• Picasso, séparer l’homme de l’artiste
    https://www.venuslepodcast.com/episodes/picasso,-s%C3%A9parer-l'homme-de-l'artiste

    Cet épisode a mis du temps à arriver, mais c’était le temps nécessaire pour digérer et retranscrire tout ce qu’il y a à dire sur Picasso (enfin presque). Figure du génie par excellence, Picasso est une icône quasi-intouchable, auréolée d’une mythologie qu’il a lui-même entretenue, que des centaines d’expositions et de records en salles de ventes continuent à alimenter. Au-delà de cette figure mythique... Source : Vénus s’épilait-elle la chatte ?

    • Au-delà de cette figure mythique, Picasso était un homme particulièrement violent et misogyne, qui a passé sa vie à écraser les personnes moins puissantes et moins privilégiées que lui. Le caractère destructeur de Picasso est loin d’être limité à sa vie privée, il a au contraire nourri une immense partie de son travail et c’est précisément pour ça qu’il est valorisé. Le cas de Picasso permet de réfléchir sur la façon dont les valeurs virilistes impactent tous les aspects de la culture occidentale, de l’esthétisation des violences sexistes et sexuelles à la fabrique des génies.

      On a parlé de tout ça avec mon invitée Sophie Chauveau, autrice de Picasso, le Minotaure, mais aussi de division sexuée du travail et de charge mentale, de Dora Maar et des artistes que Picasso a brisé·es, d’appropriation culturelle, de subversion et de l’impunité qu’on accorde aux hommes puissants.

      #misogynie #haine #violences_masculine #grand_homme #masculinité #virilité #art #amour #hétérosexualité #picasso #violophilie #boys_club #male_alphisme #homophobie #pédocriminalité #malegaze #sadisme #proxenetisme #viol #pédoviol #appropriation_culturelle

      La nature existe pour que nous puissions la violer

      Picasso

      Apollinaire s’est fait connaitre en écrivant sur Picasso, le geni et la notoriété en histoire de l’art ce sont des hommes qui écrivent leur admiration pour d’autres hommes. Plus tard Clouzot fera pareil avec « Le mystère Picasso » - le film est déclaré tresor national et il est toujours encensé.

      Paul Eluard offrit sa femme à Picasso en signe d’admiration- Picasso l’appelait (Paul) Madame Picasso pour marqué sa soumission à lui et le dévalorisé par le marqueur du féminin.

      Max Jacob vivait pendant un moment avec Picasso - les deux étaient en galère sauf que Max Jacob travaillait pour entretenir Picasso dont il était amoureux et le laisser peindre. Pendant la seconde guerre Max Jacob est déporté et Picasso qui aurait pu lui sauvé la vie a refusé de l’aider et l’a laisser mourir.

      Au moment ou il se met en couple avec Thérèse Walter qui à 17 ans il s’identifie au Minotaure et en fait l’image du violeur ( alors que c’est un monstre devoreur d’enfant et non violeur à l’origine) et il se représente en violeur - il y a plus de 50 oeuvres de Picasso intitulée le viol.

      L’intelligence de Dora Marre était un défi pour lui et il s’est employé à la brisé et la soumettre aussi bien psychologiquement, artistiquement et socialement. Il la battait jusqu’à évanouissement - c’est la série des femmes qui pleurent. Cette série est une sublimation des violences misogynes. Lassé de sa victime il la confie à Lacan qui la fait interné et subir des électrochocs. Après elle est entrée au couvent et à disparu.

      Il a remplacé Dora Marre par Françoise Gillot et lui a fait du chantage pour qu’elle vive avec lui, lui fasse deux enfants et mette sa carrière en suspend pour le servir et lui permettre de travailler 18h par jour sur ses oeuvre. Au moment ou Françoise Gillot devait accouché il a refusé qu’on l’hospitalise car il n’avait pas que ca à faire. A chaque fois qu’il détruisait une femme il y puisait une nouvelle inspiration. Les femmes lui servaient de servantes et d’objet à détruire pour y puiser l’art qui fera tant rêver les autres hommes.

      Picasso « fit cadeau » à un ami de deux jeunes filles mineurs dont il à voler les papiers d’identité. Il etait applaudit pour cela.

      L’idée que l’art est subversif est faux, la subversion est en fait l’exercice déchainé de la domination.

      Pour son interet sur l’art africain et précolombien, il est purement formel et jamais il ne s’est interessé à d’autres, autres cultures, autres personnes, tout est uniquement tourné vers son ego.

      après les centaines et les centaines d’expo sur Picasso, avec des approche toutes plus variées pour faire valoir son oeuvre et son geni, il est temps de montrer comment son oeuvre exprime ses crimes. Ses tableaux vendus des millions sont des trophées de viols de femmes et de mineures, de passages à tabac de femmes et de mineures, et on adore toujours ca comme du grand arts.

  • A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 3 – Corinne Monnet – Tarage – Anarcha-féminisme
    https://tarage.noblogs.org/post/2020/05/08/a-propos-dautonomie-damitie-sexuelle-et-dheterosexualite-partie-3-co

    lesbianisme Annotations :

    Une des difficultés qui se pose aux femmes pour prendre conscience de leur oppression, en regard par exemple des oppressions racistes et classistes, se trouve dans le fait que la plupart du temps, les femmes cohabitent avec des hommes, que ceux-ci soient leur père, leur(s) frère(s), leur(s) copain(s), leurs collègues de travail, leur conjoint ou leur(s) fils. Cette promiscuité avec les hommes est ce qui rend très difficile la projection d’une image ennemie sur des personnes que l’on côtoie quotidiennement, avec qui on peut avoir des relations très intimes et que l’on aime. Elle m’a aussi permis de voir que de nombreuses femmes étaient (...)

    #.brochure #:Corinne_Monnet #féminismes #anarchaféminisme #hétérosexualité #amour #dominations #lesbianisme

  • #Culture_du_viol #viol #chantage #témoignages #couple.

    C’est sur le chantage au #sexe dans les couples #hétéros, mais pas seulement.
    Peut être trop dur pour des personnes concernées.
    https://threadreaderapp.com/thread/1306293920943550464.html

    J’ai une meuf dans mes DM qui veut que je publie son témoignage. Je ferai ça quand elle aura fini de l’écrire de manière anonyme. Je suis en colère.

    Sondage :

    Avez-vous déjà refusé du sexe à votre partenaire homme dyacishet et la conséquence était qu’il boude ou soit fâché ?
    Je reçois plusieurs témoignages en DM donc je vais les mettre sous ce tweet ainsi que ceux que j’ai déjà posté. Si vous voulez témoigner de manière anonyme, mes DM sont ouverts. Je lis tous vos témoignages et vous envoie mon soutien 🧡

    • Wow, c’est hyper rude effectivement :/ ...

      Sinon, pour ma culture : dyachishet

      https://www.wattpad.com/612145742-guide-de-survie-en-territoire-dyacishets-qu%27est-ce

      Dyacishet est la contraction de « dyadique » (contraire d’intersexe) « cisgenre » (contraire de transgenre) et « hétérosexuel » (personne attirée par d’autres genre que le siens) que l’on peut aussi abréger en D6-7 ou surnommer « brocolis ». Pourquoi brocolis ? Car il y a des gens qui n’aiment pas les brocolis, pourtant les brocolis ne subissent pas d’oppression systémique, exactement comme les dyacishets

    • Je suis incapable de lire toutes ces histoires atroces.
      ll y a quelques jours, je suis intervenue auprès d’un homme qui ne réalise pas qu’il viole sa femme depuis 20 ans « qui ne dit rien » quand il la force, je lui ai dit que cela s’appelait un viol et que pour elle ça doit être horrible et qu’il faut qu’il lui demande pardon pour toutes ces années d’ignorance et ce qu’elle a vécu.
      #courage à toutes ces victimes de la #culture_du_viol

  • « En amour, nous sommes devenus des machines évaluatives » - Eva Illouz 
    https://www.liberation.fr/debats/2020/02/13/en-amour-nous-sommes-devenus-des-machines-evaluatives_1778305

    Dans son dernier essai, « la Fin de l’amour », la sociologue Eva Illouz décrypte la marchandisation de nos relations les plus intimes. Nous aurions échangé la liberté contre l’instabilité.

    Comment le capitalisme agit-il sur les relations amoureuses ? Tel est le terrain de jeu d’Eva Illouz, directrice d’études à l’EHESS depuis près de vingt ans. Dans son dernier essai, la Fin de l’amour. Enquête sur un désarroi contemporain (Seuil, 2020), la chercheuse se penche sur ces moments où l’on cesse d’aimer. Une enquête sociologique sur ces fins de partie qui révèle qu’en matière d’amour la liberté s’exerce surtout par un non-choix, aux dépens de l’autre.

    Votre livre s’intitule la Fin de l’amour, une thèse très définitive, non ?

    L’amour est pour moi une façon de comprendre plus généralement la modernité. Il ne s’agit pas bien sûr de la fin de l’amour en tant qu’idée et que représentation. Le livre s’intéresse au décalage entre la croyance et la représentation romantique de l’amour d’une part et aux pratiques amoureuses dans lesquelles j’observe une certaine décomposition de l’amour en tant qu’émotion qui était perçue sur le mode religieux comme transcendantale. La forme stable de l’amour est devenue un problème sociologique, un problème à nous-mêmes, une question que nous traitons à l’infini. Il y a dans ce titre une sorte de diagnostic de civilisation : le concept de non-amour qualifie le mieux l’état des rapports intimes aujourd’hui. Durkheim parlait d’« anomie » pour qualifier la façon dont les liens sociaux se défont. La rupture des liens intimes, potentiels ou réels, est aujourd’hui productive, c’est-à-dire liée à l’usage des réseaux sociaux, de la technologie et de la consommation. Cette anomie génère une grande activité sociale et économique. Avec les réseaux sociaux, les sites de rencontres et les applications tels que Tinder, les moyens de chercher l’amour, sont démultipliés, mais deviennent vite le lieu d’expression de différences entre les sexes et les genres. Plus qu’un manque de désir, je vois dans cette non-sociabilité l’affirmation d’une position de pouvoir. Dans une relation, la personne la plus détachée est toujours celle qui détient le pouvoir. La confiance a été définie par un économiste comme la capacité de se rendre le premier vulnérable. Ce sont les mécanismes sociaux permettant que quelqu’un se rende vulnérable le premier qui font de plus en plus défaut.

    Si les relations prennent fin, le couple demeure le modèle social dominant…

    Absolument mais le chemin pour y arriver a changé. Et cela n’a rien d’anecdotique. L’institutionnalisation de la sexualité d’une nuit génère des changements profonds dans les parcours biographiques, et dans l’outillage mental et psychologique dont les acteurs doivent être munis. On a échangé la liberté pour l’instabilité généralisée. L’incertitude préside à la formation des liens, elle est aussi à l’œuvre dans les liens eux-mêmes. J’examine dans ce livre l’incertitude comme problème et mécanisme social. Elle touche nos sentiments mais aussi ceux d’autrui et génère de la souffrance. On a souvent pensé la souffrance amoureuse comme relevant du domaine du psychologique, pour moi, il s’agit d’une expérience sociale qui touche notamment les femmes mais aussi les hommes comme le montre le phénomène des Incel, les célibataires involontaires dont Houellebecq parlait déjà dans son livre Extension du domaine de la lutte. Ils sont les laissés- pour-compte de ce nouveau marché néolibéral de la sexualité.

    Comment expliquer cette décomposition de ces liens ?

    Le désamour est le résultat de forces sociologiques plus générales. Elle est d’abord une conséquence de la libération sexuelle au tournant des années 60 et 70. Le féminisme et la libération sexuelle ont eu pour effet de rendre légitime la sexualisation des rapports, la séparation entre émotions et sexualité. Mon idée est périlleuse dans une époque qui fait de la liberté une valeur suprême, mais j’ai voulu travailler sur les pathologies de la liberté, analyser comment cette valeur devient institutionnalisée dans des technologies et organisations capitalistes et transforme le moi et les liens de l’intérieur. Ce sont les hommes qui tirent leur épingle du jeu de cette libération sexuelle parce que le capital sexuel qui se traduit par l’accumulation des relations sexuelles est devenu un attribut de la masculinité contemporaine alors qu’elle est en contradiction avec une certaine forme de l’identité féminine qui peut être de l’ordre du soin, tournée davantage vers l’affectif et le relationnel. L’institutionnalisation de la sexualité a pour effet de déstructurer toutes les normes, les rituels ou les règles avec lesquels les gens se rencontraient et créaient du lien.

    L’essor du capitalisme va jouer aussi un rôle essentiel, notamment les industries scopiques qui vont extraire une plus-value phénoménale du corps des femmes et qui vont marchandiser comme jamais dans l’histoire le corps sexualisé des femmes. Le sujet sexuel contemporain est un sujet économique. La sexualité est devenue économique.

    La libération sexuelle aurait selon vous profité davantage aux hommes, des sociologues ont pourtant montré que certaines femmes sont très heureuses des relations éphémères…

    Dire qu’on prend du plaisir à la sexualité ne veut pas dire qu’on ne souffre pas des conditions générales de l’hétérosexualité contemporaine. Mon livre est une ethnographique critique de l’hétérosexualité, il s’agit de comprendre l’interaction entre liberté et inégalités, davantage à l’œuvre dans les couples hétérosexuels que dans les couples homosexuels, et sans doute plus vraie pour la génération baby-boom que pour les « millennials ». L’expérience sociale que je décris est éminemment ambivalente, la libération sexuelle a été une source de plaisir, de pouvoir et d’autonomie pour les femmes mais génère aussi de la souffrance sociale qu’il convient de théoriser.

    Le choix multiple de partenaires via les applications de rencontres n’est-il pas une cause spécifique de ce désordre affectif ?

    Tinder est une forme sociale qui s’inscrit dans l’histoire de la libération sexuelle en levant les barrières sociales et morales sur la sexualité. Nous pouvons désormais avoir des relations sexuelles avec tout le monde. Or, la mécanique du désir s’accommode mieux de la rareté. De plus, nous sommes devenus des machines évaluatives : on approche les autres moins sur le mode épiphanique de l’amour et davantage comme l’effet d’une évaluation et d’un choix sur le mode de la consommation. On recherche sur les sites de rencontres une adéquation des goûts qui, loin de faciliter les relations, les empoisonnent. Plus on rencontre des personnes, plus on prend conscience de ce qui leur manque. Tout ce processus s’inscrit dans une nouvelle phase de l’individualisme où le moi s’affirme précisément par ce qu’il rejette.

    #Eva_Illouz #hétérosexualité #non-amour #relation #relation_de_pouvoir #pathologies_de_la_liberté #moi

  • La politique des putes

    Océan réalise, avec « La #Politique_des_putes », une enquête en immersion dans laquelle il tend le micro à des travailleuses·rs du sexe. Elles disent le stigmate, la marginalisation, la précarité, les violences systémiques mais aussi les ressources et l’empowerment. Pour elles, l’intime est résistance. Dix épisodes de 30 mn pour briser les préjugés.



    La Politique des putes (1/10) - Travailler
    La Politique des putes (2/10) - Stigmatiser
    La Politique des putes (3/10) - Militer
    La Politique des putes (4/10) - Choisir
    La Politique des putes (5/10) - Désirer
    La Politique des putes (6/10) - Migrer
    La Politique des putes (7/10) - Soigner
    La Politique des putes (8/10) - S’échapper
    La Politique des putes (9/10) - Agir
    La Politique des putes (10/10) - Construire

    http://www.nouvellesecoutes.fr/podcasts/intime-politique

    #sex_work #prostitution #patriarchy #capitalism #feminism #wage_labor #whorephobe #whorephobia #pimping #stigma #bias #prejudice #stigmatization #discrimination #systemic_violence #instiutional_violence #heterosexual_concept #sexual_education #normalisation #abolotionism #black_and_white #subventions #decriminalisation #penalty #laws #rights #transphobia #domination #marginalisation #vulnerability #invisbility #undocumented #isolation #fear #police_harassment #physical_violence #rape #precarity #affirmation #empowerment #dignity #trust #solidarity #network #community #choice #perception #society #associations #seropositive #access_to_healthcare #suicidal_thought #debt #menace #voodoo #exploitation #trafficking #migration #borders #family_pressure #clients_image #mudered #testimony #interview #podcast #audio #France #Paris

    “sex work is not dirty - dirty are all the representations about sex work” (La politique des putes 7/10, min 7).

  • Le pouvoir de l’amour
    https://emmaclit.com/2020/03/22/le-pouvoir-de-lamour

    Salut à toutes et tous, en ces temps confinés j’ai pensé vous mettre à disposition cette histoire inédite de mon tome 3 « La charge émotionnelle ». Je souhaite plein de courage à toutes celles et ceux qui galèrent, qu’on soit obligé·es d’aller travailler, par la nécessité ou par nos patrons, ou qu’on soit confiné·es seul·es ou avec des petits à gérer. Source : Emma

  • Sexualité : en finir avec les injonctions paradoxales

    « Il faut pimenter sa vie sexuelle », « le sexe est meilleur quand il fait un peu mal »... Les femmes sont victimes de matraquage, dénonce Maïa Mazaurette dans une chronique « coup de gueule ». Car comment réussir à s’écouter quand on demande de considérer l’insulte comme un compliment et la douleur comme un plaisir ?

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/02/23/sexualite-en-finir-avec-les-injonctions-paradoxales_6030503_4500055.html

    ...quand un homme dit non, personne ne vient lui expliquer qu’il pense oui. Parce que quand il a mal, personne ne prétend que c’est pour son bien, que ça n’a pas d’importance, ou qu’il doit réessayer pour s’habituer. Aucun magazine masculin ne propose de se frotter le pénis contre une râpe à fromage avant un rapport pour « pimenter » ses ébats.

    Le point commun de ce matraquage est simple : aux femmes, et aux femmes seulement, on demande de nier leur propre ressenti. Pas parce qu’elles sont folles, mais parce que leur ressenti constitue un bâton dans les roues des partenaires égoïstes (tous les hommes ne sont pas égoïstes). Si les femmes cessent de se faire confiance, alors on peut leur faire subir absolument n’importe quoi : en l’occurrence des violences, des injures, des rapports non désirés et des techniques sexuelles inefficaces.
    Tour de passe-passe

    Dans son ouvrage Pourquoi le patriarcat ? (Flammarion, 2019), la psychologue américaine Carol Gilligan raconte comment la construction de l’identité féminine repose sur ce tour de passe-passe. Vers la pré-adolescence, les filles apprennent à dire « I don’t know » (« je ne sais pas »), tandis qu’encore plus tôt, les petits garçons apprennent à dire « I don’t care » (« je m’en fiche »).

    Cette réduction au silence de ses propres émotions génère des conséquences bien réelles, comme des troubles de la concordance sexuelle. Les travaux de la sexologue américaine Meredith Chivers démontrent en effet que même quand les femmes ressentent une excitation physique (afflux sanguin dans les zones génitales, lubrification), elles n’en sont pas toujours conscientes. Exactement comme s’il existait une barrière invisible entre la tête et le corps.

    Cette discordance est probablement multifactorielle (autocensure, tests mal adaptés, etc.), mais tout de même : comment s’écouter soi-même, quand notre culture sexuelle nous demande en permanence de considérer l’insulte comme un compliment, la douleur comme un plaisir, ou le ressentiment comme un motif de désir ? Quand il faut en permanence « transcender » les signaux les plus élémentaires du corps ?

    Ces aphorismes ne concernent d’ailleurs pas seulement le champ sexuel : « la force des femmes, c’est leur faiblesse », « Les plus visibles sont les plus minces », « L’accouchement est le plus beau jour de leur vie ». On fait comme si les femmes étaient irrationnelles (ce qui revient à les psychiatriser), alors que c’est la logique sous-jacente qui est irrationnelle. Et abusive. « Elle dit non, elle pense oui », « elle dit oui, elle pense oui », « quand on aime son conjoint, on lui donne des rapports », « quand on déteste son conjoint, on lui donne des rapports » : la ficelle est énorme, et nous valons mieux que ces discours littéralement aberrants.

    #sexisme #injonction_paradoxal #catch22 #domination_masculine #hétérosexisme #hétérosexualité #amour #haine #culture_du_viol #BDSM #porno

  • CRITIQUE DE LA FEMINITE ET DE L’ HETEROSEXUALITE | Irrédentiste !
    https://sporenda.wordpress.com/2020/02/02/critique-de-la-feminite-et-de-l-heterosexualite

    La féminité est un comportement appris qui est re-acté tous les jours de la vie d’une femme dans son interaction avec les hommes. Le comportement « féminin » exprime la déférence. Les filles et les femmes sont censées prendre peu de place, s’asseoir en croisant les jambes, les bras collés au corps, garder les yeux baissés et ne parler que quand on leur parle …

    La masculinité est aussi un comportement appris, qui manifeste la dominance et maintient la place des hommes dans la classe dominante. ..
    La masculinité et la féminité sont érotisées pour créer la sexualité de la suprématie masculine, que j’appelle désir hétérosexuel. Par le terme « désir hétérosexuel », je ne veux pas dire « désir pour le sexe opposé » mais un désir qui est organisé autour de l’érotisation de la domination et de la soumission.

    Ce type de désir procède du système politique de l’hétérosexualité, dans lequel la soumission des femmes est vue comme naturelle et comme définissant ce qu’est » la sexualité ». Le mot « hétéro » dans « hétérosexualité » signifie « autre », dans ce type de désir, un des participants est « altérisé », ou réduit à un statut de subordination par une sexualité objectifiante inscrite dans un rapport dominant/dominée.

    La différence entre les sexes qui est censée produire l’excitation dans la sexualité hétérosexuelle n’est pas naturelle, elle est politique, c’est une différence de pouvoir. Le désir hétérosexuel est formé à partir de la soumission des femmes, et celle-ci est requise pour qu’il y ait excitation.

    (#Sheila_Jeffreys, article « Heterosexuality and the Desire for Gender » dans le livre « Theorising Heterosexuality » , edit. Diane Richardson, Open University Press, 1996, traduction Francine Sporenda.)

    #hétérosexualité #domination_masculine
    @touti

  • J’ai été un violeur ? (discussion avec des féministes)
    https://www.youtube.com/watch?v=u1t--qEn1F4

    Je découvre la polémique autour de cette video posté il y a trois jours.
    Voici ce que disent les deux féministes invitées par ce vidéaste.

    L’introduction et le titre sont une mise en scène qui permet ensuite de parler de la « culture du viol ». Je n’ai violé personne et je n’ai jamais forcé personne. Le message principal de la vidéo était : « tous les hommes sont des violeurs car leurs comportements sont conditionnés par la culture du viol ». J’ai dit que j’étais un violeur parce que j’ai voulu incarner cette idée et inviter les hommes à se remettre en question.

    J’estime que ma domination masculine imprégnée de la culture du viol doit être remise en question. Je ne peux donc pas me « rendre à la police pour avouer mon crime » car ce n’en est légalement pas un.
    Mais je peux essayer de remettre en question mes privilèges et ceux de tous les hommes cis pour que soit mise en place une « culture du consentement ».

    Je présente mes excuses à toutes les victimes de viol qui ont pu souffrir suite à cette vidéo. Mon objectif n’était clairement pas d’avouer mon viol et d’obtenir un « pardon », mais de mettre en avant des comportements que beaucoup de couples ont connu.

    Je tiens également à présenter mes excuses à nos deux invitées féministes qui m’avaient alerté sur les conséquences possibles de cette introduction. Leur message a été obstrué par mon intro maladroite et c’est dommage. Elles ne sont pas responsable de tout ça.

    ►Si vous êtes victime de :

    Viol : appelez le 0.800.05.95.95
    Violences Conjugales : appelez le 3919
    (numéros gratuits et anonymes)

    #culture_du_viol #viol #male_gaze #violophilie #féminisme #hétérosexualité

  • Une application de rencontre basée sur l’ADN, l’idée folle de ce généticien
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/george-church-veut-creer-une-application-de-rencontre-basee-sur-ladn_

    George Church, professeur à Harvard, veut mettre en relation des personnes compatibles pour ne pas transmettre de maladies génétiques. Beaucoup crient à l’eugénisme. Et si une application vous permettait de trouver votre âme-soeur, tout en étant certain d’être “compatible génétiquement” ? En clair, de ne transmettre aucune maladie génétique à votre futur enfant ? C’est le défi aux relents eugénistes que le généticien de Harvard, George Church, a décidé de se lancer. Dans une interview donnée à l’émission (...)

    #génétique #santé #SocialNetwork #prédiction

    ##santé

  • Le complexe d’universalisation : révélateur du déni de l’oppression patriarcale
    https://blogs.mediapart.fr/aurex/blog/291119/le-complexe-d-universalisation-revelateur-du-deni-de-l-oppression-pa

    Une professeure de sociologie nous apprends en cours que lorsqu’elle fait des interventions sur les violences masculines, elle se trouve presque obligée de commencer par une phrase en introduction « Oui, les hommes aussi sont victimes de violence », sinon, quelqu’un dans la salle le lui fera remarquer. Plusieurs amies et collègues se mettant en couple avec un homme séparé m’ont fait part de la « perversité narcissique » de l’ex femme du compagnon, particulièrement folle et calculatrice, décidée à pourrir la vie de leur compagnon, et la leur, donc, indirectement. Quand bien même ce compagnon a un casier judiciaire pour violence sur cette ex-compagne. « Elle a menti, il lui a juste tenu les poignets parce qu’elle l’a poussé à bout ». Je retrouve ce discours chez des amies dont c’est le frère ou le beau frère qui est victime de cette « hystérisation » de l’ex-compagne. Enfin, lorsque l’affaire de l’assassinat d’Alexia Daval a fait surface, une amie m’a dit avoir calculé le temps que l’on met pour étrangler quelqu’un : 7 minutes, à ses yeux, la mari d’Alexia Daval mentait, cela ne pouvait pas être une réaction spontanée de violence sans prise de conscience de l’acte. Ouf, je me dis. Mais quelques minutes plus tard, l’argument de la femme castratrice revient timidement, comme circonstance atténuante, même si elle n’y croit pas vraiment.

    Dernier exemple : une actrice explique qu’elle a été victime de violence de la part d’un ex conjoint : il l’a strangulé et lui a frappé le visage pendant qu’elle était inconsciente : la mâchoire et le menton ont été fracturés, elle a perdu 8 dents. Mais dans son discours, elle a quand même placé « ce n’est pas contre les hommes, c’est contre quelques hommes, et je connais un homme qui a été battu par sa femme, c’est une question sur l’humain en général ».

    #masculinité #féminicide #hétérosexualité #couple #amour #assassinat #humanisme #hommerie #backlash

  • L’inquiétante banalisation des violences pendant les rapports sexuels consentis
    https://amp.lepoint.fr/2350286

    « J’étais choquée. Je me sentais mal à l’aise et humiliée. Si quelqu’un vous frappait ou vous étranglait dans la rue, ce serait considéré comme une agression. » Anna, une jeune Britannique de 23 ans, explique par le menu à la BBC (en anglais) comment la violence physique s’est immiscée à de nombreuses reprises durant l’acte sexuel. Baffes, étranglement, crachats… Comme elle, plus d’une Britannique sur trois âgée de moins de 40 ans aurait déjà été violentée par un homme pendant l’amour, selon une longue étude publiée jeudi 28 novembre 2019 par le média anglais. Parmi elles, 20 % affirment avoir été bouleversées ou apeurées par cette expérience.

    Le Centre pour la justice des femmes s’inquiète « de la pression croissante qui pèse sur les jeunes femmes de consentir à de tels actes. « C’est probablement dû à l’accessibilité, à la normalisation et à l’utilisation généralisée de la pornographie extrême », analyse l’association interrogée par la BBC. « C’est une épidémie silencieuse. Les gens le font parce qu’ils pensent que c’est la norme, mais cela peut être très dommageable. Ce que nous voyons, c’est que, pour beaucoup, cela dévalue la relation et, dans le pire des cas, banalise la violence », développe le psychothérapeute Steven Pope.

    https://www.bbc.com/news/uk-50546184
    #hétérosexualité #hétérosexisme #violences_masculines #sexualité

  • The fatal, hateful rise of choking during sex | Society | The Guardian
    https://www.theguardian.com/society/2019/jul/25/fatal-hateful-rise-of-choking-during-sex

    Since December last year, a group of women have attempted to gather “sex games gone wrong” defence killings under one place – the website We Can’t Consent to This. In the decade since Vicky’s murder, such killings have risen by 90%. Two thirds involve strangulation.

    In the UK, it’s routinely minimised at every level. It’s presented as a momentary loss of control

    Strangulation – fatal and non-fatal – “squeezing”, “neck compression” or, as some call, it “breath-play” – is highly gendered. On average, one woman in the UK is strangled to death by her partner every two weeks, according to Women’s Aid. It is a frequent feature of non-fatal domestic assault, as well as rape and robbery where women are the victims. It is striking how seldom it is seen in crimes against men.

    Numerous studies have shown that non-fatal strangulation is one of the highest markers for future homicide, which is why Australia, New Zealand, Canada and most US states have developed preventative legislation to strengthen police, prosecutorial and sentencing policies that surround it. In most US states, for example, it is now compulsory for police to charge strangulation assaults as felonies. Yet in the UK, they can fall under battery – the mildest assault possible.

    #hétérosexualité #violence_masculine #féminicide #amour

  • « Avec les traitements, on perd sa féminité »
    https://www.liberation.fr/france/2019/08/27/avec-les-traitements-on-perd-sa-feminite_1747641

    Quand elle se découvre dans le miroir, Isabelle semble aussi surprise que ravie. Ses mains aux ongles vernis placées près de ses lèvres d’un rouge assorti, la coquette quadragénaire s’amuse à jouer les midinettes en prenant la pose. « Tu fais très pin-up dans ta robe à motifs fraises », la complimente Amélie Cosneau, socioesthéticienne. « Il ne me manque que les cheveux », tranche Isabelle, tout sourire.

    #cancer #misogynie #hétérosexisme #male_gaze #cheveux

    • J’entends qu’il y ait des femmes qui ont besoin de ce genre de lieu. Personnellement (et après un cancer du sein) ça me fait fuir comme tout lieu de standardisation et renforce mon besoin de solitude. J’ai pas non plus envie que ma vulnérabilité soit utilisée pour me faire croire qu’appartenir à un groupe qui se repeint le corps comme le veulent les hommes va m’aider à aller mieux.
      J’ai besoin au contraire qu’on arrête de classer les femmes par leur attrait physique pour leur faire croire que leur identité dépend de leur corps. Que dans tous les espaces s’ouvre la bienveillance aux autres et pas seulement dans les espaces qu’on réserve aux handicapé·es en les maquillant en Valides.
      Accepter ses cicatrices, qu’elles soient de l’âme ou du corps, c’est toute la vie que ça devrait se passer et en tous lieux.

      Hier comme aujourd’hui, jem’en fous de ne pas me conformer à ce qui doit plaire aux autres, du moment que je suis en juste accord avec moi même.
      il me semble qu’une société qui entretient par tous moyens de tels tabous sur les corps non conformes (surtout lorsque cela est pavé de bonnes intentions) en tentant toujours de masquer lorsqu’elle ne les ignore pas les effets de la maladie sur le corps nourrit la ribambelle de déceptions et de violences qui en découlent. Devoir en plus résister à des groupes comme celui-là, merci, non, pas besoin.

    • C’est en te lisant @vraiment que j’ai compris le problème avec ce genre de lieu et l’assignation au #male_gaze
      Je me souviens aussi que tu expliquait qu’il n’existait rien pour aider les femmes à supporter les difficultés liées au cancer aussi bien physiques que sociale, psychologiques, économiques, on s’arrange seulement pour que les femmes restent agréables à regarder pour les autres.
      J’ai pensé à toi en postant ici cet article
      Il existe aussi le même type d’ateliers pour les femmes au chaumage.
      Merci pour le partage de ton expérience et de ta réflexion sur ce sujet tabou.

    • Merci @mad_meg j’en suis très honorée :)
      Je considère qu’avoir traversé cette merde m’a permis de capter un espace inconnu. J’espère en relatant mon expérience aider d’autres personnes, notamment à faire fi des conformismes validistes et de l’assignation à l’#autosexisme des femmes.

  • Hôtesses : le tour de France du sexisme | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/helena-berkaoui/blog/010819/hotesses-le-tour-de-france-du-sexisme

    Une pétition pour « la fin des hôtesses podium » sur le tour de France, il n’en fallait pas plus pour déclencher une fureur insensée au pays de l’amour courtois. Sur les réseaux sociaux, les attaques contre les féministes déferlent. Coupables de pudibonderie, quand elles ne sont pas soupçonnées de vouloir mettre toutes les hôtesses du pays au chômage. Voilà ce que coûte le fait de remettre en cause le caractère foncièrement sexiste des hôtesses podium. Un enseignement en soi. Mais au-delà de cette vague de haine misogyne, certaines questions doivent être posées. Celle de la condition des hôtesses, celle du #sexisme intrinsèque de cette profession et celles des nombreuses dérives existantes : #discriminations , paupérisation, #harcèlement ...

    Être hôtesse n’est pas une sinécure. Être hôtesse implique d’être traitée différemment. Avec un savant mélange de mépris de classe mâtiné de #sexisme . C’est être draguée comme si vous étiez là pour ça, comme si vous deviez vous en réjouir. C’est souffrir péniblement les palabres d’hommes, les « compliments » dont on se passerait bien volontiers. Cette drague n’est pas commune, c’est une prise de pouvoir brutale qui pourrait aisément se traduire par : « Tu es une femme, tu es jeune et tu es précaire ». Être environné d’hôtesses est un privilège de classe. Ces hommes ne se permettraient pas de tels comportements dans d’autres contextes. Je parle ici de « drague lourde » mais cela peut évidemment aller plus loin, jusqu’aux #violences_sexuelles. Vous n’imaginez pas à quel point les hommes peuvent être tactiles avec les hôtesses.

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    La pétition lancée par des militantes féministes allemandes et soutenue, entre autres, par Fatima Benomar a déclenché des attaques enragées, invraisemblables. Fatima Benomar, qui a l’outrecuidance d’être racisée en plus d’être féministe, a fait face à une violence effarante mais pas si surprenante. Gabrielle Schütz explique que la fonction d’hôtesse permet la « réassurance des identités sexuées », elle est un prolongement, dans l’entreprise, « du travail féminin dans la sphère domestique ». Toucher à cette profession, remettre en cause ses fondements, suppose de bouleverser un ordre établi. En cela, la colère des hommes en dit beaucoup plus sur la bonne santé du patriarcat que sur le débat en lui-même. Ces défenseurs des droits des hôtesses autoproclamés sont beaucoup plus discrets lorsqu’il s’agit d’égalité salariale ou de revalorisation des professions féminisées.

    #male_gaze #travail #hétérosexisme #hôtesses #femmes

  • Israël : les « héros » douteux d’une sordide affaire de viol à Chypre - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/07/31/israel-les-heros-douteux-d-une-sordide-affaire-de-viol-a-chypre_1742828

    Les scènes de liesse accompagnant le retour d’un groupe d’ados israéliens blanchis dans une affaire de viol en réunion à Chypre ont secoué le pays, alors qu’un débat autour de la « masculinité toxique » et la « culture du viol » venait de s’y ouvrir.

    #viol #culture_du_viol #fraternité #héroïsme #virilité #hétérosexualité #justice #religion #misogynie #masculinité

  • La pilule du lendemain prise au piège des pipeaux
    https://www.liberation.fr/france/2019/07/31/la-pilule-du-lendemain-prise-au-piege-des-pipeaux_1743083

    Face aux manquements au code de la santé publique, l’Ordre des pharmaciens se dit en alerte. « J’invite les femmes à signaler les incidents au conseil régional de l’Ordre, insiste Pierre Béguerie. Après un dépôt de plainte, nous pouvons engager une action disciplinaire. » Méconnus du grand public, les signalements sont encore « rares, voire inexistants ». « C’est indispensable de faire remonter les problèmes, on ne peut pas accepter une attitude déplacée de la part de nos confrères, soutient le président du conseil central. Informer est au cœur de notre métier, y contrevenir peut entraîner jusqu’à la radiation. »

    #misogynie #contraception #femmes #hétérosexualité #culture_du_viol

  • « Beurette » : pourquoi la 1ère recherche pornographique de France pose question - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/beurette-pourquoi-la-1ere-recherche-pornographique-de-france-pose-questio

    Une image sexualisée, qui repose également sur l’idée de la soumission : la « beurette » serait contrainte à la virginité, à la pudeur par les hommes de sa famille. Dès lors, elle aurait besoin d’être « libérée sexuellement ». Fatima Khelimat cite l’exemple des cérémonies de dévoilement pendant la décolonisation, les femmes arabes se voyaient retirer leur voile en public, un événement symbole de leur « libération ».

    Au quotidien, Nesrine a pris conscience des clichés sexuels dont elle peut faire l’objet. « Un de mes premiers copains avait une fascination ethnique, se rappelle-t-elle. Il voulait absolument sortir avec une fille arabe. J’avais 17 ans. Depuis, je pense que certains sont sortis avec moi pour ça. »

    Liza et Nesrine reconnaissent également qu’au sein-même des communautés arabes et nord-africaines, le terme « beurette » est utilisé de manière péjorative. À ce niveau communautaire, il est utilisé « pour qualifier une femme aux mœurs jugées légères », explique Liza. Il existe également le terme « beurette à khlel » pour désigner toute femme arabe ayant des relations amoureuses ou sexuelles avec des hommes noirs.

    « Il y a cette idée que chaque femme, du fait de sa catégorie ethno-raciale appartiendrait aux hommes de cette catégorie », explique Fatima Khelimat. Que ce soit au sein de sa communauté ou en dehors, les femmes arabes se retrouvent nécessairement stigmatisées pour leur sexualité.

    Sur les sites pornographiques, elle se trouve objet de fantasmes mêlés à d’autres recherches misogynes effarantes telles que « viol », « pute » ou « salope ». Conscient de la gravité de ces mots-clés communiqués par xHamster.com (qui n’a pas répondu à nos sollicitations), le collectif Nta Rajel, a voulu marquer le coup. « C’est une manière de se réapproprier notre voix », explique Liza.

    #racisme #culture_du_viol #hétérosexualité #misogynie #colonialisme #porno-racisme #domination

  • Facebook : le groupe sexiste « Femmes indignes » dans le viseur de la justice - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/high-tech/facebook-le-groupe-sexiste-femmes-indignes-dans-le-viseur-de-la-justice-0

    « Chiennes », « escabeaux », « salopes », « trous » ou, pire, « LV » pour « lave-verge » ou « lave-vaisselle ». Sur un groupe Facebook nommé « Femmes indignes 6.0 résurrection », des hommes rivalisaient de vulgarité pour désigner les femmes, révèle 20 Minutes. Début 2017, leur groupe secret réunissait ainsi 56 000 membres. Aucune femme parmi eux et pour cause : il n’était accessible qu’aux internautes cooptés.

    Leur passe-temps : partager des photos de femmes ou de jeunes filles dénudées. Souvent prises de dos, pendant un acte sexuel, sans le consentement de celles qui y figuraient. Dans les commentaires fleurissaient propos humiliants, injurieux et misogynes et incitations à la violence contre les femmes, vues comme des objets sexuels ou ménagers.

    Le groupe a finalement été supprimé par Facebook après de nombreux signalements parce qu’il « ne respectait pas les standards de la communauté en matière de nudité et de pornographie ».

    Mais selon les avocats du Collectif féministe contre le viol cités par 20 Minutes, il se pourrait que certaines jeunes femmes soient mineures. L’association a donc porté plainte en 2017 pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et « mise en péril de mineurs ».

    Faute d’éléments suffisants sur l’identité des femmes humiliées sur le groupe, la plainte a été classée sans suite en février 2018. Le Collectif a persévéré : un mois plus tard, une nouvelle plainte a été déposée pour « injure publique à caractère sexiste » et « incitation publique à la violence en raison du sexe ». Le parquet de Paris a alors ouvert une enquête confiée à la brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP) de la police judiciaire.

    Mais les policiers se heurtent à l’opacité de Facebook. Le réseau social refuse de communiquer les identités des administrateurs et membres les plus actifs du groupe.

    Une difficulté qui pourrait être levée. Le 25 juin dernier, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, a annoncé que Facebook s’engagerait désormais à fournir les adresses IP quand elles seront demandées par des magistrats français, y compris dans des dossiers liés aux cyberviolences.

    Seconde difficulté : caractériser l’injure « publique » sur un groupe « secret », donc accessible uniquement à un nombre limité d’utilisateurs. La peine encourue pour une injure publique à caractère sexiste est de six mois de prison et de 22 500 euros d’amende.

    Les groupes sexistes ne manquent pas sur Internet. En 2017, deux groupes au fonctionnement similaire, « Babylone 2.0 » et « Garde Ta Pêche » - partage de photos de femmes dénudées sans leur consentement accompagnées de commentaires injurieux et misogynes - avaient fait scandale. Malgré l’indignation publique, et politique, aucune plainte n’avait été déposée et les groupes simplement fermés par Facebook.

    #misogynie #haine #sexisme #pornographie #hétérosexualité #facebook #non-mixité #fraternité #Lave-vaisselle

  • « La drague est anti-féministe » | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1561380437-drague-anti-feministe-Valerie-Rey-Robert

    Depuis MeToo, on entend beaucoup que les hommes ne peuvent plus draguer. Est-ce mal ?

    Non. Je les trouve indécents. Des femmes racontent les souffrances par lesquelles elles sont passées. Et le fait que, en face, des hommes racontent : « Ouais mais moi j’ai envie qu’on me suce la bite » – c’est à ça que ça revient – c’est extrêmement indécent.

    Et, par ailleurs, ils ont raison d’avoir peur. Parce que certains ne vont plus pouvoir se comporter comme ils le faisaient. DSK, par exemple, avait visiblement des comportements de prédateur répétés – il était connu pour ça non ? – et continuait autant qu’il le voulait. C’est une question d’époque. Pour les femmes de l’âge de ma mère, c’était normal. Ma mère me racontait que dans les soirées étudiantes de droit et de médecine, il fallait savoir enlever ses talons hauts très vite, pour courir au bon moment. Et il ne fallait pas trop boire, sinon, comme elle le disait, « on y passait ». C’était totalement intériorisé par les femmes. Et une partie des hommes ne pourra aujourd’hui plus baiser non plus. Certains ont construit leur façon d’avoir des relations sexuelles sur l’acharnement, jusqu’à ce que les femmes cèdent. C’est fini ! Et comme certains sont trop inintéressants, moches, pas séduisants, sans humour, pas intelligents, et qu’ils ne pourront plus forcer, ces mecs-là vont rester sur le carreau. Ils vont devoir être ingénieux et plein d’humour au lieu d’insister comme des porcs.

    #hétérosexualité #harcelement #drague #espace_public #culture_du_viol #galanterie #sexisme

    • Je vous suis complétement dans votre raisonnement, et j’en profite pour partager vos mots autour de moi.
      Cependant, il reste une question qui me trouble un peu et que AOFobb soulève : quelle est la différence entre « rapports de séduction » et « drague » ?
      A part l’aspect linguistique, je ne vois pas bien.

    • Cette histoire d’appropriation du temps évoqué par Valérie Rey-Robert me semble assez pertinente pour faire la distinction. De manière globale, le privilège masculin correspond d’ailleurs à une forme ou une autre d’appropriation du temps et/ou de l’espace des autres, phénomène auquel les femmes sont les premières à devoir se soumettre.

      La drague, c’est du vol de temps : faire perdre son temps à une femme, optimiser indument celui du prédateur.

      La séduction serait alors un rapport humain où l’on envisage justement de « prendre son temps » et de surtout pas s’accaparer celui de l’autre.

    • Le temps est un paramètre intéressant ici, merci. Mais alors.. la drague est la séduction sont de même nature ?!
      Il s’agirait d’un degré différent d’implication dans le temps de l’autre ?

      La séduction c’est du slow-drague ?!

      (Je pense à voix haute, excusez l’apparent jeu de rhétorique..)

    • Non, la séduction n’est pas de la « slow-drague », car un rapport au temps différent définit un rapport social et humain d’une autre nature et non pas d’une autre « intensité »

      C’est la même chose pour le travail dans la société capitaliste qui - en tant que rapport social, et même forme de synthèse sociale - est fondé sur le temps abstrait (et plus précisément sur une dialectique abstrait/concret au sein d’une dimension temporelle sociale spécifique à la dynamique du capital cf. Postone), catégorie qui n’existe tout simplement pas dans les sociétés non-capitalistes.

    • La drague ca viens de la pêche, ca consiste à raclé tout ce qui traine au fond des mers. Dragué une femme c’est la traité de trainée, de moule sur patte, de morue, de thon, limande, balaine, étoile de mer.... Dragué c’est essayé de chopper TOUT CE QUI PASSE, même les espèces non comestibles. Le dragueur attrape tout et fait le tri après, tant pis si les 3/4 des organismes du fond des mers sont morts dans l’opération. Le dragueur n’aime pas vraiment les poissons, il cherche seulement à dominer. Dominer les morues qui passent à sa porté sans leur maquereau - les punir pour cela et essayé d’en bouffé le plus possible au passage, mais surtout le dragueur veux dominer les autres maquereaux à qui il veux montré qu’il à la plus grosse vessie natatoire.

    • Merci pour ces juteux éclaircissements. Ca vous dérange si je publie à un cercle amical cet échange ? Les tournures de Mad Meg, toujours à point me font rougir de vérité ! Et la réponse, merci, cette analogie pêcheresse, située tout à fait comme il faut, indiquant bien que d’un point de vue à l’autre il est question de volonté, finalement. C’est pas du Schopenahaeur. Ou alors si, en mieux, et ça mérite attention. Cimer.

  • #Milena_Jesenska, le feu vivant (Prague 1896-Ravensbrück 1944)

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/milena-jesenska-le-feu-vivant-prague-1896-ravensbruck-1944


    Il disait d’elle qu’elle était un « feu vivant ». Milena Jesenska est connue pour avoir été la destinataire des plus belles lettres de Franz Kafka, les Lettres à Milena. Elle fut aussi traductrice, journaliste et résistante.
    Milena Jesenská
    Milena Jesenská

    Leur histoire d’amour, passion dévorante qui échoua au bout de quelques mois, est sans doute l’une des liaisons les plus fascinantes de la littérature. Son itinéraire à elle, si singulier, et si symptomatique de la Mitteleuropa du XXè siècle, l’est autant - si ce n’est plus. Mais c’est une histoire qu’on ne raconte jamais. Milena est restée un prénom.

    Elle fut pourtant dès les années 1920 l’une des journalistes tchèques les plus en vue, signant les chroniques cruellement justes d’un monde en train de disparaître. Féministe, communiste, résistante, elle fut arrêtée dès 1939 et déportée à Ravensbrück. Elle y rencontra la résistante allemande Margarete Buber-Neumann, avec qui elle vécut ce qui fut probablement sa dernière histoire d’amour, avant de mourir dans le camp en 1944. Margarete deviendra sa première biographe.

    L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites. Tentons aujourd’hui, malgré tout, d’entendre Milena Jesenska.

    #résistance