person:jean-marie harribey

  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Ce n’est pas si fréquent, l’année commencerait-elle bien ?
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2014/01/07/ce-n%E2%80%99est-pas-si-frequent-l%E2%80%99annee-commencera
    http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/contenu_fr_visuel/12287377560_harribey.JPG

    Si l’on met de côté le « pacte de responsabilité » proposé par le président de la République aux irresponsables du Medef, dont le « responsable » Pierre Gattaz se dit « prêt à jouer le jeu » (Le Monde, 5 et 6 janvier 2014), c’est-à-dire à faire empocher par les actionnaires quelques dizaines de milliards d’euros supplémentaires, l’année des économistes commence plutôt bien.

    Plusieurs économistes renommés expriment maintenant ouvertement leur scepticisme vis-à-vis des incantations à la croissance économique pour résoudre des problèmes qui ne proviennent pas autant qu’on le dit d’un manque de celle-ci. Souvent, ils abjurent même leurs anciennes convictions, mais ne boudons pas notre plaisir.

    L’OFCE, anciennement temple de la relance keynésienne de court terme, est en train de virer de bord et peut-être de renouer avec le Keynes des Perspectives économiques pour nos petits-enfants. Xavier Timbeau, dans un article intitulé « Réduire les émissions de CO2 est un impératif mondial » (Le Monde, 7 janvier 2014), pose la question : « Comment une planète aux ressources finies peut-elle supporter une croissance sans fin ? » Et il répond : « Le développement soutenable ne peut faire l’économie de l’égalité selon le genre ou l’origine ou les fondements des inégalités de revenus. Ce n’est donc pas une histoire de dette publique, de croissance ou d’infrastructure. Ce n’est pas réductible à l’application d’un taux d’intérêt dans les analyses coût-bénéfice ou au calcul de la valeur d’un stock de capital étendu à la nature ou aux ressources naturelles. »

    Le 18 juin 2002 (il y a donc près de 12 ans), l’OFCE m’avait invité à présenter mes travaux sur la soutenabilité. Tout le staff de l’OFCE était là, Jean-Paul Fitoussi en tête, qui présidait la séance. Tous avaient ouvert des yeux ronds en m’entendant expliquer exactement ce qu’écrit aujourd’hui Xavier Timbeau. Un bon bout de chemin parcouru par les keynésiens !

    Le même jour, dans le même Monde, Daniel Cohen livre un stimulant « Affranchissons-nous de notre dépendance à la croissance ». Non pas en usant du désormais argument admis presque partout, « la croissance infinie est impossible », mais en prenant à revers l’idéologie entourant les dépenses publiques et sociales : « Le problème posé n’est pas économique au sens comptable du terme, il est politique. Une économie totalement privée de croissance, qui ne produirait plus rien du tout[1], pourrait néanmoins embaucher des médecins pour soigner des malades, à charge pour la société de s’occuper plus tard des soignants devenus à leur tour malades. La croissance – en général – n’a rien à y faire. »

    Je traduis : le travail effectué dans les services non marchands est éminemment productif. C’est justement l’un des points que j’essaie de démontrer dans La richesse, la valeur et l’inestimable. Qu’en penses-tu Denis Clerc ?....

    #pacte-de-responsabilité
    #Medef
    #Pierre-Gattaz
    #OFCE


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Le parfum de la banque en noir
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/12/21/le-parfum-de-la-banque-en-noir
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/files/2013/12/feuilles-mortes-du-capitalisme_couv.jpg

    Nous publions ici le début de la nouvelle enquête de l’Inspecteur H. qui est racontée dans la première partie du livre Les feuilles mortes du capitalisme, Chroniques de fin de cycle (Le Bord de l’eau, 2014) qui sort ces jours-ci. Cette enquête sur la « banque en noir » fait suite à la précédente « Le mystère de la chambre forte »[1] menée en 2011.
    Voici donc le premier chapitre de cette nouvelle enquête et un court extrait du deuxième.....

    #capitalisme
    #banques
    #banksters
    #banque-en-noir
    #Jean-Marie-Harribey


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » La haine de la République et l’incapacité de penser
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/11/24/la-haine-de-la-republique-et-lincapacite-de-penser
    http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/contenu_fr_visuel/12287377560_harribey.JPG

    Le texte que j’ai écrit sur ce blog « Les fonctionnaires sont productifs. Ras-le-bol des âneries ! », ainsi que sa version publiée dans Libération le 29 octobre 2013, « Les fonctionnaires, créateurs de richesse et de valeur », ont soulevé un torrent de haine et d’insultes sur le site de Libération et sur un site de droite extrême délirant d’idéologie ultra-libérale nommé « Contrepoints », relayées ici même. La haine et les insultes déversées contre moi sont une chose qui, somme toute, ne devraient susciter qu’un haussement d’épaules. Mais elles donnent une idée effrayante de la haine de la République qu’éprouvent leurs auteurs, en même temps que de leur incapacité de penser.

    La haine de la République

    Je reviens donc une nouvelle fois sur un point de théorie qui bouscule à droite et aussi à gauche parce qu’il vise à montrer que la terre économique tourne autour du soleil et non pas l’inverse.

    Ce que ne comprennent pas ceux qui enverraient bien dans un camp de rééducation, ou pire, s’ils en avaient le pouvoir, tous les citoyens qui ne pensent pas en rond comme eux, a trait à l’économie vue comme un circuit. Ils ne comprennent pas qu’on puisse mettre en doute l’idée selon laquelle seule l’économie marchande crée de la richesse, en tant que biens et services utiles, mais aussi de la valeur, en tant que quantité de monnaie qui circule dans l’économie en contrepartie de la production. La thèse que je soutiens est que, à l’inverse, les travailleurs employés dans la sphère non marchande créent eux aussi de la richesse qui a une valeur économique monétaire, bien que non marchande, qui s’ajoute à celle produite dans la sphère marchande.

    Il s’ensuit que les impôts et autres prélèvements sont effectués sur un PIB total, incluant sa part marchande et sa part non marchande. Donc, les fonctionnaires ne sont pas payés par les seuls citoyens travaillant dans la sphère marchande, ils sont payés par tous les citoyens, eux compris....

    #haine
    #République
    #incapacité-de-penser

    • D’abord, parce que les délireurs ultra-libéraux ne supportent pas que la collectivité décide qu’une partie des ressources humaines et matérielles disponibles soit affectée à la production de services qui ne pourront pas engendrer de la plus-value grossissant le capital avide de rentabilité, ces ressources n’étant dès lors plus disponibles pour cela.

      Oui cette idée que la part de richesse produite qui est gérée (c’est à dire affectée à des dépenses, donc par raccourci « dépensée ») par la collectivité ne serait pas une vraie richesse (puisqu’elle n’enrichit pas directement un investisseur privé), c’est vraiment un lieu commun à combattre.
      Les capitalistes, à travers leur belle mythologie néolibérale, ont réussi à convaincre les masses qu’une activité privée rentable pour des investisseurs était forcément économiquement meilleure, plus performante, plus saine qu’une activité publique utile pour la collectivité. Ils sont très forts ( = on très naïfs)

      Cette confusion entre la richesse produite par l’activité du territoire dans son ensemble (PIB) et la richesse qui intéresse les capitalistes (la production du secteur privé), @monolecte en avait dégoté un bel exemple ici
      http://seenthis.net/messages/161287

      Cette controverse n’est pas anecdotique, cette volonté de nier à la puissance publique son rôle/efficacité économique, on comprend bien quel intérêt cela a pour le pouvoir capitaliste, pour lesquels les Etats redistributifs sont le dernier obstacle à leur pouvoir total.

      D’où l’importance pour tous de bien comprendre de quoi on cause quand on parle de PIB..
      http://seenthis.net/messages/190597
      #idéologie

    • Le privé n’a pas démontré sa performance en matière de gestion. Je prends pour exemple celui de la Sécurité sociale qui a réduit ses coûts de gestion entre 2005 et 2010 de 3,6% des dépenses à 3,07%. ▻http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110323trib000610153/comment-la-securite-sociale-veut-reduire-ses-couts-de-gestion.html

      Les mutuelles se situent actuellement vers 12% .
      En 2014, obligation d’informer les assurés du pourcentage de frais de gestion prélevé sur leur cotisation http://www.argusdelassurance.com/acteurs/mutuelles-de-sante-ip/un-arrete-reporte-a-2014-la-publication-des-frais-de-gestion-sant
      ,

    • Au delà des préjugés sur la « productivité » du secteur public, il y a un autre aspect idéologique qui fait que les libéraux ont du mal à admettre que le secteur public puisse créer des richesses : pour eux toute dépense collective qui ne passe pas par le « marché » n’est pas une richesse car elle est « subie » par le consommateur (le libéralisme a transformé le citoyen-contribuable en consommateur-tout-court).
      Si celui ci n’a pas la liberté de dépenser son argent comme il l’entend sur un marché, si le financement de ce bien passe par l’impôt au lieu de passer par une transaction de marché, ce consommateur compulsif se sent dépossédé, floué, appauvri.

      Dans le libéralisme, le moteur c’est la liberté d’assouvir ses instincts égoïstes. Et dans la psychologie libérale, le collectif c’est l’oppression. Une richesse produite/consommée collectivement c’est un non-sens pour eux. La richesse publique, c’est pour eux quasiment un oxymore.. D’où l’agressivité des réactions aux propos de JM Harribey..


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Économie positive, économie circulaire, ça fonctionne ou ça tourne en rond ?
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/09/27/economie-positive-economie-circulaire-ca-fonctionne-ou-ca-t

    http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/contenu_fr_visuel/12287377560_harribey.JPG

    Plusieurs nouveaux concepts font fureur en ce moment : l’économie de la fonctionnalité, l’économie circulaire, depuis quelques années déjà, et l’économie positive, depuis trois jours, qui englobe les premières. Et l’éclectique Jacques Attali a compris la leçon de Carrefour : positiver. À moins qu’il ne se soit inspiré du milliardaire américain John Mackey, promoteur du conscious capitalism, mais qui considère que les syndicats dans l’entreprise sont un herpès, ainsi que le rapporte Le Monde magazine du 28 septembre 2013. Attali s’est donc saisi de ce gadget pour en faire un rapport, « Pour une économie positive », remis à grand renfort de trompettes radiophoniques avant-hier matin.[1]

     

    Tout positiver pour ne pas négativer

    L’histoire du capitalisme est jalonnée de leurres idéologiques pour faire oublier sa violence quotidienne, particulièrement en période de crise, de chômage, d’inégalités croissantes et de montée de la pauvreté, car il faut donner le change, multiplier les camouflages du délitement de la société par tous les bouts.

    On s’en serait douté, il n’est pas question dans le rapport sur l’économie positive de renverser le capitalisme, ni même, version soft, de le dépasser. Il s’agit de le rendre « patient » (p. 16 et 53) et « conscient (p. 25). D’ailleurs, « conscient » s’entend encore mieux en anglais : le conscious capitalism est encore plus conscient que le capitalisme conscient.

    Pour cela, il faut positiver : « L’économie positive vise à réorienter le capitalisme vers la prise en compte des enjeux du long terme. L’altruisme envers les générations futures y est un moteur plus puissant que l’individualisme animant aujourd’hui l’économie de marché. » (p. 15). On recycle donc pour l’occasion le développement durable, un peu en perte de vitesse il faut le dire.

    À propos de recyclage, dont l’économie actuelle se contrefiche sauf s’il est susceptible de rapporter, il ne suffit plus de parler de réutilisation des déchets ou d’échanges inter-industriels, il faut dire « économie circulaire ». Ainsi, on aura l’impression que le recyclage à 100 % est possible, dépassant la loi de l’entropie....

    #économie_positive
    #économie_circulaire


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Vive la RTT !
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/09/21/vive-la-rtt

    La classe dominante et ses porte-parole veulent augmenter la durée du travail, que ce soit à la semaine (sus aux 35 heures ou ce qu’il en reste !) ou sur l’ensemble de la vie (la retraite de plus en plus tard). Le gouvernement s’empresse de satisfaire cette exigence en projetant de rallonger (indéfiniment ?) la durée de cotisation pour prétendre à la retraite. Et, aux yeux de la Commission européenne, il n’en fait pas encore assez. Monsieur Barroso vient de déclarer : « Je ne suis pas en train de proposer la diminution du salaire minimum en France. Ce que je dis, c’est que les coûts du travail en France sont plus élevés que dans la plupart de ses partenaires européens et cela pose un problème de compétitivité. Il existe plusieurs voies pour réduire les contributions des entreprises. Il ne serait pas choquant, par exemple, d’avoir un report de l’âge de la retraite. C’est ce qu’ont fait beaucoup d’autres pays, à 65 ans, voire plus. Si nous voulons gagner la bataille de la mondialisation, il nous faut plus de travail, pas moins de travail. Quarante heures, c’est à mon avis parfaitement légitime ».[1]

    Légitime pour les intérêts que Monsieur Barroso défend, car la réduction du temps de travail a toujours été, depuis l’aube du capitalisme, la bête noire des patronats, depuis les Maîtres des forges au XIXe siècle jusqu’au Medef aujourd’hui, lesquels ont de tous temps très bien compris que réduire le temps de travail des prolétaires impliquait de revoir la répartition des revenus. D’où l’hostilité sans faille à toute RTT, à la journée, à la semaine, à l’année avec les congés payés, ou sur l’ensemble de la vie avec la retraite.

    Légitime pour ces intérêts et donc cruel pour les travailleurs, mais idiot sur le plan de la société. Une preuve supplémentaire est donnée par l’exemple britannique et rapportée par Le Monde, l’une des voix de la sagesse journalistique ayant épousé la cause des actionnaires : « La faible productivité britannique suscite des questions sur l’état réel de l’économie »[2] La productivité horaire des travailleurs britanniques serait, en 2012, 16 % inférieure à la moyenne de celle des pays du G7, de 24 % par rapport à l’Allemagne et de la France et 29 % par rapport aux États-Unis. Mais le meilleur de l’étude est à venir : « Le problème s’est accentué depuis 2007. Avec l’Italie, le Royaume-Uni est le seul pays à ne pas avoir retrouvé sa productivité d’avant la crise. Et ce n’est pas parce que les Britanniques sont paresseux. En moyenne, ils travaillent 1648 heures par an, loin devant les Français (1479 heures) et les Allemands (1397 heures). » Et le journal de poursuivre son compte rendu : « Face à ce phénomène, les économistes se confondent aujourd’hui en explications. ».....

    #Retraite
    #35_heures
    #âge-de-la-retraite
    #Barroso


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Retraites : l’alternative existe
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/08/28/retraites-lalternative-existe

    Rappelons l’essentiel[3] : un déplacement de la valeur ajoutée en faveur du capital est intervenu au cours des trente dernières années. La part de la masse salariale a perdu 5 points de valeur ajoutée par rapport à la situation d’avant le néolibéralisme, tandis que celle du capital a grossi d’autant : à titre illustratif, la proportion de la valeur ajoutée dans les sociétés non financières distribuée aux actionnaires est passée de 5 % à plus de 9 %. Comme ces sociétés non financières représentent environ 55 % du PIB total, la manne annuelle supplémentaire dont bénéficient les propriétaires du capital est de l’ordre d’une cinquantaine de milliards d’euros par an. Ce fait peut être mis aussi en évidence par le fait que le montant des dividendes représentait l’équivalent de 7 % de la masse salariale en 1960, moins de 4 % à la fin des années 1970 et 13 % en 2010.[4]


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Retraites : l’alternative existe
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/08/28/retraites-lalternative-existe

    Presque toutes les dispositions prises en 1993, 2003 et 2010 sont tenues pour acquises : sous-indexation des pensions par rapport aux #salaires, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années au lieu des 10 pour les salariés du privé, et, par dessus tout, allongement indéfini de la durée de #cotisation.

    Tout cela au nom de l’allongement de l’espérance de vie qui condamnerait l’humanité à travailleur toujours plus longtemps : tout gain d’espérance de vie serait partagé entre 2/3 au travail et 1/3 à la retraite. Les générations de 1955 et 1956 doivent déjà cotiser 41,5 ans et celle de 1957 devra cotiser 41,75 ans, en application de la loi de 2010. La réforme Ayrault prolongera cette tendance au-delà de 2020 pour atteindre 43 ans en 2035, en dépit d’un #chômage croissant qui touche jeunes et vieux, et en dépit d’une baisse des #pensions à cause de la difficulté d’obtenir une #retraite à taux plein. Le calendrier sera le suivant : 42 ans en 2023, 42,25 ans en 2026, 42,5 ans en 2029, 42,75 ans en 2032, et 43 ans en 2035 pour la génération de 1973. « Entre 2020 et 2035, nous poursuivrons l’augmentation de la durée de cotisation, au rythme d’un trimestre tous les trois ans », a déclaré le Premier Ministre.

    Or l’#espérance_de_vie_en_bonne_santé, c’est-à-dire sans incapacité, est en train de diminuer. Elle est passée entre 2008 et 2010 de 62,7 ans à 61,9 ans pour les hommes et de 64,6 ans à 63,5 ans pour les femmes. Cette évolution n’est-elle pas due à l’aggravation générale des conditions de travail constatée par toutes les enquêtes de terrain ? La prochaine étape sera-t-elle de voir l’espérance de vie diminuer, comme c’est le cas aux Etats-Unis ?

    L’idée de travailler toujours plus va l’encontre de toute l’histoire humaine, qui a consisté à accompagner le progrès social par la #réduction_du_temps_de_travail, au fur et à mesure que la productivité du travail le permettait et que les luttes sociales arrachaient à un #patronat toujours récalcitrant des améliorations des conditions de travail et de vie.

    Les tabous du financement

    Le gouvernement a choisi de relever légèrement les cotisations plutôt que d’augmenter la CSG. Les cotisations salariales et les cotisations patronales seront augmentées de 0,15 point en 2014, puis de 0,05 point pour les trois années suivantes. En 2017, la hausse atteindra 0,3 point pour chacune, et cela dans tous les régimes de retraite.

    Ce choix est révélateur de l’ensemble de la philosophie derrière laquelle se range le gouvernement. Il entérine le mode de répartition que le capitalisme néolibéral a imposé depuis plus de trois décennies : tous les acquis sociaux doivent être réduits au nom de la compétitivité et de la rentabilité, en même temps que les salaires directs ne doivent plus progresser au rythme de la productivité.

    Rappelons l’essentiel[3] : un déplacement de la valeur ajoutée en faveur du capital est intervenu au cours des trente dernières années. La part de la masse salariale a perdu 5 points de valeur ajoutée par rapport à la situation d’avant le néolibéralisme, tandis que celle du capital a grossi d’autant : à titre illustratif, la proportion de la valeur ajoutée dans les sociétés non financières distribuée aux actionnaires est passée de 5 % à plus de 9 %. Comme ces sociétés non financières représentent environ 55 % du PIB total, la manne annuelle supplémentaire dont bénéficient les propriétaires du capital est de l’ordre d’une cinquantaine de milliards d’euros par an. Ce fait peut être mis aussi en évidence par le fait que le montant des dividendes représentait l’équivalent de 7 % de la masse salariale en 1960, moins de 4 % à la fin des années 1970 et 13 % en 2010.[4]

    Mais un deuxième fait vient renforcer cette tendance. Une étude récente réalisée par des chercheurs du CLERSE de l’Université de Lille 1 a chiffré le « surcoût du capital » pour la collectivité.[5] Au-delà du coût « normal » du capital investi en équipements (mesuré par l’amortissement et l’investissement, ce que la comptabilité nationale appelle la formation brute de capital fixe) et de la compensation du risque constitué par l’investissement, sont versées aux rentiers des sommes exorbitantes caractéristiques du capitalisme financier. L’étude évalue ces rentes autour d’une centaine de milliards par an, essentiellement sous forme de dividendes et d’intérêts : exactement 94,7 milliards pour l’année 2011[6]. Le surcoût du capital constitué par ces rentes indues représente 50 à 70 % au-delà du coût « normal » dû aux équipements productifs, selon les auteurs de cette étude.

    Retenons cet ordre de grandeur : une centaine de milliards d’euros, c’est-à-dire 5 % du PIB actuel, sont distribués sous forme de rentes totalement inutiles à la société, et même nuisibles puisque ces revenus sont en grande partie immédiatement recyclés dans les circuits financiers, renforçant le risque d’instabilité, de spéculation et, au final, de crise. À titre d’indications complémentaires, les ménages – surtout les plus aisés – ont reçu 127,7 milliards de revenus nets de la propriété en 2011[7].

    La branche de l’alternative opposée à la réforme Ayrault consisterait donc à placer le curseur de la répartition des revenus dans l’autre sens, par le biais d’une hausse des cotisations véritablement à la hauteur des besoins sociaux. Pour éviter le sempiternel lamento sur le « coût du travail », il s’agirait d’élargir l’assiette des cotisations sociales en y incluant les dividendes, qui cotisant ou pas, seraient de toute façon distribués. Autrement dit, il s’agirait de réduire le #coût_du_capital imposé à la société.


  • Retraites : conflits de générations ou lutte des classes ?
    http://legizmoblog.blogspot.fr/2013/06/retraites-conflits-de-generations-ou.html

    Henri Sterdyniak, et Jean-Marie Harribey, livrent tous les deux leur analyse atterrée du rapport Moreau. D’une part, ils soutiennent qu’une réforme des retraites est inutile et inopportune à court terme, mais aussi à long terme. D’autre part, ils relèvent que le financement des #retraites est soutenable à long terme par l’ajustement des taux de cotisations. Evidemment, j’aimerais adhérer à cette vision qui plaide pour une générosité inchangée du régime par répartition dans un contexte de vieillissement de la population ; j’aimerais croire que les prélèvements sur les revenus du capital suffiront... Mais, au delà de l’incantation, je doute...

    • Le vrai piège dans lequel on est pris c’est qu’en décrétant que les actifs doivent payer pour les inactifs, ce qui est un beau principe, on l’a traduit techniquement par « les salariés » doivent pays pour les retraités. Les employeurs sont contents, ce n’est pas leur affaire. Comme on ne peut pas toucher au « coût » du travail, le diktat de l’équité veut qu’à défaut de cotiser plus fort, la salarié cotise plus longtemps...
      Si on avait décrété au départ que la retraite était un fondement de solidarité nationale, et que donc c’était en prélevant dans la richesse produite par l’ensemble des actifs, en gros le PIB, qu’on ferait vivre les inactifs, ça changerait la donne.
      En effet, le chômage ne serait plus un problème pour payer les retraites, et au moins l’impératif de croissance aurait un sens : la croissance démographique des inactifs impliquerait une croissance du PIB du même ordre pour garantir une répartition constante des richesses.

      Cette vision du problème a une incidence idéologique : cette idée de solidarité nationale et non intergénérationnelle donnerait une réalité « physique » à la croissance économique : ayant plus d’inactifs à faire vivre, les actifs devraient travailler plus, non pas pour gagner plus, mais pour faire vivre leurs parents, leurs grands parents.
      Où l’on voit que l’économie c’est du vent. Dans la réalité, travailler plus pour faire vivre les personnes âgées, n’est-ce pas simplement travailler pour eux ? Est-ce inenvisageable, avec 4 millions de chômeurs et des millions de personnes âgées qui vivent dans la difficulté ? Il faut bien comprendre l’absurdité monétariste pour comprendre qu’on est bloqué, alors qu’on pourrait jouer sur le niveau de pensions pour permettre à des chômeurs de s’occuper des personnes âgées, ce qui matériellement et humainement serait bénéfique à tout le monde...

      Revenons à l’effet pervers de cette dichotomie « actifs/inactifs ». Actuellement, en faisant supporter la charge des retraites sur les seuls cotisants (et les non-cotisants : les chômeurs), les capitalistes se lavent les mains. Il bénéficie d’un marché du travail plein de gens jeunes et en bonne santé pour faire leurs profits, c’est à dire prélever leur part de PIB à fiscalité constante, sans se préoccuper de savoir si l’Etat aura ou pas les ressources d’indemniser retraités et chômeurs...
      Et ils ont la bassesse de crier à la #confiscation si l’Etat veut moduler la fiscalité de leurs profits... Comme si le PIB leur appartenait..

    • @sylvain : je reformule, ça donne « une croissance du PIB du même ordre pour que les ratios de prélèvements restent stables, et le montant des pensions aussi ».
      Mon idée, c’est d’éviter l’effet pervers d’une croissance peu créatrice d’emplois (ou d’emplois mal payés). Car si la croissance du PIB est supérieure à la croissance de la masse salariale totale du pays (assiette de financement des retraites), ce sont les revenus du capital qui augmentent aux dépens de ceux du travail, les capitalistes sont gagnants aux dépens des travailleurs (et des retraités)... (c’était le cas ces dernières décennies)
      Et on affirme que travailleurs et retraités vivent au dessus de leurs moyens, qu’il faut réduire, renoncer, etc..

      J’essaie de plancher sur le sujet pour étayer mon propos, et je reviens vers toi dès que c’est clair :-)


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Chapeau, la Commission Moreau ! La crise est responsable, mais ce sont les travailleurs qui doivent payer
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/06/16/chapeau-la-commission-moreau-la-crise-est-responsable-mais-ce-sont-les-travailleurs-qui-doivent-payer/#_ftn2

    Le rapport sur les #retraites, « Nos retraites demain : équilibre financier et justice »[1], présenté le 14 juin 2013 par Mme Yannick Moreau au Premier Ministre obéit à la tradition de ce type de rapport. On y trouve une multitude de renseignements forts utiles pour le débat public, confirmant souvent les craintes exprimées par les mouvements sociaux opposés aux précédentes réformes, notamment ceux de 2003 et 2010, validant ainsi beaucoup de leurs arguments. Mais, hélas, presque tous les attendus sont oubliés lorsque les auteurs du rapport en viennent aux recommandations pour la réforme que projette le gouvernement à l’automne prochain.


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Chapeau, la Commission Moreau ! La crise est responsable, mais ce sont les travailleurs qui doivent payer
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/06/16/chapeau-la-commission-moreau-la-crise-est-responsable-mais-

    Les « efforts » à accomplir justifient-ils d’apeurer la population ? « Les besoins à l’horizon de 2020 sont de l’ordre d’un point de PIB » (p. 46). Faut-il rappeler que la détérioration de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée depuis trois décennies se monte à 5 points de PIB, que l’on retrouve sous forme de dividendes supplémentaires versés aux actionnaires, soit la bagatelle de 100 milliards d’euros par an, cinq fois plus que le déficit attendu en 2020 ?

    #retraites


  • Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Un système de retraite éclaté et malade de ses mauvaises réformes ainsi que de la crise
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/02/21/un-systeme-de-retraite-eclate-et-malade-de-ses-mauvaises-re

    Au-delà des perspectives globales, il faut remarquer que le cœur du système de retraite a « un effet antiredistributif [qui] provient principalement du fait que les règles de calcul des pensions et d’acquisition des droits sont plus favorables en cas de carrière complète qu’en cas de carrière courte, et du lien statistique entre carrières courtes et bas salaires – et réciproquement entre carrières complètes et salaires plus élevés. Cela explique notamment le fait que ce caractère antiredistributif soit plus marqué parmi les femmes, dont les durées de carrière sont plus hétérogènes et parmi lesquelles les carrières courtes sont plus fréquentes. » (p. 89)

    Une première question, basique en quelque sorte, vient au sujet de la mise en cohérence, d’un côté, des hypothèses d’évolution de l’économie et de l’emploi, et, de l’autre de la possibilité de verser des pensions de retraite de façon pérenne. Vouloir résorber le chômage à long terme en augmentant la durée du travail dans un contexte de croissance de l’économie faible relève de la quadrature du cercle. Faire comme si cette croissance pouvait être élevée dans un monde contraint par la crise écologique relève de l’aveuglement. Se rabattre sur la seule modification de la répartition interne à la masse salariale inchangée globalement pour pensionner des retraités plus nombreux ou bien sur une baisse directe des pensions relève d’un choix de classe qui ne dit pas son nom.



  • Bilan : premier semestre désastreux mais cohérent (Jean-Marie Harribey)
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2012/12/09/bilan-premier-semestre-desastreux-mais-coherent

    On s’en doutait, le premier semestre du quinquennat Hollande serait instructif sur le changement promis. On prévoyait que quelques « marqueurs » donneraient le sens de la voie qui serait suivie. C’est chose faite : politique budgétaire, politique fiscale, politique économique et sociale, politique écologique, toutes concordent pour renvoyer le changement aux calendes qu’on n’ose pas dire grecques. (...) Source : Jean-Marie Harribey


  • Compétitivité = travailleurs piégés (Jean-Marie Harribey)
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2012/11/06/competitivite-travailleurs-pieges

    Si on se penche sur la période où s’est produite la dégradation du commerce extérieur français (grosso modo depuis le début de la décennie 2000) qui s’expliquerait par le coût du travail excessif, on voit alors que la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur EBE, et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), déjouant donc la coupure avant/après la crise, au point d‘absorber plus des 4/5 de leur EBE. Qu’il y ait crise ou pas, la part prélevée par le capital est de plus en plus élevée et obère la capacité des entreprises à faire face à tous les aspects de la compétitivité. En proportion de leur valeur ajoutée brute, la part que les sociétés non financières versaient à leurs actionnaires est passée de 5,6 % en 1999 à 9 % en 2011. (...) Source : Jean-Marie Harribey


  • Quitter le trampoline de la crise, par Jean-Marie Harribey - El Correo
    http://www.elcorreo.eu.org/Quitter-le-trampoline-de-la-criseJean-Marie-Harribey

    La #crise n’en finit pas de rebondir. Toujours plus haut, plus grave et plus loin. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, depuis deux ans. L’Espagne maintenant. Il y a de quoi s’alarmer mais pas de s’étonner. Les politiques néolibérales – qui ont provoqué la crise, rappelons-le – font tout pour la prolonger : l’#austérité enfonce les économies dans la #récession, laquelle aggrave les déficits, obligeant les États à toujours emprunter davantage sur les marchés financiers. Aveugles à cet engrenage fatal et sourds aux protestations des peuples pressurés, les dirigeants européens ont concocté le Pacte budgétaire et sa « règle d’or » pour annihiler toute tentative de réorientation des politiques.

    La sanction est là : pour n’avoir pas voulu s’attaquer aux structures de la finance, ni même les encadrer si peu que ce soit, et donc remettre en cause ses propres dogmes inscrits dans les traités, l’Union européenne et sa zone euro craquent. Depuis deux ans, plus de 400 milliards d’euros ont été apportés aux pays en difficulté, sans autre résultat que de les placer plus ou moins sous tutelle : 240 milliards pour la Grèce, 85 pour l’Irlande, 78 pour le Portugal. Ces milliards, qualifiés d’« aides », n’ont été apportés qu’en contrepartie d’une austérité draconienne et d’une dérégulation du marché du travail.


  • Sortir de la crise, par où commencer ? | Jean-Marie Harribey
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/HARRIBEY/21079

    En pleine bourrasque financière et boursière, il n’est plus beaucoup de voix pour vanter la mondialisation. Pour autant, l’idée d’une « démondialisation » soulève des objections de fond. / #Capitalisme, #Dette, Économie, #Finance, #Idées, #Mondialisation, #Protectionnisme, Crise économique, Crise financière, (...) / Capitalisme, Dette, Économie, Finance, Idées, Mondialisation, Protectionnisme, Crise économique, Crise financière, #Néolibéralisme - 2011/10

    #Économie #Crise_économique #Crise_financière #2011/10


  • Les « Economistes atterrés » dénoncent un recul social de plus de 40 ans
    http://www.viva.presse.fr/spip.php?page=article&id_article=16404

    “Dans cet ouvrage-ci, nous voulons tordre le cou à l’idée que la crise est la conséquence de dépenses publiques liées à une politique sociale trop dispendieuse. Il s’agit d’une mystification. Ne nous trompons pas de crise. La dette est intégralement provoquée par la spéculation financière. C’est le coût de la crise financière qui nous a mis dedans. Il est donc aberrant de taper sur les politiques sociales. Cette folie sur les cures d’austérité ne va pas nous faire sortir du trou. En 2011, les entreprises du Cac 40 ont distribué 37 milliards d’euros sous forme de dividende. En regard, le coût de la dette publique est de 45 à 48 milliards d’euros. On appréciera”.
    Les Economistes atterrés en appellent à un renouveau de la protection sociale : selon eux, la déconstruction des systèmes de protection sociale s’est accélérée, à partir des années 1990 : “dans les médias, la protection sociale continue d’être présentée comme un puits sans fond, et la persistance des besoins de financement (les fameux déficits) comme le résultat d’une croissance sans cesse plus forte des dépenses. L’analyse des comptes sociaux dément ce discours. La part de dépenses sociales dans le PIB est à peu près stable depuis 15 ans”.

    • http://atterres.org/node/12290
      Conférence internationale : Leur dette, notre démocratie.
      Dimanche 15 Janvier 2012 - 09:30
      PARIS
      événement organisé par Attac France et Médiapart
      Avec notamment : Cristina Asensi (Movimiento 15M, Espagne), Geneviève Azam (Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Isham Christie (Occupy Wall Street, USA), Philippe Corcuff (sociologue), Thomas Coutrot (Attac), Raquel Freire (Movimento 12 março, Portugal), Susan George, Manolis Glezos, Bernadette Groison (FSU), Nicolas Haeringer (Attac), Jean-Marie Harribey (Attac), Stéphane Hessel , Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Frédéric Lordon (Economistes atterrés), Dominique Plihon (Attac), Yves Sintomer (politiste), Eric Toussaint (CADTM), .


  • La démondialisation heureuse ? Éléments de débat et de réponse à Frédéric Lordon et à quelques autres collègues (Jean-Marie Harribey)
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/06/16/la-demondialisation-heureuse-elements-de-debat-et-de-repons

    Lorsqu’il s’est agi de monter en première ligne pour dénoncer la construction néolibérale de l’Union européenne, les traités et les directives bafouant la démocratie, l’indépendance de la Banque centrale européenne, les plans d’austérité, etc., nous étions, nos contradicteurs et nous, côte à côte. Aujourd’hui, nous divergeons sur la conduite à tenir pour passer de l’étape de la critique radicale à l’étape des propositions. Ce n’est pas dramatique si nous arrivons à expliciter les projets politiques qui sous-tendent nos argumentations techniques. Car il est bien certain que là est le nœud de l’affaire. Le propos de Bill Clinton rapporté par Frédéric Lordon (« it’s the economy, stupid ! » – « C’est l’économie qui compte, imbécile ! ») n’a de sens que si « ce qui compte » se situe au niveau du moyen, car la finalité est politique. Aussi, s’il fallait entendre la démondialisation comme système, le risque serait de voir le mythe d’une démondialisation heureuse succéder à celui de la mondialisation heureuse, et donc rester à l’état de mythe. (...)


  • Le PS ne peut pas tout, mais veut-il quelque chose ? (Jean-Marie Harribey)
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/04/07/le-ps-ne-peut-pas-tout-mais-veut-il-quelque-chose

    Le modèle de développement couché sur le papier par le PS ne peut être considéré comme une copie conforme de celui que met en œuvre le capitalisme néolibéral depuis plusieurs décennies. Mais, à l’évidence, le PS n’entend pas rompre avec cette logique, tout au plus propose-t-il de l’amender à la marge, marge certes non négligeable sur certains points, mais peu susceptible d’ouvrir une voie radicalement nouvelle. (...)