• #Anticosti aussi ou le fétichisme de l’énergie
    http://alternatives-projetsminiers.org/anticosti-aussi-ou-le-fetichisme-de-lenergie

    “Signes persistant des temps de crise… va-t-il falloir nous y faire ? Désormais ce n’est plus par de grandes affiches ou de somptueux prospectus publicitaires touristiques que nous découvrons des iles de rêve et les sites paradisiaques de la planète, mais, de plus en plus et presque exclusivement, par des crimes d’écocide liés à des projets miniers ou pétroliers.
    Avec la crise de #croissance du « Système technicien » et la résurrection #high-tech de l’extractivisme, notre découverte des merveilles du monde s’apparente de plus en plus à une descente aux enfers…
    On se trouve en présence d’une #logique_totalitaire arrivée au stade terminal de son développement… Le #Système_technicien, autonomisé et toujours plus obsédé par sa volonté de puissance, continue sa croissance perpétuelle pourrait nous dire #Jacques_Ellul. De fait, la frénésie extractive possède désormais les moyens technologiques et son vaste #complexe_industriel pour satisfaire encore sans entrave politique sa volonté d’expansion permanente. Le Système technicien apparaît aujourd’hui comme une véritable #superpuissance_transnationale_autonomisée. Avec, exacerbé en première ligne, la technique de #fracturation_hydraulique, ivre de sa perfection, cette méga-machine impose partout une ruée vers la #roche_mère et son cortège de sacrifices environnementaux…
    Comment expliquer la possibilité de permis gazier sur l’île d’Anticosti, lorsqu’on a appris où se situe ce petit paradis ?”

    http://alternatives-projetsminiers.org/wp-content/uploads/docs/contribution/AnticostiFetichismeL2.pdf

    Une politique de basse consommation d’énergie permet une grande variété de modes de vie et de cultures (...) Si, au contraire, une société se prononce pour une forte consommation d’énergie, alors elle sera obligatoirement dominée dans sa structure par la #technocratie et, [quelque soit son décorum idéologique], cela deviendra pareillement intolérable.

  • Toute notre #civilisation est fondée sur la spécialisation, laquelle implique l’asservissement de ceux qui exécutent à ceux qui coordonnent ; et sur une telle base, on ne peut qu’organiser et perfectionner l’#oppression, mais non pas l’alléger.
    Simone Weil (1909-1943)

    http://iresmo.jimdo.com/2015/07/18/simone-weil-une-critique-de-l-industrialisme
    http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/reflexions_causes_liberte_oppression/reflexions_sur_la_liberte.pdf
    #guerre_aux_pauvres #critique_techno #critique_de_la_valeur

    • Mais, si l’état actuel de la technique ne suffit pas à libérer les travailleurs, peut-on du moins raisonnablement espérer qu’elle soit destinée à un développement illimité, qui impliquerait un accroissement illimité du rendement du travail ? C’est ce que tout le monde admet, chez les capitalistes comme chez les socialistes, et sans la moindre étude préalable de la question ; il suffit que le rendement de l’effort humain ait augmenté d’une manière inouïe depuis trois siècles pour qu’on s’attende à ce que cet accroissement se poursuive au même rythme. Notre culture soi-disant scientifique nous a donné cette funeste habitude de généraliser, d’extrapoler arbitrairement, au lieu d’étudier les conditions d’un phénomène et les limites qu’elles impliquent ; et Marx, que sa méthode dialectique devait préserver d’une telle erreur, y est tombé sur ce point comme les autres.

    • Il n’existe par ailleurs qu’une autre ressource permettant de diminuer la somme de l’effort humain, à savoir ce que l’on peut nommer, en se servant d’une expression moderne, la #rationalisation du #travail.
      [...]
      Dès qu’on jette un regard sur le régime actuel de la production, il semble assez clair non seulement que ces facteurs d’économie comportent une limite au-delà de laquelle ils deviennent facteurs de dépense, mais encore que cette limite est atteinte et dépassée. Depuis des années déjà l’agrandissement des entreprises s’accompagne non d’une diminution, mais d’un accroissement des frais généraux ; le fonctionnement de l’entreprise, devenu trop complexe pour permettre un contrôle efficace, laisse une marge de plus en plus grande au #gaspillage et suscite une extension accélérée et sans doute dans une certaine mesure parasitaire du personnel affecté à la coordination des diverses parties de l’entreprise. L’extension des échanges, qui a autrefois joué un rôle formidable comme facteur de #progrès économique, se met elle aussi à causer plus de frais qu’elle n’en évite, parce que les marchandises restent longtemps improductives, parce-que le personnel affecté aux échanges s’accroît lui aussi à un rythme accéléré, et parce que les transports consomment une énergie sans cesse accrue en raison des innovations destinées à augmenter la vitesse, innovations nécessairement de plus en plus coûteuses et de moins en moins efficaces à mesure qu’elles se succèdent. Ainsi à tous ces égards le progrès se transforme aujourd’hui, d’une manière à proprement parler mathématique, en régression.

      #contre-productivité

    • Simone Weil aborde dans ses textes plusieurs points qui raisonnent avec une accuité particulière aujourd’hui dans une économie pourtant souvent qualifiée de post-fordiste et de post-industrielle. Elle s’interroge sur le mythe de la #croissance illimitée. Elle montre la difficulté à s’appuyer sur une croyance en l’innovation technologique et la confiance dans le progrès #technique. Elle rappelle au contraire la part d’imprévisibilité à laquelle est soumise l’#innovation technologique. De même, elle montre le lien entre la #rationalité technique et calculante. Elle met en lumière la manière dont cette rationalité calculante envahit tous les pans de l’existence. Aujourd’hui, l’utilisation de la rationalité algorithmique dans le monde de l’entreprise et de la gouvernance politique en constitue une nouvelle étage. L’automatisation du travail par l’"#intelligence_artificielle" et l’utilisation des #big_data en vue d’une analyse prédictive en sont deux exemples. Face aux tenants du #capitalisme vert, qui affirment que les progrès technologique pourront dépasser le problème des limites naturelles, Simone Weil montre en quoi cette croyance relève d’une foi religieuse dans le progrès technique.

    • Le problème est effectivement spécialisation + besoin de coordination. Ce besoin de coordination est apparemment apparu avec les infrastructures agricoles (barrages, bassins, canaux d’irrigation....). Et la spécialisation a été possible grâce à l’#agriculture aussi, avec des denrées stockables en surplus (céréales).

    • @nicolasm comme le disait Hemenway, l’agriculture amène, toujours, à une concentration du pouvoir par l’élite. C’est le résultat inévitable de l’existence de gros surplus stockables, qui est au coeur de l’agriculture, et nous pourrions avoir besoin de créer une culture où le surplus, ainsi que la peur et la cupidité qui le rendent desirable, ne sont plus les résultats structurels de nos pratiques culturelles.
      http://seenthis.net/messages/190256
      Ce qui nous ramène à l’#horticulture

      Most horticultural societies are far more egalitarian than agriculturists, lacking despots, armies, and centralized control hierarchies.
      Horticulture is the most efficient method known for obtaining food, measured by return on energy invested. Agriculture can be thought of as an intensification of horticulture, using more labor, land, capital, and technology. This means that agriculture, as noted, usually consumes more calories of work and resources than can be produced in food, and so is on the wrong side of the point of diminishing returns. That’s a good definition of unsustainability, while horticulture is probably on the positive side of the curve.

      http://tobyhemenway.com/203-is-sustainable-agriculture-an-oxymoron

    • Oui mais j’imagine que ça ne suffit pas, car même si les céréales sont sans mesure pour la facilité et la durée de stockage et la versatilité de l’utilisation, on pourrait imaginer une capitalisation agricole avec surplus temporaires (tubercules, fruits à coques) suffisamment en nombre pour fabriquer une élite ? Peut être qu’une condition nécessaire est d’avoir des biens communs pour que celles et ceux qui ne veulent pas être esclaves puissent vivre librement en autonomie. Mais malheureusement ce n’est pas de la seule volonté des humains libres, comme l’a démontré maintes fois l’Histoire.

    • Sauf que l’horticulture étant par définition très manuelle, tu ne peux pas avoir de grosse surface cultivée par personne. Ça favorise une relative égalité dans la propriété, et une plus grande dispersion des ressources, qui sont de ce fait moins accumulables.
      La disparition des #communs a par ailleurs été de pair avec la mise en place des #enclosures, qui a marqué les débuts du capitalisme.

    • Sauf que l’horticulture étant par définition très manuelle, tu ne peux pas avoir de grosse surface cultivée par personne. Ça favorise une relative égalité dans la propriété

      Une égalité ... ou de l’esclavage. La canne à sucre est un bon exemple, puisque ça doit être une des culture les plus rentables en calories/ha, mais requérant une grosse main d’œuvre. Mais peut être s’éloigne t-on de l’horticulture

    • La puissance et la concentration des armements mettent toutes les vies humaines à la merci du pouvoir central. En raison de l’extension formidable des échanges, la plupart des hommes ne peuvent atteindre la plupart des choses qu’ils consomment que par l’intermédiaire de la société et contre de l’argent ; les paysans eux-mêmes sont aujourd’hui soumis dans une large mesure à cette nécessité d’acheter. Et comme la grande industrie est un régime de production collective, bien des hommes sont contraints, pour que leurs mains puissent atteindre la matière du travail, de passer par une collectivité qui se les incorpore et les astreint à une tâche plus ou moins servile ; lorsque la collectivité les repousse, la force et l’habileté de leurs mains restent vaines. Les paysans eux-mêmes, qui échappaient jusqu’ici à cette condition misérable, y ont été réduits récemment sur un sixième du globe. Un état de choses aussi étouffant suscite bien ça et là une réaction individualiste ; l’art, et notamment la littérature, en porte des traces ; mais comme en vertu des conditions objectives, cette réaction ne peut mordre ni sur le domaine de la pensée ni sur celui de l’action, elle demeure enfermée dans les jeux de la #vie_intérieure ou dans ceux de l’aventure et des actes gratuits, c’est-à-dire qu’elle ne sort pas du royaume des ombres ; et tout porte à croire que même cette ombre de réaction est vouée à disparaître presque complètement.

      #hétéronomie #système_technicien

    • Elle a écrit ce texte en 1934 et c’est impressionnant de voir avec quelle précision ça décrit la situation actuelle

      L’augmentation formidable de la part prise dans les entreprises par le capital matériel, si on la compare à celle du #travail_vivant, la diminution rapide du #taux_de_profit qui en a résulté, la masse perpétuellement croissante des frais généraux, le #gaspillage, le coulage, l’absence de tout élément régulateur permettant d’ajuster les diverses branches de la production, tout empêche que l’activité sociale puisse encore avoir pour pivot le développement de l’#entreprise par la transformation du #profit en #capital. Il semble que la lutte économique ait cessé d’être une rivalité pour devenir une sorte de guerre. Il s’agit non plus tant de bien organiser le travail que d’arracher la plus grande part possible de capital disponible épars dans la société en écoulant des actions, et d’arracher ensuite la plus grande quantité possible de l’argent dispersé de toutes parts en écoulant des produits ; tout se joue dans le domaine de l’opinion et presque de la fiction, à coups de #spéculation et de #publicité. Le crédit étant à la clef de tout succès économique, l’épargne est remplacée par les dépenses les plus folles. Le terme de #propriété est devenu presque vide de sens ; il ne s’agit plus pour l’ambitieux de faire prospérer une affaire dont il serait le propriétaire, mais de faire passer sous son contrôle le plus large secteur possible de l’activité économique. En un mot, pour caractériser d’une manière d’ailleurs vague et sommaire cette transformation d’une obscurité presque impénétrable, il s’agit à présent dans la lutte pour la puissance économique bien moins de construire que de conquérir ; et comme la conquête est destructrice, le système capitaliste, demeuré pourtant en apparence à peu près le même qu’il y a cinquante ans, s’oriente tout entier vers la destruction.

    • Les moyens puissants sont oppressifs, les moyens faibles sont inopérants. Toutes les fois que les opprimés ont voulu constituer des groupements capables d’exercer une influence réelle, ces groupements, qu’ils aient eu nom partis ou syndicats, ont intégralement reproduit dans leur sein toutes les tares du régime qu’ils prétendaient réformer ou abattre, à savoir l’organisation bureaucratique, le renversement du rapport entre les moyens et les fins, le mépris de l’individu, la séparation entre la pensée et l’action, le caractère machinal de la pensée elle-même, l’utilisation de l’abêtissement et du mensonge comme moyens de propagande, et ainsi de suite. L’unique possibilité de salut consisterait dans une coopération méthodique de tous, puissants et faibles, en vue d’une décentralisation progressive de la vie sociale ; mais l’absurdité d’une telle idée saute immédiatement aux yeux. Une telle coopération ne peut pas s’imaginer même en rêve dans une civilisation qui repose sur la rivalité, sur la lutte, sur la guerre

      lien avec http://seenthis.net/messages/315340

    • Les leaders sont des types durs, qui ont des idées et des idéologies, et la visibilité et l’illusion de l’unité disparaîtraient. C’est précisément parce qu’ils n’ont pas de leader que le mouvement peut survivre. Mais c’est précisément parce qu’ils n’ont pas de leader qu’ils ne peuvent pas transformer leur unité en action concrète.

      http://cultura.elpais.com/cultura/2015/12/30/babelia/1451504427_675885.html

  • Des chiffres en lutte
    http://www.laviedesidees.fr/Des-chiffres-en-lutte.html

    Deux ouvrages font ressortir l’importance de la quantification dans les technologies de pouvoir contemporaines et les formes de résistance à celle-ci. Pourtant, l’activisme en faveur d’un usage émancipateur et non asservissant des chiffres est-il une réalité ou un horizon souhaitable ?

    Livres & études

    / #méthode, #statistiques

    #Livres_&_études

    • Le simple jeu du calcul algébrique est parvenu plus d’une fois à ce qu’on pourrait appeler une notion nouvelle, à cela près que ces simili-notions n’ont pas d’autre contenu que des rapports de signes ; et ce même calcul est souvent merveilleusement propre à transformer des séries de résultats expérimentaux en lois, avec une facilité déconcertante qui rappelle les transformations fantastiques que l’on voit dans les dessins animés. Les machines automatiques semblent présenter le modèle du travailleur intelligent, fidèle, docile et consciencieux.
      Quant à la monnaie, les économistes ont longtemps été persuadés qu’elle possède la vertu d’établir entre les diverses fonctions économiques des rapports harmonieux. Et les mécanismes bureaucratiques parviennent presque à remplacer des chefs. Ainsi dans tous les domaines la pensée, apanage de l’individu, est subordonnée à de vastes mécanismes qui cristallisent la vie collective, et cela au point qu’on a presque perdu le sens de ce qu’est la véritable pensée. Les efforts, les peines, les ingéniosités des êtres de chair et de sang que le temps amène par vagues successives à la vie sociale n’ont de valeur sociale et d’efficacité qu’à condition de venir à leur tour se cristalliser dans ces grands mécanismes. Le renversement du rapport entre moyens et fins, renversement qui est dans une certaine mesure la loi de toute société oppressive, devient ici total ou presque, et s’étend à presque tout. Le savant ne fait pas appel à la science afin d’arriver à voir plus clair dans sa propre pensée, mais aspire à trouver des résultats qui puissent venir s’ajouter à la science constituée. Les machines ne fonctionnent pas pour permettre aux hommes de vivre, mais on se résigne à nourrir les hommes afin qu’ils servent les machines. L’argent ne fournit pas un procédé commode pour échanger les produits, c’est l’écoulement des marchandises qui est un moyen pour faire circuler l’argent. Enfin l’organisation n’est pas un moyen pour exercer une activité collective, mais l’activité d’un groupe, quel qu’il puisse être, est un moyen pour renforcer l’organisation.

      #système_technicien
      http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/reflexions_causes_liberte_oppression/reflexions_sur_la_liberte.pdf

  • Un excellent interview de #Louis_Pouzin dans le « Bulletin de la Société Informatique de France » (je ne savais même pas que ce machin existait). Il y a trois parties.

    La plus intéressante, de très loin, est la première, où Pouzin parle de son début de carrière, comme informaticien (sans rapport avec les réseaux) et fait revivre l’informatique des années 60, où on programmait vraiment à la dure, sur le métal nu. Une époque très éloignée, décrite bien en détail... Les jeunes informaticiens y apprendront plein de choses.

    La deuxième, consacrée à #Cyclades, est bien plus courte. Pouzin confirme qu’il n’a pas inventé le datagramme (une légende journalistique très répandue en France, pays qui a inventé le feu, l’électricité, le métal et la bombe atomique). Cette partie rappelle aussi que Cyclades était tout l’opposé du projet de trois gusses dans leur garage. C’était une grosse usine à gaz montée d’en haut, ce qui la rendait très vulnérable aux pressions politiques, qui ont finalement entrainé sa fin.

    La troisième partie, malheureusement longue, est nullissime, comme toujours quand il parle de gouvernance. Le Sommet Mondial dans la Tunisie de Ben Ali est toujours cité comme modèle de gouvernance :-(

    http://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2015/07/1024-no6-pouzin.pdf

    • Oui, je constate le peu de données par carte. Je n’ai jamais utilisé ce mode de stockage... La personne qui m’a en quelque sorte léguée ces cartes, a conservé un assortiment de systèmes permettant le stockage d’informations, le tout dans une grande vitrine en verre que je viens de ranger. Ca va donc de cartes dites « PERFOCARTES » en passant par qq cartes « 96 colonnes », quelques lampes dont je n’ai pas encore retrouvé l’utilité, un bloc « mémoire à tores de ferrite de 16ko », puis des disques durs éventrés pour montrer le mécanisme, 5"1/4, 3"/12, des disquettes et leurs lecteurs, là aussi éventrés, 8", 5"1/4... une grosse bande magnétique, un gros disque Digital « Data Cardrige » sorte d’ancetre des disquettes en beaucoup plus gros. Des micro-processeurs... ça ne commence qu’au 80286, un petit peu déçu... Faut que j’aille vérifier dans le garage si je ne trouve pas un vieux 8086 à désosser pour ajouter dans la vitrine, à côté de la série 286, 386, 486, Pentium, MMX, II, III, AMD... Bref... Vitrine amusante, mais y-a moyen de compléter à mon avis... j’vais désosser quelques autres machines :-D

    • En tant qu’informaticien ni très jeune, ni très vieux, je trouve dans l’exposé de Pouzin plein de raisons de pleurer, mais ça n’a rien à voir avec la nostalgie. Car au delà de l’ode à la virtuosité technique - qui n’est pas neutre -, on a tout de même le déroulé canonique d’un projet industriel : la recherche, les militaires, les sociétés de services, la « location » de personnel comme il le dit candidement. Il y a quand même au moins une bonne douzaine de raisons qui pourrait motiver l’abandon d’un tel projet rien que dans le compte-rendu que Pouzin en fait (je parle pas de ce qu’il élude ou que l’interlocuteur n’a pas la présence d’esprit de demander...). Mais il semble avoir passé une quinzaine d’années sur le sujet sans se poser la moindre question. C’est tout de même là le principal héritage qu’il a légué aux générations qui l’ont suivi.

  • Dans les « drive » des supermarchés, l’exploitation des corps sous les ordres des machines
    http://larotative.info/dans-les-drive-des-supermarches-l-1062.html

    Derrière la multiplication des drive, service qui propose aux clients des supermarchés de faire leurs courses en ligne avant de les récupérer en voiture, se cache de nouvelles formes d’exploitation. Les travailleurs — en l’occurrence, surtout des travailleuses —, courent toute la journée pour accomplir leurs tâches sous les ordres des machines. Extraits d’une enquête de Marie Gueguen à Guichen, en Ille-et-Vilaine.

    « Dans le service Courses U de Guichen, quelque 600 commandes sont traitées chaque semaine. C’est-à-dire, pour un panier moyen de 50 articles, plus de 30 000 articles collectés et scannés, par une petite dizaine d’employées à temps plein payées au smic. A une telle échelle, on a du mal à imaginer ce que peut représenter un tel nombre de marchandises attrapées en rayon, portées, rangées, encaissées, chargées dans le coffre des voitures, par des petites mains qui n’en finissent pas de répéter les mêmes gestes.

    Chacun sait en quoi consiste leur activité pour s’y être soi-même livré en faisant ses courses dans un supermarché. A la différence qu’elles le font dix ou quinze fois par jour, en manipulant packs de bière, barils de lessive et sacs de terreau de 10 kilogrammes. Car l’un des principaux atouts du service proposé (faire ses courses en un clic), c’est de s’épargner la corvée de trimballer les charges des produits lourds ou volumineux. C’est ainsi que, sans toujours le mesurer, les clients se déchargent du poids de leurs courses sur les épaules des employées qui vont les prélever pour eux dans les rayons, les portent jusqu’au chariot, puis les acheminent jusqu’au coffre de leur voiture, sous les ordres d’une machine, avec la contrainte de boucler la listes des courses au plus vite dès que le chronomètre est lancé. Avant de recommencer.

    [...]

    D’un côté, le rêve du physicien réalisé : toutes les variables sont précisément mesurées et rapportées au paramètre « temps », toutes les trajectoires sont parfaitement déterminées, impeccablement géométrisées. De l’autre, l’utopie du manager rendue concrète : toutes les données pertinentes sont extraites, analysées, maîtrisées, en vue d’un accroissement continu de la productivité. Science et management réunis, pour un nouveau management scientifique essentiellement basé sur les nouvelles technologies. (...) L’homme est la variable d’ajustement d’un système qui existe en dehors de lui, à qui il n’apporte que sa force de travail, jusqu’à ce que son corps le lâche et qu’il soit remplacé.

    Car les machines ont encore besoin d’humains pour exécuter les tâches qu’elles prescrivent. A Guichen, le drive repose sur neuf femmes. (...) Ces neufs femmes sont parmi les plus courageuses et les plus endurantes que j’aie rencontrées, résistant au turnover constant des employés occasionnels (étudiants pour la plupart). A leur corps défendant : quatre ont dû prendre un arrêt maladie longue durée lors des six derniers mois. »

  • « La "#croissance verte" est une mystification absolue »
    http://reporterre.net/La-croissance-verte-est-une-mystification-absolue

    Cette expression est avant tout un pied-de-nez à la « high tech », au mirage des technologies salvatrices. Dans ce livre, je pose les questions fondamentales suivantes : pourquoi produit-on ? Que produit-on ? Et comment produit-on ? Mon propos est de dire que l’on pourrait d’ores et déjà produire moins sans que notre qualité de vie en pâtisse, bien au contraire. Par exemple, on pourrait supprimer le million de tonnes de prospectus publicitaires qui sont distribués chaque année. On pourrait étendre le rechapage des pneus à tous les véhicules, comme cela se fait déjà pour les avions et les camions. On pourrait rétablir la consigne pour les emballages et favoriser la vente en vrac. On pourrait progressivement limiter la vitesse maximale, brider les moteurs, interdire les voitures trop puissantes. La voiture « propre » n’existe pas, mais en attendant de tous enfourcher un vélo, la voiture à 1 litre au 100 km est à portée de main. Simplement, elle fait 500 kg et ne dépasse pas les 80 km/h, ce qui suffirait pour une large part des besoins de déplacement.

    En même temps, il faut pousser l’éco-conception au maximum. Il faut que les produits que l’on utilise tous les jours soient plus facilement réparables, réutilisables, modulaires, à plus longue durée de vie, constitués d’un seul matériau plutôt que de matériaux composites, etc. Il faut accepter d’avoir des produits un peu moins performants, légers, esthétiques.

    Enfin, la façon dont on produit ces biens est également cruciale. Aujourd’hui, l’organisation industrielle mondiale est telle que quelques usines fabriquent des quantités phénoménales de produits. La part du travail humain se réduit toujours plus, au profit de la mécanisation, des robots et bientôt des drones. Au contraire, il faut relocaliser une partie de cette production, retrouver l’échelle du territoire, des petites entreprises, des ateliers, de l’artisanat, d’un tissu industriel et commercial à l’échelle de l’Homme.

    Se pose alors inévitablement la question – épineuse mais inévitable – du protectionnisme et de l’échelle des territoires à protéger. Soyons là aussi réalistes : comment une industrie chimique locale, nationale ou même européenne, aux normes environnementales élevées et intégrant pleinement un coût du carbone, pourrait-elle résister à l’industrie des gaz de schiste américains, ou au gaz « gratuit » du Qatar ? Comment des élevages de taille moyenne pourraient-ils concurrencer la production brésilienne et les poulets trempés dans le chlore ? La logique du « consomm’acteur » ne suffira pas, il faut se donner les moyens réglementaires et normatifs de faire émerger et prospérer des solutions plus vertueuses.

    • L’#élevage est en crise une fois encore, plus encore que d’habitude, parce que le système a été poussé à l’extrême. Nous sommes allés vers une productivité maximale, en terme de quantité de lait par vache, d’indice de consommation pour les porcs ou la volaille, il est difficile d’aller véritablement plus loin, ou alors très lentement. On robotise, on automatise, les fermes deviennent des outils technologiques perfectionnés, mais c’est aussi une course qui mène vers un #endettement toujours plus lourd et produit des exploitations de plus en plus difficiles à reprendre et à amortir pour les jeunes. Hélas, ces exploitations performantes, sont prises en tenaille. D’un côté, le prix des aliments fluctue, notamment celui du soja, qui s’envole régulièrement. D’un autre côté, le prix de vente des produits s’effondre chroniquement. Rappelons que les agriculteurs sont parmi les rares vendeurs qui n’ont aucun pouvoir sur le prix auquel ils vendent ce qu’ils ont produit. Entre les deux, finalement, ils ont la sensation, probablement justifiée, d’être une variable d’ajustement ou un amortisseur.

      #agriculture #zootechnie #robotisation #automatisation #agro-industrie #dette #système_technicien

  • Veetal | All for your day
    http://veetal.de/en

    J’ai reçu mon paquet de Veetal Vegan aujourd’hui (un équivalent allemand de #soylent) du coup je viens de prendre mon premier repas « new gen » Ça ressemble un peu à de la purée de flocons d’avoine.

    Je prévois de remplacer la plupart de mes déjeuners au boulot avec. On verra si j’en recommande une fois les paquets d’essais terminés ^_^(Permalink)

  • Le resserrement de la cage d’acier
    http://www.lecourrier.ch/130349/le_resserrement_de_la_cage_d_acier

    Il y a plus d’un siècle, le sociologue Max Weber considérait que la modernité capitaliste se caractérisait par la progression d’une rationalité qui se concrétisait par l’enfermement de nos vies quotidiennes dans une cage d’acier faite de normes techniques. Où en sommes-nous face à une telle prévision ?

    La colonisation du monde vécu. Il ne semble pas que la prévision énoncée par Max Weber de l’enfermement des existences dans une cage d’acier, constituée de normes techniques, ait été démentie. Dès les années 1970, le philosophe Jürgen Habermas a utilisé pour décrire ce mouvement l’expression de « colonisation du monde vécu ». Cette expression désigne, chez cet auteur, le fait que le monde de la vie quotidienne se trouve enserré par la rationalité instrumentale du système qui se divise, selon lui, en deux sous-systèmes : économique et administratif. Le fonctionnement du marché et les normes juridiques constituent un maillage de plus en plus serré de nos existences, au point qu’il devient de plus en plus difficile d’imaginer et d’admettre que l’on puisse vivre sans cet encadrement de nos vies.
    La domination de la rationalité marchande et technocratique au travail. L’économiste Daniel Cohen, dans Homo economicus (2012) ou encore le philosophe Michael Sandel, dans Ce que l’argent ne saurait acheter (2014) ont mis en lumière les transformations que la domination de la rationalité marchande sont en train d’effectuer sur les comportements humains. Progressivement, ce sont des manières d’être traditionnelles, ancrées dans la vie quotidienne et des modes de relations sociales non marchands, qui perdent leur sens subjectif pour les personnes. Ainsi, il arrivera un temps où les cadeaux offerts lors des fêtes traditionnelles n’auront plus de valeurs symboliques ou affectives, mais uniquement la valeur marchande que l’on peut en tirer sur les sites internet de vente en ligne. C’est ce que Karl Polanyi dans La grande transformation (1944) avait déjà souligné en parlant du désencastrement de l’économie marchande par rapport au social.

    Mais ce ne sont pas seulement les relations de solidarité qui perdent leur sens au profit du calcul utilitaire. Cette rationalité technocratique atteint le monde du travail, provoquant, comme cela a été mis en valeur par les travaux du psychologue du travail Christophe Dejours, des psychopathologies et une souffrance psychique et physique. Notre activité de consommateur se trouve également soumise à des normes de rationalité imposées par la logique capitaliste, nous forçant au travail gratuit, comme le montre Marie-Anne Dujarier dans Le travail du consommateur (2014).

    La domination de la rationalité bureaucratique. Nombre de discours sociologiques, à la suite de ceux de Michel Crozier, avaient mis en valeur la critique de la bureaucratie, aussi bien dans le monde de l’entreprise que de l’Etat. Néanmoins, le travail de Béatrice Hibou vient relativiser cette thèse. Dans La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale (2012), elle montre comment notre quotidien se trouve au contraire quadrillé par des normes en tout genre : de qualité, d’hygiène... Cette rationalité technocratique étatique est également à l’œuvre dans l’emprise exercée par la surveillance et le contrôle des existences quotidiennes, comme l’a analysé entre autre Armand Mattelart dans La globalisation de la surveillance (2008), analyse qu’il a complétée, avec André Vitalis, dans Le profilage des populations (2014).

    La technocratisation de la vie quotidienne. Cet enserrement de la vie quotidienne n’est pas seulement à l’œuvre du fait de l’Etat et du marché. Il ne s’applique pas seulement aux travailleurs ou aux consommateurs que nous sommes. C’est l’ensemble de nos actions et de notre subjectivité qui se trouve transformé par le techno-capitalisme.

    On peut ainsi citer les analyses faites sur la transformation de notre rapport au temps, que ce soit par Paul Virilio ou Hartmut Rosa : l’accélération du monde vécu, qui a pour corollaire le rétrécissement de l’espace et l’augmentation du stress. Cette transformation du rapport au temps se traduit par une diminution du temps de sommeil, comme le souligne Jonathan Crary dans 24/7 - Le capitalisme à l’assaut du sommeil (2014). Cette colonisation technocratique du monde est à l’œuvre également dans l’espace urbain, comme l’analyse Elisabeth Pélegrin-Genel, dans Des souris dans un labyrinthe (2012). Cette emprise sur notre monde vécu est présente dans le moindre des objets standardisés de notre vie quotidienne, comme le met en lumière le philosophe Jean-Michel Besnier dans L’homme simplifié (2012). Elle est à l’œuvre enfin dans nos loisirs, en particulier dans ce que le philosophe Roberto Casati appelle le colonialisme numérique.

    Dans ce monde d’objets marchands et de constructions urbaines, pensées selon les logiques des politiques étatiques et de la rationalité capitaliste, quelle place reste-t-il encore pour la constitution de subjectivités individuelles et collectives qui échappent aux logiques du techno-capitalisme ?

    #idées #capitalisme #rationalisme #temps

  • Les boissons protéinées remplacent les repas dans la Silicon Valley | France info
    http://www.franceinfo.fr/emission/en-direct-de-la-silicon-valley/2014-2015/en-direct-de-la-silicon-valley-du-31-05-2015-31-05-2015-08-25

    Après les sportifs, ce seraient donc les ingénieurs qui remplacent les repas par ces boissons. « Ils prétextent que cela ne coûte pas cher. Et que ces boissons leur permettent de gagner du temps ».

    Ah mais si c’est ça, ils peuvent carrément se faire poser une sonde gastrique au niveau de l’estomac, c’est comme ça qu’est nourri le gamin handicapé de mes voisins. Il faut néanmoins prendre le temps de poser la poche de nourriture et de l’enlever quand elle est vide.
    #crétins_abyssaux

  • Avons-nous vendu notre âme aux Gafam ?
    http://framablog.org/2015/05/27/avons-nous-vendu-notre-ame-aux-gafam

    L’an dernier, quand mon réfrigérateur est tombé en panne, le réparateur a remplacé l’ordinateur qui le pilotait. J’ai pris alors conscience que je raisonnais à l’envers à propos des réfrigérateurs : ce n’est pas un réfrigérateur avec un ordinateur, c’est un ordinateur qui garde les aliments au froid. Eh oui c’est comme ça, tout est en train de devenir un ordinateur. Votre téléphone est un ordinateur qui effectue des appels. Votre voiture est un ordinateur avec des roues et un moteur. Votre four est un ordinateur qui cuit les lasagnes. Votre appareil photo est un ordinateur qui prend des photos. Même nos animaux de compagnie et le bétail sont maintenant couramment équipés de puces ; on peut considérer que mon chat est un ordinateur qui dort au soleil toute la journée.

    #bruce_schneier #surveillance

    • De même que dans la production généralisée de marchandises, la « création de valeur » se subordonne la production de richesses sensibles pour en faire des « valeurs d’usage », le déferlement des techniques numériques est un fétichisme qui, par définition, s’ignore. Les usages concrets ne sont plus que les prétextes à l’informatisation pour l’informatisation. Les nuisances qui en découlent, bien que cruellement réelles, ne sont que secondaires.

    • Ce midi sur francesphincter un faux débat (dont la finalité est de dire que les robots vont libérer notre créativité, raaahum …) et que finalement ce sont la dégradation des rapports sociaux qui a ouvert la porte à l’informatisation de nos espaces de vies voila, voila. Est évoqué également l’ Esprit de finesse de Pascal et l’intelligence artificielle avec un Paoli baignant dans son ignorance « Ah bon, les luddites ont été réprimés dans le sang, non vraiment ? ».

  • Le burger-éprouvette passe de 250 000 à 10 € en deux ans | Mr Mondialisation
    https://mrmondialisation.org/le-burger-eprouvette-passe-de-250-000-a-10e-en-deux-ans

    En 2013, la première dégustation de burger fabriqué en laboratoire avait lieu à Londres. L’occasion pour Mark Post, scientifique néerlandais et créateur du burger in vitro de faire valoir son projet. Mais le prix exorbitant du bout de viande, estimé à 250 000 € ne permettait pas d’imaginer une production de masse. Ce bémol de taille pourrait faire partie du passé, puisque l’on apprend aujourd’hui que le coût de production de ce que la presse Britannique surnomme le « Frankenburger » aurait drastiquement chuté pour désormais avoisiner les 10 €.

    c’est super appétissant comme vous pouvez le voir

    « Dans vingt ans, on pourra avoir dans nos supermarchés deux produits ayant exactement le même goût et la même apparence. L’un provenant de la vache qui comportera une écotaxe et impliquera que des animaux aient été tués. L’autre venant du labo sans que personne n’ait eu à souffrir et potentiellement moins cher. »

    Si les arguments avancés par Mark Post sont séduisants et nous permettent d’imaginer, à l’instar de l’association PETA, que cette nouvelle forme de production sonnerait à terme le glas des abattoirs et des élevages industrialisés, elle n’est pas sans poser quelques questions d’ordre éthiques.

    Outre le mythe de la protéine animale indispensable à la survie et la bonne condition physique qui se verront perpétués, l’exploitation d’animaux sensibles est une condition sine qua non pour le prélèvement de tissus musculaires indispensables aux laborantins. Mais quid quand le procédé sera adapté aux protéines végétales ? Faire pousser des salades en laboratoire sera-t-il moins éthique ? Pour Tara Garnett, directrice du département de recherche sur la nourriture à l’Université d’Oxford, le problème est tout autre :

    « On a 1,4 milliard de personnes sur la planète qui sont obèses ou en surpoids et en même temps 1 milliard qui se couchent avec le ventre vide. La solution n’est pas simplement de produire plus mais de changer notre système d’approvisionnement et le prix de la nourriture. »

    #malbouffe #viande_in_vitro #agriculture_cyborg #agro-industrie #zootechnie #système_technicien #administration_du_désastre #inégalités
    à mettre en perspective avec http://seenthis.net/messages/251701

  • La civilisation libérale réalise le fondement social de tout régime totalitaire - L’Etat, Bernard Charbonneau, 1949

    C’est dans l’#économie libérale que s’est élaboré le plus efficacement le monde totalitaire. Dès le début du XIXème siècle la centralisation politique s’est renforcée d’une organisation économique qui tendait à concentrer la puissance en un seul point d’où dépendait tout le reste. Ainsi s’est formée une #humanité habituée à subir, et à subir sans comprendre, pour laquelle le mot de #liberté s’est vidé progressivement de tout contenu. Si nous considérons la tendance de la #technique actuelle à réserver la connaissance à une minorité de spécialistes comme elle réserve la puissance à quelques patrons ou directeurs, sa tendance à s’étendre méthodiquement à tout, sans autre principe que celui de l’efficacité pratique, alors nous pouvons bien affirmer qu’en dehors de toute volonté politique consciente le monde libéral tendait bien à devenir un monde totalitaire, où la #démocratie sociale devenait aussi absurde que la démocratie politique.

    La démocratie tend au partage de la vérité et de la puissance entre tous les #citoyens, la technique tend au #monopole de la vérité autant qu’à celui du pouvoir. Nous payons chaque perfectionnement d’une complication et d’une contrainte, - le tout est de savoir si ce perfectionnement vaut ce prix. Comme le rouage s’ajoute au rouage, l’explication s’ajoute à l’explication, et dans la mesure où l’organisation englobe de nouveaux domaines, elle multiplie les interférences. Ainsi, le sens commun à tous les hommes ne suffit plus, l’individu ne peut plus réaliser la condition de base de toute démocratie : une connaissance élémentaire de ses intérêts matériels, car ceux-ci dépendent d’une foule d’éléments qu’il ne peut plus atteindre directement. Pour juger sérieusement de son #salaire, il lui faut désormais connaître le mécanisme de la #monnaie, le système fiscal, l’économie française et sa situation dans l’économie européenne : une #culture politique et juridique du niveau de la licence en #droit. Dans ces conditions le citoyen ordinaire n’essaie même plus de comprendre, il se jette sur l’explication que lui prépare la #propagande ; atrophiant son aptitude à s’expliquer, la complexité du monde actuel le livre au simplisme du #slogan. Plus les techniques deviennent hermétiques et rigoureuses, plus leur vulgarisation devient vulgaire : l’image ou l’incantation qui s’adresse aux nerfs de la foule compense la formule mathématique qui s’adresse à l’intellect du technicien.

    Submergé par la multiplicité des faits où l’économie complique la #politique et la politique l’économie, l’individu se détourne d’un #pouvoir qui n’a plus de sens pour lui ; sa condition étant d’être dépassé, sa réaction est de s’abandonner. Dans la #nation, dans l’#armée, dans le parti, et dans un #syndicalisme bureaucratisé, il n’est plus qu’un rouage habitué à subir l’impulsion d’un état-major d’administrateurs. Le sens commun - et son représentant le Parlement - n’a plus d’autorité ; dans une société technicisée, ce sont les bureaux qui gouvernent. Le Parlement n’est que le mensonge [...] qui permet aux hommes d’esquiver le problème posé par la fin du bon sens.

    Partout où pénètre la technique recule la liberté, car à la différence de la pensée libérale, ses vérités sont sans appel et leur exécution automatique. La technique comme la #loi impose à tous la même discipline, et partout où elle s’établit, s’établit la loi qui peut seule rendre ses applications possibles : la discipline totalitaire dans ce qu’elle a d’apparemment légitime ne fait qu’exprimer en clair la discipline industrielle. Ainsi sous le couvert du #libéralisme, l’évolution économique réalise dans la vie quotidienne des individus la condition fondamentale du #régime_totalitaire : la démission de l’homme, qu’il s’agisse de l’#indifférence atone du plus grand nombre à des déterminations qui les dépassent ou de la participation frénétique de quelques-uns.

    [...] L’#impuissance individuelle mène au culte de la puissance collective. Quand l’#individu se tourne vers lui-même, il ne trouve qu’incertitude, vide et débilité ; mais quand il considère le monde qui le domine il voit triompher la force. Tout le dissuade de chercher l’autorité autant que le pouvoir en lui-même pour le tourner vers la puissance collective. Tandis que se dressent toujours plus haut des buildings ; dans la fissure de la rue passe l’individu, perdu dans la foule, mais suivi par les contraintes de l’argent et de la loi comme par son ombre ; et sur lui s’effondrent guerres et révolutions, qu’il ne peut que suivre. Alors écrasé, il compense ses complexes d’infériorité individuelle par ses complexes de supériorité collective : celle de sa nation, de son parti ou de sa classe. La révolte de l’individu alimente ainsi les forces qui l’anéantissent.

    #système_technicien #brown_tech

    • Le régime totalitaire vient comme un voleur ; il nous surprend à coup sûr parce-que nous l’attendons monstrueux alors qu’il n’a rien d’étonnant. Progressivement, dans le calme de ce que nous croyons être le temps normal, il s’est adapté à nous, et surtout nous nous sommes adaptés à lui. Il n’est plus loin ; au jour le jour il a déjà fait presque tout le chemin et il n’a plus qu’un pas à faire pour être là.
      [...] Le mal totalitaire n’est pas un fléau étranger qui fondra sur nous à la fin des temps, il grandit en nous dans le silence. Dans la vie quotidienne et dans l’esprit - ou plutôt dans l’absence d’esprit qui y préside : plus que dans nos fureurs, dans notre ennui ; plus que dans nos crises, dans nos petites habitudes. C’est là qu’il nous faudra le découvrir et le combattre. Tout homme doit se préparer à ce jour, et ce jour c’est aujourd’hui.

      #totalitarisme

    • Celui qui voudra résister le moment venu doit savoir qu’il ne sera pas placé d’un coup en face du choix. Le régime totalitaire consacrera l’état de fait plus qu’il ne rompra avec lui ; il nous aura lentement possédés de l’intérieur plus qu’il ne nous forcera de l’extérieur. [...] Songeons que notre régime totalitaire ne se présentera pas sous l’uniforme de l’envahisseur, mais dans l’exaltation de la puissance nationale ; non comme une subversion, mais un effort vers l’ordre universel. En apparence il sera moins un déchaînement de haine que l’irrésistible jaillissement d’un hymne de fraternité ; une unanimité dans laquelle le refus de l’individu ne sera plus affirmation légitime mais scandale.

    • Relu encore à l’instant.

      « perfectionnement » me semble ici très bon et très juste, mais « technique », « la technique » (ne parlons pas du « sens commun » et du « bon sens ») ne passent décidément pas.

      Termes décidément bien trop fourre-tout, qui recèlent autant sinon plus de problèmes cruciaux qu’ils n’apportent de clarifications - en particulier, dans ce que les premiers participent d’un dualisme « nature » vs « artifice » non dit ni assumé qui vient conditionner l’entendement beaucoup trop à mon goût.. (comme on le peut constater régulièrement dans les prises de position des militants « anti-industriels » qui se réclament de ce même Charbonneau).

      de même, l’emploi des catégories « totalitaires » et « libéralisme » me semble ici des plus casse-gueule - et aujourd’hui dépassé pour essayer de saisir les rapports sociaux que nous vivons.

    • Je suis assez d’accord sur l’opposition nature vs artifice, opposition que dépasse le concept d’#écoumène (dont les techniques humaines sont partie prenante cf http://seenthis.net/messages/166201). Cela dit quand Charbonneau parle de technique (même si c’est pas explicite) il parle de technique hétéronome, qui s’autonomise et échappe à la maîtrise commune, par opposition à l’outil convivial (concept forgé plus tard par Illich).
      Sur le glissement vers le totalitarisme en revanche l’analyse de Charbonneau me semble garder sa pertinence. Je trouve que le dernier paragraphe mentionné donne un éclairage saisissant à « l’esprit charlie » et aux derniers propos bellicistes de l’exécutif.

    • @paulo merci

      @koldobika

      Je me suis plongé il y a des mois dans tout ce que j’ai pu lire de Berque sur le web (il y a de la matière), et c’est passionnant, mais je pense que, de par sa singularité dans le paysage intellectuel, (en tout cas, dans le mien), c’est un auteur qui mérite d’être médité et digéré. Je n’ai pas fini d’y revenir.
      Son point de vue déplacé par rapport à la tradition occidentale « classique » et l’étendue de sa culture sont stimulants par l’emploi créatif qu’il en fait, et la notion d’écoumène m’a évidemment beaucoup plu.

      Mais il me semble que son travail reproduit néanmoins des biais fondamentaux, à travers une forme - c’est ce qu’il me semble y lire, je reste néanmoins prudent - d’humanisme universaliste abstrait. Par exemple, je n’ai pas lu chez lui de réflexion sur les rapports humains, les rapports sociaux de domination, (lesquels mettent pourtant en scène la notion de nature de façon récurrente) - j’ai l’impression qu’il y a là l’habituel point aveugle masculin et blanc, aisé, que l’on rencontre trop souvent. Dans ce que j’ai lu, les rapports de domination - sexe, race, exploitation économique - sont quasi-absents, sinon, pour les derniers, du point de vue de leurs conséquences écologiques. Je peux me tromper et avoir manqué cela. Mais j’aimerais les voir explicitement pris en compte : il font partie du milieu, de « l’écoumène », non ? Nous n’appréhendons pas le milieu tou-te-s depuis le même point.

      Pour se déprendre un peu plus du piège de ce dualisme nature-culture, pour être intellectuellement mieux armés face à lui, à défaut de prétendre en finir, les travaux de Colette Guillaumin, qui partent justement des rapports de domination, et en particulier d’appropriation, et qui lient la catégorie « nature » et son emploi à ces rapports sociaux, me semble ouvrir des pistes plus intéressantes dans ce qu’elle proposerait une explication matérialiste de l’existence de cette catégorie - la « nature » ne devant alors son caractère distinct, extérieur... qu’au fait de son appropriation par les humains. Mais là aussi, c’est une lecture que j’ai besoin de digérer - et aussi, en partie, de parvenir à mettre la main dessus (bouquins épuisés, hélas).

    • @martin5 c’est vrai qu’il manque tout ce pan social chez Berque, et ça donne à son propos quelque-chose de très universitaire, qui aime bien causer au calme d’un salon. Autant il a une approche très « habitée » de la question du paysage, autant pour ce qui est des rapports sociaux c’est l’angle mort, ça donne l’impression qu’il parle du rapport d’un humain isolé avec le monde, ou alors d’une culture mais en n’en retenant que la situation géographique et historique et pas les rapports sociaux ni de genre, tout juste aborde-t-il les modes de production, à gros traits.
      J’ai déjà vu passer le nom de Colette Guillaumin, à l’occasion j’en lirai un bout (j’ai déjà une trop grosse pile de bouquins à lire qui m’attend, je m’en sors pas).

    • Du coup je suis retourné plus en profondeur à un autre de ses bouquins, plus récent, que j’ai sous la main (#Le_jardin_de_Babylone), lu il y a trop longtemps.
      Il me semble que Charbonneau - outre des formulations chrétiennes fatigantes : « fils d’Adam » toi même, Bernard ! y donne à lire sans masque la rigidité et les limites d’une pensée banalement conditionnée par les concepts auxquels elle a recours. Si dans un court prologue il semble admettre l’historicité de celui de « nature », c’est ensuite pour en faire à nouveau un absolu et recourir au détour d’un chapitre ou d’un autre à celui de « nature humaine ». Il ne s’agit pas seulement de nature vs technique hétéronome, mais bien d’une incapacité à penser les animaux humains en termes de rapports sociaux, avec leur plasticité, leur historicité.
      Sitôt qu’il s’aventure un peu trop sur ce terrain là, comme p 171 de l’édition de l’EdN :

      si le progrès est illimité, la nature humaine, heureusement, reste immuable : on ne nous a pas encore proposé un superman avec un troisième oeil et des pinces greffées

      (j’italise)
      ,
      la rigidité du paradigme chrétien dans lequel il patauge semble le réduire à recourir immédiatement à une caricature grossière - celle que l’on retrouve, intacte, chez PMO, Escudero, etc, et avec laquelle se complaisent leurs soutiens. Il me semble qu’une pensée engluée dans le dualisme nature vs artifice/technique se condamne à tomber dans ce travers - se privant de la capacité à envisager les rapports sociaux, et donc les pratiques, dans toute leur profondeur en termes de production historique, pratiquant parmi elles une coupure... artificielle entre prétendus « naturels » et soi-disant "artificiels" , absolutisant nécessairement une conception particulière de l’"humain". Sur ce sujet, la confrontation avec la pensée d’une #Hannah_Arendt (#Condition_de_l'homme_moderne) me semble assez éclairante quant à l’espèce d’archaïsme dont on peut dire qu’il caractérisait déjà à l’époque la pensée de Charbonneau.
      Comme si le renoncement à un ancrage dogmatique tel que le sien était pour lui voué à menacer la capacité de juger le présent !

      Incidemment, l’évocation de la pêche et de la chasse est pour lui l’occasion de pages consacrées à une impudente apologie de la prédation et de l’appropriation conçues comme le rapport le plus intime possible avec "la nature" , qui après tout passait peut-être inaperçue il y a quelques décennies ? (Mais qui me semble remarquablement consistante avec la critique que fait Colette Guillaumin du concept de nature comme face mentale, idéologique, de pratiques d’appropriation, comme avec la critique qu’esquisse #Florence_Burgat dans #Pourquoi_l'humanité_est_elle_carnivore )

      je cite :

      La relation du chasseur et du pêcheur à la nature est totale , parce qu’elle est une relation active . L’employé parisien qu’hypnotise le jeu de son bouchon le long des quais de la Seine est plus près de la vie primitive que le touriste qui contemple les glaciers du Spitzberg

      .
      (p 179, même édition, et j’italise à nouveau)

      L’a priori complaisant quant à une conception de « la vie primitive » se donne à lire sans fard ni doute...
      La suite qui, au prétexte de condamner « l’errance moderne », méprise grossièrement le nomadisme, n’est pas meilleure.

      Le lyrisme torrentiel et la verve de l’auteur dissimulent donc à mon sens très efficacement la superficialité et les a-priori avec lesquels sa pensée entre, comme pensée (de fait, fort peu) dans la foisonnante description qu’il donne du moment historique qu’il se trouve vivre : si son regard de chrétien contribue assurément à lui conserver une vive sensibilité à la brutalité des changements imposés par l’industrialisation, si sa culture de chrétien lui fournit la palette pour la peindre d’une façon des plus saisissantes (je ne lui conteste évidemment pas cela), se référer à lui en ignorant le lieu tout de même particulier, et lui même problématique et critiqué, depuis lequel son regard se porte , se référer à lui en ignorant ses biais, ses points aveugles pose un problème qu’il me semble nécessaire de souligner , puisqu’il s’avère qu’aujourd’hui encore, beaucoup de celleux qui disent s’en inspirer ne le remarquent pas, puisqu’ellils se satisfont de les reproduire quasiment à l’identique.

      Je ne leur reproche pas de lire ni de s’inspirer d’un auteur chrétien : après tout, je ne me cache pas de m’être abondamment nourri des écrits de Léon Bloy, Georges Bernanos, Simone Weil,... Jacques Ellul et Bernard Charbonneau himself, pour n’en citer que quelques un-e-s.
      Je leur reproche de le faire en perdant de vue que ceux-ci sont critiquables, aussi précieux et féconds soient-ils ; et que pour y nourrir notre pensée, nous ne sommes en rien tenus de l’encager dans ce qui fut leur paradigme.

  • Les dessous de votre assiette : la carte de France des fermes géantes
    http://www.bastamag.net/Les-dessous-de-votre-assiette-la-carte-de-France-des-fermes-geantes

    Alors que le Salon de l’agriculture s’ouvre le 21 février, la Confédération paysanne vient de publier une carte de l’industrialisation de l’agriculture. Vous connaissiez la célèbre « ferme-usine des Mille vaches » en Picardie ? Découvrez un élevage de 250 000 poules pondeuses dans la Somme et de 125 000 poulets dans le Vaucluse, un centre d’engraissement de 2000 taurillons dans l’Aube, une maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an dans les Côtes d’Armor, ou bien encore les 3 000 (...)

    En bref

    / Agriculture , Quelle #Agriculture_pour demain ?, #Capitalisme, #Alimentation

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

  • #Climat : l’Europe veut relancer la séquestration du CO2
    http://www.lemonde.fr/energies/article/2015/02/04/climat-l-europe-veut-relancer-la-sequestration-du-co2_4569587_1653054.html

    Cette #technologie, qui consiste à récupérer le dioxyde de carbone à la source, dans les fumées des centrales thermiques et des usines, puis à l’enfouir dans des formations géologiques profondes, sur terre ou en mer, pourrait éviter le rejet dans l’atmosphère de plus de 20 % des émissions mondiales de #CO2, d’ici à 2050.

    Dans le monde, la filière se développe, mais beaucoup moins vite qu’espéré. Elle ne compte encore que treize installations importantes, dont neuf aux Etats-Unis et au Canada. Plus de cinquante autres sont toutefois en projet, en Amérique du Nord toujours, mais aussi en Chine, qui monte en puissance dans ce domaine.

    (...)

    Le coût – plusieurs centaines de millions d’euros pour une installation importante – est en effet le principal frein. Or, le marché européen des quotas d’émissions de CO2, censé inciter les industriels à investir dans des technologies propres en leur faisant payer un « droit à polluer », ne joue plus son rôle : le prix de la tonne de CO2 émise, proche de 30 euros en 2008, a chuté à 5 euros, ce qui n’a plus aucun effet d’entraînement sur les entreprises. Seule une réforme du marché du carbone, rehaussant le prix du CO2, pourrait relancer la machine.

    (...)

    Le coût n’est pas le seul obstacle. Il faut aussi établir la faisabilité de la séquestration souterraine du carbone. « On sait stocker du CO2 sans risque, mais pas n’importe où ni n’importe comment, souligne François Demarcq, directeur général délégué du Bureau de recherches géologiques et minières. Chaque milieu géologique a ses caractéristiques et il faut faire des études site par site, avec un suivi et des mesures de prévention adaptées. »

  • Synthetic Biology : Life reconstructed by engineers and multinationals
    http://multinationales.org/Synthetic-Biology-Life

    According to its proposents, synthetic biology would seem to be leading us into a brighter future, full of promises of better medicines, anti-pollution bacteria and synthetic fuels. But whilst it continues to attract investments from the largest global companies in the biotechnology, #Energy and agribusiness sectors, the use of lab-built DNA and of patented gene factories to produce life at industrial scale raises many questions. As the first fully computer-designed organisms are just (...)

    #Investigations

    / Food & Agribusiness, Energy, #Pharma, #France, #United_States, #Michelin, #Total, #Sanofi, #Green_Economy, #Amyris, #new_technologies, #intellectual_property, #Environmental_Health, regulations and (...)

    #Food_&_Agribusiness #regulations_and_norms
    « http://www.genopole.fr/Bioparc-les-projets-structurants.html »
    « http://www.sanofi.com/Images/32474_20130411_ARTEMISININE_fr.pdf »
    « http://www.etcgroup.org »
    « http://www.foe.org/news/archives/2012-03-global-coalition-calls-oversight-synthetic-biology »
    « http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Rapport_Biologie_de_synthese/58/5/L2_BIOLOGIE_DESYNTHeSE_version_finale_web2_202585.pdf »
    « http://biobricks.org/about-foundation »
    « https://www.ncbi.nlm.nih.gov/genbank »
    « http://www.issb.genopole.fr/Research/teams »
    « http://www.lefigaro.fr/sciences/2012/06/22/01008-20120622ARTFIG00775-faut-il-avoir-peur-de-la-biologie-synthetique.php »
    « http://www.lapaillasse.org »
    « http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2009/09/04/biohackers-les-bricoleurs-d-adn_1235563_1004868.html »
    « http://www.ensembl.org/Homo_sapiens/Info/Index »
    « http://2013.igem.org/Team:INSA_Toulouse »
    « http://biologie-synthese.cnam.fr/historique »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-off/i4354.asp »
    « http://wallpapersus.com/dna-nanotech-creative-design »
    « http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=395 »
    « http://total.com/fr/energies-savoir-faire/energies-renouvelables/biomasse/projets-realisations/amyris »
    « http://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/10/Fiche_FSC_Artémisinine.pdf »

  • « Le Capital au XXIe siècle », de Thomas Piketty : de l’économie assistée par ordinateur
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=560

    Thomas Piketty a publié en 2013 « Le Capital au XXIe siècle », blockbuster book aux Etats-Unis, best-seller seulement en France. Un pavé de 1000 pages consacré aux inégalités au sein du système capitaliste, qui a fait tressaillir d’aise la gauche américaine et internationale. Si vous croyez au cannibalisme végétarien, vous croirez au capitalisme raisonné que propose Piketty. Quentin Perez nous explique avec brio en quoi Piketty est à la fois un produit et un serviteur du système technicien. Les commentateurs se sont extasiés du travail de « collecte de données » réalisé par l’économiste. Quentin Perez montre que ce travail machinique (fourni par les ordinateurs) produit une pensée machinale (exprimée en séries statistiques) conforme aux nécessités de la planification et de la gestion optimisée du cheptel (...)

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/LecapitalauXXIe_me.pdf

    • Plus spécifiquement, « des humains ayant perdu leur capacité innée de raisonnement moral », « des institutions culturelles moroses - si ce n’est moribondes »... Et surtout :
      Un environnement social parfaitement contrôlé, qui rendrait toute contestation non seulement impossible, mais également inconcevable.

      Pour lui, cette pensée numérique véhicule en effet deux travers intellectuels : le « #solutionnisme », ou la propension à croire que la technologie peut résoudre tous les problèmes de l’humanité ; et le « webcentrisme », selon lequel cette rupture technologique serait historiquement unique - « une ruse visant à légitimer des programmes radicaux ».

      La mentalité de la Silicon Valley incite, du coup, à gérer les conséquences des problèmes plutôt que d’en comprendre les causes, promeut la débrouillardise et l’adaptabilité individuelle au détriment de l’action collective, et privilégie l’instant présent au lieu d’encourager à penser le passé et l’avenir. L’essayiste dénonce un vocabulaire qui glorifie la « disruption », « l’efficacité » et « la performance »... comme s’il s’agissait d’objectifs incontestables !

      [...] Concrètement, la manie de la mesure de soi (le « quantified self ») à travers la prolifération d’objets personnels connectés (smartphone, lunettes, télé, réfrigérateur, voiture...) établit une dangereuse asymétrie :
      Le citoyen doit être visible, performant, contrôlable. Alors que les grandes entreprises maîtresses des data, le gouvernement et les institutions ne sont pas astreints à cette transparence.

      Qui sait comment Google fabrique ses algorithmes ?

      #système_technicien
      #dépolitisation
      #numérique

  • « La Troisième Révolution » de Rifkin n’aura pas lieu - Libération
    http://www.liberation.fr/terre/2014/10/21/la-troisieme-revolution-de-rifkin-n-aura-pas-lieu_1126521

    L’idée de Troisième Révolution industrielle part d’un constat apparemment juste : ce sont les lois de l’#énergie qui gouvernent l’activité économique, or la crise actuelle marque l’essoufflement des trajectoires énergétiques du passé. L’#énergie_fossile et les terres rares qui ont fait le succès économique de notre civilisation s’épuisent. La dette entropique, issue de l’activité économique passée, s’accumule beaucoup plus rapidement que la #biosphère n’est capable de l’absorber. « Cette situation grave nous force à réévaluer fondamentalement les postulats qui ont guidé notre conception de la productivité. Désormais, il faudra mesurer celle-ci d’une façon qui prendra en compte à la fois l’efficacité thermodynamique et les conséquences entropiques », souligne Rifkin. Ce constat est connu et accepté, c’est lorsqu’il livre ses solutions que le prospectiviste états-unien devient un habile prestidigitateur, voire un dangereux prophète de l’abîme.

    Comme la Première Révolution industrielle, qui serait née au XIXe siècle de la machine à vapeur et de l’imprimerie, ou la Deuxième, qui aurait vu au XXe siècle la convergence du moteur à combustion avec la communication électrique, la Troisième Révolution industrielle devrait surgir naturellement de la « jonction de la communication par Internet et des #énergies_renouvelables », nous explique Rifkin. Elle sera arrimée sur une série de technologies plus ou moins futuristes comme l’hydrogène et les imprimantes 3 D qui doivent permettre de transformer chaque immeuble en usine et en microcentrale, mais aussi sur l’utilisation optimale des énergies renouvelables grâce à des « réseaux intelligents ».

    Pourtant, cette prospective, qui réjouit les gouvernements et les dirigeants des grandes entreprises, n’est qu’une fable, pire elle nous enferme dans des impasses en continuant de croire que les solutions du passé résoudront les problèmes du présent. La « révolution industrielle » fonctionne, d’abord, comme un mythe, elle est un élément de la #propagande ordinaire qui cherche à adapter les vieilles lunes industrialistes à l’heure de l’#écologie. A l’inverse, nous annonçons que la Troisième Révolution industrielle n’aura pas lieu ! D’ailleurs, les deux premières, qui sont censées l’avoir précédée, n’ont pas eu lieu, non plus. L’expression révolution industrielle a été forgée vers 1830 par des économistes marqués par le souvenir de la Révolution de 1789 pour décrire les mutations de l’économie anglaise, mais c’est d’emblée un mythe qui insiste sur le rôle déterminant des techniques (la vapeur), le « génie » de quelques inventeurs (James Watt) et la rapidité du processus. Tous les travaux historiques ont montré depuis qu’il ne s’agissait pas d’une révolution, que le processus fut au contraire lent et graduel, très variable, que la machine à vapeur n’occupa pendant longtemps qu’un rôle très secondaire et marginal.

    La thèse de la Troisième Révolution industrielle et tous ceux qui vantent le capitalisme numérique restent enfermés dans une vision simpliste des technologies et de leurs effets. Ils oublient de penser les rapports de pouvoir, les #inégalités sociales, les modes de fonctionnement de ces « macrosystèmes » comme les enjeux de l’autonomie des techniques et des techno-sciences, sans parler de la finitude des ressources et de l’ampleur des ravages écologiques réels de ce #capitalisme soi-disant immatériel. Malgré la fausseté et le simplisme de son analyse, il n’est pas surprenant que tout le monde célèbre Rifkin et ses prophéties. Grâce à son rêve technologique, il n’est plus nécessaire de penser aux impasses de notre trajectoire, à nos vrais besoins, il suffit de s’en remettre aux grandes entreprises, aux experts et aux entrepreneurs high-tech de toutes sortes qui vont nous offrir les solutions techniques pour sortir de l’impasse.

    Outre que ce projet intellectuel est largement illusoire, il est aussi antidémocratique car il s’appuie sur les experts et les seuls décideurs en laissant de côté les populations invitées à se soumettre, à accepter avec reconnaissance le monde ainsi vanté dans les médias. C’est un des paradoxes de cette Troisième Révolution industrielle : censée promouvoir un pouvoir « latéral », décentralisé et coopératif, elle fait appel à des forces hautement capitalistiques. Censée réduire les consommations d’énergie, elle repose sur des systèmes numériques hautement sophistiqués, virtuellement centralisés et dévorateurs de métaux rares, via des serveurs géants actionnés par une poignée d’entreprises mondiales qui récoltent au passage des données personnelles sur les heureux utilisateurs. Censée reposer sur la généralisation des énergies renouvelables, elle ne calcule ni la matière ni l’énergie nécessaires pour édifier ces machines. Cette nouvelle utopie technicienne est #hors-sol et invente un nouveau mythe qui rejoint celui de la #transition énergétique, conciliant l’inconciliable : croissance verte autoproclamée et pénurie de matière, entropie et expansion miraculeuse des énergies, liberté individuelle et société de #contrôle.

    Mais peut-être est-ce le secret de l’annonce répétée de la Troisième Révolution industrielle : éviter les remises en cause, résorber les contestations qui s’élèvent en renouvelant l’utopie des technologies salvatrices qui résoudront naturellement tous les problèmes. Le succès du rêve de Rifkin vient, en définitive, de son aspect rassurant, de ce qu’il nous berce d’illusions, il est le visage intellectuel de la technocratie écologique en gestation. Il correspond au désarroi d’une immense majorité de nos contemporains qui attendent des techniciens qu’ils façonnent le nouveau monde, clés en main, en les dotant toujours plus en smartphones et en écrans plats. Cette nouvelle #servitude volontaire vient peut-être de ce que nous sommes toujours plus avides de confort et aussi toujours davantage privés du goût de la vraie liberté : celle dont il est possible de jouir sans la moindre prothèse et sans le moindre risque d’addiction.

    Dominique BOURG Université de Lausanne,
    Alain GRAS Socio-anthropologue des techniques, Paris-I,
    Hervé KEMPF Rédacteur en chef de Reporterre,
    Noël MAMÈRE Député de Gironde,
    Joël DECARSIN Membre fondateur de Technologos ,
    Agnès SINAÏ Fondatrice de l’Institut Momentum sur l’anthropocène,
    François JARRIGE Historien,
    Frédérick LEMARCHAND Socio-anthropologue,
    Jean-François HÉROUARD Maire-adjoint à l’aménagement durable de Cognac Hélène TORDJMAN Maître de conférence en économie

    #fausses_solutions #système_technicien #administration_du_désastre #effet_rebond #contre-productivité

  • Les Français face aux #technosciences
    http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R313.pdf (PDF)

    Une enquête du Crédoc (octobre 2014) montre que nos concitoyens sont plutôt désireux de repousser les limites biologiques de l’homme. Ils ont une vision extensive de la #médecine, dont les progrès devraient contribuer, selon eux, à l’amélioration des capacités physiques et mentales des individus bien portants. Mais les dispositifs impliquant la transmission de données privées soulèvent en revanche de grandes réticences. Et la méconnaissance de certaines #technologies nourrit de fortes inquiétudes.

    #biologie #données_personnelles

  • La méthanisation : une fuite en avant face aux nitrates
    http://www.eauxglacees.com/La-methanisation-une-fuite-en

    A l’occasion d’une réponse ministérielle à la question d’un parlementaire, la stratégie de soutien de la méthanisation élaborée par le ministère de l’Agriculture illustre bien la fuite en avant techniciste qui prétend apporter une réponse « verte » au désastre d’un usage immodérée d’intrants qui a provoqué une pollution désormais hors contrôle de la quasi-totalité des masses d’eaux, comme le rappellent les différents contentieux générés par les graves insuffisances de mise en œuvre de la Directive nitrates datant… (...)

  • « Souvent novateurs en matière de management » (sic), Facebook et Apple vont faciliter la congélation d’ovules pour leurs employées
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/10/14/97002-20141014FILWWW00421-facebook-et-apple-vont-faciliter-la-congelation-d

    Deux géants de Silicon Valley, Facebook et Apple, souvent novateurs en matière de management, vont faciliter pour leurs employées la congélation d’ovules, en leur payant ce traitement qui permet aux femmes d’avoir des enfants plus tard, affirme mardi NBC News.

  • Plaidoyer contre la “défense de l’ #environnement” - Non Fides - Base de données anarchistes
    http://www.non-fides.fr/?Plaidoyer-contre-la-defense-de-l

    Mais alors, pourquoi tout ce bruit ? Si l’on agite si fort les affaires de pollution et la nécessité de protection écologique, cela correspond au besoin de tragique de l’opinion et à une manœuvre de diversion.

    Il y a, nous l’avons dit, des événements bien visibles, des accidents : le public se passionne et s’inquiète de la pollution. Cela fait partie du spectaculaire (de notre société du spectacle), de l’actualité, du scoop d’information. Et cela ne va pas plus loin. Maintenant, entre les massacres du Pakistan et les agitations de jeunesse, il y a la rubrique pollution. Palpitant. Nous sommes menacés. Ô combien ! Mais à titre de spectacle, c’est presque aussi bien que l’Arrabal ou du Hitchcock. Et de plus, j’ai l’impression de saisir quelque chose de très important, de décisif dans notre société. Je deviens très intelligent en m’intéressant à l’écologie. En fixant l’affaire au niveau du spectacle et de l’information, on procède à une remarquable opération de satisfaction du public, sans avoir à rien faire de sérieux.

    Car, finalement, c’est une manœuvre de diversion. Je ne dirai pas comme certains que les gouvernements cessaient de fixer l’opinion sur ces questions pour empêcher les citoyens de poser les problèmes politiques brûlants. Les trompeurs ne sont pas les gouvernants, mais nous tous ensemble, complices.

    Et je crois la question plus fondamentale que celles abordées par la politique : on commence à s’apercevoir que la société technicienne risque d’être radicalement invivable (du moins pour ce qui, jusqu’à présent, a été considéré comme étant l’homme…) : on se hâte alors de détourner l’attention du problème de la technique en elle-même pour la fixer sur certaines conséquences visibles et grossières. On évite de montrer le rapport qu’il y a entre les faits nocifs, on les présente comme des accidents auxquels on va remédier. On détourne l’opinion des questions décisives en la passionnant pour les faits secondaires et spectaculaires.

    S’intéresser à la protection de l’environnement et à l’écologie sans mettre en question le progrès technique, la société technicienne, la passion de l’efficacité, c’est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive. Car elle n’aboutira finalement à rien, mais on aura eu l’impression d’avoir fait quelque chose, elle permettra de calmer faussement des inquiétudes légitimes en jetant un nouveau voile de propagande sur le réel menaçant.

    #Jacques_Ellul.

    (1972)

  • Auschwitz: la vérité - L’Express
    http://www.lexpress.fr/informations/auschwitz-la-verite_595879.html

    La sécheresse technique de l’étude de Jean-Claude Pressac, dénuée de tout commentaire et de tout témoignage, nous fait pénétrer la réalité humaine d’une usine. Sa vie quotidienne. Ses problèmes. Il y a des pannes fréquentes : il est rare que l’ensemble des crématoires fonctionnent en même temps. Certains sont abandonnés, déficients après avoir été surexploités ou à cause d’un défaut de structure. La Bauleitung a aussi de gros ennuis avec les cheminées, qui, soumises à un rythme de plus en plus rapide, se fissurent souvent sous l’effet de la chaleur. Topf, comme toutes les entreprises, a des contentieux de facturation avec son client. Il lui arrive de faire du dumping pour évincer ses concurrents (notamment Kori, à Berlin) et emporter le maximum de marchés dans les différents camps du Reich. Prüfer, qui touche personnellement 2% sur les bénéfices des ventes, veut être présent partout.

    La chronique de la vie professionnelle de ces fonctionnaires, techniciens et employés, constitue par sa banalité l’un des plus terribles documents sur la Solution finale. Car c’est à cause de ce travail appliqué de mise au point de techniques incinératrices surpuissantes qu’Auschwitz devint un lieu d’anéantissement massif des juifs. Les premiers gazages eurent lieu à Auschwitz I, le camp principal, en décembre 1941 (et non en septembre, comme on le pensait jusque-là), sur des malades qualifiés d’ « irrécupérables » et des prisonniers soviétiques, et en 1942 et 1943 furent réalisés à Auschwitz II-Birkenau les crématoires II, III, IV et V, à très grande capacité.

    #archives #histoire #extermination #génocide #banalité_du_mal

    • Article du Nouvel Obs du 30 septembre 1993 (pdf) sur ordiecole.com
      Auschwitz : enquête sur la mécanique de l’horreur
      avec Jean-Claude Pressac sur les lieux du génocide
      http://www.ordiecole.com/auschwitz_pressac.pdf

      Une grande partie des archives d’Auschwitz saisies par les Soviétiques dormaient à Moscou depuis 1945. Jean-Claude Pressac est celui qui, le premier, a pu les consulter après la chute du communisme. Son livre, « les Crématoires d’Auschwitz » (CNRS Ed.), qui démonte la mécanique de l’extermination, se veut avant tout technique. D’abord parce que son auteur, né en 1944, est un scientifique. Ensuite et surtout parce qu’il a été un collaborateur de Faurisson. Les éléments nouveaux qu’il apporte sur la construction et le fonctionnement des chambres à gaz et des fours crématoires, sur le calendrier de la solution finale, fournissent des précisions irréfutables sur la réalité - depuis longtemps établie - du génocide.

      … lire la suite !

      >>>>>
      Sur une présentation rétrospective rapide de l’ouverture des archives soviétiques
      L’ouverture des archives soviétiques : une adaptation dans la confusion : Le Panoptique
      http://www.lepanoptique.com/sections/histoire/l%E2%80%99ouverture-des-archives-sovietiques-une-adaptation-dans-la-co

      Le 31 décembre 1991 disparaissait officiellement l’URSS. La fin de cet immense empire allait entraîner de nombreuses conséquences, autant politiques, économiques que sociales. Toutefois, un aspect mérite l’attention de tout passionné d’histoire : l’ouverture des archives de l’ex-URSS. Ce que plusieurs qualifient de « révolution archivistique » ne sera qu’un bref intermède dans l’histoire russe. Le régime de Vladimir Poutine mettra fin à la « ruée vers l’or » des chercheurs en rétablissant des règles plus « normales » en matière d’archives.

    • Dans mon souvenir le petit livre de Pressac ( éditions du CNRS, 1993 ) ne fut jamais commenté par les historiens peu ou pas intéressés par cet « aspect » du nazisme.
      Pharmacien, chercheur amateur, le type n’était pas de la famille universitaire. Il avait fait le boulot des historiens professionnels de la deuxième guerre mondiale, lesquels toujours selon mon souvenir, évitèrent de creuser la question.
      La presse évoqua ce travail pionnier, mais pas beaucoup et pas longtemps. On est là devant le fonctionnement typique d’une caste universitaire, proprio de ses thèmes...
      Les Américains avaient une autre approche ; sans hésiter ils avaient édité les précédents ouvrages de Pressac :
      L’Album d’Auschwitz d’abord chez Random house, N-Y, puis au Seuil en 1983.
      The Struthof Album the Beate klarsfeld Foudation,1985.
      Auschwitz : Technique and Operation of the gas Chambers , N-Y 1989.
      The deficiencies and inconsistencies of "The Leuchter report" N-Y,1990.
      Ces recherches publiées aux USA étaient ignorées ( méprisées ?) par l’Université française.

    • @paulo

      Il avait fait le boulot des historiens professionnels de la deuxième guerre mondiale, lesquels toujours selon mon souvenir, évitèrent de creuser la question.

      Je ne suis pas sûr que cela soit si simple. Dans mon souvenir, dans le dernier tome de la Destruction des Juifs, d’Europe , Raul Hilberg, que l’on ne peut pas soupçonner de s’être insuffisamment documenté, a consacré tout un chapitre sur les enjeux industriels de la solution finale. Quant à la question du point de vue d’un chimiste sur la question, il y a un très intéressant passage dans les Assassins de la mémoire , dans lequel Pierre Vidal-Nacquet s’appuie sur le travail de recherche d’un chimiste pour démonter une partie de la falsification des révisionnnistes.

      Lorsque les archives anciennement soviétiques ont été ouvertes au début des années 90, il y a effectivement eu la possibilité pour de nombreux chercheurs de découvrir des sources nouvelles d’informations à propos de la destruction des Juifs d’Europe, parmi ces travaux, il y avait le livre de Pessac, dont je ne dirais pas qu’il a souffert de silence médiatique, j’ai le souvenir assez distinct de plusieurs chroniques à propos de ce livre qui toutes prospectivement énonçaient que le biais de cette recheche mettrait les historiens dans la gêne. Si j’osais, je dirais qu’il s’agissait plutot du crénau éditorial de ce livre.

      J’ai un souvenir vague de sa lecture en revanche, je garde le souvenir que le point de vue était inédit et bien documenté, mais qu’il ne constituait pas une véritable découverte au regard de la somme d’Hilberg.

    • Raoul Hilberg ? Historien juif d’autriche et devenu américain...

      Première édition :The Destruction of the European Jews. Chicago, Quadrangle, 1961.
      ensuite :
      The destruction of the European Jews, New York : Harper & Row, [1967], c1961.(ISBN 0061319597)1
      1st New Vewpoints ed édition, 1973. ASIN : B000735G5E Harpercollins College, 1979. (ISBN 0-06-131959-7)
      Édition révisée, 3 vols. New York, Holmes and Meier, 1985. xii + 1274 Seiten. (ISBN 0-06-131959-7) (plus une édition pour étudiants 1986 ; 360 Seiten. (ISBN 0-8419-0910-5)
      Yale University Press, 2003. 3 Bd., xvi + 1388 Seiten. (ISBN 0-300-09585-6)
      ( toujours Wikip.)
      Travail américain, non ?
      Je ne désire pas m’en prendre aux historiens français, mais ils ont leurs défauts, nul doute. Cela me rappelle ce (bon) historien français de l’opinion publique durant la période Vichy qui distinguait mémoire et histoire, considérant que la mémoire et les témoignages des particuliers de l’époque étaient à prendre avec des pincettes, tandis que le travail sur

      l’Histoire

      , c’était tout de même autre chose. Même et surtout si son sujet : l’opinion publique, était et demeure quasi subjectif. L’histoire n’est pas différente des idéologies : elle vous empêche souvent de penser librement.
      Pour moi il y avait là une manifestation évidente de l’arrogance universitaire

    • « Voyez cet arbre, à l’angle de la ferme, on le retrouve sur un dessin d’un détenu, commente Jean-Claude Pressac. Les témoins peuvent se tromper. Ils ne mentent jamais. Faurisson les confronte pour les démolir. Moi, mon travail c’est de replacer les souvenirs dans le temps et dans l’espace. Je leur rends leur valeur. C’est de la destruction de témoignages, ça ? »

      dans l’article du NouvelObs.