person:laurence parisot

  • Banksy ou le paradoxe de la critique du capitalisme - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/091018/banksy-ou-le-paradoxe-de-la-critique-du-capitalisme

    L’artiste britannique Banksy a voulu procéder à un acte suprême de rébellion face à la marchandisation de l’art : la destruction de sa propre œuvre. Mais s’il a échoué à détruire de la valeur, il a réussi à montrer les tares du capitalisme moderne.

    À nihiliste, nihiliste et demi. Le capitalisme moderne est beaucoup plus nihiliste que sa critique : il a acquis cette capacité de faire des millions avec rien ou presque rien. La négation de la marchandise devient elle-même marchandise. On peut même estimer que si la broyeuse avait achevé son œuvre, le prix de l’œuvre n’aurait encore fait qu’augmenter et que les lamelles de la toile auraient chacune valu les 860 000 livres de l’œuvre entière.

    Si la volonté de Banksy était bien de réaliser un acte de protestation et de destruction de valeur, il a échoué parce que son œuvre ne lui appartient plus. Il appartient à un marché capable de tout transformer en argent et de créer de la valeur à partir de la négation même de ce qu’est une transaction commerciale. L’abstraction des rapports marchands est devenue telle que, désormais, la valeur vient de la destruction même de la valeur. Schumpeter est ici pris de court : sa destruction créatrice tant prisée par les décideurs d’aujourd’hui supposait que ce qui, n’ayant plus de valeur, était détruit devait être remplacé par une production nouvelle contenant davantage de valeur. La nouvelle destruction créatrice tient à ce que, désormais, le produit détruit vaut lui-même plus que ce qui le précède.

    Ceci ramène à la nécessité de ne pas confondre, comme on le fait aujourd’hui trop souvent, création et extraction de valeur.

    Cet épisode arrive à point nommé, c’est-à-dire au moment même où, lundi 8 octobre, le comité de la banque de Suède vient d’attribuer à Paul Romer et William Nordhaus le prix d’économie, souvent appelé « Nobel ». Tous deux ont cherché à défendre l’idée d’une croissance résistant à ses limites naturelles : comme le souligne Antonin Pottier dans Alternatives économiques, pour Nordhaus, le réchauffement climatique optimal est de 3,5 °C ! La destruction de l’œuvre de Banksy montre qu’une bonne petite idée (la broyeuse dans le cadre) peut, comme le dit Paul Romer, créer une grande valeur, de même que la destruction elle-même (comme celles qui interviendraient en cas de réchauffement à 3,5 °C) peut être optimale. C’est cette logique même qui risque de mener la planète à sa perte, au nom de l’idée que tout ce qui crée de la valeur est bon par nature.

    Mais l’épisode Banksy enseigne une seconde leçon, qui rend la première encore plus inquiétante. C’est que le capitalisme moderne ne peut désormais plus être critiqué, parce que sa critique devient elle-même un agent de la création de valeur. Lorsque Banksy peint sur un mur parisien l’image d’un homme qui offre à son chien la patte qu’il vient de lui couper, l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot juge l’œuvre « extraordinaire » et y voit une critique du rapport de l’homme à l’animal, alors même qu’il s’agit d’une allégorie de l’aliénation capitaliste décrite par Marx. La critique du capitalisme est devenue impossible, parce qu’incompréhensible. Il n’y a pas de récupération ou, comme on pouvait le dire jadis, de perversion de l’art par l’argent. Il y a simplement une incapacité à saisir ce que peut être une critique du fonctionnement du capitalisme, qui est devenu comme naturel. Laurence Parisot ne critique pas le capitalisme devant l’œuvre de Banksy, elle critique « l’homme », parce que l’homme est intrinsèquement capitaliste.

    #Banksy #Critique_artiste #Création_valeur #Extraction_valeur


  • Street art : Banksy envahit Paris par surprise...
    http://www.telerama.fr/sortir/street-art-banksy-envahit-paris-par-surprise,-la-chasse-aux-tresors-est-lan

    Venu incognito comme toujours, le célèbre street artist a déjà laissé deux œuvres qui témoignent de son passage dans les 18e et 19e arrondissements, et livrent un message fort au gouvernement français.

    La rumeur circulait depuis quelques jours : Banksy, le boss incontesté du street art mondial, serait à Paris. Pour quoi faire ? Comme toujours avec lui, le mystère demeure, puisqu’il n’a pour l’instant toujours pas revendiqué officiellement ses œuvres, et qu’il a pris l’habitude de ne plus les signer. Pourtant, les murs de la capitale révèlent peu à peu les preuves de son passage.

    Croix gammée à la Chapelle

    C’est mercredi 20 juin, pour la journée mondiale des réfugiés, que l’Anglais aurait démarré sa virée parisienne. Porte de la Chapelle, en bordure du périphérique, près de l’ancien Centre de Premier Accueil des réfugiés, la peinture choc d’une petite fille qui recouvre d’un joli motif tapisserie rose une croix gammée.

    Dans sa thématique (les migrants), sa technique (pochoir noir), dans son habitude d’opposer l’innocence de l’enfance face à la barbarie de l’adulte, tout comme dans le motif rose, identique à celui qui recouvrait l’éléphant de son expo « Barely Legal » à Los Angeles en 2006, beaucoup d’indices portent à croire que, même sans signature, l’œuvre est à attribuer à Banksy, qui donnerait ainsi une suite à sa peinture de 2009, Go Flock Yourself.

    Elle fait aussi écho à celles que l’Anglais avait laissées dans la Jungle de Calais en 2016, notamment une version remaniée du Radeau de la Méduse, et un Steve Jobs grandeur nature avec son baluchon sur le dos.

    La force de cette réalisation parisienne, au-delà de l’aspect graphique, tient aussi à son contexte : voir cette pièce au milieu de dizaines de migrants qui font silencieusement la queue est simplement bouleversant.

    #Street_art #migrants #Banksy


  • Nos données nous appartiennent : monétisons-les !
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/02/05/nos-donnees-nous-appartiennent-monetisons-les_5251774_3232.html

    Le grand n’importe quoi : les données personnelles sont aussi sociales. Rabattre ça sur la notion de propriété est en fait le cache-sexe d’une nouvelle industrie qui voudrait jouer les notaires de cette fausse-propriété. Mais que ces aspirateurs de données commencent par payer des impôts (socialisation de la plus-value). Le néolibéralisme, c’est avant tout l’extension de la sphère marchande à tout ce qui peut entrer dans ses rêts. Comme le monde physique est fini, il faut trouver une « nouvelle frontière » au marché, au lieu de raisonner sur l’utilité de construire des formes sociales en dehors du marché et de la propriété. L’alliance des signataires est également fort significative du projet idéologique de ce texte.

    Je le stocke ici pour mémoire...

    Nos données nous appartiennent : monétisons-les !

    Un collectif plaide pour que chaque personne puisse monnayer ses données personnelles qui, actuellement, enrichissent les géants de l’Internet.

    LE MONDE | 05.02.2018 à 06h39 | Par Jaron Lanier (informaticien, créateur de start-up), Gaspard Koenig (philosophe), Bruno Bonnell (député LRM), Manuel Carcassonne (éditeur), Alexandr...
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    Par quel étrange renoncement sommes-nous devenus de la chair à algorithmes ? Tous les jours, nous abandonnons une partie de nous-mêmes à des plates-formes numériques, appâtés par l’illusion de la gratuité. Nos données personnelles les plus intimes, concernant nos goûts, nos déplacements ou nos amours, sont passées à la moulinette, collectées, agrégées, souvent revendues, et ultimement utilisées pour orienter et contrôler nos comportements. En cliquant sur des conditions d’utilisation léonines, que nous n’avons pas le temps ni la capacité de lire, encore moins de comprendre ou de négocier, nous courons vers notre servitude volontaire. Les géants du Web bâtissent leur fortune sur les dépouilles de notre identité.

    Parce qu’il est urgent de rétablir nos valeurs les plus fondamentales, nous plaidons pour instaurer une patrimonialité des données personnelles. En dépit des idées reçues, le droit de propriété a toujours été une conquête sociale permettant de rééquilibrer les rapports de pouvoir au profit de l’individu et de ses libertés. Du cadastre aux brevets, la propriété garantit, selon l’adage romain, l’usus, l’abusus et le fructus, nous rendant pleinement maîtres de nous-mêmes et de nos actions, protégés de l’arbitraire des puissants. Voilà pourquoi Proudhon pouvait écrire dans la Théorie de la propriété, en revenant sur ses propos de jeunesse, que « la propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe ». Après la terre et les idées, le temps est venu d’étendre cette force révolutionnaire à nos data.
    Concevoir des contrats intelligents et adaptés

    Cette simple adjonction juridique, qui n’existe aujourd’hui ni en Europe ni aux Etats-Unis, suffirait à bouleverser l’écosystème du numérique. Chacun pourrait choisir en toute autonomie l’usage qu’il souhaite faire de ses données, selon leur nature et leur finalité. On pourrait ainsi accéder à certains services sans partager ses propres données, mais en payant le prix de cette confidentialité et donc en devenant véritablement client. A l’inverse, dans la mesure où l’on accepte de céder ses données, il faudra que les plates-formes nous rémunèrent, réintégrant ainsi le producteur primaire de données dans la chaîne de valeur.

    Des flux continus de transactions, plus ou moins importants en fonction des catégories de data, en débit comme en crédit selon nos préférences contractuelles, viendraient alimenter nos comptes personnels de données, avec possiblement une blockchain [technique qui consiste à sécuriser une transaction en la faisant valider par une multitude d’ordinateurs, de manière chiffrée] pour garantir la validité des transactions. On peut imaginer que de puissants intermédiaires se constituent, comme les sociétés de gestion collective pour les droits d’auteur, afin de négocier conditions et tarifs au nom de millions de citoyens numériques, et de concevoir des contrats intelligents adaptés à chacun d’entre eux.
    « Nos données sont de facto devenues objets de commerce »

    Il ne s’agit pas de marchandiser ses données, selon le terme convenu pour inhiber tout débat, mais de rendre aux citoyens une valeur aujourd’hui capturée par les Gafam – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft – et leurs milliers de disciples. En quoi est-il contraire à la dignité humaine de doter les producteurs de data d’un capital qui leur revient, et qui leur permettra d’effectuer leurs choix de manière d’autant plus indépendante ? Dénoncer la monétisation, c’est nier une réalité économique, puisque nos données sont de facto devenues objets de commerce (au point de représenter bientôt 8 % du PIB européen !). Mais c’est aussi, politiquement, se faire le complice objectif des oligopoles, comme l’Eglise condamnait le prêt à intérêt pour empêcher la naissance d’une bourgeoisie marchande, menaçant son pouvoir.
    Monétisation sauvage des données

    D’autant que la logique de la patrimonialité n’entre nullement en contradiction avec celle des droits fondamentaux, portée au niveau européen par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Etablir des droits inaliénables permet d’autant mieux de concevoir un marché qui les respecte, comme c’est classiquement le cas dans nos démocraties. De plus, certaines conquêtes du RGPD, telles que l’exigence de portabilité, constituent des étapes indispensables vers un droit de propriété.
    « Il est urgent de reprendre la maîtrise de nos data et donc de nous-mêmes »

    Qu’on le veuille ou non, cette discussion a commencé. Des start-up se créent chaque semaine pour monétiser nos données de manière sauvage. Jaron Lanier, l’un des geeks les plus charismatiques de la Silicon Valley, porte le sujet depuis plusieurs années aux Etats-Unis, au nom même des valeurs libertaires qui faisaient la vigueur de l’Internet des années 1980, décentralisé et idéaliste. Son dernier papier, cosigné entre autres avec des universitaires de Stanford, a relancé le débat outre-Atlantique. En France, le député Bruno Bonnell (LRM) travaille sur une proposition de loi. L’Europe s’honorerait de prendre les devants et d’imposer sa soft law [règles de droit non obligatoires] face à une Amérique à genoux devant les intérêts du big business et à une Chine peu soucieuse de l’individu.

    Alors qu’on nous annonce, à l’image de l’historien Yuval Noah Harari, un « dataisme » dissolvant l’humain dans le réseau et rendant caduc le libre arbitre, il est urgent de reprendre la maîtrise de nos data et donc de nous-mêmes. Le droit de propriété est l’un des outils essentiels de cet humanisme 2.0.

    Liste complète des signataires : Rafaël Biosse-Duplan, associé gérant de Finisterre Capital ; Bruno Bonnell, député LRM ; Manuel Carcassonne, directeur général des Editions Stock ; Alexandre Jardin, écrivain et cinéaste ; Aurélie Jean, computational scientist ; Gaspard Koenig, philosophe, maître de conférences à Sciences Po Paris et président du think tank Generation Libre ; Willy Lafran, entrepreneur, fondateur de Datarmine ; Sébastien Lalevée, gérant associé de Financière Arbevel ; Isabelle Landreau, avocate ; Jaron Lanier, informaticien, créateur de start-up ; Céline Lazorthes, entrepreneure, fondatrice et PDG du groupe Leetchi ; Guillaume Liégey, cofondateur de Liegey Muller Pons ; Laurence Parisot, dirigeante d’entreprise, présidente de Gravida, ancienne présidente du Medef ; Gérard Peliks, ingénieur en cybersécurité, président de l’association CyberEdu ; Virginie Pez, économiste, maître de conférence à l’université Panthéon-Assas (Paris II) ; Rubin Sfadj, avocat en droit du numérique et de la finance ; Philippe Silberzahn, économiste ; Pierre Valade, entrepreneur et cofondateur de l’application Sunrise ; Natacha Valla, économiste, membre du Conseil d’analyse économique ; Guy Vallancien, chirurgien ; Glen Weyl, économiste.

    #Données_personnelles #Néolibéralisme #Propriété_des_données


  • « Si l’école faisait son travail, j’aurais du #travail » : le slogan du #Medef qui interroge sur le rôle de l’#école
    http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/10/11/si-l-ecole-faisait-son-travail-j-aurais-du-travail-le-slogan-du-medef-qui-in

    Au fait, est-ce grâce au travail de l’école que l’actuel président du Medef et ses prédécesseurs ont trouvé du travail ? Je laisse à chacun le soin d’en juger…

    Pierre Gattaz : président du directoire et actionnaire de Radiall, entreprise fondée par son père.

    Laurence Parisot : vice-présidente de l’IFOP, héritière du groupe Parisot.

    Ernest-Antoine Seillière : président d’honneur du groupe Wendel, entreprise familiale.


  • L’inspection, premier plan social de la nouvelle ministre du Travailhttp://www.regards.fr/web/article/l-inspection-premier-plan-social-de-la-nouvelle-ministre-du-travail

    La nomination de Muriel Pénicaud, ex-DRH de Dassault et Danone, livre un message clair : les "réformes structurelles" seront menées au pas de charge. L’inspection du travail, soumise à de profondes coupes d’effectifs, est en première ligne.

    Moins 16 % de postes à Paris, moins 10 % en Île-de-France, moins 13 % en région Grand-Est… Si ce n’est pas une mise en coupe réglée de l’inspection du travail, cela y ressemble fortement. En Île-de-France, la nouvelle a été annoncé le 2 mai aux représentants du personnel, soit entre les deux tours de la présidentielle. Les ministres passent mais, en silence, pièce par pièce, la casse de l’inspection continue. Loin d’infléchir la tendance, le nouveau gouvernement et sa ministre du Travail nommée mercredi 17 mai, Muriel Pénicaud, ex-DRH chez Dassault et chez Danone, présagent au contraire de son aggravation. Désabusés, les agents de l’inspection espèrent un mouvement de solidarité plus large avec leur profession.

    En attendant, ce jeudi, soit au lendemain de la nomination de la successeur de Myriam El-Khomri rue de Grenelle, les salariés du ministère du travail se sont mobilisés un peu partout en France. « Ce n’était pas délibéré, mais le timing est bon », constate Julien Boeldieu, le secrétaire général de la CGT au sein de cette administration. Un appel avait été lancé par une intersyndicale composée de l’intégralité des organisations qui y sont implantées. De quoi donner l’occasion à la nouvelle ministre, qui sera probablement amenée à diriger les prochaines réformes du code du travail et de l’assurance chômage, de démontrer ses qualités en matière de « dialogue social ».


  • Une question qui me tarraude un peu, pour laquelle je ne semble pas trouver la trace d’un questionnement commun, mais aussi, c’est ma faute, je me suis volontairement coupé de la campagne en cours et je n’ai pas vraiment l’intention de remettre les doigts dans la prise, je tente surtout de venir en aide à ma grande fille nouvelle électrice et qui se désole du choix qui est désormais le sien, bref je ne vois pas beaucoup d’interrogations à propos des prochaines élections de l’Assemblée. Si Le Pen est élue j’imagine que le sort de l’Assemblée sera de peu d’importance, la Vème république devrait se retrovuer hors sol très rapidement. En revanche si Macron est élu avec quelle majorité va-t-il gouverner ?

    Je dis ça je ne dis rien, comme dirait la jeune électrice à laquelle j’essaye de venir en aide. Vous qui suivez tout cela avec un peu plus d’attention et de suite dans les idées que moi, est-ce que c’est un sujet qui est plus communément abordé ?

    • Je n’ai rien vu passé pour le moment. Mais je rêve d’un truc impossible, genre un système de coalition à la scandinave : pour cela il faudrait que Mélenchon se calme un peu et trouve en lui la sagesse de s’ouvrir et de faire un accord avec Hamon ou équivalent pour présenter des candidats uniques (éventuellement avec Poutou), pour emporter la majorité parlementaire et participer au gvt Macron pour le modérer un peu.

      Ceci bien sur dans la perspective où l’apocalypse n’aura pas lieu. Depuis ce débat en naufrage, je suis un peu plus rassuré, mais à peine.

    • Par ailleurs, j’ai très envie de faire un truc mais je suis trop loin de la France. J’ai vraiment envie d’aller dans les circonscriptions, communes et zones où Le Pen fait ses meilleurs scores et essayer de comprendre chez celles et ceux qui ont voté pour elle, ce qui les séduit, ce qui les pousse à adhérer à ses thèses et son idéologie. Juste parler, s’entretenir, écouter, ouvrir grand les yeux et les oreilles.

      Si l’une ou l’un de vous connait quelqu’un, chercheur ou journaliste sérieux qui fait ou a fait ce travail d’enquête de fond, je suis preneur.

    • @reka Juste avant que tu ne remplisses indûment ton panier (bio, forcément bio le panier), le film de Sauder répond effectivement à ta demande, dans le sens où il part à la rencontre des racines du problème. Il réalise l’exploit de donner à comprendre le mécanisme sans l’aborder frontalement, en interviwant des personnes qui si elles ne votent pas nécessairement pour le FN, vivent en compagnie de telles personnes et donc comprennent et expliquent parfaitement leurs raisonnements. La force du film réside bien davantage dans ce qu’il parvient à démontrer en suggérant, de même c’est un documentaire qui parle à la première personne du singulier.

      En revanche le livre de Valérie Igounet est lui plus une analyse historique du discours du FN, mais dans cette perspective, tu trouveras en filigrane de l’analyse l’évolution des mentalités et comment elle a été savamment travaillée par les cadres du FN, notamment tout ce qui concerne la dédiabolisation.

      Voilà cette fois, je crois que je t’ai tout dit.

    • @reka Tout d’abord désolé de citer un journal que tu proscris habituellement.
      Mais quand tu penses :

      J’ai vraiment envie d’aller dans les circonscriptions, communes et zones où Le Pen fait ses meilleurs scores et essayer de comprendre chez celles et ceux qui ont voté pour elle, ce qui les séduit, ce qui les pousse à adhérer à ses thèses et son idéologie. Juste parler, s’entretenir, écouter, ouvrir grand les yeux et les oreilles.

      Un article qui date, je crois de 2001 a vu son heure de gloire dans le dernier Diplo, vu l’actualité :
      Mon voisin vote Front national
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      Il m’a ouvert les yeux sur la variété d’électeurs, loin des stéréotypes de « brebis perdues » ou de « racistes jusqu’à l’os ».
      Même @marielle l’a cité https://seenthis.net/messages/557773

    • De ce que j’ai retenu, Macron prévoit de faire passer des lois par ordonnance. Je crois qu’il y a quelques garde-fous pour ne pas que l’exécutif décide de tout tout seul mais il n’empêche qu’il se passera des avis de l’Assemblée nationale au max de ce qu’il peut faire.

    • Rapidement sur le point juridique.
      Pour légiférer par ordonnances, il faut une habilitation du Parlement. Les ordonnances prises diffèrent des lois en ce qu’elle sont assimilées à des règlements (plus proche de l’administratif que du legislatif, avec d’ailleurs un contrôle du juge administratif) : elles entrent en vigueur immédiatement, sans avoir besoin de décrets d’application. Par contre, pour qu’elles prennent valeur de lois, il faut une ratification du Parlement avant un certain délai.
      Donc pas débats, comme avec le 49,3 mais quand même un contrôle parlementaire. Il faut donc avoir une majorité favorable. (Et j’imagine que ça peut se faire en début de mandat pour des « réformes », mais que ça ne peut pas devenir une méthode dans la durée.)
      Après il serait loin d’être le premier à utiliser des ordonnances : c’est beaucoup employé pour simplifier des lois, assurer leur cohérence les unes par rapport aux autres dans le temps, pour transposer du droit européen en droit français, etc. La nouveauté serait plutôt d’utiliser le dispositif pour des « réformes » : des projets de lois habituellement largement discutés à l’assemblée (ainsi que dans la rue — et c’est ce dernier point qui doit vouloir être évité).

    • Dans l’esprit, le candidat Macron travaille main dans la main avec les dirigeants du monde bancaire et financier, des multinationales, du MEDEF, et de toute la sphère politico-[médiatico]industrielle qui a construit à grands coups de boutoirs l’espace glaçant du monde dérégulé du libéralisme moderne. Les paradis fiscaux sont leur refuge secret et leur arme de prédilection, mais créer un paradis fiscal à l’échelle de la France est l’objectif assumé.

      L’idée même que les impôts, les taxes, tout ce qui finance le bien public est un frein à l’expression de la liberté de créer de la richesse prônée par ces « disrupteurs » est une sorte de vol généralisé, assumé et mensonger qu’ils aimeraient beaucoup faire passer pour une forme de modernité incontournable. Ce qu’ils oublient, c’est que toute la richesse créée par les entreprises les plus performantes qu’ils souhaitent « libérer » ne peut se générer que par le maintien d’infrastructures et de biens publics au meilleur niveau : réseaux routiers, télécommunications, éducation, administrations, aides publiques, maintien du tissu associatif, gestion du patrimoine, culture, etc…

      Que la gestion de l’argent public soit mauvaise, mal répartie, soumises à des pressions, des conflits d’intérêt, c’est une certitude. Mais faire croire qu’il faudrait en dépenser moins, et dans le même temps qu’il faudrait en collecter moins, et surtout laisser les clés de la gestion économique globale à des acteurs économiques privés de type vautours, est un plan marketing politique assez étonnant. Le formidable engouement pour Uber, vaillante startup libérant les pauvres banlieusards de leur carcan du chômage forcé, en leur permettant de devenir leur « propre patron » comme VTC, a vite démontré l’inanité de la dérégulation libérale du capitalisme de plateforme. Aujourd’hui, les chauffeurs Uber protestent en masse, étranglés par les crédits inremboursables, soumis à des horaires monstrueux et, cerise sur le gâteau, pouvant prétendre gagner moins que le Smic en fin de mois en étant leur propre « patron ». Un patron totalement soumis et subordonné à l’entreprise disruptive Uber qui a augmenté ses profits en passant sa « commission » sur les courses de 20 à 25%. Pas de règles, Uber est libre d’étrangler ses chauffeurs, eux-même déclarés libres de travailler comme ils le souhaitent, puisque « entrepreneurs ».

      Le rêve d’une société où chacun peut « entreprendre », avec des règles minimales, qui « fluidifieraient » les échanges, l’emploi, est celui des prédateurs de l’économie néo-libérale, l’économie financière. Les startups n’en sont qu’une partie émergée, puisqu’au final, le projet de Macron n’est rien d’autre que la création [déjà en cours de constitution] d’un grand espace commercial, où les Français pourront aller consommer 24/24, et travailler le maximum avec le moins de règles possibles, tout en étant sommé de ne pas profiter de l’argent public des organismes paritaires sociaux, le tout dans un rapport de force entre détenteurs du capital et les autres, totalement distendu au profit des premiers.

      https://reflets.info/la-societe-deregulee-en-marche-demmanuel-macron

      Un article assez objectif.

    • Ouh la, il y a deux sujets très différents sur ce fil :

      1) avec quelle majorité Macron va gouverner ?

      2) qui vote FN et pour quelles raisons ?

      #France #Elections_présidentielles_2017

      Pour le premier sujet :
      –L’extrême gauche sera comme d’habitude exclue du parlement
      –Vu les scores du FN, ils vont probablement avoir beaucoup plus de députés qu’avant, mais « grâce » au scrutin majoritaire, ils n’en auront pas tant que ça
      –Vu l’Etat du PS de Hamon, ils vont probablement avoir beaucoup moins de députés qu’avant
      –Vu la jeunesse de la France Insoumise, les disputes avec le Front de Gauche, les reproches faits à Mélenchon suite au premier tour, l’allergie qu’il suscite encore chez beaucoup, et surtout le fait que le temps n’est pas encore venu d’une reconfiguration de la gauche, donc les Mélenchonistes vont arriver localement en conflit avec les candidats PC ou PS et, lui aussi, « à cause » du scrutin majoritaire, il va probablement y avoir peu d’élus de ce camp là
      –Je soupçonne donc un gros score pour la droite au sens large : les Républicains de toutes obédiences (des pires aux moins pires, de Fillon à Bayrou en passant par Sarkozy et Juppé), des Macronistes convaincus (un conglomérat de traîtres et de bras cassés qui ne savent pas trop où ils sont ni où ils vont), et la droite du PS (Valls et tous les autres traîtres). C’est donc avec cette clique de merde que Macron va faire sa majorité, son gouvernement, et son premier ministre (on parle de Laurence Parisot, ça fait mal...). Et puis en vrai ce sera le CAC40 qui gouvernera, et le FN qui lui succédera...

      #Emmanuel_Macron
      –-------------------------------------

      Pour le second sujet, je note :
      –Retour à Forbach, de Régis Sauder (film, 2017)

      –Les Français d’abord, de Valérie Igounet (livre, 2017)

      –Le Vote FN au village, Violaine Girard (livre 2017)
      https://seenthis.net/messages/595570

      –Mon voisin vote Front national, par Willy Pelletier (article, 2017)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/PELLETIER/56999
      (mais #paywall)
      Et une causerie sur le même sujet ici :
      https://seenthis.net/messages/594804

      –Et une discussion ici, mais qui n’est qu’un échange d’opinions pas très étayés :
      https://seenthis.net/messages/595515

      #Vote_FN #FN #Racisme

    • Reconfiguration : et il faudrait que ça continue d’ailleurs. La FI est à l’offensive, en particulier ces jours derniers vis à vis du PC, qui se montre comme d’habitude gourmand... à vouloir utiliser l’image de la FI tout en se présentant contre les candidats de la FI... très à la façon du PS en fait, dans sa façon de négocier.

    • On peut espérer que la FI termine le boulot entamé aux présidentielles en tuant presque définitivement le PC et le PS (pour ce dernier ce sera plus difficile). C’est quand même quelque chose que de nombreux militants de gauche souhaitaient depuis un bout de temps tellement ces 2 partis sont pourris jusqu’à l’os. Il faut se rappeler que le PCF, sans Mélenchon qui tire l’attelage, c’était 1% aux présidentielles de 2007... Ils ont foutu en l’air le front de gauche par purs calculs de plats de lentilles, ce qui leur arrive est donc tout à fait normal de mon point de vue et je serais la FI je n’aurais aucune confiance dans le PCF (je crois que c’est le cas du coup). Quant aux verts, difficile de leur accorder beaucoup plus de crédit, mais c’est peut-être moins difficile car les pires opportunistes sont finalement déjà partis depuis quelques temps (chez Macron ou PS).
      Vu de plus ou moins loin (j’envisage de peut-être m’investir dans la FI, même si ma sensibilité libertaire me donne quelques remords...), je pense qu’il ne faut clairement pas attendre de Mélenchon qu’il signe des accords électoraux au risque de voir tout ce qu’il a construit s’effondrer, autrement dit, je pense qu’il n’a même pas ce pouvoir. J’ai ouïe dire que le NPA (ou au moins un nombre conséquent de ses militants) discuterait sur le fait de se dissoudre dans la FI. Bref, je pense que l’avenir à court terme de la « vraie » gauche est là dedans, avec tous les inconvénients que cela peut avoir. Je ne me lasse pas d’admirer tout de même ce formidable coup de pied dans la fourmilière que la FI a réalisé et j’ai une vision plus optimiste que d’autres : il est possible qu’il y ait un nombre conséquent de députés FI même si effectivement il y a plus de chances que la droite l’emporte.


  • Le retour de Roland Fojrin.

    Il est temps de clarifier les choses, comme Marine Le Pen l’a fait en appelant à la rescousse Nicolas Dupont Aignan. Alors, qui Emmanuel Macron peut-il nommer ? Laurence Parisot a été évoquée. C’est une femme admirable, qui a su se frayer un chemin parmi les plus grands de ce monde. Je pense néanmoins qu’il faut un contrepoids sérieux à Emmanuel Macron, qui est jeune et vif. Il faut aller au bout de l’innovation politique et comme le statut de première dame est un archaïsme sans nom, il convient de nommer sans sourciller Brigitte Macron au poste de première ministre.

    http://rolandfojrin.com/article2/voter-macrine


    • A noter que ce scientifique, inventeur de ce concept, n’en est pas à son coup d’essai, il avait notamment prédit le Brexit, l’élection de Donald Trump et la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite.

    • De « mon ennemi est la finance » à l’ami de la finance

      Emmanuel Macron n’est en rien l’incarnation d’un renouveau de la politique. De François Bayrou à Manuel Valls, d’Alain Madelin à Laurence Parisot, sa candidature est le réceptacle de tous les promoteurs du libéralisme de ces dernières décennies. Or, ce sont ces politiques qui conduisent à l’augmentation de la pauvreté et des inégalités, à la désespérance sociale et in fine à la montée du Front national dans ce pays. Ce candidat zélé du libre-échange, ce défenseur de l’« ubérisation » de notre société et de la destruction définitive du code du travail, par les politiques qu’il veut mener, ne sera en rien un obstacle à la montée des idées de l’extrême droite dans les années à venir.

      Il a décrété que la réglementation bancaire doit être allégée, que la taxe sur les transactions financières n’est pas une priorité, et que l’ISF ne doit pas être payé par les actionnaires car ceux-ci financent les entreprises. Son projet est de renforcer le contrôle des chômeurs, de défaire notre système de protection sociale et de renforcer les bases du système productiviste fondé sur la surexploitation du travail et de la nature.

      https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/declaration-d-attac-france-apres-le-premier-tour-de-l-election-preside

    • A noter également que ce « scientifique » a prédit Fillon au second tour derrière Le Pen, qu’il doutait de la victoire de Hollande en 2012, et qu’il est climato-sceptique (ce qui n’a certes rien à voir). Tu prédis les pires trucs, si ça ne se passe pas on n’en parle plus, si ça arrive t’es un génie.

    • Ouais…

      L’homme qui a prévu la victoire de Trump et la défaite de Juppé, l’article de Causeur.fr du 2/12/16 survend très fortement les « prédictions » de l’intéressé.

      Le résumé de l’article en question (13/09/16)
      [1609.03933v1] The Trump phenomenon, an explanation from sociophysics
      https://arxiv.org/abs/1609.03933v1

      The Trump phenomenon is argued to depart from current populist rise in Europe. According to a model of opinion dynamics from sociophysics the machinery of Trump’s amazing success obeys well-defined counter-intuitive rules. Therefore, his success was in principle predictable from the start. The model uses local majority rule arguments and obeys a threshold dynamics. The associated tipping points are found to depend on the leading collective beliefs, cognitive biases and prejudices of the social group which undertakes the public debate. And here comes the sesame of the Trump campaign, which develops along two successive steps. During a first moment, Trump’s statement produces a majority of voters against him. But at the same time, according to the model the shocking character of the statement modifies the prejudice balance. In case the prejudice is present even being frozen among voters, the tipping point is lowered at Trump’s benefit. Nevertheless, although the tipping point has been lowered by the activation of frozen prejudices it is instrumental to preserve enough support from openly prejudiced people to be above the threshold. Then, as infuriated voters launch intense debate, occurrence of ties will drive progressively hostile people to shift their voting intention without needing to endorse the statement which has infuriated them. The on going debate does drive towards a majority for Trump. The possible Trump victory at November Presidential election is discussed. In particular, the model shows that to eventually win the Presidential election, Trump must not modify his past shocking attitude but to appeal to a different spectrum of frozen prejudices, which are common to both Democrats and Republicans.

      Article accessible en ligne, https://arxiv.org/pdf/1609.03933v1.pdf avec des morceaux choisis de la conclusion…

      At this stage, to avoid all kinds of misleading future comments about this work, it is of importance to make a series of clarification points:
      1. In case Donald Trump becomes the next US president, it will not be the definite proof of the rightness of the model. Indeed, it will support the legitimacy of the sociophysics approach and will demonstrate itspowerful potential in the building of a hard part of social science.
      […]
      3. In case Donald Trump does not become the next US president, it will not disqualify the sociophysics approach. We are building a novel framework to explain collective phenomena in social and political sciences. A hard science is built along making predictions to check the validity of the models. Both successful and wrong predictions contribute
      to the elaboration of a solid and robust predictive tool. A path, which will definitively takes a long time.


  • « Les vieux habits de l’homme neuf » | Emmanuel Macron, la finance et le pouvoir

    par François Denord & Paul Lagneau-Ymonet

    Étroitement associé à la politique économique du président François Hollande, le candidat du mouvement En marche ! se présente pourtant comme un homme « hors système », loin des partis et des coteries. Cautionnée par la presse, la métamorphose de M. Emmanuel Macron en évangéliste politique masque mal la trajectoire banale d’un technocrate dont l’entregent lui a permis de brûler les étapes.

    Ce 17 mars 2015, l’agenda de M. Emmanuel Macron s’annonce chargé. À 7 h 45, la revue Politique internationale attend le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique pour un petit déjeuner-débat. Au menu : exposé face à un aréopage de patrons, de diplomates et de responsables politiques. Une heure plus tard, direction Bercy. Le ministre participe à l’ouverture d’une conférence sur les dispositifs publics de soutien à l’exportation, où se mêlent hauts fonctionnaires et dirigeants du privé, avant de s’entretenir avec les sénateurs socialistes au sujet de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.

    Vers 13 h 15, il retrouve les convives du Cercle Turgot pour un déjeuner-débat. Le président en exercice de ce think tank, M. François Pérol, patron du groupe Banque populaire - Caisse d’épargne (BPCE), l’accueille : « Bienvenue, Emmanuel. Tu arrives juste du Sénat. Y a-t-il trop d’articles à ton projet de loi ? Comme on disait en d’autres temps, trop de notes s’agissant de la musique de Mozart ? » Pareil hommage tient en partie de l’autocélébration, tant la carrière de M. Macron ressemble à celle de M. Pérol : fils de médecin, énarque, passé par l’inspection des finances, par la banque Rothschild et par les services de l’Élysée. Le ministre a vite fait d’emballer financiers, journalistes et autres cadres, qui l’intronisent membre d’honneur de leur cercle. Après les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, M. Macron s’attarde pour un long entretien avec M. Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef). Puis, Saint-Patrick oblige, il reçoit M. Richard Bruton, son homologue irlandais.

    Une succession d’apparitions brèves dans les sphères du pouvoir, avec la volonté de faire forte impression à défaut de laisser une empreinte profonde : ce 17 mars 2015 résume à bien des égards la trajectoire du candidat à l’élection présidentielle française.

    Il se rêvait normalien, il atterrit à Sciences Po. Là, l’historien François Dosse le présente en 1999 au philosophe Paul Ricœur, qui cherche une petite main pour achever le manuscrit de La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (1). Cette collaboration ouvre à l’étudiant les portes d’Esprit, revue intellectuelle française proche de la « deuxième gauche » qui soutint par exemple le plan de réforme de la Sécurité sociale du premier ministre Alain Juppé en 1995. Il y théorise sa conception de l’exercice du pouvoir : « Le discours comme l’action politique ne peuvent plus s’inscrire dans un programme qu’on proposerait au vote et qu’on appliquerait durant les cinq années du mandat (2). » Au politique, il faudrait, selon lui, un horizon plutôt qu’un catalogue de mesures. C’est auprès de piliers de la « deuxième gauche » qu’il trouve l’idéologie donnant sens à son engagement.

    Sous le fouet de la sainte concurrence

    Énarque stagiaire dans l’Oise à l’automne 2002, M. Macron se lie d’amitié avec Henry Hermand. Enrichi dans l’immobilier commercial, l’homme d’affaires (décédé en 2016) a été l’une des figures tutélaires et nourricières d’une gauche chrétienne et « anti » : anticommuniste, anticolonialiste et antijacobine (3). Puis, en 2007, le chef de l’inspection des finances, M. Jean-Pierre Jouyet, débauché par M. Nicolas Sarkozy pour le secrétariat d’État chargé des affaires européennes, présente ce jeune homme prometteur à M. Jacques Attali.

    L’ancien conseiller de François Mitterrand, qui préside la commission pour la libération de la croissance, le nomme rapporteur général adjoint. On discerne en sourdine dans le document final cette volonté de dépasser des clivages ordinaires que le candidat vocifère désormais sur toutes les estrades. « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan ni bipartisan : il est non partisan. » Les « non-partisans » de la commission pourfendent « la rente (...) triomphante : dans les fortunes foncières, dans la collusion des privilégiés, dans le recrutement des élites » (4) et défendent un projet de société fondé sur la concurrence et la déréglementation.

    Ces esprits inspirés ne se contentent pas de recommander la réorientation massive de l’épargne des Français vers les marchés d’actions six mois avant l’effondrement financier de 2008. La mise en concurrence généralisée revient à opposer entre elles des fractions des classes populaires : fonctionnaires et salariés du privé, artisans taxis contre chauffeurs Uber. Une telle vision du monde sied bien à un fringant inspecteur des finances qui, outre le comité de rédaction d’Esprit, qu’il intègre, fréquente des cénacles sociaux-libéraux et partisans de la construction européenne telle qu’elle se fait, comme En temps réel ou les Gracques. Le premier se présente comme un « lieu de rencontre entre acteurs publics et privés soucieux de confronter leurs expériences et analyses, (…) dédié à la construction de puissantes bases intellectuelles d’un agenda réformiste ». Le second proclame que le marché « est le moyen de remettre en cause les situations acquises, les privilèges et les rentes ».

    La rente sociale de M. Macron, elle, reste à l’abri des grands vents de la « modernité ». En 2008, M. Xavier Fontanet, alors président d’Essilor, M. Serge Weinberg, ancien conseiller de M. Laurent Fabius, président du fonds Weinberg Capital Partners, M. Jean-Michel Darrois, avocat d’affaires, et M. Alain Minc — le seul à ne pas avoir été membre de la commission Attali — le recommandent auprès de la banque Rothschild. Son ascension y sera fulgurante, grâce à un marché conclu en 2012 pour le compte de Nestlé, dont le président, M. Peter Brabeck-Letmathe, avait participé à ladite commission.

    M. Attali a présenté M. Macron à M. François Hollande en 2010, lorsque celui-ci ne dirigeait plus le Parti socialiste (PS) et que M. Dominique Strauss-Kahn ou Mme Martine Aubry semblaient assurés de jouer les premiers rôles aux primaires de 2011. Le jeune trentenaire coordonne pour le futur président le travail d’économistes comme Philippe Aghion (encore un membre de la commission Attali). Après la victoire de 2012, M. Attali et M. Jouyet — revenu de son aventure sarkozyste et à nouveau intime de M. Hollande — appuient sa candidature au poste de secrétaire général adjoint de l’Élysée, chargé des questions économiques.

    En 2014, c’est encore M. Jouyet qui, en sa qualité de secrétaire général de l’Élysée, annonce la nomination de son protégé au ministère de l’économie. « C’est quand même exaltant, à cet âge-là, d’avoir en charge l’économie, les entreprises, l’industrie, tout ça, lui explique-t-il au téléphone juste après l’annonce du remaniement. Tu te rends compte, le numérique, tout ce que j’aurais aimé faire ! Je pensais, quand même, à l’inspection des finances, être le maître, maintenant, c’est toi qui vas être le maître (5). » Le nom du jeune prodige sera vite associé à une loi qui promeut le bus plutôt que le train, à l’ouverture dominicale des commerces et au travail de nuit. Il assouplit les règles des licenciements collectifs et hâte la privatisation de la gestion d’aéroports régionaux.

    À ce stade d’une trajectoire de météore, on distingue déjà l’épure d’un style : être introduit dans une institution de pouvoir par un influent pygmalion, n’y passer que le temps nécessaire à la constitution d’un dense réseau de relations, puis recommencer à un poste d’un prestige supérieur. M. Macron ne restera pas plus longtemps à Bercy qu’à l’inspection des finances, chez Rothschild ou au secrétariat de la présidence : moins de trois ans. Quand il lance à 38 ans, en avril 2016, son mouvement En marche !, il mobilise les contacts accumulés à chaque étape de sa carrière.

    À Sciences Po, où il enseigna à sa sortie de l’École nationale d’administration (ENA), M. Macron se lie d’amitié avec M. Laurent Bigorgne. C’est à l’adresse privée de ce dernier qu’il domiciliera En marche ! Fin 2010, M. Bigorgne devient directeur général de l’Institut Montaigne. Du très libéral institut, le candidat débauchera Mme Françoise Holder, codirectrice du groupe du même nom (boulangeries Paul et pâtisseries Ladurée), et recourra un temps aux services de l’agence de communication, Little Wing. Il ne boude pas pour autant les think tanks de l’autre bord politique : il est proche de M. Thierry Pech, ancien cadre de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et directeur général de la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste.

    D’anciens membres de la commission Attali se mettent aussi « en marche ». L’essayiste Erik Orsenna était au premier rang pour le lancement du mouvement à la Mutualité (La Tribune, 31 août 2016). La rapporteuse de la commission, Mme Josseline de Clausade, passée du Conseil d’État à la direction du groupe Casino, M. Jean Kaspar, ancien secrétaire général de la CFDT désormais consultant en stratégies sociales, M. Darrois ainsi que M. Stéphane Boujnah, président d’Euronext, la société qui gère les Bourses d’Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Paris, ont fait le déplacement pour le premier grand meeting de campagne, le 10 décembre 2016, à la porte de Versailles. C’est d’ailleurs M. Boujnah, ancien « DSK boy », vice-président d’En temps réel, qui aurait présenté à M. Macron l’homme qui désormais lève des fonds pour sa campagne présidentielle : M. Christian Dargnat. Cet ancien patron de la gestion d’actifs de BNP Paribas et du Crédit agricole a également présidé le comité « Monnaies et système monétaire international » du Medef de 2010 à 2013. Le patron du cabinet de conseil Accenture, M. Pierre Nanterme, autre ancien de la commission Attali et de la direction du Medef — sous la présidence de Mme Laurence Parisot —, a déclaré avoir versé 7 500 euros (le plafond autorisé) à En marche ! (Les Échos, 27 janvier 2017).

    Côté syndical, outre M. Kaspar, la connexion macronienne se nomme Pierre Ferracci. L’homme a transformé le cabinet d’expertise Secafi, proche de la Confédération générale du travail (CGT), en un groupe spécialisé dans le conseil aux syndicats, aux représentants du personnel et aux directions d’entreprise, le groupe Alpha. Son fils Marc et sa belle-fille Sophie occupent une place importante dans la garde rapprochée du candidat. Témoin de mariage du couple Macron, le premier est professeur d’économie, chercheur associé à la chaire « Sécurisation des parcours professionnels » que cofinancent à Sciences Po le groupe Alpha, la société de travail intérimaire Randstad, Pôle emploi et le ministère du travail. Avocate d’affaires, la seconde fut cheffe de cabinet du ministre à Bercy avant d’intégrer son équipe de campagne.

    D’autres anciens membres du cabinet ministériel ont rallié En marche ! Son directeur (6), M. Alexis Kohler, qui a rejoint la direction financière du deuxième armateur mondial, MSC, continue de conseiller M. Macron, quand son adjoint, M. Julien Denormandie, se consacre à temps plein à la campagne. Tous deux sont passés par le cabinet de M. Pierre Moscovici, aujourd’hui commissaire européen.

    Le conseiller chargé de la communication et des affaires stratégiques de M. Macron à Bercy, M. Ismaël Emelien, fait appel à des entreprises spécialisées dans la collecte et l’analyse de données de masse afin de caler l’« offre » politique sur les desiderata des électeurs (Le Monde, 19 décembre 2016). Le porte-parole d’En marche !, M. Benjamin Griveaux, ne faisait pas partie de son cabinet ministériel, mais il cumule les propriétés de ses jeunes membres : surdiplômé — École des hautes études commerciales (HEC) de Paris, Sciences Po —, formé au sein de la droite du PS (auprès de MM. Strauss-Kahn et Moscovici), passé par un cabinet ministériel (celui de Mme Marisol Touraine). En outre, il a exercé des mandats électoraux (à Chalon-sur-Saône et dans le département de Saône-et-Loire), tout comme le secrétaire général d’En marche !, le député et conseiller régional du Finistère Richard Ferrand, ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne.

    Héritier de la noblesse d’État
    Ainsi l’homme qui se présente comme neuf, sans passé et sans attache incarne-t-il, tant personnellement que par son entourage, l’héritage cumulé de la noblesse d’État (Bercy), de l’expertise et de la haute finance : le noyau du « système », en somme, que sanctionne son appartenance au club Le Siècle.

    Trente ans après que M. Hollande, M. Jouyet et quelques autres caciques socialistes ont proclamé que « la gauche bouge (7) », la vieille garde et les Jeunes-Turcs de M. Macron rejouent l’éternelle histoire du modernisme : un homme situé au-dessus des partis qui agrège les bonnes volontés, les compétences techniques et les méthodes dernier cri pour piloter le pays. Dès lors, l’essentiel n’est pas d’avoir un programme. C’est de rassembler, de la droite de la gauche (par exemple M. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, connu pour sa sollicitude envers la hiérarchie catholique) à la gauche de la droite (comme la députée européenne Sylvie Goulard, auteure de l’inénarrable L’Europe pour les nuls).

    C’est surtout de pouvoir compter sur l’appui d’individus influents, tel M. Jean Pisani-Ferry, ancien commissaire général à la stratégie et à la prospective, et sur les nombreux experts qu’il draine dans son sillage. Cet ancien conseiller de M. Strauss-Kahn et de M. Jouyet sait pourtant l’inconvénient d’un tel positionnement. Peu après le « Brexit », il constatait : « Nous sommes les experts, ceux que 52 % des Britanniques détestent » (Le Figaro, 4 juillet 2016). Il faudra à M. Macron beaucoup de charisme pour maintenir l’illusion qu’il appartient à l’autre camp. Lui suffira-t-il de croiser le mythe pompidolien du banquier lettré sachant conduire les affaires avec le fantasme giscardien du jeune homme progressiste ?

    François Denord & Paul Lagneau-Ymonet

    Sociologues. Auteurs de l’ouvrage Le Concert des puissants, Raisons d’agir, Paris, 2016.

    Le Monde diplomatique Mars 2017


  • Cinq ans de Mediapart Live : le florilège
    https://www.mediapart.fr/journal/france/281216/cinq-ans-de-mediapart-live-le-florilege

    Ce soir, Mediapart vous propose de revisiter cinq années de débats en direct de la rédaction. Avec Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira, François Hollande, Laurence Parisot, Manuel Valls, Naomi Klein, François Maspero et bien d’autres. Rendez-vous mercredi 28 décembre à partir de 20 heures.

    #France #MediapartLive


  • Retraite : Laurence Parisot attaque le rapport Moreau
    http://bercy.blog.lemonde.fr/2013/06/18/retraite-laurence-parisot-attaque-le-rapport-moreau/#xtor=RSS-32280322

    Pour sa dernière conférence mensuelle de présidente du Medef, Laurence Parisot s’en est pris en termes très vifs, mardi 18 juin, au rapport de Yannick Moreau sur les retraites qu’elle juge décevant et qui « manque de rigueur et de hauteur … Continuer la lecture →


  • http://towardgrace.blogspot.fr/2016/05/lecrivain-ne-fait-il-vraiment.html

    Laurence Parisot prend des produits :

    Récemment, on a pu lire des propos édifiants de Laurence Parisot, présidente du MEDEF, propos visant à expliquer pourquoi elle ne signerait pas l’appel à limiter la rémunération des patrons du CAC 40. Selon elle, certaines catégories socio-professionnelles échapperaient honteusement à ce radar. ET de citer entre autres exemples :

    « un écrivain à succès qui empoche 1,8 million de droits d’auteur et qui ne fait travailler personne. »


  • Oui aux emplois aussi précaires que l’amour

    Je ne sais par quelle curieuse association d’idées il m’est revenu à la mémoire, à l’heure où se détricote et se remaille le projet de loi El Khomri, cette pensée de Laurence Parisot, alors Présidente du Medef (c’était en 2010) : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ».

    Il m’est revenu en même temps à la mémoire que la durée médiane d’un CDI est de 24,2 mois, que celle d’un CDD est de 2 semaines et que celle d’une mission d’intérim est de 1,7 semaines.

    Voir :http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2014-056-2.pdf

    J’ai vérifié auprès de l’Insee que l’espérance de vie en France était en moyenne de 79 ans pour les hommes et de 85 ans pour les femmes ; que l’espérance de vie en bonne santé était à peu près de 63 ans (tous sexes confondus) et j’ai entrevu, selon des sources moins fiables, que la durée moyenne d’une vie en couple était à Paris d’au moins 13 ans.

    Je suis allé me coucher en me rangeant à l’avis de madame Parisot, en priant avec elle que le travail devienne aussi précaire que la vie, la santé et l’amour.

    La tortue gracile  : https://latortuesite.wordpress.com/2016/03/26/oui-aux-emplois-aussi-precaires-que-lamour
    #blog


  • Il y a dix ans, contre le CPE, nous avons fait reculer le gouvernement !

    « La vie, la santé, l’amour sont précaires donc... Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? ». Il y a dix ans, cette phrase de Laurence Parisot, présidente du Medef, incarnait le projet de Contrat Première embauche. Lycéens, étudiants, salariés et chômeurs, organisations de jeunes et de salariés, solidaires et alliés, avait fait reculer le gouvernement Villepin. Bis repetita ?

    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/090316/il-y-dix-ans-contre-le-cpe-nous-avons-fait-reculer-le-gouvernement

    #CPE #elkhomri #Loitravail #ManuelValls #villepin #Précarité


  • « Des acteurs du numérique se mobilisent pour voir davantage de femmes intervenir dans les manifestations publiques. Voici leur appel. [...] Dorénavant, nous ne participerons plus à aucune manifestation publique ou événement médiatique où seraient débattus, commentés ou jugés des sujets d’intérêt commun, sociétaux, politiques, économiques, scientifiques ou stratégiques, et qui ne compteraient aucune femme parmi un nombre important d’intervenants. »

    http://www.lepoint.fr/technologie/jamaissanselles-les-acteurs-du-numerique-s-engagent-23-01-2016-2012182_58.ph

    [Non, je ne l’ai pas signé. Cela me semble assez startupeur-entrepreneurial.]


  • En France, les enceintes sportives sont prises d’assaut par le « naming »
    http://www.lemonde.fr/sport/article/2015/10/29/au-nom-du-fric_4799516_3242.html

    Certains amateurs de tennis s’imaginent peut-être qu’ils vont assister au Tournoi de Bercy, du samedi 31 octobre au dimanche 8 novembre. Tout faux. C’est devant le spectacle du BNP Paribas Masters, et dans les gradins de l’AccorHotels Arena, qu’ils s’apprêtent à vibrer : officiellement, le tournoi parisien s’appelle comme ceci depuis 2002, et le Palais omnisports de Paris-Bercy (POPB) comme cela depuis la mi-octobre.

    [...]

    Le Parti communiste et le Front de gauche à Paris proposaient d’honorer la mémoire d’Alain Mimoun en donnant à la salle du 12e arrondissement le nom du champion olympique du marathon, en 1956, à Melbourne, mort en 2013. Les socialistes ont préféré opter pour les millions d’euros d’AccorHotels – un peu plus de trois par an, pendant au moins dix ans – qui permettent d’alléger un peu la facture de la ­rénovation (135 millions d’euros).

    Le nouveau nom a choqué de nombreux ­Parisiens, il a choqué Laurence Parisot – « Tout s’achète peut-être, mais tout ne doit pas être mis en vente ! », a twitté l’ancienne présidente du Medef –, mais il ne choque pas Jean-François Martins, adjoint chargé des sports et du tourisme à la mairie de Paris : « Il ne faut pas être naïf sur la présence des marques dans notre ­société, qui est une société de consommation. Je préfère faire partie des gens lucides qui savent que ça fait partie du jeu. Le groupe AccorHotels achète simplement un espace publicitaire, comme il pourrait acheter une page dans Le Monde ou une bannière sur LeMonde.fr. »

    #Parti_socialiste


  • Amnistie sociale, pas de fausse symetrie – Le blog de Gérard Filoche
    http://www.filoche.net/2015/10/08/amnistie-sociale-pas-de-fausse-symetrie

    C’est incroyable, les grands médias s’émeuvent de l’amnistie de syndicalistes mais pas des délits patronaux : le Medef qui s’indigne contre quelques militants qui ont forcé des portes pour se faire entendre, lui, il détournait 600 millions d’euros dans une caisse noire, révélée en 2007 ! C’était des détournements en bande organisée de biens sociaux, une double comptabilité dans les entreprises, un trafic d’influence et de salaires en liquide (versés par le Président de l’UNEDIC d’alors qui était pourtant chargé de veiller aux rentrées de cotisations sociales ! C’était un Cahuzac avant l’heure). Cet argent servait à casser les grèves. De « l’argent sale » avait dit Laurence Parisot, avouant « beaucoup savaient inconsciemment ». Mais eux ils ne risquent pas de demander l’amnistie, car 6 ans après ils ne sont toujours pas jugés ! Pourtant n’importe quelle bande organisée de voleurs de mobylettes en banlieue, pour beaucoup moins que ça, aurait été placée sous les verrous.

    Si nous avons des congés payés, c’est parce qu’il y a eu des occupations d’entreprise et des séquestrations de patrons ! L’histoire du syndicalisme, ça a été d’abord la lutte pour exister lorsqu’il y avait des massacres contre les ouvriers, depuis le 1er mai 1891 à Fourmies. Si on a une retraite et une Sécu, c’est qu’il en a fallu, des piquets de grève, des échauffourées et les militants ont été plus souvent humiliés, matraqués, licenciés que violents eux mêmes !

    L’UMP réclamait il y a quelques semaines l’amnistie pour les fraudeurs fiscaux ! Il y a 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, 60 à 80 milliards de fraude fiscale, mais là ils demandent l’amnistie, ils n’arrêtent pas les gens, ils ne les condamnent pas, ils ne reprennent pas l’argent fraudé.

    On nous dit : « - On n’amnistie pas les syndicalistes aujourd’hui pour que demain les fraudeurs fiscaux ne soit pas non plus amnistiés ». Il n’y a pas symétrie entre ceux qui défendent notre pain et ceux qui volent notre pain. Pas davantage entre ceux qui défendent nos droits et ceux qui les piétinent.



  • La loi du marché : pour Laurence Parisot, c’est un #film d’horreur qui déforme la réalité
    http://www.ecranlarge.com/films/dossier/940697-la-loi-du-marche-pour-laurence-parisot-c-est-un-film-d-horreur-qu

    « D’un côté, nous avons l’entreprise qui est systématiquement décrite comme tyrannique, abusive. De l’autre, nous avons l’employeur et le banquier, en particulier, qui sont inévitablement pervers. Et puis, je ne parle pas de l’actionnaire, qui lui est de toute façon un salopard. »

    #lucidité


  • Laurence Parisot a raison, Internet est la poubelle de l’Histoire - Information - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-ce-qui-nous-arrive-sur-la-toile-laurence-parisot-a-raison-int

    Mais, si on réfléchit deux minutes, ça n’est pas nouveau. L’archéologie et la paléoanthropologie accordent depuis longtemps une grande attention aux poubelles. On ne compte pas ce qu’on a appris sur l’humanité en fouillant les lieux où elles entreposaient ses déchets. De quoi on se nourrit, comment, avec quels objets ? Vous savez bien tout ce qu’on peut apprendre d’une poubelle. Et bien là où Internet est une poubelle magnifique, c’est que c’est une poubelle de l’immatériel, une poubelle de nos curiosités, de nos pensées, de nos fantasmes et nos angoisses (et en tant que tel, votre phrase devient intéressante). C’est inestimable de pouvoir fouiller cette poubelle mentale, les scientifiques l’ont déjà compris et y travaillent.


  • Laurence Parisot a raison, #Internet est la poubelle de l’Histoire
    http://www.franceculture.fr/emission-ce-qui-nous-arrive-sur-la-toile-laurence-parisot-a-raison-int

    Dates/Horaires de Diffusion : 1 Mai, 2014 - 08:45 - 08:50

    Je vous propose, Julie, que nous rebaptisions cette chronique : «  Ce qui arrive dans la poubelle de l’histoire  ». Car c’est ainsi, Madame Parisot, que vous définissiez Internet dans un entretien avec Jean-Michel Apathie sur RTL le 1er septembre 2010. Je vous cite exactement " Comme le dit le philosophe Alain Finkielkraut, Internet est en train de devenir la poubelle de l’Histoire. Vous ...

    date de remontée fiction : Jeudi 1 Mai (...)

    #Information #Archéologie #Civilisation #Débat #Histoire #Informatique #Innovation #Direct



  • Pourquoi il faut cesser de tirer sur les intermittents, Laurence Parisot, Points de vue
    http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0203329791035-pourquoi-il-faut-cesser-de-tirer-sur-les-intermittents-652325

    Où irait-on si l’on se mettait à soupeser au sein de l’#Unedic la contribution de chaque secteur d’activité et à évincer ceux qui, sur une certaine durée, afficheraient un solde cotisations-allocations négatif ? Nul doute que des secteurs clefs de l’#économie française se trouveraient vite marginalisés, notamment ceux qui sont en pleine restructuration !
    Une entaille dans le système qui ne manquerait pas d’en provoquer d’autres et pourrait même affecter jusqu’à la nature du contrat de travail . Depuis le milieu des années 2000, et la Cour des comptes le confirme, le « #déficit » des #CDD dans le régime d’assurance-chômage oscille entre 4 et 6 milliards par an (celui des intermittents est d’environ 1 milliard). En conclura-t-on que sus aux CDD ?
    Quel objectif poursuivons-nous ? Rééquilibrer le régime général. Or il n’existe pas de corrélation entre le montant des allocations versées aux intermittents et le déficit global de l’Unedic. Ainsi, en 2008 comme en 2010, les intermittents perçoivent le même montant d’indemnisations. Pourtant, en 2008, le budget total de l’Unedic est excédentaire (4,5 milliards d’euros) et en 2010, déficitaire (- 2,9 milliards).

    Une suite en vidéo
    http://www.leparisien.fr/economie/videos-laurence-parisot-defend-les-intermittents-contre-le-medef-24-02-20

    #intermittence #chômage

    Heureusement qu’il y a des gens raisonnables pour défendre non seulement le prestige français ( nobody’s perfect ) mais aussi les CDD…
    Pour arriver à ce résultat, c’est un peu comme Patty Hearst (http://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Hearst) dans le temps, il a fallu kidnapper la dame. En quelques jours, elle a été totalement stockholmisé, ravie de connaître enfin la vie #précaire dont elle aimait déjà parler par l’entremise de ses autochtones eux-mêmes, alors qu’elle était placée face à un portait de Gattaz, avec ce truc qui tournait en boucle.

    Nous sommes tous des inter-mutants du spectacle ! (#archives, #tract, Paris le 19 décembre 1996)
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=19

    Elle avait aussi déclarée
    « La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail », à l’Assemblée générale du MEDEF en janvier 2005.

    « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », Le Figaro, 30 août 2005.

    « La précarité est une loi de la condition humaine. », France Inter, 3 septembre 2005.

    « Le mot précarité est un mot à la mode qui a pour objectif de nous empêcher de réfléchir. », France Inter, 3 septembre 2005.

    « Parce que se dire ou laisser croire à tout le monde aujourd’hui en France que nous pouvons entrer dans un métier, prendre un emploi et le garder quasiment à vie, c’est de l’utopie. Ou alors c’est de la fonctionnarisation, c’est proche de l’utopie communiste et on a vu comment elle s’est terminée. », France Inter, 3 septembre 2005.

    En 2005 elle recommandait la « collaboration » à la place de la « subordination », la « séparabilité » à la place du licenciement, le « contrat d’objectif de 5 ans » à la place du CDI, « l’employabilité » à la place du droit à l’emploi, le « contrat de gré à gré » à la place du contrat collectif.

    Maintenant, c’est le changement !! Parait quelle voudrait participer à la journée d’action, #manifestations et initiatives à Paris et ailleurs le jeudi 27 février
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6825

    https://mapsengine.google.com/map/u/0/edit?mid=zRob0seiKXO8.kUTLjvODFoGM

    Réforme de l’assurance chômage
    Non à l’internationale néolibérale


  •  » [Édifiant] Les propositions du Medef pour l’élection présidentielle de 2012
    http://www.les-crises.fr/propositions-medef-2012

    Je vous propose aujourd’hui un texte édifiant : les propositions de Laurence Parisot pour la campagne de 2012.

    Je viens de le découvrir, et il me semble important de le partager avec vous.

    Certains se plaignent qu’il y ait moins de graphiques sur le blog – ne paniquez pas, il y en aura un peu ce mois ci, et beaucoup avec la nouvelle organisation du blog en janvier (je ne peux pas tout faire à la fois…). Mais ce genre de document est bien plus utile pour comprendre la crise qu’un graphique sur les masses monétaires…

    Bien sûr, j’ai un souci avec beaucoup de propositions économiques, que je commenterai rapidement. Mais c’est surtout la première partie qui m’a surpris…

    Je pensais bêtement que ce programme s’occuperait de défendre d’abord les entreprises, et pas de s’occuper de l’organisation de l’espace de la Démocratie et de la Souveraineté…

    Le document est très long, mais il vaut le coup de la parcourir un peu. Je trouve que c’est un excellent programme, très cohérent : il suffit juste de faire exactement le contraire de ce qui est préconisé… Le voilà :

    #Medef
    #campagne-présidentiel-2012
    #Laurence-Parisot
    #propagande pour l’ #Organisation-de-Bruxelles et l’ #Europe-fédérale


  • Laurence Parisot bientôt nommée au Conseil économique et social - BFMTV.com
    http://www.bfmtv.com/economie/laurence-parisot-bientot-nommee-conseil-economique-social-545290.html

    Selon les informations de BFM Business, Jean-Marc Ayrault envisage de nommer #Laurence_Parisot au Conseil économique, social et environnemental (#CESE).

    Cette nomination pourrait intervenir après le 3 juillet prochain, date de son départ de la présidence du #Medef. Elle serait nommée au titre de « personnalités qualifiées ».

    Par ailleurs, Laurence Parisot envisage de créer un « #think_thank » regroupant des spécialistes de l’entreprise, afin de réfléchir à des orientations pour relancer le pays économiquement.

    #plo