp de Tsoundzou 2 le 23 octobre dernier. Aujourd’hui, selon un décompte réalisé par les habitants de ce nouveau campement informel, 434 personnes, dont 25 familles, vivent livrées à elles-mêmes dans ce coin de terre à l’est de Mayotte. Il s’agit d’exilés venant de RDC, Burundi, Rwanda, Somalie ou encore Éthiopie.
    « Quand la gendarmerie est venue à Tsoundzou 2, elle nous a laissé 45 minutes pour nous préparer et après les machines étaient là. Les gens ont pris ce qu’ils pouvaient et sont partis », raconte Sadam Karata Sam, un demandeur d’asile congolais arrivé à Mayotte en septembre 2024 joint par InfoMigrants. Faute de solutions, les exilés sont donc retournés là où un précédent camp avait été établi puis démantelé en février dernier. Depuis, ils vivent difficilement et peinent à trouver de l’eau et de la nourriture. « Maintenant qu’on est revenu ici, c’est encore plus compliqué », détaille le demandeur d’asile. Une petite pompe à eau a été installée grâce à l’aide de l’ONG Solidarités International. Avant cela, les migrants buvaient l’eau impropre de la rivière à proximité. Mais ce système de fortune reste insuffisant.
    La question de la nourriture reste aussi une forte source d’inquiétudes. « On a du mal à se faire à manger », indique Sadam Karata Sam, montrant via son téléphone une précaire installation de cuisson au feu de bois. Et la crainte des agressions, elle aussi, fait son retour. « Avant-hier, des jeunes sont venus et ils nous ont lancé des pierres. On a dû appeler la police », alerte le jeune homme de 27 ans. Parmi les habitants de ce camp figurent des primo-arrivants mais aussi des demandeurs d’asile sans solution d’hébergement, des déboutés, tout comme des personnes ayant obtenu le statut de réfugié, racontait une source locale à InfoMigrants. « La situation n’avance pas », se lamente Sadam Karata Sam. « C’est difficile de vivre à Mayotte, mais on n’a pas le choix, on est coincé ici, les procédures administratives sont très lentes ». « Si on avait l’asile, les passeports, etc. On rejoindrait la métropole, mais on ne peut pas », explique-t-il.
    Le système d’asile à Mayotte est de plus en plus sous tension. Ces dernières années, la part de ressortissants de pays d’Afrique des Grands lacs et de l’Est dans les demandes d’asile est de plus en plus importante. « En 2024, la tendance reste inchangée par rapport à l’année 2023, les ressortissants du continent africain représentent la majorité des arrivants à plus de 68%. Les arrivées provenant de la RDC et de la Somalie ont augmenté. Elles sont passées de 922 en 2023 à 1 104 en 2024 pour la RDC, et de 121 en 2023 à 338 en 2024 pour la Somalie », note par exemple Solidarité Mayotte, l’association en charge de l’asile sur l’île, dans son dernier rapport paru cet été.
    Les blocages répétés des collectifs de citoyens hostiles à l’immigration ont rendu encore plus lente la délivrance des documents. La fermeture de la préfecture par ces groupes a provoqué le « rallongement de la liste d’attente pour les premières demandes d’asile » ou rendu difficile « les renouvellements d’attestation de demande d’asile », indique l’association. Ainsi, « les demandeurs d’asile et les bénéficiaires de la protection internationale, ne pouvant renouveler leurs documents, se retrouvent bloqués dans les démarches d’accès aux droits et d’insertion professionnelle ».
    Le lieu de ce nouveau campement n’a rien d’anodin. De l’autre côté du grillage sur lequel les migrants tendent leurs bâches se trouve le village-relais Coallia. C’est un des lieux qui hébergent les demandeurs d’asile et réfugiés à Mayotte. « On s’est installés non loin de Coallia aussi pour interpeller l’État et voir comment on peut trouver une solution, notamment d’hébergement, pour tout le monde », explique Sadam Karata Sam. La semaine dernière, 402 personnes ont pu être prises en charge par la préfecture. « La plus grosse mise à l’abri réalisé depuis 24 mois à Mayotte », s’est félicité le préfet de l’île. Mais pour les autres, victimes du manque de place d’hébergement, « il n’y a pas de solutions », souffle Sadam Karata Sam. « On a essayé de parler au préfet de Mayotte. On lui a dit qu’on n’avait nulle part où aller et que les gens ne savaient pas quoi faire après le démantèlement. Lui nous a dit qu’il n’avait pas de solutions pour tout le monde dans l’immédiat. Donc qu’il fallait attendre », raconte-t-il.
    Déjà limitées, les possibilités d’hébergement sur l’île ont été impactées par le passage du cyclone Chido. « 68% des logements collectifs et 36% des logements résidentiels en dur ont été détériorés ou détruits » par la tempête, chiffre la préfecture. Les députés ont rendu possible les destructions d’habitats insalubres sans que des propositions de relogement soient faites. Et ce, en s’appuyant sur la loi pour la refondation de Mayotte en août dernier. « Jusqu’au 13 décembre 2034, le représentant de l’État à Mayotte peut (…) déroger à l’obligation d’annexer une proposition de relogement ou d’hébergement d’urgence à l’arrêté » de destruction, stipule l’article 18 du texte.

    #Covid-19#migration#migrant#sante#france#mayotte#asile#hebergement#migrationirreguliere#politiquemigratoire

  • Mayotte, la mer de tous les dangers - Une enquête en partenariat avec Lighthouse reports - | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/121620-092-A/mayotte-la-mer-de-tous-les-dangers
    https://www.youtube.com/watch?v=Yyg_pWix4HY

    Le média d’investigation Lighthouse reports et un consortium de 5 médias européens - dont ARTE est partenaire - révèlent aujourd’hui les méthodes dangereuses et illégales de la #police_française au large de #Mayotte. En tentant d’interrompre la #route_migratoire des bateaux en provenance des #Comores, les policiers et les gendarmes mettent parfois en danger la vie des passagers. 15 cas de collisions dangereuses ont été documentés et une vingtaine de témoignages de passagers ont pu être rassemblées. Cette enquête montre que ces pratiques ne sont pas isolées. Elles ont été confirmées par plusieurs membres des forces de l’ordre.

    pour complémenter celui-ci https://seenthis.net/messages/1134960

  • A Mayotte, un réseau mêlant traite d’êtres humains et immigration clandestine a été démantelé
    https://www.lemonde.fr/outre-mer/article/2025/09/15/a-mayotte-un-reseau-melant-traite-d-etres-humains-et-immigration-clandestine

    A Mayotte, un réseau mêlant traite d’êtres humains et immigration clandestine a été démantelé
    Le Monde avec AFP
    Seize personnes ont été interpellées à Mayotte dans le cadre d’une opération contre un réseau criminel impliqué dans l’immigration clandestine et la traite d’êtres humains, a appris l’Agence France-Presse, lundi 15 septembre, de sources policières et judiciaires.
    Selon le procureur de la République de Mamoudzou, Guillaume Dupont, l’opération s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « proxénétisme aggravé en bande organisée, aide à l’entrée, la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers en France, et traite d’êtres humains au préjudice de femmes de nationalité malgache ».
    Au total, 16 personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit du 7 au 8 septembre. Douze d’entre elles – des hommes et des femmes nés entre 1957 et 2006 – ont été mises en examen et dix ont été placées en détention provisoire au centre pénitentiaire de Majicavo, a ajouté le parquet dans un communiqué.
    Selon la gendarmerie, le réseau acheminait chaque mois plusieurs centaines de personnes en situation irrégulière de Madagascar vers Mayotte et exploitait certaines jeunes femmes, isolées et vulnérables, en les contraignant à se prostituer.
    Les mis en cause sont de nationalité malgache, comorienne et française, a précisé la gendarmerie. Vingt-deux femmes malgaches en situation irrégulière ont également été retrouvées. L’ampleur du réseau aurait permis de blanchir plus de 207 000 euros, selon le parquet qui ajoute que près de 6 000 euros, un pistolet d’alarme, un taser, un véhicule et cinq moteurs de bateau ont été saisis lors des perquisitions. Ce démantèlement a été rendu possible grâce à une étroite collaboration entre l’office de lutte contre le trafic illicite de migrants et la section de recherches de Mamoudzou, souligne le parquet. Les mis en cause risquent jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle et 3 millions d’euros d’amende. Mayotte, département français de l’océan Indien, est confrontée à une forte pression migratoire. L’île, séparée des Comores par 70 kilomètres de mer, est régulièrement la cible de traversées clandestines à bord d’embarcations de fortune, et près de la moitié de la population mahoraise est de nationalité étrangère, en majorité comorienne.

    #Covid-19#migrant#migration#france#comores#mayotte#migrationirreguliere#trafic#pressionmigratoire

  • Mayotte : les députés entérinent la fin des visas territorialisés en 2030
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/06/25/mayotte-les-deputes-enterinent-la-fin-des-visas-territorialises-en-2030_6615

    Mayotte : les députés entérinent la fin des visas territorialisés en 2030
    Le Monde avec AFP
    L’Assemblée nationale a approuvé, mardi 24 juin, la fin du visa territorialisé à Mayotte, en 2030. Ce titre de séjour empêche ses détenteurs de venir dans l’Hexagone. L’article voté par les députés s’inscrit dans le cadre du projet de loi de « refondation » du département d’outre-mer.
    Dans des débats parfois tendus entre la gauche, d’un côté, et le bloc central et le Rassemblement national, de l’autre, les députés ont validé plusieurs autres articles du volet immigration de ce texte, notamment certaines dispositions concernant des mineurs.Cette loi de programmation doit, selon l’exécutif, paver le chemin menant à la « refondation » du territoire, plus de six mois après le passage ravageur du cyclone Chido.
    La suppression du visa territorialisé est très attendue par les habitants de Mayotte qui y voient une injustice et un manque de solidarité de la France métropolitaine face à l’afflux massif d’immigrés clandestins venus en particulier des Comores voisines.
    « Pour le moment, le problème migratoire est cantonné à Mayotte et tout le monde utilise notre insularité pour nous laisser seuls face aux difficultés », a tancé Estelle Youssouffa, députée du département (groupe LIOT), appelant à la « continuité territoriale ». La présidente du groupe Rassemblement national, Marine Le Pen, a dit « comprendre » la position « d’une partie » des Mahorais, mais estimé que la disparition de ces titres risquait d’« aggraver la situation ».
    Pour sa part, le ministre des outre-mer, Manuel Valls, a rappelé que l’exécutif « ne souhaitait pas » revenir sur ces titres de séjour circonscrits, estimant que « le maintien de mesures spécifiques est nécessaire pour réduire (…) l’attractivité de Mayotte ». « La possibilité de quitter rapidement l’île pour rejoindre La Réunion ou le continent européen ne ferait sans doute que renforcer le caractère attractif de Mayotte », a-t-il ajouté, constatant toutefois qu’un consensus s’était dégagé à l’Assemblée pour supprimer ces titres, à l’horizon 2030. Il s’est, en revanche, opposé aux amendements visant à accélérer leur disparition, qui ont tous été repoussés.
    « Il doit y avoir une prise en charge nationale de la question de l’immigration, et l’Hexagone doit prendre sa part de la question qui est posée à Mayotte », a argué Antoine Léaument (La France insoumise), sans obtenir gain de cause.
    Au deuxième jour de son examen dans l’Hémicycle, les députés ont aussi validé plusieurs articles de cette loi de programmation. L’Assemblée a ainsi rétabli mardi, à l’initiative du gouvernement et des groupes de sa coalition, un article prévoyant qu’un étranger majeur puisse se voir retirer un « document de séjour » lorsque le mineur dont il a la charge « constitue une menace pour l’ordre public ».La mesure serait appliquée lorsque la « soustraction par l’étranger majeur à ses obligations légales compromet la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation de l’étranger mineur » et « contribue directement » à son comportement. L’article est assorti de conditions, et son application serait par exemple différente pour les cartes de résident et les cartes de résident permanent.
    La députée de Mayotte Estelle Youssouffa a invoqué le « contexte » des « émeutes que [les habitants] connaiss[ent] très régulièrement à Mayotte ». La gauche, elle, s’est opposée à une « punition collective », selon les mots de l’écologiste Léa Balage El Mariky. « Que vont devenir les frères et sœurs de ces jeunes délinquants condamnés ? Que vont devenir les grands-parents qui sont soutenus par les parents ? (…) C’est ça, votre modèle ? », a-t-elle lancé. « Les Français réclament de la fermeté et les Mahorais sont très largement favorables à cette mesure », a rétorqué Yoann Gillet (RN), soutenant la mesure.
    Plus tôt, les députés avaient déjà rétabli un autre article controversé, permettant de placer dans une zone de rétention des mineurs accompagnant un majeur faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Manuel Valls a assuré que ces structures seraient « d’une tout autre nature que les centres de rétention administrative » (CRA), dont elles seraient « indépendant[e]s ». « L’intimité de chaque famille sera préservée (…) Il n’y aura aucun policier à l’intérieur des emprises, pas de grillages, pas de barbelés », a-t-il énuméré.
    Une « hypocrisie » pour Elsa Faucillon (PCF), qui a accusé les partisans de la mesure de vouloir « la perpétuation de l’enfermement des mineurs », en contournant l’esprit de la dernière loi immigration. Celle-ci interdit le placement en rétention de mineurs, avec une application pour Mayotte à partir de 2027. La présente loi repousse encore cette date à 2028.
    Le placement dans ces zones devra durer « le temps strictement nécessaire » selon la nouvelle loi, avec un maximum de « quarante-huit heures », pouvant être prolongé de « vingt-quatre heures », en cas d’impossibilité matérielle de procéder à l’éloignement pour une raison étrangère à l’administration.Les députés ont également approuvé l’interdiction de l’accès au regroupement familial en cas d’occupation d’un logement « sans droit ni titre », ou relevant de « l’habitat informel ».Contre des reconnaissances détournées de paternité ou maternité, l’Assemblée a, par ailleurs, adopté plusieurs articles, notamment pour permettre d’allonger la durée de sursis à la reconnaissance en cas de suspicion de fraude, ou pour aggraver l’amende encourue en cas de mariage ou de reconnaissance de parentalité frauduleux afin d’obtenir un titre de séjour ou la nationalité française. Les députés ont également approuvé l’ouverture à Mayotte, dans certains cas, d’une « aide au retour volontaire » pour favoriser les reconduites.

    #Covid-19#migration#migrant#france#mayotte#visaterritorialise#politiquemigratoire#droit#sante

  • Loi Mayotte : la suppression du visa territorialisé électrise les débats à l’Assemblée nationale
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/06/25/loi-mayotte-la-suppression-du-visa-territorialise-electrise-les-debats-a-l-a

    Loi Mayotte : la suppression du visa territorialisé électrise les débats à l’Assemblée nationale
    Par Nathalie Guibert
    Dans la loi pour la refondation de Mayotte examinée en séance publique à l’Assemblée nationale depuis lundi 23 juin, les mesures visant à durcir l’immigration opposent très classiquement gauche et droite, les uns mettant en avant les droits fondamentaux et républicains, les autres la fermeté nécessaire dans un département – fait unique en France – où la moitié de la population, estimée à 320 000 habitants, est étrangère. Mais l’une de ces réformes brouille les clivages, divisant bien plus largement, jusqu’au sein même des groupes parlementaires : la suppression du titre de séjour territorialisé, ou « visa Balladur », imposé depuis 1995 aux étrangers (ceux venus des Comores voisines surtout), et qui les empêche de quitter Mayotte pour un autre point du territoire national.
    L’article 2-bis-A concerné, introduit dans le projet du gouvernement contre son avis par la commission des lois, a provoqué des débats tendus, mardi, avant d’être adopté par 87 voix contre 2.
    Philippe Gosselin (groupe Droite républicaine), Philippe Vigier (groupe Les Démocrates), Estelle Youssouffa (groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, LIOT), et Agnès Firmin Le Bodo (groupe Horizons et indépendants), les quatre rapporteurs du texte, avaient soutenu en commission, de manière transpartisane, la suppression du visa en 2030. Aussi le gouvernement avait-il décidé de s’en remettre à la sagesse de l’Assemblée.
    « Nous parlons ici de personnes en situation régulière, et les rapporteurs proposent une solution médiane, d’ici à 2030, qui nous donne cinq ans pour réussir à déployer les autres mesures prévues pour endiguer l’immigration », justifie le ministre des outre-mer, Manuel Valls. Ajoutant : « C’est une demande réelle, unanime, des élus de Mayotte, et de la société mahoraise, c’est très profond. » Ne pas satisfaire la demande des Mahorais poserait, selon M. Valls, « une vraie difficulté dans la manière dont le texte de loi sera apprécié » sur tous ses autres aspects : développement des infrastructures, alignement du smic en 2031, amélioration dans le domaine de la santé.
    Dans l’Hémicycle, La France insoumise (LFI) et les députées de Mayotte Estelle Youssouffa (LIOT) et Anchya Bamana (Rassemblement national, RN) se sont retrouvées pour demander la suppression du titre territorialisé dès 2026, le groupe des écologistes évoquant, lui, 2027. « C’est la seule solution rationnelle au problème, a défendu le député de l’Essonne Antoine Léaument pour LFI. Il doit y avoir une gestion nationale de l’immigration, et l’Hexagone doit prendre sa part. » « Liberté, égalité, fraternité dans les emmerdes, le titre territorialisé est une atteinte à l’indivisibilité de la République, a lâché Estelle Youssouffa aux opposants au texte. C’est la continuité territoriale, prenez votre part. »
    A gauche, ce débat a ainsi conduit les députés ultramarins à s’opposer entre eux. Les socialistes ont tenté d’exclure les territoires d’outre-mer de la portée de la réforme, invoquant leurs taux de pauvreté énormes. La Réunion, tout proche de Mayotte, s’inquiète. « Il n’y a pas eu d’étude d’impact. Le billet d’avion pour La Réunion est à 200 euros et, chez nous, il existe l’égalité des droits sociaux. L’arrivée estimée d’environ 5 000 personnes, ça se prépare », a fait valoir la Réunionnaise Emeline K/Bidi (groupe Gauche démocrate et républicaine). De quoi faire sortir Estelle Youssouffa de ses gonds : « Quand il s’agit de partager le fardeau, la gauche ultramarine dit “non merci pas chez nous !”. La solidarité à la réunionnaise, c’est splendide ! » Réponse d’Emeline K/Bidi : « Ce qui vous intéresse, c’est que La Réunion coule. Elle est plus que solidaire, en accueillant les évacuations sanitaires de Mayotte, ses prisonniers quand sa prison déborde, ses enfants à scolariser après le cyclone Chido, mais elle ne prend que ce qu’elle peut prendre. »
    Le groupe macroniste, lui, s’est opposé à la mesure en reprenant l’idée en vigueur à droite d’un appel d’air possible. Supprimer le visa, « c’est affaiblir le peu d’outils dont dispose le ministère de l’intérieur », a justifié le député Renaissance du Bas-Rhin Charles Sitzenstuhl. Pour sa collègue du Haut-Rhin Brigitte Klinkert, « il faut protéger l’Hexagone et aussi Mayotte en n’ouvrant pas de nouvelle filière d’immigration ». De quoi permettre à LFI de dénoncer l’alliance d’une partie des macronistes avec le RN.
    A droite, le rapporteur de ce volet du projet de loi, le député (Les Républicains, LR) de la manche Philippe Gosselin, appuyé par le député LR d’Eure-et-Loir et ancien président du groupe Olivier Marleix, avait pris position pour la suppression du visa contre l’avis du président du parti et ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau. « C’est vrai que cet outil avait été mis en place pour éviter l’appel d’air et le transfert entre Mayotte et d’autres territoires de la République, a expliqué Philippe Gosselin, mardi, mais, en réalité, on ne maîtrise rien ou très mal à Mayotte, et cette territorialisation est vide d’effets positifs. Y mettre fin va contraindre l’Etat à une obligation de résultat sur l’immigration. »
    La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, prend, elle, le risque de décevoir son électorat de Mayotte en ayant décidé de l’abstention de son groupe. « Mme Bamana [RN] est d’accord avec nos positions car c’est la seule solution rationnelle », n’a pas manqué de souligner l’« insoumis » Antoine Léaument.« Je comprends les Mahorais qui nous disent “vous nous forcez à concentrer l’immigration clandestine chez nous”, mais c’est une analyse erronée, a déclaré Marine Le Pen, mardi soir. Cinq cent mille immigrés légaux arrivent en France chaque année, ce ne sont pas 8 000 de plus qui vont changer les choses ! Ce qu’il faut, c’est la fermeté totale. On vous montrera en 2027 que cela marche. » Le RN, qui fait de Mayotte son laboratoire pour une politique migratoire durcie à l’échelle nationale, a vu quasiment tous ses amendements rejetés – le député du Gard Yoann Gillet a ainsi défendu un amendement pour supprimer le regroupement familial, mesure qui ne concerne qu’une vingtaine de cas par an à Mayotte. « Mayotte n’est pas un laboratoire, notre situation est incomparable, a précisé Estelle Youssouffa au cours des débats. Nous avons lancé un appel à l’aide, car nous ne pouvons tout simplement plus accueillir de monde, dans notre petite île de 375 kilomètres carrés. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#mayotte#visa#politiquemigratoire#continuiteterritoriale#droit#sante

  • #Djazirat_al_Mawt, l’île de la mort

    Depuis l’instauration en 1995 du #visa dit « Balladur », les Comoriens n’ont d’autre possibilité que d’emprunter des barques pêcheurs, les #kwasa_kwasa pour se rendre à Mayotte. Des milliers sinon des dizaines milliers sont morts lors de cette traversée.

    #Jazirat_al_Mawt, l’#île_de_la_mort, c’est ainsi que les navigateurs venus d’Oman ou du Shiraz ont baptisé l’île de #Mayotte parce que ceinte d’une barrière de corail sur laquelle tant et tant de boutres et d’esquifs se sont abîmés.

    Depuis l’instauration en 1995 du visa dit « Balladur », les ressortissants comoriens n’ont d’autre choix que d’emprunter les kwasa kwasa, ces barques de pêcheurs à fond plat, pour rallier Mayotte où le PIB par habitant est dix fois supérieur à celui des Comores. Ils viennent trouver du travail, rejoindre de la famille ou bénéficier de soins.

    Entre 5000 et 10 000 personnes sont mortes dans les traversées de 1995 à 2012 selon la dernière estimation produite. Le décompte a cessé depuis. “C’est une #hécatombe” confie Jean Lhuillier, le directeur des pompes funèbres de Mayotte qui est régulièrement réquisitionné par la police pour récupérer des corps échoués sur les plages ou accrochés aux branches des arbres de la mangrove.

    Pour empêcher ces passages, les gouvernements français successifs ont investi des centaines de millions d’euros sans jamais parvenir à y mettre un terme malgré les drones, les radars, les hélicoptères ainsi que les patrouilles maritime et terrestre de la Police aux frontières aux effectifs toujours plus nombreux.

    “La mission est belle” confie un policier de la PAF aux commandes de son bateau semi-rigide destiné à intercepter les kwasa kwasa au large de Mayotte quand bien même sait-il qu’une fois renvoyées aux Comores, la plupart de ces personnes tenteront à nouveau la traversée.

    “Ça ne me dérange pas d’accueillir dix fois la même personne” abonde une responsable du centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte. Lorsqu’ils embarquent sur le ferry qui les ramène vers l’île comorienne d’Anjouan, les personnes expulsées fredonnent une chanson d’amour d’un artiste mahorais : “ne t’en fais pas, je reviendrai”.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/djazirat-al-mawt-l-ile-de-la-mort-1452799
    #mourir_aux_frontières #France #Mayotte #migrations #réfugiés #Comores #visa_Balladur #mourir_en_mer #décès #militarisation_des_frontières
    #podcast #audio

  • A l’école le ventre vide

    Des enfants qui peinent à se concentrer en classe parce qu’ils n’ont eu qu’une maigre collation dans la journée, qui font leur devoir à la lumière d’une bougie ou avec le flash de leur téléphone faute d’électricité ou alors qui peinent à comprendre la langue d’enseignement en classe parce qu’ils la maîtrisent mal.

    A première vue, on pourrait penser qu’on décrit le système d’éducation d’un pays dépourvu des ressources nécessaires pour offrir une éducation gratuite et accessible à tous les enfants. Mais ce n’est pas le cas ici.

    Ici, on vous parle d’enfants scolarisés dans l’un des pays les plus riches du monde : la France. Plus particulièrement dans le département d’Outre-mer de Mayotte.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/10/lettre-ouverte-intersyndicale-mayotte-aux-ministres-des-outre-mers-et-du-travail/#comment-67584

    #international #mayotte

  • Lettre ouverte intersyndicale Mayotte aux ministres des Outre-Mers et du travail

    Lettre ouverte Mayotte
    M. Le ministre des Outre-Mer,
    Mme la Ministre du travail

    Mayotte, 101e département français, a été dévastée le 14 décembre dernier par le cyclone Chido. Les dégâts sont considérables, tant du fait de la force du vent, que de la fragilité voire de l’absence d’infrastructures. L’heure est à la reconstruction mais depuis 6 mois nos équipes constatent que passés les travaux d’urgence, les chantiers n’avancent plus. Les dessertes de la barge, indispensables pour relier l’ île de petite terre à celle de grande terre, sont toujours très limitées. Ceci, cumulé à l’absence totale de transports en commun organisés, engorge totalement le trafic et la population du territoire passe des heures en voiture chaque jour pour aller travailler. Le Centre Hospitalier de Mayotte n’a toujours pas été mis hors d’eau. Une part importante de sa surface est toujours inutilisable et le reste est protégé par des bâches donc inondé à la première pluie. La prise en charge sanitaire des habitant.e.s, et notamment des accouchements est indigne. Par manque d’enseignant.e.s et de places dans les établissements, les élèves ne sont pris en charge qu’à mi-temps dans les écoles (et seulement trois heures par jour pour l’école élémentaire). Avant même la saison sèche, l’eau est déjà coupée plusieurs jours par semaine et le prix des bouteilles d’eau explose. Les travailleurs et les travailleuses n’en peuvent plus, une majorité n’ont toujours pas réussi à reconstruire leur maison, par manque de matériaux mais aussi de moyens, l’essentiel des habitations n’étant pas assurées. Nous demandons une aide d’urgence pour les ménages dont le toit ou l’habitat est abîmé par le cyclone. Alors qu’il s’agit d’une réserve de biodiversité au plan mondial, la situation environnementale, notamment en termes de traitement des déchets, est extrêmement inquiétante.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/10/lettre-ouverte-intersyndicale-mayotte-aux-mini

    #international #mayotte