• « Rester confiné chez soi, sur son canapé, n’a strictement rien à voir avec une période de #guerre »

    Les mots ont un sens. « La #pandémie à laquelle nous sommes confrontés exigent des mesures plutôt opposées à un temps de guerre » explique l’économiste et chroniqueur de Basta ! Maxime Combes dans cette tribune.

    Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie

    « Nous sommes en guerre ». A six reprises, lors de son allocution, Emmanuel #Macron a utilisé la même expression, en essayant de prendre un #ton_martial. L’anaphore voulait marquer les esprits et provoquer un effet de #sidération. Avec deux objectifs sous-jacents. L’un sanitaire : s’assurer que les mesures de #confinement – mot non prononcé par le président de la République – soient désormais appliquées. L’autre politique : tenter d’instaurer une forme d’#union_nationale derrière le chef de l’Etat. Le tout également pour faire oublier les mesures contradictoires et les hésitations coupables de ces derniers jours.

    Pourtant les mots ont un sens. Et c’est non, mille fois non : nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie. C’est suffisant, et totalement différent. Aucun État, aucun groupe armé n’a déclaré la guerre à la France, ou à l’Union européenne. Pas plus que la France n’a déclaré la guerre (article 35 de la Constitution) à un autre État. Le #Covid-19 ne se propage pas en raison du feu de ses blindés, de la puissance de son aviation ou de l’habilité de ses généraux, mais en raison des mesures inappropriées, insuffisantes ou trop tardives prises par les pouvoirs publics.

    La pandémie à laquelle nous sommes confrontés exigent des #mesures plutôt opposées à un temps de guerre

    Non, le virus Covid-19 n’est pas un « #ennemi, invisible, insaisissable, et qui progresse » comme l’a affirmé Emmanuel Macron ce lundi 16 mars. C’est un #virus. Un virus qui se propage au sein d’une population non immunisée, porté par nombre d’entre nous et disséminé en fonction de l’intensité de nos relations sociales. Il est très contagieux, se propage vite et peut avoir des conséquences terribles si rien n’est fait. Mais c’est un virus. Pas une armée. On ne déclare pas la guerre à un virus : on apprend à le connaître, on tente de maîtriser sa vitesse de propagation, on établit sa sérologie, on essaie de trouver un ou des anti-viraux, voire un vaccin. Et, dans l’intervalle, on protège et on soigne celles et ceux qui vont être malades. En un mot, on apprend à vivre avec un virus.

    Oui, les mots ont un sens. Nous ne sommes pas en guerre car la pandémie à laquelle nous sommes confrontés exige des mesures plutôt opposées à celles prises en temps de guerre : ralentir l’activité économique plutôt que l’accélérer, mettre au #repos_forcé une part significative des travailleuses et travailleurs plutôt que les mobiliser pour alimenter un effort de guerre, réduire considérablement les #interactions_sociales plutôt qu’envoyer toutes les forces vives sur la ligne de front. Quitte à provoquer, disons-le ainsi : rester confiné chez soi, sur son canapé ou dans sa cuisine, n’a strictement rien à voir avec une période de guerre où il faut se protéger des bombes ou des snipers et tenter de survivre.

    Il n’est pas question de sacrifier le personnel médical, au contraire, il faut savoir les protéger

    Cette référence à la « guerre » convoque par ailleurs un #imaginaire_viril peuplé d’#héroïsme_masculin – bien que largement démenti par les faits – et du sacrifice qui n’a pas lieu d’être. Face au coronavirus – et à n’importe quelle pandémie – ce sont les #femmes qui sont en première ligne : 88 % des infirmières, 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne. Le #personnel_médical le dit clairement : nous avons besoin de soutien, de #matériel_médical et d’être reconnus comme des #professionnels, pas comme des #héros. Il n’est pas question de les sacrifier. Au contraire, il faut savoir les protéger, en prendre soin pour que leurs compétences et leurs capacités puissent être mobilisés sur le long terme.

    Non, définitivement, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes face à une pandémie. Et c’est déjà bien assez. Nous ne sommes pas des soldats, mais des citoyennes et citoyens. Nous ne voulons pas être gouvernés comme en temps de guerre. Mais comme en temps de pandémie. Nous n’avons pas d’ennemi. Ni à l’extérieur, ni à l’intérieur des frontières. Confrontés pendant des semaines à l’incurie d’un gouvernement incapable de prononcer un discours clair et des #mesures cohérentes entre elles, nous sommes juste des citoyennes et citoyens progressivement en train de comprendre que la meilleure chose à faire est de rester confinés. A devoir apprendre à vivre au ralenti. Ensemble mais sans se rencontrer. A rebours de toutes les exigences de #compétitivité et de #concurrence qui nous ont été assénées depuis des dizaines d’années.

    Instituer la #solidarité et le soin comme principes cardinaux, pas les valeurs martiales et belliqueuses

    Lutter contre la pandémie du coronavirus n’est pas une guerre car il n’est pas question de sacrifier les plus vulnérables au nom de la raison d’État. Comme celles qui sont en première ligne, il nous faut au contraire les protéger, prendre soin d’eux et d’elles, y compris en se retirant physiquement pour ne pas les contaminer. SDF, migrant.e.s, les plus pauvres et plus précaires sont des nôtres : nous leur devons pleine et entière assistance pour les mettre à l’abri, autant que faire se peut : la #réquisition de logements vides n’est plus une option. Lutter contre le coronavirus c’est instituer la solidarité et le #soin comme les principes cardinaux de nos vies. La solidarité et le soin. Pas les valeurs martiales et belliqueuses.

    Ce principe de solidarité ne devrait d’ailleurs pas avoir de frontière, car le virus n’en a pas : il circule en France parce que nous circulons (trop) dans le pays. Aux mesures nationales, voire nationalistes, brandies ici et là, nous devrions collectivement étendre ce principe de solidarité à l’international et nous assurer que tous les pays, toutes les populations puissent faire face à cette pandémie. Oui, la mobilisation doit être générale : parce qu’une #crise_sanitaire mondiale l’exige, cette #mobilisation doit être généralisée à la planète entière. Pour que pandémie ne rime pas avec inégalités et carnages chez les pauvres. Ou simplement chez les voisins.

    Point besoin d’#économie_de_guerre, juste d’arrêter de naviguer à vue

    Alors, oui, sans doute faut-il prendre des mesures d’exception pour réorganiser notre système économique autour de quelques fonctions vitales, à commencer par se se nourrir et produire le matériel médical nécessaire. Deux mois après les premières contaminations, il est d’ailleurs incroyable qu’il y ait encore des pénuries de #masques pour protéger celles qui sont en première ligne : réorienter, par la réquisition si nécessaire, des moyens de production en ce sens aurait déjà dû être fait. Histoire de ne pas avoir à refuser d’exporter des masques comme l’UE le fait désormais, y compris avec la Serbie qui a pourtant entamé son processus d’adhésion : où est donc la solidarité européenne ?

    Point besoin d’économie de guerre pour cela. Juste besoin d’arrêter de naviguer à vue et d’enfin prendre les mesures cohérentes entre elles, fondées sur ce principe de solidarité, qui permettront que chaque population, riche ou pauvre, puisse faire face à la pandémie. La participation consciente et volontaire de l’ensemble de la population aux mesures de confinement nécessaires n’en sera que facilitée. Et la dynamique de l’épidémie d’autant plus facilement brisée. Le monde de demain se joue dans les mesures d’exception d’aujourd’hui.

    Maxime Combes, économiste et membre d’Attac.

    https://www.bastamag.net/pandemie-covid19-coronavirus-Macron-guerre-virus-confinement
    #épidémie #vocabulaire #terminologie #mots #coronavirus

    ping @mobileborders

    • Non Monsieur le Président de la République, nous ne sommes pas en guerre

      La déclaration du Chef de l’Etat qui amène un confinement général de la population et n’autorise les déplacements que par dérogation marque un véritable tournant dans la lutte contre l’épidémie généralisée en France. La guerre est déclarée ? Non Monsieur le Président, la Résistance collective est à l’ordre du jour pour sortir de cette épreuve.

      La déclaration du Chef de l’Etat ce 16 mars qui amène un confinement général de la population et n’autorise les déplacements que par dérogation marque un véritable tournant dans la lutte contre l’épidémie généralisée en France. Jusque-là des recommandations, des consignes, des prescriptions amenaient chacun à prendre sa part à la sûreté de contacts raréfiés. Point de contrôle, point de sanctions mais appel à prendre conscience des mesures d’hygiène à respecter puis du confinement.

      La crise sanitaire s’aggrave comme attendue. Les contaminations réalisées avant l’effectivité des mesures successives ne produisent leurs effets en terme de symptômes, qu’après le délai d’incubation de 5 à 14 jours comme nous pouvons le lire ici et là. Il y a donc mécaniquement une aggravation inévitable avant les possibles effets de ralentissement si ces mesures sont efficaces et suffisantes. Insuffisantes, à l’évidence les mesures prises jusqu’ici l’étaient, raison essentielle d’un strict confinement depuis ce 17 mars à midi.

      Crainte des autorités et politique de santé

      La crainte des autorités que partagent tous les observateurs attentifs - et ils sont nombreux - est la saturation des possibilités d’hospitalisation en réanimation pour les symptômes les plus graves qui menacent la vie même du patient avec une vulnérabilité particulière des personnes âgées ou des personnes souffrant de co-morbidités (affections chroniques ou déficiences organiques etc) sans exclure pour autant ces développements graves de la maladie respiratoire chez des sujets plus jeunes ou à l’occasion d’une « deuxième vague ».

      Cette crainte est d’autant plus vive que nos responsables gouvernementaux, le Chef de l’Etat lui-même, savent bien que les politiques de santé menées depuis des décennies, poursuivies et aggravées depuis la dernière présidentielle à coups d’économies budgétaires inconséquentes ont largement diminuées la capacité à faire face aux circonstances exceptionnelles que nous connaissons aujourd’hui. Les gouvernements successifs, et plus encore celui-ci, quand les économies en grattant toujours plus ont atteint l’os, sont restés sourds aux demandes, revendications, exhortations des professionnels de santé, de leurs organisations syndicales y compris même au début de cette épidémie. Quelle imprévoyance ! La préparation aux moyens de la protection elle-même est manifestement déficiente : les volumes des gels hydroalcooliques, masques, équipements divers sont largement insuffisants ou limites même pour les professionnels de santé, hôpitaux et médecine de ville, sont même menacés de pénurie dans des délais relativement brefs (déclaration Olivier Véran, ministre de la santé).

      Il faut l’abnégation de ceux et celles à qui on a refusé les moyens de soigner, pour faire face, héroïquement chaque jour, à cette montée des périls. La fermeture d’hôpitaux, de services et de lits, la fermeture de postes de soignants pèsent aujourd’hui dans cette lutte de résistance, jour après jour, pied à pied. Les encenser aujourd’hui ne disculpe pas de sa responsabilité, de ses choix politiques.

      Il faudra en rendre compte au peuple français après l’épreuve en changeant radicalement de politique de santé en associant les organisations syndicales et les forces vives du pays : la santé est un bien collectif pas seulement l’affaire du ministère et du gouvernement ! Il faut espérer que cet épisode douloureux amènera un changement complet de politique de santé pour faire face à d’autres épidémies qui ne manqueront pas d’arriver. Elles ne manquerons pas d’arriver dans un monde dominé par la recherche du profit à tout prix pesant en premier lieu sur la santé des populations qui ne pèse pas lourd face aux profits des firmes pharmaceutiques, phyto-sanitaires, tabagiques, agro-alimentaires et de toutes celles qui commercialisent ou utilisent des produits toxiques en semant le doute sur cette toxicité quand bien même ils ont les preuves – qu’ils cachent – d’effets graves sur la santé. Le profit d’abord et quand ce sont des milliards à la clef, on peut tout se permettre et tout maquiller.

      Malheureusement, pour le moment et dans les semaines qui viennent, nous voyons et verrons les résultats de cet abaissement des digues : l’affaiblissement des effectifs soignants et les nombreuses fermetures notamment des hôpitaux de proximité ont abaissé dramatiquement le seuil de saturation des services de réanimation qui prennent en charge les malades du CoVid-19. Nous, c’est-à-dire les citoyen.ne.s de ce pays, en feront les frais. Les petits hôpitaux aujourd’hui avec leurs soignants seraient une réserve de lits pour endiguer ce flot croissant comme autrefois les terrains ouverts sur le Rhône absorbaient les inondations périodiques.

      Nous ne sommes pas en guerre mais en Résistance

      Aujourd’hui si les soignants sont en première ligne y compris avec un risque pour leur propre santé, tous les professionnels de la logistique alimentaire, pharmaceutique, administrative sont à leur côté et assurent le service du public, au service de la Nation.

      La guerre est déclarée ? Non Monsieur le Président, nous ne sommes pas en guerre. Vous devez organiser la Résistance avec nous. Avec la guerre, le chef s’adjuge tous les pouvoirs pour vaincre, ne cherche aucunement à convaincre mais à imposer, à contraindre pour mener la bataille comme il l’entend et dans ce cas, les contestataires et les critiques sont traître et traîtrise à faire taire, vite et bien.

      La stigmatisation de groupes au contact vus à la télé sur les bords de Seine, dans des parcs amène un discours sur l’irresponsabilité de certain.e.s qui n’ont pas pris la mesure du danger pour eux et pour les autres, prétexte à introduire le contrôle et la sanction. C’est un peu facile ! Facile d’oublier son propre manque de responsabilité dans la politique de riches menée depuis son accession à la Présidence notamment la politique de santé qui a abaissé le niveau de protection, de l’assurance-chômage qui abaisse les droits et indemnisations des chômeurs, des chercheurs précarisés qui doivent plus chercher des financements que faire de la recherche. Etait-il bien responsable de matraquer et blesser ces Gilets Jaunes durant plus d’un an sans les entendre, de les poursuivre aujourd’hui pénalement pour se venger d’avoir eu peur et de s’être laissé déborder sur les Champs-Elysées ? Sans parler de bien des affaires qui ont amené certain.e.s à démissionner.

      Reconnaissons-le, la responsabilité n’est chose aisée pour personne surtout dans une société où l’enjeu est de passer la patate chaude de la responsabilité à un.e autre. La première intervention du chef de l’état du 12 mars a certainement manqué de punch pour responsabiliser. Les réactions dimanche sous le soleil sont aussi à inscrire, sans les excuser, à un déni d’ordre psychique d’entrée dans cette période de restriction, en gros, encore un dernier bol d’air avant le confinement. Après, il est possible de rappeler en direct le danger et le devoir. Pourquoi, in fine, et à peu près systématiquement - en acte contrairement aux paroles – devrait-on prendre la population pour non-responsable collectivement ? Individuellement, nous le sommes tour à tour pour, pour sujet plus ou moins important mais collectivement nous pouvons être sérieusement responsables (un peu comme la patience dans mille impatiences) surtout face à ce danger réel, palpable, identifié.

      Le confinement par la force ou la responsabilité ?

      Mais l’ennemi est là, l’invasion a eu lieu : le virus est partout. Oui, le cap doit être clair pour résoudre cette crise d’exception mais faire appel à 100.000 policiers et gendarmes c’est s’engager dans une voie où la coercition, la sanction dispensent de convaincre tout en faisant « comme si », double discours qui rappelle celui pour le premier tour des municipales. Dans ces conditions, la menace de sanction devient, de fait, la seule voie audible, choisie pour parvenir à maintenir le confinement, moyen pour stopper cette épidémie. Ce moyen n’est pas en cause. La contamination a lieu par contact : nécessité du confinement et des mesures-barrières.

      La question est la voie choisie pour parvenir à un confinement : le contrôle par les forces de Police et de Gendarmerie et la sanction financière (on imagine mal engorger les prisons déjà pleine – problème en soi - et propager le virus !). Cette voie prend le risque d’une escalade dans le contrôle de la population par des forces de l’ordre (largement utilisées depuis deux ans, sorte de réflexe) voire de déboucher sur des scènes de chaos plus ou moins localisées ou momentanées.

      Nous comprenons bien que légiférer par ordonnance n’est pas anodin et amorce une éventuelle escalade avec état de siège, intervention de l’Armée au maintien de l’ordre, pourquoi pas in fine l’article 16. Piège de l’escalade qui prend toujours le comportement marginal pour prétexte, piège aux conséquences lourdes et en quelque sorte mécaniques pour la démocratie.

      Sans protection ou avec des protections insuffisantes, les forces de l’ordre pourraient être affectées par l’épidémie. Elles pourraient l’être et affecter un volume plus ou moins important de policiers et gendarmes que leurs armes ne protègent pas comme dans une guerre, rendant impossible de remplir leur mission.

      La Résistance, au contraire, engage le peuple à entrer en Résistance conscient des enjeux pour la santé de tous. Vous n’avez pas vu que partout, à côté de contacts de moins en moins fréquents - aujourd’hui plus un seul – spontanément, les gens dans la rue, devant les magasins, tiennent leurs distances, ne s’affolent pas et s’ils parlent, c’est à distance et pas en face à face. La Résistance c’est avant tout engager chacun à devenir responsable pour devenir collectivement responsable. Et devenir collectivement responsable, c’est non seulement éviter les contacts qui transmettent le virus, mais encore organiser des réseaux de solidarités de proximité pour l’alimentation, la pharmacie etc... en respectant les consignes d’hygiène et de contacts. Tout le monde ne peut pas se déplacer. C’est bien au-delà de la peur du gendarme.

      A défaut, en durcissant encore le confinement, il faudrait organiser un réseau national de distribution à domicile ! Les forces de l’ordre pourraient-elles s’y employer ? Là encore, ce serait faire sans la population quand il s’agit de résister avec la population.

      Organiser la Résistance et mobiliser par des actes

      Il n’y a pas possibilité de résistance si la population n’est pas incitée à s’associer à cette résistance, chacun à sa mesure. La Résistance c’est le peuple et ses dirigeants, quand ceux-ci savent impulser et non seulement commander, contrôler, sanctionner. Les forces de l’ordre plutôt que sanctionner ce qui peut amener à la clandestinité des déplacements devenus illicites, pourraient se transformer en agent de persuasion en rappelant les consignes, en écoutant les nécessités explicitées sans chercher à sanctionner bref... discernement. La campagne c’est pas la ville et chacun ne va pas faire du jogging autour de sa maison ou de son pâté d’immeubles. En Auvergne, balader sur un des Puys en solitaire ou en couple de retraités est sans risque plutôt que rester aux abords de la maison et rencontrer des connaissances ! Les services de santé seront d’autant moins débordés (ou moins vite !) que chacun se sentira, se sent responsable des soignants, en actes et pas seulement en paroles.

      Sans association et conscience de la population, il n’y a en effet que la guerre et son cortège d’oeufs cassés toujours justifiés en toute bonne foi.

      Pour associer le peuple, la suspension des réformes en cours est enfin une mesure de sagesse et d’apaisement. De toutes façons, le calendrier de la réforme des retraites ne peut plus être tenu. Avant l’été c’est râpé ! Le report de la mise en place de la réforme de l’assurance-chômage est aussi la démonstration en creux de revenus dramatiquement insupportables pour quantités de chômeurs, à repousser hors cette période exceptionnelle. Seraient-ils véritablement plus supportables après un retour à la normale ? Revoir la copie.

      Il faut aller plus loin. Pour une adhésion et une responsabilité de la population, Il faut permettre un minimum de confiance quand celle-ci a été dilapidée par une attitude intransigeante toujours dans le sens des riches en pompant l’argent des autres. Il faut annoncer quelles réformes deviennent prioritaires, quel cap social et sociétal elles prendront, avec qui et comment elles seront travaillées (pas seulement une concertation sur un texte à trous béants comme celui des retraites).

      L’indemnisation du chômage partiel prise actuellement pour garder les moyens de subsistance n’illustre-t-elle pas la nécessité de la mise en place d’un revenu universel ? Ce pourrait être un dispositif qui l’initie à élargir et pérenniser.

      Une mesure forte immédiate qui ne coûte pas un euro mais vaudra crédit : arrêter toutes les poursuites pour fait social, grèves et manifestations. La paix sociale ne s’achète pas, elle s’obtient avec des actes.

      La guerre alors n’aura pas lieu

      Vaincre l’épidémie c’est engager la population dans la Résistance et non la délégation aux chefs de mener une guerre qui n’existe pas, même si l’économie s’en rapproche, si l’organisation du fonctionnement en société s’en rapproche. C’est apporter un tournant social à ce quinquennat de riches, non pas le passer au Ripolin vaguement rose mais s’engager à des réformes nécessaires et identifiées dès maintenant avec les moyens d’une co-construction postérieure chacun à sa place. Alors les forces vives de la nation seront mobilisées pour vaincre par la responsabilité et la solidarité. La guerre alors n’aura pas lieu !

      https://blogs.mediapart.fr/georges-andre/blog/170320/non-monsieur-le-president-de-la-republique-nous-ne-sommes-pas-en-gue

    • #Rony_Brauman répond à Macron : « La #métaphore de la guerre sert à disqualifier tout débat »

      Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, approuve les mesures de confinement, mais dénonce la #rhétorique_martiale du chef de l’Etat : « Qualifier les soignants de "#héros", c’est gommer les raisons de la crise sanitaire. »

      Médecin, diplômé de médecine tropicale et épidémiologie, Rony Brauman a été président de Médecins sans frontières (MSF) de 1982 à 1994. Il est aujourd’hui directeur d’études à la fondation de l’ONG. Son dernier livre, « Guerres humanitaire ? Mensonges et intox », conversation avec Régis Meyran, est paru aux éditions Textuel en 2018.
      Interview.

      Comment analysez-vous l’épidémie du #Covid-19 et sa gestion par les autorités françaises ?
      Cette épidémie n’avait pas été prévue, mais elle avait été prédite. De nombreux épidémiologistes avaient anticipé l’apparition d’un nouveau virus se répandant à la faveur de l’accroissement démographique, de l’accélération des voyages internationaux, de l’urbanisation, du changement climatique. Cette crainte, déjà ancienne, s’était renforcée avec les épidémies de sida, le Sras, le Mers, le Zika, le chikungunya, Ebola. Nous savions que le rêve d’un monde débarrassé d’un risque infectieux était une #illusion et les gouvernements successifs ne pouvaient méconnaître ces analyses. Cela ne les a pas empêchés, depuis des années, de réduire les capacités des hôpitaux, avec les effets que l’on voit aujourd’hui. Plus de 4 000 lits ont été supprimés ces trois dernières années, mais c’est depuis trente ans que gagne une #logique_comptable, entrepreneuriale (notamment la loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire de 2009, qui concrétise la notion d’« #hopital-entreprise », introduite par #Claude_Evin dès 1989). Pourtant, aujourd’hui, Emmanuel Macron ne tarit pas d’éloge sur le personnel hospitalier... Ses propos qualifiant les soignants de « héros » me semblent particulièrement mal venus. Cette qualification a quelque chose de pervers, parce qu’elle gomme les raisons de la #crise_sanitaire. Outre qu’elle oubliait les autres professions qui continuent à travailler pour que notre vie soit encore vivable (éboueurs, policiers, livreurs, caissières, producteurs, distributeurs de produits essentiels), elle met les soignants dans une position délicate. Un héros, ça ne demande pas des journées de récupération pour s’occuper de ses enfants, de prime de risque, un salaire décent. On sait bien qu’une partie du vidage des hôpitaux vient de ce qu’on paye les gens de façon indécente. Brandir la figure du héros, c’est sous-entendre par contraste la médiocrité de revendiquer des #conditions_de_travail correctes.

      Pourtant, quand les gens applaudissent à leurs fenêtres à #20_heures, n’est-ce pas aussi une façon de saluer dans les soignants des figures héroïques ?
      Si, bien sûr, et je m’y associe. Ces applaudissements constituent un rite de reconnaissance collective vis-à-vis d’une catégorie qui s’expose de façon constante, quotidienne. Mais ils ne doivent pas être séparés d’une interrogation politique sur les #restrictions_budgétaires imposées depuis des années à ceux qui sont considérés aujourd’hui comme les sauveurs de la nation.
      J’ajoute que, dans les propos d’Emmanuel Macron, cette #héroïsation n’est que le complètement logique du discours de la guerre, la métaphore du combat engagé contre l’#ennemi_invisible. Cette notion ne me semble pas la bonne. Nous sommes face à une #catastrophe. Au moment où nous parlons, des structures de soins sont débordées et l’on voit réapparaître les méthodes de la #médecine_de_catastrophe, mises au point, il est vrai, par la #médecine_militaire mais élargies aux situations de crises majeures, notamment de catastrophes naturelles : les techniques de #triage séparant les gens qu’on va pouvoir aider à sortir et ceux pour lequel le pronostic est trop mauvais, relèvent typiquement de la médecine de catastrophe. De façon plus générale, cette métaphore est trompeuse, en ce qu’elle laisse entendre que la #santé passe par la défaite de la maladie. Mais la maladie fait partie de la vie et l’on devrait parler de #droit_à_la_maladie, plutôt que de #droit_à_la santé. Je pense au philosophe #Georges_Canguilhem observant que pour la plupart des gens, la santé, ce n’est pas l’#absence_de_maladie mais la possibilité de tomber malade et de s’en relever.

      Mais n’est-il pas vrai que nous combattons un ennemi : le #virus ?
      Un point, encore : depuis #Pasteur, le germe infectieux place les sociétés dans une situation complexe. Dès lors que nous sommes tous potentiellement vecteurs de #contagion, chaque individu devient une #menace pour la collectivité, chaque voisin est un risque potentiel. Et inversement, l’individu se sent menacé par le groupe, qui peut cacher des malades, et il va donc chercher à s’en isoler. Le #confinement nous demande d’être à la fois solidaires et individualistes. C’est le #paradoxe de l’#épidémie, que dissimule la métaphore de la guerre. Dire qu’on mène une guerre contre un virus, c’est prendre le risque d’alimenter la #guerre_de_tous_contre_tous, chacun étant potentiellement le vecteur de l’ennemi invisible.
      Quand j’entends le président conclure son discours de Mulhouse, le 25 mars, par un martial « Nous ne céderons rien ! », je suis abasourdi. Céder quoi, à qui ? Craignez-vous la restriction des libertés liée au confinement ? J’approuve le confinement et des mesures actuellement en vigueur, à défaut d’autres moyens de protection pour l’instant. Ces mesures sont le résultat, forcément instable, de la recherche d’un équilibre entre trois exigences : la #sécurité_sanitaire, la #liberté des individus et la continuité de la machine économique. La liberté peut être restreinte, mais il est impossible de confiner tout le monde, car une partie l’#activité_économique doit se poursuivre, sous peine d’une morte lente générale. Je rappelle qu’une épidémie peut faire plus de #victimes_indirectes que directes, comme cela a été probablement le cas d’#Ebola : je pense aux malades qui n’ont pas pu se soigner, qui ont été conduits à une issue fatale à cause de la paralysie des régions frappées par la maladie.
      Pour ma part, je comprends le retard de confinement mis en oeuvre en France : l’exigence de #santé_publique était en balance avec l’exigence de liberté et l’exigence de #continuité_économique. Prenons garde à ne pas porter sur les mesures du gouvernement Philippe un regard anachroniquement sévère ! Reste que je m’inquiète de l’empilement des #mesures_autoritaires. N’oublions pas que des dispositions de l’#état_d'urgence antiterroriste ont été intégrées à la #loi_ordinaire et appliquées contre des militants écolos et syndicalistes. On doit craindre une reproduction de ce précédent.

      Portez-vous le même regard compréhensif sur la stratégie de la France en matière de #masques et de #tests ?
      Non ! Ce sont clairement deux loupés de la politique et de la communication gouvernementales. Autant j’apprécie les points quotidiens de #Jérôme_Salomon, le directeur général de la Santé, et son ministre #Olivier_Véran, qui sont très pédagogiques, didactiques, non arrogants, autant la question des masques et des tests a été traitée de façon extrêmement grossière, là encore infantilisante comme l’est la métaphore de la guerre. Ils auraient pu reconnaître qu’il y avait un retard à rattraper - retard imputable aux gouvernements successifs et non au seul gouvernement Philippe - et qu’il fallait plus de masques et plus de tests. Ils pouvaient expliquer que le #rationnement ne durerait pas, qu’ils y travaillaient, bref traiter leurs concitoyens en adultes. Au lieu de cela, ils ont choisi de tenir un discours de #déni. « Pourquoi ne pas faire plus de tests ? - Parce que c’est inutile ! » « Pourquoi ne pas distribuer pas plus de masques ? - Parce que c’est inutile ! » Et ce n’est pas vrai... Oui, c’est mensonger et ce point-là n’a rien à voir avec les choix difficiles, évolutifs, du confinement et de ses limites. Les masques sont indispensables pour les personnels soignants et pour les professions exposées au public. Quant au test, on nous explique qu’il n’est utile que pour les cas graves. Ce n’est pas vrai ! Dans les cas graves, il ne fait que confirmer le #diagnostic_clinique, alors que dans les cas moins graves ou bénins, il permet de connaître le #statut_sérologique des individus. On peut alors choisir pour chacun la solution adaptée : confinement à la maison, isolement dans des structures médicalisées (pour ne pas engorger l’hôpital) et hôpital (si nécessaire). Je suis consterné que les porte-parole du gouvernement se soient cramponnés à cette #pseudoscience. Un tel manquement est très contre-productif car il vient affaiblir la #confiance que l’opinion peut avoir dans d’autres mesures gouvernementales, qui, elles, sont tout à fait argumentables, tel que le confinement.

      Derrière ce loupé, y a-t-il des dissensions internes au champ médical ? Certains scientifiques ont-ils sous-estimé l’épidémie ?
      La #médecine n’est pas une science, c’est une #pratique_scientifiquement_informée. On le voit à l’échelle d’un organisme individuel : le corps n’est pas une matière inerte qui répondrait toujours de la même façon aux mêmes actions. Pour les questions de #santé_publique, c’est encore plus net, car la médecine est alors confrontée à toutes sortes d’événements inattendus et d’une variabilité extrême. La science aide à prendre les décisions, mais elle ne sait pas tout et, dans l’incertitude, ce sont les politiques qui doivent trancher.

      Sur cette épidémie, il n’y a pas de #consensus_médical ?
      Non, pour les raisons que je viens de dire. De plus, la familiarité des médecins avec les réalités épidémiologiques est très limitée. Le métier des médecins est de soigner les pathologies, mais pas forcément de connaître leur diffusion. Cela relève d’un autre type de savoir : l’épidémiologie. Il y a les épidémiologistes médecins, bien sûr, mais aussi des épidémiologistes non-médecins, notamment les statisticiens, les modélisateurs, qui n’ont pas la même approche que les médecins. Il peut y avoir des désaccords et c’est alors au politique de trancher, et de s’en expliquer. Néanmoins, sur la question de l’intérêt des masques et des tests pour gérer l’épidémie au mieux, il y a un consensus quasi-total.

      Mais alors, pourquoi les principaux responsables de la santé en France ont-ils dit le contraire ? Après tout, Jérôme Salomon et Olivier Véran, ainsi que sa prédécesseure #Agnès_Buzyn, sont tous des médecins...
      C’est un mystère. Mon hypothèse, toute personnelle, est qu’il s’agit d’un effet de la propension des responsables politiques à la rigidité comme preuve de leur détermination. En toutes circonstances, ils veulent afficher leur assurance et voient dans toute remise en question un affaiblissement de leur #autorité. Le fantasme de #toute-puissance est à l’oeuvre ! C’est ce que nous disait encore Macron, qualifiant de « polémiques », forcément stériles, et de tentatives de « fracture » de la société, forcément dangereuses, les critiques qui lui sont adressées. Il faut « #faire_bloc », c’est-à-dire marcher au pas, fleur au fusil. Où l’on voit que la métaphore de la guerre sert à disqualifier toute mise en #débat.

      Vous-même, avez-vous changé d’avis sur l’épidémie ?
      J’ai hésité en janvier, mais j’ai été assez rapidement convaincu que le #risque_pandémique était bien réel, tout en considérant la réaction des pouvoirs publics en France était correcte, et que par exemple on n’avait pas de raison de coller immédiatement à ce que faisait l’Italie. Il y a eu des discussions, y compris au sein de Médecins sans frontière, où certains étaient très sceptiques. Dès le début février, il a été clair que la cinétique de l’épidémie était inquiétante, en découvrant que des patients asymptomatiques pouvaient être transmetteurs du virus. Dans une épidémie, ce n’est pas le chiffre de mortalité à un instant T qui importe. On peut toujours comparer ces chiffres à bien d’autres, comme l’ont fait trop longtemps les « corona-sceptiques ». C’est le #temps_de_doublement des cas qu’il faut regarder attentivement : 2,5 jours pour le Covid-19. Là, on comprend assez rapidement que la progression est effrayante, surtout si on le rapporte aux mesures de confinement, qui mettent quinze jours à commencer à produire de l’effet : en quinze jours, on a six fois le doublement des cas, ce qui signifie qu’un porteur contamine 64 personnes en quinze jours, 244 en un mois.

      Que pensez-vous de la polémique sur la #chloroquine ? N’est-ce pas affligeant, dans une telle période ?
      La forme a été parfois affligeante, mais pas la controverse elle-même. Ce qui donne le caractère polémique à cette discussion, c’est le sentiment de vivre une #tragédie_collective dans laquelle tout #désaccord prend une dimension énorme. Mais, en temps normal, c’est le lot commun du travail médical. Pour des #pathologies_émergentes et même pour des pathologies déjà connues, il faut des années d’essais cliniques et de traitement pour obtenir un #consensus. Regardez les médicaments contre le cholestérol, qui font l’objet d’une controverse très vive depuis plusieurs années. Ce n’est pas parce qu’on est en période d’état d’urgence sanitaire qu’il faudrait fermer la porte aux discussions contradictoires, aux critiques. Surtout pas. Nous avons besoin de cette pluralité d’avis. Cela étant dit, la façon dont #Didier_Raoult a présenté la chloroquine comme un médicament miracle appartient plus à un prophète qu’à un spécialiste de santé.

      Il n’y aura pas de médicament miracle pour le Covid-19 ?
      Non, pas plus qu’il n’y en a eu pour les autres infections. Cela me rappelle l’annonce faite en 1985 par le professeur #Andrieux, accompagné de la ministre de la Santé d’alors, #Georgina_Dufoix, donnant la #cyclosporine comme le médicament qui allait tout changer à partir d’un essai sur quelques cas. Pour ce qui est de la chloroquine, ses effets antiviraux et antibactériens sont bien connus, mais l’essai de Marseille n’a rien de concluant, contrairement à ce qu’en disent certains, y compris des politiques qui se croient autorisés à avoir un avis sur cette question totalement technique. C’est une ressource possible, il faut la tester. Le bon côté de cette controverse, c’est que la chloroquine va être jointe aux nombreux essais cliniques en cours. Mais il ne faut pas créer de #faux_espoirs. Didier Raoult a un passé de chercheur sérieux, mais son personnage de génie autoproclamé n’incite pas à la confiance. Quant à la validité de son essai, elle a été très précisément analysée.

      Parmi les multiples réflexions suscitées par l’épidémie, il y a cette idée que la nature malmenée par la #mondialisation serait en train de se venger avec ces différents virus venus du monde animal. Qu’en pensez-vous ?
      Le point commun du Covid, du Sras, du Mers et d’Ebola est que ces maladies sont le fruit d’un passage de la #barrière_virale_d'espèces entre les #animaux et les hommes. L’extension des certaines mégapoles entraîne une interpénétration entre #ville et #forêts : c’est le cas d’Ebola, qui trouve son origine dans la présence des #chauves-souris en ville et qui mangeaient par des humains. Mais ce paramètre, s’il faut avoir à l’esprit, est à manier avec une certaine retenue. Car il s’agit d’une constance dans l’histoire des épidémies : la plupart, à commencer par la #peste, sont liées à ce franchissement. L’homme vit dans la compagnie des animaux depuis le néolithique, notre existence est rendue possible par cette coexistence. Mais la peste avait été importée par la puce du rat qui était disséminé sur les bateaux et les caravanes ; pour le corona, ce sont les #avions qui ont fait ce travail. La spécificité du Covid-19, c’est sa vitesse de #diffusion. Le professeur Sansonnetti, infectiologue et professeur au Collège de France, parle d’une « maladie de l’#anthropocène » : en superposant la carte de l’extension du virus et celle des déplacements aériens, il montre que les deux se recouvrent parfaitement.

      L’enjeu est donc moins la façon dont la #mondialisation malmène la nature, mais dont elle ouvre des avenues à des germes. Faut-il refermer ces avenues ?
      Le propre du vivant, c’est de chercher à répandre ses gènes et le virus obéit à une logique de vie, qui s’inscrit dans une dialectique entre #contagiosité et #mortalité. Il lui faut trouver des #vecteurs - des organismes vivants - qui lui permettent de se répandre. Mais s’il tue trop vite ces vecteurs ou s’il ne trouve pas de nouveaux organismes à contaminer, il arrive à une impasse et meurt. Ce que vise le confinement, c’est à mettre le virus dans une impasse : chacun doit être le cimetière du virus. C’est ici que l’on voit la limite de la méthode : cet isolement total serait notre cimetière à tous, pas seulement celui du virus.
      A quoi cela sert de "gagner du temps" face au coronavirus ?
      #Mutation. Le mot, lorsqu’il est associé au coronavirus, fait peur. Surtout depuis que des chercheurs chinois ont affirmé que le virus avait déjà muté en une variante plus agressive.

      Alors, faut-il redouter ses prochaines transformations ?
      #Luc_Perino, médecin diplômé d’épidémiologie et auteur du livre "Patients zéro" (La Découverte), explique qu’un virus mute en permanence... et pas nécessairement d’une manière défavorable à l’être humain. "Dans la majorité des épidémies, le virus évolue vers moins de #virulence, et vers plus de #diffusion." C’est-à-dire qu’il tend à se propager plus vite... mais en devenant moins mortel.

      https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200327.OBS26690/rony-brauman-repond-a-macron-la-metaphore-de-la-guerre-sert-a-disqualifie
      #solidarité #individualisme #autoritarisme #mensonge #mensonges #épidémiologie

  • Nous n’avons pas besoin d’autorisation pour lutter pour la vie
    Les femmes zapatistes s’unissent à la grève nationale du 9 mars

    https://lavoiedujaguar.net/Nous-n-avons-pas-besoin-d-autorisation-pour-lutter-pour-la-vie-Les-f

    Armée zapatiste de libération nationale. Mexique.

    Aux femmes qui luttent au Mexique et dans le monde,
    De la part des femmes indigènes zapatistes de l’EZLN.

    Compañera et sœur,

    Nous te saluons au nom des femmes indigènes zapatistes de tous âges, aussi bien les plus petites que les plus sages, en âge. Nous espérons que tu vas bien et que tu luttes en compagnie de tes familles, sœurs et compañeras.

    Nous avons beaucoup de problèmes ici à cause des paramilitaires qui maintenant sont du côté de Morena, et qui avant étaient du PRI, du PAN, du PRD et du Parti des verts écologistes.

    Mais ce n’est pas de cela que nous voulons parler, mais de quelque chose de plus urgent et de plus important : des grandes violences commises à l’encontre des femmes dont on voit qu’elles ne cessent pas, mais au contraire qu’elles augmentent ainsi que la cruauté. Les assassinats et disparitions de femmes sont déjà une folie qu’on ne pouvait pas imaginer avant. Aucune femme, de n’importe quel âge, classe sociale, militantisme politique, couleur, race ou croyance religieuse n’est en sécurité. (...)

    #Mexique #EZLN #femmes #violence #assassinats #disparitions #8_mars #mobilisation #organisation #grève #patriarcat #capitalisme #gouvernement

  • #Gretel_Morales : Les Mexicaines appellent à une grève nationale le 9 mars après une série de féminicides extrêmement violents.
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/24/des-mexicaines-appellent-a-une-greve-nationale-apres-une-serie-de

    Des militantes féministes, des utilisatrices de réseaux sociaux et des Mexicaines en général appellent à une grève nationale le 9 mars, au lendemain de la Journée internationale des luttes de femmes, commémorée le 8 mars.

    Le 9 mars, les Mexicaines se proposent de ne pas se présenter au travail, de ne pas aller à l’école, de ne pas y emmener leurs filles et de ne rien acheter. Elles invitent également les hommes à agir en alliés et à appuyer les femmes cette journée-là.

    Leur objectif est de rendre visible le rôle des femmes dans la société mexicaine et de poser un geste radical contre le féminicide, la misogynie et l’inégalité.

    La Journée internationale des luttes de femmes est endossée par les Nations Unies depuis 1975, mais le mouvement féministe la célèbre depuis le début des années 1900. Cette date a été établie dans un effort de promotion des droits des femmes, en particulier le droit de vote.

    Cette date constitue maintenant une opportunité importante de promotion des enjeux et de droits des femmes, particulièrement dans les pays émergents comme le Mexique.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.eluniversal.com.mx/english/mexican-women-call-national-strike-after-series-brutal-femicides
    #violences_masculines #Mexique #mobilisations_féministes

  • Chili, la crise sociale est aussi environnementale - Noria
    https://www.noria-research.com/fr/chili-la-crise-sociale

    Les habitants de la commune de #Til_Til au #Chili vivent au milieu d’#exploitations_industrielles hautement polluantes : #déchets_toxiques, #sécheresse, poussières, #pollution de l’#eau. Cette situation n’est pas un cas isolé, elle est symptomatique d’un modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles mis en œuvre pendant la #dictature et consolidé lors du retour du pays à la démocratie. Cette enquête explore l’impact environnemental et social de ces orientations économiques et de ces choix de #développement. A travers l’expérience des habitants de Til Til l’enquête rend compte des difficultés de se mobiliser et de mener des actions en #justice dans un contexte où l’#injustice_environnementale s’articule avec une #crise_sociale. Cette analyse propose ainsi un éclairage pour appréhender les récentes #mobilisations sociales au Chili.

  • Désinformation, mode d’emploi : le cas du #fret #ferroviaire dans Le Monde - #Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Desinformation-mode-d-emploi-le-cas-du-fret

    Le 8 janvier 2020, le journal Le Monde publie un article sur les difficultés économiques du #fret_ferroviaire en France. Une situation qui mérite en effet d’être documentée. Comment ? Voilà où le bât blesse ! Pour éclairer les lecteurs et lectrices, le « journal de référence » choisit en effet de désigner un coupable, et incombe la responsabilité première du « marasme » à… la #
    #mobilisation actuelle contre la réforme des #retraites ! Avec un fil rouge : si le fret ferroviaire va si mal, c’est à cause des #grévistes :

    il avait déjà frappé :
    https://www.sud-rail.fr/actualites/c/0/i/35494493/sncf-le-monde-decouvreenfinle-desastrearretsurimages

  • #Rajvi_Desai : Inquilab zindabad !!! À Shaheen Bagh, les femmes musulmanes redéfinissent le travail de soins comme une forme de résistance
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/14/inquilab-zindabad%e2%80%89-a-shaheen-bagh-les-femmes-musulmanes-r

    Dans une rue silencieuse et vide de Delhi, à cheval sur la frontière entre la capitale et sa banlieue de Noida, au-delà de nombreuses barricades de police et dans une foule de petites ruelles sinueuses, se produit un phénomène jamais vu auparavant dans la société indienne. Derrière un mur d’hommes presque impénétrable, des milliers de femmes musulmanes, aussi âgées que 82 ans, sont assises sous une tente de fortune, souvent avec leurs enfants sur les genoux, un œil sur un bambin errant et l’autre vers une scène sur laquelle des militantes lancent des cris de guerre appelant à une révolution imminente. Elles sont assises en signe de protestation, la plupart sept jours par semaine, 24 heures sur 24, parce que le gouvernement dirigé par le Bharatiya Janata Party (Parti indien du peuple) les oblige à dormir dans la rue, disent-elles ; parce que c’est leur dernier recours, déplorent-elles ; parce que leurs enfants ont besoin d’elles et parce qu’elles préféreraient mourir plutôt que d’être ailleurs, proclament-elles. Voilà la réalité du quartier Shaheen Bagh.

    Tout a commencé le 15 décembre 2019, lorsque la police de Delhi a fait irruption dans l’université Jamia Millia Islamia de Delhi et a brutalement agressé les étudiantes et étudiants musulmans qui protestaient pacifiquement contre deux nouvelles initiatives gouvernementales, le Registre national des citoyens (RNC) et la Loi modifiant la Loi sur la citoyenneté (CAA).

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://theswaddle.com/in-shaheen-bagh-muslim-women-redefine-carework-as-resistance
    #travail_du_care #mobilisations_féministes #Inde

  • #Centre_de_traitement_des_déchets d’#Ivry occupé

    A 7h30 ce matin (15.01.2020), 200 personnes ont forcé l’entrée de la #Tiru d’#Ivry_sur_Seine (centre de traitement des déchets près du périph quai d’Ivry).

    Ce #blocage a été coordonné par les CGT #égoutiers de Paris et Energie ainsi que l’UD 94 et les grévistes de l’AG interpro (enseignants/territoriaux) d’Ivry.

    Comme l’information de l’#action avait fuité, nous étions attendus : 2 camionnettes et une dizaines de flics. Il ne s’attendaient peut-être pas à notre nombre et peut-être pas non plus à ce qu’on rentre.
    Plusieurs poussées : une pour rentrer, une autre pour faire sortir les flics et une dernière pour fermer la porte derrière eux.

    On déplore 2 copines blessées : une aux côtes, l’autre à une jambe.

    Les portes ont été cadenassées puis soudées. Reste une entrée par un portillon qu’il va donc falloir surveiller.

    À 11h, on a tenu une Ag pour lancer l’organisation du blocage 24/24.

    Historiquement, le site a déjà été bloqué 23 jours en 2010 et 21 jours en 2016 (pendant Nuit Debout). Les agents du site sont en grève.

    Ce site de #traitement_des_déchets produits un peu d’électricité mais surtout des vapeurs pour le #chauffage urbain parisien. On ajoute à ça que les bennes sont pleines et ne peuvent plus déposer les #ordures sur le site. Pour le moment les camions sont détournés vers un site #Derichebourg à #Vitry_sur_Seine dont la capacité de stockage n’excède pas 2 jours.

    Autour de #Paris il y a 3 Tiru de cette taille : #Saint_Ouen (occupée), Ivry (occupée), et #Romainville. Ainsi qu’un petit centre à #Issy_les_Moulineaux.
    Bien sûr un appel à participer au blocage ou soutenir celuici. Les actions possibles vont de la simple visite de soutien au #campement pour la nuit en passant par diverses tâches logistiques.

    Reçu via une mailing-list militante, le 15.01.2020

    #grève #action #mobilisation #résistance #déchets

    • Commentaire reçu par la même mailing-list :

      Cette opération est un franc succès pour l’instant, grâce à une organisation très efficace. Un grand bravo déjà pour ça.

      Le plein de victuailles a été fait, il est servi sur palette...

      Des étudiants géniaux de l’ENS ont préparé un énorme couscous sous leur tente. Ils sont incroyables.

      On passe du rock, du rap du reggae ou de la fusion... à l’image de cette convergence là dans le froid.
      Sous les lumières métalliques on entend les cheminots et l’énergie débattre avec l’éducation.
      Et puis là-bas il y a la RATP qui tape la balle avec qques autres. A côté, cet hospitalier qui se frotte les yeux près du feu.
      Il y a la culture d’Ivry, les copines de Vitry, les fidèles du petit-matin... toutes celles et tous ceux qu’on ne connaissait pas il y a un mois et à qui l’on dit, tous les jours, « à tout à l’heure ! » ou « à demain ! ».

      Ça ressemble à ma définition de société.

  • Mobilisation et fête sur la ZAD
    pour les deux ans de la fin du projet d’aéroport
    et pour les luttes victorieuses ou en cours
    Le 17 janvier, c’est toujours férié !

    https://lavoiedujaguar.net/Mobilisation-et-fete-sur-la-ZAD-pour-les-deux-ans-de-la-fin-du-proje

    Le vendredi 17 janvier 2020, cela fera deux ans qu’il n’y a plus d’aéroport qui plane au-dessus de la ZAD ! Il n’est pas question pour nous d’oublier que cette victoire partielle ne nous a pas été donnée par un gouvernement conciliant mais que nous avons dû lui arracher par des décennies de luttes créatives, abrasives et acharnées… Pas plus que nous oublierons la violence de la vengeance d’État à laquelle nous avons dû nous confronter quelques mois après. Pourtant, après avoir ravivé la possibilité de mettre en déroute certains des aménagements qui ruinent ce monde, nous œuvrons toujours ici à y substituer dans la durée un territoire foisonnant et solidaire.

    Tant que ce pari restera vivant parmi nous, tant que d’autres continueront ailleurs à renverser la logique du désastre, le 17 janvier devra rester jour de fête et jour férié.

    En ce qui concerne la ZAD, le 17 janvier sera le moment de célébrer les avancées les plus récentes du mouvement (...)

    #Notre-Dame-des-Landes #ZAD #17_janvier #mobilisation #anniversaire #banquet #fest-noz

  • #Mary_Harrington : Les Sud-Coréennes font la grève – et qui peut le leur reprocher ?
    https://tradfem.wordpress.com/2019/12/10/les-sud-coreennes-font-la-greve-et-qui-peut-le-leur-reprocher

    Le South China Morning Post signale qu’en Corée du Sud, un mouvement de plus en plus populaire, celui des « Quatre Non », encourage les femmes à dire « Non » aux fréquentations, au sexe, au mariage et à l’éducation des enfants. Les épouses sud-coréennes, précise l’article, « sont souvent censées travailler, élever des enfants et s’occuper des beaux-parents vieillissants avec peu d’aide de l’État ou de la communauté. »
    Pour empirer les choses, une culture dominante de la beauté exerce de fortes pressions sur les femmes pour qu’elles adhèrent à des normes d’élégance et de comportement très rigoureuses. Elles doivent être « passives, enfantines et pétillantes », ainsi qu’attrayantes, pour être désirées. Les mouvement des « Quatre Non » et une autre mobilisation intitulée « Échapper au corset » protestent contre ces contraintes et contre une épidémie croissante d’images tournées par des caméras cachées dans des lieux d’aisance et de pornographie rancunière (revenge porn) diffusée par des ex-partenaires.
    L’article indique que le mouvement des « Quatre Nons », s’il gagne du terrain, aggravera une crise démographique déjà sévère : malgré une série croissante de mesures natalistes, le taux de fécondité de la Corée du Sud est déjà de 0,98 enfant par famille, bien en dessous des 2,1 nécessaires pour maintenir une population stable.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://unherd.com/author/mary-harrington
    #mobilisations_féministes #Corée_du_sud

  • DERNIÈRE HEURE : Sept manifestantes arrêtées hier en Turquie risquent deux ans de prison pour avoir chanté l’hymne « Un violeur sur votre chemin »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/12/10/derniere-heure-sept-manifestantes-arretees-hier-en-turquie-risque

    Le parquet turc a accusé sept féministes arrêtées hier d’avoir « offensé l’Etat » après avoir chanté lors d’une manifestation à Istanbul l’hymne contre les violences faites aux femmes, « Un violeur sur votre chemin », comme l’ont confirmé lundi des membres du groupe organisateur.

    La police a dispersé hier une manifestation au cours de laquelle quelque 300 femmes ont interprété la chanson du groupe chilien Lastesis en turc et en espagnol, qui est devenu populaire ces derniers jours comme protestation contre la violence sexiste dans de nombreux pays du monde, du Pérou jusqu’en Inde.

    Sept militantes ont été arrêtées et, comme l’a confirmé leur avocat, Tuba Torun, au journal numérique Bianet, ont été accusées d’avoir violé la loi sur les manifestations, pour « insulte au président » et en application de l’article 301 du Code pénal.

    Cet article sanctionne par des peines allant de six mois à deux ans de prison « l’infraction publique contre la nation turque, l’Etat, le Parlement, le gouvernement et les organes judiciaires ».

    #Turquie #justice_patriarcale #mobilisation_féministe

  • #Meghan_Murphy – « L’idéologie trans est une menace pour la condition féminine »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/12/09/meghan-murphy-lideologie-trans-est-une-menace-pour-la-condition-f

    Le samedi 2 novembre, quelques dizaines de manifestant-e-s se sont rassemblés devant l’hôtel Pan Pacific à Vancouver en scandant le slogan « No TERFS, No KKK, No fascists ». Une jeune femme blanche tenait une pancarte où l’on pouvait lire : « Le féminisme blanc, c’est de la merde ! » Une autre femme, tout aussi blanche, brandissait une guillotine en carton décorée des mots : « Amenez-vous, les TERFs ! » Cette courageuse jeune personne portait un masque de ski pour la protéger de toute responsabilité. Les personnes menacées, bien sûr, ne disposent pas du même privilège.

    On pourrait présumer que ces Vancouverois-es rageurs protestaient contre une sorte de nazis ou de suprématistes blancs qui auraient menacé d’exterminer des populations entières. Mais non, ces bonnes gens étaient sorties un samedi soir avec leurs mégaphones et des sirènes assourdissantes, pour scander : « Hey, hey, ho, ho, dehors la racaille nazie ! », parce que 300 personnes étaient à l’intérieur pour entendre un panel discuter des préjugés médiatiques dans le débat sur l’identité sexuelle. À dire vrai, je dois le préciser c’est moi, l’une des oratrices invitées, qui était le principal objet de leur furie, car je continue d’oser insister sur le fait que les femmes sont des femmes et que nos droits ont de l’importance.

    Le problème tenait aussi au fait que nous discutions de l’identité de genre de façon critique plutôt que festive : une conversation que la gauche a décrétée réglée et intouchable. Il vous faut répéter ad nauseam le mantra « Les transfemmes sont des femmes » et, lorsqu’on vous demande « Qu’est-ce qu’une femme ? » ou « Comment passe-t-on du statut d’homme à celui de femme ? », soit vous répondez en hurlant au « nazisme ! », soit vous êtes un vecteur de haine blasphématoire qui ne mérite rien de moins que le mur des tortures (NDT : référence au roman « La Servante écarlate »).

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.spiked-online.com/2019/12/06/the-trans-ideology-is-a-threat-to-womanhood
    #identité_de_genre #féminisme #mobilisation_réactionnaire #transgenre

  • #Climat : les États s’éloignent toujours plus de leurs promesses
    https://reporterre.net/Climat-les-Etats-s-eloignent-toujours-plus-de-leurs-promesses

    Les émissions de gaz à #effet_de_serre divergent des engagements pris dans l’Accord de Paris : c’est l’alarme tirée par le rapport ’Emission Gap Report’ de l’#ONU, publié ce mardi 26 novembre. Les scientifiques préconisent un infléchissement « radical » et « immédiat » de cette tendance pour éviter un réchauffement insupportable.

    [...]

    Le rapport entrevoit une lueur d’espoir pour faire pression sur les gouvernements : la #mobilisation_citoyenne grandissante. « La mobilisation sociale et la compréhension des défis climatiques ont profondément changé en peu de temps, dit Anne Olhoff. Et ça tombe bien : nous devons faire plus et plus vite qu’il y a dix ans. Pour que les gouvernements initient des transitions, ils doivent avoir la population derrière eux. »

  • Le 5 décembre, une #mobilisation sociale mais aussi écologique !
    http://carfree.fr/index.php/2019/11/27/le-5-decembre-une-mobilisation-sociale-mais-aussi-ecologique

    Le jeudi 5 décembre s’annonce d’ores et déjà comme un moment clef pour faire barrage à l’offensive du gouvernement contre le modèle social en vigueur depuis 1945. Une mobilisation d’ampleur Lire la suite...

    #Destruction_de_la_planète #bayonne #écologie #manifestation #société

  • #Debbie_Cameron : Nous devons parler du viol.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/11/26/debbie-cameron-nous-devons-parler-du-viol

    Par exemple, les enseignants qui avaient abusé de leur position d’autorité ont été très souvent considérés “comme ayant eu des relations sexuelles” avec les élèves adolescentes qu’ils avaient sollicitées ; parfois on disait qu’ils avaient eu “une liaison” ou “une aventure”. Le langage, en d’autres termes, était issu du registre généralement utilisé pour parler de sexe ou de relation amoureuse entre deux adultes consentants – même quand le professeur était un prédateur en série, agressant des élèves n’ayant pas plus de 13 ans, et cela même dans des articles après qu’il ait été condamné.

    Pourquoi les comptes-rendus des cas concernant des enfants sont-il si frileux quant à l’usage des termes “viol”, “agression” ou “abus” ? Je me suis alors vraiment demandée si ce n’était pas parce qu’il s’agissait vraiment d’accusations de viol dans la plupart de ces cas (les atteintes contre les mineur.es sont désignées différemment, par exemple comme “relations sexuelles avec enfant”). Mais à la réflexion j’ai conclu que l’accusation n’était pas l’enjeu : l’évitement était plus en rapport avec deux autres facteurs.

    L’un d’eux est la réticence à utiliser des mots impliquant la violence dans des cas où l’agresseur a usé de manipulation psychologique et affective plutôt qu’à de force ou de menaces. C’est ainsi que beaucoup d’agresseurs d’enfants opèrent. Dans une émission télévisée récente au cours de laquelle j’ai entendu parler du cas de Larry Nassar, entraineur sportif qui a abusé des centaines de filles pendant une vingtaine d’années, la journaliste Lindsey Smith (qui avec sa collègue Kate Wells a fait un reportage pour la radio publique du Michigan, et a poursuivi avec des récits des survivantes, dans le podcast primé “Believed” [“On vous croit”]), a expliqué que les raisons principales de l’impunité prolongée de Nassar était sa capacité a gagner la confiance à la fois de ses victimes, de leurs parents et de leurs entraineurs.

    Traduction : Annick B. (et Yeun L-Y) de Tradfem
    Version originale : https://debuk.wordpress.com/2019/10/25/we-need-to-talk-about-rape
    #viol #violences_masculines #pédophile #justice #mobilisations_féministes

  • Contre les violences, une vague féministe pour « agir ensemble »

    Samedi 23 novembre une grande #mobilisation_féministe s’est tenue dans plusieurs villes françaises. A Paris, elle a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le collectif #Nous_Toutes, à l’origine de l’appel, a tenu à organiser cette #marche de manière à ce qu’elle soit la plus inclusive possible.

    100 000 personnes à Paris selon Nous toutes, l’une des associations organisatrices de la manifestation, 49 000 selon le comptage du cabinet indépendant Occurrence. Si les chiffres divergent, le constat est le même : la marche « Nous Toutes » contre les violences faites aux femmes a réussi son pari. Celui d’une marée violette, féministe et inclusive qui a défilé dans les rues à Paris et dans de nombreuses villes comme Lille , Lyon ou Montpellier. Un message fort pour le gouvernement alors que le « #Grenelle » sur les violences ciblant les femmes prend fin demain, lundi 25 novembre.

    Une marche inclusive pour toutes et tous

    Samedi, 14h, la place de l’Opéra se pare de violet, une couleur devenue en France celle de la lutte contre les féminicides. Un cortège accessible a été prévu pour faciliter la participation des personnes à mobilité réduite, ainsi qu’une traduction en langue des signes lors des prises de parole à l’arrivée de la marche, place de la Nation. Un espace non mixte a également été pensé pour que les femmes victimes de violences puissent défiler en toute sérénité. Une équipe de secourisme et un service d’ordre ont également assuré la sécurité de la marche, formés par Nous Toutes.

    Grâce à une large campagne de dons, le collectif a assuré le financement de plusieurs trajets depuis d’autres villes, loué des transports spécialisés pour les personnes en situation de handicap, et payé des forfaits pour organiser des gardes d’enfants afin que les parents isolés ou précaires puissent rejoindre la marche. Le mot d’ordre de cette manifestation était sans conteste l’inclusivité.

    Un décompte pour faire exister les victimes de féminicides

    Depuis plusieurs années, l’association Nous Toutes travaille à imposer le terme de féminicide dans le débat public. Ses membres soutiennent que les homicides de femmes par leur conjoint ou ancien conjoint sont des faits sociaux structurels et non de simples faits divers. De nombreuses intellectuelles se sont aussi emparées de cette revendication.

    Sur leur page Facebook, elles publient le décompte des victimes de féminicides en interpellant à chaque fois le Président de la République, afin de l’enjoindre à prendre des mesures en conséquence. Dans le cortège, Naomie, 22 ans, fait sa première manifestation. Si elle est présente, c’est parce que « au moins 137 femmes sont mortes victimes de féminicides depuis le début de l’année. On doit dire que ce n’est pas acceptable ».
    « Ce Grenelle contre les violences, c’est une mascarade. »

    Un peu plus loin, des femmes brandissent une pancarte. On y lit : « Des réformes avant qu’on soit mortes ». Leur cible : le « Grenelle » contre les violences faites aux femmes. Lancé il y a plusieurs mois par Marlène Schiappa, la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes. « Ce Grenelle contre les violences est une mascarade » estime une militante avant de donner un exemple, « il ne prend même pas en compte les féminicides en outre-mer ! La Guyane compte, la Guadeloupe compte, la Martinique et tout les autres territoires ! Si on décide d’agir c’est ensemble ou alors pas du tout ! »

    Une des revendications les plus importantes entendue dans les cortèges, c’est le déclenchement d’un plan d’urgence national. Il comprendrait le déblocage de fonds publics d’un montant d’un milliard d’euros. La somme serviraient notamment à financer l’accompagnement de personnes victimes de violences ainsi que la formation des professionnel·les chargé·es de leur venir en aide. Aude est membre des Sorcières de Paris, un club de lecture féministe. Elle considère que « toutes les violences sont liées : certaines femmes restent avec des ordures parce qu’elles ne peuvent pas partir ».

    Une marche sans intervention policière

    Place de la Nation, la marche prend fin. Beaucoup de manifestantes restent rassemblées pour assister à un concert composée uniquement d’artistes féminines, parmi lesquelles Amel Bent et Yael Naim. Près de la scène, Cécile arbore un autocollant « pour jouir il faut dire oui » sur son sac. Elle fait le bilan de l’après-midi : « C’était un moment incroyablement fort, on a pu marcher ensemble, dans le respect et, pour la première fois depuis plusieurs mois, sans gaz, sans agressions policières, sans violences »

    Ce dimanche 24 novembre au soir, une opération d’envergure est prévue pour afficher partout dans les rues de Paris le message « #Nous_voulons_un_milliard ». Une nouvelle action symbolique pour mettre la pression sur le gouvernement, qui doit annoncer ce lundi les mesures qu’il compte mettre en place. Dans un message publié samedi soir sur Twitter, Caroline De Hass, militante féministe et l’une des fondatrice de collectif Nous Toutes, prévient « Lundi, ils ont intérêt à être à la hauteur du côté du gouvernement. Parce que nous, on lâchera rien. »


    https://radioparleur.net/2019/11/24/nous-toutes-feminicide-23-novemre
    #résistance #féminisme #manifestation #mobilisation #France #Paris #violence #violences

  • Kfar Ruman, le chêne du Sud et le sanctuaire révolutionnaire d’octobre : bienvenue dans la diversité
    [Je n’arrive pas à bien traduire le titre : كفررمان سنديانة الجنوب وملجأ ثوار تشرين : أهلاً بالتنوع]
    https://www.legal-agenda.com/article.php?id=6099


    Auteure : Badia Fahs

    La ville de Kafr Rumman, dans le district de Nabatiyeh, a joué un rôle essentiel dans le soulèvement du 17 octobre 2019, en raison de la spécificité politique et culturelle de cette ville unique parmi les villes de la région et de la sensibilisation de ses familles aux affaires politiques à leur courage et à leur expérience des affaires publiques. Depuis le début du soulèvement populaire, la ville a été transformée en un espace de liberté et de sécurité pour tous les habitants de la région, en particulier les habitants de Nabatiyeh, qui ont tiré de son atmosphère beaucoup d’enthousiasme, d’impulsion et d’espoir après avoir été victimes d’actes de violence, de répression et de trahison

    (via Google Trad un peu corrigé)
    L’article présente des éléments d’histoire intéressants sur la culture du tabac, le syndicalisme et la tradition communiste, les rôles des intellectuels formés en URSS et dans le bloc de l’Est. Les éléments sociologiques sur la période, et les oppositions avec les partis chiites dominants Amal, l’adversaire principal, et le Hezbollah, sont beaucoup plus ténus.
    #Liban #gauche @gonzo #protestations #mobilisations

  • Les activistes du #Akkar jouent le rôle de protection du consommateur et de contrôle des prix par Faris Abdullah
    https://www.legal-agenda.com/article.php?id=6103


    Intéressant article sur le visage concret des #mobilisations dans une région très pauvre du #Liban Nord ou les activistes s’efforcent de lutter contre la spéculation des commerçants et de faire respecter la convertibilité livre libanaise - dollar au taux officiel.

  • Pourquoi les #travailleuses_du_sexe chinoises à #Paris se sont-elles mobilisées ?

    Lassées des contrôles de #police, des Chinoises migrantes se prostituant à Paris décident, en 2013, de se faire entendre et s’allier à d’autres travailleuses du sexe. Soutenues par Médecins du Monde, qui mène auprès d’elles un programme de prévention santé depuis 2004 avec le #Lotus_Bus, elles rencontrent policiers et élus et se font connaître du #Strass, le #syndicat du Travail Sexuel.
    Hélène Le Bail, politologue spécialiste des migrations chinoises, a suivi cette mobilisation. Elle revient sur ce qui a déclenché le mouvement, la façon dont il a été perçu et sur ce qu’il a représenté pour ces femmes chinoises qui ne s’étaient jamais mobilisées auparavant.

    http://icmigrations.fr/2019/10/15/defacto-012-02
    #mobilisation #lutte #femmes #femmes_migrantes #France #migrantes_chinoises #Chine #femmes_chinoises

  • En #Bolivie, la colère des indigènes contre la #politique_environnementale d’#Evo_Morales

    Depuis un mois, elle #marche. A l’entrée de Santa Cruz, point d’arrivée de la #marche_indigène contre le président Evo Morales, candidat dimanche à un quatrième mandat, des larmes de colère coulent sur le visage de cette puissante cacique.

    « Je suis inquiète car ce n’est pas possible qu’on laisse sans terre les futures générations. Ce n’est pas juste ! (Evo Morales) dit être un président indigène, mais c’est un dictateur ! », lâche Beatriz Tapanache, 64 ans, grande cacique de la région de la Chiquitania, où elle a à sa charge quelque 80.000 indiens.

    Robe à fleurs brodées et sandales, elle est partie le 16 septembre avec d’autre leaders autochtones de San Ignacio de Velasco (est). En tout, la Xe marche indigène a parcouru plus de 400 kilomètres. Au bord d’une route à deux voies menant à la capitale économique du pays, elle reprend des forces à l’ombre avant d’entamer le dernier tronçon au côté de quelque 300 personnes.

    Les gigantesques #incendies qui ont ravagé en août et septembre une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l’indignation des peuples indigènes qui accusent Evo Morales d’avoir sacrifié la #Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les #terres cultivables.

    Les incendies, qui ont détruit 4,1 millions d’hectares de forêts et de zones herbeuses dans toute la Bolivie, ont également dévasté la #forêt primaire s’étendant sur une centaine d’hectares dans la réserve de #Tucavaca, également dans le département de #Santa_Cruz.

    Les défenseurs de l’environnement reprochent au gouvernement d’avoir approuvé récemment une loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la #déforestation par #brûlis pour des #activités_agricoles. Le pouvoir, lui, avait rejeté la #responsabilité des incendies sur la #sécheresse qui frappe le pays, les #vents violents et des #déboisements illégaux.

    « C’est devenu totalement incontrôlable pour le gouvernement quand des personnes qui ne connaissaient pas la forêt de la Chiquitania ont brûlé des terres. La nation chuiquitana est la plus affectée car elle vit de la forêt. Elle vit de la cueillette des fruits, de la chasse, de la pêche et de ce qu’elle sème », explique Adolfo Chavez, dirigeant indigène de la région amazonienne.

    – « Ni aymara, ni quechua » -

    Adolfo, qui marche en tête de cortège, avait participé aux précédentes marches indigènes. La dernière #mobilisation, la neuvième, avait eu lieu en 2012 contre le projet étatique de route à travers le #Tipnis, un parc naturel d’un million d’hectares, territoire ancestral de 50.000 indiens.

    Cette fois, beaucoup n’ont pas pu faire le déplacement, tant la situation sur place est difficile.

    « Qui va entretenir nos frères durant les six prochains mois ? On ne peut plus rien faire (là-bas). Les maisons ont brûlé, il n’y a plus de palmes, plus de plantes ou de bois pour construire les habitations », se désole-t-il.

    Mais au-delà du nombre, une centaine au départ, puis une poignée au c ?ur de la marche, avant que le groupe de marcheurs ne grossisse à nouveau à l’approche de Santa Cruz, c’est le symbole que cela représente pour celui que l’on désigne comme le « président indigène ».

    Durant cette marche, des indigènes de l’altiplano, les hautes terres, d’où est originaire Evo Morales, sont venus soutenir leurs frères des plaines, les basses terres.

    Juan Jaita Aro, 53 ans, est de ceux-là. Chapeau de paille et poncho traditionnel rouge à rayures, il porte, comme beaucoup d’autres manifestants, une pousse d’arbre dans la main. C’est le #Lapacho ou arbre sacré des incas aux fleurs rosées, appelé #Tajibo en Bolivie et très présent dans la Chiquitania.

    Outre la forêt, « les animaux ont été calcinés et l’#environnement contaminé. C’est pour ça que nous sommes venus soutenir nos frères indigènes des basses terres », explique Juan, originaire du département de Potosi (sud-ouest).

    « Nous n’avons jamais été derrière Evo Morales car nous aussi, dans les hautes terres, on a porté atteinte à nos droits, nous avons été soumis (...) Nous ne le considérons pas comme un indigène, mais comme un #colon_de_coca (de la région) du #Chaparé, car il ne parle pas aymara, ni quechua », lance-t-il.

    https://www.courrierinternational.com/depeche/en-bolivie-la-colere-des-indigenes-contre-la-politique-enviro
    #Morales #peuples_autochtones #résistance #coca

    ping @odilon

    • Les « gentils indigènes » comme on les aime bien en Europe (ou dans les quartiers huppés de La Paz ou Santa Cruz)... pas anticapitalistes, font garde-champêtre (à condition d’obtenir des crédits carbone), si possible ont des plumes sur la tête.

  • The Conversation | Contrairement aux idées reçues, l’accueil des réfugiés a suscité un élan citoyen en Europe
    https://asile.ch/2019/10/14/the-conversation

    Dans cet article, The Conversation, démontre que l’accueil des réfugiés a suscité un élan citoyen en Europe, et ce, contrairement aux idées reçues et que des actions collectives spontanées initiées par des volontaires non-politisés peuvent aboutir à des actions ayant un impact sur les structures politiques et les opinions publiques. Dans son ouvrage à paraitre, […]

  • #Visibilité et #invisibilité de la #pollution des #sols dans les territoires (post)industriels : de nouvelles perspectives sur la #résilience et la #justice_environnementale ?

    « Make the valley green again » : la gestion des #sols_pollués au cœur de la #réhabilitation de la basse vallée de #Swansea (#Pays_de_Galles) [Texte intégral]
    « Make the valley green again » : soil pollution management in the reclamation process of the lower Swansea Valley (Wales)
    Cécile Ferrieux et Robin Le Noan

    –----
    Regard géo-historique sur la difficile transformation des #friches_industrielles de la vallée de la #Fensch : l’exemple de la #reconversion en cours du site de l’#usine_sidérurgique intégrée #SMK (1897-2018) [Texte intégral]
    A geohistorical look at the difficult transformation of industrial wastelands in the Fensch Valley : the example of the ongoing conversion of the SMK integrated steel plant (1897-2018)
    Eric Marochini

    #sidérurgie

    –---

    Du trouble privé au problème public ou… l’inverse ? #Mobilisation locale autour d’un #site_industriel pollué [Texte intégral]
    From private concerns to a public issue or… is it the reverse ?
    Maurice Olive

    –-----
    Controverse autour des #stériles_uranifères : de la mise à l’agenda d’un problème public à la remise en cause de l’#expertise [Texte intégral]
    Etude comparative de deux anciens sites miniers : #La_Commanderie (#Vendée/#Deux-Sèvres) et #Pen_Ar_Ran (#Loire-Atlantique)
    Controversy around uranium waste : from putting a public problem on the agenda to challenging expertise. Comparative study of two former uranium mines : La Commanderie (Vendée/Deux-Sèvres) and Pen ar Ran (Loire-Atlantique)
    Saliha Hadna

    #mines

    –-------
    Le laboratoire cévenol de l’après-mine. Une coextensivité des causes et des responsabilités minières, environnementales et sanitaires [Texte intégral]
    The Cevennes laboratory of the post-mine. A coextensivity of mining, environmental and sanitary causes and responsibilities
    Béatrice Mésini

    –--------

    L’#économie_circulaire : cercle vertueux ou cercle vicieux ? Le cas de l’utilisation de terres maraîchères pour aménager des espaces verts urbains [Texte intégral]
    The circular economy : vicious or virtuous circle ? The case of vegetable gardens used to develop green spaces
    Clément Gitton, Yoann Verger, Florence Brondeau, Ronald Charvet, François Nold, Philippe Branchu, Francis Douay, Isabelle Lamy, Christian Mougin, Caroline Petit et Elisabeth Rémy

    –-----

    La strate du sol d’une mégapole : observations localisées sur l’Anthropocène [Texte intégral]
    Les couches issues des périodes préindustrielle et industrielle à #Paris
    A megacity soil’s layer : localised observations about the AnthropoceneThe strata from preindustrial and industrial eras in Paris
    Mathieu Fernandez

    https://journals.openedition.org/geocarrefour/11289
    #revue #in/visibilité #sols

  • #Martin_Dufresne et #Suzanne_Dufresne : « CASSE-TOI, CASSANDRE! »
    http://tradfem.wordpress.com/2019/10/02/casse-toi-cassandre

    Une jeune dramaturge canadienne, Elena Belyea, a récemment signé et interprété une pièce en un acte qui traite d’une foule de sujets d’actualité : la généralisation d’une violence masculine à l’égard des femmes et enfants, la dégénérescence d’une société où des enfants doivent être prêtes à défendre leur vie à l’école, le sentiment d’impuissance, l’hostilité du pouvoir à l’égard des lanceuses d’alerte qui refusent ces situations, et les émotions qui en résultent.

    Deux d’entre nous avons vu cette pièce à Montréal, au moment d’une immense manifestation guidée par la jeune féministe suédoise Greta Thunberg, et nous avons rédigé cette recension à quatre-z-yeux, avant que la poussière ne retombe.

    #Greta_Thunberg #mobilisation #urgence_climatique

  • #Lubrizol : #Rouen s’organise face à la gestion de #crise

    Après l’explosion de l’usine Lubrizol à Rouen, les habitants se mobilisent. Mardi 1er octobre, près de 2000 personnes sont venues demander des réponses à la préfecture de Seine-Maritime. Une mission d’#information_parlementaire a été ouverte, et le gouvernement tente de rassurer après une communication catastrophique.

    À Rouen, l’#air pollué noue encore la gorge, près d’une semaine après l’explosion de l’usine Lubrizol. Le 26 septembre dernier, aux alentours de 2h40, ce site classé Seveso est parti en fumée. Depuis, les habitant.e.s subissent #nausées, #malaises et #vomissements. « Je trouve totalement irresponsable que les services publics et les entreprises aient maintenu l’obligation de se rendre au travail vendredi matin sachant que la situation n’était pas stabilisée, » déplore Raphaëlle Crémèche, membre du personnel de l’Université. « Un collègue avait ordre vendredi matin de ventiler les bâtiments alors que l’air à l’extérieur était probablement plus toxique que l’air à l’intérieur. »

    Pour beaucoup de Rouennais・e・s, les informations et consignes parfois contradictoires des autorités ont alimenté leurs inquiétudes. Face au sentiment d’isolement, les habitant.e.s se sont rassemblé.e.s sur un groupe Facebook baptisé « #collectif_Lubrizol ». Fort d’au moins 13.000 membres, il permet aux membres d’échanger leurs craintes et de partager une #pétition pour demander une #enquête_sanitaire et environnementale. Elle atteint déjà 85.000 signatures.

    Ce groupe a également appelé à une #manifestation mardi 1er octobre, pour interpeller directement la préfecture. « Est-ce qu’ils vont arriver à éteindre le feu ? Est-ce qu’il ne va pas y avoir une nouvelle explosion ? On s’inquiète pour nos enfants, on se demande s’il ne vaut pas mieux les évacuer. C’est ce que j’ai d’ailleurs fait, » explique Magalie, une habitante du quartier de la Préfecture venue manifester.

    Une usine trop proche du centre-ville

    L’usine Lubrizol fabrique depuis 1954 des additifs pour enrichir les huiles des carburants et des peintures industrielles. À un jet de pierre du centre de la capitale normande, sa présence était déjà menaçante. « Il faut bien se poser la question de la présence de ces usines dans le territoire urbain. Il serait grand temps qu’on réfléchisse à une transition, » explique Raphaëlle Crémèche. « Pour les mettre où, dans les pays du Sud ? Ce n’est pas une solution, » rétorque Guillaume Fresnel, directeur adjoint à l’environnement de la métropole.

    « Il n’y a qu’un seul responsable, et c’est l’entreprise »

    Sitôt la catastrophe advenue, la #justice a été rapidement saisie. Des conducteurs de bus ont porté plainte pour mise en danger d’autrui. Des associations écologistes pour #atteinte_à_l’environnement. La direction de Lubrizol elle-même a porté plainte dès le lendemain de la catastrophe pour « destruction involontaire par explosion ou incendie volontaire de biens. » Se faire passer pour une victime ? Une attitude critiquée par le Premier ministre Edouard Philippe dans un discours face aux sénateurs mercredi 2 octobre : « il n’y a qu’un seul responsable, et c’est l’entreprise. »

    Des conséquences sur l’#agriculture

    Samedi 28 septembre, la préfecture publiait les résultats d’un « état habituel de la qualité de l’air » rassurant. Le même jour, elle prenait un arrêté de restrictions de récoltes pour 112 communes. Depuis, des restrictions sur le marché des produits alimentaires d’origine animales et végétales ont également été décrétées par quatre des cinq préfectures des Hauts-de-France, portant à 204 le nombre de communes concernées.

    Le #nuage ne s’est pas arrêté aux frontières de la Normandie et a été observé jusqu’aux Pays-Bas. Au moins 1800 éleveurs auraient été touchés par les suies, selon le ministre de l’agriculture, qui promet de les indemniser sous dix jours.

    https://radioparleur.net/2019/10/02/rouen-mobilisation-lubrizol
    #mobilisation #habitants #pollution #responsabilité