• Polyamour : la « monogamonormativité » (la norme monogame), d’où partons-nous ? – Opinion sur rue
    https://fsoulabaille.wordpress.com/2017/04/18/polyamour-la-monogamonormativite-la-norme-monogame-dou-parto

    Imaginons : « Un jour Blanche-Neige et le prince #1 invitèrent Cendrillon et le prince #2 pour dîner. Pendant le dîner, blanche neige fut très attirée par l’unE de ses convives. » On fait quoi ?

    #polyamour #monogamie #couple


  • Être polyamoureux ou polyamoureuse implique de devoir être capable de déconstruire quelques constructions toxiques de la culture monogame de notre société occidentale.

    Ce qu’il faut absolument déconstruire sous peine de se faire mal :

    polyamour : déconstruire la culture monogame toxique – Opinion sur rue
    https://fsoulabaille.wordpress.com/2017/04/15/polyamour-deconstruire-la-culture-monogame-toxique

    #polyamour #couple #monogamie #déconstruction


  • Délices de la vie conjugale
    http://www.laviedesidees.fr/Delices-de-la-vie-conjugale.html

    L’amour ne se réduit ni à la conjugalité ni à la passion : en l’abordant comme un ensemble de gestes et de #pratiques, Michel Bozon montre qu’il s’agit de se donner et parfois de s’abandonner soi-même. C’est alors l’épuisement plus que la haine qui menace dans cette vision apaisée des relations amoureuses.

    #Revue

    / #amour, pratiques, #confiance, #violence

    • http://www.laviedesidees.fr/IMG/arton3616.jpg?1483981496

      Émile Durkheim avait montré, dans ce classique des classiques qu’est son étude sur le suicide, que la monogamie borne l’horizon des femmes, « ferme toutes les issues, interdit toutes les espérances même légitimes », alors que les mœurs accordent aux hommes « certains privilèges qui [leur] permettent d’atténuer, dans une certaine mesure, la rigueur du régime » [2]. Les hommes, selon Durkheim, à la différence des femmes, cherchaient dans le mariage autre chose que la satisfaction sexuelle. Pour Georg Simmel aussi l’amour dépasse sa simple manifestation sexuelle ; il implique la totalité de la vie [3]. Comme Simmel, Michel Bozon dissocie partiellement l’amour de la sexualité. Quand le couple se stabilise, l’affectivité semble déterminante. Cela ne signifie pas que la sexualité soit absente. Elle est domestiquée, prévisible, procure sans doute moins d’excitation mais, semble-t-il, davantage de plaisir, car chacun connaît la sensibilité de l’autre. La sexualité est donc un élément de ce domaine commun qui se construit dans la vie conjugale et où les tâches à accomplir sont réparties de façon de plus en plus inégales, alimentant les frustrations et l’amertume.

    • L’amour c’est le moyen par lequel les hommes font nettoyer leurs sanitaire gratuitement. C’est par amour que 80% des taches domestiques sont faites par les femmes en 2017 en France. C’est par amour que les femmes silencient les violences que les hommes qui les aiment leur infligent. C’est par amour que les femmes perdent leur nom, leur identité. C’est par amour aussi que les femmes mettent entre parenthèse leur profession, tandis que par amour les hommes ne le font pas.

      C’est pour l’amour hétéro-conjugale que les filles et les femmes s’affament, se torturent le poile, se recouvrent le visage de produits toxiques. C’est par amour que les femmes se détruisent la santé à coup de contraceptif hormonaux pour que monsieur qui les aiment n’ai pas à se prendre le chou avec les effets secondaire de sa sexualité pénétrative.

      L’amour conjugale, l’amour hétérosexuel du couples monogame, c’est l’outil moderne que le patriarcat a trouvé pour renforcer la domination masculine. Le bouquin fait comme si l’égalité était déjà là (c’est ce qu’indique la ccl du résumé), il est hétérocentré et invisibilise les violences faites aux femmes dans la conjugalité et ceci est à mes yeux du déni de patriarcat et un renforcement de la domination masculine. Prétendre que les hommes se donnent aussi totalement que les femmes dans l’amour conjugale, c’est un mensonge (toutes les statistiques le montrent, tâches domestiques, violences viols conjugaux, demandes de divorces, inceste...). Voila ca que je voulais dire par mes tags.

      Si la force éruptive de l’Éros est largement absente du livre de Michel Bozon, la violence physique mais aussi symbolique qui règne trop souvent dans les couples n’est mentionnée que de façon marginale.

      Sur l’amour conjugale hétéro je conseil plutot Paola Tabet et les échanges économico-sexuels :
      https://seenthis.net/messages/554501

      Le mariage est, et surtout a été, l’endroit de la reproduction. L’échange économico-sexuel n’est pas un choix : c’est ce qui est donné par une structure sociale dans laquelle le mari gagne plus, a plus de biens, de pouvoir, de prestige… La preuve, ce sont les situations plus ou moins catastrophiques lors d’une séparation. Aux États-Unis (et ailleurs) une grande majorité des hommes divorcés ne paient plus un an après, la pension alimentaire fixée par le juge, même s’il y a des enfants. Comment ne pas voir le mariage comme le terrain de l’échange ? Plus d’échange, plus d’argent. Et, de fait, celles qui sont pénalisées (souvent lourdement pénalisées) dans les séparations ce sont les femmes qui se retrouvent avec moins d’argent et les enfants sur le dos.

    • Je vais aller lire ça. Mais si le point de départ c’est la symétrie des femmes et des hommes dans l’amour, ça ne va pas aller loin : déjà dans la captivité à l’égard du couple, on a de grosses inégalités, avec cette image rentrée à coups de marteau dans la tête des enfants que la fille a besoin d’être en couple alors que pour le garçon c’est une façon d’avoir du sexe à la demande mais qu’à part il a tout a perdre (sa liberté, je pense au t-shirt Game Over ou une femme sourit à son mariage pendant que l’homme fait la gueule). C’est faux, les bénéfices sont nombreux pour les hommes mais ne pas le savoir les met en position de force dans une négociation.
      cc @sandburg

    • Ben ça a l’air bien dégueu.

      Les femmes se « donnaient » au risque de se perdre puisque ce don n’était suivi d’aucun contre-don.

      L’asymétrie, c’est dans d’autres temps sous d’autres cieux (et les musulmans enculent les garçons, au passage).

      Rien de tel dans les rapports que met en lumière Michel Bozon. Les amoureux y construisent une relation d’interdépendance, (...) l’amour tel qu’il se pratique aujourd’hui, selon les normes d’un libéralisme envisagé au sens large, n’existe dans sa plénitude que lorsque les abandons sont réciproques.

      Dans cette pratique de l’amour, la dissymétrie des sexes n’est plus structurelle, mais conjoncturelle, puisque dans le monde actuel « les inégalités de genre sont bien présentes » (p. 76). Les déséquilibres qui en résultent exigent souvent un « travail affectif » (p. 78) de la part des femmes. De ce travail affectif, Michel Bozon ne nous dit rien.

      Ce qui nous est livré ici, c’est une épure, débarrassée de ses scories, des tensions au quotidien : une sorte d’idéal type de l’amour tel qu’il est majoritairement représenté (et intériorisé) dans la société contemporaine hétéronormée.

      Si tout ça ne supposait qu’une querelle intellectuelle mais comme dit @mad_meg cette question est au cœur des inégalités entre femmes et hommes. Postuler symétrie et réciprocité est quasiment criminel, c’est enjoindre les femmes à se donner, à s’oublier, en leur disant, assis sur son cul de sociologue, que les hommes le font aussi...

    • Oui @monolecte, @aude_v,@mad_meg, en ce moment sur france culture, « le corps des femmes en marche » avec Adèle Van Reeth et Geneviève Fraisse (philosophe, Historienne de la pensée féministe, directrice de recherche émérite au CNRS ) pour qui également la question de la symétrie est primordiale pour l’égalité.

    • PAYE TON COUPLE
      https://payetoncouple.tumblr.com

      Témoignages de sexisme et de violence verbale dans toute relation amoureuse ou sexuelle, y compris au sein du couple. Ce tumblr est ouvert à tous les témoignages et ne se veut pas cis/hétéro-centré.
      Attention, la majorité des témoignages décrivent des propos ou des situations très violentes. Certains d’entre eux font mention de violence sexuelle. Nous mettons donc ici un TW général pour toute la page.
      TW : viol, violence sexuelle, transphobie, violence verbale et psychologique, violence physique

      Gros gros TW, effectivement... Terrible.

      #hétérosexualité surtout, quand même

      (déjà signalé par @vanderling, dans un fil concernant les tumblr « paye ta/ton... » : https://seenthis.net/messages/535585#message559369)

    • Je ne comprends pas. Il y a quelqu’un qui a lu le livre dans cette discussion ?

      Mais si le point de départ c’est la symétrie des femmes et des hommes dans l’amour, ça ne va pas aller loin

      Pas du tout. Sur plusieurs aspects Bozon met en lumière les inégalités hommes femmes.
      Mais c’est vrai que si vous y cherchez un argumentaire contre les violences conjugales ce n’est pas là que vous allez le trouver vu que ce n’est pas le propos du livre et de toute façon sur ce sujet lisez les auteures femmes.
      Ici c’est super intéressant d’analyser les positionnements des protagonistes du couple au cœur même des sentiments, le don/contre don, les tactiques (différentes pour les femmes comme pour les hommes forcément).
      C’est un livre très court, qui se lit rapidement alors il ne développe pas précisément ce qu’il énumère mais je trouve que c’est une bonne entrée. Et il n’enjoint absolument pas les femmes à s’oublier. D’ailleurs il n’enjoint personne à quoi que ce soit c’est peut-être ça qui vous gêne. Je n’attends pas d’un homme qu’il écrive un livre sur l’aliénation des femmes, ce n’est pas son rôle. On est assez grandes pour ça. Par contre il ne la nie pas.
      À rapprocher du livre de Chaumier, La déliaison amoureuse qui lui, est beaucoup, beaucoup, plus dense et dont le propos est plus de déconstruire l’idéal romantique du couple.

    • On discute à partir de ce que le résumé dit du bouquin @ninachani . Il semble qu’il n’y ai que toi qui ai lu ce livre ici. Ce résumé indique que le bouquin pose des problèmes important du point de vue des femmes et ta defense du livre ne dit pas le contraire non plus. Personnellement un bouquin sur l’amour conjugale qui fait comme si les échanges étaient réciproques ca m’interesse pas et je trouve qu’il renforce la domination des hommes sur les femmes.

    • Zut, mon commentaire n’est pas passé... Je n’ai pas lu le livre (il est court mais cher) et des chroniques comme celui-ci m’aident à me dire si je vais prioriser cette lecture. Surtout si je lis chez son auteur-e des valeurs que je partage. Par exemple, une copine m’a dit que le Bajos et Bozon sur la sexualité des Français-es est super tendancieux. Je l’utilise comme référence parce que je n’en connais pas d’autre mais ’ai plus envie de lire une critique du bouquin que le bouquin lui-même (lu un chapitre qui m’a un peu déçue sans que je puisse expliquer pourquoi, je crois que c’est son caractère dépolitisé). Comme @mad_meg, je ne m’inflige pas des lectures sexistes alors que le monde (et mon chevet) sont pleins de bon bouquins.

      Je comprends, @ninachani, que ça peut être emmerdant de voir du monde commenter en toute ignorance (j’ai vu ça sur Escudero, des copines qui vont démonter l’auteur sur la foi de trucs que leur a dit une copine qui a croisé une copine qui en a lu des extraits). Mais là on commente sur la foi d’une chronique sur un site super intéressant alors plutôt que de taper dans le tas en asseyant ta position d’autorité sur le fait que tu as lu le livre, est-ce que tu peux dire ici si tu trouves que la chronique est biaisée, réductrice ou quoi précisément ?

    • Quelle position d’autorité ? Je vous trouve très susceptibles.
      Je n’avais pas compris que personne n’avait lu le livre. Je ne comprends pas les attaques contre cet ouvrage qui, s’il n’est pas le livre féministe de l’année (et comme je le disais je n’attends pas qu’un livre écrit par un homme le soit) ne mérite pas ce que vous en dites :

      Personnellement un bouquin sur l’amour conjugale qui fait comme si les échanges étaient réciproques ça m’interesse pas.

      C’est totalement faux. Bozon ne fait pas comme si les échanges étaient réciproques. Il signale plusieurs fois que ce n’est pas le cas, même si comme je le disais, il ne s’y attarde pas parce que ce n’est pas son propos. Mais il est clair là-dessus.

      Je ne suis pas d’accord avec la critique du livre qui est mise en lien. Dès le départ, il est indiqué :

      Michel Bozon montre qu’il s’agit de se donner et parfois de s’abandonner soi-même.

      Dans cette phrase on a l’impression que Bozon dit aux lecteurs-trices que c’est ce qu’il faut faire dans une relation mais ce n’est pas le cas. Il analyse les différentes phases d’une relation amoureuse à travers (entre autres) ce que les protagonistes donnent (ou pas) à l’autre par exemple.
      C’est un livre concis mais intéressant pour voir ce qu’il se passe au cœur même de ce qu’on appelle le sentiment amoureux. Moi j’y ai trouvé matière à réfléchir aux confrontations à l’intérieur du couple, et c’est déjà beaucoup.
      Je vous fais une citation (p73) :

      Le fait pour un partenaire masculin de limiter autant que possible ce qu’il remet de lui et de rester sur son quant-à-soi manifeste moins un trait psychologique spécifique des hommes qu’il n’exprime une composante de la domination masculine, la volonté de rester hors d’atteinte, le rejet de l’interdépendance, voire de la dépendance à l’égard d’un partenaire

      On a quand même fait plus sexiste, non ?


  • La #Roumanie se divise autour du « mariage pour tous »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/221216/la-roumanie-se-divise-autour-du-mariage-pour-tous

    Trois ans après la France, la Roumanie est traversée de vifs débats autour du #mariage homosexuel. Deux hommes tentent de faire reconnaître leur union scellée en Belgique, mais l’issue de leur combat est d’autant plus incertaine que l’Église occupe une place forte dans le pays.

    #International #couples_de_même_sexe #europe #mariage_pour_tous


  • #Affiches_contre_le_sida : une polémique sur le couple « acceptable »
    Des #couples_homosexuels qui s’enlacent sur des affiches d’abribus. Et c’est l’hystérie. Des maires les font retirer, le camp Fillon est soupçonné d’homophobie. #Isabelle_Le_Callennec, députée LR de Vitré, dénonce une polémique « inutile et infondée ». Est-ce le retour de la « Manif Pour Tous » ?

    http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/affiches-contre-sida-polemique-couple-acceptable-113951
    http://media.urtikan.net/wp-content/uploads/2016/12/161101-affiche-prevention-sida-homo-gay-polemique-cambon.jpg
    http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/affiches-contre-le-sida-polemique-sur-le-couple-acceptable


  • la fabrique des conforts affectifs
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1042

    Annotations :

    Tout d’abord cette injonction à être deux pour exister qui nous laisse entendre que tout-e seul-e on n’est pas complet-e, puisque la base sociale c’est d’être deux. Je me représente souvent les relations fusionnelles comme une espèce de monstre à deux têtes indivisible. Comme par peur d’être coupé-e en deux, cette fusion provoquerait une forte peur de l’abandon, la dépendance à cette autre moitié, et l’état de manque à chaque séparation. , c’est la relation dite amoureuse qui serait prioritaire sur les autres types de relations. C’est donc tout un système de hiérarchie qui s’opère dans notre entourage. En sachant que la règle, c’est plutôt d’être monogame et fidèle avec (...)

    #.brochure #couple #.témoignage #hétéronormativité #normes



  • Humilier sa copine pour gagner des vues, la martingale des YouTubeurs misogynes | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/125523/girlfriend-pranks-misogyne-gags
    http://www.slate.fr/sites/default/files/styles/1090x500/public/jennydavies.jpg

    Brad Holmes est l’un des derniers YouTubeurs à avoir gagné sa notoriété dans le domaine des « Girlfriend Pranks », que l’on pourrait traduire par des « blagues sur les petites amies ». Dans une vidéo publiée en avril 2016, Holmes se met à genoux comme s’il allait demander Jenny Davies en mariage, avant de sortir un sachet de thé de la petite boîte qu’il tient à la main et de lui demander de lui en préparer une tasse. La vidéo a été vue plus de 60.000 fois. Un mois pus tard, il est accusé de misogynie lorsqu’il frotte un morceau de piment sur un tampon de sa copine et filme sa réaction lorsque la douleur se répand et qu’elle tente ensuite de se laver. La vidéo nommée « Hot Vagina » (Vagin en feu) a depuis été supprimée de sa chaîne YouTube. Holmes n’a pourtant pas été dissuadé de continuer. En août, il met sa petite amie « en vente » sur un site, annonce qu’il accompagne d’une vidéo de Jenny en bikini.

    #culture_du_viol #maltraitance #violence #misogynie


  • « Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs »
    Entretien avec Stéphane Mercurio et Chantal Vasnier sur les familles de détenus

    Propos recueillis par Clémence Durand et Ferdinand Cazalis

    Pendant que Stéphane Mercurio tournait son documentaire À côté (2007) sur les familles de détenus, elle a rencontré Chantal Vasnier, qui a passé 34 ans de sa vie à aller voir en prison Georges Courtois, son ex-mari. Entretien croisé.

    http://jefklak.org/?p=3209

    Il y a des moments assez forts dans le film, avec certaines femmes qui craquent, et qui sont soutenues par les autres présentes…

    Stéphane : Certaines femmes qui viennent au parloir ont leur vie suspendue à la prison, comme si tout ce qui se passait à l’extérieur n’était qu’une parenthèse.

    Chantal : Je pense que j’ai tenu aussi longtemps parce que j’ai refusé de rentrer dans ce schéma. Mais quelqu’un comme Séverine dit aussi dans le film qu’en une heure et demie de parloir, elle a une relation d’amour plus forte que la plupart des gens qui vivent tous les jours dans la même maison. Dans À coté, il y a une dame, en larmes, qui dit : « On est punies d’aimer quelqu’un qui a fait une connerie. » Moi aussi, je le dis. Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs pendant aussi longtemps, seuls les sentiments permettent de résister à tout ça. J’aurais pu me dire au bout d’un moment « ça suffit », mais c’est une question de lien entre lui et moi. Les détenus deviennent vite égocentriques. Ils s’imaginent que ce sont eux les victimes, c’est-à-dire que ce sont eux qui sont à plaindre, et ils ne se rendent pas compte de ce que les familles vivent. Moi, je n’ai pas vécu ça. Il ne m’a jamais imposé de venir à tel rythme, jamais reproché de ne pas être venue pendant trois semaines… J’ai fait mes choix et n’ai pas eu besoin de les réaffirmer durant toutes ses années de détention : si j’ai décidé de ne pas couper les ponts, autant aller jusqu’au bout. Cela dit, il ne faut pas s’obliger à y aller toutes les semaines.

    Stéphane : Je pense quand même qu’il y a une part très importante d’imaginaire dans ces relations. Parfois, elles viennent de rencontrer leur homme au moment où il est incarcéré, du coup, il y a une soif de vivre plus. Et une relation fantasmée.

    Chantal : Quand deux personnes se voient tous les jours, elles s’engueulent parfois, mais elles se réconcilient deux heures plus tard en général. Au parloir, si tu commences à t’engueuler, c’est fini, tu repars avec ça, et au parloir suivant, t’es toujours sur l’engueulade. D’un parloir à l’autre, la relation est suspendue. En même temps, un parloir, c’est un endroit où les familles ne vont pas raconter les ennuis qu’elles ont à la maison : le détenu ne peut rien y faire, il n’a pas besoin de s’inquiéter pour rien. En gros, il y a deux sortes de détenus : ceux qui racontent les problèmes qu’ils ont à l’intérieur, et ceux, comme Georges, qui ne se plaignent jamais de leurs conditions de détention devant leurs proches.

    Stéphane : Mais ce silence crée du fantasme aussi… Il y a beaucoup d’angoisse sur ce qui peut arriver à l’intérieur. Quand je me suis rendue à Rennes pour tourner la première fois, j’avais entendu parler de l’histoire de Georges Courtois, et je savais que Chantal allait dans la maison Ti Tomm. Je me disais qu’elle connaissait trop bien la prison, et que je préférais rencontrer des femmes qui découvraient cet univers, pour que le spectateur le découvre avec elles. Mais la première fois que j’ai filmé Chantal, Georges n’était pas là, elle n’avait pas pu le voir, et je l’ai vue littéralement nouée par l’angoisse, en train de se demander ce qu’il avait pu arriver, s’il était ci ou ça, s’il était chez le juge… Je me suis dit « Au bout de tant d’années, elle est toujours prise par cette angoisse ! » Je trouvais ça incroyable : qu’on ne s’habitue pas. Toutes les familles vivent dans la peur. Je me souviens d’une maman qui se demandait à chaque fois si elle allait retrouver son fils entier. Elle ne disait pas clairement ce qu’elle craignait, mais j’imagine qu’elle avait peur des suicides, des bagarres, des viols, de tout ce qu’on pense sur la prison…

    http://www.mathieupernot.com/images_accueil/2.jpg

    • http://brindesoleil-rennes.fr
      http://parcoursdefemmes.free.fr

      Un détenu reçoit des paquets. On peut les lui confisquer sans l’avertir. Ainsi Georges Courtois a découvert des mois après que des livres qui lui étaient adressés par des amis nantais étaient consignés par l’administration pénitentiaire. L’amie d’un autre détenu s’est vue remettre à #Nantes un paquet d’une vingtaine de ses lettres, qui n’ont jamais été remises depuis des mois : l’adresse, le numéro de cellule, tout y est, sauf le numéro d’écrou. Arbitraire total, d’autres lettres sans numéro d’écrou arrivent parfaitement. Plus qu’une simple tracasserie, cette mesure sert à désespérer le #taulard qui se dit que sa #femme l’a abandonné. L’effet est double sur cette femme qui ne peut comprendre pourquoi il ne répond jamais. Qui a intérêt à ça ? Personne vraiment, mais c’est un genre de #double_peine permanente.

      Vêtue d’un pantalon comportant une ceinture métallique qui sonne au portique, une femme ne peut aller voir son homme au #parloir. C’est prévu. Un jogging de remplacement lui est prêté. Sauf que le surveillant le lui tend sans vestiaire pour se changer. Elle doit se déshabiller devant lui. Imaginez le moral et la rage du détenu quand il apprend l’humiliation de sa femme.

      À la maison d’arrêt de Nantes, un autre taulard bénéficie d’une sortie pour les obsèques de son beau-père, qui l’a élevé. Pour acheter des fleurs, il demande qu’on lui sorte un peu d’argent sur son pécule gagné par son travail en prison. Refus tout net des surveillants.
      Après des rencontres avec leur famille au parloir, certains détenus subissent une fouille à corps par un surveillant qui enfile un gant pour sonder d’un doigt dans le cul l’éventuelle cachette intime. Une humiliation de plus évoquée par très peu de détenus, par pudeur d’une atteinte proche d’un viol.

      La brimade la plus usuelle, c’est les changements de prison. En un mois, Georges Courtois en a subi trois. Sans que jamais la famille ne soit avertie. Ni l’avocat, qui se casse régulièrement le nez en allant voir un client changé d’adresse. Du coup, femmes et #enfants se retrouvent devant une grille sans que l’administration ne divulgue la nouvelle destination. Faut attendre une lettre du détenu après déménagement, ou obtenir le rencard du service social. Alors qu’une bonne agence de voyage en annexe aux parloirs, ça ferait quand même plus classe.

      http://www.lalettrealulu.com/Peine-perdue-Brimades-des-moeurs_a1178.html

      http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/destination_loubards/destinationloubards46courtois1.mp3


      http://www.jetfm.asso.fr/site/Entretien-avec-Georges-Courtois.html
      http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/destination_loubards/destinationloubards%2047%20courtois%202.mp3

      http://jefklak.org/?p=2609

      A Micha
      « Le #couple dont l’un des deux est en prison peut-il vivre autrement qu’au rythme de la prison ? La société qui a quelque part mauvaise conscience, va faire pression sur la #femme_du_taulard. On lui tient un double discours : "Reste, il a besoin de toi" et par ailleurs : "Vis, bouge, ne t’enferme pas avec lui". On nous parle de dépendance quand on comptabilise les heures et les kilomètres consacrés aux parloirs. Mais le foyer du prisonnier est au parloir. Si la maudite table qui nous sépare peut avoir quelque valeur de symbole c’est en la comparant à la table familiale. Elle est aussi le lit d’amour, ô dérision ! Mais il faut faire avec. J’ai toujours été étonnée de l’incohérence de la société vis-à-vis de ses prisonniers. Elle leur impose un temps de non-vie qui se déroule, immuable, sur des années. Et sous prétexte d’ouverture elle introduit dans ce temps inexorable le temps des gens libres avec ses caractéristiques qui ne peuvent avoir leur raison d’être que dans le fait qu’ils sont libres. Par exemple l’enseignement en prison qui ne se fait, par les instituteurs détachés, que pendant le temps qui est imparti aux enfants à l’extérieur : aux vacances scolaires, plus d’enseignement en prison. Pour les prisonniers c’est le retour à la cellule et à l’inactivité. Comment ne voit-on pas ou ne veut-ont pas voir une telle incohérence ? Ce sont les femmes de parloirs que l’on taxe d’incohérence car elles viennent partout les temps et même pendant les sacro-saintes vacances de la société de consommation, impassibles au temps des autres ; et ça dérange cette constance hors du temps, hors des règles, hors du commun. Quelle cohérence y a-t-il à suivre dans le temps-prison l’homme que j’aime enfermé ? C’est ça aimer un prisonnier. »
      Duskza

      http://prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=520


  • (5) Marie-Carmen Garcia : « Dans l’adultère, l’égalité des sexes ne prévaut pas » - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2016/07/29/marie-carmen-garcia-dans-l-adultere-l-egalite-des-sexes-ne-prevaut-pas_14
    http://md1.libe.com/photo/897694-adulterejpg.jpg?modified_at=1469815729&picto=fb&ratio_x=191&ratio_y=100&width=600

    C’est l’une de mes conclusions majeures. Ces jardins secrets sont attrayants, imaginés comme des paradis perdus, secrets, très érotiques, stimulants. Mais la norme d’égalité entre les sexes, qui travaille le couple contemporain officiel, n’y prévaut pas. Même inégalitaire, il est entouré d’une législation, d’un cadre normatif. Alors que l’adultère est le lieu où l’on s’arroge le droit de ne pas être égaux. L’homme dicte les règles, fixe les rendez-vous, les annule, s’absente, part en vacances avec sa femme. Les maîtresses, elles, calent leurs congés et week-ends en fonction de ceux de l’amant. Elles ne sont plus la cadre supérieure, la chirurgienne ou la magistrate, elles se soumettent à certaines attentes archaïques : se faire belle, accourir dès qu’il est là, être gentille, toujours disponible, même sexuellement. Les hommes expriment un bien-être psychologique. Les femmes ne nagent pas dans le bonheur. Mais n’est-ce pas difficile aussi dans les couples officiels ? Et puis, l’amour est intranquille.

    • La preuve ? Il ne s’installe pas avec elle.

      Edit : là on ne sait pas si elle cite une manière de parler mais pas question de « il et elle ne s’installent pas ensemble ».

      L’argument premier pour aller voir ailleurs chez les hommes est qu’ils estiment le désir sexuel de leur femme insuffisant par rapport à ce qu’ils pensent être leurs propres besoins. Notre société admet qu’ils ont plus de besoins que les femmes. En revanche, pour les femmes, c’est plutôt le manque d’attention du conjoint.

      Généralement, l’homme a l’expérience et forme sa maîtresse.

      Les règles de l’homme s’imposent donc à la femme.

      Oui, un ensemble d’interdictions. Il existe des stratégies mentales masculines, assez violentes symboliquement pour les femmes.

      C’est très prégnant, elles sont sociologiquement et historiquement orientées, éduquées, pour être la femme d’un seul homme. Les hommes, eux, n’appartiennent à aucune femme.

      Alors, elles attendent… Les hommes sont flattés de cette patience, cette passion, ils s’imaginent qu’elles sont heureuses d’échapper aux contraintes des épouses : laver les chaussettes, etc. Un couple dans lequel chacun lave ses chaussettes est inenvisageable.

      Les femmes continuent d’être socialisées, éduquées pour aimer et être aimées, avec validation par le masculin, le patron, le père, l’amant, l’époux. Du coup, il leur manque toujours quelque chose. L’autonomie n’est pas complète : elles font ou sont pour un homme, pour les enfants. Il ne suffit pas d’avoir un boulot, des enfants, un mari pour être heureuse. Au contraire, les hommes avec épouse et maîtresse jouissent de deux piliers affectifs.

      L’attente est féminine. Une dame âgée m’avait dit : au moins, avec le portable, on peut sortir de chez soi.

      #asymétrie #inégalité


  • Insee - Conditions de vie-Société - Atteintes psychologiques et agressions verbales entre conjoints - Des atteintes plus fréquentes et plus graves à l’encontre des femmes
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1607#inter3

    Au cours des années 2014 et 2015, 12,7 % des femmes et 10,5 % des hommes âgés de 18 à 75 ans déclarent avoir subi durant les deux années précédentes des atteintes psychologiques ou des agressions verbales de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Ils ont ainsi été l’objet de manière répétée de comportements dévalorisants, de manifestations de jalousie, d’insultes ou été confrontés à des menaces ou des actes visant à les contrôler.

    Ces comportements peuvent relever de conflits conjugaux ou de violences psychologiques. Les femmes sont plus exposées à des atteintes de différentes natures (7,8 % contre 5,3 % pour les hommes) et les risques pour elles d’être l’objet de violences psychologiques sont plus élevés. Enfin, elles sont plus souvent victimes de violences physiques ou sexuelles. Ces violences s’accompagnent aussi plus fréquemment pour les femmes d’atteintes psychologiques ou d’agressions verbales.


  • Population Plus diplômées, moins célibataires. L’inversion de l’hypergamie féminine au fil des cohortes en France » Population
    http://www.revue-population.fr/articles/2015-4-plus-diplomees-moins-celibataires-l-inversion-de-l-hypergami

    Résumé
    L’hypergamie féminine, définie comme la propension des individus à former des couples au sein desquels la femme se trouve en infériorité par rapport à l’homme, est un phénomène largement observé. Cet article analyse la formation des premières unions à l’aide de l’enquête Étude de l’histoire familiale 1999. Les couples dans lesquels la femme est plus diplômée que son conjoint sont plus fréquents que le cas inverse en France depuis les cohortes nées à la fin des années 1950. Ce mouvement est principalement dû à l’allongement de la scolarité des femmes qui sont désormais plus diplômées que les hommes, mais va au-delà de ce qu’imposait l’évolution de la structure de la population (hypergamie relative), traduisant une modification des préférences des individus. Enfin, nous observons que le célibat définitif des femmes n’augmente plus avec leur diplôme, alors que les plus diplômées nées avant-guerre étaient fortement désavantagées sur le marché conjugal. À l’inverse, le célibat définitif des hommes non diplômés s’est accentué, signe de l’effet négatif persistant des difficultés d’insertion professionnelle sur la conjugalité masculine. Ces résultats indiquent un net recul de la norme d’hypergamie féminine en termes de diplôme – dont la portée demeure cependant incertaine.

    Article accessible en ligne, le pdf ici :
    http://www.ined.fr/fichier/rte/General/Publications/Population/2015/FR/PopF-4-2015-hypergamie-femme.pdf


  • Dans l’Oise, les conjoints violents pourront être exclus du domicile conjugal | Sans Compromis
    https://sanscompromisfeministeprogressiste.wordpress.com/2016/05/26/dans-loise-les-conjoints-violents-pourront-etre-exclus-du-domicile-conjugal

    Il y avait le « téléphone Grand danger » réservé aux victimes de violences conjugales graves pour les protéger le temps de la procédure. A l’initiative du parquet de Beauvais, une autre mesure vient d’être lancée pour les victimes de violences intrafamiliales : l’éloignement et l’hébergement du conjoint violent.

    La victime, et le cas échéant ses enfants, conservant ainsi l’usage du domicile familial.

    « En général, par mesure de protection, ce sont les femmes et les enfants qui sont logés à l’extérieur du domicile, rappelle Jean-Philippe Vicentini, procureur de la République de Beauvais. Nous estimons que, pour que la victime soit entourée efficacement, c’est au conjoint violent d’être externalisé. Aujourd’hui, nous avons cinq places réservées à cet effet dans des foyers à Beauvais. Nous en aurons une supplémentaire à Clermont en 2017 et une autre à Méru en 2018. »

    Avec cette mesure, le parquet accentue sa lutte contre les violences intrafamiliales (1 747 infractions dans l’Oise) et veut inciter les victimes qui n’osent pas dénoncer leur bourreau à le faire. « Plus les femmes connaîtront le dispositif, les protections dont elles peuvent bénéficier, plus elles viendront dénoncer les violences dont elles sont victimes, souligne le procureur. De notre côté, nous pouvons leur assurer que les enquêtes iront jusqu’au bout, même si la victime retire sa plainte. Ce ne sera pas à elle d’engager la procédure, c’est le parquet qui le fera. »

    #violence_masculine #justice #couple #famille #violence #domination
    7 places d’éloignement de conjoint violents en 2018, avec 1747 infractions pour 2015. Je ne sais pas comment on peu se félicité d’une si faible mobilisation contre les violences faites aux femmes et aux enfants.



  • cwe - “People aren’t homes”
    http://causewitheffect.tumblr.com/post/143659966763/relationships-arent-permanent-and-they-should

    Relationships aren’t permanent and they should never be all-consuming. All-consuming relationships are a recipe for losing oneself. Relationships are fragile after all. How quickly you can go from being someone’s everything to their nothing. It’s far better to remember no one person can ever be our everything, which means losing someone doesn’t mean we return to nothing.

    The romance myth tells us we should hold onto love because there is nobody else in the world who will love us again. This isn’t true. Remember what it was like to love and be loved, even if it was only for a few minutes. Remember that just because something is over doesn’t mean it was any less real. And remember that even a ring doesn’t make anything less broken.

    People aren’t homes. You can’t buy them or own them. You can’t renovate them to be whatever you want or need according to your changing desire or expectations. You can’t dump your shit all over their interior. You can’t expect them to wait around to comfort your each and every insecurity. People aren’t backup plans or getaways…they exist in the present. They exist and serve many roles and purposes besides being a supporting character in our stories. And we exist outside of playing a supportive character in theirs.

    – SUEY PARK DROPPING THRUTS IN THE ARTICLE “YOU CANT MAKE HOMES OUT OF HUMAN BEINGS” REFERRING TO THE POEM “FOR WOMEN WHO ARE DIFFICULT TO LOVE” BY WARSAN SHIRE

    #amour #famille #couple


  • Les femmes sont désormais plus diplômées que leur conjoint
    http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/04/14/les-femmes-sont-desormais-plus-diplomees-que-leur-conjoint_4902195_4401467.h

    Non seulement, les femmes sont plus diplômées que les hommes, mais au sein de leur #couple, l’infériorité « académique », considérée au début du XXe siècle comme une norme, s’est inversée. C’est ce que montre une étude de l’#INED, publiée le 12 avril 2016, qui s’intéresse au niveau de #diplôme des conjoints lors de leur première union à partir de l’enquête rétrospective Etude de l’#histoire_familiale (Insee-INED, 1999).

    L’étude : http://www.ined.fr/fichier/rte/General/Publications/Population/2015/FR/PopF-4-2015-hypergamie-femme.pdf

    #enseignement_supérieur #femme


  • Face au #viol : Lutter contre le #sexisme, lutter contre l’Etat - Non Fides - Base de données anarchistes
    http://www.non-fides.fr/?Face-au-viol-Lutter-contre-le-sexisme-lutter-contre-l-Etat

    En posant la femme comme objet sexuel de l’homme, cette #domination générale représente un terreau propice au viol, le rendant même acceptable dans la plupart de ses formes. La majorité des viols et des agressions sexistes est d’ailleurs commise au sein des schémas encouragés par l’Etat : le #couple et la #famille.


  • Le partage des tâches ménagères régresse, seule l’illusion progresse | Sans Compromis
    https://sanscompromisfeministeprogressiste.wordpress.com/2016/03/11/le-partage-des-taches-menageres-regresse-seule-lillusion-progresse

    https://sanscompromisfeministeprogressiste.files.wordpress.com/2016/03/89787151_o.jpg?w=920&h=306

    Mais n’y a t-il pas aussi de plus en plus d’hommes qui participent aux tâches ménagères ?

    Non. C’est une illusion collective. Nous n’avons absolument pas avancé dans ce domaine depuis 22 ans, quand j’ai publié Lapartages-des-taches-ménagères trame conjugale. Nous en avons l’impression car il y a quelques exemples de héros modernes qui sont mis en avant. Oui, les hommes ont de la bonne volonté, de la mauvaise conscience, et s’investissent dans un certain nombre de domaines – on peut citer les nouveaux pères par exemple -, mais il faut retourner aux chiffres. Au rythme actuel, pour arriver à l’égalité hommes-femmes, il faudra plusieurs siècles. L’aspect dramatique, c’est que nous avons l’impression que nous y sommes presque arrivés et que cela va se faire tout seul. Il faut casser cette illusion sinon on ne va pas avancer.

    Etes-vous optimiste quant à l’avancée vers une égalité dans le partage des tâches ?

    Jean-Claude Kaufmann : A court terme, non. Avec la crise profonde que nous traversons et la fragilisation de la société, nous assistons aujourd’hui à un léger retour en arrière. Chacun va chercher des repères et les plus protecteurs sont dans l’identité traditionnelle et dans des rôles marqués d’hommes et de femmes. Un homme au chômage va donc encore moins participer aux tâches ménagères car il est perdu. Une femme en situation de précarité, va, elle, se raccrocher à son rôle de mère. Et aujourd’hui, dans les quartiers modestes, pauvres et dans les banlieues, on assiste à une réaffirmation des rôles d’identité de genre très marqués. Des jeunes hommes, des « mecs », vont déclarer dès le début du couple que ce n’est pas à eux de faire la cuisine par exemple. Il y a une montée de cette idée-là aujourd’hui, qui oppose les univers féminin et masculin dès le début. Pour l’avenir immédiat, je suis donc pessimiste. Pour l’avenir à très long terme, je suis plus optimiste car on ne peut que continuer à avancer.

    #ménage #travail_gratuit #exploitation_des_femmes #couple #hétérosexisme



  • Viols : Quand le danger vient de son partenaire
    http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/viols-quand-le-danger-vient-de-son-partenaire_sh_355
    http://www.scienceshumaines.com/pics_bdd/images/14484655762_CPSY19_258.jpg

    Le #couple rime toujours avec consentement tacite et peut facilement être considéré comme une zone de #non-droit. Et puis au fait, qu’appelle-t-on une #violence sexuelle ? Car sans parler d’un #viol avec pénétration à proprement parler, il existe mille et une formes de ces violences. Selon la loi, il s’agit de violences à caractère sexuel, avec ou sans contrainte physique, commis par un ou plusieurs individus avec violence, contrainte, menace ou surprise, sans le consentement de la personne visée… Mais quid de la notion de #consentement quand une femme se dit que si elle ne joue pas le jeu sexuel attendu de son compagnon, il la trompera peut-être, la quittera ? Muriel Salmona explique la complexité d’identification des violences sexuelles au sein du couple : « Il y a des contraintes morales et financières importantes dans le couple, et la pression est le plus souvent présente dans les rapports amoureux. Si tu m’aimes, tu vas faire ça pour moi. Et puis, sous couvert d’avoir une #sexualité épanouie, l’idée est largement admise qu’il serait tout à fait excitant de commettre certaines violences. La femme, et cela fait partie de la culture du viol entretenue par une pornographie omniprésente, est encore considérée comme aimant la contrainte. La violence, l’atteinte à la dignité, l’humiliation, tout ça est considéré comme appartenant à la sexualité alors que c’est de la violence ». Et d’ajouter que les femmes, en majorité, ont souvent subi des violences sans même en avoir conscience et que, si elles n’en avaient pas subi, elles auraient exactement les mêmes #désirs que les hommes.


  • Comment gagner à Tinder ?
    http://www.internetactu.net/2016/01/27/comment-gagner-a-tinder

    Comment gagner à Tinder ?, s’interrogeaient cet été dans un épatant billet pour le New Inquiry, Alicia Eler (@aliciaeler) et Eve Peyser (@evepeyser). Pour les deux jeunes femmes, Tinder, la célèbre application de rencontre qui compterait plus de 50 millions d’utilisateurs, dont plus de 10 qui l’utiliseraient quotidiennement (voir cette compilation rapide de quelques rares chiffres que la société distille…

    #économie_comportementale #économie_de_l'attention #cognition #couple #culture #marketing #réseaux_sociaux


  • Dessine-moi un éléphant
    http://unmug.tumblr.com/post/134519602042/dessine-moi-un-%C3%A9l%C3%A9phant

    Les anglophones ont une expression délicieuse : « the elephant in the living room », l’éléphant dans le salon. Elle désigne cet étrange phénomène de truc énorme en train de se passer dans notre vie, mais sans que jamais ce ne soit dit, sans même qu’on s’en aperçoive. On tourne autour de l’éléphant dans le salon, on fait comme s’il n’était pas là. Source : Un mug

    • La première de ces fausses croyances s’appuie sur des mythes, ancrés socialement. Pour faire court : personne n’aime être responsable.

      Pour développer : d’une part, il est plus rassurant que croire que les responsables de violences conjugales sont des êtres un peu anormaux, des personnes dénuées de tout sentiment, des bêtes, des sauvages, des pas-comme-nous. C’est rassurant sur notre propre nature d’être humain – nous, êtres humains, nous ne sommes pas capables de faire de telles choses, ça non. C’est rassurant sur notre nature d’homme – moi, homme, je ne suis pas capable de faire de telles choses, ça non. Ils ont eu des problèmes dans leur vie, leur enfance, cela a dû briser leurs repères ; c’est rassurant pour notre propre nature d’être humain avec des repères – moi, je ne suis pas capable de faire de telles choses, ça non ; c’est rassurant pour notre propre nature de parents – mes enfants, que j’élève avec brio, ne pourront pas faire de telles choses, ça non.

      Ce mythe des gens bons d’un côté et des méchants de l’autre, abreuvé en permanence et depuis l’enfance par les dessins animés, les livres, les contes, les films, les mots des parents « Attention, ne parle pas aux inconnus, certains sont méchants » « Pourquoi il va en prison, lui ? — Parce qu’il est méchant », ce mythe rassure la société qui continue à tourner avec ses gens bons qui regardent dans les coins s’il n’y aurait pas quelques méchants.

      D’autre part, il est beaucoup plus pratique de tourner sur ce manège-là plutôt que d’arrêter tous les poneys d’un coup pour se dire : Hey ? Mais ce sont nos enfants qui deviennent ces maltraitants, comment faire pour que ça ne se reproduise plus ? — Non mais c’est de la faute de leurs parents !! — Si c’est le cas, ces parents, ils ont été enfants aussi, je répète : comment faire pour que ça ne se reproduise plus ? Peut-on réellement prendre le temps de se pencher sur la question, de donner enfin les moyens, financiers, humains, matériels, à l’éducation, l’aide à l’enfance, aux parents, à la justice des mineurs, aux associations qui œuvrent en ce sens, plutôt que de mettre des pansements sur les plaies une fois faites ? — Euh… Pffff, allez viens, on fait repartir les poneys !!

    • Doutes, remises en cause du récit, accusations, engueulades, culpabilisations, fuites, mises en perspective déplacées, tout y passe. En tête de liste, l’incompréhension. « Mais je comprends pas… » Qu’est-ce qui n’est pas compris ? Pourquoi elle reste. Pourquoi elle ne part pas. Pourquoi elle n’a pas porté plainte. Pourquoi elle a retiré sa plainte. Pourquoi elle est retournée vivre avec lui. Pourquoi elle est tombée enceinte. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.
      En seconde place dans le top 50, l’amour. Si la victime de violences conjugales parle d’amour, l’interlocuteur ouvre de grands yeux, lève les sourcils, soupire, secoue la tête, dit « N’importe quoi putain ! », se tape sur les cuisses, fait des salto arrière, mange un oreiller. Parce que lui, il sait ce qu’est l’amour, et l’amour ce n’est pas ça.
      Alors, fatalement, c’est qu’elle le veut bien. C’est qu’elle cherche ce qui lui arrive. C’est qu’elle aime ça. Qu’elle est perverse.

      Vous avez déjà construit une maquette ? Un vaisseau Lego ? Une maison Playmobil ? Une cabane en rondins ? Un igloo avec des carrés de neige ?
      On se souvient toujours de la première pièce. Le premier élément qu’on a placé. Les inaugurations de bâtiments se font en fanfare sur la première pierre. Personne ne vient voir ce qui se passe quand les ouvriers en sont au troisième étage à installer des milieux de fenêtres. Personne ne se souvient des éléments microscopiques de sa maquette d’avion, ceux qui allaient à l’intérieur et qu’on ne voit même plus. On se rappelle le commencement.
      Une victime de violences conjugales se souvient toujours de la première fois. La première fois où elle s’est dit « Wow, c’est bizarre. » Une première dispute, bizarre, pour une raison bizarre, dans un lieu bizarre, sur un ton bizarre. Est-ce qu’on quitte quelqu’un qu’on aime parce qu’une dispute est bizarre ? Non, ce n’est pas suffisant. On avance avec, on fait une concession, c’est le principe du couple. Sur le premier élément, tordu, on en pose un deuxième, joli, coloré.
      La première fois où elle a été gênée par ses propos, devant ses amis, sa famille, ses collègues. Elle lui en a parlé ensuite, il a reconnu que c’était déplacé, ça arrive à tout le monde, discussion de couple. On monte les éléments les uns sur les autres.
      Le temps passe, éléments stables, éléments moins stables, l’ensemble monte. « Y a des hauts et des bas », c’est le principe du couple. Il y a surtout des moments forts. Il la place au-dessus de tout et de tout le monde, il lui dit des choses qu’elle n’a jamais entendues, qu’elle a besoin d’entendre, qu’il a besoin de dire ; elle est son unique amour, il ne vit que pour elle, elle est irremplaçable, il sera toujours là pour elle, s’opposera à quiconque lui voudra du mal, la défend envers et contre tout. Elle l’aime tout autant, elle seule sait qu’il est fragile malgré les apparences. Dans leur bulle, ils ressentent ce qu’ils avaient toujours eu besoin de ressentir. Sur les fragilités antérieures de l’un et de l’autre, le ciment prend, solide. Il coule sur les premières bases et amalgame l’ensemble dans un bloc compact. Impossible désormais de discerner quelle pièce provenait d’elle et laquelle venait de lui ; il n’y a que des éléments uniformes bétonnés. Les prochains seront préalablement trempés dans l’enduit « couple » avant même d’être mis en place.

      #aliénation

    • Si cette forme de parasitisme humain est aussi difficile à détecter c’est d’une part parce-que le parasite sait détecter certaines blessures de la personne cible et y mettre du baume dans les premiers temps de la relation ; c’est aussi parce-que la personne cible n’est pas capable de penser comme le parasite, n’est pas capable de se figurer le trou noir qu’il y a à l’intérieur, et de quelle façon ce trou noir engloutira tout ce qu’elle investira dans la relation, en faisant jouer contre elle ses propres qualités humaines : empathie, dévouement, droiture, sens de l’engagement. La personne cible agit comme si c’était un autre humain comme elle qu’elle était en train d’aimer, et plus elle y met de sa personne plus c’est difficile de voir et d’admettre qu’elle met ce qu’elle a de plus précieux dans un trou noir qui engloutit tout et lui donnera toujours la sensation qu’elle n’en fait pas assez.


  • Une Histoire russe - 2e version
    http://audioblog.arteradio.com/post/3068484/une_histoire_russe_-_2e_version

    « Parce que tu es la personne la plus intelligente que je connaisse. »
 
 Olga arrive un jour en France pensant y rester quelques semaines. La vie (mais pas seulement) en décidera autrement.
 Un très grand merci à Olga Tessier et Fenna Baouz.
 
 À Maxime.
 
 Avec "Plus rien ne va" de Vladimir Vissotsky 
 
 (Réalisé en mars 2014, remonté en janvier 2016)

    #Documentaire #Couple,_Migrations,_Justice,_Femmes,_Partir,_Politique,_Psy,_France
    http://download.audioblogs.arteradio.com/sons/3046196/3070754_UneHistoireRusseCOURT25mn.mp3



  • La #violence_contre_les_femmes est un problème politique
    Relevé sur twitter (https://twitter.com/feeskellepeut/status/669426422814015488 et suivants)

    25 novembre, anniversaire pour toutes celles qui ont tout perdu et pire encore à cause d’un enfoiré qui avait LE DROIT pour lui.
    on va vous demander de parler, non qu’on ait l’intention de changer quoi que ce soit à la règle commune qui permet ça, mais pour faire peur à toutes les autres, qu’elles sachent bien pourquoi elles ont intérêt à fermer leur gueule (mais en vous plaignant, bien entendu)
    allez les copines on y va on déballe, ils adorent tellement nos malheurs, faut pas brimer le public, et puis certains en vivent, hein.
    amère, moi ? oh penses tu. j’ai eu tellement d’’aide. tellement. je suis si reconnaissante. à mon chien moi aussi.
    c’est fou le nombre de femmes maltraitées qui doivent leur vie à leur chien. et dont le chien est d’ailleurs le seul pote restant, au final.
    ça non plus c’est pas politique je suppose. on a du juste être trop connes pour se défendre correctement et se faire aider, hein.
    bisous si toi aussi tu as signé un amiable tellement amiable que t’avais 125 euros de ressources par mois et monsieur 3500.
    ce qui est notifié sur ton jugement mais n’a pas une seconde mis la puce à l’oreille du jaf parce que hey, amiable. \o/
    câlin si toi aussi 5 ans après on te chie à la gueule parce que t’as pas « reconstruit ta vie » assez bien avec ces si bonnes bases. \o/
    si en prime on te traite de cancer social bouffeur d’allocs et de mère indigne au passage parce qu’il a tjrs le droit de nuire aux gosses
    si toi aussi t’as perdu tout ton entourage parce que c’est pas politique c’est pas un pb de droit DONC ça n’arrive qu’’aux connes/folles parce que « yadézaides » et que donc si tu t’en es mal tirée c’est que t’es RESTEE conne/folle. donc on va s’abstenir de te garder en contact.
    si toi aussi le 25.11 c’est l’anniversaire de ta mort sociale pure et simple, de ton entrée dans la survie définitive, keur sur toa coupine.
    ça va j’ai bien mérité ma cacahuète des braves apitoyés qui feront rien changeront rien ? ou y’en faut plus ?
    non mais jdemande pare que d’habitude il faut aussi que je dise comment j’ai pas accès au #logement décent, aux #soins, etc
    Auj les membres du gvt porteront un ruban blanc pour dire non aux violences faites aux femmes.
    Les meufs j’espère que vous êtes rassurées

    je me sens direct d’humeur à adopter un mâle dominant à temps plein, tiens. #rassuréegrave
    nous c’est ruban blanc, donc ? c’est bien c’est jouli ça rappelle la virginité, la colombe la bonne victime innocente. BRAVO.
    c’est pas politique on te dit. c’est pas circonstanciel. c’est une connasse victime (bien blanche la colombe) et un monstre. hop.
    Ô ironie c’est le même jour que celui des catherinettes, odieuse tradition pour se moquer des femmes de 25 ans sans proprio légal.
    le blanc, la virginitay, on disait.

    c’est le jour de rappeler que si ce’st pas que les meufs cis het en attendant c’est 80% des meufs cis het violentées par des mecs cis het au sein d’un putain de couple cis het et en général à l’arrivée de l’enfant dudit couple cis het MAIS CEST TJRS PAS POLITIQUE
    et c’est pas social non plus. et ça n’a aucun rapport avec les structures du droit commun du couple NON PLUS, hein
    aucun rapport avec la grossesse et sa sanction sociale/professionnelle, aucun rapport avec LE FRIC qu’on PERD en congé mater
    aucun rapport avec le congé parental et son indemnisation RIDICULE qui nous fout EN DEPENDANCE ECONOMIQUE
    aucun rapport avec le fait qu’une femelle avec un petit même un con de lion sait que c’est celle qu’il bouffera le plus facilement
    aucun putain de rapport avec les modes de garde INSUFFISANTS ce qui nous OBLIGE à lâcher nos tafs et DEPENDRE d’un mec qui ensuite ABUSE de son POUVOIR ECONOMIQUE aucun rapport avec le fait qu’une fois PRECARISEES COMME CA PAR LA #SOCIETE on est COINCEES
    aucun rapport avec l’absence TOTALE de soutien logistique et financier pour PARTIR ou au moins REEQUILIBRER le pouvoir dans le #couple
    non penses tu on est juste connes et ils sont juste monstrueux, dors bien sur tes deux oreilles toi tu risques rien ma poule.
    et puis tiens, on s’en remet, hein. partir avec RIEN, une valise, deux jouets, les papiers, en EXIL, fuir, on s’en remet ! allons !
    c’est tellement génial d’avoir réussi à partir, hein ? dis donc tu vas pas te plaindre d’avoir tout perdu, ho
    et toi si tu devais faire une valise ma chérie, une seule valise, pour partir avec tes enfants, t’emmènerais quoi ? mH ?
    combien de fois tu t’es dit toi « ha non ce souvenir là il a été perdu c’est vrai » en pensant à une lettre qui t’aurait réchauffé le coeur ?
    combien de fois t’as répondu à ton gamin « ha non ça on l’a pas emmené ptète que papa l’a » ?

    (c’est tous les jours l’extrême violence, l’enfer, la solitude, tenir, reconstruire en partant de rien, en prendre plein la gueule partout
    se faire emmerder parce que chômage -hahaha, lol-, parce que ci parce que ça, et entendre cette horreur trop souvent : « tu l’avais CHOISI »)
    ce « tu l’avais choisi » je l’entends dès que j’ouvre la bouche. parlez qu’ils disent. sauf que si tu parles on te répond ça.
    et je sais pas si t’as la queue d’une idée de la VIOLENCE de cette toute petite phrase.
    si tu parles on te répond cette horreur là et si tu parles pas on te juge barge parce que hey, c’est quoi ste meuf avec ste vie sérieux ?
    il n’y a PAS de vie après la violence conjugale.
    il n’y a PAS d’après la #violence_conjugale. elle ne s’arrête PAS. jamais. la société toute entière la poursuit.
    mais chaque 25 novembre je pourrai gentiment me rappeler ce qui m’a été fait, l’impuissance, la souffrance, l’enfer, le pourquoi.
    et chaque 25 novembre je pourrai contempler l’apitoiement du monde bourgeois qui fait les règle qui organisent tout ça.

    le lol c’est qu’on est QUE 2 millions de mères isolées c’est te dire le pourcentage de joyeuses survivantes ayant réussi à fuir....
    mais du coup comme on est PEU tavu ça prouve bien qu’on est des cassosses graves connes barges etc et que c’est pas un truc social/politique
    c’est pas beau une bonne infinite loop comme ça ? moi jtrouve ça beau. vachement bien foutu. franchement bravo changez rien.

    « parlez » disent -ils aux victimes genre c’est parler qui va changer ta vie. laule. nope. tellement pas. ça va juste empirer les choses même
    1 personne te croit
    2 personne te croit
    3 quand on te croit on peut rien pour toi
    en plus quand on te croit on veut surtout rien avoir à foutre dans un truc glauque qui fait peur et tu fais PEUR, meuf
    du coup on va pas te fréquenter parce que on sait pas si ton ex va pas nous dézinguer la gueule, nous harceler, nous espionner (pas faux)
    on va pas te loger parce que qu’est ce qui nous dit que ça va pas péter un jour qu’il va pas venir tout casser que va pas yavoir des merdes
    des plaintes du voisinage si ça gueule etc (pas faux non plus)
    on va pas t’embaucher parce qu’’entre toi et tes mioches traumas merci le cassosse qui va chialer nimporte quand hein (pas improbable)
    personne viendra te voir parce que et si jamais c’est un jour de visite et qu’IL est là ho ? (absolument possible anéfé)

    les enfants ne doivent pas savoir, et un papa c’est toujours un mec bien, dis donc, ça n’a rien à voir avec ton mari (oui c’est le mm mec)
    d’ailleurs tu devras pas non plus dire aux #enfants pourquoi ils ont tout perdu et fui. bah non. l’aura du papa ma chérie (bonne chance)
    c’est très important pour toi de parler ça va aider tout le monde à te mettre à part du monde des humains
    en revanche c’est très important de rien dire aux enfants qu’ils aient l’impression d’être normaux (avec une mère anormale, donc)
    et tu auras la gentillesse de faire ça en les élevant bien, silteplé, qu’ils deviennent pas comme leur père. huhuhu. COURAGE MA PUCE.

    #psychiatrisation
    #féminisme #femmes #mères #maternité #maltraitance #divorce #précarisation #emploi #guerre_aux_pauvres #patriarcat
    #vie_intérieure

    • https://twitter.com/feeskellepeut/status/669501985356447745

      est ce que tu vois le lien entre temps partiels imposés et salaire en moyenne 20% inférieur et DEPENDANCE ECONOMIQUE/ POUVOIR ? mh ?
      est ce que tu vois le lien entre congé mater payé 80% congé parental payé 500 euros et DEPENDANCE ECONOMIQUE/ POUVOIR ? mh ?
      tu vois le lien entre pas de place en crèche nounou qui coute ton smic et congé parental obligatoire ET DONC DEPENDANCE ECONOMIQUE/POUVOIR ?
      est ce que tu fais un mini lien, intellectuellement, entre POUVOIR et VIOLENCE ? mh ?
      on fait on fait ? appel à la JUSTICE ? oh yeah ! injonction à déposer plainte, bonjour, tu nous manquais.
      et là bien sûr AUCUN BIAIS économique.

      oh. wait.

      lol
      du coup vois tu le problème est totalement psy et ce qu’il faut c’est bien évidemment nous faire PARLER, bien entendu (non)
      non le problème est totalement matériel, les conditions d’exercice du pouvoir sont prédéfinies socialement et environ 80% des conjoints peuvent décider, si ce n’est à tout moment au moins au moment de la naissance d’un enfant, de le convertir en violence. ça ne tient qu’à EUX. et toi bichette tu pèses pas lourd dans la décision. voilà voilà.
      tu peux avoir toute la self esteem (laule) que tu veux tu peux être grande gueule ou soumise tu peux bien secouer tes poings rageurs à partir du moment où t’es coincée à la maison avec un machin de 3 kilos à soigner protéger et zéro thune ou quasi t’es baisée. la suite ne dépend absolument pas de toi. gentille ou pas conciliante ou pas le pouvoir est entre ses mains à lui c’est SOCIAL POLITIQUE et absolument pas personnel. tous les couples s’engueulent tous les couples vacillent à l’arrivée du chiard qui prive de sommeil tous les couples voient leur pouvoir économique diminuer à l’arrivée du gnôme aussi, le pouvoir est entre les mêmes mains dans 80% des cas (voire 100%si on tient compte du fait que toutes les mères sont épuisées physiquement et au bord du #burn-out à la naissance). de même, SANS gamin, il est FACILE de partir. beaucoup plus facile. ton cul une valise un train une copine. c’est justement parce que sans gamin le pouvoir est PLUS EQUILIBRE MIEUX REPARTI que la majorité des violences se déclarent A la naissance du 1er si la nana est assez précaire pour qu’un seul suffise à la déstabiliser, du 2eme dans les autres cas.

    • https://twitter.com/feeskellepeut/status/669511367607611392

      ceci étant donc : scoop ultime 2k15 les violences viennent du POUVOIR et ce n’est qu’une question D ARGENT. ce qui en milieu capitaliste est fort étonnant houlala. dans le genre étonnant tu pourras aussi constater que la proportions de femmes agressées dans les transports en commun est INFERIEURE à la proportion de femmes agressées dans une limousine particulière avec chauffeur. BICHETTE.
      d’une manière tout aussi étonnante la proportion de femmes violentées en milieu professionnelles est dépendante de la position hiérarchique. ainsi dis donc les femmes ministres se prennent sensiblement moins de mains au cul que les femmes ouvrières.

      les VELOS en ville pouvaient ne pas correspondre aux besoins de sécurité des femmes dans l’espace urbain. de même que l’extinction des éclairages publics la nuit. CAY TRES COMPLIQUAY LE REEL TAVU FAUT DES ETUDES. habon les hommes violents agressent plus facilement si ils sont aidés par la pénombre qui permet effet de surprise + diff d’identification ? cay OUF. ce serait comme dire que les maris violents cèdent + facilement à leurs envies quand ils savent que leur nana peut pas se barrer.
      cay INCROYABLE limite on croirait qu’ils passent à l’acte PARCE QU ILS PEUVENT, dis. du coup pour éviter qu’ils ne le fassent il faudrait qu’ils NE PUISSENT PAS. oui mais non hey tavu ça coûte va voir un psy plutôt.
      éventuellement PAYER les femmes correctement PAYER le #travail_reproductif ça POURRAIT éviter bcp de passages à la violence éventuellement des VRAIES AIDES au divorce des VRAIES AIDES aux mères isolées ça pourrait calmer les mecs aussi
      éventuellement c’est parce qu’ils savent qu’on n’a rien à gagner à se tirer qu’ils montent en charge et se lâchent. EVENTUELLEMENT.

    • Rappel de quelques données sur les violences conjugales (/ !\ concernent les couples hétéros).
      1. 1 femme/10 en France subit des violences conjugales. Moins de 10% portent plainte. 20% ne se confient même à personne.
      2. Au moment du contact avec des services d’aide, plus de 70% des femmes violentées vivent toujours avec leur conjoint.
      3. Jusqu’à 35% des femmes consultant aux urgences présentent des symptômes dus aux violences ; 2% sont identifiées « victimes »
      4. Au 3919, 86% des violences rapportées sont des violences psychologiques (statistiques 2014).
      5. Autres formes-> viol. verbales:75%, physiques:70%, sexuelles (sous-déclarées):6.4%, économiques:23 %, administratives:2%.
      6. 43% des victimes appelant le 3919 déclarent des conséquences sociales aux violences conjugales (notamment isolement).
      7. Chez les femmes victimes de violences, le risque de tentative de suicide est multiplié par 25 (/population générale).
      8. 52 à 72% des femmes hospitalisées en psychiatrie et 64% adressées à un psychiatre sont victimes de violences.
      9. 58% des victimes de violences développent Syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Jusqu’à 80% si violences sexuelles.
      10. Alors qu’avec une prise en charge adaptée, 80% des femmes victimes déclarent une nette amélioration de leur santé psy.
      11. Violences conjugales coûtent 2 à 3 milliards d’euros chaque année en France (soins, arrêts de travail, précarité, etc.)
      12. 40% des violences conjugales ont débuté pendant la grossesse. Beaucoup s’agravent lors de grossesse ou naissance.
      13. Plus d’1 mère sur 10 subissant des violences conjugales peut identifier de l’angoisse chez son(ses) enfant(s) témoin(s).
      14. 60% des enfants témoins (donc victimes) de violences conjugales développent un Syndrome de stress post-trauma (SSPT).
      15. 35% des 6-12ans exposés à la violence conjugale connaissent des tbles importants (problèmes d’adaptation ou dépression).
      16. 20-25% des enfants vivant dans de la violence conjugale subissent de la violence directe de la part du conjoint violent.
      17. Or, 42% des femmes victimes de violences conjugales vivent avec des enfants de moins de 6 ans.
      18. Une grande majorité des conjoints violents obtient pourtant un droit de visite voire garde alternée sur ses enfants.
      19. Dans 70% de ces cas, les F disent être maintenues sous emprise de l’ex par attaques indirectes utilisant les enfants.
      20. Risques pour ces enfants grandissant en insécurité : trbles de l’humeur ou du comportement, reproduction de la violence.
      21. Risque de suicide x20. 50% de jeunes délinquants grandi dans violence. 60% des H violents grandi dans viol. conjugale.
      22. Avec PEC adaptée durant enfance ou adolescence, prenant en compte trauma des violences, 65% ne déclarent aucun trouble.
      23. Aucun statut de victime pour ces enfants. Moins de 10% des pères étant conjoints violents ont droit de visite restreint.
      24. Parmi les plaintes pour violences conjugales, 10% environ arrivent devant tribunal. Une minorité aboutit à condamnation.
      25. A titre de comparaison : aux USA la violence conjugale est d’abord une affaire pénale. En France, d’abord psycho-sociale.

      (relevé sur twitter https://twitter.com/VanilleCitron/status/707120638142627840 )