• José Manuel Albares : « Aucun pays ne peut affronter seul les mouvements migratoires »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/10/jose-manuel-albares-aucun-pays-ne-peut-affronter-seul-les-mouvements-migrato

    José Manuel Albares : « Aucun pays ne peut affronter seul les mouvements migratoires »
    En poste depuis juillet dans le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, l’ancien diplomate José Manuel Albares a dû gérer la crise entre son pays et le Maroc et l’arrivée massive de migrants, notamment aux Canaries.
    La tension monte entre le Maroc et l’Algérie. Comme partenaire privilégié de ces deux pays, comment voyez-vous la situation ?
    Quand se produisent des tensions entre deux partenaires stratégiques pour l’Espagne et pour toute la Méditerranée quant à la stabilité, le développement et la prospérité, il est évident que l’Espagne suit cela avec inquiétude. Nous allons essayer de faire en sorte que celles-ci ne conduisent à aucune forme d’escalade.
    L’Algérie a fermé le gazoduc Maghreb-Europe. Quelles sont les conséquences pour l’Espagne, qui dépend à 50 % du gaz algérien ?
    Je me suis déplacé, fin septembre, en Algérie. Le premier ministre et mon homologue algérien nous ont garanti l’approvisionnement en gaz. Nous n’avons donc aucune inquiétude. Quant à la question du coût, il est fixé par les contrats signés avec les entreprises du secteur et nous avons reçu la garantie qu’ils seront honorés. En général, nous sommes très satisfaits de la réponse de l’Algérie.
    Après avoir accueilli, en avril, le chef du Front Polisario pour être soigné du Covid-19, l’Espagne a subi les représailles du Maroc sous la forme d’une entrée massive de Marocains à Ceuta. Où en sont les relations avec le Maroc ?Tous les signaux que nous recevons de Rabat sont positifs. J’en tiens pour preuve le discours qu’a tenu le roi Mohammed VI le 20 août, lors duquel il a défini la relation qu’il souhaite et qui est exactement celle que veut l’Espagne : une relation basée sur la confiance, la transparence, le respect mutuel et sans action unilatérale.
    Le renforcement des contrôles sur le détroit de Gibraltar a dévié les entrées vers les Canaries, passées de 400 en 2017 à 23 000 en 2020. La collaboration sur la question migratoire ne fait-elle pas défaut ? Le Maroc a continué à se montrer un partenaire fondamental dans le contrôle des flux migratoires depuis cet été, notamment à Ceuta et Melilla. Mais les mouvements migratoires se déplacent toujours à la recherche des nouveaux chemins pour traverser la Méditerranée. Ce n’est pas nouveau. Parfois, c’est le nord du Maroc, d’autre fois la Libye, maintenant les Canaries… Nous sommes face à un problème structurel. Et tant que les inégalités entre l’Afrique et l’Europe sont ce qu’elles sont, il le restera. Or, si les problèmes conjoncturels ont des solutions, les problèmes structurels, eux, doivent être gérés.
    Et comment doit être gérée l’immigration illégale ?L’approche espagnole, qui a démontré son efficacité, passe par l’établissement d’associations stratégiques avec les pays d’origine et de transit, grâce à un dialogue permanent.Les accords avec les pays d’origine fonctionnent mal pour les rapatriements…Nous avons un dialogue satisfaisant avec beaucoup de pays du Maghreb et du Sahara occidental. Il faut adapter et rénover les alliances, car les gouvernements changent, les routes migratoires aussi. Pas seulement en Méditerranée, d’ailleurs. Nous voyons ce qui se passe en Biélorussie. C’est un problème à l’échelle de toute l’Union européenne (UE).
    Est-ce un aveu d’impuissance ?Non. Mais il n’y a aucun pays de l’UE, aucun, qui peut affronter seul les mouvements migratoires qui confluent vers l’Europe. C’est pourquoi nous sommes très favorables à un pacte d’asile et d’immigration à l’échelle européenne, tout en disant qu’il est très important que les responsabilités et la solidarité soient réparties de manière équilibrée. La gestion des flux d’immigration illégale ne peut pas retomber exclusivement sur les Etats de première arrivée. Et c’est un pays qui a toujours assumé sa part de responsabilité qui le dit…
    La France, en maintenant onze passages frontaliers fermés dans les Pyrénées, n’en doute-t-elle pas ? La fermeture unilatérale des postes-frontières doit être temporaire. L’engagement de l’Espagne contre l’immigration irrégulière ne fait absolument aucun doute. Ce sont des flux qui ne viennent pas sur les côtes espagnoles en tant que telles mais en Europe. La France et l’Espagne sont deux pays amis qui travaillent en faveur de la construction européenne ; par conséquent, nous devons lutter conjointement contre l’immigration illégale et maintenir la liberté de circulation dans l’espace Schengen.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#UE#sante#politiquemigratoire#immigration#immigrationillegale#immigrationirreguliere#frontiere#algerie#maroc

  • Mirages de l’école coloniale
    https://laviedesidees.fr/Carole-Reynaud-Paligot-L-Ecole-aux-colonies.html

    À propos de : Carole Reynaud-Paligot. L’École aux colonies. Entre mission civilisatrice et racialisation, 1816-1940, Champ Vallon. Quelles furent les motivations des colonisateurs français en ouvrant des écoles au Maghreb et en Afrique ? Cette étude, sérieuse malgré quelques lacunes, montre comment le complexe de supériorité a fini par balayer l’idéal méritocratique et les rêves de mixité.

    #Histoire #race #école #Algérie #république #colonisation
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211110_ecolecoloniale.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211110_ecolecoloniale.docx

  • « Nous ne pouvons pas empêcher qu’un homme ait peur de son ombre »
    Rémi Carayol > Michael Pauron > 18 octobre 2021
    https://afriquexxi.info/article4869.html

    Document sonore · En juillet 1984, à la veille du premier anniversaire de la révolution, le dirigeant de ce qui deviendra quelques jours plus tard le Burkina Faso accorde une interview au célèbre cinéaste René Vautier. Cet échange était tombé dans l’oubli. Afrique XXI le dévoile alors que le procès des assassins de Sankara et de douze de ses camarades doit se tenir dans les prochaines semaines. Cette seconde partie est consacrée à sa conception de la révolution, à ses relations avec les pays voisins et aux régimes sud-africain et israélien. (...)

    #Thomas_Sankara
    #Algérie #Burkina_Faso #Mali #Sahara_occidental #Tchad #Israël

  • Du Maroc à la Tunisie, le tourisme frappé par le Covid regarde vers 2022
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/10/13/du-maroc-a-la-tunisie-le-tourisme-frappe-par-le-covid-regarde-vers-2022_6098

    Du Maroc à la Tunisie, le tourisme frappé par le Covid regarde vers 2022
    Les plages tunisiennes, marocaines ou algériennes retrouvent des touristes, mais on est encore loin des bons chiffres d’avant la crise sanitaire.
    Soleil, mer et sable chaud, tout est réuni ce matin d’octobre à Hammamet pour le plaisir des touristes. Mais à l’heure des bilans, en Tunisie, au Maroc comme en Algérie, l’humeur est morose : la saison 2021 n’a fait que redonner un peu d’oxygène à un secteur ravagé par le Covid-19.
    Haykel Akrout est directeur du luxueux Bel Azur, hôtel situé sur le littoral de la célèbre ville balnéaire tunisienne, depuis plus de vingt ans. Il fait fièrement visiter le domaine doté de piscines et d’une thalasso. « 2021 est mieux que 2020 (…) Mais ça reste deux fois moins bien que 2019, à cause des contraintes » liées au Covid-19, explique-t-il à l’AFP.Après une flambée épidémique en juillet, son établissement de 1 000 lits a dû réduire de moitié sa capacité et la Tunisie s’est retrouvée en zone rouge pour toute l’Europe, d’où proviennent ses touristes habituels, surtout français, allemands et italiens. Avec un hôtel rempli à 30 %, dont 130 Russes, « on parle de survie, on n’est pas du tout dans un contexte de rentabilité », déplore M. Akrout.
    La saison 2021 a connu « un très léger mieux. Mais, par rapport à 2020 − année catastrophique avec une régression de 80 % −, on est très loin de l’activité normale avec une augmentation de 11 % cette année », confirme à l’AFP Dora Milad, présidente de la Fédération tunisienne d’hôtellerie (FTH). Les bonnes années comme 2019, avec 9 millions de nuitées, le tourisme a représenté jusqu’à 14 % du PIB, faisant vivre 2 millions de Tunisiens. Egalement dépendant du secteur, le Maroc a connu après la réouverture des frontières mi-juin une relative embellie. Le pays comptabilisait plus de 3,5 millions d’entrées fin août contre 2,2 millions un an plus tôt, mais quatre fois moins qu’en 2019 (13 millions).« La reprise a été particulièrement bonne dans les villes balnéaires. Mais elle a été ralentie par les restrictions imposées en août », explique à l’AFP Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT).Sous l’effet d’un pic épidémique, le Maroc a durci les restrictions sanitaires en limitant les déplacements vers les pôles touristiques de Marrakech et Agadir (ouest).
    En Algérie, où le tourisme intérieur fournit le plus gros contingent de visiteurs, l’activité des hôtels a « reculé à tout juste 25 % [de la normale] en raison de la pandémie », qui a connu un pic en juillet, selon le président de la Fédération nationale des hôteliers algériens (FNH), Ahmed Oulbachir.
    Ces derniers jours, à la faveur d’une forte baisse des contaminations et des décès, la Tunisie a été sortie des listes rouges du Royaume-Uni et de la France, qui a pris une mesure identique pour le Maroc et l’Algérie.
    Pour l’hiver 2021, il est « déjà trop tard », estime le directeur du Bel Azur, M. Akrout. Mais « c’est comme un gros paquebot, cela va remettre la machine en route » et permettre de « sauver la saison 2022 : on pourra signer des contrats avec les tour-opérateurs ». Les professionnels se préparent à une reprise tout en estimant qu’il faudra « repenser le tourisme ». La Tunisie, « ce n’est plus l’image du chameau et la plage seulement. Le tourisme de masse a montré ses limites », considère M. Akrout, appelant à valoriser « des sites magnifiques totalement inexploités ». A la FTH, Mme Milad est du même avis. Elle évoque le Sud, les régions intérieures (djebel El-Saha) ou les « côtes de Carthage », près de Tunis. Selon elle, le secteur s’est « reposé sur ses lauriers » et son développement exponentiel à partir des années 1960.Il faut donc redéfinir le secteur, mais sans oublier que « le tourisme balnéaire représente 80 % de la demande mondiale » et sans « éliminer ce qui a été construit », précise la patronne de la fédération tunisienne, pour qui il faut bâtir une nouvelle « vision ».

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#maroc#algerie#sante#pandemie#tourisme#economie#frontiere#circulation

  • Ces #murs de #sable qui surgissent au #Sahara

    Construire des murs ou des clôtures pour protéger un territoire ou garder des frontières est une pratique courante à travers le monde. Elle s’étend désormais au continent africain pour entraver les flux migratoires. En toute discrétion, du #Maroc au #Niger en passant par l’#Algérie, les autorités érigent des #parois_de_sable, lourdement gardées par des policiers et des militaires, et surveillées par des caméras.


    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/10/journal#!/p_14
    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/10/CARAYOL/63629
    #barrières #barrières_frontalières #murs_de_sable #surveillance_des_frontières #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #anti-migrants #anti-terrorisme

    via @rhoumour
    ping @_kg_ @karine4

  • Immigration : Rabat regrette la décision « injustifiée » de Paris de durcir les conditions d’octroi des visas
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/09/28/immigration-la-france-durcit-le-ton-envers-l-algerie-le-maroc-et-la-tunisie_

    Immigration : Rabat regrette la décision « injustifiée » de Paris de durcir les conditions d’octroi des visas. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie refusant de rapatrier leurs ressortissants en situation irrégulière, la France réduit drastiquement le nombre de visas délivrés.

    Rabat a regretté, mardi 28 septembre, la décision de la France de durcir les conditions d’obtention des visas à l’égard du Maroc. « Nous avons pris acte de cette décision, nous la considérons comme injustifiée », a déclaré le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, lors d’une conférence de presse. « Le Maroc a toujours géré la question migratoire (…) avec une logique de responsabilité et d’équilibre entre la facilitation des déplacements des personnes (…) et la lutte contre la migration clandestine », a affirmé M. Bourita. A quelques mois de l’élection présidentielle, la France a engagé une épreuve de force avec le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Paris a annoncé la réduction du nombre de visas accordés à ces trois pays du Maghreb en raison de leur « refus » de délivrer les laissez-passer consulaires (LPC) nécessaires au retour des immigrés refoulés de France.
    Décision inédite Les LPC qui ne sont délivrés qu’au compte-gouttes, selon Paris, freinant des expulsions déjà rendues compliquées par la crise sanitaire et les fermetures des frontières. Ainsi, selon le ministère français de l’intérieur, le Maroc a délivré 138 de ces documents entre janvier et juillet, avec « un taux de coopération » de 25 %. « Si ma mémoire est bonne, nos canaux consulaires ont délivré près de 400 laissez-passer pour des personnes se trouvant en situation irrégulière durant les huit derniers mois, a précisé de son côté M. Bourita. Le Maroc a toujours réagi de manière pragmatique et stricte avec les personnes qui se trouvent en situation irrégulière. » Le ministre a également attribué à un « problème franco-français » la difficulté du rapatriement des ressortissants marocains, regrettant que la France ne leur impose pas de test PCR avant d’embarquer pour le Maroc, alors que Rabat rend obligatoire ce test pour pénétrer sur son territoire, pandémie oblige. « C’est une décision drastique, c’est une décision inédite, mais c’est une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France », a justifié le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mardi 28 septembre, sur Europe 1.
    L’attitude de ces pays « freine l’efficacité des reconduites effectives » à la frontière une fois les obligations de quitter le territoire français (OQTF) délivrées, a déploré le porte-parole du gouvernement. « Il y a eu un dialogue, ensuite il y a eu des menaces ; aujourd’hui on met cette menace à exécution », a-t-il encore expliqué. Rappelant les visites sur le sujet dans ces trois pays du premier ministre, Jean Castex, et de membres du gouvernement, dont le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, ainsi que les réunions avec les ambassadeurs des pays concernés, M. Attal a estimé qu’« à un moment quand les choses ne bougent pas, nous faisons appliquer les règles ». Interrogé sur la durée d’application de cette mesure, le porte-parole du gouvernement a expliqué qu’elle avait été « décidée il y a quelques semaines » et « va être mise à exécution » pour « pousser les pays concernés à changer de politique et accepter de délivrer ces laissez-passer consulaires ». « On souhaiterait que la réaction soit davantage de coopération avec la France pour qu’on puisse faire appliquer nos règles migratoires », a insisté M. Attal. Réagissant à cette annonce sur France Inter, le président par intérim du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a affirmé qu’« on jugera[it] le résultat », déplorant qu’Emmanuel Macron ne soit pas parvenu, comme promis selon lui en campagne en 2017 à « 100 % d’exécution des OQTF ». La candidate du RN, Marine Le Pen, doit présenter mardi après-midi son projet de référendum sur l’immigration.

    #Covid-19#migrant#migration#france#algerie#maroc#tunisie#sante#politiquemigratoire#OQTF#refoulement#rapatriement#pandemie#visa#testlaissez-passerconsulaire

  • Quand s’organisait la société musulmane
    https://laviedesidees.fr/Charlotte-Courreye-Algerie-oulemas.html

    À propos de : Charlotte Courreye, L’Algérie des oulémas : une #Histoire de l’Algérie contemporaine (1931-1991), Éditions de la Sorbonne. L’Association des Oulémas algériens a joué un rôle important pendant la #décolonisation. Son objectif : faire de l’Algérie une société musulmane.

    #islam #religion #Algérie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210827_asseraf-2.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210827_asseraf-2.pdf

  • En #1926, les entraves à la migration tuaient déjà en Méditerranée

    Alors que la « #liberté_de_voyage » avait été reconnue aux « indigènes » par la loi du 15 juillet 1914, les #circulaires_Chautemps de 1924 établirent un nouveau régime de contrôle migratoire entre les départements d’#Algérie et la métropole. Les promesses d’égalité formulées à la fin de la Première Guerre mondiale s’estompant, les arguments des partisans d’un contrôle des déplacements furent entendus.

    Les « #Algériens_musulmans » furent les seuls passagers ciblés par la mise en place d’autorisations de traversée, officiellement destinées aux personnes embarquant en 3e ou 4e classe. Jusqu’à la suppression (provisoire) de ces dispositions à l’été 1936, une partie des voyageurs les contournèrent en embarquant clandestinement à fond de cale, périples qui prirent parfois un tour dramatique rappelant que la #létalité des #contrôles_migratoires doit être réinscrite dans une histoire longue des prétentions à entraver les circulations humaines.

    Un « drame » médiatisé

    Il reste peu de traces de ces traversées macabres de la Méditerranée mais la presse de l’époque se fit un large écho de « l’horrible drame du #Sidi_Ferruch ». Le 27 avril 1926, à la suite d’une dénonciation, onze Marocains embarqués clandestinement à Alger furent découverts asphyxiés dans les cales du bateau éponyme qui faisait escale à Marseille. Comme le décrivent des rapports de police conservés aux Archives des Bouches-du-Rhône, ils avaient été cachés « dans les ballasts du navire, sous les machines » où la température pouvait monter jusqu’à 70 degrés. Dix-neuf autres « passagers » furent retrouvés sains et saufs dans la soute à charbon, mais une inconnue demeura à propos du sort d’éventuelles autres victimes qui auraient pu être ensevelies sous les 285 tonnes de combustible entreposées dans les cales du bateau.

    Le Sidi Ferruch repartit en effet vers Bougie (actuelle Bejaïa, sur la côte à l’est d’Alger) sans qu’une fouille complète ait pu être effectuée, tandis que les survivants, après avoir été interrogés, étaient refoulés vers Alger d’où ils avaient embarqué. Quatre matelots corses, désignés comme ayant procédé à l’embarquement, furent placés sous mandat de dépôt et des suspects (« marocains », « algériens » ou « européens ») ayant opéré depuis Alger, comme rabatteurs ou organisateurs du trafic, furent recherchés, apparemment sans succès. Hormis la désignation d’un juge d’instruction, les suites judiciaires de l’affaire ne nous sont d’ailleurs pas connues.

    L’écho donné à la « #tragédie_du_Sidi_Ferruch » permit d’apprendre que ces cas de morts en migration n’étaient pas isolés : ainsi, le 9 avril 1926, le vapeur #Anfa, un courrier parti de Casablanca, avait lui aussi été au centre d’une affaire d’embarquements clandestins nécessitant plus d’investigations que le simple #refoulement des « indigènes » découverts à leur arrivée. Alors qu’une douzaine de clandestins cachés dans des canots avaient été débarqués à Tanger, ceux dissimulés à fond de cale ne furent découverts qu’en haute mer. Deux d’entre eux étaient morts par asphyxie. Le timonier dénoncé par les survivants aurait fait des aveux immédiats et se serait suicidé avec son arme personnelle.

    Incidemment, et sans faire état d’une quelconque surprise ou volonté d’enquêter, le commissaire spécial de Marseille rapporta alors à ses supérieurs de la Sûreté générale que trois corps avaient été « immergés » avant l’arrivée dans le port de la cité phocéenne. On imagine avec quelle facilité il pouvait être possible pour les capitaines de navires, véritables « maîtres à bord », de faire disparaître des cadavres de clandestins sans que personne ne s’en inquiète.

    Des victimes sans noms

    Dans ce cas, comme dans celui du Sidi Ferruch, l’identité des victimes ne fut jamais établie : l’absence de papiers suffisait à justifier cet anonymat, sans qu’aucune autre forme d’attestation soit recherchée, y compris auprès des survivants promptement refoulés vers leur port d’embarquement. Selon toute probabilité, les cadavres qui n’avaient pas été immergés faisaient l’objet d’une « inhumation administrative » (enterrement « sous X » dans une fosse commune réservée aux indigents) dans un cimetière de Marseille.

    Il est donc impossible d’établir la moindre estimation du nombre des « morts en Méditerranée » provoqués par l’introduction d’un « #délit_d’embarquement_clandestin » (loi du 30 mai 1923) et de #restrictions_à_la_circulation entre le #Maroc (1922) – puis l’Algérie (1924) – et la métropole. Le « drame du Sidi Ferruch » ne peut cependant être considéré comme un événement isolé, même s’il fut le seul à attirer l’attention de la grande presse. Ainsi, au cours des mois suivants, des militants du secrétariat colonial de la CGTU dénoncèrent la répétition de ces événements : la brochure L’indigénat, code d’esclavage (1928) rappelle plusieurs cas d’Algériens sortis « agonisants » ou de Nord-africains descendus de bateau « dans un état de santé alarmant ». Surtout, elle signale que pour échapper aux contrôles, ces clandestins évitaient les grands ports et pouvaient s’entasser dans de simples voiliers : quatre morts par dénutrition, après 23 jours de voyage, furent ainsi découverts le 25 février 1927, à Port-la-Nouvelle (Aude).

    Dix ans plus tard, Saïd Faci suggérait dans L’Algérie sous l’égide de la France (1936) que les morts à fond de cale étaient bien plus nombreux que les seuls cas recensés : « qu’importe que les indigènes meurent pourvu que les colons algériens aient de la main-d’œuvre à bon marché », écrivait-il, afin de dénoncer les funestes conséquences des restrictions à la libre circulation entre l’Algérie et la métropole.

    Il est vrai qu’avant même que la relative émotion suscitée par les cadavres du Sidi Ferruch ne retombe, les réactions officielles avaient été sans surprise : Octave Depont qui faisait alors figure de principal expert en « émigration nord-africaine » fit ainsi savoir dans la presse que « l’indigène sans papiers devait être renvoyé en Algérie ». L’objectif affiché était « de tarir l’#émigration_clandestine qui, ces derniers temps, a pris un développement redoutable », tout en évitant « les centaines de morts » en mer qu’Octave Depont évoquait sans plus de précisions (Le Petit Versaillais, mai 1926). Son appel à une répression plus sévère fut entendu et les peines relatives à la loi du 30 mai 1923 qui avait défini le délit d’embarquement clandestin furent alourdies (loi du 17 décembre 1926).

    Contourner les #contrôles_migratoires

    Les #contournements des contrôles ne semblent pas avoir diminué dans les années suivantes, même si la plupart des candidats au départ cherchaient à éviter les modes opératoires les plus périlleux, en particulier les embarquements à fond de cale. Un certain nombre de Marocains, passés par Oran sans avoir pu réunir les faux documents et autres autorisations achetées qui auraient pu leur donner l’apparence d’Algériens en règle, devaient cependant s’y résoudre. Des Algériens munis de faux papiers étaient aussi interpellés à Marseille et immédiatement refoulés, mais la plupart de ces migrants clandestins, ou #harragas, bénéficiaient de complicités qui leur permettaient d’échapper aux contrôles à l’arrivée.

    Une fois passée la flambée politico-médiatique suscitée par l’affaire du Sidi Ferruch, la question des trafics de pièces d’identité et des « #embarquements_clandestins » resurgit périodiquement, en fonction notamment des mobilisations en faveur d’un durcissement des contrôles. Cette #politisation rend d’autant plus délicate toute évaluation du poids et des conséquences de « l’émigration clandestine ». Les #refoulements depuis Marseille étaient relativement peu nombreux (de l’ordre de quelques dizaines par mois), mais les capitaines de navire avaient tout intérêt à faire débarquer discrètement les clandestins découverts en mer plutôt qu’à les dénoncer, au risque de devoir prendre en charge leur voyage retour.

    Les plus lucides des policiers reconnaissaient d’ailleurs que le nombre des « clandestins » et les risques qu’ils étaient prêts à encourir dépendaient avant tout de la rigueur de la législation et des contrôles en vigueur. Ces constats furent cependant peu mobilisés au service d’argumentaires en faveur de la liberté de voyage, sinon par les militants anticolonialistes qui voyaient dans ces contrôles et leurs dramatiques conséquences humaines une des déclinaisons de « l’odieux #Code_de_l’indigénat ».

    https://theconversation.com/en-1926-les-entraves-a-la-migration-tuaient-deja-en-mediterranee-16

    #histoire #Méditerranée #migrations #frontières #fermeture_des_frontières #morts #décès #mourir_en_mer #France
    #Emmanuel_Blanchard

    ping @isskein @karine4

  • #Algérie - #Niger : la réouverture de la frontière fait craindre davantage d’expulsions

    Après un an de fermeture, le passage entre les deux pays est de nouveau autorisé. Ce qui pourrait augmenter, encore un peu plus, le nombre d’expulsions illégales de migrants d’Algérie vers le Niger.

    Après plus d’un an de fermeture pour cause de coronavirus, la frontière entre l’Algérie et le Niger est de nouveau ouverte. L’annonce a été faite par le président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d’un point de presse conjoint avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum, en visite à Alger. Selon le chef d’état algérien, cette réouverture autorise "l’exportation des produits algériens vers le Niger et l’importation des produits nigériens".

    Mais force est de constater qu’elle remet aussi en lumière la question des migrants. Car l’endroit voit aussi passer, quotidiennement, de nombreux exilés expulsés illégalement d’Algérie. Selon les Nations unies, le pays - qui ne dispose pas de législation en matière d’asile malgré son attachement à la Convention de Genève sur le statut de réfugié - a depuis 2014, renvoyé des dizaines de milliers de migrants en situation irrégulière de l’autre côté de sa frontière.
    "Toujours autant de camions" pendant la pandémie

    Sa fermeture, actée le 17 mars 2020, n’y a rien fait : "le #refoulement systématique des migrants depuis l’Algérie vers le Niger n’a pas cessé", déplore Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué. Entre janvier et avril 2021, près de 4 370 personnes ont été emmenées par les forces de l’ordre algériennes jusqu’au "Point Zéro", en plein désert, à proximité de la région nigérienne d’Agadez.

    "Pendant la crise sanitaire, les ONG présentes sur place ont vu toujours autant de camions traverser la frontière en direction du Niger, chargés de migrants expulsés. Des hommes, des femmes, mais aussi des mineurs, de toute origine, ", confirme Lauren Seibert, chercheuse spécialiste des migrants et des réfugiés au sein de Human Rights Watch (HRW).

    Sans aucun moyen de localisation ni personne pour les guider, les migrants sont abandonnés là par les autorités algériennes et doivent parcourir, à pied et souvent la nuit, les 15 kilomètres qui les séparent de la petite ville nigérienne d’#Assamaka. Avec pour certains, une issue fatale.

    Abdul, originaire de Sirerra Leone, a eu, lui, la chance d’arriver sain et sauf. "Ils nous ont emmenés dans le désert et nous ont laissés là en nous disant ‘la route vers le Niger, c’est cette direction’ », raconte-t-il à HRW. "Je n’avais pas de chaussures. J’ai marché pieds nus. Ça nous a pris cinq à six heures [pour arriver au Niger]."

    Selon un recensement effectué par MSF, en 2020, plus de 23 175 migrants sont arrivés à Assamaka, qui compte un millier d’habitants permanents.

    Avec la réouverture officielle de la frontière, le nombre d’expulsions pourrait "augmenter drastiquement dans les mois à venir", s’inquiète Lauren Seibert. Malgré un an de pandémie, et les nombreuses critiques dont elle est la cible, "l’Algérie n’a jusqu’à maintenant fait aucun effort pour remédier à cette situation". Et ce, "malgré la pression internationale et celle de la société civile, déplore-t-elle. On s’attend donc à ce que la situation soit encore pire maintenant".

    https://www.youtube.com/watch?v=msZtXPeCIP0&feature=emb_logo

    Des pratiques illégales

    Pourtant, en agissant ainsi, l’Algérie trahit ses engagements légaux. Car le pays est "signataire des conventions des Nations unies et de l’Afrique sur les réfugiés et de la convention contre la torture", rappelle un rapport de HRW. Les autorités sont donc tenues "de respecter le principe de non-refoulement, qui interdit le retour forcé de toute personne vers des pays où elle pourrait être soumise à la torture ou à des menaces contre sa vie ou sa liberté".

    L’article 12 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, que l’Algérie a ratifié, lui interdit également toute expulsion visant des groupes nationaux, raciaux, ethniques ou religieux.

    Des dispositions renforcées par la loi nationale N 08-11, validée en 2008. Si la mesure admet que l’expulsion peut être prononcée contre les étrangers irréguliers, elle les autorise, aussi, à contester la décision devant un juge. "Au regard des faits, force est de constater le non-respect de ces dispositions", admet Boubakar A. Mahamadou dans un article publié par Alarm Phone Sahara : https://alarmephonesahara.info/fr/blog/posts/expulsions-massives-de-migrants-par-l-algerie-vers-le-niger-que-

    Pour le juriste nigérien, "les états ont le droit de restreindre la liberté de circulation des personnes. Mais il n’en demeure pas moins que cela doit s’effectuer dans le respect des règles établies". L’Algérie ne semble pas, jusqu’ici, en avoir pris conscience.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/33753/algerie-niger-la-reouverture-de-la-frontiere-fait-craindre-davantage-d

    #frontières #asile #migrations #réfugiés #expulsions #renvois #ouverture_des_frontières

    ping @isskein @karine4 @_kg_ @rhoumour

  • Jean-Paul Sartre Took a Stand Against Empire
    https://jacobinmag.com/2021/08/jean-paul-sartre-anti-imperialism-colonialism-france-politics

    By Oliver Gloag

    Jean-Paul Sartre came to prominence just as France was trying to cling onto its empire in a series of bloody wars. He used his platform as a public intellectual to speak out bravely against colonial repression, risking his own life in the process.

    French public life today is bitterly hostile to anti-colonial politics. Figures like Pascal Bruckner and Bernard-Henri Lévy have long denounced opposition to US wars in the Middle East and support for the Palestinians as a manifestation of “Islamo-leftism” and treachery to Western civilization. With an eye to next year’s presidential election, Emmanuel Macron’s government has taken up the cry, alleging that “Islamo-leftism” has taken hold in French universities and promising to clamp down.

    Macron himself has linked terrorist attacks on French soil to “postcolonial or anti-colonial discourse” that supposedly encourages Muslims to separate themselves from mainstream society. According to Macron, that discourse is a US import. But figures like Bruckner and Lévy — collectively referred to as the “new philosophers,” although they have been on the scene since the 1970s — would also blame an earlier generation of French radical thinkers.

    Jean-Paul Sartre ranks highly in their catalogue of villains. In his own time, Sartre was one of the world’s most celebrated and influential public intellectuals. Since his death, however, Sartre’s critics have presented him as an apologist for totalitarianism and contrasted him unfavorably with contemporaries such as Albert Camus and Raymond Aron. They dismiss his writings on colonialism as naïve at best, malign at worst, and certainly lacking in relevance for today’s conditions.
    “Sartre’s analysis of colonialism and the fight against it is one of his most valuable legacies.”

    In fact, Sartre’s analysis of colonialism and the fight against it is one of his most valuable legacies. His writing on this subject coincided with a period of intense struggle against colonial domination, from Vietnam to Algeria, and Sartre himself lent his authority and public profile to those struggles, at considerable risk to his own safety.

    Empire in Crisis

    In the immediate aftermath of World War II, a weakened France, whose status as a sovereign nation was in question, unleashed a series of desperate, bloody, and temporarily successful attempts to reassert control over its colonies. The contradiction of France itself having recently been occupied by Germany was not lost on the peoples living under French colonial rule.

    In January 1944, Charles de Gaulle rallied Africans to his side by virtually promising independence during a famous speech in Brazzaville, the capital of French-ruled Congo. Emboldened by this rhetoric of liberation, and by France’s military defeats in Europe, many colonized people took to the streets demanding sovereignty and their own liberation.

    On VE day in May 1945, in the Algerian towns of Sétif and Guelma, hundreds of people — including many French army veterans — demonstrated under the Algerian flag. Riots ensued, the French authorities lost control, and some police officers and settlers were killed. The repression that followed was ruthless: a series of massacres by the French police and settler militias, killing thousands of Arab civilians, that remain severely underreported to this day. Even by conservative estimates, there were ten thousand Algerian victims.

    This bloodbath was a permanent trauma for the Algerians: in effect, the country’s war of independence came out of it. Although the repression set back the Algerian revolution about ten years, it also anchored the conviction among nationalists that a complete break with France was the only way forward.

    In March 1947, the French army perpetrated another massacre in Madagascar, killing tens of thousands of Malgaches when they tried to assert their independence. This went largely unnoticed in a France that was still reeling from the Nazi occupation.

    There were other attempts to challenge the colonial order in Senegal, Cameroon, and Syria, each of which was met with ruthless repression by the French armed forces or by settlers. In French-ruled Indochina, a French naval ship bombarded the city of Haiphong in November 1946, killing six thousand people, inaugurating a full-scale war against the independence movement led by Ho Chi Minh.

    At this time, virtually no public intellectuals denounced the actions of the French state, with the notable exception of the Surrealists, who condemned the Indochina war. Figures like the poet André Breton had a long-standing and genuinely anti-colonialist position: in the 1920s, for example, Breton had supported the Moroccan rebel leader Abd el-Krim during the Rif War.

    Sartre and Colonialism

    Jean-Paul Sartre’s first public reaction to France’s colonial war in Indochina came in December 1946, in a Les Temps modernes editorial titled “Both Executioners and Victims.” It was a rebuttal of Albert Camus’s article series “Neither Victims nor Executioners,” which had condemned revolutionary violence from a pacifist standpoint. The editorial broke with all the French parliamentary parties, including the Communist Party, which was part of the ruling coalition at the time. It denounced the Indochina war and called for the withdrawal of French troops.

    Sartre’s editorial justified revolutionary violence and compared the French presence in Indochina to the German occupation of France, which provoked the outrage of many commentators. The writer François Mauriac wrote a scathing article in response, attacking Sartre directly. Mauriac’s intervention was important because he was not only a prestigious novelist, but also penned an influential weekly column at the time, representing the voice of liberal, humanist Gaullism.

    The Martinican poet Aimé Césaire later expanded upon and theorized Sartre’s comparison of French colonial crimes with those of Nazi Germany in his work Discours sur le Colonialisme. Césaire criticized the implicit hierarchy that had been established in Europe between massacres and conquests, depending on the location and nationality of the victims. Sartre’s critique of French colonialism would soon go beyond his radical humanist perspective and come to resemble Césaire’s.

    In the immediate postwar period, Sartre listened to voices from outside the metropole and lent them his considerable prestige whenever possible. His first text dealing directly with the French empire as a system was a short presentation titled “Présence Noire” for the magazine Présence Africaine in the fall of 1947. Présence Africaine was a publication founded by the Senegalese writer Alioune Diop that quickly became the main voice for the négritude movement.

    In this text, Sartre attacked the hypocrisy of the metropolitan French who considered themselves to be tolerant and understanding because they socialized with black men in the metropole. But what about those in the colonies, he asked? And what about the exploitation and misery to be found there?

    Sartre was already focusing on the concrete oppression that existed outside the metropole, speaking of the miserly salaries, with a month’s pay equivalent to the price of two kilos of beef. This showed that he was attentive to living conditions — to class as well as race. At this early stage for Sartre, racism was not the only aspect of colonialism: there was class, too. The important theoretical problem Sartre attempted to tackle was which came first.

    Sartre also discussed how the oppressed could appropriate white culture, the French language, and its poetry. Sartre saw the writings of authors on whom the French language had been imposed as having transformed that language. By reinserting the political into poetry, by the invention of new words, they made poetry alive and relevant again.

    Instead of categorizing these authors as Francophone — which would have inserted them de facto into a colonial hierarchy — Sartre showed that they took the French language as a means to an end and gave it a global dimension. Sartre prophetically announced the advent of a world literature in French, a movement that has since emerged in the early twenty-first century in direct opposition to colonial categories such as Francophone literature. He developed these ideas further in his 1948 essay “Black Orpheus.”

    Black Orpheus

    Sartre originally wrote “Black Orpheus,” in 1948, as the preface to the Senegalese writer Léopold Senghor’s Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française. There was a specific context for the writing of this essay. The wars of national liberation in the French colonies had not taken on the importance, both in terms of numbers and strength, that they later would. Sartre was a relative newcomer to politics, attempting at the time to create a revolutionary third-way movement in France between the Communist Party and the Gaullists. This was a literary Sartre writing in a landscape where the independence of colonies in Africa was still a hope, not yet an ongoing armed struggle.

    Sartre began the essay by challenging the paternalistic expectation of exoticism on the part of white readers. He further confronted those readers, himself very much included — he alternated between using the French “vous” and “nous” — with their discomfort at realizing that they were now the object of the black gaze:

    Here are black men standing, looking at us, and I hope that you — like me — will feel the shock of being seen. For three thousand years, the white man has enjoyed the privilege of seeing without being seen.

    “Black Orpheus” compared the status of Europeans in the world to that of French aristocrats under the ancien régime, referring to them as “Europeans of divine right” (européens de droit divin). Sartre prophetically announced that the cultural movement of négritude would soon expand and morph into a political force that would topple the old colonial world order, just as the institution of monarchy had been toppled throughout Europe.

    On the world stage, the emergence of négritude as a cultural force was soon followed by a political upheaval that would overturn the colonial system. Many of the poets in Senghor’s anthology, including Césaire, Diop, and Senghor himself, were part of this moment, with all its strengths and limitations. By starting with a biting description of the paternalism of liberal white readers, “Black Orpheus” gave a glimpse of what négritude was fighting against. Yet the essay went beyond an immediate description and denunciation of racism by inscribing race in colonialism and colonialism in history.

    After warning his white liberal readership — especially those who had picked up the anthology because of his preface — Sartre proceeded to cite forty-four passages from the poems it contained to state his case and articulate his dialectical reasoning. They included excerpts from poems that subverted the pejorative meanings frequently associated with the color black, linking blackness instead with beauty, desire, and strength, and whiteness with exhaustion, hypocrisy, and rigidity.

    However, these poems also claimed the burden of poverty associated with blackness: “black like misery.” For Césaire, the negative and the positive in négritude were meant to dissolve themselves: “our beautiful faces, like the true operative power of negation.” Here négritude negated whiteness and became freedom — freedom from chromatism.

    Césaire had masterfully set out this dialectic, which incorporated liberating black violence into a process of universal emancipation for humanity, fifteen years earlier in his play And the Dogs Were Silent, about a descendant of slaves who rebelled against the colonial authorities. Césaire’s specific brand of universalism was omnipresent in “Black Orpheus.” In fact, Césaire played the role of intermediary between Sartre and another important interlocutor, Frantz Fanon.

    Sartre and Fanon

    The connection between Sartre and Fanon may at first seem paradoxical, because of Fanon’s frequently cited criticism of “Black Orpheus” in his first book, Black Skin, White Masks. Fanon criticized Sartre’s inclusion of négritude in a universal dialectic. By doing so, he argued, the French writer had relegated the experiences and suffering of many in the French colonies to the status of a stage destined quickly to give way to another:

    We had appealed to a friend of the colored peoples, and this friend found nothing better to do than demonstrate the relativity of their action. For once this friend, this born Hegelian, had forgotten that consciousness needs to get lost in the night of the absolute, the only condition for attaining self-consciousness.

    Fanon claimed that Sartre’s Hegelian scheme ignored and obliterated experience and individuality in favor of the universal: “And there you have it; I did not create a meaning for myself; the meaning was already there, waiting.”

    However, Fanon, even in his critique of “Black Orpheus,” did not close the door completely to a universal future, and he ultimately shared Sartre’s objective. The book’s closing paragraph contains the following passages:

    The crippled soldier from the Pacific war tells my brother: “Get used to your color the way I got used to my stump. We are both casualties.” Yet, with all my being, I refuse to accept this amputation. I feel my soul as vast as the world, truly a soul as deep as the deepest of rivers; my chest has the power to expand to infinity.

    Indeed, Fanon and Sartre shared more than the final goal of universalism. They were both preoccupied with how to transform empirical grievances into a worldwide struggle, and their dialogue concerned about how best to go about it.

    Force and Violence

    In The Wretched of the Earth , Fanon wrote that there was no question of the colonized competing with the colonist: “They want to take his place.” He described colonialism as “naked violence” which “only gives in when confronted with greater violence.”

    According to Fanon, such violence also had a therapeutic value, because it allowed the colonized to overcome neuroses and thus produced mental rehabilitation. Let us not forget that Fanon was a practicing psychiatrist who had a theory of colonial neurosis — namely, that colonialism produced specific neuroses. Freedom from colonialism was not merely political but a liberation of the mind.

    For Fanon, then, violence was redemptive in the sense that the recognition of the former slave as human grew out of the master’s fear. This was not a call to mindless slaughter, but rather a more complicated Hegelian drama of recognition, with the former slave purchasing such recognition by armed resistance. Fanon’s dialectic was both a deepening and a complication of Sartre’s second stage in “Black Orpheus.”

    Sartre himself synthesized this with a provocative formulation in his preface to The Wretched of the Earth:

    To shoot down a European is to kill two birds with one stone, doing away with oppressor and oppressed at the same time: what remains is a dead man and a free man; the survivor, for the first time, feels a national soil under his feet.
    https://seenthis.net/messages/926755

    Sartre’s critics violently attacked him for this claim at the time and continue to do so today. The controversy hinges on the distinction between “force” and “violence.” In this understanding, force is something that the state has a right to use, while violence, which is by definition illegal, is left to the underclass, the colonized.

    In the 1960s, the colonial wars of liberation began to reveal the violence at the heart of the state and question its legitimacy. The ongoing attacks on Sartre’s preface are really an attempt by the state, by means of its organic intellectuals, to reclaim its monopoly on legitimate violence.

    In The Wretched of the Earth, Fanon argued that formal independence alone was not sufficient, since independence granted by the colonial power would not be a genuine liberation. He quoted a remark by Gabon’s president — “Gabon is now independent, but between Gabon and France, nothing has changed, everything goes on as before” — and described the emergence of an indigenous bourgeois class eager to do the work of the colonizers for them.

    The French leader Charles de Gaulle saw this subcontracting of colonial tasks as the best compromise and offered commonwealth status to all French-ruled African countries during the Algerian war of independence. Algeria’s armed struggle, with the threat that it might spread to other countries, was directly responsible for this compromise by the French state. Sartre’s later retreat from a focus on universalism, and Fanon’s preoccupation with the tensions within négritude and anti-colonial movements, were both attempts at a theoretical response to this development.

    “Fusillez Sartre!”

    The first stage of France’s fight for its colonies, between 1945 and 1954, had ended with the loss of Indochina. A second phase began in November 1954 with the war in Algeria. Algeria was a red line in the sand that France had drawn. It was the one part of their empire the country’s rulers did not even want to call a colony. Yet it was their most important possession, and they would not give it up willingly.

    Sartre had already intervened during the Indochinese conflict, supporting Henri Martin, a sailor who refused to serve. When it came to Algeria, he was a central figure of opposition to the war. Sartre was willing to go to jail and knew that he faced the danger of reprisals from the terrorist group established by European settlers, the Secret Army Organization or OAS.

    The Sartre who wrote on colonialism and race in his Critique of Dialectical Reason, and who soon afterward wrote the preface to Fanon’s Wretched of the Earth, was much more politicized than the man who had written “Black Orpheus.” Instead of prefacing poems, he now prefaced a rallying cry, a theorization of universal revolt and the (violent) means necessary to achieve it.

    There was a tense political context, with France seemingly on the brink of civil war after a failed military coup in April 1961 by officers who opposed de Gaulle’s plan to withdraw from Algeria. This strongly influenced Sartre’s position in the Critique. He essentially wrote it from a position in hiding, sending on what he wrote week by week, with little if any time to review and revise it.

    Sartre wrote in a mood of urgency at a time when his life was in danger. The OAS bombed his Paris apartment twice — one attempt nearly killed his mother — and pro-colonial demonstrations raised the cry “fusillez Sartre” (not merely “shoot Sartre” but “send Sartre to the firing squad”). In the midst of all this tension and violence, he put forth a theorization of racism that provided the underpinning for his preface to Fanon’s work and his future commitments.

    Seriality and Racism

    In a notoriously long, three-page footnote in the Critique, Sartre wrote that racism was not explicable as such. He saw it as a manifestation of seriality — a central concept developed in the Critique. Sartre described seriality as a collective form of alienation that occurs when people live their lives as objects, performing the same tasks, while imagining themselves to be unique individuals. To put it simply, they are separate, together.

    Seriality can be seen, for example, in the statistical anonymity that pressures liberal-minded voters automatically to vote for whomever is leading the polls, and to count on each other to do the same, regardless of how they feel about the front-runner. Sartre understood seriality as the internalized expression of a social order’s power — a power that imposes itself on the members of the series and produces predictable behaviors, based on an imagined collective normativity.

    He adopted this notion of seriality to explain how racism operates. In the colonial context, racism was the expression of the settler’s position in the social hierarchy: the settler expressed his superiority with racist statements and reinforced it with every utterance. Here, Sartre inserted racism in a totalizing, Marxist view of human history which oscillated between varying levels of mass consciousness, between the series and the group in fusion, between periods of social regression or standstill and moments of revolt and revolution.

    In this connection, he saw racism as a function of the economic structure, which provided the legitimizing discourse for an oppressive social order. In his work Le colonialisme est un système, which was originally an intervention at a public meeting for peace in Algeria, Sartre wrote that racism allowed “a way out” for bourgeois humanism. Under its twisted logic, “since all humans have the same rights, we will make Algerians sub-human.”

    However successful his attempted theoretical connection between Marxism and colonialism might have been, Sartre’s attack on racism was clearly central to his project. For him, racism was a politically and economically grounded attempt to control a new population in a way that still allowed the core values of the French republic — liberté, égalité, fraternité — to seemingly remain intact.

    Sartre referred to Lenin’s theory of imperialism to explain French involvement in Algeria. In Le colonialisme est un système, he described at length the economic imperatives that motivated the transformation of Algeria from military outpost to colony in the nineteenth century. He quoted the nineteenth-century French politician Jules Ferry, ironically describing him as a forerunner of Lenin:

    It is in the interest of France, which has always been awash with capital and has exported it to foreign countries in considerable quantities, to consider the colonial question from this angle. For countries like ours which, by the very nature of their industry, are destined to be great exporters, this question is precisely one of outlets . . . where there is political predominance, there is also predominance in products, economic predominance.

    Sartre and Neocolonialism

    In a series of lectures that he delivered in October 1965, Sartre spoke about the role of the intellectual in the public sphere. He began by differentiating false intellectuals from genuine ones. The former were specialists working for the interest of the ruling class.

    For Sartre, the specialists qualified as intellectuals if they were able to make pronouncements outside their area of specialization. But they were false intellectuals if they could not see beyond their own class interests. To borrow a phrase from the novelist Paul Nizan, these false intellectuals were the “guard dogs of the system” (chiens de gardes du système).

    Sartre gave as an example of false intellectuals those who refused to take a clear anti-colonial stance on the wars in Algeria and Vietnam. Hiding behind vague and lofty universal values, these false intellectuals said, in Sartre’s critical paraphrase: “Our colonial methods are not what they should be, there are too many inequalities in our overseas territories. But I am against all violence, wherever it comes from; I want to be neither victim, nor executioner, and that is why I oppose the revolt of indigenous people against colonizers.”

    He was quick to note that this “pseudo-universalist stance” really amounted to approval of the violence inflicted on the colonized by their rulers: “overexploitation, unemployment, malnutrition, all held in place by terror.” By contrast, Sartre believed that the genuine intellectual was “neither a moralist nor an idealist”:

    He knows that the only real peace in Vietnam will cost blood and tears, he knows that it starts with the withdrawal of US troops and the end of bombings, therefore by the defeat of the USA. In other words, the nature of his contradictions obliges him to commit and implicate himself with all the conflicts of our times because they are all — conflicts based on class, nationalism, or race — particular consequences of the oppression of the underprivileged by the dominant class.

    For Sartre, this commitment would have to mean standing “on the side of the oppressed.”

    His own commitments contrast with those of today’s mainstream French intellectuals, who put Sartre aside, not because of his irrelevance, but rather because the situations that he denounced can still be found today. In many African countries that obtained formal independence from France in the 1960s, the leadership is working with and for French companies that have continued to exploit their people and resources. Their fundamental economic interests are subservient to those of great industrial groups from the metropole.

    Many also lack genuine territorial sovereignty. France has permanent military bases in Gabon, Senegal, and Djibouti. Its army has also been deployed in Mali, Chad, Central African Republic, Somalia, and Ivory Coast.

    The vast majority of former French colonies in Africa use the ECO, a currency that is under the authority of the French central bank and indexed to the Euro, in a classic case of extractive colonialism disguised as an exchange between sovereign states. This neocolonial state of affairs is commonly known as “Françafrique,” although the French government and its intellectuals deny it, of course.

    Guard Dogs of the System

    In the mainstream political and cultural fields of France today, there is a refusal to squarely condemn colonialism and an almost complete denial of neocolonialism. In the context of this ideological environment, Sartre cannot be widely celebrated for his political or philosophical writings in twenty-first century France, but he cannot be completely ignored either. Whenever the French mainstream media discusses Sartre, the approach ranges from conditional praise to virulent condemnation.

    Sartre’s unfailing attempts to connect race and colonialism to capitalism make it impossible to claim him while simultaneously reneging on a commitment to radical social change, which is what virtually the whole of the French intellectual class and the politicians of the French Socialist Party have done in the years since 1968. These “guard dogs of the system” committed to a neoliberal world order must reject his work.

    Sartre’s writings on imperialism are an enterprise of demystification. Instead of thinking in terms of oppression — an essentially ethical or humanitarian perspective, which can easily be coopted by the system — Sartre focuses on the economic imperatives that drive global conflicts and exploitation, with the ultimate objective of transforming the modes of production on a world scale.

    #histoire #politique #philosophie #colonialisme #Algérie #Vietnam #France

  • Plus de 1 200 migrants expulsés par l’Algérie vers le Niger
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/28/plus-de-1-200-migrants-expulses-par-l-algerie-vers-le-niger_6089768_3212.htm

    Plus de 1 200 migrants expulsés par l’Algérie vers le Niger. Selon l’Organisation internationale des migrations, Alger a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale. Plus de 1 200 migrants ouest-africains, parmi lesquels des Nigériens, ont été expulsés par l’Algérie vers le Niger depuis l’annonce de la réouverture de la frontière terrestre entre les deux pays le 14 juillet, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM).« Le 18 juillet, un convoi officiel de 515 rapatriés nigériens est arrivé d’Algérie. Le 16 juillet déjà, 752 migrants originaires d’Afrique de l’Ouest sont arrivés à pied à Assamaka, ville [nigérienne] la plus proche de la frontière algérienne », a précisé lundi 26 juillet sur sa page Facebook le bureau de l’OIM au Niger.
    « Après leur dangereux et éprouvant périple », les migrants « ont tous reçu des biens non alimentaires [kits d’hygiène, couvertures, nattes] grâce au financement du ministère de l’intérieur italien », selon le texte. L’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale, selon les Nations unies. Certains de ces migrants tentent de subsister en Algérie, mais un grand nombre cherche surtout à gagner l’Europe. Des ONG algériennes et internationales ont souvent accusé les autorités algériennes d’arrêter arbitrairement et d’expulser collectivement des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, parfois en les abandonnant sans eau ni nourriture en plein désert. L’Algérie, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, dément régulièrement ces accusations, dénonçant une « campagne malveillante ». La réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger, fermée pendant seize mois en raison de la pandémie de Covid-19, pour faciliter les échanges bilatéraux a été annoncée le 14 juillet par le président algérien Abdelamadjid Tebboune lors d’une visite de son homologue nigérien Mohamed Bazoum.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#asile#politiquemigratoire#sante#frontiere#droit#expulsion

  • L’Algérie durcit sévèrement les mesures anti-Covid pour enrayer la reprise de la pandémie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/26/l-algerie-durcit-severement-les-mesures-anti-covid-pour-enrayer-la-reprise-d

    L’Algérie durcit sévèrement les mesures anti-Covid pour enrayer la reprise de la pandémie
    En Algérie, les autorités ont sévèrement durci dimanche 25 juillet les mesures de lutte anti-Covid et promis d’accélérer le taux de vaccination face à la recrudescence des contaminations provoquée par la propagation rapide du variant Delta. Salles de sport, maisons des jeunes, centres culturels, espaces récréatifs et surtout les plages seront fermés dans les 35 préfectures concernées. Cafés et restaurants ne pourront plus servir à table et devront se limiter uniquement à la vente à emporter. Enfin, les transports urbains publics et privés seront suspendus durant les week-ends sur l’ensemble du territoire.
    Le président Abdelmadjid Tebboune a préconisé « l’augmentation du taux de vaccination dans les wilayas à forte densité démographique, étant les premiers foyers de contamination », précise le communiqué. Il a enjoint au gouvernement de parvenir à « l’objectif immédiat de vacciner 2,5 millions de personnes à Alger et 50 % des populations des wilayas d’Oran, Constantine, Sétif et Ouargla », les régions les plus touchées.
    L’Algérie a reçu à ce jour 7,7 millions de doses de vaccins – russe (Spoutnik V), suédo-britannique (AstraZeneca) et chinois (Sinovac et Sinopharm) – pour une population de 44 millions d’habitants.Les épidémiologistes estiment qu’il faudrait vacciner au moins 20 millions d’Algériens pour arriver à l’immunité collective. Selon le ministère de l’industrie pharmaceutique, l’Algérie devrait commencer à produire localement le vaccin chinois Sinovac. Des experts chinois sont arrivés vendredi afin d’inspecter les équipements et les matériels destinés à la production du Sinovac dans une usine du groupe pharmaceutique étatique Saidal, à Constantine (nord-est). Il y a quelques mois, Alger avait annoncé que le vaccin russe Spoutnik V allait être produit sur le territoire à partir de septembre.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#chine#sante#vaccination#industriepharmaceutique#sinovac#spounikV#circulationtherapeutique#variant

  • « On veut juste obtenir un billet pour retrouver nos vies » : la diaspora algérienne privée de retour au pays
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/07/23/on-veut-juste-obtenir-un-billet-pour-retrouver-nos-vies-la-diaspora-algerien

    Plus d’un mois après la timide réouverture des frontières de l’Algérie, ils sont encore des milliers bloqués en France à cause du nombre limité de vols et des conditions d’accès au territoire très strictes. Un exil qui génère souffrance et incompréhension.
    « Mes enfants ne rencontreront jamais leurs grands-parents… Trop âgés et malades », lâche Karim, résigné. Deux ans ont passé depuis sa dernière visite dans sa famille, non loin d’Oran. Entre-temps, l’Algérie a fermé ses frontières, le 17 mars 2020, à cause de l’épidémie de Covid-19. Karim est né en France et vit en Lorraine. A 39 ans, il travaille en usine et, malgré la rareté des congés, il a besoin de rejoindre sa famille plusieurs fois par an.
    Le 16 mai, quand le gouvernement algérien a annoncé la reprise des vols commerciaux pour les détenteurs d’un passeport du pays sous certaines conditions à partir du 1er juin, le jeune père a eu un brin d’espoir. Un sentiment de courte durée en apprenant que seuls deux vols hebdomadaires étaient disponibles. Selon Karim, le chiffre est monté depuis à une dizaine, une fréquence encore loin des 250 trajets habituels. Environ 800 000 Algériens vivent en France, selon l’Insee ; et, pour des milliers d’entre eux, les nuits blanches passées à rafraîchir les pages des compagnies aériennes en quête d’un billet s’enchaînent. Pour un certain nombre, leur vie est en Algérie. Derrière leurs ordinateurs, ils attendent l’ouverture de la billetterie, jamais annoncée à l’avance, pour ne pas louper les vols au départ de Paris ou de Marseille, pris d’assaut en moins de quinze minutes. Des billets qui peuvent être réservés seulement quelques jours avant le décollage, car les compagnies aériennes reçoivent les autorisations de vol par le gouvernement algérien généralement une semaine avant le départ.

    Les centres d’appels d’Air Algérie sont saturés et ses agences physiques à Paris et à Marseille fermées depuis le 31 mai pour « raisons de sécurité ». Sur les réseaux sociaux, des milliers d’Algériens bloqués en France s’échangent alors des conseils. Le principal groupe Facebook recense 25 000 personnes. « Ne réservez pas de billets à l’avance, pourtant disponibles sur les sites des compagnies, ils ne correspondent pas à des vols autorisés », répètent les internautes.
    Si trouver un billet n’est pas chose aisée, encore faut-il réussir à réunir la somme demandée. Leur prix a doublé par rapport au tarif habituel. Près de 700 euros pour un aller simple auxquels doivent s’ajouter pour la grande majorité des voyageurs environ 200 euros, le prix de cinq nuits d’hôtel à passer confinés. Seuls les étudiants et les personnes âgées à faibles revenus sont exemptés de ces frais de logement. « Le prix et le confinement ne sont même plus à prendre en compte. On veut juste obtenir un billet pour retrouver nos vies. Mais, aujourd’hui, il faut connaître quelqu’un pour réussir à partir », souffle Sofia Djama, qui dénonce une forme de clientélisme. Depuis janvier 2020, la réalisatrice algérienne est bloquée en France alors qu’elle ne devait y passer que quelques semaines avec son compagnon. Tous les matins, elle pense à Alger, la ville où elle a grandi et où elle réside. « Je n’ai pas pu assister à l’enterrement de ma mère. Le problème est qu’avec si peu de vols les drames continuent… Tous les Algériens qui résident en France veulent rentrer voir leurs parents une dernière fois, car l’épidémie progresse. » Adlène Détentrice de la double nationalité, la cinéaste a laissé derrière elle une boîte de production, son nouveau projet, son chat et une maison qu’elle venait d’acheter. « Désormais, il est impossible de réfléchir à l’avenir. Ils ont réquisitionné nos vies les plus intimes, ils nous ont exilés de force de notre propre pays. Ce qui me choque, c’est que mon passeport algérien ne me sert même pas à rentrer chez moi. Je ne leur pardonnerai jamais », sanglote Sofia Djama.
    Nesrine, 26 ans, vit en banlieue parisienne depuis six ans. L’étudiante en graphisme a dû assister au mariage de sa sœur en visioconférence. « J’ai pleuré, évidemment », se souvient la jeune fille en souriant. Elle relativise sa situation en se comparant avec d’autres étudiants, plus précaires. Malgré des moments difficiles, Nesrine ne veut pas inquiéter ses parents, qui vivent près d’Alger, du côté d’El Biar : « Etonnamment, l’isolement est devenu une habitude. Je les appelle moins souvent mais plus longtemps. J’évite aussi de les joindre si je ne suis pas dans mon assiette, ce qui arrivait souvent l’année dernière. »Des mariages manqués mais aussi des deuils à surmonter… L’année dernière, Adlène, qui réside en France depuis douze ans, a perdu ses deux parents : « Je n’ai pas pu assister à l’enterrement de ma mère. Le problème est qu’avec si peu de vols les drames continuent… Tous les Algériens qui résident en France veulent rentrer voir leurs parents une dernière fois, car l’épidémie progresse. » Depuis le début de la pandémie, le pays a officiellement enregistré seulement 3 938 décès. Adlène regrette la manière dont est gérée la crise par le gouvernement de son pays natal : « En utilisant la fermeture des frontières comme levier sanitaire, les autorités algériennes pointent du doigt la diaspora. Nos compatriotes pensent désormais que ce sont ceux qui viennent de l’extérieur du pays qui amènent la maladie. » Pour la première fois depuis novembre 2020, le pays a dépassé la barre des 500 contaminations quotidiennes. Dans le plus grand pays du Maghreb, 10 % de la population est vaccinée et les hôpitaux commencent à être saturés. « La dernière chose que l’on souhaite est de se retrouver dans un hôpital là-bas… Un ami à Alger me disait : “Tout le monde ici veut se casser et toi, tu veux rentrer !” », se désole Sofia, pourtant loin d’être prête à abandonner.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#diaspora#retour#frontiere#circulation#stigmatisation#mesuresanitaire#famille

  • Le #foncier_agricole dans une société urbaine : #Innovations et enjeux de #justice

    Résumé : Dans des sociétés de plus en plus urbaines, l’aménagement des espaces agricoles redevient d’actualité. La gestion durable du foncier apparaît comme un principe pour soutenir l’adaptation de l’agriculture à la proximité urbaine et aux attentes de la société en matière d’alimentation, de paysage, d’environnement, d’insertion sociale et de revitalisation des territoires ruraux. Les acteurs locaux innovent. Un enjeu majeur dans ces innovations est d’articuler justice sociale et préservation de l’environnement. C’est la thèse développée ici à travers différentes études de cas. Cet ouvrage présente une série d’initiatives locales de gestion publique du foncier et du bâti agricoles, en #France méditerranéenne, en #Suisse, en #Italie et en #Algérie. Replacées dans leur contexte territorial, ces initiatives témoignent de nouveaux agencements spatiaux, de nouvelles relations entre acteurs urbains et agricoles. Elles sont analysées à travers deux prismes : celui de l’innovation, pour éclairer la part du « nouveau » dans les processus de changement, et celui des enjeux de justice, pour montrer les répercussions sociales de ces changements. Ce livre combine des regards disciplinaires pluriels, en géographie, sociologie, urbanisme, architecture et économie. Il s’adresse à la communauté scientifique, aux étudiants et aux décideurs intéressés par le foncier agricole, l’aménagement rural et l’urbanisme.

    https://hal.inrae.fr/hal-02945439
    #livre #foncier

  • Covid-19 : réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/14/covid-19-reouverture-de-la-frontiere-terrestre-entre-l-algerie-et-le-niger_6

    Covid-19 : réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger
    Alger avait décrété la fermeture du pays le 17 mars 2020, trois semaines après la détection du premier cas de coronavirus.

    L’Algérie et le Niger ont décidé de rouvrir leur frontière terrestre, fermée depuis seize mois en raison de la pandémie de coronavirus, pour faciliter les échanges entre les deux pays, selon l’agence de presse officielle APS.
    Cette décision a été annoncée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d’un point de presse conjoint avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum, qui effectue une visite de travail en Algérie.
    L’Algérie avait décrété la fermeture des frontières le 17 mars 2020, trois semaines après la détection du premier cas de Covid-19 dans ce pays de quelque 44 millions d’habitants.Alger et Niamey sont convenus de « l’ouverture de la frontière pour l’exportation des produits algériens vers le Niger et l’importation des produits nigériens », a déclaré M. Tebboune. Les deux pays se sont également mis d’accord sur la nécessité d’une « politique claire » concernant les Nigériens travaillant en Algérie, a ajouté le chef de l’Etat. De son côté, M. Bazoum a déclaré avoir fait part de son vœu de voir la frontière avec l’Algérie « définitivement » rouverte pour, a-t-il dit, que le flux des échanges « tout à fait naturel entre nos deux pays se développe ».
    L’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers, nigériens et originaires d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, selon les Nations unies. Les autorités algériennes sont régulièrement critiquées pour la façon dont elles traitent des migrants subsahariens, dont certains cherchent à gagner l’Europe.Le pays, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, fait face ces dernières années à un afflux de migrants originaires de pays de l’Afrique de l’Ouest, estimés à quelque 100 000 en Algérie par les ONG.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#sante#frontiere#circulation#travailleurmigrant#asile#economie

  • Pourquoi l’Algérie est hors-jeu en Libye
    https://orientxxi.info/magazine/pourquoi-l-algerie-est-hors-jeu-en-libye,4896

    Après s’être marginalisée en Libye par son soutien jusqu’au bout à Mouammar Kadhafi, l’Algérie a fini par perdre son influence, même au Fezzan et dans le pays touareg qui faisaient traditionnellement partie de son aire d’influence.


    Le pays touareg (targui) berberoscope.com
    Berberoscope, le portail des Berbères d’Afrique et du monde
    http://www.berberoscope.com
    #conflit_libyen #Touaregs #Algérie #Lybie

  • Avec la crise sanitaire, moins d’enfermements en 2020 dans les centres de rétention administrative
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/06/avec-la-crise-sanitaire-moins-d-enfermements-en-2020-dans-les-centres-de-ret

    Avec la crise sanitaire, moins d’enfermements en 2020 dans les centres de rétention administrative. Malgré une baisse du nombre d’enfermements, plusieurs associations estiment que la rétention, prélude à l’expulsion des étrangers en situation irrégulière, a été parfois indûment utilisée alors que les frontières fermées empêchaient les mesures d’éloignement.
    Dans le domaine migratoire, ce sont des lieux qui concentrent toutes les attentions : d’une part, celle des associations, préoccupées par la question de la privation de liberté et du respect des droits ; d’autre part, celle du ministère de l’intérieur, qui y organise les reconduites aux frontières d’étrangers sans titre de séjour.
    En 2020, la situation dans les centres de rétention administrative (CRA) a été marquée par la crise sanitaire due au Covid-19, qui a entraîné la fermeture des frontières, et par la « volonté du gouvernement de poursuivre les éloignements malgré un contexte qui rendait potentiellement dangereux [le placement en rétention] », dénoncent plusieurs associations, dont La Cimade et Forum réfugiés-Cosi, mardi 7 juillet, à l’occasion de la publication de leur bilan annuel sur l’enfermement au sein de ces lieux.
    Première conséquence de la crise sanitaire : la baisse du nombre de placements en rétention, qui chute presque de moitié par rapport à 2019. Les associations présentes au sein des CRA ont recensé, en 2020, près de 28 000 personnes enfermées en vue d’une expulsion, dont la majorité en outre-mer et plus précisément à Mayotte, contre près de 54 000 l’année précédente. Une épine dans le pied du gouvernement et du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui tente par tous les moyens d’accélérer le renvoi des étrangers en situation irrégulière depuis plusieurs mois.
    Lire aussi En 2019, près de 54 000 étrangers sans titre de séjour ont été enfermés
    Le 17 mars 2020, au départ du premier confinement, un mouvement de désengorgement des CRA était amorcé. Sous l’effet de décisions prises par les juges des libertés et de la détention, de multiples mesures de remise en liberté étaient ordonnées, justifiées par la menace que constituait la circulation du virus dans ces lieux où la distanciation sociale est quasi impossible.Au sortir du premier confinement, la donne a progressivement changé, avec la mise en place d’un protocole sanitaire et l’instauration de jauges. « Insuffisant », ont jugé les associations, qui ont constaté la formation de plusieurs clusters tout au long de l’année. En novembre 2020, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, appelait à la fermeture temporaire des CRA ou, au minimum, à une baisse drastique de leur activité.
    La crise sanitaire a, en outre, relancé la critique sur l’opportunité même d’un placement en rétention, alors que la possibilité de renvoyer un étranger sans titre de séjour était parfois rendue impossible par la fermeture des frontières. En 2020, le nombre de personnes expulsées depuis un centre de rétention a logiquement chuté, passant de 49,4 % en 2019 à 40,4 % en 2020, selon le rapport des associations.Certaines situations interpellent, comme celle des ressortissants algériens. « C’est l’exemple emblématique de cette année 2020 », estime Justine Girard, responsable des questions de rétention à La Cimade. Au total, 970 Algériens ont été placés en CRA entre le 17 mars et le 31 décembre 2020. Sur l’ensemble de l’année, il s’agit de la nationalité la plus représentée parmi les personnes retenues. Or, selon le bilan des associations, seules 8 % d’entre elles ont effectivement été renvoyées depuis le premier confinement, à 90 % vers un autre pays de l’Union européenne, et seulement quatre personnes ont pu être expulsées vers l’Algérie, qui avait décidé de la fermeture totale de ses frontières le 17 mars. « Des personnes ont fait l’objet de longues durées de rétention alors qu’on savait qu’elles ne seraient pas expulsées », poursuit Justine Girard.
    A l’inverse, les renvois se sont accélérés du côté des ressortissants roumains (77,1 % des personnes enfermées ont été expulsées), albanais (68,2 %) ou géorgiens (48,8 %). Une « politique du chiffre », jugent les associations, alors que le renvoi vers ces pays était plus simple que vers ceux du Maghreb.Enfin, en 2020, 26,5 % des personnes placées en rétention – soit une sur quatre – sortaient de prison, chiffre le plus haut enregistré ces dernières années. « Déjà observée en 2019, cette tendance s’est renforcée et témoigne d’un recours à la rétention pour d’autres finalités que l’éloignement du territoire français », estiment les associations dans leur rapport. Depuis son arrivée place Beauvau, en juillet 2020, le ministre de l’intérieur multiplie les instructions aux préfets pour expulser les étrangers en situation irrégulière qui constituent une « menace grave pour l’ordre public ».Depuis 2017, le nombre de places en rétention a doublé, passant de 1 069 à près de 2 200. Sur la seule année 2020, plus de 400 places ont été créées, à travers la construction de nouveaux CRA, comme à Lyon, Bordeaux, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) ou à Olivet (Loiret). Au sein des centres de rétention, si les jauges limitaient en 2020 le nombre de personnes retenues, leur taux de remplissage augmente de nouveau et « tourne aujourd’hui autour de 80 % », rapporte Justine Girard.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#retention#CRA#expulsion#etranger#eloignement#algerie#maghreb#roumain#albanais#georgiens

  • Algérie. Le coup d’État de juin 1965, la révolution et l’Internationale situationniste | Walid Bouchakour
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/coup-de-semonce-situationniste-en-algerie,4891

    Le 19 juin 1965, Houari Boumediene renverse le président algérien Ahmed Ben Bella et lance une répression contre la gauche. L’Internationaliste situationniste s’apprête alors à publier une sévère critique du régime avec son Adresse aux révolutionnaires d’Algérie et de tous les pays. Des archives dévoilent l’histoire de ce fameux tract et de sa diffusion sous le manteau dans un contexte désabusé. Source : Orient XXI

  • #Algériennes

    La guerre d’Algérie, cette guerre qui n’était pas nommée comme telle, est un événement traumatisant des deux côtés de la Méditerranée. Ce récit raconte la
    guerre des femmes dans la grande guerre des hommes...
    Béatrice 50 ans, découvre qu’elle est une « enfant d’appelé » et comprend
    qu’elle a hérité d’un tabou inconsciemment enfoui : elle interroge sa mère et son père, ancien soldat français en Algérie, brisant un silence de cinquante ans. Elle se met alors en quête de ce passé au travers d’histoires de femmes pendant la guerre d’Algérie : Moudjahidates résistantes, Algériennes victimes d’attentat, Françaises pieds noirs ou à la métropole... Ces histoires, toutes issues de témoignages avérés, s’entrecroisent et se répondent. Elles nous présentent des femmes de tout horizon, portées par des sentiments variés : perte d’un proche, entraide, exil, amour…

    https://www.marabout.com/algeriennes-1954-1962-9782501121002
    #BD #bande_dessinée #livre

    #guerre_d'Algérie #appelés #Algérie #France #armée_française #tabou #silence #maquis #Harki #massacre #meurtres #FLN #camps #entraide #Bourg-Lastic #femmes #Cimade #La_Cimade #honte #rapatriés #mémoire #résistance #liberté #indépendance #napalm #viols #viols_collectifs #mujahidin #douars #guerre_de_la_mémoire #fellaga #genre #patriarcat #commandos_punitifs #pillages #pieds-noirs #organisation_clandestine_des_Français_contre_l'indépendance (#OAS)

  • La Malédiction du #pétrole

    Le pétrole est devenu indispensable à l’économie mondiale, c’est sa plus grande richesse, mais aussi sa plus grande malédiction. Retraçant l’histoire de ce paradoxe les auteurs se penchent avec acuité sur le sujet.
    Depuis près d’un siècle et demi, l’or noir a été le moteur de la croissance et la source des plus grands malheurs. Combien de temps cet état va-t-il durer alors que même la catastrophe écologique du réchauffement climatique ne semble pas peser dans la décision de s’en passer ? Mais à quand remonte cette course à l’abîme ? C’est ce que les auteurs entreprennent de raconter.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-la-malediction-du-petrole/album-malediction-du-petrole

    #BD #bande_dessinée #livre

    #Caucase #Russie #Frères_Nobel #raffinerie #Branobel #Bakou #pipeline #steam-tanker #marée_noire #Rotschild #puits_de_pétrole #mer_Noire #Batoumi #Bnito #puits_de_Bibi-Heybat #histoire #compagnie_pétrolière #Mer_Caspienne #industrie_pétrolière #Pennsylvanie #Edwin_Drake #potion_Drake #Oil_Creek #Pithole #Devil_Bill #John_Davison_Rockfeller #Rockfeller #Standard_Oil_Company #7_soeurs #John_Rockfeller #Cleveland #raffinage #Massacre_de_Cleveland #Sumatra #Staline #Koba #grèves #Royal_Dutch_Shell #industrie_automobile #OPEP #moteur_à_explosion #Jamais_contente #Henry_Ford #Ford #Ford_Motor_Company #moteur_électrique #General_Motors #Ford_T #Detroit #USA #Etats-Unis #Indonésie #colonialisme #essence #énergie #progrès #Esso #Stocony #Socal #Gulf_oil #Texaco #Anglo-persian_oil #William_Knox_d'Arey #Perse #Plaine_du_Naphte #guerre #comité_des_vaisseaux_terrestres #tank #Irak #Compagnie_française_des_pétroles (#CFP) #Total #accords_Sykes-Picot #Moyen-Orient #simple_ligne_de_sable #désert_arabique #Rub_al-khali #Standard_oil_of_California #Ras_Tanura #Harry_St_John_Bridger_Philby #Sheikh_Abdullah #Quart_vide #Kim_Philby #Philby #Arabie_Saoudite #Saoud #WWI #WWII #première_guerre_mondiale #seconde_guerre_mondiale #Canal_de_Suez #Red_Bell_Express #Pacte_de_Quincy #Algérie #Sahara_algérien #extractivisme #CIA #Saddam_Hussein #Arabian_American_oil_company (#ARAMCO) #Ghawar #combine_en_or #Venezuela #optimisation_fiscale #Iran #ENI #Libye #Italie #Pier_Paolo_Pasolini #Enrico_Mattei #guerre_du_Kippour #choc_pétrolier #Conférence_de_Bagdad (1960) #Juan_Pablo_Pérez_Alfonzo #Abdullah_al-Tariki #King_Hubbert #Trente_Glorieuses #premier_choc_pétrolier #Exxon_Mobile #BP-Amoco #pétrole_de_schiste #plateformes_offshore #groupe_Carlyle #Carlyle #schiste #fisc

    #pétrole #BD #malédiction

  • L’article 66 du code de la famille est une violence contre les mères divorcées

    Contrairement à l’ex-conjoint qui peut se remarier sans condition, les femmes divorcées sont privées de la garde de l’enfant au cas où elles décident de refaire leur vie. Une discrimination consacrée par l’article 66 du code de la famille. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Nadia Aït Zaï, directrice du Centre d’information et de documentation sur les droits des enfants et des femmes (Ciddef), revient sur le plaidoyer lancé pour l’abolition de cet article contraire à la Constitution et à la Convention de lutte contre les discriminations à l’égard des femmes, ratifiée par l’Algérie.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/25/larticle-66-du-code-de-la-famille-est-une-violence-cont

    #algérie #féminisme #droit

  • Covid-19 dans le monde : l’Algérie rouvre partiellement ses frontières après quinze mois de fermeture
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/06/02/covid-19-dans-le-monde-l-algerie-rouvre-partiellement-ses-frontieres-apres-q

    L’Algérie a partiellement rouvert mardi ses frontières, avec la reprise d’une liaison aérienne entre Alger et Paris, après plus d’un an de fermeture en raison de la pandémie causée par le coronavirus. Un Airbus A330 de la compagnie nationale Air Algérie a atterri mardi vers 17 h 30 (heure en France) à l’aéroport d’Alger Houari-Boumédiène, avec à son bord 299 passagers, en provenance de Paris-Orly. Le même appareil avait effectué dans la matinée un premier vol à destination d’Orly, avec une soixantaine de passagers.
    Sitôt après avoir débarqué sur le tarmac à Alger, les passagers ont été transférés dans des cars garés à la sortie de l’aéroport pour être ensuite conduits dans un hôtel de Zeralda, une localité côtière à l’ouest de la capitale, où ils seront confinés pendant cinq jours, selon des images diffusées par des chaînes de télévision privées.Le gouvernement avait annoncé la semaine dernière une reprise progressive, à partir du 1er juin, des vols d’Air Algérie en direction de quatre pays : France, Espagne, Tunisie et Turquie. Cette réouverture limitée s’accompagne de conditions draconiennes : isolement obligatoire de cinq jours dans un des hôtels sélectionnés par les autorités et frais de confinement et de dépistage à l’arrivée à la charge des visiteurs. Les frontières terrestres et maritimes restent, quant à elles, fermées pour le moment.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#espagne#tunisie#turquie#sante#reouverturefrontiere#circulation#restrictionsanitaire#isolement#test#confinement

  • A #Marseille, l’école #Bugeaud bientôt rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

    « Une école peut porter le nom d’un #héros, pas d’un #bourreau », estime le maire socialiste Benoît Payan, qui a décidé de retirer le patronyme du conquérant de l’#Algérie au profit de celui d’#Ahmed_Litim, libérateur de Marseille.

    L’école primaire Bugeaud, dans le 3e arrondissement de Marseille, sera bientôt débaptisée pour porter le nom d’un soldat inconnu, Ahmed Litim, tirailleur algérien, libérateur de Marseille, mort à 24 ans le 25 août 1944 sous le feu des occupants nazis.

    La délibération qui doit officialiser cette décision sera présentée au conseil municipal vendredi 21 mai. Mais, pilotée de bout en bout par le maire socialiste Benoît Payan, leader du Printemps marseillais, elle devrait être largement soutenue par la majorité de gauche, écologiste et citoyenne qui dirige la ville.

    « Une école de la République peut porter le nom d’un héros, mais pas celui d’un bourreau », assure le maire de Marseille au Monde pour expliquer son choix. « Chaque matin, des enfants rentrent sous un fronton où sont inscrits à la fois la devise de la République – “Liberté, Egalité, Fraternité” – et le nom de Bugeaud, ce qui est totalement contradictoire », s’indigne-t-il. Maréchal de France, gouverneur général de l’Algérie dès 1840, Thomas Bugeaud (1784-1849) s’est d’abord illustré dans les campagnes napoléoniennes, réprimant férocement les rébellions, notamment en Espagne. Mais il reste dans l’histoire comme l’officier qui a soumis l’Algérie et forcé l’émir Abd El-Kader à déposer les armes, en 1847.

    Une victoire militaire obtenue par des méthodes dénoncées à l’époque jusque devant la Chambre des pairs, notamment la mise à mort de milliers de civils, enfumés dans les grottes où ils avaient trouvé refuge. « Bugeaud met aussi en place la politique de la terre brûlée, dont l’objectif est de dégoûter à jamais la population de toute résistance. Quand il débarque à Alger, il apporte avec lui des malles entières de médaillons portant l’inscription “arabe soumis” », rappelle l’historien Ahmed Bouyerdene, conseiller scientifique de l’exposition Abd El-Kader prévue au printemps 2022 au MuCEM, à Marseille.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/11/a-marseille-l-ecole-bugeaud-debaptisee-pour-porter-le-nom-d-un-tirailleur-al
    #école #toponymie #toponymie_politique #tirailleurs #France

    ping @cede

  • Covid-19 : l’Algérie assouplit les conditions de retour face à la colère de la diaspora
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/31/covid-19-l-algerie-assouplit-les-conditions-de-retour-face-a-la-colere-de-la

    Covid-19 : l’Algérie assouplit les conditions de retour face à la colère de la diaspora. Air Algérie va assurer six vols hebdomadaires en direction de cinq villes à partir du 1er juin : Paris, Marseille, Barcelone, Tunis et Istanbul.
    L’Algérie a légèrement assoupli les conditions d’entrée sur son sol de ses ressortissants bloqués à l’étranger en raison de la pandémie de Covid-19, en réduisant les frais de confinement obligatoire, a indiqué dimanche 30 mai un communiqué du conseil des ministres.Cette décision survient alors que la nombreuse diaspora algérienne proteste depuis plusieurs jours contre les conditions de retour draconiennes en Algérie à partir du 1er juin.
    Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné, lors de la réunion du conseil des ministres, de « dispenser les étudiants et les personnes âgées à faible revenu parmi les Algériens de retour au pays de payer les frais d’hébergement relatifs à l’isolement ». Il a également été décidé de « baisser les frais d’hébergement de 20 % pour les Algériens de retour au pays », selon le communiqué. Ces frais avaient été fixés à 41 000 dinars (quelque 250 euros).Le gouvernement avait annoncé la semaine dernière une reprise progressive, à partir du 1er juin, des vols de la compagnie nationale Air Algérie après une suspension de quatorze mois. Il avait alors précisé que les frais de confinement et de dépistage à l’arrivée seraient à la charge des passagers. Un confinement de cinq jours sera obligatoire dans l’un des hôtels sélectionnés par les autorités. Une mesure qui a soulevé la colère des Algériens établis ou bloqués à l’étranger, notamment en France, où des centaines d’entre eux ont manifesté samedi devant des consulats de l’Algérie, pour dénoncer les conditions imposées par le gouvernement pour cette réouverture partielle des frontières.
    Air Algérie a confirmé samedi qu’elle allait assurer six vols hebdomadaires en direction de quatre pays (France, Espagne, Tunisie et Turquie) et cinq dessertes : Paris, Marseille, Barcelone, Tunis et Istanbul.Dans un communiqué publié dimanche, un collectif d’Algériens de l’étranger a réitéré « son rejet de l’ouverture de seulement cinq dessertes » et a demandé « à pouvoir acheter des billets d’avions auprès d’autres compagnies étrangères et alléger ainsi la pression sur Air Algérie ».
    Plusieurs millions d’Algériens de l’étranger ont dû composer avec la fermeture des frontières et la suspension des vols commerciaux et des liaisons maritimes décidées le 17 mars 2020.Depuis, les autorités ont organisé des vols de rapatriement pour leurs ressortissants, sous conditions, mais ces derniers ont été suspendus le 1er mars en raison de l’apparition du variant anglais fin février en Algérie.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#diaspora#sante#circulation#frontiere#retour#rapatriement#variant