• Maltraitances dans un institut pour enfants sourds : les tutelles regardent ailleurs - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050421/maltraitances-dans-un-institut-pour-enfants-sourds-les-tutelles-regardent-

    #Violences verbales, physiques et psychologiques, #tentatives_de_suicide et de #fugue : à l’Institut public #Gustave-Baguer, qui accueille des #enfants #sourds et #handicapés, les incidents se multiplient depuis l’arrivée d’un nouveau directeur. Alertée depuis plus d’un an, l’agence régionale de santé ne réagit toujours pas.

  • Le modèle #Sciences_Po dans la tourmente avec les #polémiques sur la « #culture_du_viol » et l’« #islamophobie »

    Quelque chose serait-il cassé, dans le monde feutré des #instituts_d'études_politiques (#IEP) ? Depuis la déflagration qui a touché début janvier le vaisseau amiral Sciences Po Paris, entraînant la démission à un mois d’intervalle des deux têtes dirigeantes de l’école le directeur, #Frédéric_Mion, a menti en assurant ne pas connaître les accusations d’#inceste visant le président, #Olivier_Duhamel , pas une semaine ne s’écoule sans que « la maison », composée de dix établissements, ne fasse parler d’elle.

    Dernier épisode en date, lundi 22 mars, le collectif féministe de l’IEP de Lyon Pamplemousse et le syndicat Solidaires-Etudiants ont demandé l’exclusion de la #Ligue_internationale_contre_le_racisme_et_l'antisémitisme (#Licra) d’un partenariat noué par leur école. En cause : les « nombreuses ambiguïtés vis-à-vis de son rapport à l’islamophobie, ainsi qu’à la #laïcité » que la Licra aurait manifestées lors d’un débat dans un lycée de Besançon en décembre, donnant lieu à une requête de parents d’élèves et d’enseignants auprès du recteur. « Nous estimons que la lutte contre l’islamophobie, l’#antisémitisme, la #négrophobie ou toute autre forme de #racisme doit être une priorité et qu’à ce titre, les institutions comme Sciences Po Lyon doivent s’entourer de collectifs et associations dont le travail se montre à la hauteur de la lutte. La Licra n’en fait pas partie », soutiennent ces étudiants dans leur communiqué.

    Le 18 mars, à Strasbourg cette fois, le syndicat étudiant UNI a pris à partie la direction de l’IEP qui aurait, selon le syndicat, interdit d’attribuer « #Samuel_Paty » comme nom de promotion, au motif qu’il fallait alterner chaque année entre un homme et une femme. « Ce procédé est révélateur de ce qui se passe à #Sciences_Po_Strasbourg depuis des années. L’#idéologie et les #militants d’#extrême_gauche font la loi et n’hésitent plus à fouler du pied la mémoire d’un martyr de la liberté », affirme François Blumenroeder, président de l’UNI Strasbourg.

    Ces épisodes font suite à deux autres événements à très haute tension : la vague #sciencesporcs, lancée le 7 février par une ancienne élève de l’IEP de Toulouse, la blogueuse féministe #Anna_Toumazoff, pour dénoncer « la culture du viol » dont se rendraient « complices » les directions des IEP en ne sanctionnant pas systématiquement les auteurs de #violences_sexistes et sexuelles. Enfin, le 4 mars, le placardage des noms de deux professeurs d’allemand et de science politique sur les murs de l’IEP de Grenoble, accusés de « fascisme » et d’ « islamophobie », après avoir signifié, avec véhémence parfois, leur opposition à une collègue sociologue sur la notion d’islamophobie. Le syndicat étudiant US a appelé à suspendre un cours d’un de ces enseignants dans le cas où son appel à témoignages lancé sur Facebook permettrait d’établir le caractère islamophobe de certains contenus.

    Cette escalade subite de #tensions s’enracine dans la communauté des étudiants de Sciences Po, lauréats d’un concours aussi sélectif que prestigieux. L’attractivité des instituts, fondés entre 1945 et 1956 puis en 1991 pour les deux derniers (Lille et Rennes), ne s’est jamais démentie et atteint même des sommets depuis leur entrée sur la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur Parcoursup en 2020. « Tout ce qui nous est tombé sur la figure depuis janvier a eu pour conséquence 54 % d’augmentation du nombre de candidats », ironise Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille, à propos du concours commun des sept instituts de région qui attire cette année 17 000 candidats pour un total de 1 150 places. Hors concours commun, Sciences Po Bordeaux enregistre aussi une poussée sur deux ans, passant de 2 800 à 6 000 candidatures pour 275 places, quand Paris en comptabilise 19 000 pour 1 500 places, en hausse de 50 % sur un an.

    Evolution de la #politisation

    Ces histoires révèlent surtout que la politisation des étudiants, constante, voit ses formes et expressions considérablement évo luer, les IEP se faisant le miroir de la société. « Je vois se former de véritables militants dont les objectifs ont changé. C’est un marqueur générationnel qui n’est pas propre à notre formation », analyse Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP de Strasbourg. C’en est fini ou presque de l’engagement dans les partis ou syndicats traditionnels, note Anthonin Minier, étudiant en première année à Sciences Po Paris et représentant des écologistes. « Je pensais arriver dans une école où tout le monde serait encarté ! En fait, il y en a 5 % au plus qui se disent proches d’un parti », rapporte-t-il. Les #discriminations sociales, et plus encore sexuelles et raciales, focalisent l’attention de ceux qui bénéficient la plupart du temps d’enseignements sur les études de genre et sur l’#intersectionnalité, ce qui place les IEP parmi les suspects de militantisme « islamo-gauchiste » dont la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, cherche à établir une liste. « Les IEP ne sont plus des boys’clubs et #Parcoursup n’a fait qu’accentuer le changement, avec des promotions composées à 70 % ou 75 % de filles, relève Vincent Tiberj, professeur à Sciences Po Bordeaux. Le #genre est désormais quelque chose d’important et nos instituts tels qu’ils fonctionnent n’ont peut-être pas bougé assez vite face à des étudiantes qui intègrent complètement ces problématiques. #sciencesporcs raconte aussi cela. » « Le type de débat en classe est différent d’il y a quelques années, et il faut se battre contre des habitudes qui ont été développées par les réseaux sociaux, mais cela ne touche vraiment pas que Sciences Po », relativise Anne Boring, qui dirige la chaire pour l’entrepreneuriat des femmes à Sciences Po Paris.

    L’#année_à_l'étranger, obligatoire depuis le début des années 2000, explique en partie ces nouveaux comportements, note Francis Vérillaud qui a dirigé pendant vingt-cinq ans les relations internationales de l’institut parisien. « Sciences Po est challengé depuis longtemps par ses propres #étudiants parce qu’ils sont très internationalisés. Quand ils rentrent d’un an au Canada, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas ou en Allemagne, où les sujets des violences sexuelles et sexistes sont traités dans les universités, ils viennent avec un apport. Je me souviens de discussions compliquées, car ce n’était pas évident dans la #culture_française. »

    Les IEP ont bien changé depuis leur création, précisément lors du passage de la scolarité de trois à cinq ans pour se conformer aux standards internationaux, à partir de l’an 2000. Les fondamentaux demeurent, autour des cours d’histoire, de sociologie, de science politique et de droit, mais il a fallu revoir les maquettes, notamment en master, là où les étudiants se spécialisent, chaque école proposant des dizaines de voies différentes. « Penser qu’on fait Sciences Po uniquement pour passer le concours de l’Ecole nationale d’administration est une image d’Epinal, relève Yves Déloye, directeur de l’IEP de Bordeaux. Les concours administratifs, qui étaient au coeur de la création des instituts après la guerre, n’attirent qu’un tiers de nos étudiants. Les autres aspirent à des carrières de plus en plus diversifiées en entreprise, dans des ONG, dans l’économie sociale et solidaire. »

    Enseignement passe-temps

    Le profil des enseignants a lui aussi évolué, les instituts cherchant à « s’académiser » en recrutant davantage d’enseignants-chercheurs que de personnalités politiques et économiques vacataires, qui prenaient comme un passe-temps le fait d’enseigner à Sciences Po. « Je me souviens du grand cours d’économie de deuxième année fait par Michel Pébereau [président de la Banque nationale de Paris qui deviendra BNP Paribas], sourit Vincent Tiberj, ex-étudiant de l’IEP parisien. Il distribuait un polycopié qui datait de 1986. Or nous étions en 1993 et entre-temps, il y avait eu la chute du mur de Berlin, mais dans ce monde élitaire classique, le temps était suspendu. » Ce décalage entre l’élite dirigeante et l’apport en temps réel des #recherches en #sciences_sociales fonde l’#incompréhension actuelle autour des accusations d’ « islamo-gauchisme . Les #gender_studies se banalisent, Sciences Po Toulouse ayant même constitué un master dédié tandis que presque tous les autres IEP en font des modules ou des thématiques abordés en cours de sociologie. « Ces questions sont analysées au même titre que d’autres formes de discriminations, ce qui est tout à fait légitime », appuie Jean-Philippe Heurtin, à Strasbourg.

    Le débat est pourtant loin d’être clos parmi les étudiants : « Se présenter en fonction de son sexe, de sa position sociale et de sa couleur est une pratique en vogue dans ce type d’enseignement, ce que je trouve ahurissant, lâche Quentin Coton, étudiant de Sciences Po Paris et membre de l’UNI. Ce sont des questions que les gens ne se posaient même plus dans la société française et qui reviennent à Sciences Po. Elle n’est pas là, la déconnexion de notre école ? » L’objet des débats politiques change, mais le ton reste vif.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/31/polemiques-sur-la-culture-du-viol-l-islamophobie-le-modele-sciences-po-dans-

    Et cette phrase prononcée par un étudiant... au demeurant, évidemment, (certainement) un homme (très probablement) blanc et (probablement) d’origine sociale pas vraiment modeste...

    « Se présenter en fonction de son sexe, de sa position sociale et de sa couleur est une pratique en vogue dans ce type d’enseignement, ce que je trouve ahurissant, lâche Quentin Coton, étudiant de Sciences Po Paris et membre de l’UNI. Ce sont des questions que les gens ne se posaient même plus dans la société française et qui reviennent à Sciences Po. Elle n’est pas là, la déconnexion de notre école ? ».

    #déni

    Ajouté à ce fil de discussion sur les événements qui ont eu lieu à #Sciences_Po_Grenoble :
    https://seenthis.net/messages/905509

    ping @karine4 @cede

  • Pékin avertit à nouveau les géants chinois de la tech
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/19/pekin-avertit-a-nouveau-les-geants-chinois-de-la-tech_6073707_3234.html

    Depuis bientôt six mois, l’Etat a multiplié les amendes et les mesures réglementaires contre des plates-formes chinoises de plus en plus puissantes.

    A première vue, c’était presque un rendez-vous de routine : les autorités chinoises avaient convoqué, jeudi 18 mars, les représentants de Tencent, d’Alibaba et de neuf autres entreprises du Web chinois pour les mettre en garde au sujet des « fake news ». Les autorités sont particulièrement sensibles à toute information, véridique ou non, considérée comme politiquement sensible. Mais cette convocation s’inscrit dans un contexte différent : la mise au pas des géants du Web. Depuis bientôt six mois, les mesures de régulation se sont multipliées : annulation de l’introduction en Bourse de la filiale financière d’Alibaba, Ant Group, en novembre 2020 ; régulation de la finance en ligne ; loi antimonopoles ; régulation de la collecte de données…

    Une campagne soutenue en haut lieu : lundi 15 mars, le président, Xi Jinping, a demandé aux régulateurs de la finance de renforcer la supervision des entreprises du Web, de s’attaquer aux monopoles, de promouvoir une compétition saine, la protection des données, et d’empêcher l’expansion désordonnée des capitaux, a rapporté la télévision nationale CCTV. Les plates-formes doivent « suivre la direction politique correcte ».

    « Certaines se développent de manière non standardisée, et cela présente des risques. Il est nécessaire d’améliorer les lois qui gouvernent l’économie des plates-formes afin de combler les vides juridiques », a déclaré le dirigeant chinois. Outre les deux géants, Alibaba et Tencent, la liste des entreprises convoquées par l’administration chinoise du cyberespace et le ministère de la sécurité publique (chargé de la police) inclue entre autres ByteDance, propriétaire de TikTok et de sa version chinoise Douyin, le fabricant de smartphones et d’objets connectés Xiaomi, Kuaishou, qui propose aussi des vidéos courtes, et NetEase, numéro deux chinois des jeux vidéo.Sujets sensibles

    D’après un communiqué de l’administration du cyberespace, les autorités ont demandé aux entreprises de « procéder à une évaluation de sécurité par eux-mêmes » de leurs plates-formes sociales, et de soumettre un rapport aux autorités s’ils souhaitent ajouter des fonctions qui « ont un potentiel de mobilisation de la société ». Le communiqué mentionne en particulier les fonctions audio, et le problème des « deep fakes », des créations ultra-réalistes permettant, à partir de contenus réels, de faire dire à des personnalités des choses qu’elles n’ont pas dites.

    La référence aux fonctions audio concerne les applications de conversation en ligne, comme Clubhouse. Avant l’interdiction de l’application américaine en février, des discussions impliquant des utilisateurs basés en Chine avaient eu lieu sur des sujets hautement sensibles aux yeux des autorités du pays, comme la politique chinoise vis-à-vis de Hongkong, de Taïwan, ou la présence de camps de rééducation dans la région autonome du Xinjiang, dans l’Ouest chinois. Depuis la censure de l’application américaine, plusieurs entreprises chinoises ont mis au point des applications similaires.

    Malgré les progrès de la reconnaissance vocale, la censure de conversations orales est plus difficile à appliquer que celle d’échanges écrits. Quelques jours plus tôt, le 11 mars, douze entreprises, dont Tencent, ByteDance, mais aussi le moteur de recherche Baidu et la plate-forme de VTC Didi, ont été condamnées à des amendes de 500 000 yuans (64 000 euros) par l’administration d’Etat pour la régulation des marchés, en vertu d’une loi antimonopoles. Une loi qui devrait être renforcée dans les mois à venir, d’après des annonces faites lors de la session de l’Assemblée nationale populaire, début mars.
    « Presque autant d’utilisateurs que Facebook »

    Après l’annulation de l’introduction en Bourse record d’Ant Group, la filiale financière d’Alibaba, le régulateur viserait désormais Tencent, qui offre également des services financiers à travers le portefeuille numérique du réseau social WeChat. D’après l’agence Bloomberg, l’entreprise devrait être forcée de créer une holding financière soumise aux règles de la finance traditionnelle.

    Alors que les rumeurs sur une prochaine régulation se répandaient, l’action Tencent a chuté de plus de 8 % en fin de semaine dernière. « C’est un plan de régulation généralisé qui se déroule point par point », résume Jean-Dominique Seval, fondateur du cabinet de conseil Soon Consulting, et président de French Tech Beijing.

    Comme partout dans le monde, les géants de l’Internet n’échappent pas en Chine à la volonté de contrôler les nouveaux acteurs de l’économie. Dans un premier temps, Pékin a beaucoup favorisé ces entreprises, pour allumer des contre-feux à opposer aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) américains, et accélérer la digitalisation de certains secteurs traditionnels, comme la finance.

    « Avec succès, estime M. Seval. Aujourd’hui, ils ont presque autant d’utilisateurs que Facebook et Google. Mais ils n’ont pas encore atteint leur plein potentiel, car le nombre d’internautes continue d’augmenter, et ils continuent à se diversifier. » Pour cet expert, ces groupes « peuvent encore doubler de taille, et devenir extrêmement puissants. On assiste à une course de vitesse entre ces géants et l’Etat qui cherche à les contrôler ».
    #Alibaba #Baidu #ByteDance #Tencent #Xiaomi #AntFinancial #AntGroup #TikTok #Clubhouse_ #WeChat #censure #domination #reconnaissance #écoutes #finance #surveillance (...)

    ##voix

  • #Philippe_Corcuff : « Mon livre travaille les impensés de mes propres engagements » - regards.fr
    http://www.regards.fr/la-midinale/article/philippe-corcuff-mon-livre-travaille-les-impenses-de-mes-propres-engagements
    #extreme_droite

    L’extrême droite a-t-elle d’ores et déjà gagné ?
    « Le livre s’appelle “Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées”. Elle n’a donc pas encore déjà gagné. Les choses sont encore en jeu. »
    « J’analyse dans mon livre les #tendances_idéologiques et je suis plutôt #pessimiste. »
    « Le livre se termine par une espérance que j’appelle mélancolique - que je peux retirer de #Walter_Benjamin ou de mon regretté ami #Daniel_Bensaïd une certaine de dose pessimiste tout en restant ouvert sur des possibilités d’avenir. »
    « Je prévois de faire une suite à ce #livre sur la grande confusion qui s’appellera “Réinventer l’#émancipation”. »

    #foucault

  • ByteDance, le nouvel ogre de l’Internet en Chine, ne cesse de grossir
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/02/bytedance-le-nouvel-ogre-de-l-internet-en-chine-ne-cesse-de-grossir_6071706_

    Le propriétaire de TikTok a embauché 40 000 employés en 2020 et pourrait faire de l’ombre aux deux géants chinois Alibaba et Tencent.

    ByteDance ne s’arrête pas : après 40 000 embauches en 2020, l’entreprise qui détient TikTok vient d’annoncer 13 000 créations de postes pour sa section éducation. Un appétit impressionnant pour une entreprise fondée il y a neuf ans. Aujourd’hui, avec 100 000 personnes à son bord, ByteDance a 30 000 employés de plus que Facebook, ou Tencent, le géant chinois des réseaux sociaux avec WeChat et QQ, et numéro un mondial des jeux vidéo.

    Tencent, entreprise la plus chère de Chine, vaut pourtant quatre fois plus que ByteDance, dont la valeur est estimée à environ 150 milliards de dollars (125 milliards d’euros). Une inflation des équipes due en partie à la nature de son activité, sensible : rien qu’en Chine, l’entreprise compte 20 000 employés spécialisés dans la « vérification des contenus ».

    Mais grâce à ses vaches à lait TikTok et sa version chinoise, Douyin, ByteDance peut prendre des risques et s’introduire dans des nouveaux secteurs d’activité : commerce, éducation en ligne et jeux vidéo. ByteDance est le fruit de l’imagination de Zhang Yiming, un ingénieur informaticien qui lance, en 2012, l’agrégateur d’information Jinri Toutiao. Le site démontre déjà la capacité de l’entreprise à utiliser l’intelligence artificielle pour proposer à ses utilisateurs des contenus adaptés à leurs centres d’intérêts.

    Mais la véritable percée intervient avec Douyin et TikTok, sa version internationale, en 2017. Trois ans plus tard, à l’été 2020, ByteDance revendiquait 1,3 milliard d’utilisateurs au total pour ces deux plates-formes. Grâce aux revenus publicitaires générés par ce trafic impressionnant, l’entreprise peut s’étendre : « Leur trésorerie est positive, grâce à leur activité publicitaire très lucrative. Donc ils peuvent financer leur propre expansion et, quand ils vont voir des investisseurs, ils peuvent lever des fonds à des conditions favorables », explique Matthew Brennan, consultant et auteur de Attention Factory : The Story of TikTok and China’s ByteDance (2020, non traduit).

    La culture d’entreprise encourage cette prise de risque. « Ils expérimentent beaucoup pour trouver leurs prochains relais de croissance et semblent avoir choisi l’éducation, le commerce en ligne et les jeux vidéo. Ce que confirme l’abandon d’autres projets, comme les smartphones ou une application de tchat : ils essaient et abandonnent vite ce qui n’est pas prometteur », analyse Michael Norris, chef de la stratégie pour Agency China, un cabinet de conseil à Shanghaï. ByteDance ne semble se mettre aucune barrière. L’entreprise développe les achats sur Douyin, déjà largement utilisé pour faire la promotion de produits en Chine, quitte à s’aventurer sur les terres d’Alibaba, qui domine le commerce en ligne.

    Tencent a encore plus de soucis à se faire

    Tencent a encore plus de soucis à se faire. Le géant a déjà vu ByteDance grignoter une partie de la croissance de ses revenus publicitaires, grâce à ses plates-formes qui mobilisent l’attention des Chinois, aux dépens de WeChat. Désormais, ByteDance s’attaque aux jeux vidéo, autre royaume de l’empire Tencent. Depuis fin 2019, ByteDance s’est mis à l’édition de jeux, avant de racheter des studios pour développer sa propre offre.

    « Le jeu vidéo est une activité qui leur correspond bien : les gens vont sur Douyin pour se détendre et passer le temps, et les jeux vidéo répondent à la même attente, analyse Matthew Brennan. Donc Douyin est la plate-forme parfaite pour faire la promotion de jeux. C’est ce qui rend Douyin et TikTok si intéressants : c’est un moyen d’acquérir des utilisateurs pour n’importe quel service qu’ils souhaitent promouvoir dans le monde. » Le jeu vidéo est un secteur particulièrement lucratif en Chine, avec un chiffre d’affaires de 68 milliards de yuans (8,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2020, en hausse de 15 %, et avec 661 millions de joueurs.

    Dernier pari pour ByteDance, l’éducation, dans laquelle l’entreprise est présente depuis 2016. Mais la pandémie de Covid-19 a changé la donne : la suspension des classes pour des centaines de millions d’enfants en Chine a donné un coup de pouce à un secteur déjà dynamique.

    En octobre 2020, ByteDance a lancé une lampe de bureau connectée, avec écran permettant aux parents d’interagir avec l’élève et une caméra qui peut estimer sa concentration. ByteDance offre aussi plusieurs applications éducatives, avec ou sans enseignant humain, pour un public allant de la maternelle aux professionnels. Et l’entreprise est bien décidée à accélérer : alors que cette section employait déjà 10 000 personnes en octobre dernier, ByteDance a annoncé, vendredi 26 février, la création de 13 000 nouveaux postes dans les mois à venir.

    Mais cette croissance extrême n’est pas sans poser problème. Plusieurs employés témoignent d’une culture d’entreprise extrêmement agressive. Vera Ma (elle ne donne que son prénom anglais, par discrétion) a travaillé au marketing pour une des plates-formes de l’entreprise.

    « Mon travail consistait à passer entre 200 et 500 appels par jour pour trouver des annonceurs. A chaque fois qu’on obtenait quelque chose, par exemple 10 000 yuans de renouvellement, le chef d’équipe criait : “Untel a renouvelé un contrat !” et tout le monde applaudissait. Mais ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs étaient rapidement poussés à démissionner. » « Cela conduit à une culture des heures sup : tout le monde reste tard le soir, souvent jusqu’à 22 heures, à faire semblant de travailler », raconte Barney Zhou, ancien graphiste dans l’entreprise. Le stress est permanent.
    #Alibaba #ByteDance #Tencent #TikTok #WeChat #QQ #algorithme #jeu #domination #bénéfices #enseignement #GigEconomy #publicité (...)

    ##publicité ##SocialNetwork

  • À #Calais, l’absurde #confiscation des #tentes des migrants

    À Calais, l’#expulsion tous les deux jours des terrains occupés par les exilés se double d’une confiscation de leurs #effets_personnels. Tentes, duvets, documents... sont, en théorie, stockés et peuvent être récupérés. Dans les faits, huit à dix tonnes d’affaires finissent chaque mois à la poubelle.

    Calais (Pas-de-Calais), reportage

    9 heures du matin, par 2 °C. Janvier à Calais. En bord d’un terrain à l’est de la ville, Matin [1] et ses amis frissonnent, le visage enfoncé jusqu’au nez dans leur col, les poings roulés dans les manches étirées. Ils sont jeunes, certains mineurs, originaires de plusieurs provinces afghanes, et viennent de se faire expulser du terrain de sable et de boue qu’ils occupent en bordure d’une voie ferrée. Ils ont une question, qu’ils répètent en boucle aux journalistes : « Why ? » — pourquoi ? Car ces opérations, menées toutes les 48 heures dans sept endroits différents de la ville, sont suivies de peu d’effets, tant en termes de mise à l’abri que d’accompagnement social, notamment en ce qui concerne les mineurs isolés. Il faut juste, à intervalles réguliers, faire le vide sur place — « éviter les points de fixation », dit l’État. « Tout est rendu difficile », peste Matin, regard dans ses pieds. « Ils arrivent, nous disent simplement go ! go ! Et on n’a pas intérêt à rester discuter. »

    Pour éviter les installations de #campements, plusieurs leviers existent. La mairie de Calais a ainsi lancé une série de #déboisements le long des routes et dans les zones de promenade, où les exilés ont l’habitude de camper. Autre moyen de pression : l’expulsion régulière des terrains occupés, avec saisie des effets personnels laissés sur place. En 2020, Human Rights Observers (HRO) a comptabilisé 967 d’expulsions.

    Les jeunes sont remontés : ce matin, l’opération s’est déroulée sans interprète. Impossible de palabrer avec les forces de l’ordre pour réclamer l’essentiel, impossible de passer le cordon des gendarmes pour aller récupérer leurs affaires. Tentes, couchages... autant d’équipements pourtant capitaux en hiver. De toute façon, tout ce qu’ils n’auront pas pu traîner en vitesse dans la bâche à leurs pieds sera soit jeté, soit emporté. [2] Il leur faut donc vider les lieux, puis négocier, réclamer leurs biens. Une routine à laquelle se plient, de mauvais gré, migrants et associations qui les accompagnent. Après le passage des uniformes, des silhouettes en veste bleue s’activent : ce sont les nettoyeurs d’#APC, société privée sous contrat, qui récupère les objets susceptibles de faire l’objet d’une réclamation. Le convoi se termine immanquablement par un camion chargé de tentes, duvets, tapis de sol, vêtements, téléphones, documents ou argent.

    528 tentes et #bâches ont été prises rien que sur le mois de décembre 2020

    Destination poubelle ? Jusqu’à récemment — janvier 2018 — c’était encore le cas. En colère, les associations avaient même porté une plainte [3], classée sans suite. Depuis, l’État a mis en place un processus spécifique à Calais. Outre les nettoyeurs d’APC, un acteur de l’économie solidaire a été sollicité pour récupérer et mettre à disposition les affaires emportées. Elle aussi située dans l’est de la ville, la #Ressourcerie_du-Calaisis, gérée par #Face_Valo, une association d’insertion, fait office de #dépôt depuis trois ans. Un accord non lucratif, comme le précise un encadrant technique du magasin qui souhaite rester anonyme : « Nous sommes simplement défrayés à la quantité d’objets qui passe par le stockage ici, au poids. Nous tenons des registres. »

    Les quantités en question : plusieurs tonnes par mois, dont des centaines de tentes, cruciales en hiver. Selon Human Rights Observers, qui documente l’action des pouvoirs publics à Calais, 528 tentes et bâches ont été prises rien que sur le mois de décembre 2020.

    « On court toujours après ! Tout ce que l’on retire d’ici est soit abîmé, soit trempé »

    C’est à la ressourcerie que les jeunes Afghans se regroupent en fin de matinée, comme toutes les 48 heures. Leur terrain est à proximité. Ils sont les seuls à être venus attendre en petit groupe l’arrivée du convoi du jour. « Ceux des autres camps plus éloignés, comme #Fort-Nieulay par exemple, ne viennent presque jamais, malgré le fait que nous les informions du dispositif lors de nos maraudes », déplore Pénélope, coordinatrice pour HRO. Le manque de temps peut expliquer ce désintérêt : l’accord prévoit un accès aux affaires deux heures durant, tous les jours ouvrés, de 10 h à midi. Des horaires qui coïncident avec la fin des expulsions matinales d’une part, et les distributions de nourriture et d’eau de l’association la Vie Active de l’autre. « Il faut donc faire un choix entre sauter un repas ou perdre sa tente », selon Pénélope.

    Le taux de casse et de pertes explique aussi le peu d’intérêt des migrants pour ce système. Le jour de notre reportage, le camion d’APC, arrivé non à 10 h mais à 11 h 20, a déchargé des tentes disloquées, brisées, alourdies de matériel. Pour certaines, elles ont déjà fait ce voyage quatre ou cinq fois. Une tutelle supplémentaire : ce sont les bénévoles de #HRO, et non les migrants, qui doivent remettre la liste des objets réclamés, suivant ce qu’ils ont pu observer. C’est Isabella qui en était chargée ce matin-là. Problème : comme les journalistes, HRO est maintenu en dehors des cordons de police, et ne peut donc pas correctement observer ce qui a été pris — en plus de noter les atteintes aux droits humains. « On fait le décompte comme on peut, selon ce que nous rapportent les expulsés, et on compare avec ce qui est déchargé », dit-elle à Reporterre, appuyée sur la porte du camion d’APC pour annoter son tableau. Les nettoyeurs, eux, font des va-et-vient dans le conteneur.

    Charge aux migrants, autorisés à entrer en groupe de trois dans l’édicule en tôle blanche, de faire le tri. « On n’a pas l’impression que ces affaires sont à nous, on court toujours après ! Tout ce que l’on retire d’ici est soit abîmé, soit trempé », soupirait Hamar [4], sorti en trombe — midi sonnait — avec une tente sur le dos, le masque sur le nez et des gants en plastique empruntés. Vu le gel nocturne, récupérer des affaires sèches est un enjeu de survie. Matin, lui, était à la recherche de son téléphone : un coup d’œil dans le containeur lui a été accordé, juste avant la fermeture. Peine perdue.

    « Neuf fois sur dix, aller réclamer un papier perdu en ressourcerie se solde par un échec »

    Avec ses moyens, HRO travaille à comptabiliser le différentiel affaires prises / affaires restituées en état. « Pour le moment, nous n’avons à disposition que des chiffres concernant une minorité des cas : les personnes qui se sont présentées à la ressourcerie », explique Pénélope. Des chiffres évocateurs : sur l’année écoulée, 52 % des personnes venues réclamer leurs affaires ont déclaré à HRO les avoir récupérées en état satisfaisant et en totalité. Un taux qui s’effondre à un inquiétant 27 % quand il s’agit d’objets de valeur : médicaments, smartphones, argent liquide et documents. « On est proche de mettre en place un stockage bien plus adapté », répond l’encadrant de la ressourcerie. Le magasin plancherait sur un local où les biens seraient présentés catégorisés, à l’abri des intempéries. Quant aux objets de valeur au taux de perte si importants, les documents notamment, « quand ils sont retrouvés, nous avons déjà pour consigne stricte de les réserver à part et de les mettre à disposition ».

    Margot Sifre, juriste de la Cabane juridique, une structure d’accompagnement des migrants, recueille les doléances de ceux qui ont perdu un papier : « Neuf fois sur dix, aller réclamer un papier perdu en ressourcerie se solde par un échec. Au lieu de compter dessus, les déclarations de perte et demandes de récépissés se systématisent, simplement pour ne pas être en défaut trop longtemps face aux autorités. »

    Contrairement à ce qui est encore en pratique dans la commune de Grande-Synthe, où les affaires enlevées finissent directement à la benne, le dispositif calaisien a le mérite de poser, sur le papier, la question de la propriété de ces biens. Dans les faits, les affaires restent très majoritairement jetées et le conteneur vidé environ tous les dix jours. Selon le magasin, ce sont huit à dix tonnes d’affaires non réclamées qui finissent chaque mois emportées par les camions-poubelles. Direction un site d’enfouissement, à trente kilomètres à vol d’oiseau.

    https://reporterre.net/A-Calais-l-absurde-confiscation-des-tentes-des-migrants
    #migrations #asile #réfugiés #harcèlement #frontières

    ping @karine4 @isskein

  • #Vu_d’Allemagne. La #crise du #Covid rend inéluctable la réforme de l’État français

    En France, les nombreuses #bourdes dans la gestion de la crise due au Covid ont eu raison de l’#Etat_central, observe ce quotidien allemand : des #hiérarchies vieilles de plusieurs siècles sont désormais remises en question.

    Le président Macron s’est trouvé un nouveau mot : #piloter*, qui signifie “gouverner”, “prendre le commandement”. À l’entendre, on dirait qu’en cas de situation difficile il suffit que le chef tourne la barre d’une main tranquille pour que l’État et la société suivent le nouveau cap sans difficulté.

    Angela Merkel a dû elle aussi avoir récemment des moments où elle a rêvé que tout le monde la suive sans maugréer, même ces entêtés de ministres-présidents des Länder.

    Comme elle, Macron traverse à nouveau des temps difficiles. Pendant cette #pandémie, la France apparaît régulièrement en #mauvaise_posture dans l’étrange course internationale au nombre de #contaminations, #taux_d’incidence, #tests et #vaccinations. Et si leur voisin allemand a pu récemment déplorer son #fédéralisme, les Français commencent de plus en plus à désespérer de la centralisation de leur État.

    L’année 2020 a apporté les dernières preuves que celui-ci se trouve en pleine #crise_existentielle. Pendant que Macron parle de #pilotage, la société française se demande s’il y a vraiment un pilote dans le cockpit.

    L’#incompétence spectaculaire de l’État

    Le pays est désormais convaincu que l’État s’est révélé d’une incompétence spectaculaire depuis le début de la #crise_sanitaire. L’#élite française à la formation si parfaite, qui est admirée et imitée dans de nombreuses parties du monde, a collectivement échoué à un point qui fait paraître les problèmes de l’Allemagne presque ridicules à côté.

    Que cela concerne les #masques, les tests, les #tenues_de_protection et maintenant les #seringues, le chantier de la pandémie ressemble à un #dépotoir_chaotique. Le gouvernement a beau chercher à faire croire qu’il gère la crise de façon rationnelle et systématique, ce n’est souvent qu’une affirmation creuse. Dix jours après le début des vaccinations en Europe, 370 000 personnes avaient été vaccinées en Allemagne contre 7 000 en France.

    (...)

    https://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-la-crise-du-covid-rend-ineluctable-la-reforme-d

    #France #réforme #Etat #coronavirus #covid-19 #gestion_de_crise #centralisation

    #paywall

    ping @karine4

    • #gouvernance (?)

      Le terme de gouvernance est à la mode. Et pourquoi s’en étonner ? La gouvernance désigne un concept commode. Une idée descriptive de la réalité, mais aussi un idéal normatif associé à la transparence, à l’éthique, à l’efficacité de l’action publique. La gouvernance devient dès lors un mot-talisman paré de tous les fantasmes associés à l’action publique, tout en revêtant le vocabulaire rassurant de l’objectivité technique. Le mot « gouvernance » fait sérieux tout en promettant des lendemains qui chantent aux théoriciens de l’action publique. Ce faisant, le discours de la gouvernance fait l’objet d’une double confusion. La première tient aux vertus qui lui sont associées, la seconde aux défauts qui lui sont imputés.

      https://www.cairn.info/revue-interdisciplinaire-d-etudes-juridiques-2010-2-page-207.htm

  • Surveillance of Uyghurs Detailed in Chinese Police Database
    https://theintercept.com/2021/01/29/china-uyghur-muslim-surveillance-police

    Millions of Leaked Police Files Detail Suffocating Surveillance of China’s Uyghur Minority The order came through a police automation system in Ürümqi, the largest city in China’s northwest Xinjiang region. The system had distributed a report — an “intelligence information judgment,” as local authorities called it — that the female relative of a purported extremist had been offered free travel to Yunnan, a picturesque province to the south. The woman found the offer on the smartphone messaging (...)

    #WeChat #algorithme #CCTV #WeChatPay #payement #biométrie #facial #QQ #reconnaissance #religion #vidéo-surveillance #Islam #surveillance #données #Tencent #anti-terrorisme #discrimination #IJOP #smartphone (...)

    ##géolocalisation

  • Épisode 66 - #Ardèche : le crapaud et le clocher

    Le crapaud sonneur est la star d’une controverse qui cristallise des tensions dans un village de l’Ardèche. En cause, le projet de construction d’une #église de 3500 places, dans un #parc_naturel_régional. Chacun·e à sa façon, batraciens, ZADistes et bonnes sœurs questionnent nos choix de société face à la crise.

    L’histoire racontée dans cet épisode 66 de Foule Continentale évoque un huis clos de théâtre. Toute l’action se déroule dans un village : Saint-Pierre-de-Colombier, en Ardèche. Il voit s’opposer deux communautés en #conflit. Leurs témoignages rassemblés ici ont été captés pendant trois jours, au cours de l’été, même si pour tout comprendre, il aurait fallu remonter aux années 1940.

    Cette émission nous amène en immersion dans ce village où cohabitent, en équilibre parfois fragile, d’ancien·ne·s villageois·es, présent·e·s dans cette vallée depuis des générations, mais aussi une communauté religieuse, installée ici dans les années 1940. Il y a enfin celles et ceux que l’on appelle les #néo-ruraux, souvent écologistes et arrivé·e·s plus récemment dans la région. Un grand projet de construction d’église doit voir le jour et ce projet a cristallisé des #tensions. Les positions des un·e·s et des autres se sont radicalisées. Aujourd’hui, deux vérités s’affrontent. Deux communautés qui se sentent menacées vont devoir trouver des solutions pour cet espace de vie commun. Parmi elles, quatre jeunes trentenaires, que Caroline Gillet a rencontré·e·s et qui témoignent dans ce premier épisode.

    https://www.youtube.com/watch?v=o9znfZFN9Fs&feature=emb_logo

    La #Famille_Missionnaire_de_Notre-Dame est installée à Saint-Pierre de Colombier depuis les années 1940. Aujourd’hui, ses membres et ses fidèles se sentent à l’étroit dans les murs qui les accueillent, notamment pendant les fêtes religieuses, quand plusieurs centaines de pèlerins rejoignent le village. Ainsi, la communauté religieuse a obtenu un permis de construire pour ériger sur un terrain de sept hectares une église pouvant accueillir 3500 personnes assises, soit un total de 4000 personnes, un complexe de 80 lits pour les pèlerins et un grand parking. Pour relier tout cela au cœur du village, une passerelle, par-dessus la Bourges. La première phase des travaux a commencé : la passerelle et ses piles de ciment sont soudées dans le lit de la rivière.

    Suite au début des travaux, s’est créé le collectif Les Ami.es de la Bourges qui conteste la légalité du projet. En juin 2020, une ZAD (zone à défendre), s’est constituée pour occuper le chantier pendant trois jours. Aujourd’hui, les travaux sont à l’arrêt. Dans ce village, plusieurs vérités cohabitent. Chaque communauté a ses chiffres, ses arguments. En comparant les dizaines de documents sur le sujet, on peut résumer l’affaire ainsi :

    Rappel des faits

    Cela fait de nombreuses années que la communauté religieuse se sent à l’étroit dans ses murs quand sont organisés de grands rassemblements. Les conditions de sécurité ne sont alors plus réunies. Même si ces fêtes religieuses n’ont jamais réuni plus de 2 000 fidèles, bien loin des 3 500 places du futur lieu de culte, la communauté religieuse se projette dans l’avenir et, comme l’écrit le Père supérieur Bernard Domini, ils « espèrent que le pèlerinage prendra de l’ampleur ». Il précise dans le quotidien La Croix qu’après tout, « la communauté est bien passée en 40 ans, de 16 à 150 membres ».

    Le projet de la basilique est né en 2015 pour un budget estimé à près de 18 millions d’euros, financé uniquement par des dons privés, « par la Providence », comme ils disent. Dans la foulée, une étude environnementale est commandée à un cabinet privé par la Famille missionnaire de Notre-Dame. Le permis de construire obtenu en 2018, les travaux ont commencé l’année suivante. C’est à ce moment que l’opposition au projet prend de l’ampleur, trop tard donc pour s’opposer au permis de construire. Le collectif des Ami.es de la Bourges est créé et conteste la légalité du projet et l’honnêteté de la démarche écologique de la communauté religieuse. Parce qu’en effet, celle-ci aurait omis de signaler aux autorités que le projet allait se faire dans un Parc naturel régional, celui des Monts d’Ardèche. On a demandé des éclaircissements à un juriste, qui nous explique : « Il y a infraction au code de l’environnement avec une présence d’espèces protégée avérée, mais aucune demande de dérogation pour détruire leur habitat ou les individus. »

    https://www.franceinter.fr/emissions/foule-continentale/foule-continentale-04-septembre-2020
    #aménagement_du_territoire #controverse #Saint-Pierre-de-Colombier #religion #écologie

  • China rethinks the Jack Ma model
    https://asia.nikkei.com/Spotlight/The-Big-Story/China-rethinks-the-Jack-Ma-model

    Alibaba, Tencent and a host of internet giants face new scrutiny from the Party HONG KONG — When China’s business regulator accused Alibaba Group Holding of selling counterfeit goods over the internet in a report five years ago, the e-commerce giant did not hesitate to fight back. Alibaba openly challenged the investigation results, filing a formal complaint against a sub-department head responsible for the probe. Then, after a week-long public brawl, in which the company lambasted the (...)

    #Alibaba #JD.com #Baidu #Sina #Tencent #DidiChuxing #Meituan #WeChat #Weibo #Alipay #payement #WeChatPay #domination #BHATX (...)

    ##finance
    https://www.ft.com/__origami/service/image/v2/images/raw/https%253A%252F%252Fs3-ap-northeast-1.amazonaws.com%252Fpsh-ex-ftnikkei-3937bb4%

  • Joëlle Tolédano : « Si l’on ne fait que du droit face aux Gafa, on se fera balader »
    https://www.lopinion.fr/edition/economie/joelle-toledano-si-l-on-ne-fait-que-droit-face-aux-gafa-on-se-fera-231882

    Pour cette spécialiste de la régulation, « le cœur du problème réside dans la relation entre contenus, données personnelles et publicité ciblée » Joëlle Toledano est économiste et spécialiste de la régulation des marchés. Membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) de 2005 à 2011, elle est aujourd’hui professeure émérite associée à la chaire Gouvernance et régulation de Dauphine, et siège au board de plusieurs start-up du numérique. Votre dernier ouvrage (...)

    #Alibaba #Baidu #Google #Tencent #Xiaomi #Facebook #Instagram #WhatsApp #algorithme #domination #BigData #législation #microtargeting #publicité (...)

    ##publicité ##FTC

  • FANG and Faust : Reimagining Capitalism For a Stake in Our Data Profits
    https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2020-12-27/fang-and-faust-reimagining-capitalism-for-a-stake-in-our-data-profits

    There’s a Faustian bargain to make from Covid-19 that could increase our ownership of the 21st century. From interest rates to fashion, pandemics in the past — like the Black Death in the 14th century — have left deep imprints on economic life. This time may be no different. In the aftermath of the coronavirus, governments can reimagine capitalism by giving all of us a stake in the most valuable byproduct of our day-to-day living : data. But make no mistake. It will still be a Faustian (...)

    #FANG #Alibaba #Apple #Baidu #Google #MasterCard #Samsung #Tencent #Visa #Xiaomi #Amazon #Netflix #Paypal #Facebook #payement #consommation #consentement #domination #bénéfices #BHATX #BigData #COVID-19 #GAFAM #santé (...)

    ##santé ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##Jio

  • Symbole de la tech chinoise, Alibaba tombe en disgrâce
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/29/symbole-de-la-tech-chinoise-alibaba-tombe-en-disgrace_6064720_3234.html

    Depuis deux mois, les enquêtes lancées contre l’entreprise fondée par Jack Ma se multiplient, notamment sur ses pratiques monopolistiques présumées.

    Il y a encore deux ans, lorsque des dirigeants étrangers effectuaient une visite officielle en Chine, ils passaient souvent par Hangzhou, le siège d’Alibaba, rencontrer le patron de la société, Jack Ma. Nul mieux que cet ancien professeur d’anglais devenu multimilliardaire n’incarnait la réussite d’une Chine ouverte sur le monde et à la pointe de la technologie.

    Qu’il soit membre du Parti communiste (PCC) paraissait secondaire. Son adhésion ne fut rendue publique qu’en 2018. Fondateur d’Alibaba, Jack Ma a non seulement bouleversé le commerce et la logistique en popularisant la vente en ligne mais il a aussi révolutionné la finance. Grâce à Alipay – et à Wechatpay lancé par son rival Tencent –, la Chine a délaissé le billet de banque à l’effigie de Mao au profit du paiement en ligne sans passer ni par les chèques ni les cartes de crédit.

    Longtemps adulé, Jack Ma aurait dû se méfier. Depuis plusieurs mois, les critiques en ligne à son encontre se multipliaient. On lui reproche sa cupidité, son arrogance, l’exploitation de ses salariés. L’important n’est pas tant ces critiques que le fait que la censure les ait tolérées.Retour ligne automatique
    Humiliation totale

    De fait, le vent a tourné. Depuis deux mois, Alibaba est dans la tourmente. Début novembre, les autorités interdisent au dernier moment la mise en Bourse de sa filiale financière Ant. Une décision prise par le président Xi Jinping en personne, selon le Wall Street Journal. Le record attendu – Alibaba espérait lever plus de 34,5 milliards de dollars (28,2 milliards d’euros) – tourne à l’humiliation totale.

    En fait, les autorités s’inquiètent de l’importance prise par le crédit à la consommation en ligne. Un projet de loi présenté en novembre oblige les prêteurs en ligne comme Ant à ne plus être seulement des intermédiaires entre les banques et les particuliers mais à prendre un risque en fournissant eux-mêmes au moins 30 % du crédit accordé. Actuellement, Ant n’inscrit à son bilan que 2 % du montant des prêts.

    En décembre, deuxième coup de semonce : le lundi 14, Alibaba est condamné à verser 500 000 yuans (environ 62 000 euros) pour avoir omis, en 2017, de demander l’autorisation des autorités de la concurrence avant d’accroître sa participation dans un groupe de distribution, Intime Retail. Certes, la somme peut paraître dérisoire à l’échelle d’Alibaba mais c’est la première fois en douze ans que la loi anti-monopoles s’applique à un géant de l’Internet. Le même jour, Tencent est également condamné pour un manquement comparable. Selon un projet de loi, à partir de 2021, les amendes devraient d’ailleurs être bien plus élevées.

    Trois jours plus tôt, le vendredi 11 décembre, le Bureau politique du PCC avait dénoncé « l’expansion désordonnée du capital ». Une nouvelle expression qui tend à prouver que le contrôle sur les géants de la finance et de la technologie ne va pas se relâcher de sitôt.Retour ligne automatique
    « Rectification »

    D’ailleurs, jeudi 24 décembre, les autorités de la concurrence annoncent le lancement d’une enquête contre Alibaba pour ses pratiques monopolistiques présumées. De fait, lorsqu’un commerçant veut vendre ses produits sur Alibaba, il doit s’engager à ne pas le proposer sur d’autres plates-formes. Par ailleurs, payer par Alipay un produit acheté chez un concurrent relève parfois du tour de force. Une pratique dont se plaignent ses rivaux, notamment JD.com et Pindoduo.

    Enfin, dimanche 27 décembre, dernier acte : la Banque centrale exige une restructuration majeure d’Ant. L’entreprise va devoir se concentrer sur son métier de base : les paiements. Le groupe va également devoir mettre en place une holding financière, avec un capital adéquat. « Son service privé d’information sur le crédit devra faire la demande d’une licence et protéger la confidentialité des données personnelles », a indiqué Pan Gongsheng, le vice-gouverneur de l’institution monétaire. Le groupe devra être plus transparent sur les transactions de paiement sur sa plate-forme effectuées par des tiers et ne pas se livrer à une concurrence déloyale.

    Ces décisions font suite à une rencontre, samedi 26 décembre, entre les dirigeants d’Ant et d’Alibaba et des responsables de la Banque centrale ainsi que d’autres autorités de régulation du secteur bancaire, des valeurs mobilières et des changes. Selon Pan Gongsheng, les régulateurs auraient souligné notamment la mauvaise gouvernance de l’entreprise et son mépris des exigences réglementaires. Les dirigeants d’Alibaba n’ont eu d’autre choix que d’annoncer qu’ils allaient entreprendre une « rectification » de leurs activités et qu’ils la présenteraient sous les meilleurs délais. Selon l’agence Bloomberg, les autorités auraient « conseillé » à Jack Ma de ne pas quitter la Chine.Retour ligne automatique
    Une industrie devenue trop puissante aux yeux de Pékin

    Celui-ci a officiellement pris sa retraite en septembre 2019 mais il reste le principal actionnaire d’Alibaba. S’il est probable que sa personnalité flamboyante ne lui vaut pas que des amis au sein du pouvoir, il serait erroné de ne voir dans les mesures prises contre Alibaba qu’une attaque ad hominem. Jack Ma est devenu le symbole d’une industrie devenue trop puissante aux yeux de Pékin, tout comme Google et Amazon sont devenus trop envahissants pour nombre de dirigeants nord-américains et européens.

    En rappelant les géants de la tech à l’ordre, les dirigeants chinois envoient plusieurs messages. C’est bien le PCC qui reste aux commandes de l’économie et celui-ci prend ses décisions en fonction de ce qu’il pense être l’intérêt de la Chine et non sous la pression de Washington. Enfin, l’économie et les perspectives de croissance sont suffisamment bonnes – au moins + 8 % en 2021 – pour que Pékin puisse prendre le risque d’affaiblir ses fleurons.

    Frédéric Lemaître (Pékin, correspondant)

    #Alibaba #JD.com #Tencent #Alipay #payement #WeChatPay #domination #finance #lutte

  • Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Thread by LouisWitter on Thread Reader App – Thread Reader App
    29 Dec 2020
    https://threadreaderapp.com/thread/1343833651667206145.html

    8H45 à Grande Synthe où une expulsion de réfugiés a lieu en ce moment.

    Deux contrôles d’identité, impossible d’entrer dans la forêt où une vingtaine de policiers sont entrés.

    Ils sont accompagnés d’équipes de nettoyage, qui lacèrent les tentes pour empêcher leur réutilisation.

    Il a beaucoup plus ces derniers jours, le sol est trempé, spongieux. Une à une, les policiers détruisent les tentes où dorment encore des exilés.

    Un homme kurde est sorti à la hâte, paquet d’affaires en main, pour repartir plus loin dans la forêt. Image
    Actuellement il pleut, il fait deux degrés. Certains filent vite, emportant sur des caddies ce qu’ils peuvent sauver des coups de cutter.

    Des policiers tentent de les convaincre de prendre les bus, sans savoir eux-mêmes où ces bus emmèneront les réfugiés. Image

    Toutes les tentes et bâches sont une à une coupées, lacérées, comme ici au loin (désolé pour la quali du zoom) Image

    Un jeune Kurde d’Erbil, dépité et riant nerveusement, fait un snap de sa grande tente orange en train d’être détruite, « oh no, man, don’t touch my house, no, no » silence, puis « OH. I’m homeless now ».


    Pour vous faire une idée des conditions de vie des réfugiés à Grande Synthe, voilà l’état du sol, près des tentes. Image
    11H28, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu partir dans les bus brûlent leurs couvertures qui, jetées dans la boue lors de la saisie des tentes par les forces de l’ordre, sont trempées, salies et inutilisables. Image

    Tous les jours, ce sont les scènes de la Place de la République qui se rejouent dans le Nord sous la flotte et dans une routine terriblement révoltante. On a finalement pu zigzaguer et faire notre travail, publié bientôt je l’espère.

    Fin de l’expulsion à Grande Synthe.
    Voici une photo des membres des équipes de nettoyage qui accompagnent les policiers lors des expulsions de réfugiés à Grande-Synthe.


    Cagoule deux trous, couteau à la main pour lacérer les tentes. Imaginez deux seconde la stupeur des exilés réveillés par ça à 8H ce matin. Image

    "Comment lacérer à coups de couteau une tente de réfugié à neuf heures du matin par trois degrés celsius", mode d’emploi offert par @prefet59 ce matin à Grande-Synthe.

    Et j’aimerais bien interviewer les gens qui s’indignent du squat d’un resto à Paris parce que "LA PROPRIETE PRIVÉE C’EST SACRÉ" mais qui gilbermontagnent le fait qu’on détruit quotidiennement le dernier bien et le dernier toit de centaines de personnes chaque jour. Allez bonsoir.

    https://twitter.com/LouisWitter/status/1343833651667206145
    #migrants #expulsions #Grande_Synthe

  • How China’s Tech Giants Like Alibaba, Tencent, and Baidu Aid Spy Agencies
    https://foreignpolicy.com/2020/12/23/china-tech-giants-process-stolen-data-spy-agencies

    U.S. officials say private Chinese firms have been enlisted to process stolen data for their country’s spy agencies. In 2017, as U.S. President Donald Trump began his trade war with China, another battle raged behind the scenes. The simmering, decadelong conflict over data between Chinese and U.S. intelligence agencies was heating up, driven both by the ambitions of an increasingly confident Beijing and by the conviction of key players in the new administration in Washington that China was (...)

    #Alibaba #Baidu #Tencent #militaire #surveillance

  • Le camp de migrants de #Lipa, en #Bosnie, ravagé par un #incendie

    Le camp de Lipa, dans le nord-ouest de la Bosnie, ravagé par les flammes. Un violent incendie s’est déclaré ce mercredi dans ce camp de migrants situé dans la région de #Bihac, près de la frontière avec la Croatie. 1 200 personnes y étaient hébergées. Aucune victime n’est à déplorer. Selon des témoins, le sinistre a démarré dans une installation de stockage de combustibles. Il s’est rapidement propagé.

    Selon la directrice du camp, Natasa Omerovic, ce sont d’anciens résidents qui l’ont déclenché à un moment où le camp était fermé pour être déplacé.

    Selon Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’Organisation internationale pour les Migration (OIM) en Bosnie-Herzégovine, la plupart des infrastructures ont été détruites. L’#OIM, qui gérait ce centre d’accueil, a récemment annoncé son retrait en raison de mauvaises conditions.


    https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1341721207939448833

    Début décembre, ce camp de #tentes avait fait l’objet de vives critiques. Etabli comme une réponse #provisoire pour faire face à la #pandémie de #coronavirus, il n’était pas équipé pour des conditions hivernales. Le camps incendié n’était pas équipé de chauffage et n’avait jamais été branché sur le réseau électrique.

    L’Organisation internationale pour les migrations et la Commission européenne exhortaient les autorités locales à trouver une solution pour héberger ailleurs les résidents du camp de Lipa, ainsi que quelque 2 000 autres migrants dépourvus de logement dans la région de Bihac, près de la frontière de l’Union européenne.

    Les autorités municipales et cantonales de Bihac refusent de permettre à l’OIM de rouvrir l’ancien centre d’accueil à Bihac, dans les halles d’une ancienne usine, malgré une instruction du gouvernement fédéral en ce sens. Il a été fermé peu avant les élections municipales de novembre, pour répondre à une pression croissante des habitants.

    « Les autorités compétentes doivent coopérer et agir dans la plus grande urgence pour répondre aux besoins des réfugiés et des migrants sans abris et sauver les vies », a insisté lundi la Commission européenne dans un communiqué.

    https://fr.euronews.com/2020/12/23/le-camp-de-migrants-de-lipa-en-bosnie-ravage-par-un-incendie

    #Bosnie-Herzégovine #Balkans #route_des_Balkans #feu #asile #migrations #réfugiés #camps_de_réfugiés

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les incendies dans des camps de réfugiés (principalement en Grèce, mais du coup, élargissement à la route des Balkans) :
    https://seenthis.net/messages/851143#message892911

    • Bosnie : le camp de Lipa ravagé par un incendie, 1 300 migrants à la rue

      Le camp de Lipa, dans le nord-ouest de la Bosnie, a été complètement détruit mercredi par un incendie probablement « criminel », ont indiqué les autorités. Environ 1 300 migrants, qui y étaient hébergés, se retrouvent désormais à la rue en pleine hiver avec des températures glaciales.

      « Jour terrible » pour le camp de Lipa. Dans un tweet, Peter Van der Auweraert, le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Bosnie-Herzégovine, ne cache pas son désespoir.

      Le camp de migrants, situé dans le nord-ouest du pays, vient de partir en fumée, ce mercredi 23 décembre. Environ 1 300 migrants y étaient hébergés dans des conditions dramatiques.


      https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1341704305125027840

      « L’incendie s’est déclaré à 11h. Les pompiers ont réussi à l’éteindre, mais les quatre grandes tentes dans lesquelles les migrants dormaient ont brulé », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police, Ale Siljdedic, précisant qu’il n’y avait pas eu de blessés.
      « Un acte criminel »

      « Nous supposons qu’il s’agit d’un acte criminel et que des résidents du camp en sont à l’origine », a-t-il poursuivi. Peter Van der Auweraert évoque lui d’"anciens résidents [qui] ont mis le feu à trois tentes et aux conteneurs après que la plupart des migrants ont quitté le camp".

      https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1341721207939448833

      Les exilés auraient agi en signe de protestation : mis en place en avril dans ce village près de Bihac, le site avait été installé comme une solution temporaire, rien n’étaient prévu pour que ses résidents y passent l’hiver. Le camp incendié n’était pas équipé d’électricité et de chauffage, alors que le pays connaît actuellement une vague de froid.

      « Désastre après désastre », a encore déploré Peter Van der Auweraert de l’OIM.
      Des milliers de personnes à la rue

      L’agence onusienne, qui gérait ce centre d’accueil, avait récemment annoncé son retrait de la structure en raison des mauvaises conditions de vie des exilés. L’OIM et la Commission européenne exhortaient depuis début décembre les autorités locales à trouver une solution pour héberger ailleurs ces 1 300 personnes, ainsi que quelque 2 000 autres migrants dépourvus de logement dans la région de Bihac, près de la frontière de l’Union européenne.

      Avec cet incendie, les résidents se retrouvent à la rue, en plein hiver et alors qu’est prévue une forte baisse de température dans les prochains jours. « Ils vont probablement se diriger vers Bihac (à 30 km au nord-ouest de Lipa, ndlr) et vont occuper des bâtiments abandonnés », a déclaré Ale Siljdedic.

      Les autorités municipales et cantonales de Bihac refusent que l’OIM rouvre l’ancien centre d’accueil à Bihac, dans les halles d’une ancienne usine, malgré une instruction du gouvernement fédéral en ce sens. Il a été fermé peu avant les élections municipales de novembre, pour répondre à une pression croissante des habitants.

      « Les autorités compétentes doivent coopérer et agir dans la plus grande urgence pour répondre aux besoins des réfugiés et des migrants sans abris et sauver des vies », a insisté lundi la Commission européenne dans un communiqué.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/29292/bosnie-le-camp-de-lipa-ravage-par-un-incendie-1-300-migrants-a-la-rue

      #SDF

    • Thousands of refugees without shelter after Bosnia camp burns

      Dozens spend the night at a damaged metal container near the site of the fire, where only a ghostly steel construction remained.

      More than a thousand refugees and migrants from Asia, the Middle East and North Africa were left to sleep in the cold after their camp in northwestern Bosnia burned down amid a dispute among Bosnian politicians over where to house them.

      On Wednesday, a fire destroyed the camp in Lipa housing about 1,200 people. Police and United Nations officials have said the blaze was probably started by people unhappy at the temporary closure of the camp, scheduled for the same day, and uncertainty about where they would be relocated in Bosnia.

      Dozens of men spent the night at a damaged metal container near the site of the fire, where only a ghostly steel construction remained. Smoke was still rising from some burned patches of ground on Thursday morning.

      Others tried to erect nylon tents and slept fully dressed on the frozen ground. Most of them walked through the woods towards the town of Bihac, near the Croatian border, avoiding areas marked with warnings about landmines remaining from the Bosnian war in the 1990s.

      About 10,000 refugees and migrants from Asia, the Middle East and North Africa are stuck in Bosnia, hoping to reach wealthier countries in the European Union.

      “I couldn’t sleep last night, I sat all night,” said Bylal from Pakistan, adding that he would wait to see if the government would provide them with a new shelter.

      The Lipa camp, which was opened last spring as a temporary shelter for the summer months 25 km away from Bihac, was set to be shut on Wednesday for winter refurbishing. But Bosnia’s authorities failed to find alternative accommodation for residents.

      The central government wanted the refugees and migrants to temporarily return to the Bira camp in Bihac, which was shut down in October, but local authorities disagreed, saying that other parts of Bosnia should also share the burden of the migrant crisis.

      “Please open the Bira camp so everybody goes there, it’s very good there,” said Yasin, also from Pakistan. “Here it’s cold, we can’t stay here, we don’t have food, we are hungry.”

      The European Union, which had supported Bosnia with 60 million euros to manage the refugee crisis and pledged 25 million euros more, has repeatedly asked the authorities to find an alternative to the unsuitable Lipa camp, warning of an unfolding humanitarian crisis.

      “We urge … the authorities to rise above political considerations and temporarily reopen the centre Bira in Bihac,” the EU said in a statement on Wednesday

      https://www.aljazeera.com/news/2020/12/24/thousands-of-refugees-without-shelter-after-bosnia-camp-burns

    • Bosnie : après l’incendie du camp de Lipa, des centaines de migrants prisonniers du #froid et de la #neige

      Dans le nord de la Bosnie-Herzégovine, des centaines de migrants sont toujours sans solution d’hébergement depuis l’incendie du camp de Lipa le 23 décembre. La situation est extrêmement inquiétante alors que des chutes de neige et des températures glaciales se sont abattues sur la région ce week-end.

      La situation était déjà compliquée dans le camp de Lipa, elle est devenue catastrophique. Dans le nord-ouest de la Bosnie, plusieurs centaines de migrants sont contraints de vivre dans le froid et la neige après l’incendie de ce camp le 23 décembre.

      Ces hommes – originaires d’Afghanistan et du Bangladesh pour la plupart – tentaient samedi de se protéger du froid et du vent en s’enveloppant dans des couvertures et des sacs de couchage, ont observé des journaliste des l’agence Associated Press (AP).

      La Croix-Rouge de Bosnie a distribué des repas aux exilés qui ne survivent que grâce à ces colis alimentaires. La police ne les autorise pas à quitter le site, les empêchant de se rendre dans la ville voisine de Bihac pour acheter quelques denrées alimentaires.

      « Lipa est devenue une prison hivernale », a dénoncé sur Twitter Peter Van der Auweraert, représentant de l’Organisation internationale pour les migrations en Bosnie-Herzégovine. « Les migrants ne sont pas autorisés à quitter le site de Lipa et doivent maintenant faire du feu dans les tentes restantes pour se tenir chaud […] C’est une tragédie totalement inutile », ajoute-t-il.


      https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1343267176321585154

      Dans la grande tente qui a survécu à l’incendie et où dorment désormais les migrants, le toit commence à ployer sous le poids de la neige, met par ailleurs en garde Peter Van der Auweraert, pointant un « terrible accident qui n’attend que de se produire ».
      « Nous vivons comme des animaux »

      L’association No Name Kitchen a indiqué, de son côté, « faire de son mieux pour procurer des vêtements chauds et de la nourriture aux personnes ». « La police a bloqué la route et plus de 1000 personnes se trouvent dans la forêt autour du camp de Lipa », précise l’organisation.


      https://twitter.com/NoNameKitchen1/status/1342890272221523969

      « Nous vivons comme des animaux. Même les animaux vivent mieux que nous ! » a déclaré un Pakistanais à AP qui ne s’est identifié que par son prénom, Kasim. « S’ils ne nous aident pas, nous mourrons, alors aidez-nous s’il vous plaît. »


      https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1342775470899781638

      « Ce n’est pas ainsi que quiconque devrait vivre », a également pointé Peter Van der Auweraert, appelant la classe politique bosnienne au « courage » et à l’"action" pour débloquer la situation et autoriser l’ouverture d’un nouveau centre d’hébergement.

      La capitaine de navire allemande Carola Rackete a également alerté sur les réseaux sociaux sur l’urgence de la situation dans le nord de la Bosnie et appelé à soutenir les associations qui viennent en aide aux exilés.

      https://twitter.com/CaroRackete/status/1343181760167866368

      https://www.infomigrants.net/fr/post/29320/bosnie-apres-l-incendie-du-camp-de-lipa-des-centaines-de-migrants-pris

  • Comienza a funcionar el primero de los siete campamentos de emergencia que Migraciones levanta en Canarias

    Este viernes han comenzado las derivaciones de personas desde la #Casa_del_Marino hasta el recurso de emergencia instalado en el #CEIP_León, en #Las_Palmas de #Gran_Canaria

    El campamento de emergencia para migrantes instalado en el #CEIP León comenzará a funcionar esta noche. En la tarde de este viernes han comenzado las derivaciones desde la Casa del Marino hasta el antiguo colegio ubicado en el barrio de El Lasso, en Las Palmas de Gran Canaria, tal y como han explicado fuentes cercanas al operativo. El Ministerio de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones ha confirmado este primer traslado, pero no ha ofrecido más datos.

    La Casa del Marino comenzó a albergar a migrantes antes de la pandemia, a principios de noviembre de 2019. El espacio se habilitó después de que un fallo de coordinación dejara durmiendo en el Parque Santa Catalina, en la capital grancanaria, a un grupo de 40 personas, entre ellas siete mujeres. En ese momento, la Delegación del Gobierno en Canarias aseguró a este periódico que era «una incógnita» la causa por la que la Policía Nacional no informó de la situación de los migrantes procedentes de Malí y Sierra Leona, que quedaron en la calle y sin ningún recurso alojativo tras pasar 72 horas en la comisaría.

    El recurso, cedido por el Ayuntamiento capitalino, tiene capacidad para 300 personas y es uno de los siete campamentos de acogida que el Ministerio de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones ha comenzado a levantar en el Archipiélago. El ministro José Luis Escrivá explicó que el objetivo es desalojar antes de final de año los hoteles habilitados para acoger de forma temporal a personas llegadas en pateras y cayucos a las Islas. Sin embargo, a partir de 2021, se prevé que estos campamentos sean sustituidos por edificios más estables.

    Gran Canaria contará en total con tres campamentos. Además del CEIP León, Migraciones cuenta con el regimiento Canarias 50, cedido por el Ministerio de Defensa y que tendrá 650 plazas. Por otra parte, #Bankia ha cedido una nave en el Puerto de Las Palmas con una capacidad para 550 personas. Se trata de una nave de cuatro plantas y una superficie total de 7.000 metros cuadrados situada en el Polígono Industrial de El Sebadal que Bankia utilizó como edificio de oficinas y después como centro de formación. En el #Centro_de_Atención_Temporal_para_Extranjeros (#CATE) de #Barranco_Seco, que hasta ahora está siendo gestionado por Interior para la reseña policial, Migraciones contará con 500 plazas, según informó Escrivá en su última visita a Canarias.

    En #Tenerife, Migraciones incorpora a su red de recursos 3.250 plazas en los acuartelamientos de #Las_Canteras y de #Las_Raíces, también cedidos por Defensa.

    El departamento de Escrivá también compartirá espacio con el Ministerio del Interior en #El_Matorral (#Fuerteventura), en un espacio que se podrá dedicar a la acogida humanitaria durante tres años.

    #camps_d'urgence #camp_d'urgence #urgence #réfugiés #asile #migrations #Espagne #Canaries #îles_Canaries

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    voir aussi:
    https://seenthis.net/messages/885310

  • EU policy ‘worsening’ mental health for refugees on Greek islands

    New research says more asylum-seekers stranded in EU’s ‘hotspot’ centres experiencing severe mental health symptoms.

    A prominent humanitarian group has warned of a worsening mental health crisis among asylum-seekers trapped at refugee camps on three Greek islands, saying its research reveals severe symptoms among people of all ages and backgrounds, including depression, post-traumatic stress disorder and self-harm.

    The International Rescue Committee (IRC), in a new report (https://www.rescue-uk.org/courage-to-continue) on Thursday, said nearly 15,000 people remain stranded at the European-Union funded Reception and Identification Centres, camps known as “hotspots” that were set up on Europe’s borders almost five years ago to swiftly process applications for asylum.

    Citing data collected from 904 asylum-seekers supported by its mental health programmes on the islands of Lesbos, Chios and Samos, the IRC said one in three of its clients reported suicidal thoughts, while one in five reported having made attempts to take their lives.

    “I even tried to hang myself but my son saw me and called my husband,” Fariba, a 32-year-old Afghan woman, was quoted as saying. The mother of two young children lives in the Vathy camp in the island of Samos.

    “I think about death a lot here: that it would be a good thing for the whole family, that if I could add a medicine in our food and we all died it would be a deliverance. But then I look at my daughter and I think it is not her time yet,” she said.

    The hotspot centres were established up in 2015, when the Aegean islands, especially Lesbos, came under enormous pressure, with nearly a million refugees and migrants trying to reach Europe arriving on the Greek islands.

    In January of this year, the five camps together hosted more than 38,600 asylum-seekers – a number six times higher than the hotspots’ capacity. The number had reduced significantly by November, yet, asylum seekers still live under “inhumane” conditions and “in great distress, with limited access to food, water and sanitation,” read the report.
    ‘Alarming spike’

    On Lesbos, thousands of people live in a temporary camp after a fire burned down their overcrowded facility known as the Moria refugee camp. With winter in full swing, many people now live in tents battered by winds and flooding, the report said, adding an even deeper sense of exhaustion and frustration. On Sunday, the camp of Kara Tepe in Lesbos – where more than 7,000 people live – was flooded for the third time after three days of rain amid stormy weather conditions.

    Mohammad, a 23-year-old Syrian asylum seeker who fled the city of Idlib in 2019, told Al Jazeera how he is affected by depression and sleeping disorders.

    “How could my mental health not be affected? When you wake up and find a rat on your chest, when you are constantly waiting [for your legal status to proceed], when rain is pouring into your tent for days, you have no toilet but just garbage around you?” he said, asking his surname to be withheld as his second attempt to gain residency is under way.

    This is the second winter Mohammad has spent in a self-made wooden hut in what is known as “the jungle” in the island of Samos. The 600-people capacity camp, located on a hill, comprises of tents made out of recycled material and houses more than 3,000 people.

    Mohammad said there were high level of distress and constant fear of possible violent escalations among the residents of the camp. “We need some sort of improvement as it is getting difficult to control the anger,” he said.

    The coronavirus pandemic and the strict restrictions on movement has inflicted further blows.

    The IRC reported an “alarming spike” in the number of people disclosing psychotic symptoms following the pandemic, jumping from one in seven to almost one in four. There was also a sharp rise in people reporting self-harm, which jumped by 66 percent, as well as a surge in those reporting symptoms of PTSD, which climbed from close to half of clients beforehand to almost two in three people.

    These severe symptoms of mental health negatively affect people’s ability to cope with the many challenges they face at the hotspot centres, such as standing in line for hours to get food, or successfully navigate the complex asylum process, the report said.
    ‘Trauma of hotspot centres’

    “Such stressful situation triggers a sort of re-traumatisation,” said Essam Daod, a psychiatric and mental health director of Humanity Crew, an NGO providing first response mental health interventions to refugees in Samos.

    “You left home because you felt hopeless, unsafe and with a massive distrust with the system. You reached Europe and you start to stabilise your mood, but then COVID-19 destroyed all of this triggering the same feeling they had when they were fleeing their own country,” he said.

    IRC found that mental health issues can also cause high levels of stigma and discrimination, while increasing vulnerability to exploitation or violence, including sexual violence.

    Children are also bearing the brunt of the the worsening crisis.

    “When parents break down, it has a major impact on children,” said Thanasis Chirvatidis, a psychologist with Doctors Without Borders who has been working in Lesbos since August.

    Children perceive parents who experience psychological collapse as being unable to protect them, said Chirvatidis. The result is an increasing number of children are developing symptoms such as hopeless, insomnia, night terrors and regression symptoms as they go backwards at an earlier mental state where they had better memories and felt safer.

    All of the people in the hotspot centres – adult and children alike – “even those who had a sense of normalcy in their life before, at this point will need support in the future for sorting what they are going through here, which has now become a trauma itself,” said Chirvatidis.

    https://www.aljazeera.com/news/2020/12/17/eus-refugee-policy-on-greek-islands-worsening-mental-health

    #Moria #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés #îles #Lesbos #Mer_Egée #Grèce #traumatisme #trauma #hotspots #rapport

    ping @_kg_

    • Thousands of refugees in mental health crisis after years on Greek islands

      One in three on Aegean isles have contemplated suicide amid EU containment policies, report reveals
      https://i.guim.co.uk/img/media/b1b9c9d90a1caa8f531cc8964d98aa5f334fc711/0_212_3500_2100/master/3500.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=cdabee9ba1451c3fdb469b

      Years of entrapment on Aegean islands has resulted in a mental health crisis for thousands of refugees, with one in three contemplating suicide, a report compiled by psychosocial support experts has revealed.

      Containment policies pursued by the EU have also spurred ever more people to attempt to end their lives, according to the report released by the International Rescue Committee (IRC) on Thursday.

      “Research reveals consistent accounts of severe mental health conditions,” says the report, citing data collated over the past two and a half years on Lesbos, Samos and Chios.

      Depression, post-traumatic stress disorder (PTSD) and self-harm “among people of all ages and backgrounds” have emerged as byproducts of the hopelessness and despair on Europe’s eastern borderlands, it says.

      “As many as three out of four of the people the IRC has assisted through its mental health programme on the three islands reported experiencing symptoms such as sleeping problems, depression and anxiety,” its authors wrote.

      “One in three reported suicidal thoughts, while one in five reported having made attempts to take their lives.”

      In a year upended by coronavirus and disastrous fires on Lesbos – about 13,000 asylum seekers were temporarily displaced after the destruction of Moria, the island’s infamous holding centre – psychologists concluded that the humanitarian situation on the outposts had worsened considerably.

      The mental health toll had been aggravated by lockdown measures that had kept men, women and children confined to facilities for much of 2020, they said.

      Previously, residents in Moria, Europe’s biggest refugee camp before its destruction, had participated in football games outside the facility and other group activities.

      Noting that the restrictions were stricter for refugees and migrants than those applied elsewhere in Greece, IRC support teams found a marked deterioration in the mental wellbeing of people in the camps since rolling lockdowns were enforced in March.

      “Research demonstrates how the onset of the Covid-19 pandemic further exacerbated the suffering of already vulnerable asylum seekers and exposed the many flaws in Europe’s asylum and reception system,” the report says.

      Over the year there has been a rise in the proportion of people disclosing psychotic symptoms, from one in seven to one in four. Disclosures of self-harm have increased by 66%.

      The IRC, founded by Albert Einstein in 1933 and now led by the former British foreign secretary David Miliband, said the findings offered more evidence of the persistent political and policy failures at Greek and EU level.

      Five years after authorities scrambled to establish reception and identification centres, or hotspots, on the frontline isles at the start of the refugee crisis, about 15,000 men, women and children remain stranded in the installations.

      Describing conditions in the camps as dangerous and inhumane, the IRC said residents were still denied access to sufficient water, sanitation, shelter and vital services such as healthcare, education and legal assistance to process asylum claims.

      On Lesbos, the island most often targeted by traffickers working along the Turkish coast, government figures this week showed an estimated 7,319 men, women and children registered in a temporary camp erected in response to an emergency that has been blamed on arsonists.

      Three months after the fires, more than 5,000 people have been transferred to the mainland, according to Greek authorities.

      Of that number, more than 800 were relocated to the EU, including 523 children who had made the journey to Europe alone and were also held in Moria.

      Many had hoped the new camp would be a vast improvement on Moria, whose appalling conditions and severe overcrowding earned it global notoriety as a humanitarian disaster.

      But the new facility, located on a former firing range within metres of the sea, has drawn condemnation from locals and NGOs.

      “The winds hit it, the rains hit it and there’s no shade, which is why this place is unsuitable for any camp to be,” the island’s mayor, Stratis Kitilis, said.

      “It’s right next door to all the warehouses, transport companies and supermarkets that keep Lesbos going. No one wants it there.”

      This month the EU announced it was working with Athens’ centre-right administration to replace the installation with a modern structure that will open next September. New reception and identification centres will also be built on Samos, Kos and Lesbos. “They say it’ll be nothing like Moria and will be more of a transfer stop, but late next year is a very long time,” said Kitilis.

      Kiki Michailidou, the psychologist in charge of the IRC’s psychosocial support programmes on Lesbos, agreed that the conditions were far from dignified.

      As winter approached, camp residents were resorting to ever more desperate measures to keep warm, she said, while also being forced to stand in long queues for food and communal toilets.

      With camp managers moving families into giant tents, social distancing remains elusive. “A lot of people fear the unknown again,” Michailidou said.

      “Moria was terrible but it was also a familiar place, somewhere they called their home. After the fires they lost their point of reference and that has had a significant impact on their mental health too.”

      The IRC report calls for European policymakers to learn from past failings. While the EU’s new pact on asylum and migration is a step in the right direction, it says, it still falls short of the bloc managing migration in a humane and effective way.

      Echoing that sentiment, Michailidou said: “After the fires we saw what could happen. There were transfers to the mainland and children were relocated to other parts of Europe. That’s proof that where there’s political will and coordinated action, the lives of people in these camps can be transformed.”

      https://www.theguardian.com/global-development/2020/dec/17/thousands-refugees-mental-crisis-years-greek-islands

  • Le jeu de bonneteau du projet de #loi_de_finance #2021

    La lettre de démission du directeur général de la recherche et de l’innovation, B. #Larrouturou (https://seenthis.net/messages/888341), sitôt la loi de programmation de la recherche adoptée, éclaire d’un jour nouveau les #dysfonctionnements chroniques du ministère : les hauts fonctionnaires des administrations centrales n’ont eu aucun contact avec la ministre depuis six mois, cette dernière étant maintenue à l’isolement par le cabinet qui lui a été imposé par l’Elysée. On comprend dans ces conditions que Mme #Vidal ait fait porter les #amendements délétères de son groupe d’influence, la défunte #Curif devenue l’#Udice, par des parlementaires centristes.

    Les universitaires et les chercheurs ont eu la surprise de recevoir un “courrier destiné à l’ensemble des personnels de Madame #Frédérique_Vidal” (sic), truffé de fautes d’orthographe et de syntaxe, rassemblant l’ensemble des éléments de langage budgétaires égrenés par la ministre depuis un an. Leur réfutation, fastidieuse mais nécessaire, a été menée avec sérieux par le rapporteur au Sénat Jean-François Rapin (http://www.senat.fr/rap/l20-138-324/l20-138-3241.pdf), qui a mis à jour l’essentiel des #manipulations_budgétaires. On comprend mal, dans ces conditions, que le groupe Les Républicains ait voté ce #budget, en le conditionnant à l’adoption d’un amendement (http://www.senat.fr/enseance/2020-2021/137/Amdt_II-993.html) aussi absurde qu’injuste prélevant 20 millions à l’#Université au profit des #organismes_de_recherche.

    La #désinformation ne repose pas tant sur des chiffres erronés que sur un projet de loi confus, une comptabilité illisible et un budget insincère. L’angle d’attaque du sénateur Rapin est le bon : la #Loi_de_Programmation_de_la_Recherche ne programme strictement rien. Son volet budgétaire — qui fixe un #plafond bien plus qu’un #plancher — n’a été là que pour camoufler le plus longtemps possible la visée de la loi : dérégulation statutaire et généralisation des contrats. Relevons ici quelques faits saillants.

    Les #postes statutaires — 242 postes de chargés de recherche #CNRS seront ouverts au #concours en 2021 (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042593121) : 51 de moins qu’il y a 3 ans, 117 de moins qu’il y a 10 ans. 60 postes de chargés de recherche à l’#Inserm (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042660370) soit 15 de moins qu’en 2014. Le projet de loi de finance prévoit un plafond d’autorisation d’#emplois de 266 619 soit 11 de moins que l’an dernier. Et pour cause, depuis des années, comme le souligne la Cour des Comptes (https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-04/NEB-2019-Recherche-enseignement-superieur.pdf), 20’000 emplois programmés à l’Université ne sont pas créés, faute de moyens. Les 315 emplois supposés être créés dans la #fonction_publique en 2021 (5 200 en 10 ans) par la #LPR sont donc dérisoires et n’existeront probablement même pas, de nouveaux “#gels” de #postes_pérennes compensant les nouveaux #emplois_contractuels (« #tenure_tracks » et doctorants).

    Les #crédits — Dans le projet de loi de finance (http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3642_projet-loi.pdf), les crédits de paiement de la #Mission_Recherche_et_Enseignement_Supérieur décroissent de 28 664 milliards € à 28 488 milliards €, soit -0,6%, quand l’#inflation devrait être de 0,75% et le glissement vieillesse technicité de 0,45%. Le budget de l’Université (programme 150) croît de 244 millions € parmi lesquels 164 millions € pour les mesures de la LPR [1]. Or, l’inflation correspond à 105 millions € et le #glissement_vieillesse_technicité à 56 millions soit -161 millions €. Le plan de #revalorisations et de #promotions des #carrières scientifiques n’est donc pas financé, et sera compensé par la suppression de postes statutaires. Le budget de la #recherche_publique (programme 172) croît de 221 millions € [2]. 60 millions € serviront à résorber un trou dans la #masse_salariale du CNRS, qui y a consommé son fond de roulement ces dernières années. Ne restent pour les mesures de la LPR que 79 millions €. L’inflation correspond à 54 millions € et le glissement vieillesse technicité à 48 millions €, soit -101 millions €. Le plan de revalorisations et de promotions des carrières scientifiques devra donc prélever dans les #crédits_récurrents. En 2021, les crédits de l’#Agence_Nationale_de_la_Recherche (#ANR) augmenteront de 35 millions €. L’augmentation du taux de succès à l’ANR en 2021 ne sera logiquement financée que dans les budgets ultérieurs [3].

    Le #plan_de_relance — Le budget du projet de loi de finances 2021, médiocre, n’a pu être présenté en hausse qu’en mobilisant des crédits du plan de relance (hors LPR, donc) [4] qui proviennent essentiellement de #crédits_européens encore non votés (https://www.budget.gouv.fr/documentation/file-download/6187). Le budget européen pour la recherche est lui même passé de 100 milliards € escomptés à 76 milliards € en juillet puis 80 milliards € en novembre sans que l’on connaisse encore la ventilation entre recherche publique et privée. Impossible, donc, de faire un bilan factuel, prenant en compte les effets budgétaires du Brexit. Dans le plan de relance, 805 millions € sont consacrés à la recherche, qui s’ajoutent aux 1 250 millions d’euros en provenance du #Programme_d’investissements_d’avenir (#PIA). 247 millions € sont dédiés à l’#enseignement_supérieur en 2021, qui s’ajoutent aux 125 millions € du PIA. En 2021, 900 millions € seront consacrés à la #rénovation_énergétique des #bâtiments universitaires, en procédant par appel à projet plutôt que par un recensement des bâtiments vétustes. Cela reste excessivement loin des 6,4 milliards € annoncés par Mme Vidal dans son courrier, dont ni le rapporteur du Sénat, ni nous, n’avons trouvé la trace. Parmi ces sommes, 300 millions € sont supposés être consacrés à la préservation de l’#emploi_privé en #recherche_et_développement (#R&D), qui seront difficilement dépensés, la plupart de ces emplois étant déjà financés par le #Crédit_d’Impôt_Recherche (#CIR). Dernier élément notable, la montée en charge rapide des #prêts_étudiants garantis par l’État annonce l’arrivée du dernier volet de transformation du supérieur : l’augmentation des #frais_d’inscription.

    Reçu via la mailing-list RogueESR, 14.12.2020
    #ESR #université #facs #mensonges #chiffres

  • L’Union européenne exhorte la Bosnie à loger plus de 3 300 migrants qui subissent le #froid et la #neige

    L’Union européenne a exhorté mercredi la Bosnie à loger au chaud plus de 3 300 migrants menacés par des températures glaciales, alors que le pays connait une vague de froid. L’UE met en garde les autorités contre une « crise humanitaire ».

    « La crise humanitaire devient une réalité en raison du manque d’action (...). Nous exhortons les autorités à agir d’urgence pour sauver des vies. » Par ces mots, la délégation de l’Union européenne (UE) en Bosnie hausse le ton contre les autorités du pays.

    Dans la région de #Bihac, à la frontière avec la Croatie, où la plupart des migrants sont massés dans l’espoir d’entrer sur le territoire européen, la température descendra à 0°C dans les prochains jours, selon les prévisions météorologiques. Le froid, accompagné de neige, met « sérieusement en danger la vie de plus de 2 000 personnes qui dorment dehors, dans des conditions désastreuses », insiste la délégation dans un communiqué publié mercredi 9 décembre : http://europa.ba/?p=70989

    Ces personnes vivent soit en #forêt, sous des #tentes, soit dans des #abris_de_fortune, des #bâtiments_abandonnés et des #squats.

    « Rien n’a été prévu pour l’hiver »

    Par ailleurs, 1 300 migrants sont logés dans un centre d’accueil à #Lipa, près de Bihac, qui n’a pas été préparé pour les conditions hivernales, selon la même source. Le site n’est équipé ni d’électricité, ni d’eau courante.

    « Le camp de tentes a été construit pour le printemps et l’été en réponse au Covid-19. Rien n’a été prévu pour l’hiver », signalait déjà fin novembre sur Twitter Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’Organisation internationale pour les Migration (OIM) en Bosnie-Herzégovine. « Une solution alternative est nécessaire rapidement », réclamait-il.


    https://twitter.com/PeterAuweraert/status/1329927548264964097

    La délégation, qui affirme que les moyens de l’Union européenne mis à la disposition des autorités locales existent, appelle le gouvernement à loger de nouveau un certain nombre de migrants dans un centre d’accueil de #Bira, non loin de la ville de Bihac.

    Ce centre a été fermé fin septembre par les autorités locales, un mois et demi avant les élections municipales, pour répondre à une pression croissante des habitants. Deux migrants avaient été tués dans des affrontements entre des exilés afghans et pakistanais lors du démantèlement du camp de Bira.

    Une baisse de près de 50% des arrivées cette année

    La construction d’un autre centre d’accueil, envisagé à un moment dans la région de #Tuzla (nord-est), est également nécessaire afin de loger tout le monde, selon la délégation.

    Le ministère bosnien de la sécurité avait indiqué début décembre que plus de 6 600 migrants étaient logés dans plusieurs centres d’accueil, dans la région de Bihac, de Sarajevo et de Mostar (sud).

    Depuis 2018, la Bosnie est traversée chaque année par des milliers de migrants fuyant les guerres et la pauvreté dans leurs pays au Proche-Orient, en Asie et en Afrique. Selon les statistiques du ministère de la sécurité, environ 15 000 migrants ont été enregistrés à leur arrivée dans le pays depuis le début de l’année, soit une baisse de près de 50% par rapport à la même période en 2019.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/29020/l-union-europeenne-exhorte-la-bosnie-a-loger-plus-de-3-300-migrants-qu

    #hypocrisie #UE #EU #Union_européenne #asile #migrations #réfugiés #Balkans #route_des_balkans #Bosnie #logement #hébergement #hiver

    • EU in BiH statement on migration: Authorities need to act with the utmost urgency

      The EU in Bosnia and Herzegovina expresses concern about the migration situation in the country. The humanitarian crisis is becoming a reality because of the lack of action of the authorities of Bosnia and Herzegovina.

      The current weather conditions seriously put at risk the lives of over 2,000 persons sleeping outside in dire conditions and of the 1,300 persons located at the temporary Lipa facility, which is unsuitable for winter as the authorities failed to ensure that the necessary conditions are in place.

      This risks further impacting the overall security situation as well as the humanitarian crisis, in times of the COVID-19 pandemic.

      Solutions exist and the EU is ready to support Bosnia and Herzegovina in the necessary actions.

      As an immediate priority, we urge the authorities of Bosnia and Herzegovina to temporarily relocate the refugees and migrants currently in Lipa to the EU-funded reception centre “Bira” in Bihać, which was unlawfully emptied by the Cantonal authorities on 30 September 2020 and which is ready to host them.

      In addition, the authorities of Bosnia and Herzegovina should fulfil their commitment to open an additional reception centre in Ciljuge near Tuzla in order to ensure shelter for all persons in need in the coming winter.

      The EU has provided considerable financial and technical support to Bosnia and Herzegovina to better manage migration and asylum and assist citizens in coping with the challenging situation.

      We urge the authorities to act with the utmost urgency to save lives. The EU will continue to stand by all citizens and support the authorities of Bosnia and Herzegovina in coping with the challenging situation.

      http://europa.ba/?p=70989

  • Les magnats de la tech chinoise sous surveillance étatique
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/11/30/les-magnats-de-la-tech-chinoise-sous-surveillance-etatique_6061592_3234.html

    Pékin a engagé depuis quelques semaines une reprise en main de ses héros de l’Internet, jugés trop hégémoniques. Avec en ligne de mire, notamment, les géants du e-commerce et son porte-étendard, Jack Ma, le (trop) puissant fondateur d’Alibaba. Le vent tourne pour les géants de la Tech chinoise. Enfants jusqu’ici chéris d’un régime dont ils symbolisent à la fois la grandeur et la réussite, Alibaba, Tencent, Meituan et autre JD.com sont victimes de leur succès. A la surprise générale, leur père spirituel, le (...)

    #AntFinancial #Alibaba #JD.com #Tencent #WeChat #Meituan #domination #finance (...)

    ##consommation

  • CNES Géoimage Nouvelles ressources

    Dans une situation difficile, tendue et régressive, les cours en présentiel sont impossibles, les bibliothèques, universitaires en particulier, et les librairies sont fermées et les risques de décrochages se multiplient. Dans ce contexte, le site Géoimage du CNES (Centre Nat. d’Etudes Spatiales) met à disposition en ligne plus de 300 dossiers réalisés par 165 auteurs sur 86 pays et territoires. Pour votre information, voici les derniers dossiers réalisés ces deux derniers mois. Ils constituent peut être une ressource utile pour vos étudiants. En restant a votre disposition.

    1. Nouveaux dossiers en ligne

    #Frontières : entre #guerres, #tensions et #coopérations

    #Pakistan-#Inde-#Chine. Le massif du #K2 et le #Glacier_Siachen : #conflits_frontaliers et affrontements militaires sur le « toit du monde » (L. Carroué )

    https://geoimage.cnes.fr/fr/pakistan-inde-chine-le-massif-du-k2-et-le-glacier-siachen-conflits-fro

    Pakistan-Chine. La #Karakoram_Highway : un axe transfrontalier géostratégique à travers l’#Himalaya (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/pakistan-chine-la-karakoram-highway-un-axe-transfrontalier-geostrategi

    #Afghanistan/ #Pakistan/ #Tadjikistan - Le corridor de #Wakhan : une zone tampon transfrontalière en plein Himalaya (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/afghanistan-pakistan-tadjikistan-le-corridor-de-wakhan-une-zone-tampon

    Affrontement aux sommets sur la frontière sino-indienne, autour du #Lac_Pangong_Tso dans l’Himalaya (F. Vergez)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/affrontement-aux-sommets-sur-la-frontiere-sino-indienne-sur-le-lac-pan

    #Brésil - #Argentine#Paraguay. La triple frontière autour d’#Iguazu : un des territoires transfrontaliers les plus actifs au monde (C. Loïzzo)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/bresil-argentine-paraguay-la-triple-frontiere-autour-diguazu-un-des-te

    #Grèce#Turquie. Les îles grecques de #Samos et #Lesbos en #mer_Egée : tensions géopolitiques frontalières et flux migratoires (F. Vergez)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/grece-turquie-les-iles-grecques-de-samos-et-lesbos-en-mer-egee-tension

    #Jordanie/ #Syrie : guerre civile, frontière militarisée et #camps_de_réfugiés de #Zaatari (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/jordanie-syrie-guerre-civile-frontiere-militarisee-et-camps-de-refugie

    Frontières : France métropolitaine et outre-mer

    #Calais : un port de la façade maritime européenne aux fonctions transfrontalières transmanches (L. Carbonnier et A. Gack)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/hauts-de-france-calais-un-port-de-la-facade-maritime-europeenne-aux-fo

    L’Est-#Maralpin : un territoire transfrontalier franco-italo-monégaste au cœur de l’arc méditerranéen (F. Boizet et L. Clerc)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/lest-maralpin-un-territoire-transfrontalier-franco-italo-monegaste-au-

    La principauté de #Monaco : le défi du territoire, entre limite frontalière, densification et extensions urbaines maritimes (P. Briand)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/la-principaute-de-monaco-le-defi-du-territoire-entre-limite-frontalier

    #Guyane_française/ Brésil. La frontière : d’un territoire longtemps contesté à une difficile coopération régionale transfrontalière (P. Blancodini )

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/guyane-francaise-bresil-la-frontiere-un-territoire-longtemps-conteste-

    (Frontières. Pages concours - Capes, Agrégations)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/les-frontieres

    Enjeux géostratégiques et géopolitiques

    Pakistan. #Gwadar : un port chinois des Nouvelles Routes de la Soie dans un #Baloutchistan désertique et instable (C. Loïzzo)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/pakistan-gwadar-un-port-chinois-des-nouvelles-routes-de-la-soie-dans-u

    #Chine. L’archipel des #Paracels : construire des #îles pour projeter sa puissance et contrôler la #Mer_de_Chine méridionale (L. Carroué)

    Chine - L’archipel des Paracels : construire des îles pour projeter sa puissance et contrôler la Mer de Chine méridionale

    #Kings_Bay : la grande base sous-marine nucléaire stratégique de l’#Atlantique (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-kings-bay-la-grande-base-sous-marine-nucleaire-strategique-

    #Kitsap - #Bangor : la plus grande #base_sous-marine nucléaire stratégique au monde (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-kitsap-bangor-la-plus-grande-base-sous-marine-nucleaire-str

    #Djibouti / #Yémen. Le détroit de #Bab_el-Mandeb : un verrou maritime géostratégique entre la #mer_Rouge et l’#océan_Indien (E. Dallier et P. Denmat)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/djiboutiyemen-le-detroit-de-bab-el-mandeb-un-verrou-maritime-geostrate

    #Abu_Dhabi : une ville capitale, entre mer et désert (F. Tétart)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/emirats-arabes-unis-abu-dhabi-une-ville-capitale-entre-mer-et-desert

    France et #DROM : dynamiques et mutations

    Languedoc. #Cap_d’Agde : une station touristique au sein d’un littoral très aménagé en région viticole (Y. Clavé)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/languedoc-cap-dagde-une-station-touristique-au-sein-dun-littoral-tres-

    Le sud-est de la #Grande-Terre : les plages touristiques et les #Grands_Fonds, entre survalorisation, inégalités et développement durable (J. Fieschi et E. Mephara)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/guadeloupe-le-sud-est-de-la-grande-terre-les-plages-touristiques-et-le

    #Normandie. #Lyons-la-Forêt et son environnement : entre #Rouen et Paris, un espace rural sous emprise forestière (T. Puigventos)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/normandie-lyons-la-foret-et-son-environnement-entre-rouen-et-paris-un-

    #PACA. L’agglomération de #Fréjus - #Saint-Raphaël : un #littoral méditerranéen touristique urbanisé (S. Revert)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/paca-lagglomeration-de-frejus-saint-raphael-un-littoral-mediterraneen-

    #Tourisme et #patrimonialisation dans le monde

    #Portugal#Lisbonne : la capitale portugaise aux défis d’une #touristification accélérée et d’une patrimonialisation accrue (J. Picollier)

    Portugal - Lisbonne : la capitale portugaise aux défis d’une touristification accélérée et d’une patrimonialisation accrue

    #Floride : le Sud-Ouest, un nouveau corridor touristique et urbain (J.F. Arnal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-floride-le-sud-ouest-un-nouveau-corridor-touristique-et-urb

    #Alaska. Le #Mont_Denali : glaciers, #parc_national, #wilderness et changement climatique (A. Poiret)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/alaska-le-mont-denali-glaciers-parc-national-wilderness-et-changement-

    #Ile_Maurice. Le miracle de l’émergence d’une petite île de l’#océan_Indien (M. Lachenal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/ile-maurice-le-miracle-de-lemergence-dune-petite-ile-de-locean-indien

    Le #Grand-Prismatic du Parc National du #Yellowstone : entre wilderness, protection, patrimonialisation et tourisme de masse (S. Sangarne et N. Vermersch)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-le-grand-prismatic-du-parc-national-du-yellowstone-entre-wi

    #Maroc. Contraintes, défis et potentialités d’un espace désertique marocain en bordure du Sahara : Ouarzazate (M. Lachenal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/maroc-contraintes-defis-et-potentialites-dun-espace-desertique-marocai

    2. Nouvelle rubrique : « Images A la Une »

    La rubrique Image A La Une a pour objectif de mettre en ligne une image satellite accompagnée d’un commentaire en lien avec un point d’actualité et qui peut donc être facilement mobilisée en cours (cf. incendies de forêt en Australie en janv./ 2020, impact du Coronavirus en avril 2020).

    Fabien Vergez : Affrontements aux sommets sur la frontière sino-indienne, sur le lac Pangong Tso dans l’Himalaya

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/affrontement-aux-sommets-sur-la-frontiere-sino-indienne-sur-le-lac-pan

    Virginie Estève : Les "#Incendies_zombies" en #Arctique : un phénomène surmédiatisé qui alerte sur le réchauffement climatique.

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/incendies-zombies-en-arctique-un-phenomene-surmediatise-qui-alerte-sur

    3. Ouverture d’une nouvelle rubrique : « La satellithèque »

    Le site Géoimage du CNES se dote d’une nouvelle rubrique afin d’enrichir son offre. A côté des images déjà proposées dans les rubriques "dossiers thématiques" ou "Images A la Une", le site Géoimage du CNES met en ligne comme autres ressources des images brutes non accompagnées d’un commentaire ou d’une analyse.

    L’objectif de cette #Satellithèque est d’offrir au plus grand nombre - enseignants, universitaires, chercheurs, étudiants, grand public... - de nombreuses images de la France et du monde. Ainsi, progressivement, dans les mois qui viennent des centaines d’images nouvelles seront disponibles et téléchargeable directement et gratuitement en ligne afin d’accompagner leurs travaux, recherches ou voyages.

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/satellitheque

    4. Ouverture de comptes Twitter et Instagram

    Suivez et partagez l’actualité du site GeoImage à travers Twitter / Instagram, que ce soit de nouvelles mises en ligne ou des évènements autour de ce projet. La publication de nouveaux dossiers et leurs référencements, tout comme la publication de notules dans images à la une est accompagnée de brèves sur ces réseaux sociaux

    Ci-dessous les identifiants pour s’abonner aux comptes Twitter et Instagram

    Compte twitter : @Geoimage_ed

    Compte Instagram : geoimage_ed

    #images_satellitaires #visualisation

    #ressources_pédagogiques