#piketty

    • Résumer la réforme en disant que les cadres supérieurs paieront 2,8% de cotisations contre 28% pour les autres salariés est trompeur. Jusqu’à 120 000 euros par an, les cadres cotiseront comme les autres, à 28,12%. Au-delà, les plus hautes rémunérations ne cotiseront certes plus que 2,8%, mais uniquement au titre de la solidarité pour le financement du régime, et sans acquérir de droits. On peut, comme le fait Thomas Piketty, estimer que la réforme aurait dû mettre davantage à contribution les plus hauts salaires (on parle là des 1 à 2% de salariés gagnant le plus, avec des rémunérations nettes supérieures à 8 000 euros et pouvant aller bien au-delà) en prévoyant une fraction de cotisation solidaire plus élevée. En revanche, il est inexact, assurent les syndicats, de dire que la réforme favorise les cadres concernés par rapport à la situation existante.

      https://www.liberation.fr/checknews/2019/12/03/retraites-est-il-vrai-que-les-cadres-ne-cotiseront-plus-qu-a-hauteur-de-2

      les cadres supérieurs cotiseront moins

      « Un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous : à cotisation identique, retraite identique », a expliqué Jean-Paul Delevoye. Mais si le gouvernement prévoit pour sa réforme de faire bénéficier les revenus modestes d’un dispositif minimum de pension, du côté des cadres supérieurs, la situation pourrait être toute autre. Le taux de cotisation sera identique pour les salariés (28,12 %), mais il s’appliquera jusqu’à 120 000 euros de revenus (soit trois fois le plafond de la Sécurité sociale). Au-delà, une cotisation de 2,81 % s’appliquera. Elle ne sera pas « créatrice de droits » et participera au financement de la solidarité.

      « Ainsi, les cadres supérieurs, qui paient aujourd’hui des cotisations jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale (soit 320 000 euros bruts par an), devraient à partir de 2025 ne payer que 3 plafonds. Ils paieront moins de cotisations, ce qui signifiera aussi moins de droits à la retraite, donc des pensions finalement plus faibles », déplore Sophie Binet.

      Pour la co-secrétaire générale de l’Ugict-Cgt, la prise en compte de l’ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé, devrait également pénaliser les cadres : « avec ce système, celles et ceux qui ont eu des carrières ascendantes seront particulièrement perdants. Plus vous aurez un salaire de fin de carrière éloigné de celui du début, plus vous serez défavorisé ».

      http://courriercadres.com/economie/politique-economique/reforme-des-retraites-et-rapport-delevoye-vers-un-declassement-des-c

      à propos de #Piketty, lire l’article du Canard enchaîné du 18/12 publié en première page.

      https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-18-decembre-2019


      je vous le recopie, le Canard n’est lisible que sur papier et c’est tant mieux :

      « Monsieur Plus » des retraites
      L’ÉCONOMISTE Thomas Piketty, qui n’a pas de mots assez durs contre la fiscalité libérale, accusée de creuser les inégalités, est monté à l’assaut du projet de réforme des retraites, qu’il juge « pas assez égalitaire ». Le « Monsieur Plus » des impôts vise notamment la disposition qui prévoit que, au-delà de 120 000 euros de revenus par an, les citoyens devront acquitter une cotisation réduite de 2,8 % pour le droit commun.
      « Il faut mettre [les riches] plus à contribution » , a t-il lancé le 4 décembre lors du Sommet de l’économie organisé par le magazine « Challenge » . En oubliant au passage que les fameux 2,8 % ne procureront aucun revenu supplémentaire aux retraités. C’est en fait une cotisation sans contrepartie. Une taxe de solidarité reversée aux autres retraités moins bien lotis. Exactement le genre de mesure de redistribution , même s’il ne la trouve pas assez élevée, que demande Piquetty à longueur de (gros) livres.
      En fait, le brillant économiste est un poil gêné par rapport au système de retraite envisagé. Il a en effet préfacé et encensé la thèse de son élève Antoine Bozio, qui préconise l’instauration d’une retraite par points. Celui-là même qui a inspiré la retraite Macron.
      Un point c’est tout .

      à noter que le prochain Canard est en vente demain et le dernier de l’année mardi prochain.
      à noter aussi qu’ils [Thomas Piketty, Osons Causer, les cadres et les riches] aillent se faire cuire le cul.

  • À propos de #Piketty et de la réforme des retraites, je retranscris ici une analyse faite par #Réseau_Salariat qui contextualise ses prises de positions.

    https://twitter.com/ReseauSalariat/status/1201132220909531136

    « Attendez on a raté un truc là, pourquoi tout le monde se met à partager la tribune nulle de Piketty dans Libé là ? Tout le monde a oublié qu’il a directement inspiré la réforme actuelle ?

    Son bouquin « pour un nouveau système de retraites » (2008) plaide pour « des comptes individuels », garantissant plus de « justice », au motif que le système actuel est trop « complexe ».

    Eh oui, c’est à 100 % l’argumentation du gouvernement actuel pour défendre sa réforme. Ben voilà, Piketty plaide depuis longtemps pour la casse de la retraite conçue comme une continuation du salaire, pour la remplacer par un système de comptes individuels…

    Lisez-le si vous aimez vous faire du mal, on croirait du Delevoye :
    http://piketty.pse.ens.fr/files/BozioPiketty2008.pdf
    Tout y est : la « crise actuelle du système de retraites », le besoin d’un système plus « simple » et plus « juste » parce que les gens n’ont plus « confiance » dans le système actuel…

    Et on retrouve le principe central de la réforme : « Les travailleurs accumulent tout au long de leur carrière professionnelle des cotisations de retraite sur un compte individuel » (p. 17)
    Garanti 100 % idéologie du « j’ai cotisé j’ai droit »

    Et même la bipartition du système de retraite, que Macron comme ses prédécesseurs veut accentuer (c’est p. 54) :
    -- une partie « solidaire » : le minimum vieillesse pour les pauvres qui n’ont pas assez cotisé ;
    -- une partie « contributive » pour les bons élèves qui ont bien cotisé

    Alors Piketty aurait changé d’avis ? Pas du tout : il critique la réforme, mais jamais la retraite à points. Comme maintenant sa part de marché c’est « économiste de gauche », il critique Macron pour la forme, dit que la réforme est inégalitaire…

    Et déplore que les riches ne paient pas plus d’impôt. Mais rien sur le principe même de la réforme : en gros, si Macron n’avait pas supprimé l’ISF, il aurait été favorable à la réforme (lol). Bizarrement tout le monde a oublié de l’interroger là-dessus…

    Il est complètement en accord avec cette vision de la retraite comme un différé de cotisation, comme le fruit de l’accumulation sur un compte individuel de la part non consommée de son revenu.

    C’est cette vision qu’il faut combattre : défendons la retraite telle que Piketty & co veulent la combattre, en revendiquant une ce principe du salaire continué : suppression des conditions de cotisation pour avoir droit à une retraite au niveau de son meilleur salaire, à 50 ans !

    Bonus : on a fouillé nos archives, et on est retombé⋅es sur pages délicieuses du journal de l’internationale sardonique, Pour lire pas lu (PLPL), qui constituent d’utile rappel sur le sujet Piketty & les retraites…

    L’ascension sociale d’Élie faisait trépigner de jalousie un autre économiste : #Thomas_Piketty.

    Les journalistes l’appellent « le petit prodige » (PP). En effet, à l’âge ou l’éditorialiste de Libération #Jean-Michel_Helvig interrompait sa croissance intellectuelle (neuf ans et demi), Piketty était déjà néolibéral. Associée à un attirail de diplômes américains, cette précocité lui vaut d’être recruté par tous ceux qu’ensorcelle le conformisme plaqué or : la #Fondation_Saint-Simon (lire #PLPL n°16) lui confie la rédaction de « notes » ; #Serge_July l’embauche comme chroniqueur économique à #Libération ; le #CAE l’intègre dans ses rangs ; l’École des hautes études en sciences sociales de Paris l’élit directeur de recherches.

    Enfin, il devient la coqueluche du #Parti_de_la_presse_et_de_l'Argent (#PPA). La célébration de la baisse des charges sociales et l’exigence d’une mise en concurrence des universités l’amènent tout naturellement à défendre la réforme des #retraites de #Raffarin et à qualifier de « combat injustifiable » la revendication de trente-sept années et demi de cotisation pour tous. Comme la plupart des éditorialistes économiques de Libération, Piketty se cabre quand on parle de taxer le capital : « Les riches sont-ils effectivement assez riches pour payer les retraites ? La réponse à cette question est malheureusement négative. » Et comme tous les économistes qui œuvrent depuis trente ans au désarmement idéologique de la gauche, Thomas s’emploie à « se construire une image progressiste et simultanément [à] maintenir l’essentiel du credo libéral. »

    En effet, l’humanité doit à Piketty une découverte inouïe : l’impôt progressif a des effets redistributifs. Cette conclusion a suscité l’ébahissement intéressé des journalistes qui cherchent à se reclasser dans le courant « altermondialiste ». Au Nouvel Observateur, Laurent Mouchard ne se vante plus comme en 1993 d’avoir été l’un des « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche »(France 2, 02.06.93) ; il interroge Piketty sur les bienfaits de l’impôt et le couvre de caresses (30.08.01). Puis vient le tour d’un autre opportuniste, #Sylvain_Bourmeau, qui interviewe Piketty dans Les Inrockuptibles (17.08.02). Piketty le rassure : « L’affrontement capital/travail est obsolète ». Entre-temps, #Edwy_Plenel a consacré au Petit Prodige une séance de téléachat débridée sur LCI. Le 8 septembre 2001, « Le Monde des idées » s’achève et le RTA se dandine comme un dément. Il agite le gros ouvrage de son invité : « Retenez son nom ! Thomas Piketty, je ne sais pas s’il sera prix #Nobel un jour, mais en tout cas, à trente ans, il fait le livre de la rentrée ! Le livre événement ! Le livre qui est débattu aujourd’hui par tous les politiques !! Une somme, un scoop derrière cette somme ! » À ce stade, les quelques cameramen de LCI pour qui l’effet redistributif de l’impôt progressif sur le revenu n’est plus « un scoop » depuis 1914, hésitent à requérir les services d’un infirmier. Mais le directeur des rédactions du Monde est déchaîné : « C’est un livre savant, stimulant !! Ce n’est pas un livre ardu même s’il est savant ! C’est un livre pédagogique ! Il faut absolument le lire ! Thomas Piketty j’ai fait la publicité pour votre livre mais c’est sincère [...] Pour préparer les débats à venir de la campagne électorale, achetez ce livre, lisez-le, discutez-le, travaillez-le stylo en main !! » (Notre stock de points d’exclamation est quasi épuisé).

    Léché par les simples d’esprit, #Piketty est certain de son génie. Ses travaux s’en ressentent. Le document explosif que publie PLPL montre qu’il aurait dû apprendre à lire avant de soutenir son doctorat. Le 26 novembre 2001, Thomas Le Prodige consacre sa chronique de Libération à la dénonciation de

  • Violences conjugales : Aurélie Filippetti porte plainte pour diffamation contre Thomas Piketty

    https://www.lesinrocks.com/2019/11/30/actualite/societe/violences-conjugales-aurelie-filippetti-porte-plainte-pour-diffamation-c

    Après avoir été apostrophé au sujet de faits de violence envers son ex-conjointe Aurélie Filippetti, l’économiste avait indiqué que cette dernière avait été violente envers ses filles. L’ex-ministre a déposé plainte pour #diffamation, ce jeudi, auprès du procureur de la République.

    Cela faisait dix ans qu’elle ne s’était pas exprimée publiquement sur cette affaire. « Suite aux déclarations publiques de Thomas Piketty, j’ai déposé ce jour une plainte en diffamation devant le procureur de Paris », a simplement indiqué Aurélie Filippetti sur sa page Facebook ce jeudi 28 novembre.

    https://twitter.com/WCM_JustSocial/status/1197607748629934080

    https://archive.org/details/pikettyinterpellesurlesviolencesconjugalescommisesalencontreaureliefilippet

    https://archive.org/details/lexministreaureliefilippettiporteplaintecontrethomas

    Une semaine plus tôt, invité lors d’une conférence à l’ #Institut_d'Etudes_Politiques (#IEP, #Sciences_Po) de Toulouse, l’économiste Thomas Piketty, ex-conjoint d’Aurélie Filippetti, avait été interpellé par une étudiante : « Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez du fait de faire cette conférence alors que dans trois jours, le 23 novembre, on va avoir la #Marche_contre_les_violences_faites_aux_femmes.. ? A l’IEP c’est la semaine des #violences_sexistes et sexuelles... », a déclaré la jeune femme devant l’étonnement de l’assemblée. Une scène diffusée sur Twitter et à laquelle Aurélie Filippetti avait répondu d’un simple « merci ».

    « C’est votre intervention que je trouve indécente », avait alors rétorqué l’auteur de Le capital au XXIe siècle à l’étudiante, avant de poursuivre : « La relation dont vous parlez a été une relation avec une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mise hors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, et je vous assure qu’après le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes se seraient beaucoup plus énervées. »

    Ce sont ces mots qui sont visés dans la plainte déposée par l’ancienne #ministre_de_la_Culture, fait savoir aux Inrocks son avocat Me Vincent Tolédano. « Aurélie Filippetti a été très choquée des propos de #Thomas_Piketty, en tournée de promotion de son nouveau livre, jeudi dernier, à Toulouse, deux jours avant la marche contre les violences faites aux femmes. Accuser sa victime de violences sur mineurs est tout simplement insupportable », nous précise-t-il.

    « C’est un mensonge total », se défend #Aurélie_Filippetti dans une interview au Corriere della Serra, publiée ce vendredi 29 novembre, où elle évoque des actes de violence répétés. « En 2009, je l’avais dénoncé pour des violences qui ne concernaient pas que ce soir-là mais se répétaient. Et je n’ai retiré la plainte qu’après sa déclaration écrite », précise-t-elle dans les colonnes du journal italien. « Il fait porter la responsabilité sur la femme, sur moi, la victime », regrette l’ex-ministre. Elle ajoute : « C’est fou, pour se défendre, il a décidé d’inventer une histoire, d’un bout à l’autre. Il aurait pu simplement dire : ’Je préfère ne pas parler de ce sujet’, mais il a inventé toute une histoire parce qu’il n’a pas encore pris conscience de sa propre violence. »

    [...]

    Le 16 septembre 2009, le procureur de la République de Paris, a avisé Thomas Piketty de sa décision « de ne pas exercer dans l’immédiat des poursuites », suite au retrait de plainte d’Aurélie Filippetti contre son ancien compagnon, pour violences volontaires -, sa décision de classement étant « révocable à tout moment », souligne Me Vincent Tolédano, l’avis constituant toutefois « un avertissement » et un « rappel à la loi ».

    #Violences_conjugales

    • L’article de l’OBS paru à l’époque, le 26 septembre 2009

      Violences conjugales : avertissement et rappel à la loi pour Piketty
      https://www.nouvelobs.com/societe/20090924.OBS2364/violences-conjugales-avertissement-et-rappel-a-la-loi-pour-piketty.html

      L’enquête préliminaire ouverte à Paris à la suite d’une plainte pour violences entre conjoints déposée par la député PS de Moselle Aurélie Filippetti à l’encontre de l’économiste Thomas Piketty a débouché, mercredi 23 septembre, sur « un avis de classement, avertissement et rappel à la loi ».

      « M. Piketty ayant reconnu les faits de violence à l’encontre de Mme Filippetti et s’étant excusé, Mme Filippetti, dans l’intérêt des familles et des enfants, n’a pas donné suite à la procédure », a-t-on fait valoir dans l’entourage de la député socialiste.

      Sollicité par l’AFP, Thomas Piketty n’a pas souhaité faire de commentaire.

      Au cours de cette enquête, l’ économiste, conseiller économique de la candidate socialiste Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007, avait été pendant plusieurs heures entendu en garde à vue par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
      (Avec AFP)

    • L’ex ministra Filippetti : « Piketty mi picchio più volte e ora mi dà la colpa »

      L’ancienne ministre Filippetti : « Piketty m’a frappé à plusieurs reprises et maintenant il m’en veut »

      https://www.corriere.it/esteri/19_novembre_29/ex-ministra-filippetti-piketty-mi-picchio-piu-volte-ora-mi-da-colpa-c4e807e

      La traduction (google traduction, désolé) de l’interview :

      Que contestez-vous dans le récit de Piketty ?

      "Tout. En 2009, je l’avais dénoncé pour des violences qui ne concernaient pas que ce soir-là mais se répètent. Et je n’ai retiré la plainte qu’après sa déclaration écrite ».

      Que contient cette déclaration de 2009 ?

      "Il a reconnu des épisodes répétés de violence et s’est excusé. C’est un document officiel déposé auprès de l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui s’est alors prêté à un rôle de médiateur entre nous. À ce stade, ayant obtenu la reconnaissance des faits et des excuses, j’ai dû retirer la plainte pour éviter une nouvelle couverture médiatique. Il n’a pas du tout été totalement absous comme il essaye de le faire croire. Le procureur lui a quand même donné un avertissement et un rappel de la loi ".

      Combien de temps a duré l’enquête ?

      "Ce n’était pas une chose simple. Il a été mis en garde à vue, interrogé, l’enquête a duré plusieurs mois. Il y a une semaine, à la veille des manifestations en France contre la violence à l’égard des femmes, une étudiante de l’Université de Toulouse l’a interrogé sur ses actions passées. J’ai vu la vidéo, j’ai su ce qu’il avait publiquement répondu dans cet amphithéâtre, puis j’ai contacté l’avocat et jeudi j’ai présenté le procès en diffamation ».

      Piketty dit qu’il vous a poussé, que vous êtes tombez entre la porte et le montant de la porte.

      "Attention, rien de tout cela ne s’est passé. Ce sont des choses douloureuses pour moi. Blame it sur la femme, sur moi, la victime. C’est fou, pour se défendre, il a décidé d’inventer une histoire, de haut en bas. Il aurait pu simplement dire : "Je préfère ne pas parler de ce sujet", mais il a inventé toute une histoire parce qu’il n’a pas encore pris conscience de sa propre violence ".

      #Piketty vous accuse d’être violente avec ses trois jeunes filles.

      "C’est totalement faux, à tel point que c’est moi qui ai porté plainte contre lui pour actes de violence à l’époque, et non pas lui qui m’a dénoncé pour actes de violence à l’encontre de ses filles. C’est un mensonge total. Je suis la victime qui s’est tournée vers la police. Il essaie de complètement changer les choses. "

      Pensez-vous que votre ancien compagnon a été pris au dépourvu par l’étudiante ?

      "Je ne sais pas. Certains personnages masculins sont convaincus qu’ils sont au-dessus des lois. Ce qui est incroyable, c’est que je peux dire quelque chose comme ça, encore maintenant, après tout ce qui s’est passé avec le mouvement #MeToo et la prise de conscience de la violence à l’égard des femmes. Nous étions à deux jours de la grande manifestation contre les violences faites aux femmes, alors que la #France était totalement mobilisée sur ces questions. Il est terrible que la négation des faits aille si loin ".

      À la lumière de ce qui s’est passé ensuite, avez-vous regretté d’avoir retiré votre plainte il y a dix ans ?

      « Nous ne pouvons pas juger le choix d’alors avec la mentalité d’aujourd’hui. À l’époque, on avait tendance à minimiser la violence, comme il le fait encore aujourd’hui : quand il suggère que cela ne s’est produit qu’une fois, quand il parle d’une poussée au lieu de coups répétés, il minimise. Cependant, même alors, l’affaire a éclaté, mais sans conséquences majeures, peut-être parce que la société n’était pas prête. Il n’y avait pas encore de mouvement #MeToo ».

      Vous ne vous parlez plus ?

      "Non, jamais, c’est impossible. Son comportement à Toulouse est symptomatique de la violence sous-jacente. Ses phrases sont un autre acte violent. Contre moi et aussi contre ma fille, qui à l’époque avait 11 ans et se souvient très bien de tout ».

    • Les archives de 2009 montrent que Thomas Piketty qualifiait cette affaire d’ « histoires de caniveau ».

      On notera aussi qu’à l’époque le Nouvel Observateur (OBS) avait traité le sujet de manière légère (3 articles pour en tout 2800 caractères), à comparer avec l’article de Médiapart sur le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles infligés par Christophe Rugia (57000 caractères)

      Le nouvel observateur semble avoir été le seul a relayer les conclusions de l’enquête via la dépêche AFP du 26 septembre 2009, comme on peut le voir sur cette recherche Google :

      Et le 4 mars 2019 Daniel Schneidermann se demande s’il faut en parler dans la mesure où ça ne serait qu’une affaire privée.

      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/la-deputee-leconomiste-et-les-violences-conjugales

      Filippetti a porté plainte pour violences conjugales 04 mars 2009
      https://www.nouvelobs.com/politique/20090303.OBS7099/filippetti-a-porte-plainte-pour-violences-conjugales.html

      La députée socialiste Aurélie Filippetti a déposé une plainte contre son compagnon, l’économiste Thomas Piketty, pour violences entre conjoints, a-t-on appris mardi 3 mars. Une enquête préliminaire a été ouverte, a indiqué une source proche du dossier.
      Cette plainte a été déposée le 6 février par la porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, Aurélie Filippetti. Tout comme Thomas Piketty, elle est proche de Ségolène Royal.

      « Une affaire privée »

      Aurélie Filippetti fut pendant la campagne présidentielle de 2007 conseillère spéciale de la candidate pour les questions liées à l’environnement, la culture et l’éducation. Tandis que son compagnon occupait un poste de conseiller économique.
      Contactée par l’AFP, la députée âgée de 35 ans, a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire. « C’est une affaire privée », a-t-elle déclaré.
      "Ce sont des histoires de caniveau", a pour sa part affirmé à l’AFP Thomas Piketty, 37 ans.
      L’enquête préliminaire, ouverte à la mi-février, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). (avec AFP)

      Le compagnon de Filippetti placé en garde à vue 17 mars 2009
      https://www.nouvelobs.com/politique/20090317.OBS9255/le-compagnon-de-filippetti-place-en-garde-a-vue.html

      L’économiste Thomas Piketty a été placé, mardi 17 mars, en garde à vue à Paris dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris après la plainte de sa compagne, la députée socialiste Moselle Aurélie Filippetti, pour violences entre conjoints, a indiqué une source judiciaire.
      Proche du Parti socialiste, Thomas Piketty, a été conseiller économique de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007.
      Thomas Piketty a été placé en garde mardi matin dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) chargée de l’enquête, où il était convoqué.
      Le parquet de Paris a ouvert à la mi-février une enquête préliminaire à la suite d’une plainte déposée par Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, à l’encontre de son conjoint.

    • La retranscription des échanges, notamment parce que l’intervention finale d’Olivier Brossard, le directeur de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, est bien gerbante (tout comme tous les mensonges de Thomas Piketty, mis en gras) :

      Étudiante féministe

      Mon intervention s’adressera à vous mais aussi aux organisateurs et organisatrices de cet évènement ainsi qu’à l’assemblée.

      J’aimerai recontextualiser un peu cette conférence. Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez de faire cette conférence alors que dans trois jours le 23 novembre on va avoir une marche contre les violences faites aux femmes. Cette semaine à l’IEP (de Toulouse) c’est la semaine des violences sexistes et sexuelles contre les femmes, donc je voulais savoir ce que vous en pensiez je voulais aussi savoir ce que vous pensiez des pensées autour des violences économiques envers les femmes.

      Thomas Piketty

      Ouais, je peux vous répondre ?

      Étudiante féministe

      Est-ce que vous pouvez me laisser finir s’il vous plaît ?
      Et du coup, je voulais savoir, pour les organisateurs et les organisatrices, si vous ne trouviez pas ça quelque peut indécent d’inviter quelqu’un qui...

      Thomas Piketty

      Alors moi je vais.... Attendez, je vais vous répondre. Je vais vous répondre et je vais vous dire pourquoi c’est votre intervention que je trouve indécente. Parce que si vous voulez le concours de la police ou de la magistrature pour faire des enquêtes, moi je vous invites à le passer et à faire ces enquêtes.

      En l’occurrence, vous parlez d’une affaire qui a été classée sans suite à l’issue d’une enquête dont... je vous mets au défi de trouver des éléments d’information qui pourraient justifier, enfin indiquer qu’il y aurait pu avoir des choses qui auraient été mal enquêtées, dissimulées etc.

      Moi ce que je peux vous dire c’est que la relation dont vous parlez a été une relation avec une personne plutôt extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui maintenant sont grande, mais qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mis dehors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, mais je vous assure que vu le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes seraient beaucoup plus énervées que ça.

      Je regrette l’avoir poussé dehors de chez moi, elle est tombée juste dans l’entrebâillement de la porte, ce qui ne l’a pas empêche d’aller travailler le lendemain et le lendemain. Je le regrette néanmoins, mais je peux vous dire que par rapport aux violences faites par rapport à mes filles, le fait de la mettre hors de chez moi était une réaction [inaudible].

      Donc voilà vous savez tout de l’affaire. Moi je suis, je peux en parler plus longuement si vous voulez. Tout ce que je peux vous dire c’est que voilà, moi j’ai trois filles qui ont 16 ans, 19 ans, 22 ans. Il n’y a rien de plus éloigné de moi que l’idée de violence, avec que ce soit... conjointe ou qui que soit. Moi vraiment je vous invites... Je veux dire vous avez raisons d’être soucieuse de ces questions. Je le suis au moins autant que vous, mais simplement aller prendre la parole comme ça sans aucune information. Vous ne disposez d’aucune information précise sur cette affaire. Moi vraiment je vous invite, si vous pensez que les enquêtes ont été mal menées, allez passer le concours de la police, de la magistrature et faites de meilleurs enquêtes. Voilà.

      Thomas Piketty est applaudit par la salle. L’étudiante féministe souhaite reprendre la parole.

      Thomas Piketty

      Écoutez, je vous ai répondu. Je crois que ça suffit maintenant.

      Olivier Brossard Professeur de sciences économiques,
      Directeur de Sciences Po Toulouse

      Faites un peu d’introspection. Réfléchissez quand même un tout petit peu à ce que vous faites. C’est vous qui êtes indécente là. Stop, on s’arrête là. Une dernière question.

    • Une semaine plus tôt, invité lors d’une conférence à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse, l’économiste Thomas Piketty, ex-conjoint d’Aurélie Filippetti, avait été interpellé par une étudiante : « Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez du fait de faire cette conférence alors que dans trois jours, le 23 novembre, on va avoir la Marche contre les violences faites aux femmes.. ? A l’IEP c’est la semaine des violences sexistes et sexuelles... », a déclaré la jeune femme devant l’étonnement de l’assemblée. Une scène diffusée sur Twitter et à laquelle Aurélie Filippetti avait répondu d’un simple « merci ».

      « C’est votre intervention que je trouve indécente », avait alors rétorqué l’auteur de Le capital au XXIe siècle à l’étudiante, avant de poursuivre : « La relation dont vous parlez a été une relation avec une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mise hors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, et je vous assure qu’après le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes se seraient beaucoup plus énervées. »

      Je grasse parce qu’il ne faut pas que cette merde de remise en cause du propos d’une féministe passe inaperçue. Il peut lui répondre que c’est pas lui, qu’il a eu raison, tout ce qu’il veut sauf de dire que des féministes qui abordent la question des violences masculines sont indécentes.

      #violences_masculines #on_te_croit #violences_conjugales

    • @antonin1 apparemment les masculinistes aiment ce mot qui parlent d’eux puisque le directeur de #sciences_po_Toulouse, comme le note @gastlag parle aussi d’indécence dans sa morgue méprisante

      Olivier Brossard Professeur de sciences économiques,
      Directeur de Sciences Po Toulouse

      Faites un peu d’introspection. Réfléchissez quand même un tout petit peu à ce que vous faites. C’est vous qui êtes indécente là. Stop, on s’arrête là. Une dernière question.

      La #bienséance_masculine c’est exposer ses couilles l’avant veille des manifs contre les violences faites aux femmes.

    • À priori c’est pas que c’est eux qui l’emploient d’eux-mêmes, c’est l’étudiante qui a employé de mot en tout premier en disant « ne trouvez vous pas indécent d’inviter… » et du coup eux ensuite répondent « c’est vous qui êtes indécente » en reprenant sa phrase (genre « aaah c’est toi qui l’est, cassééée »).

    • @rastapopoulos c’est fort possible qu’ils aient repris cette expression puisqu’elle était lancé, mais ca n’attenue pas leur choix de la renvoyer ainsi, et ca montre leur manque de réflexion sur le sujet. Comme le souligne @antonin1 cette étudiante à fait son travail de militante et il n’y a aucune indécence à posé cette question.

      #couilles_de_cristal #sauflamisme (cf - toutes les femmes sont discriminés sauf-la-mienne ) #macho_de_gauche

    • Oui je sais parfaitement que l’étudiante lui pose cette question, et je suis d’accord avec ce terme concernant l’attitude de Piketty. Parce qu’il est réellement indécent de venir parader l’avant veille d’une manif sur les violences faites aux femmes alors qu’il a frappé sa femme. Et renvoyer ce terme marque bien le peu de cas que ces deux hommes font des femmes, à commencer par l’étudiante qui se fait humilier alors que la salle applaudit les deux grands hommes, l’un directeur, l’autre orateur invité qui viennent d’asséner une fin de non recevoir à sa deuxième question avec un mépris abjecte que je ne pourrais pas comparer à un jeu d’enfant mais à la fraternité des salopards qui font taire les femmes.

    • Piketty intervenait peut-être en s’imaginant que cette histoire était passé sous le radar de plein de monde (brava la féministe qui a malmené le grand homme). Mais on ne peut pas lui reprocher d’exister la semaine d’avant le 25 novembre !

      On pourrait lui reprocher de sortir un disque le 25 novembre (si si, ça a été fait, devinez par qui) ou de se mettre du rouge à lèvres contre les violences masculines.

      J’espère que Piketty se prendra la même chose que Baupin, avec une justice incapable de mettre des mecs devant leurs responsabilités mais qui au moins sait rétablir la vérité quand elle est malmenée en public.

      Je garde l’idée des couilles de cristal pour comparer avec la stigmatisation des snowflakes par Couturier.
      https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-du-vendredi-06-avril-2018

    • Piketty intervenait peut-être en s’imaginant que cette histoire était passé sous le radar de plein de monde (brava la féministe qui a malmené le grand homme). Mais on ne peut pas lui reprocher d’exister la semaine d’avant le 25 novembre !

      He ben moi oui, je peux tout à fait reprocher à Piketti ou à n’importe qui d’oublier pif pof qu’il ait tabassé sa femme et de continuer à se pavaner comme si de rien. Et je me carre de son existence dans les amphis invité par sciences po alors que les féministes étudiantes s’organisent pour la manif. Nan mais oh, des fois les grands hommes feraient bien de se la mettre dans la glace et de voir qu’ils sont tout petit petit.

  • Les inégalités, trait commun du capitalisme néolibéral
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110919/les-inegalites-trait-commun-du-capitalisme-neoliberal

    Depuis les années 1970, les inégalités ont explosé pratiquement partout sous l’effet de l’affaiblissement des politiques fiscales redistributives et des réformes structurelles. Petit tour d’horizon de quatre situations nationales : États-Unis, Chine, France et Suède.

    #Analyse #Piketty,_inégalités,_néolibéralisme,_A_la_Une

  • « L’#inégalité est #idéologique et #politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/04/l-inegalite-est-ideologique-et-politique-les-extraits-exclusifs-du-nouveau-l

    « L’inégalité est idéologique et politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    L’économiste français publie, jeudi 12 septembre, « Capital et Idéologie » aux éditions du Seuil, un livre qui enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, « Le Monde » en publie les bonnes feuilles.

    Par Thomas Piketty Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h03

    Thomas #Piketty dans son bureau, à Paris, le 11 octobre 2016. ERIC PIERMONT / AFP
    Bonnes feuilles. [Après Le Capital au XXIe siècle, publié en 2013 et vendu à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, par ailleurs chroniqueur au Monde, publie, jeudi 12 septembre, Capital et Idéologie (Seuil), un livre d’enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, Le Monde publie des extraits de cet ouvrage de plus de 1 200 pages.]

    Prendre l’idéologie au sérieux
    L’inégalité n’est pas économique ou technologique : elle est idéologique et politique. Telle est sans doute la conclusion la plus évidente de l’enquête historique présentée dans ce livre. Autrement dit, le marché et la concurrence, le profit et le salaire, le capital et la dette, les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les nationaux et les étrangers, les paradis fiscaux et la compétitivité, n’existent pas en tant que tels. Ce sont des constructions sociales et historiques qui dépendent entièrement du système légal, fiscal, éducatif et politique que l’on choisit de mettre en place et des catégories que l’on se donne. Ces choix renvoient avant tout aux représentations que chaque société se fait de la justice sociale et de l’économie juste, et des rapports de force politico-idéologiques entre les différents groupes et discours en présence. Le point important est que ces rapports de force ne sont pas seulement matériels : ils sont aussi et surtout intellectuels et idéologiques. Autrement dit, les idées et les idéologies comptent dans l’histoire. Elles permettent en permanence d’imaginer et de structurer des mondes nouveaux et des sociétés différentes. De multiples trajectoires sont toujours possibles.

    Les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités

    Cette approche se distingue des nombreux discours conservateurs visant à expliquer qu’il existe des fondements « naturels » aux inégalités. De façon peu surprenante, les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités, c’est-à-dire à tenter de leur donner des fondements naturels et objectifs, à expliquer que les disparités sociales en place sont (comme il se doit) dans l’intérêt des plus pauvres et de la société dans son ensemble, et qu’en tout état de cause leur structure présente est la seule envisageable, et ne saurait être substantiellement modifiée sans causer d’immenses malheurs.

    L’expérience historique démontre le contraire : les inégalités varient fortement dans le temps et dans l’espace, dans leur ampleur comme dans leur structure, et dans des conditions et avec une rapidité que les contemporains auraient souvent peiné à anticiper quelques décennies plus tôt. Il en a parfois résulté des malheurs. Mais dans leur ensemble, les diverses ruptures et processus révolutionnaires et politiques qui ont permis de réduire et de transformer les inégalités du passé ont été un immense succès, et sont à l’origine de nos institutions les plus précieuses, celles précisément qui ont permis que l’idée de progrès humain devienne une réalité (le suffrage universel, l’école gratuite et obligatoire, l’assurance-maladie universelle, l’impôt progressif). Il est très probable qu’il en aille de même à l’avenir. Les inégalités actuelles et les institutions présentes ne sont pas les seules possibles, quoique puissent en penser les conservateurs, et elles seront appelées elles aussi à se transformer et à se réinventer en permanence.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Capital et Idéologie », le nouveau livre de Thomas Piketty, ouvre l’éventail des possibles
    Mais cette approche centrée sur les idéologies, les institutions et la diversité des trajectoires possibles se différencie également de certaines doctrines parfois qualifiées de « marxistes », selon lesquelles l’état des forces économiques et des rapports de production déterminerait presque mécaniquement la « superstructure » idéologique d’une société. J’insiste au contraire sur le fait qu’il existe une véritable autonomie de la sphère des idées, c’est-à-dire de la sphère idéologico-politique. Pour un même état de développement de l’économie et des forces productives (dans la mesure où ces mots ont un sens, ce qui n’est pas certain), il existe toujours une multiplicité de régimes idéologiques, politiques et inégalitaires possibles.

    Par exemple, la théorie du passage mécanique du « féodalisme » au « capitalisme » à la suite de la révolution industrielle ne permet pas de rendre compte de la complexité et de la diversité des trajectoires historiques et politico-idéologiques observées dans les différents pays et régions du monde, en particulier entre régions colonisatrices et colonisées, comme d’ailleurs au sein de chaque ensemble, et surtout ne permet pas de tirer les leçons les plus utiles pour les étapes suivantes.

    En reprenant le fil de cette histoire, on constate qu’il a toujours existé et qu’il existera toujours des alternatives. A tous les niveaux de développement, il existe de multiples façons de structurer un système économique, social et politique, de définir les relations de propriété, d’organiser un régime fiscal ou éducatif, de traiter un problème de dette publique ou privée, de réguler les relations entre les différentes communautés humaines, et ainsi de suite. Il existe toujours plusieurs voies possibles permettant d’organiser une société et les rapports de pouvoir et de propriété en son sein, et ces différences ne portent pas que sur des détails, tant s’en faut. En particulier, il existe plusieurs façons d’organiser les rapports de propriété au XXIe siècle, et certaines peuvent constituer un dépassement du capitalisme bien plus réel que la voie consistant à promettre sa destruction sans se soucier de ce qui suivra.

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir. Un tel attentisme dispense souvent de réfléchir au régime institutionnel et politique réellement émancipateur à appliquer au lendemain du grand soir, et conduit généralement à s’en remettre à un pouvoir étatique tout à la fois hypertrophié et indéfini, ce qui peut s’avérer tout aussi dangereux que la sacralisation propriétariste à laquelle on prétend s’opposer. Cette attitude a causé au XXe siècle des dégâts humains et politiques considérables, dont nous n’avons pas fini de payer le prix. Le fait que le postcommunisme (dans sa variante russe comme dans sa version chinoise, ainsi, dans une certaine mesure, que dans sa variante est-européenne, en dépit de tout ce qui différencie ces trois trajectoires) est devenu en ce début de XXIe siècle le meilleur allié de l’hyper-capitalisme est la conséquence directe des désastres communistes staliniens et maoïstes, et de l’abandon de toute ambition égalitaire et internationaliste qui en a découlé. Le désastre communiste a même réussi à faire passer au second plan les dégâts causés par les idéologies esclavagistes, colonialistes et racialistes, ainsi que les liens profonds qui les rattachent à l’idéologie propriétariste et hypercapitaliste, ce qui n’est pas un mince exploit.

    (…)

    Le progrès humain, le retour des inégalités, la diversité du monde
    Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le progrès humain existe, mais il est fragile, et il peut à tout moment se fracasser sur les dérives inégalitaires et identitaires du monde. Le progrès humain existe : il suffit pour s’en convaincre d’observer l’évolution de la santé et de l’éducation dans le monde au cours des deux derniers siècles (...). L’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 26 ans dans le monde en moyenne en 1820 à 72 ans en 2020. Au début du XIXe siècle, la mortalité infantile frappait autour de 20 % des nouveau-nés de la planète au cours de leur première année, contre moins de 1 % aujourd’hui. Si l’on se concentre sur les personnes atteignant l’âge de 1 an, l’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 32 ans en 1820 à 73 ans en 2020.

    On pourrait multiplier les indicateurs : la probabilité pour un nouveau-né d’atteindre l’âge de 10 ans, celle pour un adulte d’atteindre l’âge de 60 ans, celle pour une personne âgée de passer cinq ou dix ans de retraite en bonne santé. Sur tous ces indicateurs, l’amélioration de long terme est impressionnante. On peut certes trouver des pays et des époques où l’espérance de vie décline, y compris en temps de paix, comme l’Union soviétique dans les années 1970 ou les Etats-Unis dans les années 2010, ce qui en général n’est pas bon signe pour les régimes concernés. Mais sur la longue durée la tendance à l’amélioration est incontestable, dans toutes les parties du monde, quelles que soient par ailleurs les limites des sources démographiques disponibles.

    Les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités

    L’humanité vit aujourd’hui en meilleure santé qu’elle n’a jamais vécu ; elle a également davantage accès à l’éducation et à la culture qu’elle ne l’a jamais eu. L’Unesco n’existait pas au début du XIXe siècle pour définir l’alphabétisation comme elle le fait depuis 1958, c’est-à-dire la capacité d’une personne « à lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne ». Les informations recueillies dans de multiples enquêtes et recensements permettent toutefois d’estimer qu’à peine 10 % de la population mondiale âgée de plus de 15 ans était alphabétisée au début du XIXe siècle, contre plus de 85 % aujourd’hui. Là encore, des indicateurs plus fins, comme le nombre moyen d’années de scolarisation qui serait passé d’à peine une année il y a deux siècles à plus de huit années dans le monde aujourd’hui, et plus de douze années dans les pays les plus avancés, confirmeraient le diagnostic. A l’époque d’Austen et de Balzac, moins de 10 % de la population mondiale accédait à l’école primaire ; à celle d’Adichie et de Fuentes, plus de la moitié des jeunes générations des pays riches accèdent à l’université : ce qui était depuis toujours un privilège de classe devient ouvert à la majorité.

    Pour prendre conscience de l’ampleur des transformations en jeu, il convient également de rappeler que la population humaine tout comme le revenu moyen ont été multipliés par plus de 10 depuis le XVIIIe siècle. La première est passée d’environ 600 millions en 1700 à plus de 7 milliards en 2020, alors que le second, autant que l’on puisse le mesurer, est passé d’un pouvoir d’achat moyen (exprimé en euros de 2020) d’à peine 80 euros par mois et par habitant de la planète autour de 1700 à environ 1 000 euros par mois en 2020. Il n’est pas certain toutefois que ces progressions quantitatives considérables, dont il est utile de rappeler qu’elles correspondent toutes deux à des rythmes de croissance annuelle moyenne d’à peine 0,8 %, cumulés il est vrai sur plus de trois siècles (preuve s’il en est qu’il n’est peut-être pas indispensable de viser une croissance de 5 % par an pour atteindre le bonheur terrestre), représentent des « progrès » en un sens aussi incontestables que ceux réalisés en termes de santé et d’éducation.

    Dans les deux cas, l’interprétation de ces évolutions est ambiguë, et ouvre des débats complexes pour l’avenir. La croissance démographique reflète certes pour partie la chute de la mortalité infantile et le fait qu’un nombre croissant de parents a pu grandir avec des enfants en vie, ce qui n’est pas rien. Il reste qu’une telle hausse de la population, si elle se poursuivait au même rythme, nous conduirait à plus de 70 milliards d’humains dans trois siècles, ce qui ne semble ni souhaitable ni supportable par la planète. La croissance du revenu moyen reflète pour partie une amélioration bien réelle des conditions de vie (les trois quarts des habitants de la planète vivaient proches du seuil de subsistance au XVIIIe siècle, contre moins d’un cinquième aujourd’hui), ainsi que des possibilités nouvelles de voyages, de loisirs, de rencontres et d’émancipation.

    Il reste que les comptes nationaux mobilisés ici pour décrire l’évolution de long terme du revenu moyen, et qui depuis leur invention à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle au Royaume-Uni et en France tentent de mesurer le revenu national, le produit intérieur brut et parfois le capital national des pays, posent de multiples problèmes. Outre leur focalisation sur les moyennes et les agrégats et leur absence totale de prise en compte des inégalités, ils ne commencent que trop lentement à intégrer la question de la soutenabilité et du capital humain et naturel. Par ailleurs, leur capacité à résumer en un indicateur unique les transformations multidimensionnelles des conditions de vie et du pouvoir d’achat sur des périodes aussi longues ne doit pas être surestimée.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire

    De façon générale, les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités. En 2018, le taux de mortalité infantile avant 1 an était inférieur à 0,1 % dans les pays européens, nord-américains et asiatiques les plus riches, mais ils atteignaient quasiment 10 % dans les pays africains les plus pauvres. Le revenu moyen mondial atteignait certes 1 000 euros par mois et par habitant, mais il était d’à peine 100-200 euros par mois dans les pays les plus pauvres, et dépassait les 3 000-4 000 euros par mois dans les pays les plus riches, voire davantage dans quelques micro-paradis fiscaux que d’aucuns soupçonnent (non sans raison) de voler le reste de la planète, quand il ne s’agit pas de pays dont la prospérité s’appuie sur les émissions carbone et le réchauffement à venir. Certains progrès ont bien eu lieu, mais cela ne change rien au fait qu’il est toujours possible de mieux faire, ou en tout état de cause de s’interroger sérieusement à ce sujet, plutôt que de se complaire dans un sentiment de béatitude face aux succès du monde.

    Surtout, ce progrès humain moyen incontestable, si l’on compare les conditions de vie en vigueur au XVIIIe siècle et au début du XXIe, ne doit pas faire oublier que cette évolution de très long terme s’est accompagnée de phases terribles de régression inégalitaire et civilisationnelle. Les « Lumières » euro-américaines et la révolution industrielle se sont appuyées sur des systèmes extrêmement violents de dominations propriétaristes, esclavagistes et coloniales, qui ont pris une ampleur historique sans précédent au cours des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, avant que les puissances européennes sombrent elles-mêmes dans une phase d’autodestruction génocidaire entre 1914 et 1945. Ces mêmes puissances se sont ensuite vu imposer les décolonisations dans les années 1950-1960, au moment où les autorités étatsuniennes finissaient par étendre les droits civiques aux descendants d’esclaves.

    Les craintes d’apocalypse atomique liées au conflit communisme-capitalisme étaient à peine oubliées, après l’effondrement soviétique de 1989-1991, et l’apartheid sud-africain était à peine aboli en 1991-1994, que le monde entrait à partir des années 2000-2010 dans une nouvelle torpeur, celle du réchauffement climatique et d’une tendance générale au repli identitaire et xénophobe, tout cela dans un contexte de remontée inédite des inégalités socio-économiques à l’intérieur des pays depuis les années 1980-1990, dopée par une idéologie néopropriétariste particulièrement radicale. Prétendre que tous ces épisodes observés depuis le XVIIIe siècle jusqu’au XXIe siècle étaient nécessaires et indispensables pour que le progrès humain se réalise n’aurait guère de sens. D’autres trajectoires et régimes inégalitaires étaient possibles, d’autres trajectoires et d’autres régimes plus égalitaires et plus justes sont toujours possibles.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire, et que l’on aurait bien tort de faire l’hypothèse que tout ira toujours pour le mieux, et que la libre compétition des puissances étatiques et des acteurs économiques suffirait à nous conduire comme par miracle à l’harmonie sociale et universelle. Le progrès humain existe, mais il est un combat, et il doit avant tout s’appuyer sur une analyse raisonnée des évolutions historiques passées, avec ce qu’elles comportent de positif et de négatif.

    (…)

    De la justification de l’inégalité dans les sociétés de propriétaires
    Au fond, l’argument formulé par l’idéologie propriétariste, de façon implicite dans les déclarations de droits et les Constitutions, et de façon beaucoup plus explicite dans les débats politiques autour de la propriété qui eurent lieu au cours de la Révolution française et tout au long du XIXe siècle, peut se résumer de la façon suivante. Si l’on commence à remettre en cause les droits de propriété acquis dans le passé et leur inégalité, au nom d’une conception de la justice sociale certes respectable, mais qui inévitablement sera toujours imparfaitement définie et acceptée, et ne pourra jamais faire totalement consensus, ne risque-t-on pas de ne pas savoir où arrêter ce dangereux processus ? Ne risque-t-on pas d’aller tout droit vers l’instabilité politique et le chaos permanent, ce qui finira par se retourner contre les plus modestes ? La réponse propriétariste intransigeante est qu’il ne faut pas courir un tel risque, et que cette boîte de Pandore de la redistribution des propriétés ne doit jamais être ouverte.

    Ce type d’argumentation est présent en permanence lors de la Révolution française, et il explique nombre des ambiguïtés et des hésitations observées, en particulier entre les approches « historiques » et « linguistiques » des droits anciens et de leur retranscription en droits de propriétés nouveaux. Si l’on remet en cause les corvées et les lods, ne risque-t-on pas de remettre aussi en cause les loyers et l’ensemble des droits de propriété ? Nous retrouverons ces arguments dans les sociétés de propriétaires du XIXe siècle et du début du XXIe siècle, et nous verrons qu’ils jouent toujours un rôle fondamental dans le débat politique contemporain, en particulier avec le retour en force d’un discours néopropriétariste depuis la fin du XXe siècle.

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide. A partir du moment où l’on abandonne le schéma trifonctionnel, qui proposait des solutions permettant d’équilibrer le pouvoir des guerriers et celui des clercs, et qui reposait dans une large mesure sur une transcendance religieuse (indispensable pour assurer la légitimité des clercs et de leurs sages conseils), il faut trouver des réponses nouvelles permettant de garantir la stabilité de la société. Le respect absolu des droits de propriété acquis dans le passé fournit une transcendance nouvelle permettant d’éviter le chaos généralisé et de remplir le vide laissé par la fin de l’idéologie trifonctionnelle. La sacralisation de la propriété est d’une certaine façon une réponse à la fin de la religion comme idéologie politique explicite.

    Sur la base de l’expérience historique, et de la construction d’un savoir rationnel fondé sur ces expériences, il me semble qu’il est possible de dépasser cette réponse certes naturelle et compréhensible, et en même temps quelque peu nihiliste et paresseuse, et peu optimiste sur la nature humaine. Je vais essayer dans ce livre de convaincre le lecteur que l’on peut s’appuyer sur les leçons de l’histoire pour définir une norme de justice et d’égalité plus exigeante en matière de régulation et de répartition de la propriété que la simple sacralisation des droits issus du passé, une norme qui certes ne peut qu’être évolutive et ouverte à la délibération permanente, mais qui n’en est pas moins plus satisfaisante que l’option commode consistant à prendre comme données les positions acquises et à naturaliser les inégalités ensuite produites par le « marché ». C’est d’ailleurs sur cette base pragmatique, empirique et historique que se sont développées les sociétés sociales-démocrates au XXe siècle (qui, malgré toutes leurs insuffisances, ont démontré que l’inégalité patrimoniale extrême du XIXe siècle n’était aucunement indispensable pour assurer la stabilité et la prospérité, bien au contraire), et que peuvent se construire des idéologies et des mouvements politiques novateurs en ce début de XXIe siècle.

    La grande faiblesse de l’idéologie propriétariste est que les droits de propriété issus du passé posent souvent de sérieux problèmes de légitimité. Nous venons de le voir avec la Révolution française, qui transforma sans coup férir des corvées en loyers, et nous retrouverons cette difficulté à de nombreuses reprises, en particulier avec la question de l’esclavage et de son abolition dans les colonies françaises et britanniques (où l’on décida qu’il était indispensable de dédommager les propriétaires, et non pas les esclaves), ou bien encore avec celle des privatisations postcommunistes et des pillages privés de ressources naturelles. Plus généralement, le problème est qu’indépendamment de la question des origines violentes ou illégitimes des appropriations initiales, des inégalités patrimoniales considérables, durables et largement arbitraires tendent à se reconstituer en permanence, dans les sociétés hypercapitalistes modernes comme d’ailleurs dans les sociétés anciennes.

    L’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points

    Il n’en reste pas moins que la construction d’une norme de justice acceptable par le plus grand nombre pose des problèmes considérables, et nous ne pourrons véritablement traiter de cette question complexe qu’à l’issue de notre enquête, après l’examen des différentes expériences historiques disponibles, et en particulier des expériences cruciales du XXe siècle en matière de progressivité fiscale, et plus généralement de redistribution des propriétés, qui ont apporté la démonstration historique matérielle que l’inégalité extrême n’avait rien d’indispensable, ainsi que des connaissances concrètes et opérationnelles sur les niveaux d’égalité et d’inégalité qui pouvaient être envisagés a minima. En tout état de cause, l’argument propriétariste fondé sur le besoin de stabilité institutionnelle doit être pris au sérieux et être évalué précisément, au moins autant que l’argument méritocratique insistant davantage sur le mérite individuel, argument qui joue un rôle sans doute moins central dans l’idéologie propriétariste du XIXe siècle que dans la reformulation néopropriétariste en vigueur depuis la fin du XXe siècle. Nous aurons largement l’occasion de revenir sur ces différents développements politico-idéologiques.

    De façon générale, l’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points (car la propriété privée, correctement redéfinie dans ses limites et dans ses droits, fait effectivement partie des dispositifs institutionnels permettant aux différentes aspirations et subjectivités individuelles de s’exprimer et d’interagir de façon constructive), et en même temps une idéologie inégalitaire qui, dans sa forme la plus extrême et la plus dure, vise simplement à justifier une forme particulière de domination sociale, souvent de façon excessive et caricaturale.

    De fait, il s’agit d’une idéologie bien pratique pour ceux qui se trouvent tout en haut de l’échelle, aussi bien en ce qui concerne l’inégalité entre individus que l’inégalité entre nations. Les individus les plus riches y trouvent des arguments pour justifier leur position vis-à-vis des plus pauvres, au nom de leur effort et de leur mérite, mais aussi au nom du besoin de stabilité dont bénéficiera la société tout entière. Les pays les plus riches peuvent également y trouver des raisons pour justifier leur domination sur les plus pauvres, au nom de la supériorité supposée de leurs règles et institutions. Le problème est que ces arguments et les éléments factuels présentés par les uns et les autres pour les étayer ne sont pas toujours très convaincants. Mais avant d’analyser ces développements et ces crises, il importe de commencer par étudier l’évolution des sociétés de propriétaires au XIXe siècle, en France et dans les autres pays européens, à l’issue de ce moment fondateur et ambigu que fut la Révolution française.

    Capital et idéologie, de Thomas Piketty (Seuil, 1 232 pages, 25 euros).

    et une vidéo (fr2)
    https://www.facebook.com/IZap4u/videos/1807866602590350

  • Quand Piketty, Saez et Zucman démontrent que -taxes et redistributions comprises- ce sont les plus riches qui profitent extraordinairement des gains en productivité

    https://www.vox.com/policy-and-politics/2017/8/8/16112368/piketty-saez-zucman-income-growth-inequality-stagnation-chart

    Produced by Berkeley economist Emmanuel Saez and his frequent collaborators Thomas Piketty (EHESS), and Gabriel Zucman (Berkeley), and using a mix of tax and survey data, [the graph] shows compellingly that income gains in recent decades have gone overwhelmingly to the ultrarich, not the middle class:


    Distribution of economic growth, from 1980 to 2014

    #Economie #Piketty #Saez #Zucman #graph #OnePercent #Distribution #Richesse

  • WID - World Wealth & Income Database
    http://wid.world

    Compare inequality between countries on an interactive world map

    Follow the evolution of inequality within countries with user-friendly graphs

    Download our open-access datasets

    THE SOURCE FOR GLOBAL INEQUALITY DATA

    More than 100 top-level researchers involved, covering 70 countries over 5 continents. Entirely funded by public and non-profit actors.

    #données #inégalités #piketty

  • We must rethink globalization, or Trumpism will prevail | Thomas #Piketty | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/nov/16/globalization-trump-inequality-thomas-piketty

    Let it be said at once: Trump’s victory is primarily due to the explosion in economic and geographic inequality in the United States over several decades and the inability of successive governments to deal with this.

    Both the Clinton and the Obama administrations frequently went along with the market liberalization launched under Reagan and both Bush presidencies. At times they even outdid them: the financial and commercial deregulation carried out under Clinton is an example. What sealed the deal, though, was the suspicion that the Democrats were too close to Wall Street – and the inability of the Democratic media elite to learn the lessons from the Sanders vote.

    #états-unis #trump #mondialisation

    • Pour une autre mondialisation
      #Thomas_Piketty, Le Monde, le 12 novembre 2016
      http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/11/12/pour-une-autre-mondialisation_5029938_3232.html

      Disons-le d’emblée : la victoire de Trump s’explique avant tout par l’explosion des inégalités économiques et territoriales aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies, et par l’incapacité des gouvernements successifs à y faire face.

      Les administrations Clinton puis Obama n’ont fait souvent qu’accompagner le mouvement de libéralisation et de sacralisation du marché lancé sous Reagan puis Bush père et fils, quand elles ne l’ont pas elles-mêmes exacerbé, comme avec la dérégulation financière et commerciale menée sous Clinton. Les soupçons de proximité avec la finance et l’incapacité de l’élite politico-médiatique démocrate à tirer les leçons du vote Sanders ont fait le reste.

      Hillary Clinton a remporté d’un cheveu le vote populaire (60,1 millions de voix contre 59,8 millions pour Trump, pour une population adulte totale de 240 millions), mais la participation des plus jeunes et des plus modestes était beaucoup trop faible pour lui permettre de remporter les Etats-clés.

      Le plus triste est que le programme de Trump ne fera que renforcer les tendances inégalitaires : il s’apprête à supprimer l’assurance-maladie laborieusement accordée aux salariés pauvres sous Obama, et à lancer son pays dans une fuite en avant dans le dumping fiscal, avec une réduction de 35 % à 15 % du taux de l’impôt fédéral sur les bénéfices des sociétés, alors que jusqu’ici les Etats-Unis avaient résisté à cette course-poursuite sans fin venue d’Europe.

      Sans compter que l’ethnicisation croissante du conflit politique américain laisse mal augurer de l’avenir si de nouveaux compromis ne sont pas trouvés : voici un pays où la majorité blanche vote structurellement à 60 % pour un parti, alors que les minorités votent à plus de 70 % pour l’autre, et où la majorité est en passe de perdre sa supériorité numérique (70 % des suffrages exprimés en 2016, contre 80 % en 2000, et 50 % d’ici à 2040).

      La principale leçon pour l’Europe et le monde est claire : il est urgent de réorienter fondamentalement la mondialisation. Les principaux défis de notre temps sont la montée des inégalités et le réchauffement climatique. Il faut donc mettre en place des traités internationaux permettant de répondre à ces défis et de promouvoir un modèle de développement équitable et durable.

      Ces accords d’un type nouveau peuvent contenir, si nécessaire, des mesures visant à faciliter les échanges. Mais la question de la libéralisation du commerce ne doit plus en être le cœur. Le commerce doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cessé d’être : un moyen au service d’objectifs plus élevés.

      Concrètement, il faut arrêter de signer des accords internationaux réduisant les droits de douanes et autres barrières commerciales sans inclure dans ces mêmes traités, et dès les premiers chapitres, des règles chiffrées et contraignantes permettant de lutter contre le dumping fiscal et climatique, comme par exemple des taux minimaux communs d’imposition des profits des sociétés et des cibles vérifiables et sanctionnables d’émissions carbone. Il n’est plus possible de négocier des traités de libre-échange en échange de rien.

      De ce point de vue, l’Accord économique et commercial global (CETA) – entre l’Union européenne (UE) et le Canada – est un traité d’un autre temps et doit être rejeté. Il s’agit d’un traité étroitement commercial, ne contenant aucune mesure contraignante sur le plan fiscal ou climatique. Il comporte en revanche tout un volet sur la « protection des investisseurs » permettant aux multinationales de poursuivre les Etats devant des cours arbitrales privées, en contournant les tribunaux publics applicables à tout un chacun.

      L’encadrement proposé est notoirement insuffisant, notamment concernant la question clé de la rémunération des juges-arbitres, et conduira à toutes les dérives. Au moment même où l’impérialisme juridique américain redouble d’intensité et impose ses règles et ses tributs à nos entreprises, cet affaiblissement de la justice publique est une aberration.

      La priorité devrait être au contraire la constitution d’une puissance publique forte, avec la création d’un procureur et d’un parquet européen capables de faire respecter ses décisions.

      Et quel sens cela a-t-il de signer lors des accords de Paris un objectif purement théorique de limiter le réchauffement à 1,5° C – ce qui demanderait de laisser dans le sol les hydrocarbures tels que ceux issus des sables bitumineux de l’Alberta, dont le Canada vient de relancer l’exploitation –, puis de conclure quelques mois plus tard un traité commercial véritablement contraignant et ne faisant aucune mention de cette question ?

      Un traité équilibré entre le Canada et l’Europe, visant à promouvoir un partenariat de développement équitable et durable, devrait commencer par préciser les cibles d’émissions de chacun et les engagements concrets pour y parvenir.

      Sur la question du dumping fiscal et des taux minimaux d’imposition sur les bénéfices des sociétés, il s’agirait évidemment d’un changement complet de paradigme pour l’Europe, qui s’est construite comme une zone de libre-échange sans règle fiscale commune.

      Ce changement est pourtant indispensable : quel sens cela a-t-il de se mettre d’accord sur une base commune d’imposition – qui est le seul chantier sur lequel l’UE a légèrement avancé pour l’instant – si chaque pays peut ensuite fixer un taux quasi nul et attirer tous les sièges d’entreprises ?

      Il est temps de changer le discours politique sur la mondialisation : le commerce est une bonne chose, mais le développement durable et équitable exige également des services publics, des infrastructures, des systèmes d’éducation et de santé, qui eux-mêmes demandent des impôts équitables. Faute de quoi le trumpisme finira par tout emporter.

    • Ce genre d’analyse suppose que les dirigeants de « gauche » se sont « trompés » de politique. Mais j’en suis réduit à penser qu’ils ne se sont PAS trompés, que leurs mesures ne sont PAS inefficaces POUR EUX, et qu’il n’y a donc aucune raisons qu’ils changent de stratégie...

  • Banques françaises : un tiers des profits dans les paradis fiscaux | Le blog de Thomas Piketty
    http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/03/16/banques-francaises-un-tiers-des-profits-dans-les-paradis-fiscau

    La preuve est maintenant faite que le reporting pays par pays est un outil indispensable de transparence financière et démocratique. Ce rapport permet de constater que malgré tous les discours les banques françaises continuent encore aujourd’hui de localiser dans les paradis fiscaux une part considérable de leurs profits, totalement disproportionnée et injustifiable par rapport à l’activité économique réelle réalisée dans les différents pays. Ces données permettent également de se faire une idée des pertes de recettes fiscales entraînées par l’opacité financière et l’absence d’un impôt européen unifié sur les bénéfices des grandes sociétés, au moins au niveau des pays de la zone euro qui y sont prêts. Cette démarche doit être saluée et approfondie à l’avenir.

    #piketty #paradisfiscaux #lemonde

  • Le capital au XXIe siècle de Piketty - Vidéo
    Très compréhensible

    L’hypothèse première de Piketty est qu’il n’y a pas d’économie sans politique.

    Donc que la politique est une discussion économique si tant est que faire de la politique ne soit pas une pantomime de dissimulation de la capacité d’agir dans la réalité de tous les humains.

    En substance, Piketty montre que la politique a deux objets dans le champ de l’économie : quelle est la répartition du capital entre les acteurs de l’économie par quoi ces acteurs disposent d’un pouvoir de produire quelque chose dans les sociétés politiques ?

    Quelle est la distribution des revenus issus du capital par quoi les acteurs de l’économie travaillent à la transformation des réalités communes pour satisfaire leurs besoins ?
    https://www.youtube.com/watch?v=VfezOJnHZo0#t=1099


    Derrière l’analyse historique de la répartition du revenu en fonction de la concentration du capital, Piketty pose le débat de l’économie politique : la finalité humaine du revenu.

    L’immense retentissement du travail de Piketty n’est pas dans le champ de la science économique dont il souligne l’état manifestement balbutiant, mais dans le champ du débat politique mondial. L’économie des humains va vers des chocs et des dislocations violentes de même ampleur que les deux guerres mondiales du XXème siècle. A moins que ne s’invente un ordre politique nouveau mondialisable fondé sur des règles internationales rationalisées de fiscalisation du capital. Piketty en pose le principe incontournable mais reconnaît que tout reste à inventer au-delà de la taxe Tobin qui n’en est qu’une prémisse.

    Source : http://www.pauljorion.com/blog/2016/01/15/le-capital-au-xxie-siecle-de-piketty-terrorise-le-theatre-politique-par-

    #Piketty #capital #capitalisme #inégalité #travail #économie #impôts #dette #riches #ue #revenus #pauvreté #inégalité #thomas-piketty #fiscalité #grèce #austérité #dette #société #Commission_européenne #Crises

  • #PS #ou_ce_qu'il_en_reste Pourquoi la #primaire est indispensable | Le blog de Thomas #Piketty
    http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/01/13/pourquoi-la-primaire-est-indispensable

    La primaire est indispensable, car elle est la seule façon d’éviter de se retrouver à devoir choisir entre la droite et l’extrême-droite en mai 2017.

    Alors, évidemment, les gardiens du temple cherchent des excuses pour justifier leur conservatisme, et allument des contre-feux pour expliquer que tout cela est impossible. Mais aucun des arguments évoqués n’est convaincant. En particulier, l’idée selon laquelle il serait impossible pour un président en exercice de participer à un débat démocratique est totalement dépassée.

    Autre excuse évoquée au PS : Mélenchon ne veut pas de la primaire, donc on ne peut rien faire, pas de chance... L’argument est totalement malhonnête.

    Autre argument : il serait trop tôt pour en parler. Encore tout faux : pour qu’une primaire ait lieu à l’automne 2016, tous les « détails » de la procédure démocratique (dates de dépôt des candidatures, des débats, des deux tours de scrutin, etc.) doivent être fixés au printemps 2016. C’est-à-dire dans quelques mois, quelques semaines à peine : il faut donc en débattre dès maintenant. La primaire n’est pas une solution miracle. Mais elle est la moins mauvaise solution dont nous disposions pour éviter une catastrophe annoncée.

    Dernier point : les statuts du PS obligent à une primaire. Il suffirait sans doute que quelques militants à l’esprit juridique avisé (il en existe chez les socialistes) assignent leur parti devant la justice pour que la primaire ait lieu. Plutôt que d’en arriver là, les responsables socialistes devraient prendre leurs responsabilités dès maintenant.

  • Thomas #Piketty fustige des Européens qui « se donnent bonne conscience » en #Afrique
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/09/11/faute-de-transparence-les-inegalites-en-afrique-sont-tres-sous-estimees-selo

    Nous savons que les bénéfices et les revenus rapatriés par les entreprises étrangères atteignent entre 5 % à 10 % du PIB des pays, ce qui est considérable. Et encore ne s’agit-il ici que des #flux licites qui ne comptabilisent pas tout l’argent qui s’évade vers des #paradis_fiscaux. C’est en tout cas bien plus que l’#aide_publique_au_développement. Il y a de l’hypocrisie derrière le discours qui est tenu aux Africains sur la modernisation et la lutte contre la #corruption. Ce sont souvent les entreprises européennes qui bénéficient de régimes fiscaux peu transparents. Plutôt que de se donner bonne conscience avec une aide qui revient souvent à payer à prix d’or des consultants étrangers, l’Union européenne devrait obliger ses #multinationales à publier de façon la plus claire les bénéfices réalisés et les impôts payés.

    #transparence #APD

  • Austerity Has Failed: An Open Letter From Thomas #Piketty to Angela Merkel | The Nation
    http://www.thenation.com/article/austerity-has-failed-an-open-letter-from-thomas-piketty-to-angela-merkel

    Together we urge Chancellor Merkel and the Troika to consider a course correction, to avoid further disaster and enable Greece to remain in the eurozone. Right now, the Greek government is being asked to put a gun to its head and pull the trigger. Sadly, the bullet will not only kill off Greece’s future in #Europe. The collateral damage will kill the Eurozone as a beacon of hope, democracy and prosperity, and could lead to far-reaching economic consequences across the world.

    #austérité #Grèce #UE #Allemagne

  • Thomas #Piketty défend la #Grèce face à l’#Allemagne
    http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/thomas-piketty-defend-la-grece-face-a-l-allemagne-7779024792

    ... dans le journal allemand Die Zeit, il plaide pour une restructuration de la dette grecque afin de sortir Athènes d’une situation intenable mais surtout injuste. Thomas Piketty dresse un parallèle entre la situation actuelle de la Grèce et celle de l’Allemagne il y a 60 ans : l’Allemagne dit il est vraiment "le meilleur exemple d’un pays qui, au cours de l’histoire, n’a jamais remboursé sa #dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale". Il insiste un peu plus loin, en lançant : "L’Allemagne est le pays qui n’a jamais remboursé ses dettes."

    A l’affirmation "Donc vous nous expliquez que le miracle économique allemand était basé sur la même sorte d’aide que nous refusons à la Grèce aujourd’hui ?", Piketty répond : "Exactement. Nous ne pouvons demander à ce que les nouvelles générations payent pour les erreurs de leurs parents". L’#Europe a été fondée sur le pardon de la dette et l’investissement dans le futur. Pas sur l’idée d’une pénitence infinie. Nous devons nous souvenir de cela. »

    Une dette différent surpasse de loin l’ardoise grecque. Une dette allemande, actuelle, qui s’élève à 157 milliards d’euros, et qui correspond au coût économique des dégâts sanitaires dus aux #pollutions chimiques dans l’#Union_européenne. 157 milliards par an, de frais de santé et de prise en charge de certains troubles, en 10 ans. Ce chiffre a été établi par une équipe d’une vingtaine de chercheurs internationaux, qui le considèrent comme "les externalités négatives", c’est a dire l’impact sanitaire des polluants chimiques. Et sur ces 157 milliards annuels, une grande part incombe à l’Allemagne, avec ses géants du secteur comme #Bayer et #BASF.

    #UE

  • « Le Capital au XXIe siècle », de Thomas Piketty : de l’économie assistée par ordinateur
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=560

    Thomas Piketty a publié en 2013 « Le Capital au XXIe siècle », blockbuster book aux Etats-Unis, best-seller seulement en France. Un pavé de 1000 pages consacré aux inégalités au sein du système capitaliste, qui a fait tressaillir d’aise la gauche américaine et internationale. Si vous croyez au cannibalisme végétarien, vous croirez au capitalisme raisonné que propose Piketty. Quentin Perez nous explique avec brio en quoi Piketty est à la fois un produit et un serviteur du système technicien. Les commentateurs se sont extasiés du travail de « collecte de données » réalisé par l’économiste. Quentin Perez montre que ce travail machinique (fourni par les ordinateurs) produit une pensée machinale (exprimée en séries statistiques) conforme aux nécessités de la planification et de la gestion optimisée du cheptel (...)

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/LecapitalauXXIe_me.pdf

  • #Piketty on the Middle East
    http://www.theguardian.com/business/2014/dec/22/we-need-a-wealth-tax-thomas-piketty-2014s-most-influential-thinker

    Cracking bits from this interesting interview with Owen Jones:

    The other influence is perhaps more surprising: the first #Gulf war that followed Ba’athist #Iraq’s invasion of #Kuwait in 1990, which shocked him and his colleagues at the école. “It was a very strong event, because sometimes we say that governments cannot do much against tax havens, they’re too powerful. And suddenly we’re able to send 1 million troops 1,000km away from home to give back the oil to the emir of Kuwait. I was not sure this was the right redistribution of wealth.”

    The west’s general relationship with the #Middle_East – “the most unequal region in the world”, he says – is one that troubles him, not least because it exposes grotesque inequalities. “Take #Egypt: the total budget for education for 100 million people is 100 times less than the oil revenue for a few dozen people in #Qatar. And then in London and in Paris we are happy to have these people buying football clubs and buying apartments, and then we are surprised that the youths in the Middle East don’t take very seriously our democracy and social justice.”

  • Sur le « Capital » de Piketty
    http://www.contretemps.eu/lectures/sur-capital-piketty

    David Harvey vient de publier Seventeen Contradictions and the End of Capitalism (Profile Press et Oxford University Press). Dans le texte ci-dessous, initialement paru en anglais sur son blog, il propose un compte rendu critique du livre de Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle. Source : Contretemps