kaparia

animateur d’un espace de création dans le quartier de Kypseli, Athènes

  • L’attente
    Dimitris Alexakis - Ou la vie sauvage

    Cinq ans de procédure, de collecte minutieuse de témoignages, de preuves et de mobilisations quotidiennes pour que le lien entre salle d’audience et société ne soit pas rompu mais demeure riche et vivant ; plus de 20 ans de crimes — et une victoire, hier : la condamnation du parti néo-nazi Aube Dorée, à Athènes, reconnu comme une organisation criminelle.

    La géographie de la terreur répandue par Aube Dorée pendant les « années de crise » se confond presque avec celle de votre quartier. Cette rue est celle au bout de laquelle ils s’étaient mis à quatre contre un immigré pakistanais, à coups de chaînes. Ce tunnel au-dessous de la station Attikí est celui où un des leurs avait poignardé un jeune homme à la peau sombre. Le jeune homme s’était effondré contre le carrelage et avait lancé un cri, quelqu’un avait filmé la scène de loin sur son portable, à l’autre bout du tunnel un homme en uniforme était demeuré immobile.
    Cette place — où se trouve une des aires de jeux préférées de ta fille — était « leur place ».

    https://oulaviesauvage.blog/2020/10/08/lattente

    #Grèce #procès #aube_dorée #antifascisme #extrême_droite #mafia #athènes #jailgoldendawn #terreur #victoire

    • ... il est 11 heures 22, c’est le 454e jour du procès, tu ne penses plus à rien, l’imminence du verdict et l’angoisse annihilent provisoirement tout ce que tu peux conserver de souvenirs de cette lutte et de cette histoire-là — 5 ans de procès, de collecte minutieuse de témoignages, de preuves et de mobilisations quotidiennes pour que le lien entre salle d’audience et société ne soit pas rompu mais demeure riche et vivant ; plus de 20 ans de crimes, d’opérations commando contre migrants et opposants, de terreur, de malversations mafieuses, d’impunité largement imputable au parti aujourd’hui au pouvoir et de collusion entre néo-nazis et services, commissariats de quartier, dirigeants politiques, journalistes — ta mémoire est comme paralysée, seul compte l’instant d’après, qui n’est pas encore là.

    • Le verdict final (incarcération immédiate de la presque totalité des prévenus, appel suspensif pour 12 d’entre eux seulement, notamment au motif du "jeune âge") est tombé hier après quelques journées d’audiences tumultueuses, qui ont notamment vu la procureure, représentante de l’État selon le droit pénal grec (calqué sur le droit français) réclamer pour tous les prévenus (à l’exception de l’assassin de Pavlos Fyssas, condamné à perpétuité) la liberté jusqu’au jugement d’appel. La partie civile du mouvement antifasciste, qui représentait lors de ce procès les pêcheurs égyptiens, a publiquement accusé (hors tribunal) la procureure de collusion avec le parti néonazi ; la question centrale de l’implication de membres et secteurs de l’appareil d’État dans le soutien à Aube Dorée a ainsi été portée à jour à un moment crucial. Le pari pouvait sembler risqué mais était parfaitement cohérent avec la démarche suivie depuis le début par ce collectif d’avocats : faire constamment le lien entre salle d’audience et mouvement politique, tribunal et société. La présidente du tribunal a le lendemain choisi de suivre sur ce point la partie civile - plutôt que les avocats d’Aube Dorée qui réclamaient des mesures disciplinaires contre les avocats des victimes (et en particulier contre Thanasis Kampagiannis). La procureure a été sommée de revoir sa copie, de revenir sur sa réclamation initiale et, en fait, sur les mensonges flagrants que ses réclamations contenaient. C’est une victoire réaffirmée, après le premier jugement du 7 octobre reconnaissant Aube Dorée comme une organisation criminelle. L’aboutissement d’une stratégie de long cours débutée au milieu des années 90 à l’initiative du mouvement antifasciste, stratégie qui a en partie constitué à porter systématiquement plainte contre les auteurs de violences du parti néonazi grec (lequel, prenant là pour modèle le parti nazi lui-même, a développé en parallèle à sa présence parlementaire des groupes chargés de semer la terreur dans les rues). Le processus ne s’est pas achevé hier (un des dirigeants de l’organisation est notamment en fuite, en tous cas "introuvable", malgré le "dispositif policier exceptionnel" que les autorités grecques sont censées avoir déployé depuis des jours...), les audiences reprendront pour l’appel, mais une victoire a été obtenue, à la fois juridique, politique et symbolique. La presse aux ordres paraissait hier soir sidérée, sonnée presque.

      “How Do You Fight the Devil With a Lawyer ?” (Max Romeo)

  • Victoire historique des collectifs d’avocats et du mouvement antifasciste en Grèce contre le parti néo-nazi « Aube Dorée », reconnu ce matin comme une « organisation criminelle »

    Vidéo : l’instant où le verdict historique (l’ensemble des dirigeants d’Aube Dorée reconnus coupables de direction d’une organisation criminelle) a été annoncé à la foule réunie à l’extérieur du tribunal. Jour de victoire après 5 ans de procès, de collecte activiste de témoignages et de preuves et de mobilisations quotidiennes (en sorte que le lien entre salle d’audience et société soit maintenu et vivant) et plus de 20 ans de crimes, d’opérations commando contre migrants et opposants politiques, de terreur, de malversations mafieuses, d’impunité largement imputable au parti aujourd’hui en place et de collusion entre néo-nazis et services, commissariats de quartier, dirigeants politiques et journalistes.

    L’attaque arbitraire et provocatrice au canon à eau puis aux grenades lacrymogènes de la police grecque contre la foule (dispersée en quelques minutes...), sous le prétexte de jets de bouteilles en plastique, intervient immédiatement après et est visible à la fin de la vidéo.

    https://www.youtube.com/watch?v=BeYrMTUjXQE&ab_channel=newsittv

    #Grèce #aube_dorée #mafia #néonazis #extrême_droite #procès #victoire #jailgoldendawn

  • #Covid-19 : un risque de contamination grandement accru avec la promiscuité et la #précarité

    Une étude réalisée par Médecins sans frontières a montré un taux de contamination très élevé parmi un échantillon de personnes très #précaires, pour l’essentiel des #migrants.

    C’est une étude qui vient une nouvelle fois confirmer que les plus précaires sont davantage touchés par l’épidémie de Covid-19. Médecins sans frontières (#MSF) a mené une enquête sur le taux d’exposition au coronavirus SARS-CoV-2 de personnes très précaires, notamment des migrants. Sur les 818 personnes testées par l’ONG dans les différents centres où elle est intervenue en Ile-de-France, plus de la moitié a été infectée.

    L’enquête, décrite comme la toute première en France et en Europe à s’intéresser exclusivement au niveau d’exposition au virus des grands précaires, concerne surtout les étrangers, qui représentent 90 % de l’échantillon.

    Menée entre le 23 juin et le 2 juillet avec Epicentre, le centre d’épidémiologie qu’héberge MSF, l’étude révèle de fortes disparités selon les types de sites sur lesquels les personnes ont été testées. Ainsi, dans les dix centres d’hébergement où elle intervient, le taux de positivité atteint 50,5 %, contre 27, 8 % sur les sites de distribution alimentaire et 88, 7 % dans les deux foyers de travailleurs migrants. MSF s’inquiète d’un taux parmi les plus élevés jamais observés.

    Forte promiscuité
    « Les résultats démontrent une prévalence énorme. La raison principale est la promiscuité et les conditions d’hébergement qui ont généré des clusters », par exemple dans les gymnases, où ces personnes ont été mises à l’abri à l’aube du confinement généralisé, commente pour l’Agence France-Presse Corinne Torre, chef de la mission France chez MSF.

    « En Europe et en France, aucune autre étude ne montre ce type de prévalence. Ces chiffres-là, ces proportions-là, on ne les retrouve qu’en Inde, dans les bidonvilles du Brésil… et encore, on est plutôt à 40 %, 50 % », s’étonne Thomas Roederer, épidémiologiste chez Epicentre.

    De fait, en France, le taux de positivité de la population générale oscille plutôt entre 5 % et 10 %. Selon Santé publique France, elle était à 8 % en fin de semaine dernière, et autour de 12 % sur Paris, là où se trouvent les principaux sites couverts par MSF.

    Des conditions d’accueil inadaptées
    Comment expliquer un tel écart ? Paradoxalement, pour ces personnes, « le lieu de contamination a potentiellement pu être le lieu d’hébergement et de confinement », où règnent promiscuité et densité de population, souligne l’étude. Dans les foyers de travailleurs, par exemple, un tiers des résidents partagent une chambre avec 2 à 5 personnes, et 21 % avec plus de 5 personnes, tandis que dans les centres d’hébergement ou les hôtels, plus de la moitié (59 %) partagent la leur.

    « C’est ce qu’on disait depuis le début, on savait que ces conditions d’accueil ne pouvaient pas fonctionner, que c’était impossible d’y respecter les gestes barrières », regrette Corinne Torre, dénonçant en particulier la situation en gymnases, où MSF a été mandatée au début de la crise pour mener des tests. « Il faut changer de stratégie d’hébergement car cela reflète la situation générale des personnes qu’on suit, ça donne un premier aperçu », en termes d’exposition au Covid, extrapole Mme Torre.

    Rencontre avec le ministère de la #santé
    Le risque d’être infecté au coronavirus, tempère Thomas Roederer, « dépend largement de la gestion » de chaque site. Ainsi, selon le centre d’hébergement où étaient logées les personnes testées, les moyennes de contamination pouvaient varier de 23 % à 62 %, 18 % à 35 % pour les sites de distribution alimentaire.

    C’est principalement sur ces derniers lieux que MSF a croisé des précaires français, sans abri ou simplement des personnes n’ayant pas les moyens d’accéder aux soins « et qui venaient dans nos cliniques mobiles », affirme la responsable de MSF. Quant aux foyers de travailleurs migrants, où la quasi-totalité des personnes testées ont été infectées, « on parle de livreurs Deliveroo, de chauffeurs Uber, etc. », relève Thomas Roederer.

    Le document a été transmis au ministère de la santé, où MSF doit être reçue mercredi. Et l’ONG espère un changement de braquet sur le sujet, explique Corinne Torre, « car on se retrouve aujourd’hui dans la même situation », avec un campement de migrants en banlieue de Paris où s’entassent 1 400 personnes selon MSF, qui y déploie une clinique mobile.

    « On craint que les mises à l’abri ne se fassent encore à l’arrache, avec des gens envoyés massivement en gymnases (…) On craint de repartir dans le même schéma. »

    Le Monde avec AFP

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/06/covid-19-promiscuite-et-grande-precarite-accroissent-le-risque-de-surcontami

  • Dirty diseased Neanderthals – For Better #Science
    https://forbetterscience.com/2020/10/05/dirty-diseased-neanderthals

    The senior author of that study is the biggest star in anthropology and paleogenetics, Svante Pääbo, director of the Max Planck Institute (MPI) for Evolutionary Anthropology in Leipzig, Germany. It was his lab which first sequenced the Neanderthal genome, and everything Pääbo discovers since is scientific gospel.

    #dérives

  • Covid-19 : les salariés vulnérables sacrifiés ? | Santé & travail
    http://www.sante-et-travail.fr/covid-19-salaries-vulnerables-sacrifies

    Privés d’accès au chômage partiel à la suite d’une décision gouvernementale, de nombreux salariés jugés vulnérables face au Covid-19 vont devoir reprendre le travail. Sans garantie sur la possibilité d’assurer leur protection. Un casse-tête pour les médecins du travail.

    https://www.sante-et-travail.fr/sante-et-travail-ndeg-111


    #Covid-19 #chômage_partiel #santé&travail #revue

  • Overlapping crises in Lebanon fuel a new migration to Cyprus

    Driven by increasingly desperate economic circumstances and security concerns in the wake of last month’s Beirut port explosion, a growing number of people are boarding smugglers’ boats in Lebanon’s northern city of Tripoli bound for Cyprus, an EU member state around 160 kilometres away by sea.

    The uptick was thrown into sharp relief on 14 September when a boat packed with 37 people was found adrift off the coast of Lebanon and rescued by the marine task force of UNIFIL, a UN peacekeeping mission that has operated in the country since 1978. At least six people from the boat died, including two children, and six are missing at sea.

    Between the start of July and 14 September, at least 21 boats left Lebanon for Cyprus, according to statistics provided by the UN’s refugee agency, UNHCR. This compares to 17 in the whole of 2019. The majority of this year’s trips have happened since 29 August.

    Overall, more than 52,000 asylum seekers and migrants have crossed the Mediterranean so far this year, and compared to Libya, Tunisia, and Turkey – where most of these boat journeys originate – departures from Lebanon are still low. But given the deteriorating situation in the county and the sudden increase in numbers, the attempted crossings represent a significant new trend.

    Fishermen at the harbour in the Tripoli suburb of Al Mina told The New Humanitarian that groups of would-be migrants have been leaving in recent weeks on fishing vessels to the small island of Rankin off the coast, under the pretense of going for a day’s swimming outing. They then wait on the island to be picked up and taken onward, normally to Cyprus.

    Lebanese politicians have periodically used the threat of a wave of refugees heading for Europe to coax more funds from international donors. Former foreign minister Gebran Bassil told French President Emmanuel Macron after the 4 August port explosion that “those whom we welcome generously, may take the escape route towards you in the event of the disintegration of Lebanon.”

    The vast majority of those trying to reach Cyprus – many hope to continue on to Germany or other countries in mainland Europe – have been Syrian refugees, whose situation in Lebanon was precarious long before its descent into full-on financial and political meltdown over the past year.

    Syrians are still the largest group, but as the coronavirus pandemic has exacerbated the multiple crises facing Lebanon – the country recorded a record 1,006 COVID-19 cases on 20 September, precipitating calls for a new lockdown – Lebanese residents of Tripoli told The New Humanitarian that an increasing number of Lebanese citizens are attempting, or considering, the sea route.

    “How many people are thinking about it? All of us, without exception,” Mohammed al-Jindi, a 32-year-old father of two who manages a mobile phone shop in Tripoli, said of people he knows in the city.

    The Lebanese lira, officially pegged to the dollar at a rate of about 1,500, has lost 80 percent of its value over the past year. Prices of many basic goods have skyrocketed, and more than half of the population is now estimated to be living in poverty. The port explosion – which destroyed some 15,000 metric tonnes of wheat and displaced as many as 300,000 families, at least temporarily – has compounded fears about worsening poverty and food insecurity.

    Adding to the uncertainty, it has been nearly a year since the outbreak of a protest movement calling for the ouster of Lebanon’s long-ruling political class, blamed for much of the country’s dysfunction, including the port explosion. The economic and political turbulence has led to fears about insecurity, wielded as a threat by some political parties. These fears were underscored by violent clashes in Beirut’s suburbs that left two dead at the end of August.

    “In desperate situations, whether in search of safety, protection, or basic survival, people will move, whatever the danger,” Mireille Girard, UNHCR representative in Lebanon, said in a statement following the 14 September incident. “Addressing the reasons of these desperate journeys and the swift collective rescue of people distressed at sea are key.”
    ‘It’s the only choice’

    Al-Jindi is planning to take the sea route himself and bring his family later. But so far he has been unable to scrape together the approximately $1,000 required by smugglers – the ones he has contacted insist on being paid in scarce US dollars, not Lebanese lira. The currency crisis means al-Jindi’s monthly salary of 900,000 Lebanese lira, previously worth $600, is now worth only around $120.

    The port explosion in Beirut added insecurity to al-Jindi’s list of worries. He lives in the neighbourhood of Bab al Tabbaneh – which has sporadically clashed for years with the adjacent neighborhood of Jabal Mohsen – and fears a return of the conflict.

    “I don’t want to let my children live the same experiences… the sound of explosions, the sound of shooting,” al-Jindi said. After the port explosion, he added, “1,000 percent, now I have a greater desire to leave.”

    Paying for a smuggler’s services is beyond the reach of many Lebanese. But members of the country’s shrinking middle class, frustrated with a lack of opportunities, are also contemplating the Mediterranean journey.

    “I don’t want to let my children live the same experiences… the sound of explosions, the sound of shooting.”

    Educated young people are more likely to apply for emigration through legal routes.

    According to Lebanese research firm Information International, about 66,800 Lebanese emigrated in 2019, an increase from the previous year. The firm also reported a 36 percent increase in departures from the Beirut airport after the explosion.

    But with COVID-19 travel restrictions and the general trend of tightening borders around the world, some Lebanese are also turning to the sea.

    Unable to find steady work since he graduated from university with a degree in IT two years ago, 22-year-old Mohammed Ahmad had applied for a visa to Canada, without success, before deciding to take his chances on the sea route. Before the port explosion, Ahmad had already struck a deal with a purported smuggler to take him to Cyprus and then Greece for 10 million Lebanese lira (the equivalent of around $1,200 at the black exchange market rate). The explosion has only strengthened his resolve.

    “Before, you could think, ‘Maybe the dollar will go down, maybe the situation will get better,’” said Ahmad. “Now, you can’t think that way. We know how the situation is.”

    Mustapha Masri, 21, a fourth-year accounting student at Lebanese University, said he hadn’t planned on leaving Lebanon, “but year after year the situation got worse.” Like Ahmad, Masri first tried emigrating legally, but without success.

    A few months ago, acquaintances referred him to a smuggler. He began selling his belongings to raise the funds for the trip, beginning with his laptop, which he traded for a cheaper one. Even his parents were willing to sell valuables to help him, Masri said.

    “In the beginning, they were against it, but after Australia and Germany denied me, they agreed,” Masri said. “It’s the only choice.”

    Increasing movement

    The past two months have shown a significant uptick in crossings.

    According to UNHCR statistics, in all of 2019, only eight boats from Lebanon arrived in Cyprus, seven were intercepted by Lebanese authorities before getting to the open sea, and two went missing at sea.

    In 2020, three boats are known to have left Lebanon for Cyprus in July, followed by 16 in the weeks between 29 August and 9 September, said UNHCR spokeswoman Lisa Abou Khaled. Eight of those boats were confirmed to have reached Cyprus and another two were reported to have arrived but could not be verified, she said. Another five were intercepted by Lebanese authorities and four were pushed back by Cypriot authorities before they reached the island and returned to Lebanon.

    “From our conversations with the individuals, we understand that the majority tried to leave Lebanon because of their dire socio-economic situation and struggle to survive, and that a couple of families left because of the impact of the blast,” Abou Khaled said.

    The pushbacks by Cypriot authorities have raised concerns among refugee rights advocates, who allege that Cyprus is violating the principle of non-refoulement, which states that refugees and asylum seekers should not be forcibly returned to a country where they might face persecution.

    Loizos Michael, spokesman for the Cypriot Ministry of Interior, said of the arriving migrants: “At this point we can only confirm the increase in boats arriving in Cyprus…The Cypriot government is in close cooperation with the Lebanese authorities and within this framework are trying to respond to the issue.”

    In 2002, Lebanon and Cyprus signed a bilateral agreement to cooperate in combating organised crime, including illegal immigration and human trafficking.

    Peter Stano, a spokesman for the European Union, said that the EU Commission takes allegations of pushbacks “very seriously”, adding, “It is essential… that fundamental rights, and EU law more broadly, is fully respected.”
    Worth the risk?

    The sea route to Cyprus is often deadly, as the 14 September incident underscored. To increase their earnings, smugglers pack small vessels beyond their capacity. More than 70 people have died or gone missing in 2020 on the Eastern Mediterranean sea route – which includes boats bound for Cyprus and Greece – up from 59 all of last year.

    Those who TNH spoke to who were contemplating the crossing said they were aware of the dangers but they still considered it worth the risk to attempt the journey.

    “I don’t believe all the talk that life there is like paradise.”

    “There are a lot of people who have gone and arrived, so I don’t want to think from the perspective that I might not arrive,” said Ahmad, the 22-year-old IT graduate. He was sanguine too about what he might find if he makes it to Europe. “I don’t believe all the talk that life there is like paradise and so on, but I’ll go and see,” he said.

    But the plans of both Ahmad and Masri hit a glitch.

    The two young men – who do not know each other – had been expecting to travel last month. Both had paid a percentage of the agreed-upon fee to the purported smuggler as a deposit, the equivalent of about $100. In both cases, soon after they paid, the smuggler disappeared. When they tried contacting him, they found his line had been disconnected.

    Still, they haven’t given up.

    “If I found someone else, I would go – 100 percent,” Masri said. “Anything is better than here.”

    https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/09/21/Lebanon-Cyprus-Beirut-security-economy-migration

    #Chypre #Liban #migrations #asile #réfugiés #routes_migratoires #itinéraires_migratoires #migrants_libanais #réfugiés_libanais #Méditerranée #mer_Méditerranée

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  • Greece files against 33 NGO members for assisting human traffickers

    Greek authorities have prepared a case file against 33 foreign nationals, members of four non-governmental organizations dealing with refugee issues on the island of Lesvos. The case file against the specific NGOs reportedly includes the offenses of forming and joining a criminal organization, espionage, violation of state secrets, as well as viol

    The case file reportedly includes the offenses of forming and joining a criminal organization, espionage, violation of state secrets, as well as violations of the Immigration Code against a total of 35 foreigners.

    Thirty-three of them are members of four non-governmental organisations (NGOs) whose names have not been disclosed, while two are third-country nationals working on migration issues.

    The NGOs have reportedly their headquarters abroad.

    Their action is estimated to date from the beginning of last June and consisted, according to the indictment, of providing substantial assistance to organized illegal migrant trafficking networks.

    Citing a press release by the Lesvos Police directorate, local news website stonisi, writes that “under the pretext of humanitarian action, those involved provided refugees in Turkey information about landing coordinates and weather conditions via closed groups and internet applications.”

    The information included:

    – gathering places on the Turkish coast and departure time for voyage to Lesvos.
    - coordinates (longitude and latitude) of specific refugee flows and their direction at a specific time and place
    - number of third-country nationals onboard of boats and the prevailing situation during the voyage
    - final destination (landing place on the coast),
    – details for the accommodation at Moria refugees center on Lesvos.”

    The Police announcement said also that “in addition, through the extensive use of a specific telephone connection application, related to the activation of rescue operations, they hampered the operational work of the Greek Coast Guard vessels, at a time when migratory flows were evolving.”

    The network was involved in at least 32 cases of refugees and migrants transfer.

    The investigation continues “in order to determine the full extent of the illegal activity of the criminal organization and its connections.

    The investigation was carried out in collaboration with the National Intelligence Service, with the assistance of the Counter-Terrorism Service as well as the Directorates for Information Management and Analysis, Attica Aliens Dept and Crime Department.

    https://www.keeptalkinggreece.com/2020/09/28/greece-ngo-members-human-traffickers-lesvos-turkey
    #criminalisation #ONG #criminalisation_de_la_solidarité #solidarité #asile #migrations #réfugiés #Lesbos #Grèce

    ping @isskein @karine4

    • Greek police accuse 33 people of helping migrant smuggling

      The Greek government, the same government that is practicing illegal pushbacks on an industrial scale, putting families and children in inflatable life rafts, drifting in the Aegean Sea, in direct violation of international laws and human rights, are once again targeting non-government organizations and volunteers.

      Greek authorities have prepared a case file against 33 foreign nationals, members of four NGOs dealing with refugee issues on the island of Lesvos. The case file against the specific NGOs reportedly includes the offenses of forming and joining a criminal organization, espionage, violation of state secrets, as well as human trafficking.

      We have seen this same approach several times before, trying to criminalize NGOs, aid workers and those who dare stand up against the injustice done by this disgraceful government. Make no mistake, they are trying to scare people to silence, anyone standing up against and highlighting their inhuman treatment of vulnerable people seeking safety, is a treat, and needs to be eliminated.

      Organizations on the ground might be scared to report on how bad the situation really is, to speak up, in fear of being kicked out of the camp they work in, or licenses revoked, so they stay quiet, fall in line and keep their mouths shut. By being quiet, they fail the very people they came to help and protect, and are no longer a part of the solution, but a part of the problem. Organizations working inside the new camp on Lesvos is strangely quiet, they should have been screaming from the rooftops, but they stay quiet. Knowing how the conditions are in this camp and many others, proves my point perfectly.

      Aegean Boat Report will not be intimidated to keep quiet, or look the other way when vulnerable people’s rights are being violated, and will continue to put the spotlight towards injustice. I will not go quite into the Night!

      https://aegeanboatreport.com/2020/09/29/greece-files-against-33-ngo-members-for-assisting-human-trafficker

    • Operation points to NGO smuggling role

      A clandestine operation staged by the Greek National Intelligence Service (EYP) and the Hellenic Police (ELAS) in August, involving two undocumented migrants who worked as undercover agents, was what led authorities to the conclusion that members of four nongovernmental organizations active on the island of Lesvos engaged in people smuggling, Kathimerini understands.

      According to classified documents seen by Kathimerini, a total of 35 members of the four NGOs facilitated the movement of illegal immigrants and refugees from Turkey to Lesvos using “illegal methods and procedures.”

      They are nationals of Germany, France, Switzerland, Austria, Norway and Bulgaria, and two of the NGOs under investigation are based in Berlin, according to the documents.

      The operation code-named Alcmene – after the mother of the mythological hero Hercules – was completed on August 12 at the height of the Greek-Turkish standoff as warships from both countries patrolled the eastern Aegean.

      It essentially entailed “directed smuggling” overseen by Greek authorities, with the two migrants recruited by EYP arriving in Izmir, Turkey, and then boarding a boat with undocumented migrants destined for Lesvos.

      The two agent migrants subsequently detailed what happened during the transfer, shedding light on how the NGOs allegedly operate. The conclusions from the descriptions and information provided by the two migrants will be evaluated in a criminal investigation launched by a Greek prosecutor.

      The classified ELAS documents revealed that the four NGOs make use of the AlarmPhone application – an emergency telephone number used by refugees and migrants crossing the sea from the coast of Turkey to the Greek islands. The app is also used by migrants traveling from Libya to Malta and Italy.

      The migrants call the number and inform the NGOs about their exact location. The NGO volunteers then undertake to contact the Hellenic Coast Guard and ask its staff to collect the boat with the migrants. If there is no immediate response, they publish the issue on social networks as a form of pressure. This app is not secret but accessible through the website www.alarmphone.org and Twitter.

      The probe was launched in May and was initially into six NGOs, though no evidence was found incriminating two of the groups so the investigation was narrowed down to the four.

      https://www.ekathimerini.com/257683/article/ekathimerini/news/operation-points-to-ngo-smuggling-role

    • Βαριές κατηγορίες σε βάρος των ΜΚΟ αλλά χωρίς στοιχεία

      Περισσότερες και σαφέστερες εξηγήσεις θα πρέπει να δώσει ο κ. Πέτσας αν θέλει να καταφέρει τη δημιουργία εντυπώσεων ενάντια στην αλληλεγγύη προς μετανάστες και πρόσφυγες, αφού καμία από τις πολύ βαριές κατηγορίες που έχουν αραδιαστεί κατά τεσσάρων οργανώσεων δεν στοιχειοθετείται επαρκώς.

      Περισσότερα ερωτήματα παρά απαντήσεις προκύπτουν από τις χθεσινές αναφορές του κυβερνητικού εκπροσώπου Στέλιου Πέτσα στην υπόθεση των 35 μελών τεσσάρων ξένων οργανώσεων, που κατηγορούνται από την ΕΛ.ΑΣ. για διευκόλυνση παράτυπης εισόδου προσφύγων και μεταναστών και για κατασκοπία.

      Τουλάχιστον οι δύο οργανώσεις, η WatchTheMed, που λειτουργεί το τηλεφωνικό δίκτυο ενημέρωσης για κίνδυνο στη θάλασσα AlarmPhone, και η γερμανική Mare Liberum, που διατηρεί δύο σκάφη στο Αιγαίο, είναι γνωστές για τη συνεισφορά τους σε επιχειρήσεις διάσωσης και για τη δημοσιοποίηση παράνομων επιχειρήσεων αποτροπής και επαναπροώθησης του Λιμενικού.

      « Σε αντίθεση με τους διακηρυγμένους στόχους τους, μεθόδευσαν παράνομη διακίνηση μεταναστών [...] Προς τον σκοπό αυτό γνωστοποιούσαν τις θέσεις των σκαφών του Λιμενικού και του Πολεμικού Ναυτικού μας που βρίσκονταν στην περιοχή και εμπλέκονται -κατ’ επέκταση- σε κατασκοπία σε βάρος της χώρας μας » ανέφερε ο κυβερνητικός εκπρόσωπος. Ωστόσο η κατηγορία της ΕΛ.ΑΣ. δεν αναφέρεται σε διακίνηση, αλλά σε διευκόλυνση εισόδου, κάτι πολύ διαφορετικό, καθώς μάλιστα η διευκόλυνση εισόδου δεν έχει κίνητρο το κέρδος.

      Οσο για την κατηγορία της κατασκοπίας, τα στοιχεία που δίνει ο κ. Πέτσας και η αστυνομία παραμένουν τελείως ασαφή. Είναι απόρρητες οι θέσεις των σκαφών του Λιμενικού και του Πολεμικού Ναυτικού ; Και σε ποιους γνωστοποιούνταν τα στοιχεία, ώστε να στοιχειοθετηθεί κατασκοπία ; Παρόμοιες κατηγορίες, συμπεριλαμβανομένης της κατασκοπίας, είχαν φορτώσει οι αρχές σε Ισπανούς διασώστες που επιχειρούσαν στη Λέσβο το καλοκαίρι του 2016, για να ακολουθήσει η πανηγυρική αθώωσή τους από την ελληνική δικαιοσύνη.

      Σύμφωνα με δημοσιεύματα της « Καθημερινής της Κυριακής » και του « Πρώτου Θέματος », τα στοιχεία προήλθαν από άρση του τηλεφωνικού απορρήτου και από έρευνα συνεργατών της ΕΥΠ, που ταξίδεψαν στην Τουρκία τις παραμονές του Δεκαπενταύγουστου και προσποιήθηκαν ότι είναι πρόσφυγες που θέλουν να ταξιδέψουν στην Ελλάδα. Σύμφωνα με διαβαθμισμένο έγγραφο της ΕΛ.ΑΣ. που επικαλείται η « Καθημερινή », οι κατηγορούμενοι υποστηρίζουν για την εκπλήρωση του παράνομου σκοπού τους την τηλεφωνική γραμμή του Alarm Phone, στην οποία καλούν ο πρόσφυγες από τη βάρκα για να ειδοποιήσουν για κίνδυνο. Η οργάνωση ενημερώνει στη συνέχεια τις ελληνικές αρχές προκειμένου να προχωρήσουν σε διάσωση. Σε περίπτωση άρνησης του Λιμενικού, όπως δυστυχώς έχει καταγγελθεί το τελευταίο διάστημα, οι οργανώσεις δημοσιοποιούν την υπόθεση στον Τύπο για να ασκηθεί πίεση.

      Αλλά αυτή η δράση των οργανώσεων είναι δημόσια και αξιέπαινη. Κατακριτέα και αξιόποινη μπορεί να τη θεωρεί μόνο όποιος πιστεύει ότι δεν είναι απόλυτη προτεραιότητα η διάσωση ανθρώπων που αντιμετωπίζουν κίνδυνο. Αλλά όποιος το πιστεύει αυτό έρχεται σε αντίθεση με το Διεθνές Δίκαιο της Θάλασσας και βρίσκεται με το πλευρό της παρανομίας.
      Η κατηγορία

      Σύμφωνα με το δημοσίευμα, τα μέλη των οργανώσεων κατηγορούνται και επειδή επικοινωνούσαν με πρόσφυγες που δεν κατάφεραν να φτάσουν στην Ελλάδα, οι οποίοι τους έδιναν βίντεο και φωτογραφίες από επιχειρήσεις του Λιμενικού, των οποίων είχαν πέσει θύμα. Αλλά από πού προκύπτει ότι συνιστά αδίκημα η δημοσιοποίηση μιας παράνομης δραστηριότητας που θέτει σε κίνδυνο ανθρώπους ; Τι είδους μυστικές επιχειρήσεις πραγματοποιεί το Λιμενικό στο Αιγαίο και γιατί ενοχλείται από τη δημοσιοποίησή τους ;

      Μιλώντας στο « Πρώτο Θέμα » ο υφυπουργός Προστασίας του Πολίτη, Λευτέρης Οικονόμου, που αναφέρεται ως συντονιστής της επιχείρησης, έκανε λόγο για πολύμηνη και πολυεπίπεδη έρευνα και για σημαντική επιτυχία. Αλλά όσα έχουν γίνει μέχρι τώρα γνωστά δεν το δείχνουν. Σημείωσε επίσης ότι « οι υπηρεσίες ασφαλείας και οι Ενοπλες Δυνάμεις έχουν εντολή από τον πρωθυπουργό και από την κυβέρνηση να εκτελέσουν χωρίς αναστολές και δυστοκίες την αποστολή τους, θωρακίζοντας από άκρη σε άκρη την Ελλάδα απέναντι σε κάθε τύπου επιβουλή » και ιδίως σε βάρος της εθνικής ασφάλειας.

      Δεν είναι σαφές αν αναφέρεται σε κάτι άλλο ή στο ταξίδι των ανθρώπων που θέλουν να ζητήσουν διεθνή προστασία σύμφωνα με το δικαίωμα που τους δίνει το διεθνές δίκαιο. Αν πρόκειται γι’ αυτό, είναι σαφές ότι η κυβέρνηση βαδίζει πιστά στα χνάρια της αδιέξοδης και αποτυχημένης πολιτικής που εφάρμοσε ο ακροδεξιός Σαλβίνι στην Ιταλία.

      Για απόπειρα ποινικοποίησης της αλληλεγγύης κατηγορεί την κυβέρνηση η WatchTheMed, όπως και για προσπάθεια να βγάλει από τη μέση τις ενοχλητικές μαρτυρίες οι οποίες αποκαλύπτουν τα εγκλήματα που διαπράττουν οι ελληνικές αρχές στο Αιγαίο, όπως πιστοποιούνται και από τους αρμόδιους διεθνείς οργανισμούς και μεγάλες διεθνείς οργανώσεις. « Κάθε πρόσφυγας που επαναπροωθείται, κάθε άνθρωπος που βρίσκεται σε μη αξιόπλοη βάρκα, κάθε παιδί που δεν σώζεται ενώ βρίσκεται σε κίνδυνο, είναι αρκετός λόγος για να ξεσηκωθούμε και να υψώσουμε τις φωνές μας. Δεν θα σιωπήσουμε !” υπογραμμίζει.
      « Mare Liberum »

      Ελεύθερο να αποπλεύσει από τη Σκάλα Λουτρών και να συνεχίσει τη δράση του στο Αιγαίο είναι το σκάφος « Mare Liberum », στο οποίο έκαναν έφοδο στις 5 Σεπτεμβρίου οι ελληνικές αρχές και κατάσχεσαν έγγραφα και υπολογιστές. Το σκάφος είναι εγκλωβισμένο μήνες στη Λέσβο μετά από απόφαση του γερμανικού υπουργείου Μεταφορών να αφαιρέσει τα πιστοποιητικά ασφαλείας του πλοίου.

      Το δικαστήριο του Αμβούργου δικαίωσε την οργάνωση και έκρινε παράνομη την απόφαση του υπουργείου, κρίνοντας ότι δεν απαιτούνται άλλα πιστοποιητικά από αυτά που ισχύουν για τα σκάφη αναψυχής, όπως είναι δηλωμένο το « Mare Liberum ».

      To γερμανικό κράτος μπορεί να προσφύγει στο Ανώτατο Διοικητικό Δικαστήριο του Αμβούργου, ωστόσο αυτό θα απαιτήσει χρόνο. Σύμφωνα με πληροφορίες, το « Mare Liberum » είναι έτοιμο να συνεχίσει την ανθρωπιστική του δράση στο Αιγαίο παρακολουθώντας το ταξίδι των προσφύγων και τον τρόπο δράσης του Λιμενικού.

      https://www.efsyn.gr/ellada/astynomiko/262954_baries-katigories-se-baros-ton-mko-alla-horis-stoiheia?__cf_chl_captcha

  • Affrontements dans le Haut-Karabakh : l’Arménie et l’Azerbaïdjan au seuil de la guerre
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/28/l-armenie-et-l-azerbaidjan-a-nouveau-au-bord-de-la-guerre-au-haut-karabakh_6

    Le conflit gelé depuis près de trente ans dans cette région du Caucase, enclave séparatiste peuplée d’Arméniens mais revendiquée par l’Azerbaïdjan, a viré à l’escalade ce week-end. Avec, en coulisses, les deux arbitres : Ankara et Moscou.

    La poudrière du Haut-Karabakh, l’un des plus anciens conflits gelés de l’Europe post-soviétique, menace d’exploser en une nouvelle guerre. Au moins vingt-quatre personnes sont mortes et plus d’une centaine ont été blessées au cours de combats, samedi 26 et dimanche 27 septembre, dans cette région séparatiste d’Azerbaïdjan à majorité arménienne, située entre la Turquie et la Russie. Bakou et Erevan se rejettent la responsabilité des heurts, l’armée de l’un affirmant réagir respectivement aux agissements de l’autre. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a dénoncé une « agression » qu’il s’est engagé à « vaincre ». Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, l’a accusé d’avoir « déclaré la guerre à notre peuple ». Sur le terrain, les deux camps échangent, depuis samedi, des tirs d’artillerie. L’Azerbaïdjan a aussi procédé à des bombardements aériens.


    Affrontements dans la région du Haut-Karabakh, le 27 septembre. Image diffusée par le ministère des affaires étrangères arménien.
    AP

  • Avec le coronavirus, « tout s’est arrêté d’un coup » : l’Afrique pleure ses touristes disparus
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/25/avec-le-coronavirus-tout-s-est-arrete-d-un-coup-l-afrique-pleure-ses-tourist

    Les vols internationaux ont beau avoir repris mi-juillet au Sénégal, les touristes continuent de se tenir à distance, échaudés par l’évolution imprévisible de la pandémie de Covid-19 à travers la planète. Le pays connaît les mêmes déboires que ses pairs africains. Du Maroc à l’Afrique du Sud, du Cap-Vert à l’Ethiopie, le tourisme a connu un coup d’arrêt brutal et prolongé sur l’ensemble du continent. Selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), la crise du secteur pourrait entraîner la destruction de 7 à 17 millions d’emplois, sur l’année 2020, dans une région du monde déjà frappée par un chômage très élevé.
    Au premier semestre, les arrivées de voyageurs internationaux en Afrique ont chuté de 57 %, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Et la débâcle est loin d’être terminée : début septembre, la moitié des destinations africaines n’avaient toujours pas rouvert leurs frontières. « L’industrie a été décimée », s’afflige Naledi Khabo, la directrice de l’Association du tourisme africain, une agence de promotion du continent basée aux Etats-Unis : « La banqueroute menace de nombreuses PME qui constituent l’essentiel des acteurs du secteur. Elles n’ont pas les fonds pour faire face et doivent souvent se débrouiller sans aides publiques. » Le constat est d’autant plus amer que l’Afrique était, avant la pandémie, de plus en plus demandée par les touristes internationaux. Les arrivées étaient en forte hausse (+ 6 % en 2019). Le secteur représente aujourd’hui 10 % des recettes d’exportation du continent (contre à peine 5 % dans les années 1980) et plus d’un emploi sur cinq dans certains pays comme le Cap-Vert ou l’île Maurice.« La dynamique était excellente et tout s’est arrêté d’un coup », résume Sisa Ntshona, le patron de la Fédération du tourisme en Afrique du Sud : « C’est particulièrement regrettable pour une économie comme la nôtre, qui essaie de se diversifier dans les services pour moins dépendre des matières premières. » Le professionnel garde un souvenir traumatisant du premier coup de semonce : l’annulation en janvier d’un congrès international sur l’ophtalmologie censé se tenir en juin au Cap. L’événement, en préparation depuis cinq ans, devait accueillir 15 000 participants venus du monde entier. Soit 15 000 billets d’avions, 15 000 chambres d’hôtel et tous les à-côtés, dont il a fallu se passer.
    L’Afrique du Sud, qui rouvrira ses frontières le 1er octobre après avoir été durement touchée par le coronavirus, pleure ce tourisme de conférence dont elle était l’un des piliers continentaux. Elle s’interroge aussi sur l’avenir des safaris proposés aux amoureux de la faune sauvage dans les réserves du pays telles que le célèbre parc Kruger. « Rien ne permet de penser que les clients types – des Occidentaux fortunés et en général un peu âgés – vont se précipiter pour revenir tant que la situation sanitaire ne sera pas complètement sous contrôle », indique M. Ntshona.

    #covid-19#migrant#migration#afrique#tourisme#sante#economie

  • Face au coronavirus, Michelle Bachelet appelle à la levée des sanctions contre le Venezuela | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2020/09/1078262

    La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a réitéré, vendredi à Genève, son appel à la levée des sanctions économiques contre le Venezuela afin de faciliter l’allocation des ressources pendant la pandémie de Covid-19.

    « Je voudrais réitérer mon appel à la levée des sanctions économiques afin de faciliter l’allocation des ressources pendant la pandémie », a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme.

    Lors de sa mise à jour orale concernant la situation des droits de l’homme au Venezuela, Mme Bachelet a rappelé que des sanctions supplémentaires sur les exportations de diesel pourraient aggraver encore la pénurie d’essence déjà critique et entraver la distribution de l’aide humanitaire et des biens essentiels.

    Devant le Conseil des droits de l’homme, l’ancienne Présidente chilienne a rappelé certaines données avancées par des associations professionnelles. Celles-ci ont indiqué que 33% des décès dus à la Covid-19 concernaient des travailleurs de la santé, principalement en raison du manque d’équipements de biosécurité et d’eau dans les hôpitaux.

    Selon un bilan établi vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Venezuela recense 69.439 cas confirmés de Covid-19 dont 574 décès.

    Par ailleurs, si elle a reconnu la mise en œuvre des protocoles de biosécurité liés à la pandémie dans les centres de détention, Mme Bachelet a plaidé une nouvelle fois pour une « amélioration substantielle » des conditions de santé, d’accès à l’eau, à la nourriture et aux médicaments. Il s’agit aussi d’assurer un contact régulier avec les parents et les avocats, soit physiquement soit par téléphone, ainsi qu’à explorer des mesures alternatives à la privation de liberté.

    Plus largement, les services de la Haut-Commissaire Bachelet estiment que la pandémie est venue s’ajouter à d’autres urgences préexistantes, telles que l’urgence alimentaire. Selon Caritas, le taux de malnutrition aiguë chez les enfants a atteint 15% en juillet 2020. Elle a également indiqué que de plus en plus de familles se tournent vers des stratégies de survie, notamment en arrêtant de manger pour qu’un autre membre de la famille puisse le faire.

    Répression des manifestations pacifiques
    D’une manière générale, la cheffe des droits de l’homme de l’ONU est d’avis qu’il est essentiel dans les mois à venir que l’espace civique et démocratique soit protégé.

    « Les autorités poursuivent la libération de tous ceux qui continuent d’être arbitrairement privés de liberté pour avoir exercé leurs droits », a prôné Mme Bachelet, reconnaissant les mesures positives prises par Caracas, comme le pardon accordé à 110 personnes. Il y a aussi la libération de 40 détenus et une plus grande coopération avec l’équipe du Haut-Commissariat dans le pays.

    Elle a également relevé comme un signal positif, l’arrestation de cinq membres des Forces d’action spéciales, vraisemblablement responsables de la mort de deux personnes à Zulia le 21 août. De même, le Ministère public a signalé que 70 fonctionnaires du FAES dans différents États du pays avaient récemment été inculpés.

    En revanche, les services de Mme Bachelet ont continué à documenter les cas de répression des manifestations pacifiques dans le contexte de l’état d’urgence en vigueur depuis mars, y compris les arrestations de manifestants qui protestaient au sujet des bas salaires et des pensions, des lacunes des services publics et de la pénurie d’essence.

    La cheffe des droits de l’homme de l’ONU s’est également préoccupée du nombre élevé de jeunes morts dans les bidonvilles à la suite des opérations de sécurité. Mme Bachelet a précisé que sur la base d’informations émanant de différentes sources, quelque 711 décès ont été enregistrés par l’équipe du Haut-Commissariat de juin à août de cette année, ce qui porte à plus de 2.000 le nombre de décès dans le pays depuis janvier 2020.

    • Communiqué de l’ONU complété par El Nacional, journal d’opposition en exil, qui reprend la déclaration orale de Michelle Bachelet devant la commission des Droits humains où elle s’inquiète des obstacles à la tenue des élections parlementaires du 6 décembre.

      Bachelet expresó preocupación por la obstrucción en las parlamentarias
      https://www.elnacional.com/venezuela/bachelet-expreso-preocupacion-por-la-obstruccion-de-la-libertad-en-venez

      La alta comisionada de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos calificó de crucial que en los próximos meses se proteja el espacio cívico y democrático y se continúe con las liberaciones de todas las personas que siguen detenidas por motivos políticos

      Michelle Bachelet, alta comisionada de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos, expresó este viernes 25 de septiembre su preocupación por las decisiones del Tribunal Supremo de Justicia del régimen de Nicolás Maduro que obstaculizan la libertad en el proceso de las elecciones parlamentarias.

      La funcionaria, durante su actualización oral sobre la situación en Venezuela en la 45° sesión del Consejo de Derechos Humanos, mencionó el nombramiento irregular de los representantes de siete partidos políticos de oposición y la designación no consensuada de los rectores del Consejo Nacional Electoral.

      Así como la modificación por parte del Poder Electoral del mecanismo de selección de representantes indígenas para la Asamblea Nacional, de los cambios al sistema electoral y a la composición de la Asamblea Nacional sin un proceso inclusivo de consulta previa”, agregó.

      Bachelet calificó de crucial que en los próximos meses se proteja el espacio cívico y democrático y se continúe con las liberaciones de todas las personas que siguen privadas arbitrariamente de libertad para que puedan ejercer sus derechos.

      Hago un llamado a seguir trabajando en la construcción de acuerdos para alcanzar condiciones para el desarrollo de procesos electorales creíbles, libres, inclusivos y equitativos”, concluyó la alta comisionada.

    • Du coup, l’intégralité du compte-rendu du Conseil des droits de l’homme

      HCDH | Le Conseil entend une mise à jour de Mme Bachelet sur la situation des droits de l’homme au Venezuela
      https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26299&LangID=F

      Mise à jour orale sur la situation des droits de l’homme au Venezuela

      Présentation de la mise à jour
      Dans sa mise à jour orale concernant la situation des droits de l’homme au Venezuela, MME Michelle Bachelet, Haute-Commissaire aux droits de l’homme, a reconnu que le Gouvernement du Venezuela avait récemment pris des mesures positives, comme le pardon accordé à 110 personnes, la libération de 40 détenus et une plus grande coopération avec l’équipe du Haut-Commissariat dans le pays. Cette dernière a néanmoins continué à documenter les cas de répression des manifestations pacifiques dans le contexte de l’état d’urgence en vigueur depuis mars, y compris les arrestations de manifestants qui protestaient au sujet des bas salaires et des pensions, des lacunes des services publics et de la pénurie d’essence. Mme Bachelet a par ailleurs relevé, notamment dans le cadre de l’application de la législation anti-haine, des restrictions à la liberté d’expression incluant des attaques et des arrestations contre les défenseurs des droits humains et des journalistes.

      Mme Bachelet a en outre réitéré son appel à améliorer considérablement les conditions de santé dans les prisons, l’accès à l’eau, la nourriture et les soins de santé, et à garantir des contacts réguliers des détenus avec les membres de leur famille et avec des avocats, que ce soit physiquement ou par téléphone. Il conviendrait en outre d’étudier des mesures alternatives à la privation de liberté, a-t-elle ajouté. 

      La Haute-Commissaire a également réitéré son appel à la levée des sanctions économiques contre le pays pour faciliter l’allocation des ressources pendant la pandémie de COVID-19. 

      Mme Bachelet s’est ensuite montrée préoccupée par le nombre élevé de jeunes morts dans les bidonvilles à la suite des opérations de sécurité. Elle a précisé que sur la base d’informations émanant de différentes sources, quelque 711 décès ont été enregistrés par l’équipe du Haut-Commissariat de juin à août de cette année, ce qui porte à plus de 2000 le nombre de décès dans le pays depuis janvier 2020.

      Mme Bachelet a déclaré qu’elle considérait comme positive l’arrestation de cinq membres des Forces d’action spéciales, vraisemblablement responsables de la mort de deux personnes à Zulia le 21 août. Les déclarations publiques du procureur général sur cette affaire montrent un schéma similaire à celui documenté par le Haut-Commissariat – un schéma dans lequel, après avoir exécuté les victimes neutralisées, les forces de sécurité les ont volées et ont manipulé les preuves pour présenter les faits autrement. De même, le Ministère public a signalé que 70 fonctionnaires du FAES dans différents États du pays avaient récemment été inculpés.

      La Haute-Commissaire s’est dite préoccupée par la modification du mécanisme de sélection des représentants autochtones à l’Assemblée nationale, ainsi que par les changements apportés au système électoral et à la composition de l’Assemblée nationale sans processus inclusif de consultation préalable.

      Il est essentiel que dans les mois à venir l’espace civique et démocratique soit protégé et que les autorités poursuivent la libération de tous ceux qui continuent d’être arbitrairement privés de liberté pour avoir exercé leurs droits.

      Pays concerné
      Le Venezuela a déclaré que cette mise à jour avait été demandée par un tout petit groupe de pays du Conseil et que le Conseil devrait plutôt s’intéresser aux graves violations des droits de l’homme qui se poursuivent quotidiennement dans les États de la région. Cette initiative est hostile et aggrave les difficultés du pays, a poursuivi la délégation vénézuélienne. La promotion et la protection des droits de l’homme doivent se faire par un dialogue véritable et dans un esprit de coopération, a-t-elle insisté. Les travaux du Conseil doivent se dérouler en toute objectivité et impartialité. Il faut mettre un terme à l’approche empreinte de « deux poids, deux mesures ». 

      Il n’en reste pas moins que le Venezuela reste ouvert pour un échange de vues honnête avec la Haute-Commissaire et le Haut-Commissariat, a indiqué la délégation, avant de faire valoir la coopération avec le bureau du Haut-Commissariat au Venezuela. Le Venezuela a par ailleurs dénoncé les mesures coercitives unilatérales dont il est victime et qui constitue, selon lui, un crime contre l’humanité.

  • Donald Trump to declare KKK, Antifa as terrorist organisations
    https://thenewdaily.com.au/news/world/us-news/2020/09/26/donald-trump-kkk-antifa

    US President Donald Trump has announced he will designate the white supremacist Ku Klux Klan group and the far-left Antifa network as terrorist organisations.

    Mr Trump’s policy is part of slate of proposals unveiled on Friday (local time) in an attempt to sway black voters ahead of the November election.

    The President has for months been saying he plans to declare Antifa – a loose network of people that often promotes far-left militancy – as a terrorist organisation.

    There is no domestic terrorism statute in the US that would allow for such a designation.

    Attorney General William Barr has claimed groups using “Antifa-like tactics” fueled violent clashes in Minneapolis after the killing of George Floyd, a black man who died after a white police officer pressed a knee into his neck for nearly nine minutes.

    However FBI Director Christopher Wray told a congressional panel last Thursday that Antifa is more of an ideology or a movement than an organisation, comments that did not please Mr Trump.

    I did not like his answers … I’m not sure he liked them either. I’m sure that he probably would agree with me,” Mr Trump said last week.

    As part of the plans aimed at black Americans, who have historically voted overwhelmingly for the Democratic party, Mr Trump is promising to direct billions of dollars in federal money to black communities.

    He is also promising to declare Juneteenth a national holiday. The day on June 19 celebrates the eradication of slavery, in what Americans see as the nation’s “second independence day.

  • Faire les deuils - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2020/09/23/faire-les-deuils

    J’ai beaucoup hésité à écrire sur ce sujet (la maladie de ma mère, son agonie puis sa mort en juillet) et à le publier. Si j’ai l’habitude de prendre la colère comme moteur d’écriture, je ne suis pas sûre que les sentiments qui m’animent aujourd’hui me réussissent tout autant. Je ne suis pas non plus habituée à parler publiquement d’évènements aussi intimes. Mais je me dis que cracher tout cela publiquement me permettra de, peut-être, enfin réussir à dormir au lieu de ressasser ce qu’il s’est passé.

    Je me dis également que lorsque j’ai appris la maladie de ma mère et que j’ai cherché à me préparer à sa mort (ce fut un échec), j’aurais voulu (et non pas aimé) lire ce que je vais écrire là. Dans tout ce merdier, si je peux en tirer quelques analyses, si cela peut être utile à quelqu’un, toute cette souffrance n’aura peut-être pas été totalement vaine.

    Enfin les articles autour de Alain Cocq ont été l’ultime déclic. Cocq souffre d’une maladie dégénérative très douloureuse. Après le refus de Macron de lui permettre d’être sédaté jusqu’à sa mort, il a choisi d’arrêter ses soins, de boire et de manger. Tout ceci fut extrêmement médiatisé. A bout de souffrances, Cocq a décidé d’accepter les soins palliatifs et a repoussé ensuite sa décision de mourir. Et là il n’y avait plus aucun media s’intéressant à lui. J’aurais aimé savoir si Cocq avait, avant sa décision de mourir, bénéficié de soins palliatifs de qualité et si sa douleur avait convenablement été prise en charge. C’est une chose de vouloir mourir, c’en est une autre que de le vouloir parce que la médecine ne gère pas vos douleurs alors qu’elle peut le faire.

    #agonie #soin #soins_palliatifs #validisme #fin_de_vie #sédation_terminale

  • Nantes : des potagers contre la pauvreté - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/099904-000-A/nantes-des-potagers-contre-la-pauvrete
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/099904-000-A/940x530

    L’#agriculture_urbaine serait-elle l’avenir de nos villes ? Partout en Europe, des initiatives émergent peu à peu du béton. À #Nantes, les services des #espaces_verts ont ainsi eu une idée inédite pendant le #confinement : planter une cinquantaine de #potagers partout dans la ville pour #nourrir des familles en situation de #précarité.

  • Désertification en Roumanie - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/090637-044-A/arte-regards-desertification-en-roumanie

    L’#Olténie, une région du sud-ouest de la #Roumanie, est de plus en plus touchée par la #désertification. La chaleur et la #sècheresse y augmentent chaque année, de même que les #tempêtes_de_sables qui se propagent jusqu’à Bucarest. Un groupe d’#écologistes tente d’empêcher le pire grâce au reboisement, tandis que les agriculteurs se tournent vers de nouvelles cultures fruitières.

    #ensablement #agro-industrie #pac #déforestation #climat et #bravo à Octavian

  • Un rapport sur la criminalité et la corruption du système bancaire mondial - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/fr/articles/2020/09/23/bmcr-s23.html
    https://www.wsws.org/asset/b31011eb-0251-434e-a23f-d6f0674e4549/image.jpg

    Un rapport explosif publié dimanche par le site BuzzFeed News documente le rôle que les grandes banques américaines et internationales jouent sciemment dans le blanchiment et la circulation de milliers de milliards de dollars d’argent sale qui proviennent d’organisations terroristes, de cartels de la drogue et de divers criminels financiers internationaux.

    Le rapport est une mise en accusation sans appel non seulement contre les banques, mais aussi contre les gouvernements et les organismes de réglementation occidentaux, qui sont pleinement conscients des activités illégales, mais très lucratives des banques et les sanctionnent tacitement.

    BuzzFeed écrit que son enquête démontre « une vérité sous-jacente de l’ère moderne » : les réseaux par lesquels l’argent sale circule dans le monde sont devenus des artères vitales de l’économie mondiale. Ils permettent un système financier parallèle si vaste et si incontrôlé qu’il est devenu inextricable de l’économie dite légitime. Les banques de renom ont contribué à ce qu’il en soit ainsi. »

    « Le blanchiment d’argent est un crime qui rend possible d’autres crimes. Il peut accélérer l’inégalité économique, drainer les fonds publics, saper la démocratie et déstabiliser les nations — et les banques jouent un rôle clé. Certaines de ces personnes, en chemise blanche impeccable et en costume moulant, se nourrissent de la tragédie des personnes qui meurent dans le monde entier ». C’est Martin Woods, un ancien enquêteur sur les transactions suspectes de la société Wachovie, qui l’explique. »

    Le rapport poursuit en expliquant que « même après avoir été poursuivi ou condamné à des amendes pour faute financière, des banques telles que JPMorgan Chase, HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank et Bank of New York Mellon, ont continuéà transférer de l’argent pour des criminels

    Le rapport, intitulé« L’argent sale se déverse dans les banques les plus puissantes du monde », ne comprend qu’un petit échantillon censuré de la masse de rapports d’activités suspectes du média.

    Le gouvernement américain maintient une politique de secret total en ce qui concerne les rapports d’activité suspects, refusant de les divulguer même en réponse à des demandes de liberté d’information. Au début de l’année, le département du Trésor a publié une déclaration selon laquelle la divulgation non autorisée des rapports d’activité suspects est un crime.

  • « La course au vaccin peut compromettre toute réponse adéquate à la pandémie »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/23/la-course-au-vaccin-peut-compromettre-toute-reponse-adequate-a-la-pandemie_6

    Accélération des procédures, logique de concurrence favorisant l’opacité… Pour Pauline Londeix et Jérôme Martin, cofondateurs de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, et Els Torreele, bio-ingénieure, le modèle de la compétition fait courir le risque d’aboutir à des vaccins médiocres, analysent-ils, dans une tribune au « Monde ».

    Tribune. Compétition effrénée pour espérer juguler la pandémie de Covid-19 et retourner à nos vies quotidiennes au plus vite ? Ou bien course folle à la rentabilité à court terme aux dépens des produits de santé en développement, de la sécurité sanitaire, de l’adhésion à la vaccination ou encore de l’usage de l’argent public ? Dans la course aux vaccins contre le Covid-19, qui protégera la santé publique ?

    Ne pas confondre vitesse et précipitation

    La Chine a été le premier pays à annoncer, fin juin, sa décision d’autoriser le vaccin nommé Ad5-nCoV et développé par la firme chinoise CanSino pour un usage militaire, à peine six mois après l’identification du nouveau virus SARS-CoV-2. Mi-août, la Russie a surpris le monde entier en déployant son candidat vaccin « Spoutnik V », malgré les inquiétudes de la communauté internationale, tant cette autorisation semble prématurée. Aux Etats-Unis, le président Trump fait tout son possible pour que le candidat développé par la firme Moderna soit mis sur le marché avant l’élection présidentielle du 3 novembre. De son côté, le gouvernement britannique adapte son cadre légal pour être en mesure d’autoriser un vaccin avant la fin de l’année, alors que l’Agence européenne du médicament (EMA) a déjà fait passer les vaccins en développement en procédures accélérées.

    L’urgence est là, mais confondre vitesse et précipitation peut compromettre toute réponse adéquate à la pandémie. Le modèle qui s’est imposé pour répondre à la crise, celui de la compétition et de l’accélération des procédures, n’est pas le plus pertinent pour obtenir ces outils indispensables. Ils ne le seront que s’ils sont suffisamment efficaces. Car pour le moment, et encore loin de la ligne d’arrivée proche promise par de nombreux leaders internationaux, cette course semble bien plus satisfaire des stratégies de domination géopolitiques, des intérêts populistes ou encore ceux, financiers, des multinationales pharmaceutiques. L’idée semble acquise que tel pays, ou tel industriel, doit être le premier à remporter cette course, faisant presque oublier l’ampleur du défi médical que représente le développement de vaccins – un effort qui peut d’habitude représenter entre cinq et dix années de recherche et de développement.

    Compression des procédures

    Ici, les Etats, et d’autres, ont décidé de lancer simultanément toutes les phases de recherche habituellement distinctes et successives. Sont ainsi compressées des procédures pourtant indispensables à la sécurité et à l’évaluation de l’efficacité de tout produit de santé. Pour répondre à une demande mondiale, la production en masse de doses est même lancée en parallèle des phases d’essais cliniques, et ce sans garantie sur l’efficacité des candidats.

    Dans cette course folle, où gagner en vitesse semble plus important que développer les meilleurs outils pour répondre aux besoins des populations, les logiques de concurrence encouragent l’opacité et l’absence de concertation entre les différents acteurs. Ainsi, les développeurs des huit principaux candidats vaccins en phase 3 ont choisi de cibler la même protéine du virus, parce qu’elle semblait plus exploitable à court terme, négligeant d’autres pistes de recherche potentiellement plus prometteuses à plus long terme. Il n’est pas certain qu’une plus grande concertation et un échange des résultats intermédiaires aient nécessité plus de temps, mais il semble assuré que cela réduirait les risques d’obtenir des vaccins médiocres.

    S’appuyant sur une consultation d’experts internationaux, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un « profil de produit cible ». Il présente les caractéristiques minimales qu’un vaccin utile à la santé publique doit remplir. Malheureusement, les développeurs ne sont pas tenus de les suivre. Et, comme les protocoles d’études cliniques sont tenus secrets, nous ne disposons pas des éléments précis permettant d’évaluer les objectifs des études en cours. Comment, par exemple, sont déterminées la bonne tolérance des produits en développement et même tout simplement leur efficacité ?

    Cette efficacité n’est pas binaire, elle ne s’évalue pas entre tout et rien, et prendre conscience des échelles est indispensable pour prévoir les politiques vaccinales. Un vaccin qui ne créerait pas d’immunité collective n’aurait un intérêt que très limité au niveau populationnel. Selon des études, ce serait le cas d’un vaccin dont l’efficacité de protection contre l’infection serait inférieure à 60 %, même si la totalité de la population était vaccinée, ce qui paraît peu probable. Or, les candidats vaccins en phase 3 risquent de présenter une efficacité bien inférieure à 60 % et pourraient seulement réduire la sévérité de l’infection.

    Logique de compétition

    Dès lors, on comprend aisément la tentation pour un développeur inscrit dans une logique de compétition : s’il souhaite que son essai soit le premier à fournir les apparences d’un succès, la question initiale posée dans le protocole doit être la plus large possible et celle à laquelle il est le plus simple possible de répondre. Il a, par exemple, intérêt à ce que la question soit « le vaccin est-il efficace ? », pour ne pas avoir trop de contraintes à définir a posteriori ce que l’étude a pu démontrer, ni devoir répondre publiquement à la question « efficace à quel taux ? ».

    C’est la raison pour laquelle il est essentiel qu’un comité indépendant puisse revoir les protocoles et leurs résultats une fois l’étude achevée, et que des experts sans lien d’intérêt puissent réfléchir à définir les caractéristiques idéales des produits recherchés. Ce comité, dont les discussions et travaux doivent être ouverts, publics et transparents, permettrait de réfléchir à une approche de développement d’outils complémentaires, et non mis en concurrence. Par exemple, un vaccin qui bloquerait la transmission pourrait être plus adapté au personnel soignant, alors qu’un autre, permettant de limiter la sévérité des symptômes, le serait plus aux personnes âgées ou aux personnes atteintes d’autres pathologies. Mais une telle approche ne semble pas à l’ordre du jour dans ce contexte international de concurrence effrénée.

    Chèques en blanc aux industriels

    Sommes-nous prêts à dépenser des milliards d’argent public pour un bénéfice limité sur le plan sanitaire ? Le rôle de la puissance publique est-il de signer des chèques en blanc aux industriels, de déréguler, puis de se retirer de l’évaluation du produit, des stratégies de recherche, de production et de commercialisation ?

    Car à force d’admirer la success story de la petite start-up Moderna, qui développe l’un des candidats vaccins les plus avancés, on en oublie que sa principale force est bien d’avoir comme partenaire intellectuel et logistique de recherche, et comme financeur, l’immense National Institutes of Health (NIH), financé par l’argent public américain. En France, en juin, le laboratoire Sanofi, qui a reçu de nombreuses aides publiques pour le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, a même menacé d’approvisionner en priorité les Etats-Unis, afin d’obtenir davantage d’aides publiques auprès de l’Union européenne et de la France. Le laboratoire a eu gain de cause le 31 juillet, lorsque la Commission européenne a annoncé un accord avec la firme et avec GSK leur garantissant l’achat de 300 millions de doses. Si les investissements des firmes sont constamment mis en avant pour justifier ce type d’accords, l’ampleur des risques pris par le public dans le financement de ces candidats vaccins et dans l’achat de doses semble constamment occultée, alors que l’efficacité et l’innocuité ne sont pas garanties.
    Le simple fait que les pouvoirs publics n’aient pas accès aux protocoles de recherches d’essais alors qu’ils les financent par des milliards d’euros publics devrait susciter l’indignation

    La place des Etats dans cette « course » est donc paradoxale. A voir l’industrie pharmaceutique s’autoréguler, on croirait presque qu’ils sont portés disparus, alors qu’ils n’ont jamais été aussi présents comme financeurs et à travers leurs infrastructures de recherche publique.
    Le simple fait que les pouvoirs publics n’aient pas accès aux protocoles de recherches d’essais alors qu’ils les financent par des milliards d’euros publics devrait susciter l’indignation. En mai 2019, les Etats membres de l’OMS se sont engagés à mettre en place la transparence, notamment sur les essais cliniques, les prix, les financements de la recherche et du développement et les brevets. Depuis le début de la crise due au Covid-19, nombreux ont été les exemples des conséquences dramatiques de l’opacité. Si la résolution de l’OMS ne dispose pas de pouvoir contraignant, sa mise en œuvre est plus que jamais cruciale, pour aiguiller les politiques publiques en santé et pour juguler la pandémie mondiale que nous traversons.

    En matière de vaccin comme pour tous les produits de santé, la transparence sur les protocoles de recherche et les données cliniques ainsi qu’une revue indépendante et systématique de ceux-ci par la communauté scientifique constituent une nécessité, une exigence éthique et une urgence absolue. Les Etats doivent également publier les contrats signés avec les firmes pharmaceutiques et exiger d’elles qu’elles publient sans délai les protocoles d’études des essais en cours, et les résultats détaillés dès que les études ont abouti.

    Le modèle de la compétition n’est donc pas adapté. Il fait courir un grand risque d’aboutir à des vaccins médiocres, sans réel impact sur la pandémie à l’échelle globale, notamment au regard de l’engagement financier et logistique de la puissance publique. Celle-ci devrait au contraire promouvoir un modèle de coopération, avec des études transparentes sur les objectifs, la méthode, les financements et les conditionnalités d’accès. Cette voie, qui ne confond pas urgence et rentabilité à court terme, ne garantit pas un succès rapide, mais elle ne l’exclut pas et réduit les risques d’obtenir des produits sans intérêt. Cette solution réinscrirait la recherche et le développement dans des logiques d’intérêt public, ce qui doit aussi se prolonger dans la production et la commercialisation pour garantir des prix justes et un accès à tous. D’autres modèles existent donc, encore faut-il que les Etats cessent de réduire leur rôle à celui de prestataire de service des entreprises du médicament et se rappellent que la santé est une affaire publique.

    #santé_publique

  • Quand le corona frappe à la porte de mon école, y a t-il un pilote sur le paddle ? - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/quand-le-corona-frappe-a-la-porte-14316

    École et gestion de la COVID-19 : témoignage d’un.e professeur.e des écoles sur la (non)gestion de la crise sanitaire par l’institution.

    Lundi 7 septembre

    Ça fait même pas une semaine que nous sommes rentré.es.

    Je remarque qu’il y a pas mal d’élèves absent.es dans les classes. C’est vrai qu’à force d’aérer les classes et de vivre dans les courants d’air on peut finir par choper un rhume puisque les rhumes existent encore.

    Le coronavirus quand je suis avec les élèves j’oublie complètement que ça existe. Parfois j’oublie tellement que je ne fais pas attention et après je flippe car je vis avec deux autres personnes dans un appart plutôt petit et que parmi ces 2 personnes une est fragile. Je ne voudrais donc pas ramener le corona à la maison.

    Mardi 8 septembre

    11h30 Un.e parent d’élèves vient à l’école chercher ses enfants, ille vient d’avoir les résultats aux tests passés la veille et c’est positif... (comme quoi ce mot n’a pas toujours une bonne connotation !)

    Que fait-on ? Notre premier réflexe est évidemment de se dire que nous allons prévenir les familles des élèves qui, parce que dans la même classe, sont cas contacts.

    Mais il paraît qu’on n’a pas le droit !

    Après-midi Nous recevons un mail hallucinant. Il provient de l’inspection :

    Là j’avoue que ce qui me fait paniquer ce ne sont pas les cas positifs mais des formules hallucinantes telles que « il s’avère que des cas "positifs" ne le sont finalement pas ! ». C’est limite complotiste. Mais surtout ce qui me fait partir en vrille c’est qu’on nous demande de ne pas prévenir des familles et donc de ne pas laisser le choix aux parents de nos élèves (parmi lesquels il y a peut-être des personnes à risque) de prendre des mesures d’autoprotection. Je tente de contester, mais je me fais copieusement envoyer chier.

    Bon, heureusement que dans l’école nous ne sommes pas très obéissant.es et l’ordre ne sera pas respecté à la lettre ! Mais quand même il le sera en partie. Certain.es ont peur que si illes en parlent cela fasse fermer leur classe et ne veulent pas revivre le confinement. Irrationnel car la décision de fermer sera d’évidence indépendante de la communication, mais le confinement du printemps dernier a laissé des traces indélébiles. En tous cas cette nuit là nous avons été plusieurs à mal dormir.

    Mercredi 9 septembre

    On attend des news de l’ARS puisque c’est ce qui nous permettra de pouvoir officiellement en parler aux familles. Pour les collègues qui ont les cas positifs dans leur classe c’est long. Plusieurs vivent mal le fait de ne pas avoir le droit de dire aux parents que sans doute la classe va fermer, que leur enfant est cas contact. On est plusieurs à remplir le registre santé et sécurité au travail pour alerter sur le fait que l’ordre donné hier de ne pas dire la vérité nous plonge dans l’angoisse ainsi que pour signaler qu’on a des masques pourris (c’est même l’ARS qui le dit) et que les infos sur des élèves malades que nous avons eu en classe ne nous sont parfois pas transmises ce qui nous empêche de mettre en place des mesures de protection dans notre vie personnelle.

    L’après-midi est passé à l’école à préparer des enveloppes pour les familles à mettre tout en place pour assurer la fameuse continuité pédagogique dont Blanquer se gargarise sur notre dos.

    18h00 La décision de l’ARS tombe : les classes ferment et les cas contacts doivent être testé.es dans les 7 jours. Ça en fait beaucoup des cas contacts en fait ! Les collègues appellent chaque famille en se sentant mal de ne le faire que si tard alors que depuis la veille on était quasi sûr.es que ça allait fermer.

    Jeudi 10 septembre

    Des collègues cas contact des élèves positif.ves ont été oublié.es ! Il y en a deux qui passent la matinée enfermé.es dans leur petite salle en attendant les consignes d’en haut et l’un.e est averti.e par nous qu’ille est en fait cas contact et qu’ille doit rester chez lui.

    On nous donne une lettre à distribuer aux élèves de l’école qui ne sont pas cas contact pour informer leurs familles. C’est une lettre de l’ARS, un peu compliquée si on ne maîtrise pas le français. Nous la traduisons en anglais car plusieurs familles de notre école maîtrisent cette langue. Mauvaise initiative nous dit on de là-haut : seule l’ARS peut traduire sa lettre, nous avons interdiction de donner la traduction faite par nous même aux parents allophones. Vu que des informations importantes sont données dans la lettre, je trouve ça bien embêtant mais bon comme je passe déjà pour quelqu’un.e super pénible et que ce n’est pas toujours confortable, pour cette fois je n’insiste pas plus que ça. J’ai honte de le dire mais je passe même dans des classes décoller dans des cahiers les mots en anglais que j’avais distribués.

    • C’est parti ! - Question de classe(s), 17/09/2020
      https://www.questionsdeclasses.org/?C-est-parti

      L’année scolaire avait superbement commencé. Je ne sais plus si je peux parler de « rentrée joyeuse », cette formule tôt capturée cette année par Blanquer...
      Mes élèves, vingt CM2 de cette école au Nord de Paris, étaient tout enthousiastes, mettaient du cœur à l’ouvrage, s’engouffraient dans l’installation de cette nouvelle classe coopérative et... tout à coup, patatras !

      Semaine 3.
      Lundi, 9h. La directrice fait irruption au beau milieu du « Quoi de Neuf ? », m’isole dans le couloir : la petite Iliana manque à l’appel car son père a reçu un résultat de test positif au COVID dans le week-end, sa mère est malade et toute la famille se fait tester.

      Sidération.
      Je suis dans le couloir, les élèves m’attendent, seuls, dans la salle de classe. « Pour le moment, on ne fait rien, on ne prévient personne, on attend. Mais, toi, si j’ai un conseil, pense à toi et protège-toi. » (paroles de directrice)
      Ce jour-là, je resterai à l’école, auprès des élèves et de nos projets encore si fragiles mais tellement plein d’espoirs et de vie, la journée entière, comme si de rien n’était pour les enfants.

      Cogitations.
      Si le résultat du papa est arrivé ce week-end, c’est qu’il a été passé la semaine dernière. Le virus a pu circuler dans la classe, tout au long de cette deuxième semaine. Et dans la cour ? Et dans la salle des maitre.sse.s ? Et quand nous sommes allés à la piscine mercredi avec les autres CM2 ? Et à la cantine où les élèves sont à touche-touche au libre service ? Et quand je corrige la pile complète des cahiers de la classe ? Le papier ne se désinfecte pas... Ce soir-là, par « chance », j’ai mon rendez-vous de contrôle. Écoutant mon récit de la situation, l’oncologue grimpe aux rideaux ; je ressors de là avec un arrêt de travail d’une semaine pour commencer, au cas où. Et pourtant, j’ai résisté à cette idée...

      Au cas où la mise en quatorzaine immédiate de la classe ne serait pas ordonnée.
      Au cas où je n’obtiendrais pas de suite une autorisation spéciale d’absence.
      Au cas où les résultats de mon test tardaient à arriver.
      RER, tempête sous mon crâne...
      Demain, je ne vais pas à l’école. Et pourtant j’ai des cahiers d’élèves avec moi ; à corriger. Demain, les collectes de notre sortie libre nous attendront sur le tableau. Demain, les élèves seront orphelins de mes promesses d’émancipation.
      Colère, désarroi, déception.
      En rentrant, au téléphone, je demande à la directrice de l’école de renvoyer au maximum mes élèves chez eux le lendemain matin. Il est 21 heures. J’insiste : ne faut-il pas prévenir les familles ? On va créer un cluster. Pour la première fois de ma vie d’instite, parfois malade, parfois maman, je croise les doigts pour qu’aucun.e remplaçant.e ne soit disponible pour la classe le lendemain. J’écris à l’IEN ; mon inquiétude. Je ne dors pas beaucoup. La nuit me taraude. Symptômes ? Pas symptômes ? Je ne sais plus, mon corps ne sait plus. En juillet, j’étais sur la liste des personnes vulnérables. Juste avant septembre, nous sommes très nombreux à en être sortis. C’est quoi les symptômes, déjà ? Un traitement me donne régulièrement des bouffées de chaleur...
      Et si là c’était la fièvre ? Je suis sujette aux angines, surtout quand le désarroi me gagne... Et si là c’était LE symptôme ?

      Mardi, 6h15. C’est l’heure. Je me lève quand même, même si je ne vais pas à l’école.
      Je trouve un mail réponse de l’IEN : en attendant le retour du test de l’élève, RAS ; des masques de type ffp2 sont disponibles dans son bureau, il faut venir les chercher munie d’un certificat médical ; elle me redonne la liste des personnes vulnérables, que je connais tristement par cœur...

      Allez travailler !
      Je m’en fiche, je ne vais pas à l’école ; moi, je vais me faire tester. Durant les trois heures passées à attendre devant la mairie pour me faire tester, j’agite tout : la cellule médicale du rectorat (poil dans la main), l’ARS (c’est la directrice qui doit prévenir et pas moi), la directrice (elle ne sait plus où donner de la tête). On finit par apprendre que le test de l’élève de ma classe est positif. La directrice met immédiatement en branle le protocole mais... on nous dit qu’on doit attendre la décision de l’ARS validée par le rectorat pour décider ou non de confiner la classe... plusieurs jours...
      Quant à moi, je finis par passer le test et déclarer que j’ai des symptômes pour tenter d’accélérer l’arrivée du résultat (délai prévu : sept jours !!).
      A côté, une petite fille d’une autre école du quartier pleure de douleur devant le test. Les élèves sont nombreux ce matin-là. Les enseignants de cette école sont venus aussi. Une longue file d’attente ne désemplit jamais. Trois cents à quatre cents personnes attendent, en permanence, à longueur de journée.

      #école #covid-19

  • (2) Covid-19 : la vraie stratégie de Macron - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/09/17/covid-19-la-vraie-strategie-de-macron_1799730

    Aucune de ces annonces n’a vocation à modifier réellement la stratégie choisie par le gouvernement, qui consiste à prioriser l’économie sur la santé publique. Le Conseil scientifique, mais aussi la cellule de crise du ministère de la Santé, et Olivier Véran, ont perdu cette fois-ci, et définitivement probablement, tous les arbitrages. Le gouvernement ne fait plus semblant de protéger les faibles, d’éviter les contaminations. Dans les ministères, des fonctionnaires nous expliquent qu’on les a forcés à revenir travailler en présentiel « pour donner l’exemple ». Les diverses injonctions aux jeunes répétées par le gouvernement et à longueur de tribunes, appelant « à siffler la fin de la récré » pointent la responsabilité d’une classe d’âge tout entière, alors même qu’on entasse comme chaque année des étudiants par centaines dans des amphis trop petits, mal ventilés, dans des conditions de travail aussi déplorables sur le plan éducatif que sur le plan sanitaire.

    (...)

    En mars déjà Emmanuel Macron avait été tenté de « chevaucher le tigre », de laisser passer le virus dans la société, d’où cette injonction à continuer à aller au théâtre, à se rendre aux urnes pour un premier tour incohérent et mortifère, quelques jours avant le confinement. Comme Boris Johnson avant lui, et avec les conséquences qu’a connues l’Angleterre, Emmanuel Macron a choisi la stratégie de l’immunité collective. Sans l’avouer.

    l’auteur prends quand même quelques précautions, et pose ça comme une hypothèse (ce choix de l’immunité coll). Mais je trouve que ça y ressemble pas mal...

  • A Décines, dans la banlieue de #Lyon, l’ombre des « #Loups_gris », des ultranationalistes turcs, sur les #Arméniens
    Par Christophe Ayad // REPORTAGE // Publié hier à 10h15, mis à jour hier à 11h09

    Dans cette ville de la métropole de Lyon, le groupuscule a semé la panique, le 24 juillet, au cours d’un rassemblement arménien. Son leader, Ahmet Cetin, originaire d’Oyonnax (Ain), devait comparaître, jeudi, devant le tribunal de Bourg-en-Bresse.

    Le 24 juillet, au cœur d’un été déjà chargé, la France a échappé, sans même s’en rendre compte, à un drame qui aurait pu déchirer encore un peu plus le tissu fragile d’une société effilochée. A Décines, dans la banlieue de Lyon, des manifestants ultranationalistes turcs ont semé la panique dans une manifestation pro-arménienne, provoquant une réelle inquiétude dans une communauté installée dans la commune depuis bientôt un siècle et n’ayant jamais subi ce genre d’agression.

    Décines, c’est une « petite #Arménie » entre Rhône et Saône. Sur 28 000 habitants, la commune compte aujourd’hui 5 000 Arméniens, dont un nombre important de nouveaux venus arrivés d’Arménie pour des raisons économiques et de Syrie ou d’Irak à cause des guerres. Au tout début des années 1920, la Lyonnaise de la soie artificielle est à la recherche de main-d’œuvre : un recruteur grec part à Thessalonique, où il embauche directement dans un camp de réfugiés des rescapés du génocide arménien. Dès 1932, la Maison de la culture arménienne ouvre ses portes, ainsi que, la même année, une église en face. Le long de la même rue, un monument en mémoire du génocide arménien de 1915 est inauguré en 1972, sur la place de la Libération. C’est le premier en Europe.

    La même rue, rebaptisée « rue du 24-Avril-1915 » – jour du déclenchement du #génocide –, accueille également le Centre national de la mémoire arménienne (CNMA). C’est au pied du mémorial et tout près du CNMA que se tenait le rassemblement du 24 juillet. « Nous avions appelé à une manifestation pacifique et statique de solidarité avec l’Arménie agressée militairement par l’Azerbaïdjan », précise Sarah Tanzilli, 35 ans, membre du Comité de défense de la cause arménienne (CDCA).

    « Tirs de mortiers »
    Dans la nuit du 12 au 13 juillet, en effet, des heurts militaires ont opposé Erevan et Bakou, en conflit depuis 1991 sur le sort du Haut-Karabakh, une enclave peuplée d’Arméniens en territoire azerbaïdjanais. Pour la première fois, les accrochages se matérialisent par une incursion azerbaïdjanaise en territoire arménien, et non pas dans la seule région contestée du Haut-Karabakh. « Etant donné notre histoire, nous ne pouvons qu’être inquiets lorsque la sécurité de l’Arménie est menacée », plaide Sarah Tanzilli. D’autant que la Turquie est un soutien indéfectible de l’Azerbaïdjan, turcophone, face à l’ennemi arménien.

    Quarante-huit heures avant la manifestation, un appel à une contre-manifestation est lancé sur les réseaux sociaux par Ahmet Cetin, une figure connue de la scène nationaliste turque de France, qui multiplie propos à l’emporte-pièce et déclarations d’allégeance au président turc, Recep Tayyip Erdogan. Le jeune homme est originaire d’Oyonnax (Ain), où la communauté turque, souvent originaire d’Isparta, est réputée pour ses idées nationalistes.

    Le jour dit, les manifestants turcs débarquent en ville vers 18 h 30. Ils sont entre 50 et 150, selon les différentes sources. Sur la place de la Libération, quelque 500 Arméniens commencent leur rassemblement à 19 heures. A peine Sarah Tanzilli prononce quelques mots au micro qu’éclatent des « tirs de mortiers » – en fait, des pétards agricoles dont la déflagration est en effet effrayante. Ils ne causent aucun dommage, mais les manifestants sont terrorisés, d’autant que, sur les réseaux sociaux, plusieurs sonnent l’alerte aux Loups gris. Ce groupuscule paramilitaire ultranationaliste (MHP) sévit depuis les années 1970, tantôt avec l’accord tacite, voire les encouragements, du pouvoir turc, tantôt à son insu, contre « les gauchistes », les Kurdes et tous ceux qui dénigrent la grandeur turque.

    Comme l’atteste une vidéo qu’Ahmet Cetin a mise en ligne, certains manifestants sont masqués, arborent l’insigne des Loups gris et font le signe de ralliement du mouvement avec leurs doigts en joignant le pouce, le majeur et l’annulaire, l’index et l’auriculaire dressés pour former le profil et les oreilles d’un loup. Sur cette même vidéo, ils scandent, en turc : « Nous sommes le commando turc ! »

    D’après plusieurs témoins, que Le Monde n’a pas pu rencontrer, ces manifestants étaient armés de couteaux et de barres de fer. Deux couteaux auraient été retrouvés dans la boîte aux lettres d’un médecin. Les manifestants auraient aussi emprunté l’avenue Jean-Jaurès en criant : « Ils sont où les Arméniens ? », avant de s’en prendre à la boutique du cordonnier Arm-Ian, aux origines évidentes, épargnant son voisin, le kebab, sans savoir qu’il est en fait kurde.

    « Pourquoi la police les a laissés arriver ? »
    Interrogé par Le Monde, le cordonnier raconte : « Ils ont commencé à jeter des pierres et des pétards sur mon magasin. Avec mes amis, je les ai menacés avec un marteau et des outils, et ils se sont enfuis. Puis la police a débarqué et a lancé du gaz lacrymogène. C’est eux qui avaient peur plus que nous. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi la police les a laissés arriver en ville. Elle sait très bien que Décines est arménien et qu’il allait y avoir des problèmes. »

    En effet, alors qu’une partie de la population se terre chez elle, de jeunes Arméniens sortent pour en découdre et la police doit s’employer à empêcher les deux groupes de s’affronter. Finalement, il n’y aura pas de confrontation directe, ni de blessé. Quatre Turcs arrêtés par la police font l’objet d’un rappel à la loi avant d’être libérés. L’affaire aurait pu en rester là, mais Ahmet Cetin continue de poster des messages inquiétants après la manifestation. Dans l’un d’entre eux, il déclare : « Que le gouvernement [turc] me donne 200 euros et une arme et je ferai ce qu’il y a à faire partout en France. » Il se plaint de la passivité des Turcs de Paris et de Strasbourg, pourtant plus nombreux mais « pas unis et pas soudés ». « A Lyon, nous, on gère », fanfaronne-t-il.

    A Décines, le choc est réel. Jamais la communauté arménienne n’avait été directement ciblée. Même en mars 2006, lorsque le comité Talaat Pacha, une autre officine d’extrême droite turque, avait organisé une grande marche dans le centre de Lyon, avec 3 000 militants venus de toute l’Europe, contre l’inauguration prochaine d’un monument à la mémoire du génocide arménien place Antonin-Poncet. La marche, émaillée de slogans négationnistes et encadrée par un service d’ordre très agressif, avait affronté des groupuscules étudiants d’extrême gauche qui défilaient à l’époque contre le CPE.

    Cagnotte de soutien
    Très rapidement, le CDCA prend un avocat, Me Charles Consigny, et dépose deux plaintes : l’une pour « appels à la haine » et l’autre pour « attroupement en vue de fomenter des violences ». Le parquet se saisit de la première et décide de l’instruire en comparution immédiate. Placé en garde à vue le 17 août, Ahmet Cetin est interrogé par la police puis relâché. Son procès pour « appels à la haine raciale » est fixé dans l’après-midi de jeudi 17 septembre, au tribunal de Bourg-en-Bresse, le plus proche de son domicile.

    Depuis son arrestation, M. Cetin a supprimé ses comptes sur les réseaux sociaux, mais des activistes arméniens ont archivé ses déclarations et vidéos – dont plusieurs nient la réalité du génocide arménien, ce qui, en France, n’est pas puni par la loi. Il a ouvert un nouveau compte Instagram, où sa communication est nettement plus contrôlée. Mercredi, il a appelé ses soutiens à ne pas se rendre au tribunal. En vue du procès, une cagnotte de soutien a recueilli 1 472 euros. Joint au téléphone, Ahmet Cetin, qui risque jusqu’à un an de prison, préfère ne pas s’exprimer avant le procès, tout comme son avocate, Me Marie Audineau.

    De son côté, Jules Boyadjian, président du CDCA et frère de Sarah Tanzilli, souhaite ne pas en rester là et entend obtenir du ministère de l’intérieur la dissolution des Loups gris en tant que « groupement de fait ». Au-delà de Décines et de la communauté arménienne, l’incident du 24 juillet révèle au grand jour l’émergence d’une jeunesse franco-turque radicale islamiste et nationaliste, très minoritaire au sein des 200 000 Turcs de France mais très organisée et active : une jeunesse intolérante, négationniste, antisémite, antikurde et homophobe. « Cette jeunesse, qui a pu se sentir exclue par la société française, ne sort pas de nulle part, explique Pinar Selek, sociologue franco-turque, qui se présente comme « féministe et antimilitariste ». Elle est le fruit d’années de travail et de maillage associatifs. Elle a grandi dans un univers clos fait de cours de langue, de religion, de propagande télévisée et numérique. Ces jeunes ont un grand mépris pour leurs sociétés d’accueil et les valeurs européennes. Erdogan, en réussissant à marier le nationalisme jeune turc et l’islam ottoman, leur a fourni un contre-modèle fort. » Ce phénomène est présent dans toute l’Europe et la France n’y échappe pas. Mais l’alliance, depuis 2017, entre l’islamiste Erdogan et les ultranationalistes du MHP lui donne un tour franchement inquiétant. D’ailleurs, les actes antikurdes se multiplient ces dernières années dans toute l’Europe, y compris la France.

    Culture en vase clos
    L’un des principaux vecteurs de cette culture en vase clos, qui évoque fortement le « séparatisme » contre lequel le gouvernement Castex veut légiférer, est le Ditib, acronyme d’Union turco-islamique des affaires religieuses. Cette administration de l’Etat turc gère les lieux de culte à l’étranger – en Turquie, c’est le Diyanet – avec l’aide d’associations locales inféodées. « Sous Erdogan, le budget du Ditib a explosé, souligne la chercheuse Elise Massicard, politiste au CERI-Sciences Po et spécialiste de la Turquie. Les islamistes turcs ont toujours choyé la diaspora. Depuis qu’ils sont au pouvoir, c’est encore plus le cas. » M. Erdogan a multiplié les meetings en Europe, faisant des Turcs à l’étranger les « ambassadeurs » de leur pays et de sa vision du monde, très belliqueuse depuis cinq ans.

    A Lyon, les opérations de vote aux dernières législatives turques de 2018 ont eu lieu au Ditib et non pas au consulat : 30 000 Turcs ont ainsi défilé en deux semaines dans la zone industrielle… de Décines. « C’est quand même un choix bizarre d’implanter leur mosquée ici alors que les places fortes de l’immigration turque sont Meyzieu et Vaulx-en-Velin », souligne Dany-Claude Zartarian, une élue locale d’origine arménienne. Coincé entre une déchetterie et une banque alimentaire, le Ditib est un gigantesque ensemble de salles de cours, salles de prière, bureaux et entrepôts.

    Comme par hasard, c’est là que s’étaient donné rendez-vous les manifestants turcs le 24 juillet. Interrogés par Le Monde, les responsables du Ditib ne souhaitent faire aucun commentaire en l’absence de leur directeur, « en voyage ». Un employé local, qui ne souhaite pas donner son nom, assure avoir découvert ce rassemblement avec stupéfaction : « Je ne connaissais pas ces têtes. Je leur ai dit que c’était interdit de stationner ici. Je les ai mis dehors et j’ai fermé le portail », explique-t-il. La mise au jour d’une collusion entre cette nouvelle génération de Loups gris en France et l’Etat turc ferait très mauvais genre. Et alimenterait les tensions, déjà très fortes, entre Paris et Ankara, à couteaux tirés sur le dossier libyen et en Méditerranée orientale.

    Christophe Ayad
    Décines-Charpieu (Rhône), envoyé spécial

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/09/17/l-ombre-des-loups-gris-sur-les-armeniens-de-decines_6052553_3224.html

    #Turquie #ultra_nationalisme #nationalisme

  • Grèce-Turquie : différends frontaliers en mer Égée
    https://visionscarto.net/mer-egee-differends-frontaliers

    Titre : Grèce-Turquie : différends frontaliers en mer Égée. Mots-clés : #Grèce #Turquie #frontières #espace_Schengen #mer_Égée Sources : Andrew Wilson, « The Aegean Question », Adelphi Papers, n° 155, Londres, 1979 ; Jean Touscoz, Atlas Géostratégique, Larousse, Paris, 1988. Apparition(s) : Atlas du Monde diplomatique 2003. Auteur : Philippe Rekacewicz Date de création : 2002 Grèce-Turquie : différends frontaliers en mer Égée. Ph. R., (...) #Collection_cartographique