Las Manadas de los #Sanfermines

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  • "L’abattage "désigne ici la mise à mort progressive de femmes d’élevage dévolus à la production du plaisir masculin. Entre marginalisation & rupture sociale l’auto-aliénation des prostitués en Catalogne

    Au fin fond des « bordels » de Catalogne : les clients transfrontaliers de la prostitution – Fragments sur les Temps Présents
    https://tempspresents.com/2016/12/20/au-fin-fond-des-bordels-de-catalogne-les-clients-transfrontaliers-de-

    À la croisée d’un imaginaire collectif du ‘bordel’ régulateur de l’ordre public et de l’ordre social, et sous l’influence bien réelle du lobbying des patrons de clubs et des activités récréatives (ANELA), la réglementation apparaissait comme un remède miracle pour dépasser les difficultés de gestion de l’espace public, et pour permettre le déploiement de la production de la plus-value festive. Dans la plaine de l’Emporda, on pouvait identifier une dizaine de puticlubs adhérents ou non du syndicat patronal : les plus grands ou les plus reconnus, Le Paradise, le Lady’s Dallas et le Gran Madams sur les communes de La Jonquera ou de Capmany, le Paloma Blanca à Medinya, le Nou Styl entre Gérone et Sain Féliu de Guixol, le Baby Doll et le Torre Park à l’Escala, le My Love et le Club Eden à Gérone, l’Erotica Club près de Santa Christina.

    La population prostitutionnelle n’était désormais plus la même : les estimations médianes présentaient à la fin des années 2000 plus de 350 000 prostituées présentes dans la péninsule espagnole2, les plus hautes estimations allant jusqu’à 500 000 prostituées3 ; entre 20 000 et 40 000 prostituées seraient présentes en Catalogne. Les mouvements circulatoires de prostituées à l’échelle continentale, ou au moins à l’échelle transnationale, modifient considérablement la nature de l’activité, celle-ci étant depuis les années 1990 reconnue internationalement comme un travail si la prostitution n’est pas contrainte4. Au-delà des conditions juridiques nationales de traitement de la prostitution, la prostituée est désormais reconnue comme une « travailleuse du sexe » libre et consentante, les puticlubs catalans deviennent des « megaprostìbulos » : la prostitution n’est plus exclusivement un phénomène territorialisé de sauvegarde de l’ordre social, c’est aussi, un empire licite massifiant le commerce du corps.

    • #prostitution #Espagne #Catalogne #France #Pyrénées_orientales #clients #bordel #virilité #virilisme #femmes

      Les bordels catalans ne sont pas l’hétérotopie masculine d’un monde perdu. Ils sont toujours, ponctuellement, au cours d’une soirée ordinaire, l’espace défouloir d’une virilité déchue. Tous les hommes n’ont pas un égo neutralisé par leur timidité. Beaucoup sont là par revanche, rarement de manière explicite, mais toujours, la discursivité laisse filtrer les mêmes équivoques du langage et des expériences. L’assimilation de la femme à la prostituée, et rarement l’inverse, pour tenter de comprendre le destin des travailleuses du sexe, laisse à penser que l’enjeu du ‘bordel’ dépasse très largement les murs des maisons closes. On serait même tenté de voir le ‘bordel’ comme ne se fermant plus par destination politique de la morale sociale, mais qu’à l’inverse, il laisse filtrer tous les comportements sociaux que la société contemporaine proscrit et prescrit simultanément. Un client nous le dit, en prenant des accents que l’on croirait emprunté à un Éric Zemmour en virée : « Tant que les femmes auront plus de droits que nous, nous aurons toujours besoin des filles [les prostituées] pour ne pas devenir des châtrés » [entretien informel avec un client régulier, juin 2003]. Le virilisme revendiqué justifie tout autant qu’il rend possible l’espace de domination prostitutionnel : le ‘bordel’ étant pour d’aucuns un espace d’autonomie permanent de cette domination normalement proscrite, mais toujours reproduite comme une norme originaire.

    • J’isole cette partie sur le #sport et une raison supplémentaire de le detester. Je savais deja que les soirs de match de foot il y a une augmentation des violences par conjoint et que ces violences augmentent encore en cas de défaite de l’équipe locale mais maintenant j’apprend que c’est aussi un prétexte utiliser par des putiers pour refiler le VIH, l’hépatie, la syphillise ou des clamydias à leur compagnes.

      Les clients partageant leurs vies avec une compagne l’avouent quasiment tous : leurs visites se font la plupart du temps incognito, sous le prétexte festif, « d’y boire juste un coup ». Le meilleur alibi est alors celui de l’activité ou du spectacle sportif. Les plus nantis vont au golf, le commun va au Camp Nou voir le FC Barcelone. Beaucoup en profitent pour faire une « halte de repos festif » [expressions communes] dans les clubs catalans. Il est singulier de relever cette association entre la pratique sportive et la pratique sexuelle tarifée. Les tenanciers de club catalans déclarent tous que leur chiffre d’affaires augmente dès qu’un événement sportif a lieu à Barcelone.

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      La féminisation du public dans les stades n’est probablement pas qu’un effet de communication du marketing, c’est aussi l’émergence symbolique d’un doute des épouses trompées.

      Pour le golf les putiers bourgeois se sont garantie une plus grande impunité car ce sport comporte toujours beaucoup de clubs non mixtes et d’exclusion explicite des femmes.
      #prostitution #fraternité #hommerie

    • Je n’ai pas tout lu « au fin fond des bordels de Catalogne » @tradfem a traduit un article d’Amélia Tiganus ( survivante de la prostitution et de la traite. Elle est activiste pour feminicidio.net ) https://seenthis.net/messages/623250
      http://feminicidio.net/articulo/las-manadas-los-sanfermines

      Sous prétexte de manifestation sportive ou tout simplement de tourisme, des mâles vont au bordel comme d’autre vont mettre un cierge à Lourdes.
      #sexe #violence #torture #tourisme_sexuel #bordel #Catalogne

    • Le marché de la prostitution à La Jonquera - Arte Regards
      https://www.arte.tv/fr/videos/073399-053-A/arte-regards
      30 min.
      Disponible du 12/01/2018 au 11/02/2018
      Prochaine diffusion : mardi 16 janvier à 04h20

      Depuis le durcissement de la législation française en matière de #prostitution, la petite ville de #La_Jonquera, à la frontière franco-espagnole, est devenue une destination de choix pour les amateurs de sexe contre rémunération.
      Comment se porte la prostitution en Europe ? L’une des réponses se trouve à La Jonquera, à la frontière franco-espagnole. Pour Sònia Martínez Juli, la maire de La Jonquera, c’est un problème qu’il faut traiter à l’échelle nationale. Le propriétaire du Paradise, la plus grande maison close d’Europe, lui-même fils de prostituée, voit les choses différemment... Quant aux témoignages de Français, qui constituent ici 90 % de la clientèle, ils apportent un éclairage supplémentaire sur ce phénomène en pleine expansion.

      3 connards offre une pute à leur pote pour son anniversaire, pour faire de lui un homme. Je leur souhaite de tomber un jour sur Raffaëla et Karen, les 2 potesses de Virginie Despentes.

    • https://seenthis.net/messages/567365

      #Richard_Poulin arrive à l’interview avec un badge sur le revers de sa veste qui montre clairement quels sont ses principes : “Aucune femme ne naît pour être pute”, un slogan qui reprend le titre du livre écrit par la colombienne #Sonia_Sánchez, une survivante de la prostitution. Parce que ce Canadien, professeur émérite de l’UFR de sociologie et d’anthropologie à l’Université d’Ottawa et auteur de nombreux livres et études sur la prostitution et la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, est considéré comme un des plus grands spécialistes mondiaux dans ce domaine.

      source et traduction @tradfem

  • #Amelia_Tiganus : Les hordes des #Sanfermines
    https://tradfem.wordpress.com/2017/08/19/les-hordes-des-sanfermines

    Si tu es prostituée, « travailler » dans un bordel de Pampelune à l’époque des Sanfermines (1) peut être une des expériences les plus traumatisantes et dures que tu vis dans le corps d’une femme. Disons les choses telles qu’elles sont : cela n’arrive qu’aux femmes parce qu’elles sont femmes, à Pampelune, Amsterdam, Cali ou Bangkok, pour ne pas dire dans presque toutes les villes du monde.

    Pour commencer, dans le système prostitutionnel tu ne choisis pas, et tu es obligée d’accepter à l’avance toutes les règles du jeu auxquelles les prostitueurs et les proxénètes te soumettent (en Espagne, ceux qui administrent le business de la prostitution dans de prétendus établissements de loisir sont camouflés en chefs d’entreprises de loisir). L’alliance prostitueur-proxénète est l’une des plus fortes et loyales du patriarcat. Entre ces deux rôles de mâles, il n’y a pas de désaccord : ils protègent la masculinité hégémonique et, pour cela, ils ont besoin de se préserver des endroits où les seules femmes qu’il y ait sont chosifiées, soumises et disposées à être humiliées, utilisées et torturées par eux, avec la « légalité » que leur concède l’État proxénète. Le bordel est le symbole le plus catégorique et limpide que le patriarcat ne veut pas que nous les femmes atteignions l’égalité. Tant que les bordels existeront, il y aura toujours un lieu où la masculinité hégémonique sera saine et sauve. Et il sera toujours promis aux hommes, en tant que citoyens, avec l’aide de l’État, des lois, des juges, de la police, des partis politiques, des religions et de l’indifférence sociale, qu’ils peuvent disposer de femmes jetables et exploitables.
    Imaginez d’abord ce qui se passe à l’intérieur d’un bordel à l’époque des Sanfermines : des femmes — par dizaines et par centaines — s’installent pour quelques jours dans la capitale de la Navarre. Trafiquées ou exploitées quoi qu’il en soit, elles sont parquées par quatre ou cinq par chambre comme dans un élevage industriel de volaille. Le jour, ces femmes sont enfermées et elles dorment dans les mêmes espaces asphyxiants que ceux où la nuit précédente des dizaines d’hommes sont passés. Le jour, également, dans les rues, ce sont les taureaux qui sont enfermés, torturés et assassinés par des hordes d’hommes dans un rituel ancestral, qui tuent par plaisir, parce qu’elles ont le droit d’user et d’abuser de la violence patriarcale.

    Ces hordes pratiquent ce que Rita Laura Segato définit comme « pédagogie de la cruauté ».

    « Imaginez ce que la pédagogie de la cruauté fait à certains corps. Imaginez que cela se produit parce qu’une société le permet. Et l’État finance et défend tout cela sous couvert de respect des traditions (patriarcales et intouchables). »

    Pour les femmes qui arrivent en dernier, puisqu’il manque des lits, elles doivent dormir sur des matelas par terre. Elles paient une fortune pour les chambres, plus de la moitié de ce qu’elles reçoivent des clients ; beaucoup de proxénètes le disent ouvertement : « il faut que la pute paie tout ce qu’elle fait dans le club : le lit, la nourriture ; (il faut) lui vendre des vêtements, des bijoux, des parfums, de la cocaïne… »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://feminicidio.net/articulo/las-manadas-los-sanfermines

    Amelia Tiganus est une survivante de la prostitution et de la traite. Elle est activiste pour feminicidio.net

    #Pampelune #système_prostitutionnel #fête_populaire #bordel