• Lo #sgombero della #tendopoli di #san_ferdinando@0
    https://radioblackout.org/podcast/lo-sgombero-della-tendopoli-di-san-ferdinando

    Nella puntata di oggi di Harraga raccontiamo dello sgombero della tendopoli di San Ferdinando, avvenuto un mese fa, il 30 luglio. La prima tendopoli era stata istituita nel 2012, due anni dopo la rivolta di #rosarno; questo è il quarto sgombero nella storia di un insediamento dove negli anni hanno abitato migliaia di persone, perlopiù […]

    #campagne_in_lotta
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/harraga-tendopoli-1-28.8.26.mp3

  • L’accord de migration entre l’Italie et l’Albanie : un #échec et d’une #cruauté sans nom

    La #délocalisation du traitement des demandes d’asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la #sécurité, la #liberté et les #droits_humains de ces personnes, souligne #Amnesty_International dans un #rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de l’Union européenne (UE) axées de longue date sur l’exclusion et le confinement.

    Le rapport intitulé "Italy : Extraterritorial migration detention and human rights obligations" (https://www.amnesty.org/en/documents/eur30/1365/2026/en) se penche sur l’accord de 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes, qui a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.

    « La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains, a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

    « Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées. »

    Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales.
    Une cruauté inutile

    Entre octobre 2024 et janvier 2025, l’Italie a mené trois opérations en mer et a procédé au transfert forcé de 74 personnes directement depuis les eaux internationales vers l’Albanie, en vertu de cet accord. À la suite de nombreuses décisions de la justice italienne annulant les mandats de placement en détention visant ces personnes, l’Italie a mis fin aux transferts vers l’Albanie depuis la haute mer.

    Cependant, en mars 2025, le gouvernement italien a modifié l’accord afin d’autoriser la détention en Albanie d’hommes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie. En conséquence, au cours des 15 derniers mois, plusieurs centaines d’hommes (plus de 500 selon certaines sources), pour la plupart racisés, ont été transférés de force vers le centre de détention albanais de Gjadër.

    Entre le 11 avril et le 16 mai 2025, 42 faits graves ont été recensés au centre de Gjadër, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été blessées par des éclats de verre, ainsi que divers cas d’automutilation.

    Le gouvernement italien a fait obstacle au suivi indépendant de la mise en œuvre de l’accord, notamment en restreignant le contrôle parlementaire et en contournant les procédures législatives ordinaires. Comme l’accès et le contrôle des observateurs·trices indépendants des droits humains sont limités, on ignore en grande partie ce qui se passe dans les centres de détention albanais.
    Bien que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne, leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocat·e·s, aux tribunaux et à d’autres garanties, compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice.

    Un avocat interrogé par Amnesty International a expliqué qu’il n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense. Selon lui, les procès-verbaux des audiences d’asile montrant que des personnes interrogées répondaient par monosyllabes indiquaient qu’elles avaient été intimidées.

    « Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées, ce qui est tout à fait compréhensible. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie.
    Atteintes à l’état de droit

    Les tribunaux italiens et la Cour de justice de l’UE ont estimé que les règles et pratiques italiennes relatives aux demandes d’asile déposées par des ressortissant·e·s de pays désignés par l’Italie comme « sûrs » (ce qui entraîne un traitement accéléré de ces demandes) étaient incompatibles avec le droit applicable de l’UE et ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour les demandeurs·euses.

    Malgré les décisions répétées des tribunaux italiens ordonnant la libération des personnes placées en détention en Albanie, le gouvernement italien a poursuivi la mise en œuvre de l’accord. Il a tenté de limiter le contrôle des tribunaux quant à la désignation des « pays sûrs » en recourant à des dispositions de la législation destinées aux situations d’urgence, sans justifier les atteintes à l’état de droit.

    Des personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie et déjà détenues dans ce pays ont également été soumises à des transferts extraterritoriaux illégaux, en dehors du cadre prévu par le droit national et européen.

    « Il est absolument clair que le modèle italo-albanais est impossible à mettre en œuvre dans le respect des obligations de l’Italie en matière de droits humains. Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet [1] visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a déclaré Eve Geddie.

    « Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie, mettre en œuvre des solutions autres que la détention des personnes migrantes qui, aux termes du droit international, doit rester une mesure de dernier recours, et garantir à toutes les personnes en quête de protection internationale l’accès à une procédure d’asile efficace et non discriminatoire ainsi qu’à un accueil digne sur le territoire italien. Tous les réfugié·e·s et migrant·e·s devraient pouvoir bénéficier de garanties juridiques efficaces et d’un contrôle indépendant. »
    Complément d’information

    L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.

    Le ministère italien de l’Intérieur ayant rejeté à plusieurs reprises les demandes d’accès pour Amnesty International à ces centres de détention en Albanie, invoquant des raisons de sécurité et d’ordre public, nos recherches s’appuient sur la correspondance échangée avec le ministère de l’Intérieur, l’examen de documents judiciaires, les informations échangées au sein du réseau de la société civile Tavolo Asilo e Immigrazione, les rapports de parlementaires et de médiateurs·trices, et sur des entretiens menés avec des agences des Nations unies et deux avocats représentant des personnes détenues à Gjadër.

    https://www.amnesty.be/infos/actualites/italie-albanie-migration-deal
    #migrations #asile #réfugiés #Italie #Albanie #détention_administrative #rétention #transfert_forcé #assistance_juridique #conditions_de_vie #automutilation #tentatives_de_suicide #suicide #justice #Gjadër #Etat_de_droit #traumatisme

    –-
    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie :
    https://seenthis.net/messages/1043873

  • San Ferdinando, sgombero della tendopoli
    https://www.meltingpot.org/2026/07/san-ferdinando-sgombero-della-tendopoli

    Piana di Gioia Tauro – Il superamento dell’insediamento informale è una notizia attesa da anni. Restano però senza risposta questioni decisive per le condizioni di vita dei lavoratori braccianti: dove andranno le persone che le palazzine non potranno contenere, e con quali garanzie di lavoro, residenza e continuità di soggiorno? È iniziato il 29 luglio lo sgombero della tendopoli di San Ferdinando, nella Piana di Gioia Tauro. Circa cento persone lasceranno l’insediamento informale e una parte di loro sarà ricollocata nelle palazzine di Contrada Serricella, a Rosarno, costruite con fondi europei per l’immigrazione e rimaste per anni vuote in attesa

    • È iniziato il 29 luglio lo sgombero della tendopoli di San Ferdinando, nella Piana di Gioia Tauro. Circa cento persone lasceranno l’insediamento informale e una parte di loro sarà ricollocata nelle palazzine di Contrada Serricella, a Rosarno, costruite con fondi europei per l’immigrazione e rimaste per anni vuote in attesa di assegnazione. Il provvedimento dà attuazione ai decreti 228 e 238 del 6 e 23 marzo 2026, adottati nell’ambito del cosiddetto “#Decreto_Caivano” – convertito in legge il 13 novembre 2023 e presentato dal Governo Meloni come risposta al disagio giovanile e alla criminalità nelle periferie.

      La tendopoli nacque dopo la rivolta di Rosarno del gennaio 2010 e fu realizzata dal Ministero dell’Interno come soluzione emergenziale. Da allora è stata smantellata e ricostruita più volte: l’ultimo grande sgombero risale al marzo 2019, quando l’allora ministro dell’Interno Matteo Salvini in un impeto di propaganda fece arrivare le #ruspe. Ogni volta, alla distruzione è seguita la rinascita dell’insediamento, in un ciclo che associazioni e sindacati denunciano da oltre un decennio.

      Nel mezzo, una scia di incendi e di morti: nelle baracche di legno e lamiera, scaldate d’inverno da bracieri e stufe di fortuna, hanno perso la vita #Becky_Moses, #Suruwa_Jaiteh e #Moussa_Ba. Le gravi condizioni igienico-sanitarie in cui le persone sono state costrette a vivere per anni, senza acqua potabile né corrente elettrica, sono l’esito di un percorso di accoglienza fallimentare, deterioratosi nel tempo fino al completo abbandono istituzionale.

      Il superamento del modello della tendopoli è in sé uno sviluppo positivo. Ma la mancanza di percorsi certi, individualizzati e di lungo periodo per gli abitanti rischia di riprodurre, ancora una volta, marginalità, esclusione e ghettizzazione.

      Emergency che lavora accanto alla popolazione della tendopoli dal 2011 con uno sportello di orientamento socio-sanitario, continua a chiedere soluzioni strutturali per chi lavora nel territorio della Piana. Si tratta di #braccianti che risiedono stabilmente da anni in Italia, in regola con le norme in materia di immigrazione. L’organizzazione esprime preoccupazione per la ricollocazione e la presa in carico delle persone più fragili presenti nell’insediamento.

      A oggi, sottolinea Emergency, gli enti competenti non hanno ancora illustrato quali misure intendano adottare nei prossimi mesi, in vista di una nuova stagione di raccolta e dell’arrivo di centinaia di lavoratori migranti. Molte persone non sanno ancora quando verranno trasferite, dove saranno ricollocate e con quali garanzie rispetto al lavoro, alla residenza e ai servizi. Per questo l’organizzazione ritiene che non si possa procedere con ulteriori trasferimenti o con la chiusura definitiva finché tutte le persone coinvolte non siano state adeguatamente informate, ascoltate e destinate a una soluzione concreta e sostenibile.

      «Il diritto alla salute non può essere garantito se le persone sono costrette a vivere in condizioni abitative disumane e precarie, in luoghi isolati, privi di collegamenti e lontani dai servizi essenziali», dichiara Mauro Destefano, coordinatore del progetto in Calabria. «Tutelare la salute e la dignità delle persone significa superare definitivamente il sistema dei grandi insediamenti, accompagnandole verso soluzioni abitative diffuse e reali percorsi di inclusione, costruiti insieme alle comunità locali».

      Il coordinatore punta il dito sui progetti annunciati come definitivi: «L’investimento di circa 3,6 milioni di euro per la costruzione della #Fattoria_Solidale, che non sarà pronta prima di un anno e mezzo, sembra essere l’ennesima costruzione di un ghetto nel quale le persone vivranno nuove forme di marginalizzazione e isolamento». Restano poco chiare, prosegue l’Ong, le ragioni del carattere temporaneo attribuito alle palazzine di Serricella, così come le modalità di gestione e i requisiti di accesso. Il tutto, conclude Mauro Destefano, deciso «senza interlocuzioni con le associazioni del terzo settore che popolano il territorio e senza un confronto con le persone migranti che vivono nella tendopoli»: l’ennesimo fallimento di una politica che continua a gestire un fenomeno radicato come se fosse un’emergenza improvvisa.

      Che dopo circa dieci anni le istituzioni calabresi aprano finalmente le palazzine di Rosarno può essere vista come una buona notizia: centinaia di lavoratori potranno vivere in condizioni migliori, anche grazie alla pressione esercitata negli anni da sindacati e società civile. Rimane però un problema tutt’altro che secondario, e riguarda i numeri. Lo sgombero eseguito ora, in piena bassa stagione, consente di gestire le poche decine di braccianti rimasti sul territorio a raccolta finita. Ma quando arriverà l’inverno, e con esso la stagione degli agrumi, la Piana torna a riempirsi: negli anni di picco San Ferdinando ha ospitato fino a mille persone. Le palazzine, che possono accogliere all’incirca 180 lavoratori, non basteranno.

      Saprà in questo lasso di tempo la politica istituzionale ascoltare le proposte – come l’ostello diffuso o la gestione pubblica degli affitti per citare due esempi – che arrivano dal basso, ossia da chi vive il territorio e ha proposto in questi anni soluzioni alternative e durature?

      #San_Ferdinando #tendopoli #migrations #Calabre #Rosarno #Piana_di_Gioia_Tauro #démantèlement #destruction #baraquement #travailleurs_étrangers #agrumes #agriculture

  • #Teach_to_Reach: The questions #health_workers cannot solve alone (article 1 of 4)
    https://redasadki.me/2026/05/30/teach-to-reach-the-questions-health-workers-cannot-solve-alone-article-1-o

    Teach to Reach is the largest #peer_learning platform, network, and community by and for health and humanitarian workers — launched by #The_Geneva_Learning_Foundation (TGLF) in January 2021 out of an #immunization training programme during the COVID-19 pandemic, and now in its fifth year. As part of TGLF’s #Tenth_Anniversary, each month a […]

    #frontline_health_workers #health_worker_voices #healthy_ageing #life_course_immunization #lived_experience #menopause #mental_health #older_adults #Scholars #Teach_to_Reach_Launch_Event

  • #Teach_to_Reach: #newborn_care: a baby with no equipment, a woman with no words (article 3 of 4)
    https://redasadki.me/2026/05/30/teach-to-reach-newborn-care-a-baby-with-no-equipment-a-woman-with-no-words

    Teach to Reach is the largest #peer_learning platform, network, and community by and for health and humanitarian workers — launched by #The_Geneva_Learning_Foundation (TGLF) in January 2021 out of an immunization training programme during the COVID-19 pandemic, and now in its fifth year. As part of TGLF’s #Tenth_Anniversary, each month a […]

    #frontline_health_workers #health_worker_voices #health_workers #International_Nurses_Day #Kenya #lived_experience #nursing #Scholars #Teach_to_Reach_Launch_Event

  • #Teach_to_Reach: A question without a network, a course without experience, a network without action (article 4 of 4)
    https://redasadki.me/2026/05/30/teach-to-reach-a-question-without-a-network-a-course-without-experience-a-

    Teach to Reach is the largest #peer_learning platform, network, and community by and for health and humanitarian workers — launched by #The_Geneva_Learning_Foundation (TGLF) in January 2021 out of an immunization training programme during the COVID-19 pandemic, and now in its fifth year. As part of TGLF’s #Tenth_Anniversary, each month a […]

    #Charlotte_Mbuh #Collective_Intelligence #frontline_health_workers #health_worker_voices #health_workers #International_Nurses_Day #lived_experience #malaria #newborn_care #nursing #One_Health #Reda_Sadki #Scholars #Teach_to_Reach_Launch_Event

  • #Teach_to_Reach : The second microphone (article 2 of 4)
    https://redasadki.me/2026/05/30/teach-to-reach-the-second-microphone-article-2-of-4

    Teach to Reach is the largest #peer_learning platform, network, and community by and for health and humanitarian workers — launched by #The_Geneva_Learning_Foundation (TGLF) in January 2021 out of an immunization training programme during the COVID-19 pandemic, and now in its fifth year. As part of TGLF’s #Tenth_Anniversary, each month a […]

    #Collective_Intelligence #facilitation #frontline_health_workers #gender-based_violence #health_worker_voices #health_workers #lived_experience #menopause #mental_health #NCDs #Scholars #Teach_to_Reach_Launch_Event

  • Want to Resist a Data Center? These Organizers Share How They Did It.

    Organizers from #Tennessee, #Wisconsin, and #Arizona share strategies for resisting data centers in other communities.

    The prolific construction of massive data centers that house the physical computing power for artificial intelligence (AI) is galvanizing resistance in localities across the United States. Communities are fighting back against the billionaire tech and financial power behind these projects and their numerous harms, from their noise and pollution to their hyperconsumption of water and electricity.

    Truthout has been covering the corporate interests behind the data center boom and local resistance to data centers. In this roundtable, we brought together representatives from three campaigns across the U.S. to share their experiences and lessons from taking on data centers and AI infrastructure in their areas.

    KeShaun Pearson is the leader of Memphis Community Against Pollution (MCAP), based in Memphis, Tennessee, which is focused on fighting for environmental and climate justice in the predominantly Black community of southwest Memphis that’s most impacted by the concentrated pollution from nearby toxic release facilities. MCAP is currently campaigning against Elon Musk’s polluting xAI Colossus supercomputer. Tricia Boehlke is an organizer with No Data Center in DeForest, which recently succeeded in halting a proposed data center that was pushed by a private equity-owned company in a small town outside of Madison, Wisconsin. Lee Ziesche organizes with the Tucson Democratic Socialists of America and the No Desert Data Center Coalition, which has been taking on Project Blue, a huge data center proposed in the Tucson, Arizona, area. The campaign against Project Blue won a victory when Amazon recently pulled out of the project, but its developers are again trying to advance it.

    This roundtable has been lightly edited for length and clarity.

    Derek Seidman: What’s some initial advice you’d offer to people looking to organize against a proposed data center in their area?

    KeShaun Pearson: Activate your community as quickly as you possibly can and inform as many people as possible. These projects move with an urgency and speed by developers that we haven’t seen before. They’re steamrolling our communities and our elected officials. Also, if they’re talking about one data center, remember that it’ll likely be two or three. That’s something I wish Memphis Community Against Pollution knew earlier, because now there are three sites for the xAI project her

    Tricia Boehlke: The number one thing is to start going to public meetings. You need to get ahead of it. Get open records requests as soon as you can, because you don’t know what’s happening behind closed doors. Talk to your board members individually because they’re likely getting misinformation from staff and not hearing from the public. Also, find people who you can connect with. Get a Facebook group going and pull together volunteers so that you’re not alone.

    Lee Ziesche: Talk to literally everybody you know. By the time your community finds out about the data center, they’ve been working on it for years. It’s urgent to get the word out. And find your local experts. We have amazing people in Tucson who know about water and energy and were able to combat the propaganda of these companies.

    Figure out your levers of power. Who or what locally has the ability to say ‘no’? This varies by state or town. Also, reach out to people who have fought data centers. So many communities are fighting back now. There are a lot of brilliant people with creative ideas and information to share. You’re not alone.

    How did you get the word out about the data centers in your areas?

    Pearson: One of our biggest movers was social media. Post far and wide on Facebook, Instagram, and other accounts. Spread the word beyond your network. We also printed documents to hand out. We knocked on doors and talked to people at grocery store parking lots. Don’t underestimate the power of word of mouth and face-to-face conversations.

    Boehlke: We learned that interaction on social media is what really drives things. We made our Facebook page into a public group. It gained 4,400 followers, which is huge for us. Find volunteers to help screen and administer the page. We used hashtags and QR codes to help people share things that ended up going viral. Local businesses also put up signs to get the word out.

    Ziesche: We made short videos on social media to combat all the propaganda. That was huge for us. We were at every festival in Tucson talking to people and handing out flyers, making sure people were showing up to public meetings. Also, once we realized that the big “public meetings” about the data center were propaganda sessions, we held our own events to expose the disinformation and present the truth and discuss next action steps.

    What’s important for others to know about how you build coalitions and alliances to take on data centers?

    Boehlke: We just brainstormed whoever we knew that we could contact and who might be helpful. We created a volunteer survey asking about experiences and skills. We got the word out and found experts who lived in and outside of our community. We reached out to other No Data Center groups in Wisconsin and made a statewide coalition.

    Pearson: We’ve been blessed to have been in coalition with environmental justice groups since 2020 when we fought the Byhalia Connection Pipeline. We’ve literally been meeting together for six years. Do the power-mapping work and figure out who the experts are in your area. You want to meet often and also set your ground rules. We noticed that patriarchal dynamics manifest themselves in coalitions, so there’d be meetings happening outside of meetings to set standards of respect and how to move in a coalition in a way that is intentionally different from mainstream culture.

    Ziesche: The major issue in Tucson that reaches everybody is water. We’re in a desert, so that got people onboard quickly. There are environmental justice communities in Tucson whose water has been poisoned by the military-industrial complex here that have been fighting for clean water for decades. Recognizing the base and the social networks that already exist is important.

    Also, Tucson is a border community. Understanding that the data center was part of the web of surveillance that’s targeting our immigrant communities here was really important to center. Energy affordability was also a huge issue. If you can’t afford energy in the summer in Tucson, you literally die. We were able to grow a huge base of people who realized the data center was going to impact their lives.

    What are the biggest challenges you’ve faced in your organizing?

    Ziesche: We’re almost entirely volunteer-run. It’s been challenging to keep that going day after day. We’re trying to figure out how to sustain this fight for the long term. It’s also been a challenge to get our expertise taken seriously. Many local elected officials don’t know much about data centers or how our grid or water system works, but they take corporations and private utilities to be experts. We’ve had to continually show that there’s expertise in the community and in people’s lived experience.

    Pearson: Everybody who’s fighting a data center will face the challenge of misinformation. The other side runs very expensive disinformation campaigns to resign people to the idea that the data center is just going to happen. You have to be prepared for that and intentional about combating it. They’ll also do everything they can to keep the talks around the data center clandestine. They’ll work behind closed doors with legislators who support them. In Memphis, we had to pass a resolution just to have our first-ever public hearing about an air pollution permit. You have to try to create public spaces for the public to be heard to bolster the support that you have.

    What are important lessons you’ve learned from your campaigns?

    Ziesche: I wish we would have known earlier that the data center was coming. It makes a huge difference if you can get ahead of it. Keep an eye on your planning boards. You have to be meticulous to catch these things. And how you present information is also really important. Make resistance to the data center part of local culture. For example, Tucson has amazing artists who created gorgeous posters that we put everywhere.

    There are so many things wrong with these data centers, and you don’t want to overwhelm people. Figure out three or four main things to focus on. They can be diverse things, but simplify the message. Your top line messaging should focus on what’s going to move people in your community and what will move elected officials or the people with the power to stop it.

    Also, there are these supposed rules of decorum, but don’t be afraid to make elected officials uncomfortable. We had these meetings where like 900 people would show up. We didn’t control everybody there, and plenty of people were standing up and yelling when they knew they were being lied to. Making them a little uncomfortable can be helpful.

    You’re all taking on very powerful corporate forces. What keeps you motivated?

    Boehlke: The community resistance on both sides of the aisle is so enormous. This feels like the one thing that is connecting everybody together. I’ve connected with other people I otherwise would’ve never talked to. I learned how to be an activist fighting this data center. I saw how a small group of people can make a difference. If you’re dedicated, even if you’re just everyday people, you can fight and win against something that seems so impossible.

    It’s like there’s a big fish, but then there’s a school of little fish that come together to become an even bigger fish. That’s the visualization that I always have. We’re just little fish, but we’re all pulling together to become the bigger fish.

    Ziesche: This fight is about whether Tucson will be livable in the future. Will it be too hot here for people to live here? Will people be able to afford their electric bills with these data centers here? It’s also a test of our power. Are we powerful enough to come together as a community and stop this?

    Every community has a different story of an extractive industry that came in and took from it and leaves behind nothing but harm. We’re told these data centers are inevitable — that they’re the future, and we’re standing in the way of “progress.” But we know the truth. We know who is going to benefit from them. It’s Big Tech, the surveillance industry, the war industry, the fossil fuel industry. It’s not our community. At the end of the day, this is about whether we have a say over the future of Tucson. And we do not think that future is in data centers.

    Pearson: This is a life-or-death struggle for many people. The preciousness of life is being eroded. These AI billionaires and data center investors have decided that there are some communities that ought to be sacrificed on the altar of their progress. But I believe our lives are so much more valuable than the profits of companies that have built an extractive ecosystem across our entire world, where people are suffering to service these data centers and these AI models.

    In Memphis, we carry this environmental exploitation in our bodies. Our families live 10 to 13 years less than our counterparts just miles away. Our youth have higher than the national average rates of respiratory illnesses because of asthma. We have experienced grief and loss. I buried both of my grandmothers in their early 60s. They were these giants of character and integrity that I lost because they were raised in the wrong zip code. xAI is perpetuating that same harm.

    But the hope I have is rooted in the truth that evil cannot persist forever. These data center projects are not the end-all and be-all. We have seen them fail. I believe that we’re shaping a new future right now with our very lives and work. I am committed to seeing that come to fruition.

    https://truthout.org/articles/want-to-resist-a-data-center-these-organizers-share-how-they-did-it
    #résistance #exemples #data_centers #centres_de_données #AI #IA #intelligence_artificielle #USA #Etats-Unis

  • Figure de l’âge d’or du jazz, Sonny Rollins est décédé à 95 ans
    https://www.rts.ch/info/culture/musiques/2026/article/figure-de-l-age-d-or-du-jazz-le-saxophoniste-americain-sonny-rollins-est-decede-

    Sonny Rollins, « colosse du saxophone » et dernière figure des grands de l’âge d’or du jazz avec des œuvres aussi impétueuses que contemplatives, est décédé lundi à 95 ans, indique sa page officielle.
    « C’est avec une profonde tristesse et un immense amour que nous annonçons le décès de Sonny Rollins », indique le compte X officiel de l’artiste.

    Il y est écrit que « le colosse du saxophone est décédé cet après-midi (lundi, NDLR) dans sa maison de Woodstock, New York, à l’âge de 95 ans », sans préciser les causes de la mort.

    Surnommé ainsi d’après le titre de son chef-d’œuvre de 1956, l’album « Saxophone Colossus », Sonny Rollins s’est imposé par une puissance novatrice qui s’exprime dans le hard bop, un jazz intense débarrassé des contraintes structurelles du genre.

  • Il grande #tennis internazionale torna a #caserta: al via la 37ª edizione degli Internazionali Femminili
    https://informareonline.com/il-grande-tennis-internazionale-torna-a-caserta-al-via-la-37a-edizi

    La terra rossa di via Laviano è pronta a riaccendersi. Dal 31 maggio al 7 giugno, Caserta tornerà ad essere la capitale del tennis con la 37ª edizione del torneo “Internazionali Femminili Città di Caserta – Trofeo COGEPA Bartolo Paone”. Con un prestigioso montepremi di 60mila dollari con ospitalità, l’evento si conferma come uno degli […] L’articolo Il grande tennis internazionale torna a Caserta: al via la 37ª edizione degli Internazionali Femminili proviene da Informareonline, scritto da Maria Grazia Canzano

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Sport #Internazionali_di_tennis #Tennis_club_caserta

  • Évaluation des expérimentations du port de la tenue commune à l’École
    https://www.education.gouv.fr/depp/evaluation-des-experimentations-du-port-de-la-tenue-commune-l-ecole-5

    L’analyse de la perception croisée des effets de l’expérimentation montre un ensemble d’impacts différenciés selon les dimensions étudiées. La tenue commune a pu produire certains effets limités mais non négligeables sur les interactions entre les élèves (diminution des moqueries sur les vêtements notamment), les représentations associées à l’école/l’établissement ou le sentiment d’appartenance. En revanche, son influence sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique.

    Ces résultats convergent avec les enseignements issus de la littérature existante sur le port d’une tenue commune à l’école. [...]

    De manière transversale, l’analyse met en lumière un décalage récurrent entre les attentes et les représentations portées par les adultes – directions, enseignants, parents, élus – et le vécu plus nuancé des élèves. Les premiers, plus souvent convaincus du bien-fondé de la mesure, lui attribuent plus volontiers des effets positifs qu’ils associent à la restauration d’un cadre, à la simplification des relations ou à une amélioration du climat scolaire. Les seconds, en revanche, expriment des perceptions plus contrastées : s’ils reconnaissent parfois certains bénéfices (moindres moqueries, sentiment d’égalité vestimentaire), ils soulignent aussi des contraintes, une perte de liberté ou une forme de décalage entre le discours institutionnel et leur expérience quotidienne. Ce décalage entre les attentes et les constats des adultes et le vécu des élèves traverse l’ensemble des dimensions analysées, révélant combien la tenue commune agit davantage sur les représentations que les adultes se font des élèves et de l’école que sur les comportements des enfants.

    La tenue commune fonctionne ainsi comme un révélateur des représentations et des attentes des adultes vis-à-vis des élèves. Elle met en évidence les biais implicites, les stéréotypes et les registres de jugement qui structurent le regard porté sur la jeunesse scolaire. Lorsqu’ils évoquent la sécurité, la discipline ou la décence vestimentaire, les adultes projettent parfois une certaine vision du jeune qui n’est pas exempte de stéréotypes. En réponse, la tenue est associée à l’image d’un élève « maitrisé », conforme, cadré.

    La tenue commune cristallise donc moins une évolution du rapport des élèves à l’école qu’un effort collectif de réassurance et de symbolisation du cadre éducatif, de l’autorité et du sentiment d’appartenance voulu par les adultes. Elle agit à ce titre comme un miroir des attentes des adultes, de leurs valeurs et de leur vision de l’école, plutôt que comme un outil directement opérant sur les dynamiques d’apprentissage ou de socialisation.

    #école #tenue_commune #uniforme #vêtement

  • Explosion des data centers en France : une trajectoire hors de contrôle

    La #loi_de_simplification_de_la_vie_économique, à travers son #article_15, assouplit le #droit de l’#urbanisme et de l’#environnement pour favoriser l’émergence de sites dits #hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    En France, la multiplication de data centers s’accélère à un rythme effréné, portée par une #volonté_politique assumée de faire du territoire un hub stratégique du #numérique. Face à cette #fuite_en_avant, le collectif #Le_nuage_était_sous_nos_pieds vient de lancer son site internet, accompagné d’une cartographie participative recensant les data centers, actuels et futurs. Un outil pensé pour rendre visible une industrie opaque et alimenter les résistances face à l’expansion incontrôlée des infrastructures numériques.

    Le secteur du numérique connaît actuellement une expansion internationale fulgurante, qui s’explique notamment par l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) et son utilisation, devenue régulière pour deux tiers de la population mondiale.

    La France fait partie des têtes de file dans la course effrénée au développement de l’IA et du tout numérique, passant de la 13ème place en 2023 à la 5ème place en 2024 dans le Global AI Index – un indice qui évalue les pays en fonction de leurs investissements et de leurs innovations relatifs à l’IA.
    La cartographie comme outil politique

    Dans ce contexte, le collectif Le nuage était sous nos pieds a lancé son site internet avec, notamment, la mise en ligne d’une cartographie participative afin de répertorier les data centers en France.

    « Nous avons cartographié 350 data centers déjà existants et 47 data centers en cours de déploiement à travers la France : 28 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction », peut-on lire sur leur site.

    Si cette comptabilisation n’est pas complète – à cause du manque de transparence de l’industrie – elle rend toutefois compte de l’importance de la croissance du secteur dans l’Hexagone.

    « Les objectifs du collectif : politiser les infrastructures du numérique, les visibiliser, les mettre au cœur du débat public et en faire un objet de lutte », explique Antoine, l’un des membres du collectif.

    Loin d’un simple travail de recensement, la cartographie du collectif s’attaque frontalement à l’opacité d’une industrie dont le développement échappe largement au débat public, et fournit par la même occasion un outil d’enquête citoyenne indispensable pour engager un rapport de force avec l’État et les géants du numérique.

    Une expansion organisée et encouragée par l’État

    Si cette initiative voit le jour aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Le développement des data centers en France connaît une accélération brutale, encouragée par les pouvoirs publics. Depuis le sommet international sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025, l’exécutif affiche sa volonté d’investir massivement dans l’IA et ses infrastructures, au nom de la compétitivité et de la souveraineté numérique.

    À cette occasion, 109 milliards d’euros d’investissement privés – majoritairement étrangers – avaient été annoncés pour accélérer cette expansion, s’ajoutant aux 400 millions d’euros de subventions annoncés par l’ancien Premier ministre, François Bayrou, et aux 10 milliards d’investissement de la BPIFrance.

    Cette stratégie se traduit concrètement par une série de mesures facilitant l’implantation des data centers. La loi de simplification de la vie économique, à travers son article 15, assouplit le droit de l’urbanisme et de l’environnement pour favoriser l’émergence de sites dits hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    L’État, en lien avec EDF et RTE, a également identifié 63 sites “clés en main”, directement raccordés et proposés aux investisseurs pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers, accentuant davantage la responsabilité des pouvoirs publics dans cette course au gigantisme.
    L’ADEME alerte sur une trajectoire hors de contrôle

    Le 6 janvier 2026, l’ADEME a publié un rapport dans lequel l’agence avance des estimations de l’évolution du secteur jusqu’à 2060 en fonction de cinq scénarios :

    – Tendanciel : une poursuite des dynamiques actuelles qui se traduit par une explosion des usages numériques, un développement massif de l’IA, et une bascule vers des data centers hyperscaler.
    - Génération frugale : un scénario de sobriété forte reposant sur une dénumérisation partielle des usages, un moratoire sur les nouveaux data centers et des politiques publiques contraignantes.
    – Coopérations territoriales : un développement encadré des data centers, en concertation avec les territoires et sous contraintes environnementales, avec une priorité aux usages socialement utiles et une recherche de synergies locales, notamment pour limiter les tensions sur l’eau, l’énergie et le foncier.
    – Technologies vertes : les data centers deviennent des leviers de la transition écologique, soutenus par l’État au nom de la souveraineté et du mix électrique français.
    – Pari réparateur : une trajectoire qui se traduit par une confiance dans l’innovation pour compenser les impacts du numérique, avec une régulation allégée et une forte croissance des usages.

    À travers ces cinq scénarios, l’agence estime alors la consommation électrique des data centers ainsi que leurs émissions de gaz à effet de serre sur les 35 années à venir.

    « Le rapport de l’ADEME montre très clairement que la tendance actuelle est insoutenable, et qu’on va dans le mur en termes de poursuite de nos objectifs climatiques », analyse Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good, pour La Relève et La Peste.

    Accaparement des ressources et tensions locales

    Derrière ces chiffres et ces estimations, des conflits très concrets se manifestent. Les data centers sont extrêmement gourmands en électricité et en eau, deux ressources déjà sous tension.

    Selon les estimations de l’ADEME, si rien n’est fait, la consommation électrique de ces infrastructures pourrait être multipliée par 3,7 d’ici à 2035, passant de 9,91 TWh/an à 36,73 TWh/an, soit près de 7% de la production actuelle d’électricité en France.

    L’implantation rapide de ces infrastructures fait émerger des conflits d’usage, comme à Marseille, qui accueille un certain nombre de data centers du fait de l’arrivée de dix-huit câbles intercontinentaux dans la cité phocéenne. Sur place, l’électricité consommée par les centres de données entre en concurrence directe avec l’électrification des ferrys et des transports locaux.

    Une problématique que la chercheuse et la professeure Anne Pasek résume ainsi : « Si nous ne faisons qu’augmenter les capacités du réseau électrique dans le seul but de répondre à une demande toujours plus croissante [des data centers], nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs de décarbonation ».
    Contre-pouvoir face au techno-capitalisme

    Face à cette dynamique, la cartographie du collectif vise à « fabriquer une réflexion autour des data centers » et à « favoriser l’émergence de nouvelles contestations ». Par ce biais, elle s’inscrit dans une stratégie plus large de surveillance citoyenne, de plaidoyer et de politisation des enjeux liés aux infrastructures numériques.

    En parallèle, les associations en lutte multiplient les alertes sur les impacts du numérique et de l’IA.

    « Mettre en lumière ces problématiques et briser l’opacité permet de placer ce sujet au cœur du débat démocratique », rappelle Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pour La Relève et La Peste

    Les collectifs portent également une critique plus profonde de la trajectoire numérique empruntée actuellement, en la replaçant dans une lecture décroissante. Ils interrogent quant aux besoins réels, à la dépendance aux technologies et la compatibilité du tout-numérique avec les objectifs climatiques.

    « Il faut se poser la question : pourquoi construit-on autant de centres de données et pourquoi aurait-on besoin d’autant de puissances de calcul ? », insiste Lou Welgryn.

    En rendant visibles les infrastructures, la cartographie force le débat politique et rappelle que derrière l’IA se joue un choix de société aux conséquences durables sur les ressources, les territoires et les personnes qui les habitent.

    https://lareleveetlapeste.fr/explosion-des-data-centers-en-france-une-trajectoire-hors-de-contr

    #liste #data_centers #centres_de_données #IA #AI #France #intelligence_artificielle #infrastructure #carte #visualisation #cartographie #cartographie_participative #recensement #opacité #expansion #ressources #électricité #eau #conflits #tensions_locales #contre-pouvoir #techno-capitalisme

    ping @reka

    • Carte des data centers, des projets et des contestations en France

      Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s’organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l’émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
      Nous avons cartographié 351 data centers déjà existants et 67 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 43 annoncés, 16 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction.
      À cela il faut ajouter les 63 sites « clés-en-main » proposés par le gouvernement aux industriels de la tech pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers - dont seulement 26 localisations précises sont publiques à ce jour. RTE et EDF mettent également 8 sites à disposition des promoteurs avec des procédures de raccordement électrique accéléré.
      Il est important de noter que le nombre de data centers ne permet pas de se faire une idée adéquate de l’accroissement des infrastructures. Les technologies impliquées sont en forte mutation, et la consommation énergétique des data centers ou le nombre de serveurs qu’ils abritent donne une indication plus ajustée des évolutions du secteur. Ainsi, les data centers actuels peuvent avoir une consommation énergétique jusqu’à plusieurs milliers de fois plus importante que les data centers historiques. Et les serveurs qu’ils abritent sont toujours plus nombreux et intenses en technologies.
      Nous avons recensés une vingtaine d’oppositions locales à ces déploiements, menées par des collectifs, des individus ou des associations.

      https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-conte
      #opposition #résistance

    • Prospective d’évolution des consommations des data centers à court, moyen et long terme de 2024 à 2060

      Cette étude de l’ADEME répond à 3 objectifs :
      1. Dresser l’état des lieux de la consommation électrique actuelle des centres de données en France ;
      2. Proposer un modèle prospectif détaillé permettant de modéliser des scénarios d’évolution des consommations des centres de données dans le temps ;
      3. Modéliser et analyser 5 scénarios prospectifs jusqu’à 2060 : un scénario tendanciel et 4 scénarios envisageant les 4 chemins possibles de transition écologique.

      Cette étude a considéré les émissions de gaz à effet de serre engendrées, la pression sur les ressources en eau, l’artificialisation des sols, la concurrence avec les d’autres usages de l’électricité, ou encore les enjeux de souveraineté numérique et distingue les consommations en France des consommations à l’étranger pour un usage français.

      https://librairie.ademe.fr/energies/8910-prospective-d-evolution-des-consommations-des-data-centers-a-co
      #ADEME #rapport

  • Paludisme : À #Kinshasa, un réseau national lance le programme « Inverser la tendance » et fête ses 10 ans
    https://redasadki.me/2026/05/11/paludisme-a-kinshasa-un-reseau-national-lance-le-programme-inverser-la-ten

    KINSHASA (9 mai 2026) – Un samedi matin, dans une salle de l’Université Mazenod de Kitambo, les premiers arrivés ouvrent les fenêtres et alignent des chaises. Plusieurs portent un maillot blanc marqué du nom de la Fondation Apprendre Genève. Cent trente-deux Scholars congolais avaient confirmé leur participation. Quarante-trois se sont connectés depuis Mbandaka, Kasumbalesa, Lubumbashi, […]

    #Malaria #The_Geneva_Learning_Foundation #10ème_anniversaire_de_la_Fondation_Apprendre_Genève #Ambassadeurs_de_la_Fondation_Apprendre_Genève #français #malaria #République_démocratique_du_Congo #Tenth_anniversary_of_The_Geneva_Learning_Foundation

  • Una fattoria solidale al posto della tendopoli di San Ferdinando, il sindaco: «I migranti lì stanno male, entro l’anno sparirà»

    Alcune organizzazioni del terzo settore e sindacati nutrono dubbi sull’attuazione: «Servono scelte condivise». Papà Africa: «Lì è un inferno. Sarei felice, ma solo se venissero accolti tutti»

    Resta al centro dell’attenzione il tema critico riguardante l’emergenza abitativa dei braccianti migranti che vivono in condizioni drammatiche nella tendopoli di San Ferdinando. Nel tempo, diversi tentativi di migliorare l’insediamento in provincia di Reggio Calabria non hanno avuto successo. La situazione è diventata cronica, con l’ormai usuale presenza di tende, baracche e diverse strutture abusive che continuano ad aumentare, così come il degrado con cui convivono i suoi occupanti.

    La riqualificazione della tendopoli

    L’amministrazione comunale, guidata dal sindaco Luca Gaetano, si sta prodigando per risolvere le problematiche. Si è ideata la realizzazione di un insediamento abitativo capace di creare reddito: la fattoria solidale, un luogo in cui oltre a vivere si potrà lavorare. Dopo una fase di elaborazione progettuale, attraverso 4 milioni di euro di fondi del decreto Caivano-bis, si sono acquistati 3 ettari di terreni coltivabili sul territorio comunale, in cui si realizzeranno alloggi e altri edifici di pertinenza capaci di ospitare i migranti. Il sito, inserito nel tessuto sociale, sarà gestito da una cooperativa sociale agricola con comprovata esperienza e, secondo gli auspici, sarà anche sede di un mercato a Km zero.
    I dubbi del terzo settore

    Il sistema adottato, nonostante le buone intenzioni, non convince del tutto, però, alcune organizzazioni del terzo settore e sigle sindacali, che chiedono una regia condivisa, sollecitano soluzioni abitative alternative e un piano più appropriato. Si teme per le modalità di attuazione e il rischio di riproporre, in sostanza, in un altro posto dinamiche di isolamento sociale.

    «Stiamo lavorando per il definitivo superamento della tendopoli – afferma ai nostri microfoni il sindaco di San Ferdinando, Luca Gaetano -. Sono trapelate alcune notizie che parlano di un trasferimento a Taurianova nell’insediamento di Contrada Russo, ma sono vere in parte. Siamo consapevoli delle criticità che riguardano un trasferimento dei migranti, al superamento della tendopoli, che avverrà in maniera virtuosa con la fattoria solidale, ma finché questa soluzione non è pronta è chiaro che suscita alcuni timori nel terzo settore. Non c’è nulla di cui preoccuparsi, perché il piano è stato studiato in maniera scrupolosa, con le risorse finanziarie adatte, per garantire un’ottimale soluzione delle problematiche esistenti. La tendopoli entro l’anno dovrebbe sparire e a San Ferdinando nascerà questa nuova realtà. I migranti nella tendopoli stanno male, sempre peggio, proprio per questo dobbiamo tirarli via da lì».
    Papà Africa: «Sarebbe bellissimo»

    Per avere una panoramica più ampia sulla questione abbiamo chiesto il parere di “Papà Africa”, Bartolo Mercuri, che da anni aiuta i lavoratori migranti della tendopoli e per diverso tempo l’ha anche gestita: «Secondo me, se tutti i ragazzi venissero trasferiti e accolti nella nuova realtà sarebbe bellissimo, sarei la persona più felice del mondo, e mi offro per aiutare, ma non so in quanti potranno essere trasferiti lì. E quelli che non avranno la possibilità di rientrare nel progetto cosa faranno? Attualmente ci sono 400 ragazzi, ma fino a qualche mese fa ce n’erano oltre 1000. Quando ritorneranno qui per il lavoro stagionale dove li sposteranno? Noi abbiamo bisogno di loro, perché altrimenti tutti gli agrumi resteranno sugli alberi. Nella tendopoli, dove hanno vissuto tutti questi anni, abbiamo calpestato la loro dignità. L’inverno l’hanno passato morti di freddo e senza corrente. È un inferno. Per molti sono invisibili. Lì c’è la sofferenza di Cristo».

    https://www.lacnews24.it/attualita/una-fattoria-solidale-al-posto-della-tendopoli-di-san-ferdinando-il-sindac
    #tendopoli #San_Ferdinando #migrations #travail #conditions_de_travail #campement #logement #hébergement #Calabre #Italie #Luca_Gaetano #ferme_sociale #saisonniers

  • Who cares about #malaria? Find out in TGLF’s latest newsletter
    https://redasadki.me/2026/04/17/who-cares-about-malaria-find-out-in-tglfs-latest-newsletter

    Dear Reader, Please do one thing today. Confirm you will join us for World Malaria Day. Learn more about the event here. To join in our Zoom studio, use this link. Your click is powerful. It says that you care about ending malaria. It helps other health workers in your network find the event. On World Malaria […]

    #The_Geneva_Learning_Foundation #Tenth_Anniversary

  • Our #Tenth_Anniversary: 10 new opportunities to lead change
    https://redasadki.me/2026/04/08/our-tenth-anniversary-10-new-opportunities-to-lead-change

    Dear Readers, This year, #The_Geneva_Learning_Foundation (TGLF) celebrates its tenth anniversary. We now connect 80,000 health and humanitarian workers from more than 100 countries who chose to learn differently, lead locally, and refuse the idea that change has to wait for the next expert to fly in. You built this. Not us. You. […]

    #TGLF_Newsletter

  • Dix ans, déjà ! 10 nouvelles opportunités pour mener le changement
    https://redasadki.me/2026/04/08/dix-ans-deja-10-nouvelles-opportunites-pour-mener-le-changement

    Cher lecteur, Chère lectrice. Cette année, La Fondation Apprendre Genève (TGLF) fête ses dix ans. Nous rassemblons aujourd’hui 80 000 professionnels de la santé et de l’humanitaire dans plus de 100 pays. Ce sont des personnes qui ont choisi d’apprendre autrement, de diriger sur place et de refuser l’idée que le changement doit attendre l’arrivée […]

    #The_Geneva_Learning_Foundation #français #Tenth_Anniversary #TGLF_Newsletter

  • Une grand-mère du Tennessee a été incarcérée pendant six mois au Dakota du Nord suite à une erreur de reconnaissance faciale par intelligence artificielle, qui l’a faussement identifiée comme suspecte dans une affaire de fraude bancaire. Innocente et n’ayant jamais visité l’état, elle a été arrêtée et détenue pendant six mois… avant que les charges ne soient abandonnées. Elle a perdu sa maison, sa voiture et son chien, et n’a reçu aucune aide de la police de Fargo pour son retour dans le Tennessee.
    https://www.grandforksherald.com/news/north-dakota/ai-error-jails-innocent-grandmother-for-months-in-north-dakota-fra

    A grandmother from Tennessee is working to get her life back after what she says was a case of mistaken identity that nearly cost her everything.

    Angela Lipps spent nearly six months in jail after Fargo police connected her to a bank fraud case in the metro.

    It’s a crime she says she didn’t commit. In fact, she said she’s never been to North Dakota.

    Lipps, 50, is the mother of three grown children and has five grandchildren, spending nearly her entire life in north-central Tennessee. The extent of her travels is limited to neighboring states.

    She’s never been on an airplane in her life.

    Gros avantage de l’IA : c’est la faute à personne et surtout pas de la police.

  • PIANA DI GIOIA TAURO: GLI INSEDIAMENTI DELL’ESCLUSIONE. Non solo precarietà abitativa, ma il punto di approdo di chi resta fuori dai diritti

    Per il tredicesimo anno consecutivo, Medici per i Diritti Umani (MEDU) è intervenuta nella Piana di Gioia Tauro, garantendo nei mesi di gennaio e febbraio 2026 supporto socio-legale e orientamento sanitario ai braccianti che vivono nel campo container di Contrada Russo e nella Tendopoli di San Ferdinando.

    Sono state prese in carico 40 persone regolarmente soggiornanti, provenienti da diversi Paesi dell’Africa occidentale. Il 70% vive stabilmente in Italia da oltre tre anni e si sposta stagionalmente seguendo i cicli agricoli. Trenta erano già state supportate negli anni precedenti: un dato che conferma la cronicizzazione della marginalità abitativa e lavorativa.

    La paga media dichiarata è di circa 50 euro al giorno. Si registra un maggiore ricorso a contratti formali, ma restano diffusi contratti brevi e giornate non registrate. Le giornate in busta paga (12–20 al mese) raramente coincidono con quelle effettivamente lavorate. La stagione agrumicola è stata inoltre più breve e meno favorevole, anche a causa della ridotta resa produttiva legata alla siccità dell’anno precedente.

    La Tendopoli ha ospitato quest’anno in media circa 500 persone, mentre in passato è arrivata a ospitarne fino a 1.200. Una soluzione nata come temporanea è divenuta uno spazio di marginalità permanente. Servizi igienici deteriorati, assenza di illuminazione, accumulo e combustione di rifiuti, tende usurate e mancanza di misure di sicurezza rendono le condizioni di vita gravemente inadeguate.

    Nella giornata di martedi ancora un campanello di allarme: un incendio ha coinvolto due tende e si è reso necessario il trasporto in ospedale di un giovane residente. Negli anni scorsi, roghi analoghi hanno già provocato vittime all’interno dell’insediamento. Non si tratta di fatalità, ma dell’esito prevedibile di condizioni strutturalmente insicure.

    Si registra inoltre un aumento della presenza di persone con dipendenze, di cittadini stranieri con disagio psichico e di lavoratori segnati dal fallimento del Decreto Flussi: persone entrate regolarmente in Italia ma rimaste escluse dalla procedura di assunzione e dalla regolarizzazione, precipitate in una condizione di invisibilità istituzionale.

    Gli insediamenti della Piana non sono soltanto spazi di precarietà abitativa: rappresentano il punto di approdo di chi resta fuori dai meccanismi formali di accesso ai diritti.

    MEDU torna a chiedere alle istituzioni interventi essenziali e non più rinviabili: il superamento dell’approccio emergenziale con un piano strutturale di accoglienza diffusa; la garanzia effettiva dell’accesso a residenza, codice fiscale e assistenza sanitaria; controlli efficaci lungo tutta la filiera agricola; una revisione profonda del Decreto Flussi per evitare che produca nuova esclusione.

    Finché la risposta resterà temporanea, la marginalità continuerà a riprodursi, lasciando centinaia di lavoratori intrappolati tra precarietà abitativa e ricattabilità lavorativa.

    https://mediciperidirittiumani.org/piana-di-gioia-tauro-gli-insediamenti-dellesclusione
    #Gioia_Tauro #Piana_di_Gioia_Tauro #rapport #Medu #logement #baraccopoli #containers #travailleurs_étrangers #conditions_de_vie #encampement #tendopoli #San_Ferdinando #marginalisation #travailleurs_saisonniers #agriculture #Italie #Calabre

  • Le #pape demande aux #prêtres de ne pas utiliser l’#IA pour leurs #homélies - Next
    https://next.ink/brief_article/le-pape-demande-aux-pretres-de-ne-pas-utiliser-lia-pour-leurs-homelies

    Le pape Leon XIV appelle les prêtres #catholiques à résister « à la #tentation de préparer leurs homélies avec l’#intelligence_artificielle ». 
« C’est la même chose pour tous les muscles du corps : si nous ne les utilisons, si nous ne les bougeons pas, ils meurent. Le #cerveau doit être utilisé, notre intelligence doit être exercée pour que nous ne perdions pas en capacité », a-t-il déclaré dans un entretien rapporté par Vatican News.

  • Tenondé Porã. Autonomie et diversité Depuis les terres guarani
    https://abasbruit.org/2026/02/10/tenonde-pora-autonomie-et-diversite

    Brésil. São Paulo. Lorsque les résurgences des formes de vie guaranis se révèlent indissociables des luttes, la question des alliances s’impose : la communauté ne saurait être pensée sans ses rapports à ceux qui lui sont étrangers. Il en résulte nécessairement une réinvention de la tradition...

    #Enquêtes #Lettres_du_monde

  • La #tendopoli di #San_Ferdinando vive un’emergenza senza fine

    Quindici anni dopo il terribile incendio nella baraccopoli calabrese “abitano” ancora centinaia di braccianti. La pioggia di finanziamenti non ha risolto i problemi strutturali ma li ha aggravati. Anche il #Pnrr non è stato all’altezza

    Arriviamo alla baraccopoli calabrese di San Ferdinando dopo la pioggia e molti dei lavoratori migranti che vivono qui sono già rientrati nelle loro tende e baracche. Dal lato del cancello che divide gli alloggi di fortuna dalla strada un ragazzo senegalese sta facendo le abluzioni. È l’ora della preghiera per i musulmani del campo e nell’aria si sente il canto del muezzin. Un muezzin digitale, ma il richiamo è ugualmente potente. E poco importa se non c’è elettricità in quasi metà del campo, con l’impianto elettrico andato fuori uso nel periodo natalizio e ancora non ripristinato nonostante uno stanziamento lampo di 140mila euro da parte delle istituzioni regionali.

    Visto il freddo che fa, per scaldarsi ci sono rami secchi e polistirolo oppure una stufetta elettrica: più che gli allacci abusivi il problema è che ci sono ancora diverse centinaia di persone costrette a vivere in questa baraccopoli, pur lavorando nelle campagne della zona. Rosarno, Gioia Tauro, Taurianova, Rizziconi: “l’americhicchia” di una volta dove accorrevano lavoratori anche dal resto d’Italia prima del crollo del mercato e ancora oggi tra distese di aranceti, alberi di clementine e bergamotti si concentra il grosso delle coltivazioni agrumicole.

    Ma anche Polistena, Palmi, la stessa San Ferdinando e Seminara, dove l’agrumicoltura mantiene un ruolo rilevante pur alternandosi con le altre colture che dominano nel resto dei 33 Comuni dell’area, soprattutto vite e olivo. In totale oltre 44mila ettari di colture, quasi un quinto solo agrumi e più recentemente kiwi, con più di 13mila aziende agricole (dati del Censimento agricoltura 2020 dell’Istat) che impiegano fino a circa 3.500 lavoratori stranieri durante la stagione agrumicola. Presenze diminuite negli anni per la mancanza di sistemazioni dignitose a fronte di una richiesta di lavoro rimasta sostanzialmente immutata, mettendo così in difficoltà diversi produttori locali.

    “Le amministrazioni vogliono approfittare delle opportunità di finanziamento più che risolvere il problema, continuando a realizzare investimenti senza una visione territoriale e coordinata”, commenta Alessandra Corrado, sociologa e docente presso l’Università della Calabria impegnata dal 2023 nel progetto Campagne aperte di Fondazione con il Sud. E anche quando riescono a canalizzare risorse per l’inclusione sociale non dialogano con le esigenze del territorio e del mondo imprenditoriale “che palesa un’esigenza di manodopera formata e tendente alla stabilizzazione, in contraddizione con le condizioni abitative precarie che vediamo”. Sembra un paradosso in un territorio dove dalla rivolta dei braccianti del 2011 si sono susseguiti finanziamenti su finanziamenti.

    Il Villaggio della solidarietà di Rosarno, in particolare, ha impiegato ingenti risorse e 13 anni per essere definitivamente consegnato, quattro anni il Borgo solidale di Taurianova. Basta farsi un giro lì per trovarsi sostanzialmente di fronte a una triste distesa di container e moduli abitativi posizionati lontano dai centri abitati, gestiti finché ci saranno i soldi per rifinanziarli. Nonostante questo per la prefetta di Reggio Calabria Clara Vaccaro è “un risultato inimmaginabile, tre anni fa nessuno avrebbe detto che saremmo riusciti a smantellare Rosarno e Taurianova”, anche se ammette che per risolvere veramente il problema “bisogna costruire anche alternative di housing sociale per tutti e convogliare sforzi, energia, soldi per costruire un sistema corretto per un’integrazione vera. Ci stiamo lavorando”. Come nel resto d’Italia per gli interventi provvisori o emergenziali si trovano sempre risorse, mentre quando si tratta di affrontare alla radice problematiche complesse tutto resta indefinito.

    Intanto le sei palazzine costruite con fondi europei a Rosarno a partire dal 2011 per “la rete di accoglienza abitativa e di inclusione sociale”, completate lo scorso anno, restano ancora inutilizzate. A rendere ancora più amaro il boccone è il fatto che questi interventi si siano intersecati agli stanziamenti dei fondi del Piano nazionale di ripresa e resilienza (Pnrr) dedicati alla fuoriuscita dagli insediamenti illegali. Taurianova ha perso circa tre milioni e mezzo destinati all’acquisto e ristrutturazione di immobili privati per cercare di risolvere in maniera più strutturale la crisi abitativa e circa due milioni per Rosarno.

    Una situazione desolante secondo Ibrahim Diabate, responsabile del progetto Dambe Sò di Mediterranean Hope, il programma per migranti e rifugiati della Federazione delle chiese evangeliche (Fcei). “Sono più di vent’anni che in Calabria siamo in emergenza alloggiativa e ancora andiamo di tendopoli in campo -spiega-. È solo un altro business dell’accoglienza che non risolve mai la cosa, perché nessuno si occupa di consegnare le palazzine di Rosarno, non dico ai migranti, ma quantomeno ai lavoratori? Adesso addirittura vogliono fare gli chalet”. Mentre parla seduto al desk, passa qualche ospite a chiedergli il cedolino per il contributo per l’alloggio. “Noi gli diamo una sistemazione vera e loro visto che lavorano pagano per il posto che occupano. Significa riconoscere loro dignità”.

    Anche San Ferdinando ha perso i quasi cinque milioni inizialmente previsti dal Pnrr, in questo caso parzialmente rientrati dalla finestra del decreto “Caivano Bis”. Una misura diversa, con obiettivi diversi e dieci milioni complessivi per finanziare diversi tipi di intervento. Di questi, il sindaco Gianluca Gaetano intende utilizzarne 3,6 per la realizzazione di una “fattoria solidale” con tanto di chalet in cui spostare i lavoratori migranti che attualmente vivono nella baraccopoli di San Ferdinando.

    Questo, attraverso l’acquisto di un’ex azienda agricola fallita “molto bella, molto grande in cui intendiamo investire per realizzare delle unità abitative che ospiteranno dalle 120 alle 200 persone, un nuovo quartiere della città, in osmosi col territorio circostante” dichiara il sindaco telefonicamente. “La governance costa molto ma noi intendiamo finanziarla attraverso l’autosostenibilità. Sarà una vera e propria azienda agricola, dove si fa produzione e trasformazione, e magari anche un ristorante etnico”, da affidare a “una o più cooperative sociali di comprovata esperienza in modo che costi di conduzione, decoro del luogo e cura degli ospiti siano autofinanziati”. Un grande progetto aziendale più che un intervento per risolvere l’emergenza abitativa, per il quale il sindaco dice di ispirarsi proprio all’ostello e alla rete di Sos Rosarno. A metà gennaio 2026 non è ancora aperto, accumulando un ritardo di sette mesi dalla data programmata.

    Funzionerà? Intanto, con gli stessi fondi, è previsto anche lo sgombero degli oltre 500 abitanti della tendopoli. A suscitare dubbi sono proprio le modalità, come spiega Peppe Marra, storico sindacalista dell’Usb Calabria da anni impegnato in lotte a difesa dei lavoratori. “Immaginare di costruire da zero l’esperienza di una realtà già presente sul territorio da quindici anni, realizzando una cooperativa a partire da un’azienda fallita sembra piuttosto una serie di belle parole. Il rischio è che diventi un ulteriore inefficace esborso di denaro pubblico”.

    A pesare nel giudizio non è solo la delusione suscitata dagli interventi passati: “Il problema abitativo va affrontato rendendo disponibile ad affitto calmierato quel patrimonio immobiliare costituito dal 40% di appartamenti vuoti o poco utilizzati, invece di continuare a ragionare su grandi concentramenti e business per le aziende che non lasciano niente sul territorio”. In qualche modo i discorsi si riallacciano, nella piana di Gioia Tauro come nel resto d’Italia, indicando come si potrebbero trasformare le politiche di accoglienza e i fondi pubblici per il riscatto dei lavoratori migranti in strategie di sviluppo locale.

    https://altreconomia.it/la-tendopoli-di-san-ferdinando-vive-unemergenza-senza-fine
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  • Reggio di Calabria, une province qui tente d’améliorer le sort des travailleurs migrants agricoles (1/4)

    Chaque année des centaines de migrants s’établissent dans la province de Reggio di Calabria (dans le Sud de l’Italie) pour travailler dans les champs d’agrumes le temps de la saison des récoltes. Autrefois largement exploités, ces travailleurs migrants saisonniers voient leurs conditions de travail s’améliorer sensiblement ces dernières années grâce à des initiatives associatives et un engagement politique renouvelé. Malgré tout, l’extrême précarité, le mal logement et l’exploitation de ces populations persistent.

    Depuis le début du mois de novembre, des cyclistes peu communs ont fait leur apparition sur les routes de Rosarno et San Ferdinando, deux communes de Calabre (à l’extrême sud de l’Italie). Chaussés de bottes maculées de boue, sac au dos ou petit baluchon accroché au guidon, chasuble réfléchissant sur les épaules, ces hommes sur leur bicyclette sont des travailleurs migrants agricoles saisonniers, venus en Calabre pour travailler dans les champs d’agrumes pour la haute saison des récoltes. Chaque matin, à l’aube, ils rejoignent sur leur deux roues les champs dans lesquels ils travaillent avant d’en repartir en fin de journée une fois leurs heures terminées.

    Certains de ces travailleurs saisonniers viennent tenter leur chance pour la première fois comme Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans. "Je travaillais dans un hôtel à Milan qui est fermé actuellement. On m’a dit qu’il y avait du travail ici et qu’on pouvait gagner plus d’argent" , raconte-t-il au lendemain de son arrivée à San Ferdinando, plein d’espoir. D’autres sont des habitués revenant tous les ans pour la saison, le plus souvent avant de repartir pour la récolte de différents fruits ou légumes dans d’autres régions du pays. "Avant de venir j’ai récolté les tomates pendant cinq mois dans les Pouilles", explique Youri, Malien de 31 ans, de retour en Calabre pour la deuxième année consécutive.

    Terre agricole, la Calabre fournit un quart de la production nationale d’agrumes. Clémentines, mandarines, oranges et bergamotes sont cultivées dans les nombreux champs de la région et nécessitent une importante main-d’œuvre. Dans la province de Reggio di Calabria, la récolte des agrumes a employé plus de 3 000 immigrés non-européens en 2022 selon les chiffres de l’Observatoire sur l’agromafia sur un total de près de 10 000 travailleurs migrants agricoles pour toute la région de Calabre. La majorité sont originaires d’Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Guinée, Sénégal, Nigéria, Burkina Faso).

    Si la présence de ces travailleurs est essentielle dans l’agriculture, ces migrants ont longtemps été les victimes d’une chaîne d’exploitation dont ils constituent le dernier maillon. Les émeutes des travailleurs - après des attaques racistes - qui ont éclaté à Rosarno en 2010 ont permis de braquer les projecteurs sur cette forme d’esclavage moderne : recrutement informel, salaires impayés, conditions de travail éreintantes. Quinze ans plus tard, grâce aux volontés d’acteurs locaux et associatifs, ainsi qu’aux tentatives des pouvoirs publics pour lutter contre le travail informel et mettre en place des projets communaux destinés aux migrants, la situation a évolué sensiblement.

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers"

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers parmi les travailleurs migrants saisonniers", assure Gianluca Gaetano, maire de San Ferdinando. "Avec les changements de politiques, ces personnes ont pu obtenir des permis de séjour".

    En effet, la quasi-totalité des migrants rencontrés pendant le reportage détenaient un "permisso di seggiorno" (titre de séjour). Ces permis, d’une durée de six mois à deux ans, sont faciles à obtenir, assurent les travailleurs, il suffit de présenter un contrat de travail pour en bénéficier. Mais ils restent précaires et leur durée constitue un obstacle pour une intégration sur le long terme dans le pays.

    Cette ouverture sur le marché de l’emploi s’inscrit dans une vision plus globale en Italie : la cheffe du gouvernement d’extrême droite, Giorgia Meloni, a annoncé en juillet la délivrance d’environ 500 000 visas de travail aux ressortissants de pays hors Union européenne entre 2026 et 2028 dont plus de 260 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.

    En 2016, une autre loi appelée anti-caporalato, du nom du système de recrutement illicite de main-d’œuvre à travers des recruteurs informels (les caporali), avait également joué un rôle important dans la lutte contre l’exploitation des travailleurs et la protection des migrants. Elle ainsi renforçait les sanctions contre les employeurs malhonnêtes. La loi a aussi permis la délivrance d’un permis de séjour spécial pour les travailleurs dénonçant un cas d’exploitation.

    "Ces avancées législatives ont été appuyées depuis cinq ans environ par l’augmentation des contrôles de l’inspection du travail auprès des entreprises et producteurs agricoles notamment", assure aussi Gianluca Gaetano.

    Reste que le travail dans les champs est particulièrement pénible. "C’est difficile : les cagettes remplies sont lourdes à porter. Certains agriculteurs ont des tracteurs mais pas mon patron actuel. C’est très dur pour le dos mais on n’a pas le choix" indique Bamba, Sénégalais en Italie depuis 23 ans, sans cesser de couper les clémentines avec son sécateur. La saison de la récolte se fait durant l’hiver, les travailleurs doivent donc composer avec le froid et l’humidité. Les accidents d’échelle et autres blessures ne sont pas rares.

    "Il y a toujours autant besoin de main-d’œuvre chez les agriculteurs mais moins de travailleurs migrants à cause de la dureté du travail", détaille Giuseppe Pugliese, le cofondateur de la coopérative Mani & Terra, une initiative née suite aux émeutes de Rosarno qui regroupe une centaine de producteurs et qui offre des conditions justes et dignes de travail aux migrants employés.

    Il faut dire aussi que les salaires en Calabre sont moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut être rémunérée 80 euros, contre environ 47 euros en Calabre.
    "Les gens ne veulent pas loger des Noirs"

    Malgré ces améliorations juridiques et sociales, des problématiques majeurs persistent dans la région, comme le mal logement des travailleurs migrants saisonniers. L’immense majorité vit dans un campement insalubre, aux portes de San Ferdinando : le tendopoli, littéralement "le village de tentes". "C’est très difficile de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches, de rats à cause de la saleté. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans qui revient faire la saison pour la quatrième fois en Calabre.

    Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire, ce "village de tentes" est devenu au fil des ans un camp durable informel, laissé totalement à l’abandon. Selon l’ONG Caritas qui intervient dans ce bidonville isolé, environ 500 migrants y survivent actuellement dans des conditions insalubres et très précaires. Un chiffre qui peut atteindre jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison. Les tentes sont depuis longtemps devenues des cabanes de fortune, recouvertes de bâches en plastique pour tenter de faire barrage à la pluie. Les incendies, souvent dus à des courts-circuits, y sont fréquents et responsables de plusieurs décès chaque année.

    Impossible pour les travailleurs des champs de trouver des alternatives décentes. Depuis le décret-loi Salvini de 2018, ils ne peuvent plus bénéficier de places en centre d’accueil, désormais réservés aux réfugiés statutaires, ni bénéficier d’aide au logement.

    Plusieurs migrants interrogés rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires.. Je ne peux pas comprendre” se désole Abdoul, Sénégalais, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli. Le refus de louer illustre la tension persistante entre les populations et les migrants. Un rejet qui s’exprime aussi par des violences et attaques racistes à l’encontre de ceux-ci. "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes.
    "La migration est une richesse"

    Cette crise du logement préoccupent les édiles des mairies de la région. "Nous tentons d’améliorer les choses", assure le maire de Rosarno, Pasquale Cutri, qui dit avoir besoin de ces travailleurs dans sa commune. “La migration est une richesse. Ces personnes travaillent dans les champs : sans eux, les terres seraient abandonnées". Il souligne aussi l’intérêt démographique pour sa commune, qui subit un important exode de sa jeunesse.

    Plusieurs projets, portés par les pouvoirs politiques locaux sont en effet sortis de terre récemment à l’image du "village de la solidarité", à Rosarno. Ce village financé à hauteur de près de trois millions d’euros par le ministère de l’Intérieur italien, et sorti de terre en 2024, peut accueillir jusqu’à 100 travailleurs disposant d’un titre de séjour en échange d’un loyer mensuel de 80 euros. “Nous essayons de trouver des solutions pour proposer un logement digne à ces personnes” argumente le maire de Rosarno qui reconnaît que les émeutes de 2010 ont agit comme une alerte pour mettre en lumière la question du logement.

    Du côté de San Ferdinando aussi les initiatives fleurissent. Le maire Gianluca Gaetano travaille sur un projet combinant ferme, marché solidaire et logements. Le tout sur une superficie de trois hectares, des terrains confisqués à la mafia. "Il s’agit de donner une maison et un travail à ces migrants, qu’ils puissent passer de la condition de ’simples bras’ à celle de ’personne à part entière’. Un lieu pour sortir de la charité et qui soit rentable économiquement", détaille l’édile qui veut valoriser l’intégration pour éviter qu’un nouveau ghetto ne se créé. "L’intégration se fait par le partage du quotidien et des ressources publiques. La distance entretient l’exclusion", appuie-t-il.

    À Taurianova, au sud de Rosarno, un village de containers a été ouvert depuis mai 2024 pour répondre à l’urgence de l’accueil des travailleurs migrants. Les baraquements colorés et nommés d’après les capitales internationales peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes en situation régulière. "J’ai pris la place d’un ami parti au Mali pour quelques mois. Lorsque j’ai vécu dans le tendopoli deux mois en 2015, j’ai beaucoup souffert, j’étais fatigué. Ici c’est mieux" raconte Seydou, un Ivorien de 46 ans, sur le territoire italien depuis 2014.

    Enfin, l’ONG Mediterranean Hope a fondé le foyer "Dambe So" qui accueille plus de 60 migrants lors de la saison des récoltes. En plus des appartements qui sont gérés par les migrants, la structure propose des consultations médicales, un soutien juridique ou encore des cours d’italien. Pour les résidents, ce cadre de vie représente une chance, dans un parcours vers l’intégration semé d’embûches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68469/reggio-di-calabria-une-province-qui-tente-dameliorer-le-sort-des-trava
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    • DAMBE SO : UNA CASA DELLA DIGNITÀ PER I BRACCIANTI

      Dambe So è l’ostello sociale aperto nella Piana di #Gioia_Tauro per ospitare i braccianti. Un progetto di Mediterranean Hope (FCEI) che può finalmente smontare i ghetti. E che è replicabile

      Dambe So significa casa della dignità, in lingua Bambarà, una delle più diffuse in Africa occidentale. È il nome, carico di significati, che è stato scelto per l’ostello sociale che, nel febbraio del 2022, ha aperto nella Piana di Gioia Tauro per ospitare i braccianti durante il periodo della raccolta agrumicola. Si tratta di un’idea potenzialmente rivoluzionaria che punta a cambiare finalmente le condizioni di vita dei braccianti, e che può essere un modello da replicare. L’ostello sociale Dambe So è parte dei progetti di Mediterranean Hope, il programma rifugiati e migranti della Federazione delle chiese evangeliche in Italia (FCEI). Ne abbiamo parlato con Francesco Piobbichi, operatore di Mediterranean Hope, noto anche per la sua attività di disegnatore, che per lui è un tutt’uno con quella di operatore. Non si definisce un’artista, ma un “disegnatore sociale” che racconta la sofferenza dei migranti, avendola condivisa in prima persona, nella vita prima che nei disegni. È lui l’autore di quelle immagini con il “mare spinato”, un mare che uccide, degrada e che, anche una volta superato, rimane addosso come una maledizione a chi lo ha attraversato. L’inizio della sua attività di disegnatore è molto toccante, e ve la racconteremo presto. Intanto abbiamo chiesto a #Francesco_Piobbichi, che è stato tra i protagonisti della Settimana del Rifugiato a Rieti con uno spettacolo teatrale, di raccontarci la storia dell’ostello sociale.

      La chiave di tutto è il tempo

      Quella di Dambe So è un’idea che arriva da lontano. È nata una decina di anni fa, a Nardò, nel Salento. «Conobbi un’associazione di base, di mutualità, Brigate di Solidarietà Attiva, con cui abbiamo fatto uno sciopero» ricorda Francesco Piobbichi. «Lì ho capito che uno dei punti principali per queste persone è il tempo. Il problema del lavoratore bracciante è che non ha potere, perché ci sono leggi sulle frontiere che gli impediscono di avere una stabilità. E perché il sistema della fabbrica verde concentra la forza lavoro in condizioni in cui il salario indiretto non c’è, cioè non ci sono politiche d’accoglienza degne, ma solo il campo, che affronta sempre l’accoglienza in una dinamica di tipo poliziesco». Così non è mai possibile che si stabilizzino le condizioni per cui questi lavoratori possano avere una dignità di salario e di vita. Un bracciante, infatti, è sempre costretto a rincorrere. «Pensiamo alla sua vita» riflette Piobbichi. «Lavora da mattina a sera, torna a casa e magari piove. Arriva alla tendopoli, dove non c’è l’acqua. Deve cucinare. Deve andare a letto, mentre c’è gente che urla. Come fai a organizzarti in termini di assemblea collettiva?». E così è nata la riflessione sulla chiave di tutto, il tempo. E partire da un luogo dove potersi fermare, riposare, vivere una vita dignitosa, era il punto di partenza.

      Dambe So non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese

      È nato così l’ostello sociale, un’alternativa alla logica dei campi d’accoglienza. Non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese con una piccola quota. Un’altra parte dei costi è sostenuta dalla quota sociale proveniente dalla vendita delle arance della filiera di Etika. «Il lavoratore contribuisce per 90 euro al mese alla spesa del mantenimento della struttura» ci spiega Piobbichi. «Non è che paghi l’affitto, ma non è neanche la carità. Si chiama casa della dignità: io sono un lavoratore, io posso pagare, e pago per quello che posso». «Dall’altra parte abbiamo aperto un ragionamento con Mani e terra, abbiamo costruito Etika, e con le chiese italiane e tedesche abbiamo venduto centinaia di migliaia di arance, riflettendo sull’utilizzo sociale della terra».

      La quota sociale è un’idea politica

      La riflessione sull’utilizzo sociale della terra è uno dei temi legati a questo progetto. «Vuol dire che la solidarietà non va fatta solo sul tema del biologico e del rispetto del lavoro, questo non basta più» ci spiega Piobbichi. «L’altro tema è costruire reti che, attraverso gruppi d’acquisto, contribuiscano a questa quota sociale». Ma a questo proposito si apre una grande discussione. «Se le piccole cooperative riescono a dare una quota consistente del proprio guadagno per sostenere Dambe So, perché la grande distribuzione non lo fa?» si chiede l’operatore di Mediterranean Hope. «E perché continuiamo sempre a far pagare allo Stato, cioè alla fiscalità generale, le politiche dell’accoglienza, quando in realtà chi dovrebbe pagare le politiche dell’accoglienza dei lavoratori braccianti dovrebbe essere la grande distribuzione? L’idea della quota sociale è un’idea politica che dice che serve il prezzo equo dei prodotti, che bisogna riflettere seriamente sul rapporto tra la terra e l’umanità, che apre tantissimi scenari. E che dice anche che non si può andare avanti su una politica in cui si continua a finanziare con risorse pubbliche i produttori e poi la grande distribuzione fa dei prezzi che li fanno saltare per aria. Nel giro di venti, trent’anni hanno chiuso tantissime aziende».

      La Calabria, un luogo dove si parla di riscatto

      L’ostello non sarà solo a disposizione dei braccianti. L’idea è che, nei mesi estivi, in cui gli appartamenti dovrebbero essere più vuoti, le associazioni non profit del territorio possano usare la struttura per il turismo solidale. «Ci stiamo lavorando» ci racconta Piobbichi. «Tutti gli appartamenti che avevamo sono pieni adesso. Ne stiamo aprendo dei nuovi per accogliere dei turisti solidali, e uno lo lasceremo per chi vuole venire qui a fare la filiera partecipata». Il discorso, infatti, è molto più ampio. Questo progetto non riguarda solo la dimensione del rapporto con i migranti, ma il rapporto con la società. «Per questo abbiamo costruito il Giardino della Memoria, gli interventi di rigenerazione eco-sociale, il Rosarno Film Festival, stiamo aprendo un gruppo d’acquisto che vuole aiutare i produttori locali ad avere uno sbocco alternativo» ci spiega Piobbichi. «Stiamo cercando di costruire un ragionamento sul riscatto. Non solo sul tema dei migranti, ma anche del riscatto della terra, di una popolazione e dei luoghi che per tanti anni sono stati incasellati da una forma di comunicazione che li ha sempre messi dentro un meccanismo. In realtà la Calabria è un luogo dove si parla di riscatto. È un territorio che vive le migrazioni dei giovani, un luogo di contraddizione. Ma io ho trovato molta facilità ad aprire un luogo come questo: non ho trovato gente che faceva la manifestazione davanti come in altre parti d’Italia, ma tranquillità. Lo dico sapendo che a Rosarno è successo quello che è successo. Ma se uno la gestisce in una certa maniera, lavorando sul tema dei diritti del territorio, la terra, la produzione, l’accoglienza, di un welfare senza la mediazione dello stato, si può fare». Dambe So è un progetto che è nato con il sostegno delle chiese evangeliche, ma l’idea è che si possa anche andare verso un meccanismo di sostenibilità economica. «Se riusciamo a fare un ragionamento sul tema di chi paga l’accoglienza, già ammontando a valle di un centesimo tutte le arance, mandarini e kiwi prodotti nella Piana, avremmo qualche milione d’euro» ragiona Piobbichi. «Che passerebbe alla filiera. E si potrebbe passare a una contrattazione di filiera. Ma chi dovrebbe farla? Una chiesa o qualcun altro?»

      Dall’ospitalità al subaffitto e all’affitto autonomo

      Dambe So nasce per ospitare i braccianti in modo temporaneo, ma la Federazione si occuperà anche di quei braccianti che decideranno di risiedere in modo stabile nella piana, aiutandoli con progetti personalizzati a trovare case in affitto. «I piani sono tutti occupati, perché ci sono braccianti che rimangono qua» ci racconta Piobbichi. «Alcuni vanno via un mese o due e poi tornano. Stiamo cercando di aprire una fase due, di passare dall’ospitalità al subaffitto, e poi all’affitto autonomo. Quattro persone, a 100 euro l’una, ce la possono fare. Il problema è che qui la maggior parte delle case non hanno l’agibilità, e quindi loro non possono rinnovare il permesso di soggiorno». Oggi l’ostello ospita circa 20 persone, ma in vista della prossima stagione si sta ampliando (grazie a un FAMI, con la Prefettura di Reggio Calabria e con finanziamenti di Fondazione Sud e di chiese estere) in modo da arrivare fino a circa 40 posti totali.

      Questo modello è replicabile

      A quasi un anno dall’apertura dell’ostello, chiediamo a Francesco Piobbichi di fare un primo bilancio. «È andata bene» ci risponde. «Quando abbiamo aperto lo abbiamo fatto quasi come una scommessa. Le cose semplici sono le più difficili da fare. Ma al tempo stesso, una volta che si parte, riesci a far capire che questo modello è replicabile. Noi non possiamo fare venti ostelli, ma se nei luoghi dove ci sono forze lavoro di questo tipo si sviluppano interventi di questo tipo, noi siamo a disposizione per far vedere come si fa. È importante l’esempio. Abbiamo avuto la fortuna di aver finanziamenti, ma questa cosa non l’abbiamo fatta per far vedere quanto siamo bravi, quanto piuttosto per far capire che si può fare, che possiamo smontare i ghetti». «La cosa che si dovrebbe fare», conclude, «è capire e paragonare quanto spende lo Stato per i ghetti, i campi container, e quante persone, invece, si potrebbero accogliere in dignità con un progetto come il nostro ».

      https://www.retisolidali.it/piobbichi-dambe-so-una-casa-della-dignita-per-i-braccianti

    • "Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat" : une coopérative calabraise s’engage contre l’exploitation des travailleurs agricoles saisonniers (2/4)

      L’association SOS Rosarno, à travers un réseau de coopératives agricoles situées dans la province de #Reggio_di_Calabria (sud de l’Italie), milite depuis une dizaine d’années pour un modèle d’économie solidaire et plus juste. En fournissant des contrats réguliers, des salaires équitables et des conditions de travail dignes à ses employés, elle entend lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants saisonniers.

      Perdus au milieu des champs d’agrumes de la province de Reggio di Calabria, au cœur de la Calabre (sud de l’Italie), les locaux de l’association SOS Rosarno se nichent entre deux virages d’une route sinueuse. Dans la cour, au milieu des serres et parcelles d’arbres fruitiers, des colonnes de cagettes vides sont empilées telles des Lego. Dans le hangar, une dizaine d’employés s’activent autour d’imposantes machines afin de trier et emballer les fruits récoltés récemment. Le rythme ne faiblit pas et les cagettes s’accumulent par centaines, débordantes d’agrumes attendant d’être livrées. Dans son bureau surplombant l’espace, #Giuseppe_Pugliese, alias « Peppe », l’un des cofondateurs de SOS Rosarno, enchaîne les appels téléphoniques.

      Entre deux sonneries, il répond à nos questions. « Ici, on rémunère correctement les ouvriers agricoles avec un contrat dans les règles ». Si Peppe le précise, c’est que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, les migrants ont été exploités par des employeurs malhonnêtes profitant de leur extrême précarité. « Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat, le salaire était petit et même parfois on était carrément pas payé lorsque l’on n’avait pas de papier » rapporte Sedou, un migrant originaire du Mali, qui travaille avec SOS Rosarno aujourd’hui.

      C’est suite aux émeutes qui ont secoué la plaine calabraise de Gioia Tauro en 2010 - après des #attaques_racistes contre des travailleurs migrants agricoles - que le projet SOS Rosarno est né. Les engagements défendus par les activistes et les petits producteurs agricoles qui y ont adhéré sont clairs : respecter les droits des travailleurs tout en respectant la terre et en produisant bio.

      Depuis 2015, SOS Rosarno chapeaute ainsi la coopérative agricole Mani e Terra qui rassemble une centaine de producteurs biologiques, 70 employés étrangers - principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore d’Europe de l’Est - et quelques 200 hectares de champs où sont cultivés des agrumes (clémentines, oranges, mandarines) mais aussi des kiwi, des olives ou depuis peu des avocats.

      C’est sur ces terres que travaille Aboubacar, un Guinéen de 25 ans. « C’est un ami qui m’a parlé de SOS Rosarno. Ici, on débute à 7h30 et on fini vers 15h30/16h avec une heure de pause », détaille le jeune homme sans s’arrêter de travailler. « On a un contrat de travail et un jour de repos par semaine ».

      « Pour le respect des droits des travailleurs »

      Tous les travailleurs de SOS Rosarno - et de la coopérative - ont signé un contrat de travail en règle, des CDD d’une durée d’an, ce qui aide à obtenir ou renouveler leur titre de séjour. Les journées de travail s’étalent sur 6h40, le minimum syndical en Italie - avec une heure de pause - et la rémunération dépasse légèrement les 47 euros net, le tarif minimum en vigueur. Les salaires en Calabre sont en effet moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut ainsi être rémunérée 80 euros.

      Les avis ne sont pas toujours dithyrambiques. « Avant la Calabre, j’étais à Trente (nord-est de l’Italie) pour récolter les pommes. J’étais payé 80 euros environ la journée, j’étais aussi logé et nourri. Ici, je dois payer un loyer de 90 euros [le producteur a loué pour ses employés des appartement, nldr] et gérer la nourriture », expose Bamba, un Sénégalais de 55 ans dont c’est la première année avec la coopérative. En gagnant entre 1 100 et 1 200 euros par mois, il confie qu’il ne lui reste pas grand chose pour vivre après avoir envoyé « entre 500 et 600 euros à sa femme et ses trois enfants au Sénégal » et payé près de 200 euros pour ses loyers de Calabre et Sicile où il réside le reste de l’année.

      « Parfois il est difficile de faire comprendre et accepter des obligations légales. Certains ne voudraient pas faire de pause, ou bien être payés à l’heure ou au poids car ils pensent pouvoir gagner plus. Les travailleurs saisonniers n’ont pas toujours une bonne compréhension de leurs droits et des répercussions sur le long terme », note #Peppe_Pugliese, qui déplore notamment le #travail_au_gris - déclaration d’une partie seulement des journées travaillées -, pratique courante de nombreux employeurs.

      Lutter contre l’#exploitation

      Si SOS Rosarno se bat au quotidien contre le travail au noir, l’exploitation des travailleurs saisonniers persiste toujours. Selon une étude du syndicat Cgil-Flai, quelque 200 000 à 300 000 #travailleurs_agricoles sont exposés en Italie à un risque de travail irrégulier et d’exploitation, particulièrement les plus précaires. « On peut parler d’#esclavage » dénonce Jean-René Bilongo, directeur de l’Observatoire Placido Rissotto, qui étudie les abus et l’exploitation dans la filière agroalimentaire.

      Sur le terrain, cela s’opère notamment via le « #caporalato », un système de recrutement illicite de main-d’œuvre très fréquent dans l’agriculture, même s’il ne se limite pas à ce secteur. « Les caporali, des intermédiaires informels, recrutent des travailleurs en situation de vulnérabilité [titres de séjour expirés ou sans-papiers, ndlr], pour des entreprises agricoles qui les emploient », argumente de son côté Massimo Ferraro, directeur de l’Observatoire de l’Agromafia.

      Autre réalité calabraise, l’"#agromafia", qui désigne l’infiltration du #crime_organisé dans la chaîne agroalimentaire - aussi bien par la mafia locale, la ’Ndranhgheta, que par d’autres réseaux criminels ou corrompus - contribue également à cette traite des travailleurs migrants agricoles.

      Dans sa lutte contre le secteur informel, « Peppe » n’hésite pas à égratigner un autre responsable de la crise agricole du moment : la #grande_distribution. Il fustige les prix d’achats minimisés qui sont imposés aux petits producteurs et « finissent par les étrangler ». En 2024, au lieu des 0,30 centimes d’euro le kilo de clémentines proposés par la grande distribution, Mani e Terra fixait un prix de 0,90 centimes/kilo avec la prise en charge du transport, en plus d’équiper en matériel les ouvriers agricoles.

      https://www.youtube.com/watch?v=lDuzNGK2OAs

      « Une goutte d’eau face aux injustices »

      En plus d’un modèle économique alternatif et éthique, SOS Rosarno se bat aussi pour l’inclusion de ses travailleurs, en soutenant le projet d’hébergement social Dambe So.

      Autrefois résidence de tourisme, cette « maison de la dignité » (en bambara) sur deux niveaux, a été rénovée et financée au départ par SOS Rosarno. Depuis fin 2020, les appartements accueillent jusqu’ à 70 travailleurs migrants durant la haute saison, dont un certain nombre travaillent avec Mani e Terra, contre le paiement d’un petit loyer. Mani e Terra contribue annuellement à hauteur de 10 000 euros pour le fonctionnement du foyer.

      « C’est une petite dynamique, on aide 70 personnes à être dignes mais il en reste plus de 2 000 qui vivent de façon indigne », soulève Peppe Pugliese. Chaque année, les demandes pour obtenir une place sont en effet très nombreuses. Le cofondateur espère pouvoir agrandir bientôt la coopérative pour embaucher plus.

      Cette goutte d’eau face aux injustices offre cependant une alternative à l’absence de solution pour se loger. Les travailleurs migrants saisonniers se retrouvent souvent contraints de vivre dans le « tendopoli » (village de tentes) de San Ferdinando, un bidonville isolé où règne l’insalubrité et qui contribue un peu plus à les invisibiliser.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68488/avant-les-patrons-ne-faisaient-pas-de-contrat--une-cooperative-calabra

    • Calabre : le bidonville de #San_Ferdinando, symbole du mal logement des travailleurs migrants agricoles (3/4)

      Par manque de solutions d’#hébergement et à cause du refus fréquent des locaux de leur louer des appartements, les travailleurs migrants agricoles saisonniers se retrouvent majoritairement contraints à vivre dans le “tendopoli” (village de tentes) de San Ferdinando, en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce #bidonville insalubre, solution d’urgence proposée par l’Etat devenue permanente, illustre la problématique persistante du #mal_logement de ces populations.

      En arrivant dans une des zones industrielles de San Ferdinando, une petite ville de Calabre du sud de l’Italie, le regard est happé par un grand campement de bric et de broc, implanté à quelques mètres de l’autoroute. De plus près, c’est une véritable ville qui apparaît : de la musique aux sonorités africaines s’échappe, une tente laisse entrevoir un homme cuisinant sur une plaque de cuisson bricolée. Un peu plus loin, une mosquée a été bâtie avec des planches de tôles, tandis qu’au détour d’une allée, un petit stand bricolé propose à la vente des vêtements et chaussures... Le quotidien s’organise dans ce "tendopoli", littéralement village de tentes, un bidonville d’une centaines de #baraquements et #tentes.

      C’est ici que vivent la majorité des travailleurs migrants agricoles venus en Calabre pour la saison des récoltes des agrumes, entre novembre et mars. Selon l’ONG Caritas qui y intervient, ils sont environ 500 - tous Africains - à y survivre actuellement dans l’extrême #précarité. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison.

      "Je suis ici car je n’ai nulle part où aller"

      "C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans, qui revient pour la quatrième fois faire la saison en Calabre. Les chats et les chiens errants sont nombreux dans le lieu, attirés par les ordures délaissées à proximité des baraquements.

      Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire après le démantèlement d’un camp de fortune, ce "village de tentes" prévu comme solution d’#urgence est depuis "devenu un #camp_informel permanent" abandonné des pouvoirs publics, reconnaît le maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, interrogé par InfoMigrants. Le logo du ministère de l’intérieur floqué sur les tentes a depuis disparu sous les bâches en plastique et avec l’usure du temps.

      "Les tentes sont toutes abîmées, on les a recouvertes pour se protéger de la pluie. Mais l’eau rentre quand même", explique Joseph, un migrant Sud-Soudanais, en montrant les trous dans la toile. Malgré les couvertures achetées, il indique "souffrir du froid durant la nuit".

      L’#insalubrité règne et les installations pour assurer l’hygiène de base sont dans un état déplorable. "Je ne peux pas vivre ici, c’est le bordel ! Les douches sont tellement sales, je préfère aller dans la forêt que de les utiliser !", se plaint Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans, débarqué de Milan la veille de notre échange. Alors qu’il espérait pouvoir gagner rapidement de l’argent et trouver facilement un logement, le jeune homme déchante déjà face à la dure réalité du terrain.

      Les manquements génèrent des petits business de la débrouille. Plus d’eau chaude pour se doucher ? Des migrants vendent pour 0.50 centimes d’euros des seaux d’eau chauffée. En recherche d’une place pour s’installer ? "Les anciens louent des lits aux nouveaux venus. J’ai payé le mien 150 euros pour la saison", explique Abdoul, Sénégalais de 47 ans venu faire la récolte en Calabre pour la première année.

      Dans le bidonville, les #incendies sont fréquents, à cause des courts-circuits ou des bonbonnes de gaz utilisées pour cuisiner. Alors qu’autrefois les pompiers, et la police, étaient présents à l’entrée du camp, ils ont déserté les lieux après le Covid. "Avec l’étroitesse des allées, les camions de pompiers ne peuvent pas passer à l’intérieur", remarque Ferdinando, qui intervient pour Caritas dans le "tendopoli". Deux incendies ont causé le décès de deux migrants la semaine précédant notre venue.

      L’hébergement, une problématique persistante

      L’absence d’alternatives décentes pour héberger ces populations dans cette province calabraise contraints les migrants à échouer dans ce lieu insalubre. Plusieurs d’entre eux rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires...Je ne peux pas comprendre”, se désole Abdoul, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli comme de nombreux autres travailleurs.

      Une situation particulièrement aberrante pour Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. "Il est d’autant plus paradoxal que les conditions minimales de dignité humaine ne soient pas garanties alors que ces populations sont en règle", s’indigne-t-il. Selon Caritas, 80% des habitants ont des permis de séjour.

      Le décret-loi Salvini de 2018, qui réserve désormais les places en centre d’accueil aux seuls réfugiés statutaires, a encore accentué la problématique du mal logement de ces populations précaires. Selon une enquête menée par le ministère du Travail et des Politiques sociales et l’Association nationale des municipalités italiennes, ils étaient au moins 10 000 employés migrants travaillant dans l’agriculture à vivre dans des bidonvilles sur le territoire italien en 2022.

      Pour tenter de juguler cette crise du logement, plusieurs projets menés par les mairies de la province sont déjà sortis de terre, d’autres sont en prévision. La ville de Rosarno, à quelques kilomètres de San Ferdinando a bâti un "village de la solidarité". Une centaine de places sont disponibles - toutes occupées pendant la haute saison des récoltes. #Taurianova, plus au sud, a installé un "village de #containers" de 100 places également - toutes pourvues. Le maire de San Ferdinando, de son côté, mise beaucoup sur une "#ferme_solidaire", qui devrait voir le jour en 2027 pour 150 à 200 travailleurs africains.

      Trop peu, selon les associations. Pour Mauro Destefano, de l’ONG Emergency, il est étrange de ne pas pouvoir faire plus "dans l’une des régions où le taux d’émigration des jeunes est parmi le plus élevé avec un pourcentage important de logements inhabités".

      Rôle essentiel des associations

      A l’entrée du "tendopoli", plusieurs Algeco servent de bureaux pour les structures associatives et syndicales intervenant dans le lieu. Leur appui est crucial pour les migrants. "Il n’y a aucune implication de la mairie pour améliorer les lieux", met en cause Ferdinando. Avec Caritas, le Calabrais s’implique au quotidien dans le soutien aux migrants du bidonville. Il les renseigne notamment dans les démarches administratives mais aussi les conseille et leur apporte de l’attention.

      Depuis un an, une blanchisserie gérée par l’ONG a été installée dans un de ces containers. Les migrants viennent déposer leur sac de vêtements à un bénévole qui se charge ensuite de lancer les programmes. Ouverte tous les jours, les machines et séchoirs fonctionnent à plein régime.

      Deux fois par semaine, l’ONG distribue aussi environ 400 repas, cuisinés par des volontaires des paroisses voisines, aux habitants du "village de tentes". Au menu lors de notre venue, pâtes au thon. Les migrants font la queue, certains en peignoir et claquettes, pour venir récupérer leur repas. Pour certains cette aide est vitale. "A cause d’un problème d’orthographe dans mes papiers, je ne peux plus travailler actuellement. C’est difficile car je n’ai plus que 25 euros et rien à manger", confesse Ismaël, Burkinabé de 23 ans.

      Un médecin vient également une fois par semaine pour des consultations médicales. Durant la haute saison, les coupures, chutes et membres cassés sont récurrents. Dans la région, l’#accès_aux_soins est compliqué. Et plus encore pour les migrants du fait de la barrière de la langue, des distances pour accéder aux structures de santé, de la méconnaissance et de la peur du rejet.

      "Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la #dépression, la #dépendance ou le #stress_post-traumatique. Ils souffrent de l’#isolement_social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous" détaille le coordinateur. Dans ces conditions, une minorité tombe dans la #dépendance (#alcool, #drogue et 3médicaments). "Il est important de résoudre le problème de ce #ghetto, sinon il sera difficile de traiter ces pathologies efficacement et cela deviendra ingérable" alerte-t-il.

      #Ghettoïsation et #invisibilisation

      Dans le bidonville excentré du centre-ville de San Ferdinando, les nombreux #vélos déposés le long des tentes illustrent l’isolement dont sont victimes les migrants. Les lacunes dans le système de transport public dans la province de Reggio di Calabria obligent de nombreux travailleurs à se déplacer à vélo, parfois à pied, sur des routes mal éclairées et cabossées. Ils sont ainsi souvent victimes d’accidents de la route, parfois résultats d’attaques racistes délibérées.

      "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes. D’autres témoignages rapportent des migrants percutés, laissés sans assistance en bord de route.

      L’abandon des pouvoirs publics et l’#isolement général contribuent à la ghettoïsation du "tendopoli", ce qui accroit un peu plus encore l’invisibilisation dont les migrants sont victimes.

      En janvier, une dizaine d’associations et d’ONG -dont Caritas et Emergency- ont dans une lettre adressée au préfet de Reggio Calabria réclamé des solutions rapides face à l’aggravation des conditions de vie à l’intérieur du "village de tentes" déplorant un " climat de #tension_sociale qui atteint un niveau de plus en plus critique".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68516/calabre--le-bidonville-de-san-ferdinando-symbole-du-mal-logement-des-t