GillesM

Eurafricain, acteur modeste du renforcement des organisations de la société civile en Afrique de l’Ouest

  • ▶︎ Habibi Funk 014: Solidarity With Beirut | Various Artists | Habibi Funk Records

    We at Habibi Funk have been shocked and saddened by the explosion in Beirut 3 days ago. It was important for us to express our solidarity so we reached out to the network of musicians we have adored in the last few years to put together a release. 100% of the profits will go the the Lebanese Red Cross. All tracks from this compilation come from artists from Beirut, some of them don’t live there anymore but the city was essential for their musical career. Although the process of compiling this release was super rushed in order to help in raising funds as quickly as possible, we truly love how it turned out to be musically.

    https://habibifunkrecords.bandcamp.com/album/habibi-funk-014-solidarity-with-beirut

    #musique #Liban #solidarité

  • Rania Masri interviewée par Aaron Maté. C’est un très beau moment.
    https://www.youtube.com/watch?v=zLMDKa9juH8

    Aux alentours de la 13e minute, Rania Masri monte dans les tours et explique parfaitement la catastrophe intégrale qu’est le système confessionnel.

    Un aspect qui me stupéfie toujours avec ça, c’est que ce qu’elle dit est une sorte d’évidence pour les Libanais·es. Elle le dit particulièrement bien, mais c’est un point de vue quasiment banal au Liban. En revanche, c’est un point de vue inexistant en Europe, où l’on adore se gargariser des « 18 religions » au Liban et du fait que ces levantins seraient tous « naturellement » confessionnalistes.

    • Oui, mais peut-on dire que « tous s’accrochent à se système sectaire, y compris le Hezbollah, mais sans exclure les autres »... c’est quand même assez ambigü, non ?
      Le Hezbollah n’a-t-il pas soutenu la proposition de Michel Aoun, d’élections à la proportionnelle ?

  • « Citoyens, citoyennes, résistons, semons des graines » : une révolution potagère à Tours
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2020/07/24/citoyens-citoyennes-resistons-semons-des-graines-une-revolution-potagere-a-t

    PortraitJardins secrets (1/5). Un collectif de jardiniers tourangeaux réinvestit les parcelles délaissées de la ville pour y faire du maraîchage sauvage et solidaire. Portrait de Pauline Jallais, l’une de ses militantes pro-autonomie alimentaire.

    Elle arrive au lieu de rendez-vous sur son vélo hollandais équipé de deux porte-bébés, yeux verts et large sourire. La « jardinière masquée » circule donc à visage découvert. A 34 ans, la Tourangelle Pauline Jallais est l’un des membres de ce collectif de maraîchers improvisés qui, chaque semaine, se retrouvent pour planter et entretenir des fruits et légumes dans les espaces délaissés de la ville de Tours.

    L’idée est née pendant le confinement. Mélanie Bresson, une couturière professionnelle de la région, s’est lancée dans la fabrication de protections en tissu. Très vite, une armée de petites mains la rejoint pour coudre et distribuer gratuitement plus de 60 000 exemplaires en Touraine. « A cette occasion, on a vu qu’il y avait aussi une urgence alimentaire car beaucoup de bénévoles rencontraient des difficultés pour se nourrir », explique Pauline Jallais, proche des « couturières masquées du Centre-Val de Loire ».

    Grâce aux réseaux sociaux, et au relais de militants, comme l’aventurier écolo tourangeau Baptiste Dubanchet (qui s’est fait connaître en traversant l’Atlantique en pédalo en se nourrissant de restes et d’invendus), un petit groupe de jardiniers décide sans autorisation municipale d’investir un bout de parcelle en friche dans le quartier Lakanal-Strasbourg, à proximité du centre de Tours. « Planter des comestibles dans la ville était une façon de faire prendre conscience de la nécessité de se réapproprier notre alimentation en produisant là où les gens vivent. » Le masque est l’accessoire de l’époque : après les couturières, va pour les jardinières ainsi nommées.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Des potagers bio et solidaires pour ceux que la crise ne manquera pas de toucher »
    Néophytes et passionnés

    Quelques semis de radis plus tard, le mouvement a essaimé dans cinq quartiers de la ville et plus d’une soixantaine de femmes et d’hommes se retrouvent régulièrement pour manier la bêche et le râteau.

    « Tout le monde peut participer. Il y a des gens qui se connaissent et d’autres qui viennent par hasard ou par curiosité. Cela crée du lien », assure Pauline Jallais. Les plants et graines proviennent de dons de maraîchers ou de particuliers. « Nous savons bien que l’on ne va pas nourrir une ville avec nos plantations, mais c’est une manière de montrer que l’on peut faire différemment, en mettant à disposition de tous une nourriture plus locale. »

    #Communs #Jardins_partagés #Agriculture_urbaine #Tours

    • @hlc, il commence à y avoir une petite littérature sociologique sur la lutte des classes au jardin, des études sur les usages différenciés que les gens font des jardins partagés selon leur statut économique (et leur accès à de la bouffe bio), dans lesquelles on apprend que oui, la petite bourgeoisie s’amuse. D’autre part, l’engouement des classes dirigeantes pour l’agriculture urbaine permet de jeter un voile pudique sur l’artificialisation des sols en cours dans les périphéries des métropoles. Comme tu dis, c’est compliqué.

      Les jardins partagés franciliens
      https://journals.openedition.org/gc/4916

      Alors que la plupart des travaux s’appuient sur l’idée que les lieux d’agri­culture urbaine contribuent à la justice sociale en tant qu’espaces d’éman­­cipation et de remise en cause des rapports de domination (Eizenberg, 2012 ; Purcell & Tyman, 2015), d’aucuns les analysent comme vecteurs d’injustices sociales prenant part à ce titre au modèle néolibéral de la fabrique urbaine (Allen & Guthman, 2006 ; Ernwein, 2015, Reynolds, 2015).

      Le terme de « justice environne­mentale » est d’ail­leurs absent des discours politi­ques français. Certains auteurs évoquent à ce propos la volonté d’une dépolitisation de l’environ­nement, envisagé comme forcément positif et donc consensuel (Blanchon, Moreau & Veyret, 2009). Si l’on s’intéresse ensuite à la diversité des participants ; les collectifs d’usagers des jardins partagés franciliens appa­rais­sent relativement mixtes malgré la domi­nation des classes moyennes et supérieures ainsi que la surrepré­sentation de la tranche d’âge 40-59 ans, des femmes et des blancs (Demailly, 2014a). Les dimensions ethnico-culturelles n’ont toutefois pas fait l’objet d’investi­gations approfondies en France. Le dernier point est relatif à la participation au processus politique, que Marion Young qualifie de « justice inclusive » (Young, 1990). Si les usagers participent à la gestion au quoti­dien des jardins partagés, ce qui favorise une autonomie certaine des associations, leur rôle en termes de décision reste modeste ; les municipalités en tant que propriétaires du foncier en conservent l’attribut (Demailly, 2014b). Au vu de ces constats, compte tenu de la faible mobilisation de ce terme et du fait que certaines dimensions aient fait l’objet de travaux anté­rieurs, nous avons choisi d’interroger dans cet article les jardins partagés comme de potentiels éléments d’une transition environne­men­tale plutôt que comme des compo­sants d’une justice environnementale.

  • Zapped - Frank Zappa par Frank Zappa -| ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/048387-000-A/zapped-frank-zappa-par-frank-zappa

    Pendant presque un demi-siècle, les radios et télévisions du monde entier ont documenté les nombreuses activités et prises de position du grand Zappa. Ses commentaires décapants sur l’État et la religion, l’industrie du disque et la culture des jeunes constituent une lecture musicale, sociopolitique et plutôt radicale de son temps. À travers ces archives rares et oubliées, le film de Thorsten Schütte dessine un portrait protéiforme de Zappa : celui d’un musicien surdoué et influent, mais aussi d’un exceptionnel commentateur et critique de son époque. L’occasion de revisiter tout un pan de la culture populaire et de bousculer au passage quelques idées reçues sur l’homme et l’artiste qu’il fut.

    FRANK ZAPPA - whipping post - Live 1984
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=26&v=Mu32TgPeXM8&feature=emb_logo


    #Frank_Zappa- whipping post - Live 1984

  • 5G : « On n’a pas d’usage clairement identifié qui attirerait le public, mais un impératif industriel », en passant « au-dessus des problèmes de santé », affirme un chercheur
    https://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/monsanto/5g-on-n-a-pas-d-usage-clairement-identifie-qui-attirerait-le-public-mai

    On sait très bien qu’on n’a pas d’usage très clairement identifié qui attirerait le public, mais par contre on a un impératif industriel qui est de renouveler les terminaux et de relancer une course à une supposée innovation", explique jeudi 2 juillet sur franceinfo Dominique Boullier, professeur en sociologie à Sciences-Po Paris et chercheur au Centre d’études européennes et de politique comparée, à propos du déploiement de la 5G en France.
    L’innovation « au dessus des problèmes de santé »

    Il estime qu’on subit une « tyrannie du retard ». « Cela a toujours été un petit peu le cas de prétendre qu’on ne peut pas faire autrement », souligne-t-il. « A une époque, ça a été fait avec l’amiante. On a vu aussi avec Monsanto ce qui s’est passé. On a un certain nombre de situations comme cela, où on ne sait pas exactement quelles peuvent être les conséquences, s’inquiète Dominique Boullier. Mais on avance, et on avance à marche forcée » en passant « au-dessus des problèmes de santé ».

    « Quand on vous dit que ça doit servir, par exemple à la téléchirurgie, c’est un argument imparable. Mais ça, c’est du pipeau », assure Dominique Boullier. Selon lui, « la seule application qu’on pourra défendre, et qui est déjà quasiment opérationnelle, c’est permettre des jeux vidéo multijoueurs en ligne, du type Pokémon Go. Mais on ne va quand même pas prétendre qu’on va déployer une infrastructure pour ce genre de choses ».
    Une porte d’entrée pour les pirates informatiques

    D’après Dominique Boullier, la 5G va aggraver l’inégalité des territoires. "L’avantage de la 5G, c’est avant tout la diminution du temps de latence, donc pour des applications qui vont être très réactives et qui donc ne fonctionneront que dans certains domaines, là où il y a une clientèle importante, prédit le chercheur au Centre d’études européennes et de politique comparée.

    Cela ne résout pas du tout le problème, par exemple de la 4G et du fait qu’il y a énormément de gens qui n’y ont pas accès ou de la fibre optique.Dominique Boullierà franceinfo

    « La 5G va surtout servir aux objets connectés » , ajoute Dominique Bouillier, et constitue selon lui « une porte d’entrée extraordinaire pour ce qu’on appelle les data breach (violation de données), les attaques, les hacks ».

    « Il y a besoin de faire un cahier des charges très important, un cahier des charges environnemental, un cahier des charges sur les territoires, un cahier des charges sur les questions de sécurité », conclut le chercheur, pour qui « c’est forcément une décision européenne qu’il va falloir prendre ».

    #5G #Santé #Hiérarchie_des_normes

  • Un jour sans fin, par Laurent Chemla
    https://blogs.mediapart.fr/laurent-chemla/blog/260620/un-jour-sans-fin-13

    La solution la meilleure, on la connaît depuis des DIZAINES d’années : donner assez de moyens à la justice pour qu’un parquet spécialisé (ça tombe bien c’est à peu près tout ce qui reste d’Avia après la nouvelle censure - justifiée celle-ci - du Conseil Constitutionnel) puisse être saisi directement et fournir à ce dernier les moyens techniques (qui sont eux aussi bien connus) pour qu’il puisse retrouver et punir s’il le faut les contrevenants. Mais voilà : il faut de l’argent et l’État ne veut pas donner d’argent à la Justice.

    Pourtant crois-moi : si chaque petit troll boutonneux était - pratiquement - certain de devoir payer une amende pénale quand il agresse en ligne telle ou tel, on la verrait moins, la haine en ligne.

    #Avia #censure #internet

  • « Le racisme n’est pas un accident, c’est un écosystème », par Achille Mbembe - QG - Le média libre
    https://qg.media/2020/06/25/le-racisme-nest-pas-un-accident-cest-un-ecosysteme-par-achille-mbembe

    L’autre modalité du sacrifice des vies noires aux États-Unis, notamment au sortir de la période dite Jim Crow, c’est-à-dire de la ségrégation formelle, c’est l’incarcération. Le nombre de personnes noires enfermées, aujourd’hui, dans les lieux de détention aux États-Unis, est largement supérieur à la proportion de la population noire au sein de la population américaine. Cet élément de disproportionnalité, d’excès, de gaspillage programmé des vies relève de ce que j’ai appelé une nécropolitique. Cette logique de la mutilation a toujours régi les rapports entre l’État américain et les personnes marquées comme noires. Et les États-Unis ne seraient pas les États-Unis si tel n’était le cas.

    QG : En quoi est-ce consubstantiel aux États-Unis ?

    La violence faite aux Noirs n’a pas besoin d’être justifiée. Elle est une sorte de violence originaire et immaculée, celle que l’on inflige à ceux et celles qui sont marqués en tant que noirs, c’est-à-dire à ceux-là qui ont été frappés d’ignominie et qui sont supposés porter pour l’éternité les traces de l’avilissement. Donc oui, c’est consubstantiel à la réalité, à la forme, et je dirais même à la substance des États-Unis.

    C’est ce qui fait la différence entre la domination de classe et la domination de race. Le racisé est celui ou celle qui est censée porter en lui ou en elle les stigmates d’un déshonneur originaire. Ce déshonneur natal et l’avilissement qui en découle, on lui fait croire qu’il ne lui sera jamais possible de s’en laver une bonne fois pour toutes. Le traitement qu’il subit est une sorte de rituel qui vise à le lui rappeler constamment, à le replacer dans la structure d’un souvenir appelé à revêtir les marques de la hantise. Cette sorte de souillure supposée indélébile, l’ouvrier n’en fait point l’épreuve. Il peut y échapper, alors qu’au racisé, une telle libération n’est pas permise. Voilà pourquoi la race n’est pas soluble dans la classe.

  • Le dossier s’épaissit (faites de la place dans les prisons, il y a un gros arrivage pour bientôt) : Préconisations de l’OMS de dépistage massif : « Elles ne visaient pas la France mais les nombreux pays qui n’avaient pas accès aux tests », répond Jérôme Salomon. « Nous avons répondu de façon encore plus volontaire à cette demande »
    https://twitter.com/lcp/status/1272922191659704320
    https://video.twimg.com/amplify_video/1272922098013474816/vid/1280x720/MxvqKjpt0NWGeMF8.mp4

  • J’étouffe | Raoul Peck
    https://le1hebdo.fr/journal/jetouffe/301/1/article/j-touffe-3898.html

    Ce matin en me levant, j’étais déjà brisé. Il y a eu tant de matins comme celui-là. Et chacun de ces matins laisse des traces. Des traces qui s’accumulent. Puis, ces cauchemars en sommeil, qui reviennent à chaque déflagration. Ce qui se passe en ce moment aux États-Unis me trouble à la nausée. Ce n’est cependant pas de l’Amérique dont je désire vous parler. Mais de la France. Par quelle extraordinaire magie celle-ci pourrait-elle rester en dehors de ce grand déballage ? Source : Le 1

    • Il faut tout reprendre à la racine. Tout mettre sur la table, pour tout reconstruire. Aucune institution ne doit y échapper. C’est le problème de chaque citoyen, de chaque institution, la presse comprise, de chaque conseil d’administration, de chaque syndicat, de chaque organisation politique, partout il faut ouvrir ce chantier car c’est à vous de résoudre ce problème, pas aux Noirs, ni aux Arabes, ni aux femmes, ni aux homosexuels, ni aux handicapés, ni aux chômeurs. On saura vous rejoindre en temps voulu. Une discussion locale, régionale puis nationale, en totale indépendance du pouvoir. Organiser des états généraux sans avoir à brûler la Bastille ? Un impossible rêve de citoyen ? La République tolérera-t-elle sa remise en question ?

  • Comment la #jeunesse de sa #population peut expliquer le faible nombre de #morts du #Covid-19 en #Afrique
    https://theconversation.com/comment-la-jeunesse-de-sa-population-peut-expliquer-le-faible-nombr

    Conformément à ce qui est observé dans les pays occidentaux, les risques d’hospitalisation et la létalité dus au Covid-19 sont étroitement liés à l’âge au Burkina Faso. Sur 604 cas positifs (dont 50 décès) analysés, 1,8 % avaient moins de 20 ans, et aucun décès n’avait été enregistré au sein de cette population.

    L’essentiel des décès (66 %) a eu lieu chez les personnes âgées de 60 ans et plus. La moyenne d’âge augmente avec la gravité de la maladie. Elle est de 40 ans chez les non-hospitalisés, de 50 ans chez les hospitalisés, et de 64 ans chez les personnes décédées. On note que la moyenne d’âge des personnes décédées est beaucoup plus basse que celle observée ailleurs – 81 ans en Italie et 79 ans en France par exemple. Elle reflète ainsi la structure de la mortalité du pays, qui compte peu de personnes vivant au-delà de 64 ans. Les analyses statistiques préliminaires montrent que l’effet de l’âge sur la létalité du Covid-19 demeure déterminant, après le contrôle par les facteurs de risque connus de la maladie dont le sexe et les maladies cardio-vasculaires y compris l’hypertension, le diabète et les maladies rénales.

  • Meaningful Connectivity — unlocking the full power of internet access - Alliance for Affordable Internet
    https://a4ai.org/meaningful-connectivity

    The meaningful connectivity standard is a tool to raise the bar for internet access and set more ambitious policy goals for digital development.

    1. Regular internet access > We benefit most from the internet when we can use it regularly. As our societies grow more digital and the internet is integrated into our daily lives, connecting occasionally is not enough.

    2. Daily access to the internet is the minimum we need to see real benefits for work, education and communication.

    3. An appropriate device > To experience the full power of the internet, we need the right device for the task at hand. A smartphone gives us the functionality to create and consume content in a way that basic phones don’t — and the portability to use the internet anywhere. Ideally we will have access to a range of device types.

    4. Enough data > While some people have unlimited data packages, others experience severe data scarcity, preventing them from doing certain online tasks or forcing them to wait until they can connect to public Wi-Fi.

    5. An unlimited broadband connection at home, or place of work or study gives us reliable internet access in our daily lives to use the full breadth of the internet’s potential.

    6. A fast connection > Our internet speeds make or break our online experience. We all know the frustration of a buffering movie or an unstable video call. And without fast speeds, services like telehealth are a non-starter.
    A 4G mobile connection is the minimum threshold that can give us the speeds we need for the experience we want.

    #internet #connectivité #fracture_numérique

  • EXPERIMENT 120 – Experimental films playlist for kids : Studio Walter
    https://studiowalter.com/experiment120

    EXPERIMENT 120 is a YouTube playlist proposed by the artist and curator Marie-Pierre Bonniol, presenting 120 years of experimental films for children and young people in 22 films, most of them being very short (between 1 and 4 minutes), and which can be watched from the age of 7. The films can be enjoyed by people of all languages.

    Intended for a primary school and a creative centre for young people in the Berlin district of Neukölln during the schools closure period April 2020, as it can be watched from any home, this playlist explores several researches of the experimental abstract cinema, essentially in animation, whether in the form of arrangements and compositions of forms (René Jodoin), or shorter stories, with a magical treatment, where humour is present (Georges Melies, La Linea). Film, the mythical cinematographic medium, is also present, with experiments carried out by several artists directly on tapes in the 40s, 50s and 60s (Harry Smith, Stan Brakhage).

    est-ce que quelqu’un ici aurait une idée pour aspirer ces vidéos à grande vitesse ?

  • Je ne suis pas fan de Trudeau, mais je remarque qu’après son petit sketch (20 secondes silence) pour (ne pas) dire ce qu’il pense des positions de Trump, il ajoute ceci :
    https://nationalpost.com/news/canada/as-u-s-boils-over-trudeau-says-systemic-racism-in-canada-must-be-addre

    “But it is a time for us as Canadians to recognize that we too have our challenges, that black Canadians and racialized Canadians face discrimination as a lived reality every single day.

    “There is systemic discrimination in Canada, which means our systems treat Canadians of colour, Canadians who are racialized, differently than they do others.”

    En France on en est encore à :
    https://www.liberation.fr/france/2020/05/28/laurent-nunez-le-racisme-n-a-pas-sa-place-dans-la-police_1789710

    Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur défend des forces de sécurité mises en cause pour leur action pendant le confinement et réfute la défiance d’une partie de la jeunesse et des mouvements sociaux.

    • Je ne comprends pas qu’on puisse monopoliser la machine judiciaire pour interdire à une personne d’exprimer son ressenti.

      Quand tu dis « je me sens ceci » ou « je ne me sens pas cela », je ne vois pas comment, cela peut être attaquable, comment quelqu’un d’autre — et à forciori une institution — peut te dire  : « non, tu as tort, tu ne ressens pas ça, tu n’as pas le droit de ressentir ceci, tu dois ressentir cela, ton ressenti offense telles personnes ou valeurs… »

    • @monolecte Alors autant je pense que les personnes racisées ont à la fois raison et le droit de dire qu’elles ont peur, autant le côté « exprimer son ressenti donc pas de poursuites » ne me semble pas totalement défendable.

      Si quelqu’un va à la télévision et déclare : « quand je croise un arabe dans le métro, je me sens menacé/en danger », « si j’apprend qu’un commerçant est juif, j’ai peur de me faire arnaquer », je pense qu’il est légitimement passible de poursuites.

      (Après, deux poids deux mesures tout ça, le type qui a explicitement dit qu’il préférait descendre du bus quand il y a une femme voilée, je ne crois pas qu’un ministre ait annoncé qu’il allait porter plainte.)

    • Il nous faudrait un philosophe, dans le coin.

      Je te suis parfaitement dans ce que tu dis (le mec utilise son ressenti pour exprimer une pensée raciste), mais de la même manière, je me sens menacée quand je croise un chasseur ou un skin. Ou une femme se sent généralement menacée dans l’espace public.

      Oui, je vois qu’il y a la dissymétrie oppresseur/opprimé, mais il y a un loup à attaquer un sentiment.

  • Oeuvrer à l’émergence d’un « autre numérique » est-il une impasse ?
    https://usbeketrica.com/article/oeuvrer-emergence-autre-numerique-est-il-impasse

    Il y a des livres qui vous font profondément réfléchir. C’est certainement le cas des livres les plus critiques à l’encontre des enjeux technologiques – et ils sont nombreux. Les arguments de ceux qui s’opposent à la numérisation sont bien plus pertinents et nécessaires que les arguments de ceux qui vous promettent du bonheur numérique ou qui continuent à soutenir que l’innovation technologique tient du progrès sans observer concrètement ses limites et ses effets délétères.

    Le nouveau livre publié par les éditions La lenteur – Contre l’alternumérisme (La Lenteur, 2020, 128p.), signé de l’étudiante en philosophie Julia Laïnae, membre des Décâblés, et de l’informaticien Nicolas Alep, membre de Technologos -, est assurément un livre qui interroge les arguments de ceux qui espèrent d’un autre numérique dont je suis. En cela, il est assurément nécessaire de nous y confronter.

    Comme le disait récemment Félix Tréguer : cela fait 40 ans qu’on nous propose de miser sur la transparence, l’auditabilité, l’éthique, la réglementation pour protéger nos libertés… sans y parvenir. Ce petit livre interroge les horizons politiques que nous avons à construire en commun. Nous invite à arrêter des machines. Reste à savoir si nous souhaitons toutes les arrêter ? Et si ce n’est pas toutes, lesquelles ? Il interroge nos possibilités d’actions qui effectivement se réduisent à mesure que le numérique innerve la société tout entière. Il nous adresse une question de fond : à défaut de ne pouvoir ou de ne devoir jamais peser sur les choix technologiques, devons-nous nous radicaliser plus avant ? Contre l’alternumérisme est un livre qui nous amène à douter, à interroger le numérique que nous défendons. Ce n’est pas une petite vertu !

    #Culture_numérique #Alternumérisme #Techno_critique

  • Une crise économique violente, structurelle et profonde La crise économique qui s’ouvre après la crise sanitaire a un potentiel dévastateur en frappant notamment les services et en redéfinissant de nouvelles règles de fonctionnement du capitalisme. Le coût social s’annonce très élevé. Romaric Gaudin - 20 mai 2020
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200520/une-crise-economique-violente-structurelle-et-profonde?onglet=full

    La crise économique qui est née du confinement quasi mondial face à la pandémie de Covid-19 est unique à plus d’un titre. C’est une crise issue d’une décision politique (sans que l’on sache, au reste, si l’absence de confinement aurait eu des conséquences moindres), d’une violence inouïe et qui va durablement modifier la structure et le fonctionnement du capitalisme contemporain. Cette mutation aura, comme c’est toujours le cas lorsque le capitalisme « s’adapte », des conséquences sociales et sans doute politiques considérables.

    La première étape tiendra à la violence même de la mutation de la crise sanitaire en crise économique. L’accroissement continu du capital est un phénomène nécessaire de l’économie capitaliste et suppose donc une impossibilité de l’arrêt du cycle de valorisation de la production par l’échange de marchandises. Néanmoins, une suspension est possible. C’est ce que l’on constate, en temps normal, chaque week-end : les usines ferment comme beaucoup de commerces, mais ce qui n’a pas été produit et consommé l’est durant le reste de la semaine. Le processus de production s’en contente habituellement (même si précisément, depuis l’entrée dans l’ère néolibérale, on pousse à ce que cette suspension soit la plus limitée possible).

    Comme le soulignait l’économiste Richard Baldwin début mars, c’est cette logique du « week-end prolongé » qui a présidé aux décisions de confinement et aux politiques économiques de soutien aux revenus pendant ledit confinement. On a pensé que l’on pouvait suspendre l’économie marchande le temps de maîtriser l’épidémie, puis, une fois la situation sanitaire redevenue normale, tout serait rentré dans l’ordre. Les revenus ayant été préservés, les agents consommeraient ce qu’ils n’avaient pu consommer durant le confinement comme on réalise finalement en semaine les achats que l’on ne fait pas le dimanche. Les entreprises verraient donc leurs profits rattraper le retard accumulé et, pour répondre à la demande, investiraient pour gagner en productivité. Le cycle du capital repartirait comme si de rien n’était.

    Cette vision trahit une certaine naïveté. Le temps du confinement est trop long et trop exceptionnel pour être assimilé à un simple week-end. La production est organisée ordinairement pour répondre aux jours fériés et aux fins de semaine. C’est un arrêt qu’elle sait gérer par une répartition sur les jours ouvrés des jours chômés. Ces jours sont prévisibles et réguliers. Mais le confinement est arrivé de façon soudaine, en quelques jours. Il a duré beaucoup plus longtemps. Or plus le temps de l’arrêt du circuit économique est long, plus les conséquences sur la rentabilité sont importantes : il faut honorer factures, loyers et échéances de crédit. Souvent, ces charges fixes ont été suspendues ou payées par l’État (comme les salaires ou les cotisations sociales), mais pas toutes et certaines de ces factures reviendront plus tard amputer les chiffres d’affaires futurs.

    Par ailleurs, le manque à gagner enregistré par le secteur privé pendant le confinement ne pourra pas être intégralement récupéré, car une partie des dépenses n’est pas transférable dans l’avenir. Il n’est pas certain que ceux qui n’ont pu aller au restaurant pendant trois mois s’y rendront suffisamment par la suite pour compenser les pertes de chiffre d’affaires. On verra que, du côté de la demande, la dynamique n’est pas nécessairement à la récupération.

    Enfin, contrairement à la fin d’un week-end, où reprend immédiatement l’activité « normale », le déconfinement est un processus et n’est pas une date. C’est une suite de dates d’ouverture diverses selon les secteurs et les pays (parfois les régions), avec des contraintes nouvelles. Ainsi, en France, une partie du système scolaire n’a pas rouvert, contraignant les employés à rester chez eux. On sait que certains secteurs, comme la restauration ou la culture, sont toujours contraints par des fermetures administratives de locaux. Pour beaucoup, la réorganisation de la production est délicate en l’absence de date de reprise claire.

    Sans compter que l’on peut toujours redouter une nouvelle reprise de l’épidémie, à plus ou moins court terme, avec, désormais, le risque d’un nouveau confinement. Dans ces conditions, toute réorganisation de l’entreprise, qui suppose un surcoût, est soumise au risque d’un nouveau coup d’arrêt. On s’efforcera donc de limiter les dépenses engageantes à plus ou moins long terme, et donc les investissements. Selon une enquête de l’Insee, les chefs d’entreprise prévoyaient un ralentissement de leurs investissements dans tous les secteurs de l’industrie manufacturière avec un pessimisme proche de celui de 2008-2009. Or, c’est précisément par ce canal qu’une crise de l’offre devient une crise de la demande. En consommant moins de biens d’équipement et de services, les entreprises réduisent l’emploi global et donc la demande.

    Mais la crise actuelle est aussi une crise de la demande. Si l’hypothèse du « grand week-end » a échoué, c’est aussi parce que les ménages n’entendent pas dépenser leur épargne forcée, estimée par l’OFCE à 55 milliards d’euros (et par d’autres à plus de 80 milliards d’euros), pour compenser les deux mois de confinement. Certes, une grande partie de leurs revenus a pu, dans certains cas, être assurée par l’action de l’État, mais les ménages, comme les entreprises, sont soumis à une incertitude radicale. Rien ne leur garantit que, s’il y a un nouveau confinement, tout se passera de la même façon. Ceux qui sont au chômage partiel ont souvent perdu des revenus et ont un sentiment légitime d’appauvrissement. Tous voient les entreprises ajuster leurs coûts et les plans sociaux se multiplier. Ils craignent donc pour leur emploi. Tout cela incite à épargner par précaution.

    Rien qu’en mars, les collectes de livret A avaient progressé de 20 milliards d’euros et Bruno Le Maire s’en était ému. Mais la gestion calamiteuse de la crise et la menace persistante de la maladie n’incitent pas à prendre des risques, ni même à vider son épargne en consommations diverses. On comprend cependant l’agacement du ministre de l’économie et des finances : c’est sa stratégie fondée sur l’idée de « repartir comme avant » qui est ici mise en échec. Or, si la demande demeure faible, les entreprises devront ajuster leurs effectifs au niveau de cette demande et donc licencier, ce qui déprimera encore la demande…

    La situation est donc sérieuse. Ces deux mois de mise à l’arrêt de l’économie marchande se sont naturellement mués en crise économique d’ampleur puisque les gouvernements – à commencer par le français – se sont contentés de laisser les mécanismes capitalistes se développer. La crise sanitaire a conduit à une double crise d’offre et de demande, la première se muant rapidement à son tour en crise de demande. C’est une situation qui, par son ampleur, est préoccupante et pourrait bien durer fort longtemps. Car, malgré le rattrapage naturel d’une partie de l’activité après le confinement, l’économie pourrait se retrouver freinée par les impacts des mesures de baisse des effectifs pour restaurer les marges et adapter la production au nouveau niveau de la demande.

    Globalement, le PIB est une bonne mesure pour prendre conscience de l’ampleur de la crise. Dans un entretien accordé à Mediapart l’an passé, Éloi Laurent, qui est un des plus féroces critiques du PIB comme indicateur de bien-être, reconnaît que son invention en 1931 par Simon Kuznets avait pour fonction « de mesurer une crise globale par un indicateur global » et considère le PIB avant tout comme « un indicateur de crise ». Il permet effectivement de prendre conscience de la perte de flux de valeur ajoutée créée par l’économie. Et donc de l’ampleur des ajustements qui seront nécessaires pour le compenser.

    En France, on estime que la compression du PIB français en 2020 va se situer aux alentours de 8-10 %, ce qui constitue un fait presque unique en temps de paix. Certes, la messe n’est pas totalement dite et il faudra observer si les perspectives s’éclaircissent plus rapidement que prévu. Cela dépendra beaucoup de l’évolution de la maladie, mais, pour l’instant, on ne peut espérer d’heureuse surprise. La perte de valeur ajoutée produite va directement influencer son partage futur.

    Le premier problème sera celui de la survie de certaines entreprises. Dans certains secteurs, l’ampleur du choc peut réduire les entreprises à la faillite si la rentabilité ne se redresse pas suffisamment pour faire face aux charges fixes et aux échéances de dettes contractées au cours des années précédant la crise.

    On ne doit pas oublier que la France a été un des pays européens où la dette privée des entreprises a continué à progresser dans les dernières années. Au troisième trimestre 2019, elle atteignait 135 % du PIB contre 119 % en moyenne pour la zone euro. Cette situation fragilise les entreprises lorsque les chiffres d’affaires s’effondrent et que manquent les moyens de rembourser.

    Certes, l’État a proposé des prêts garantis, mais ces derniers n’ont pas été accordés à tout le monde par les banques (puisque ces dernières prenaient une part – minime, entre 10 % et 30 % – des risques). Surtout, ce ne sont que des prêts qu’il faudra rembourser avec des ressources moindres. Le 6 avril, l’assureur-crédit Coface estimait que les faillites pourraient augmenter de 15 % en France en 2020, mais alors, la baisse attendue du PIB n’était que de 1%… Ces faillites devraient évidemment conduire à une forte hausse des licenciements, notamment dans les petites entreprises, les plus fragiles, qui sont aussi les principaux employeurs du pays. Là encore, l’impact sur la demande sera très sensible.

    Mais plus globalement, les entreprises, même celles qui demeurent viables, vont tenter d’influer le plus possible sur le partage de la valeur ajoutée pour réduire le transfert aux salaires, autrement dit pour pouvoir compenser la perte enregistrée par une baisse équivalente du coût du travail. Les entreprises vont en effet chercher à fuir les alternatives à cette option. Pour obtenir des financements, maintenir leurs valorisations boursières et dans le cas des PME, maintenir le niveau de vie de leurs dirigeants, les entreprises vont chercher à réduire le plus possible l’impact sur les profits et sur leur distribution.

    On a vu que les investissements allaient sans doute également se réduire, mais, si cela ne suffit pas, l’objectif des entreprises sera de faire contribuer le plus possible à la baisse de la valeur ajoutée leurs salariés, leurs clients ou les deux. Dans la mesure où la demande sera vraisemblablement réduite durablement, la capacité de jouer sur les prix va être très limitée, sauf peut-être dans quelques secteurs précis. L’ajustement risque donc de porter principalement sur les salariés, soit par des réductions d’effectif, soit par des baisses de salaires horaires. D’où les demandes des milieux patronaux ces derniers jours de revenir sur les 35 heures, de réduire les congés payés et d’assouplir le droit du travail.

    Une crise structurelle d’une portée considérable

    La réponse des autorités semble devoir être de type néokeynésien. D’une part, les États vont relancer l’activité par des investissements directs et le soutien déjà présent au crédit, dans l’espoir de relever le niveau de la demande et donc de maintenir une partie de l’emploi. Mais cette relance se fera au prix de « réformes structurelles » qui viseront à désarmer fondamentalement le monde du travail et à réduire sa capacité de jouer sur le partage de la plus-value. C’est le sens de l’initiative franco-allemande annoncée lundi 18 mai où l’on a annoncé 500 milliards d’euros de relance budgétaire mis à la disposition d’États s’engageant dans des « réformes ». L’idée est simple : l’État aide les entreprises à trouver des débouchés en créant de l’activité tandis qu’il soutient « l’adaptabilité » des travailleurs par les réformes. Dans les deux cas, l’objectif est bien de sauvegarder les marges et puisque c’est là l’objectif, le monde du travail va devoir assumer la précarité et la faiblesse des salaires pendant le temps de la transition, au moins.

    Seulement voilà, la crise actuelle pourrait bien être plus coriace que prévu. Elle est plus violente que celle de 2008 et, à la différence de cette dernière, l’économie chinoise qui avait supporté l’essentiel de la reprise par des plans de relance très agressifs et écologiquement désastreux (passant par des surproductions de ciment ou d’acier, par exemple) ne semble plus en mesure de jouer ce même rôle. La financiarisation continue par ailleurs à réduire l’impact des politiques sur l’économie réelle en captant une grande partie des bénéfices issus de cette dernière.

    Mais surtout, la crise actuelle risque d’induire une transformation beaucoup plus profonde que celle que l’on vient de décrire. En effet, la pandémie va modifier les comportements des consommateurs et des producteurs durablement. Cela sera d’autant plus vrai que la menace sanitaire persistera. Or, elle va persister, directement, tant qu’un vaccin n’aura pas été trouvé – et cela peut durer longtemps, le terme de deux ans souvent évoqué est indicatif et nullement certain – mais aussi indirectement. Car désormais, la question sanitaire va être au cœur des préoccupations de chacun. Les entreprises vont devoir modifier leurs comportements pour s’adapter à ce risque et rassurer les populations. Car le Covid-19 ne sera pas la dernière maladie infectieuse. Et à chaque nouveau risque, le spectre de cette pandémie risque de réapparaître, provoquant des comportements de protection.

    Le changement pourrait donc bien être durable. Et cela va tout changer, notamment dans le secteur des services qui, depuis les années 1970, est devenu le principal moteur des économies avancées. L’économiste Alexandre Delaigue parle ainsi d’un « choc négatif de productivité » de grande ampleur sur l’ensemble de l’économie. Il va falloir en effet produire dans de nouvelles conditions, en assurant durablement la sécurité sanitaire. Cela signifiera nécessairement disposer de moins de personnes par unité de production et de coûts nouveaux pour les entreprises comme les masques, le gel hydroalcoolique ou les aménagements de locaux. L’industrie sera mise à contribution, mais c’est surtout dans les services que l’affaire sera délicate.

    Chacun aura pu en faire l’expérience en ces premiers jours de déconfinement : avoir accès à des services aussi simples qu’entrer dans un magasin devient une opération complexe. Le nombre de clients est limité, des queues se forment, il existe parfois des conditions d’accès (ports du masque, par exemple) et les employés disponibles sont moins nombreux pour réduire les contacts. Tout cela réduit à la fois la capacité de chiffre d’affaires par client, mais peut aussi décourager certains chalands. Dans le commerce de détail, l’heure n’est clairement plus aux achats surprises dans le cadre d’une flânerie. Il vaut mieux savoir ce que l’on veut, ce qui, là aussi, risque de réduire le volume des ventes. Moins de ventes avec autant, voire davantage de charges fixes : on a là les éléments d’un choc négatif de productivité.

    Au reste, un autre économiste, Olivier Passet, directeur de la recherche chez Xerfi, évoque dans une vidéo récente la remise en cause des modèles d’entreprise sur lesquels se fondait la croissance du secteur des services précédemment. Il évoque une « crise des usages » en soulignant qu’elle remet en cause « l’économie de la haute fréquence, de la rotation accélérée de l’offre, de la massification et de la saturation des espaces ». Pour compenser la difficulté de gagner en productivité dans les services, un système de remplissage maximal et de marketing fondé sur la fréquentation intensive des espaces de vente s’était mis en place. Cet « agglutinement qui sous-tend le modèle de consommation menace des pans entiers de l’économie », souligne Olivier Passet.

    Parmi les secteurs les plus touchés, il cite avec raison le low cost qui en était la version la plus extrême en couplant une massification de la demande avec une réduction des coûts par une réduction des services offerts. L’aérien, le tourisme, le ferroviaire vont être particulièrement concernés. Mais c’est bien l’ensemble des services à la personne qui va être frappé par ce choc de productivité.

    Et ce choc ne sera pas isolé. Il aura des répercussions sur l’ensemble de l’économie. On le voit déjà. La crise du secteur du transport aérien induit celle de l’ensemble de la chaîne de production et, donc, des milliers d’emplois. La crise du tourisme de masse menace les économies locales, du BTP à la restauration. Globalement, pour répondre à ce choc de productivité, les entreprises ne pourront guère faire autrement que de couper dans leurs dépenses courantes de « services aux entreprises », un secteur très pourvoyeur d’emplois. Certaines s’organiseront en télétravail, mais le rêve d’une productivité accrue par le numérique reste assez peu crédible pour le moment. L’enjeu, partout, sera de faire des économies et ces économies ne pourront se faire que sur le facteur travail.

    En cela, on se retrouve bien dans une crise structurelle des services qui est proche de ce que l’industrie des pays occidentaux a connu dans les années 1970. Des pans entiers de l’activité pourraient alors disparaître purement et simplement, comme les charbonnages ou la sidérurgie ont disparu alors, entraînant une reconfiguration complète de l’économie.

    Mais la transformation sera néanmoins beaucoup plus délicate, cette fois. En effet, après les années 1970, on a compensé les emplois perdus dans l’industrie par des emplois dans les services, souvent précarisés et moins bien rémunérés. Ce transfert s’est appuyé précisément sur les modèles d’entreprise décrits précédemment par Olivier Passet et les réformes structurelles, notamment du marché du travail, avaient pour fonction de faciliter cette mutation de l’emploi. Cette transformation a pris les contours idéologiques chatoyants de la « destruction créatrice » schumpeterienne, mais elle ne fut qu’une fuite en avant venue précisément se fracasser sur le Covid-19.

    Car cette fois, on serait bien en peine de trouver des creusets d’emplois pour compenser les pertes à venir, surtout que, comme on l’a vu, la crise liée directement au Covid-19 sera déjà violente. La situation est préoccupante : le secteur des services est naturellement moins productif que l’industrie. On a vu à quel prix il a pu continuer à gagner quelques points de productivité. Mais avant la crise, le capitalisme souffrait déjà de cette crise structurelle avec le ralentissement de cette productivité qui est son moteur naturel. Mais voici à présent que l’ensemble des secteurs des services est frappé par une crise de productivité. Dès lors, la porte de sortie de la crise semble extrêmement complexe.

    Et c’est bien ici où un simple plan de relance trouve ses limites. La tentative pour sauver l’existant risque d’être vouée à des échecs cuisants. À quoi bon injecter des milliards d’euros pour construire de nouveaux hôtels ou de nouveaux parcs d’attractions qui ne seront pas ou peu rentables ? À quoi bon sauver Air France et Airbus tels quels si leurs marchés se réduisent inexorablement ? On peut certes gagner du temps, ce qui, d’un point de vue social n’est pas négligeable, mais, fondamentalement, on ne changera rien à coups de milliards pour sauver une offre dépassée.

    Il est vrai que la France est ici en première ligne. Le modèle économique que le pays s’est forgé après la crise des années 1970 semble devoir s’effondrer. Les dirigeants économiques et politiques ont misé sur tous les mauvais chevaux : le tourisme de masse avec les parcs géants, les services aux entreprises avec la sous-traitance, la réduction de l’industrie aux transports, notamment à l’aérien et aux bateaux de croisière. La note à payer pour ces mauvais choix sera sévère.

    Si, de surcroît, on accompagne cette situation d’une politique de réformes structurelles destinées à réduire les transferts sociaux pour baisser l’imposition des entreprises et favoriser « l’innovation », alors, on détruira le seul pan solide de notre économie : l’État social. Ce sera alors une politique proche de ce qui s’est produit au début des années 1930 où l’on jette de l’huile sur le feu en espérant qu’il se calme.

    Certes, l’espoir désormais tient à deux mouvements : les relocalisations et les politiques environnementales. Les premières pourraient bien demeurer au rayon des bonnes intentions. Dans un contexte de choc général négatif de productivité, on voit mal les entreprises accepter d’augmenter leurs coûts pour cause de « patriotisme économique ». Si elles le font, ce ne sera qu’à des conditions élevées de réduction des coûts salariaux et des impôts. L’effet sera donc modéré.

    Quant à la « croissance verte », elle a certainement du potentiel à court terme, mais il n’est pas certain qu’elle soit capable de compenser un tel choc, tant en termes d’emplois que de profits, surtout qu’elle sous-entend in fine une plus grande sobriété générale. Par ailleurs, dans le contexte qu’on vient de décrire, il faudra sans doute davantage que des « partenariats publics-privés » pour financer une vraie transition.

    En réalité, cette crise structurelle des services place la question d’un changement global de logique au centre de la réflexion. Si la course infinie au profit par l’augmentation de la productivité se poursuit, alors, inévitablement, le coût social et politique sera extrêmement élevé. Ceux qui, doctement, affirment que le capitalisme dispose d’une capacité infinie d’adaptation et que, partant, il faut le laisser agir oublient souvent de dire que les changements de régime dans le capitalisme se font à des coûts très élevés. Le choc du Covid-19 sur une économie mondiale qui ne s’était pas réellement remise de la crise de 2008 dispose donc d’une force de destruction considérable dans la mesure où les « capacités d’adaptation » ne pourront se faire qu’au prix d’une réduction des emplois et des niveaux de vie. 

    Il semble donc temps de réfléchir à une autre logique où les priorités seraient différentes : ne plus dépendre du consumérisme et du productivisme, défendre les communs, protéger les plus fragiles, planifier la satisfaction des besoins et assurer une réelle transition écologique. Le moment est peut-être venu d’utiliser le développement des forces productives autrement qu’au travers de la logique de la croissance, afin de replacer l’homme et la nature au centre. Tout cela ne pourra se construire qu’en défense des intérêts du travail qui vont être rudement mis à l’épreuve. Le prix à payer pour vouloir sauver le système actuel sera, sinon, considérable.

    #monde_d'apres #crise_du_capitalisme

  • Tiken Jah Fakoly chante « Corona » pour barrer la route au virus
    https://pan-african-music.com/tiken-jah-fakoly-corona

    Dans le clip, on voit le reggaeman sortir avec son masque vert-jaune-rouge « made in Africa », saluer sans serrer la main, distribuer des masques en expliquant leur usage, et s’accroupir pour causer avec des vieux, eux aussi masqués, manière de dire que les doyens méritent toute notre attention, et qu’on peut continuer à avoir une vie sociale même avec davantage de distance physique. Interrogé sur RFI, Tiken Jah expliquait récemment « je constate qu’ici à Bamako il y a beaucoup de personnes qui ne croient toujours pas à l’existence du Corona, et qui pensent encore que le corona c’est pas pour les Africains, que c’est Dieu protège l’Afrique… et donc il faut que l’on continue de sensibiliser ». Avec un peu plus de 800 cas recensés et une cinquantaine de décès, le Mali n’est certes pas aujourd’hui le plus touché des pays, mais la progression de l’épidémie s’y poursuit.

    Dans ce pays où, comme dans une grande partie de l’Afrique, la majorité de la population travaille dans le secteur informel et doit sortir chaque jour pour rapporter « le prix du condiment » à la maison, il était bien difficile d’imposer un confinement comparable à celui d’autres pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=j1cLIbDSDeE

    #musique #reggae #Tiken_Jah_Fakoly #coronavirus #Afrique #Mali #gestes_barrières

  • Coronavirus : 90 % des contaminations se produiraient de façon aéroportée dans les lieux clos et mal ventilés
    https://www.caducee.net/actualite-medicale/14932/coronavirus-90-des-contaminations-se-produiraient-de-facon-aeroportee-dans-

    La littérature médico-scientifique présente un ensemble d’indices concordants qui tendent à prouver que les contaminations par le biais d’aérosols sont non seulement plausibles, mais hautement probables dans certains foyers épidémiques. Les situations à risque de contamination sont dans leur grande majorité celles qui associent des lieux clos, mal ventilés, à forte densité humaine avec une durée d’exposition d’au moins plusieurs dizaines de minutes.

    Au vu de ces éléments, le principe de précaution devrait imposer aux autorités sanitaires de recommander le port de masque FFP2 pour tous les travailleurs contraints de travailler dans de telles conditions. À commencer par tous les professionnels de santé, notamment ceux de premiers recours et bien évidemment ceux qui travaillent dans des unités COVID-19.

    Le renouvellement de l’air dans les environnements intérieurs devrait également être une priorité. L’ouverture des fenêtres, l’augmentation des débits d’airs, le fonctionnement en continu des systèmes de ventilation sont autant de mesures relativement faciles à mettre en œuvre et probablement d’une grande efficacité. Quant au recyclage de l’air par des systèmes de ventilation qui fonctionnent en circuit fermé, ces procédés devraient être autant que possible limités voire stoppés dans l’attente de preuves irréfutables.

    Au contraire dans les milieux extérieurs, les risques sont d’autant plus faibles que la dilution dans l’air des aérosols y est importante et qu’il n’y a pas d’attroupement de longue durée. Ce qui plaide en faveur d’une levée ou d’un allègement des restrictions concernant la fréquentation des parcs, jardins et sites naturels, mais aussi des restaurants ou des bars qui peuvent proposer des repas ou des boissons sur des terrasses extérieures.

    #COVID-19 #coronavirus #infection #transmission #contamination
    #Ouvrez_les_parcs