• Gerald Joyce, La définition de la vie par la NASA, 2013 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecki.wordpress.com/2022/08/06/joyce-vie

    La définition de la vie par la NASA et cette interview qui en retrace l’histoire sont symptomatiques de la confusion de la pensée qui se prétend scientifique sur les notions et concepts généraux qui devraient être au fondement de la réflexion sur ce que sont les êtres vivants en tant qu’objets physiques, c’est-à-dire les bases mêmes de la biologie. Nous en proposons une traduction inédite et une analyse critique.

    #vie #êtres_vivants #vivant #NASA #biologie #science #évolution

    • Etranges réflexions de ce commentateur : il confond la définition (qui est effectivement de l’ordre de l’information) avec l’objet défini.
      Il confond également la vie collective et l’existence d’un élément minimal de représentation de la vie... donc la vie sur Terre (sa construction spécifique sur les millions d’années) et la définition d’une vie abstraite qui peut servir à définir d’autres formes de vie, ce qui était l’objectif de cette définition de Gerald Joyce et la Nasa.
      Le tout au nom d’une critique de la science... pas mal quand on confond « la carte et le territoire » :-)

  • Ceci est une plante
    https://metropolitiques.eu/Ceci-est-une-plante.html

    Proposant une « histoire environnementale de l’art », Estelle Zhong Mengual tente de modifier notre culture visuelle des paysages ; elle scrute la présence d’êtres et de milieux vivants sur certains tableaux emblématiques de ce genre pictural. Selon les époques et donc les regards, une œuvre d’art n’est pas vue et interprétée de la même façon. Une #peinture de #paysage pourra être appréciée pour son esthétisme, commentée pour sa composition, analysée selon les motifs et les symboles, voire les messages #Commentaires

    / #arts, paysage, peinture, #écologie, #vivant

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_metzger.pdf

    • Une forêt ? Un paysage charmant. Un corbeau ? Un sinistre présage. Une rose ? L’être aimé. Le #monde_vivant est à la fois omniprésent dans notre culture et décidément absent. Car percevoir le vivant comme un décor, un symbole ou un support de nos émotions sont autant de manières de ne pas le voir. Et si nous apprenions à voir le vivant autrement ? Si nous entrions dans un monde réanimé, repeuplé par les points de vue d’autres êtres que nous ? Ce livre se propose d’équiper notre oeil pour saisir le vivant autour de nous comme foisonnant d’histoires immémoriales, de relations invisibles et de significations insoupçonnées. Sur le chemin de cette métamorphose, nous avons pour guides celles et ceux qui ont passé leur vie à apprendre à voir le vivant dans son abondance de signes et de sens : des artistes peintres et des femmes naturalistes du XIXe siècle anglais et américain. Le livre enquête sur leurs arts de l’attention, différents mais complémentaires, qui ont su tisser ensemble savoirs et sensibilité. À travers cette exploration, c’est une autre disponibilité au monde qui fait surface.
      Chaque jour est une occasion inouïe et renouvelée d’apprendre à voir.


      https://www.actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/apprendre-voir
      #livre #absence #nature #présence #regarde #peintres #art

  • Manifeste conspirationnniste, pub : Vaccins, « Great Reset »... Julien Coupat et le Seuil légitiment le complotisme d’extrême gauche - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/vaccins-great-reset-quand-julien-coupat-et-le-seuil-legitiment-le-complotis

    Une couverture noire, un titre choc, un éditeur prestigieux, une quatrième de couverture dont la grandiloquence prête à sourire ("Nous vaincrons parce que nous sommes plus profonds"), mais des auteurs masqués. Défendant une vision complotiste qui se veut de gauche, le Manifeste conspirationniste doit paraître le 21 janvier aux éditions du Seuil. 

    « Nous sommes conspirationnistes, comme tous les gens sensés désormais. Depuis deux ans que l’on nous balade et que nous nous renseignons, nous avons tout le recul nécessaire pour départager ’le vrai du faux’. Les ridicules autoattestations que l’on a prétendu nous faire remplir avaient bel et bien pour but de nous faire consentir à notre propre enfermement et de faire de nous nos propres geôliers. Leurs concepteurs s’en félicitent à présent. La mise en scène d’une meurtrière pandémie mondiale, ’pire que la grippe espagnole de 1918’, était bien une mise en scène » peut-on lire en préambule. Quelques lignes après : « L’acharnement furieux à balayer tout traitement qui n’impliquerait pas d’expérimenter des biotechnologies sur des populations entières, réduites à l’état de cobaye, avait quelque chose de suspect. Une campagne de vaccination organisée par le cabinet McKinsey et un ’pass sanitaire’ plus loin, la brutalisation du débat public prend tout son sens. C’est sans doute la première épidémie mortelle dont il faut convaincre les gens qu’elle existe. » Les 5,5 millions officiellement morts du Covid (selon l’Organisation mondiale de la santé, le bilan pourrait être deux ou trois fois plus élevé) ? Une manipulation statistique destinée à accélérer l’agenda néolibéral, si l’on croit cet ouvrage. 

    Le texte recycle des éléments qui font fureur dans la complosphère. En 2019, le Centre Johns Hopkins, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates ou le Forum économique de Davos, a organisé l’Event 201, un exercice de simulation d’une pandémie de coronavirus. Ce serait là une des « preuves » que l’élite avait bien planifié cette crise sanitaire. Selon les auteurs, le timing de la pandémie ne devrait d’ailleurs rien au hasard. Au vu des mouvements sociaux de 2019 à Hongkong, au Liban, en Catalogne, en Chili ou en Colombie, les « puissances organisées » ayant « intérêt au maintien de l’ordre mondial » auraient voulu « siffler la fin de la récréation ». Et pour littéralement confiner les populations, rien de mieux donc que de créer la frayeur à travers un coronavirus. 

    "Les vaccins dominants sont plus néfastes que le virus"

    Sans surprise, la prouesse scientifique des vaccins à ARN ne trouve pas plus grâce aux yeux des auteurs du Manifeste conspirationniste : « La campagne mondiale de vaccination générale ne correspond à aucune rationalité médicale. Les ’vaccins’ dominants sont plus néfastes que le virus pour la plupart des gens, et n’immunisent pas contre la maladie en tant que telle. Ils favorisent même l’éclosion de variants plus virulents. Bref : ils ne satisfont que la passion d’expérimenter de nouveaux joujoux à l’échelle du globe, et la rapacité de ceux qui les vendent » assurent-ils. Rappelons tout de même que c’est la circulation du virus qui favorise l’émergence de nouveaux variants. Les vaccins, même s’ils sont bien moins efficaces contre Omicron, limitent les contaminations et donc les chances de se répliquer du virus. Leur protection contre les formes sévères de Covid reste, elle, conséquente. 
    Le livre reproche notamment à la France d’avoir masqué les effets des vaccins sur les troubles menstruels. Or, selon une récente étude publiée dans la revue Obstetrics & Gynecology, juste après avoir reçu un vaccin contre le Covid-19, le cycle menstruel est rallongé de moins d’une journée en moyenne, un effet non-grave et qui apparaît comme temporaire.

    #paywall ou #datawal express au choix... si vous avez accès aux élucubrations anti-gauchistes du journal...

    "Le conspirationnisme procède de l’anxiété de l’individu impuissant confronté à l’appareil gigantesque de la société technologique et un cours historique inintelligible. Il ne sert donc à rien de balayer le conspirationnisme comme faux, grotesque ou blâmable ; il faut s’adresser à l’anxiété d’où il sourd en produisant de l’intelligibilité historique et indiquer la voie d’une sortie de l’impuissance.
    On peut bien s’épuiser à tenter d’expliquer aux « pauvres en esprit » pourquoi ils se trompent, pourquoi les choses sont compliquées, pourquoi il est immoral de penser ceci ou cela, bref : à les évangéliser encore et toujours. Les médias peuvent bien éructer d’anathèmes. C’est le plus généralement sans effet, et parfois contre-productif.

    La vérité est qu’il y a dans le conspirationnisme une recherche éperdue de vérité, un refus de continuer à vivre en esclave travaillant et consommant aveuglément, un désir de trouver un plan commun en sécession avec l’ordre existant, un sentiment inné des machinations à l’œuvre, une sensibilité au sort que cette société réserve à l’enfance, au caractère proprement diabolique du pouvoir et de l’accumulation de richesse, mais surtout un réveil politique qu’il serait suicidaire de laisser à l’extrême-droite."

    http://www.fr.fnac.ch/a16372086/Anonyme-Manifeste-conspirationniste

    on peut s’attendre à des choses... diverses depuis ce recyclage esthétisant du _"cospirare vuol dire respirare insieme", de 1977 (Radio Alice, Bologne)

    #conspirationniste mais... #covido-négationnistes

    • quoi qu’il en soit je crois qu’il faut davantage prendre au sérieux les quelques lignes de l’auteur relayées par la fnac que tel ou tel journal du pays des lumières éteintes qui trouve à justifier une énième dénonciation des gauchistes (qui n’existent plus).

      Sans en appeler encore aux mânes de Thomas Muntzer (qui croirait aujourd’hui faire advenir le paradis sur terre ?), je suggère de (re)lire l’historien Nicolas Guilhot sur ces modalités de refus théories du complot et impasses du debunking
      https://seenthis.net/messages/941895

      plutôt que de dire "négationniste"quoi qu’en ait l’inventeur mort de ce terme si bienvenu pour caractériser son objet il me semble que dénègateurs serait plus approprié.

      intention. il ne s’agit pas non plus semble-t-il de s’enrôler comme tant d’autres voix dans le ou les complotismes (les théories du complot) mais d’en proposer une signification afin d’armer une conspiration contre ce monde.

      (je fulminerais plus tard, à la lecture)

      #conspirationnisme #livre

    • l’apocalypse dévoilée par l’Express, suite et fin

      Le constat n’a rien de surprenant. En 1913, il avait déjà été montré que la vaccination contre la typhoïde était associée à des irrégularités du cycle menstruel.

      Au-delà du Covid, le livre défend la thèse qu’être lucide sur l’état du monde ne peut que mener au conspirationnisme. Les conspirationnistes sont ceux qui cherchent des vérités cachées. Les autres ? Des « somnambules », des « endormis », des « esclaves » assoupis par les « fact-checkers » journalistes, forcément complices du pouvoir. « Dans un monde de paranoïaque, ce sont les paranoïaques qui ont raison », assure [profond, ndc] ce manifeste. On apprend ainsi que le réchauffement climatique aurait été sciemment voulu par l’élite néolibérale ("rien de tel que les catastrophes pour créer de la rareté, donc de nouveaux marchés et de nouveaux sujets économiques"). Que tous les objets de notre environnement, de la pissotière au smartphone, sont planifiés à nos dépens par des designers malveillants ("sous chaque détail de notre environnement se cachent des desseins informulés"). Qu’il faut se méfier du CNRS car il aurait été impulsé par la maléfique Fondation Rockefeller. Ou même que l’immunité serait une notion biologique idéologiquement nocive. « Avec ses systèmes de détection en éveil, ses menaces d’invasions, ses corps étrangers à refouler et ses déplacements de commandos d’anticorps, elle exhale à plein nez le militarisme étatique de son époque de naissance [NDLR : le XIXe siècle]. »

      De La fabrique au Seuil

      « Ce livre est anonyme car il n’appartient à personne ; il appartient au mouvement de dissociation sociale en cours » peut-on lire au début. Le ton aussi insurrectionnel que lyrique, l’usage des italiques pour souligner un propos se voulant important, les illustrations situationnistes appartiennent pourtant à quelqu’un. Selon nos informations, ce Manifeste est ainsi l’oeuvre de Julien Coupat et de son Comité invisible. Auteur de L’Insurrection qui vient en 2007, ce groupe s’est retrouvé au coeur de l’actualité en 2008 avec l’affaire de Tarnac. Julien Coupat avait été arrêté par la police antiterroriste et mis en examen pour sabotage d’une voie de TGV. Libéré en 2009, il avait bénéficié d’une importante mobilisation, notamment de la part des milieux intellectuels de gauche, qui ont dénoncé une enquête policière orientée et bâclée. En 2018, il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Paris. La même année, lors d’une manifestation des gilets jaunes, Coupat a été interpellé et placé en garde à vue. On apprend dans ce livre que les auteurs ont participé à la manifestation sauvage contre le couvre- feu du 17 octobre 2020. « Nous étions ce soir-là quelques centaines, pour braver la nouvelle mesure de vexation, à déambuler de la place du Châtelet jusqu’à la gare de l’Est. En refaisant au passage la façade d’un petit commissariat. »

      Influent dans la gauche radicale, le Comité invisible a longtemps été édité par La Fabrique. Une maison fondée par Eric Hazan, marqué « à gauche de la gauche », qui a l’habitude des auteurs sulfureux (Houria Bouteldja, Norman Finkelstein...). Le passage chez un éditeur généraliste, le Seuil, propriété du groupe Média-Participations, peut surprendre, d’autant plus avec un contenu aussi ouvertement conspirationniste. Patron du Seuil engagé très à gauche, Hugues Jallon avait signé une tribune en faveur d’Eric Hazan au moment de l’affaire de Tarnac. Du côté de l’éditeur, on assure n’avoir pas hésité avant de publier ce texte présenté comme « littéralement très puissant » et proposant un « horizon d’émancipation ».

      Ce Manifeste conspirationniste n’a rien d’un point de vue solitaire au sein de la gauche radicale intellectuelle. En février 2020, le philosophe italien Giorgio Agamben, mentor de Coupat, avait par exemple publié une tribune sur le Covid qualifié de « simple grippe », dans laquelle on pouvait lire : « Il semblerait que, le terrorisme étant épuisé comme cause de mesures d’exception, l’invention d’une épidémie puisse offrir le prétexte idéal pour les étendre au-delà de toutes les limites. » Des propos dénoncés par Conspiracy Watch comme relevant d’un « complotisme sophistiqué ».

      Similitudes avec Philippe de Villiers

      Assisterait-on à une convergence des conspirationnismes d’extrême droite et d’extrême gauche ? Il est frappant de comparer ce Manifeste conspirationnisme avec les best-sellers de Philippe de Villiers, pourtant à l’opposé absolu sur l’échiquier politique. Comme dans Le jour d’après, on retrouve ici la théorie du Great Reset et une obsession pour Klaus Schwab, patron du Forum économique de Davos. Diffusée à partir de l’été 2020 sur Internet, avant d’être popularisée par le documentaire à succès Hold-up, cette théorie assure que le Great Reset, ou grande réinitialisation, serait un plan des élites pour instaurer un « nouvel ordre mondial » grâce à la pandémie. Au départ, il y a ce concept lancé par le Forum de Davos en juin 2020 appelant de ses voeux un « capitalisme responsable ». Un mois plus tard, Klaus Schwab en fait un essai, cosigné avec le prospectiviste Thierry Malleret ( Covid-19 : La Grande Réinitialisation, Forum Publishing). « Quel ridicule se sont donné les médias à faire passer pour une ’théorie de la conspiration’ ce qui figure en toutes lettres dans des livres qu’ils n’ont pas pris la peine de parcourir, eux ! », assure le Comité invisible. Nous pouvons les rassurer : L’Express a soigneusement lu La Grande Réinitialisation. Diagnostiquant l’échec du néolibéralisme, le livre plaide pour un capitalisme plus respectueux de l’environnement et pour l’avènement d’un monde plus inclusif, moins inégalitaire. Voeux pieux ? Bons sentiments ? Concept marketing un peu creux ? Sans doute. Mais voir dans le très scolaire essai de Schwab et Malleret un projet diabolique ne peut que faire sourire.

      Ce ne sont pas les seuls points communs entre Julien Coupat et Philippe de Villiers. Les deux dissertent sur la « biopolitique » qui viserait à imposer un projet transhumaniste. Les deux font de Jean Monnet, des Rockefeller ou de John Foster Dulles (secrétaire d’Etat américain sous Eisenhower) des figures diaboliques. En revanche, la différence de style est notable : emphatique et truffé de références intellectuelles chez le révolutionnaire, gouailleur et riche en anecdotes aussi amusantes qu’imaginaires chez le vicomte vendéen.

      Du côté du Seuil, on défend le livre en expliquant que le conspirationnisme représente un « réveil politique qu’il serait suicidaire de laisser à l’extrême droite ». Dans la course à la récupération politique des thèses complotistes, il est pourtant loin d’être certain que ce soit l’extrême gauche qui l’emporte. Paru en avril 2021, Le jour d’après de Philippe de Villiers a dépassé les 100 000 exemplaires vendus.

    • À ce point, il serait saugrenu de se demander s’ils conspirent, les 1 % qui détiennent 48 % de la richesse mondiale, qui fréquentent partout le même type d’écoles, de lieux et de gens, qui lisent les mêmes journaux, succombent aux mêmes modes, baignent dans les mêmes discours et dans le même sentiment de leur supériorité héréditaire.
      Évidemment qu’ils respirent le même air.
      Évidemment qu’ils conspirent.
      Ils n’ont même pas besoin de comploter pour cela.

      #plume (et du coup, il y a quand même de quoi alléger)

    • J’en parlais hier ici même, nous voilà donc bien revenu au socialisme des imbéciles (qui désignait l’antisémitisme rance de l’extrême gauche début XXème), bien sûr sous une forme différente. Tout cela a fini par accoucher du fascisme, en d’autres temps... évidemment.

    • Non, le nietzschéisme humanitaire des talk show de Stiegler, la gentillesse d’un hippie qui ne s’arrête pas au "chacun son trip" du gourou Fouché, restent malgré des intersections réelles et potentielles, distinctes de ce #messianisme apocalyptique. Le pari politique veut s’appuyer sur une dynamique présente où toute autorité se trouve fondamentalement récusée depuis l’expérience et la compréhension qui en découle (ce qui a pour avers la quasi déification d’individus sacrés par delà tout logique représentants et incarnation du vrai). Le spectre de la retombée antisémite de l’anticapitalisme hante la gauche, et d’autres. Pas de ça ici (c’est à vérifier par une lecture de l’ensemble).

      Avec cette modestie mégalomane artisane d’un dire par dessus le bruit, on est loin de ces postures minables.

      Ainsi, les quelques lignes citées dans mon seen précédent sont-ils la reprise d’une vérité constitutive découverte depuis la pratique par l’autonomie des années 70 en Italie ("conspirer c’est respirer ensemble"), appliquée ici aux militants de l’économie. Nonobstant des désaccords profonds quant au style politique de divers énoncés intenables (et dangereux), j’y vois une manière bien plus claire de dire la mondialisation du capitalisme mur que ce que les petits complotismes de gauche ont pu raconter à ce sujet ces dernières années. (voir les passages sur la Société du Mont-Pèlerin par exemple).
      Et ce bien que par certains aspects, le texte rappelle cette logique du dévoilement par l’exemple de la mystification du Sanguinetti-Censor Véridique rapport sur les dernières chances de sauver le capitalisme en Italie , dont on se souviendra qu’il faisait des BR un jouet aux mains des services secrets italiens. Jusqu’où faut-il croire à son intox ?

      Un choix de citations qui jalonnent (ah ah ah) ce texte pour inciter à aller y voir

      Le pouvoir est un rapport de forces complexes
      http://palimpsestes.fr/textes_philo/foucault/pouvoir.html

      « La différence entre une pensée vraie et un mensonge consiste dans le fait que le mensonge requiert logiquement un penseur et non la pensée vraie. Il n’y a besoin de personne pour concevoir la pensée vraie. […] Les seules pensées auxquelles un penseur est absolument nécessaire sont les mensonges. » (Wilfred R. Bion, L’Attention et l’Interprétation, 1970)

      « Une opinion largement répandue veut que la terreur fasciste n’ait été dans l’histoire moderne qu’un épisode éphémère, à présent heureusement derrière nous. Je ne peux partager cette opinion. Je crois que la terreur est profondément enracinée dans les tendances mêmes de la civilisation moderne, et plus spécialement dans la structure de l’économie moderne. […] Le système moderne de terreur revient essentiellement à l’atomisation de l’individu. Nous tremblons devant les tortures infligées aux corps des hommes ; mais nous ne devrions pas être moins horrifiés par la menace sur l’esprit des hommes. La terreur accomplit son travail de déshumanisation par l’intégration totale de la population en collectivités ; elle vise à priver les hommes des moyens psychologiques de communication directe entre eux malgré le – ou plutôt à cause du – formidable appareil de communications auquel ils sont exposés. L’individu en situation de terreur n’est jamais seul et toujours seul. Il s’engourdit et s’endurcit non seulement vis-à-vis de son voisin, mais vis-à-vis de lui-même ; la peur lui dérobe son pouvoir de réaction émotionnelle et mentale spontanée. Penser devient un crime stupide ; cela met en danger sa vie. La conséquence inévitable est que la stupidité se répand comme une maladie contagieuse parmi la population terrorisée. Les êtres humains vivent alors dans un état de stupeur – dans un coma moral. » (Leo Löwenthal, « L’atomisation de l’homme par la terreur », 1946)

      « gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire et même d’y penser » (Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live)

      Un point de vue d’historien récemment relié ici, qui remonte plutôt au communisme qu’a son avatar socialiste : D’un chaman à l’autre : théories du complot et impasses du debunking https://seenthis.net/messages/941895

      Chez Muntzer et dans la Guerre des paysans, une croyance en dieu se libérant de l’église, la Réforme, avait été tordue : c’est sur terre que le paradis pouvait être instauré, par les croyants.

      Ici, on veut partir de l’expérience commune, par delà les chiffres décrivant la pandémie, ce que la sensibilité retient le mieux c’est la dureté des traitements (un phénomène courant avec des cancers passant inaperçus jusqu’à ce que ce soient les traitements qui rendent malades). Les dégueulasseries d’Agamben sur "la gripette" ne lui appartiennent pas, pas plus qu’elles n’appartiennent à Peronne, Macron (c’est une mauvaise grippette de l’économie, qui n’en mourra pas et en sortira renforcée), Raoult ou Fouché.

      Je préfèrerais que ce qui compte dans les esprit soit une affirmation fausse (le paradis sur terre, or on sait que nulle harmonie ne viendra nous sauver) plutôt que la dénégation actuellement de rigueur (bien au-delà des "radicaux dont il est question là https://ravageeditions.noblogs.org/post/2020/05/01/denegations-maria-desmers on peut y inclure les salauds de la déclaration de Great Barrington)

      Il s’agit toujours d’opérer un partage dans le partage, de cliver ce qui tient lieu de commun (destin, situation, croyance). Le coup de dé tenté ici pour un renversement (il y a un siècle il s’agissait de "transformer la guerre impérialiste en guerre civile") me parait plus que glissant. Il persiste à se penser en majesté, contrairement à l’attention et au soin qui conditionne l’existence de néoténiques de longue durée voués à l’interdépendance https://seenthis.net/messages/944319

      Oui, le plaisir d’échapper aux tendances victimaires qui nous tiennent, nous, les perdants, se paye certainement trop cher, on le sait des avoir vu d’exécrables exemples : https://lundi.am/La-guerre-veritable

      C’est au point que Lundi matin semble peut-être ne plus s’en tenir à un pluralisme pour la montre et a voulu répondre par avance à la sortie de La conspiration qui vient :
      https://lundi.am/Sur-la-catastrophe-en-cours-et-comment-en-sortir

      Parce que le pouvoir n’a jamais été aussi technocratique, livide et inhumain, certains tendent une oreille bienveillante aux premiers charlatans venus leur chanter « le #vivant ». Mais l’engrenage est vicieux et une fois qu’on a adhéré à une supercherie du simple fait qu’elle prétende s’opposer au gouvernement, on a plus d’autre choix que de s’y enferrer et d’y croire.

      Dans et contre la #biopolitique. Nous n’en avons pas fini avec l’errance, et les confrontations. Mais, après deux ans, la sidération s’atténue. Et c’est ce que je veux retenir depuis l’an neuf qui a vu la publication enfin d’un point de vue militant (-Pour une santé communautaire-, PLI) qui dise la centralité d’un point de vue (et non pas de "la" science !!) qui parte de la "réduction des risques" contre la société du risque et sa gestion (Ewald, Medef, et alii), et tout ce que "les gauches" et chacun.e de nous lui offre et lui laisse comme terrain.

      Pour revenir sur cet l’opuscule, malgré la disqualification qu’entraîne la théorie de la grippette, je ne crois pas possible de rejeter le texte avant lecture.
      Divers rejetons de l’appelisme ( http://1libertaire.free.fr/Appel01.html ) - plus qu’un courant, une empreinte dominante depuis la lutte contre le CPE parmi bien des révoltés en recherche - en diront quelque chose. Et c’est aussi sans eux qu’il y a à collectivement passer en revue les tours de passe passe et les impasses d’un texte qui ne table pas exclusivement sur son aptitude à séduire.

      Après tout, ce qu’en disait la promo de l’éditeur adressée aux libraires en début d’année, et dépubliée depuis, n’est pas rien. :

      Le conspirationnisme procède de l’anxiété de l’individu impuissant confronté à l’appareil gigantesque de la société technologique et un cours historique inintelligible. Il ne sert donc à rien de balayer le conspirationnisme comme faux, grotesque ou blâmable ; il faut s’adresser à l’anxiété d’où il sourd en produisant de l’intelligibilité historique et indiquer la voie d’une sortie de l’impuissance.

      #singularité #histoire

    • Merci pour tous ces liens et réflexions @colporteur .
      Loin de moi l’idée de dire que Coupat ou Stiegler sont des antisémites. L’histoire se répète rarement (et même jamais) à l’identique. Ce qui me frappe ce sont ces schémas de pensée, absolument pauvres. Ils ont beau être bien tournés, bien écrits, bien parlés (sûrement mieux que ce dont je suis capable de produire), ces discours sont d’une simplicité confondante. C’est ce simplisme qui a conduit des anti-pass/anti-vax de gauche comme de droite (extrême) à défiler main dans la main. Le fascisme est venu en partie de syndicalistes révolutionnaires il y a plus d’un siècle. On ne se dit jamais ou rarement fasciste comme ça, du jour au lendemain, on le devient sans crier gare, au fil du temps, par glissement continuel sur des pentes dangereuses.
      Bon, je n’ai pas lu l’ouvrage en question donc je ne pourrai en dire plus, peut-être que c’est éloigné de ce que je peux présupposer.

    • Bon, au moins n’est tu pas lassé par ce qui pourrait apparaître comme des leçons vu la quantité de mots et de références que charrient des élucubrations où je tourne en rond à me demander ce que c’est et comment ça marche. Ça évite un malentendu puisque je ne sais que penser de ce machin, entre rejet viscéral, curiosité, et un certain effroi.

      Sinon, je ne trouve pas que Stiegler écrive :-). Et son cas est surtout différent du fait qu’elle ne dit pas, elle « il faut conspirer contre ce monde » mais se contente de dénoncer un complot (idée à la racine de laquelle, par « chez nous », on retrouve toujours un antisémitisme : le Juif c’est une fonction dans le monde des Gentils, un embrayeur).

      Ce « Manifeste » m’intéresse de proclamer que rien ne se réglera sans conflit depuis la trame même des existences (respirer ensemble), que la conspiration n’est pas l’apanage des dominants. Si j’ai des réserve sur l’abolition des classes qui y est bien prématurément à l’oeuvre, sous couvert d’appel au sensible et aux formes de vie, c’est ce retournement que je trouve juste. Et puis ce texte se disqualifie de s’appuyer, sous prétexte qu’il règne, sur le mensonge.

      Dérive du style post situ, le faux y devient un moment du vrai. C’est étrange. Mais si ça, ça rappelle effectivement les négationnistes d’ultra-gauche (la fausse question de l’existence des chambres à gaz pour mettre à nu l’autolégitimation de démocraties qui nous relieraient religieusement dans la conviction que « les camps de concentration sont l’enfer d’un monde dont le paradis est le supermarché. ») ? j’essaie comme je l’ai dit d’attendre d’avoir lu et échange sur cette lecture, de ne pas céder trop vite à la colère.

    • Et si conspirer était une bonne idée ? Hervé Kempf
      https://reporterre.net/Et-si-conspirer-etait-une-bonne-idee

      (...) parce qu’on étouffe que cela fait un grand bien de lire le Manifeste conspirationniste.

      Le Manifeste estime clairement que la gravité de la pandémie a été exagérée, mais surtout qu’elle a été « une divine surprise », permettant de mettre en œuvre des stratégies de contrôle préparées de longue date, afin de mettre un terme à des révoltes de plus en plus massives.

      La thèse reste cependant inaboutie, dans la mesure où elle n’indique ni ne suggère clairement ce qu’il aurait fallu faire devant la pandémie. Certes, « le Covid est une maladie de civilisation, comme le cancer. Au vu du caractère bénin de l’affection chez la plupart des sujets, il faut bien admettre que, s’il y a une ‘cause’ à celle-ci, c’est bien moins le virus lui-même que l’état pathologique normal propre à ce monde ». La focalisation exclusive sur le vaccin et les mesures policières qui l’accompagnent, au détriment de toute politique de santé publique sur les maladies - dites comorbidités - qui accroissent la vulnérabilité au virus, confirme la validité de ce point de vue. Il aurait cependant été utile d’être plus explicite, le refus des injonctions ne pouvant suffire à convaincre.

      « Pendant des millénaires, avant que la biologie ne vienne tout embrouiller, ce que l’on appelle à présent “le #vivant ” était plutôt l’animé — ce qui est doté d’une âme. En latin, en grec, en hébreu et dans tant d’autres langues, la notion d’âme — anima, psyché, rouakh — renvoie au souffle, au vent, à la respiration. Ce qui est vivant est donc ce qui est traversé, traversé d’un souffle. Vivre, ce n’est pas être un centre organique autogène, ni même une volonté de puissance ou une forme d’organisation — c’est participer de ce qui nous entoure. C’est être en état de participation cosmique. »

    • La focalisation exclusive sur le vaccin et les mesures policières qui l’accompagnent, au détriment de toute politique de santé publique sur les maladies - dites comorbidités - qui accroissent la vulnérabilité au virus, confirme la validité de ce point de vue.

      J’en peux plus d’entendre cet argument moisi depuis le tout début de la part de la gauche/des écolos/anti-industriels. J’en peux plus parce que c’est parfaitement vrai MAIS que c’est dans le même temps pourtant évident que rationnellement ça n’a aucun sens pour sauver concrètement les gens LÀ MAINTENANT.

      Se battre contre le sucre, l’obésité, le diabète, les produits cancérigènes, etc, c’est parfaitement nécessaire et obligatoire, mais ce sont des combats sur des années, pour que par génération ces maladies syndémiques du monde capitaliste et industriel se réduisent petit à petit.

      À aucun putain de moment il n’y a d’actions de santé publique possibles qui va D’UN COUP faire disparaître l’obésité, le diabète, etc, et faire que les gens qui ont le covid AUJOURD’HUI n’auront magiquement presque plus de cas graves réa/mort.

      Donc les anti-indus bas du front et comités invisibles brillent surtout par leurs mesures invisibles pour sauver des vies NOW. Et quand on dit sauver des vies, c’est pas juste une image, c’est pas du putain de luxe de riches de vivre un peu mieux, etc, on parle de millions de gens dans le monde qui sont morts à cause de ça en moins de deux ans et encore plus qui vont finir avec des séquelles permanents de covids longs (rappel aux anti-indus français : tout le monde n’a pas la chance d’avoir encore la sécu et des hopitaux publics qui marchent encore et qui ont pu sauver beaucoup de gens, alors même que le but réel doit être de NE PAS arriver à l’hopital du tout !).

      Depuis le début on le dit tout en critiquant le gouvernement pour sa gestion autoritaire : qu’est-ce que NOUS on aurait mis en place pour se protéger les un⋅es les autres ? Pour se protéger réellement MAINTENANT, pas pour réduire les cancers dans 50 ans !

      Ces philosophes discutent la fin des temps, etc, mais sont même pas capable de faire la distinction entre des actions qui s’appliquent en mois, et des actions qui s’appliquent en décennies.

    • l’invocation de La Solidarité comme valeur absolue sert seulement interdire de poser les questions vitales : « avec qui ? sur quelle base ? contre qui dans quelles relations ? »
      Nous interdire de nous les poser, c’est nous interdire de nous défendre contre ce qui nous affaiblit. Contre ce qui nous tue. C’est vouloir nous rendre malades. Et nous livrer à nos bourreaux. Cela advient même physiologiquement chez toutes ces victimes de « #Covid_long » qui n’ont en réalité jamais contracté la maladie. En vertu de l’effet nocébo, ils sont littéralement malades de solidarité ». p. 273

    • La pub écolo droits de l’homme

      Le Manifeste estime clairement que la gravité de la pandémie a été exagérée, mais surtout qu’elle a été « une divine surprise »

      #Raphael_Kampf relève dans Reporterre le clin d’oeil maurrassien, mais ne le commente pas. Dans les gamelles de Maurras, quelle genre de cuisine fait-on ?

      [MBK] a raison sur un certain nombre de points, comme l’idée qu’il n’y a pas de véritable danger dans la pandémie et que l’hystérisation autour de ce virus est profitable financièrement à bien des intermédiaires

      #Stéphane_Zagdanski, Lundi Matin 17/1/2022.

      https://lundi.am/A-quoi-comparer-cela

      les échanges entre covid-négationistes

      Toujours aussi passionnant à lire. Ici, l’application des théories cognitives, de psychologie sociale et comportementale - développées depuis les années 60 aux USA pour la domination et la régulation des populations - lors de la « crise » de 2020 !

      https://twitter.com/SZagdanski/status/1485308377475518473
      La Gestion Génocidaire du Globe @SZagdanski
      et aussi : @parolesdesjours

      (Liké par Aude Lancelin)

      Il tient un séminaire youtube « La Gestion Génocidaire du Globe Réflexion sur l’extermination en cours » pas moins.

    • En ce 24 janvier, l’organe du Horsolistan persiste dans le n’imp

      « C’est donc tout à fait logique que l’on ne trouve pas d’alternatives au vaccin pour justifier son refus. L’équation en face de nous n’est pas vaccin vs tisane au miel mais vaccin vs révolution. »

      https://lundi.am/Toujours-sur-la-catastrophe-et-comment-en-sortir

      avec un autoportrait

    • Ce dernier article est une réponse à https://seenthis.net/messages/945088

      c’est que la science d’État ne cesse pas d’imposer sa forme de souveraineté aux inventions de la science nomade : elle ne retient de la science nomade que ce qu’elle peut s’approprier, et, pour le reste, elle en fait un ensemble de recettes étroitement limitées, sans statut vraiment scientifique, ou bien le réprime et l’interdit simplement

      Ou bien… plus prosaïquement… c’est qu’une bonne partie de ces recettes ne marchent pas ? Sauf que comme durant tout le long cette personne parle dans le vide en ne donnant aucun exemple concret de ce qui marcherait ou pas, ça reste dans la théorie, donc improuvable et indiscutable.

      la science impériale veut s’imposer partout, les sciences nomades sont traquées et détruites. Lorsque le prestige des sciences itinérantes est trop important, des ersatz farfelus et inoffensifs viennent également les remplacer et servir de fausses alternatives aux crétins.

      Sert à critique ensuite Raoult, Fouché etc, sauf que pareil : autrement que « en théorie ça existe », de quoi parle-t-on ça évoque des savoirs nomades qui ne sont ni la science d’État, ni les faux prophètes ?

      Je veux bien que ça existe, et c’est totalement avéré qu’il y a certaines maladies qui peuvent être soignées avec des plantes locales ou diverses méthodes non chimie de synthèse, mais c’est toujours à voir au cas par cas : telle maladie c’est possible et telle autre pas du tout.

      Il n’y a strictement aucun raisonnement magique qui ferait que 100% des maladies (et pire épidémie, pandémie générées par le capitalisme) pourraient forcément se soigner avec un « savoir nomade » qui ne soit ni science industrielle, ni la tisane au miel.

      Du reste, l’aération et les (vrais) masques, sont des solutions plus appropriables, mais qui dépendent tout autant du savoir : le fait qu’on sache de manière certaine que le virus se transmet par aérosol, c’est dû à la recherche par « méthode scientifique », avec des tests reproductibles, etc, et non à un magique savoir nomade qui viendrait… d’où ? L’article ne le dit jamais, on ne sait pas d’où ça sort, par qui, par quelles méthodes…

      On se retrouve avec d’un côté une réponse impériale à la pandémie, de l’autre des sciences nomades inaudibles et invisibilisées par la répression

      Mais QUELLES sciences nomades ? Quoi ? Qui ?

      mais peut-être également s’en remettre à certaines inventions farfelues qui s’avéreront efficaces

      Le flou, le peut-être, la théorie (enfin ya rien de « théorie » là dedans, c’est surtout de la pensée magique)

    • Bé non @alexcorp justement ce n’est pas ça puisque l’article critique l’option « la tisane au miel » + Raoult Fouché etc. Les « savoirs nomades » dont il parle sont un concept issu de Deleuze, et qui concernait des savoirs et outils « qui marchent vraiment » mais qui ne sont ni de la science capitaliste industrielle ni de la tisane au miel. Sauf que comme je le dis, ça reste tellement dans le flou théorique total, sans le moindre début d’exemple, et ça veut tellement rien dire d’une maladie ou accident à l’autre, que ça veut rien dire tout court, pour l’instant, de mon point de vue.

    • @rastapopoulos effectivement, dans ce cas pour ce qui est de définir ce qu’est le « savoir nomade », je pencherais plutôt pour dire que c’est avant tout un positionnement intellectuel surplombant qui n’a pas besoin de se définir, c’est à dire qu’il sert à mépriser à la fois tous les tâcherons qui suivent bêtement toute démarche scientifique et à la fois les remèdes de grand-mère, parce que quand même faut pas déconner. Donc voilà ce qu’est probablement le concept de « savoir nomade » : une pirouette de mauvais philosophe.

    • oups, confondant sans doute avec un autre fils nommé Raphaël (qui travaillait pour son père), j’ai par erreur écrit Raphaël Kempf (honorable avocat, jusqu’à plus ample informé) en lieu et place de son père, Hervé Kempf (Reporterre et ses penchants complotistes). c’est corrigé.

      Deux mots des morts - sur le Manifeste conspirationniste
      https://seenthis.net/messages/946004

      Émergentisme et effet de Seuil - Le Moine Bleu
      https://seenthis.net/messages/946423

    • Manifeste conspirationniste : le style conspirationniste
      https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/01/26/manifeste-style-conspirationniste

      Un livre sans auteur, tout de noir vêtu, avec titre en lettres blanches. Une épitaphe empruntée à Miles Davis, une quatrième de couverture mystérieuse et prophétique : « Nous vaincrons parce que nous sommes plus profonds. ». Un tableau apocalyptique et halluciné du monde entier, mais aussi des âmes, dont l’objectif semble de provoquer une peur panique. On entend souvent que notre époque est livrée au complotisme. Si cela est le cas, voici le livre qu’elle mérite. Mais comment ce Manifeste conspirationniste fonctionne-t-il ?

    • isolé, l’auteur publie un texte signé Comité invisible :
      COMMUNIQUÉ N°0
      https://schisme.org/comite-invisible/communique-n-0

      La parution récente d’un livre réellement anonyme et parfaitement inacceptable pour l’époque, Le manifeste conspirationniste, a fourni l’occasion d’une remarquable tentative de revanche de tous ceux qui s’étaient sentis humiliés, à ce jour, par les « succès » du Comité invisible. Le signal du lynchage public fut donné à L’Express par des « informations » émanant de la police – une filature mal faite suivie de l’interception et de la destruction des correspondances visant un « prestigieux » éditeur parisien, filature que l’on n’ose attribuer, une nouvelle fois, à la DGSI. La valetaille journalistique suivit courageusement, sans se rappeler combien hurler avec les loups contre le Comité invisible lui avait peu réussi par le passé. Au point culminant de sa campagne, elle se flattait de ne rien comprendre audit Manifeste, non sans s’être préalablement plainte que le livre était trop informé dans trop de domaines pour pouvoir le contredire – pauvres choux ! Et quelle singulière époque ! Pour finir, on vit se joindre à la curée les vieux partisans négristes d’une « biopolitique mineure » voire d’une « biopolitique inflationniste » dont la défaite historique coïncide très exactement avec le succès de leurs idées du côté de l’Empire : c’est maintenant Klaus Schwab, du Forum Économique Mondial, qui est invité au Vatican pour deviser avec le Pape François de son philanthropique projet de revenu universel. Quant à la « biopolitique inflationniste », personne n’a plus besoin de dessin, après ces deux dernières années. « Parce que la plus redoutable ruse de l’Empire est d’amalgamer en un grand repoussoir – celui de la “barbarie”, des “sectes”, du “terrorisme” voire des “extrémismes opposés” – tout ce qui s’oppose à lui » (« Ceci n’est pas un programme », Tiqqun 2, 2001), nos spectres négristes en déroute et autres sous-foucaldiens d’élevage s’empressèrent de crier à la « confusion », au « fascisme », à l’« eugénisme » et pourquoi pas – tant qu’on y est – au « négationnisme ». Il est vrai, après tout, que le Manifeste en question fait un sort au positivisme. CQFD. Ceux dont le cours des choses invalide depuis les Gilets jaunes au moins toutes les certitudes, préfèrent se dire que ce sont les révoltes elles-mêmes qui sont confuses, et non eux-mêmes. Le « fascisme » qu’ils discernent partout est celui qu’au fond ils désirent, car il leur donnerait sinon intellectuellement du moins moralement raison. Quelque chance leur serait alors offerte de devenir enfin les victimes héroïques en lesquelles ils se rêvent. Ceux qui ont renoncé à combattre historiquement préfèrent oublier que la guerre de l’époque se livre aussi sur le terrain des notions – sans quoi, au reste, Foucault n’aurait pas arraché la « biopolitique » à ses concepteurs nazis et comportementalistes. Nous laissons à la gauche impériale la croyance qu’il existe une sorte de révolution qui soit drapée de pureté, et que c’est en multipliant les anathèmes moralisants, les mesures de prophylaxie politique et le snobisme culturel que l’on défait les contre-révolutions. Elle ne fait ainsi que se condamner, décomposée derrière ses cordons sanitaires et ses gestes-barrières, agrippée à ce qu’elle croit être son capital politique accumulé – se condamner à voir sa rhétorique tendre asymptotiquement vers celle des gouvernants.
      Pour nous, nous préférons de loin donner des coups, en prendre et en redonner.
      Nous préférons opérer.
      Nous ne nous rendrons jamais.

      un site et un compte tw. avaient té créés en décembre dernier, @entetementrevue, https://www.entetement.com

      la distance prise d’avec LM s’accompagne d’une icono en n&b qui ravira, elle-aussi, les fans de Debord.

      #manifeste_conspirationniste

    • L’autre organe créé pour l’occasion : Entêtement - La prise des Champs-Élysées par le convoi de la liberté
      https://www.entetement.com/la-prise-des-champs-elysees-par-le-convoi-de-la-liberte

      Les routes de France sont habitées par un non-mouvement inconnu déjà largement méprisé. L’immanence de ce non-mouvement est antipolitique comme un certain autre non-mouvement de 2018. Voir ce surgissement de l’antipolitique en pleine campagne présidentielle montre le désir de vivre sans les tocards de la politique. Dès avant vendredi, les premières critiques ont fusé contre le convoi de la liberté. L’extrême gauche insulte et s’indigne sur leur smartphone et nie encore une fois la singularité de ce qui se trame sur les routes. Préférant encore une fois dénigrer et insulter ce non-mouvement de fascistes, de non-vax eugénistes, de conspirationnistes. Oui ! Il y a des groupes d’extrêmes droites, mais ils restent bien isolés face au reste de la composante de ce non-mouvement. Et non ! Cette puissance n’est pas contre la communauté, bien au contraire elle diffuse une joie immense de vivre ensemble de tenir un monde commun, de sortir de l’isolement du quotidien pour partager son expérience vécue. Toutes ces images de liesse au passage des convois sur les lieux de repos, cette entraide entre les êtres définissent la tonalité de cette puissance, de cette communauté qui circule. Il faut se rendre compte du vide métaphysique de la France laide périurbaine pour comprendre en soi le soulagement d’une irruption. Aux rageux qui continuent de pleurnicher perpétuellement sur la pureté, nous conseillons de tracer des lignes dans le néant de leur existence pathétique.

      L’ambition audacieuse du convoi de la liberté est de bloquer Bruxelles avec l’aide d’autres convois européens. Cela n’est pas sans rappeler un autre convoi cinématographique mené par Kris Kristofferson contestant les persécutions policières. Mais avant cela, il fallait s’attaquer au symbole même du mépris, s’attaquer à la Métropole, monter sur Paris. Si la tentative audacieuse du convoi de la liberté de bloquer Paris et son périph’ fut une bataille bien compliquée, la prise des Champs-Élysées pendant plus de huit heures fut une réussite. Ce fut une joie immense de revenir sur ces fameux Champs, de bloquer de nouveau cette incarnation d’un monde marchandisé, de se rappeler l’histoire de luttes, de ressentir encore à quel point la police n’aime personne et surtout pas les sentiments communs. La police avec ses intimidations et ses armes a échoué à détruire la volonté commune de bloquer les Champs. Quoi que l’on en dise, ce fut une victoire éthique de monter sur Paris et de tenir le symbole. La route est encore longue. Il y a encore de nombreuses occasions de porter des coups aux pouvoirs, il y a une variété de cibles à briser, pas seulement institutionnelles, mais aussi industrielles. Car, s’il semble qu’il y est quelque chose que le convoi ait compris avec les « gilets jaunes », c’est que le monde est logistique. Il ne reste plus qu’à approfondir les liens tissés dans ce convoi de la liberté, de continuer à s’organiser pour frapper fort. Comme nous l’avons vu inscrit sur les murs des Champs-Élysées samedi soir : « les conspirationnistes triompheront ! »

  • L’école des vivants – élaborer une politique du vivant
    https://www.ecoledesvivants.org

    L’école des vivants est une école buissonnière, créée et portée par des artistes, des scientifiques et des militant’es habitées par une conviction : on ne changera pas cette société sans apprendre, ni explorer ni expérimenter.

    On ne la changera pas sans nourrir une culture du vivant qui nous manque aujourd’hui pour faire pousser ce monde, que nous voulons voir advenir, au beau milieu des tarmacs glacés du capital. Toute l’année, l’école propose des ateliers immersifs couvrant le triple champ de la création artistique (œuvrer), de la polytique (tisser) et de l’écologie (incarner).
    Avec, à l’intersection de ces trois champs, comme un cœur battant qui irrigue nos désirs, l’attention au vivant — dont il s’agit de prendre soin en nous, hors de nous et à travers nous, sous toutes ses formes et de toutes nos forces.

    [...]
    Le cosmos est ton campement
    Bâtissez les mondes dont vos fictions ont besoin !
    Du mardi 2 au samedi 6 novembre 2021
    Qui anime ?
    Norbert Merjagnan – écrivain et scénariste
    Alain Damasio – écrivain et scénariste

    Combien ça coûte ?
    780€ pour 50 heures de formation
    190€ la nourriture pour 6 petits-déjeuners, 5 déjeuners, 5 dîners en bio, local et frais.
    210€ l’hébergement pour 6 nuits en chambre individuelle de charme (35€ la nuit)
    Soit 1180€ tout compris

    #vivant_vendu ah... le charme buissonnier des #vacances_apprenantes chez #Alain_Damasio

    • "Les migrants, le virus, ..." : Immunité partout, humanité nulle part
      Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir ?
      Alain Damasio, Revue du Crieur 2022/1 (N° 20)

      L’époque a un problème avec l’altérité. Elle ne sait plus vraiment comment l’accueillir, l’accepter, nouer avec elle, s’y articuler. Elle ne sait plus faire avec.

      Les migrants, les virus, les pas-comme-nous, les pas-de-chez-nous, les autres espèces, les autres genres ou les autres règnes : au mieux indifférence, angle mort, tache aveugle. Au pire conjuration et rejet. Expulsion. Exil. L’affect dominant est de fuir et chasser tout ce qui ne nous ressemble pas.

      L’époque a un problème d’étoffe. Le tissu social se troue et il défibre. Il ne se déchire pourtant pas, retenu qu’il est par l’intensité du maillage numérique et la laine synthétique des couvertures réseaux. Disons qu’il espace sa trame, ce tissu, ou qu’il fait dans la distanciation sociale, que la crise du covid n’a pas inventée – qu’elle a juste hystérisée.

      Vous allez lire ici le texte d’un auteur de science-fiction. À savoir, fondamentalement, quelqu’un qui n’est expert en rien : ni philosophe, ni sociologue, pas plus scientifique qu’architecte ou psy, et dont les aptitudes de pensée et d’écriture tiennent avant tout à l’extrapolation de noyaux de sens, arrachés au flux du vécu quotidien ou détournés de leurs champs de savoir et replantés ailleurs.

      Aujourd’hui, la surabondance des savoirs publiés est telle qu’elle oblige à s’inventer des techniques de bricolage pour arriver à remettre de la vie dans la pensée plutôt que d’en subir l’infobésité paralysante et coagulée. La mienne consiste à tronquer pour greffer…

      si tu aime pas l’altérité, tu panique devant le virus, et peut-être même que c’est ta peur qui te rend malade, tout comme c’est par solidarité avec les malades que tu as un covid long (cf. Manifeste conspirationniste)

      dommage que ces gens passent pas leur vie à manger du placenta comme le veut leur amour du « vivant », la bouche pleine et une fourchette à la main, ce serait ni blabla, ni article.

      #péage #vitalisme_réactionnaire

      davantage de citations et de bons commentaires sur le compte de Cabrioles
      https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1511716543335436288

  • Collectif Autonome Révoltes & Entraide - CARE
    https://leprintempsducare.org

    En avril 2020, nous lancions le mouvement « Bas les masques ! », un appel de soignant.es pour construire un mouvement populaire.

    Un appel à toutes les personnes révoltées par la gestion calamiteuse de la crise sanitaire par le gouvernement, par ses mensonges, son hypocrisie et son cynisme.

    Un appel pour obtenir des moyens de protection pour les professionnel.les du soin, pour une vie digne pour les plus vulnérables, pour un renforcement des services publics.

    Un appel à construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

    Depuis, de nombreuses personnes travaillant dans différents secteurs, des personnes privées d’emploi, des étudiant.es, des militant.es de différents horizons nous ont rejoint.es. Cette diversité nous enrichit et nous donne de la force.

    De fait, le contexte pandémique inédit aura eu le mérite de faire tomber les masques.[...]

    Un an après le lancement de notre initiative, nous ne pouvons nous arrêter là et nous nous devons d’aller au-delà de la dénonciation.

    L’heure est maintenant à la construction de la suite, toutes et tous ensemble.
    Pour créer un autre modèle de vivre ensemble, basé sur le soin, l’attention portée à l’autre, l’entraide, l’auto-organisation, l’horizontalité. (...)

    C’est pourquoi, un an après le début de la pandémie, nous décidons de renommer notre mouvement, pour ouvrir sur un après solidaire :

    Le Printemps du CARE, Collectif Autonome Révoltes & Entraide (...)

    Et le #care ?

    A la fois la sollicitude et le soin apporté à l’autre, faisant intégralement partie de la vie humaine, il inclut aussi tout ce que nous mettons en oeuvre en soutien à la vie.
    Au-delà des pratiques, il s’agit d’un processus large, d’une conception politique du vivre ensemble reposant sur la reconnaissance de la vulnérabilité, des inégalités et injustices que le système capitaliste et patriarcal génère.
    Le care permet de penser et dépasser les systèmes de domination pour fonder un autre rapport à l’autre, individuel et social, un autre modèle de société. Ce concept, cette vision du monde, prend pleinement sens à l’heure où une minorité dominante exploite, détruit sans fin nos vies et toute forme de #vivant.

    Mais avant tout, le Printemps du CARE c’est un collectif de personnes de tous horizons socio-professionnels, réunies autour de ce pilier fondamental qu’est le soin au sens large.

    Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux, soutenons-nous mutuellement, disons-nous les choses, parlons de nos actions, utilisons cet espace comme une caisse de résonance à l’adresse de celles et ceux qui ne se satisfont pas de l’inertie, et portons ensemble notre rêve d’un monde meilleur et juste.

    #soin #solidarité

  • S’inspirer des communautés du vivant : halte à la performance !

    Le 27 octobre, au Théâtre de l’Echangeur, dans le cadre du cycle de présentation des recherches organisé par Les Communaux, nous vous invitons à partager les travaux d’Olivier Hamant...

    #anthropocène #écologie #habiter_la_terre #vivant

    https://communaux.cc/2021/09/s-inspirer-des-communautes-du-vivant-halte-a-la-performance

  • Pleurnicher le Vivant par Frédéric Lordon, 29 septembre 2021
    https://blog.mondediplo.net/pleurnicher-le-vivant

    Rechercher dans la page : « capital » — Expression non trouvée.

    Pourtant avec capital on avait mot compte triple : capital, capitalistes, capitalisme. On fait des recherches dans l’article de tête de Nicolas Truong qui introduit une grande série d’été dans Le Monde : « Les penseurs du vivant ». Pas une occurrence. Enfin si, il faut être honnête, une : « Nous vivons un bouleversement capital ». Si la situation terrestre n’était pas si tragique, ce serait presque drôle.

    Des penseurs concernés

    Nous apprenons en tout cas qu’il y a maintenant des « penseurs du vivant ». Jusqu’à présent c’étaient plus ou moins des biologistes ou des zoologistes. « Penser le vivant », ça doit être davantage. Mais quoi exactement ? Essentiellement : être concerné. Penser le vivant c’est ajouter à la compétence biologique (ou ornithologique, ou entomologique, ou philosophique) le fait d’être concerné. Car Le-Vivant ne va pas bien, il est même gravement en danger, on en pleurerait de concernement. Et puis ? Et puis c’est tout. Dame, c’est déjà pas mal. Avec un si beau concernement, on peut faire des festivals des idées tout l’été, aller à Beaubourg, ou bien sur France Culture, pour être une Grande conscience.

    « Grande conscience » est un segment parfaitement identifié de la division du travail culturel. Il faut avoir une vue altière, l’inquiétude des enjeux essentiels, parler au nom des entités maximales (le Vivant, la Terre, bientôt le Cosmos), sonner des alarmes, et ne rien déranger. Alors on est reçu partout à bras ouverts — puisque c’est pour rire. En tout cas pour ceux qui contrôlent la définition du sérieux : les capitalistes. Le « sérieux », c’est quand on commence à s’en prendre à leurs intérêts. Autrement, c’est pour rire. Ce que les capitalistes trouvent formidable avec la bourgeoisie culturelle, c’est qu’elle prend systématiquement le « pour rire » pour du sérieux — et ignore le sérieux. Dans ces conditions on peut tolérer, encourager même les Grandes consciences (« elles nous secouent, elles nous éclairent ») — et personne ne pourra contester l’intimité du capitalisme et du pluralisme démocratique. À la Fondation Cartier, par exemple, on peut faire une exposition « Nous les arbres », d’abord parce qu’il y a des arbres dans le jardin, ensuite parce que, les arbres, c’est important. Quand il y a trop de CO2. Bolsonaro dévaste l’Amazonie. Bolsonaro est un personnage vraiment hideux. Qui peut aimer Bolsonaro ? À peu près personne. En tout cas pas la Fondation Cartier, ni les commissaires de l’exposition « Nous les arbres », ni les visiteurs. Qui repartiront en ayant compris qu’il y avait de l’arbre en eux et, du coup, se sentiront plus solidaires...

    #bourgeoisie-culturelle

    • Lordon dit ne traiter que du latourisme politique et pas du latourisme théorique. C’est comme si la crise écologique servait de prétexte à l’anticapitalisme sans en modifier grand chose d’autre qu’une gamme d’exemples sur la destructivigté de celui-ci ? Une occasion de revenir sur #Bruno_Latour et ce qu’il serait possible (ou pas) de faire avec son travail avec les auteures de Nous en sommes pas seuls.

      @N_n_s_p_s

      https://twitter.com/N_n_s_p_s/status/1384126546043031565

      1. Du dernier Latour, nous retenons avant tout ceci : la nouvelle lutte des classes géo-sociales n’a plus rien à voir avec le capitalisme et l’extraction de survaleur ; la notion de camp n’a plus de sens ; et la révolution doit être abandonnée pour la métamorphose. Voir p. 149 :

      2. « Plus seulement une histoire de la lutte des classes, mais une histoire des nouvelles ‘classes géosociales’. Le devenir non-humain des humains déplace l’injustice : ce n’est plus la ‘plus-value’ qui est accaparée, mais les capacités de genèse, la plus-value de subsistance ».

      3. Voilà une analyse qui brouille plus les cartes qu’elle ne les rebat habilement ! Une analyse faisant comme si nous étions devons une alternative : ou bien l’analyse marxiste, ou bien l’analyse écologique/terrestre.

      4. Soit vous restez bloqué dans le combat éculé autour de « l’infrastructure économique », depuis laquelle se repéraient les anciennes injustices et s’identifiait le sujet révolutionnaire par le passé ; soit vous changez totalement de paradigme, pour aller vers le « terrestre »

      5. Là où le premier pôle, « révolutionnaire », combattait la capture de la valeur économique, engendrée par les ouvriers, contre le camp du Capital, le second, « métamorphique », s’occuperait de la capture de la valeur écologique, l’habitabilité engendrée par les formes de vie

      @BrunoLatourAIME, la lutte contre l’extraction de survaleur est-elle une histoire du passé ? Comme on peut le penser avec Moore, le capitalisme ne consiste-t-il pas, justement, à capter les capacités de genèse des vivants pour fabriquer de la survaleur (et des inégalités) ?

      7. La conséquence est la suivante : Latour ne nous indique plus précisément qui est l’agent de cette capture, ni dans quel but elle se réalise… (si ce n’est les « Extracteurs »… mais qu’au final nous serions tous… il n’y a plus de camps politiques on vous dit !).

      8. Là où Latour fait jouer écologie contre #marxisme (lutte pour l’habitabilité contre lutte anticapitaliste), le capitalisme continue en réalité d’être l’opérateur de la « capture des capacités de genèse », étendue au non-humain, donc une catégorie plus que jamais pertinente

      9. Il ne faut justement pas sortir le capitalisme de l’analyse comme agent politique du ravage planétaire, mais écologiser notre analyse du capitalisme en intégrant une multiplicité d’autres agents, autres qu’humains – CO2, atmosphère, forêts, microfaunes, rivières…

      10. Il s’agit moins de rejeter Latour que de voir que ses formulations se « dé-brouillent » dès lors que l’on dit que le capitalisme est ce système de domination qui capte les capacités de genèse des formes de vie pour fabriquer ses plus-values, capacités humaines et non-humaines

      11… capturées selon différentes modalités : le salariat = l’exploitation de la force de travail ; et hors du marché, par l’appropriation d’un travail extra-économique, gratuit ou quasi, non-reconnu comme tel : travail domestique, écologique, animal et métabolique, cf. Moor Barua

      #travail #mise_au_travail_du_vivant #vivant

    • A propos de cette critique publié sur @lundimatin, j’en cite un passage :

      C’est pourquoi nous divergeons aussi sur les remèdes à apporter à la destruction du vivant. Si l’on en reste au niveau du slogan, plutôt que de « Raviver les braises du vivant, il semblerait plus opportun de « Déboulonner la Mégamachine ».

      Alors que les penseurs du vivant nous enjoignent à agir sur les relations au vivant pour infléchir la direction catastrophique dans laquelle nous emporte la Mégamachine, ce serait en réalité le mouvement inverse qu’il faut envisager : en finir avec la Mégamachine afin de retrouver des relations au vivant qui permettent aux humains et aux non-humains de coexister, ouvrant la voie à des cosmologies débarrassées des paradigme de la modernité avec ses grands partages.

      Ainsi que la note 18 :

      [18] « Déboulonner la Mégamachine » était le titre d’une conférence donnée à Toulouse le 22 octobre 2021 par Aurélien Berlan et Fabian Scheidler, ce dernier étant l’auteur d’un livre qui reprend les concepts de Mumford : « Pour en finir avec la Mégamachine », 2020 (traduit par le Aurélien Berlan).

      La conférence évoquée (en deux parties) :

      https://www.youtube.com/watch?v=IhtxhWTrluQ

      https://www.youtube.com/watch?v=XdmgkmbXsTc

  • Nouer culture des luttes et culture du vivant
    Baptiste Morizot
    https://www.socialter.fr/article/nouer-culture-des-luttes-et-culture-du-vivant-1

    Pour commencer à répondre à cette question, je propose d’imaginer ici une nouvelle alliance : une #convergence entre deux #cultures, la culture des #luttes dont nous héritons, et une culture du #vivant d’un genre ­nouveau. Je propose d’imaginer ce que pourrait être une culture des luttes pour le tissu du vivant. En un sens, celle-ci est déjà présente un peu ­partout. L’enjeu de ce texte est simplement de la ­nommer, de la ­profiler, de l’accompagner, de le soutenir avec les moyens du bord. Mais pourquoi cette convergence ? Et en quoi constitue-t-elle une réponse à notre sentiment d’impuissance, en quoi nous restituerait-elle un pouvoir d’action face à la crise écologique systémique ?

    #Baptiste_Morizot

  • Wombats enteignen! | labournet.tv
    https://de.labournet.tv/wombats-enteignen


    Bericht von der Solidaritätsveranstaltung vor dem Wmobts Hostel ALte Schönhauser Straße, Redebeitrag der AG Taxi ab 09:42 und ab 11:47

    deutsch |12 min | 2019 |

    https://kanalb.net/media/labournet/wombats17mai19_0_1.mp4

    Am 17. Mai 2019 protestierten 100 Menschen gegen die Schließung des Wombats Hostels und forderten seine Enteignung durch den Berliner Senat und Weiterführung durch die Belegschaft. Zu dem Protest kamen Beschäftigte aus anderen kämpfenden Belegschaften und Gruppen, wie z.B. der Taxi AG in Verdi, dem Tochterunternehmen der Charité CFM und Bildungsarbeiterinnen, die für einen Branchentarifvertrag kämpfen. 

    Durch den musikalischen Beitrag von Paul Geigerzähler, der daran erinnerte, dass bei dem Bau der „Mall of Berlin“ am Potsdamer Platz rumänische Arbeiter nicht bezahlt wurden und letztlich niemand dafür verantwortlich gemacht wurde, und die Redebeiträge der aktiven Kolleg_innen, wurde die Kundgebung zu einem Tribunal gegen die arbeitnehmerfeindliche Politik des Berliner Senates insgesamt.

    Der Senat ist einerseits für die Extstenz von 160 Tochterunternehmen von öffentlichen Unternehmen wie z.B. Charité oder Vivantes verantwortlich, in denen Arbeiter_innen um große Teile ihres Lohns betrogen werden, andereseits unternimmt er nichts, um Arbeitnehmer_innenrechte systematisch zu schützen.

    „Wir fordern, dass die Gewerbeaufsicht, der Zoll, das Arbeitsgericht und die Senatsstellen endlich dafür sorgen, dass man uns nicht mehr brutal ausbeuten kann. Wir brauchen feste Ansprechpartner in den Behörden, die dafür sorgen, dass wir gehört werden und unseren Beschwerden aktiv nachgegangen wird“, sagte ein Kollege der Taxi AG.

    TEAM: LABOURNET.TV

    TAGS: #CHARITÉ, #VIVANTES, #NGG, #KLASSENKÄMPFE, #LEIHARBEIT, #PROLETARISCHE_ÖFFENTLICHKEIT, #PREKÄRE_ARBEIT, #VER.DI

  • Deep Virology - Le Moine Bleu
    http://lemoinebleu.blogspot.com/2020/04/deep-virology.html
    https://youtu.be/cgKspcEbmuA


    L’agent Smith, Didier Lallement en mode puissance destituante.

    Il n’y a pas de sex-appeal chez les bactéries.
    (François Jacob)

    1
    Tupanvirus appartient à la famille des virus géants. Sa structure est assez voisine de celle de Mimivirus , découvert en 2003 par le fameux Dr Chloroquine : le professeur Didier Raoult, de Marseille. Avant cette date, les bactéries, reconnues les plus petits organismes vivants, étaient réputées de taille nécessairement plus importante que les virus, ce qui se révélait faux. Ce n’est évidemment pas l’unique découverte ayant incité les spécialistes de virologie à remettre en question leurs certitudes quant à leur bel objet d’étude. Tupanvirus , de découverte encore plus récente (2018) et prospérant dans les zones aquatiques les plus hostiles de notre planète (lacs de soude, sédiments abyssaux), présente ainsi une particularité susceptible de retenir l’attention : celle d’accuser un génome extrêmement fourni, auquel il ne manquerait plus que des ribosomes pour pouvoir, comme le moindre protozoaire, synthétiser à volonté une multitude de protéines. Cerise sur le gâteau, Tupanvirus arbore une queue extrêmement impressionnante, mesurant presque trois fois sa taille (soit 2,3 micromètres, tout de même). Or, il en va des virus à longue queue comme des virus à tête couronnée (les désormais célèbres « coronavirus ») : comment s’étonner de la fascination qu’ils exercent, ces temps-ci, sur toutes sortes d’imaginations fiévreuses, débridées et fertiles ?

                              2 
    Soumises durant d’interminables jours et nuits à un confinement strict (éprouvant il est vrai horriblement les nerfs), certaines de ces imaginations en vinrent très récemment à la production publique de phantasmes virologistes à prétention subversive, campant volontiers sous forme d’un héros, sûr de lui et dominateur, l’amas de grosses molécules spectaculaires nommé SARS-CoV-2 pourrissant actuellement l’existence de milliards d’êtres humains confinés. Nous faisons en particulier référence au texte, désormais célèbre, publié le 21 mars dernier sur le site blanquiste d’avant-garde Lundi-Matin , et intitulé Le monologue du virus . Ayant eu vent de cette belle tentative, nous aimerions contribuer à l’essai en cours, en rebondissant sur lui, comme disent les journalistes, tels des atomes épicuriens innocents, sans malice ni mesquinerie partisane aucune, car ce ne sont pas nos méthodes, ce ne l’a jamais été. Précision liminaire utile, donc : notre but actuel ne saurait être en aucun cas d’insister en détail ni sur l’autoritarisme clérical délirant, ni sur le sadisme inconscient de lui-même, ni sur l’aristocratisme terrible à force des plus méchantes trivialités, constitutifs – entre autres pathologies socialement induites – de ce morceau de bravoure. Ce qui nous intéressera ici plus précisément, c’est le pathos biologique constituant pour ainsi dire le substrat de sa très profonde détestation de l’humanité (l’anti-humanisme, rappelons-le, n’étant nullement un terme injurieux mais le nom d’une sous-spécialisation disciplinaire de l’Université Française, régnant sans partage sur le champ philosophique depuis maintenant près de cinquante ans). 


    Disons-le tout net. Pour nous, l’interrogation radicale sur la limite extérieure du vivant et sur ses différenciations internes, constituera toujours une urgence intellectuelle a priori. Le corollaire problématique en est la conscience accrue d’une homogénéité de toute la matière vivante, homogénéité certes impénétrable car paradoxalement indexée sur les éléments physiques inertes de celle-ci : ses atomes. Tous les vivants sont ainsi identiquement vivants en tant que semblablement émergents d’une même matière « morte ». Tous les vivants, en leur stupéfiante différenciation de formes, dimensions et complexité, n’en sont pas moins à nos yeux d’égale valeur, d’égale étrangeté, d’égale curiosité à l’aune de cette même genèse élémentaire incompréhensible. Or, le Monologue du virus méprise d’entrée, avec une rare suffisance réductionniste, la pertinence de toute distinction interne au vivant, effaçant (tant qu’à faire) d’un même mouvement glorieux la limite du vivant et de l’inanimé, et assénant plutôt aux hommes une litanie de lignages hétérogènes, mais comiquement hiérarchisés :
    « Nous sommes vos ancêtres [c’est le virus qui parle, s’adressant aux hommes qu’il exhorte à se soumettre à sa tyrannie bienveillante] au même titre que les pierres et les algues, et bien plus que les singes ». Certes, un beau jour, même les pierres crieront, mais tout de même. L’absurdité d’un emploi abstrait de termes aussi vagues qu’ ancêtre , pierre ou singes apparaît pour sa part bien trop immédiatement criante. On aimerait tant obtenir quelques précisions là-dessus, de la bouche de ce virus hautain. Car au compte d’une telle imprécision fondatrice, quelle valeur autre que rhétorique accorder à cette expression finale : « et bien plus que les singes » ?

    #Monologue_du_virus #Lundi_matin #vivant #matière_morte

  • Achille Mbembe : « Le monde est entraîné dans un vaste processus de dilacération » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190420/achille-mbembe-le-monde-est-entraine-dans-un-vaste-processus-de-dilacerati

    Un monde où notre rapport à notre corps et à l’ensemble du vivant serait réparé. Les chances que cela advienne sont minimes. J’ai le sentiment que le brutalisme va s’intensifier sous la poussée du techno-libertarisme, que celui-ci soit de facture chinoise ou qu’il se cache sous les oripeaux de la démocratie libérale. Tout comme le 11-Septembre avait ouvert la voie à la généralisation de l’état d’exception, voire à sa normalisation, la lutte contre le Covid-19 et d’autres risques similaires sera utilisée comme prétexte pour déplacer davantage encore le politique sur le terrain de la sécurité. Mais cette fois-ci, il s’agira d’une sécurité de nature quasi biologique, avec l’apparition de nouvelles formes de ségrégation entre les « corps d’immunité » et les « corps viraux ». Le viralisme deviendra le nouveau théâtre de fractionnement des populations désormais tenues pour des espèces distinctes.

    #mbembe #viralisme #brutalisme #covid_19 #vivant

  • Peuples du monde, encore un effort !

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Peuples-du-monde-encore-un-effort

    Le monde change de base

    Le choc du coronavirus n’a fait qu’exécuter le jugement que prononçait contre elle-même une économie totalitaire fondée sur l’exploitation de l’homme et de la nature.

    Le vieux monde défaille et s’effondre. Le nouveau, consterné par l’amoncellement des ruines, n’ose les déblayer ; plus apeuré que résolu, il peine à retrouver l’audace de l’enfant qui apprend à marcher. Comme si avoir longtemps crié au désastre laissait le peuple sans voix.

    Pourtant, celles et ceux qui ont échappé aux mortels tentacules de la marchandise sont debout parmi les décombres. Ils s’éveillent à la réalité d’une existence qui ne sera plus la même. Ils désirent s’affranchir du cauchemar que leur a asséné la dénaturation de la terre et de ses habitants.

    N’est-ce pas la preuve que la vie est indestructible ? N’est-ce pas sur cette évidence que se brisent dans le même ressac les mensonges d’en haut et les dénonciations d’en bas ? (...)

    #effondrement #lutte #vivant #poésie #nature #oppression #peuple #monde #justice #cultures #militarisation #corps #tyrannie #servitude #inhumanité #désastre #autogestion #richesse #volonté

  • Le droit universel à la respiration, Achille Mbembe
    https://aoc.media/opinion/2020/04/05/le-droit-universel-a-la-respiration

    Certains évoquent d’ores et déjà « l’après-Covid-19 ». Pourquoi pas ? Pour la plupart d’entre nous cependant, surtout dans ces régions du monde où les systèmes de santé ont été dévastés par plusieurs années d’abandon organisé, le pire est encore à venir. En l’absence de lits dans les hôpitaux, de machines respiratoires, de tests massifs, de masques, de désinfectants à base d’alcool et autres dispositifs de mise en quarantaine de ceux qui sont d’ores et déjà atteints, nombreux sont malheureusement ceux et celles qui ne passeront pas par le trou de l’aiguille.

    La politique du vivant

    Il y a quelques semaines, face au tumulte et au désarroi qui s’annonçaient, certains d’entre nous tentaient de décrire ces temps qui sont les nôtres. Temps sans garantie ni promesse, dans un monde de plus en plus dominé par la hantise de sa propre fin, disions-nous. Mais aussi temps caractérisé par « une redistribution inégalitaire de la vulnérabilité » et par de « nouveaux et ruineux compromis avec des formes de violence aussi futuristes qu’archaïques », ajoutions-nous[1]. Davantage encore, temps du brutalisme.

    Par-delà ses origines dans le mouvement architectural de la moitié du XXe siècle, nous définissions le brutalisme comme le procès contemporain « par lequel le pouvoir en tant que force géomorphique désormais se constitue, s’exprime, se reconfigure, agit et se reproduit ». Par quoi, sinon par « la fracturation et la fissuration », par « le désemplissement des vaisseaux », « le forage » et le « vidage des substances organiques » (p.11), bref, par ce que nous appelions « la déplétion » (p. 9-11) ?

    Nous attirions l’attention, à juste titre, sur la dimension moléculaire, chimique, voire radioactive de ces processus : « La toxicité, c’est-à-dire la multiplication de substances chimiques et de déchets dangereux, n’est-elle pas une dimension structurelle du présent ? Ces substances et déchets ne s’attaquent pas seulement à la nature et à l’environnement (l’air, les sols, les eaux, les chaînes alimentaires), mais aussi aux corps ainsi exposés au plomb, au phosphore, au mercure, au béryllium, aux fluides frigorigènes » (p.10).

    Nous faisions, certes, référence aux « corps vivants exposés à l’épuisement physique et à toutes sortes de risques biologiques parfois invisibles ». Nous ne citions cependant pas nommément les virus (près de 600 000, portés par toutes sortes de mammifères), sauf de façon métaphorique, dans le chapitre consacré aux « corps-frontières ». Mais pour le reste, c’est bel et bien de la politique du vivant dans son ensemble qu’il était, une fois de plus, question. Et c’est d’elle que le coronavirus est manifestement le nom.

    L’humanité en errance

    En ces temps pourpres – à supposer que le trait distinctif de tout temps soit sa couleur – peut-être faudrait-il, par conséquent, commencer en s’inclinant devant tous ceux et toutes celles qui nous ont d’ores et déjà quittés. La barrière des alvéoles pulmonaires franchie, le virus a infiltré leur circulation sanguine. Il s’est ensuite attaqué à leurs organes et autres tissus, en commençant par les plus exposés.

    Il s’en est suivi une inflammation systémique. Ceux d’entre eux qui, préalablement à l’attaque, avaient déjà des problèmes cardiovasculaires, neurologiques ou métaboliques, ou souffraient de pathologies liées à la pollution, ont subi les assauts les plus furieux. Le souffle coupé et privés de machines respiratoires, certains sont partis comme à la sauvette, soudainement, sans aucune possibilité de dire adieu. Leurs restes auront aussitôt été incinérés ou inhumés. Dans la solitude. Il fallait, nous dit-on, s’en débarrasser le plus vite possible.

    Mais puisque nous y sommes, pourquoi ne pas ajouter, à ceux et celles-là, tous les autres, et ils se comptent par dizaines de millions, victimes du SIDA, du choléra, du paludisme, d’Ebola, du Nipah, de la fièvre de Lasse, de la fièvre jaune, du Zika, du chikungunya, de cancers de toutes sortes, des épizooties et autres pandémies animales comme la peste porcine ou la fièvre catarrhale ovine, de toutes les épidémies imaginables et inimaginables qui ravagent depuis des siècles des peuples sans nom dans des contrées lointaines, sans compter les substances explosives et autres guerres de prédation et d’occupation qui mutilent et déciment par dizaines de milliers et jettent sur les routes de l’exode des centaines de milliers d’autres, l’humanité en errance.

    Comment oublier, par ailleurs, la déforestation intensive, les mégafeux et la destruction des écosystèmes, l’action néfaste des entreprises polluantes et destructrices de la biodiversité, et de nos jours, puisque le confinement fait désormais partie de notre condition, les multitudes qui peuplent les prisons du monde, et ces autres dont la vie est brisée en miettes face aux murs et autres techniques de frontiérisation, qu’il s’agisse des innombrables check points qui parsèment maints territoires, ou des mers, des océans, des déserts et de tout le reste ?

    Hier et avant-hier, il n’était en effet question que d’accélération, de tentaculaires réseaux de connexion enserrant l’ensemble du globe, de l’inexorable mécanique de la vitesse et de la dématérialisation. C’est dans le computationnel qu’était supposé résider aussi bien le devenir des ensembles humains et de la production matérielle que celui du vivant. Logique ubiquitaire, circulation à haute vitesse et mémoire de masse aidant, il suffisait maintenant de « transférer sur un double numérique l’ensemble des compétences du vivant » et le tour était joué[2]. Stade suprême de notre brève histoire sur Terre, l’humain pouvait enfin être transformé en un dispositif plastique. La voie était balisée pour l’accomplissement du vieux projet d’extension infinie du marché.

    Au milieu de l’ivresse générale, c’est cette course dionysiaque, décrite par ailleurs dans Brutalisme, que le virus vient freiner, sans toutefois l’interrompre définitivement, alors même que tout reste en place. L’heure, néanmoins, est désormais à la suffocation et à la putréfaction, à l’entassement et à l’incinération des cadavres, en un mot, à la résurrection des corps vêtus, à l’occasion, de leur plus beau masque funéraire et viral. Pour les humains, la Terre serait-elle donc en passe de se transformer en une roue bruissante, l’universelle Nécropole ? Jusqu’où ira la propagation des bactéries des animaux sauvages vers les humains si, de fait, tous les vingt ans, près de 100 millions d’hectares de forêts tropicales (les poumons de la Terre) doivent être coupés ?

    Depuis le début de la révolution industrielle en Occident, ce sont près de 85% des zones humides qui ont été asséchées. La destruction des habitats se poursuivant sans relâche, des populations humaines en état de santé précaire sont presque chaque jour exposées à de nouveaux agents pathogènes. Avant la colonisation, les animaux sauvages, principaux réservoirs de pathogènes, étaient cantonnés dans des milieux dans lesquels ne vivaient que des populations isolées. C’était par exemple le cas dans les derniers pays forestiers au monde, ceux du Bassin du Congo.

    De nos jours, les communautés qui vivaient et dépendaient des ressources naturelles dans ces territoires ont été expropriées. Mises à la porte à la faveur du bradage des terres par des régimes tyranniques et corrompus et de l’octroi de vastes concessions domaniales à des consortiums agro-alimentaires, elles ne parviennent plus à maintenir les formes d’autonomie alimentaire et énergétique qui leur ont permis, pendant des siècles, de vivre en équilibre avec la brousse.

    Nous n’avons jamais appris à mourir

    Dans ces conditions, une chose est de se soucier de la mort d’autrui, au loin. Une autre est de prendre soudain conscience de sa propre putrescibilité, de devoir vivre dans le voisinage de sa propre mort, de la contempler en tant que réelle possibilité. Telle est, en partie, la terreur que suscite le confinement chez beaucoup, l’obligation de devoir enfin répondre de sa vie et de son nom.

    Répondre ici et maintenant de notre vie sur cette Terre avec d’autres (les virus y compris) et de notre nom en commun, telle est bel et bien l’injonction que ce moment pathogène adresse à l’espèce humaine. Moment pathogène, mais aussi moment catabolique par excellence, celui de la décomposition des corps, du triage et de l’élimination de toutes sortes de déchets-d’hommes – la « grande séparation » et le grand confinement, en réponse à la propagation ahurissante du virus et en conséquence de la numérisation extensive du monde.

    Mais l’on aura beau chercher à s’en délester, tout nous ramène finalement au corps. Nous aurons tenté de le greffer sur d’autres supports, d’en faire un corps-objet, un corps-machine, un corps digital, un corps ontophanique. Il nous revient sous la forme stupéfiante d’une énorme mâchoire, véhicule de contamination, vecteur de pollens, de spores et de moisissure.

    De savoir que l’on n’est pas seul dans cette épreuve, ou que l’on risque d’être nombreux à déguerpir, ne procure que vain réconfort. Pourquoi sinon parce que nous n’aurons jamais appris à vivre avec le vivant, à nous soucier véritablement des dégâts causés par l’homme dans les poumons de la Terre et dans son organisme. Du coup, nous n’avons jamais appris à mourir. Avec l’avènement du Nouveau-Monde et, quelques siècles plus tard, l’apparition des « races industrialisées », nous avons pour l’essentiel choisi, dans une sorte de vicariat ontologique, de déléguer notre mort à autrui et de faire de l’existence elle-même un grand repas sacrificiel.

    Or bientôt, il ne sera plus possible de déléguer sa mort à autrui. Ce dernier ne mourra plus à notre place. Nous ne serons pas seulement condamnés à assumer, sans médiation, notre propre trépas. De possibilité d’adieu, il y en aura de moins en moins. L’heure de l’autophagie approche, et avec elle, la fin de la communauté puisqu’il n’y a guère de communauté digne de ce nom là où dire adieu, c’est-à-dire faire mémoire du vivant, n’est plus possible.

    Car, la communauté ou plutôt l’en-commun ne repose pas uniquement sur la possibilité de dire au revoir, c’est-à-dire de prendre chaque fois avec d’autres un rendez-vous unique et chaque fois à honorer de nouveau. L’en-commun repose aussi sur la possibilité du partage sans condition et chaque fois à reprendre de quelque chose d’absolument intrinsèque, c’est-à-dire d’incomptable, d’incalculable, et donc sans prix.

    Le numérique, nouveau trou creusé dans la terre par l’explosion

    Le ciel, manifestement, ne cesse donc de s’assombrir. Prise dans l’étau de l’injustice et des inégalités, une bonne partie de l’humanité est menacée par le grand étouffement, et le sentiment selon lequel notre monde est en sursis ne cesse de se répandre. Si, dans ces conditions, de jour d’après il doit y en avoir, ce ne pourra guère être aux dépens de quelques-uns, toujours les mêmes, comme dans l’Ancienne économie. Ce devra nécessairement être pour tous les habitants de la Terre, sans distinction d’espèce, de race, de sexe, de citoyenneté, de religion ou autre marqueur de différenciation. En d’autres termes, ce ne pourra être qu’au prix d’une gigantesque rupture, le produit d’une imagination radicale.

    Un simple replâtrage ne suffira en effet pas. Au milieu du cratère, il faudra littéralement tout réinventer, à commencer par le social. Car, lorsque travailler, s’approvisionner, s’informer, garder le contact, nourrir et conserver les liens, se parler et échanger, boire ensemble, célébrer le culte ou organiser des funérailles n’ont plus lieu que par écrans interposés, il est temps de se rendre compte que l’on est encerclé de toutes parts par des anneaux de feu. Dans une large mesure, le numérique est le nouveau trou creusé dans la terre par l’explosion. À la fois tranchée, boyaux et paysage lunaire, il est le bunker où l’homme et la femme isolées sont invités à se tapir.

    Par le biais du numérique, croit-on, le corps de chair et d’os, le corps physique et mortel sera délesté de son poids et de son inertie. Au terme de cette transfiguration, il pourra enfin entreprendre la traversée du miroir, soustrait à la corruption biologique et restitué à l’univers synthétique des flux. Illusion, car de même qu’il n’y aura guère d’humanité sans corps, de même l’humanité ne connaîtra la liberté seule, hors la société ou aux dépens de la biosphère.

    Guerre contre le vivant

    Il faut donc repartir d’ailleurs si, pour les besoins de notre propre survie, il est impératif de redonner à tout le vivant (la biosphère y compris) l’espace et l’énergie dont il a besoin. Sur son versant nocturne, la modernité aura de bout en bout été une interminable guerre menée contre le vivant. Elle est loin d’être terminée. L’assujettissement au numérique constitue l’une des modalités de cette guerre. Elle conduit tout droit à l’appauvrissement en monde et à la dessiccation de pans entiers de la planète.

    Il est à craindre qu’au lendemain de cette calamité, loin de sanctuariser toutes les espèces du vivant, le monde ne rentre malheureusement dans une nouvelle période de tension et de brutalité. Sur le plan géopolitique, la logique de la force et de la puissance continuera de prévaloir. En l’absence d’infrastructure commune, une féroce partition du globe s’accentuera et les lignes de segmentation s’intensifieront. Beaucoup d’États chercheront à renforcer leurs frontières dans l’espoir de se protéger de l’extériorité. Ils peineront également à refouler leur violence constitutive qu’ils déchargeront comme d’habitude sur les plus vulnérables en leur sein. La vie derrière les écrans et dans des enclaves protégées par des firmes privées de sécurité deviendra la norme.

    En Afrique, en particulier, et dans bien des régions du Sud du monde, extraction énergivore, épandage agricole et prédation sur fond de bradage des terres et de destruction des forêts continueront de plus belle. L’alimentation et le refroidissement des puces et des supercalculateurs en dépend. L’approvisionnement et l’acheminement des ressources et de l’énergie nécessaires à l’infrastructure de la computation planétaire se feront au prix d’une plus grande restriction de la mobilité humaine. Garder le monde à distance deviendra la norme, histoire d’expulser à l’extérieur les risques de toutes sortes. Mais parce qu’elle ne s’attaque pas à notre précarité écologique, cette vision catabolique du monde inspirée par les théories de l’immunisation et de la contagion ne permettra guère de sortir de l’impasse planétaire dans laquelle nous nous trouvons.

    Droit fondamental à l’existence

    Des guerres menées contre le vivant, l’on peut dire que leur propriété première aura été de couper le souffle. En tant qu’entrave majeure à la respiration et à la réanimation des corps et des tissus humains, le Covid-19 s’inscrit dans la même trajectoire. En effet, à quoi tient la respiration sinon en l’absorption d’oxygène et en le rejet du gaz carbonique, ou encore en un échange dynamique entre le sang et les tissus ? Mais au rythme où va la vie sur Terre, et au vu de ce qui reste de la richesse de la planète, sommes-nous si éloignés que cela du temps où il y aura davantage de gaz carbonique à inhaler que d’oxygène à aspirer ?

    Avant ce virus, l’humanité était d’ores et déjà menacée de suffocation. Si guerre il doit y avoir, ce doit par conséquent être non pas tant contre un virus en particulier que contre tout ce qui condamne la plus grande partie de l’humanité à l’arrêt prématuré de la respiration, tout ce qui s’attaque fondamentalement aux voies respiratoires, tout ce qui sur la longue durée du capitalisme aura confiné des segments entiers de populations et des races entières à une respiration difficile, haletante, à une vie pesante. Mais pour s’en sortir, encore faut-il comprendre la respiration au-delà des aspects purement biologiques, comme cela qui nous est commun et qui, par définition, échappe à tout calcul. L’on parle, ce faisant, d’un droit universel de respiration.

    En tant que cela qui est à la fois hors-sol et notre sol commun, le droit universel à la respiration n’est pas quantifiable. Il ne saurait être appropriable. Il est un droit au regard de l’universalité non seulement de chaque membre de l’espèce humaine, mais du vivant dans son ensemble. Il faut donc le comprendre comme un droit fondamental à l’existence. En tant que tel, il ne pourrait faire l’objet de confiscation et échappe de ce fait à toute souveraineté puisqu’il récapitule le principe souverain en soi. Il est par ailleurs un droit originaire d’habitation de la Terre, un droit propre à la communauté universelle des habitants de la Terre, humains et autres[3].

    Coda

    Le procès aura été mille fois intenté. On peut réciter les yeux fermés les principaux chefs d’accusation. Qu’il s’agisse de la destruction de la biosphère, de l’arraisonnement des esprits par la technoscience, du délitement des résistances, des attaques répétées contre la raison, de la crétinisation des esprits, de la montée des déterminismes (génétique, neuronal, biologique, environnemental), les dangers pour l’humanité sont de plus en plus existentiels.

    De tous ces dangers, le plus grand est que toute forme de vie sera rendue impossible. Entre ceux qui rêvent de télécharger notre conscience sur des machines et ceux qui sont persuadés que la prochaine mutation de l’espèce réside en notre affranchissement de notre gangue biologique, l’écart est insignifiant. La tentation eugéniste n’a pas disparu. Au contraire, elle est au fondement des progrès récents des sciences et de la technologie.

    Sur ces entrefaites survient ce brusque coup d’arrêt, non pas de l’histoire, mais de quelque chose qu’il est encore difficile de saisir. Parce que forcée, cette interruption n’est pas le fait de notre volonté. À plusieurs égards, elle est à la fois imprévue et imprévisible. Or, c’est d’une interruption volontaire, consciente et pleinement consentie dont nous avons besoin, faute de quoi il n’y aura guère d’après. Il n’y aura qu’une suite ininterrompue d’événements imprévus.

    Si, de fait, le covid-19 est l’expression spectaculaire de l’impasse planétaire dans laquelle l’humanité se trouve, alors il ne s’agit, ni plus ni moins, de recomposer une Terre habitable parce qu’elle offrira à tous la possibilité d’une vie respirable. Il s’agit donc de se ressaisir des ressorts de notre monde, dans le but de forger de nouvelles terres. L’humanité et la biosphère ont partie liée. L’une n’a aucun avenir sans l’autre. Serons-nous capables de redécouvrir notre appartenance à la même espèce et notre insécable lien avec l’ensemble du vivant ? Telle est peut-être la question, la toute dernière, avant que ne se ferme une bonne fois pour toute, la porte.

    [1] Achille Mbembe et Felwine Sarr, Politique des temps, Philippe Rey, 2019, p. 8-9

    [2] Alexandre Friederich, H+. Vers une civilisation 0.0, Editions Allia, 2020, p. 50

    [3] Sarah Vanuxem, La propriété de la Terre, Wildproject, 2018 ; et Marin Schaffner, Un sol commun. Lutter, habiter, penser, Wildproject, 2019

    #vivant

  • Zentrum für Infektiologie und HIV | Vivantes
    https://www.vivantes.de/fuer-sie-vor-ort/auguste-viktoria-klinikum/zentren/zentrum-fuer-infektiologie-und-hiv

    Pour conclure j’ajoute la présentation de l’unité de soins HIV qui ne sera plus en service après trente ans de fontionnement à cause du départ du personnel soignant.

    Das größte deutsche Behandlungszentrum für Menschen mit HIV und Aids

    Im Lauf weniger Jahre entwickelte sich die Klinik für Innere Medizin - Infektiologie zu einem infektiologischen Schwerpunkt in Berlin und erreichte mit ihrer Arbeit im AIDS-Bereich nationale und internationale Bedeutung. Dies ist gelungen, weil Berührungsängste überwunden wurden und Organisationen der Selbsthilfe, wie vor allem die Berliner AIDS-Hilfe, eingeladen wurden, die Klinik im Sinne ihrer Klientel mitzugestalten. Die Infektiologie unserer Klinik ist das größte deutsche Behandlungszentrum für Menschen mit HIV und Aids, aber auch Tuberkulose und Tropenkrankheiten. Hier legen wir größten Wert auf die interdisziplinäre Zusammenarbeit mit weiteren Fachbereichen, um schnelle Diagnostik und bestmögliche Therapie zu gewährleisten.
    Ganzheitliches Behandlungskonzept

    Alle Patienten haben die Möglichkeit, uneingeschränkten Kontakt mit ihren Angehörigen und Freunden zu pflegen sowie die Leistungen der Berliner AIDS-Hilfe im Krankenhaus jederzeit in Anspruch zu nehmen. Besonderen Wert legen wir auf ein ganzheitliches Konzept, das die sozialen und psychologischen Belange einer HIV-Erkrankung einschließt. Hierzu stehen durch lange Erfahrungen spezialisierte Diplompsychologen und Sozialarbeiter zur Verfügung.
    Infektionserkrankungen über HIV hinaus

    Im Zentrum für Infektiologie und HIV am Vivantes Auguste-Viktoria-Klinikum betreuen wir neben HIV auch sämtliche anderen Infektionserkrankungen; hierfür sind die uns zur Verfügung stehenden invasiven Techniken wie beispielsweise Biopsie oder Endoskopie eine wertvolle Unterstützung der diagnostischen Palette. Zur Beratung und Betreuung bei Fragen, die sich hinsichtlich Reisen in tropische und nicht-tropische Länder ergeben, stehen wir Ihnen jederzeit zur Verfügung.

    #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • Vivantes : Darum wechseln Ärzte und Pfleger zu St. Joseph - Berliner Morgenpost
    https://www.morgenpost.de/bezirke/tempelhof-schoeneberg/article228455257/Auguste-Viktoria-Krankenhaus-Infektiologie-Protest-Arbeitsbedingungen-St-

    Quelques jous plus tard la presse de droite commence à spéculer sur le raisons du départ de l’équipe et met en question le bien fondé de sa décision. Pour faire preuve d’honnèteté on y publie le lien vers le billet de bog qui à déclenché la série de reportages.

    Quatrième partie de l’histoire d’une équipe médicale qui refuse de continuer son travail sous de conditions insupportables et change de l’hôpital municipal vers un hôpital de l’église qui propose de meilleures conditions d’acceuil aux patients et soignants.

    19.02.2020 - Protest - Ganze Abteilung wechselt von Vivantes zu St. Joseph

    Elf Ärzte und 27 Pflegekräfte verlassen aus Protest gegen schlechte Arbeitsbedingungen das Auguste-Viktoria-Krankenhaus.

    Beim Auguste-Viktoria-Krankenhaus des Vivantes-Konzerns wechselt fast eine ganze Abteilung zu St. Joseph.
    Betroffen ist die Infektiologie, Grund sollen die Arbeitsbedingungen sein.
    Das AVK will Infektiologie wieder aufbauen.

    Berlin. Das hat es in der Berliner Krankenhauslandschaft wohl selten gegeben: Fast eine komplette Abteilung wechselt von einem Klinikkonzern zu einem anderen. Das geschieht gerade beim städtischen Unternehmen Vivantes. Der Großteil der Abteilung Infektiologie wechselt vom Auguste-Viktoria-Krankenhaus (AVK) in Schöneberg zum katholischen Träger von St. Joseph in Tempelhof. Elf Ärzte und 27 Pflegekräfte verlassen Vivantes. Wie es heißt, sollen sie am Joseph-Krankenhaus eine neue Abteilung für Infektiologie aufbauen.

    Zuerst hatte das RBB-Inforadio von dem Fall berichtet. Für Vivantes ist das ein herber Verlust, denn gerade im Schöneberger Kiez galt die im AVK geleistete Behandlung von HIV-Patienten als wichtig und prestigeträchtig. Vivantes versicherte in einer Stellungnahme, man werde die Infektiologie wieder aufbauen und die Versorgung der Patienten sicherstellen. Freie Stellen würden wieder besetzt. Gerade bei den Pflegekräften könnte das schwierig werden, warnen Kenner der Gesundheitswesens.

    St. Joseph soll offensiv Abwerbeversuche bei Vivantes unternommen haben

    Die Gründe für den massenhaften Wechsel sind vielfältig. Vor allem die Pflegekräfte klagten schon länger über die Arbeitsverdichtung, berichtete der gesundheitspolitische Sprecher der Linken, Wolfgang Albers. 19 Vollzeitkräfte kümmerten sich dort um 34 Betten. Neben den Infektiologie-Beschäftigten haben also auch acht weitere Pflegekräfte Vivantes verlassen. Zudem soll es unter den Ärzten Unzufriedenheit gegeben haben wegen der Umstrukturierungen, die mit dem Ruhestand des bisherigen Chefarztes im AVK anstehen. Auch die Karrierepläne einzelner Mediziner spielten eine Rolle.

    Wie zu hören ist, soll es von Seiten des Joseph-Krankenhauses offensive Abwerbeversuche an dem Vivantes-Haus gegeben haben. Das wäre unüblich unter Berlins Kliniken. Unklar ist, ob es in St. Joseph mit seinem kirchlichen Träger tatsächlich mehr Personal und bessere Bezahlung geben kann als bei Vivantes. Zudem wird St. Joseph Betten in anderen Bereichen schließen müssen, um die Infektiologie aufbauen zu können. Denn der Krankenhausplan weist diese Betten Vivantes zu.

    Im Blog „Mypflegephilosophie.com“ beschreibt eine Leasingkraft in einem Gastbeitrag den ungewöhnlichen Vorgang unter dem Titel „Die Selbstermächtigung einer Station“. Danach soll der Personalschlüssel für die Betreuung der Patienten ein Grund für den Exodus bei Vivantes gewesen sein. In Tempelhof solle nun mit zehn Betten weniger bei gleicher personeller und ärztlicher Besetzung gearbeitet werden, heißt es.

    #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • Was die Politik meint, wenn sie bei Vivantes von „schlechten Arbeitsbedingungen“ spricht : ein Blick unter den Teppich – Pflegephilosophie
    https://mypflegephilosophie.com/2020/02/19/was-die-politik-meint-wenn-sie-bei-vivantes-von-schlechten-arbe

    Une soignante décrit dans le détail les abus et lacunes qui ont provoqué l’action concertée des médecins et infirmiers du service HIV de l’hôpital municipal Auguste-Viktoria-Krankenhaus .

    Troisième partie de l’histoire d’une équipe médicale qui refuse de continuer son travail sous de conditions insupportables et change de l’hôpital municipal vers un hôpital de l’église qui propose de meilleures conditions d’acceuil aux patients et soignants.

    19.2.2020 von von Monja Schünemann - Nachdem Sin_azucar vor ein paar Tagen in ihrem Blogbeitrag vom Exodus der gesamten Station 12c aus dem Auguste-Victoria-Krankenhaus Vivantes berichtete, ist eine Menge geschehen. Durch Eure Aufmerksamkeit, für die ich Euch herzlich danke, ist die Presse aufmerksam geworden und in jeder Zeitung war zu lesen, dass die Station geschlossen den Konzern verlässt.

    Am Dienstag wurde politisch getagt. Statt sich nun mit der Frage auseinanderzusetzen, was zum Exodus der Station geführt habe, mahnte Gesundheitssenatorin Kalayci an, die Krankenhäuser müssten die Pflegesituation verbessern. Man sprach von „Kanibalismus unter den Kliniken“.

    Ich finde den Vergleich unsäglich und befremdlich, denn das St. Joseph hat nichts weiter getan, als bessere Bedingungen geboten. Auch die Politik spricht von Bedingungen. Diese seien, so vermutet der FDP Politiker Thomas Seering, in städtischen Kliniken besonders schlecht.

    Wenn die Politik von Arbeitsbedingungen spricht, dann meint sie nicht wirklich Bedingungen. Arbeitsbedingungen sind etwas Messbares. Sie meint tatsächlich mit diesem Terminus, das Aushalten von struktureller Gewalt.

    Ach ja, ein Funfact. Vor ein paar Tagen veröffentlichte Frau Kalayci ein liebliches Foto aus dem Dominikus Krankenhaus Berlin. Dort, so schrieb sie, gäbe es nur glückliche Pflegekräfte. Dass auf dem Bild nicht eine einzige Pflegekraft zu sehen war, ist nur ein Aspekt. die Mitarbeiter des Dominikus haben bis zu 1200 Plusstunden. EINTAUSENDZWEIHUNDERT! So also sehen für die Politik glückliche Pflegekräfte aus: unsichtbar und überarbeitet. Mehr muss man eigentlich zu Frau Kalayci und ihrer Haltung gegenüber Pflege nicht wissen.

    Liebe Politik, wenn eine Klinik verspricht, keine Gewalt anzuwenden, ist das das Gegenteil von Kanibalismus. Es ist Humanität.

    Nach dem Blog haben sich mehrere Mitarbeiter gemeldet und ich möchte einen Teil davon hier veröffentlichen. Damit jeder weiß, was Vivantes durch ihre sogenannten „Arbeitsbedingungen“ Pflegenden zumutet. Und warum die Leute gehen.

    Natürlich gehen die Leute, weil die Nurse-Patienten-Ratio unter diesen Bedingungen nicht zu schaffen ist. Aber es gibt auch andere Probleme:

    Vivantes hat ein Problem mit sexualisierter Gewalt!

    –eine Hebammenschülerin des AVK wurde durch einen Oberarzt sexuell belästigt. Als sie sich beschwerte zeigte sich, dass sie keinesfalls der erste Fall war. Es ist unbekannt, wie lange der OA so handeln konnte, am Ende war er fort. Das hört sich gut an, aber er ist nicht der einzige Fall.

    — ein externer Lehrer und Arzt belästigte die Auszubildenden der Pflege. Er wurde nicht gekündigt, denn er „wisse doch so viel“. Lediglich in zwei Kursen durfte er nicht mehr unterrichten.

    Unter diesem Aspekt klingt es besonders zynisch, wenn Vivantes in eine Ausbildungsoffensive gehen möchte. Da lernen schon ganz junge Menschen, dass ihre körperliche Unversehrtheit nicht gewährleistet wird und sich unter dem uralten Paradigma von „Pflege ist Liebe“ keinesfalls Schutz für alle verbirgt.

    Ausbilder drohen mit körperlicher Gewalt

    — eine festangestellte Lehrerin unterrichtete sehr veraltetes Wissen, dieses widersprach auch der von ihr verwendeten Literatur. Mit Widerspruch konnte sie jedoch nicht umgehen und drohte dann auch schon mal mit 1L Glasinfusionsflaschen zu werfen. Die Fachbereichsleitung „handelte“ in dem sie ihr nicht mehr „so“ wichtige Themen zukommenließen, denn man könnte sie ja nicht kündigen oder so, sie sei kurz vor der Rente.

    Im KFH (Kaiser Friedrich Krkhs) spricht man von „Terrorregime“

    So berichtet eine Quelle:

    – „die PDL Lemke (hieß sie glaube ich, ist mittlerweile in die Zentrale gewechselt) hat wohl von der aktuellen und damaligen PDL des KFH geheime Informationen zu Personalakten erhalten. Die KFH Leitung wurde darauf gekündigt. Seit diesem Sommer ist sie wieder PDL im KFH, der aktuelle Geschäftsführer des KFH ist wohl mit ihrem Mann bekannt und hat sie wieder eingestellt. Über die Hälfte der Stationsleitungen war am Überlegen zu kündigen, da die Dame wohl eine Art Terrorregieme führt.„

    Schwangeren wird der Arbeitsschutz verweigert

    – „Eine Kommilitonin die als studentische Kraft im Pool arbeitete, wurde schwanger und benötigte für das Arbeitsamt eine Bescheinung, dass sie nicht arbeiten könne. Der Betriebsarzt meinte, er benötigt eine Meldung dazu vom Fachbereichsvorgesetzten. Dieser fühlte sich nicht zuständig, da sie keinen festen Vertrag hätte, die Veträge ja pro Schicht abgeschlossen werden, der Rahmenvertrag dazu wurde ignoriert. Sie solle sich an die kommissarische PDL wenden (der Kandidat), dieser entgegnete ihr, was sie denn von ihm wolle. Er habe sich im System gelöscht, er kann da jetzt nichts machen. Außerdem hat sie ja keinen Vertrag. (Der Betriebsarzt füllte ihr den Schein dann aus, um ihr helfen zu können)“

    Kompetenz spielt keine Rolle und Arbeitsrecht auch nicht

    – „Beim Aufbau der Komfortstation im AVK wurde lange Zeit nach einer Leitung gesucht. Der einzige hausinterne Kandidat wurde wegen mangelnder Eignung (BA oder MA Pflegemanagement und bereits stv. Leitung soweit ich mich erinnere) abgelehnt. Es wurde die Leitung der Komfort aus dem KSP (Spandau) genommen. Diese wurde von der PDL jedoch geschasst, da sie massiv Überstunden angesammelt hatte und er sie nicht für tragbar hielt. Sie nahm ein Viertel oder die Hälfte des Teams mit. Vorort zeigte sich, dass das KSP recht hatte. Die Anforderung an das Personal war, dass es mindestens eine Fremdsprache könne. Die Leitung konnte nur Deutsch und obwohl in Sachsen „studiert“ (DDR-Fachhochschule; ja thepretisch Studium aber ich habe mir sagen lassen, dass war eigentlich auch nur ne Ausbildung. Kollegin auf meiner Station war mit ihr zusammen in einem Kurs, die sagte das so) konnte sie noch nichtmal fließend sächsisch. Sie sammelte jedenfalls massiv Überstunden und forderte bei ihrem Personal ein jede Minute zu begründen, lehnte eine Begründung ihrer Überstunden aber ab. Sie führte spontan Personalgespräche ohne die Möglichkeit den Betriebsrat zu informieren, da es unteranderem auch am Wochenende war. Diese gingen teilweise Stunden, dass nur eine PFk auf Station war. In den ersten 10 Monaten der Station ging jede PFK, die fachlich etwas drauf hatte. Kolleginnen, die einen Illeus zum bsp. nicht erkannten, sollten Praxisanleiter werden. Aussage der Chefärztin der Inneren Chirurgie zu mir: „Wenn sie jetzt auch noch gehen, kann ich hier ja keinen Patienten mehr herlegen“. Ich war der letzte von 6 PFKs der ging.“

    Die Leute kippen einfach um wegen der „Arbeitsbedingungen“

    – „als ich von der Ortho gehen sollte, sollte ich auf die 12C wechseln. Ich hatte einige Wochen vor dieser Ankündung auf der 12B (Partnerstation der C) gearbeitet und war heillos überfordert. Die Kolleg*innen war super hilfsbereit, die Patienten auch. Aber für einen Anfänger war es bereits 2012 kein Arbeitsplatz. Die Belastung auf der Infektologie war so hoch, dass der langjährige Praxisanleiter, der 20 Jahre nie krank war, einen Herzinfakrt erlitt und einen dreifachen Baypass brauchte. Er fiel 6 Monate aus“

    Der billigste Anbieter gewinnt

    Die Politik spricht sich gerade in Berlin für das Verbot von Leiharbeit aus. Dadurch könne keine Stabilität der Versorgung gewährleistet werden. Der eigentliche Grund, weshalb die Laasingkräfte nicht mehrere Tage mit den gleichen Patienten arbeiten können, scheint aber dieser zu sein:

    – „Seit ca 4-5 Jahren gibt es das Programm Insitu. Es organisiert für Häuser die Leasingkollegen. Problem: das günstigste Angebot bekommt den Zuschlag. somit können an 5 Tagen 5 unterschiedliche Kolleg*innen kommen. Ein Opfer dieser Umstellung unteranderem die 12C im AVK. Längst eingearbeitete Leasingkolleg*innen konnten nicht mehr gebucht werden, da sie zu teuer waren, oder nur an einem Tag das günstigste Angebot darstellten.“

    Und da sind wir nur bei den „Bedingungen“. Von dem, was Pflege eigentlich ist, kann und will, hat keine der Quellen bislang gesprochen. Es ist kein Kanibalismus anderer Kliniken, diese sonderbare Behandlung von Pflegenden NICHT auszuüben. sondern normal. Es ist kein Verrat oder feiges Wegrennen. Es ist einfach der Selbstschutz, der die Menschen aus dem Konzern treibt. Und bei o.g. Mitarbeitern handelt es sich nur um zwei Mitarbeiter. Kümmern Sie sich endlich um die echten Missstände.

    Die Frage bleibt: wie kann so etwas jahrelang unbemerkt von Presse und Gesellschaft bleiben? Und da sind wir beim eigentlichen Punkt: Pflege wird behandelt wie eine Verfügungsmasse, der man alles antun darf, weil sie ja „berufen“ ist. Die ist immer da. Die kann und darf so behandelt werden. Pflege ist der Fußabtreter der Gesellschaft und die Gesellschaft wundert sich, dass kein junger Mensch mehr Fußabtreter sein möchte. Passen Sie endlich die Gegebenheiten des Berufs an die der restlichen Welt an.

    #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • Die Selbstermächtigung einer Station, oder : was wir können, wenn wir an einem Strang ziehen – Pflegephilosophie
    https://mypflegephilosophie.com/2020/02/13/die-selbstermachtigung-einer-station-oder-was-wir-konnen-wenn-w


    L’hôpital Sankt Joseph

    Le 13 février une soignante anonyme publie un billet de blog qui raconte que l’équique de soins HIV va changer d’hôpital.

    Première partie de l’histoire d’une équipe médicale qui refuse de continuer son travail sous de conditions insupportables et change de l’hôpital municipal vers un hôpital de l’église qui propose de meilleures conditions d’acceuil aux patients et soignants.

    Deuxième partie https://seenthis.net/messages/827457
    Troisième partie https://seenthis.net/messages/827458
    Quatrième partie https://seenthis.net/messages/827459
    L’hôpital aux conditions de m... à côté de chez moi https://seenthis.net/messages/827460

    13.2.2020 von @sin_azucar - Ich hatte neulich einen Einsatz als Leasingkraft in einem Haus des Berlin-eigenen Vivantes Konzerns, dem Auguste-Viktoria-Krankenhaus in Friedenau. Ich kannte das Haus nicht, musste mich erst zurecht finden, bis ich auf der 12 C, einer Station für Infektiologie und Onkologie ankam. Beide Bereiche sind mir recht fremd, so dass ich darauf angewiesen war, häufig bei den fest angestellten Kollegen nachzufragen. So kam ich ins Gespräch mit Rainer.

    Rainer ist um die 50, trägt einen hochgestellten blauen Iro und ein echsenartiges Tattoo auf der linken Kopfhälfte. Er ist außerdem unfassbar fit im Bereich der Infektiologie, und ein wirklich freundlicher, souveräner Mensch. Überhaupt fiel mir bereits zu Beginn des Dienstes auf, dass diese Station anders ist: die Kollegen waren nicht die (Verzeihung) häufig anzutreffende Brathähnchenfraktion mit eher überschaubarem Horizont, sondern: professionell. Sie traten souverän auf, sie verfielen nicht in eine kindlich-süßliche Art des Umgangs miteinander, sie agierten (auch körpersprachlich) auf Augenhöhe und unter Wahrung gegenseitigen Respekts untereinander und den ärztlichen Kollegen gegenüber.

    Zurück zu Rainer, mit dem ich irgendwann darüber sprach, dass die Privatisierung des Gesundheitswesens der Sündenfall…wir brauchten gar nicht weiter zu sprechen, sondern waren uns da sehr schnell einig. Und dann erzählte Rainer mir das Folgende: „Wir sind ja dann bald weg. Mal sehen wie‘s weitergeht, dann…“ – „Ach, haben viele gekündigt, oder wird die Station geschlossen?“ – „WIR haben gekündigt.“. Und auf meinen verwirrten Gesichtsausdruck: „Wir haben alle gekündigt. Die gesamte Stationsmannschaft. Inklusive der Ärzte.“

    Das musste dann erstmal bei mir sacken. Kolleginnen, stellt Euch das vor! Und wie geht es dann weiter mit der Station? Nun, Rainer holte dann etwas aus: die Station, die ich gerade kennen gelernt hatte, war eine der ersten, die 1987 damit begonnen hatte, HIV-positive Menschen zu behandeln, und in den 90er Jahren die erste HIV-Schwerpunktstation bildete. Über die Jahre hatte sich ein Team zusammen gefunden, das offenbar enorm gut zusammen passte und aus sehr vielen sehr reflektierten Kolleginnen, auch ärztlichen, bestand. Dieses Team besteht in seiner Kern-Zusammensetzung seit rund 30 Jahren. Mit dem Aufgehen des Auguste Viktoria in den landeseigenen Vivantes-Konzern und der damit beginnenden Ökonomisierung des Krankenhausbetriebs wurde die Situation allerdings unschön: Mehr Patienten, weniger Pflegende, allgemein schlechtere Arbeitsbedingungen, wirtschaftlicher Druck. Missachtung der pflegerischen Leistung durch die euphemistisch „Arbeitsverdichtung“ genannte überbordende entmenschlichende Abfertigung von Kranken.

    Die Kolleginnen taten alles, was man so tut, wenn man sich gegen die derzeit vorherrschende Situation wehren will: Beschwerden, Gefährdungsanzeigen, Gespräche, pipapo. Der Erfolg: gleich null. Und schließlich tat sich eine neue Möglichkeit auf.Über mir nicht bekannte Wege signalisierte ein anderes Krankenhaus Interesse daran, die „Station“ zu übernehmen. Ganz richtig, nicht nur hier einen, da einen, und vielleicht noch einen Arzt, sondern: alle.Es gab Gespräche, Treffen, man tauschte Vorstellungen aus und stellte Forderungen, und schließlichwar es soweit: die Kolleginnen kündigten geschlossen und werden im Laufe dieses Jahres gemeinsam ihre Station in Tempelhof neu eröffnen. Mit 10 Betten weniger bei gleicher personeller und ärztlicher Besetzung. Mit zusammen 500 Jahren an infektiologischer Expertise. Mit dem unbedingten Willen, ihre pflegerische Qualität aufrecht zu erhalten, WEIL ES DAS IST, WAS SIE VERDIENEN. Weil es das ist, was Patienten verdienen. Weil eine gute pflegerisch-medizinische Versorgung ein Menschenrecht ist.

    Die Reaktion von Vivantes übrigens?Verwirrung, Schock, dann: ein bockiges „Na und? Dann geht doch. Wir können das auch ohne Euch.“ Und die Ansicht, dass diese Geschichte nicht unbedingt an die Öffentlichkeit gehört.Tja. Hiermit misslungen.Und die Moral von der Geschicht: Kolleginnen, nehmt Euch ein Beispiel! Wir haben derzeit alle Karten und alle Macht in der Hand, WENN WIR SIE ANNEHMEN und an einem Strang ziehen. Lasst Euch nicht von den Luftpumpen aus der Wirtschaft belabern, die uns weis machen wollen, dass nur Zahlen und Bilanzen zählen – das stimmt nicht. Lasst Euch nicht von Hierarchiejunkies erzählen, dass wir keine Entscheidungsbefugnis haben – dasstimmt nicht.Lasst Euch nicht von Nonnenabkömmlingen erzählen, dass unsere Pflicht den Patienten gegenüber liegt – das stimmt am allerwenigsten. Unsere Pflicht besteht UNSEREM Leben, UNSERER Gesundheit, UNSEREM Wohlergehen gegenüber, niemand anderem!In diesem Sinne: bildet Banden.

    #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • « On nous demande de soigner le patient le plus rentable »
    https://usbeketrica.com/article/on-nous-demande-de-soigner-le-patient-le-plus-rentable

    Quelques fois ça nous arrache, c’est difficile. Alors on fait de notre mieux, on opère la nuit, parce qu’on n’a pas assez de salles d’opération, on allonge nos temps de travail, on fait jusqu’à 14/15 heures en salle d’opération pour opérer les patients qui attendent, et après pour le lit, on verra. Donc la rentabilité, on en fait fi, mais c’est l’abnégation qui fait qu’on en fait fi. Là je crains que ce système n’ait raison un jour de l’abnégation du corps soignant, c’est ça qu’on peut craindre. Quand vous mettez les êtres humains dans un état de tension tel, bien évidemment vous prenez ce risque.

    Bien sûr je me fais beaucoup d’ennemis en disant ça, tout comme je me fais des ennemis quand je dis qu’il faut reverser un peu du privé au public, mais quand même, ça en vaut la peine… Parce que le système public actuel, c’est quoi ? Vous gagnez 1 200 euros par mois, vous avez un problème cardiaque grave et vous pouvez être opéré par le plus grand chirurgien cardiaque d’Europe, du pays, croyez-moi, ce sont les meilleurs du monde, et vous ne paierez pas un centime. Ce système-là, est-ce qu’il y a plus précieux que ça ? Si on va vers ce néolibéralisme qui est en train de poindre, ça veut dire que ce ne sera plus possible, ça veut dire que si vous n’avez pas un salaire de 4 ou 6 000 euros par mois, vous ne pourrez pas payer une mutuelle à grands frais, et vous ne pourrez pas vous offrir les meilleurs.

    Et si les meilleurs quittent le service public dans l’avenir pour aller dans le secteur privé, qui va former les jeunes ? La mort du service public hospitalier universitaire, ce n’est pas possible. Car qui va apprendre ? Les instituts privés, les professeurs qui vont être salariés par Google ou Medtronic ou Axa ? Ou Bayer ? Non, c’est impossible. Le CHU doit rester universitaire, c’est un creuset de formations, c’est un creuset artisanal, c’est un atelier.

    • ... je suis pessimiste. J’ai l’impression que la machine est très puissante et qu’on va finalement arriver vers les systèmes qui vont ressembler à ceux des Etats-Unis. La France est encore très attachée à un système où chacun contribue à la santé de l’autre... Peut-être qu’il y aura un réveil. Mais je n’en suis pas certain, parce que face à des billets de banque, qui ne plie pas ?

      #gâchis #criminel #France #santé #médecine

    • En Allemagne on a déjà exactement ce résultat de la privatisation des soins et hôpitaux.

      Et si les meilleurs quittent le service public dans l’avenir pour aller dans le secteur privé, qui va former les jeunes ? La mort du service public hospitalier universitaire, ce n’est pas possible. Car qui va apprendre ? Les instituts privés, les professeurs qui vont être salariés par Google ou Medtronic ou Axa ? Ou Bayer ? Non, c’est impossible. Le CHU doit rester universitaire, c’est un creuset de formations, c’est un creuset artisanal, c’est un atelier.

      A Berlin la quasi totalité des employés médecins et infirniers d’une unité de soins HIV et d’autres infections graves vient de quitter l’hôpital public à côté de chez moi pour ouvrir un nouveau service dans un hôpital privé.

      Voici le premier billet sur cette histoire : https://seenthis.net/messages/827456

      Cet hôpital privé acceuille aussi bien les patients du régime d’assurance général comme les patients privés qui ne constituent sans doute qu’une petite partie des personnes dépendantes de drogues et victimes d’une infection HIV. Dans le cas présent la situation pour les patients va vraisembleblement plutôt de s’améliorer. Les hôpitaux se trouvent à une distance d’à peine trois kilomètres et sont accessibles par les moyens de transport en commun.

      En même temps les employés des services auxiliaires du plus ancien et plus célèbre hôpital public de Berlin « Charité » font grève pour la énième fois afin de se faire ré-intégrer dans la structure commerciale de l’hôpital même afin de toucher enfin le salaire du tarif des institutions publiques. Dans le même hôpital « Charité » les infirmières et infirmiers ont fait grève récemment non pour des salaires plus élevés mais pour une réduction du nombre de patients par infirnmier.

      Entretemps pour les assurés du régime général gesetzliche Krankenversicherung la durée d’attente pour voir un spécialiste peut atteindre plusieurs mois.

      Nous ne sommes pas encore dans une situation comme aux USA mais les petits gens paient déjà les frais de ce sytème de cleptocrates en blouse blanche.

      #Berlin #Vivantes-AVK #Sankt_Joseph_Krankenhaus #HIV #politique_de_santé #privatisation #travail

  • C’est un mot interdit, un mot tabou, un mot qui fait peur même à ceux qui s’y reconnaissent : « #anarchisme » ! Et pourtant, cette vision du monde, bien loin des images de violence que les dominants répandent pour la discréditer, promeut la coopération, l’émancipation, le respect des êtres et du #vivant. C’est ce que vous racontera ce livre, qui n’est pas un essai, mais une histoire : celle d’une femme « normale », qui n’aurait jamais pensé qu’elle était anarchiste, mais qui, au fur à mesure de son parcours intellectuel et politique, a découvert cette doctrine libératrice. Par son refus de l’autoritarisme et son souci de l’#écologie, l’anarchisme se répand discrètement à travers la société et s’articule de plus en plus souvent, dans les idées et sur le terrain, avec l’écologie. Il était temps que l’on puisse de nouveau afficher sereinement ce mot. Et si, vous aussi, vous étiez anarchiste sans le savoir ?
    https://reporterre.net/Comment-je-suis-devenue-anarchiste

  • Qu’est-ce qu’une vie minimale ? Nouvelles du front et horizon possible | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/05/30/quest-ce-quune-vie-minimale-nouvelles-du-front-et-horizon-possible

    Mais s’en tenir à ce raisonnement serait en fait trompeur. En effet, le vivant est une source de surprise qui n’autorise pas ce type de réduction, et il est possible de l’illustrer de deux manière. Tout d’abord, les recherches évoquées ici tendent aussi à confirmer que les bactéries simplifiées décrites dans ces articles sont, au laboratoire, moins robustes que leur modèle de base. Cela est un indice qui nous rappelle que la redondance, et plus généralement une certaine complexité biologique, n’est probablement pas tant un fardeau d’un réservoir de solution et de protections permettant une meilleure adaptativité, et plaide au contraire pour une action très large de la sélection naturelle, non seulement sur le contenu des séquences génétique, mais sur leur syntaxe même. C’est en creux un formidable témoignage de la pertinence du moteur darwinien. Mais il existe aussi des surprises réciproques. À l’orée des années 2000, les bactéries les plus simples connues possédaient environ 450 gènes. Suite à de patients travaux de comparaisons, de compilation et de modélisation, les équipes qui travaillent à la bioingénierie de formes minimales de vie, à partir de ces bactéries, ont longtemps ainsi théorisé que pour qu’un micro-organisme réalise les fonctions vitales essentielles, il lui fallait au minimum 200 gènes. On en était là quand fut découverte une bactérie qui en avait seulement…180 ! Toute l’épistémologie de la question était à revoir, puisque le réel imposait non pas plus de complexité que la théorie, mais significativement moins. Le seuil du vivant était-il donc à chercher du côté de la complexité, ou de la simplicité ?

    À ce jour, posée en ces termes, la question ne trouve pas de réponse simple. Elle est pourtant cruciale : c’est, d’une certaine manière, rien moins que la façon contemporaine de se demander ce qu’est la vie ! Une manière de sortir de cette ornière est, aussi perturbant que cela puisse paraître, de refuser la notion de seuil. Non pas par goût de la spéculation vaine, mais bel et bien parce que ce que le monde vivant nous donne à voir est un incroyable continuum qui défie toute idée de seuil, et qui peut se décrire comme un tableau : les bactéries incroyablement pauvres en gènes évoquées, ci-dessus, vivent en particulier dans des cellules. Elles y cohabitent avec d’autres structures cellulaires comme les mitochondries, descendantes de bactéries dont elles ont n’ont gardé quelques gènes : à bien des égards, les premières semblent être en voie de prendre cette direction. Les mitochondries, elles, peuvent produire des dérivés qui ne possèdent plus aucun gène. L’ensemble de ces systèmes minimaux sont d’ailleurs moins complexes que certains virus, qui peuvent posséder jusqu’à plusieurs milliers.

    Penser le vivant sans frontières, le redéfinir sans en faire une catégorie c’est, je crois, proposer un saut audacieux à nos conceptions du monde naturel. C’est évidemment remettre en cause les tentatives orgueilleuses de « fabriquer » la vie, puisque les infravies nous rappellent que la foisonnante inventivité du vivant ne nous a pas attendu pour jouer à saute-mouton par dessus tous les seuils que les égos humains tentent de transgresser. C’est aussi remettre en cause la parcellisation du vivant, son atomisation, celles qui légitimeraient son appropriation, sa brevetabilité par exemple. Le vivant n’est pas affaire de structures fixes et optimisées, mais d’échanges permanents, de fragilités fécondes, de reconfigurations imprévues. Qui pourrait se targuer d’en posséder une parcelle qui, prise séparément, ne fait pas sens biologiquement ? Qui pourrait être propriétaire d’un état limite ?

    Mais penser le vivant sans frontières, il faut le dire aussi, nous expose et nous oblige. C’est une conception exigeante qui ne doit en effet pas servir prétexte pour abdiquer de nos efforts de protection de la biodiversité, ou de notre vigilance bio-éthique. Ce ne doit pas être un flou artistique, ou une rhétorique creuse, prétexte à toutes les approximations, voire les instrumentalisations et les dérives. C’est pourquoi, plutôt que de construire des forteresses de sable par la narration solutionniste d’un vivant-machine contrôlable et optimisable, il nous faut apprendre à accueillir, intellectuellement et expérimentalement, le vivant sans frontière avec rigueur, dans toute sa matérialité et l’originalité de ses dynamiques propres. Cela suppose probablement de remettre en cause une certaine conception productiviste des biotechnologies et redéployer les efforts en biologie de pointe vers plus de créativité, vers plus d’interdisciplinarité et plus d’ouverture. Ce n’est probablement pas le plus triste des chemins.

    #Biologie_synthétique #Vivant #Philosophie_biologique

  • Dead Mom Talking
    “If you want to talk to me when I’m dead, go to the bench.”
    https://www.thirdcoastfestival.org/feature/dead-mom-talking

    Elaine Mitchell said those words to her daughter Rachel a few days before she died last July. Her memorial bench now sits in a Toronto ravine under tall trees. Elaine was a teacher, writer and avid traveler. During the last seven weeks of her life she and Rachel binge-watched TV, traded dark humor, and they talked. Rachel recorded the conversations. That way, months after Elaine’s death, Rachel was able to get in one more conversation with the person she needed most.

    https://s3.amazonaws.com//tciaf-audio/ic2k5_16_matlow_deadmomtalking.mp.m4a

    #audio #creation #morts #vivants #radio
    ping @intempestive

  • Quand tu croises ça en pleine nature pour #détruire la #solidarité et blesser/tuer le #vivant en plein dérèglement climatique Tu te demandes vraiment si la #France n’est pas guidée par un abrutit sans pitié ni scrupule Ah mais c’est le cas je crois#ZadDansLeCoeur #Zad #NDDLpic.twitter.com/gd5J6vzQNM
    https://twitter.com/voteblancND/status/996557885965467649

    Quand tu croises ça en pleine nature pour #détruire la #solidarité et blesser/tuer le #vivant en plein dérèglement climatique Tu te demandes vraiment si la #France n’est pas guidée par un abrutit sans pitié ni scrupule Ah mais c’est le cas je crois #ZadDansLeCoeur #Zad #NDDL pic.twitter.com/gd5J6vzQNM

  • Le nouveau Notes et morceaux choisis : Les êtres vivants ne sont pas des machines, Bertrand Louart @tranbert, 2018
    https://sniadecki.wordpress.com/2018/02/08/louart-netmc13

    Aujourd’hui plus que jamais, la conception de l’être vivant comme machine est indissolublement liée au fait que nous vivons dans une société capitaliste et industrielle : elle reflète ce que les instances qui dominent la société voudraient que le vivant soit, afin de pouvoir en faire ce que bon leur semble.

    Cette évidence constitue le point de départ de notre enquête et de nos analyses critiques sur la biologie moderne, qui s’articulent autour de trois points principaux :

    1. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le point aveugle de la biologie moderne, c’est son « objet », l’être vivant, l’organisme et la vie qui l’habite. Non seulement les biologistes et les biotechnologues ne savent pas ce qu’est un être vivant, mais surtout, ils ne veulent pas le savoir et préfèrent en faire une « machine complexe » qu’ils se font forts de « reprogrammer » à volonté.

    2. Or, la biologie est aussi et surtout l’étude du sujet, de son état natif jusque dans ses formes les plus développées, de la bactérie jusqu’à l’être humain. Dans leurs formes les plus simples, ils sont les premières manifestations d’une sensibilité propre et d’une activité autonome qui, en s’enrichissant d’organes et de fonctions au cours de l’évolution, aboutit à la conscience et à l’intentionnalité, à des formes d’autonomie plus élevées. Or, la philosophie d’inspiration cartésienne n’attribue la qualité de sujet qu’au seul être humain, reconduisant ainsi la scission entre l’humanité et les autres êtres vivants.

    3. Si la conception de l’être vivant comme machine est le pur produit de la société capitaliste et industrielle, c’est pour plusieurs raisons complémentaires. La méthode des sciences est la forme d’investigation et de connaissance qui convient à ce système : mettre au jour les « lois de la nature » pour ensuite construire les machines qui les matérialisent et les mettent en œuvre ; pour mettre en place des dispositifs économiques et techniques qui les font travailler sans relâche et indépendamment des conditions écologiques, sociales et politiques. La machine est aujourd’hui omniprésente, elle est comme le modèle des rapports sociaux, qui reconduit toutes les formes de domination, d’exploitation et d’aliénation.

    La critique du vivant comme machine est le fil directeur à partir duquel un diagnostic historique pertinent peut être précisément formulé, non seulement sur la biologie moderne mais aussi et surtout sur la société capitaliste et industrielle.

    Cette dimension socio-politique est l’angle mort de la critique du vivant comme machine, elle a échappé à la majeure partie des critiques d’ordre scientifiques formulées jusqu’à maintenant. Or, cette dimension est essentielle : la manière dont nous concevons le monde et les êtres vivants exprime avant tout un projet, la manière dont nous voudrions qu’ils soient afin que notre action sur eux s’opère sans heurt ni surprise.

    Sans cette dimension, la critique de l’être vivant comme machine ne peut que manquer de cohérence faute de perspective, elle ne peut s’élever à une philosophie de la nature susceptible d’articuler la critique et l’élaboration d’une nouvelle conception, c’est-à-dire qui puisse concevoir une réconciliation et une coopération entre l’humanité et la nature.

    Une biologie nouvelle (biologia novae) semble donc nécessaire à plus d’un titre. D’abord, elle permettrait de remettre au centre de la réflexion l’être vivant en tant que sujet réalisant une unité organique avec son milieu ; de mieux appréhender la sensibilité et l’autonomie dont l’être vivant fait preuve. Elle pourrait ainsi contribuer à la (re)formulation d’une pensée plus claire sur la liberté, mieux articulée avec l’idée d’autonomie, qui manque cruellement après deux siècles de capitalisme industriel…

    Le sujet étant fort complexe et très vaste, cette livraison de Notes & Morceaux choisis comprendra deux numéros. Celui-ci formule une critique approfondie de la conception de l’être vivant comme machine ; en montrant les impasses politiques et sociales où cette conception nous mène actuellement (chapitre 1), en examinant les ressorts idéologiques des trois piliers de la biologie moderne, le darwinisme, la génétique et la biologie moléculaire (chapitre 2) et en critiquant les diverses notions que ces idéologies scientifiques mettent en œuvre pour expliquer le monde vivant – sélection naturelle, hérédité, programme génétique, etc. – (chapitre 3).

    Un prochain numéro explorera des pistes pour une nouvelle approche de la vie sur Terre.

    #biologie #Darwin #machine #vivant #Notes_et_morceaux_choisis #Bertrand_Louart #critique_techno #Éditions_La_Lenteur #livre

  • Le vivant est irréductible - pratiques
    https://pratiques.fr/Le-vivant-est-irreductible

    Dans mon livre Cerveau augmenté, homme diminué, j’ai voulu parler de l’hybridation et émettre l’hypothèse que nous ne sommes pas en présence d’une vraie hybridation, mais d’une colonisation. Dans une vraie hybridation, il y a des organismes ou des entités de système qui se mélangent alors qu’ici, on passe sous silence le fait que le pôle biologique et le pôle technologique sont de nature totalement différente. Pour moi, il est clair qu’il ne s’agit pas d’une vraie hybridation, mais bien d’une colonisation.

    J’ai travaillé plutôt sur le cerveau parce que c’est ce que je connais et parce que le cerveau, en tous les cas en Occident, est considéré comme l’organe noble par excellence, là où il y a la pensée, les affects et les sensations. Le cerveau n’est cependant pas le seul à être « colonisé ». Toucher au cerveau, prétendre pouvoir modéliser la pensée, les affects et les sensations, c’est quelque chose de costaud ! C’est détisser toute singularité, toute frontière qui permettrait de dire : voilà ça, c’est le propre du biologique, ça, c’est le propre de la machine.

    Il faut savoir que, d’après la « théorie de l’information » utilisée par le monde numérique, il est possible de recueillir toute l’information qui constitue un cerveau ou un organisme. C’est le fameux programme où les chercheurs disent : je peux modéliser et recueillir toute l’information qui est dans un cerveau, je la passe dans une machine, un disque dur, et je la mets avec des algorithmes capables d’apprendre. Concrètement, cela veut dire que, quand je modélise le cerveau de Robert, l’idée n’est pas de faire une bibliothèque où les gens pourraient venir se renseigner sur ce que pense Robert ; l’idée est, qu’avec des algorithmes capables d’apprendre, dans un système qui resterait ouvert à l’information, le Robert en question, passé à la machine, continuerait à apprendre sur l’évolution du monde, sur l’évolution de sa famille. La question qui se pose alors est : mais où est Robert ? Dans le cerveau biologique qui est en train de se corrompre ? Ou Robert n’est-il pas plutôt à « augmenter » à « améliorer » dans la machine ?

    En dehors du monde de la recherche, ceci semble aujourd’hui de la science-fiction, mais, dans celui de la recherche, si on dit à n’importe quel collègue : « Tu ne peux pas modéliser entièrement un cerveau », la réponse est : « Pourquoi ? Au nom de quoi ? Tu es un ayatollah, Dieu t’en empêche ? » Ils ne disent pas que c’est fou, ils disent qu’on ne sait pas encore le faire.

    La question que je pose à propos du cerveau, et à propos du vivant en général, est la suivante : est-il vrai qu’il n’y a rien qui structurellement résiste dans le cerveau, dans le vivant, à cette modélisation, à cette réduction ?

    Miguel #Benasayag

    avec un peu de shameless auto promo pour le @spip inside !

  • Génial comme un arbre
    http://www.laviedesidees.fr/Genial-comme-un-arbre.html

    Vous croyiez qu’un arbre se limite à des branches et des feuilles ? Entrez donc dans le monde fascinant des épicéas, des tilleuls et des chênes, une forêt d’entraide et de concurrence où les arbres s’épanouissent grâce à mille ingéniosités.

    Livres & études

    / #environnement, #nature, #vivant, #biologie

    #Livres_&_études