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  • Le projet de loi “Décentralisation” entend conforter le contrôle de l’État autour de la “figure du préfet” - Acteurs Publics
    https://archive.is/2026.02.23-163208/https://acteurspublics.fr/articles/projet-de-loi-decentralisation-le-gouvernement-delivre-ses-priorites-pour-re

    Dans l’avant-projet de loi (PLJ) Décentralisation, rédigé par le gouvernement, l’exécutif délivre ses priorités en matière de renforcement du rôle du préfet. Il prévoit notamment d’attribuer la qualité de délégué territorial aux représentants de l’État, qui verraient également leur pouvoir de dérogation et de substitution renforcé.

    Qu’en sera-t-il du contenu du futur projet de loi sur la décentralisation ? Le document transmis récemment à des “parties prenantes”, comme l’a révélé le média Contexte, permet d’y voir plus clair. Plusieurs projets d’articles, communiqués par le gouvernement la semaine du 16 février, prévoient en effet de renforcer le rôle du préfet de département et de réformer l’organisation des Agences régionales de santé (ARS).
    Le texte, affiché comme une priorité par Sébastien Lecornu dès sa prise de poste, sera débattu après la séquence des municipales, au mois d’avril. Si certains lui reprochent de laisser subsister un certain flou autour de son contenu, le renforcement du pouvoir préfectoral était, lui, bien affiché. Le Premier ministre avait notamment demandé aux préfets de faire remonter leurs propositions à la fin du mois d’octobre dernier.

    “Le projet de loi renforce les libertés locales. Dans le même mouvement, il conforte le contrôle de l’État, autour de la figure du préfet”, énonce l’avant-projet. Lors du débat “Clarification des compétences : quel bilan des lois de décentralisation, quelles perspectives ?”, le 11 février dernier, la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, rappelait devant les députés que le préfet devait se concevoir comme arbitre plutôt que contrôleur, accompagnant les élus locaux dans la recherche de solutions visant à renforcer l’efficacité de l’action territoriale.

    Un préfet plus fort et plus souple
    Concrètement, le texte confère notamment au préfet de département la qualité de délégué territorial des agences et opérateurs de l’État, afin qu’il devienne le principal responsable des politiques publiques menées dans le département.
    “Il doit, à cette fin, disposer des leviers d’action nécessaires, via les services qui concourent à l’action de l’État”, précise le document, ajoutant que le représentant de l’État pourra adresser des directives d’action territoriale aux établissements et groupements d’intérêt public concernés, dont la liste devra être définie par décret en Conseil d’État.

    Par ailleurs, largement présenté comme un moyen de mieux répondre aux spécificités locales, le texte prévoit de renforcer le pouvoir de dérogation des préfets, en l’élargissant et en sécurisant leur responsabilité pénale. L’avant-projet de loi précise que celle-ci devra être “motivée et publiée, justifiée par un motif d’intérêt général et l’existence de circonstances locales, avoir pour effet d’alléger les démarches administratives, de réduire les délais de procédure ou de favoriser l’accès aux aides publiques”, en annonçant également faire du préfet “guichet unique”, pour les demandes de subventions des collectivités territoriales.

    Un exemple concret de ce pouvoir de dérogation concerne le sport : dans certains cas, le préfet pourra accorder des délais supplémentaires pour la mise aux normes des équipements sportifs, en tenant compte de l’ampleur des travaux et des capacités financières des collectivités concernées, précise le document. 
    Enfin, le préfet verrait également son pouvoir de substitution renforcé. “Il paraît opportun que l’État puisse s’assurer de la mise en œuvre effective des services publics locaux et garantir la sécurité des citoyens en lui donnant la faculté de se substituer aux collectivités territoriales en cas de carence”, souligne le texte, qui précise que cette mesure respecte les conditions fixées par le juge constitutionnel. Si l’État peut déjà se substituer à une collectivité, mais uniquement dans certains cas précis, le projet entend désormais doter le préfet du pouvoir d’intervenir chaque fois qu’il existe une “carence dûment constatée d’une collectivité territoriale ou d’un groupement de collectivités, ou d’une autorité de police locale”.

    Les ARS transformées en directions
    Autres dispositions prévues par l’avant-projet de loi : placer les services territoriaux de l’Agence de la transition écologique (Ademe) sous l’autorité du préfet de région pour “les intégrer au sein des services déconcentrés de l’État compétents dans le domaine de l’environnement”. Un sujet qui pose de nombreuses questions en particulier autour du risque de politisation du rôle de cette agence chargée de porter une expertise objective sur la transition écologique.

    Enfin, les agences régionales de santé (ARS) feront bien l’objet d’une réforme. Le gouvernement souhaite en effet les transformer en directions régionales et départementales de la santé et de l’autonomie (DRSA et DDSA), dans un souci “de cohérence et d’unité de l’action territoriale de l’État et de meilleure prise en compte des attentes des élus, notamment des présidents des conseils départementaux”.

    Selon le texte, cette réforme permettrait également “de rendre plus lisibles les interventions de l’État en matière d’environnement, d’économie circulaire, de transition énergétique et d’adaptation au changement climatique”. Elle répond ainsi aux critiques régulièrement exprimées pointant régulièrement la distance des ARS avec les élus locaux et la difficulté à prendre en compte les problématiques spécifiques des territoires.

    Cette réforme fait par ailleurs l’objet d’un travail mené par la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, qui devrait rendre ses conclusions au début du mois d’avril, dans le calendrier prévu pour la présentation de ce PJL Décentralisation.

  • Der neue Fahrdienst für Berlin: Wer den BAV nutzen darf – und wer nicht mehr
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/der-neue-fahrdienst-fuer-berlin-wer-den-bav-nutzen-darf-und-wer-nic

    6.2.2026 von Peter Neumann - BVG Muva hört auf, dafür gibt es ein neues Angebot. Die Bedingungen fürs Mitfahren haben sich geändert. Die Taxibranche freut sich, aber es gibt auch Kritik.

    BVG Muva endet, jetzt gibt es BAV: In Berlin hat ein neuer Fahrdienst den Betrieb aufgenommen. „Barrierefreier Alternativ-Verkehr“: So heißt das Angebot, das sich an mobilitätseingeschränkte Menschen richtet. Dabei arbeitet der Verkehrsverbund Berlin-Brandenburg (VBB) mit der Taxibranche zusammen. Wer auf barrierefreie Mobilität angewiesen ist, ruft an (Telefon 25 41 44 44) und lässt sich beraten.

    Im Kundencenter gibt es Hilfe, wie man in Berlin von A nach B kommt. Im Vordergrund steht die Nutzung von Bus und Bahn. Doch wenn Aufzug-Ausfälle die Fahrt erschweren, ruft der VBB ein barrierefreies Taxi, damit die betroffenen Abschnitte überbrückt werden können.

    „Mit dem neuen Angebot stellen wir sicher, dass mobilitätseingeschränkte Menschen auch bei Störungen, etwa bei Aufzugsausfällen, zuverlässig ihren Reiseweg fortsetzen können“, sagte Verkehrssenatorin Ute Bonde (CDU) am Freitag. Der Fahrdienst BVG Muva, den die Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) mit dem weltweit tätigen Unternehmen ViaVan organisierten, beendet seine Tätigkeit zum 26. Februar 2026. Berliner müssen sich also umstellen.

    Taxibranche kritisierte subventionierte Konkurrenz

    „Über diese Kooperation zwischen dem Taxigewerbe und dem ÖPNV freuen wir uns sehr“, sagte Hermann Waldner, Chef von Taxi Berlin, der Berliner Zeitung. „Dies ist ein Baustein für eine weitere Vernetzung und künftige Kooperationen.“ Muva-Befürworter äußern dagegen Kritik. Der Senat erlaube der BVG ein „Geschenk an die Taxilobby“, heißt es. Klar ist: So freizügig wie BVG Muva darf der BV nicht genutzt werden.

    BVG Muva: So hieß der On-Demand-Service, den es demnächst nicht mehr gibt. On Demand bedeutet: auf Anfrage. Fahrgäste melden Bedarf an, ein IT-System organisiert die Beförderung. Als Vertragspartner der BVG setzt ViaMobility eine eigene Flotte von 40 barrierefreien Niederflurfahrzeugen ein. Nach eigenen Angaben wurde der Fahrdienst pro Monat im Schnitt für rund 20.000 Fahrten genutzt.

    Doch zu Ende Februar läuft der Vertrag aus. Der On-Demand-Service sei zu kostspielig, erklärte die Verkehrssenatorin. Die Verwaltung suchte eine neue Organisationsstruktur und einen neuen Partner – und wurde neben dem VBB in der Branche fündig, die BVG Muva immer wieder als subventioniertes Konkurrenzangebot kritisiert hatte.

    So meldete die Branchenzeitschrift Taxi Times im Januar, dass Hermann Waldner mit Rückendeckung von Taxi Berlin durchsetzen konnte, dass das Taxigewerbe und der VBB einen neuen Fahrdienst anbieten. Wenn an einem Bahnhof der Aufzug ausgefallen ist, sollen Taxis in die Bresche springen und die mobilitätseingeschränkten Fahrgäste zu einem Bahnhof bringen, wo der Fahrstuhl funktioniert.

    Angenehmer als ein voller Bus: BVG Muva brachte auch Eltern mit Kinderwagen ans Ziel – zum BVG-Tarif zwischen Bahnhöfen und Bushaltestellen auf maximal fünf Kilometern.

    Angenehmer als ein voller Bus: BVG Muva brachte auch Eltern mit Kinderwagen ans Ziel – zum BVG-Tarif zwischen Bahnhöfen und Bushaltestellen auf maximal fünf Kilometern.BVG

    Der Verbund löst die Aufträge aus, Waldners Funkzentrale Taxi Berlin vermittelt sie kostenlos. „Die Fahrstrecken sind nicht lang, maximal fünf Kilometer, werden aber auskömmlich vergütet“, erklärt die Taxi Times. Für eine Fahrt in einem regulären Taxi bekommt der Betreiber jeweils 20 Euro. Verfügt das Taxi über eine Rollstuhlrampe, sollen 40 Euro fällig werden. Von „lukrativen Pauschalpreisen“ ist die Rede.

    Vertreter der Taxibranche machten keinen Hehl daraus, dass sie Muva und dessen Vorläufer als unzulässigen Wettbewerb sehen. Während der Berlkönig von 2018 bis 2022 in der östlichen Innenstadt unterwegs war, beschränkte sich Muva Flexible Fahrt auf weiter draußen gelegene Stadtteile im Berliner Osten. Dort sollten die Limousinen und Vans den übrigen Nahverkehr ergänzen. Doch der On-demand-Service wurde kaum genutzt. Im Jahr 2024 gab es im Schnitt rund 160 Nutzer pro Tag.

    Ist das Muva-Projekt der BVG ein Flop? Flexibilität und Nutzen im Fokus
    Mit BVG-Ticket ohne andere Fahrgäste bequem reisen

    Noch weniger Fahrgäste (durchschnittlich 250 im Monat) hatte Muva Aufzugersatz: Wenn an einem Bahnhof ein Fahrstuhl fehlte oder ausgefallen war, durfte man den Fahrdienst rufen. Als BVG Muva zum 1. März 2025 scharfgeschaltet wurde, fiel dieses Erfordernis weg.

    Seitdem durfte faktisch jeder, der bis zu fünf Kilometer bequem zurücklegen wollte, ein Fahrzeug bestellen. Einzige Bedingung: Die Tour musste an einem U-Bahnhof, einem S-Bahnhof oder einer Bushaltestelle beginnen und enden. Dafür war BVG Muva preiswert: Ein gültiges Ticket für den Nahverkehr oder eine gültige Wertmarke im Schwerbehindertenausweis reichten aus. Einen Aufpreis gab es nicht.

    Auch der Kreis der Berechtigten wurde vergrößert. Nicht mehr nur Menschen mit Rollator oder im Rollstuhl durften den Rufbus nutzten. Ebenso Fahrgäste mit Kinderwagen oder Kleinkindern, Schwangere, Verletzte sowie Menschen mit großem und schwerem Gepäck konnten ihn bestellen. Die Berechtigung wurde so gut wie nicht kontrolliert. Wer keine Lust auf volle Busse hatte, bestellte sich einen BVG Muva. Kein Wunder, dass das Taxigewerbe die „billige Taxi-Konkurrenz“ ablehnte.

    „Wir begrüßen es, dass die Weichen neu gestellt werden“

    Dem Vernehmen nach beliefen sich die Zahlungen an ViaVan 2024 auf 12,6 Millionen Euro, für dieses Jahr waren Berichten zufolge 16 Millionen Euro eingeplant. Für den Senat war klar, dass „eine Lösung für die sehr hohen Fixkosten der eigenen, dennoch beschränkten Fahrzeugflotte des BVG Muva gefunden werden musste“, hieß es. „Zum anderen wurde deutlich, dass sich die Neukonzeption des Angebots auf die Zielgruppe konzentrieren muss, für die eine vollständige Barrierefreiheit notwendig für ihre Teilnahme am Nahverkehr ist.“

    BVG Muva sei eine Belastung für die Steuerzahler, bilanzierte Boto Töpfer vom Taxi- und Mietwagenverband. „Wir begrüßen es, dass die Weichen neu gestellt werden.“ So ist es nun gekommen. „Wir als Taxigewerbe begrüßen es immer, wenn sich große Unternehmen von einer kostenintensiven und am Ende nicht so kundenfreundlichen Lösung verabschieden“, sagte Hermann Waldner. „Die Vernetzung unterschiedlicher Verkehrsformen bringt viele Vorteile für die Fahrgäste. Wir müssen das Rad ja nicht zweimal erfinden.“

    Doch es gibt auch Kritik an der Neuorganisation. „Vor dem Hintergrund der angekündigten Aufstockung des Landeshaushalts für 2026 und 2027 sowie der eindeutigen Beschlusslage des Abgeordnetenhauses, die Mittel für die Fortführung des BVG Muva bereitzustellen, wäre dies ein fataler Schritt“, heißt es im Umfeld von ViaVan. „Der geplante Ersatz stellt einen deutlichen Rückschritt dar. Vieles deutet zudem darauf hin, dass es sich um ein Entgegenkommen gegenüber der Taxi-Lobby handelt.“ Für viele Menschen wäre das Muva-Aus eine Katastrophe.

    Petition für den Erhalt von BVG Muva

    „Die Einstellung des BVG Muva wäre ein herber Rückschritt für die soziale Teilhabe und für Menschen mit Mobilitätseinschränkungen, die auf den Service angewiesen sind“, sagt Xanthi Doubara, Deutschland-Geschäftsführerin bei ViaVan. „Der geplante Ersatzservice kann die spezialisierten Anforderungen an einen wirklich barrierefreien und effizienten ÖPNV nicht gleichwertig erfüllen.“

    Auch Ludger Gröting, Vorsitzender der Berliner Lebenshilfe, äußerte Bedenken. „Mobilität ist ein Schlüssel für selbstbestimmte Teilhabe. Für viele Menschen mit geistiger Behinderung ist der ÖPNV noch nicht barrierefrei. Muva hat erstmals für viele unabhängige Mobilität ermöglicht. Diese Errungenschaft darf nicht verloren gehen. Jede neue Lösung muss ihre Bedürfnisse wirklich berücksichtigen“, so Gröting.

    In Berlin lebten rund 1,4 Millionen Menschen, die auf einen verlässlichen und barrierefreien Zugang zum Nahverkehr angewiesen seien – Menschen mit Behinderungen und Einschränkungen sowie Senioren und Familien mit Kleinkindern. Rund 8000 Berliner haben sich in einer Petition dafür ausgesprochen, BVG Muva zu erhalten.

    Beliebter Ridepooling-Service: 2018 bis 2022 war der Berlkönig unterwegs. <a href="https://archive.is/o/RkhAC/https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/tschuess-berlkoenig-die-letzte-tour-durch-die-berliner-nacht-steht-bevor-li." target="_blank">Bis zu 185 Limousinen und Kleinbusse waren im Einsatz, 1,85 Millionen Fahrgäste wurden gezählt.</a>

    Eine Bestellung per App sei nicht mehr möglich, hieß es. Mit ihren Kapazitäten könne die Taxibranche nur einen Teil des Bedarfs abdecken. Zudem dürfte der Fahrdienst nur noch dann bestellt werden, wenn ein Aufzug defekt ist. Gibt es eine andere Route, auf der er nicht erforderlich ist, muss diese Strecke gewählt werden – auch wenn sie zu lang ist. Die möglichen Fahrtanlässe werden wieder eingeschränkt.

    Dagegen wies die Senatsverwaltung in einer ersten Bilanz des im Januar begonnenen Angebots darauf hin, dass die durchschnittliche Wartezeit im Vergleich zu BVG Muva von 22 auf rund zehn Minuten gesunken sei.

    Die Taxibranche erwartet, dass die Kosten für das Land sinken werden, so Hermann Waldner. „In den erforderlichen Fällen stehen Taxis bereit, wenn Rollstuhlfahrer befördert werden müssen“, erklärte der Chef von Taxi Berlin. „Dafür haben wir Inklusionstaxis“ - insgesamt 160.

    #Berlin #Taxi #BVG #ÖPNV

  • Homeland Security is targeting Americans with administrative subpoenas - The Washington Post
    https://archive.is/2026.02.03-135922/https://www.washingtonpost.com/investigations/2026/02/03/homeland-security-administrative-subpoena/?pwapi_token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJyZWFzb24iOiJnaWZ0Iiwibm

    Homeland Security is not required to share how many administrative subpoenas it issues each year, but tech experts and former agency staff estimate it’s well into the thousands, if not tens of thousands. Because the legal demands are not subject to independent review, they can take just minutes to write up and, former staff say, officials throughout the agency, even in mid-level roles, have been given the authority to approve them.

  • La Cour fédérale de justice attribue l’attaque de Nord Stream à l’Ukraine
    Le suspect reste sous les verrous
    Nord Stream : Bundesgerichtshof schreibt Gaspipeline-Sprengungen der Ukraine zu - DER SPIEGEL – 15/01/2026
    arrêt du 10/12/2025
    https://www.spiegel.de/panorama/nord-stream-bundesgerichtshof-schreibt-gaspipeline-sprengungen-der-ukraine-z

    Verdächtiger Serhij K. am Bundesgerichtshof in Karlsruhe
    Foto: Ronald Wittek / EPA

    Das oberste deutsche Strafgericht hat entschieden: Ein mutmaßlicher Saboteur der Nord-Stream-Pipelines bleibt in Haft. In dem Beschluss nimmt das Gericht erstmals Stellung zu brisanten Details der Ermittlungen.

    https://archive.is/lH3TZ#selection-751.0-1829.1
    Bundesgerichtshof schreibt Nord-Stream-Anschlag der Ukraine zu

    Das oberste deutsche Strafgericht hat entschieden: Ein mutmaßlicher Saboteur der Nord-Stream-Pipelines bleibt in Haft. In dem Beschluss nimmt das Gericht erstmals Stellung zu brisanten Details der Ermittlungen.

    Zum ersten Mal hat sich ein deutsches Gericht öffentlich zu den mutmaßlichen Hintergründen des Angriffs auf die Nord-Stream-Pipelines geäußert.

    Die Explosionen an den Gasröhren seien höchstwahrscheinlich in »fremdstaatlichem Auftrag« verursacht worden, schreibt der Bundesgerichtshof (BGH) in einem Beschluss vom 10. Dezember, der an diesem Donnerstag veröffentlicht wurde. Im weiteren Verlauf des Dokuments wird deutlich, dass das Gericht damit die Ukraine meint.
    Der Beschluss erfolgt auf eine Haftbeschwerde der Verteidigung von Serhij K., einem ehemaligen Mitglied einer Spezialeinheit der ukrainischen Armee . K. sitzt in Deutschland in Untersuchungshaft, nachdem er vergangenes Jahr in Italien festgenommen worden war. Der in Karlsruhe ansässige dritte Strafsenat BGH entschied nun, dass er in Untersuchungshaft bleiben muss.

    Der Generalbundesanwalt wirft dem Ukrainer verfassungsfeindliche Sabotage, die Herbeiführung einer Sprengstoffexplosion und die Zerstörung von Bauwerken vor. K. bestritt bei seiner Verhaftung in Italien eine Beteiligung. Seine Verteidigerinnen hatten später gegenüber dem BGH argumentiert: Unabhängig davon, ob K. an der Tat beteiligt gewesen sei, sei den mutmaßlichen Tätern sogenannte funktionelle Immunität zuzugestehen.

    Der Angriff sei Teil des Kriegs zwischen der Ukraine und Russlands gewesen, schrieben die Rechtsanwältinnen in ihrer Haftbeschwerde. Schädigungen an für Russland wichtiger Infrastruktur seien damit nach internationalem Recht erlaubt. Die Nord-Stream-Pipelines seien in internationalen Gewässern angegriffen worden und ein legitimes militärisches Ziel, mit dem Russland seinen Angriffskrieg finanziere, so ihr Argument.

    Keine Immunität
    Der Bundesgerichtshof spricht Serhij K. in seinem Beschluss eine Immunität ab. Die Pipelines seien kein legitimes militärisches Ziel gewesen, sie hätten vorrangig zivilen Zwecken gedient. Zudem sei von einer geheimdienstlichen Operation auszugehen, in der K. nicht als Kämpfer erkenntlich gewesen sei. Die Souveränität der Bundesrepublik sei von der Tat berührt, da die Nord-Stream-Pipelines in Deutschland endeten und der Gasversorgung Deutschlands dienen sollten.

    Der Beschluss ist ein schwerer Rückschlag für K.s Verteidigungsstrategie. Es dürfte für seine Anwältinnen fortan deutlich schwerer werden, im weiteren Verfahren zu argumentieren, dass den Nord Stream-Saboteuren grundsätzlich Immunität zustehe.

    Der Beschluss des BGH ist eine sogenannte Leitsatzentscheidung. Das für K. voraussichtlich zuständige Oberlandesgericht in Hamburg dürfte sich an ihm orientieren, sollte es dort zu einer Gerichtsverhandlung gegen ihn kommen.

    Die Anschläge auf das einstige deutsch-russische Prestigeprojekt Nord Stream hatten im Herbst 2022 weltweit für Aufsehen gesorgt. Mehrere Sprengungen in der Nähe der dänischen Ostseeinsel Bornholm beschädigten die beiden Pipelines so sehr, dass kein Gas mehr durchgeleitet werden konnte. Für die Anschläge wurde bislang niemand zur Rechenschaft gezogen.

    Wie der SPIEGEL 2024 berichtete , ist ein ukrainisches Kommando für die Attacke verantwortlich. Der ehemalige ukrainische Geheimdienstler Roman Tscherwinsky gilt als Hintermann. Serhij K. soll der Koordinator der Aktion auf einem angemieteten Boot gewesen sein, das die Saboteure für die Tat nutzten. Abgesegnet wurde die Operation demnach wohl nicht vom ukrainischen Präsidenten Wolodymyr Selenskyj, sondern vom damaligen Armeechef Walerij Saluschny.

    Sprengsätze am Meeresgrund
    In seinem Beschluss bestätigte der Bundesgerichtshof nun mehrere Details zum Tathergang. Demnach nutzten die Saboteure wohl die in Rostock angemietete Segeljacht »Andromeda« zur Durchführung der Aktion. Taucher brachten dann mehrere Sprengsätze an den Röhren am Meeresgrund an.

    Auf der Jacht entdeckten Ermittler nach den Explosionen laut BGH Spuren der militärischen Sprengstoffe Hexogen und Oktogen. Hinweise auf Tatverdächtige und von ihnen genutzte falsche Papiere lieferten unter anderem Kontrolldaten des polnischen Grenzschutzes – darunter auch Informationen zu Serhij K.

    Die ukrainische Botschaft teilte auf Anfrage des SPIEGEL mit, die Ukraine respektiere »die Justiz und das rechtsstaatliche Verfahren« der Bundesrepublik Deutschland. Man sehe »entsprechend der diplomatischen Praxis von Kommentaren zu laufenden Ermittlungen und gerichtlichen Verfahren anderer Staaten ab«.

  • Impôts : qui sont ces milliers de contribuables « parmi les plus fortunés » qui n’ont pas de revenus taxables ?

    https://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/impots-qui-sont-ces-milliers-de-contribuables-parmi-les-plus-fortunes-qui-n

    Dans un entretien paru le 12 janvier dans Libération, Eric Lombard, qui espérait pouvoir mettre en oeuvre un impôt différentiel sur les hauts patrimoines, indique d’une part « ne jamais [avoir] eu l’accord de l’Elysée, ni de Matignon » pour ce faire. Ils ont vraisemblablement préféré la création d’une taxation visant les sociétés holdings, une imposition qui a du mal à convaincre les parlementaires.

    Mais, surtout, l’ex-ministre de l’Economie justifie la nécessité de créer un taux minimal d’imposition assis sur le patrimoine pour combler un trou dans la raquette. « La Direction des finances publiques avait regardé : parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence (RFR) de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu », déplore Eric Lombard.

    [...]

    « La DGFiP ne commente pas les propos des personnalités politiques. Par ailleurs, l’administration est tenue au respect du secret fiscal », indique-t-elle aux Echos.

    « Nous ne ferons pas d’autres commentaires là-dessus », indique-t-on du côté du cabinet de l’actuelle ministre des Comptes publics également en poste dans le gouvernement Bayrou. « Sur la lutte contre la suroptimisation, la ministre a toujours été très claire sur le fait qu’il fallait agir pour la diminuer », ajoute un proche d’Amélie de Montchalin.

    https://archive.is/IqivQ

  • D’Israël vers l’Europe, l’étrange sauvetage par avion des ânes de Gaza

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/01/11/d-israel-vers-l-europe-l-etrange-sauvetage-par-avion-des-anes-de-gaza_666134

    Au moins 160 ânes gazaouis, « pour la plupart affamés, certains mutilés et tous traumatisés », selon Sharon Cohen, ont été pris en charge par son association, Starting Over Sanctuary (« refuge du nouveau départ »). Les autres bêtes, elle les achète dans les villages de la minorité arabe d’Israël (20 % des citoyens du pays). La police lui en envoie aussi, confisqués à leurs propriétaires maltraitants.
    Il faut sauver les ânes de la guerre à Gaza ! Ce mot d’ordre résonne en Europe, parmi certains défenseurs des animaux. Qu’importe s’ils ont vraiment échappé à la guerre, ou si ce sont de pauvres bêtes de somme rachetées à des Palestiniens d’Israël. Sharon Cohen, 43 ans, est convaincue que presque tous les propriétaires arabes, en Palestine comme en Israël, font travailler leurs ânes dans des conditions indignes.

    https://archive.is/q1NN2

    https://seenthis.net/messages/1148090
    https://seenthis.net/messages/1129314
    Et pas mal d’autres articles avec #ânes

  • Municipales à Menton : Louis Sarkozy ou la stratégie du coup d’éclat

    Le fils de l’ancien chef de l’Etat mène une campagne tonitruante, sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, pour tenter de s’implanter dans une ville très favorable au Rassemblement national.

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/28/municipales-a-menton-louis-sarkozy-ou-la-strategie-du-coup-d-eclat_6659604_8

    A l’évidence, Louis Sarkozy veut que l’on sache qu’il existe. Depuis qu’il est revenu en France, il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’on entende parler de lui. Un jour, c’est une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux où il s’extasie sur une mangue ; un autre, une proposition iconoclaste sur la suppression des feux rouges et des panneaux de signalisation pour améliorer le trafic routier.

    « Avec cette idée, j’ai imposé un thème dans le débat public, se réjouit-il. Les chaînes d’info n’ont parlé que de ça pendant quarante-huit heures. » Comme son père du temps de sa conquête, il s’efforce de saturer l’espace médiatique, quitte à se prendre des coups et à mettre en scène son intimité, en posant avec son épouse dans Paris Match ou en parlant de son fils. Il se plaît aussi à montrer ses muscles et ses performances sportives. « Avec Jordan Bardella, il incarne la tendance Basic-Fit [chaîne de salles de fitness] de la politique », dit-on en souriant à l’Elysée.

    C’est simple, plus on parle de lui, plus Louis Sarkozy est content. A Menton, il applique la même méthode qu’à Paris : il multiplie les rendez-vous, les propositions et les coups d’éclat, comme la création d’une « toutou permanence » (un bol d’eau avec une pancarte) pour séduire les propriétaires d’animaux de compagnie. On le voit partout, sur le marché, au bingo, au club d’échecs, à la fête foraine. C’est que, arrivé cet été seulement dans la ville, il a du retard à rattraper. Si son nom est un indépassable accélérateur de notoriété, il lui reste à prouver aux électeurs qu’il peut les représenter.

    Disruptif, il n’hésite pas à se prononcer pour la dépénalisation de toutes les drogues, cocaïne, héroïne et crack compris. Autant de propositions qui font tousser ses soutiens. « C’est sûr, dépénaliser l’héroïne, ce n’est pas très Menton », admet-il.

    https://archive.is/XHTeT

  • Ces policiers et gendarmes qui démissionnent : « J’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/25/ces-policiers-et-gendarmes-qui-demissionnent-j-ai-fini-par-me-poser-la-quest

    Gardiens de la paix, enquêteurs, officiers de gendarmerie… ils ont quitté des institutions auxquelles tous disent avoir cru. Leurs parcours racontent souvent les mêmes histoires, entre lourdeurs administratives, dysfonctionnements et culture du silence.

    • des reconversions dans le privé, des plaintes sur la bureaucratie, le formalisme, auquel s’opposerait l’idéal bidon d’une police efficace et démocratique, mais pas seulement

      Ces policiers et gendarmes qui démissionnent : « J’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? »

      Gardiens de la paix, enquêteurs, officiers de gendarmerie… ils ont quitté des institutions auxquelles tous disent avoir cru. Leurs parcours racontent souvent les mêmes histoires, entre lourdeurs administratives, dysfonctionnements et culture du silence.
      Par [l’auxiliaire de police de service] Antoine Albertini

      En apprenant qu’il comptait rejoindre la police, la famille « plutôt très aisée, assez bobo parisienne » n’a pas tout à fait compris le choix de Florent Gensollen. Une maîtrise de droit en poche, en janvier 2010, le jeune homme décroche le concours d’officier avec l’ambition, « peut-être un peu romantique », dit-il, de « servir le public, protéger les institutions, être utile ». Dès sa scolarité, c’est la douche froide, entre « plaisanteries » plus ou moins appuyées sur les « gauchistes » et saillies racistes.

      Il se convainc [benêt,] d’être « tombé sur la promo de fous » et sort 51e sur 100 avant d’être affecté dans un service dédié au traitement des viols et des vols avec violence. Quoique bien noté, il se heurte assez rapidement à des pratiques qu’il « ne cautionne pas » avant d’être muté à la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis [ouile ouile houile]. Au cours d’une enquête, il est témoin de violences en garde à vue, assure avoir « fait un scandale pendant que tout le monde regardait le plafond ». Il découvre, aussi, des « collègues en grande souffrance, déprimés par un management vertical assez brutal », les méfiances entre les différents corps, gardiens de la paix, officiers, commissaires.

      Ses convictions se fissurent peu à peu mais il tient bon, accroché à son souhait de « servir » [quoicétidonqu’estceetcoment]. La répression des manifestations contre la « loi travail », en 2016, achève de le dessiller : « On en discutait beaucoup entre nous et j’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? » En juillet 2017, il annonce à son supérieur qu’il souhaite démissionner. Réponse du commissaire, après quelques secondes de réflexion : « Faites-moi votre rapport, que je puisse demander un remplaçant au plus vite. »

      « Faire taire »

      A huit années de distance, en se montrant « fier de ce qu[’il a] pu faire, comme traiter des viols et aider des victimes », Florent Gensollen s’interroge sur le fonctionnement d’un « corps finalement [ah...ok, ndc] assez coupé de la population, qui vit dans l’entre-soi et où l’on finit par voir le monde en noir et blanc ». « Quand on est policier, explique-t-il, on change d’état d’esprit. Je quittais le service et je classais les gens croisés dans la rue en deux catégories : les victimes et les délinquants. A la fin, on ne se reconnaît plus. » Après un passage par les Beaux-Arts d’Angoulême, le jeune homme est devenu éducateur et illustrateur, et espère vivre un jour de sa passion pour la bande dessinée.

      Dans la #police, dénoncer les dysfonctionnements paie rarement. Question de codes, de pratiques, de culture. Et les lanceurs d’alerte sont généralement considérés comme des aigris, des éléments perturbateurs animés de la seule volonté de nuire. « Quand on dénonce un problème dans la police, on devient le problème », résume Jean-François (qui n’a pas souhaité donner son nom). En 2019, lorsqu’il s’étonne que certains délégués syndicaux et chefs de groupe de son service perçoivent une prime à laquelle ils ne peuvent prétendre, sa hiérarchie n’accepte pas qu’il dénonce en interne « ce dysfonctionnement » Une enquête administrative est aussitôt diligentée contre lui, « une procédure-bâillon » destinée à le « faire taire », assure-t-il.

      C’est le début d’une longue suite d’avertissements, de rappels à la règle, d’« exclusion de réunions de groupe », jusqu’à l’isolement total. En mars 2021, il est sanctionné pour avoir « contesté de manière inappropriée » l’attribution de la prime qu’il estime indue. Suivent quatre années entrecoupées d’arrêts de travail et d’enquêtes administratives menées, selon lui, exclusivement « à charge », et un « harcèlement moral » encore aggravé lorsqu’il s’inquiète de l’ordre que ses collègues et lui ont reçu : partager des données sensibles par la messagerie chiffrée Signal.

      Les rapports favorables de certains collègues n’y feront rien. En avril 2025, après des postes à la PJ et dans le contre-terrorisme, il est affecté au service des plaintes en ligne. Un mois plus tard, il signe une rupture conventionnelle après des « crises d’angoisse » et un « burn-out » qui l’ont décidé à quitter la police pour s’inscrire, au mois de septembre, à un CAP de menuiserie. Non sans amertume, après avoir multiplié les démarches devant la justice avec son avocat, Arié Alimi, pour faire reconnaître ses droits. « Lutter contre l’injustice dans l’administration a un coût et l’épuisement cherché pour nous faire plier passe aussi par un épuisement financier, dit-il. La technique est bien rodée. » Si la Maison des lanceurs d’alerte lui a accordé le statut de lanceur d’alerte, son dossier est toujours à l’étude par la Défenseure des droits depuis le mois de juin.

      « Brebis galeuses »

      Alfred (son prénom a été changé) a également fait les frais des réticences de l’institution à admettre la défaillance de certains de ses agents, en particulier lorsqu’ils sont cadres. En 2015, alors en deuxième année de licence d’histoire, il plaque ses études après l’attentat de Charlie Hebdo pour rejoindre la police et se sentir « utile ». Deux ans plus tard, dès sa sortie d’école de gardiens de la paix, il est affecté dans un service d’enquête d’un commissariat de la banlieue nord de Paris, où il travaille avec « des gens extraordinaires, à tous les niveaux de la hiérarchie ».

      Mais à son arrivée dans une prestigieuse brigade de la PJ parisienne en 2023, il déchante. Pendant des mois, il va documenter des faits de harcèlement, des « blagues » à caractère sexuel jusqu’aux insultes. Avisée, la hiérarchie n’y voit que les marques d’un humour potache. « Il était capitaine, dit-il en évoquant son tourmenteur, ce n’était pas lui qu’on allait virer, mais moi. » Pressenti pour passer l’examen d’officier de police judiciaire, on lui propose à la place d’être affecté à l’ouverture du garage du siège de la PJ parisienne. Après de longs mois de procédure, lorsqu’il retrouve un poste, c’est dans un placard.

      De guerre lasse, il jette l’éponge en février 2025 et suit une procédure de reconversion professionnelle pour devenir #journaliste et mettre à profit ce qu’il a appris dans la police, « le traitement de sources et une méthodologie d’enquête ». Comme beaucoup de démissionnaires, il ne regrette pas ses années dans l’institution, « où on trouve aussi des gens incroyables et utiles à la société ». Mais s’interroge : « Une institution où l’on couvre presque toujours les brebis galeuses peut-elle fonctionner longtemps comme ça ? »

      Rencontrés dans une brasserie parisienne, Elvis et Franck (leurs prénoms ont été modifiés à leur demande) s’apprêtent à quitter la gendarmerie dans quelques mois en dépit d’un parcours professionnel jalonné de postes exigeants et valorisés. Les deux quadragénaires évoquent pourtant une « lassitude » face à la « rigidité en matière de gestion des ressources humaines, où il suffit d’être spécialisé dans un domaine pour être affecté dans un autre, au risque de fragiliser les relations de confiance établies avec les partenaires, magistrats en premier lieu ».

      Démotivation

      Chacun évoque le passage obligatoire à la « DG » , la direction générale de la #gendarmerie nationale, comme « le tournant de la désillusion ». « On se trouve jusque-là en situation de responsabilité, à commander des professionnels conformément à ce qu’on nous a enseigné et, d’un coup, on devient la dernière roue du carrosse parmi des centaines d’officiers, dans un endroit où tout doit être validé et survalidé », avance Elvis. Au sein des personnels affectés à la « DG » , on plaisante volontiers sur les « CAC », les « commandes à la con » passées par les étages supérieurs de la hiérarchie.

      Selon ces deux officiers, « fiers d’avoir servi leur pays » et prêts à s’engager dans la réserve, « il ne faut pas regarder le volume des départs, mais le type de profils qui prennent la porte », des sous-officiers experts dans des techniques de pointe ou « des officiers qualifiés, parfois à des grades assez élevés ». Et de citer un colonel, ancien commandant de l’antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) de Guyane, diplômé de l’école de guerre et conseiller du directeur général de la gendarmerie, qui a pris, en août 2023, la direction de la sûreté d’une multinationale de l’événementiel, ou l’ancienne porte-parole de la gendarmerie, qui a gravi un à un les échelons hiérarchiques jusqu’au grade de colonelle et remplit désormais les fonctions de secrétaire générale du Crédit agricole Centre France, qui totalise 2 500 salariés.

      Ces départs ne sont parfois que des « mises en disponibilité » autorisées à raison de périodes de deux ans renouvelables quatre fois – soit dix ans au total – avant un retour dans l’institution. Mais « opter pour ce dispositif à ce niveau de grade, insistent les deux officiers, constitue une nouveauté ».

      De longue date, le secteur privé n’hésite pas à débaucher d’anciens policiers, militaires ou gendarmes, réputés pour leur fiabilité et leur aptitude au commandement. Mais, selon Elvis et Franck, les départs enregistrés ces dernières années témoignent surtout d’une certaine forme de démotivation éprouvée face aux « lourdeurs administratives », aux coteries susceptibles de décider de l’orientation d’une carrière. Toutes les personnes interrogées soulignent pourtant les difficultés à tourner la page. « Servir l’Etat et l’Etat de droit manque parfois, représenter et incarner les valeurs républicaines manque souvent, résume Jean-François, le policier devenu menuisier. On ne quitte pas en quelques mois un uniforme porté pendant vingt ans. »

      une autre voie de sortie laisse moins de séquelles : le suicide.

  • Angela Davis : « La prison aurait dû être abolie depuis longtemps »

    La philosophe, militante afro-féministe, antiraciste et communiste, a rassemblé dans l’ouvrage Abolition. Politiques, pratiques, promesses (éditions Au diable vauvert) ses réflexions sur le nécessaire dépassement du système carcéral. Une invitation à renverser l’ordre capitaliste existant.

    https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/abolition-de-lesclavage/angela-davis-la-prison-aurait-du-etre-abolie-depuis-longtemps

    Nous voyons encore des liens très forts entre le complexe carcéro-industriel et le système capitaliste au-delà des frontières des États-Unis. C’est un phénomène international. Et il représente, dans le développement du capitalisme, un moment où un grand nombre de personnes ne sont plus en mesure de trouver les moyens de gagner leur vie. Que faire alors de ces populations marginalisées, de ces populations pour lesquelles il n’y a pas d’emploi dans le contexte de la société capitaliste ? Nous assistons à la construction d’un grand nombre de prisons précisément au moment où l’économie américaine et mondiale ne parvient plus à répondre aux besoins des êtres humains.

    Dans les années 1980, à l’époque où les systèmes de protection sociale et les dispositifs d’aide sociale ont commencé à s’effondrer, on a vu se construire davantage de prisons, on a vu davantage de personnes condamnées à des peines de prison. Lorsque les emplois migrent vers d’autres parties du monde et que ceux qui occupaient ces emplois n’ont plus les moyens de subvenir à leurs besoins, que se passe-t-il ? On assiste à une augmentation du nombre de personnes incarcérées. Il y a donc beaucoup de liens à explorer : on ne peut pas penser le complexe carcéro-industriel sans le replacer dans le contexte du capitalisme mondial.

    https://archive.is/Gq3v0

  • Quand la physique quantique défie la causalité | Pour la Science
    https://www.pourlascience.fr/sr/100-ans-de-mecanique-quantique/nous-avons-invente-un-chat-de-schrodinger-causal-28417.php

    toujours dans le dernier numéro de Pour la Science (12/25), causalité et mécanique quantique
    et toujours un titre papier nettement plus percutant :
    « Nous avons inventé un chat de Schrödinger causal »

    [La grande épopée centenaire de la mécanique quantique – 4/4] Dans ce dernier volet d’un entretien en quatre partie, le physicien Hippolyte Dourdent aborde la question du temps et de la causalité en physique quantique. Un sujet d’une actualité brûlante qui se mêle à la théorie de l’information.

    disclaimer : j’ai pas tout compris…

  • Que reste-t-il d’Effondrement ?
    titre, nettement plus percutant, de la version papier de cet article du dernier Pour la Science (12/25). La réponse par deux (femmes) archéologues : pas grand chose…

    Comment s’effondrent les civilisations : la théorie de Jared Diamond remise en cause par les découvertes archéologiques | Pour la Science
    https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/effondrement-des-civilisations-ce-que-disent-les-dernieres-decouvertes


    Avec son emplacement en zone montagneuse, la cité maya de Copán (aujourd’hui située au Honduras) est très particulière. Jared Diamond en a pourtant fait un cas type pour expliquer le processus d’effondrement à l’œuvre dans toute la région.
    © amnat30/Shutterstock

    Comment expliquer la disparition des sociétés anciennes ? Dans son livre « Effondrement » paru il y a vingt ans, l’historien Jared Diamond insistait sur l’influence du climat et de l’environnement. Cette hypothèse reste-t-elle pertinente aujourd’hui, à la lumière des dernières découvertes archéologiques ? Nous avons demandé aux archéologues Chloé Andrieu et Émilie Gauthier, qui étudient les Mayas et les Norrois.

  • Comptes fermés et refus de virement : ces banques françaises qui empêchent la solidarité avec la Palestine

    https://www.humanite.fr/monde/banques/comptes-fermes-et-refus-de-virement-ces-banques-francaises-qui-empechent-la

    Au Parlement, la sénatrice écologiste Raymonde Poncet-Monge a interrogé le ministre de l’Économie sur ces questions. « Existe-t-il une directive visant les associations pro-palestiniennes ? » Le gouvernement a répondu par la négative. Pour lui, seules s’appliquent les règles générales de vigilance financière. La députée LFI Élisa Martin a, pour sa part, sondé la Banque de France.

    Cette dernière lui a fait la même réponse que celle donnée à l’Humanité : « Il n’existe pas de consigne spécifique. Les banques sont tenues au respect de règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Ces obligations sont mises en œuvre selon une approche par les risques, guidée notamment par des orientations de l’Autorité bancaire européenne. Pour mémoire, les autorités françaises ont rappelé l’importance de l’accès aux services financiers par les associations exerçant des actions de solidarité internationale. »

    Ces dénégations sont loin d’apaiser les inquiétudes. « Si aucune consigne n’existe, pourquoi ces blocages se multiplient-ils depuis 2024 ? interroge, de nouveau, Anne Tuaillon. Nous sommes face à une zone grise où la peur du risque se transforme en interdiction de fait. »

    https://archive.is/KDTdT

  • 6 graphiques pour mesurer l’envolée des revenus des ultrariches | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/6-graphiques-mesurer-lenvolee-revenus-ultra-riches/00117146

    Voilà de quoi donner du grain à moudre aux partisans de la taxe Zucman et, plus largement, à toutes celles et ceux qui veulent renforcer la contribution des très riches. Dans son Portrait social de la France publié le 18 novembre dernier, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a produit trois études donnant un aperçu frappant de l’évolution des très hauts revenus.

    On parle là des 40 700 foyers (le top 0,1 %) situés au sommet de la hiérarchie. Dans ce club très select, le ticket d’entrée se situait, en 2022, à 463 000 euros annuels. Or ce top 0,1 %, déjà nanti, a vu ses revenus évoluer bien plus vite que le reste de la population.

    Entre 2003 et 2022, montre l’Insee, leur revenu moyen a plus que doublé (+ 119 %). Loin, très loin, du reste de la population, qui doit se contenter d’une hausse de 46 % sur la même période. Le quart des ménages les plus pauvres, eux, décroche, avec seulement + 24 % sur son revenu moyen.

    https://archive.is/Nbv8K

    #ultra-riches #revenus #inégalités #accumulations #rentes

  • La stratégie de sécurité nationale américaine prend les Européens pour cible et ménage ses adversaires
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/06/la-strategie-de-securite-nationale-americaine-prend-les-europeens-pour-cible


    Oh, quelle surprise !

    Mais le problème, c’est toujours la Russie.

    Ainsi, l’Amérique claque la porte de l’ère post-1945. Les alliances traditionnelles n’engagent plus à rien, puisque tout est extorsion, rapport de force et alignement exigé. Les valeurs n’existent plus, mis à part une brumeuse liberté d’expression absolue à l’export – au profit des droites identitaires – que l’administration méprise pourtant sur son propre territoire lorsqu’il s’agit de la presse et de ses contempteurs.

  • À propos des mails dévoilés de Jeffrey Epstein, cet article (accessible seulement ce week-end) a le mérite de poser les mots sur ce que nous pressentions depuis fort longtemps en explicitant une collusion entre des acteurs de tout bord et de toute « profession », celles ou ceux que nous appelons communément les « élites ».
    Petite remarque : quand dans l’article on nous parle de « capital intellectuel » chez ces gens-là, je préfèrerais lire « capital lucratif » au service d’un réseau de connivences.

    Ce que les e-mails de Jeffrey Epstein révèlent d’une élite américaine qui a perdu pied
    https://www.courrierinternational.com/long-format/analyse-ce-que-les-e-mails-de-jeffrey-epstein-revelent-d-une-

    Ce que ces correspondants avaient en commun, c’était d’appartenir à une élite résolument contemporaine : une classe dirigeante pour qui le nomadisme à 10 000 mètres de hauteur, la citoyenneté mondiale et les retours fréquents de Dubaï tiennent lieu d’enracinement, comme les attaches locales autrefois ; une sphère où le capital intellectuel universitaire vaut ce que valait jadis le pedigree ; où les anciennes frontières de caste se sont dissoutes, permettant d’alterner – ou de cumuler – les rôles de gouvernant, d’investisseur, de penseur et de bienfaiteur. Certains, comme Larry Summers, baignent dans toutes ces dimensions ; d’autres, un peu moins.

    https://archive.is/0vW7b

    Constat aisément transposable à de nombreuses « démocraties » de l’Occident global.

    Cet article du Courrier International est une traduction en français d’un article de Anand Giridharadas paru initialement dans le NYT le 23/11/2025 :
    https://archive.is/BO6IK

    • Tourner en ridicule ceux qui croient aux complots revient à mépriser ce qu’ils tentent d’exprimer : qu’ils ne se sentent plus associés à la décision collective, plus concernés par le choix de leur avenir. Qu’il s’agisse du prix des œufs ou de l’importance accordée aux violences sexuelles sur mineurs, ils perçoivent une indifférence hautaine. Une propension à détourner le regard.

      Et voilà que ceux qui ont capitalisé sur la révolte contre l’indifférence de l’élite sont au pouvoir. Surprise : ils se révèlent encore plus indifférents que leurs prédécesseurs. Le marchandage entre initiés et la moralité à géométrie variable de la “classe Epstein” sont devenus les piliers de la philosophie qui gouverne les États-Unis.

    • Foire à la farfouille, Chomsky qui signe Noam et raconte des potins de riches sur les Blair en Arabie Saoudite.

      I read what his ghost-writer said about him. Pretty scary.

      Reminds me of something I was told by Jon Snow, one of England’s most sensible newsmen. He was with the press entourage accompanying Tony Blair on his visit to Saudi Arabia, and walking around one of the palaces one day, he saw Blair sitting in a room with a book in his lap, which greatly surprised him — until he came over to talk. It was the New Testament.

      And then Blair started telling about how delighted he and Cheri were with the gold door handles,....

      I notice that your prediction was right about Trump’s avoiding the White House as far too primitive. Must be driving the Secret Service up the wall.

      I’ll keep in mind what you say about Trump’s tweets, but they are hard to ignore. Whatever he may think, others here and abroad can’t help considering the meaning of the words, and take action accordingly.

      About meaning, It’s not clear to me how to distinguish the meaning of “New York” (however it is correctly specified) from the concept. Still don’t see how to work out field models.

      Noam

      Epstein qui répond à Peter Thiel

      jeffrey E.
      toPeter Thiel <███████████>
      Sep 09, 2014 11:53 AM

      13 th afternoon you and I . then bill burns . the diplmats diplomat. eveing dinner with woody all casual.. if you choose we can bring in kathy ruemmler. former obama counsel for 5 years. and or sen Bob kerrey, former senate intellignece

    • Au cœur du récit : un criminel sexuel, ses victimes et ses liens avec le président Trump. Mais cette histoire est aussi celle d’un puissant écosystème grâce auquel certains, selon ce qu’ils savaient, ont pu fermer les yeux sur les souffrances dont ils avaient connaissance, parce qu’ils avaient appris à le faire par le passé sur quantité d’autres abus : les crises financières qu’ils avaient contribué à déclencher, les guerres hasardeuses qu’ils avaient encouragées, la crise des opioïdes qu’ils avaient facilitée, les monopoles qu’ils avaient défendus, les inégalités qu’ils avaient alimentées, la crise du logement dont ils avaient profité, les citoyens qu’ils n’étaient jamais parvenus à protéger contre les technologies. L’affaire Epstein touche un public bien plus large que la plupart des scandales actuels, ce qui en crispe plus d’un dans certains cénacles.

    • @touti
      Je crois savoir que tu avais des problèmes de captcha avec archive.ph. C’est pour cela que j’ai changé la nationalité du nom de domaine.
      Avec Firefox, j’ai désormais des captcha sur archive.ph mais pas avec archive.is. C’est compliqué la « navigation sur la toile », non ?

    • Je ne sais pas ce que tu veux dire par

      C’est compliqué la « navigation sur la toile », non ?

      Je pointe un problème politique et pas personnel, ou alors je suis politique. Simplement je trouve anti démocratique de devoir se fader des scripts google et d’entrainer leur saloperie d’IA tout en leur laissant prélever des infos sur les IP.

    • @touti : Tu as raison de pointer le problème politique en l’occurrence la grosse machinerie déployée par l’industrie de la surveillance et de la captation des données. Je n’en ai pas forcément conscience, l’essentiel pour moi étant de relayer des infos. Et c’est désormais techniquement compliqué d’avoir une navigation « safe ».

    • It is unclear whether Chomsky sent the letter to anyone. Nonetheless, it exalts Epstein for teaching Chomsky “about the intricacies of the global financial system” in a way “the business press and professional journals” had not been able to do. It boasted about how well connected Epstein was.

      “Once, when we were discussing the Oslo agreements, Jeffrey picked up the phone and called the Norwegian diplomat who supervised them, leading to a lively interchange,” the letter read. The letter recounted how Epstein had arranged for Chomsky – a political activist, too – to meet with someone he had “studied carefully and written about”: the former Israeli prime minister Ehud Barak.

      Epstein had – “with limited success” – aided efforts from Chomsky’s second wife, Valeria, to introduce him “to the world of jazz and its wonders”, the letter continued.

      It concluded, “The impact of Jeffrey’s limitless curiosity, extensive knowledge, penetrating insights and thoughtful appraisals is only heightened by his easy informality, without a trace of pretentiousness. He quickly became a highly valued friend and regular source of intellectual exchange and stimulation.”

      Another notable communication involving Chomsky and Epstein is a 2015 email in which the latter offers the former use of his residences in New York and New Mexico.

      The emails don’t indicate whether Chomsky took advantage of the offer, whose particulars surfaced as certain officials are striving to investigate allegations of crimes by Epstein at a ranch compound he owned outside Santa Fe, New Mexico.

    • Sauf que les défenseurs de Chomsky persistent à banaliser son soutien (sans adhésion) au négationisme du génocide nazi, parfaitement démontré par Pierre Vidal-Naquet dans l’article cité.

      Par ailleurs, un article critique de Paolo Virno met en cause ses conceptions les plus fondamentales

      Histoire naturelle. Le débat entre Chomsky et Foucault sur la « nature humaine »
      https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2015-4-page-84?lang=fr

      Le fait que le rapport entre la faculté de langage et l’action politique qu’il propose soit sans fondement, ne témoigne pas contre sa politique, mais plutôt contre sa manière de concevoir la faculté de langage (et, donc, la nature humaine invariante). La question philosophiquement considérable est la suivante : quels aspects de la linguistique chomskyenne bouchent dès le début la possibilité d’articuler un rapport fiable entre l’inné et l’acquis, l’invariant et le variable, le métahistorique et l’historique ? Quels aspects de cette linguistique se révèlent incompatibles, donc, avec une historiographie naturaliste ?

      [...]

      Et nous en venons à la deuxième question. Chomsky et les sciences cognitives établissent un court-circuit pernicieux entre l’espèce et l’individu isolé. Ils n’ont aucune hésitation, bien au contraire, à identifier sans restes les deux termes. À ce sujet, qu’ils le sachent ou non, ils sont très chrétiens : « Le paganisme ne voyait dans l’individu qu’un membre distinct et dépendant de l’espèce ; le christianisme, au contraire, l’identifiait avec l’espèce, ne le comprenait que dans une unité immédiate et sans différence avec elle […] Pour le chrétien, Dieu est le concept de l’espèce considérée en tant qu’individu. » (Feuerbach 1841, p. 165 sq.) L’erreur n’est pas, bien entendu, dans le fait de prendre comme point de départ l’esprit linguistique unique, mais dans le fait de méconnaître ou d’enlever ses caractères transindividuels. Attention : par « transindividuel » il ne faut pas entendre l’ensemble de qualités qui rapprochent l’individu des autres individus, mais ce qui concerne uniquement la relation entre individus, sans appartenir solidairement à aucun d’eux en particulier. La transindividualité est la manière dont s’articule, à l’intérieur du même esprit individuel, l’écart entre l’espèce et l’individu. Elle est un espace potentiel encore vide, non pas un ensemble de propriétés positives : ces dernières, loin de se situer dans un « entre », constitueraient en effet le patrimoine exclusif d’un certain Moi. Dans le particulier, dans l’individu, les aspects transindividuels de la faculté de langage, à savoir de la nature humaine, se présentent inévitablement comme incomplétude, lacune, potentialité. Et alors, ces caractères défectifs, et cependant innés, signalent que la vie de l’esprit est, depuis le début, une vie publique. Ayant négligé la dimension transindividuelle, Chomsky et les cognitivistes croient que l’intellect de chacun est autosuffisant et, donc, dépolitisé. Dans leur scénario, la pratique sociale ne monte sur scène que dans le deuxième acte, lorsque des esprits déjà complets en eux-mêmes interagissent, des esprits essentiellement privés. La sphère publique est donc un élément optionnel dont on peut toujours se passer. L’« animal qui a le langage » n’est pas, en tant que tel, un « animal politique ». Le vacarme de l’histoire ne plonge pas ses racines dans la nature humaine : voire, c’est au nom de cette dernière qu’il faut s’efforcer d’atténuer ce vacarme, en amoindrissant les dissonances.

      3 – Invariance biologique et horizon religieux

      L’histoire naturelle vise à recenser les formes très différentes sous lesquelles les présupposés biologiques de notre espèce émergent en tant que tels sur le plan empirique, en s’incarnant dans des phénomènes sociopolitiques absolument contingents. Elle prête une attention spéciale à la manière dans laquelle les conditions phylogénétiques qui garantissent l’historicité de l’animal humain prennent parfois l’apparence de faits historiques bien déterminés. Elle défend avec fermeté, donc, aussi bien l’invariance de l’invariant, que la variabilité du variable, en excluant des compromis qui ne sont judicieux qu’en apparence. Pour faire valoir ses instances propres, l’histoire naturelle doit repousser en bloc les orientations opposées et symétriques qui se heurtèrent dans la discussion de 1971. Elle doit repousser l’une et l’autre orientation, mais surtout l’alternative qu’elles représentent ensemble : ou bien dissolution de la métahistoire dans l’histoire empirique (Foucault), ou bien réabsorption de l’histoire dans la métahistoire (Chomsky). Tant que le domaine des choix possibles semblera saturé par ces deux polarités, l’histoire naturelle restera un migrant clandestin sans droit de citoyenneté.

  • Le pacte Dutreil, une niche fiscale qui profite aux héritiers et coûte cher aux finances publiques | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/pacte-dutreil-une-niche-fiscale-profite-aux-heritiers-coute-cher/00116987

    Voici un rapport qui a fait bondir le Medef. Le 18 novembre, la Cour des comptes a rendu son avis sur le pacte Dutreil, qui accorde depuis 25 ans un avantage fiscal important aux dirigeants qui transmettent leurs entreprises. Et ce dernier est plutôt sévère.

    Ce dispositif fiscal, créé en 2000 et élargi en 2003, consiste, d’une part, en un abattement de 75 % de l’assiette taxable lors des transmissions en question, c’est-à-dire de la valeur estimée de l’entreprise transmise. Et d’autre part, en une réduction de 50 % de l’impôt dû, s’il s’agit d’une donation en pleine propriété et que le donateur a moins de 70 ans.

    Le tout, moyennant le respect de certaines conditions, comme par exemple la non-cession des titres acquis pendant au minimum cinq ans ou encore le maintien de l’activité pendant six ans. En cas de signature d’un pacte Dutreil pour une transmission, le taux maximal d’imposition, de 45 % dans le cas général, peut donc être ramené… à 5,6 % !

    https://archive.is/iaMiI

    #transmission du #patrimoine #entreprises #héritiers