• « La Saint-Valentin fut longtemps une fête des célibataires et de la rencontre », Jean-Claude Kaufmann, auteur de « Saint-Valentin, mon amour ! », (Les Liens qui Libèrent, 2017)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/02/12/jean-claude-kaufmann-nous-maintenons-dans-l-oubli-l-histoire-meconnue-de-la-

    Dans une tribune au « Monde », le sociologue Jean-Claude Kaufmann revient sur l’histoire méconnue de la fête des amoureux de février.

    Tribune. Tout événement a désormais son image, parfois très éloignée des faits réels. Celle de la Saint-Valentin est devenue de plus en plus négative ces dernières années, construisant un mur d’indifférence voire de mépris dans les milieux que l’on dit porteurs de tendances. Elle serait devenue ringarde et conformiste, mièvre et sans saveur, sans intérêt. Trois critiques se font particulièrement incisives.

    Elle serait normative, célébrant le #couple comme modèle, donc stigmatisante pour les #célibataires, rejetés des alignements de tables pour deux dans les restaurants, et contraints à raser les murs ce jour-là. C’est tout à fait vrai.

    Mais l’histoire de la Saint-Valentin nous enseigne que pendant deux mille ans, elle fut au contraire une fête des célibataires et de la rencontre, que la célébration des couples mariés n’a commencé qu’à la fin des années 1950, et que cette forme particulière est une spécificité européenne. La fête n’est donc pas condamnée à cette normativité, rien n’interdirait qu’elle retrouve ce qui a fait son esprit à travers les siècles et aux quatre coins de la planète : fêter l’amour sous toutes ses formes.

    Elle serait répétitive et conventionnelle, pour tout dire, ennuyeuse. Peut-être, mais seulement ici. Car dans tous les pays qui la fêtent depuis peu, en Afrique, en Asie, elle déborde au contraire d’inventivité joyeuse, au point que nombre d’autorités politiques, morales et religieuses s’en inquiètent.

    Dans une trentaine de pays environ, la Saint-Valentin est désormais interdite, ou menacée par des groupes violents, le moindre petit cœur, la couleur rouge ou les couples se tenant par la main sont traqués le 14 février. Ou les ours en peluche au Moyen-Orient ; les nounours sont interdits en public ce jour-là. La jeunesse s’insurge bien sûr, au nom de l’amour. Au nom d’une sexualité plus libre et de l’expression des sentiments. Mille stratagèmes ingénieux sont développés pour contourner la censure.

    Adoucir les mœurs

    La critique des critiques enfin : elle serait devenue une fête purement commerciale, dominée par l’argent, et n’aurait donc plus aucun sens. L’emprise commerciale est en effet très forte sur la fête. Elle résulte d’un moment historique particulier : entre 1840 et 1850, les Etats-Unis, qui jusqu’alors ne connaissaient rien des deux mille ans d’histoire de la Saint-Valentin, ont eu l’impression de l’inventer.

    La Saint-Valentin est le premier « événement » commercial créé de toutes pièces, ou plutôt, que les Américains ont cru avoir créé de toutes pièces. Mais bien d’autres « événements » ainsi créés n’ont pas perduré. Car pour qu’une fête s’installe et se développe, même dominée par le commerce, il faut qu’elle exprime quelque chose et corresponde à un désir. L’idée de famille pour Noël. Le rêve d’amour pour la Saint-Valentin.

    Dire que la fête est commerciale n’est pas un argument suffisant, et ne révèle pas grand-chose des relations souvent très complexes et subtiles qui s’établissent entre argent et sentiments. Comment un bouquet de fleurs est-il offert ? S’en débarrasse-t-on (« Tiens voilà ton cadeau »), pour solde de tout compte sentimental ? Ou bien n’est-il qu’un instrument permettant d’exprimer un peu mieux et plus fort ce que l’on a souvent du mal à dire.

    Car, contrairement à une autre critique fréquente, fêter le 14 février n’est nullement incompatible avec l’amour tout au long de l’année ; ce n’est pas ou l’un ou l’autre. Dans les pays d’Afrique et d’Asie où la Saint-Valentin est récente, la pacotille amoureuse (petits cœurs fabriqués en séries industrielles) n’a pas été un frein à l’expression des sentiments. A l’inverse, elle en a été le vecteur. Car tout dépend de l’intensité du désir sentimental pour que l’emprise du commerce ne vide pas la fête de sa substance.

    En ce mois de février 2018, certains pourront dire que la Saint-Valentin apparaît encore plus désuète en regard de l’immense mouvement de révolte des femmes contre le harcèlement. Ce serait là encore ignorer la véritable histoire de la Saint-Valentin, qui pourrait se résumer ainsi : pendant plus de deux mille ans, les hommes ont progressivement appris, à travers les festivités amoureuses de février, à adoucir leurs mœurs et à respecter les femmes.

    A l’origine en effet, leur très rude brutalité sexuelle est tolérée par la société, presque reconnue comme légitime. L’historien Jean-Louis Flandrin rappelle qu’environ un jeune homme sur deux participe à des #viols_collectifs sans être jamais sanctionné à la fin du Moyen Age. La culture du viol dont on parle aujourd’hui est un héritage direct de ce passé.

    Tournant poétique

    Les fêtes de l’ours (en février les hommes se déguisaient en ours pour « attraper » des femmes), premières formes d’une Saint-Valentin qui ne s’appelait pas encore ainsi, peuvent déjà être considérées comme un léger changement. Même si, elles débouchent encore parfois sur des viols.

    Ensuite toute l’histoire de la Saint-Valentin sera celle de l’apprentissage par les hommes de la galanterie (le mot Valentin vient de galantin), des rituels de la séduction et des mots doux, de la communication intime, de la perception du #consentement chez la partenaire, du respect de la femme. Avec un moment fort, ce que j’ai appelé le tournant poétique, au XVe siècle (moment qui commence donc alors que la #culture_du_viol était encore dominante), initié en France puis qui se développa en Angleterre, héritier de l’amour courtois et qui annonce déjà le romantisme. Les hommes non seulement se font plus respectueux mais, poètes, musiciens ou peintres, ils apprennent à devenir des artistes de l’amour pour leur femme adorée.

    A l’heure de #balancetonporc et de #meToo, il est très étrange que nous maintenions dans l’oubli toute cette histoire méconnue de la Saint-Valentin au prétexte qu’aujourd’hui la fête nous déçoit, que nous jetions tout cela au panier, que nous nous refusions même à l’évoquer.

    Car au-delà de la dénonciation des abus et des crimes, du harcèlement et du viol, nous allons devoir inventer un nouveau monde amoureux, femmes et hommes ensemble, imaginer tout un univers de relations libres, respectueuses et créatives. Or nous ne partons pas de rien. Le passé de la Saint-Valentin nous éclaire à la fois sur le pire, la culture du viol, et sur le meilleur, la magie amoureuse qui ensorcelle, dans la communion intime et le consentement mutuel.


  • L’impact du couple sur les inégalités de revenus - Xerfi Canal | France Stratégie
    https://www.strategie.gouv.fr/actualites/limpact-couple-inegalites-de-revenus-xerfi-canal
    https://youtu.be/fkj9Zeb0y8Y

    #Travail des #femmes, recul du #couple, renforcement de l’#homogamie de #revenus : quels sont les effets sur les #inégalités des évolutions sociales de ces vingt dernières années en France ?

    https://www.strategie.gouv.fr/publications/couple-contribue-t-reduire-inegalites


  • Divorce juif  : à Grenoble, coup d’arrêt au « chantage au guett » Mélinée Le Priol - La Croix - 23 Juillet 2018

    https://harissa.com/news555/fr/divorce-juif-grenoble-coup-darret-au-chantage-au-guett

    Alors que dans le judaïsme, le divorce ne se fait pas sans l’accord du mari, une décision forte a été prise récemment à Grenoble pour sanctionner un époux récalcitrant.

    Quatre ans après un scandale retentissant à Paris, les « chantages au guett » continuent de se pratiquer en France.

    Un communiqué placardé à la mi-juin dans les synagogues de Grenoble (Isère) annonçait que des sanctions religieuses avaient été prises à l’encontre d’un fidèle qui refusait de remettre à son ex-femme le guett, l’acte de divorce religieux juif. / Benjamin Barda/CIRIC

    Le communiqué a été placardé à la mi-juin dans les synagogues grenobloises. Il annonçait que des sanctions religieuses avaient été prises à l’encontre d’un fidèle qui refusait de remettre à son ex-femme le guett (acte de divorce religieux juif, lire ci-dessous). Le mari récalcitrant, cité nominativement dans ce document public, ne peut désormais plus participer à la prière synagogale et se trouve exclu du minian (quorum de dix hommes nécessaire à la prière).

    Radicale, cette mesure est inédite en France. Inspirée des pratiques de shaming qui ont cours en Israël ou aux États-Unis pour dénoncer le « chantage au guett » – il arrive même que la photo de l’homme soit publiée –, elle a été prise par deux rabbins grenoblois, sous l’autorité du grand rabbin de France Haïm Korsia. Celui-ci assume la sévérité de sa décision  : « Il faut une condamnation unanime, une sorte de mise au ban sociale de ces hommes qui n’ont pas la dignité de rendre sa liberté à leur femme », explique-t-il à La Croix.
     
    Pratiques de chantage
    Connu pour sa bienveillance vis-à-vis des femmes dans ces affaires de divorces conflictuels, où l’homme se venge parfois d’une procédure civile qui lui a été défavorable, Haïm Korsia aimerait voir l’ensemble des juifs de France participer au « rejet moral » des pratiques de chantage, « sans la moindre compassion »pour ces hommes. Mais il sait que du chemin reste à faire. Ces dernières semaines, il a reçu plusieurs lettres lui demandant de revenir sur sa décision prise à Grenoble, arguant que ce mari était « un homme bien » et qu’il ne méritait pas une telle marginalisation.

    Si la position de l’actuel grand rabbin de France ne souffre pas d’ambiguïté sur cette question, ce n’est pas le cas de celle de son prédécesseur par intérim, Michel Gugenheim, aujourd’hui grand rabbin de Paris  : en 2014, le tribunal rabbinique de Paris avait été accusé d’avoir cautionné une forme de « chantage au guett » en présence du rabbin Gugenheim. L’affaire avait défrayé la chronique et déchiré la communauté juive de France.

    « Le scandale du guett de 2014 a révélé des dysfonctionnements graves dans le tribunal rabbinique de Paris, dont les membres et le président ne sont pas des juges rabbiniques. Les règles de procédure n’y sont pas respectées, et les décisions y sont parfois prises à la tête du client. Ni la composition du tribunal ni l’équipe du service du divorce n’ont changé depuis 2014 », assure Liliane Vana, spécialiste en droit hébraïque et talmudiste, très mobilisée auprès des femmes dans le judaïsme. Avec l’écrivaine Éliette Abécassis (1), cette juive orthodoxe vient de créer un hashtag pour inviter ces femmes à sortir du silence sur les réseaux sociaux  : #stopchantageauguett.
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    #Divorce #chantage #femmes #religion_juive #guett #religion #tribunal_rabbinique #domination_masculine #couple #violence #france


  • Le problème avec la polynormativité
    https://infokiosques.net/spip.php?article1587

    Coup de gueule contre les normes véhiculées par les médias sur le polyamour, ce texte montre comment certains comportements et expressions "polys" renforcent voire créent des normes au lieu de les questionner : la nécessité d’un couple "primaire", de hiérarchiser ses relations, de mettre en place tout un tas de règles, le tout dans une représentation médiatique tout autant normée et normative... « Mon problème ici concerne le modèle polynormatif et l’insistance des médias dominants sur lui – il ne concerne pas une structure de relation particulière, ni les personnes qui la pratiquent. »

    #P

    / Tout mais pas l’indifférence (nulle part), #Sexualités,_relations_affectives, (...)

    #Tout_mais_pas_l'indifférence_nulle_part_ #Anglais
    https://sexgeek.wordpress.com/2007/06/10/10-realistic-rules-for-good-non-monogamous-relationships
    https://www.morethantwo.com/polyforsecondaries.html#bor
    https://solopoly.net/2012/11/27/non-primary-partners-tell-how-to-treat-us-well
    https://sexgeek.wordpress.com/2009/05/22/death-love-and-the-illusion-of-control
    https://sexgeek.wordpress.com/2010/06/21/against-the-veto-or-fear-by-any-other-name%E2%80%A6
    https://sexgeek.wordpress.com/2009/03/02/five-steps-for-fixing-a-fuck-up
    https://sexgeek.wordpress.com/2010/08/23/its-not-about-sex-and-other-lies
    https://sexgeek.wordpress.com/2013/01/24/theproblemwithpolynormativity
    https://polyamour.info/-dx-/Le-probleme-avec-la-polynormativite
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/the_problem_with_polynormativity-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/the_problem_with_polynormativity-pageparpage.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/le_probleme_avec_la_polynormativite-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/le_probleme_avec_la_polynormativite-pageparpage.pdf


  • De l’idéologie romantique au travail conjugal – prendre soin du conjoint au détriment de soi ? | Une sociologue chez le coiffeur
    https://systemececilia.wordpress.com/2018/04/08/de-lideologie-romantique-au-travail-conjugal-prendre-soin-

    Dans plusieurs articles, j’ai réfléchi à l’idéologie romantique et j’ai parlé un peu de mes expériences et celles de mes proches concernant les relations amoureuses hétérosexuelles. En les relisant, et en lisant l’article de My Sage Diary sur le mythe de l’amour romantique comme un événement transcendant, magique, qui va illuminer notre vie et qui va nous permettre de devenir une meilleure version de nous-mêmes ; je me suis dit qu’ils s’inscrivaient dans la même logique, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser pour la mettre au jour.

    #couple #féminisme #amour #romantisme #travail_conjugal #célibat


    • Tout est évidemment vrai, après pour contrebalancer, ça ne parle que d’hétéro pour mieux faire accepter l’idée que être seule et ne pas avoir un amoureux permanent ça peut être bien. Alors que la réflexion vaut pour les homos ou bis aussi et du coup certains des arguments ne marchent plus.

      Et on n’est pas tou⋅tes éduqué⋅es/programmé⋅es pour aimer/avoir envie d’avoir plein de relations, d’être polyamoureux⋅ses etc. Ya aussi des gens introvertis (genre très, suivez mon regard) qui rencontrent peu de gens, qui s’attachent, vite ou pas, à peu de gens, mais qui nouent des relations très fortes, profondes (en amitié ou en amour). Et ça vaut qu’on soit hétéro ou homo hein, évidemment. Et dans ce cas, bah on préfère construire des choses sur le long terme, pas avoir une vie « libre et pleine de relations », on est pas tou⋅tes super extraverti⋅es à vouloir partir à l’aventure.

    • Oui, elle fait remarquer qu’elle ne parle que de couples hétéros. Mais elle essaie de varier les représentations, notamment avec des femmes rondes ou racisées ou même à lunettes (mais c’est moyennement bien dessiné, elles ont toutes la même tête ou presque).

      J’ai l’impression que ce n’est pas le sujet, que là il n’est question que de montrer comment le goût pour le couple (hétéro mais pas que) est construit et contradictoire avec les intérêts des femmes. Après, penser d’autres relations (amoureuses, sexuelles, amicales, de cohabitation) qui nous font du bien en étant bien avec les autres, c’est peut-être pour une autre BD !


  • Man Who Has It All on workplace discrimination, staying sexy, and maintaining a healthy marriage while being a dad
    https://www.feministcurrent.com/2018/02/20/man-workplace-discrimination-staying-sexy-maintaining-healthy-marri

    MM: Men have a reputation of being oversensitive, and sometimes working in female-dominated workplaces can be tough — female humour, sports talk, objectifying comments about penises can make men feel uncomfortable, and the way women communicate can often be straightforward in a way that sounds harsh to male ears. How do you keep your emotions in check in the boardroom?

    MWHIA: It’s tough. My boss says I take myself too seriously. When she joked that I should get my penis out in a team meeting so “we can all have a good laugh,” I didn’t realize it was supposed to be funny. I felt very uncomfortable; but as my wife says, I can’t complain because men in other countries have it worse.

    I sometimes wish she would do more housework, but she just happens not to be very good at organizing, cooking, meal planning, ironing, tidying, cleaning, shopping, laundry, childcare, changing bed linen, taking the kids to the doctor, booking holidays, gift-buying, helping out at school, making friends with other mums, or emotional labour. We play to our strengths. We both work full-time, but she puts the bins out which, as she reminds me, is a weekly job.

    #lol


  • L’amour, toujours l’amour... Ou l’amour considéré comme une histoire en trois étapes : naissance, stabilisation et désamour. Une étude sociologique de Michel Bozon

    http://sms.hypotheses.org/10349

    #amour, #pratique, #union, #plaisir, #inquiétude, #sentiment, #désir, #excitation, #amitié, #expérience, #sociologie, #réciprocité, #couple, #désamour


  • Introduction to the Headless CMS
    https://hackernoon.com/introduction-to-the-headless-cms-1a8db3cb0c3d?source=rss----3a8144eabfe3

    There are certain types of content management systems — Coupled CMS and Decoupled CMS. The coupled CMS is also known as a traditional or monolith architecture. In a coupled CMS, the back-end is bound to the front-end. As an example of coupled CMS — WordPress or Drupal. It allows users to create content, save it to the back-end and serve it to the front-end. Usually, the coupled CMS allows users to style and customise the frontend, but often those changes are limited.This blog post was originally published in my blogThis is the reason why the decoupled CMS comes into play. The decoupled CMS is also known as a headless CMS. The headless CMS is a back-end only content management system which provides the RESTful API which can be used to build any front-end around. The number of options in terms (...)

    #decoupled-cms #headless-cms #web-development #coupled-cms


  • Suzanne Zaccour : Querelle [ kə.ʀɛl ] | Scènes de l’avis quotidien
    https://scenesdelavisquotidien.com/2018/02/10/suzanne-zaccour-querelle-k%c9%99-%ca%80%c9%9bl

    [Le texte qui suit, de Suzanne Zaccour, est tiré du récent Dictionnaire critique du sexisme linguistique. Il s’agit d’un extrait pour l’entrée « Querelle ». Il est publié ici avec l’aimable autorisation de l’autrice et des éditions Somme Toute. Merci à vous.]
    De querelle en querelle

    30%. D’après l’Organisation mondiale de la santé, c’est la proportion des femmes ayant été victimes de violence conjugale[1]. Parce que je suis une femme, j’ai, jusqu’à 44 ans, plus de chances d’être tuée ou blessée par un conjoint que par un accident de voiture, la guerre, la malaria et le cancer – toutes ces causes combinées[2]. Ça donne froid dans le dos, et pourtant… Où est l’état d’urgence ?

    […]

    Le meurtre d’une femme par son conjoint est presque toujours contextualisé comme un fait divers – un événement par définition banal, sans conséquence, anodin. Pas assez important pour faire l’actualité ou l’éditorial, mais tout de même assez divertissant pour se mériter un petit coin d’écran. Divertissant, car le fait divers est aussi le fait insolite. Surprenant et inhabituel : tout le contraire des violences conjugales qui sont non seulement répandues, mais aussi prévisibles[3]. Par conséquent, l’événement rapporté doit être simultanément (et paradoxalement) peu important et sensationnel.

    Peu important, parce qu’on parle de violence domestique (un calque de l’anglais domestic violence), une expression qui en dit long considérant le peu d’importance que notre société apporte à la sphère domestique (lire : la sphère des femmes). Peu important aussi, parce que sans rapport avec un quelconque enjeu de société. Une femme battue à mort, c’est une histoire triste, rien de plus. Or, le contexte systémique fait toute la différence dans notre appréciation d’une nouvelle. On n’accorde pas tout à fait la même attention à la nouvelle d’une personne atteinte d’une grippe lorsqu’on est en plein crise de H1N1. La chute d’une action est moins banale au lendemain du Brexit. On percevrait donc différemment la nouvelle d’un féminicide si elle était présentée comme il se doit : comme un événement qui s’inscrit dans l’épidémie internationale de violences faites aux femmes. Or, comme chaque femme est sa propre histoire, hors de ce qui se passe vraiment en société, on parle plutôt de drame conjugal ou de drame familial. Le drame invoque le genre littéraire, le théâtre, et non le meurtre bien réel d’une femme en chair et en os.

    Le sensationnalisme intervient parce qu’il faut bien rendre l’histoire d’une simple femme individuelle intéressante. Il nous faut mourir de façon accrocheuse : « Il tue sa femme pour faire des économies[4] », « ivre, il bat sa femme le jour de la Saint-Valentin », « il bat sa femme et lui passe le collier du chien », « ivre, il bat sa femme et jette deux chatons dans le vide »[5]…

    En plus du petit détail étonnant pour attirer l’attention sur l’affaire privée, on introduira un élément de suspense, d’inattendu : « Personne n’aurait imaginé qu’un tel drame se produise au sein de ce couple, aux allures sans histoires[6] ». Forcément, le meurtrier est un homme sympathique, un voisin ordinaire : « famille sans histoire, bien insérée socialement, on ignore ce qui a poussé le papa à commettre ce geste fou »[7]. Les textes ne manqueront pas de vous dire que les voisin·e·s ont été surpris·es par le geste (j’espère !), mais ne vous diront jamais que dans 78% des cas de féminicide, la police était déjà au courant de la situation de violence conjugale[8]. Peut-être que si on citait plus d’expertes et moins de voisin·e·s, on comprendrait mieux ce qui s’est passé, mais on préfère penser les violences soudaines – un emportement, une folie, un acte irréfléchi, pulsionnel, un « incident » sans rapport avec les agressions qui l’ont précédé. Cette requalification sert deux fonctions. D’une part, elle nous déresponsabilise en tant que société : si la violence machiste est un emportement imprévisible, notre échec flagrant à la prévenir est excusable. D’autre part, cela nous rassure en nous distanciant du problème. Les agresseurs sont des monstres, des hommes bizarres, maniaques, fous : tout le contraire de nos pères, frères, amis, patrons, voisins (et du lecteur lui-même !). Si la violence était le résultat d’une socialisation sexiste à laquelle personne n’échappe, ce serait bien plus inquiétant…

    Suzanne Zaccour

    #féminicide #violence_masculine #couple #amour


  • A Nice, la Manif pour tous accapare les débats sur la #PMA
    https://www.mediapart.fr/journal/france/010318/nice-la-manif-pour-tous-accapare-les-debats-sur-la-pma

    © LF À Nice, le débat sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes s’est déroulé sans faire de place à la parole de couples de lesbiennes ou de femmes célibataires. Dans le cadre des #états_généraux_de_la_bioéthique, les associations LGBT ou regroupant des personnes infertiles s’alarment d’échanges biaisés par la présence massive de personnes proches de la Manif pour tous.

    #France #Culture-Idées #Fil_d'actualités #couples_homosexuels


  • Qu’est-ce qu’un #mariage arrangé (à ne pas confondre avec un mariage forcé) ? Peut-on lui opposer le mariage d’#amour qui est aujourd’hui considéré comme la #norme dans les sociétés occidentales ? De quand dater l’apparition de ce dernier ?

    http://sms.hypotheses.org/9853

    #couple, #histoire, #stratégie, #sentiment, #norme, #social, #négociation, #code, #consentement, #critère, #condition, #morale, #conjoint, #famille, #arbitrage


  • Près de 80 % des victimes de mort violente au sein du couple sont des femmes
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/31/pres-de-80-des-victimes-de-mort-violente-au-sein-du-couple-sont-des-femmes_5

    En France, 17,6 % des homicides (non crapuleux, y compris coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort), soit près d’un sur cinq, surviennent dans le cadre conjugal. Et 78,3 % des morts violentes au sein du couple concernent les femmes. Ces chiffres montrent que « le cadre conjugal » constitue « le contexte le plus dangereux pour les femmes », note la sociologue Maryse Jaspard.
    Féminicides Violences conjugales

    #statistiques #féminicide #violences_masculine #couple #hétérosexualité (vu que les violences sexuelles dans les couples homo sont inconnues ou méconnues, et ici simplement ignorées) #hétérocentrisme #violences_conjugales #viol #violences_sexuelles


  • Albane et Elise : « Une crainte permanente du regard social sur notre fils »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/290118/albane-et-elise-une-crainte-permanente-du-regard-social-sur-notre-fils

    Libraires à Lyon, Albane et Élise ont un garçon de trois ans et demi, né à la suite d’une insémination artificielle au Danemark. Depuis son entrée à l’école maternelle, elles redoutent les remarques homophobes.

    #France #couples_homosexuels #égalité #enfant #famille #homoparentalité #lesbiennes #PMA


  • #PMA : « Il faut reposer la question de l’anonymat des dons de gamètes »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270118/pma-il-faut-reposer-la-question-de-l-anonymat-des-dons-de-gametes

    Julie, 37 ans, et Solène, 40 ans, ont deux enfants, âgés de 4 ans et de 10 mois, nés par PMA au Danemark. Elles ont choisi ce pays car il permettra à leurs enfants de connaître l’identité du donneur à leur majorité.

    #France #Caroline_Mecary #couples_homosexuels #égalité #famille #lesbiennes


  • « Je suis privée de mes filles »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250118/je-suis-privee-de-mes-filles

    Christel, 44 ans, séparée de sa compagne, ne peut plus voir leurs filles, âgées de 3 ans et demi, nées à la suite d’un transfert d’embryons effectué en Espagne. En #France, seule la mère qui a porté l’enfant figure sur l’acte de naissance.

    #couples_homosexuels #égalité #états_généraux_de_la_bioéthique #famille #lesbiennes #PMA


  • « Je vais devoir adopter mon propre enfant »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230118/je-vais-devoir-adopter-mon-propre-enfant

    Élodie, doctorante en sociologie, et Amélie, salariée d’une ONG française, attendent un bébé conçu par insémination artificielle en Belgique. C’est Amélie qui porte l’enfant et Élodie devra l’adopter pour voir reconnue sa parentalité, ce qu’elles trouvent « très bizarre ».

    #France #couples_homosexuels #égalité #famille #lesbiennes #PMA


  • « On nous a dit que ce que souhaite un enfant, c’est un papa et une maman »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210118/nous-dit-que-ce-que-souhaite-un-enfant-c-est-un-papa-et-une-maman

    Marie et Caroline se sont tournées vers l’adoption, après plusieurs échecs d’insémination artificielle et de fécondation in vitro en Belgique.

    #France #couples_d'homosexuels #égalité #états_généraux_de_la_bioéthique #famille #filiation #lesbiennes #LGBT #PMA


  • « Ils sont en retard, nous on avance et on fait notre #famille »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190118/ils-sont-en-retard-nous-avance-et-fait-notre-famille

    Charlotte et Hélène, peu avant la naissance de leur deuxième fille, en octobre 2017. © LF Hélène, 39 ans, et Charlotte, 41 ans, ont eu deux petites filles nées à Marseille grâce à une insémination artisanale. L’un des donneurs de sperme est un ami, militant syndical. L’autre un inconnu rencontré grâce à une amie catholique. Tous deux ont déjà une famille et ont effectué ce choix avec leur compagne.

    #France #couples_d'homosexuels #égalité #états_généraux_de_la_bioéthique #filiation #lesbiennes #LGBT #PMA


  • Algérie : des femmes abandonnées par leur mari après un cancer du sein
    http://geopolis.francetvinfo.fr/algerie-des-femmes-abandonnees-par-leur-mari-apres-un-cancer-d

    L’humiliation
    La plupart des femmes ayant subi une ablation du sein après un cancer souffrent énormément du regard des autres et notamment de celui des hommes. Elles sont souvent humiliées avant d’être abandonnées. « Je veux une femme entière, pas un trois-quarts de femme », a dit un homme à sa fiancée dès qu’elle lui a annoncé sa maladie et l’ablation du sein qu’elle venait de subir en urgence. Une autre jeune femme a préféré prendre les devants peu après une mastectomie en rompant elle-même ses fiançailles.

    L’accès à la reconstruction mammaire existe, mais il est difficile. Les hôpitaux publics où l’opération est gratuite sont surchargés et dans le secteur privé, l’intervention est très chère.
    Le cancer du sein touche chaque année entre « 9000 à 10.000 femmes », affirme Farid Cherbal, professeur de génétique du cancer à l’université d’Alger.



  • « Ne laisser personne pour compte : mettre fin à la violence contre les femmes »
    http://www.enbata.info/articles/ne-laisser-personne-pour-compte-mettre-fin-a-la-violence-contre-les-femmes

    Le 25 novembre prochain, ce sera comme chaque année la Journée Internationale contre la Violence faite aux #Femmes. Comme chaque année, nous lirons et écouterons des témoignages effrayants de femmes brutalisées. L’erreur sera alors de croire qu’il s’agit de cas particuliers. La violence endurée par les femmes ne pourra pas être endiguée tant qu’une chose fondamentale ne sera pas comprise : cette violence n’est pas un problème de personnes, ce n’est pas juste parce-que « elle n’a pas eu de chance, elle est tombée sur un sale type », mais c’est un problème politique.

    Intéressons-nous tout d’abord à ce que la #société, par son discours ambiant, considère normal ou pas dans une relation de #couple. La jalousie, les menaces, les engueulades pour des questions d’argent, tout cela est considéré comme normal. De même qu’il est considéré normal que les relations amoureuses impliquent une forme ou une autre de conflit, auquel on collera l’adjectif « passionnel » pour faire présentable. Combien de fois avons-nous entendu « oui il était violent mais il l’aimait », ou comme l’ont trop souvent titré les journaux, dans le cas d’hommes qui après avoir assassiné leur (ex)femme et enfant(s) se sont donné la mort : « drame familial », causé par un « dépit amoureux ». Drames oui mais dont chacun avait un auteur, et qui a été favorisé par un contexte social et législatif. Et qu’on ne vienne pas parler d’amour concernant ces horreurs.

    Selon ce discours ambiant, dans une relation de couple hétérosexuelle un certain niveau de #violence de la part de l’homme est considéré comme normal, acceptable. Dans les cas beaucoup moins nombreux de femmes violentes, l’hôpital psychiatrique sera une solution rapidement mise en avant, mais pour ce qui est d’un homme violent, trop souvent sa compagne s’entendra dire de lui pardonner, voire que son « impulsivité » est une preuve d’amour. Pour une femme à qui on ne laisse pas la possibilité de prendre conscience et de s’interroger sur ces déséquilibres, les choses sont mal engagées

    Dans de nombreux cas de violence, si ce n’est pas le cas dès le début, la violence commence lorsque la femme est enceinte, car plus vulnérable. Ou, selon les ressources financières et l’entourage de la femme, lorsque vient le deuxième enfant, et qu’elle quitte son travail pour s’en occuper, ce qui réduit ses ressources matérielles et souvent son cercle social.

    D’un autre côté, les changements législatifs et la formation des professionnels est extrêmement lente. À titre d’exemple :
    • La violence psychologique au début et après de multiples types de violence physique est souvent ignorée dans les services sociaux français.
    • Dans la médecine, l’éducation et la police, il y a très peu de formation en matière de violence sexiste.
    • Dans la nouvelle législation espagnole, mais toujours pas en France, la violence infligée par l’ex-compagnon est considérée comme une violence de genre et, par conséquent, ces antécédents sont pris en compte pour les mesures de protection.

    Rappelons-nous qu’à diplôme et niveau de responsabilité égaux, les femmes gagnent encore aujourd’hui moins que les hommes. En raison des options limitées de garde d’enfants, beaucoup quittent leur travail pour s’occuper de leurs #enfants. Le père quant à lui gagne généralement plus, donc n’a pas de raison de quitter son travail. Le congé parental est en outre très mal rémunéré, et dans la plupart des cas seule la mère le prend.

    Dans l’état actuel des choses, les relations de couple (1) et la maternité favorisent la vulnérabilité et la dépendance matérielle des femmes, et dans cette situation la violence a plus de chances d’émerger.

    « Pourquoi ne pas le quitter alors ? » diront certains. Si c’était si simple. En France, depuis la #loi_Boutin (2), une personne en instance de divorce ne se verra pas attribuer de logement social tant que la séparation n’est pas prononcée, et la garantie « loyers impayés » exclut de fait les plus précaires du marché locatif, les reléguant chez les marchands de sommeil. Par ailleurs, la garde alternée des enfants devenant la norme lors des jugements de divorce, une mère souhaitant se séparer sera contrainte de vivre à proximité de la résidence du père de ses enfants. Dans un contexte de chômage structurel et dans une zone où le #logement est aussi peu abordable qu’en Pays Basque Nord, avec moins d’argent, une carrière professionnelle interrompue par la maternité, un cercle social souvent amoindri, et des enfants à charge, trouver un logement et un emploi relève de la mission impossible, encore plus depuis les différents rabotages des #APL, débutés avec la loi de finances de 2016. Beaucoup de femmes brutalisées se résignent au silence et à rester avec un conjoint violent. Celles qui franchissent le pas savent que ce faisant elles se jettent dans la précarité.

    De nos jours, telles que les normes sociales implicites et les lois sont construites, tout est fait pour maintenir les femmes dans la vulnérabilité et la dépendance économique, et pour dénigrer la violence qu’elles subissent. Gardons cela à l’esprit, et souvenons-nous de trois choses :

    – Il n’y a pas de niveau de violence tolérable dans un couple

    – La #spéculation immobilière tue, alliée aux lois et à la violence contre les femmes

    – Plutôt que de réduire encore les #minima_sociaux (tout en faisant des CICE à 48 milliards et en laissant filer l’évasion fiscale), si nous les augmentions jusqu’à un niveau permettant de vivre sans angoisse, notre société serait plus saine et plus paisible

    ———

    (1) hétérosexuelles
    (2) Loi du 25 mars 2009, de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion (on appréciera l’ironie de l’intitulé)

    #violence_contre_les_femmes


  • Le mythe de la virilité
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-journal-des-idees-mercredi-22-novembre-2017

    Où il est question de

    Panthère Première, revue féministe de critique sociale, avec un dossier Quiproclash sur la portée subversive des actes de langage et un article sur les rapports de genre dans la mécanique sentimentale hétéro : « Vous êtes-vous déjà surpris-e à perpétuer les pires clichés dans votre couple ? Feindre l’indifférence, souffrir de jalousie et d’insécurité sans en lâcher un mot, surjouer la liberté sexuelle, jeter la vaisselle contre les murs… » L’amour sur le ring, côté femme, ou l’art et la manière de déconstruire sans détruire…

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12003-22.11.2017-ITEMA_21501762-0.mp3


  • #Althusser et le #meurtre d’Hélène Rytmann – Période
    http://revueperiode.net/althusser-et-le-meurtre-dhelene-rytmann

    Le meurtre d’Hélène Rytmann par Louis Althusser est une tragédie qui a trop longtemps été balayée d’un revers de main par la gauche althussérienne. L’apport de Rytmann dans la trajectoire du philosophe est honteusement ignoré. Le meurtre est entièrement mis sur le compte de la démence, et celle-ci ne fait l’objet d’aucune analyse attentive. Refusant cette posture de déni, Richard Seymour mobilise l’éthique de la psychanalyse pensée par Lacan pour relire le féminicide et l’inscrire dans un cas singulier. Loin de déresponsabiliser Althusser, la clinique s’avère être la seule approche à même de donner sens et gravité à un passage à l’acte, de pouvoir se déclarer coupable. Cette réflexion est aussi une leçon de chose sur la brutalité et l’aberration de la psychiatrisation du crime.

    #féminicide

    • C’est ce qu’on appel un pervers narcissique et une relation d’emprise. Il est décrit avec beaucoup d’atténuation de son acte tout le long de ce texte
      par exemple :

      Selon Elizabeth Roudinesco, si l’on avait donné à Althusser l’occasion de témoigner, il aurait déclaré être coupable du meurtre de sa femme, et porter pleinement le fardeau de cette responsabilité.

      Ca coute rien d’affirmer une telle chose et ca rapporte beaucoup, surtout si c’est une femme qui le dit, c’est une double ration de cookies pour Richard et althussmachin.

      Sa relation avec Rytmann relevait de l’éblouissement, et il tentait de lui rendre son amour « comme une offrande religieuse, comme je l’avais fait pour ma mère » : une idéalisation qui, bien sûr, était profondément ambivalente. Il voulait tout d’elle :

      Il doit faire référence à l’éblouissement des phares d’une voiture te roule dessus, sinon je voie pas trop l’éblouissement dans le « il voulait tout d’elle », Il voulait tout d’elle et il lui a tout pris. Et ce Richard appel ca de l’ #amour
      Pour l’idéalisation de sa mère et ses offrandes ridicules c’est pas ambivalent, c’est du poison de A à Z, il y a pas un coté cool et un coté pas cool à cette béatification haineuse de sa mère puis de Rytmann, il y a que des cotés toxiques.

      Il n’est pas nécessaire de croire que Rytmann était plus « gentille » dans leur relation que ne l’était Althusser, ce qui reviendrait à reconduire une version du mensonge patriarcal selon lequel « les femmes sont plus gentilles que les hommes ». D’après tous les témoignages, ils se tourmentaient l’un l’autre et faisaient chacun les frais de la maladie de l’autre.

      C’est la seule mention du patriarcat dans le texte de Richard, ce qui révèle un bel opportunisme. Allez savoir comment juger si elle était PLUS ou pas PLUS gentille que althusschose mais on s’en fiche.

      C’est aussi plein de fatras freudien sur la mère qui à un enfant-penis et la peur de la castration de ce monsieur que comprend bien Richard. Qui d’un coté se plein de toute puissance simultanément dit qu’il est tout castré. Comme ca il à le beurre, l’argent du beurre et la peau de la crémière. C’est un pauvre petit grand homme. Quoi que tu dise ou que tu fasse il saura se faire plaindre.

      Tout en prétendant rendre hommage à Rytmann, ce Richard fait tout le contraire et dépolitise complètement le féminicide et la responsabilité d’Althusser pour noyer tout ca dans une soupe psychanalytique phallocrate et de l’individualisme libéral pour faire la pub de l’integral de l’oeuvre phallosophique d’Altusstruc.
      #fraternité #euphémisation #violence_masculine #couple #phallosophie #grand_homme

    • Son autobiographie, écrite en 1985, expose les caractéristiques de sa psychose : l’expérience d’un vide subjectif, de n’avoir pas de réalité intransitive, d’une existence qui soit en fait une ruse, est cristallisée dans sa (fausse) revendication de charlatanerie intellectuelle. Il explique par exemple qu’il n’a jamais lu les auteurs qu’il cite.

      et plus loin

      Elle façonna toutes ses idées politiques, même lorsqu’il rompit avec le PCF au cours des critiques années 1970. En réalité, Rytmann a sans doute contribué à certains des articles politiques publiés sous le nom de Louis Althusser. Nombre d’éléments attestent que la cinglante polémique qu’Althusser mena avec la direction du PCF au cours des années 1970 porte sa marque mordante — bien que K. S. Karol, dans ses souvenirs des Althusser, n’en dise pas mot.

      Si lui même dit qu’il est un imposteur intellectuel et que il est avéré que Rytmann à contribué, allez savoir quand il dit qu’il veut tout d’elle, jusqu’où il a pu aller.


  • La pilule hormonale féminine : De la fécondité « féminine » à la fécondité « conjugale »
    http://socio-logos.revues.org/1943

    Le ministère de la Santé et l’INPES ont lancé en 2008 une campagne pour une contraception diversifiée. Elle rappelle qu’il est parfois difficile de choisir sa contraception. En s’appuyant sur les théories de Norbert Alter1, on s’aperçoit que son usage peut être vécu et interprété de la part des femmes comme un choix personnel et autonome, mais qu’il peut également être évalué comme contraignant voire de manière négative. Dit autrement, la norme contraceptive incite fortement à l’usage de la pilule, en particulier avant la construction d’une vie de famille : « la démarche contraceptive relève en premier lieu d’une prescription qui obéit d’abord à une logique médicale. Cette dernière privilégiant systématiquement la pilule, et le stérilet pour les femmes ayant constituées leur famille »2. Il y aurait donc un déplacement des rapports de pouvoir du côté médical. Ce déplacement serait évalué différemment par les jeunes femmes qui prennent la pilule. Leurs interprétations poseraient la question de savoir si l’on peut encore parler d’innovation pour la pilule et dans quelle mesure de nouveaux scénarios contraceptifs ne seraient pas en train de se mettre en place. Le problème de fond serait une fécondité d’abord pensée dans un registre féminin et difficilement envisagée comme masculine ou comme masculine et féminine, c’est-à-dire « conjugale ». Alors que le couple était au centre des débats des législateurs3, la pratique contraceptive révèle une difficulté à pouvoir être utilisé dans ce cadre. L’enquête de Nathalie Bajos et Michel Ferrand fait état d’hommes qui refusent de s’y investir ou qui ne se sentent pas concernés malgré les difficultés de leur partenaire4. Une autre difficulté peu apparaître, pour les hommes qui cherchent à partager les responsabilités, le frein pouvant émaner du gynécologue ou de la partenaire qui ne souhaite pas partager cette responsabilité.

    2La difficulté est que la contraception hormonale est principalement développée pour les femmes, alors qu’elle reste diffuse voir inexistante pour les hommes5. Dès lors, « Accorder la liberté contraceptive aux femmes n’était (...) qu’une manière de laisser encore à leur seule responsabilité toutes les charges qui relèvent de la fécondité et de la procréation »6. Ainsi en résolvant le problème de permettre aux femmes de maîtriser leur fécondité, on crée un autre problème en rendant la responsabilité contraceptive principalement féminine. L’une des difficultés est donc d’arriver à maintenir ce premier acquis, tout en arrivant à faire en sorte que la responsabilité soit aussi masculine. Ce deuxième point est également problématique car certaines femmes ne souhaitent pas partager la maîtrise de la fécondité avec les hommes, considérant ce partage comme une menace pour leur autonomie7.

    3Les entretiens ont permis de faire apparaître une diversité de pratiques et une certaine ambiguïté quant à l’utilisation de la pilule contraceptive : propice à une autonomie féminine, la contraception hormonale déplacerait les rapports de pouvoir du côté des professionnels de la santé. Cette ambigüité ferait apparaître trois modèles interprétatifs que les femmes peuvent mobiliser : la pilule peut être évaluée comme positive, contraignante ou négative. Le premier modèle permettrait que l’on parle encore d’innovation au sens de Norbert Alter, les deux seconds serait plus une remise en question de la pilule comme innovation.

    #contraception #pilule #sexisme #couple #hétérosexualité #contraception_masculine

    • Une info utile pour répondre à la prétendue « misère sexuelle masculine »

      Le nombre d’individus n’ayant pas de rapport sexuel a diminué depuis 40 ans : en 1970 les femmes étaient 21,7%, 12,6% en 1992 et sont aujourd’hui seulement 10,8% à ne pas avoir d’activité sexuelle. Pour les hommes ce chiffre est passé de 12% (1970) à 6,6% (2006).