• Fabrice Leggeri, ex-directeur de Frontex et eurodéputé RN, visé par une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/24/fabrice-leggeri-ex-directeur-de-frontex-et-eurodepute-rn-vise-par-une-enquet

    Fabrice Leggeri, ex-directeur de Frontex et eurodéputé RN, visé par une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité
    Pour la première fois, la justice française devrait se pencher sur le rôle d’un ex-dirigeant de Frontex dans la tragédie migratoire en Méditerranée, à la suite d’une plainte de la Ligue des droits de l’homme.
    Le Monde avec AFP
    La Ligue des droits de l’homme (LDH) et l’association de défense des migrants Utopia 56 ont obtenu satisfaction après plus deux ans. Un juge d’instruction sera bientôt saisi pour enquêter sur l’eurodéputé RN Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, soupçonné de complicité de crimes contre l’humanité et de torture, a déclaré mardi 24 mars à l’Agence France-Presse (AFP) une source judiciaire.
    Frontex, agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières, était dirigée par Fabrice Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024, il a été l’une des prises du Rassemblement national, en rejoignant le parti d’extrême droite comme numéro 3 de sa liste pour les élections européennes. A la tête de Frontex, il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s’imposant comme un défenseur de l’imperméabilité des frontières européennes.
    La LDH l’accuse notamment d’avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques, d’après sa plainte déposée en 2024 dont l’AFP avait eu connaissance. Elle lui reproche d’avoir « fait le choix d’une politique visant à faire obstacle, quel qu’en soit le prix – en vies humaines notamment – à l’entrée des personnes migrantes au sein de l’UE ». Après un parcours procédural de deux ans, sa plainte a abouti à l’ouverture d’investigations sur décision le 18 mars de la cour d’appel de Paris, selon la source judiciaire. La chambre de l’instruction a déclaré « y avoir lieu à informer sur les faits tels qu’ils résultent de la plainte avec constitution de partie civile de la LDH », a poursuivi cette source. « M. Leggeri n’était pas informé de ces développements et n’a donc pas de commentaire à faire à ce stade », a réagi auprès de l’AFP son entourage.
    « Pour la première fois, un ou des juges d’instruction français vont examiner les conditions de la responsabilité pénale éventuelle de Fabrice Leggeri dans l’hécatombe qui a abouti à des milliers de morts en Méditerranée, enfants et femmes notamment », s’est, de son côté, félicité mardi l’avocat de la LDH, Emmanuel Daoud.
    Quelque 82 000 migrants sont morts ou portés disparus depuis 2014, principalement en Méditerranée (34 000), route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM).Un nombre sous-estimé, d’après la Mission d’appui des Nations unies (ONU) en Libye (Manul) et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), qui dans un récent rapport a évoqué les « violations graves » subies par les personnes migrantes « détenues arbitrairement dans des centres de détention officiels et non officiels » en Libye. Les moyens maritimes de surveillance de Frontex ont progressivement été remplacés par des moyens aériens, pour détecter plus tôt les embarcations et faire intervenir les gardes-côtes libyens plutôt que les gardes-côtes italiens ou maltais, dénoncent les ONG.

    #Covid-19#migration#migrant#france#UE#frontex#politiquemigratoire#sante#mortalite#droit

  • La France va enquêter sur l’ancien patron de Frontex pour complicité de crimes contre l’humanité - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70520/la-france-va-enqueter-sur-lancien-patron-de-frontex-pour-complicite-de

    La France va enquêter sur l’ancien patron de Frontex pour complicité de crimes contre l’humanité
    Par RFI Publié le : 24/03/2026
    La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a obtenu qu’un juge d’instruction français soit bientôt saisi pour enquêter sur l’eurodéputé d’extrême droite Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. Il est soupçonné de complicité de crimes contre l’humanité et de torture pour avoir mené une « chasse aux migrants » dans ses anciennes fonctions. Frontex, agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières, était dirigée par le Français Fabrice Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024, il avait rejoint le Rassemblement national (RN, extrême droite) comme numéro 3 de sa liste pour les élections européennes.
    À la tête de Frontex, il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s’imposant comme un défenseur de l’imperméabilité des frontières européennes. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) l’accuse notamment d’avoir « encouragé » ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques, d’après sa plainte déposée en 2024 dont l’AFP avait eu connaissance. Elle lui reproche d’avoir « fait le choix d’une politique visant à faire obstacle, quel qu’en soit le prix - en vies humaines notamment - à l’entrée des personnes migrantes au sein de l’UE ».
    Après un parcours procédural de deux ans, la plainte a abouti à l’ouverture d’investigations sur décision le 18 mars de la cour d’appel de Paris, a indiqué mardi 24 mars une source judiciaire à l’AFP. La chambre de l’instruction a dit « y avoir lieu à informer sur les faits tels qu’ils résultent de la plainte avec constitution de partie civile de la LDH », a poursuivi cette source.
    Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’était initialement estimé incompétent pour cette plainte, avait-il indiqué à l’AFP en août 2024. Les « mesures de refoulement reprochées aux autorités grecques ne constituent pas selon notre analyse des crimes contre l’humanité ou des actes de torture au sens de la convention de New York », avait-il expliqué. Par ailleurs, les « actes de torture qui ont pu être commis en Libye n’apparaissent pas pouvoir être imputés à Monsieur Leggeri ou à un autre ressortissant français », avait considéré le Pnat. Un juge d’instruction avait également décrété irrecevable la plainte, « pour des motifs juridiques », d’après le Pnat. Toutefois, mercredi, la chambre de l’instruction, saisie par la LDH, a eu une autre lecture.
    « Pour la première fois, un ou des juges d’instruction français vont examiner les conditions de la responsabilité pénale éventuelle de Fabrice Leggeri dans l’hécatombe qui a abouti à des milliers de morts en Méditerranée, enfants et femmes notamment », s’est félicité mardi l’avocat de la LDH, Emmanuel Daoud. Me Daoud a dénoncé une « chasse aux migrants et aux exilés organisée et coordonnée par Frontex sous l’impulsion de Monsieur Leggeri », avec « des ressources financières et techniques très importantes ». Il « a soutenu les gardes-côtes libyens alliés parfois à des organisations criminelles, ou en dissimulant des actions répréhensibles des garde-côtes ou des forces de police grecs », a-t-il affirmé."Monsieur Leggeri n’était pas informé de ces développements et n’a donc pas de commentaire à faire à ce stade", a de son côté réagi auprès de l’AFP son entourage.
    Quelque 82 000 migrants sont morts ou portés disparus depuis 2014, principalement en Méditerranée (34 000), route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un nombre sous-estimé, d’après la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) et du Haut-commissariat aux droits de l’Homme (HCDH), qui dans un récent rapport a pointé du doigt les « violations graves » subies par les personnes migrantes « détenues arbitrairement dans des centres de détention officiels et non officiels » en Libye. Les moyens maritimes de surveillance de Frontex ont progressivement été remplacés par des moyens aériens, pour détecter plus tôt les embarcations et faire intervenir les gardes-côtes libyens plutôt que les gardes-côtes italiens ou maltais, dénoncent les ONG

    #Covid-19#migrant#migration#france#UE#frontex#droit#politiquemigratoire#mortalite#sante

  • Au moins 18 migrants africains morts noyés au large des Comores ; trois personnes toujours portées disparues
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/03/19/au-moins-17-migrants-africains-morts-noyes-au-large-des-comores-quatre-perso

    Au moins 18 migrants africains morts noyés au large des Comores ; trois personnes toujours portées disparues
    Le Monde avec AFP
    Au moins 18 migrants d’un groupe se présentant comme des ressortissants congolais sont morts noyés après avoir été déposés près des côtes des Comores, a annoncé, jeudi 19 mars, le ministre de l’intérieur de cet Etat de l’océan Indien.
    Depuis plus de cinq ans, des groupes de migrants espérant rejoindre le département français de Mayotte, situé géographiquement dans l’archipel des Comores, sont débarqués près du littoral comorien, mais c’est la première fois que des corps sont repêchés, selon le représentant des Nations unies aux Comores, James Tsok Bot.Plusieurs des 30 survivants du drame, survenu mercredi ont déclaré que les passeurs leur avaient assuré qu’ils étaient à Mayotte. Trois autres personnes sont portées disparues. « Ceux qui sont vivants disent qu’ils sont des Congolais », a déclaré le ministre de l’intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, lors d’un point presse improvisé à Mitsamiouli, ville à la pointe nord de l’île de Ngazidja (Grande Comore), théâtre du drame.« Dans la nuit [de mercredi à jeudi], nous avons trouvé huit morts. Les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamiouli, pêcheurs et autorités. Ce matin, on a pu repêcher neuf corps, ce qui fait qu’actuellement nous avons 17 morts. Les gardes-côtes sont en train de rechercher les quatre corps disparus », avait ajouté le ministre lors d’un premier bilan.
    Les habitants de cette ville côtière située à 40 kilomètres de la capitale comorienne, Moroni, ont été alertés par des hurlements de détresse. « Nous étions en train de regarder le match [de football] Barça-Newcastle quand nous avons entendu des cris en provenance de la plage », raconte un jeune homme de Mitsamiouli ayant participé aux opérations de secours. « Nous avons trouvé des hommes, des femmes, des enfants. Ils ont dit qu’ils croyaient être arrivés à Mayotte. Le passeur les a déposés sur un banc de sable à quelques mètres de la plage et là, ils avaient pied, explique-t-il. Ils ont voulu rejoindre le rivage alors que beaucoup ne savaient pas nager. L’eau est en fait devenue plus profonde. »D’après James Tsok Bot, ces pertes de vie parmi des migrants débarqués aux Comores sont les premières enregistrées. « Cela montre vraiment l’aspect malheureux de ce mouvement qui est criminel », a accusé le représentant des Nations unies aux Comores.
    Un rescapé de 25 ans a raconté aux médias sur place son parcours depuis la République démocratique du Congo (RDC). Il a quitté la région congolaise du Nord-Kivu, déchirée par un conflit opposant les forces de Kinshasa au groupe antigouvernemental Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda. Après trois jours à traverser une forêt, il dit avoir rejoint en car Dar es-Salaam, ancienne capitale tanzanienne située sur la côte, à 700 kilomètres des Comores. « Là-bas, on a pris un bateau. Le périple a duré sept jours. Au début nous étions dans la cale du bateau. On a très vite senti que le capitaine s’était perdu. A un moment, nous n’avions ni pain ni eau », a témoigné le survivant, qui a ensuite été interrompu par les forces de l’ordre.
    En RDC, le M23 s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes parties de l’est de la RDC, région riche en ressources et ravagée par des conflits depuis plus de trente ans. Ayant choisi de rester français lors d’un référendum en février 1976, avant de devenir un département français en 2011, Mayotte est la destination de nombreux migrants dans cette zone. Près de la moitié de la population de Mayotte était étrangère en 2017, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques français.

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  • Méditerranée : hausse inquiétante de "naufrages invisibles”... | Seneweb -
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    Méditerranée : hausse inquiétante de "naufrages invisibles” de migrants
    Des corps retrouvés en mer, des embarcations portées disparues et des familles sans nouvelles. En Méditerranée, les disparitions de migrants se multiplient dans ce que les organisations humanitaires appellent désormais des « naufrages invisibles ». Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le début de l’année 2026 est le plus meurtrier jamais enregistré sur cette route migratoire. Plus de 600 morts ou disparus ont été recensés en janvier et février, un chiffre déjà alarmant mais probablement largement sous-estimé.
    En cause : un manque croissant d’informations. Les ONG dénoncent une réduction de la transparence de la part de plusieurs autorités, notamment en Italie, à Malte et en Tunisie, concernant les opérations de sauvetage et les naufrages. Cette situation complique fortement le travail de documentation. Faute de données fiables, de nombreux cas restent impossibles à vérifier. L’OIM a même dû créer une nouvelle catégorie pour recenser les disparitions non confirmées.
    Le phénomène s’est accentué après le passage du cyclone Harry en janvier, qui a frappé la région avec de fortes intempéries. Selon plusieurs organisations, des centaines de migrants partis des côtes tunisiennes auraient disparu en mer à cette période. Dans les semaines suivantes, des corps ont été retrouvés sur les côtes italiennes et libyennes, sans qu’un bilan précis ne puisse être établi.
    Les experts évoquent une “stratégie du silence”, accusant certaines autorités de limiter la diffusion d’informations sur ces drames. Une opacité qui empêche les médias et les ONG de confirmer les faits et de mesurer l’ampleur réelle de la crise. Pour les familles des disparus, l’incertitude est particulièrement douloureuse. Sans confirmation officielle, elles restent dans l’attente, sans savoir si leurs proches sont en vie ou morts. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de pressions politiques sur les organisations humanitaires, la surveillance de cette route migratoire devient de plus en plus difficile. Résultat : une partie croissante des drames en Méditerranée se déroule aujourd’hui hors des radars, transformant cette crise migratoire en tragédie silencieuse

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mediterranee#morbidité#mortalite#disparition#routemigratoire#OIM

  • Espagne : le corps d’un migrant retrouvé à Ceuta, le neuvième depuis le début de l’année - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70022/espagne--le-corps-dun-migrant-retrouve-a-ceuta-le-neuvieme-depuis-le-d

    Espagne : le corps d’un migrant retrouvé à Ceuta, le neuvième depuis le début de l’année
    Par La rédaction Publié le : 24/02/2026
    Le corps d’un migrant a été découvert samedi dans la baie nord de Ceuta, enclave espagnole frontalière avec le Maroc. Il s’agit du neuvième migrant décédé à cette frontière depuis le début de l’année. Ce sont les secours maritimes de Ceuta qui ont découvert le corps d’un migrant samedi dernier dans les eaux de la baie nord de l’enclave espagnole. Selon leur estimation, il était mort depuis plus de 15 jours. Le corps a été localisé vers 11h00 par le navire Isla Verde, à cinq milles de Ceuta, selon le journal local El faro de Ceuta, qui précise que l’état du cadavre rend toute identification ou reconnaissance visuelle impossible.
    Plus tôt le même jour, c’est le corps d’un père de famille marocain de 55 ans qui a été retrouvé au large des côtes. Abd al-Samad Ashqar avait quitté son pays le dimanche 15 février. C’est sa famille qui avait signalé sa disparition et l’a identifié. Quelques jours plus tôt, le 8 février, c’est cette fois-ci le corps d’un migrant subsaharien qui a été retrouvé près de la forteresse San Francisco de Asís. Selon le quotidien espagnol, il est mort d’hypothermie, notamment à cause des intempéries et des chutes de température dues à la période hivernale. En un mois, ce sont les cadavres de six exilés originaires d’Afrique subsaharienne qui ont été retrouvés dans ou autour de l’enclave espagnole. Ces dernières semaines, l’enclave de Ceuta et sa région ont effectivement été touchés par les tempêtes Marta et Ingrid, provoquant de fortes pluies et de puissantes rafales de vent. Et au total, au moins 9 migrants sont morts en mer ou proche de la barrière qui marque la frontière entre le Maroc et l’Espagne depuis le début de l’année.
    Un bilan notamment du à une explosion des arrivées. Entre le 1er janvier et le 15 février, 962 migrants ont atteint l’Espagne en passant par Ceuta, selon le ministère de l’Intérieur espagnol. Sur la même période l’année dernière, ce chiffre était de 137, soit une hausse de 602%. Les officiers de la Garde civile sont « à bout de souffle », affirmait à Europa press un membre de l’Association unifiée des gardes civils (AUGC). « Le flux est quotidien », les traversées ne sont « plus saisonnières », rapporte à l’agence de presse Rachid Sbihi, secrétaire de l’AUGC à Ceuta. « La pression est énorme sur terre comme sur mer ».

    #Covid-19#migrant#migration#ceuto#espagne#maroc#subsaharien#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalite#sante#frontiere

  • Immigration vers l’Europe : l’« impossible » décompte des morts en mer
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/23/immigration-vers-l-europe-l-impossible-decompte-des-morts-en-mer_6667941_321

    Immigration vers l’Europe : l’« impossible » décompte des morts en mer
    Par Mustapha Kessous
    Depuis que la mer Méditerranée et l’océan Atlantique sont devenus d’immenses cimetières pour exilés sans sépultures, la question divise ONG et institutions internationales : combien sont-ils à avoir disparu dans le silence des vagues, engloutis avec leurs rêves d’une autre vie en Europe ? Les bilans divergent : l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les associations d’aide aux migrants n’appliquent pas la même méthodologie pour le comptage des morts. Avec souvent des variations d’ampleur.
    Ce début d’année 2026 l’illustre : du 1er janvier au 23 février, au moins 606 personnes ont péri ou sont portées disparues en Méditerranée, toutes routes confondues, selon l’OIM. Un nombre qui marque, d’après l’agence des Nations unies, « le pire début d’année » et « le plus meurtrier » depuis 2014, date à laquelle sa recension des morts a débuté. Le cyclone Harry, qui s’est déchaîné, mi-janvier, en Méditerranée centrale, serait à l’origine de la plupart de ces disparitions. Mais des ONG – l’italienne Mediterranea Saving Humans et la libyenne Refugees in Libya – évoquent, elles, quelque 1 000 victimes.
    Côté Atlantique, mêmes dissonances. En 2024, sur la route des Canaries, l’OIM avait comptabilisé 1 215 morts et disparus, quand le collectif espagnol Caminando Fronteras en avait annoncé 9 757. Derrière ces écarts vertigineux, Helena Maleno, la fondatrice de Caminando Fronteras, insiste : « Il ne s’agit pas d’une guerre de chiffres. Nos approches de la réalité du terrain divergent tout simplement. »
    Depuis 2014, l’OIM a mis en place, sur son site Internet Missing Migrants, un suivi des disparitions dont les données sont publiques. « Les incidents ne sont enregistrés que lorsqu’il existe des informations suffisantes indiquant que des personnes ont effectivement perdu la vie », souligne un porte-parole de l’organisation. Celles-ci proviennent de diverses sources : des autorités (ministres, gardes-côtes, police, etc.) en Europe ou en Afrique, des bureaux de l’OIM dans les pays concernés, des médias, de survivants ou d’ONG.
    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) explique utiliser cette même méthodologie et échanger avec l’OIM des informations pour vérifier ses chiffres. Ainsi, depuis 2014, cette dernière a recensé la disparition de 6 546 migrants en Atlantique et 34 266 en Méditerranée. « Mais ces chiffres ne reflètent que les incidents qui peuvent être vérifiés et représentent donc une estimation minimale, et non le nombre total de décès et de disparitions survenus au cours de la migration », tient à préciser l’OIM.
    Des ONG comme Caminando Fronteras ont modifié la focale sur cette question. « Nous n’utilisons pas les chiffres des autres organisations, des autorités et des médias. Nous allons directement à la source », raconte Mme Maleno. Depuis 2007, le collectif dispose d’un numéro – aujourd’hui sur WhatsApp –, une ligne d’urgence ouverte en continu sur laquelle les migrants signalent leur présence sur une embarcation, indiquent s’ils sont arrivés à bon port ou s’ils sont en danger. Les familles peuvent également alerter sur la disparition d’un proche.
    Le collectif a des relais en Afrique qui font remonter – et recoupent – les informations du terrain. « Si, par exemple, une embarcation mauritanienne fait naufrage au large des Canaries et qu’une dizaine de corps sont retrouvés, ces morts vont être consignés par les autorités espagnoles, et par la suite comptabilisés par les agences des Nations unies, décrit Mme Maleno. Mais si, en parallèle, une cinquantaine de familles nous contactent parce qu’elles recherchent des personnes qui se trouvaient sur cette embarcation, poursuit-elle, alors il y a pour nous cinquante disparus, et non une dizaine. »
    En plus des témoignages, l’ONG effectue un travail de vérification et d’accompagnement des familles de victimes (aide juridique, par exemple). « Le choix de la source n’est pas neutre », pointe la fondatrice de Caminando Fronteras. « Nos chiffres ne sont pas destinés aux organisations ou aux médias mais aux familles, argue-t-elle. C’est un devoir de mémoire, ils réparent. Un jour, une personne m’a dit : “Je ne sais pas où est mon frère, mais je sais qu’il se trouve dans vos chiffres.” »
    L’OIM, elle, n’enregistre pas les disparus sur la seule base de signalements provenant des familles. « Un migrant peut perdre le contact avec ses proches pour de nombreuses raisons au cours du voyage, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est décédé », soutient l’agence. « Nous avons recueilli des témoignages qui ne peuvent pas être enregistrés par l’OIM », affirme de son côté Beppe Caccia, cofondateur de Mediterranea Saving Humans.
    Des ONG « tenues éloignées »
    Alors qui croire ? « Là n’est pas la question, assure Roberto Forin, directeur adjoint du Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. On sait que les chiffres de l’OIM sont sous-estimés – et elle le reconnaît – et ceux des ONG risquent d’être surestimés, mais ce n’est pas fondamental d’avoir des statistiques qui soient absolument solides. Tout simplement parce qu’il est impossible de comptabiliser tous les morts et les disparus en mer. »
    Un constat que partage Vincent Cochetel, ancien envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée occidentale et centrale, de 2017 à 2024. « Tous ces chiffres ont du sens, ils donnent des tendances. Ni l’OIM ni les ONG ne sont capables d’un recensement exhaustif », ajoute-t-il. Il arrive ainsi que le HCR reprenne les données de Caminando Fronteras dans des rapports. « Elles sont plus fiables en Afrique de l’Ouest. On a pu vérifier leur travail sur quelques incidents précis », note M. Cochetel.
    Pour les chercheurs et les spécialistes des migrations, ces efforts de décompte restent toutefois essentiels. « Ils donnent une idée de l’ampleur de l’horreur que nous voyons en mer ou devrais-je dire que nous ne voyons pas en mer, soutient Judith Sunderland, directrice adjointe de la division Europe de Human Rights Watch. Parce que ces morts sont pour la plupart invisibles. » En durcissant leur politique migratoire et en limitant l’action des navires humanitaires, comme en Italie, les Etats européens compliquent encore plus l’établissement d’un bilan fiable. « Les ONG qui font du sauvetage en mer sont de plus en plus criminalisées et tenues éloignées des zones d’opération, de sorte que nous ne pouvons plus être témoins des tragédies, dénonce Marta Sanchez Dionis, chargée de plaidoyer de l’ONG SOS Méditerranée. Davantage de bateaux disparaissent sans trace, sans que personne ne soit là pour documenter ce qu’il se passe. »
    Les chiffres, aussi glaçants soient-ils, ne semblent plus susciter l’émoi qu’ils provoquaient autrefois. « Quel que soit le nombre des disparus, c’est un sujet sur lequel on n’est plus vraiment audible, regrette Diane Fogelman, chargée de plaidoyer migrations à Amnesty international. Il est difficile d’en faire un levier politique pour faire évoluer des décisions. Il y a cinq ou dix ans, on était collectivement davantage touchés par ces drames en mer. Plus maintenant. »

    #Covid-19#migrant#migration#mortalite#disparition#sante#OIM#ONG#routemigratoire

  • Crète : quatre migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation au sud de l’île - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69981/crete--quatre-migrants-meurent-dans-le-naufrage-de-leur-embarcation-au

    Crète : quatre migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation au sud de l’île
    Par La rédaction Publié le : 23/02/2026
    Quatre migrants ont été retrouvés morts au large du sud de l’île de Crète après le naufrage de leur embarcation, samedi 21 février, selon les autorités portuaires grecques. Trois corps d’hommes ont été retrouvés au sud de la ville de Kala Limenas et ramenés à terre par un navire de Frontex, l’agence européenne des gardes-frontières. Le corps d’une femme a été repêché plus tard, ont précisé les gardes-côtes dans leur communiqué. « Il s’agissait d’une ressortissante soudanaise de 28 ans. Le corps a d’abord été transporté au port d’Agia Galini, puis à l’hôpital universitaire d’Héraklion pour une autopsie », peut-on lire dans le document.
    D’autre part, vingt migrants ont été secourus après le naufrage de leur embarcation dans cette même zone maritime par un navire commercial dépêché sur place sur ordre du Centre grec de recherche et de sauvetage. Parmi les survivants - essentiellement des Soudanais et des Égyptiens - se trouvaient quatre mineurs, selon l’agence de presse grecque Ana.
    La chaîne de télévision publique Ert a expliqué que l’accident s’est produit précisément au moment où ce navire commercial s’est approché de l’embarcation en bois. Alors que les passagers tentaient de monter sur les échelles lancées par le bateau, un brusque mouvement de foule vers un côté de l’embarcation a provoqué son chavirement. Selon les témoignages, l’embarcation, qui transportait une cinquantaine de personnes, était partie de Tobrouk, en Libye.
    Les recherches pour retrouver d’éventuels survivants se poursuivaient ce lundi 23 février avec des patrouilleurs et un avion de Frontex. Par ailleurs, une seconde embarcation transportant une quarantaine de migrants a été repérée le même jour dans la zone, déclenchant une nouvelle opération de sauvetage.
    Plus de 18 000 arrivées en Crète en 2025
    Depuis plus d’un an, des migrants tentent de rejoindre la Crète, porte d’entrée dans l’Union européenne (UE), depuis la Libye. En 2025, plus de 18 000 personnes sont arrivées de manière irrégulière en Crète, contre un peu plus de 5 000 en 2024, d’après les chiffres des autorités grecques - bien plus que les autres îles de la mer Egée.
    Face à la hausse des arrivées, le gouvernement conservateur grec va ouvrir d’ici le printemps trois centres temporaires pour migrants en Crète.
    La traversée de la mer Égée s’avère périlleuse. Le 12 février, trois personnes sont mortes et quatre autres ont été portées disparues après le naufrage de leur embarcation en mer Égée, au large de la Turquie. La semaine d’avant, quinze migrants, dont quatre femmes, avaient été tués lors d’une collision avec un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, à quelques encablures des côtes turques. Le 29 décembre, les garde-côtes grecs avaient aussi repêché le corps d’une femme de 22 ans. Trois jours plus tôt, un garçon était porté disparu, après une traversée de son canot depuis la Turquie. Au total, en 2025, le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) a recensé 107 personnes mortes ou disparues dans les eaux grecques.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#crete#libye#tobrouk#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Dans l’ouest de la Libye, sept corps de migrants, dont ceux de trois enfants, retrouvés sur une plage - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69980/dans-louest-de-la-libye-sept-corps-de-migrants-dont-ceux-de-trois-enfa

    Dans l’ouest de la Libye, sept corps de migrants, dont ceux de trois enfants, retrouvés sur une plage
    Par La rédaction Publié le : 23/02/2026
    Le Croissant rouge libyen a indiqué dimanche avoir retrouvé les corps de sept migrants, dont trois enfants, sur une plage à l’est de Tripoli. Ces derniers jours, plusieurs corps sans vie ont également été découverts en mer par des ONG. Il pourrait s’agir de victimes des naufrages provoqués par la tempête Harry, qui a touché la Méditerranée en janvier. Les corps de sept migrants ont été retrouvés sur une plage de Qasr Al-Akhyar, à quelque 70 km à l’est de Tripoli, a indiqué à l’AFP le Croissant rouge libyen dimanche 22 février.
    Dans un communiqué, l’organisation a précisé que ses bénévoles avaient retrouvé les corps sur la plage. Elle n’a pas donné de détails sur les circonstances de leur noyade et n’avait pas signalé, ces derniers jours, un quelconque naufrage dans la zone. De nombreuses embarcations partent en mer Méditerranée en passant sous les radars des autorités libyennes. Quand elles sombrent en mer, elles ne sont donc pas répertoriées. Mais, ces derniers jours, des ONG et des médias ont indiqué avoir retrouvé dans l’eau des corps sans vie de migrants. Pour SOS Méditerranée France, ces dépouilles pourraient être « celles de personnes disparues lorsque la tempête Harry a frappé la région en janvier ».
    L’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) et Refugees in Libya (qui documente la vie des migrants en Libye mais aussi en Tunisie) estiment qu’un millier de migrants sont morts lors du passage de la violente tempête Harry, qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier. Harry a généré des vagues allant jusqu’à 16 mètres de haut et des rafales de vent atteignant plus de 54 nœuds, dévastant plusieurs zones côtières de Sicile, de Sardaigne et de Calabre. Dans ce contexte, les canots précaires et surchargés des migrants n’avaient quasiment aucune chance de survie.
    Dans un premier temps, les gardes-côtes italiens avaient avancé le nombre de 380 personnes disparues, à bord de huit embarcations parties de Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ. Mais au fil des jours, de nouvelles informations ont dessiné « les contours de la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », avait indiqué Laura Marmorale, présidente de MSH dans un communiqué publié lundi 2 février. Située à environ 300 km des côtes italiennes, la Libye est l’un des principaux points de départ en Afrique du nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne mais aussi d’Asie et du Moyen-Orient, qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie.
    Plus de 2 100 migrants en situation irrégulière sont morts ou ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies. Cette même année, plus de 26 000 migrants ont été interceptés en mer et ramenés de force en Libye pour y être détenus.
    Début février 2026, 53 personnes sont mortes dans le naufrage d’un canot pneumatique au large de Zouara. L’embarcation transportait 55 personnes et était partie de la ville de Zaouïa, le 5 février. Ce nouveau naufrage porte à au moins 484 le nombre de migrants signalés morts ou disparus sur la route migratoire de la Méditerranée centrale en 2026, selon l’OIM.
    Pour mieux intercepter les embarcations de migrants qui quittent les côtes libyennes, l’Union européenne (UE) va financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. Sur le même modèle que l’accord signé avec Tripoli, les autorités de l’est libyen seront chargées d’intercepter les migrants en Méditerranée avant qu’ils n’atteignent les rives européennes. Et ce, alors que ce gouvernement n’est pas reconnu par l’UE. Mais « comme nous l’avons maintes fois affirmé, la Commission européenne est déterminée à travailler et à coopérer avec tous les acteurs clés en Libye pour relever les défis communs, notamment la gestion des migrations », avait déclaré fin janvier à InfoMigrants un porte-parole de la Commission européenne.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#routemigratoire#migrationirreguliere#mortalité#mediterranee#sante

  • Émigration clandestine : Le cerveau du drame de Djinack tomb... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/emigration-clandestine-le-cerveau-du-drame-de-djinack-tombe-dans-les-filets

    Émigration clandestine : Le cerveau du drame de Djinack tombe dans les filets de la DNLT
    Auteur : Ablaye Gadiaga Sarr
    La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a interpellé l’individu suspecté d’être l’organisateur principal du voyage clandestin ayant conduit au tragique chavirement d’une pirogue à hauteur de Djinack Bara, le 1er janvier 2026.
    La police rappelle que dans la nuit du 31 décembre 2025, une embarcation en provenance de Djinack Kajata (Gambie), transportant plus de 250 candidats à l’émigration irrégulière vers l’Espagne, a chaviré dans les eaux territoriales sénégalaises. Ce drame a causé la mort d’une vingtaine de personnes et fait plus d’une centaine de disparus. Suite à ce drame, une enquête a été ouverte. Les investigations menées par les enquêteurs de la DNLT ont permis de remonter jusqu’à l’instigateur du projet. Lors de son interrogatoire, le mis en cause est passé aux aveux, révélant les coulisses de cette opération criminelle.
    Selon la police, le suspect a agi en étroite collaboration avec deux ressortissants étrangers basés dans un pays frontalier. Il était chargé du recrutement des candidats sur le territoire sénégalais et de leur convoyage vers Karang, avant leur transfert vers le point de départ. Ses complices assuraient l’achat de la pirogue, des moteurs, du carburant et des vivres. Le suspect percevait une commission sur chaque candidat recruté. Le mis en cause a été placé en garde à vue et sera présenté aux autorités judiciaires compétentes. La DNLT poursuit ses recherches pour identifier et appréhender ses complices en fuite.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#sante#droit#mortalite#trafic#routemigratoire#migrationirreguliere#karang

  • La période janvier-février 2026 est la plus meurtrière en Méditerranée depuis 2014 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69907/la-periode-janvierfevrier-2026-est-la-plus-meurtriere-en-mediterranee-

    La période janvier-février 2026 est la plus meurtrière en Méditerranée depuis 2014
    Par La rédaction Publié le : 18/02/2026
    Entre le 1er janvier et le 18 février, au moins 547 migrants sont morts en Méditerranée alors qu’ils cherchaient à rejoindre les côtes européennes, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tel chiffre n’avait jamais été atteint aussi tôt dans l’année, depuis le début des statistiques de l’agence onusienne en 2014.L’année 2026 sera-t-elle la plus meurtrière sur la route migratoire de la Méditerranée ? Le début de l’année bat déjà des records. Entre le 1er janvier et le 18 février 2026, 547 migrants sont morts en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes, selon les données de l’Organisation internationale des migrations (OIM).
    Ce chiffre n’avait jamais été atteint aussi tôt dans l’année depuis 2014 et le début des recensements de l’agence onusienne. En 2025 à la même période, l’OIM avait comptabilisé 247 décès dans cette zone maritime, et 266 en 2024. Même à la même période de 2016, année la plus mortelle en Méditerranée (avec plus de 5 000 morts sur l’ensemble de l’année), l’organisation avait recensé 418 migrants morts.Et le chiffre de 547 morts enregistré en 2026 par l’OIM pourrait être bien plus élevé. Lors de la tempête Harry qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier, plusieurs embarcations ont disparu en mer. L’ONU estime que huit bateaux avec 380 personnes à bord ont fait naufrage en Méditerranée centrale.
    Mais les ONG Mediterranea Saving Humans (MSH) et Refugees in Libya ont dénombré près de 30 embarcations parties de Tunisie durant cette période. Au total selon les humanitaires, un millier d’exilés ont péri pendant la tempête Harry.
    Pour établir leur chiffre de 1 000 disparus, les deux ONG se sont basées sur des témoignages recueillis auprès de proches de disparus, et de migrants en Tunisie qui devaient prendre place sur des canots, mais qui n’ont pas pu le faire faute d’argent pour payer le passage. Il pourrait s’agir de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », avait déploré Laura Marmorale, présidente de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) dans un communiqué publié lundi 2 février.
    Entre le 30 janvier et le 3 février, deux navires humanitaires ont retrouvé trois corps en mer dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone). Ces dépouilles pourraient être celles de migrants disparus lors de la tempête Harry.L’OIM reconnaît auprès d’InfoMigrants que son bilan de 2026 est une « estimation minimale ». L’agence suit une méthodologie bien précise pour établir ses chiffres. « Les incidents en mer sont enregistrés dans notre base de données quand les informations indiquant que des personnes ont perdu la vie sont suffisantes et que nous sommes certains à 100 % », précise un porte-parole. « Nous ne sommes pas parvenus à confirmer avec certitude le millier de morts » avancé par les ONG lors de la tempête Harry.
    Les ONG craignent par ailleurs que les nouvelles lois italiennes ne compliquent davantage leurs opérations de sauvetage. La semaine dernière, le Conseil des ministres italien a approuvé un projet de loi durcissant les règles sur l’immigration. Parmi elles, instaurer un « blocus maritime » pour empêcher les ONG en mer Méditerranée d’amener un trop grand nombre de migrants en Italie.
    Concrètement, cela signifie que « sur décision du Conseil des ministres, l’accès aux eaux territoriales peut être interdit aux navires [d’ONG] qui constituent une menace pour la sécurité nationale pour une durée maximale de 30 jours, renouvelable jusqu’à six mois », précise le journal La Repubblica.
    Les navires humanitaires qui forceraient le blocus et ne respecteraient pas l’ordre d’arrêt s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 000 euros. « En cas de violations répétées de l’interdiction, le navire sera d’abord saisi, puis confisqué. Les migrants à bord, considérés comme demandeurs d’asile, pourront être transférés vers des pays tiers sûrs avec lesquels l’Italie a conclu des accords, notamment l’Albanie, afin d’y régulariser leur situation », continue le journal italien.
    SOS Humanity, Sea-Watch, Mediterranea Saving Humans et Médecins sans frontières (MSF), ont déclaré que ce projet de loi n’avait pas pour but de réguler les flux migratoires, « mais de cibler et de bloquer les navires humanitaires, ce qui aura pour conséquence d’augmenter le nombre de personnes qui perdent la vie en mer ».

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#routemigratoire#mortalite#sante#migrationirreguliere

  • Sur la route des Canaries, une mission de surveillance aérienne pour repérer les bateaux de migrants en détresse - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69772/sur-la-route-des-canaries-une-mission-de-surveillance-aerienne-pour-re

    Sur la route des Canaries, une mission de surveillance aérienne pour repérer les bateaux de migrants en détresse
    Par Julia Dumont Publié le : 11/02/2026
    Depuis la mi-janvier, l’ONG Humanitarian Pilots Initiative mène une opération test de surveillance aérienne dans l’Atlantique pour tenter de repérer des embarcations de migrants en difficultés sur la route des Canaries. C’est la troisième mission de ce type depuis le printemps dernier. De nombreux canots se retrouvent en détresse sur cette route migratoire où aucun bateau humanitaire ne navigue.
    C’est une zone grande comme la Suisse, balayée par des vents violents et des courants puissants. La route migratoire des Canaries s’étend sur près de 2 000 km, des côtes de Guinée à l’archipel espagnol des Canaries, au large du continent africain.
    Même si le nombre d’arrivées a baissé en 2025, de nombreuses embarcations de migrants s’aventurent toujours sur cet itinéraire dans l’espoir d’atteindre l’archipel espagnol. Le voyage dure en moyenne sept jours et il n’est pas rare que des embarcations disparaissent en mer. Mais, contrairement à la Méditerranée centrale, aucun navire humanitaire ne circule dans l’Atlantique pour secourir les bateaux de migrants en difficultés. Seuls les services de secours en mer espagnols et les gardes-côtes marocains peuvent intervenir.
    C’est pour combler ce manque que l’ONG Humanitarian Pilots Initiative (HPI) a lancé mi-janvier une nouvelle mission de surveillance aérienne dans l’Atlantique, la troisième en neuf mois. Cette surveillance aérienne dans l’Atlantique a été lancée au printemps dernier et est encore à l’état de projet pilote.
    « Jusqu’à présent, ce n’était que des missions exploratoires. Nous aimerions pouvoir réellement commencer à partir de cet été avec un projet cohérent et des opérations sur le long terme », indique à InfoMigrants Pascal Stadelmann, pilote d’avion professionnel et volontaire pour HPI, comme une vingtaine d’autres pilotes. Ces trois premières missions de test ont appris aux équipes de HPI que la recherche de bateaux en détresse ne peut pas se faire de la même manière en Méditerranée et dans l’Atlantique. L’ONG mène depuis plusieurs années des opérations de surveillance aérienne en Méditerranée pour repérer les embarcations de migrants en détresse mais entre ces deux zones maritimes, les façons d’agir diffèrent.
    « La différence la plus frappante réside dans la taille même de la zone opérationnelle. La distance entre la Libye et l’île italienne de Lampedusa est d’environ 140 milles marins [environ 260 km, ndlr], tandis que dans l’Atlantique, elle peut atteindre 1 300 milles marins [2 400 km, ndlr] », explique Cat Spangehl, coordinatrice des opérations aériennes de HPI, dans une interview publiée sur le site de l’ONG. « Une autre différence majeure est l’absence d’infrastructures de sauvetage [sur la route des Canaries]. En Méditerranée, il existe des navires de sauvetage civils et les gardes-côtes italiens. En Atlantique, en revanche, nous devons souvent compter sur des cargos, des pêcheurs ou des marins pour nous aider en cas d’urgence, même s’ils ne sont ni formés ni équipés pour de tels sauvetages », poursuit-elle.
    Pour faire face à ces contraintes, les équipes de HPI ont imaginé un nouveau mode d’action. « À l’heure actuelle, nous sommes en quelque sorte en veille. Cela signifie que notre équipage est basé en Europe continentale mais est prêt à embarquer sur un vol à destination des îles Canaries dans les 24 heures si quelque chose se présente et que nous voulons partir à sa recherche », détaille Pascal Stadelmann. L’appareil Beechcraft 58 Baron utilisé pour la mission est, lui, positionné sur l’île de Grande Canarie et prêt à décoller à tout moment.
    Au début de la mission, « nous avons commencé à effectuer des vols pendant plusieurs semaines et nous avons essayé de déterminer comment fonctionner au mieux [...] L’un des enseignements que nous avons tiré était que voler sans avoir aucune information [sur les bateaux en détresse] n’avait pas beaucoup de sens », raconte Pascal Stadelmann.Pour obtenir un maximum d’informations sur les pirogues en difficultés, les membres d’HPI collaborent avec des organisations comme Alarm phone et Caminando Fronteras.
    « Les canots partent de très loin au sud [des départs vers les Canaries se font désormais aussi depuis la Guinée et la Gambie, ndlr] et le voyage dure parfois jusqu’à deux semaines, rappelle le pilote. Les proches des exilés commencent généralement à contacter les ONG après une semaine ou dix jours pour demander des nouvelles. C’est généralement à ce moment-là que les informations commencent à circuler. En fonction de ces informations, nous faisons une estimation de l’endroit où le bateau pourrait se trouver et nous décidons si nous devons voler ou non ».
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 3 000 migrants sont morts en 2025 en tentant de rejoindre clandestinement l’Espagne à la recherche d’un avenir meilleur. La plupart des décès ont eu lieu sur la route de l’Atlantique, entre l’Afrique et l’archipel espagnol des Canaries. Les pays européens restreignant les visas et contrôlant de plus en plus leurs frontières, ces personnes migrantes sont forcées de prendre cette route périlleuse. La route migratoire de la Méditerranée centrale a, elle aussi, été meurtrière en 2025. Plus de 1 870 personnes y ont perdu la vie l’an dernier, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais les navires humanitaires présents dans cette zone maritime parviennent à effectuer de nombreux sauvetages d’embarcations, notamment grâce au soutien aérien de plusieurs avions de surveillance aérienne, tels que le Sea-Bird et le l’Albatross Uno de HPI en collaboration avec les ONG Sea-Watch et SOS Méditerranée.

    #Covid-19#migration#migrant#canaries#atlantique#routemigratoire#humanitaire#sante#mortalite#gambie#guinee

  • Naufrages en Méditerranée : le début d’année 2026 est « le plus meurtrier » depuis 2014
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/10/naufrages-en-mediterranee-le-debut-d-annee-2026-est-le-plus-meurtrier-depuis

    Naufrages en Méditerranée : le début d’année 2026 est « le plus meurtrier » depuis 2014
    Plus de 500 morts en quarante jours. Du 1er janvier au 10 février, au moins 524 migrants ont péri ou sont portés disparus en Méditerranée – toutes routes confondues –, engloutis avec leurs embarcations de fortune alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe en partant des côtes d’Afrique du Nord, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un bilan glaçant, sans précédent à ce stade de l’année depuis 2014, date à laquelle l’OIM a commencé à comptabiliser les décès en mer.La dernière tragédie connue remonte au 6 février : 53 personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d’une embarcation qui transportait 55 migrants au large des côtes libyennes. « C’est le pire début d’année que nous ayons connu depuis plus de dix ans, affirme au Monde un porte-parole de l’OIM. Le plus meurtrier aussi. »
    A titre de comparaison, 219 personnes (sur un total annuel de 1 873) avaient perdu la vie sur la même période en 2025 ; 416 en 2016, année qui reste, à ce jour, la plus mortelle, avec 5 136 disparitions. Ces dernières semaines, les naufrages se sont multipliés en Méditerrannée à un rythme qualifié d’« effrayant » par Marino Dubois, le pseudonyme d’une retraitée française qui, depuis sa page Facebook – « Marino Dubois officiels 2 », suivie par plus de 129 000 abonnés – recense avec minutie les traversées, les drames, et informe les migrants africains sur les conditions météo en mer.
    D’après l’OIM, le cyclone Harry qui s’est déchaîné, mi-janvier, en Méditerranée centrale serait responsable de la plupart des morts ou disparus. Malgré les pluies et les tempêtes, les canots pneumatiques ont continué de prendre la mer, principalement depuis la grande ville portuaire de Sfax, en Tunisie, vers l’Italie. Entre le 14 janvier et le 21 janvier, au moins huit embarcations parties d’une plage de cette ville ont disparu, emportant avec elles 375 migrants. Et le 22 janvier, une autre embarcation, partie de Tunisie aussi, avec à bord 51 personnes, a fait naufrage : un seul survivant a été secouru en pleine mer.Il y a encore quelques jours, l’OIM décomptait sur son site Missing Migrants 93 morts ou disparus en Méditerrannée depuis le début de l’année. Mais les chiffres ont été actualisés le 10 février. « Nous avons eu la confirmation qu’au moins huit bateaux avaient quitté la Tunisie après l’alerte des garde-côtes italiens. Pendant plusieurs jours, nous avons cherché à savoir si des personnes avaient été secourues ou interceptées. Après deux semaines sans nouvelles, nous avons dû considérer les personnes à bord comme disparues. D’autres cas ont aussi été vérifiés. Ce qui explique l’augmentation brutale du nombre de décès recensés dans nos statistiques », explique-t-on du côté de l’institution.
    Depuis plusieurs mois, la répression contre les exilés d’Afrique subsaharienne en Tunisie s’est fortement accentuée. « Ils se sentent acculés et n’ont plus rien à perdre : ils prennent la mer pour tenter leur chance, constate Marino Dubois. Je publie chaque semaine le bulletin météo et je répète de ne pas partir si les eaux ne sont pas calmes, mais ils n’en tiennent pas compte. »
    L’ancienne aide-soignante accuse aussi les passeurs « malhonnêtes » de profiter du mauvais temps pour organiser des traversées. « Ils disent aux migrants que les garde-côtes tunisiens ne surveillent pas lorsque la mer est déchaînée et que la voie est libre. Ils oublient de leur dire que c’est la mort qui les attend », enrage-t-elle. Sur sa page, elle dénonce les « coxeurs », ces rabatteurs chargés d’organiser la traversée, et publie même les visages – parfois les numéros de téléphone – de passeurs.
    Chaque jour, la retraitée recense les traversées et les vérifie auprès des migrants ou de leurs familles. Si les personnes arrivent à bon port, elle le mentionne ; si elles ont disparu, elle le note également. Ses données et celles de l’OIM se recoupent, mais elle a constaté davantage de morts (132) entre l’Algérie et l’Espagne, qui n’apparaissent pas tous sur les statistiques de l’agence onusienne (12). Pourquoi un tel écart ? « Nous ne pouvons enregistrer un incident que s’il existe des éléments probants d’un départ et, idéalement, un signalement de détresse, précise l’OIM. Il existe aussi des naufrages “invisibles” : des embarcations disparaissent sans laisser de trace. » A quel point, alors, les chiffres sont-ils susceptibles d’être sous-estimés ? « Il est difficile de le quantifier, mais chaque année, des centaines de dépouilles sont retrouvées sur les côtes d’Afrique du Nord sans pouvoir être reliées à un naufrage connu, souligne l’OIM. Depuis 2025, en raison des réductions de financement et des restrictions d’accès pour de nombreux acteurs humanitaires, nous craignons que davantage de cas encore ne soient pas signalés. »

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#mediterranee#sante#mortalite#algerie#espagne#tunisie

  • Penser l’#après-voiture, une #utopie nécessaire

    L’inertie qui entoure la place prépondérante de la #voiture_individuelle est telle que seul un choc d’investissements massifs peut permettre de sortir de cette #dépendance.

    On ne sortira pas facilement d’un système du #tout-voiture autour duquel l’organisation de la société a été pensée. La toute-puissance de l’#automobile est telle, son #inertie si grande, que même la certitude de la catastrophe climatique ne change rien ou pas grand-chose à nos usages. Les déplacements sont le seul domaine où les émissions de gaz à effet de serre ne reculent pas. Et les voitures en sont responsables pour plus de la moitié.

    Sans même parler de #climat, que certains ont encore la naïveté de penser comme un problème lointain, la liste des méfaits du #tout-automobile est déjà très longue. La #pollution aux #particules_fines ou aux #oxydes_d’azote tue. La #mortalité_routière, même si elle a baissé dans des proportions incroyables, demeure à un niveau intolérable sans susciter l’émotion que devrait provoquer la perte de plus de 3 000 de nos concitoyens chaque année. La #sédentarité induite par la voiture est un problème de #santé public majeur, tout comme les #nuisances_sonores ; son omniprésence a confisqué l’#espace_public. A cela s’ajoutent tout un ensemble de dépendances économiques qu’elle entretient. Le statu quo n’est ni tenable ni enviable.

    Si l’on admet qu’un changement de paradigme est indispensable, nous devons être prêts à des renoncements. Mais le sommes-nous ? « Circuler librement » est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais il n’est nulle part écrit que celui-ci doit s’exercer grâce à un véhicule à moteur à quatre roues, que possèdent certains foyers en un ou deux exemplaires, et qui assure plus de 80 % des kilomètres parcourus en France.

    Dans ce contexte, toutes les initiatives pour réduire notre dépendance devraient être saluées. Non parce qu’elles sont parfaites – aucune ne l’est –, mais parce que, si elles fonctionnent, elles pourraient faire tache d’huile, si l’on ose dire. A Paris, la politique de la Mairie a été accusée de tous les maux, jusqu’à l’absurde. Pourtant, les résultats sont là : la #circulation_automobile y a baissé de moitié depuis le début du siècle et, entre 2012 et 2022, selon Airparif, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 35 %.

    L’exemple de #Paris, une métropole dense avec un maillage exceptionnel de transports en commun, n’est guère transposable. Pourtant, un phénomène de rééquilibrage similaire s’observe dans bien des villes : 57 % des personnes interrogées pour une étude de l’IFOP commandée par Keolis, filiale de la SNCF exploitant des réseaux de transport, plébiscitent une réduction forte (15 %) ou progressive (42 %) de la place de la voiture en ville. « Globalement, le choix de réduire la place de la voiture est accepté, même si le rythme est questionné », résume le directeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet, dans l’étude, publiée le 19 novembre.

    On rétorquera que certains n’ont pas le choix. Lancez un débat et ils seront nombreux à soudainement se soucier des personnes âgées ou en situation de handicap, des artisans, des taxis ou des travailleurs de nuit. Certains ont besoin de leur voiture, c’est un fait que personne ne devrait contester, pas même les plus zélés défenseurs du vélo ou des transports en commun. Mais ce ne sont pas les pistes cyclables, ni les voies de bus, ni même les plans de circulation qui gênent ces obligés de la voiture. Ce sont les #bouchons créés par ceux qui sont automobilistes par choix et par flemme, tous ceux qui auraient les moyens physiques et géographiques d’agir autrement.

    Un système qui exclut

    Le nœud du problème n’est pas en #ville, il est dans sa périphérie et au-delà. C’est autant un enjeu écologique que de #cohésion_sociale. Une partie de la réponse se trouvera dans les #services_express_régionaux_métropolitains (#SERM), lancés par Emmanuel Macron en 2023 sous le nom de « #RER_métropolitains ». Les 26 projets labélisés sont fondés sur des études locales de besoins, ne nécessitent pas de travaux pharaoniques, franchissent les barrières administratives, et mêlent trains, bus, cars et pistes cyclables, selon leur pertinence respective. Ils ont l’ambition de révolutionner la #mobilité autour des grandes villes, hors Paris. L’année 2026 sera cruciale, car les projets doivent obtenir du ministère leur « statut » de SERM, ouvrant les discussions concrètes sur leur financement et leur développement.

    Les SERM parviendront-ils à faire baisser la part modale de la voiture ? Même dans les pays cités comme exemple – les Pays-Bas pour sa politique du tout-vélo ou la Suisse comme paradis des trains à l’heure –, cette part est à peine plus faible qu’en France, de l’ordre de 70 %. Sans révolution dans nos #infrastructures, sans un colossal « choc d’offre » dans les #transports_collectifs, il est peu probable que des changements majeurs adviennent.

    Le groupe de réflexion #Forum_vies_mobiles, financé par la SNCF, a imaginé dans une vaste étude en septembre ce que pourrait être un « système alternatif de mobilité ». Pas question de grands travaux, mais de #réaffectation de 40 % du million de kilomètres de routes françaises à d’autres usages, du #vélo aux #transports_en_commun cadencés. Le #coût pourrait paraître rédhibitoire – 177 milliards d’euros d’investissement et 55 milliards d’euros de fonctionnement par an –, mais il est « tout à fait raisonnable, en comparaison avec le coût du “système voiture”, estimé à plus de 300 milliards d’euros annuels », selon Sylvie Landriève.

    La directrice du Forum vies mobiles et autrice de l’étude rappelle que ce système exclut plus qu’il n’inclut : un tiers des Français ne conduisent pas et seuls 18 % des détenteurs du permis se disent libres de conduire quand ils le souhaitent. La proposition a eu droit à son procès en irréalisme. Mais on aurait tort de se gausser de ces travaux, fussent-ils utopiques. C’est une base réfléchie et chiffrée pour penser un après-voiture dont l’usage sera probablement bouleversé par l’arrivée de la voiture autonome, qui en est à ses balbutiements.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/18/penser-l-apres-voiture-une-utopie-necessaire_6658466_3232.html
    #aménagement_du_territoire #urbanisme #espace

  • Grèce : 15 migrants meurent après une « violente collision » de leur canot avec un patrouilleur grec en mer - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69622/grece--15-migrants-meurent-apres-une-violente-collision-de-leur-canot-

    Grèce : 15 migrants meurent après une « violente collision » de leur canot avec un patrouilleur grec en mer
    Par La rédaction Publié le : 04/02/2026
    Quinze migrants, dont quatre femmes, ont été tués mardi 3 février dans la soirée dans la collision de leur embarcation avec un bateau des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée. « En raison de la violence de la collision, le canot a chaviré et coulé, entraînant la chute de tous ses passagers dans la mer », écrit la garde-côtière dans un communiqué. Deux membres des gardes-côtes grecs ont été transférés à l’hôpital général de Chios, ainsi que 25 migrants secourus, selon les informations des gardes-côtes. Parmi les blessés figurent 11 mineurs et sept femmes. « Mais par la suite, une des femmes est décédée », précise le communiqué des autorités. Quatorze corps (11 hommes et trois femmes) ont été sortis de l’eau par les secours. « Les dépouilles ont été transportées par les bateaux de sauvetage au port, puis à l’hôpital Skylitseio pour y subir une autopsie », ajoutent les autorités. Le nombre total de migrants à bord n’est pas pour l’instant connu et une opération de sauvetage au large de Chios avec cinq patrouilleurs et un hélicoptère de la police portuaire est en cours ce mercredi matin pour retrouver les personnes portées disparues.
    Selon les gardes-côtes, le patrouilleur de la police portuaire qui avait repéré l’embarcation de migrants au large de Chios a émis des signaux sonores mais le bateau a fait des manœuvres pour échapper aux autorités. « Le pilote a fait demi-tour et ensuite le canot a percuté le flanc droit du patrouilleur des gardes-côtes », poursuit le communiqué. Les gardes-côtes et l’armée de l’air grecque avec un hélicoptère participent à l’opération de recherche en cours. (...)
    Après avoir exprimé « sa tristesse pour les morts », le ministre a félicité les gardes-côtes « qui ont sauvé les personnes et secouru les personnes retrouvées en mer ». Cela « montre le combat que nous devons mener contre les passeurs meurtriers de migrants en situation irrégulière et le projet de loi d’aujourd’hui comporte des dispositions spécifiques qui durcissent les peines pour ces meurtriers, les seuls responsables de ce qui se passe ». « Il va de soi qu’une enquête est en cours », a-t-il ajouté.
    De son côté, Sevi Voloudaki, la vice-ministre des Migrations, a affirmé que les gardes-côtes « agissaient dans des conditions de guerre ». « Le gouvernement doit des explications au-delà de tout doute (sur cette tragédie), surtout après l’aggravation de sa politique anti-immigration qui favorise des logiques xénophobes », a indiqué dans un communiqué le parti de gauche Syriza
    Cette collision n’est pas la première : en mai 2024, un migrant avait été tué, et cinq autres blessés, dans une collision survenue entre un canot et un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Symi. Selon les autorités, le pilote du bateau pneumatique avait sauté par-dessus bord pour éviter d’être arrêté, provoquant une collision avec l’un des patrouilleurs. Ces dernières années, les gardes-côtes grecs ont été accusés par plusieurs organisations et associations de pratiquer des refoulements illégaux et de faire preuve de violences envers les exilés. Dix-huit membres des gardes-côtes sont d’ailleurs accusés d’homicide involontaire par négligence dans le naufrage d’un chalutier au large de Pylos, ville en Péloponnèse (sud) en 2023, l’un de plus importants naufrages en Méditerranée orientales ces dernières années ayant fait des centaines de morts. Parmi les 104 survivants de ce naufrage, plusieurs dizaines ont fait une plainte collective contre la police portuaire grecque, alléguant que les gardes-côtes avaient mis des heures à intervenir lorsque le bateau était en difficulté, malgré les avertissements de Frontex, police portuaire de l’UE, et de l’ONG Alarm Phone.
    De nombreuses personnes en quête d’asile dans l’Union européenne tentent la périlleuse traversée entre les côtes turques et les îles grecques de la mer Égée qui lui font face. Les naufrages - sans collision - restent aussi fréquents dans cette zone maritime. En janvier 2026, une femme et un petit garçon ont été retrouvés morts au large de l’île grecque d’Ikaria, dans le nord de la mer Égée, après le naufrage d’une embarcation transportant plus de 50 migrants.
    Début décembre, 17 personnes avaient été retrouvées mortes après le naufrage de leur embarcation au large de la Crète (sud) et 15 autres portées disparues. Seules deux personnes avaient survécu.
    Selon Missing Migrants, un projet de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 291 migrants ont perdu la vie en Méditerranée orientale en 2025, et quelque 33 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus dans toute la Méditerranée depuis 2014.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#asile#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Drame à Khonkh Yoye (Tivaouane) : Plus de 100 jeunes portés... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/drame-a-khonkh-yoye-tivaouane-plus-de-100-jeunes-portes-disparus-en-mer-dep

    Drame à Khonkh Yoye (Tivaouane) : Plus de 100 jeunes portés disparus en mer depuis le 5 décembre 2025
    Auteur : Cheikh CAMARA, Correspondant à Thiès
    Les habitants du village de Khonkh Yoye, dans la commune de Darou Khoudoss, entre Diogo et Lompoul (département de Tivaouane) sont désespérés par la disparition en mer, depuis le 5 décembre 2025, de plus de 100 jeunes embarqués à bord d’une pirogue à destination de l’Espagne. Leurs familles n’ont encore aucune nouvelle de leur situation et lancent un appel aux autorités sénégalaises, marocaines, mauritaniennes et espagnoles pour les retrouver. « Ma fille est partie sans dire au revoir à personne. Personne n’était au courant de son projet. Elle a fermé son salon de coiffure pour partir à l’aventure » confie, le cœur meurtri, sa mère. Les populations locales, qui nourrissent toujours l’espoir de retrouver leurs enfants sains et saufs, sollicitent l’intervention urgente de la marine nationale.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#atlantique#mortalite#sante#routemigratoire#migrationirreguliere#tivaouane

  • Sénégal : les migrants, fantômes de l’Atlantique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69571/senegal--les-migrants-fantomes-de-latlantique

    Sénégal : les migrants, fantômes de l’Atlantique
    Par FRANCE 24 Publié le : 02/02/2026
    Vingt ans après la crise migratoire de 2006, la route atlantique entre le Sénégal et les îles Canaries reste l’une des plus dangereuses pour les migrants. En 2024, plus de 10 000 personnes y sont mortes ou portées disparues. Confrontées à l’anonymat de ces victimes, familles et associations tentent de leur rendre un nom. Reportage de Sarah Sakho et Simon Martin.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#routemigratoire#atlantique#mortalite#sante

  • Gregory Bovino, le visage de la militarisation de la politique migratoire de Donald Trump, écarté de la ville de Minneapolis
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/27/gregory-bovino-le-visage-de-la-militarisation-de-la-lutte-contre-l-immigrati

    Gregory Bovino, le visage de la militarisation de la politique migratoire de Donald Trump, écarté de la ville de Minneapolis
    Le responsable de la Customs and Border Protection, la police des frontières, qui revendique des méthodes agressives voire illégales, est au centre des critiques depuis que ses agents ont tué l’infirmier Alex Pretti lors d’une manifestation.
    Avec ses méthodes expéditives et son long manteau vert olive à boutons de laiton, tout droit sorti, selon les critiques, d’une collection de la Wehrmacht, Gregory Bovino était devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration clandestine aux Etats-Unis. A Minneapolis (Minnesota), le policier, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), la police des frontières, l’une des agences fédérales chargée des opérations, s’était illustré par une répression particulièrement agressive contre les migrants présumés sans papiers mais aussi contre les manifestants protestant contre les méthodes de l’administration Trump.
    Samedi 24 janvier, à Minneapolis, Gregory Bovino n’avait pas attendu trois heures pour livrer ses conclusions sur la mort de l’infirmier Alex Pretti, tué de plusieurs balles tirées par les forces de la CBP. « Cela ressemble à une situation où un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer les forces de l’ordre », avait-il assuré sans se soucier des vidéos montrant, quel que soit l’angle des prises de vues, un homme abattu, alors qu’il est à terre, roué de coups par cinq ou six policiers en tenue de combat.
    Lundi 26 janvier, Gregory Bovino et ses équipes ont été victimes de la réévaluation par Donald Trump de la popularité de sa politique d’expulsions massives. Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a fait savoir, après un entretien téléphonique avec le président américain, que des agents déployés par ce dernier pour lutter contre l’immigration allaient quitter la ville dès mardi. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré que Gregory Bovino, « un grand professionnel », allait « continuer à diriger très activement la Customs and Border Patrol à travers tout le pays ».
    Aux médias qui ont affirmé qu’il était en fait mis à la retraite, la porte-parole du département de la sécurité intérieure, Tricia McLaughlin, a rétorqué qu’il n’avait « pas été démis de ses fonctions » et qu’il restait « un élément-clé de l’équipe du président ». Kristi Noem, la secrétaire à la sécurité intérieure, qui avait qualifié Alex Pretti de « terroriste de l’intérieur » et dont les démocrates réclament la démission, garde aussi toute la confiance du président, a assuré la Maison Blanche.
    Gregory Bovino avait fait une ascension spectaculaire dans l’administration. Avant même l’investiture de Donald Trump, il était déjà à l’œuvre. Début janvier 2025, on le croisait à Bakersfield (Californie), pas très loin de chez lui, mais suffisamment pour susciter des poursuites de la part des associations de défense des droits civils : en temps normal, la police des frontières ne peut pas exercer sa mission à plus de 100 miles (160 kilomètres) des frontières. Bovino, qui était alors responsable du secteur d’El Centro, à 250 kilomètres au sud-est de Los Angeles, pour la CBP, menait une opération largement vue comme une répétition générale de la politique d’expulsions massives annoncée par Donald Trump pendant sa campagne, l’opération « Return to Sender » (« retour à l’envoyeur »).
    Présentée comme une offensive contre les cartels ciblant des criminels, l’opération de Bakersfield s’était soldée par 78 interpellations de sans-papiers, sans antécédents judiciaires pour les trois quarts d’entre eux, et un procès pour « profilage racial » intenté par l’Union américaine pour les libertés civiles, une association de défense des droits civiques, au nom du syndicat des ouvriers agricoles United Farm Workers. Un résultat peu concluant, mais Gregory Bovino y avait gagné ses galons dans ce qui allait devenir la militarisation de la lutte contre l’immigration clandestine aux Etats-Unis.
    Après l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche, les raids se sont succédé et Gregory Bovino est monté en grade. Opération coup-de-poing à Aurora (Colorado), en février 2025, et à Los Angeles, en juin. Opération « Midway Blitz » en septembre à Chicago, « Metro Surge » depuis décembre 2025 à Minneapolis. Gregory Bovino a été nommé commandant itinérant des opérations par Kristi Noem, à qui il référait directement sans passer par la hiérarchie de la police des frontières. Sous sa direction, la Border Patrol Tactical Unit, une unité d’élite plus habituée aux missions à hauts risques qu’à la contestation populaire en milieu urbain, est venue renforcer l’ICE, la police fédérale de l’immigration.
    A 56 ans, après une carrière qui ne lui avait pas accordé de distinctions particulières, Gregory Bovino est devenu l’orchestrateur d’opérations qu’il a résumé d’une expression : « turn and burn ». Une méthode expéditive, consistant à procéder au plus vite à l’arrestation des suspects, avant que les manifestants n’aient le temps de s’interposer, a-t-il expliqué à l’agence Associated Press. Au besoin par des techniques illégales en l’absence de mandat judiciaire, comme briser les vitres des automobiles pour saisir les passagers ou ouvrir de force les portes de domiciles.
    Bovino s’est montré sur le terrain, au milieu des troupes, le seul à visage découvert, toujours prompt à livrer ses commentaires aux caméras. A Minneapolis, où les effectifs de la CBP s’élevaient à 1 000 agents, contre 2 000 pour l’ICE, la traque aux clandestins s’est muée en chasse aux manifestants, qualifiés de « terroristes de l’intérieur » pour s’être armés de téléphones portables et de sifflets. Le 21 janvier, au Mueller Park de Minneapolis, il a activé et lancé lui-même une grenade fumigène verte en direction des manifestants. Les réseaux sociaux se sont beaucoup moqués quand le vent a rabattu la fumée de son côté.
    Issu d’une famille d’origine italienne, arrivée en 1924, juste avant la quasi-fermeture des Etats-Unis à l’immigration du sud de l’Europe, Gregory Bovino a grandi dans les Appalaches. En août 2023, sous le mandat de Joe Biden, il avait été relevé de son commandement à la tête du secteur d’El Centro, l’un des 20 du pays. Il s’était vu reprocher d’avoir posté en ligne sa photo avec un fusil d’assaut et des messages antimigrants. Des éléments qui avaient favorisé son retour en grâce après l’arrivée de l’administration Trump.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#politiquemigration#migrationirreguliere#expulsion#ICE#mortalite#sante

  • La Défenseure des droits alerte sur l’usage d’armes contre des migrants voulant traverser la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69439/la-defenseure-des-droits-alerte-sur-lusage-darmes-contre-des-migrants-

    La Défenseure des droits alerte sur l’usage d’armes contre des migrants voulant traverser la Manche
    Par La rédaction Publié le : 26/01/2026
    Dans une décision rendue publique mi-décembre, la Défenseure des droits a dénoncé un usage des armes « de force intermédiaire » par les forces de l’ordre françaises à l’encontre des migrants tentant de traverser la Manche. Dans certains cas, cet usage ne respecte pas les règles en vigueur et se fait dans des « conditions de visibilité réduite » et de manière disproportionnée.
    Ce sont des scènes qui se déroulent sur les plages du littoral nord de la France. Des policiers français sont déployés pour tenter d’arrêter les migrants qui tentent de prendre la mer pour rejoindre le Royaume-Uni à bord de small boats.Pour ce faire, ils utilisent des armes dites « de force intermédiaire » telles que des pistolets à impulsion électrique, des lanceurs de balles de défense (LBD) ou encore des grenades lacrymogènes.Ces interventions ont été durement critiquées par la Défenseure des droits Claire Hédon dans une décision rendue le 17 décembre 2025. Ce rapport fait suite à une quarantaine de réclamations, déposées en grande majorité par l’association d’aide aux migrants Utopia 56.
    Au terme de son enquête, cette autorité administrative indépendante estime que l’utilisation d’armes « de force intermédiaire » "est contraire aux obligations de discernement et de [leur] usage [qui doit être] absolument nécessaire et proportionné". « A l’issue des investigations réalisées dans chacune des saisines reçues, la Défenseure des droits constate, s’agissant de la légitime défense invoquée, que les forces de sécurité n’apportent pas les informations nécessaires pour établir la réalité des atteintes dont elles se disent victimes, par un manque de précisions dans les comptes rendus et par l’absence de tout enregistrement vidéo », juge Claire Hédon dans sa décision.
    Des armes utilisées « dans des conditions de visibilité réduite »
    Par ailleurs, la Défenseure des droits dénonce également un usage des armes par les forces de l’ordre « dans des conditions de visibilité réduite ». « De nuit, à distance du groupe visé, consécutivement à l’usage de gaz lacrymogène, [ou] face à un groupe compact et mobile », liste-t-elle.
    Si ces armes sont autorisées dans un cadre précis comme la légitime défense, Claire Hédon rappelle que leur utilisation « peut occasionner de graves lésions physiques sur les personnes, notamment les plus vulnérables ». Elle souligne que toute riposte doit donc s’inscrire « dans le cadre légal », et donc reposer sur une « force absolument nécessaire et proportionnée », conformément à une note de service datant de 2023. Dans ses recommandations, la défenseure des droits préconise « une obligation » de rendre compte par écrit de tout usage d’une arme de force intermédiaire et qu’un rappel soit adressé aux policiers « sur l’obligation de rendre compte de manière fidèle et précise de tout usage d’arme ».
    Enfin, concernant la destruction d’embarcations, « bien que justifiée (...) par la volonté de prévenir une atteinte à la vie des personnes qui prennent place à bord », celle-ci « n’est pas suffisamment encadrée », selon ce rapport, qui affirme que les autorités font « parfois » usage de leurs armes « dans l’unique but d’empêcher les personnes de prendre une embarcation, en les dispersant et en les éloignant de la mer ».
    Une telle intervention ne peut pas, d’après l’institution chargée de veiller au respect des droits et libertés, relever du cadre de la légitime défense ni de celui du maintien de l’ordre public.
    La défenseure des droits recommande de définir les critères devant être réunis pour justifier les destructions des embarcations et de proscrire l’usage des armes lorsque celles-ci visent uniquement à empêcher des personnes de monter à bord. Depuis plusieurs années, le phénomène des « small boats » s’est généralisé. Cette technique consiste à mettre un canot gonflable à l’eau avant que les migrants n’embarquent, « puis de longer la côte afin de récupérer en différents lieux d’autres passagers à proximité du rivage », explique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Selon des documents officiels français, cette méthode s’est avérée extrêmement efficace, avec un taux de réussite de 81 % en 2025.
    Le nombre de migrants arrivés au Royaume-Uni depuis la France par « small boats » est passé de 36 566 en 2024 à 41 472 en 2025. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique. Il s’agit également d’une hausse de 13 % par rapport au nombre d’arrivées recensées en 2024 (36 566), et cela en dépit de l’entrée en vigueur du pacte « un pour un ». Désormais, les risques encourus par les migrants sont plus importants car l’embarquement se fait directement dans l’eau, dans des conditions particulièrement chaotiques. Il n’est pas rare que les canots chavirent à cause de la météo ou de la panique et que des migrants, tombés à l’eau, se noient.

    #Covid-19#migrant#migration#france#manche#migrationirreguliere#routemigratoire#sante#mortalite#droit#smallboat

  • Libye : les autorités retrouvent plus de 200 migrants enfermés dans une « prison secrète » dans des conditions « inhumaines » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69300/libye--les-autorites-retrouvent-plus-de-200-migrants-enfermes-dans-une

    Libye : les autorités retrouvent plus de 200 migrants enfermés dans une « prison secrète » dans des conditions « inhumaines »
    Par La rédaction Publié le : 19/01/2026
    Plus de 200 migrants ont été libérés d’une « prison secrète » dans la ville de Kufra, dans le sud-est de la Libye, a indiqué dimanche des sources sécuritaires. Certaines personnes étaient retenues depuis plus de deux ans. Les exilés avaient un accès limité à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux. Ils étaient aussi torturés en échange d’une rançon pour leur libération.
    Les forces de sécurité libyennes ont découvert plus de 200 migrants enfermés dans un centre de détention illégal à Kufra, au sud-est de la Libye. Ces exilés étaient retenus dans une « prison secrète » de près de trois mètres de profondeur, gérée par un trafiquant d’êtres humains libyen, ont indiqué à Reuters deux sources sécuritaires de la ville. L’homme soupçonné n’a pour l’heure pas été arrêté.
    D’après les autorités de l’est libyen, cette opération de police a permis de mettre fin à « l’un des crimes contre l’humanité les plus graves jamais mis au jour dans la région ».
    Les migrants, principalement originaires de Somalie et d’Érythrée, étaient enfermés dans des conditions « inhumaines », selon les mêmes sources. Certaines personnes étaient détenues depuis deux ans dans des cellules surpeuplées. Parmi eux, des femmes et des enfants, dont un nourrisson d’un mois. Les migrants étaient torturés et les vidéos étaient envoyées à leurs familles qui devaient payer une rançon pour leur libération.
    Les exilés avaient un accès limité à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux, a précisé sur Facebook l’Institut national des droits de l’Homme en Libye (Nihrl). Une dizaine de détenus ont été transférés à l’hôpital dans un état critique.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de personnes en file indienne, amaigries et très affaiblies. Certaines ne parviennent pas à marcher toute seule et sont aidées par d’autres migrants pour sortir du lieu de détention.Les autorités n’ont en revanche donné aucune information sur la prise en charge de ces migrants. Dans ce genre d’affaires, les exilés sont généralement transférés dans des prisons gérées par le Département de lutte contre l’immigration illégale (DCIM). Dans ces centres de détention, les Subsahariens sont aussi victimes de violences et doivent - souvent - payer une rançon de centaines d’euros pour leur libération.
    Ce genre de prisons secrètes sont nombreuses en Libye, pays en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Les milices ont trouvé dans la question migratoire une manière de s’enrichir. Les groupes armés n’hésitent pas à kidnapper des exilés en pleine rue, dans leur appartement ou sur leur lieu de travail pour les retenir captifs. En échange, les trafiquants filment les sévices infligés et envoient les images aux familles pour leur extorquer de l’argent.
    Fin août 2024, un millier de personnes avaient été libérées d’un hangar faisant office de prison secrète dans la région d’Ash Shwayrif, au sud de Tripoli. Les migrants retenus à d’Ash Shwayrif ont été soumis à toutes sortes de torture « dans le but de contraindre leurs familles à payer des sommes d’argent en échange de leur libération », signalait à l’époque le communiqué du bureau du Procureur général. Les trafiquants « ont participé à des activités criminelles organisées en commettant des meurtres, des privations de liberté, et des viols ».
    Quelques mois plus tôt, en mai, 200 migrants avaient aussi été libérés d’une prison non officielle de Kufra. Là encore, les exilés avaient affirmé avoir subi des violences de la part de leurs ravisseurs. Les migrants « ont été brutalement torturés » afin de forcer leurs familles à payer de « grosses sommes d’argent » pour leur libération, indiquait un communiqué du ministère de l’Intérieur.
    Les exilés retenus illégalement par des trafiquants risquent aussi d’être enterrés dans des fosses communes. La semaine dernière, 21 corps ont été retrouvés dans un charnier d’Ajdabiya, dans le nord-est de la Libye. Les victimes étaient retenues dans une ferme de la région transformée en « lieu de détention pour migrants clandestins », selon les autorités. Selon un communiqué du procureur général, 195 migrants ont été libérés par le groupe criminel après avoir été détenus et torturés dans le but d’extorquer une rançon à leurs familles.
    En juin 2025, plus de 80 corps, dont certains carbonisés, avaient été découverts dans le quartier d’Abu Salim, dans la banlieue de Tripoli, en Libye. En février 2025, près d’une centaine de corps avaient été retrouvés pendant plusieurs jours dans les régions désertiques de Jikharra et de Kufra, dans le sud-est libyen."Les migrants et les demandeurs d’asile, y compris les enfants, continuent d’être victimes de graves violations des droits de l’Homme en Libye […] La découverte alarmante et tragique de charniers à la suite de raids sur des sites de trafic d’êtres humains met en lumière le grave danger auquel sont confrontés les migrants en Libye", avait alors déploré la sous-secrétaire générale de l’ONU pour les Affaires politiques Rosemary DiCarlo lors d’un discours devant le conseil de sécurité des Nations unies.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#droit#trafic

  • L’Algérie a expulsé plus de 34 000 migrants vers le Niger en 2025, un record - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69320/lalgerie-a-expulse-plus-de-34-000-migrants-vers-le-niger-en-2025-un-re

    L’Algérie a expulsé plus de 34 000 migrants vers le Niger en 2025, un record
    Par Leslie Carretero Publié le : 20/01/2026
    Selon l’ONG Alarme Phone Sahara, les autorités algériennes ont expulsé 34 236 migrants vers le désert, près de la frontière nigérienne en 2025. Du jamais vu. En 2024, un record avait déjà été établi avec l’expulsion de 31 404 personnes dans les mêmes conditions. Lorsqu’ils sont abandonnés dans le désert, les exilés sont débarqués au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre le Niger et l’Algérie. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre la première ville nigérienne, Assamaka.
    C’est un record. En 2025, l’Algérie a expulsé 34 236 migrants vers le Niger, selon un rapport de l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), qui porte secours aux personnes abandonnées dans le désert. En 2024, l’organisation avait compté 31 404 exilés expulsés dans les mêmes conditions. Un chiffre qui dépassait déjà toutes les données recensées les années précédentes dans la région, y compris en 2023 quand 26 031 personnes avaient été refoulées.
    D’après l’ONG, « il est certain que le nombre réel dépasse même largement les chiffres documentés [en 2025], étant donné que dans plusieurs cas, les structures locales n’ont pas été en mesure de recenser le nombre de personnes embarquées dans ces convois ».
    En avril 2025, Alarme Phone Sahara avait alerté sur « un pic d’expulsions » alors que 1 141 exilés avaient été refoulés en seulement une journée. Du jamais vu. « Au cours du mois d’avril nous avons connu une vague de refoulements sans précédent de migrants venant de l’Algérie », avait reconnu le 17 mai le gouverneur d’Agadez à la télévision publique. Début juin 2025, APS a comptabilisé plus de 16 000 migrants expulsés en seulement deux mois.
    Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) pour accélérer le rapatriement dans leur pays d’origine - d’ici juillet - d’environ 4 000 migrants. Les autorités nigériennes disaient vouloir ainsi éviter un « désastre humanitaire ».
    Mais ces « retours volontaires » prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les laissez-passer. Chaque nouvelle exigence de ces derniers - entretiens en vidéoconférence avec le migrant, formulaires administratifs, etc. - entraîne un peu plus de retard pour les migrants originaires de ces pays, bloquant ainsi tout le processus et provoquant l’embolie du système d’accueil onusien sur le territoire nigérien.
    En avril, la junte nigérienne, arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2023, a estimé que les arrivées massives de migrants non-nigériens risquaient de « perturber l’équilibre sécuritaire » du Niger déjà confronté aux attaques jihadistes sur plusieurs pans. Depuis 2014, des migrants irréguliers nigériens mais aussi d’autres pays africains, dont des femmes et des mineurs, sont fréquemment refoulés d’Algérie, point de transit vers l’Europe. Mais ces dernières années, les expulsions ont pris une autre ampleur. « La collaboration entre les pays du Maghreb dans la lutte contre les personnes en mobilité, encouragée par les États membres de l’UE, et les expulsions en chaîne depuis la Tunisie et l’Algérie sont l’une des raisons pour lesquelles, en 2024 et 2025, encore plus de personnes ont été embarquées dans les convois d’expulsion que déjà les années précédentes », explique dans son rapport Alarme Phone Sahara.
    Depuis 2023, la Tunisie traque les Subsahariens présents dans le pays. Lorsqu’ils sont interpellés, ils sont envoyés dans des zones désertiques à la frontière libyenne ou algérienne. Repérés par les forces de sécurité algériennes, les migrants risquent ensuite d’être envoyés à la frontière nigérienne.
    Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. Les migrants nigériens arrivent par convois dits « officiels », à bord de véhicules et sont pris en charge par les autorités locales. Mais les autres migrants africains, majoritaires, sont débarqués au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre les deux pays. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre Assamaka au Niger, où se trouve le centre de transit de l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bras de l’ONU qui assiste les « retours volontaires » des migrants vers leur pays d’origine. « Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées », signale APS dans son rapport, ajoutant que « de nombreuses personnes arrivent avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité ».
    Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée.
    « Au bout de cinq ou six heures […], on nous a déposés dans le désert, il n’y avait rien autour. La police algérienne nous a crié : ‘Voilà Assamaka !’ en pointant le doigt vers l’horizon. ‘L’OIM, c’est tout droit’. On s’est mis en marche, je ne sais plus pour combien de temps. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisé, complètement à bout de forces. J’ai quand même réussi à faire la dizaine de kilomètres qui nous séparaient d’Assamaka », avait raconté, fin 2024, un Sénégalais de 25 ans. Alarme Phone Sahara a documenté, en 2025, sept cas de décès dans la région « provoqués par les conditions des expulsions ». Mais combien meurent sans laisser de traces ? Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux. Amadou, un migrant contacté par InfoMigrants en juillet 2020, racontait avoir vu trois personnes mourir sous ses yeux dans le désert. « Ils étaient tellement fatigués qu’ils se sont effondrés au sol », avait expliqué le jeune Africain qui travaillait depuis deux ans en Algérie avant d’être arrêté.

    #Covid-19#migration#migrant#niger#algerie#assamaka#expulsion#politiquemigratoire#routemigratoire#sante#mortalite

  • Minneapolis, nouvel épicentre de la révolte contre Donald Trump : « L’ICE ne s’attendait pas à ça »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/17/minneapolis-nouvel-epicentre-de-la-revolte-contre-donald-trump-l-ice-ne-s-at

    Minneapolis, nouvel épicentre de la révolte contre Donald Trump : « L’ICE ne s’attendait pas à ça »
    La principale agglomération du Minnesota vit depuis plusieurs semaines au rythme de l’opération « Metro Surge », le déploiement de 2 000 agents de l’immigration. Depuis la mort de Renee Good, le 7 janvier, la tension est à son comble avec la population locale.
    Derrière les vitres teintées du SUV, on distingue deux hommes masqués. Il s’agit bien d’un véhicule de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, garé dans une petite rue résidentielle de Minneapolis-Saint Paul, vendredi 16 janvier. Le tintamarre commence. Malgré le froid polaire et la neige qui tombe à gros flocons, les voisins sortent de chez eux, montrent le véhicule du doigt aux passants, apostrophent les agents à bord : « Cassez-vous d’ici, bande de nazis. » Une femme met sa voiture en travers de la rue pour leur bloquer la sortie pendant quelques minutes. « Ils ciblent une famille qui habite dans le quartier », assure une autre.
    Le mot passe sur les nombreuses boucles de messagerie, consacrées à la surveillance des activités de l’ICE, qui ont fleuri ces derniers jours dans le Minnesota. D’autres habitants débarquent, munis de sifflets. A l’intérieur de l’un des véhicules, un agent prend des photos des personnes présentes. Un autre fait un geste obscène avec sa bombe lacrymogène. Le manège dure deux heures. Les agents finissent par partir.
    Ainsi vont désormais les journées à Minneapolis et à Saint Paul, les « villes jumelles », qui vivent, depuis décembre 2025, au rythme de l’opération « Metro Surge », le déploiement de 2 000 agents fédéraux de l’immigration. Depuis la mort de Renee Good, une mère de famille de 37 ans, abattue le 7 janvier au volant de sa voiture par Jonathan Ross, un policier de l’ICE, quelque chose de nouveau se cristallise dans l’atmosphère glacée du Minnesota. Les habitants s’organisent, protestent, pistent les agents, résistent à coups de sifflet. La presse de tout le pays est là, qui tourne en voiture dans les rues à l’affût des interventions en cours.
    Tout le monde guette le prochain départ de feu. Car la ville est devenue, pour l’administration Trump, la nouvelle vitrine de la mise au pas des bastions démocrates, après Los Angeles, Chicago ou Portland. Au lendemain de la mort de Renee Good, elle a porté à 3 000 les effectifs fédéraux sur place, soit trois fois plus que ceux de la police locale.
    Elle n’a manifestement pas l’intention de relâcher la pression : mercredi, deux personnes qui fuyaient un contrôle ont été blessées par les tirs d’un agent de l’ICE ; jeudi, Donald Trump a menacé de recourir à l’Insurrection Act, qui permet de déployer l’armée sur le territoire américain pour contenir des émeutes ; vendredi, le ministère de la justice a annoncé une enquête en cours, pour entrave aux opérations anti-immigration, contre le maire de la ville, Jacob Frey, et le gouverneur de l’Etat, Tim Walz, tous deux démocrates. Dans la soirée, une juge fédérale a néanmoins ordonné aux agents de ne pas arrêter ou détenir des manifestants dans leur véhicule qui « ne font pas obstruction » à leur action et de ne pas envoyer de gaz lacrymogènes à des manifestants pacifiques.
    Le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple, dans lequel sont emmenées les personnes arrêtées par l’ICE, est devenu le point névralgique. Chaque jour, devant les caméras de toutes les chaînes d’information, plusieurs dizaines de militants se réunissent devant les grilles de l’entrée jusque tard le soir. Malgré le froid, le nombre grossit ces derniers temps. Régulièrement, les agents en tenue de maintien de l’ordre viennent au contact pour repousser les manifestants, balancent des grenades lacrymogènes, procèdent à des interpellations, avant de se replier à l’intérieur. Ann (qui refuse de donner son nom), 76 ans, a le visage rougi par les gaz, après l’une de ces manœuvres, jeudi 15 janvier : « Ils essaient de provoquer des affrontements, ils veulent que nous nous battions pour qu’ils puissent instaurer la loi martiale. Trump n’attend que ça et tout cela n’a rien à voir avec l’immigration », assure-t-elle.
    Devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple, où sont emmenées les personnes arrêtées par l’ICE, à Minneapolis (Minnesota), le 16 janvier 2026.
    Danielle Robinson Briand sort au même moment du bâtiment fédéral. L’avocate se faufile entre les policiers et, en pleurs, s’effondre dans les bras d’une de ses connaissances. « C’est horrible ce qu’il se passe à l’intérieur, il y a des files de gens qui cherchent à avoir des nouvelles de leurs proches, ils ont même interpellé une jeune fille américaine, elle criait son nom pour que son père sache qu’elle a été arrêtée. » Spécialisée en droit de l’immigration, elle défend plusieurs personnes d’origine latino-américaine qui ont été appréhendées par l’ICE. Comme les prisons du Minnesota sont saturées, plusieurs d’entre elles ont été envoyées dans un camp au Texas, où l’avocate peine à retrouver leur trace. L’une de ses clientes à Minneapolis est retranchée chez elle depuis dix jours : des voitures de l’ICE se relaient devant son domicile, en attendant qu’elle sorte. Impossible d’aller travailler ou de faire les courses. Des voisins solidaires se mobilisent pour lui apporter le nécessaire.
    Le but affiché de l’opération semble bien éloigné. L’administration s’est appuyée sur un gigantesque scandale de détournement d’aides publiques dans le Minnesota, dans la période post-Covid-19, pour des montants qui pourraient dépasser le milliard de dollars, critiquant la gestion de cette affaire par le gouverneur de l’Etat, Tim Walz. Au cours de l’enquête, qui dure depuis plusieurs années, une centaine de personnes ont été inculpées, dont une grande majorité d’origine somalienne. Aux yeux de Donald Trump, qui multiplie les saillies xénophobes, l’ensemble de la communauté somalienne, composée de quelque 80 000 membres, est lié à cette affaire, quand bien même aucun élément ne l’atteste. De quoi justifier le déploiement massif de l’ICE.
    Il y a cependant un écueil majeur dans cette stratégie : plus de 80 % des Somaliens du Minnesota possèdent la nationalité américaine et les autres bénéficient, le plus souvent, d’un statut légal. L’essentiel des personnes arrêtées par l’ICE sur place n’ont donc aucun lien avec cette affaire et font les frais de la démonstration de force de la Maison Blanche. Le Minnesota est devenu en deux mois un laboratoire à ciel ouvert pour les opérations de l’ICE, dont les techniques musclées et le peu de respect accordé aux processus légaux sont contestés devant les tribunaux. Même si elle n’est pas la seule agence fédérale à intervenir – la protection des douanes et des frontières est également mobilisée sur le terrain –, elle est devenue, avec ses hommes masqués et vêtus comme des paramilitaires, le symbole du pouvoir trumpien et de sa politique drastique en matière de lutte contre l’immigration.
    Donald Trump en a même fait l’agence fédérale la mieux dotée, et de loin. En plus de son budget annuel de 11 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros), comparable à celui du FBI, elle bénéficie, depuis juillet, d’une enveloppe de 75 milliards pour ses opérations, dont 45 milliards pour étendre ses capacités de détention. Selon des chiffres publiés par l’ICE et compilés par le Guardian, elle aurait réalisé 328 000 arrestations en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024, pour 327 000 expulsions. Début janvier, 69 000 personnes dormaient dans les geôles de l’ICE, soit 30 000 de plus qu’un an plus tôt.
    Selon la communication du département de la sécurité intérieure, l’ICE est chargée d’arrêter « le pire du pire », les délinquants présents de manière illégale sur le territoire américain, souvent liés aux cartels ou aux gangs d’Amérique latine. Chaque semaine, elle publie des photos de dangereux criminels interpellés par ses soins. Mais les chiffres disent autre chose : seulement 16 600 personnes sur 69 000 actuellement détenues ont un casier judiciaire.
    Des agents fédéraux face aux manifestants devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple, où sont emmenées les personnes arrêtées par l’ICE, à Minneapolis (Minnesota), le 15 janvier 2026.
    Des agents fédéraux face aux manifestants devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple, où sont emmenées les personnes arrêtées par l’ICE, à Minneapolis (Minnesota), le 15 janvier 2026. MADISON SWART POUR « LE MONDE »
    Sont également ciblés par la rhétorique trumpiste les étrangers accusés de profiter des aides sociales sans contribuer à la vie du pays. Mais la plupart des situations, dont Le Monde a eu connaissance, à Minneapolis concernent des personnes qui ont un emploi et sont intégrées dans la vie locale. « Tous mes clients qui ont été arrêtés sont passés par le processus légal pour obtenir un permis de travailler et un numéro de Sécurité sociale », abonde Danielle Robinson Briand. La politique anti-immigration de Donald Trump, plébiscitée lors de l’élection de 2024 par une grande partie des Américains, produit des résultats : la frontière avec le Mexique est quasiment fermée, le nombre d’entrées illégales sur le territoire a été drastiquement réduit et les expulsions ont repris à un rythme très soutenu. Mais les méthodes employées par l’ICE commencent à déplaire très fortement dans l’opinion publique. Selon un sondage de CNN, 51 % des personnes interrogées considèrent que la police de l’immigration rend les villes moins sûres, quand seulement 31 % pensent le contraire.La vidéo de la mort de Renee Good, qui a été vue par plus de 80 % des Américains, a changé la donne. La rhétorique de l’administration, qui a présenté la mère de famille comme une « terroriste de l’intérieur » qui aurait essayé d’écraser l’agent avec sa voiture, ne convainc pas : 53 % des personnes sondées par YouGov considèrent que les tirs n’étaient pas justifiés, contre 28 % qui les approuvent.
    La perception du pays peut-elle se retourner en cas d’émeutes à Minneapolis ? Vu la tournure des événements, la ville se prépare en tout cas à vivre avec la présence de l’ICE pendant de longues semaines. L’inquiétude est palpable, mais la solidarité aussi. Aux abords de l’endroit où Renee Good a été tuée, des habitants ont installé un brasero de fortune, pour réchauffer les passants. On se salue d’un sourire, même si l’on ne se connaît pas. L’impressionnant mausolée de fleurs, de bougies, de poèmes et autres dessins a été recouvert de bâches par des voisins, afin de le protéger de la neige.
    « J’étais chez moi ce jour-là, j’ai entendu les coups de feu, les klaxons, je suis venue, j’ai croisé quelqu’un qui m’a crié : elle a été assassinée, raconte Letitia Meyer, qui vit dans ce quartier à majorité latino. Depuis, je viens tous les jours ici et je me suis inscrite dans les groupes d’observateurs de l’ICE, pour défendre nos voisins. L’ICE ne s’attendait pas à ça, à ce qu’on soit organisés comme on l’est, mais on a déjà connu ça. » C’est à peine à quelques rues de là que George Floyd a été tué par un policier en 2020, un meurtre qui a entraîné le plus grand mouvement de protestation antiraciste aux Etats-Unis depuis plusieurs décennies. Cette esthéticienne de 41 ans, dont le père est américain et la mère brésilienne, est née et a grandi dans la campagne du Minnesota, à deux heures de la capitale. Une zone aujourd’hui profondément trumpiste, quand la ville est majoritairement progressiste. « Je n’y vais plus aujourd’hui, vu les autocollants dessus, ma voiture se ferait probablement casser. » Dans un reportage publié par le New York Times, vendredi, plusieurs habitants de ces parties rurales de l’Etat confiaient ne plus se rendre en ville depuis les émeutes de 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#ICE#politiquemigratoire#mortalite#expulsion#sante#immigration

  • Route des Canaries : deux hommes retrouvés morts dans un canot secouru dans l’Atlantique - InfoMigrants
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    Route des Canaries : deux hommes retrouvés morts dans un canot secouru dans l’Atlantique
    Par Clémence Cluzel Publié le : 16/01/2026
    Un canot pneumatique transportant une centaine de passagers a été secouru mercredi par les autorités espagnoles dans le sud-est d’El Hierro, une île des Canaries, après avoir dérivé pendant une semaine dans l’Atlantique. Au total, 106 survivants, dont des femmes et des mineurs, ont été acheminés au port d’Arguineguín. Deux exilés sont également décédés. Deux hommes sont décédés à bord d’un canot pneumatique qui dérivait depuis une semaine dans l’Atlantique, au large de Dakhla (Sahara). L’embarcation, qui transportait 106 autres personnes désireuses de rejoindre les îles Canaries, a été secourue mercredi 14 janvier, ont indiqué les services d’urgence du port d’Arguineguín (Grande Canarie) à l’agence de presse espagnole EFE.
    Le bateau de fortune avait été localisé par un cargo, le Sara M, dans l’après-midi du mercredi, à environ 275 km au sud-est d’El Hierro. L’équipage avait alors alerté les autorités espagnoles, puis distribué de l’eau ainsi que des médicaments, avec l’aide du cargo Eurostar, en attendant l’arrivée du Guardamar Urania, le bateau de sauvetage des autorités. Le canot transportait 74 hommes mais également 20 femmes ainsi que quatre mineurs, ont indiqué les services de sauvetage en mer. Les passagers se sont retrouvés confrontés à de très mauvaises conditions maritimes, avec des vagues de deux à trois mètres ainsi que des vents pouvant atteindre les 65 km/h. Ces avaries ont provoqué la dérive du bateau, cela durant une semaine.
    Après 18 heures de navigation, les survivants ainsi que les corps des deux hommes décédés - dont l’un est mort pendant le sauvetage - ont été rapatriés par le Guardamar Urania au port d’Arguineguín. Une personne a également été évacuée vers un hôpital pour y suivre des soins. La nationalité des passagers reste pour l’heure inconnue tout comme le lieu de départ de l’embarcation.
    Les drames recensés sur la route des Canaries au départ des pays d’Afrique de l’Ouest continuent d’être très fréquents. Depuis plus d’un mois, une pirogue partie de Gambie et transportant entre 200 et 300 migrants a disparu dans l’Atlantique alors qu’elle tentait de gagner l’archipel des Canaries. Le 1er janvier, le naufrage d’un bateau avec plus de 200 migrants à son bord, au large de la Gambie, a fait au moins 39 morts alors que 112 personnes ont pu être secourues. Pour échapper au renforcement des contrôles policiers et au durcissement des politiques migratoires en Mauritanie, au Sénégal et au Maroc, autrefois épicentres des embarcations de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest, de nouvelles routes migratoires à destination des Canaries émergent ces derniers mois.
    Désormais, la Gambie est de plus en plus empruntée par les migrants souhaitant rejoindre l’archipel des Canaries. Les départs de pirogues se font également de plus en plus depuis la Guinée et la Guinée-Bissau. Du fait de leur éloignement des Canaries, ces itinéraires sont plus souvent meurtriers puisqu’en allongeant la traversée, ils augmentent également les risques de naufrage et de dérive des embarcations. En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries par la route Atlantique contre environ 47 000 personnes durant l’année 2024. Soit une chute de 62% due aux partenariats conclus entre l’Europe et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer les flux migratoires et l’intensification de la répression - par des interpellations et expulsions - contre les migrants dans ces pays. La forte baisse des arrivées dans l’archipel s’est également traduite par ricochet sur le nombre de décès et disparitions recensés sur la route de l’Atlantique. Selon l’ONG Caminando Fronteras, 1 906 exilés sont morts ou ont disparus sur cette route durant l’année 2025, contre 9 757 pour l’année précédente. Cette reconfiguration a favorisé en parallèle l’émergence d’une autre route migratoire vers l’Espagne, via les Baléares. Celle-ci, de plus en plus utilisée, connait une recrudescence des arrivées depuis janvier 2025. Au point que cet itinéraire au départ de l’Algérie est désormais devenu « la principale route de transit vers l’Espagne », selon cette même ONG. En 2025, plus 7 200 migrants ont rejoint cet archipel situé au large de la côte est de l’Espagne, contre 5 900 en 2024. Soit une augmentation de 27%, d’après les autorités espagnoles. Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise Caminando Fronteras. Avec l’augmentation des arrivées de migrants, c’est aussi une hausse des décès qui est enregistrée. Alors que 517 personnes ont perdu la vie lors de cette traversée en 2024, le chiffre grimpe à 1 037 décès pour 2025.

    #Covid-19#migration#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#atlantique

  • « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    https://www.dakaractu.com/Barca-walla-barsakh-deux-morts-dans-une-traversee-avortee-entre-Dionewar-

    « Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie
    Le rêve d’exil s’est une nouvelle fois fracassé contre la dure réalité de l’Atlantique. Une pirogue partie de Dionewar, dans la région de Fatick, avec à son bord des dizaines de candidats à l’émigration irrégulière, a été interceptée en Mauritanie après plusieurs jours d’errance en mer. Selon les révélations de Libération, ce voyage clandestin, motivé par le tristement célèbre slogan « Barça walla barsakh » (Barcelone ou la mort), a coûté la vie à deux migrants, dont l’identité reste à ce stade inconnue.
    D’après Libération, le commissaire spécial de Rosso a mis à la disposition du chef de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Rosso un total de 70 migrants, tous de nationalité sénégalaise, parmi lesquels cinq femmes. Ces derniers ont été interceptés par une patrouille de la Marine nationale mauritanienne, puis conduits à Nouadhibou pour les besoins de l’enquête.
    Auditionnés sommairement, les migrants ont tous livré la même version des faits. Ils affirment avoir quitté Dionewar dans la nuit du 21 décembre 2025, à bord d’une pirogue de fortune, avec pour destination finale l’archipel des îles Canaries. Mais après quatre jours passés en haute mer, confrontés à un froid glacial et à des conditions de navigation extrêmement difficiles, l’embarcation a été contrainte de rebrousser chemin. C’est au cours de ce retour forcé que la pirogue a été repérée puis interceptée par la marine mauritanienne dans les eaux relevant de sa juridiction. Selon Libération, les témoignages concordants des migrants font état de deux décès survenus durant la traversée, sans que l’on puisse pour l’instant établir l’identité des victimes ni les circonstances exactes de leur mort. Un drame de plus sur la route migratoire, souvent jalonnée de silences et de corps anonymes. Les survivants ont également révélé les dessous financiers de cette tentative d’émigration irrégulière. Chacun aurait versé au capitaine de la pirogue et à son complice des sommes comprises entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour espérer atteindre l’Europe. Un investissement lourd, souvent financé par des familles entières, désormais endeuillées ou plongées dans l’angoisse.Plus grave encore, les migrants ont désigné un ambulancier en service dans le district sanitaire de Différ comme étant l’initiateur de ce projet de voyage clandestin avorté, rapporte Libération. Une révélation troublante qui ouvre la voie à de nouvelles investigations, notamment sur l’implication présumée de personnes censées incarner l’aide et la protection des populations.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#fatick#rosso#differ#routemigratoire#migrationirreuguliere#sante#mortalite

  • Minneapolis : les images des manifestations contre l’ICE après qu’un agent a tiré sur un Vénézuélien
    https://www.lemonde.fr/international/video/2026/01/15/minneapolis-les-images-des-manifestations-contre-l-ice-apres-qu-un-agent-a-t

    Minneapolis : les images des manifestations contre l’ICE après qu’un agent a tiré sur un Vénézuélien
    vidéo Un agent de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a tiré dans la jambe d’un Vénézuélien, mercredi 14 janvier, à Minneapolis, une semaine après qu’une femme, Renee Good, a été abattue dans la même ville par un agent de l’ICE.
    Par Juliette Prigent et Elie-Sara Couttet
    « J’ai vu des agissements de la part de l’ICE qui sont révoltants et intolérables », a affirmé le maire de Minneapolis, Jacob Frey, après qu’un agent de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a tiré dans la jambe d’un Vénézuélien, mercredi 14 janvier. Cela s’est déroulé à Minneapolis, dans le Minnesota, ont annoncé les autorités municipales, une semaine après qu’une femme, Renee Good, a été abattue dans la même ville par un agent de l’ICE.Ce tir a donné lieu à une nouvelle manifestation contre les actions des agents de l’ICE, qui s’intensifient dans la ville, attroupement vite dispersé par l’utilisation de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes par des agents équipés de masques à gaz et de casques.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#ICE#expulsion#venezuela#sante#mortalite

  • Le Mexique demande aux Etats-Unis de faire la lumière sur la mort d’un de ses ressortissants détenu par l’ICE
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/16/le-mexique-demande-aux-etats-unis-de-faire-la-lumiere-sur-la-mort-d-un-de-se

    Le Mexique demande aux Etats-Unis de faire la lumière sur la mort d’un de ses ressortissants détenu par l’ICE
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement mexicain veut comprendre comment l’un de ses ressortissants a pu trouver la mort entre les mains de la police de l’immigration américaine (Immigration and Customs Enforcement, ICE) dans l’Etat de Géorgie, dans le sud des Etats-Unis. Jeudi 15 janvier, le consulat du Mexique à Atlanta a exigé de Washington « que les circonstances des faits soient éclaircies », a annoncé dans un communiqué le ministère des affaires étrangères. Le consulat a dit apporter sa collaboration à l’enquête.Selon le gouvernement mexicain, cette mort suspecte aurait eu lieu mercredi. Les autorités américaines n’ont fait aucun commentaire dans un premier temps. Au moins quatre personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ICE depuis le début de l’année 2026, et au moins 30 en 2025, l’année la plus meurtrière depuis la création de cette police en 2004, selon des statistiques officielles.
    La mort d’une Américaine de 37 ans, Renee Nicole Good, tuée par un agent de l’ICE à Minneapolis le 7 janvier, a provoqué de vives tensions et des manifestations dans cette ville de l’Etat du Minnesota. Mercredi, un Vénézuélien a été blessé par balle par l’ICE.Donald Trump a menacé, jeudi, d’invoquer une loi d’exception qui lui permettrait de déployer l’armée à Minneapolis, après une soirée de heurts entre forces de l’ordre et manifestants.

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