• Un des principaux intérêts de ce rapport est qu’il compile les connaissances scientifiques sur les répercussions d’un réchauffement de 1,5 °C par rapport à 2 °C. Cela n’a jamais été fait auparavant. Même si on respecte l’accord de Paris, les territoires les plus vulnérables pourraient ne pas avoir le temps de s’adapter. C’est le cas des petites îles situées au niveau de la mer. Ce dernier devrait continuer à monter pendant plusieurs siècles. Et sous la surface, les océans subissent déjà des changements sans précédent. Des basculements pour certains écosystèmes devraient être observés dès + 1,5 °C. Les espèces dépourvues de capacité à se déplacer assez vite souffriront d’une importante mortalité. De même, il faudrait des millénaires pour lutter contre les changements dans la chimie océanique produits par l’acidification.

      Dans un monde à + 1,5 °C, le changement climatique affectera tous les territoires, peu importe leur niveau de développement, mais spécialement les plus pauvres. Par ailleurs, déjà plus d’un quart de la population mondiale vit dans des régions où le thermomètre dépasse de 1,5 °C la température moyenne au moins une saison par an. L’hémisphère Nord souffrira le plus de la multiplication et l’intensification des vagues de chaleur. « Nous sommes face à un risque de voir le sud de l’Europe basculer dans une désertification d’ici à la fin du siècle, souligne Pierre Cannet, de l’ONG WWF. Le précédent rapport du Giec, publié en 2014, était déjà clair sur le fait qu’atteindre + 2 °C est un point de non-retour. » Les risques d’inondation et de sécheresse seraient aussi renforcés, touchant principalement l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Les cyclones tropicaux deviendraient plus violents.

      Le retard dans la transformation sociétale entraîne déjà des effets irréversibles pour certaines parties de la Terre. Et la situation sera bien pire si on atteint + 2 °C de hausse des températures. « Chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire porte en lui un risque mortel », interpelle Emilie Both, porte-parole d’Oxfam France.

      résultat + ancien : BAU (business as usual) 5.5°C en plus (temp moyennes préindustrielles) en 2100

      https://www.liberation.fr/planete/2018/10/07/le-rapport-glacant-du-giec_1683840

    • Le rapport glaçant du Giec
      Aude Massiot, Libération, le 7 octobre 2018
      https://seenthis.net/messages/727444

      Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat rend publique ce lundi sa première étude sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales. Cette limite que 197 Etats s’étaient engagés à respecter fin 2015, lors de la COP 21, aura tout de même de graves conséquences sur la planète.

      Al’issue d’une semaine de négociations ardues à Incheon, en Corée du Sud, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publie ce lundi un rapport très attendu sur le réchauffement mondial de 1,5°C (par rapport à l’époque préindustrielle). Commandé au Giec lors de la conférence des Nations unies de décembre 2015 en France (COP 21), c’est le premier rapport spécial jamais produit. Il donne à voir l’état de notre planète si l’accord de Paris rédigé lors de cette conférence était respecté. Ce traité international, signé par 197 Etats et ratifié par 188, vise à faire le maximum pour limiter le réchauffement du climat provoqué par les activités humaines à 2 °C, voire 1,5 °C. La rédaction des 250 pages a nécessité la participation de 86 auteurs principaux de 39 pays (seulement 39 % de femmes) et de dizaines d’experts pour la relecture. Sa structure et son contenu sont validés par l’ensemble des gouvernements membres. Ce n’est donc pas uniquement un travail scientifique, mais aussi le résultat des orientations nationales de la plupart des Etats. Les conclusions du texte sont publiées ce lundi pour aider les Etats à augmenter leurs ambitions climatiques en vue de la COP 24, organisée en décembre en Pologne.

      Que nous enseigne ce nouveau rapport ?

      Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique. Il n’y a plus de doute là-dessus. Ce dernier se produit à un taux de 0,17 °C par décennie depuis 1950. Ainsi, au rythme actuel, le monde connaîtrait une hausse de 1,5 °C de la moyenne des températures entre 2030 et 2052. En 2017-2018, nous avons déjà atteint 1 °C d’augmentation du mercure depuis l’époque préindustrielle. L’objectif de l’accord de Paris est donc de ne « gagner » que 0,5 °C maximum d’ici à 2100. Pourra-t-on y arriver ? « Notre mandat est d’être descriptif et non prescriptif », rappelle Jean-Charles Hourcade, économiste au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), et l’un des principaux auteurs du rapport. « Le rôle du Giec n’est pas de déterminer si 1,5 °C est faisable, ajoute Henri Waisman, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), corédacteur du rapport. Rien dans la littérature scientifique ne dit que c’est infaisable, alors nous présentons les conditions nécessaires pour y arriver. C’est ensuite aux décideurs de prendre leurs responsabilités. » Or la trajectoire est mal engagée pour limiter la hausse à 1,5 °C. Même si les Etats respectent leurs engagements pris à la COP 21, ce qui n’est pour l’instant pas le cas pour la majorité des pays, la planète se réchaufferait de 3 °C d’ici à la fin du siècle. Ce qui entraînerait des catastrophes irréversibles autant pour les humains que pour beaucoup d’autres espèces vivantes. Pour ne pas discréditer l’accord de Paris, le groupe intergouvernemental a envisagé des scénarios où l’on dépasserait les 1,5 °C, avant d’y revenir avant la fin du siècle. Cela nécessiterait le développement et l’utilisation à grande échelle de techniques de capture du CO2 pour produire ce qui est appelé « émissions négatives ». Seulement, pour l’instant, les technologies sont embryonnaires. Reste les forêts et les sols, et leur capacité à capter et garder le carbone. « S’appuyer sur l’usage massif de la biomasse pour stocker le CO2 pourrait induire des tensions avec des objectifs de développement durable, notamment concernant la production agricole, dont les surfaces utilisables se verraient limitées, détaille Henri Waisman. Cela exacerberait la compétition pour les sols. »

      Infographie : Evolution de la température moyenne de la planète

      Quelles sont les projections climatiques mises en avant ?

      Un des principaux intérêts de ce rapport est qu’il compile les connaissances scientifiques sur les répercussions d’un réchauffement de 1,5 °C par rapport à 2 °C. Cela n’a jamais été fait auparavant. Même si on respecte l’accord de Paris, les territoires les plus vulnérables pourraient ne pas avoir le temps de s’adapter. C’est le cas des petites îles situées au niveau de la mer. Ce dernier devrait continuer à monter pendant plusieurs siècles. Et sous la surface, les océans subissent déjà des changements sans précédent. Des basculements pour certains écosystèmes devraient être observés dès + 1,5 °C. Les espèces dépourvues de capacité à se déplacer assez vite souffriront d’une importante mortalité. De même, il faudrait des millénaires pour lutter contre les changements dans la chimie océanique produits par l’acidification.

      Dans un monde à + 1,5 °C, le changement climatique affectera tous les territoires, peu importe leur niveau de développement, mais spécialement les plus pauvres. Par ailleurs, déjà plus d’un quart de la population mondiale vit dans des régions où le thermomètre dépasse de 1,5 °C la température moyenne au moins une saison par an. L’hémisphère Nord souffrira le plus de la multiplication et l’intensification des vagues de chaleur. « Nous sommes face à un risque de voir le sud de l’Europe basculer dans une désertification d’ici à la fin du siècle, souligne Pierre Cannet, de l’ONG WWF. Le précédent rapport du Giec, publié en 2014, était déjà clair sur le fait qu’atteindre + 2 °C est un point de non-retour. » Les risques d’inondation et de sécheresse seraient aussi renforcés, touchant principalement l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Les cyclones tropicaux deviendraient plus violents.

      Le retard dans la transformation sociétale entraîne déjà des effets irréversibles pour certaines parties de la Terre. Et la situation sera bien pire si on atteint + 2 °C de hausse des températures. « Chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire porte en lui un risque mortel », interpelle Emilie Both, porte-parole d’Oxfam France.

      Quelles solutions sont favorisées ?

      Bien que ce ne soit pas son rôle initial, le Giec présente certaines solutions pour respecter le + 1,5 °C. Ce chapitre est l’objet des principales crispations des Etats. Comme le montre un document récupéré par le site Climate Home News, les Etats-Unis veulent mettre l’accent sur les techniques de capture de CO2, sur lesquelles ils sont à la pointe. Ils misent sur leur développement pour faire moins d’efforts de réduction des émissions de GES.

      En outre, dans son rapport, le Giec souligne à plusieurs reprises la nécessité de réduire drastiquement la demande en énergie des bâtiments, de l’industrie et des transports. Les émissions de GES mondiales doivent quant à elles baisser de 45 % d’ici à 2030 (par rapport à 2010) et la part des énergies renouvelables pour l’électricité passer à 70 %-85 % en 2050. Le rapport met aussi en lumière que la réduction de la pollution de l’air permet de limiter le réchauffement et d’améliorer la santé humaine, tout comme la qualité de l’environnement.

      Crucial, un paragraphe est consacré à l’indispensable implication du secteur financier dans la lutte contre le dérèglement climatique. « Ce rapport montre qu’un changement sociétal profond est nécessaire, insiste Pierre Cannet, de WWF. Pourtant, la transition écologique en France et en Europe reste à ses balbutiements. L’humanité est confrontée à une nouvelle guerre, cette fois contre elle-même. D’ici à 2040, nous aurons perdu la bataille si des mesures ne sont pas prises et intensifiées. »


    • En Italie, le maire « promigrants » de la ville de Riace arrêté
      LE MONDE | 03.10.2018 à 10h10 • Mis à jour le 03.10.2018 à 13h59 | Par Margherita Nasi et Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)
      https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/03/en-italie-le-maire-de-la-ville-pro-migrants-de-riace-arrete_5363815_3214.htm

      Domenico Lucano, sympathisant communiste de 60 ans, est une des « bêtes noires » du ministre de l’intérieur italien d’extrême droite Matteo Salvini.

      Difficile d’imaginer symbole plus parfait du virage opéré par l’Italie, ces derniers mois, sur la question migratoire. Lundi 1er octobre, près de cinq ans jour pour jour après le terrible naufrage au large de Lampedusa – 366 morts – qui avait poussé le gouvernement Letta à mettre sur pied l’opération « Mare Nostrum » (visant à secourir les migrants en mer), le maire de la petite ville de Riace (Calabre), Domenico (dit « Mimmo ») Lucano, a été arrêté, puis placé aux arrêts domiciliaires.

      « Attendons ce que diront les “droits-de-l’hommiste” », a aussitôt claironné le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), sur les réseaux sociaux, se félicitant de l’arrestation d’un élu qu’il avait traité de « zéro » dès son arrivée au pouvoir, et qui passait pour une de ses bêtes noires.

    • Solidarietà con Mimmo Lucano
      06.10.2018 - Redazione Italia
      https://www.pressenza.com/it/2018/10/solidarieta-con-mimmo-lucano

      In tutta Italia si è sentita la solidarietà con Mimmo Lucano, sindaco di Riace per ribadire che esiste un’Italia che accoglie, italiani che si sentono cittadini del mondo non intenzionati a alzare barriere con gli altri.

      Le registe e produttrici del film documentario Un Paese di Calabria hanno deciso di condividere la loro visione su Riace e per 48 ore, sabato 6 e domenica 7 ottobre, il film è disponibile in streaming gratuito a questo link: https://vimeo.com/153128275

      A casa sua, a Riace, si sono concentrate migliaia di persone provenienti da tutta Italia e andando a salutare il sindaco dell’accoglienza sotto casa sua.

      Da Cagliari ci arrivano queste foto della manifestazione svoltasi oggi nella piazza dove di solito si incontrano gli immigrati e dove si protesta anche perché il sindaco ha cancellato il wi-fi libero che serviva agli immigrati per comunicare con le loro famiglie. Espressa solidarietà per Mimmo e opposizione alla politica violenta e repressiva contro gli immigrati e al decreto sicurezza.





    • La désillusion, la dissipation du mirage, peut inciter les peuples à chercher des figures autoritaires, c’est aussi mon expérience de psychanalyste qui me l’apprend. Face à la nudité du père, on la recouvre du manteau de Noé du despotisme.

      Car nous vivons une période propice au dévoilement du mirage, nous sommes plus prêts que jamais à dire que l’Empereur est nu ; mais parallèlement, ce choix n’a jamais été aussi angoissant. Reconnaître que la place est vide est devenu d’autant plus difficile que nous avons coupé avec la tradition, et ne savons plus à quoi nous raccrocher. C’est le défi de la modernité que cette discordance des temps entre passé, présent et avenir. Comment entrer dans un avenir en intégrant le présent, quand nous n’avons plus de lien avec le passé, pas un passé momifié, empaillé, mais un passé raconté, un passé qui fait histoire ?

    • Je pense qu’il y a un équilibre à retrouver au sein de nos démocraties entre égalité et liberté, surtout lorsque la liberté n’est plus celle des Lumières mais celle de l’économisme. Le moyen de réconcilier ces deux notions n’est autre que la fraternité. Cette pensée est celle de Bergson, pour qui la fraternité doit être le fondement de la démocratie, justement parce qu’elle est, dit-il, la valeur républicaine qui « réconcilie ces deux sœurs ennemies » que sont la liberté et l’égalité. Nous sommes je crois à un carrefour de notre histoire : les humains ont besoin de justice et non de charité, qui est une forme d’oppression sociale disait Jaurès. Comment y parvenir ? Emmanuel Macron est prisonnier d’une vision saint-simonienne de l’histoire et du politique pour laquelle la société n’est rien d’autre qu’une société de production, pour laquelle le progrès social dérive du progrès technique, et pour laquelle la justice sociale n’est que le résidu de la réussite économique. Or, la mondialisation prouve qu’il n’en est rien, que les dictatures s’accommodent fort bien des économies de marché financiarisées. Emmanuel Macron s’est fait l’apôtre d’une théologie entrepreneuriale qui a déjà un peu partout dans le monde démontré ses limites. C’est celle des nouvelles élites coupées de la Démocratie et du peuple, cultivant un narcissisme de masse, peut-être aussi parce que la Démocratie s’est séparée d’elle-même.




  • https://www.liberation.fr/futurs/2012/06/15/le-scenario-de-l-effondrement-l-emporte_826664

    Le sommet de la #Terre démarre mercredi à Rio. Vous qui avez connu la première conférence, celle de Stockholm, en 1972, que vous inspire cette rencontre, quarante ans plus tard ?
    Comme environnementaliste, je trouve stupide l’idée même que des dizaines de milliers de personnes sautent dans un avion pour rejoindre la capitale brésilienne, histoire de discuter de soutenabilité. C’est complètement fou. Dépenser l’argent que ça coûte à financer des politiques publiques en faveur de la biodiversité, de l’environnement, du climat serait plus efficace. Il faut que les gens comprennent que Rio + 20 ne produira aucun changement significatif dans les politiques gouvernementales, c’est même l’inverse.
    Regardez les grandes conférences onusiennes sur le climat, chaque délégation s’évertue à éviter un accord qui leur poserait plus de problèmes que rien du tout. La Chine veille à ce que personne n’impose de limites d’émissions de CO2, les Etats-Unis viennent discréditer l’idée même qu’il y a un changement climatique. Avant, les populations exerçaient une espèce de pression pour que des mesures significatives sortent de ces réunions. Depuis Copenhague, et l’échec cuisant de ce sommet, tout le monde a compris qu’il n’y a plus de pression. Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais


  • À QUI VA LA FORTUNE DÉPENSÉE POUR LUTTER CONTRE L’#IMMIGRATION ? — L’AUTRE QUOTIDIEN
    https://www.lautrequotidien.fr/articles/lesprofiteurs?rq=%C3%A0+qui%20va

    INSTRUMENTALISATION DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT
    L’Union européenne utilise les financements de l’Aide publique au développement (APD) pour contrôler les flux migratoires, comme avec le Centre d’Information et de Gestion des Migrations (CIGEM) inauguré en octobre 2008 à Bamako au Mali par exemple4. Ainsi, le 10eFonds européen de développement (FED) finance, en Mauritanie, la formation de la police aux frontières. Pour atteindre les objectifs qu’ils se sont eux mêmes fixés (allouer 0,7 % du revenu national brut à l’APD), certains États membres de l’UE comptabilisent dans l’APD des dépenses qui n’en sont clairement pas. Malgré les réticences des États membres à harmoniser leurs politiques migratoires internes, ils arrivent à se coordonner pour leur gestion extérieure.

    Concrètement, de plus en plus de sociétés privées bénéficient de la #sous_traitance de la délivrance des #visas (un marché entre autres dominé par les entreprises VFS et TLS Contact), et facturent aux administrations publiques la saisie des données personnelles, la prise des empreintes digitales, des photos numérisées... Comme on pouvait s’y attendre, le recours au privé a fait monter les prix des visas et le coût supplémentaire est supporté par les requérants. Mais les demandes introduites pour obtenir visas ou permis de séjour ne sont pas à la portée de tout le monde et beaucoup se retrouvent apatrides ou sans-papiers, indésirables au regard de la loi.

    La gestion des centres de détention pour migrants où sont placés les sans-papiers en attente d’expulsion est, elle aussi, sous-traitée à des entreprises privées. Ce transfert vers la sphère privée renforce le monopole des trois ou quatre multinationales qui, à l’échelle mondiale, se partagent le marché de la détention. Ainsi, près de la moitié des 11 centres de détention pour migrants du Royaume-Uni sont gérés par des groupes privés. Ces entreprises ont tout intérêt à augmenter la durée d’incarcération et font du lobbying en ce sens, non sans résultats. Ainsi, les sociétés de sécurité privées prospèrent à mesure que le nombre de migrants augmente |10|. En outre, l’hébergement d’urgence est devenu un secteur lucratif pour les sociétés privées qui perçoivent des fonds de certains États comme l’Italie, aux dépens d’associations humanitaires qui traditionnellement prennent en charge les réfugiés.
    [...]
    La société française #Sodexo a vu les détentions de migrants comme une opportunité d’extension de ses activités dans les prisons. L’empire du béton et des médias français Bouygues est chargé de la construction des centres de détention pour migrants dans le cadre de contrats de partenariats publics-privés (PPP) |12| et l’entreprise de nettoyage Onet y propose ses services. Au Royaume-Uni, des multinationales de la sécurité telles G4S (anciennement Group 4 Securitor) |13|, Serco ou Geo, ont pris leur essor grâce au boom des privatisations. Aux États-Unis, CCA et GEO sont les principales entreprises qui conçoivent, construisent, financent et exploitent les centres de détention et Sodexho Marriott est le premier fournisseur de services alimentaire de ces établissements.



  • Pierre #Charbonnier L’#écologie, c’est réinventer l’idée de progrès social ballast

    Il y a deux niveaux d’action. Le premier est assez immédiat, et consiste à créer les conditions d’un nouveau rapport de forces entre l’industrie extractive en général et les intérêts de la planète. Il faut soutenir les mouvements pour le désinvestissement, qui, au-delà de leur côté un peu austère et technique, voire bourgeois, touchent ces compagnies là où cela fait mal. Il faut aussi soutenir la constitution d’un droit environnemental sérieux, et par là j’entends non pas un droit des réparations qui interviennent après les accidents ou les catastrophes, mais un droit de propriété qui transforme en profondeur ce qu’il est licite de faire avec la terre et ce qu’elle contient.

    « Ce n’est pas que l’écologie est un enjeu démocratique parmi d’autres — la démocratie elle-même tient à l’exigence écologique. »

    Le second niveau relève plutôt de la #culture_démocratique en général. Comme de nombreuses personnes l’ont déjà noté, on vit une période marquée par les désirs sécessionnistes. La sécession des fameux 1 % exprime bien le phénomène inouï de captation des bénéfices de la croissance par une aristocratie financière qui fait les règles du jeu international sans jamais avoir à les subir. Ce séparatisme silencieux, qui en réalité n’a même pas besoin de murs physiques, se superpose à un séparatisme écologique : pour cette minorité, il y aura toujours une parcelle de terre où vivre confortablement — des canots de sauvetage si vous voulez. Si on veut d’un avenir qui ne ressemble ni à Mad Max, ni à un enfer néo-féodal, il faut s’opposer de toutes nos forces à ces tendances séparatistes. Pas simplement parce que ce serait injuste que seuls les plus riches s’en sortent, mais aussi et surtout parce que les plus riches ne peuvent s’en sortir qu’en condamnant les autres. Si l’écologie est un enjeu démocratique fondamental, c’est avant tout parce que ce qui se joue avec cette grande transformation à venir, c’est la redécouverte d’une terre, d’un territoire, qui soit capable de supporter l’existence collective sous sa forme égalitaire. Ce n’est pas que l’écologie est un enjeu démocratique parmi d’autres — la démocratie elle-même tient à l’exigence écologique



  • #ONF - « La #forêt s’invite à l’#école » : les inscriptions sont ouvertes !
    http://www.onf.fr/onf/++oid++668b/@@display_advise.html?search:int=1&search_source=L3d3dw==&search_group:int=56387

    À l’occasion de la Journée internationale des forêts, l’ONF est, depuis 2016, partenaire de l’opération « La forêt s’invite à l’école », coordonnée par l’association Teragir. Cette démarche pédagogique, qui complète le programme des manifestations ouvertes au grand public chaque 21 mars, invite les établissements scolaires et périscolaires à développer tout au long de l’année des projets pédagogiques visant à sensibiliser les jeunes aux diverses fonctions - économiques, écologique et sociétale - de la forêt. Une sensibilisation essentielle lorsque l’on sait que la forêt et le bois sont des alliés incontournables pour faire face aux #grands_défis_climatiques du XXIe siècle.






  • Encore beaucoup d’#huile_de_palme « sale » dans nos assiettes et nos produits de beauté
    https://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2018/09/19/encore-beaucoup-d-huile-de-palme-sale-dans-nos-assiettes-et-nos-prod

    #deforestation
    Greenpeace a particulièrement en ligne de mire Wilmar International – le plus gros négociant d’huile de palme au monde. Ce trader basé à Singapour, qui représente 43 % du marché, est certifié RSPO depuis 2005. Il avait suscité beaucoup d’espoir en 2013 en s’engageant à cesser « toute déforestation, toute destruction de tourbière, toute exploitation humaine », et en respectant notamment le droit des communautés locales. Las, Wilmar est le principal client de 18 des producteurs mis en cause dans ce rapport.



    • We, the undersigned scientists, concerned citizens, innovators welcome the general structure and ambition of the proposal for an increased European Research and Innovation budget – a significant increase in a difficult situation. However, we believe that it falls short of the effort required of Europe to face the growing geopolitical challenges as well as the very high level of competition now set notably by Asian countries: gross domestic spending on R&D in the EU as percentage of GDP, which is below 2% and lags behind Korea (4.2%), Taiwan (3.3%), Japan (3.1%), USA (2.8%), China (2.1%, and constantly rising). There is a serious danger that the situation will force many promising young scientists to leave Europe, and that Europe will become less attractive for foreign scientists.

      As we are well aware, in the next decade Europe will have to rely more on its own forces to promote its values and its leadership. An cohesive Europe will need to invest in what counts for strengthening our societies, our economies, our security and our efforts in order to tackle the major global challenges of our planet. An ambitious research and innovation policy, engaging society as a whole, represents a large European added value, and will be decisive in increasing its cohesiveness.

      Un peu contradictoire avec ça non?:

      The EU needs a stability and wellbeing pact, not more growth
      Le Guardian, le 16 septembre 2018
      https://seenthis.net/messages/722531

      238 academics call on the European Union and its member states to plan for a post-growth future in which human and ecological wellbeing is prioritised over GDP

      #Science #Université #Europe #décroissance #croissance


  • Classifying #drivers of #global_forest_loss | Science
    http://science.sciencemag.org/content/361/6407/1108/tab-figures-data

    #Mapping global #deforestation patterns
    Forest loss is being driven by various factors, including commodity production, forestry, agriculture, wildfire, and urbanization. Curtis et al. used high-resolution Google Earth imagery to map and classify global forest loss since 2001. Just over a quarter of global forest loss is due to deforestation through permanent land use change for the production of commodities, including beef, soy, palm oil, and wood fiber. Despite regional differences and efforts by governments, conservationists, and corporations to stem the losses, the overall rate of commodity-driven deforestation has not declined since 2001.

    Abstract
    Global maps of forest loss depict the scale and magnitude of forest disturbance, yet companies, governments, and nongovernmental organizations need to distinguish permanent conversion (i.e., deforestation) from temporary loss from forestry or wildfire. Using satellite imagery, we developed a forest loss classification model to determine a spatial attribution of forest disturbance to the dominant drivers of land cover and land use change over the period 2001 to 2015. Our results indicate that 27% of global forest loss can be attributed to deforestation through permanent land use change for commodity production. The remaining areas maintained the same land use over 15 years; in those areas, loss was attributed to forestry (26%), shifting agriculture (24%), and wildfire (23%). Despite corporate commitments, the rate of commodity-driven deforestation has not declined. To end deforestation, companies must eliminate 5 million hectares of conversion from supply chains each year.


    • On choisit sa révolution. Soit on essaye de maintenir les choses comme elles sont, avec leur cortège d’exploitation, de racisme et de sexisme, la sixième extinction de masse, et la transformation écologique pour prétendre que tout va bien se passer. Soit on accueille le changement à venir, et on tente de s’y connecter.

    • Dans ce livre (https://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/documents-temoignages-et-essais-d-actualite/comment-notre-monde-est-devenu-cheap), nous évoquons les sept choses que le #capitalisme utilise pour éviter de payer ses factures. C’est d’ailleurs une définition courte du capitalisme : un système qui évite de payer ses factures. C’est un moyen de façonner et de réguler les relations entre individus, et entre les humains et la reste de la vie sur Terre. Ces sept choses sont la #nature « cheap », l’#argent « cheap », le #travail « cheap », le #care « cheap », l’#alimentation « cheap », l’#énergie « cheap » et les #vies « cheap ». Nous sommes parvenus à cette conclusion en partie grâce à un raisonnement inductif fondé sur l’histoire, mais aussi en s’intéressant aux mouvements sociaux d’aujourd’hui. Par exemple, le mouvement Black Lives Matter ne proteste pas uniquement contre l’inégalité historique qui résulte de l’esclavage aux Etats-Unis. Ses membres se penchent aussi sur le changement climatique, l’équité entre les genres, le travail, la réforme agraire ou la nécessaire mise en place de meilleurs systèmes alimentaires et de systèmes d’investissement solidaires qui permettraient à des entreprises d’émerger.

      (...) Il n’a pas toujours été possible d’obtenir un burger ou quelques chicken #nuggets pour un euro ou deux. Au XIXème siècle, les ouvriers anglais dépensaient entre 80 et 90% de leurs revenus en nourriture. Aujourd’hui, nous consacrons à peu près 20% à l’alimentation. Quelque chose a changé. Et le nugget est devenu un fantastique symbole la façon dont le capitalisme évite de payer ses factures.

      (...) J’expliquais dernièrement à mes étudiants que nous avons jusqu’à 2030 si l’on veut parvenir à une économie neutre en carbone. Et ils étaient désespérés et désemparés. Ce désespoir est un symptôme du succès du capitalisme, en cela qu’il occupe nos esprits et nos aspirations. C’est pourquoi il est, selon moi, plus facile d’envisager la fin du monde que celle du capitalisme. On peut aller au cinéma et y admirer la fin du monde dans tout un tas de films apocalyptiques. Mais ce qu’on ne nous montre pas, ce sont des interactions différentes entre les humains et la nature, que certaines civilisations encore en activités pratiquent actuellement sur notre planète.

      (...) Beaucoup pensent qu’#Elon_Musk va sauver le monde, et que nous allons tous conduire des Tesla dans la joie. Mais si on regarde ce qui rend possible la fabrication des Tesla, on retrouve nos sept choses « cheap » ! Les travailleurs sont exploités, notamment ceux qui travaillent dans les mines pour extraire les métaux rares nécessaires aux batteries. Et Musk lui-même s’attache à éliminer les syndicats... Je suis inquiet du fait que l’on fonde nos espoirs sur ces messies.

      (...) Personne n’est allé faire les courses de façon responsable pour mettre un terme à l’esclavage ! Personne n’est sorti de chez lui pour acheter de bons produits afin que les femmes obtiennent le droit de vote ! Tout cela dépasse le niveau des consommateurs. Il va falloir s’organiser pour la transformation, c’est la seule façon de combattre.

    • Personne n’est allé faire les courses de façon responsable pour mettre un terme à l’esclavage !

      Euh, c’est une faute de traduction ou quoi ?

      Le boycott à grande échelle du sucre a été le premier outil du mouvement abolitionniste en Angleterre, notamment pour convaincre et faire progresser la solidarité dans la population anglaise (lire Bury the chains)… dans les années 1980 l’embargo économique contre l’Afrique du Sud a permis de maintenir la pression et, là aussi, de marquer les esprits dans nos pays (je me souviens comme si c’était hier de la campagne d’affichage contre Outspan). Et aujourd’hui, BDS avance et marque des points… Au Maroc on boycotte Danone et ça crée du rapport de force…

      Entendons-nous bien : personne ne dit que « faire les courses » a suffi à abolir l’esclavage ou que les AMAP vont sauver la planète.

      Mais #yenamarre de cette manière hautaine qu’ont certains intellectuels (bon ok, la plupart…) d’invalider les actions militantes (des autres) au prétexte qu’elles ne sont pas assez ceci ou cela, ça fait du tort à tout le monde.

    • Je ne sais pas si le boycott et la consommation responsable peuvent être comparés. Dans le cas du boycott, il s’agit de campagnes ponctuelles (même si souvent ça dure !), ciblées et publicisées, qui sont de l’ordre de l’attaque.

      La conso responsable, c’est une éthique, un comportement positif, qui porte sur tous les domaines (manger, s’habiller, se transporter), est plus diffus, a des caractères moins collectifs et au final assez peu offensifs.

      Il y a des points communs entre les deux : des collectifs comme De l’éthique sur l’étiquette essaient de donner à la conso l’agressivité des campagnes de boycott, les écolos ciblent parfois des actes de conso, une entreprise ou une salauderie à ne pas acheter, voir la paille. Mais comparons cette histoire de paille avec la campagne BDS... force est de reconnaître que la conso responsable s’impose comme un geste de distinction sociale, de conso ostentatoire, voire de gadget à se donner bonne conscience, et que les efforts pour la rendre marché-compatibles ont été bien récompensés.

    • La paille comme argument de l’homme de paille, chapeau (de paille).

      Mon argument consistait à dire que, en tournant en ridicule les démarches qui ne sont pas maximalistes, en faisant l’hypothèse qu’elles servent exclusivement « à se donner bonne conscience », et en dénigrant celleux qui les portent, on adopte une posture de supériorité facile, fausse et nocive.

      Facile : « personne n’a aboli l’esclavage en publiant un bouquin chez Flammarion ». Prouve-moi le contraire.

      Fausse : ce n’est pas parce que je me rends compte que la paille de mon Breizh-Cola est en plastique que soudainement j’abandonne tout le reste et que je passe au Coca-Cola sans paille.

      Nocive : rejette les gens de bonne volonté (parce qu’ils sont dans l’erreur™), au lieu de les encourager à avancer dans leur raisonnement ou leur engagement.

      Bien sûr il faut critiquer les initiatives qui sont récupérées (ou créées dans un but de détournement ou de récupération), mais ramener toute la question du « pouvoir du consommateur » à cette histoire de paille c’est ignorer l’histoire.

      Mais je crois qu’on devrait parler plus sérieusement des mouvements consuméristes. D’autant plus que, comme c’est extrêmement facile à tourner en dérision, ça devient un trope systématique : le même que celui qui consiste à dire que (n’importe quel sujet) est bobo.

      Ralph Nader a forcé les constructeurs à mettre des ceintures de sécurité dans les bagnoles, il a donc consolidé l’industrie automobile et sauvé la vie de gens qui pouvaient se payer des bagnoles ? Avec James Love il a lancé le procès Microsoft, hihi le gros truc de geek et « ce n’est pas en empêchant l’installation d’Internet Explorer qu’on va sauver le monde » ?

      De fait si on connaît l’un ou l’autre, c’est une critique absurde. C’est bien le même James Love qui s’est ensuite intéressé au prix des médicaments contre le sida et a créé le montage « 1 dollar par jour », qui a révolutionné l’approche mondiale de santé en rendant opérationnel le traitement comme prévention. Ça a littéralement sauvé des millions de vies. James continue à travailler sur la question de l’accès aux médicaments, notamment sur le cancer. Et fait partie de celleux qui développent l’analyse la plus poussée sur le rôle des brevets. Est-ce qu’il y a un lien ou pas ?

      (PS : Désolé pour le pauvre Raj Patel. Si ça se trouve son bouquin est intéressant.)

    • Ce n’est pas forcément dans une optique de moquer, de tourner en dérision. Il y a quand même l’argument de dire que ça porte le débat sur le terrain moral, et que seule une infime partie de la population a les moyens de se payer des produits plus éthiques. Et qu’en plus ça crée des nouveaux marchés de niche, pour les riches gentils éthiques, un marché parallèle, toujours dans le même système, parfaitement intégré au reste.

      Les mouvements de consommation ne sont pas tous que ça, mais une bonne partie est cela, et n’est que cela.
      Les exemples donnés précédemment sont quand même loin de campagne uniquement portées sur les choix individuels des consommateurs, ce sont des luttes au niveau de groupes institutionnels, avec des ONG, MSF, etc.

      Un lien donné dans l’autre conversation https://seenthis.net/messages/712158
      https://www.marxiste.org/theorie/sciences-environnement/2389-pourquoi-il-n-existe-pas-de-consommation-ethique-sous-le-capitalisme