GillesM

Eurafricain, acteur modeste du renforcement des organisations de la société civile en Afrique de l’Ouest

  • Mort de Thomas Sankara : la France transmet un premier lot d’archives au Burkina
    RFI - Par RFI Publié le 11-12-2018
    http://www.rfi.fr/afrique/20181211-burkina-faso-archive-mort-thomas-sankara-france-justice

    Le président français Emmanuel Macron avait promis de mettre à la disposition du Burkina Faso les documents d’archives dans le cadre de l’enquête sur la mort du président Thomas Sankara en 1987. Environ un an après la promesse du président français, la justice burkinabè vient de recevoir un premier lot de documents d’archives, comprenant les dossiers des ministères français concernés, notamment de l’Europe et des Affaires étrangères, et qui a été transmis au juge burkinabè en charge du dossier.


  • Centrafrique : Des gilets jaunes réclame la fin du Franc CFA et du système néocolonial de la France
    http://www.24jours.com/des-gilets-jaunes-reclame-la-fin-du-franc-cfa

    À Bangui, capitale de la République centrafricaine, un groupe de plus de 300 hommes vêtus d’un gilet jaune sur des motos sont allé dans la rue en criant pour la fin de la FCFA et du système néocolonial de la France. Cela vient après que le mouvement des gilet jaune en france ont revendiquent dans leur charte la fin du pillage de l’Afrique par la France

    #francafrique #giletsjaune #vive_internet


  • allo @Place_Beauvau - c’est pour un signalement


    https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=allo+%40Place_Beauvau+-+c%27est+pour+un+

    –-> #David_Dufresne @davduf a décidé d’alerter le #Ministre_de_l'Intérieur chaque fois qu’une vidéo montre des pratiques policières qui ne sont pas conformes à la Loi et aux réglements du maintien de l’ordre. https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=allo+%40Place_Beauvau+-+c%27est+pour+un+ … Il demande aux vidéastes et aux autres de l’aider.

    #twitter #réseaux_sociaux #dénonciation #résistance #violences_policières #police #signalement #gilets_jaunes

    ping @isskein


  • Syndicat France Police – Policiers en colère |
    https://france-police.org

    France Police – Policiers en colère recense près de 1300 points de blocage regroupant en moyenne 200 gilets jaunes.
    Pour couvrir l’intégralité de la page horaire, les effectifs « gilets jaunes » sont généralement doublés, soit 400 manifestants en moyenne par point.
    1300 points x 400 gilets jaunes = 520.000 manifestants et non 31.000 comme l’affirme l’exécutif, ce qui ne correspond même pas au nombre de spectateurs à une rencontre sportive à domicile du PSG ou de l’OM..
    La manip’ est tellement grossière que ces chiffres n’ont sans doute plus aucune crédibilité auprès de l’opinion publique..

    #Comptons_Nous #Enfumage

    • C’est vrai que les GJ sont difficiles à compter, et que le modèle classique du comptage des manifestants est difficile à mettre en oeuvre (Préfecture + organisateurs + « comptage indépendant »). Mais dans les médias, seuls les statistiques des préfectures est pris en compte. En cherchant d’autres sources, j’ai (n’ai) trouvé (que) celle là. Si vous en avez d’autres je suis preneur.



  • #Sénégal : inauguration du #musée des Civilisations noires à Dakar | Africanews
    http://fr.africanews.com/2018/12/07/senegal-inauguration-du-musee-des-civilisations-noires-a-dakar

    Le président sénégalais Macky Sall a inauguré jeudi à Dakar le Musée des Civilisations noires. Un évènement qui intervient au moment s’anime le débat sur la restitution des biens culturels africains pillés par la France pendant la #colonisation.

    #culture /#appropriation



  • Murray Bookchin : Et si le municipalisme libertaire était la solution ?
    https://lemediapresse.fr/idees/murray-bookchin-et-si-le-municipalisme-libertaire-etait-la-solution

    <b>La gestion démocratique de la ville pourrait-elle être une solution à la crise écologique, au capitalisme, mais aussi au sexisme et au racisme ?</b> …


  • #depecage #en_regle #hydroelectrique : #Privatisation des #barrages français : un acte de #haute_trahison | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/160618/privatisation-des-barrages-francais-un-acte-de-haute-trahison

    « les barrages français, avec leur excédent brut de 2,5 milliards d’euros par an, dont la moitié revient aux #collectivités_locales, leur masse salariale faible (21 000 salariés) et leurs installations amorties depuis des lustres, sont une proie de choix. La bête, de surcroît, a été techniquement #affaiblie dès avant que la Commission ne revînt à la charge, par un certain… Emmanuel Macron : une de ses premières grandes décisions comme ministre de l’économie aura été d’autoriser l’investissement de l’Américain General Electric dans #Alstom. »


  • Gilets jaunes : poursuites judiciaires illégales | par Me Jérémy AFANE-JACQUART
    https://consultation.avocat.fr/blog/jeremy-afane-jacquart/article-26160-gilets-jaunes--poursuites-judiciaires-illegales.ht

    À l’issue des manifestations du 1er décembre à Paris de gilets jaunes, la police ratissa avec une ampleur inhabituelle : 412 gardés à vue. Mais c’est la venue du lendemain au tribunal de Paris de Nicole Belloubet en personne qui doit inquiéter : on ne se rappelle pas avoir déjà vu ministre de la justice investir les locaux d’un tribunal pour réclamer fermeté aux juges – du parquet et du siège confondus – à l’instar d’un roi d’Ancien régime tenant lit-de-justice pour imposer ses décisions.

    À cette occasion, on vit le procureur de la République se tenir au garde-à-vous derrière la ministre, hochant à la déclaration de cette dernière : « Dans la ligne de ce qu’a déjà affirmé le Premier ministre, (…) nous nous devons d’apporter une réponse pénale extrêmement ferme… ». Cette intervention viole la séparation des pouvoirs.

    #indépendance #justice


  • La vérité sur les casseurs
    https://la-bas.org/5355

    Entre 10 heures du matin et 21 heures, 10 000 grenades ont été tirées dans Paris ce samedi 1er décembre. 900 à l’heure, 15 à la minute, une grenade toutes les 4 secondes contre les mauvais Gilets jaunes. Les Gilets jaunes, il y a les bons et il y a les mauvais. Les mauvais, on les appelle des casseurs. Mais qui sont ces casseurs ? Nous en connaissons un.Continuer la lecture…

    #Articles #Luttes


  • Paris, hier.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/011218/les-gilets-jaunes-debordent-dans-les-rues-de-paris

    « La mobilisation parisienne a tourné en manifestation sauvage, se mêlant parfois au défilé syndical de la CGT, mais elle fut surtout rejointe par des militants de tous horizons, pour finir dans un nuage de lacrymogènes au centre de la capitale.

    Cette fois, c’était promis, les choses se passeraient dans le calme. Ce samedi 1er décembre à Paris, le dispositif policier serait à la hauteur, et la capitale ne connaîtrait pas les scènes d’émeutes qui ont marqué les Champs-Élysées samedi 24 novembre. Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait évoqué des points d’entrée rigoureusement contrôlés par les policiers, qui devaient fouiller les sacs et ne laisser passer que des manifestants pacifiques, pour garantir sérénité et sécurité aux « gilets jaunes », appelés à manifester sur les Champs-Élysées pour le troisième samedi consécutif, à 14 heures.

    Rien de tout cela ne s’est produit. La situation a dégénéré dès 10 h 30, quand les forces de l’ordre utilisaient déjà à plein gaz lacrymogènes et canons à eau, dans des situations guère éloignées de la guérilla urbaines (lire notre reportage près de la place de l’Étoile). Vers 11 heures du matin, Christophe Castaner en était déjà réduit à donner le chiffre ubuesque de « 200 manifestants pacifiques et 1 500 perturbateurs », alors que les personnes qui s’en prenaient au même instant aux forces de l’ordre ne pouvaient pas, loin de là, êtres rangées dans la classique catégorie des casseurs, qu’ils soient issus des Blacks blocs ou de l’extrême droite (même si certaines de ses figures étaient présentes).

    À 18 heures, le gouvernement annonçait 75 000 manifestants dans toute la France, mais aucun dispositif cohérent n’aura été en mesure de compter le nombre de « gilets jaunes » ou de syndicalistes parcourant Paris. Au fil des heures, des milliers de manifestants se sont retrouvés en de nombreux points de la capitale, un peu partout dans une bonne moitié de la rive droite. La préfecture de police de Paris dénombrait en fin de journée une centaine de blessés, dont 14 parmi les forces de l’ordre, un fusil d’assaut volé dans une voiture de police et 263 interpellations.

    En conséquence des sérieux affrontements qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre du début de la matinée à la fin de l’après-midi sur les Champs-Élysées, des centaines et des centaines de « gilets jaunes » ont été refoulés lorsqu’ils ont voulu rejoindre le point de rendez-vous prévu. L’après-midi qui a suivi a donné lieu à de très inhabituelles séances de déambulations collectives dans les rues de Paris, traversées de brusques accès de tension, de scènes de panique, de débordements divers, mais aussi de quelques rencontres improvisées avec les manifestants plus aguerris qui avaient prévu de mener leurs cortèges dans l’après-midi, soit avec, soit à côté des « gilets jaunes ».

    À 13 heures, devant le parvis de la gare Saint-Lazare, un soutien est déjà en train de taguer « Justice pour Adama » sur des bâches de plastique jaunes. Autour de lui, des membres du désormais célèbre collectif contre les violences policières, des syndicalistes, des « gilets jaunes » de la région parisienne ou des militants de la première heure du mouvement social, qui se sont donné rendez-vous là en début de semaine, mais sont déjà un peu perdus.

    « Les “Nuit debout”, ils sont où ? interroge une vieille dame. C’était dur de choisir où aller ce matin… » « De toute façon, c’est le bordel partout, lui répond son compagnon. Sur les Champs-Élysées, ils sont au régime “canons à eaux” depuis trois heures… » Janos, un Franco-Hongrois, peste contre la scission du mouvement anti-raciste entre Nation (où défile le mouvement Rosa Parks) et Saint-Lazare. Julien peste lui contre la scission du mouvement social entre la CGT à Bastille et les « gilets jaunes » partout ailleurs. « Il y a une fenêtre qui s’ouvre là, faut y aller ! »

    Comme cela a été régulièrement constaté ces trois semaines dans cette mobilisation, des primo-manifestantes sont également présentes, hôtesses d’accueil, aides-soignantes, profs… « Je peux pas faire grève. J’élève seule mes trois enfants. Mon travail, c’est tout ce qu’il me reste, explique Rahma. Venir le samedi, c’est la seule manière pour moi de montrer ma colère. » Les banderoles des unes et des autres se déploient, celles des étudiants de Tolbiac, celle rose potache du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer) et bien sûr celle du comité Adama. Le plan jusque-là est toujours de se diriger le plus possible vers les Champs-Élysées, pour rejoindre le gros des « gilets jaunes ».

    De fait, rien ne se passera comme prévu. Car ce sont les « gilets jaunes » qui viennent chercher Saint-Lazare. Des centaines d’entre eux déboulent du boulevard Haussman au son de « Macron démission ». L’objectif, saisi à la volée, semble être le Louvre, mais le cortège se forme et se reforme, au fil des rues commerçantes du centre de Paris. « On va se faire un petit “Black Friday” » lance en criant un participant, pour rire, en passant tout près des grands magasins tout illuminés.

    « On s’est fait gazer ce matin, et depuis, on suit le mouvement, expliquent des amis « gilets jaunes » venus de Dordogne. Aucun ne connaît Paris et ils marchent presque en touristes. « Il paraît même qu’on peut visiter », dit l’un d’entre eux, en arrivant devant l’Opéra. L’avenue est noire de monde jusqu’au Louvre. Il est 14 heures et la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris s’est déjà transformée en une grande manifestation sauvage dans les rues de la capitale. « Les flics doivent être débordés, on en voit pas un seul… Personne ne nous arrête ! » s’étonne un cheminot de la CGT. Les clients du très chic Café de la paix sont sidérés, alors que les voitures s’arrêtent, pour laisser passer la foule.

    Des rues s’échappent des « grève générale ! », des « anti, anti-capitalistes ! » et autres « tous ensemble ! », slogans connus des cortèges de tête syndicaux de ces dernières années. Sauf que les « gilets jaunes » sont partout et font la masse. Comme cet ingénieur automobile, « très, très en colère », de la région parisienne, qui défile seul, ayant perdu ses compagnons en route. « Le diesel, ça fait 20 ans que l’on sait que c’est dangereux. Qui nous a poussés à en bouffer à toutes les sauces ? On crache du CO2, mais on coupe les arbres à tour de bras, de qui se moque-t-on ? Moi je veux aller à l’Élysée, pour lui dire, droit dans les yeux, à Macron, que ce n’est plus possible de continuer comme ça. »

    Sauf que la déambulation dans les rues de Paris se complique, une partie des forces de l’ordre désertant manifestement les Champs-Élysées pour tenter de remettre de l’ordre dans le centre de Paris. Car les manifestants marchent au milieu des cars de touristes, des passants des paquets plein les mains, des familles, qui regardent (et filment) le cortège, certains derrière les grilles du marché de Noël, installé dans le jardin des Tuileries.

    Les « gilets jaunes », souvent non familiers de la capitale, virent des bords, ne sachant guère ou aller, et la plupart des accès pour sortir du quartier sont désormais bloqués par les gendarmes mobiles. « Faut pas partir à Bastille, il n’y a personne là-bas ! » crie un jeune homme, très équipé, avec masque à gaz, sweat-shirt noir et gilet jaune. Il essaie de dévier le flux vers la cour du Louvre, sans grand succès. Une partie des manifestants décide néanmoins de tenter de rejoindre l’autre mouvement du jour, le défilé CGT.

    Le syndicat avait en effet annoncé sa traditionnelle manifestation des précaires et des privés d’emploi depuis des semaines, entre la place de la République et celle de la Bastille, et a finalement attiré bien au-delà des militants qui participent classiquement à ce défilé. Dans le métro arrivant place de la République, des dizaines de « gilets jaunes » peuplent les rames qui arrivent régulièrement. Certains sortent à l’air libre, vers un espace libéré des gaz lacrymos, d’autres repartent, direction les Champs-Élysées, tous chantent « Macron, démission ! » Au départ du cortège, on trouve aux côtés des gilets rouges syndicalistes, de très nombreux gilets jaunes, pas seulement frappés du logo CGT.

    « Ici, c’est les pas-contents organisés, on se fera moins casser la gueule ! » rigole Franck, qui a entamé la conversation avec Marité, René et Magali, qui ne se connaissaient pas dix minutes plus tôt, mais qui ont vécu la même séquence d’événements et font les mêmes récits que leurs homologues ayant fui vers les grands boulevards.

    « On est venus ce matin aux Champs-Élysées et, lorsqu’on a voulu approcher des points d’entrée, on a immédiatement été inondés de lacrymogènes, déjà 300 mètres avant les checkpoints », raconte Franck, venu de Seine-et-Marne. La colère à peine contenue, il lâche que « Macron, il laisse gazer son peuple, comme Bachar el-Assad ! »

    Marité, retraitée venue de Rosny-sous-Bois, répète encore et encore : « Je demande pardon d’avoir voté Macron, je me dénonce devant la CGT ! » Elle a travaillé 42 ans, son mari 44, ils touchent à deux 2 900 euros de retraite et ne décolèrent pas. Elle détaille la pancarte qu’elle porte sur le dos : « En 2018, la hausse de la CSG nous a fait perdre 460 euros, et l’abattement de 30 % de la taxe d’habitation nous a rapporté 410 euros, c’est une perte nette de 50 euros ! »

    Longtemps après que les manifestants de la CGT, accompagnés de cortèges de Sud et de la FSU, ont quitté la place, des « gilets jaunes » arrivent à République, y restent quelque temps, puis repartent. Stéphane, Morgane et Marion viennent eux aussi de Seine-et-Marne. « On est venus, mais on ne savait pas où se poser. Aujourd’hui, c’est un peu partout dans Paris », glisse Stéphane. « On voulait être présents, mais sans être assimilés aux casseurs des Champs-Élysées », indique Morgane.

    En quelques minutes de conversation, les trois amis dénoncent les travaux pour la piscine au fort de Brégançon, la rénovation de la salle des fêtes de l’Élysée, la taxe carbone, « qui ne sert presque pas à la transition écologique », « les efforts qu’on demande toujours aux mêmes, aux petits », et dénoncent même les allocations obsèques offertes aux députés, « alors que toi, tu dois prendre un crédit pour payer le cercueil de ta grand-mère ». Les dents serrées, Morgane lance une phrase dont on entend des déclinaisons depuis le début du mouvement, un peu partout en France : « Marie-Antoinette s’est gavée elle aussi juste avant la Révolution. Et on lui a coupé la tête. »

    Dans le cortège de la manifestation CGT, on retrouve les marqueurs habituels de ce type de défilé. La sono envoie du Bernard Lavilliers, les slogans dénoncent la réforme de l’ISF et appellent à « éradiquer la pauvreté, [car] il n’y a pas de fatalité ! » Mais le speaker au micro du petit carré de la CGT Seine-et Marne répète aussi, dans un français fautif mais terriblement explicite, « Convergeons la colère ! »

    Pour converger, au milieu des militants syndicaux, Laurent, salarié d’Air France, a décidé de poser un jour de grève. « Je suis pour que les luttes se mettent ensemble et pour une fois, on voit que pas mal de gens, de colères, s’agrègent, s’enthousiasme-t-il. Alors, je me suis dit que suivre la CGT était pas mal, elle qui connaît bien la lutte sociale. »

    À ses côtés, une jeune femme décidée et tout de noir vêtu ne veut pas donner son prénom mais se revendique « anonyme parmi les anonymes » : « Je suis salariée d’un grand groupe français, je rejoins le mouvement de ceux qui en ont marre de tout, je veux qu’on me respecte, qu’on m’écoute. Avec le même salaire, il y a dix ans, je vivais beaucoup mieux, aujourd’hui, je m’en sors tout juste. »

    Au hasard des rues, entre République et Nation, des « gilets jaunes » auront aussi pu croiser le cortège du collectif Rosa Parks, qui avait choisi de longue date ce samedi pour manifester contre « le racisme et le néolibéralisme ». Fort de seulement quelques dizaines de personnes à Nation à 14 heures, le défilé a atteint un millier de participants une heure plus tard en arrivant place Léon Blum, devant la mairie du XXIe arrondissement. On y trouve quelques figures connues, l’organisateur Omar Slaouti, la militante antiraciste Sihame Assbague, la figure des Indigènes de la République Houria Bouteldja, l’historienne Ludivine Bantigny.

    Les slogans, explicites, dessinent les combats de ces hérauts de l’antiracisme opposés à « l’universalisme » défendu par de nombreux intellectuels français : « La loi contre le voile, contre la burqa, on n’en veut pas ! Les “Je suis Charlie”, on n’en veut pas ! Les Badinter, les Fourest, les Finkielkraut, on n’en veut pas ! L’islamophobie, ça suffit ! »

    Une belle place est faite à l’association Droit au logement, aux adversaires de la Françafrique, à la coordination des sans-papiers, dont les slogans sont acclamés. Éric Beynel, le co-porte parole du syndicat Solidaires, est dans les rangs pour démarrer son après-midi, avant de se rendre ailleurs dans les rues de Paris. « On sent une vraie révolte, constate-t-il. Et l’absence de réponses concrètes du gouvernement et du président ne peut qu’entretenir cette révolte. »

    Retour vers Concorde, où des médias télé se font huer. « Usurpateurs », crient les manifestants, furieux d’être assimilés, selon eux, à des casseurs, alors que les premiers chiffres circulent sur la mobilisation du jour à Paris. « On voulait aller calmement manifester. Je suis venu en train, j’avais ma carte d’identité dans la poche. On s’est pris tellement de lacrymos qu’on a détalé comme des lapins », raconte un « gilet jaune » d’une cinquantaine d’années. Il sort une cartouche en caoutchouc de sa poche : « Voilà ce qu’on s’est pris, des tirs de Flash-Ball ! C’est qui les casseurs ? » Deux femmes, qui cherchent encore dans quel sens aller, opinent du chef.

    Et alors que le ciel au-dessus de la grande roue se noircit de la fumée des voitures incendiées, au point de friction entre les plus remontés et les forces de l’ordre, et que l’air sature à force de gaz lacrymogènes, certains poursuivent leurs discussions, imperturbables : « Si on lance un processus de destitution, ça peut faire avoir un effet », assure l’un, quand une autre se lamente : « Notre problème, c’est que nous ne sommes manifestement pas d’accord sur tout. Je ne vous connais pas mais j’imagine qu’on n’a pas voté pareil… Mais ce qui nous rassemble, c’est quand même que tous ici on trouve anormal de ne pas pouvoir vivre correctement avec un Smic, non ? » Un homme et sa belle-sœur, venus de l’Oise par le train de l’après-midi, laissent filtrer leur amertume et leurs idées politiques : « Il n’y a pas beaucoup de migrants avec nous ici, pourtant, avec tout l’argent qu’ils touchent ! »

    La réponse des forces de l’ordre finit par porter ses fruits et les « gilets jaunes » côté Concorde se dispersent à nouveau dans les rues adjacentes, vers 17 heures. Les gens courent dans tous les sens. Une passante demande, innocemment, rue Caumartin, qu’on lui indique où se trouve l’hôtel du Ritz, des paquets dans les mains. « Alors là, madame, pour le Ritz, ça va être compliqué… », répond le seul non-« gilet jaune » du trottoir. Sur Haussmann, que l’on avait quitté deux heures plus tôt, la situation s’est considérablement tendue. Des camions de CRS barrent le boulevard et les consignes sont donnés par mégaphone : « Dispersez-vous. Les personnes repérées en train de jeter des projectiles s’exposent à des tirs de gaz lacrymogènes. »

    Vers 16 h 30, alors que le crépuscule arrive déjà, l’ambiance devient à contrario étrangement calme place de la Bastille. Les bataillons syndicaux du cortège CGT ont disparu depuis une bonne heure. Mais des grappes de « gilets jaunes », une petite centaine peut-être, sont répartis sur toute la place, avec un attroupement prononcé au milieu du rond-point, sous la colonne de Juillet. Pas un policier en vue pendant de longues minutes, alors qu’au croisement avec le boulevard Henri IV, certains manifestants ont profité d’une rue en travaux pour monter une barricade très étendue.

    Soudainement, plusieurs cars de police arrivent et la tension monte d’un cran. À peine débarqués et sans ménagement, les policiers chassent les « gilets jaunes » de leur position sous la colonne, dans un grand nuage de lacrymos. Ils se tournent ensuite vers ceux qui tiennent la barricade. L’incompréhension est totale de la part des manifestants qui observent la scène : « Nous, on est pacifiques, et ils viennent pour nous dégager… Comme ça, ça fait des images pour BFM, voilà », glisse l’un d’eux, avant de tourner les talons, à la recherche d’un autre lieu de rassemblement.

    Et la journée n’est pas finie : plusieurs magasins, dont les Galeries Lafayette et le Printemps, ont été évacués en fin d’après-midi. Selon Le Monde, des personnes s’en sont pris en début de soirée au palais Brongniart, qui accueillait autrefois la Bourse de Paris, dans le IIe arrondissement parisien. Selon les constatations de journalistes sur place, des vitrines sont brisées et des boutiques pillées rue de Rivoli. En début de soirée, les policiers semblaient reprendre le contrôle de la place de l’Étoile, où des centaines de manifestants étaient encore présents. Les barricades montées au nord de la place de la Concorde étaient en cours de démontage. La maire de Paris a fait part de sa « profonde indignation » face aux violences dans la capitale.

    Repoussée et bloquée sur toutes les avenues menant à l’Étoile, la foule des manifestants est redescendue vers Saint-Lazare par le boulevard Haussman, où les barricades ont été nombreuses. Aux abords de la gare, les forces de l’ordre ont chargé à cheval. « Ce sont des chevaux qui n’ont peur de rien, ils sont éduqués pour », témoigne une « gilet jaune » venue avec sa fille d’une vingtaine d’années. « Les femmes descendent dans la rue, et même toutes seules, ça devrait interpeller les gens non ? Un peuple heureux ne se soulève pas. » Vers 18 h 30, des groupes de deux à trois cents personnes continuaient de renverser des voitures et d’ériger des barricades à proximité des Champs-Élysées, poursuivis par la police.

    Sous terre, c’est à peine mieux. Les agents de la RATP égrènent la longue liste des stations de métro fermées au public, sur une large partie de la rive droite. Les gens vont et viennent dans les couloirs, de plus en plus fâchés. Sur la ligne 8, un « gilet jaune » brandit un bout de carton, sur lequel il a écrit « Initiative législative citoyenne », et tente de lancer la discussion avec les passagers. Une femme décline son offre : « Non, merci, mais si vous voulez bien me dire comment rentrer chez moi, je ne suis pas contre. » »


  • Gilets jaunes : réponses aux objections du désordre établi
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Gilets-jaunes-reponses-aux

    Le mouvement des « gilets jaunes » bouscule toute la société française. Il suscite des réactions, des commentaires, des réserves, des arguments qu’il faut reçevoir, discuter et réfuter. Quelques réponses, ci-dessous, à quelques-une de ces objections qui entretiennent le désordre établi qu’il faut abattre et empêchent de regarder en face la crise actuelle, ses enjeux colossaux et obstruent l’avenir alors qu’il est plus ouvert que jamais. La méthode du blocage ne serait pas légitime Le blocage s’impose (...)

    #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Politique, Gilets jaunes (2018), #Article, #Revolution, #Égalité_des_revenus, #Écologisme, #Électoralisme, #Multiculturalisme, #Assemblée, #Banlieue, (...)

    #Gilets_jaunes_2018_ #Guerre




  • Les « gilets jaunes » : révélateur fluorescent des fractures françaises | Fondation Jean-Jaurès
    https://jean-jaures.org/nos-productions/les-gilets-jaunes-revelateur-fluorescent-des-fractures-francaises

    Ainsi, ce sont les ouvriers, les chômeurs et les employés qui ont affiché le plus fort taux de soutien aux « gilets jaunes », suivis de près par les travailleurs indépendants (parmi lesquels on compte de très nombreux artisans qui effectuent d’importants trajets et qui constituent une catégorie traditionnellement hostile aux charges et aux taxes) et les retraités, vaste catégorie au sein de laquelle le taux de soutien est majoritaire. Le soutien est nettement plus modéré dans les professions intermédiaires (terme qui désigne dans la nomenclature de l’Insee le cœur de la classe moyenne) et devient très minoritaire parmi les cadres et les professions intellectuelles supérieures.

    Symétriquement, c’est dans ces milieux que l’indifférence à ce mouvement (23 % contre 16 % dans l’ensemble de la population) a été le plus élevée, tout comme l’opposition et l’hostilité (25 % contre 15 % dans l’ensemble de la population). Parmi les signataires de pétitions s’opposant à ce mouvement ou ceux qui ont critiqué les « gilets jaunes » sur les réseaux sociaux, les CSP+ étaient nettement surreprésentées. N’étant pas exposées à une insécurité économique chronique et résidant la plupart du temps dans de grandes agglomérations dans lesquelles les transports en commun rendent la dépendance à l’automobile beaucoup moins aiguë, ces catégories ont développé une empathie toute relative à l’égard de cette mobilisation. Elles sont en revanche culturellement et géographiquement nettement plus sensibles à la problématique de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique, ce qui a pu amener une partie de leurs membres à fustiger l’irresponsabilité et l’étroitesse de vue de ceux qui s’opposaient à la hausse de la fiscalité environnementale sur les carburants.

    Ce sujet des « gilets jaunes » s’opposant à la hausse de la fiscalité environnementale met aux prises deux visions du monde sous-tendues par deux situations socioéconomiques différentes.


  • Le populisme et le grand complot rouge-brun
    https://lvsl.fr/le-populisme-et-le-grand-complot-rouge-brun

    Depuis maintenant le début de l’été, une offensive idéologique est en cours pour diaboliser ce qu’on qualifie généralement de « populisme de gauche ». Accusée de brouiller les frontières idéologiques avec l’extrême-droite, voire de conduire à une dérive autoritaire ou analogue au césarisme, l’hypothèse populiste serait un danger mortel pour la démocratie. Pire encore, pour ceux qui s’identifient à gauche, le populisme consisterait à abandonner le « sociétal » au profit du « social ». En faisant primer la question sociale et en hiérarchisant les « luttes », il faudrait alors s’adresser en priorité à l’électorat populaire du Front national et ranger au placard féminisme, droits LGBT, écologie, lutte contre le racisme, etc. Ce débat est en réalité à côté de la plaque. Explications.


  • « France périphérique », le succès d’une illusion

    Le mouvement des #gilets_jaunes semble consacrer le succès d’une représentation fortement enracinée dans les champs médiatique et politique, au point d’être devenue le prêt-à-penser des discours sur la France contemporaine : celle d’un pays coupé en deux entre #métropoles dynamiques et territoires « périphériques » en difficulté. Selon la plupart des commentateurs – y compris les éditorialistes de grands quotidiens comme Le Monde ou Libération – la contestation en cours serait l’expression d’une colère, voire d’une revanche des seconds à l’égard des premières.

    https://www.alternatives-economiques.fr/france-peripherique-succes-dune-illusion/00087254
    #périphérie #France #géographie_rurale

    • Eux et nous

      La #France_périphérique a valu à son auteur des reproches unanimes. Son sous-titre précise le propos : il s’agit de dénoncer les élites qui ont précipité la France dans la mondialisation et n’ont pas pris garde aux conséquences négatives qu’elle a sur les classes populaires.
      Christophe Guilly
      La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires.
      (Flammarion)

      Géographe, Christophe Guilluy lit ce divorce dans la dualité spatiale de la France d’aujourd’hui : aux métropoles dynamiques s’opposent les mornes espaces périurbains, les campagnes désespérées, les petites villes marquées par le chômage et la récession économique. La France périphérique : une variante géographique sur le motif poujadiste du eux et nous ?

      https://www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr/mode-lecture/eux-et-nous-1137
      #paywall

    • Les CHERCHEURS d’ESO et « LA FRANCE PERIPHERIQUE »

      Pierre Bergel, Jean Rivière, Éléments sur la genèse de La France périphérique. Introduction

      Aliette Roux, Christophe Guilluy géographe ? Cinq rappels de méthodologie scientifique

      Régis Keerle, A propos de la carte « La France périphérique qui gronde » : analyse critique et proposition d’enrichissement de la méthode cartographique standard par la mappographie

      Catherine Laidin, Le rural, cet espace périphérique ?

      Xavier Michel, Dépasser le contraste métropoles/périphéries pour analyser les mobilités

      http://eso.cnrs.fr/fr/publications/eso-travaux-et-documents/n-41-octobre-2016.html



  • L’argent fou de la Françafrique - L’affaire des biens mal-acquis - BDfugue.com
    https://www.bdfugue.com/l-argent-fou-de-la-francafrique

    À qui profite le crime ?Paris. Septembre 2011. La justice française saisit avenue Foch plusieurs dizaines de véhicules de luxe appartenant à Téodorin Obiang Nguema, fils aîné du président de la Guinée Équatoriale. C’est la première action concrète d’une enquête fincancière ouverte cinq ans auparavant. Une investigation tentaculaire qui a permis de mettre au jour l’incroyable fortune accumulée en France par plusieurs chefs d’états africains et leurs proches... avec la complicité de l’État français.Xavier Harel, journaliste et fin connaisseur des rouages de la Françafrique, nous fait découvrir les ramifications aussi scandaleuses que complexes de l’affaire des « biens mal acquis ». Il signe une enquête particulièrement documentée commencée quelques années plus tôt dans La Revue Dessinée avec le dessinateur Julien Solé. Entre corruption, jeux de pouvoir, scandales pétroliers et financiers, il revisite les pages les plus sombres de la Ve République : soixante ans d’une histoire qu’on a préféré vous faire oublier.

    #bd


  • http://ledossierm.fr/dossier-m-piece-n20

    Bon je ne peux pas garder ce genre de choses pour moi, me dis-je. Il y a quelques temps, j’avais signalé ici ( https://seenthis.net/messages/718723 ) Le Dossier M. de Grégoire Bouillier. J’ai fini le premier tome de 900 pages à l’hôpital, on pourra dire qu’il m’aura bien tenu la main. Je suis dans le deuxième tome qui cumule d’avoir l’allant du premier tome mais avec des bouts en plus. Dans le premier tome j’avais déjà eu le sentiment que je n’étais peut-être pas seul dans ma tête tant certaines pages du livre m’apparaissaient familières, notamment dans les manières de raisonner et les souvenirs d’enfance du narrateur. Dans le deuxième tome, c’est un peu cela mais amplifié par une faculté curieuse du livre de décollement d’avec ma vie de tous les jours.

    Ainsi, pour tenter de tromper la douleur amoureuse, l’absence de M., le narrateur se lance des défis improbables, comme, par exemple, de retrouver, toutes affaires cessantes, un enregistrement pirate du fameux concert de Miles Davis à Paris en 1983 quand les plombs ont sauté et que Miles a joué Jean-Pierre en acoustique avant que l’électricien du Châtelet retrouve les bons fusibles et relance la machine lourdement électrique de Miles à l’époque. Ce sont quelques pages assez belles dans lesquelles le narrateur tourne autour d’une figure de l’absence pour se détourner de celle tellement douloureuse de M.

    Et plus encore que dans le premier tome, quand Grégoire Bouillier sent que les limites et le cadre de son livre explosent, il met ce qu’il y a en trop (façon il y a un peu plus, je vous le mets quand même ?) sur un site dédié ( http://ledossierm.fr ). Et donc joie ! Le narrateur a fini par retrouver l’enregistrement en question (tout en précisant bien qu’une telle quête d’un document sonore qui date d’avant l’arrivée du numérique et de son corollaire, internet, était, par définition, une mission impossible), et du coup, et bien il met l’enregistrement fétiche en ligne.

    A la différence d’autres concerts dont il est question dans le livre et dont pour certains je sais que j’y étais aussi, le concert de Zappa en 82 par exemple, je n’étais pas à ce concert de Miles Davis, mais qui n’a pas entendu parler de cette fameuse panne d’électricité ?

    D’ailleurs aparté, pendant que vous êtes toutes et tous rués sur l’enregistrement en question (n’est-ce pas @reicw, @odilon, @reka et peut-être même @vanderling…), je me souviens que lors de la création de Formes d’une guerre ( http://www.desordre.net/formes_d_une_guerre_poitiers/ursula ) quand je voyais les ramifications de câbles électriques et combien nous en étions dépendants pour les soirs de représentations, je m’en étais ému auprès de @dominique, qui m’avais répondu que je ne devais pas m’inquiéter, qu’en pareil cas, c’était solo de batterie. Etant donné le set de percussions du merveilleux Michele Rabbia, je ne trouvais pas la chose très rassurante.

    http://www.desordre.net/photographie/numerique/divers/videos/20181127_sylvain_lemetre.mp4

    Et donc hier soir, je suis allé écouter l’admirable Sylvain Lemêtre à l’atelier du plateau, pour son solo Sonore boréale au milieu duquel Sylvain mime la panne en plein concert. Non seulement le ressort comique de cette affaire est à pisser de rire, mais en plus la manière très subtile avec laquelle il remet le son est absolument magnifique de manipulations de l’intellect du public. Et le matin même je lisais le récit de la panne d’électricité au concert de Miles.

    Et tout est un peu comme ça dans ce livre.



  • « Entre la guerre et le #Climat, c’est le changement climatique qui nous fait le plus mal »
    https://www.bastamag.net/Entre-la-guerre-et-le-climat-c-est-le-changement-climatique-qui-nous-fait-

    Collectivités locales et société civiles africaines s’organisent pour solidifier la démocratie, lutter contre le dérèglement climatique, assurer l’accueil de migrants : 5000 maires, élus et militants associatifs se rencontrent en ce moment à Marrakech, au Maroc, pour le 8ème sommet d’Africités. Basta ! s’en fait l’écho. Paroles de participants. « Entre la guerre et le climat, c’est le changement climatique qui nous fait le plus mal. La guerre, c’est réversible, on peut l’arrêter si on y met les moyens. Si (...)

    #Résister

    / #Afrique, Climat, Démocratie !

    #Démocratie_ !