• L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/27/l-emigration-des-jeunes-reflet-du-malaise-algerien_6655074_3232.html

    L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    Analyse
    Mustapha Kessous
    Sur les réseaux sociaux circulent d’innombrables vidéos de harraga algériens – ces « brûleurs de frontières » qui quittent leur pays par la mer sans passeport ni visa –, heureux d’approcher le rivage espagnol. Le 3 septembre, dans une joie déroutante, sept adolescents ont ainsi rallié Ibiza depuis la baie d’Alger à bord d’une embarcation de plaisance volée. Cette traversée retransmise en direct sur TikTok a provoqué l’émoi en Algérie, ravivant la question de l’« exode » vers l’Europe.
    En France, l’immigration algérienne est un thème récurrent des débats politiques et médiatiques. Entre Paris et Alger, elle n’a cessé depuis l’indépendance, en 1962, d’être un enjeu d’éternelles tractations. D’autant plus que les départs clandestins depuis l’Algérie restent très élevés ces dernières années. Du 1er janvier au 31 octobre, Frontex, l’agence européenne des frontières, a recensé 8 496 passages irréguliers de ressortissants algériens vers les îles Baléares ou les plages du sud de l’Espagne continentale. Ils représentent un peu plus de la moitié du flux d’exilés (16 321) ayant emprunté cette route dite « de la Méditerranée occidentale ». Et ils constituent la cinquième nationalité la plus représentée parmi les entrées clandestines en Europe, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    En forte progression depuis 2023, cette voie connaît un nouvel essor cette année : + 27 % d’arrivées, toutes nationalités confondues, par rapport à la même période de 2024 et même + 66 % rien qu’aux Baléares, selon le ministère de l’intérieur espagnol. Frontex attribue cette hausse au renforcement des contrôles migratoires au Maroc « poussant davantage de personnes à recourir aux services de passeurs en Algérie ».
    Un an après le revirement promarocain de Madrid sur le Sahara occidental, les accords signés entre les deux pays en février 2023 ont drastiquement réduit les départs, y compris vers les Canaries (− 58,6 %). « Les réseaux se sont adaptés en conséquence, faute d’une coopération migratoire aussi étroite entre Madrid et Alger qu’avec Rabat », explique le sociologue marocain Ali Zoubeidi, spécialiste des migrations.
    Pourquoi les Algériens quittent-ils leur pays ? Chercheurs et diplomates français sont unanimes : l’« envie d’ailleurs ». « Ce sentiment de ne plus vouloir rester en Algérie est profond. Aux côtés des chômeurs et des jeunes, on trouve des fonctionnaires, des policiers, des familles avec enfants. Bref, des gens qui sont intégrés professionnellement », observe le sociologue algérien Nacer Djabi. « Ces harraga ne sont plus des exilés économiques, mais des personnes qui cherchent un endroit où construire une nouvelle vie et s’épanouir en liberté », ajoute Saïd Belguidoum, maître de conférences émérite à Aix-Marseille Université.
    Ce phénomène de « mal vie » n’est pas nouveau. Selon l’OIM, plus de 54 000 Algériens ont gagné l’Europe entre 2020 et 2024 – soit environ 10 000 par an –, essentiellement par la route de la Méditerranée occidentale. 2019 est une année charnière. A cette époque, l’Algérie était secouée par le Hirak, soulèvement populaire au cours duquel des millions de manifestants ont tenté de « dégager le système ». Les jeunes, notamment, promettaient alors de rester pour bâtir l’Algérie de demain, « libre et démocratique ». Cette année-là, un peu plus de 5 000 Algériens avaient rejoint l’Europe. L’année suivante, ils étaient presque trois fois plus nombreux.
    Cette brutale hausse s’explique, entre autres, par la reprise en main autoritaire du pouvoir par le président Abdelmadjid Tebboune. « Le constat est terrifiant. Après ce rêve de changement brisé par le régime, les Algériens de toutes catégories sociales et de tous âges préfèrent s’enfuir du pays », rappelle l’avocat algérien Aïssa Rahmoun, en exil en France et secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). « L’échec du Hirak a accéléré les passages, insiste Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). C’est parce que l’Algérie n’offre aucune perspective pour une partie de sa jeunesse qu[e celle-ci] fuit. » Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %.
    La France regarde de près cette migration clandestine puisque « la majorité vient dans notre pays, dit M. Leschi, 80 % des immigrés algériens en Europe sont en France. » Alger laisserait-il délibérément filer ces émigrés afin de peser sur la France, dans le contexte de crise diplomatique avec Paris, ravivé en juillet 2024 après la reconnaissance par Emmanuel Macron de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental ? C’est d’ailleurs cet été-là que l’ambassade d’Espagne à Alger avait alerté les diplomates français pour leur signaler une « augmentation du flux des harraga ».
    S’agirait-il aussi d’une soupape destinée à désamorcer les tensions sociales algériennes ? Didier Leschi est convaincu que « les autorités laissent passer plutôt que d’être demain confrontées à une génération Z qui leur demandera des comptes ». « Les autorités ne peuvent rien faire, elles ont baissé les bras, corrobore Nacer Djabi. Même la presse ne parle plus de cette migration, considérant qu’il s’agit d’un fait accompli. »
    Dans la revue de l’armée algérienne El Djeich de septembre, les autorités ont reconnu ne pas être « épargnées » par la « migration clandestine » qui « touche principalement sa jeunesse ». Elles assurent combattre « ce phénomène » d’ailleurs puni par la loi : officiellement, un « brûleur de frontières » algérien risque une peine de prison. Mais les harraga continuent de défier les autorités et l’« Algérie nouvelle » qu’elles disent vouloir bâtir : symboles du manque d’avenir des jeunes Algériens, ils sont aussi devenus un enjeu dans les houleuses relations franco-algériennes.

    #Covid-19#migration#migrant#algerie#france#jeunesse#frontex#frontiere#crise#politiquemigratoire#sante

  • Pour la libération du journaliste #christophe_gleizes détenu en #algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions
    https://splann.org/liberation-christophe-gleizes

    « Splann ! » s’associe aux sociétés de journalistes, aux organisations d’éditeurs, aux syndicats de journalistes et à Reporters sans frontières pour réclamer la libération de Christophe Gleizes. Spécialiste du football africain, notre confrère a été condamné fin juin à sept ans de prison ferme en Algérie, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». L’article Pour la libération du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #journalisme #liberté_de_la_presse #tribune

  • L’accord de 1968, au cœur du contentieux franco-algérien sur l’immigration
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/17/l-accord-de-1968-au-c-ur-du-contentieux-franco-algerien-sur-l-immigration_66

    L’accord de 1968, au cœur du contentieux franco-algérien sur l’immigration
    Julia Pascual
    L’Assemblée nationale a voté, le 30 octobre, pour la première fois de la Ve République, un texte du Rassemblement national, en l’espèce une résolution en faveur de la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 – qui régit les règles du séjour des Algériens en France. A gauche, on fustige les relents xénophobes d’une telle entreprise, permise grâce au concours des voix de la droite et d’Horizons. S’il a regretté le vote de l’Assemblée, le premier ministre Sébastien Lecornu s’est dit favorable à une renégociation de l’accord, que deux rapports parlementaires de 2025 ont jugé trop favorable aux Algériens et ne se justifiant plus, soixante-trois ans après l’indépendance. « On peine à penser la singularité de la relation franco-algérienne qui peut conduire à la reconnaissance d’une mobilité plus aisée, souligne Emmanuel Blanchard, historien et professeur à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Or, il n’y a pas eu d’autre colonie de peuplement, à part la Nouvelle-Calédonie, et il n’y a pas beaucoup d’étrangers qui ont été français pendant plus d’un siècle. »
    Un détour par l’histoire est nécessaire pour appréhender le sens de ce texte devenu totémique. A partir du milieu du XIXe siècle, toutes les populations d’Algérie ont été statutairement françaises jusqu’à 1962, année de l’indépendance et des accords d’Evian. Ces derniers, conçus dans l’idée du maintien en Algérie des « pieds-noirs », prévoient la libre circulation de tous, y compris des Algériens, qui conservent donc le droit d’entrer et de s’établir en France. Mais cette fiction s’effondre doublement : les attentats de l’Organisation de l’armée secrète et du Front de libération nationale contraignent les Français d’Algérie à fuir le pays. Quant aux Algériens, ils immigrent en nombre et de façon inattendue vers la France, fuyant le désordre régnant en Algérie et attirés par les emplois industriels en France. Le principe de libre circulation, devenu sans objet pour les Français, s’applique de fait seulement aux Algériens.
    Dès 1963, la France cherche à limiter leur venue, et le ministère de l’intérieur instaure des contrôles médicaux à l’arrivée, qui permettent que « des centaines de personnes [soient] régulièrement refoulées par bateau », rapporte Baptiste Mollard, chercheur au Centre de recherches en sociologie du droit et des institutions pénales. En 1964, l’accord Nekkache-Grandval prévoit que « les arrivées de travailleurs algériens seront fixées en fonction des disponibilités en main-d’œuvre de l’Algérie et des possibilités du marché français de l’emploi ». Il comporte, en outre, une clause informelle de « rapatriement des oisifs », souhaitée par le ministère de l’intérieur français. « Ce contingentement strict et inédit place les dirigeants algériens dans une situation de subordination durable », poursuit Baptiste Mollard. Même si la France dénonce son contournement par l’arrivée de travailleurs algériens déguisés en « faux touristes », c’est l’Etat français qui décide du nombre de travailleurs admis.
    C’est dans ce contexte que va être négocié l’accord de 1968 qui met fin au principe de libre circulation. Tandis que l’Algérie négocie un contingent de travailleurs plus important et pluriannuel, la France impose aux Algériens la possession d’un document (le certificat de résidence) et conditionne le regroupement familial à une attestation de logement et à un certificat médical. « La philosophie qui sous-tendait historiquement cet accord n’était donc pas de libéraliser les flux migratoires entre la France et l’Algérie mais, au contraire, de les réguler davantage », ont rappelé les sénateurs Olivier Bitz (Orne, Union centriste) et Muriel Jourda (Morbihan, Les Républicains), auteurs d’un rapport d’information en février. L’accord de 1968 va connaître une série d’avenants, en 1985, en 1994 et en 2001, dont l’objectif est, notamment, d’en rapprocher le contenu du droit commun (qu’il soit ou non plus favorable). L’absence de renégociation de l’accord franco-algérien depuis 2001, période pendant laquelle le régime de droit commun n’a cessé d’être durci, donne à plusieurs des dispositions applicables aux Algériens des allures de « régime de faveur », pour reprendre les termes de Mme Jourda et M. Bitz.
    Qu’en est-il aujourd’hui ? Si des dispositions sont au désavantage des Algériens en matière d’immigration économique ou étudiante, d’autres sont à leur avantage : les Algériens peuvent, par exemple, demander un regroupement familial après un an de résidence contre dix-huit mois pour les autres étrangers ; les conjoints de Français peuvent aussi demander un certificat de résidence de dix ans après un an de mariage, contre trois ans dans le droit commun ; un Algérien peut être régularisé de plein droit après dix ans de présence en France, possibilité qui n’existe plus pour les autres étrangers depuis 2006.« Mais entre le droit et la pratique, il y a un gouffre », rappelle Abderrazak Boudjelti, président de l’Union des avocats franco-algériens, qui regrettait, dans un communiqué de janvier, les « contrevérités » véhiculées sur l’accord de 1968, soulignant que les préfectures « piétinent de manière flagrante les rares avantages exorbitants du droit commun » et que « la plupart des titres de séjour délivrés aux Algériens le sont en exécution de décisions de justice ».
    La présence des immigrés algériens en France – la plus importante communauté immigrée, avec près de 900 000 personnes – tient davantage à l’histoire imbriquée des deux pays qu’à l’accord en tant que tel. « Ainsi ne faut-il pas attendre d’une dénonciation de cet accord une baisse automatique et massive du nombre d’immigrés », rappelait à l’Assemblée Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. Ni une augmentation des expulsions, qui ne sont pas régies par l’accord et auxquelles les tensions entre Paris et Alger ont porté un coup d’arrêt.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#accordmigratoire#immigration#droit#sante#politiquemigratoire

  • La statue du sergent Blandan, le fantôme colonial de mon père - Se libérer de nos fantômes coloniaux

    Dorothée-Myriam Kellou

    Enfant, Malek, réalisateur algérien exilé en France, allait à #Boufarik, en #Algérie, pour manger des oranges. Il y croisait la statue d’un soldat en armes, juchée sur son piédestal à plus de 7 mètres 50 de haut. C’était la statue du sergent Blandan, héros de la #conquête_coloniale_de_l'Algérie, érigée à Boufarik à la fin du XIXème siècle et « rapatriée » en France, à #Nancy.

    C’est là que par hasard, un matin neigeux de 1990, Malek a retrouvé le fantôme de son enfance. Le refoulé colonial a soudain ressurgi. Il a raconté sa rencontre effrayante à sa fille, qui à son tour décide de partir sur les traces de ce fantôme, en France et en Algérie. Mais à mesure qu’elle s’approche de lui, elle est à son tour hantée. Comment se libérer du fantôme colonial qui fait corps avec la statue du sergent Blandan, héros de la conquête de l’Algérie ?

    https://www.arteradio.com/son/la-statue-du-sergent-blandan

    https://cdn.arteradio.com/permanent/arteradio/sites/default/files/4le_fantome_du_sergent_blandan_lq_fr.mp3

    #colonisation
    #mémoire
    #histoire

  • Laurent Nuñez met en garde contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie, après la dénonciation de l’accord migratoire de 1968
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/01/laurent-nunez-met-en-garde-contre-la-methode-du-bras-de-fer-avec-l-algerie-a

    Laurent Nuñez met en garde contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie, après la dénonciation de l’accord migratoire de 1968
    Alors que la coopération migratoire entre la France et l’Algérie est à l’arrêt, le ministre de l’intérieur alerte sur la nécessité de renouer « le dialogue » avec Alger.
    Le Monde avec AFP
    Quelques jours après l’adoption à l’Assemblée nationale d’une résolution du Rassemblement national (RN) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a mis en garde, samedi 1er novembre, contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie. « Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine », a déclaré M. Nuñez dans un entretien au Parisien, ajoutant qu’il regrettait « les conditions dans lesquelles s’est déroulé ce vote ». « Preuve » de l’inefficacité de cette méthode, « le canal est totalement coupé aujourd’hui avec Alger », a-t-il ajouté.
    Depuis son arrivée au gouvernement, M. Nuñez a souligné à plusieurs reprises la nécessité de renouer « le dialogue » avec Alger, mettant en avant les besoins de coopération sécuritaire notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel.Le gel des relations entre la France et l’Algérie se traduit notamment par l’arrêt total de la coopération migratoire, explique M. Nuñez : « L’Algérie n’accepte plus ses ressortissants en situation irrégulière depuis le printemps. » Cette année, 500 éloignements forcés vers ce pays ont pu avoir lieu à fin octobre, contre 1 400 en 2024 sur la même période, selon lui. Par conséquent, les centres de rétention administrative « sont occupés à plein » : « 40 % des places sont occupées par des ressortissants algériens. »
    Le départ du gouvernement du précédent ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau – partisan d’une ligne dure contre Alger –, avait permis ces dernières semaines d’amorcer en coulisses des discussions entre la France et l’Algérie. Mais la secousse provoquée par l’adoption jeudi d’une résolution visant à dénoncer la convention du 27 décembre 1968 entre les deux pays télescope les prémices d’un dialogue. Le traité, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie, crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de trois mois dans l’Hexagone et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour dix ans, y compris dans le cadre du regroupement familial. Sa dénonciation est réclamée de longue date par la droite et l’extrême droite.

    #Covid-19#migration#migrant#france#algerie#accordmigratoire#politiquemigratoire

  • L’Algérie considère que la résolution de l’Assemblée nationale dénonçant l’accord migratoire de 1968 est pour l’instant une « affaire franco-française »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/11/03/alger-considere-que-la-resolution-de-l-assemblee-nationale-denoncant-l-accor

    L’Algérie considère que la résolution de l’Assemblée nationale dénonçant l’accord migratoire de 1968 est pour l’instant une « affaire franco-française »
    Le Monde avec AFP
    Le ministre des affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a réagi, dimanche 2 novembre, à l’adoption, quelques jours plus tôt, à l’Assemblée nationale française d’une résolution visant à dénoncer l’accord migratoire de 1968 qui institue un régime spécifique pour les Algériens en France. « C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée », a dit M. Attaf dans un entretien à la chaîne d’information algérienne AL24.
    « Très sincèrement, j’ai beaucoup de respect pour l’Assemblée nationale française, mais lorsque j’ai vu ce vote (…), la première pensée qui m’est venue à l’esprit [a été] “la course à l’échalote se poursuit” », a-t-il déclaré.
    Jeudi, les députés français ont adopté une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, dans un geste symbolique. Ce texte, non contraignant, a été adopté à une majorité d’une voix par l’Assemblée grâce à l’appui de députés des partis de droite Les Républicains et Horizons.« Sur le fond, cette affaire est une affaire entre l’Assemblée nationale française et le gouvernement français. C’est une affaire intérieure, c’est une affaire franco-française. Elle ne nous concerne pas pour le moment », a rappelé le chef de la diplomatie algérienne.
    M. Attaf a toutefois précisé qu’« elle pourrait nous concerner si ça devient une affaire de gouvernement à gouvernement parce que l’accord de 1968 est un accord intergouvernemental. C’est un accord international et le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond nous ne réagissons pas. » « Nous n’avons rien vu venir et nous espérons ne rien voir venir », a conclu le ministre algérien.
    Cet accord, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962), crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de trois mois en France et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour dix ans, y compris dans le cadre du regroupement familial.Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique, à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#accordmigratoire#immigration#politiquemigratoire

  • L’exil et le village
    https://laviedesidees.fr/L-exil-et-le-village

    Quelle place attribuer au prénom dans la détermination sociale d’un individu ? Pour l’immigré, il porte la double marque du pays quitté et du pays d’accueil, de l’exil douloureux et de l’intégration difficile.

    #Histoire #immigration #sociologie #Algérie #économie_sociale_et_solidaire
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251103_prenom.pdf

  • Algérie : Les restrictions injustifiées pesant sur les associations devraient être levées

    Un avant-projet de loi non seulement maintiendrait les contraintes actuelles, mais conférerait au gouvernement un pouvoir excessif de contrôle

    Les autorités algériennes devraient mettre fin au contrôle excessif sur les organisations de la société civile et le Parlement devrait adopter une nouvelle loi sur les associations basée sur les normes internationales relatives aux droits humains, ont déclaré aujourd’hui huit organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch. L’avant-projet de loi considéré pour remplacer la loi de 2012 actuellement en vigueur porterait encore plus atteinte au droit à la liberté d’association.

    Cet avant-projet, consulté par les organisations, au lieu de corriger les dispositions de la loi actuelle qui violent le droit à la liberté d’association, introduit des restrictions supplémentaires et renforce le contrôle du gouvernement sur les associations dans le pays. Il ne donne pas aux associations la possibilité de se former sans autorisation préalable du gouvernement, comme l’exige la Constitution. Au lieu de le présenter au Parlement, les autorités devraient enterrer le projet de loi, ont déclaré les organisations.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/14/le-peuple-algerien-reitere-son-rejet-du-regime-militaire/#comment-69853

    #international #algerie

  • Elles (Ahmed Lallem, 1966) - HENRI - La Cinémathèque française
    https://www.cinematheque.fr/henri/film/120994-elles-ahmed-lallem-1966

    En 1966, Ahmed Lallem réalise Elles, étonnant documentaire dans lequel, quatre ans après l’indépendance de l’Algérie, il donne la parole à des lycéennes de première et de terminale. Prétexte à interroger la société dans laquelle il vit, et laisser évoquer par la jeunesse féminine un quotidien, des frustrations qui pourraient peut-être changer... Le mot « révolution » n’est pas si loin, après tout. Le film ne sera jamais montré publiquement en Algérie. Trente ans après Elles, Ahmed Lallem retrouve quelques-unes des lycéennes et tourne Algériennes, 30 ans après (1995) : Souad, Farida, Hassina ou Badra nous parlent et font le point, à l’heure de la « décennie noire », sur les règles de la société, l’exil, les illusions perdues.

    #film #court-métrage #documentaire #Algérie #femmes

  • Histoire et mémoires de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris
    https://www.histoire-immigration.fr/integration-et-xenophobie/histoire-et-memoires-de-la-manifestation-du-17-octobre-1961-a-p

    Découpé en trois parties, qui peuvent être regardées indépendamment ou à la suite, cet entretien avec Emmanuel Blanchard (historien) et Mogniss H. Abdallah (journaliste et réalisateur) tente de faire un état des connaissances vu de France sur cet événement. Source : Musée de l’histoire de l’immigration

  • Lecture d’un extrait du livre « La joie ennemie » de Kaouther Adimi, paru aux éditions Stock, dans la collection « Ma nuit au musée » en 2025

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/la-joie-ennemie-de-kaouther-adimi

    Le livre de Kaouther Adimi est le récit d’une nuit passée à l’Institut du monde arabe face aux œuvres de la peintre algérienne Baya. Ce qui commence comme un dialogue avec l’art se transforme en plongée intime dans la mémoire de l’autrice. Baya, révélée très jeune par ses toiles éclatantes, incarne pour Adimi une force de vie et de résistance, miroir de son propre rapport à l’Algérie. Le récit mêle la trajectoire de l’artiste et l’enfance de l’écrivaine dans les années 1990, marquées par la décennie noire. Alors que sa famille choisit de rentrer au pays malgré la menace terroriste, la jeune Kaouther vit la peur au quotidien : faux barrages, attentats, silence imposé. Elle enquête aujourd’hui sur cette période, questionne ses proches et confronte souvenirs et images familiales. Ce texte explore ainsi les liens entre art, mémoire et histoire collective, montrant comment la création peut devenir refuge, éclairage et libération face aux ombres du passé.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Voix, #Mémoire, #Histoire, #Guerre, #Algérie, #Peinture, #Art, #Baya (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_la_joie_ennemie_kaouther_adimi.mp4

    https://www.editions-stock.fr/livre/la-joie-ennemie-9782234086470

  • Retraités à l’étranger : le contrôle biométrique se développe pour lutter contre la fraude
    https://www.alternatives-economiques.fr/retraites-a-letranger-controle-biometrique-se-developpe-lutt/00116261

    Afin de mieux dissuader les fraudeurs, les régimes de retraite commencent à certifier l’existence effective des pensionnés résidant à l’étranger via la biométrie. Un dispositif qui deviendra obligatoire à l’horizon 2028.


    Retraités au Portugal. Parmi les retraités résidant à l’étranger et percevant une pension française, 10 % sont nés en France. PHOTO : Getty

    La lutte contre la fraude, sujet politique hautement inflammable, revient comme un serpent de mer. Cet été, le gouvernement Bayrou a présenté un avant-projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale. Objectif : récupérer 2,3 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat, en cette période de disette budgétaire.

    La nouvelle équipe à Matignon devrait tôt ou tard reprendre le flambeau, tant ces dernières années le thème est au menu de tous les gouvernements, aiguillonnés par la Cour des comptes. Dans leur rapport 2025 sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (LFSS), les hauts magistrats de la rue Cambon ont souligné les améliorations dans la lutte contre la fraude aux #retraites_versées_à_l’étranger, mais appelé « à poursuivre [les efforts] pour mieux la prévenir et la réduire ».

    Ils ont répertorié, pour 2021, 43 millions d’euros d’indus sur cette population pour le régime général (1,1 million de personnes) dont 35 millions avaient été récupérés à 24 mois. La somme peut sembler faible mais cela correspondrait à 28 % de l’ensemble des indus de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, alors que ces pensions représentent moins de 3 % des prestations légales versées.

    Les #pensions versées à l’étranger sont sujettes aux risques de fraude connus (utilisation frauduleuse ou falsification de documents d’identité, fraude aux comptes bancaires, etc.), auxquels s’ajoute une problématique spécifique de #décès_non_déclaré. C’est pourquoi les caisses de retraite demandent chaque année aux retraités résidant à l’étranger – dont 10 % sont nés en France – de produire un #certificat_d’existence.

    Autrement dit, ceux-ci reçoivent un formulaire d’état civil prérempli, qu’ils doivent faire authentifier en se présentant avec une pièce d’identité auprès du consulat ou des autorités locales, avant de le renvoyer. Sans quoi, au bout de deux mois, leur pension peut être suspendue, et ce jusqu’à la réception des justificatifs exigés.

    Selon l’Assurance retraite, 94,2 % des certificats d’existence sont retournés dans les 12 mois, ce qui implique que 5,8 % des pensions sont suspendues, sans qu’il s’agisse forcément de fraudes. Cela dit, « cette procédure papier est aisément fraudable – si les autorités locales se laissent corrompre par exemple –, et contraignante pour des pensionnés souvent âgés – 78 ans de moyenne d’âge contre 74 ans en moyenne », commente Renaud Villard, directeur général (DG) de l’Assurance retraite. C’est pourquoi des opérations ciblées de contrôle sur place peuvent ensuite intervenir sur les cas suspicieux.

    Cap sur les échanges de données et le contrôle biométrique

    Pour remédier à cette fragilité, les régimes développent depuis plusieurs années les #échanges_de_données d’état civil, notamment sur les décès. Désormais, ce sont près de 50 % des retraités à l’étranger – surtout dans l’Union européenne – qui sont exemptés de prouver leur existence chaque année, selon l’Assurance retraite. C’est particulièrement le cas des résidents de neuf pays : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède. Et d’autres conventions sont en passe d’être signées avec l’Autriche et la Pologne, ou encore le Royaume-Uni, pour une cible de 60 % de retraités concernés d’ici 2027.

    « Il faut marcher sur deux jambes : les échanges de données mais aussi la biométrie, plus exigeante que le contrôle d’existence traditionnel, qui permet de faire des économies en papier et en surcontrôles », affirme Renaud Villard.

    La #LFSS pour 2021 avait en effet introduit la possibilité de recourir à la #reconnaissance_faciale ; la LFSS pour 2025 est allée plus loin en l’imposant à compter de 2028.

    Expérimenté par l’Union retraite depuis 2022, le groupement d’intérêt public (GIP) qui réunit tous les régimes obligatoires, le contrôle biométrique, réalisé par vagues mensuelles, est monté en charge depuis septembre 2024. Le principe ? Lorsque l’assuré doit justifier de son existence, il reçoit par courrier ou e-mail un QR code qui lui permet d’installer gratuitement l’application « Mon certificat de vie » sur son téléphone.

    Après avoir scanné son titre d’identité (disposant d’une bande de lecture optique), il se filme avec le mode selfie et peut ainsi valider son certificat, transmis ensuite automatiquement à l’Union retraite. Et les chiffres au bout d’un an sont probants, se félicite le GIP. 85 % de la cible a reçu son QR Code, dont [seuls] 15 % s’en sont emparés : au bout du compte, 70 000 retraités ont pu ainsi envoyer leur preuve d’existence.

    « C’est une première marche vers la généralisation, mais tant que les assurés auront le choix, ils pourront contourner le dispositif s’ils veulent frauder. La biométrie est donc plutôt un levier supplémentaire de maîtrise des risques pour inciter les gens à déclarer le décès de leurs proches », explique Richard Bordignon, directeur de l’Union retraite.

    Simplifier la vie des pensionnés

    Et la démarche a aussi des vertus simplificatrices, plaide l’Union retraite – ce qui devrait garantir un meilleur accès des résidents de l’étranger à leurs pensions. « Nos assurés peuvent se faire aider par leurs enfants ou des proches, qui peuvent même utiliser leur propre portable, tant que le QR Code est bien celui de l’assuré », explicite encore Richard Bordignon.

    « Nous avons demandé que ce nouveau système ne pénalise pas les assurés, parfois éloignés du numérique, et exigé certaines garanties techniques permettant d’assurer un meilleur service », assure Denis Gravouil, secrétaire confédéral chargé des retraites à la CGT qui s’est abstenu lors du vote à l’Union retraite (dont la gouvernance est paritaire).

    Cette dernière mène des actions pour améliorer le dispositif, notamment pour augmenter son taux d’éligibilité ou aller chercher les nombreux assurés qui abandonnent aujourd’hui le processus en cours de route.

    Malgré tout, les #contrôles_sur_place ont encore de beaux jours devant eux. Pour les faciliter et les fiabiliser, l’Assurance retraite a initié une expérience en #Algérie, où les #retraités touchant une pension française sont les plus nombreux, avec un effectif de près de 335 000 personnes. Celle-ci repose sur deux agents de contrôle postés au Consulat à Alger et rémunérés par l’assurance retraite. Mais le consulat peut être à des centaines de kilomètres pour certaines populations à l’étranger.

    « L’Assurance retraite développe aujourd’hui une stratégie plus globale basée sur des tiers de confiance locaux dans les pays à fort enjeu, afin d’assurer la logistique du dernier kilomètre », explique Thomas Gagniarre, directeur du contrôle.

    Elle est notamment en passe de contractualiser avec la banque BRED, dont le maillage d’agences à l’étranger, et notamment au Maghreb, s’avère très dense. « C’est une solution complémentaire par rapport à la biométrie, qui nous permet de cibler des publics que nous ne pourrions pas toucher sinon », conclut Renaud Villard, qui revendique de toute façon une approche humaine.

    Culpabilisation des assurés

    « Quand il y a des fraudes, il faut sanctionner certes, mais le discours politique sert trop souvent à culpabiliser les assurés », regrette Denis Gravouil.

    Alors que la fraude aux prestations est souvent le fait de réseaux mafieux, ou liée aux abus des professionnels de santé pour l’assurance maladie.

    Depuis plusieurs années, le discours – au moins de façade – a changé : la lutte contre le non-recours aux prestations et le combat contre la fraude sociale sont devenues les deux facettes d’une même médaille. Une personne sur trois (soit 2,8 millions d’assurés) ne réclame pas la pension à laquelle elle peut prétendre , rappelle une étude de la Cnav. Et le phénomène de non-recours « complet » concerne 7 % d’entre elles.

    Ce peut être le cas de personnes nées à l’étranger, qui n’ont fréquemment travaillé que quelques trimestres en France, négligeant ou ignorant les droits à pension que cela leur ouvrait, et qui sont repartis sans laisser d’adresse.

    « Ce ne sont pas les mêmes personnes : il y a une différence entre ceux qui ont fait carrière en France et vivent leur retraite à l’étranger, et ceux qui sont passés par la France au moment de leurs études souvent », explique l’Assurance retraite.

    Plus largement, des campagnes d’« aller-vers » sont organisées par les régimes de retraite, pour retrouver des retraités âgés qui n’auraient pas réclamé tous leurs droits. « Il s’agit surtout de fonctionnaires qui ont oublié des périodes de travail en début de carrière comme #contractuels ou au régime général », précise Renaud Villard, DG de l’Assurance retraite.

    Après une expérimentation depuis 2022 sur les assurés de 75-80 ans, la démarche s’est industrialisée par l’envoi de courriers à tous les retraités de 71 ans et plus en 2025. L’avenir dira si elle se révélera aussi efficace que l’usage de la biométrie pour repérer les fraudeurs. Mais les résultats 2024 sont encourageants : sur 3 800 retraités contactés, près de 600 ont finalement récupéré des droits à pension de réversion pour un montant mensuel de 288 euros.

    #chibanis #CNAV #contrôle #biométrie #contrôle_biométrique

  • D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/09/d-alger-a-ibiza-l-odyssee-maritime-de-sept-adolescents-ravive-le-debat-sur-l

    D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    Partis sur une embarcation de plaisance volée, sept garçons ont réussi à atteindre une plage des Baléares, tout en diffusant en direct leur périple sur TikTok.
    Par Mustapha Kessous
    Des rires insouciants, la musique à fond. Mercredi 3 septembre, sept adolescents partis des environs d’Alger sur un bateau volé ont réussi à rallier Ibiza. « Une histoire sans précédent dans les annales de la migration maritime irrégulière », selon le journal espagnol El Confidencial. Depuis plusieurs jours, l’odyssée de ces jeunes Algériens suscite un profond émoi dans leur pays d’origine. Pourquoi ces garçons sont-ils partis ? Cherchaient-ils à fuir à un pays asphyxiant et sans avenir pour eux ? Ou n’était-ce qu’une virée entre copains, histoire de s’amuser comme jamais sur une île réputée pour ses fêtes et inonder les réseaux sociaux de « stories » ?
    Leur petit bateau de plaisance à pont ouvert a accosté vers 18 h 30 sur la plage d’en Bossa aux Baléares. A son bord, sept garçons, âgés, selon la presse algérienne, de 14 à 17 ans, revêtus de simples shorts, t-shirts et claquettes. Ils avaient quitté neuf heures plus tôt la cité de Tamentfoust, à l’extrême est de la baie d’Alger, après avoir dérobé une embarcation, un Geisa Naval Open 550. Cette aventure, les sept adolescents l’ont diffusée en direct sur TikTok et Instagram, racontant leur périple comme une sortie en mer un jour d’été.
    Ils disent avoir soigneusement préparé leur traversée pendant une année, amassant, litre après litre, l’essence nécessaire pour parcourir les 300 km qui séparent les deux rives. Aucun adulte avec eux. Pas de GPS de navigation non plus. Ils ont trouvé « mieux », raconte l’un d’eux : ils ont téléchargé sur un téléphone l’application de pêche ou de navigation à voile Navionics qui indique « combien tu as parcouru, combien il te reste jusqu’à l’Espagne ». Aucun accroc majeur pendant le voyage, si ce n’est un moteur parfois capricieux qu’ils ont su réparer, on ne sait comment, à chaque panne.
    Sur le pont, on les voit reprendre en chœur des chansons qui parlent des « harraga », ces « brûleurs » de frontières qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa. « Nous, on est des hommes, mes frères », lance l’un d’eux dans un « live ». Une fois arrivés à Ibiza, les adolescents, fiers de leur coup, se sont filmés, grands sourires, une nouvelle fois pour immortaliser leur moment. Ils ont été depuis pris en charge par les autorités espagnoles et placé dans un centre pour mineurs. « Avoir 15 ans et de la fuite dans les idées », a titré avec humour le journal algérien en ligne Twala. Plus crispé, El Khabar, proche du pouvoir, a dénoncé un incident instrumentalisé par des médias, notamment marocains, pour nuire à l’image de l’Algérie. Mais dans un pays où la moitié de la population – 46 millions d’habitants – a moins de 30 ans, et où le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %, la virée des adolescents a surtout ravivé le débat sur les raisons de l’exode des Algériens vers l’Europe.
    « Derrière chaque embarcation, qu’elle arrive à destination ou sombre dans l’oubli et le silence des profondeurs de la Méditerranée, se joue le récit d’un double échec : celui d’une jeunesse contrainte à l’exil, et celui d’un pouvoir qui peine à créer les conditions nécessaires pour la retenir », a ainsi pointé Le Matin d’Algérie.
    Mais la séquence des jeunes en route vers Ibiza, parce qu’elle a été filmée et diffusée en direct, se nourrit aussi des codes de l’influence en ligne. « Ces adolescents ne sont pas seulement les produits d’un système défaillant. Ils sont aussi les enfants de Netflix, de TikTok, d’Instagram », souligne l’universitaire Zoubida Berrahou.
    « Leur imaginaire n’est plus forgé par les récits nationaux mais par des fictions globales où l’ado devient héros de sa propre épopée. Ceux qui persistent à lire chaque geste de la jeunesse en termes de “faillite du pays” manquent la mutation en cours : l’entrée dans une ère de codes planétaires, où un gamin de Bab-El-Oued partage parfois plus de références avec un ado californien qu’avec son propre oncle », décrypte l’économiste devenue romancière sur sa page Facebook.
    Entre le 1er janvier et le 31 juillet, 4 320 Algériens ont gagné le sud de l’Espagne ou ses îles, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), principalement par les Baléares (+ 77 % par rapport à 2024 sur la même période). Ils constituent ainsi la deuxième nationalité la plus représentée, derrière les Maliens (5 551). Une tendance qui place 2025 sur le même rythme que 2024. L’an dernier, l’Agence espagnole de sécurité nationale avait comptabilisé 9 552 Algériens arrivés sur leur territoire, soit 36 % de plus qu’en 2023.
    Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas commenté l’histoire des sept adolescents qui pourraient mal se terminer. « Ce qu’ils ignorent totalement, c’est que les deux jeunes qui apparaissent dans les vidéos aux commandes du bateau risquent fortement la prison dès qu’ils atteindront la majorité, a écrit le journal espagnol Diario de Ibiza. Pour l’instant, l’illusion de l’aventure ne s’est pas encore dissipée. » Le 3 septembre, avant l’arrivée des sept adolescents à Ibiza, les corps sans vie de sept migrants rejetés par la mer ont été retrouvés sur deux plages andalouses, au sud de l’Espagne, après le naufrage de leurs embarcations parties, elles aussi, d’Algérie.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#mineur#sante

  • Sept migrants retrouvés morts sur des plages du sud de l’Espagne - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66765/sept-migrants-retrouves-morts-sur-des-plages-du-sud-de-lespagne

    Sept migrants retrouvés morts sur des plages du sud de l’Espagne
    Sept migrants ont été retrouvés morts mercredi sur deux plages andalouses, dans le sud de l’Espagne. Les naufrages ont eu lieu dans la nuit, mais les corps sont apparus au petit matin dans les eaux bordant ces deux plages.Six corps de migrants ont été découverts mercredi 3 septembre à l’aube sur la plage de Los Muertos, à Carboneras, dans le sud de l’Espagne. Un autre exilé décédé a été retrouvé à une cinquantaine de kilomètres, sur la plage de Las Salinas, à Cabo de Gata.Les naufrages ont eu lieu dans la nuit, mais les corps sont apparus au petit matin dans les eaux de ces deux plages, ont précisé les autorités espagnoles. Pour l’heure, on ignore le nombre de personnes à bord du premier bateau qui s’est échoué aux abords de la plage de Los Muertos, mais 26 migrants ont été secourus. La police n’exclut pas de retrouver d’autres corps au cours des prochaines heures. L’autre embarcation, arrivée près de Cabo de Gata, avait à son bord 38 personnes, dont le migrant mort retrouvé près de la plage. D’après les autorités, ces migrants avaient pris la mer depuis l’Algérie.
    La route algérienne – qui comprend les arrivées aux Baléares et sur la côte sud-est de l’Espagne -, de la Méditerranée occidentale connait un fort regain depuis le début de l’année, particulièrement au niveau des Baléares. Selon les autorités locales, cet archipel enregistre une hausse de 78% d’arrivées de migrants par rapport à l’année dernière. Une situation qui s’accompagne aussi d’une augmentation inquiétante des naufrages, disparitions et décès lors de la traversée. Cela est particulièrement le cas pour la route des Baléares. « Les dangers de cette traversée [vers les Baléares] sont aussi plus importants [que les traversées vers le sud-est de l’Espagne] en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », estime l’ONG Caminando Fronteras.
    Face à ce nouveau phénomène, les autorités multiplient les arrestations. Fin août, la police a annoncé le démantèlement d’un important réseau de passeurs entre l’Algérie et l’Espagne. Au total, 14 suspects, originaires d’Algérie et du Maroc, ont été interpellés.
    Huit autres personnes, appartenant à cette organisation criminelle, ont aussi été mises en examen par la Garde civile dans le cadre de cette opération. Ils sont accusés des délits présumés d’appartenance à une organisation criminelle, de blanchiment d’argent, d’atteinte aux droits des citoyens étrangers sous la forme d’aide à l’immigration clandestine, de contrebande et de détention illégale d’armes.En août 2024, une opération conjointe entre la police espagnole et Europol avait déjà contribué à démanteler un réseau de passeurs qui aurait permis d’introduire en Espagne un millier de migrants Algériens et Syriens, partis d’Algérie à bord d’embarcations rapides

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#algerie#routemigratoire#migrationirreguliere#trafic#mortalite#sante

  • L’élan du #tourisme #Algérie-n bloqué, la #Tunisie refuge aux estivants.
    https://tin.al/fAg1K
    L’#allocation touristique de 750€, du voyageur #algérien, profite au voisin de l’est.
    vendredi 29 août 2025, par Djamel Damien Boucheref
    Pour dire vrai, les Algériens ne trouvent le repos, l’idoine plaisance et le meilleur congé en essayant de vivre leurs vacances d’été dans les sites et structures d’accueil touristiques de leur propre pays. La pression, des forces réactionnaires qui s’attaquent aux femmes dont ils ne veulent pas que la moindre parcelle de leurs corps soit visible, est quasiment quotidienne et sur toutes les plages maritimes du pays. La plus suffocante saison estivale est celle de l’est du pays où et quand les islamistes viennent exécuter des prières collectives sur les places et le sable marin…

  • Tunisie : plus de 260 migrants guinéens ont bénéficié de l’aide au « retour volontaire » en août - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66636/tunisie--plus-de-260-migrants-guineens-ont-beneficie-de-laide-au-retou

    Tunisie : plus de 260 migrants guinéens ont bénéficié de l’aide au « retour volontaire » en août
    Par Clémence Cluzel Publié le : 28/08/2025
    Le bureau tunisien de l’Organisation internationale des migrations (OIM) a indiqué avoir facilité le retour volontaire de 268 migrants guinéens en août via l’affrètement de deux vols spéciaux. En raison de conditions de vie extrêmes, des violences subies et des arrestations arbitraires répétées, les Subsahariens clandestins présents en Tunisie sont de plus en plus nombreux à faire appel au programme de « retour volontaire » de l’organisation.Selon les données communiquées par le bureau tunisien de l’Organisation internationale des migrations (OIM), 268 migrants guinéens ont pu être rapatriés dans leur pays d’origine durant le mois d’août.
    Deux vols spéciaux ont été affrétés pour organiser ces retours : un premier vol charter a été opéré le 20 août avec à son bord 159 migrants puis un second a suivi le 26 août, transportant 109 migrants à destination de Conakry."Ces vols s’inscrivent dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration, qui est mis en œuvre dans le cadre du Programme de Protection, de Retour et de Réintégration des migrants en Afrique du Nord (MPRR-NA) de l’OIM, financé par l’Union européenne" a indiqué l’organisation ce mardi. Le document précise également que le vol du 26 août, a pu être mis en place avec la contribution du gouvernement suédois.
    Ce programme permet aux exilés d’être rapatriés chez eux et de bénéficier d’un soutien financier pour développer leur projet au pays. « Avant leur départ, les bénéficiaires ont reçu une assistance complète, incluant des séances de conseil, un hébergement temporaire, des examens de santé pré-départ et un appui logistique pour le voyage, conformément aux standards de protection de l’OIM » indique l’agence.Et depuis le début de l’année, le dispositif est très sollicité par les migrants subsahariens qui se trouve dans ce pays du Maghreb. L’OIM explique avoir organisé 14 vols au départ de la Tunisie vers plusieurs pays africains afin d’assurer « le retour volontaire, sûr et digne des migrants ». Entre le 1er janvier et le 30 juillet 2025, 5 336 migrants ont ainsi été assistés pour rentrer dans leur pays d’origine, précise-t-elle. En comparaison, 7 250 migrants originaires d’Afrique subsaharienne avaient pu en bénéficier sur l’année 2024, selon les autorités tunisiennes. Un chiffre qui tombe à 2 250 en 2023.
    Cette tendance témoigne du climat particulièrement délétère qui vise les Subsahariens dans ce pays. Les violences à répétition, les démantèlements de camps successifs, les expulsions dans le désert, les arrestations ou le harcèlement des autorités ont rendu la vie de milliers de ces migrants clandestins en Tunisie très difficile.
    Une situation infernale qui a convaincu nombre d’entre eux de demander l’aide au « retour volontaire » de l’OIM. "Je n’en peux plus, je veux quitter la Tunisie", rapportait Seydou*, un Ivoirien de 24 ans contacté par InfoMigrants. « La vie en Tunisie est devenue trop difficile. Tout va mal », souffle Abdoulaye*, un autre Ivoirien de 19 ans établi près de Sfax. « On ne peut plus travailler car les employeurs refusent les Noirs, on ne peut plus se loger pour les mêmes raisons. Et les policiers viennent tout le temps détruire nos cabanes en nous disant de rentrer chez nous. On n’ose pas sortir car on a peur d’être agressé dans la rue par des Tunisiens qui nous volent nos téléphones et notre argent », confiait à InfoMigrants le jeune homme.
    Des milliers de migrants vivant en Tunisie aspirent désormais à rentrer chez eux. Depuis le début de l’année, l’OIM enregistre une hausse de 20% des demandes de « retour volontaire » de migrants établis dans ce pays du Maghreb. En parallèle, le président Tunisien, Kaïs Saïed, met la pression sur les instances internationales pour intensifier les rapatriements.Mais l’agence, débordée, peine à prendre en charge tous les dossiers. La hausse des demandes et le délai pour les traiter provoquent un goulot d’étranglement dans les structures de l’OIM. Ses quatre centres en Tunisie - qui accueillent environ 500 personnes - sont saturés.
    « Le délai de traitement d’un dossier peut varier en fonction de plusieurs paramètres, tels que la situation personnelle du migrant, les procédures médicales et légales, notamment dans les cas de mineurs non accompagnés, les contraintes logistiques ou les formalités administratives liées au pays de retour », souligne l’OIM. "Le départ intervient généralement dans un délai de quelques semaines, sous réserve de la finalisation des aspects logistiques", ajoute l’agence. Car l’OIM a besoin d’un laissez-passer consulaire pour procéder au rapatriement, or les ambassades peuvent mettre beaucoup de temps à délivrer ce précieux sésame.
    Dans ces conditions, des centaines de personnes se retrouvent alors livrées à elles-mêmes. Plusieurs témoignages de migrants recueillis par InfoMigrants font état de leur désespoir face à la situation. « On se soutient entre nous, on cotise pour acheter de la nourriture mais certains jours, je n’ai rien à manger. On n’a même pas d’eau. On en récupère un peu au système d’arrosage des propriétaires des champs », raconte Seydou. « Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi. Si j’avais de l’argent, je paierais pour ‘me retourner’ ».
    Dans le même temps, depuis 2023 et un accord signé avec l’Union européenne, le gouvernement tunisien fait tout pour éloigner les exilés des côtes du pays - notamment en les expulsant dans le désert à la frontière avec l’Algérie ou la Libye - et les empêcher de prendre la mer vers l’Europe. Les traversées vers l’Italie sont ainsi quasi à l’arrêt. Au premier semestre 2025, seulement quelques 2 000 migrants ont atteint les côtes italiennes depuis les plages tunisiennes, contre plus de 10 000 à la même période l’an dernier, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur italien.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#guinee#retour#OIM#sante#expulsion#algerie#libye

  • Les naufrages d’embarcations de migrants se multiplient au large des Baléares - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66572/les-naufrages-dembarcations-de-migrants-se-multiplient-au-large-des-ba

    Les naufrages d’embarcations de migrants se multiplient au large des Baléares
    Par Clémence Cluzel Publié le : 26/08/2025
    Ces derniers jours, le nombre de migrants portés disparus ou décédés lors de la traversée entre l’Algérie et l’archipel espagnol des Baléares se multiplie. Car depuis le début de l’année, cette route migratoire connait un fort regain : selon les autorités locales, les Baléares enregistrent une hausse de 77% d’arrivées de migrants par rapport à l’année dernière. Les drames en mer ne cessent de s’accumuler sur la route migratoire des Baléares ces dernières semaines alors que les arrivées de migrants connaissent une importante hausse depuis le début de l’année.
    Parmi les derniers naufrages en date, celui d’une embarcation de fortune, partie des côtes algériennes le 13 août avec 26 personnes à bord. Le bateau a été secouru vendredi 22 août en fin de journée à 58 km au sud-ouest de l’île de Cabrera, avec à son bord 14 personnes a indiqué la délégation gouvernementale des Baléares. Selon l’ONG Caminando Fronteras, tous les migrants sont d’origine algérienne et il y aurait également au moins deux mineurs. L’un des migrants a été évacué par hélicoptère vers un centre hospitalier en raison de son mauvais état de santé, a rapporté la Garde civile.
    Douze personnes, également maghrébines, restent toujours portées disparues, après avoir sauté à l’eau. Un dispositif de recherche mené par la Garde civile et le Salvamento maritimo avait été mis en place pour tenter de les localiser.
    Selon les informations communiquées par les familles de migrants, l’ONG Caminando Fronteras avait déjà alerté les autorités espagnoles concernant une seconde embarcation partie d’Algérie quelques jours plus tôt, le 17 août, avec une vingtaine de passagers. Le sauvetage opéré trois jours plus tard a permis de secourir 19 survivants tandis qu’un corps a également été retrouvé dans l’embarcation. Trois personnes (deux Somaliens et un Sud-Soudanais) sont toujours portés disparus. L’ONG a également indiqué aux autorités qu’une autre embarcation partie d’Algérie le 18 août ne donne plus signe de vie. Vingt-six personnes (dont six femmes) se trouvaient à bord, huit sont Somaliens et 18 originaires du Maghreb. En tout, plus d’une vingtaine de migrants sont portés disparus ou ont perdu la vie ces derniers jours en tentant de traverser la Méditerranée depuis les côtes algériennes pour rejoindre l’archipel espagnol des Baléares.
    Cette route migratoire connait un fort regain depuis le début de l’année, notamment du fait des contrôles renforcés sur les autres routes migratoires vers l’Europe. Depuis 2022, elle se déplace de plus en plus à l’est, les Baléares étant une zone moins surveillée.
    Entre le 1er janvier et le 15 août, 4 323 migrants et 230 bateaux sont arrivés dans l’archipel des Baléares, contre 2 443 à la même période en 2024, soit une hausse de 77%, selon les données du ministère de l’Intérieur espagnol. Dans le même temps, le nombre d’arrivées aux îles Canaries a baissé de 46,7%, avec 11 883 arrivées.
    Depuis le 11 août, plus de 600 exilés sont arrivés aux îles Baléares à bord d’une trentaine d’embarcations. Il s’agit de « l’une des arrivées de bateaux les plus intenses que nous ayons jamais eues en si peu de temps », a déclaré le délégué du gouvernement sur l’île, Alfonso Rodríguez. Les autorités affirment que le nombre de bateaux, provenant principalement d’Algérie, a plus que doublé.
    Les embarcations ont été interceptées à Majorque, Ibiza et Formentera, selon les données fournies par la délégation du gouvernement aux Baléares. À leur bord figurent principalement des migrants algériens et subsahariens. Les autorités notent également la présence de plus en plus forte d’exilés venant d’Afrique de l’Est dans les bateaux.
    « Il s’agit du drame humanitaire de l’immigration clandestine arrivant dans nos îles », a réagi la présidente du gouvernement des îles Baléares, Marga Prohens. Face à cette augmentation considérable, elle a exigé, lors d’une conférence de presse tenue le 21 août, le déploiement urgent de troupes de l’agence européenne de gardes-frontières et gardes-côtes Frontex dans l’archipel. « Nous avons examiné les données et la route entre l’Algérie et les îles Baléares est celle qui connaît la croissance la plus rapide, non seulement en Espagne mais aussi dans toute l’Europe », a déclaré la dirigeante régionale, attribuant l’effet d’attraction au fait que les îles sont devenues l’épicentre européen de la migration irrégulière. Une rencontre avec le commissaire européen aux Affaires intérieures et à l’Immigration, Magnus Brunner, est prévue en septembre.
    Elle a également réclamé au gouvernement espagnol de Pedro Sanchez d’intensifier ses relations diplomatiques avec l’Algérie pour contrôler l’arrivée des embarcations de migrants et de lutter contre les mafias qui font du trafic d’êtres humains pour s’enrichir. « Nous ne pouvons pas permettre que des personnes continuent de jouer avec leur vie en mer. Nous devons combattre par tous les moyens les mafias qui jouent sur leur désespoir et agissent dans les pays d’origine et de transit. La politique migratoire ne peut se limiter à créer des espaces pour ceux qui arrivent ».
    Et même si cet itinéraire requiert une moins longue traversée en bateau comparé à la route au départ de l’Afrique de l’Ouest, il est tout aussi « périlleux », prévient Caminando Fronteras. « Le peu de moyens de recherches dont disposent les autorités de l’archipel » constitue un risque supplémentaire, ajoute l’ONG.La route algérienne – qui comprend les arrivées aux Baléares et sur la côte sud-est de l’Espagne -, de la Méditerranée occidentale a causé la mort de 328 personnes en 2024. « Les dangers de cette traversée (vers les Baléares) sont aussi plus importants (que les traversées vers le sud-est de l’Espagne) en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », estime l’ONG.Depuis le début de l’année, le nombre de corps retrouvés sur les côtes insulaires liés à l’immigration irrégulière a augmenté. Au 7 juillet, 37 corps avaient été localisés, dont 14 à Majorque, 2 à Minorque, 7 à Ibiza et 14 à Formentera, affirme la télévision locale IB3.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#routemigratoire#traversee#algerie#migrationirreguliere#sante

  • Torture, colonialisme, résistance : quand Frantz Fanon exposait l’horreur de la guerre d’Algérie dans son discours d’Accra en 1960 - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/en-debat/anticolonialisme/torture-colonialisme-resistance-quand-frantz-fanon-expose-lhorreur-de-la-gu

    Dans un discours prononcé à Accra (Ghana) en août 1960, Frantz Fanon révélait la véritable nature de la guerre en cours en Algérie. Ce document, que l’on croyait perdu, vient de ressurgir des archives des services du contre-espionnage français, de la diplomatie italienne, et du sociologue et militant Immanuel Wallerstein.Le texte intégral de la conférence prononcée par Frantz Fanon à Accra face au conseil de la World Assembly of Youth (août 1960) a originellement été publié, dans ses trois versions, dans la revue Interventions. Journal of Postcolonial Studies 1 le 12 juin 2025. La version intégrale de cette introduction, rédigée par Nicola Lamri 2, a été publiée dans la revue Interventions. Journal of Postcolonial Studies 3 le 9 juillet 2025.

    #guerres_coloniales

    • « Ce ne sont pas eux qui éventuellement sont jugés par les tribunaux algériens. Ce sont des gens comme ces policiers dont je vous parlais tout à l’heure, pourris de l’intérieur par un système implacable et semeur d’épouvante. Ce qui veut dire que nous, Algériens, ne nous faisons aucune illusion. Les centaines d’exécutions de patriotes algériens n’ont pas ébranlé nos convictions, pas plus qu’elles n’ont entamé notre combativité.

      Il ne s’agit pas d’intimidation. La multiplication des exécutions signifie que la guerre est encore coloniale. Des entretiens politiques supposent deux partenaires, chose que le gouvernement français s’obstine à refuser. La seule négociation, déclarait en 1954 un ministre français de l’époque, c’est la guerre.

      Cette phrase n’a pas cessé d’exprimer et de contenir le programme algérien français de l’État français. Ce que l’on ne tolère pas, c’est que nous ayons légiféré. Si nous avions annoncé l’exécution à titre de représailles de deux prisonniers français, il n’y aurait pas eu cette explosion.

      L’analyse de cette réaction nous montrerait que le colonialisme s’accommode fort bien de notre anarchie éventuelle, pas de notre organisation. Ce n’est pas un hasard si les territoires coloniaux qui accèdent à l’indépendance se voient contraints d’accepter la clause selon laquelle les citoyens français seront déférés devant les tribunaux français. »

  • Une base de données pour les #arbres_méditerranéens

    Grâce à la collaboration d’un réseau international de 30 scientifiques, coordonné par INRAE et l’Institut européen des forêts (EFI) et impliquant Aix-Marseille Université, l’Université de Montpellier, l’ONF et le MNHN, 496 #espèces et 147 #sous-espèces d’arbres de la région méditerranéenne ont été inventoriées. Ces données, librement accessibles, renseignent notamment sur le risque d’#extinction et la #diversité_génétique des arbres, et représentent un outil clé pour mieux protéger et restaurer les #forêts.

    Alors que les forêts doivent relever le double défi de s’adapter au #changement_climatique et de contribuer à en limiter les effets, les arbres méditerranéens restent encore insuffisamment intégrés aux politiques de #protection et de #gestion_durable.

    L’#inventaire s’étend sur 39 territoires botaniques. Les chercheurs ont montré que le nombre d’espèces d’arbres endémiques varie fortement d’une région à l’autre : on recense 150 espèces en #Espagne, 139 en #France continentale, 277 en #Turquie, 57 en #Algérie et 102 en #Sicile.

    Le #risque_d’extinction, quant à lui, reste mal documenté, près de la moitié des espèces n’ayant pas encore été évaluées dans la #Liste_rouge de l’#UICN. Bien qu’aucune tendance géographique claire n’ait été observée, la richesse en espèces est positivement liée à la superficie des territoires botaniques et à leur hétérogénéité géomorphologique.

    En ce qui concerne la #diversité_génétique, elle n’est connue que pour un tiers des espèces inventoriées, principalement celles présentant un intérêt économique. Parmi les 169 espèces pour lesquelles ces données existent, 43 % sont utilisées au moins pour l’#alimentation ou comme ressource en #bois.

    Ces résultats mettent en évidence les #lacunes dans la connaissance des arbres méditerranéens et soulignent l’importance d’une collaboration renforcée, comme le recommande le Plan stratégique de recherche pour la forêt méditerranéenne 2030, pour assurer leur conservation. L’ensemble des données est librement accessible sur la plateforme Recherche Data Gouv, et peut être utilisé par les scientifiques, gestionnaires forestiers et décideurs politiques pour soutenir la #conservation des ressources génétiques, la #restauration_écologique et la gestion durable des forêts.

    https://www.tela-botanica.org/2025/08/une-base-de-donnees-pour-les-arbres-mediterraneens
    #arbres #base_de_données #Méditerranée

  • Au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien depuis janvier, selon Alarme Phone Sahara - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66425/au-moins-35-migrants-sont-morts-dans-le-desert-nigerien-depuis-janvier

    Au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien depuis janvier, selon Alarme Phone Sahara
    Par La rédaction Publié le : 18/08/2025
    Selon Alarme Phone Sahara, au moins 35 exilés sont décédés depuis le début de l’année dans le désert nigérien. Chaque année des milliers de personnes empruntent cette route migratoire en direction de l’Europe. Des milliers sont également refoulés dans cette zone désertique par les autorités algériennes et libyennes.
    Depuis le début de l’année, au moins 35 migrants sont décédés dans le désert nigérien, selon l’ONG Alarme Phone Sahara. « Selon notre propre documentation, de janvier à août, 35 à 40 migrants sont morts lors de la traversée du désert vers la Libye et l’Algérie », a déclaré à l’AFP Aziz Chehou, le coordonnateur de l’ONG nigérienne Alarme Phone Sahara (APS).
    Chaque année, des milliers de migrants empruntent cette route migratoire pour se rendre vers la Libye et l’Algérie pour ensuite rejoindre l’Europe. Mais la traversée de cette grande étendue désertique est périlleuse et de nombreuses personnes y décèdent, abandonnées par les passeurs ou suite à des pannes. « Après des pannes de leurs véhicules (en plein désert) des passagers déjà affamés ou déshydratés s’impatientent et tentent de marcher sur de longues distances à la recherche d’un point d’eau qu’ils imaginent très proche », a détaillé M. Chehou, dont l’ONG assiste les migrants en détresse.
    Régulièrement, l’armée nigérienne organise des opérations de sauvetage pour des migrants en difficulté dans ce désert. La semaine dernière par exemple, près de 50 migrants, dont quatre femmes, ont été secourus dans le désert au nord du Niger, près de la frontière avec la Libye. Ils se sont retrouvés coincés au milieu de nulle part , après une panne de leur véhicule, sur une route connue pour être un point de passage sur la route de l’Europe , a détaillé l’armée nigérienne. Parmi eux, « certains étaient déjà dans un état critique de déshydratation », a-t-elle ajouté.
    Mais des milliers d’exilés se retrouvent aussi en danger dans le désert suite à des refoulements opérés par les autorités algériennes et libyennes. En 2024, Alarme Phone Sahara avait recensé 31 000 expulsions par Alger, un chiffre record. De son côté, le régime militaire nigérien a estimé à 16 000 le nombre de migrants refoulés entre janvier et juin cette année.
    Depuis plusieurs années, l’ONG Alarme Phone Sahara dénonce les conditions brutales et inhumaines dans lesquelles se déroulent ces refoulements. De nombreux migrants rapportent avoir été abandonnés en plein désert, se retrouvant contraints à parcourir plusieurs kilomètres à pied pour atteindre le village nigérien d’Assamaka. Depuis une dizaine d’années, cette localité située à 15km de la frontière est devenue le réceptacle des migrants expulsés d’Algérie.
    Les personnes expulsées doivent survivre dans des conditions de vie particulièrement difficiles. Dans un environnement désertique, elles sont confrontées à un environnement très hostile qui cumule de très fortes températures (souvent 47°- 48°), l’absence d’abri ainsi qu’un manque d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins."Le cas des refoulés que nous recevons de l’Algérie est une situation qui perturbe l’équilibre sécuritaire [du Niger]", avait déclaré fin janvier le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur. Il avait indiqué avoir demandé à l’OIM et au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) « de faire rentrer » les migrants dans leur pays d’origine.

    #Covid-19#migration#migrant#niger#algerie#expulsion#mortalite#sante#assamaka#libye#routemigratoire

  • Emmanuel Macron appelle à suspendre officiellement l’accord de 2013 avec l’Algérie sur « les exemptions de visa » pour « les passeports officiels et diplomatiques »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/06/la-france-doit-agir-avec-plus-de-fermete-et-de-determination-vis-a-vis-de-l-

    Emmanuel Macron appelle à suspendre officiellement l’accord de 2013 avec l’Algérie sur « les exemptions de visa » pour « les passeports officiels et diplomatiques »
    Le Monde avec AFP
    La France doit agir « avec plus de fermeté et de détermination » vis-à-vis de l’Algérie, a exhorté, mercredi 6 août, Emmanuel Macron, qui invoque le « sort réservé » à Boualem Sansal et à Christophe Gleizes pour demander au gouvernement français « des décisions supplémentaires ». Parmi les mesures demandées au gouvernement, le chef de l’Etat appelle à suspendre « formellement » l’accord de 2013 avec Alger « concernant les exemptions de visa sur les passeports officiels et diplomatiques ».
    « La France doit être forte et se faire respecter », fait valoir le chef de l’Etat dans une lettre à son premier ministre, François Bayrou, publiée par Le Figaro. « Elle ne peut l’obtenir de ses partenaires que si elle-même leur témoigne le respect qu’elle exige d’eux. Cette règle de base vaut pour l’Algérie aussi », écrit-il encore, dans une missive qui marque une nouvelle étape dans la crise diplomatique aiguë que traversent les deux pays.
    Pour justifier ce tour de vis, Emmanuel Macron mentionne en premier lieu les emprisonnements de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison ferme notamment pour « atteinte à l’unité nationale », et du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ». Il fait également référence au « non-respect par l’Algérie de ses obligations » en matière migratoire, ainsi que « la cessation de la coopération des dix-huit consulats algériens présents sur notre sol avec les services de l’Etat ».
    L’appel à suspendre « formellement » l’accord de 2013 avec Alger « concernant les exemptions de visa sur les passeports officiels et diplomatiques » acte une situation de fait : le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, avait annoncé, le 14 mai, « le renvoi en Algérie de tous les agents titulaires de passeports diplomatiques qui n’auraient pas actuellement de visa ». La France réagissait alors à une décision « injustifiée et injustifiable » d’Alger d’expulser des fonctionnaires français, avait-il dit.
    Emmanuel Macron demande également au gouvernement d’user « immédiatement » d’une disposition de la loi immigration de 2024, le « levier visa-réadmission (LVR) », qui « permet de refuser les visas de court séjour aux détenteurs de passeports officiels et diplomatiques, tout comme les visas de long séjour à tous types de demandeurs ». Pour éviter que les diplomates algériens puissent malgré tout venir en France via un pays tiers, la France va demander à ses partenaires Schengen de coopérer.
    Le président demande, en outre, à son chef de gouvernement « d’instruire le ministre de l’intérieur », Bruno Retailleau, tenant d’une ligne dure vis-à-vis d’Alger, « de trouver au plus vite les voies et [les] moyens d’une coopération utile avec son homologue algérien ». Il « souhaite également que, face à la délinquance des individus algériens en situation irrégulière, le ministre de l’intérieur et ses services agissent sans repos et sans répit ».
    En dépit de la fermeté demandée, le chef de l’Etat promet que son « objectif reste de retrouver des relations efficaces et ambitieuses avec l’Algérie ».« Lorsque vous estimerez que les conditions sont réunies s’agissant de notre dispositif diplomatique, vous pourrez autoriser les trois consuls algériens déjà présents sur notre territoire à exercer leur mandat, en exigeant toutefois une reprise de la coopération migratoire », annonce M.Macron. « Seule cette reprise nous permettra d’admettre cinq autres consuls en attente d’autorisation », écrit encore le président de la République.
    Dès le 23 juillet, M. Retailleau avait dit que la France était « en train » de restreindre les conditions de déplacement en France d’un « certain nombre de dignitaires algériens » après le refus d’Alger de reprendre 120 ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Visant Emmanuel Macron, il avait aussi estimé que « la diplomatie des bons sentiments [avait] échoué » et avait réclamé un changement de ton vis-à-vis d’Alger. « La réponse des autorités algériennes à nos exigences en matière de coopération migratoire et consulaire déterminera la suite de nos démarches », écrit aussi Emmanuel Macron, ajoutant que, « dès lors que le dialogue aura été rétabli, il nous faudra également traiter d’autres dossiers bilatéraux sensibles », citant « la dette hospitalière », « les menées de certains services de l’Etat algérien sur le territoire national, mais également les questions mémorielles en suspens ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#algerie#OQTF#visas#passeport#droit#sante

  • A Rome, Giorgia Meloni et Abdelmadjid Tebboune se félicitent de la qualité des relations italo-algériennes
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/24/a-rome-giorgia-meloni-et-abdelmadjid-tebboune-se-felicitent-de-la-qualite-de

    A Rome, Giorgia Meloni et Abdelmadjid Tebboune se félicitent de la qualité des relations italo-algériennes
    Le Monde avec AFP
    La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a reçu, mercredi 23 juillet, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, devant lequel elle a vanté une relation bilatérale d’un niveau « jamais atteint auparavant ». Celle-ci s’est traduite par la signature d’accords, notamment dans le domaine énergétique. (...) Aspirant à faire de l’Italie « la porte d’entrée entre l’énergie produite en Afrique et celle dont l’Europe a besoin », Giorgia Meloni a salué la collaboration entre le géant public pétrolier algérien Sonatrach et le groupe italien ENI, « qui deviendra encore plus solide grâce aux accords signés » mercredi en présence des PDG des deux entreprises, Rachid Hachichi et Claudio Descalzi. Aucun détail n’a été fourni sur le contenu de ces accords, mais les deux groupes avaient déjà signé début juillet un contrat de « partage de production » d’hydrocarbures d’un montant de 1,35 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros). « Nous continuerons de travailler ensemble à la conception et à la mise en place de nouveaux corridors énergétiques et numériques entre l’Afrique du Nord et l’Europe », a insisté Giorgia Meloni. Après l’invasion russe en Ukraine, qui a contraint Rome à chercher de nouveaux partenaires pour réduire sa dépendance au gaz russe, l’Algérie est devenue le premier fournisseur de gaz de l’Italie et son premier partenaire économique sur le continent africain. Les deux pays ont aussi signé mercredi des accords de coopération dans les domaines de la défense, de la lutte contre le terrorisme et de l’immigration illégale.Giorgia Meloni s’était déjà rendue en visite en Algérie en janvier 2023. Ce rapprochement italo-algérien s’opère dans un contexte de tensions entre Paris et Alger, dont les relations diplomatiques traversent depuis l’été 2024 une crise sans précédent, marquée par des expulsions de diplomates de part et d’autre et un gel de toutes les coopérations.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#algerie#politiquemigratoire#mediterranee

  • Le Monde Libertaire
    https://monde-libertaire.fr/?articlen=8479

    Xavier Le Clerc a changé son nom, il s’appelait Hamid Aït-Taleb, vous comprendrez pourquoi à la lecture. Il raconte la vie de sa famille émigrée quittant les montagnes de Kabylie pour vivre dans la banlieue de Caen en Normandie, choc de vies. Il rappelle les méthodes de recrutement des agents des sociétés françaises qui venaient chercher de la force de travail en Algérie et ces hommes émigrés en France n’étaient plus considérés que comme des « bougnoules » pour reprendre la formule du boulanger. Difficile de vivre en France pour ces adultes analphabètes. Avec le poids de la guerre d’Algérie, les regards, les gestes, les paroles, le mépris. Xavier Le Clerc comprend que l’école est sa bouée de sauvetage. « Et sur ma table d’écolier se jouait ma vie. Les lignes de mon cahier traçaient la frontière qui me séparait de mes parents analphabètes. Je savais qu’écrire ne consistait pas à produire de belles rimes niaises, mais à basculer dans un autre monde. »
    Il fait appel à ces auteurs qui ont compris cette Kabylie, dont évidemment Albert Camus avec son reportage, Misère de la Kabylie, publié dans Alger Républicain en 1939, mais aussi son ami Louis Guilloux.

    #livre #migration #kabylie #algérie #racisme