Erreur 404

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  • La production cinématographique aurait évité une hécatombe en 2020
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/30/la-production-cinematographique-a-evite-une-hecatombe-en-2020-selon-le-cnc_6

    [Résumé de Libé] Parue ce mardi 30, l’étude statistique annuelle du Centre national du #cinéma (#CNC) sur la production tire l’âpre bilan de la crise : chute de 20% de films français agréés en 2020, plongeon de 30% des investissements (l’apport financier de Canal+, principal argentier de la filière, atteint son plus faible niveau depuis 1994 avec 34 films co-financés en moins). S’agissant des coproductions internationales, en recul de 24%, la dégringolade des financements étrangers se chiffre à 54%. Victimes de l’incertitude économique, les productions à gros budget sont particulièrement touchées – les devis à plus de 5 millions d’euros n’ont pas été aussi rares depuis 2000. Au regard du carnage redouté, le CNC note toutefois que les mesures d’aide publique (notamment la majoration des soutiens aux producteurs) ont permis de sauver les meubles.

    • De #Netflix au net flop
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/de-netlflix-au-net-flop-20210330_M3YVHZ7G4FBAHNVNAEKX22NXQ4

      Tout ça pour ça. On attendait un scoop, on a eu un mug. On guettait l’annonce de « temps forts » depuis des jours prédits, dramatisés à coup de mailings, de promesses de secret gardé, d’infos de première main enfin divulguées au matin avec lien strictement personnel d’accès en ligne et code d’agent secret, on scrutait les nouvelles de Netflix et son line-up du feu de Dieu au milieu d’un cinéma mondial en panne, on se réjouissait d’avance des souris vandales dansant seules en selle avec de nouveaux « contenus » sur leur plateforme de bon gros gruyère – on vint, on vit, en vain.

      Au lieu d’un projet d’envergure, d’une intuition en tête chercheuse et commerciale, et qui sait même, d’une perspective esthétique, on a eu un grand carton enrubanné et vide, n’était une épaisse garniture de tortillons noirs. Agenda déjà connu (les annonces des prochains films US d’Adam McKay et de Zack Snyder, ou ledit « come-back » en France d’Alexandre Aja avec un film claustrophobe intitulé Oxygène), une carte de visite chiadée tendue sous nos yeux mais d’identité réelle aucune trace, nulle part. Et pour seul vrai bonus, un joli lapsus : en saluant le début de collaboration fructueuse entre le siège hexagonal de la plateforme américaine et la Cinémathèque Française, il fut question de la restauration de ce « chef-d’œuvre du cinéma français, le Abel Gance de Napoléon ». Netflix, morne plaine.

      On espérait un renouvellement, on a eu Dany Boon. On se prenait à croire à une ligne de production sachant évoluer par vases communiquants entre cartons garantis et audaces subséquentes, on a eu Lupin la suite, Van Damme l’éternel retour, Fanny Herrero (madame la vraie créatrice de ce qui se fit de mieux au cours des premières saisons de la série Dix pour cent) pour une série non datée, en plongée dans le stand-up à la française et qui promet de s’intituler Drôle, un remake d’un film coréen (Hard Day) pour un premier film (audace) d’un vieux venu (adieu l’audace), Régis Blondeau, chef op de films aussi réputés que Les Profs 1 puis 2, ou Gaston Lagaffe… et puis rien, désert, paroles vagues, promesses de préfinancements, projections fantômes de copro pour des films sans salles « quoi qu’il en coûte ». Projets ectoplasmes sans existence avant 2022 voire 2023 et formules marketing – mots-clés accumulés : fédérer un public le plus large possible sans se priver d’une grande variété de contenu qui n’oublierait pas la diversité des thématiques fortes telles que LGBTQ+, richesse du cinéma de genre (thriller, action, etc) à la mode nationale. On attendait, allez, un petit parfum de Ciby 2000 en complément du béton, de l’esprit Canal grande époque au lieu de la culture TF1, des signatures d’auteurs pour le prestige, à tout le moins, comme on eu Lynch, Campion, Altman, Almodovar, dans les nineties, et récemment chez sa grande sœur ricaine Fincher, Baumbach, Cuarón ou Scorsese, mais Netflix France, et ses effets d’annonce proche du rien, a fait flop ce matin.

      Non content de n’annoncer que des béton-busters et des têtes d’affiches zéro risque archi-matelassées, Netflix confirme vouloir faire valoir son droit à l’accès aux aides de l’État, au CNC, aux fonds de soutiens et avances producteurs sur recette que le système « vertueux » est censé dédié aux plus fragiles – avec puissance dix de fragilité en nos temps de covid – , aux indépendants, aux audacieux et aux seuls films appelés, un jour ou l’autre, à connaître une vraie sortie, attestée, effective, réelle, en salle. Pas en orbite directe sur la plateforme de nos nuits noires. La trinité Netflix-Dany Boon-CNC serait-elle la panacée avérée, de qui resterait-il à se moquer ? Le torchon brûle, doucettement, à bas bruit mais inexorablement, dans le cinéma devenu Pompéi consumé de ses propres braises. En attendant, la seule vraie et authentique beauté arrive sans crier gare sur Netflix (qui l’a récupéré faute de réouverture donc de sortie en salle), sans effet d’annonce mais sous embargo total d’ici vendredi : Madame Claude de Sylvie Verheyde.

  • Le gouvernement britannique refuse de venir en aide à GFG Alliance
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/29/le-gouvernement-britannique-refuse-de-venir-en-aide-a-gfg-alliance_6074830_3

    L’empire sidérurgique construit en tout juste sept ans par Sanjeev Gupta vacille dangereusement. Vendredi 26 mars, le gouvernement britannique a refusé la demande de sauvetage financier lancée par l’homme d’affaires indo-britannique, selon plusieurs médias britanniques. Celui-ci avait réclamé 170 millions de livres (200 millions d’euros) pour permettre à son entreprise, GFG Alliance, de rester à flot.

    Le groupe, en grave difficulté depuis la faillite de Greensill, son principal financeur, emploie 2 000 personnes en France et possède des usines stratégiques, dont celle d’Hayange (Moselle), qui fabrique les rails de la SNCF, ou Aluminium Dunkerque, la plus grande fonderie d’Europe.

    Le refus du gouvernement britannique est sec et sans appel, dans une lettre de quelques paragraphes seulement. Explication : GFG Alliance est trop « opaque », selon une source citée par l’agence de presse Bloomberg. De fait, le groupe est constitué d’un réseau de sociétés enregistrées dans le monde entier, sans comptes consolidés. Difficile d’y voir clair. Le groupe se contente d’affirmer qu’il emploie 35 000 personnes dans 30 pays et a un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros).

  • Marché du travail : « La catégorie des seniors “ni en retraite ni en emploi” va augmenter »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/21/marche-du-travail-la-categorie-des-seniors-ni-en-retraite-ni-en-emploi-va-au


    (illustration Le Monde, non visible sur le site - ?- mais embarquée avec l’article...)

    La sociologue Anne-Marie Guillemard alerte sur la formation d’une nouvelle poche de pauvreté générée par la logique de mise en préretraite.

    Entretien. Sociologue, professeure émérite à l’université de Paris Descartes-Sorbonne, Anne-Marie Guillemard est notamment l’auteure d’ Allongement de la vie. Quels défis ? Quelles politiques ? (La Découverte, 2017).

    Que pensez-vous de la tendance des entreprises à favoriser la sortie de l’entreprise des seniors dans les plans de départs ?

    Dans un contexte de longévité, les préretraites sont une absurdité. C’est une catastrophe par rapport à l’équité entre les générations. Il y a maintenant trois générations en emploi et on en a besoin. La durée moyenne de la retraite atteint aujourd’hui vingt-huit ans. La coopération intergénérationnelle est un élément important pour la compétitivité et l’innovation qui vient du croisement de l’expérience et du travail nouveau. Le jeune ouvrier sait lire le plan, son binôme senior anticipe toutes les pannes qu’il connaît.

    Mais les entreprises sont confrontées à un problème de réduction de la masse salariale à moindre coût social…

    En France, nous sommes restés dans la culture de la sortie précoce. Dès qu’il y a un problème, on reprend la vieille recette, alors qu’il faut sortir de la segmentation par l’âge pour résoudre le problème de l’emploi. La demande de travail des seniors est restée une boîte noire [alors quelle a effectivement augmenté faute de pré-retraites payés, ou de durée de droit à allocation chômage suffisante, ndc] . Ce n’est pas à 50 ans qu’on se préoccupe de la deuxième partie de sa carrière. L’entretien du #capital_humain se fait sur tout le parcours.
    Aujourd’hui, c’est indispensable car l’allongement de la vie augmente la population active. Il y a certes une remontée du taux d’emploi des seniors avant 60 ans. Mais la France est, derrière le Luxembourg, le pays de l’OCDE où on quitte le marché du travail le plus tôt, à 60,8 ans en moyenne, alors même que l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé. Les #ruptures_conventionnelles représentent 25 % des fins de CDI des seniors contre 16 % pour les jeunes.
    La priorité donnée aux seniors dans les plans de départs va augmenter la population des « ni-ni seniors » − « ni en retraite ni en emploi » −, une catégorie mise « en attente » de pouvoir liquider sa retraite.

    A-t-on une idée du nombre de « ni-ni seniors » aujourd’hui ?

    A 60 ans, dans la période 2015-2017, 29 % des personnes n’étaient ni en emploi ni en retraite : 7 % au chômage, 12 % inactives depuis l’âge de 50 ans et 10 % inactives dès avant 50 ans. Dans toutes ces catégories, on trouve de nombreux bénéficiaires des minimums sociaux. On est en train de créer une nouvelle poche de #pauvreté : 42 % de ceux qui liquident leur retraite sont déjà sortis du marché du travail , une partie sont auto-entrepreneurs. Soit ils coûtent aux pouvoirs publics [si peu..., ndc] , soit ils dépendent de la solidarité familiale. Dans les deux cas, ce n’est pas satisfaisant, car ils pourraient être au travail. Pour en sortir, des politiques publiques peuvent jouer leur rôle, avec une politique active pour construire les parcours professionnels et rendre le travail soutenable plus longtemps. Aujourd’hui, la fin de carrière n’est plus du tout attractive. Les seniors ont l’impression d’être sur un siège éjectable, et les entreprises veulent se délester d’effectifs. Il y a une convergence d’intérêt.

    Aucun recul historique, or les mécanismes de préretraite avec revenu mensuel garanti ont surtout été employés pour restructurer diverses, industries dès les années 70, ce qui pouvait poser les problèmes de qualités de la main d’oeuvre employées relevées par la sociologue émérite (déperdition de compétences, disent-ils aujourd’hui). On est passé à un autre régime avec préretraite à indemnité unique (prime) et chômage et minima.

    #travail #vieux #seniors

  • Les PDG de Facebook, Google et Twitter en accusation devant le Congrès américain pour leur rôle dans la désinformation
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/26/zuckerberg-pichai-dorsey-les-pdg-des-reseaux-sociaux-en-accusation-au-congre

    Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG ont répondu, jeudi, aux questions des élus américains. Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG de Facebook, Google et Twitter ont répondu, jeudi 25 mars, aux questions des élus du Congrès des Etats-Unis – cette fois, il s’agissait de la commission de la Chambre des représentants sur l’énergie et le commerce. Un exercice convenu, (...)

    #Alphabet #Google #Facebook #Twitter #YouTube #algorithme #manipulation #censure #domination #élections #modération (...)

    ##addiction

  • Cartel du sandwich : Daunat sanctionné pour « entente » avec deux autres fabricants
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/24/cartel-du-sandwich-daunat-sanctionne-pour-entente-avec-deux-autres-fabricant

    « Les enseignes de grandes surfaces alimentaires (Carrefour, Casino, Leclerc, Lidl, Système U…), de même que les stations-service, recourent généralement à des procédures d’appels d’offres pour s’approvisionner en sandwichs industriels vendus sous marque de distributeur. C’est pour répondre à ces appels d’offres que [Roland Monterrat, La Toque angevine et Daunat] avaient mis en place un système de concertation occulte leur permettant de fausser la concurrence », précise l’Autorité de la concurrence.

    « En pratique, chacun envoyait ses projets de prix par mail à ses concurrents avant de répondre aux appels d’offres de la grande distribution et, dans une moindre mesure, des stations-service. Les entreprises s’appelaient ensuite pour en discuter et, le cas échéant, réajuster leurs offres avant de répondre aux enseignes », poursuit le communiqué. Ce pacte de « non-agression » a eu court entre septembre 2010 et septembre 2016.

  • Un porte-conteneurs s’échoue et bloque le canal de Suez - Nice-Matin
    https://www.nicematin.com/faits-divers/un-porte-conteneurs-sechoue-et-bloque-le-canal-de-suez-661220

    Un porte-conteneurs géant s’est échoué dans le canal de Suez après avoir été déporté par une rafale de vent, a annoncé mercredi la compagnie maritime qui l’opère, et le trafic maritime s’est arrêté sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde.

    • analyse de la situation de l’Ever Given

      https://threadreaderapp.com/thread/1374470486801838086.html

      Je reprends ici mes différentes réponses à ce tweet :
      #1 - Causes :
      J’ai pas d’info, mais d’expérience, une erreur humaine est très peu probable (rien ne l’indique ici). L’environnement ne peut pas créer ça tout seul. Il ne reste qu’un problème mécanique.
      Ça impliquerait que le contrôle de la manœuvre du navire soit perdue : soit avarie de barre, soit perte totale de la propulsion, soit un moteur (principal ou prop d’étrave) qui s’emballe de façon incontrôlée - rare).
      #2 - Dégâts au navire
      Ces bateaux sont costauds, et le bulbe (à l’avant) peut être écrasé sans couler le bateau. Les berges du canal ne sont pas rocheuses, d’ailleurs. Donc la coque va sûrement « pas trop mal » dans le sens où le bateau n’est pas coulé sur place.

      Par contre il est bien monté sur la berge (cf l’assiette, visible à la ligne de flottaison). Donc il est possible que certains apparaux de coque à l’avant soient touchés (prises d’eaux, etc). Si la réfrigération est bouchée par exemple, c’est vite la galère pour les moteurs.
      Plus grave : à la poupe, si les hélices ou le gouvernail se sont trop rapprochés de la berge ou du fond, ça pue. Notamment si on voile une ligne d’arbre ou une mèche. Ça peut signifier un passage au bassin rapidement après déchargement.
      #3 - situation des autres navires
      Le canal est fait pour gérer des zones d’attentes aux deux extrémités et le long de ses berges internes. Les bateaux vont donc accoster ou mouiller (et l’autorité du canal va donc facturer un max). Rien de bien inquiétant techniquement.
      #4 - évolution probables
      Il faut éviter à tout pris le déchargement sur place. D’abord parce que l’idée d’alléger le bateau pourrait le faire chavirer, et que ce n’est pas nécessaire. Ensuite parce qu’il n’y a pas d’infrastructures pour le faire.
      Il faudrait commencer par couler du béton armé sur les berges, puis faire venir d’immenses grues, et 10000 camions pour décharger. Ou tout faire par l’eau. Rien de simple.
      Le mieux est donc de contrôler l’étanchéité de la coque (par plongeurs et/ou de l’intérieur), de dégager le bulbe (coucou le ptit tractopelle), puis de procéder au déséchouage.

      Ce qui sera sûrement choisi, c’est une manœuvre ou l’on remorquera par le cul du navire, en tirant dessus avec un gros remorqueur, pendant que deux remorqueurs (minimum) seront en pousseurs sur l’avant de chaque bord, et un dernier en remorque inverse côté cul, pour freiner.

      Une fois déséchoué, j’imagine que le navire sera remorqué (avec ou sans aide de sa propre propulsion) vers l’extrémité du canal (Port Saïd).
      Là, des réparations et vérifications seront entreprises. Si besoin, des containers seront déchargés (si besoin d’une immobilisation longue)

      C’est sûrement le moment où la Suez Canal Authority procèdera à une très généreuse facturation (déjà qu’en temps normal, ça douille …). Le Canal est l’une des principales ressources du pays (surtout en ces temps de disette touristique).

      #5 - Plus grave ?
      Oui, toujours possible, même si rien ne l’indique encore. C’est déjà assez grave (et rare), mais ne sera pas un phénomène majeur pour le commerce mondial.
      Si le canal devait être bloqué plus d’une semaine par exemple, chacun d’entre nous devrait ressentir rapidement notre dépendance au canal (pétrole du Golfe et produits chinois en tout genre : tout passe par là !).
      Voilà. N’hésitez pas si vous avez d’autres questions !
      Ah et si vous voulez de l’accident plus grave, et plus débile (= impardonnable erreur humaine selon moi), n’hésitez pas à retrouver mon thread sur le Helge Ingstad ici :

    • À noter, en milieu d’après-midi, Le Monde (et d’autres médias) présentaient l’affaire comme étant en voie de règlement. On en trouve la trace dans la formulation initiale de l’adresse de l’article… (Le canal de Suez bloqué [plusieurs heures] à cause d’un cargo échoué en travers)
      et dans la formulation hybride du chapeau (_s’était retrouvé
      , plus que parfait)

      Le canal de Suez bloqué à cause d’un cargo échoué en travers
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/24/le-canal-de-suez-bloque-plusieurs-heures-a-cause-d-un-cargo-echoue-en-traver

      Le porte-conteneurs «  Ever Given  » s’était retrouvé en travers du canal reliant la mer Rouge à la Méditerranée, bloquant toute circulation. Le retour à la normale n’était pas acquis en milieu de journée.

      L’article expliquait que le navire avait été amarré parallèlement à la berge.

    • Suez Canal Block: How to Dislodge a 200,000 Ton Ship From a Canal Wall - Bloomberg
      https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-03-24/how-to-dislodge-a-200-000-ton-ship-from-a-canal-wall

      When you can’t shift a ship that’s stuck fast into the wall of a canal that’s vital to world trade, there’s only one thing to do: call the salvage guys.

      The Ever Given container ship — a 200,000-ton behemoth — has been blocking what is arguably the world’s most important waterway, the Suez Canal, since Tuesday morning.

      The struggle to dislodge it is now turning the world’s attention to the work of SMIT Salvage, a legendary Dutch firm whose employees parachute themselves from one ship wreckage to the next, saving vessels often during violent storms. The company is synonymous with some of the most daring naval salvages, including lifting a sunken Russian nuclear submarine in 2001, and removing fuel from inside the Costa Concordia cruise ship after it ran aground in Italy in 2012.

      SMIT, a unit of Royal Boskalis Westminster NV, is one of the companies appointed by Ever Given’s owner to help move the vessel. The first job will be to work out exactly how entrenched in the wall the ship is, said Boskalis spokesman Martijn Schuttevaer.


      A digger clears the area around the bow of the stuck Ever Given container vessel in the Suez Canal on March 25.
      Source: Suez Canal Authority

      It will be critical to inspect the vessel and how deeply it is lodged in the embankment,” Schuttevaer said. “The question is how solidly she has been grounded.

      The answer to that question will dictate what comes next. The salvors could have to find a way to lighten the vessel’s enormous weight so that it can be pulled to a less obstructive position. At the moment, it’s blocking the path of more than 100 vessels.

      The canal handles something like 10% of seaborne trade, spanning everything from finished goods to oil, gas, and dry-bulk commodities. And those cargoes aren’t flowing while the Ever Given is stuck.

      The process of making the ship lighter means removing things like the ballast water, which helps keep ships steady when they’re at sea. Fuel will probably have to be unloaded too, Schuttavaer said.


      The stuck Ever Given container ship in the Suez Canal on March 25.
      Source: Suez Canal Authority

      In a worst-case scenario, it could be that some of the carrier’s containers — usually filled with everything from furniture to televisions — may have to be taken off. How long that process lasts would depend on how much equipment is around to do the heavy lifting. It can often involve flying in helicopters to remove the crates one by one.

      SMIT was due to fly an 8-person team in at dawn Thursday local time to board and inspect the vessel and the grounding. A big part of the initial underwater assessment is how much the banks slope at that point in the canal. Japan’s Nippon Salvage Co. has also been hired to assist in the re-floating, according to a person familiar with the matter.

      Such teams are usually led by a salvage master, often a former captain or someone with knowledge of the industry, but can also include divers, welders and crane operators, according to Joseph Farrell III, director of business development at Resolve Marine, another company that offers salvage services. He declined to comment specifically on the Ever Given.

      Stern Test
      Pictures now seen across the globe of the vessel spread fully across the canal, point to the first major hurdle. It ran aground both at the front and at the back, almost perpendicular to the canal walls. That’s leaving very little room to simply tow it away from either end, SMIT says.

      For now, the focus is on dredging around the vessel. The canal authority has dispatched two of its dredgers, the Mashor and the 10th of Ramadan, to remove sand from underwater before rescuers attempt to pull it. From the shore, excavators are also working around the vessel. Western shipping experts who analysed photos of the Ever Given calculated that her protruding bulb was as much as 5 meters buried into the canal wall.


      The container vessel MV Ever Given blocks the Suez Canal on March 24.
      Source: Planet Labs Inc. via AP Photo

      Not everything in the grounding has been bad news. One thing that’s likely to make the process easier is that the ship has gotten itself stuck in sand, rather than rock. More malleable material around the Ever Given should make for a slightly smoother escape.

      There are already tug boats around the ship working to help with its removal, but with such a giant vessel, bigger ones with more horsepower are usually needed. Crews are hoping that periods of higher tide over the next few days will be conducive to helping free the Ever Given.

      Until then, the world’s commodity and maritime markets — and the world trade they serve — will be left hanging, waiting on the professionals to help shift a 200,000-ton ship.

      There’s only a few companies in the world that do what we do,” said Farrell. “It’s a challenge, the container ships are always the biggest jobs.

    • Suez Canal could be blocked for weeks by ’beached whale’ ship | Reuters
      https://www.reuters.com/article/egypt-suezcanal-ship-int-idUSKBN2BH0BP

      A huge container ship blocking the Suez Canal like a “beached whale” may take weeks to free, the salvage company said, as officials stopped all ships entering the channel on Thursday in a new setback for global trade.

      The 400 metre Ever Given, almost as long as the Empire State Building is high, is blocking transit in both directions through one of the world’s busiest shipping channels for oil and refined fuels, grain and other trade linking Asia and Europe.

      Late on Thursday, dredgers were still working to remove thousands of tonnes of sand from around the ship’s bow.

      The Suez Canal Authority (SCA) said earlier that nine tugs were working to move the vessel, which got stuck diagonally across the single-lane southern stretch of the canal on Tuesday morning amid high winds and a dust storm.

      We can’t exclude it might take weeks, depending on the situation,” Peter Berdowski, CEO of Dutch company Boskalis, one of two rescue teams trying to free the ship, told the Dutch television programme “Nieuwsuur”.

      A total of 206 large container ships, tankers carrying oil and gas, and bulk vessels hauling grain have backed up at either end of the canal, according to tracking data, creating one of the worst shipping jams seen for years.

      The blockage comes on top of the disruption to world trade already caused in the past year by COVID-19, with trade volumes hit by high rates of ship cancellations, shortages of containers and slower handling speeds at ports.

      The world’s number one line A.P. Moller Maersk said it was considering diverting vessels around Africa’s Cape of Good Hope, adding five to six days to the journey between Asia and Europe. It said time-sensitive cargo could be sent on trains and airplanes, although no decisions had yet been made.

      “ENORMOUS WEIGHT”
      The SCA, which had allowed some vessels to enter the canal in the hope the blockage could be cleared, said it had temporarily suspended all traffic on Thursday. Maersk said in a customer advisory it had seven vessels affected.

      Berdowski said the ship’s bow and stern had been lifted up against either side of the canal.

      Explainer: How a giant container ship is blocking the Suez Canal
      It is like an enormous beached whale. It’s an enormous weight on the sand. We might have to work with a combination of reducing the weight by removing containers, oil and water from the ship, tug boats and dredging of sand.

      Dredging work to remove 15,000-20,000 cubic metres of sand surrounding the bow continued after dark on Thursday, in coordination with the team from Boskalis subsidiary Smit Salvage, the SCA said.

      The dredging work, which began on Wednesday evening and has involved two dredgers, aims to return the ship to a draft of 12-16 metres at which it could be refloated, the authority said.

      (Graphic: Suez blockade - )

      Japanese shipowner Shoei Kisen apologised for the incident and said work on freeing the ship, which was heading to Europe from China, “has been extremely difficult” and it was not clear when the vessel would float again.

      Another official with knowledge of the operation said that was likely to take days. “If you end up in the scenario that you have to remove cargo then you are looking at a time consuming exercise,” he said, declining to be named.

      A higher tide due on Sunday may help the rescue efforts.

      However, the Egyptian meteorological authority is also warning of a “disruption of marine navigation” due to an expected sea storm on Saturday and Sunday, with winds forecast to reach up to 80 kph (50 mph) and waves up to 6 metres high along the Red Sea and the Gulf of Suez.

      Roughly 30% of the world’s shipping container volume transits through the 193 km (120 mile) Suez Canal daily, and about 12% of total global trade of all goods.

      Slideshow ( 5 images )

      Every port in Western Europe is going to feel this,” Leon Willems, a spokesman for Rotterdam Port, Europe’s largest, said. “We hope for both companies and consumers that it will be resolved soon.

      CONTAINER CRUNCH
      Consultancy Wood Mackenzie said the biggest impact was on container shipping, but there were also a total of 16 laden crude and product oil tankers due to sail through the canal and now delayed.

      The tankers were carrying 870,000 tonnes of crude and 670,000 tonnes of clean oil products such as gasoline, naphtha and diesel, it said.

      Russia and Saudi Arabia are the top two exporters of oil through the canal, while India and China are the main importers, oil analytics firm Vortexa said. Consultancy Kpler said the canal accounted for only 4.4% of total oil flows but a prolonged disruption would complicate flows of Russian and Caspian oil to Asia and oil from the Middle East into Europe.

      The impact on oil prices has been limited so far as the destination of most oil tankers is Europe, where demand is currently weaker due to a new round of lockdowns. [O/R]

      The deputy managing director of Germany’s BDI industry association, Holger Loesch, expressed concern, saying earlier shipping holdups were already affecting output, especially in industries depending on raw materials or construction supplies.

      About 16% of Germany’s chemicals imports arrive by ship via the Suez canal and the chief economist for the association of German chemicals and pharmaceuticals producers VCI, Henrik Meincke, said they would be affected with every day of blockage.

      The owner and insurers face claims totalling millions of dollars even if the ship is refloated quickly, industry sources said on Wednesday. Shoei Kisen said the hull insurer of the group is MS&AD Insurance Group while the liability insurer is UK P&I Club.

    • Canal de Suez : le navire débloqué ce samedi soir ? - Monde - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/monde/canal-de-suez-le-navire-debloque-ce-samedi-soir-27-03-2021-12726032.php


      Le porte-conteneurs est bloqué depuis mardi dans le canal de Suez.
      Photo EPA

      Le navire qui empêche la navigation sur le canal de Suez depuis mardi pourrait être débloqué ce samedi soir, a déclaré son propriétaire.

      Yukito Higaki, le propriétaire du porte-conteneurs qui obstrue depuis mardi le canal de Suez, a dit avoir bon espoir que le navire soit débloqué dès ce samedi soir, alors que des jours voire des semaines étaient précédemment évoqués. « Nous sommes en train d’éliminer les sédiments, avec des outils de dragage supplémentaires », a déclaré vendredi Higaki, le président de la compagnie japonaise Shoei Kisen. Il a dit espérer un déblocage du Ever Given pour « demain (samedi) soir », c’est-à-dire dans la nuit de samedi à dimanche au Japon. « Le navire ne prend pas l’eau. Il n’y a aucun problème avec ses gouvernails et ses hélices. Une fois qu’il aura été renfloué, il devrait pouvoir fonctionner », a ajouté le dirigeant.

      10 % du commerce maritime international
      La société mandatée pour le « sauvetage » de l’Ever Given s’était auparavant montrée plus prudente, évoquant « des jours voire des semaines » pour assurer le déblocage du navire et la reprise du trafic sur le canal qui voit passer 10 % du commerce maritime international, selon des experts.

      Depuis mercredi, l’Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager ce navire de plus de 220 000 tonnes et d’une longueur équivalente à quatre terrains de football, coincé dans le sud du canal, à quelques kilomètres de la ville de Suez. Une opération menée vendredi par la SCA avec l’aide de remorqueurs « n’a pas réussi », a indiqué la Bernhard Schulte Shipmanagement (BSM), compagnie basée à Singapour qui assure la gestion technique du navire. « Deux remorqueurs (égyptiens) supplémentaires de 220 à 240 tonnes » doivent arriver d’ici dimanche pour une nouvelle tentative, selon cette société.

    • Mega-ship in Suez Canal moved ’80%’ in right direction
      https://news.yahoo.com/ever-given-ship-suez-canal-051538431.html

      The Ever Given was turned away from the bank of Suez Canal on Monday, raising hopes it could be soon be refloated

      la poupe a pu être dégagée, semble-t-il.
      il va falloir hâler fort en arrière pour dégager la proue (et le bulbe, bien planté…)

    • MV Ever Given Partially Refloated in Suez; Ship Still Blocking Canal – gCaptain
      https://gcaptain.com/mv-ever-given-partially-refloated-in-suez-ship-still-blocking-canal


      Screen shot shows the position of the MV Ever Given following reports that the ship had been refloated. Taken Mar 23, 04:17 UTC.
      Credit: VesselFinder.com

      The giant container ship blocking the Suez Canal has been at least partially refloated, the first step toward getting one of the world’s most important trade arteries moving again.

      The Ever Given was successfully refloated at about 4:30 a.m. local time in Egypt and the vessel is currently being secured, maritime services provider Inchcape Shipping Services said in an email. It followed a new attempt to dislodge the ship involving 10 tug boats, according to the Suez Canal Authority.

      There was no immediate clarity on the crucial question of when traffic in the canal will restart. The ship has a damaged hull and it’s not clear how soon it will be able to clear the way for other vessels to pass.

  • La colère des galeries d’art parisiennes, fermées dans le cadre des mesures sanitaires contre le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/22/la-colere-des-galeries-d-art-parisiennes-fermees-dans-le-cadre-des-mesures-s

    Pour le marchand Franck Prazan, spécialiste de l’école de Paris, pas de doute, « les maisons de ventes sont ouvertes parce que leur ministre de référence est celui de la justice ». Sur le réseau social Instagram, son confrère Emmanuel Perrotin a rebondi dans le même sens, avec une « story » illustrant le poids du lobby des maisons de ventes, qui a obtenu gain de cause auprès de la chancellerie, et le désarroi des galeries d’art contemporain abandonnées par le ministère de la culture.

  • Chez Amazon, un combat syndical qui peut changer les Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/22/amazon-dans-l-alabama-le-combat-syndical-qui-peut-faire-basculer-l-amerique_

    Près de 5 600 salariés d’un immense entrepôt situé dans l’Alabama doivent décider s’ils veulent créer un syndicat au sein de la multinationale, qui n’en a jamais toléré le moindre aux Etats-Unis.

    Lorsque, à la fin de l’été 2020, l’employé d’Amazon Darryl Richardson s’est rendu dans une chambre d’hôtel de Bessemer, la ville la plus pauvre de l’Alabama, pour rencontrer en secret les dirigeants du syndicat du commerce RWDSU, il n’imaginait pas le séisme qu’il allait provoquer. « Je suis encore surpris », confie cet ouvrier afro-américain de 51 ans.

    Avec trois camarades, M. Richardson voulait créer un syndicat dans le centre de distribution d’Amazon inauguré au début de la pandémie et a ainsi déclenché un affrontement majeur contre l’empire de Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, qui ne tolère aucun syndicat sur le territoire des Etats-Unis.

    En mars 2020, Richardson était ravi d’avoir trouvé un emploi payé 15 dollars (12,50 euros) de l’heure, le double du salaire minimum local (7,25 dollars) : « Avant de commencer, j’étais tout excité », se souvient-il. Très vite, il déchante. La prime de 2 dollars, instaurée par M. Bezos au début de la pandémie, est supprimée au bout de deux mois. « J’étais déçu, car on avait toujours le risque de Covid. » Il ne supporte pas les cadences et la surveillance pendant les pauses, lorsqu’il faut se rendre aux toilettes. « Cela peut conduire à notre licenciement. » Et puis, il se souvient que dans son ancienne usine automobile, « le salaire horaire s’était envolé de 12,50 à 23,50 dollars en quelques années, lorsque la firme s’était syndiquée ». Alors, avec Joshua Brewer, jeune pasteur blanc devenu président local du syndicat, et Michael Foster, ouvrier d’une usine de poulets, il va organiser la mère des batailles contre Amazon.

    Le 20 octobre 2020, le petit groupe se met à manifester devant le gigantesque entrepôt d’Amazon, qui emploie 5 600 salariés, pour obtenir les signatures nécessaires (30 % des employés) à l’organisation d’un référendum sur la syndicalisation du site. « Nous sommes restés pendant soixante et un jours aux portes de l’entrepôt, 24 heures sur 24 », se souvient Joshua Brewer. Avant Noël, le nombre de signatures est atteint, le référendum doit être convoqué selon la loi fédérale.

    Amazon, qui n’a pas répondu au Monde, tergiverse. Pour mieux contrôler ses salariés, l’entreprise veut organiser le scrutin elle-même, dans l’usine, alors que l’épidémie de Covid-19 fait rage. Ce sera finalement par correspondance, avec une consultation qui s’achève dans quelques jours, le 29 mars.

    L’affaire a pris une dimension nationale, avec le soutien du syndicat des joueurs de football américain et une manifestation du mouvement Black Lives Matter

    L’affaire a pris une dimension nationale, avec le soutien du syndicat des joueurs de football américain et une manifestation du mouvement Black Lives Matter. Le président Joe Biden, proche des syndicats, a mis solennellement en garde Amazon, sans la citer, appelant les entreprises à respecter le droit des salariés à choisir de se syndiquer ou non.

    « C’est la lutte sociale la plus importante depuis des décennies, nous assure Stuart Appelbaum, président du syndicat RWDSU à New York. Amazon transforme industrie après industrie et créera le modèle de travail du futur. L’enjeu porte sur la manière dont seront traités les salariés. Cette élection dépasse le centre de tri, l’Alabama et même Amazon. »

    Comment expliquer qu’un tel mouvement surgisse dans le Sud rural, pauvre et noir, dans un entrepôt payant deux fois le salaire minimum, et non pas chez les militants de la gauche radicale des riches régions côtières, comme celles de Seattle et de New York ? En réalité, parce qu’il s’agit de la coagulation de deux mouvements, une lutte sociale et une lutte raciale, dont les Afro-Américains d’Alabama sont le dénominateur commun.

    « C’est la continuation d’un processus engagé depuis quatre-vingts ans, et qui revit depuis quelques années avec la prise de conscience de l’injustice que subissent les Noirs », estime Joshua Brewer, qui n’est « pas surpris » : « Les gens de l’Alabama sont des combattants depuis longtemps. » Birmingham, la grande ville qui jouxte Bessemer, fut, à partir du XIXe siècle, une région sidérurgique importante, et connut dès les années 1930 des syndicats non ségrégués, où les Noirs avaient des positions d’encadrement. Cet Etat fut le théâtre du début du combat des droits civiques, lorsque, en 1955, à Montgomery, 150 km plus au sud, Rosa Parks refusa de s’asseoir à l’arrière du bus, sur un des sièges réservés aux Noirs.

    L’actualité rejoint l’histoire, à en croire l’historienne Keri Leigh Merritt, qui y voit un nouveau « mouvement des droits civiques » : « Le mouvement a commencé dans les années 1950, avec la lutte contre la ségrégation, mais était devenu un mouvement social dans les années 1960, avec des revendications sur les salaires et la santé. Il reprend aujourd’hui là où l’avait laissé Martin Luther King, lorsqu’il a été assassiné, en 1968. »

    La peur du Covid-19, avec ses conséquences sanitaires et économiques, qui frappent en premier lieu les Afro-Américains, la relance du mouvement Black Lives Matter après la mort le 25 mai 2020 de George Floyd, étouffé par un policier blanc de Minneapolis (Minnesota), tout cela a permis au mouvement de se cristalliser. Sans oublier la détestation de Jeff Bezos, dont la fortune s’est envolée de 70 milliards de dollars (près de 60 milliards d’euros) pendant la crise sanitaire.Retour ligne automatique
    La presse accourt du monde entier

    La campagne politique tourne à plein. En ce mercredi 17 mars, la manifestation de soutien à Amazon a dû être annulée pour cause d’alerte à la tornade, tandis que les salariés de l’entrepôt avaient été renvoyés chez eux. Mais, dans son siège de Birmingham, le syndicat enchaîne les entretiens avec la presse, accourue du monde entier.

    « Amazon pensait qu’il pouvait profiter de Noirs pauvres et que, s’il payait 15 dollars au lieu de 7,25 dollars, ils feraient ce qu’il voudrait », nous explique dans son fauteuil Michael Foster, qui a mené la campagne. Cet Afro-Américain, salarié d’une usine de poulets, estime que la pandémie a conduit à une prise de conscience des Américains : « Avant, les gens ne voyaient que les beaux paquets qui arrivent dans les publicités, mais pas les conditions de travail intenables. » De New York, le président Stuart Appelbaum renchérit. « Les travailleurs nous disent qu’ils sont dirigés par un algorithme, disciplinés par une application sur leur téléphone et virés par SMS. Ils ont le sentiment d’être traités comme des robots par des robots. C’est déshumanisant. »

    Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes rendus le lendemain sur le parking d’Amazon, gardé par une voiture de police. De nombreux salariés refusent de nous parler, l’œil rivé sur leur smartphone : il est 11 h 29 et leur pause s’achève à 11 h 30. Avant de se faire aimablement expulser par un vigile – le parking est un lieu privé –, on a pu interroger quelques salariés, au ton moins véhément.

    « Physiquement, ça va, presque tout le monde peut le faire », assure Makayala Roberts, jeune salariée blanche de 20 ans. « Vous voulez mon avis ? Les gens sont paresseux et ne veulent pas travailler », poursuit la jeune femme, qui reproche aux syndicats de pousser les promotions « à l’ancienneté ». Elle a voté non.

    Sandra McDonald, 62 ans, cigarette au bec, ne se plaint pas non plus des conditions de travail, alors qu’elle est manifestement abîmée par la vie. « Cela m’a pris un peu de temps pour devenir assez rapide. » Dans son anorak, elle se réjouit d’avoir un meilleur salaire – auparavant, elle était payée « 11 balles de l’heure », et encore, quand elle était payée ; elle se félicite d’avoir obtenu une assurance-maladie « dès le premier jour » et s’oppose fermement à toute syndicalisation. « Je connais l’Alabama. J’ai grandi dans le Sud. On n’a pas besoin de syndicat, comme les ouvriers de la sidérurgie ou de l’automobile. On peut aller voir notre supérieur, assure-t-elle. Je prie pour qu’ils perdent. »

    Pour décourager les syndicats, AmazonRetour ligne automatique
    a orchestré une campagne de communication sur l’utilité de dépenser 500 dollars de cotisation par an

    Pour décourager les syndicats, Amazon a orchestré une campagne de communication sur l’utilité de dépenser 500 dollars de cotisation par an, alors que les syndicats de grandes firmes automobiles de Detroit (Michigan) ont été décrédibilisés et leurs dirigeants condamnés dans une vaste affaire de corruption.

    « Dans mon syndicat c’est 1,4 % des revenus. A l’Eglise, le pasteur demande 10 % », rétorque Bren Riley, président du syndicat AFL-CIO pour l’Alabama. De plus, la loi de l’Etat est très restrictive. L’Alabama consacre (depuis 2016 dans sa Constitution) « le droit de travailler » : si le syndicat est créé, nul ne pourra être forcé à adhérer, à payer sa cotisation, et ce n’est pas le syndicat qui embauchera directement ou indirectement les salariés. Il aura en revanche le monopole de la représentation salariale et négociera les accords collectifs (rémunérations, santé, conditions de travail…).

    Bien malin qui peut prévoir l’issue du scrutin, d’autant que les salariés afro-américains sont taiseux, quand ils ne sont pas présentés par le syndicat. Dans les jardins des maisons vermoulues de Bessemer, les calicots soutenant la syndicalisation jalonnent les rues, mais le doute subsiste : les précédents combats dans le Grand Sud n’ont pas été couronnés de succès, notamment dans l’automobile − les constructeurs étrangers fuyant les syndicats de Detroit se sont installés là à partir des années 1980. Ni les salariés de Nissan, de Volkswagen, de Mercedes, ni ceux de Boeing, n’ont voté en faveur d’une syndicalisation de ces usines.

    Deux explications sont avancées. « Quand les syndicats arrivent, les entreprises commencent à traiter les sujets, explique Bren Riley (AFL-CIO). Résultat : certains ne voient pas l’utilité de s’organiser en syndicat. » Et puis, les Noirs et les Blancs n’ont pas fait cause commune. « Les élites blanches ont joué les Afro-Américains contre les Blancs pauvres », analyse l’historienne Keri Leigh Merrit. Chez Amazon, le cas est un peu différent : les employés sont à plus de 85 % Afro-Américains, ce qui pourrait éviter cet écueil. De plus, les ouvriers n’ont pas vu débarquer des syndicalistes du Nord sentencieux, venus leur expliquer ce qu’il fallait faire, comme ce fut le cas après la guerre de Sécession. « Notre campagne est menée en Alabama, par les travailleurs de l’Alabama », explique le président du syndicat RWDSU, Stuart Appelbaum.

    « Peu importe le résultat du vote, nous avons déjà gagné »

    Que se passera-il si les syndicats gagnent ? Le spectre d’une fermeture plane, alors que Jeff Bezos a renoncé à s’installer à New York lorsque les élus politiques locaux ont évoqué une syndicalisation. « Je ne veux pas que cela se termine comme en Floride, où ils ont fermé trois brasseries après l’autorisation des syndicats », craint la salariée Sandra McDonald.

    « Ou iraient-ils ? Ils ont besoin de [cet entrepôt] pour desservir le pays », se rassure Joshua Brewer. « Si nous gagnons, nous allons assister à une explosion de syndicalisation à travers les Etats-Unis et le monde », prédit M. Appelbaum, qui ajoute : « Peu importe le résultat du vote, nous avons déjà gagné. Nous avons montré qu’on pouvait affronter Amazon, qui croyait qu’on n’obtiendrait même pas l’organisation d’un scrutin et nous a jamais pris au sérieux. Les gens ont compris que si on peut le faire en Alabama, connu pour ne pas être favorable aux syndicats, on peut le faire partout. »

    L’affaire crée du tumulte chez les républicains. « Amazon devrait comprendre que sa guerre contre les petites entreprises et les valeurs des classes laborieuses a brûlé ses ponts avec ses anciens alliés », accuse le sénateur de Floride Marco Rubio dans une tribune publiée par USA Today. A contre-courant de l’antisyndicalisme de son parti, il met en garde : « Le temps où les patrons pouvaient considérer comme acquis le soutien des conservateurs est révolu. » Le pasteur Joshua Brewer répond : « Je l’encourage à appeler ses amis républicains pour nous aider dans ce combat. »

    #Amazon #GigEconomy #lutte #syndicat #travail

  • Ciblage publicitaire : attaqué, Apple gagne la première manche
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/18/ciblage-publicitaire-attaque-apple-gagne-la-premiere-manche_6073574_3234.htm

    L’« App Tracking Transparency » d’Apple, ou la demande de consentement pour le suivi publicitaire, va bien pouvoir s’appliquer en France. L’Autorité française de la concurrence a débouté les acteurs du secteur de la pub. Limiter le ciblage publicitaire sur les iPhone est-il est une victoire pour la vie privée des utilisateurs ? Ou plutôt un moyen pour Apple d’abuser de sa position dominante, dans le but de gêner l’activité des éditeurs d’applications financées par la publicité, tout en s’exonérant (...)

    #Apple #Facebook #iPhone #microtargeting #profiling #publicité #consentement #AutoritédelaConcurrence

    ##publicité

  • Pékin avertit à nouveau les géants chinois de la tech
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/19/pekin-avertit-a-nouveau-les-geants-chinois-de-la-tech_6073707_3234.html

    Depuis bientôt six mois, l’Etat a multiplié les amendes et les mesures réglementaires contre des plates-formes chinoises de plus en plus puissantes.

    A première vue, c’était presque un rendez-vous de routine : les autorités chinoises avaient convoqué, jeudi 18 mars, les représentants de Tencent, d’Alibaba et de neuf autres entreprises du Web chinois pour les mettre en garde au sujet des « fake news ». Les autorités sont particulièrement sensibles à toute information, véridique ou non, considérée comme politiquement sensible. Mais cette convocation s’inscrit dans un contexte différent : la mise au pas des géants du Web. Depuis bientôt six mois, les mesures de régulation se sont multipliées : annulation de l’introduction en Bourse de la filiale financière d’Alibaba, Ant Group, en novembre 2020 ; régulation de la finance en ligne ; loi antimonopoles ; régulation de la collecte de données…

    Une campagne soutenue en haut lieu : lundi 15 mars, le président, Xi Jinping, a demandé aux régulateurs de la finance de renforcer la supervision des entreprises du Web, de s’attaquer aux monopoles, de promouvoir une compétition saine, la protection des données, et d’empêcher l’expansion désordonnée des capitaux, a rapporté la télévision nationale CCTV. Les plates-formes doivent « suivre la direction politique correcte ».

    « Certaines se développent de manière non standardisée, et cela présente des risques. Il est nécessaire d’améliorer les lois qui gouvernent l’économie des plates-formes afin de combler les vides juridiques », a déclaré le dirigeant chinois. Outre les deux géants, Alibaba et Tencent, la liste des entreprises convoquées par l’administration chinoise du cyberespace et le ministère de la sécurité publique (chargé de la police) inclue entre autres ByteDance, propriétaire de TikTok et de sa version chinoise Douyin, le fabricant de smartphones et d’objets connectés Xiaomi, Kuaishou, qui propose aussi des vidéos courtes, et NetEase, numéro deux chinois des jeux vidéo.Sujets sensibles

    D’après un communiqué de l’administration du cyberespace, les autorités ont demandé aux entreprises de « procéder à une évaluation de sécurité par eux-mêmes » de leurs plates-formes sociales, et de soumettre un rapport aux autorités s’ils souhaitent ajouter des fonctions qui « ont un potentiel de mobilisation de la société ». Le communiqué mentionne en particulier les fonctions audio, et le problème des « deep fakes », des créations ultra-réalistes permettant, à partir de contenus réels, de faire dire à des personnalités des choses qu’elles n’ont pas dites.

    La référence aux fonctions audio concerne les applications de conversation en ligne, comme Clubhouse. Avant l’interdiction de l’application américaine en février, des discussions impliquant des utilisateurs basés en Chine avaient eu lieu sur des sujets hautement sensibles aux yeux des autorités du pays, comme la politique chinoise vis-à-vis de Hongkong, de Taïwan, ou la présence de camps de rééducation dans la région autonome du Xinjiang, dans l’Ouest chinois. Depuis la censure de l’application américaine, plusieurs entreprises chinoises ont mis au point des applications similaires.

    Malgré les progrès de la reconnaissance vocale, la censure de conversations orales est plus difficile à appliquer que celle d’échanges écrits. Quelques jours plus tôt, le 11 mars, douze entreprises, dont Tencent, ByteDance, mais aussi le moteur de recherche Baidu et la plate-forme de VTC Didi, ont été condamnées à des amendes de 500 000 yuans (64 000 euros) par l’administration d’Etat pour la régulation des marchés, en vertu d’une loi antimonopoles. Une loi qui devrait être renforcée dans les mois à venir, d’après des annonces faites lors de la session de l’Assemblée nationale populaire, début mars.
    « Presque autant d’utilisateurs que Facebook »

    Après l’annulation de l’introduction en Bourse record d’Ant Group, la filiale financière d’Alibaba, le régulateur viserait désormais Tencent, qui offre également des services financiers à travers le portefeuille numérique du réseau social WeChat. D’après l’agence Bloomberg, l’entreprise devrait être forcée de créer une holding financière soumise aux règles de la finance traditionnelle.

    Alors que les rumeurs sur une prochaine régulation se répandaient, l’action Tencent a chuté de plus de 8 % en fin de semaine dernière. « C’est un plan de régulation généralisé qui se déroule point par point », résume Jean-Dominique Seval, fondateur du cabinet de conseil Soon Consulting, et président de French Tech Beijing.

    Comme partout dans le monde, les géants de l’Internet n’échappent pas en Chine à la volonté de contrôler les nouveaux acteurs de l’économie. Dans un premier temps, Pékin a beaucoup favorisé ces entreprises, pour allumer des contre-feux à opposer aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) américains, et accélérer la digitalisation de certains secteurs traditionnels, comme la finance.

    « Avec succès, estime M. Seval. Aujourd’hui, ils ont presque autant d’utilisateurs que Facebook et Google. Mais ils n’ont pas encore atteint leur plein potentiel, car le nombre d’internautes continue d’augmenter, et ils continuent à se diversifier. » Pour cet expert, ces groupes « peuvent encore doubler de taille, et devenir extrêmement puissants. On assiste à une course de vitesse entre ces géants et l’Etat qui cherche à les contrôler ».
    #Alibaba #Baidu #ByteDance #Tencent #Xiaomi #AntFinancial #AntGroup #TikTok #Clubhouse_ #WeChat #censure #domination #reconnaissance #écoutes #finance #surveillance (...)

    ##voix

  • Les « dark stores », ces supermarchés sans clients et entièrement conçus pour la vente en ligne
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/17/dark-store-plongee-dans-un-supermarche-de-l-ombre_6073393_3234.html

    Ils ont la fonctionnalité d’un entrepôt, mais l’organisation d’un magasin. A Paris, des salariés de Monoprix préparent des commandes à des dizaines de mètres sous terre.

    Par Cécile Prudhomme

    A l’intérieur du « dark store » de Monoprix, situé dans le 13ème arrondissement de Paris, le 12 mars.
    A l’intérieur du « dark store » de Monoprix, situé dans le 13ème arrondissement de Paris, le 12 mars. A. POTIGNON / MONOPRIX

    Des pommes rutilantes viennent d’être soigneusement rangées sur leur gondole au milieu des fruits et légumes, face à l’armoire réfrigérée dédiée aux surgelés, et à quelques mètres du rayon des yaourts. Dans les allées de ce supermarché Monoprix, les chariots de courses se croisent et se remplissent sous le halo industriel d’une dizaine de néons : les produits frais dans des cabas isothermes bleus, le reste dans d’épais sacs en papier kraft. Le bruit de leurs roulettes résonne, amplifié par la hauteur sous plafond et les murs en parpaings.

    Mais dans ce magasin, il n’y a aucun client… Ou plutôt si, un seul : le géant américain Amazon. Qui vient satisfaire ici les besoins de courses alimentaires de ses internautes voulant être livrés au maximum dans les deux heures qui suivent leur achat.

    #E-commerce #Amazon #Monoprix #Logistique #Nouvelle_domesticité

  • Uber reconnaît à ses chauffeurs britanniques un statut de travailleur salarié, une première
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/17/uber-reconnait-aux-chauffeurs-britanniques-un-statut-de-travailleur-salarie-

    Le géant américain de réservation de voitures a annoncé, mardi, que l’ensemble de ses quelque 70 000 chauffeurs au Royaume-Uni bénéficieront d’un salaire minimum et de congés payés dès mercredi.

    #Uber #GigEconomy #travail #conducteur·trice·s

  • Combien de temps met le fût du canon pour refroidir ?

    La réouverture des bars et restaurants en France se fera en trois phases, sans aucun calendrier pour l’instant
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/16/la-reouverture-des-bars-et-restaurants-se-fera-en-trois-phases-sans-calendri

    Quand peut-on espérer voir les cafés et les restaurants rouvrir ? On l’ignore encore. Le gouvernement a toutefois apporté une première réponse à la question du « comment » en évoquant un plan de réouverture en trois phases, lors d’une réunion le 5 mars avec les professionnels du secteur, ont rapporté l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie et le Groupement national des indépendants dans un communiqué publié mardi 16 mars. Ces phases seront d’une durée de quatre semaines chacune.

    Les professionnels du secteur de la restauration, à l’arrêt depuis la fin du mois d’octobre, ont salué une réunion « permettant de faire un pas de plus vers la réouverture de [leurs] établissements », même si l’exécutif n’a pas donné « de dates précises pour le début de la première phase, précisant que la reprise d’activité était soumise à deux indicateurs, le nombre de cas de contaminations par jour et le nombre de personnes vaccinées ».

    Réponse : un certain temps.

  • Le virage en faveur du nucléaire de François de Rugy
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/15/le-virage-en-faveur-du-nucleaire-de-francois-de-rugy_6073185_3234.html


    François de Rugy (LRM) à la sortie de l’Elysée, à Paris, le 4 mars 2020.
    LUDOVIC MARIN / AFP

    Ancien avocat de la sortie de l’atome, le député de Loire-Atlantique explique avoir acquis de nouvelles convictions lors de son passage au ministère.

    L’ancien ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy (LRM) a un long passé de militant critique contre l’atome. Dans un entretien au Point publié samedi 13 mars, il explique que son passage au ministère l’a fait changer d’avis sur plusieurs dossiers, et notamment sur la question du nucléaire.

    « J’ai regardé au fond des choses et j’ai approfondi les dossiers. J’ai pu vérifier que l’enjeu de sécurité nucléaire – le risque d’un accident est le premier sujet – était extrêmement maîtrisé en France, avec des outils de contrôle de sûreté extrêmement resserrés », explique le député de Loire-Atlantique, qui dit que « ce qui se passe à Flamanville [Manche] le montre, d’ailleurs, et EDF se plaint beaucoup des mesures que lui impose l’Autorité de sûreté du nucléaire ».

    « La France est en train d’inventer un nouveau modèle »
    Il explique également qu’il a « acquis au ministère une conviction » qu’il n’avait pas auparavant, en devenant partisan du stockage en profondeur des déchets nucléaires les plus dangereux. « J’étais même favorable, lorsque j’étais ministre, à ce qu’on le dise publiquement… Je n’ai pas été suivi », explique-t-il. L’ancien militant Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui a démissionné du ministère après des accusations de dépenses excessives, défend un modèle qui allie le développement des énergies renouvelables et le maintien d’une capacité de production d’électricité nucléaire.

    « Dans le domaine de l’énergie, la France est en train d’inventer un nouveau modèle, dans lequel les énergies renouvelables associées au nucléaire pourraient nous permettre de nous passer totalement des énergies fossiles, quand tous les autres pays conservent des centrales thermiques », précise-t-il. « Dans le combat pour le climat, le fait d’avoir une production d’électricité de base en grande quantité décarbonée est un formidable atout pour la France. Or, c’était impossible à dire à EELV ! », dit-il à l’encontre de ses anciens camarades écologistes.

    • le retour du homard par @nantesrevoltee
      https://www.nantes-revoltee.com/ressortez-les-homards-francois-de-rugy-se-presente-aux-elections-da

      Toute personne raisonnable s’accorde à dire que François de Rugy est une rognure d’ongle à jeter dans la même poubelle que Manuel Valls et autres déchets produits par la gauche française ces dernières décennies.
      Mais puisque le ridicule ne tue pas, François Goullet de Rugy, arriviste nantais, rejeton de la noblesse, traitre récidiviste et amateur de homard est officiellement candidat pour les régionales en Pays-de-la-Loire. Tête de liste LREM. La presse rappelle son affiliation politique, car avec ses multiples changements, revirements et atermoiements, de la gauche de droite à la droite de gauche en passant par le gouvernement Macron, on risque de s’y perdre.
      Faut-il, encore rappeler son parcours exemplaire ? François De Rugy a lancé sa carrière chez Europe Écologie Les Verts jusqu’en 2015, où il défend une écologie pas du tout écologique mais purement capitaliste. Il sort un livre qui fait un flop monumental : « Écologie ou gauchisme : il faut choisir ! », puis crée un micro-parti éphémère : « Écologistes ! », dont personne n’a entendu parler. Malgré ses efforts intenses pour se transformer en paillasson, même François Hollande ne le recycle pas dans son gouvernement. Alors après avoir attaqué Macron lors des débats télévisés, il devient enfin son ministre de l’écologie. Il a le bon profil : à Nantes, cette flaque de boue aura passé plus de temps à réclamer une répression violente contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qu’à dénoncer le projet d’aéroport.
      En 2019, la presse révèle qu’il organise des festins indécents aux frais du contribuable : homards, grands vins, plats gastronomiques et champagne dans un château avec ses copains. Après avoir bégayé qu’il ne « digère pas » le homard et accumulé les mensonges les plus ridicules, il est obligé de quitter piteusement son poste. Il faut dire aussi qu’il s’est aussi offert 3 chauffeurs personnels, un sèche-cheveux incrusté d’or et un logement social à Nantes en plus de son logement de fonction dans lequel il avait, par ailleurs, dépensé 60 000€ d’argent public de travaux ! Argent magique.
      Quelques semaines après cette « affaire du homard », un jeune homme est envoyé en prison pour avoir simplement tagué un message évoquant le scandale devant le domicile nantais du politicien. En septembre de la même année, une enquête pour « association de malfaiteurs » est lancée pour arrêter, avec des moyens délirants, des jeunes en possession d’un homard en papier mâché, de la peinture, des parapluies et un feu d’artifice. Une chose est sure, De Rugy ne digère pas non plus l’humour !
      C’est donc ce personnage admirable qui se présente aux régionales chez nous, en Pays-de-la Loire. Un asticot vert de gris qui a fait de « l’écologie » une arme contre les pauvres, et qui exige que les démunis se serrent la ceinture en temps de crise. Un individu qui salue la « loi renseignement » du gouvernement Valls et le saccage des libertés du Régime de Macron et regarde le capitalisme ravager la planète en se goinfrant.
      Comble de l’indécence, l’énergumène tente quand même d’apitoyer la populace : dans la presse, il déclare que depuis sa démission – le pauvre est seulement redevenu député fantôme, touchant un salaire mirobolant et tous les privilèges associés – il aurait vécu « une traversée du désert ». A-t-il mangé des langoustines ? Son appétit est-il revenu ? En tout cas, De Rugy semble requinqué pour affronter à nouveau la détestation populaire. Il a même mis en scène son retour sur instagram avec des vidéos gênantes de ses « footings » à Nantes. Sortez les homards !

    • @vanderling : Joli condensé de sa carrière. À la place des nantais je ferais gaffe : Si par malheur il est élu il est capable d’appuyer la relance du projet de centrale nucléaire au Carnet… (c’est peut-être même pour ça qu’il a été renvoyé là-bas, va savoir)

  • Vent de fronde antichinois au port du Pirée
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/11/vent-de-fronde-antichinois-au-port-du-piree_6072729_3234.html


    Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le président chinois, Xi Jinping, visitent le terminal Cosco du port du Pirée, près d’Athènes, le lundi 11 novembre 2019.
    ORESTIS PANAGIOTOU/AP

    Malgré la pandémie de Covid-19, la société chinoise Cosco Shipping, qui a acquis en 2016 la gestion du site grec jusqu’en 2052, continue de vouloir étendre ses activités. La colère grandit à l’égard de l’investisseur asiatique, ralentissant les projets.

    A l’ouest du Pirée, l’horizon est encombré de grues bleues et orange. Les premières, à la pointe de la technologie, appartiennent à l’investisseur chinois, les secondes, plus vétustes, sont les vestiges de l’Autorité portuaire publique grecque. Sur la route principale, des camions font des allers-retours, dans un brouhaha incessant. Face au bureau central de Cosco, l’entreprise chinoise qui gère le transport de conteneurs et de passagers au Pirée jusqu’en 2052, un graffiti rouge donne le ton : « Cosco ne s’intéresse qu’à ses conteneurs, pas à nos vies. Elle sabote toute la région. »

    La multinationale chinoise est présente au port du Pirée depuis 2009, où elle exploite, par l’entremise de sa filiale PCT, deux terminaux de conteneurs. A l’époque, son installation ne s’était déjà pas faite sans heurts. Les dockers avaient déployé des banderoles « Cosco, go home ! » (« Cosco, rentre chez toi ! ») et avaient participé à de multiples manifestations pour demander à leur nouvel employeur de respecter le droit du travail grec.

    En 2016, lors de la crise de la dette, l’Etat grec, contraint de renflouer ses caisses, a d’abord cédé à Cosco 51 % de l’Autorité du Port du Pirée (OLP), avant 16 % supplémentaires prévus d’ici à l’été 2021, pour la somme de 368,5 millions d’euros. Afin d’obtenir cette part restante, Cosco Shipping s’était engagée à investir dans les activités du port un peu plus de 293 millions d’euros d’ici à 2021.
    En réalité, selon un document publié par le ministère de la marine en février, seulement 58 % de ces 293 millions ont été investis. En outre, certains travaux, comme l’extension du port pour les passagers, ont bénéficié de fonds européens. D’après Nektarios Demenopoulos, porte-parole de l’OLP, ces financements n’ont pas été effectifs car « les permis n’ont toujours pas été délivrés pour certains projets » et « la pandémie [de Covid-19] a également contribué au retard pris ».

    « Problèmes de bureaucratie »
    George Tzogopoulos, chercheur à la Fondation hellénique pour la politique extérieure et européenne (Eliamep), est plus explicite : « Les cadres de Cosco et de l’OLP sont agacés car ils rencontrent beaucoup de résistances locales, des problèmes de bureaucratie, et ils estiment que l’Etat grec devrait leur céder les 16 % car les retards ne sont pas de leur ressort. »

    Le 9 février, lors du sommet « 17+1 », réunissant la Chine et 17 pays d’Europe centrale et de l’Est, le premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, s’était réjoui de « l’investissement chinois de Cosco, qui est bénéfique pour les deux pays ». Pékin a fait du Pirée une étape essentielle dans sa stratégie de « nouvelles routes de la soie », qui lui permet d’écouler ses produits vers l’Europe et d’accroître son soft power. Il entend continuer à augmenter les capacités du port grec.

  • JO 2024 : le futur complexe aquatique d’Aubervilliers menace les jardins ouvriers
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/07/le-complexe-aquatique-d-aubervilliers-menace-les-jardins-ouvriers_6072285_32

    L’implantation d’un solarium et les futurs travaux du #Grand_Paris_Express vont provoquer des #expulsions de #jardiniers, au moment même où la nécessité de lutter contre les îlots de chaleur et celle de produire « local » semblaient s’affirmer.

    Les premiers jardiniers, une vingtaine, devront avoir quitté les lieux d’ici à fin avril, avertit le courrier reçu cet hiver par l’association des #jardins_ouvriers d’#Aubervilliers, dite des « #Vertus ». Les travaux de la piscine, futur bassin d’entraînement des Jeux olympiques (#JO) de 2024, débutent en mai. Une fois les athlètes partis, quinze autres jardiniers devront laisser place aux grues du Grand Paris Express, le futur métro de la métropole.

    Et qu’importe l’attachement à ces parcelles centenaires du nord de la capitale, ou les promesses d’élus jurant qu’on n’y toucherait pas. Ces projets sont « d’intérêt public », rappelle le propriétaire, l’établissement public Grand Paris Aménagement.

    #gpii #urbanisation_toxique #paywall

  • Google va renoncer aux cookies, ces fichiers qui traquent les internautes, une annonce qui ne convainc pas
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/05/fin-des-cookies-les-annonces-de-google-font-grincer-des-dents_6072134_3234.h

    Le groupe américain, qui s’engage à ne pas construire d’identifiants alternatifs aux cookies tiers pour suivre les internautes, est critiqué pour atteinte à la concurrence. Google continue de secouer le monde de la publicité. En janvier 2020, le géant américain a annoncé qu’il renoncerait d’ici 2022 aux cookies tiers, ces petits fichiers qui résumaient le comportement des internautes en ligne. Mercredi 3 mars, Google est allé plus loin en s’engageant à « ne pas construire d’identifiants alternatifs (...)

    #Apple #Google #Facebook #Instagram #WhatsApp #cookies #marketing #microtargeting #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##EFF

  • Google répercute sur ses clients français la taxe sur le numérique
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/04/google-repercute-sur-ses-clients-francais-la-taxe-sur-le-numerique_6071994_3

    Le groupe américain a mécontenté des annonceurs en expliquant qu’il augmenterait les prix de ses publicités de 2 % pour compenser le prélèvement de 3 % du chiffre d’affaires voté en France en 2019. Taxé, Google taxe ses clients… L’entreprise américaine a envoyé, mercredi 3 mars, un e-mail à ses clients français pour leur annoncer que les prix de ses publicités augmenteront de 2 % à partir du 1er mai. La justification ? Google répercute en aval la taxe sur le numérique de 3 % du chiffre d’affaires votée par (...)

    #Google #domination #fiscalité #bénéfices

    ##fiscalité

  • ByteDance, le nouvel ogre de l’Internet en Chine, ne cesse de grossir
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/02/bytedance-le-nouvel-ogre-de-l-internet-en-chine-ne-cesse-de-grossir_6071706_

    Le propriétaire de TikTok a embauché 40 000 employés en 2020 et pourrait faire de l’ombre aux deux géants chinois Alibaba et Tencent.

    ByteDance ne s’arrête pas : après 40 000 embauches en 2020, l’entreprise qui détient TikTok vient d’annoncer 13 000 créations de postes pour sa section éducation. Un appétit impressionnant pour une entreprise fondée il y a neuf ans. Aujourd’hui, avec 100 000 personnes à son bord, ByteDance a 30 000 employés de plus que Facebook, ou Tencent, le géant chinois des réseaux sociaux avec WeChat et QQ, et numéro un mondial des jeux vidéo.

    Tencent, entreprise la plus chère de Chine, vaut pourtant quatre fois plus que ByteDance, dont la valeur est estimée à environ 150 milliards de dollars (125 milliards d’euros). Une inflation des équipes due en partie à la nature de son activité, sensible : rien qu’en Chine, l’entreprise compte 20 000 employés spécialisés dans la « vérification des contenus ».

    Mais grâce à ses vaches à lait TikTok et sa version chinoise, Douyin, ByteDance peut prendre des risques et s’introduire dans des nouveaux secteurs d’activité : commerce, éducation en ligne et jeux vidéo. ByteDance est le fruit de l’imagination de Zhang Yiming, un ingénieur informaticien qui lance, en 2012, l’agrégateur d’information Jinri Toutiao. Le site démontre déjà la capacité de l’entreprise à utiliser l’intelligence artificielle pour proposer à ses utilisateurs des contenus adaptés à leurs centres d’intérêts.

    Mais la véritable percée intervient avec Douyin et TikTok, sa version internationale, en 2017. Trois ans plus tard, à l’été 2020, ByteDance revendiquait 1,3 milliard d’utilisateurs au total pour ces deux plates-formes. Grâce aux revenus publicitaires générés par ce trafic impressionnant, l’entreprise peut s’étendre : « Leur trésorerie est positive, grâce à leur activité publicitaire très lucrative. Donc ils peuvent financer leur propre expansion et, quand ils vont voir des investisseurs, ils peuvent lever des fonds à des conditions favorables », explique Matthew Brennan, consultant et auteur de Attention Factory : The Story of TikTok and China’s ByteDance (2020, non traduit).

    La culture d’entreprise encourage cette prise de risque. « Ils expérimentent beaucoup pour trouver leurs prochains relais de croissance et semblent avoir choisi l’éducation, le commerce en ligne et les jeux vidéo. Ce que confirme l’abandon d’autres projets, comme les smartphones ou une application de tchat : ils essaient et abandonnent vite ce qui n’est pas prometteur », analyse Michael Norris, chef de la stratégie pour Agency China, un cabinet de conseil à Shanghaï. ByteDance ne semble se mettre aucune barrière. L’entreprise développe les achats sur Douyin, déjà largement utilisé pour faire la promotion de produits en Chine, quitte à s’aventurer sur les terres d’Alibaba, qui domine le commerce en ligne.

    Tencent a encore plus de soucis à se faire

    Tencent a encore plus de soucis à se faire. Le géant a déjà vu ByteDance grignoter une partie de la croissance de ses revenus publicitaires, grâce à ses plates-formes qui mobilisent l’attention des Chinois, aux dépens de WeChat. Désormais, ByteDance s’attaque aux jeux vidéo, autre royaume de l’empire Tencent. Depuis fin 2019, ByteDance s’est mis à l’édition de jeux, avant de racheter des studios pour développer sa propre offre.

    « Le jeu vidéo est une activité qui leur correspond bien : les gens vont sur Douyin pour se détendre et passer le temps, et les jeux vidéo répondent à la même attente, analyse Matthew Brennan. Donc Douyin est la plate-forme parfaite pour faire la promotion de jeux. C’est ce qui rend Douyin et TikTok si intéressants : c’est un moyen d’acquérir des utilisateurs pour n’importe quel service qu’ils souhaitent promouvoir dans le monde. » Le jeu vidéo est un secteur particulièrement lucratif en Chine, avec un chiffre d’affaires de 68 milliards de yuans (8,8 milliards d’euros) au troisième trimestre 2020, en hausse de 15 %, et avec 661 millions de joueurs.

    Dernier pari pour ByteDance, l’éducation, dans laquelle l’entreprise est présente depuis 2016. Mais la pandémie de Covid-19 a changé la donne : la suspension des classes pour des centaines de millions d’enfants en Chine a donné un coup de pouce à un secteur déjà dynamique.

    En octobre 2020, ByteDance a lancé une lampe de bureau connectée, avec écran permettant aux parents d’interagir avec l’élève et une caméra qui peut estimer sa concentration. ByteDance offre aussi plusieurs applications éducatives, avec ou sans enseignant humain, pour un public allant de la maternelle aux professionnels. Et l’entreprise est bien décidée à accélérer : alors que cette section employait déjà 10 000 personnes en octobre dernier, ByteDance a annoncé, vendredi 26 février, la création de 13 000 nouveaux postes dans les mois à venir.

    Mais cette croissance extrême n’est pas sans poser problème. Plusieurs employés témoignent d’une culture d’entreprise extrêmement agressive. Vera Ma (elle ne donne que son prénom anglais, par discrétion) a travaillé au marketing pour une des plates-formes de l’entreprise.

    « Mon travail consistait à passer entre 200 et 500 appels par jour pour trouver des annonceurs. A chaque fois qu’on obtenait quelque chose, par exemple 10 000 yuans de renouvellement, le chef d’équipe criait : “Untel a renouvelé un contrat !” et tout le monde applaudissait. Mais ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs étaient rapidement poussés à démissionner. » « Cela conduit à une culture des heures sup : tout le monde reste tard le soir, souvent jusqu’à 22 heures, à faire semblant de travailler », raconte Barney Zhou, ancien graphiste dans l’entreprise. Le stress est permanent.
    #Alibaba #ByteDance #Tencent #TikTok #WeChat #QQ #algorithme #jeu #domination #bénéfices #enseignement #GigEconomy #publicité (...)

    ##publicité ##SocialNetwork