• #désarmons-les. Collectif contre les violences d’Etat

      Nous pensons que le combat contre l’institution policière et ses représentations est fondamentale.

      Elle est fondamentale, parce que les #forces_de_l’ordre sont le bras armé de l’État et qu’à ce titre elles constituent une milice apolitique, chargée contre rémunération d’imposer par la force la #domination de l’Administration (du Pouvoir) sur le peuple, et cela quelle que soit l’idéologie politique du Pouvoir en place.

      La Police (et dans cette notion on inclue les forces militaires de la Gendarmerie et de l’Armée) est et a toujours été l’instrument de la #coercition exercée par les élites sur le peuple, afin de le gérer et de le maintenir dans un état de #soumission permanente. Ceci dans l’idée que le choix des élites ne peut souffrir la contestation du peuple : toute l’hypocrisie de la #démocratie_représentative est de faire croire que les choix des #élites SONT les choix du #peuple, par le truchement du #vote, qui est censé valider le pouvoir et les décisions prises par ces élites.

      Bien qu’elle lutte également contre le crime, la Police est essentiellement là pour gérer les conséquences de la #misère_sociale (#délinquance) et empêcher le peuple de s’insurger (possibilité pourtant formulée hypocritement dans les premières ébauches du droit républicain, notamment dans l’article 35 de la Constitution de 1793, avant d’être abolie quelques mois plus tard). A ce titre, elle n’est en rien différente des forces armées d’ancien régime, qui protégeaient le pouvoir royal de la #sédition.

      Aujourd’hui et depuis la naissance du #capitalisme_d’Etat, la Police constitue plus que jamais le rempart entre les aspirations du peuple et les intérêts de la #bourgeoisie. Avec la #décolonisation et les crises cycliques du capitalisme, le mythe d’une Police en faveur de la #paix_sociale ne tient plus : la Police montre son vrai visage, celui d’une #force brute au service du Pouvoir de celles et ceux qui ont l’argent.

      Les violences à l’encontre du peuple sont quotidiennes, et les prérogatives de la Police en terme de #surveillance et de #contrôle_des_populations sont toujours plus étendues. Chaque loi pour la sécurité engendre de nouvelles entraves aux #libertés_individuelles et à la #Liberté au sens large. Les forces de police se comportent en forces d’occupation et cette domination policière s’impose au peuple par la crainte qu’elle lui inspire.

      Avec l’émergence des armes dites « non létales », et notamment le #gaz_lacrymogène, les #flashballs et autres #lanceurs_de_balles de défense, la #Démocratie a renoué depuis un demi siècle avec les pratiques des forces armées d’ancien régime, en tirant sur la foule. Le seul et unique objectif étant de terroriser, d’en blesser quelques uns pour faire peur à touTEs les autres.

      Plus récemment, les méthodes proactives, la #prévention_des-risques, l’utilisation des technologies de surveillance, le #renseignement et les #sanctions_administratives appliquées sans l’intervention d’un juge (#assignations_à_résidences, #perquisitions, #placements_en_rétention…), sont autant de déclinaisons d’une vision contre-insurrectionnelle du maintien de l’ordre héritée des #guerres_coloniales. L’État mène contre son peuple une #guerre_de_basse_intensité qui, avec les enjeux politiques contemporains et la mondialisation de l’information, peine de plus en plus à rester discrète. L’utilisation récente de l’#État_d’urgence, ultime instrument hérité du temps des colonies donne à voir une version radicalisée de la guerre de basse intensité que l’Etat mène habituellement contre ses ennemiEs intérieurEs.

      L’#État_démocratique, comme avant lui la monarchie, tente par tous les moyens de maintenir son pouvoir, tantôt par la violence, tantôt par la ruse, sa Police ayant entre les mains une panoplie extrêmement étendue d’instruments. L’ensemble de ces moyens, mais également l’assurance décomplexée et les arguments « démocratiques » qui accompagnent leur utilisation, constitue l’armement d’une nouvelle forme de #totalitarisme.

      Si on veut la paix, on se doit de combattre cet armement, selon le vieil adage « Si tu veux la paix, prépare la guerre ».

      Mais le combat, puisque nous ne sommes pas dans la #lutte armée, doit d’abord prendre la forme d’une déconstruction morale de la Police. Celle-ci doit cesser d’être sanctifiée comme une force garante de notre sécurité, de nos libertés et de la paix sociale. Elle doit cesser d’être considérée, appréciée, applaudie, pardonnée pour ses violences, blanchie de ses crimes et protégée par le mensonge et les silences quand elle accomplit sous serment les basses œuvres du Pouvoir politique.

      Elle doit être désarmée, au sens propre comme au sens figuré.

      Nous sommes une poignée à avoir voulu donner un nom à notre combat. Nous avons commencé par réaliser une brochure d’information sur les armements du maintien de l’ordre, afin que chacunE sache ce qui pourrait un jour la/le blesser et puisse trouver les moyens de se prémunir de cette violence légale. Puis, de fil en aiguille, et après avoir rencontré ici ou là des personnes et collectifs luttant contre les #violences_policières et sécuritaires, nous avons voulu rendre cette lutte plus visible, contribuer à unir les volontés, et finalement constituer un collectif.

      Le collectif s’appelle « Désarmons-les ! »

      #police #maintien_de_l'ordre #colonialisme #résistance #collectif

      ping @davduf @mathieup @marty @albertocampiphoto


  • De quoi se compose l’émeute ?

    De quoi se compose l’émeute ? De rien et de tout. D’une électricité dégagée peu à peu, d’une flamme subitement jaillie, d’une force qui erre, d’un souffle qui passe. Ce souffle rencontre des têtes qui parlent, des cerveaux qui rêvent, des âmes qui souffrent, des passions qui brûlent, des misères qui hurlent, et les emporte.

    Où ?

    Au hasard. À travers l’État, à travers les lois, à travers la prospérité et l’insolence des autres.

    Les convictions irritées, les enthousiasmes aigris, les indignations émues, les instincts de guerre comprimés, les jeunes courages exaltés, les aveuglements généreux ; la curiosité, le goût du changement, la soif de l’inattendu, le sentiment qui fait qu’on se plaît à lire l’affiche d’un nouveau spectacle et qu’on aime au théâtre le coup de sifflet du machiniste ; les haines vagues, les rancunes, les désappointements, toute vanité qui croit que la destinée lui a fait faillite ; les malaises, les songes creux, les ambitions entourées d’escarpements ; quiconque espère d’un écroulement une issue ; enfin, au plus bas, la tourbe, cette boue qui prend feu, tels sont les éléments de l’émeute.

    Ce qu’il y a de plus grand et ce qu’il y a de plus infime ; les êtres qui rôdent en dehors de tout, attendant une occasion, bohèmes, gens sans aveu, vagabonds de carrefours, ceux qui dorment la nuit dans un désert de maisons sans autre toit que les froides nuées du ciel, ceux qui demandent chaque jour leur pain au hasard et non au travail, les inconnus de la misère et du néant, les bras nus, les pieds nus, appartiennent à l’émeute.

    Quiconque a dans l’âme une révolte secrète contre un fait quelconque de l’état, de la vie ou du sort, confine à l’émeute, et, dès qu’elle paraît, commence à frissonner et à se sentir soulevé par le tourbillon.

    (Victor Hugo, « Les misérables », « L’insurrection du 5 juin 1832 »)

    #émeute #insurrection #misère #feu #victor_hugo #paris #révolte #casseurs #vagabonds #giletsjaunes #inattendu #secrets #escarpements #languefrançaise #pain

    • trois sortes de violence

      Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
      La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
      La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
      Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.

      (Hélder Pessoa Câmara (1909-1999), archevêque de Recife)

      #violence #émeute #insurrection #résistance #violence_révolutionnaire #répression


  • Thaliane sur Twitter : “Selon #Emmanuel_Macron émigrer pour fuir la #misère, c’est mal et il faut reconduire les #migrants économiques à la frontière. Mais émigrer pour fuir ses obligations fiscales, c’est bien... https://t.co/YsGcPmIaOr

    valery lerouge sur Twitter : « #Macron aux Français de Belgique : “certains d’entre vous sont venus ici pour de bonnes raisons, elles sont de moins en moins bonnes” #exilésfiscaux https://t.co/ycFtYSOaQF » / Twitter
    https://twitter.com/valerylerouge/status/1064900890174332931


  • Migrations,au USA, rappel : L’immigration canadienne-française aux États-Unis. du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres
    Les malheurs d’un million d’immigrants canadiens-français : Jean-François Nadeau - 13 Novembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/541193/les-malheurs-d-un-million-d-immigrants-canadiens-francais

    Un million d’immigrants entassés dans des ghettos ne survivent que dans des conditions sanitaires précaires. À #Brunswick, au #Maine, ils vivent dans une densité difficile à se représenter.

    « C’est difficile à imaginer. Ils sont environ 500 individus à l’acre, comparativement à une famille de 4 ou 5 personnes qui occupent d’ordinaire une maison sur un demi-acre », observe en entrevue David Vermette, auteur d’une histoire de l’immigration des Canadiens français en #Nouvelle-Angleterre, A Distinct Alien Race .


    Photo : National Child Labor Committee collection, Librairie du Congrès Parmi les milliers d’immigrants canadiens-français qui peinent dans les usines de la Nouvelle-Angleterre, on trouve des enfants. Le sociologue et photographe Lewis Hine documente leurs conditions de travail. Il note à l’oreille leurs noms. Ici « Jo Bodeon », Joseph Beaudoin, photographié à la Chace Cotton Mill de Burlington, au Vermont, en 1909.

    Plus d’un million de Québécois immigrèrent pour échapper à la misère. Ils sont aujourd’hui à peu près oubliés. « Chaque famille québécoise a pourtant un lien avec cette immigration. Il est rare que je parle à quelqu’un du Québec dont un membre de la famille n’ait pas été lié avec cette fuite vers les États-Unis » qui court du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres.

    Pourquoi en parler encore aujourd’hui ? « Cette histoire des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre reflète ce que d’autres groupes migrants connaissent aujourd’hui. Le président Trump agite l’idée que quelques milliers de migrants venus du Honduras représentent un danger, comme s’il s’agissait du débarquement de Normandie ! C’était la même peur qu’on agitait à l’égard de l’immigration canadienne-française aux États-Unis. On disait que les Canadiens français ne s’assimileraient jamais, qu’ils ne pouvaient pas être des citoyens fidèles puisque leur allégeance allait d’abord au pape, qu’ils se trouvaient là pour imposer leur culture aux Américains et, à terme, pour prendre le contrôle des institutions ! »

    Fasciné par l’histoire de ces Franco-Américains dont il est un descendant, David Vermette rappelle que des efforts énormes ont été entrepris en réaction à leur immigration pour convertir les catholiques et leur faire la lutte. « Il y avait même des plans pour convertir le Québec. Les protestants ont établi des cours en français dans le dessein de les convertir. »

    Pour Vermette, joint chez lui au Maryland, « beaucoup des peurs éprouvées aujourd’hui à l’égard des musulmans l’étaient à l’époque devant les catholiques ».

    Un mythe
    Son livre, Vermette l’a écrit d’abord pour ses compatriotes américains, afin de leur faire connaître la réalité de cette immigration qui les a constitués.

    « Malgré plusieurs noms français dans mon voisinage, aucune famille ne semblait connaître son passé. Mais j’ai aussi écrit ce livre pour que les Québécois cessent de répéter que leurs ancêtres immigraient afin de connaître une vie meilleure puisque, aux États-Unis, tout allait tellement mieux pour eux. Ce n’est pas vrai ! C’est de la foutaise ! La vie y était épouvantable. Pas même par rapport aux standards d’aujourd’hui, mais par rapport aux leurs ! On manquait de tout. Et c’est parce que tout manquait qu’on acceptait de travailler dans des usines de coton. Ceux qui veulent tout déréguler aujourd’hui au nom de la #compétitivité veulent revenir à cette époque, selon les standards de la #misère d’aujourd’hui. »

    En 1886, à Brunswick au Maine, le docteur du lieu atteste que la diarrhée tue de nombreux enfants, en particulier dans la population canadienne-française. L’eau potable est puisée à même la rivière où, en amont, une usine déverse ses déchets. Des pasteurs indiquent que, pour cette communauté, ils enterrent plus de bébés qu’ils n’en baptisent. Des médecins, pour leur part, font état d’épidémie de diphtérie. Dès 1881, un journaliste indique que la fièvre typhoïde décime la population canadienne-française à grande vitesse.

    Les Petits Canadas
    Les immigrants des rives du Saint-Laurent se regroupaient dans des ghettos que l’on nommait Petits Canadas. « Ces Petits Canadas n’étaient pas tous insalubres, mais beaucoup l’étaient. »

    Les archives sanitaires de l’époque corroborent les constats, montre Vermette. L’éditeur du Brunswick Telegraph , Albert G. Tenney, va décrire les conditions de vie de ces gens dans plusieurs textes qui empruntent au ton indigné des abolitionnistes. « Ce ton indigné témoigne du fait que des gens trouvaient indécent le sort fait à ces immigrants canadiens-français. »

    On est loin de l’image classique de l’oncle des États qui revient dans sa famille du Québec pour montrer sa montre en or, symbole de sa réussite.

    « C’était en fait vraiment épouvantable. Certains témoignages directs qui datent des années 1970 donnent une idée de la situation vécue. Une famille de douze par exemple qui vit dans deux pièces non chauffées. En réalité, le sort fait aux immigrants de la Nouvelle-Angleterre est épouvantable. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on continue parfois de répéter au Québec, à savoir qu’ils partaient pour connaître une vie meilleure. »

    Dans ces maisons de compagnie où s’entassent parfois plusieurs familles en même temps, les indicateurs du recensement permettent d’avoir une idée des conditions de vie.

    En 1880, l’habitation no 25 d’une de ces filatures est habitée par toute la famille de la grand-mère de David Vermette. Juste à côté, à l’habitation no 23, Claire Albert, deux ans, et son frère Alexis, 8 ans, meurent tous les deux le même jour de la diphtérie.

    Les enfants tombent à vrai dire comme des mouches. Dans l’habitation no 29, pas moins de 32 individus s’entassent comme ils peuvent pour survivre. Un témoin du temps, cité par Vermette, indique que les Canadiens français sont soumis à un degré de brutalité quasi impensable dans une communauté civilisée.

    Près d’une fabrique où l’on trouve un Petit Canada, les déchets de la ville sont jetés à quelques mètres seulement des maisons des ouvriers canadiens-français. Le médecin du lieu a beau ordonner qu’on les enlève, leurs piètres conditions de vie demeurent.

    À Lewiston, au #Maine, le docteur A. M. Foster observe que la vaste majorité des maisons occupées par des Canadiens français ne sont pas à même d’éloigner les immondices naturelles. On y vit pour ainsi dire comme au #Moyen_Âge. La même note aussi que la ville a installé sa décharge publique à proximité de là où vivent les Canadiens français, lesquels forment la portion la plus importante des #étrangers qui vivent à #Lewiston.

    En 1882, le bureau du travail de Lowell, centre important de l’immigration canadienne-française, publie un rapport. On y traite des conditions de vie dans le quartier dit du Petit Canada.

    Dans les environs immédiats, quantité de vieilles boîtes de conserve, des bouteilles, des cendres, des déchets domestiques, mais aussi de nombreux résidus industriels, dont des fragments de laines et de coton, ce que les agents publics considèrent comme susceptible d’encourager la croissance de maladies. Et les maladies en effet prolifèrent.

    « Personne n’avait choisi ça. Aujourd’hui, de nouveaux #immigrants ont remplacé ceux-là. Mais on peut désormais trouver des liens entre ces populations et ce que nous avons été. »

    #Canadiens_français #migration #immigration #migrants #USA #Quebec #oncle_sam #gethos





  • Huit mois ferme et la prison pour un vol de sac à main - 11/08/2018 - PetitBleu.fr
    https://www.petitbleu.fr/article/2018/08/11/92078-huit-mois-ferme-prison-vol-sac-main.html

    Sans le sou, un Normand de 41 ans, agenais d’adoption, a écopé de 8 mois d’emprisonnement pour un vol de sac à main dans une maison. Il a regagné la prison.

    Incontrôlable devant les magistrats, parlant beaucoup pour expliquer, il s’est finalement calmé à la demande de son avocate Me Sophie Grolleau. A la barre du tribunal correctionnel, cet Agenais de 41 ans devait répondre hier d’un simple vol avec effraction commis cette semaine au préjudice d’une jeune femme vivant dans le centre-ville d’Agen. Errant comme une âme en peine et sans le sou, il s’est introduit dans une maison et a volé le sac à main. Rattrapé par le compagnon de la jeune femme en question, il a rendu le butin, sans une montre. Pour ce vol, il a écopé de quatre mois de prison, à ajouter à la révocation de quatre mois avec sursis. Huit mois derrière les barreaux. C’est largement en dessous des réquisitions, qui l’envoyaient pour 16 mois derrière les barreaux.

    Pourquoi ce vol ? Cet enfant de la DDASS, malade, devait recevoir ses jumeaux et leur grand-mère dans quelques jours. Les poches vides, il explique à la barre que son allocation d’adulte handicapé a été renvoyée à l’organisme qui la verse. « La banque m’a refusé l’ouverture d’un compte car je ne pouvais pas attester d’un contrat de travail. Au final, je n’ai pas pu toucher mon allocation ».

    Devant le tribunal, il s’étonne que l’enquête n’ait pas permis de confirmer ses affirmations. « Personne n’a cherché à vérifier ce que je dis ». Convoqué une première fois mercredi, il n’a pas accepté la peine négociée dans le cas de la procédure particulière de reconnaissance préalable de culpabilité.

    La prochaine étape était indiquée : le tribunal correctionnel. Et la condamnation à de la prison ferme. « Ça fait quatre ans que je me tiens à carreau, je me bats pour essayer de trouver un emploi ». A charge contre lui, 22 condamnations précédentes. A charge encore contre ce père de famille, les propos qu’il tient au juge des libertés. « Vous êtes une manipulatrice de merde, vous vous substituez à Dieu ». Il regrette, explique ses excès par son traitement médical dont il n’a pas pu bénéficier lors de sa garde à vue. Le parquet a ensuite décidé de le poursuivre pour outrages, il sera jugé pour ses propos.

    Après l’annonce de sa peine, le ton calme a cédé la place à des mots plus agressifs. « Vous n’avez jamais eu faim, vous », lance-t-il à une magistrate. « Je vais tout perdre à cause d’un compte qu’il ne m’a pas été possible d’ouvrir ». Il ne verra pas ses deux fils.

    #misère #AAH #vol #justice #outrage #prison


  • #MeToo : le retour de bâton médiatique… dans les pages de L’Obs

    http://www.slate.fr/story/165545/hommes-apres-metoo-dossier-lobs-masculinite-retour-baton-mouvement-feministe-e

    #backlash

    Les fameux hashtags ont été lancés en octobre 2017 (le mouvement Me Too, lui, existe depuis 2007). Cela fait donc dix mois, durée suffisante pour que tout être pourvu d’un cerveau puisse entreprendre une phase d’introspection. Autrement dit, depuis octobre, tout homme se sentant concerné aurait eu le loisir de se mettre enfin à réfléchir sur lui-même, de prendre conscience de ses privilèges, de réaliser qu’il a, d’une façon ou d’une autre, contribué à cette gigantesque entreprise de maltraitance des femmes.

    Il semble déjà assez aberrant que tant d’hommes aient dû attendre l’éclosion des hashtags et la prolifération de reportages dans les médias (une prolifération éphémère, comme un effet de mode) pour réaliser qu’autour d’eux, partout, tout le temps, des femmes vivaient en insécurité parce qu’elles étaient traitées comme des êtres inférieurs et/ou des objets sexuels. Mais admettons. Admettons que, par inattention, ils n’aient rien vu jusque-là (« Je ne m’étais jamais rendu compte », m’a dit un proche, un peu penaud). #MeToo et #BalanceTonPorc étaient justement là pour les aider à ouvrir enfin grand les yeux sur ce problème dont ils sont la cause.

    Dix mois après, il est temps de faire le bilan, non ? Le dossier de L’Obs est parfaitement représentatif de l’avancée (ou de la non-avancée) des opérations. Quatre pages de reportage sur un camp proposant aux hommes d’« explorer leur masculinité », durant un stage de deux jours (dont, au passage, la non-mixité ne dérange personne alors qu’elle crée la polémique ailleurs), c’est très bien, parce que la pensée masculiniste doit être combattue.

    Mais quel est l’effet de ce reportage au sein d’un tel dossier ? Détourner une nouvelle fois les yeux des problèmes du quotidien. Pour un homme, lire un article sur des types qui vivent nus dans la forêt en scandant des psaumes à la gloire de leur masculinité, c’est finalement assez rassurant. On se dit que ces types sont fêlés, que leurs femmes n’ont pas de bol, et puis on tourne la page sans se poser de question sur soi-même. Pourquoi le faire, puisqu’on est forcément moins extrême que ces mecs ?

    • Il y a une petite partie sur les #incels et la prétendue #misère_sexuelle

      Rien que la notion de « misère sexuelle » pose problème, comme l’expliquait Daphnée Leportois dans un article publié sur Slate peu après le massacre perpétré par Minassian. Sur Twitter, suite à sa lecture de l’article d’Eva Illouz, qui l’a scandalisée à juste titre, une utilisatrice résumait les choses en quelques mots : « La misère sexuelle n’existe pas, c’est la nostalgie de la domination sur les corps féminins ». On parle bien de la perte de ce que les hommes considéraient comme un acquis, et qu’ils vivent mal de voir leur échapper.


  • Prostitution : CHOISIE OU PAS, LES CLIENTS SONT LES MEMES – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2018/06/03/prostitution-choisie-ou-pas-les-clients-sont-les-meme

    C’est désolant de constater que l’attitude de la société envers les prostituées reflète celle des clients. Le taux d’homicide des prostituées est le plus élevé de tous les types d’activités et pour toutes les femmes, et quand une prostituée est assassinée, ça fait très peu de bruit dans les medias. Notre société voit les clients comme des braves types qui ont bien le droit d’acheter et d’utiliser des femmes. Amnesty International a même proposé que l’achat de sexe devienne un droit humain, niant le droit humain fondamental de NE PAS être prostituée. Le droit à la liberté d’expression, le droit à la protection des personnes, le droit à un traitement juste et égal au travail, le droit de vivre libre de toute torture et le droit de ne pas subir des viols et des rapports sexuels non-désirés, ces droits sont refusés aux prostituées. Le « choix » dans ce contexte fait très peu de différence.

    Vouloir criminaliser les clients mais pas les prostituées ne signifie pas qu’on hait ou qu’on exclut les « travailleuses du sexe ». Criminaliser les clients, ça n’affecte que les clients.

    Vu chez Delphy... Un texte signé Olivia et qui fait le point sur la question de belle manière, je trouve. Je n’aimerais pas trop apprendre qu’il a été écrit par une personne qui n’a pas cette expérience et que le témoignage est bidonné, parce que j’apprécie beaucoup cette parole et la liberté qu’elle prend de refuser un #féminisme_du_choix omniprésent.
    #prostitution

    • Sur Libé sur le blog dédié à la déculpabilisation des putiers et proxos, il y a un texte ce matin qui explique qu’il y a une augmentation de la traite, avec des victimes plus jeunes depuis la loi de pénalisation des puteux.
      http://ma.lumiere.rouge.blogs.liberation.fr/2018/08/16/exploitation-en-hausse-dans-lindustrie-du-sexe-mal
      Ca me rappel que lorsque la prostitution est légale comme en Allemagne, la traite augmente aussi et fait des victimes aussi plus jeunes. Du coup c’est pas une question de contexte législatif, c’est plutot que les hommes exigent toujours plus de servant·es sexuels et ils les exigent toujours plus jeunes. Ca se voit très bien avec le porno dont la consommation à augmenté de manière explosive et mondiale avec internet. Sa propagation ne conduit pas à une réduction de la violences, du racisme, de la culture du viol, de la misogynie, de la pédocriminalité ... Sa prohibition non plus. On parle souvent du besoin d’éducation en le réduisant tout de suite à la pédagogie. Comme si les adultes étaient dispensés.

      Pour revenir au texte que tu partage, il fait ce travail d’éducation à déstination d’adultes. Le fait que les prostitueurs prennent le risque de violer et/ou de profiter des traumatismes d’une personne qui a subit des violences sexuelles et cela sans que ca les fassent débandé à toujours été à mes yeux un argument très puissant. Je pense que c’est un argument à creusé. Je l’ai déjà utilisé et entendu contré par des puteux.

      Par exemple dans un docu sur France3 vu il y a quelques années, un prostitueur disait (en mangeant un steak) « Je veux pas savoir si mon steak à souffert pour venir dans mon assiette, c’est pareil pour les prostituées ». (Celui là confond humain·es et non-humain·es, pas facile d’argumenter avec un anthropophage.)

      Entendu plusieurs fois de la part de prostitueurs type Chester Machin (un prostitueur qui a fait une BD j’ai oublié son sinistre nom) et de nombreux consommateurs de films porno ; « J’arrive à savoir si la fille est consentante ». (Vu que la personne prostituées est payé pour ca, c’est circulaire, autoréalisateur et impossible mais à mon avis il y a beaucoup à développé).

      Je sais pas si tu en a entendu d’autres, mais merci pour ce lien.

      Ps : Au passage dans le texte de libé il y a un « argument » qui me fait pensé à une discutions récente sur le viol par conjoint·e :

      Une collègue faisait récemment une comparaison en affirmant que la cause des violences domestiques n’était pas la demande en mariage de la part des hommes, et qu’aucune personnalité politique ne songeait jusqu’à présent abolir le mariage pour lutter contre ces violences.

      Que les personnalité politique médiatisées n’y songent pas est une chose, certaines y ont songé parfois (à la révolution française entre autre) et les féministes y songent souvent.

    • J’ai dans mes cartons le pendant d’Égologie appliqué au féminisme, où il est question des dérives libérales du féminisme, y compris en milieu radical (de même qu’Égologie ne prend pas trop la peine de taper sur Rabhi mais interroge l’action de personnes qui font vivre les alternatives avec plus ou moins de générosité et de clairvoyance).

      Mes principales cibles sont le féminisme du choix et l’individualisation du genre (oui, l’individualisation des rapports sociaux de sexe, appréciez l’oxymore). Et sur la prostitution, démarche individuelle d’empowerment à laisser à l’appréciation des #personnes_les_premières_concernées, j’y parle du travail de deux sociologues dans les Pyrénées-Orientales, un département marqué par la présence à la frontière de bordels défiant toute concurrence. Elles y font un tableau de relations F-H marquées par la crainte de la comparaison avec les prostituées de la Jonquera. J’ai trouvé leur propos sur le site de l’AN suite à leur participation à une commission parlementaire, c’est accablant.

      À part ça, je peine à trouver une maison d’édition... alors que je sens la même demande monter par fatigue de tout un tas d’abjection maquillé en féminisme (je sens aussi une opposition prête à me tomber dessus). C’est le même type de texte, même taille, même travail de synthèse issu d’années de lectures et d’interrogations depuis l’intérieur.

    • @alain1, tu ne cesses de faire allusion à la modestie de nos échanges mais cette modestie t’appartient : il est depuis longtemps prouvé que les clients de la prostitution ne sont pas célibataires, seuls et dans la « misère sexuelle ». (Il faudrait parler de cette expression qui à mon avis s’applique plus justement aux femmes célibataires dont une moitié seulement pratique la masturbation, les autres ayant un tas de barrières sociales à franchir avant de savoir se faire plaisir comme tous les hommes savent le faire.) Il ne s’agit pas de l’accès à une relation sexuelle (ou affective) mais à une relation de pouvoir. Il y a beaucoup de discours qui essaient de gommer cet aspect : la pute au grand cœur, tout ça, mais ça ne tient pas devant une enquête socio un peu sérieuse des publics de la prostitution. Que tu colportes ces clichés est un problème mais je pense que nous nous intéressons plus aux raisons pour lesquelles ils circulent.

    • Pardon, je vais demander pardon pour mon assertivité ? Mec, on est nombreuses ici à pas mal lire sur le sujet, on en a parlé ensemble (cc @touti, @monolecte et les autres) pendant des années, notamment en 2014 à l’occasion du débat parlementaire, on a échangé des tonnes d’articles et d’arguments, dans la bonne foi et le respect qui sont la marque de fabrique de Seenthis. Alors un :

      les clients, la plupart du temps dans une misère sexuelle profonde

      il se prend ce qu’il mérite. Non, ce n’est pas un pauvre cliché en passant, oups, un moment d’inattention comme ça nous arrive à tou·tes. C’est un mensonge abject qui justifie ce que tu identifies pourtant toi aussi à de l’exploitation. En colportant naïvement ce cliché sur les pauvres types qui vont aux putes parce que personne sauf eux n’a touché leur zizi depuis de longs jours (misère !), tu te fais le complice des exploiteurs.

      Et en plus, tu envoies chier la première meuf qui te le dit, alors que beaucoup d’hommes ici, et parfois des très cultivés et très sages (justement) comme @rastapopoulos ou @reka ou @philippe_de_jonckheere entre autres, sont capables d’entendre la qualité des arguments des femelles de ce réseau et de leur accorder de la reconnaissance en échange d’un petit moment d’humilité qui les honore et les grandit encore.

      Sur ton petit argument d’autorité :

      pas mal d’années consacrées à écrire

      j’avais une copine à Bordeaux dont le métier était de recevoir, pour le conseil régional, des auteurs et autrices qui avaient besoin de conseils juridiques et techniques. La pauvre se fadait en majorité les sollicitations d’hommes âgés, rendus plus que confiants par une socialisation masculine et une petite carrière qui s’était bien déroulée (et qui se déroule d’autant mieux pour les hommes qu’ils sont mariés et ont d’enfants) et convaincus que leurs bouquins étaient formidables et le refus des éditeurs une injustice. Je te reconnais dans ce tableau-là, même sans trop te connaître.

      Je suis allée voir le résultat de tes fameuses années d’écriture et je ne trouve que de la prétention. Tu mets en avant tes stats et ton blog est à 50 visites par jour mais tu préviens tes visiteurs et visiteuses que tu es en vacances (ça doit leur faire une belle jambe). Tes éditeurs ne sont pas diffusés, ce sont donc à peine des éditeurs et l’un d’eux explique doctement ne pas vouloir de ligne éditoriale (mais ils ont l’air de gens très bien, je te l’accorde, sans ironie). Quant aux écrits, ta pose de vieux sage sur la montagne est insupportable et par exemple j’ai l’impression d’avoir lu cent fois ce propos sur le discours médiatique qui banalise, déshumanise et au final ne permet pas de comprendre.
      http://alainlasverne.eklablog.com/habiter-enfin-le-monde-au-travers-de-l-info-mediatique-a1457

      J’ai 41 ans, j’en avais déjà marre de me faire prendre de haut par des mecs avant d’avoir de la bouteille, alors je ne vais pas me laisser marcher sur les pieds maintenant. Tu as cru pouvoir le faire parce que je racontais ne pas trouver d’éditeur pour mon texte mais ce n’est pas parce que je suis à la rue : j’ai vendu 2-3 000 exemplaires de mes deux beaux bouquins de l’an dernier et ce n’est pas fini. C’est parce que, je le raconte aux autres, mes trois éditeurs (de vrais éditeurs, présents sur table dans toutes les bonnes librairies) n’en veulent pas parce qu’il est explosif et qu’ils n’ont pas assez exploré le sujet pour l’assumer. Ce sont plutôt des écolos ou anars, quant à la maison féministe que j’ai sollicitée, elle a déjà remarqué mes écrits qu’elle apprécie mais ne publie plus qu’un livre par an (au passage, c’est très dommage, on avait aimé leurs ouvrages de Léo Thiers-Vidal et du collectif anti-mascu).

      Ta distribution condescendante de bons points pour les femelles qui se comportent bien (« C’est déjà bien de reconnaître quand on a n’a rien à dire sur un sujet. Une marque d’humilité peu courante sur les réseaux sociaux... » https://seenthis.net/messages/714875) est à l’opposé des hommes ici qui savent à quel point les femmes ont besoin d’encouragements pour aller à rebours de ce que le reste du monde leur renvoie. Elle est malveillante. Je relis mon seen après coup et il est déjà presque assez étoffé, je ne le trouve pas assez bien pour le publier mais pas non plus inintéressant, je suis sûre qu’il t’a appris des choses (ne serait-ce que parce qu’il porte en partie sur une région du monde mal connue en France), ce que tu n’as pas pris la peine de signaler.

      J’ai lu en diagonale ton commentaire et cru voir une remarque sur mon style et un choix lexical qui serait fautif, contradictoire avec le reste de mon propos. Merci, prof, mais c’est un choix lexical que j’ai fait en connaissance de cause, justement pour modaliser mon propos (que tu me reproches d’être trop assertif, va comprendre). La langue est peut-être ton outil de travail, que tu te flattes de maîtriser et de fait tu écris de manière correcte (à part les codes typo), mais moi ça a un temps été mon objet d’études. Si tu veux corriger mon français, lève-toi plus tôt. Quant à mon assertivité qui t’est pénible, je m’en fiche tellement... Mes capacités à m’engager dans un dialogue respectueux ont été validées par largement assez de monde lors de la tournée Égologie pour que je puisse me remettre à prendre cette remarque (plus qu’éculée) pour autre chose que ce qu’elle est : un mec se plaint qu’une femme lui fasse de l’ombre parce qu’elle existe.

      Mon conseil, c’est de venir ici pour apprendre des autres, pas pour les rabaisser - comme je viens de faire en guise d’auto-défense de moi-même et des prochaines que tu allais a priori prendre pour tes réceptacles à lumière. Sinon ça ne va pas très bien se passer. Mais si jamais tu y arrives, tu en sortiras grandi humainement, avec beaucoup d’ami·es (en vrai, des qui boiront des verres avec toi, te feront des gâteaux et t’inviteront dans leur maison) dont la grande culture, la curiosité et la bonne foi ne sont pas les moindres des qualités. Je ne te bloque pas tout de suite, je te laisse une dernière chance.

    • J’ai bloqué @alain1, il a perdu sa chance de montrer qu’il savait demander des excuses, au moins en disant qu’il ne se rendait pas compte de ce que son propos pouvait avoir de condescendant ou macho. Cet exemple me montre par contraste la qualité de nos échanges ici avec plein d’hommes très attentifs à ça - et que je remercie au passage !

    • Et en plus, tu envoies chier la première meuf qui te le dit, alors que beaucoup d’hommes ici, et parfois des très cultivés et très sages (justement) comme @rastapopoulos ou @reka ou @philippe_de_jonckheere entre autres, sont capables d’entendre la qualité des arguments des femelles de ce réseau et de leur accorder de la reconnaissance en échange d’un petit moment d’humilité qui les honore et les grandit encore.

      Tu met jonckheere dans cette liste ... tu n’as peut être jamais été contre son avis pour dire ca.

      Sinon sur la prétendue misère sexuelle masculine j’ai mis pas mal de doc là dessus au moment des agressions à Cologne je vais voir ce que je retrouve. @alain1 partage le mode de pensée des #incels : le corps des femmes est une ressource économique et matérielle comparable à l’argent. Un homme qui n’a pas accès aux corps d’au moins une femme est misérable et lésé. C’est un droit qu’on lui spolie aussi important que celui à un revenu contre un travail. L’accès au sexe des femmes c’est son salaire d’être un homme.

      –---
      Sur la « misère sexuelle » :
      https://seenthis.net/messages/690758
      https://seenthis.net/messages/640083#message640086
      https://seenthis.net/messages/535800#message544240
      https://seenthis.net/messages/524372
      #misère_sexuelle

    • Il y en a pourtant qui suivent les fils, depuis l’ombre. Merci pour votre lumière et vos tournures corrosives, elles sont sources intarissables d’inspiration, de réflexion - et d’action !

      L’accès au sexe des femmes c’est son salaire d’être un homme.

      Boum. Merci, mad meg !

    • Pas du tout envie de lire les #clichés_de_papa en 2018

      … et les clients, la plupart du temps dans une misère sexuelle profonde. Bref, éviter les généralisations, les amalgames imprécatoires.

      En soutien à @aude_v et pour les propos pourris (EDIT et non excusés) qu’il tient, je bloque @alain1

    • Merci @touti ! Ça arrive à tout le monde, de sortir un cliché sans faire gaffe, mais refuser la moindre remarque là-dessus alors que le cliché en question est un argument ignoble, ça ne donne pas envie de continuer la discussion. Chez toi aussi on sera tranquilles, il y a assez de caca comme ça sur Twitter. Merci @najort aussi d’être sorti·e de l’ombre...


  • Behemoth | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/048772-000-A/behemoth

    « Dieu créa la bête Béhémoth au cinquième jour, le plus grand monstre sur terre, mille montagnes produisant son fourrage... » Quelque part en Mongolie intérieure, une série d’explosions perfore la montagne souveraine. Une mine de charbon tourne à plein régime, engloutissant dans sa fureur – gerbes de feu et nuages de poussière noire – les hommes qui s’y détruisent en travaillant, et la nature. Au milieu du désastre, un Bouddha inachevé a été érigé, tribut, paraît-il, du propriétaire superstitieux de la mine au Dieu de la montagne, pour se faire pardonner la gêne occasionnée. Ici comme ailleurs en Chine, dans des paysages bouleversants de splendeur, où l’industrie n’en rugit que plus fort, un homme nu, portant un miroir sur le dos, traverse les immenses espaces foudroyés, en une mise en abyme dérisoire qui reflète les violences commises au passé, au présent et au futur.

    Un monde dépecé
    Au fil d’un voyage sidéré à travers son pays, poème lyrique d’une somptueuse beauté, filmé en 4K (ultrahaute définition), Zhao Liang, s’inspirant de la Divine comédie de Dante, dresse un portrait alarmant de la Chine de la croissance, entre enfer, purgatoire et paradis interdits. Mines et fonderies assourdissantes, chantiers arrogants, champs pétrolifères, cortège funèbre de camions et de machines... : il filme un monde dépecé par l’avidité et la soif de puissance, dont le gigantisme écrase dans un même mouvement la terre « jusqu’au plus petit vermisseau » et la fragile humanité. Un manifeste lucide qui dénonce surtout la tragique et précaire condition humaine du « peuple des travailleurs », migrants de l’intérieur et victimes exploitées, contaminées jusqu’à la mort, tandis que les survivants protestent sans bruit derrière les portraits brandis des défunts, pour témoigner de l’agonie collective en cours. Jusqu’à l’ultime étape, dans la ville fantôme d’Ordos à la propreté clinique, hérissée de tours et trouée d’avenues désertes, une construction parmi tant d’autres dans l’Empire du Milieu, mirage glaçant de l’absurdité du monde.

    #documentaire #destruction #pollution #misère_sociale #inhumanité #productivisme


  • Mamzelle Paula, star d’un bar sans frontières - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/mamzelle-paula-2212.html

    Née dans la #misère au Tampon en 1913, Paula est devenue l’un des personnages les plus célèbres de #LaRéunion [et même au-delà], a fait du #cinéma, n’a donné son cœur qu’à un seul homme et avait pour devise : « le chien qui ne marche pas ne ramasse pas d’os ». Paula, elle, marchait, même si sur la fin, elle devait s’aider de béquilles. Voici l’histoire de #PaulaOliviaCrezo, alias #MamzellePaula, truculente maîtresse des nuits portoises pendant plus de 40 ans.

    #PaulaCrezo #974 #créole #CargopourLaRéunion #théâtre #théâtreVollard #LePort #prostitution #séga #rumba


  • Migrants : l’irrationnel au pouvoir ?

    Les dispositifs répressifs perpétuent le « problème migratoire » qu’ils prétendent pourtant résoudre : ils créent des migrants précaires et vulnérables contraints de renoncer à leur projet de retour au pays.
    Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste #continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant.e.s, que de pas franchis depuis : accès à l’#eau et distributions de #nourriture empêchés, tentes tailladées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’#inconditionnalité_du_secours.

    La #loi_sur_l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de #rétention administrative, de généraliser les #assignations_à_résidence, d’augmenter les #expulsions et de durcir l’application du règlement de #Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur.e.s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée de la migration comme « #problème ».

    Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont augmenté mais le nombre relatif de migrant.e.s par rapport à la population mondiale stagne à 3 % et est le même qu’au début du XXe siècle. Dans l’Union européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les « sorties » jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques. Au final, la mal nommée « #crise_migratoire » européenne est bien plus une crise institutionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien plus l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

    La menace que représenteraient les migrant.e.s pour le #marché_du_travail est tout autant exagérée. Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre #immigration et #chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. En Europe, les migrant.e.s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

    Imaginons un instant une France sans migrant.e.s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies : auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant.e.s, c’est nous : un.e Français.e sur quatre a au moins un.e parent.e ou un.e grand-parent immigré.e.

    En tant que chercheur.e.s, nous sommes stupéfait.e.s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités, puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures, que chaque nouvelle majorité s’est empressée de prendre, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus. Les situations d’irrégularité et de #précarité qui feraient des migrant.e.s des « fardeaux » sont précisément produites par nos politiques migratoires : la quasi-absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant.e.s à dépenser des sommes considérables pour emprunter des voies illégales. La #vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations : en obligeant les migrant.e.s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communautaires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion. A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance. Enfin, ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles : la précarité administrative des migrant.e.s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent que c’est l’absence de « papiers » qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

    Les migrant.e.s ne sont pas « la #misère_du_monde ». Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

    Imaginons une autre politique migratoire. Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant.e.s, le verrouillage hautement technologique des frontières, le financement de patrouilles de police et de CRS, les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant.e.s. Une politique d’#accueil digne de ce nom, fondée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la #dignité de l’autre, coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité : ignorance ou électoralisme ?

    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/18/migrants-l-irrationnel-au-pouvoir_1623475
    Une tribune de #Karen_Akoka #Camille_Schmoll (18.01.2018)

    #irrationalité #rationalité #asile #migrations #réfugiés #préjugés #invasion #afflux #répression #précarisation #vulnérabilité #France #économie #coût

    • Karine et Camille reviennent sur l’idée de l’économie qui ne serait pas un gâteau...
      #Johan_Rochel a très bien expliqué cela dans son livre
      Repenser l’immigration. Une boussole éthique
      http://www.ppur.org/produit/810/9782889151769

      Il a appelé cela le #piège_du_gâteau (#gâteau -vs- #repas_canadien) :

      « La discussion sur les bienfaits économiques de l’immigration est souvent tronquée par le piège du gâteau. Si vous invitez plus de gens à votre anniversaire, la part moyenne du gâteau va rétrécir. De même, on a tendance à penser que si plus de participants accèdent au marché du travail, il en découlera forcément une baisse des salaires et une réduction du nombre d’emplois disponible.
      Cette vision repose sur une erreur fondamentale quant au type de gâteau que représente l’économie, puisque, loin d’être de taille fixe, celui-ci augmente en fonction du nombre de participants. Les immigrants trouvant un travail ne osnt en effet pas seulement des travailleurs, ils sont également des consommateurs. Ils doivent se loger, manger, consommer et, à ce titre, leur présence stimule la croissance et crée de nouvelles opportunités économiques. Dans le même temps, cette prospérité économique provoque de nouvelles demandes en termes de logement, mobilité et infrastructure.
      L’immigration n’est donc pas comparable à une fête d’anniversaire où la part de gâteau diminuerait sans cesse. La bonne image serait plutôt celle d’un repas canadien : chacun apporte sa contribution personnelle, avant de se lancer à la découverte de divers plats et d’échanger avec les autres convives. Assis à cette table, nous sommes à la fois contributeurs et consommateurs.
      Cette analogie du repas canadien nous permet d’expliquer pourquoi un petit pays comme la Suisse n’a pas sombré dans la pauvreté la plus totale suite à l’arrivée de milliers d’Européens. Ces immigrants n’ont pas fait diminuer la taille du gâteau, ils ont contribué à la prospérité et au festin commun. L’augmentation du nombre de personnes actives sur le marché du travail a ainsi conduit à une forte augmentation du nombre d’emplois à disposition, tout en conservant des salaires élevés et un taux de chômage faible.
      Collectivement, la Suisse ressort clairement gagnante de cette mobilité internationale. Ce bénéfice collectif ’national’ ne doit cependant pas faire oublier les situations difficiles. Les changements induits par l’immigration profitent en effet à certains, tandis que d’autres se retrouvent sous pression. C’est notamment le cas des travailleurs résidents dont l’activité ou les compétences sont directement en compétition avec les nouveaux immigrés. Cela concerne tout aussi bien des secteurs peu qualifiés (par exemple les anciens migrants actifs dans l’hôtellerie) que dans les domaines hautement qualifiés (comme le management ou la recherche).
      Sur le plan éthique, ce constat est essentiel car il fait clairement apparaître deux questions distinctes. D’une part, si l’immigration profite au pays en général, l’exigence d’une répartition équitable des effets positifs et négatifs de cette immigration se pose de manière aiguë. Au final, la question ne relève plus de la politique migratoire, mais de la redistribution des richesses produites. Le douanier imaginaire ne peut donc se justifier sous couvert d’une ’protection’ générale de l’économie.
      D’autre part, si l’immigration met sous pression certains travailleurs résidents, la question de leur éventuelle protection doit être posée. Dans le débat public, cette question est souvent présentée comme un choix entre la défense de ’nos pauvres’ ou de ’nos chômeurs’ face aux ’immigrés’. Même si l’immigration est positive pour la collectivité, certains estiment que la protection de certains résidents justifierait la mise en œuvre de politiques migratoires restrictives » (Rochel 2016 : 31-33)

    • People on the move : migration and mobility in the European Union

      Migration is one of the most divisive policy topics in today’s Europe. In this publication, the authors assess the immigration challenge that the EU faces, analyse public perceptions, map migration patterns in the EU and review the literature on the economic impact of immigration to reflect on immigration policies and the role of private institutions in fostering integration.

      http://bruegel.org/wp-content/uploads/2018/01/People_on_the_move_ONLINE.pdf
      #travail #économie #éducation #intégration #EU #UE #asile #invasion #afflux #préjugés #statistiques #chiffres

      Je copie-colle ici deux graphiques.

      Un sur le nombre de #immigrants comparé au nombre de #émigrants, où l’on voit que le #solde_migratoire (en pourcentage de la population) est souvent négatif... notamment en #France et en #Italie :

      Et un graphique sur les demandes d’asile :

    • The progressive case for immigration

      “WE CAN’T restore our civilisation with somebody else’s babies.” Steve King, a Republican congressman from Iowa, could hardly have been clearer in his meaning in a tweet this week supporting Geert Wilders, a Dutch politician with anti-immigrant views. Across the rich world, those of a similar mind have been emboldened by a nativist turn in politics. Some do push back: plenty of Americans rallied against Donald Trump’s plans to block refugees and migrants. Yet few rich-world politicians are willing to make the case for immigration that it deserves: it is a good thing and there should be much more of it.

      Defenders of immigration often fight on nativist turf, citing data to respond to claims about migrants’ damaging effects on wages or public services. Those data are indeed on migrants’ side. Though some research suggests that native workers with skill levels similar to those of arriving migrants take a hit to their wages because of increased migration, most analyses find that they are not harmed, and that many eventually earn more as competition nudges them to specialise in more demanding occupations. But as a slogan, “The data say you’re wrong” lacks punch. More important, this narrow focus misses immigration’s...

      #paywall
      https://www.economist.com/finance-and-economics/2017/03/18/the-progressive-case-for-immigration?fsrc=scn/fb/te/bl/ed/theprogressivecaseforimmigrationfreeexchange?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/theprogressivecaseforimmigrationfreeexchange

    • #Riace, l’economia e la rivincita degli zero

      Premessa

      Intendiamoci, il ministro Salvini può fare tutto quello che vuole. Criminalizzando le ONG può infangare l’operato di tanti volontari che hanno salvato migliaia di persone dall’annegamento; può chiudere i porti ai migranti, sequestrarli per giorni in una nave, chiudere gli Sprar, ridurre i finanziamenti per la loro minima necessaria accoglienza; può togliere il diritto ai migranti di chiedere lo stato di rifugiato, può cancellare modelli di integrazione funzionanti come Riace, può istigare all’odio razziale tramite migliaia di post su facebook in una continua e ansiosa ricerca del criminale (ma solo se ha la pelle scura). Al ministro Salvini è permesso tutto: lavorare sulle paure delle persone per incanalare la loro frustrazione contro un nemico inventato, può persino impedire a dei pullman di raggiungere Roma affinché le persone non possano manifestare contro di lui. Può prendersela con tutti coloro che lo criticano, sdoganare frasi del cupo ventennio fascista, minacciare sgomberi a tutti (tranne che a casapound) e rimanendo in tema, può chiedere il censimento dei ROM per poterli cacciare. Può fare tutto questo a torso nudo, tramite una diretta facebook, chiosando i suoi messaggi ai suoi nemici giurati con baci e abbracci aggressivo-passivi, o mostrandosi sorridente nei suoi selfie durante le tragedie che affliggono il nostro paese. Al ministro Salvini è permesso di tutto, non c’è magistratura o carta costituzionale che tenga.

      Ma una cosa è certa: il ministro Salvini non può vietare alle persone di provare empatia, di fare ed essere rete, di non avere paura, di non essere solidale. E soprattutto, il ministro Salvini, non può impedirci di ragionare, di analizzare lo stato dell’arte tramite studi e ricerche scientifiche, capire la storia, smascherare il presente, per provare a proporre valide alternative, per un futuro più aperto ed inclusivo per la pace e il benessere delle persone.

      Tutto questo è lo scopo del presente articolo, che dedico a mio padre. Buona lettura.

      I migranti ci aiutano a casa nostra

      In un mio precedente post, sempre qui su Econopoly, ho spiegato -studi alla mano- come fosse conveniente, anche e soprattutto dal punto di vista economico, avere una politica basata sull’accoglienza: la diversità e la relativa inclusione conviene a tutti. Molti dei commenti critici che ho avuto modo di leggere sui social, oltre alle consuete offese degli instancabili haters possono riassumersi in un solo concetto: “gli altri paesi selezionano i migranti e fanno entrare solo quelli qualificati, mentre in Italia accogliamo tutti”. Premesso che non è così, che l’Italia non è l’unico paese ad offrire ospitalità a questo tipo di migranti, e che non tutte le persone disperate che raggiungono le nostre coste sono poco istruite, non voglio sottrarmi alla critica e voglio rispondere punto su punto nel campo di gioco melmoso e maleodorante da loro scelto. Permettetemi quindi di rivolgermi direttamente a loro, in prima persona.

      Prima di tutto mi chiedo come si possa sperare di attirare migranti “qualificati” se non riusciamo neanche a tenerci le nostre migliori menti. Il nostro problema principale è infatti l’emigrazione, non l’immigrazione: più di 250mila italiani emigrano all’estero, perché l’Italia non è più capace di offrire loro un futuro dignitoso. Ma tutto questo evidentemente non rientra tra le priorità del governo del cambiamento.

      Tolti i migranti “qualificati”, ci rimangono quindi quelli che gli anglosassoni definiscono “low skilled migrants”, e le obiezioni che i nostri amici rancorosi ci pongono sono sempre le stesse: “per noi sono solo un costo”, “prima gli italiani che non arrivano alla fine del mese”, “ospitateli a casa vostra”, e così via vanverando. Proviamo a rispondere con i numeri, con i dati, sempre che i dati possano avere ancora un valore in questo paese in perenne campagna elettorale, sempre alla ricerca del facile consenso. Correva l’anno 2016, un numero record di sbarchi raggiungeva le nostre coste e lo stato spendeva per loro ben 17,5 miliardi di spesa pubblica. Bene, prima che possiate affogare nella vostra stessa bava, senza che nessuna ONG possa venirvi a salvare, sappiate che gli introiti dello Stato grazie ai contributi da loro versati, nelle varie forme, è stato di 19,2 miliardi: in pratica con i contributi dei migranti lo stato ha guadagnato 1,7 miliardi di euro. Potete prendervela con me che ve lo riporto, o magari con il centro studi e ricerche Idos e con il centro Unar (del dipartimento delle pari opportunità) che questo report lo hanno prodotto, ma la realtà non cambia. Forse fate prima a cambiare voi la vostra percezione, perché dovremmo ringraziarli quei “low skilled migrants”, visto che con quel miliardo e sette di euro ci hanno aiutato a casa nostra, pagando -in parte- la nostra pensione, il nostro ospedale, la nostra scuola.

      Studi confermano che i migranti contribuiscono al benessere del paese ospitante

      Prima di andare avanti in questo discorso, vale la pena di menzionare un importante e imponente studio di Giovanni Peri e Mette Foged del 2016: i due autori hanno esaminato i salari di ogni singola persona in Danimarca per un periodo di ben 12 anni, nei quali vi era stato un forte afflusso di migranti. Il governo danese distribuì i rifugiati per tutto il territorio, fornendo agli economisti tutti i dati necessari per permettere a loro di analizzarli. Da questi dati emerse che i danesi che avevano i rifugiati nelle vicinanze, avevano visto i propri salari crescere molto più velocemente, rispetto ai connazionali senza rifugiati. Questo si spiega perché i low skilled migrants essendo poco istruiti, generalmente vanno a coprire quei lavori che non richiedono particolari competenze, permettendo -per contrasto- ai locali di specializzarsi nei lavori che invece sono meglio pagati, perché più produttivi.

      Quando i migranti non convengono e sono solo un costo

      Tuttavia i migranti, per poter versare i propri contributi allo stato, devono -ovviamente- essere messi in grado di lavorare. Non sto dicendo che si debba trovare loro un lavoro, perché sono capaci di farlo da soli, ma semplicemente di dare a loro i necessari permessi burocratici per poter vivere, lavorare, consumare, spendere. Questo alimenterebbe un mercato del lavoro -che molti italiani ormai disdegnano- e aumenterebbe l’indotto delle vendite di beni di consumo ai “nostri” piccoli commercianti italiani e non.

      “Potrebbe sembrare controintuitivo, ma i paesi che hanno politiche più severe e restrittive nei confronti dei rifugiati, finiscono per avere un costo maggiore per il mantenimento dei migranti”, afferma Erik Jones, professore alla Johns Hopkins University School. Quindi paradossalmente (ma neanche tanto), più rinchiudiamo i migranti nei centri di accoglienza senza permettere a loro di avere una vita e un lavoro, più sale il loro costo a spese dei cittadini italiani.

      Le conseguenze del decreto sicurezza

      Stranamente è proprio questa la direzione che il ministro Salvini ha deciso di intraprendere con il suo “decreto sicurezza”: togliendo lo SPRAR ai migranti e rendendo più difficoltosa la possibilità di richiedere asilo, verrà impedito a loro di integrarsi nel tessuto sociale del nostro paese, di lavorare, di produrre ricchezza. Insomma questo decreto finiranno per pagarlo caramente gli italiani, che per il ministro Salvini, sarebbero dovuti “venire prima” (forse intendeva alla cassa).

      Non è un caso se al momento in cui scrivo città come Torino, Bergamo, Bologna e Padova hanno espresso forti preoccupazioni nel far attuare il cosiddetto “decreto sicurezza” firmato da Salvini. Il fatto che a Torino governi il m5s che siede nei banchi di governo insieme al ministro degli interni, ha provocato non pochi mal di pancia dentro la maggioranza e conferma quanto questo decreto sia in realtà molto pericoloso per gli italiani stessi. «Io capisco che siamo in campagna elettorale permanente – ha concluso Sergio Giordani ma non si possono prendere decisioni sulla pelle delle persone. Che si scordino di farlo su quella dei padovani», ha affermato il sindaco di Padova. Non è un lapsus, ha proprio detto “sulla pelle dei padovani”, non dei migranti.

      Perché il modello Riace ha funzionato

      Un interessante studio, diretto dal Prof. Edward Taylor, per la Harvard Business Review, ci spiega quali sono le giuste modalità che permettano ai migranti di sostenere l’economia del paese ospitante, e lo fa spiegandoci due importanti lezioni che ha imparato dopo aver studiato attentamente i costi economici e i benefici di tre campi in Rwanda gestiti dall’UNCHR:
      1. Give cash, not food. La prima lezione imparata è quella di fornire direttamente i soldi ai migranti per comprarsi il cibo e di non dare a loro direttamente il cibo. Questo serve ad alimentare il mercato locale, aiutando in un’ottica win-win i contadini locali e i piccoli commercianti del posto
      2. Promote long-term integration. La seconda lezione imparata che ci spiega il prof. Edward Taylor, riguarda il necessario tempo di integrazione che si deve concedere ai migranti, al fine di permettere un importante ritorno economico al paese ospitante: in poche parole i migranti devono avere il tempo di sistemarsi, di creare una forza lavoro locale, di integrarsi nel tessuto sociale del luogo ospitante

      Quando ho letto questo studio non ho potuto fare altro che pensare all’esperienza di Riace, considerata giustamente un modello vincente di integrazione, diventato famoso in tutto il mondo: infatti quello che consiglia il Prof Taylor è esattamente ciò che ha fatto il sindaco Domenico Lucano nel suo paese! La ricetta è talmente la stessa, che ad un certo punto ho pensato di aver letto male e che il Prof. Taylor si riferisse, in realtà, all’esperienza del paesino calabrese, non a quella del Rwanda.

      Per quanto riguarda il primo punto, il sindaco Lucano si è dovuto inventare una moneta locale per permettere ai migranti di essere indipendenti e di spenderli nel territorio ospitante, promuovendo ed aiutando l’economia dell’intero paese; per quanto riguarda il secondo punto, Lucano ha trasformato la natura dei fondi dello SPRAR, che in realtà prevedono una sistemazione del migrante in soli sei mesi, in una integrazione a medio e lungo termine. Per permettere ai migranti di ritornare un valore (anche economico), è necessario del tempo, ed è obiettivamente impossibile immaginarlo fattibile nel limite temporale dei sei mesi. E’ importante sottolineare come le accuse che gli vengono mosse dalla magistratura, che gli sta attualmente impedendo di tornare nella sua Riace, nascano proprio da questo suo approccio ben descritto nelle due lezioni del Prof. Taylor. Altro concetto importante da ribadire è che all’inizio, il sindaco Lucano, si è mosso in questa direzione principalmente per aiutare i suoi compaesani italiani, visto che il paese si stava spopolando. Ad esempio, l’asilo era destinato a chiudere, ma grazie ai figli dei migranti questo non è accaduto.

      Tutto questo mi ha fatto pensare al sindaco di Riace, come ad un vero e proprio manager illuminato, oltre che ad una persona di una generosità smisurata, non certamente ad un criminale da punire ed umiliare in questo modo.

      Lunga vita a Riace (grazie alla rete)

      Dovremmo essere tutti riconoscenti al sindaco Riace, ma non solo esprimendogli solidarietà con le parole. Ho pertanto deciso di concludere questo articolo con delle proposte concrete che possano aiutare Lucano, i riacesi e i migranti che vi abitano. Ognuno può dare il proprio “give-back” al Sindaco Lucano, in base al proprio vissuto, ai propri interessi, alle proprie competenze. Ad esempio, per il lavoro che faccio, a me viene facile pensare che la Digital Transformation che propongo alle aziende possa aiutare in modo decisivo Riace e tutte le “Riaci del mondo” che vogliano provare ad integrare e non a respingere i migranti. Penso ad esempio che Riace meriti una piattaforma web che implementi almeno tre funzioni principali:
      1. Funzione divulgativa, culturale. E’ necessario far conoscere le storie delle persone, perché si è stranieri solo fino a quando non ci si conosce l’un l’altro. Per questo penso, ad esempio, ad una web radio, magari ispirata all’esperienza di Radio Aut di Peppino Impastato, visto che Mimmo lo considera, giustamente, una figura vicina alle sue istanze. Contestualmente, sempre attraverso la piattaforma web farei conoscere, tramite dei video molto brevi, le storie e le testimonianze dei singoli migranti
      2. Funzione di sostentamento economico. Ogni migrante infatti potrebbe avere un profilo pubblico che potrebbe permettere a tutti noi non solo di conoscere la sua storia ma anche di aiutarlo economicamente, comprando i suoi prodotti, che possano essere di artigianato o di beni di consumo come l’olio locale di Riace. Insomma, una piattaforma che funzionerebbe da e-commerce, seppur con una forte valenza etica. Infatti il “made in Riace”, potrebbe diventare un brand, la garanzia che un commercio equo e solidale possa essere veramente possibile, anche in questo mondo
      3. Funzione di offerta lavoro. La piattaforma potrebbe ospitare un sistema che metta in comunicazione la domanda con l’offerta di lavoro. Penso ai tanti lavori e lavoretti di cui la popolazione locale potrebbe avere bisogno, attratta magari dai costi più bassi: il muratore, l’elettricista, l’idraulico, etc. Per non parlare di professioni più qualificanti, perché spesso ad imbarcarsi nei viaggi della speranza ci sono anche molti dottori e professionisti

      Ed infine, sempre grazie alla rete, i migranti di un paesino sperduto come Riace, potrebbero tenere lezioni di inglese e francese, tramite skype, a milioni di italiani (che ne hanno veramente bisogno). Credo infine che -rimanendo in tema- potrebbero nascere a Riace, come in tanti altri paesi del nostro belpaese, anche dei laboratori di informatica visto che attualmente moltissime società per trovare un programmatore disponibile sono costrette a cercarlo fuori Italia, data la spropositata differenza tra la domanda e l’offerta in questo settore in continua evoluzione.

      Se al sindaco Lucano interessa, il mio personale give-back è tutto e solo per lui.

      Conclusioni

      Il ministro Salvini, che può tutto, ha definito il sindaco di Riace “uno zero”, pensando di offenderlo ma è evidente che non lo conosce affatto. Come non conosce affatto le dinamiche della rete, nonostante il suo entourage social si vanti di aver creato il profilo pubblico su facebook con più followers. Ma é proprio questo lo sbaglio di fondo, il grande fraintendimento: la rete non è mai stata pensata in ottica di “followers e following”, questa è una aberrazione dei social network che nulla ha a che fare con la rete e le sue origini. La rete è nata per condividere, collaborare, comunicare, contaminare. Ricordiamoci che grazie alla rete, in pochissimi giorni, si sono trovati i fondi per permettere ai figli dei migranti di usufruire della mensa scolastica dei propri bambini, che leghista di Lodi gli aveva tolto. Siamo tutti degli zero, ministro Salvini, non solo il sindaco Riace. Ma lei, sig. ministro, non ha minimamente idea di cosa siano capace di fare gli zero, quando si uniscono con gli uni, se lo faccia dire da un informatico. La rete è solidale by design.

      https://www.econopoly.ilsole24ore.com/2018/11/11/riace-economia-rivincita-degli-zero/?refresh_ce=1

    • L’immigration rapporte 3 500 euros par individu chaque année

      D’après un rapport de l’OCDE dévoilé par La Libre Belgique, l’immigration « rapporterait » en moyenne près de 3.500 euros de rentrées fiscales par individu par an . Toutefois, l’insertion d’une partie d’entre eux ferait toujours l’objet de discrimination : un véritable gâchis pour les économistes et les observateurs.

      https://www.levif.be/actualite/belgique/l-immigration-rapporte-3-500-euros-par-individu-chaque-annee/article-normal-17431.html?cookie_check=1545235756

      signalé par @kassem :
      https://seenthis.net/messages/745460

    • The progressive case for immigration. Whatever politicians say, the world needs more immigration, not less

      “WE CAN’T restore our civilisation with somebody else’s babies.” Steve King, a Republican congressman from Iowa, could hardly have been clearer in his meaning in a tweet this week supporting Geert Wilders, a Dutch politician with anti-immigrant views. Across the rich world, those of a similar mind have been emboldened by a nativist turn in politics. Some do push back: plenty of Americans rallied against Donald Trump’s plans to block refugees and migrants. Yet few rich-world politicians are willing to make the case for immigration that it deserves: it is a good thing and there should be much more of it.

      Defenders of immigration often fight on nativist turf, citing data to respond to claims about migrants’ damaging effects on wages or public services. Those data are indeed on migrants’ side. Though some research suggests that native workers with skill levels similar to those of arriving migrants take a hit to their wages because of increased migration, most analyses find that they are not harmed, and that many eventually earn more as competition nudges them to specialise in more demanding occupations. But as a slogan, “The data say you’re wrong” lacks punch. More important, this narrow focus misses immigration’s biggest effects.

      Appeal to self-interest is a more effective strategy. In countries with acute demographic challenges, migration is a solution to the challenges posed by ageing: immigrants’ tax payments help fund native pensions; they can help ease a shortage of care workers. In Britain, for example, voters worry that foreigners compete with natives for the care of the National Health Service, but pay less attention to the migrants helping to staff the NHS. Recent research suggests that information campaigns in Japan which focused on these issues managed to raise public support for migration (albeit from very low levels).

      Natives enjoy other benefits, too. As migrants to rich countries prosper and have children, they become better able to contribute to science, the arts and entrepreneurial activity. This is the Steve Jobs case for immigration: the child of a Muslim man from Syria might create a world-changing company in his new home.

      Yet even this argument tiptoes around the most profound case for immigration. Among economists, there is near-universal acceptance that immigration generates huge benefits. Inconveniently, from a rhetorical perspective, most go to the migrants themselves. Workers who migrate from poor countries to rich ones typically earn vastly more than they could have in their country of origin. In a paper published in 2009, economists estimated the “place premium” a foreign worker could earn in America relative to the income of an identical worker in his native country. The figures are eye-popping. A Mexican worker can expect to earn more than 2.5 times her Mexican wage, in PPP-adjusted dollars, in America. The multiple for Haitian workers is over 10; for Yemenis it is 15 (see chart).

      No matter how hard a Haitian worker labours, he cannot create around him the institutions, infrastructure and skilled population within which American workers do their jobs. By moving, he gains access to all that at a stroke, which massively boosts the value of his work, whether he is a software engineer or a plumber. Defenders of open borders reckon that restrictions on migration represent a “trillion dollar bills left on the pavement”: a missed opportunity to raise the output of hundreds of millions of people, and, in so doing, to boost their quality of life.
      We shall come over; they shall be moved

      On what grounds do immigration opponents justify obstructing this happy outcome? Some suppose it would be better for poor countries to become rich themselves. Perhaps so. But achieving rich-world incomes is the exception rather than the rule. The unusual rapid expansion of emerging economies over the past two decades is unlikely to be repeated. Growth in China and in global supply chains—the engines of the emerging-world miracle—is decelerating; so, too, is catch-up to American income levels (see chart). The falling cost of automating manufacturing work is also undermining the role of industry in development. The result is “premature deindustrialisation”, a phenomenon identified by Dani Rodrik, an economist, in which the role of industry in emerging markets peaks at progressively lower levels of income over time. However desirable economic development is, insisting upon it as the way forward traps billions in poverty.

      An argument sometimes cited by critics of immigration is that migrants might taint their new homes with a residue of the culture of their countries of origin. If they come in great enough numbers, this argument runs, the accumulated toxins could undermine the institutions that make high incomes possible, leaving everyone worse off. Michael Anton, a national-security adviser to Donald Trump, for example, has warned that the culture of “third-world foreigners” is antithetical to the liberal, Western values that support high incomes and a high quality of life.

      This argument, too, fails to convince. At times in history Catholics and Jews faced similar slurs, which in hindsight look simply absurd. Research published last year by Michael Clemens and Lant Pritchett of the Centre for Global Development, a think-tank, found that migration rules tend to be far more restrictive than is justified by worries about the “contagion” of low productivity.

      So the theory amounts to an attempt to provide an economic basis for a cultural prejudice: what may be a natural human proclivity to feel more comfortable surrounded by people who look and talk the same, and to be disconcerted by rapid change and the unfamiliar. But like other human tendencies, this is vulnerable to principled campaigns for change. Americans and Europeans are not more deserving of high incomes than Ethiopians or Haitians. And the discomfort some feel at the strange dress or speech of a passer-by does not remotely justify trillions in economic losses foisted on the world’s poorest people. No one should be timid about saying so, loud and clear.

      https://www.economist.com/finance-and-economics/2017/03/18/the-progressive-case-for-immigration?fsrc=scn/tw/te/bl/ed
      #USA #Etats-Unis

    • Migrants contribute more to Britain than they take, and will carry on doing so. Reducing immigration will hurt now, and in the future

      BRITAIN’S Conservative Party has put reducing immigration at the core of its policies. Stopping “uncontrolled immigration from the EU”, as Theresa May, the prime minister, put it in a speech on September 20th, appears to be the reddest of her red lines in the negotiations over Brexit. Any deal that maintains free movement of people, she says, would fail to respect the result of the Brexit referendum.

      In her “Chequers” proposal, Mrs May outlined her vision of Britain’s future relationship with the block, which would have placed restrictions on immigration from the EU. But the block rejected it as unworkable, and the stalemate makes the spectre of a chaotic Brexit next March without any agreement far more likely.

      Even if she were to manage to reduce migration significantly, however, Mrs May’s successors might come to regret it. According to the government’s latest review on immigration, by the Migration Advisory Committee (MAC), immigrants contribute more to the public purse on average than native-born Britons do. Moreover, European newcomers are the most lucrative group among them. The MAC reckons that each additional migrant from the European Economic Area (EEA) will make a total contribution to the public purse of approximately £78,000 over his or her lifetime (in 2017 prices). Last year, the average adult migrant from the EEA yielded £2,370 ($3,000) more for the Treasury than the average British-born adult did. Even so, the MAC recommended refining the current immigration system to remove the cap on high-skilled migrants and also said that no special treatment should be given to EU citizens.

      With Britain’s population ageing, the country could do with an influx of younger members to its labour force. If net migration were reduced to the Tories’ target of fewer than 100,000 people per year by 2030, every 1,000 people of prime working age (20-64) in Britain would have to support 405 people over the age of 65. At the present level of net migration, however, those 1,000 people would have to support only 389. This gap of 16 more pension-aged people rises to 44 by 2050. The middle-aged voters who tend to support the Conservatives today are the exact cohort whose pensions are at risk of shrinking if their desired immigration policies were put into practice.

      https://www.economist.com/graphic-detail/2018/09/26/migrants-contribute-more-to-britain-than-they-take-and-will-carry-on-doing-so?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/migrantscontributemoretobritainthantheytakeandwillcarryondoingsodailychar
      #UK #Angleterre

    • Étude sur l’impact économique des migrants en Europe : « Les flux migratoires sont une opportunité et non une charge »

      Pour #Ekrame_Boubtane, la co-auteure de l’étude sur l’impact positif de la migration sur l’économie européenne (https://seenthis.net/messages/703437), « les flux migratoires ont contribué à améliorer le niveau de vie moyen ».

      Selon une étude du CNRS, les migrants ne sont pas une charge économique pour l’Europe. L’augmentation du flux de migrants permanent produit même des effets positifs. C’est ce que démontre Ekrame Boubtane, économiste, maître de conférence à l’Université Clermont Auvergne, co-auteure de l’étude sur l’impact positif de la migration sur l’économie européenne.

      Cette étude intervient alors que la Hongrie, dirigée par Viktor Orban, met en place une nouvelle loi travail qui autorise les employeurs à demander à leurs salariés 400 heures supplémentaires par an, payées trois ans plus tard. Cette disposition, adoptée dans un contexte de manque de main d’oeuvre, est dénoncée par ses opposants comme un « droit à l’esclavage » dans un pays aux salaires parmi les plus bas de l’UE

      500 000 Hongrois sont partis travailler à l’Ouest ces dernières années, là où les salaires sont deux à trois fois plus élevés. La nouvelle loi travail portée par le gouvernement hongrois est-elle une solution au manque de main d’oeuvre dans le pays selon vous ?

      Ekrame Boubtane : C’est un peu curieux de répondre à un besoin de main d’oeuvre en remettant en cause les droits des travailleurs qui restent en Hongrie. Je pense que c’est un mauvais signal qu’on envoie sur le marché du travail hongrois en disant que les conditions de travail dans le pays vont se détériorer encore plus, incitant peut-être même davantage de travailleurs hongrois à partir dans d’autres pays.

      Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que le gouvernement hongrois a surfé politiquement sur une idéologie anti-immigration [avec cette barrière à la frontière serbe notamment où sont placés des barbelés, des miradors...] et aujourd’hui il n’a pas une position rationnelle par rapport au marché du travail en Hongrie. Proposer ce genre de mesure ne semble pas très pertinent du point de vue de l’ajustement sur le marché du travail.

      En Hongrie, six entreprises sur dix sont aujourd’hui en situation de fragilité. La pénurie de main d’oeuvre dans certains secteurs en tension pourrait-elle être compensée par l’immigration aujourd’hui ?

      Je suppose que la législation hongroise en matière de travail est très restrictive pour l’emploi de personnes étrangères, mais ce qu’il faut aussi préciser c’est que les Hongrois qui sont partis travailler dans les autres pays européens n’ont pas forcément les qualifications ou les compétences nécessaires dans ces secteurs en tension. Ce sont des secteurs (bâtiment, agroalimentaire) qui ont besoin de main d’oeuvre. Ce sont des emplois relativement pénibles, payés généralement au niveau minimum et qui ne sont pas très attractifs pour les nationaux.

      Les flux migratoires sont une source de main d’oeuvre flexible et mobile. L’Allemagne comme la France ont toujours eu un discours plutôt rationnel et un peu dépassionné de la question migratoire. Je pense à une initiative intéressante en Bretagne où le secteur agroalimentaire avait des difficultés pour pourvoir une centaine de postes. Le pôle emploi local n’a pas trouvé les travailleurs compétents pour ces tâches-là. Le Conseil régional Bretagne et Pôle Emploi ont donc investi dans la formation de migrants, principalement des Afghans qui venaient d’avoir la protection de l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides]. Ils les ont formés, et notamment à la maîtrise de la langue, pour pourvoir ces postes.

      Les flux migratoires peuvent donc être une chance pour les économies européennes ?

      C’est ce que démontrent tous les travaux de recherches scientifiques. Lorsque l’on va parler de connaissances ou de savoir plutôt que d’opinions ou de croyances, les flux migratoires dans les pays européens sont une opportunité économique et non pas une charge. Lorsqu’on travaille sur ces questions-là, on voit clairement que les flux migratoires ont contribué à améliorer le niveau de vie moyen ou encore le solde des finances publiques.

      On oublie souvent que les migrants - en proportion de la population - permettent de réduire les dépenses de retraite donc ils permettent de les financer. Généralement on se focalise sur les dépenses et on ne regarde pas ce qui se passe du côté des recettes, alors que du côté des recettes on établit clairement que les migrants contribuent aussi aux recettes des administrations publiques et donc, finalement, on a une implication des flux migratoires sur le solde budgétaire des administrations publiques qui est positif et clairement identifié dans les données.

      https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/etude-sur-l-impact-economique-des-migrants-en-europe-les-flux-migratoir

    • Une étude démontre que les migrants ne sont pas un fardeau pour les économies européennes

      Le travail réalisé par des économistes français démontre qu’une augmentation du flux de migrants permanents à une date donnée produit des effets positifs jusqu’à quatre ans après.

      Une étude réalisée par des économistes français et publiée dans le magazine Sciences advences, mercredi 20 juin, démontre que les migrants ne sont pas un fardeau pour les économies européennes. Les trois chercheurs du CNRS, de l’université de Clermont-Auvergne et de Paris-Nanterre se sont appuyés sur les données statistiques de quinze pays de l’Europe de l’Ouest, dont la France. Les chercheurs ont distingué les migrants permanents des demandeurs d’asile, en situation légale le temps de l’instruction de leur demande et considérés comme résidents une fois leur demande acceptée.

      Pendant la période étudiée entre 1985 et 2015, l’Europe de l’Ouest a connu une augmentation importante des flux de demandeurs d’asile à la suite des guerres dans les Balkans et à partir de 2011, en lien avec les Printemps arabes et le conflit syrien. Les flux de migrants, notamment intracommunautaires, ont eux augmenté après l’élargissement de l’Union européenne vers l’Est en 2004.
      Une hausse du flux de migrants produits des effets positifs

      L’étude démontre qu’une augmentation du flux de migrants permanents à une date donnée produit des effets positifs jusqu’à quatre ans après : le PIB par habitant augmente, le taux de chômage diminue et les dépenses publiques supplémentaires sont plus que compensées par l’augmentation des recettes fiscales. Dans le cas des demandeurs d’asile, les économistes n’observent aucun effet négatif. L’impact positif se fait sentir au bout de trois à cinq ans, lorsqu’une partie des demandeurs obtient l’asile et rejoint la catégorie des migrants permanents.

      « Il n’y a pas d’impacts négatifs. Les demandeurs d’asile ne font pas augmenter le chômage, ne réduisent pas le PIB par tête et ils ne dégradent pas le solde des finances publiques. Il y a des effets positifs sur les migrations qui sont un petit peu polémiques parce que tout le monde n’y croit pas. Ce qui est intéressant, c’est de voir que cela ne dégrade pas la situation des finances publiques européennes » a expliqué, jeudi 21 juin sur franceinfo, Hippolyte d’Albis, directeur de recherche au CNRS, professeur à l’École d’économie de Paris et co-auteur de l’étude sur l’impact des demandeurs d’asile sur l’économie.
      Investir pour rapidement intégrer le marché du travail

      « Trente ans d’accueil de demandeurs d’asile dans les quinze principaux pays d’Europe nous révèlent qu’il n’y a pas eu d’effets négatifs, explique Hippolyte d’Albis. Evidemment il y a un coût, ces personnes vont être logées, parfois recevoir une allocation, mais cet argent va être redistribué dans l’économie. Il ne faut pas voir qu’un côté, nous on a vu le côté des impôts et on a vu que ça se compensait. L’entrée sur le marché du travail, donc la contribution à l’économie va prendre du temps et ce n’est pas efficace. Il vaut mieux investir pour qu’il puisse rapidement intégrer le marché du travail. »

      En 2015, un million de personnes ont demandé l’asile dans l’un des pays de l’Union européenne selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ce qui est un record. Les chercheurs estiment donc qu’il est peu probable que la crise migratoire en cours soit une charge économique pour les économies européennes. Elle pourrait être au contraire une opportunité.

      https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/une-etude-demontre-que-les-migrants-ne-sont-pas-un-fardeau-pour-les-eco


  • Derrière le code barres, la face cachée de nos aliments | Oxfam France
    https://www.oxfamfrance.org/actualites/justice-fiscale/derriere-code-barres-face-cachee-nos-aliments

    Dans son dernier rapport, « Derrière le #code-barres, des #inégalités en chaînes », Oxfam montre la face sombre de notre #système_alimentaire en révélant comment des millions de femmes et d’hommes qui produisent la #nourriture que nous consommons touchent un salaire ne leur permettant pas de se nourrir correctement tandis que l’industrie #agro-alimentaire engrange toujours plus de bénéfices.

    Oxfam a passé au crible 12 produits de consommations courantes dans plusieurs pays du monde sur les 20 dernières années et le constat est sans appel : le modèle économique de l’industrie agro-alimentaire alimente les inégalités et génère des #souffrances humaines pour les travailleurs : #travail_forcé, #salaires de #misère, #insécurité_alimentaire, #violations des #droits_humains et des #droits_du_travail.


  • La paix est un cliché : lorsque l’Occident ne peut pas contrôler le monde sans opposition, cela signifie la guerre Andre Vltchek - Traduit de l’anglais par Diane Gilliard pour Investig’Action 6 Juin 2018
    https://www.investigaction.net/fr/la-paix-est-un-cliche-lorsque-loccident-ne-peut-pas-controler-le-mon

    L’Occident aime à se penser comme une « partie du monde qui aime la paix ». Mais est-ce le cas ? Vous l’entendez partout, de l’Europe à l’Amérique du Nord puis à l’Australie, avant de revenir en Europe : « Paix, paix, paix ! » . C’est devenu un cliché, un slogan, une recette pour obtenir des financements, de la sympathie et du soutien. Vous dites « la paix » et vous ne pouvez vraiment pas vous tromper. Cela veut dire que vous êtes un être humain compatissant et raisonnable.
     
    Dédié à mon ami, le philosophe John Cobb, Jr.


    Chaque année, des « conférences pour la paix » sont organisées partout où la paix est vénérée et même exigée. J’ai récemment assisté à l’une d’elles en tant qu’orateur principal, sur la côte ouest du Danemark.

    Si un poids lourd des correspondants de guerre comme moi y assiste, il sera choqué. Les thèmes de discussion habituels y sont superficiels et choisis pour qu’on se sente bien.

    Au mieux, « à quel point le capitalisme est mauvais » et comment « tout tient au pétrole ». Rien sur la culture génocidaire de l’Occident. Rien sur les pillages permanents et séculaires et les avantages que pratiquement tous les Occidentaux en retirent.

    Au pire, il s’agit de savoir combien le monde est mauvais – le cliché « les gens sont tous les mêmes ». Il y a aussi de plus en plus de sorties bizarres et mal informées contre la Chine et la Russie, souvent qualifiées par les néocons occidentaux de « menaces » et de « puissances rivales ».

    Les participants à ces rassemblements s’accordent pour dire que « la paix est bonne » et que « la guerre est mauvaise ». Ces déclarations sont suivies de grandes ovations et de petites tapes mutuelles dans le dos. Peu de larmes sincères sont versées.


    Les raisons de ces démonstrations sont cependant rarement interrogées. Après tout, qui demanderait la guerre ? Qui aurait envie de violence, de blessures horribles et de mort ? Qui voudrait voir des villes rasées et carbonisées et des bébés abandonnés en pleurs ? Tous cela semble très simple et très logique.

    Mais alors pourquoi entendons-nous si rarement ce « discours de paix » de la part des pays africains dévastés et toujours colonisés de fait ou du Moyen-Orient ? Ne sont-ce pas eux qui souffrent le plus ? Ne devraient-ils pas rêver de paix ? Ou, peut-être, sommes-nous tous en train de manquer l’élément essentiel ?

    Mon amie Arundhati Roy, une grande écrivaine et intellectuelle indienne, a écrit en 2001, en réaction à la « guerre contre le terrorisme » occidentale : « Lorsqu’il a annoncé les frappes aériennes, le président George Bush a dit : “Nos sommes une nation pacifique.” L’ambassadeur préféré de l’Amérique, Tony Blair (qui occupe également le poste de Premier ministre du Royaume-Uni) lui a fait écho : “Nous sommes un peuple pacifique.” Maintenant, nous savons. Les porcs sont des chevaux. Les filles sont des garçons. La guerre, c’est la paix. »

    Lorsqu’elle sort de la bouche des Occidentaux, la « paix » est-elle vraiment la paix, la « guerre » est-elle vraiment une guerre ?

    Les habitants de cet « Occident libre et démocratique » ont-ils encore le droit de poser ces questions ?

    Ou la guerre et la paix, et la perception de la paix, ne sont-elles qu’une partie du dogme qu’il n’est pas permis de contester et qui est « protégé » par la culture occidentale et ses lois ?

    Je ne vis pas en Occident et je ne veux pas y vivre. Par conséquent, je ne suis pas sûr de ce qu’ils sont autorisés à dire et à remettre en question là-bas. Mais nous, les chanceux qui sommes « à l’extérieur » et donc pas totalement conditionnés, contrôlés et endoctrinés, nous ne cesserons certainement pas de poser ces questions de sitôt ; ou, pour être précis, jamais !


    J’ai reçu récemment par le biais de Whatsapp une chaîne de messages de mes amis et camarades d’Afrique de l’Est – pour la plupart des jeunes de gauche, des leaders révolutionnaires, des intellectuels et des militants :

    « L’Afrique libre est une Afrique socialiste ! Nous sommes prêts pour la guerre ! Les jeunes Africains sont en feu ! Mort aux forces impérialistes ! Vive la Révolution bolivarienne ! Coopération Sud-Sud !

    Aujourd’hui, nous menons la bataille dans les rues ! L’Afrique doit s’unir ! »

    De telles déclarations pourraient paraître « violentes » et donc même être qualifiées d’« illégales » si elles étaient prononcées ouvertement en Occident. Quelqu’un pourrait finir à Guantanamo pour cela, ou dans une « prison secrète de la CIA ». Il y a quelques semaines, j’ai parlé directement à ces jeunes – des dirigeants de l’opposition de gauche en Afrique de l’Est – à l’ambassade du Venezuela à Nairobi, au Kenya. Oui, ils étaient en ébullition, ils étaient outragés, déterminés et prêts.

    Pour ceux qui ne connaissent pas bien le continent, le #Kenya a été pendant des années et des décennies, un avant-poste de l’impérialisme britannique, américain et même israélien en Afrique de l’Est. Il jouait le même rôle que l’Allemagne de l’Ouest pendant la guerre froide : un paradis du lèche-vitrine, rempli de biens et de services de luxe.


    Dans le passé, le Kenya était censé éclipser l’expérience socialiste de la Tanzanie dirigée par Nyerere.

    Aujourd’hui, environ 60% des Kenyans vivent dans des bidonvilles, dont certains sont parmi les plus durs d’Afrique. Certaines de ces « implantations », comme Mathare et Kibera, abritent au moins un million de personnes dans les conditions les plus abjectes et les plus terribles. Il y a quatre ans, lorsque je réalisais mon film documentaire dans ces bidonvilles, pour le réseau sud-américain TeleSur, j’ai écrit :

    « … Officiellement, il y a la paix au Kenya. Pendant des décennies, le Kenya a fonctionné comme un État client de l’Occident, mettant en place un régime de marché sauvage, accueillant des bases militaires étrangères. Des milliards de dollars y ont été faits. Mais presque nulle part sur la terre la misère n’est plus brutale qu’ici. »

    Deux ans plus tôt, en filmant mon « Tumaini » près de la ville de Kisumu et de la frontière ougandaise, j’ai vu des hameaux entiers, vides comme des fantômes. Les gens avaient disparu, était morts – du sida et de faim. Mais cela s’appelait encore la paix.

    La paix, c’était quand les médecins militaires américains opéraient à ciel ouvert des Haïtiens désespérément pauvres et malades, dans le célèbre bidonville de Cité Soleil. J’ai vu et j’ai photographié une femme, allongée sur une table de fortune, se faire retirer sa tumeur avec seulement des anesthésiques locaux. J’ai demandé aux médecins nord-américains pourquoi c’était comme ça. Je savais qu’il y avait une installation militaire de premier ordre à deux minutes de là.

    « C’est ce qui se rapproche le plus d’une situation de combat réelle », a répondu un médecin avec franchise. « Pour nous, c’est une excellente formation. »

    Une fois l’intervention chirurgicale terminée, la femme s’est levée, soutenue par son mari effrayé, et a marché vers l’arrêt de bus.

    Oui, tout ceci est, officiellement, la paix.


    À #Beyrouth, au #Liban, j’ai récemment participé à une discussion sur « Écologie de la guerre », un concept scientifique et philosophique créé par plusieurs médecins moyen-orientaux du Centre médical AUB. Le Dr Ghassan « Gus », le chef du département de chirurgie plastique de ce centre au Liban, a expliqué :

    « La #misère, c’est la guerre. La destruction d’un État fort mène au conflit. Un grand nombre de gens sur notre planète vivent en fait dans un conflit ou une guerre, sans même le réaliser : dans des bidonvilles, dans des camps de réfugiés, dans des États totalement faillis ou dans des camps de réfugiés. »

    Au cours de mon travail dans presque tous les coins dévastés du monde, j’ai vu des choses beaucoup plus horribles que ce que j’ai décrit ci-dessus. Peut-être en ai-je trop vu – toute cette « paix » qui a arraché les membres des victimes, toutes ces huttes en feu et toutes ces femmes hurlantes, ou ces enfants mourant de maladie et de faim avant d’atteindre l’adolescence.

    J’ai écrit longuement sur la guerre et la paix dans mon livre de 840 pages, Exposing Lies Of The Empire.

    Lorsque vous faites ce que je fais, vous devenez comme un médecin : vous ne pouvez qu’assister à toutes ces horreurs et ces souffrances, parce que vous êtes là pour aider, pour révéler la réalité et pour faire honte au monde. Vous n’avez pas le droit de vous décomposer, de vous effondrer, de tomber et de pleurer.

    Mais ce que vous ne pouvez pas supporter, c’est l’hypocrisie. L’hypocrisie est « à l’épreuve des balles ».

    Elle ne peut pas être éclairée par des arguments précis, la logique et par des exemples. L’hypocrisie en Occident est souvent ignorante, mais elle n’est qu’égoïste la plupart du temps.


    Alors qu’est-ce que la vraie paix pour les gens en Europe et en Amérique du Nord ? La réponse est simple : c’est un état des choses dans lequel aussi peu d’Occidentaux que possible sont tués ou blessés.

    Un état de choses dans lequel le flot des ressources des pays pauvres, pillés et colonisés s’écoule sans interruption, principalement vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

    Le prix d’une telle paix ? Le nombre d’Africains, de Latino-Américains ou d’Asiatiques qui meurent à la suite de cette organisation du monde est totalement sans importance.

    La paix, c’est quand les intérêts commerciaux de l’Occident ne sont pas menacés, même si des dizaines de millions d’êtres humains non blancs disparaissent au cours du processus.

    La paix, c’est lorsque l’Occident peut contrôler le monde politiquement, économiquement, idéologiquement et « culturellement » sans rencontrer d’opposition.

    La « guerre », c’est quand il y a rébellion. La guerre, c’est lorsque le peuple des pays pillés disent « non ! ». La guerre, c’est lorsqu’ils refusent subitement d’être violés, volés, endoctrinés et assassinés.

    Lorsqu’un tel scénario se produit, la réaction immédiate de l’Occident « pour restaurer la paix » est de renverser le gouvernement du pays qui essaie de prendre soin de son peuple. De bombarder les écoles et les hôpitaux, de détruire l’approvisionnement en eau potable et en électricité et de jeter des millions de gens dans la misère et l’agonie.

    C’est ce que l’Occident pourrait bientôt faire à la Corée du Nord (RPDC), à Cuba, au Venezuela, à l’Iran – des pays qui, pour l’instant, ne sont tourmentés « que » par des sanctions et une « opposition » mortelle soutenue par l’étranger. Dans le vocabulaire occidental, « paix » est synonyme de « soumission ». Une soumission totale, sans condition. Toute autre chose est la guerre ou pourrait potentiellement y conduire.

    Pour les pays opprimés et dévastés, y compris les pays d’Afrique, appeler à la résistance serait, au moins dans le vocabulaire occidental, synonyme d’« appel à la violence », et par conséquent illégal. Aussi « illégal » que les appels à la résistance dans les pays occupés par les forces allemands nazies pendant la Seconde Guerre mondiale. Il serait donc logique de qualifier l’approche et l’état d’esprit occidentaux de « fondamentalistes » et de profondément agressif.

     

    #Paix #guerre #géopolitique #geopolitics #dogme #Occident #conférences-pour-la-paix #Occident #Haïti #médecins #formation #Écologie #Écologie-de-la-guerre


  • Régler ses comptes à OK Corot - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Regler-ses-comptes-a-OK-Corot

    Un jeune sort de l’immeuble et salue Johan. La conversation s’engage, cordiale. « Lui, c’est l’ami d’un Albanais qui squatte un appartement, explique-t-il par la suite. Le propriétaire le laisse faire il entretient le lieu, ça évite que d’autres s’installent et démontent tout… » Un deal qui souligne la complexité de la situation. Ici, pas de méchants cow-boys contre de bons Indiens – ou inversement. Mais une réalité des plus crues où chacun, hors du cadre légal, pallie l’abandon par les pouvoirs publics des migrants et des cités populaires. Ne reste plus qu’à défendre ses intérêts à coups de pression, de force, et parfois d’arrangements.

    #logement #exclusion


  • http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/70-multitudes-70-printemps-2018

    Derrière ce #bloody_paywall se cache un excellent article de Yann Moulier Boutang que je copie-colle ici sans vergogne excessive, grâcieusement offert par quelque dysfonctionnement inopiné d’un agrégateur de flux rss.

    C’est assez clinique comme analyse et au delà de s’élever contre les futurs lois contre l’immigration, ça a le mérite supérieur de démontrer que cette politique est juste stupide, démonstration qui n’est finalement pas inutile.

    Je ne mets pas en citation pour éviter le rapetissement d’un texte inaccessible autrement

    Misère du monde ou misère des politiques migratoires  ?

    Pour repousser une régularisation massive (de quelques dizaines de milliers de sans-papiers), Michel Rocard, loin d’être le plus bête ou le plus pusillanime des hommes politiques de la gauche française, avait lâché la célèbre bourde  : «  Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.  » Pourquoi une bourde  ? Parce que la misère du monde n’a pas la force physique et mentale de quitter son pays d’origine. Seuls ceux qui en veulent affrontent l’exil. Gérard Collomb, avec son projet de loi sur l’asile et l’immigration, vient de cumuler à peu près toutes les erreurs qu’on peut commettre en matière de migrations internationales  : les termes dans lesquels il a posé les débats, les catégories (donc les différenciations qu’il entend introduire), les solutions prônées, les résultats, le ton, la méthode, les propositions, tout est bon à jeter au cabinet, comme on dit chez Molière. La Présidence Hollande s’était enlisée dans le grotesque projet de déchéance de nationalité. Visiblement la leçon n’a pas été tirée.

    Gérard Collomb peut se consoler sur un point  : il est aussi nul que ses prédécesseurs de gauche et de droite passés, que les Insoumis, centristes, marinistes et autres philippotistes futurs . Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Les associations qui connaissent le terrain depuis plus d’un demi-siècle, quelques intellectuels pourtant conseillers ou soutiens d’Emmanuel Macron, comme Jean Pisan-Ferry, ont émis un timide «  Non possumus  ». Le Défenseur des droits, Jacques Toubon ; a mis les pieds dans le plat courageusement. Yann Moix a remis l’ancien maire de Lyon à sa place. Pour le reste, les critiques ou propositions de l’opposition interne ou externe au gouvernement ont été d’une rare insanité, y compris celles qui se réclament d’un «  peu plus de tendresse dans un monde de brutes  », confondant migrations et chocolat (Lindt)  !

    Demandez à n’importe quel expert réel en matière de migrations internationales en France et ailleurs1 (pas ces jeunes conseillers de l’administration aux dents acérées mais aux idées courtes). Tous ont souligné le niveau lamentable du débat. Il y a de quoi enrager  : répétez dix fois, vingt fois que s’abriter derrière la distinction entre réfugiés politiques, qu’on pourrait admettre, et migrants économiques, qu’il faudrait châtier et renvoyer séance tenante «  chez eux  », est une ânerie  ; quand le problème à traiter est celui des réfugiés économiques, vous verrez réapparaître ce distinguo éculé, qui est réaffirmé avec un mélange insupportable de naïveté et de morgue.

    Tuez-vous à rabâcher méthodiquement depuis cinquante ans, que le durcissement des conditions d’accès au permis de séjour est à la fois injuste et parfaitement inefficace. Mieux, démontrez que le système lui-même de permis de travail est une forme de travail forcé et d’esclavage temporaire moderne (y compris par une thèse de 500 pages De l’esclavage au salariat, 1998, PUF), vous aurez toujours l’inertie des gratte-papier et des officiers de police administrative qui opposent aux droits fondamentaux de la personne, l’application de la énième circulaire ou pire, la haïssable pratique de l’état de fait  : couper l’eau aux migrants puis la rétablir quand on a été désavoué par le Conseil d’État, à hauteur d’auges à cochons, gazer les couvertures de sans-abri, laisser mourir de froid des adolescents qui se lancent dans la traversée des cols des Alpes. On peut comprendre la rage qui saisit toute personne qui a vaguement une âme. Mais la rage contre des abrutis ou des canailles de petite volée n’est rien à côté de celle, métaphysique et purement intellectuelle, qui saisit le chercheur quand il voit un gouvernement s’asseoir sur tout élément de savoir rationnel.

    Prenons le grand argument de l’équilibre (à la française sans doute  ?) de la loi en gestation

    Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

    Les Tartuffes français de l’asile après avoir temporisé tout ce qu’ils pouvaient pendant 6 ans annoncent, avec un sérieux passablement comique, être prêts post festum à accueillir 150 000 réfugiés estampillés «  pur jus  », alors que l’Allemagne en a déjà reçu plus d’un million. Certes, la France peut trouver encore plus pingre qu’elle, du côté des Magyars, des Polonais et des pauvres Tchèques, dont on aurait pu penser que leur histoire ne les conduirait pas à une telle déchéance morale. Mais alors, que le coq gaulois étatique ne se dresse par sur ses ergots ni ne bombe le torse de la leçon. Seuls les humanitaires des associations nous sauvent de la honte nationale et européenne.

    Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an. Son refus d’accueillir un sang neuf la condamne au suicide démographique. Avis à l’Autriche, à la République Tchèque  ? Quant à la Pologne, la dégringolade de son taux de fertilité conduit ses hiérarques, obsédés par un nationalisme du XVIIIe siècle, à vouloir revenir sur le peu d’espace concédé à l’avortement.

    Mais il faut ajouter au manque risible de pertinence, la parfaite idiotie de ramer à contre-courant et à contretemps. La croissance économique repart dans toute l’Union Européenne. Chacun sait que pour le marché du travail banal et peu payé, ces centaines de milliers de migrants prêts à travailler n’importe où constituent une aubaine prodigieuse, ce que l’Allemagne a compris trois bonnes années avant la France. En revanche, les réfugiés politiques plus qualifiés, mieux dotés en argent, sont susceptibles d’entrer en concurrence avec les couches plus élevées de la main-d’œuvre. L’extrême droite, comme dans les années 1930, rejointe par ce qui reste des Républicains, pourrait ne pas tarder à réclamer des quotas pour protéger l’emploi «  qualifié-de-souche  ».

    Le réalisme censé équilibrer «  en même temps  » la générosité de l’asile n’est pas plus réaliste que l’asile concédé à dose homéopathique n’est humaniste et généreux.

    Demeure une question  : ce n’est pas faute d’avoir été avertis que les gouvernements répètent à satiété les mêmes erreurs. Sont-ils purement et simplement bêtes et incompétents  ? Ce serait trop simple. Nous avons suffisamment approché des hauts fonctionnaires de l’administration de la «  chose migratoire  » pour pouvoir avancer une autre explication. Les migrations internationales constituent pour eux un double défi culturel, à la fois pour le concept de souveraineté dont ils sont les produits défraîchis et pour la notion même de politique.

    Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet. Quant au migrant, il n’est pas un pur produit de la réglementation, alors que la réglementation en revanche réagit aux mouvements des migrants et cherche à l’assujettir à des impératifs économiques ou bien à s’en servir symboliquement pour des motifs purement électoraux. Casser du migrant (clandestin, sans papiers, terroristes), ça paie toujours.

    L’administration d’État se trouve donc confrontée au fait migratoire et au système migratoire, produit de l’interaction des mouvements humains, des réglementations mais aussi de toutes les variables instables qui rentrent dans l’équation (les catastrophes politiques, climatiques, le regroupement familial, les pressions économiques, les organisations communautaires). La mondialisation troue la souveraineté  : l’économique en est l’exemple toujours cité, mais les migrations humaines minent encore plus l’espace dévolu à la politique et à l’administration car, contrairement au marché, elles mettent en jeu des valeurs inconditionnelles que n’aime pas la loi «  nationale  » et encore moins la circulaire administrative.

    Pourtant, il est rigoureusement impossible de mélanger les ordres. La vie, le respect des personnes, la priorité des enfants et des femmes, sont des valeurs inconditionnelles. Aucune raison d’État ne peut avoir raison contre ces valeurs. Elles sont d’un autre ordre, dirait Pascal et approuverait Ricœur. La désobéissance civique est un impératif catégorique. Le respect de cette loi-là pose des problèmes mais pas ceux qu’on croit  : pas celui de l’assujettissement provisoire, dans une «  morale de provision  », de ces valeurs à la raison d’État, encore moins à la raison raisonnable appuyée sur les sophismes comme le passage à la limite  : mais si tout le monde désobéit... En fait, c’est à la politique de s’ajuster au corset de cette inconditionnalité. Le politique ne devrait s’aventurer sur ce terrain miné qu’avec une grande prudence et une humilité extrême. Et c’est ce bât-là qui blesse la haute fonction publique.

    Comme le «  gros animal  » de l’État n’a pas l’habitude de cet état de prudence, d’humilité, de modestie vis-à-vis de quelque chose qui le dépasse (quoi de plus étranger à l’État souverain qui régit un territoire que cette prétention des hommes sur la planète de traverser les pays, de changer de «  souverain  »  ?), il faut que d’autres organes se chargent de le lui rappeler (Cour Constitutionnelle, le Conseil d’État) et à défaut les associations.

    Ce serait évidemment à l’Union Européenne de rappeler à l’ordre les États membres, mais on voit que cela supposerait qu’elle en finisse avec le concept de souveraineté illimitée.

    Alors souhaitons à Emmanuel Macron de l’audace, encore de l’audace, fédéraliste pour l’Union  ; ce n’est pas avec la loi Collomb que le groupe de Visegrad va être mis au pas.

    Le projet de loi Collomb

    – Pénalisation croissante  : les migrants obligés de laisser leurs empreintes dans les «  hotspots  » des pays d’entrée (Grèce, Italie, Espagne) seront mis en centre de rétention dès leur arrivée en France  ; la durée de rétention administrative passera de 45 jours à 135 jours  ; le franchissement non autorisé des frontières extérieures de l’espace Schengen sera puni d’un an de prison  ; les déboutés de l’asile ne pourront plus demander d’autre titre de séjour.

    – Accélération des procédures  : 90 jours pour déposer une demande au lieu de 120 jours aujourd’hui  ; 15 jours pour déposer un recours au lieu de 30 jours aujourd’hui  ; la décision pourra être prise par ordonnance, sans entretien avec le migrant  ; le recours ne sera plus suspensif dans les cas de «  procédure accélérée  »  ; les personnes pourront alors être expulsées du territoire sans délai.

    Cf. www.lacimade.org/decryptage-projet-de-loi-asile-immigration

    1 Pensons à Catherine Withold de Wenden, Patrick Weil, Jean-Pierre Garson, Roxane Silberman, Patrick Simon ou François Héran par exemple.

    • #misère #asile #migrations #réfugiés #loi_asile #France #valeurs #souveraineté #Etat-nation

      Je mets en relief ici un passage sur la #catégorisation #catégories :

      Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

      Et la question liée aux #préjugés sur l’ #afflux et l’#invasion :

      Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an.

      #idées-reçues

      Et pourquoi, même les #murs et #barrières_frontalières ne marchent pas ?

      Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet.

      et #merci à @philippe_de_jonckheere


  • Gaza : Abbas appelle à éloigner les enfants de la frontière avec Israël
    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-Abbas-appelle-a-eloigner-les-enfants-de-la-frontiere-avec-Israel/913582.rom

    Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé lundi soir à éloigner les enfants de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, théâtre d’affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes depuis le 30 mars.

    « Gardez les jeunes loin de la frontière, éloignez-les, nous ne voulons pas qu’ils finissent handicapés », a-t-il déclaré à Ramallah (Cisjordanie occupée) dans un discours devant le Conseil national palestinien (CNP), Parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), réuni en session régulière pour la première fois depuis 1996.

    #Misère


  • Parc Kalliste, un château dans le désert | Emilien Bernard
    http://cqfd-journal.org/Parc-Kalliste-un-chateau-dans-le

    Le décor est impressionnant, comme tiré d’un film. Mais les neuf tours du parc Kalliste, plantées à flanc de coteau au nord de Marseille, sont bien réelles. Tout comme le grand bâtiment baroque qu’elles encerclent. C’est ici que de jeunes professionnels du secteur médical ont décidé d’implanter leur projet, le Château en santé. Source : CQFD

    • Cette obsession de l’#accueil s’inscrit dans la raison d’être du Château en santé, qui privilégie une approche sociale de la médecine, basée sur le soin, loin de l’abattage ou des prescriptions à outrance. Certains des membres du projet ont ainsi participé au collectif Massilia Santé System, fondé en 2009, qui s’interroge sur l’éthique de la médecine moderne, dénonçant le lobbying pharmaceutique et les pratiques déshumanisées où le soignant est avant tout fournisseur d’ordonnances.

      « On refuse le modèle des consultations formatées de quinze minutes, avec prescription automatique de médicaments », explique Julien, autre généraliste. Et Ségolène de développer : « L’idée est de transformer le rapport au soin. Une consultation doit pouvoir s’étirer en longueur. On se retrouve d’ailleurs souvent à parler d’autre chose que de problèmes de santé, à évoquer le quotidien des patients. Évidemment, cela pose des questions. Jusqu’où on va ? Sachant que toutes les consultations ne peuvent pas durer une heure trente, avec la présence de traducteurs. Il y a un équilibre à trouver. »

      En première ligne, cette obsession : redonner aux habitants du quartier un certain pouvoir en matière de santé. Le médecin n’est ici pas envisagé comme un spécialiste imposant un traitement d’en haut en se focalisant sur des symptômes, mais plutôt comme un interlocuteur prenant en compte les conditions sociales des patients : travail, pauvreté, cadre de vie, etc. Une approche mettant en avant l’idée de « santé communautaire », ancrée dans un territoire et des luttes. Sur le long terme, l’idée est d’encourager les patients à fonder des groupes d’auto-support (de femmes, de migrants, etc.). Et à pallier collectivement l’absence de structures étatiques. Une forme d’éducation populaire, qui renvoie au fonctionnement du Château en santé. Car ici, tout est discuté, sans position hiérarchique figée. Pas de chef de clinique à l’horizon, simplement des collègues qui réfléchissent à l’amélioration d’un projet ambitieux [3].

      Et ça marche. Les habitants du quartier semblent ainsi unanimes : ce que font « ces petits jeunes » (appellation récurrente) est très bien, l’amorce de quelque chose. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à lutter contre le désert. Juste à côté du château, un jardin partagé est en train de voir le jour, avec le soutien de plusieurs associations. Lors d’un récent barbecue en plein air organisé par les mains vertes, l’ambiance était à la reconquête. Ça causait écoles alternatives, initiatives militantes, reprise en main des espaces laissés à l’abandon. Avec pour parfait leitmotiv, ce commentaire asséné par un participant aux agapes, la bouche pleine de merguez : « De loin, on nous regarde comme un territoire à l’abandon, une zone de non-droit. Mais les gens ici sont pareils que partout : ils veulent vivre dans un cadre sympathique. Et on est prêts à se retrousser les manches pour y parvenir. »

      #soin #santé #medecine_sociale #cité #misère #femmes #migrants #égalité_des_salaires #auto-support


  • Belgique Plusieurs Lidl en grève ce jeudi : « Les travailleurs sont déterminés, ils en ont marre » RTBF - 26 Avril 2018

    Le mouvement de #grève se poursuit chez #Lidl : une quarantaine de magasins situés dans les régions de Liège, Charleroi et Mons sont fermés ce jeudi matin. D’autres pourraient suivre en cours de journée. Une assemblée générale du personnel doit se tenir dans la matinée pour décider de la suite à donner au mouvement. Au total, 85 magasins ont déjà été fermés ce mercredi.

    Le personnel dénonce notamment la surcharge de travail. Selon Françoise Malherbe, déléguée SETCa,  "on nous demande d’effectuer toujours plus de travail avec moins de moyens et moins de personnel"

    Myriam Delmée, la vice-présidente du SETCa, dénonce ce jeudi matin la pression de la direction. « Le management passe auprès des gens en disant qu’il y avait des propositions et que ceux qui font grève risquent d’être licenciés, affirme-t-elle au micro de la RTBF. Ce n’est pas une habitude de faire grève chez Lidl donc impressionner les gens ça rapporte quelques fois. »

    La vice-présidente du SETCa ajoute : « Ça va devenir intenable comme climat. Les travailleurs sont déterminés, ils en ont marre. Ça fait trop longtemps qu’on prévient la direction que la charge de travail est insoutenable. Ils ne veulent pas le comprendre. » 

    La direction de Lidl affirme pour sa part qu’elle veut maintenir le #dialogue_social.

    #esclavage #harcèlement

    • https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_liege-3-magasins-lidl-restent-fermes-ce-mercredi?id=9901489

      Les salariés des Lidl de Ans, d’un des magasins de Herstal et de Seraing sont en grève depuis ce mercredi matin. Un mouvement qui est parti du Lidl de Ans qui avait déjà fermé ses portes hier, et qui s’étend désormais à toute la Belgique : les magasins de Lanaken et de Turnhout seront également fermés en raison des actions. Hasselt, Genk, Bruges, la Campine, le Limbourg et toute la région côtière seraient aussi concernés, ainsi que Mouscron et Dottignies, selon L’Avenir.

      D’après la FGTB, tous les magasins de Wallonie picarde et de la région liégeoise sont touchés par le mouvement, ainsi qu’au moins cinq de la région de Charleroi.

      Selon la direction, 80 d’entre eux sont désormais en grève. Du côté du syndicat flamand LBC, on évoquait “environ la moitié des quelque 300 magasins” Lidl en grève. Selon le porte-parole de Lidl Julien Wathieu, aucun magasin bruxellois n’est concerné par ce mouvement à l’heure actuelle.

      Au départ la grogne est partie d’un problème de cantine que les salariés du magasin de Ans disent insalubre. Et depuis la frustration a grandi.
      . . . . . .

      #insalubrité

    • Ce vendredi à 14h chez Lidl, encore 147 magasins en grève

      Le mouvement de grève se poursuit chez Lidl, à quelques heures d’une réunion de conciliation qui s’annonce compliquée tant l’écart entre les propositions de la direction et les revendications des syndicats demeure important. Selon le décompte de l’enseigne, 147 des 302 magasins garderont portes closes vendredi, mais ce chiffre pourrait encore évoluer, indique le front commun.
      . . . . . .
      https://www.rtbf.be/info/economie/detail_reunion-de-conciliation-prevue-ce-vendredi-a-14h-chez-lidl-encore-147-ma

    • Belgique, ce Samedi 28 Avril 2018 :

      . . . . . Tout comme vendredi, environ une centaine de magasins ont fermé leurs portes ce samedi, selon la direction de Lidl.
      . . . . . .
      On ne sait pas encore déterminer combien de magasins Lidl resteront fermés samedi. Il s’agit du quatrième jour de grève en vue de protester contre la surcharge de travail.
      . . . . .

      https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_lidl-les-syndicats-informent-le-personnel-sur-la-proposition-de-la-direc

    • Lidl : quatre centres de distribution sur cinq bloqués, de fortes perturbations attendues lundi RTBF - 29 Avril 2018

      Alors que les dirigeants de Lidl sont parvenus à un accord avec les syndicats chrétien et libéral, le syndicat socialiste continue le mouvement de grève, et a bloqué un nouveau centre de distribution des supermarchés Lidl : celui de Wevelgem, en Flandre occidentale, selon nos collègues de la VRT. Quatre des cinq centres de distribution du pays sont donc bloqués. Ceux de Genk, Marche-en-Famenne et Courcelles étaient déjà bloqués depuis ce samedi.

      Un dernier centre de distribution du groupe, situé à Sint-Niklaas, était encore libre dimanche en fin de journée, mais pourrait être bloqué dans les heures à venir, a indiqué dimanche Myriam Delmée, vice-présidente du Setca.
      . . . . . .

      Depuis la dernière rencontre de vendredi soir, la direction de Lidl n’a envoyé aucune invitation aux organisations syndicales pour reprendre les discussions. « La journée de lundi sera donc marquée par des perturbations importantes »,
      . . . . . .
      Le mouvement de grogne envers Lidl ne se limite désormais plus à la Belgique. Les travailleurs du groupe au Portugal ont en effet entamé dimanche deux jours de grève pour dénoncer leurs « salaires de #misère », ainsi que le manque de personnel et la charge horaire de travail.

      #Portugal


  • Andréas Sniadecki, Jean-Jacques Kupiec, l’ignorance au cœur de la cellule, 2018

    Un penseur étrange en biologie a fait connaître ses théories ces dernières décennies : #Jean-Jacques_Kupiec et son idée d’#ontophylogenèse. Pour lui, le fonctionnement de la cellule vivante et la formation de l’être vivant au cours du développement (ontogenèse) sont fondées sur des mécanismes identiques à ceux de l’évolution des espèces (phylogenèse), à savoir, le hasard des variations et la sélection naturelle, selon la théorie de Charles Darwin, le coryphée de la biologie et de l’évolution dans sa forme moderne. [...]

    Autant cette théorie semble simple, voire simpliste, autant l’appareillage conceptuel et philosophique qui l’habille est complexe et sophistiqué. Malheureusement, un examen un peu attentif révèle que cet habillage est là essentiellement pour impressionner les badauds et les journalistes scientifiques et faire tenir la théorie debout en semant la confusion dans les esprits. Dépouillée de ses oripeaux, cette théorie apparaît pour ce qu’elle est : une énième variante du fétichisme qui entoure le mécanisme de la #sélection_naturelle imaginé par Darwin.

    http://sniadecki.wordpress.com/2018/03/20/sniadecki-kupiec

    http://archive.org/details/SniadeckiKupiec

    #darwinisme, #biologie, #critique_techno, #misère_intellectuelle.


  • Au coeur de l’Amérique du charbon

    Fidèle à sa promesse de relancer l’#industrie_du_charbon aux États-Unis, Donald Trump a assoupli la réglementation et permis d’en augmenter la production. Un espoir pour les mines et l’économie de la #Virginie-Occidentale.

    Dans ce petit État traversé par les #Appalaches, qui se pare à l’automne de couleurs chatoyantes, résonne encore le sifflement des locomotives chargées de charbon. Depuis l’élection de Donald #Trump, l’espoir renaît en Virginie-Occidentale, une région économiquement sinistrée. Selon les statistiques de l’administration minière fédérale, 1 345 emplois y ont été créés dans la filière « charbon » au cours de l’année 2017.
    Pour ce #documentaire, la réalisatrice Carmen Butta a suivi une famille de mineurs et le travail de ces derniers jusque dans les entrailles de la terre. Elle a également assisté à une messe pentecôtiste et rencontré le shérif Martin West, qui a décidé d’attaquer en justice les trois plus puissants groupes pharmaceutiques américains pour les ravages causés par la surconsommation d’opioïdes.


    https://www.arte.tv/fr/videos/075788-000-A/au-coeur-de-l-amerique-du-charbon
    #charbon #montagne #industrie_minière #USA #Etats-Unis #pollution #extractivisme #cancer #santé #silicose #mines #film #religion #drogue #destruction #pauvreté #chasse #chômage #évasion_fiscale #Welch #désindustrialisation #mécanisation #oxycodone #big-pharma #big_pharma #industrie_pharmaceutique #misère #toxicomanie #opioïdes #overdose

    #espérance_de_vie des hommes = 64 ans, soit la plus basse des Etats-Unis


  • Avis de tempête sur le Printemps des poètes | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/158644/avis-de-tempete-sur-le-printemps-des-poetes

    La scène se déroule le jeudi 1er mars. Comme chaque année avant le Printemps des poètes, le Ministère de la Culture organise une conférence de presse censée introduire l’événement dont la vingtime édition a officiellement débuté deux jours plus tard, avec « L’ardeur » pour thématique affichée. Mais alors que la Garde républicaine accueille les invités en grande pompe dans une cour aussi glaciale que le reste de la France ce jour là, le comédien Jacques Bonnaffé craque littéralement : « MAIS ELLE EST OÙ, MAIS ELLE EST OÙ LA POÉSIE ? », se met-il à hurler le poing levé tandis que les trompettes militaires jouent encore. [...]

    C’était certes la première fois que la #Garde_républicaine ouvrait ainsi la manifestation annuelle, une mise en scène imaginée par #Sophie_Nauleau, nouvelle directrice artistique de l’événement [...]

    le comédien a été prié de quitter les lieux et n’a pas pu assister à la conférence de presse. #Jacques_Bonnaffé condamne « une attitude de gendarme indigne de représentants de la poésie ».

    Bravo à lui :) #misère


  • Néoféminisme et Ordre moral - L’herbe entre les pavés
    http://lherbentrelespaves.fr/index.php?post/2018/02/25/N%C3%A9of%C3%A9minisme-et-Ordre-moral

    Ce texte intitulé #Néoféminisme et #ordre_moral comporte quatre parties. Après une première partie introductive, la deuxième fait retour sur les vingt dernières années pour tenter de définir ce que serait un ordre moral contemporain (de Dutroux à Outreau pour la séquence #pédophile, sur le volet « #prostitution » d’une loi de 2002, l’analyse d’un cas supposé de « #harcèlement_sexuel », etc). La troisième revient longuement sur les conséquences de « l’#affaire_Weinstein » (avec Carmen, Polanski, Winfrey et d’autres protagonistes) : l’accent étant principalement mis sur le différend opposant les signataires de la tribune « Cent femmes pour une autre parole » publiée par Le Monde, et les contemptrices de cette tribune (à travers les nombreuses réactions critiques ou indignées parues courant janvier dans la presse). D’où, ceci exposé, le traitement de ce moment polémique sous l’angle du #consentement, de la #victimisation, du #traumatisme, mais de manière plus développée en termes de #criminalité_sexuelle, de #misère_sexuelle, et surtout de #puritanisme (tout en prolongeant ici l’analyse faite précédemment sous le prisme de l’ordre moral depuis un regard critique sur les mouvements « #metoo » et « #balancetonporc »). Enfin la quatrième partie, qui vaut comme conclusion, est consacrée à la « question de l’amour » chez #Charles_Fourier, en particulier à travers son ouvrage posthume Le Nouveau monde amoureux.


  • These Are the World’s Most Miserable Economies - Bloomberg

    https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-02-14/most-miserable-economies-of-2018-stay-haunted-by-inflation-beast

    L’idée du « #misery_index » est plutôt intéressante #indice #index #misère_économique mais misery ou miserable en fançais doit sans doute se traduire par autre chose que « misérable », je pense à calamiteu·se, malheureu·se, piteu·se voire lamentable. Je me souviens vaguemen que c’est un faux-ami

    Rising prices are more of a threat to the global economy this year than joblessness, according to Bloomberg’s Misery Index, which sums inflation and unemployment outlooks for 66 economies.

    Venezuela marks its fourth year as the world’s most miserable economy, with a score that’s more than three times what it was in 2017. Thailand again claimed “least miserable” status, though the nation’s unique way of calculating unemployment makes No. 2 Singapore worth noting. Elsewhere, Mexico looks to make big strides this year as inflation becomes more manageable, while Romania absorbs more misery for the opposite reason.

    #indice #index #indicateur #statistique #critère #urban_matter