Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • In ’Mind Fixers,’ Anne Harrington Explores Role Of Drug Marketing In Mental Illness : Shots - Health News : NPR
    https://www.npr.org/sections/health-shots/2019/05/02/718744068/how-drug-companies-helped-shape-a-shifting-biological-view-of-mental-illness?t=

    Historian and Harvard professor Anne Harrington believes that pharmaceutical companies have played an oversized role in determining how mental illness is treated in the United States — leading to a rise in the use of antidepressant drugs.

    Harrington’s new book, Mind Fixers: Psychiatry’s Troubled Search for the Biology of Mental Illness, chronicles the history of psycho-pharmaceuticals, such as Prozac and Xanax, which have been used to treat depression and anxiety, as well as lithium, the first drug to treat what is now called bipolar disorder.

  • Evidence of backdoors in Huawei equipment collapse under light scrutiny - TechRepublic
    https://www.techrepublic.com/article/evidence-of-backdoors-in-huawei-equipment-collapse-under-light-scrutin

    A cursory search finds identical “backdoors” in D-Link, Cisco, and Sony devices, among others, as poor security practices do not equate to malicious intent.
    […]
    This report will -independent of validity- doubtlessly be used as part of politically-motivated bans of Huawei equipment ahead of global rollouts of 5G networks.

  • Antoine Picon Smart Cities Théorie et critique d’un idéal auto-réalisateur
    disponible en téléchargement gratuit
    http://editions-b2.com/les-livres/6-smart-cities.html
    http://editions-b2.com/index.php?controller=attachment&id_attachment=15
    « Comment faire vieillir les villes intelligentes ? » Telle est la conclusion philosophique soulevée par Antoine Picon. Car il semblerait que la smart city demeure encore durablement l’imparfaite « cristallisation » des opérations humaines et matérielles qui la traversent. Pourtant, à l’image des modélisations informatiques et cartographiques, l’interaction dynamique formée entre les habitants-cyborgs et leurs terminaux nomades tend indéniablement à inventer un nouveau métabolisme. Mais confrontés aussi bien à une nécessité d’efficacité écologique et énergétique qu’à une surveillance automatique permanente, les systèmes d’exploitation des conurbations mondiales parviendront-ils à surmonter l’inquiétante entropie de notre époque ?


    #paslu #toread

  • Trois livres passionnants lus récemment sur #politique, #design, #cybernétique et #architecture

    Kevin Limonier, L’Archipel des savants , Histoire des anciennes villes d’élite du complexe scientifique soviétique
    Révélé par Soljenitsyne en 1973, le Goulag n’était pas le seul archipel créé par le pouvoir soviétique. Un autre système d’îlots urbains s’est développé dès les années 1950, afin de produire les instruments de la puissance soviétique. Longtemps « invisibles », ces villes fermées, voire non cartographiées, ont produit durant la guerre froide le nec plus ultra scientifique et militaire nécessaire à la compétition technologique est-ouest : essais atomiques, réacteurs nucléaires, accélérateurs de particules, ordinateurs, modules spatiaux. Un siècle après la Révolution d’Octobre 1917, l’essai de Kevin Limonier s’applique à décrire les mutations de Baïkonour,
    Obninsk, Doubna ou Akademgorodok, depuis l’URSS de Khrouchtchev jusqu’à la Russie de Vladimir Poutine.

    Eden Medina Le Projet Cybersyn, La cybernétique socialiste dans le Chili de Salvador Allende
    http://editions-b2.com/les-livres/70-eden-medina-le-projet-cybersyn.html
    e 1970 à 1973, la présidence de Salvador Allende (1908-1973) entendit gérer la transition de l’économie chilienne du capitalisme vers le socialisme. Sous la direction du Britannique Stafford Beer (1926-2002), « père de la gestion cybernétique » adoubé par Norbert Wiener, une équipe interdisciplinaire conçut les modèles cybernétiques d’usines du secteur nationalisé de l’économie, et créa un réseau informatique de collecte et transmission rapides des données économiques entre le gouvernement et les ateliers de production. Bien que jamais activée, sa salle de contrôle dessinée au sein du Palais présidentiel par Gui Bonsiepe (1934- ), étudiant de l’école de design d’Ulm (où il enseigna de 1960 à 1968), constituait la partie visible de ce dispositif...


    John Harwood L’Odyssée de l’espace IBM
    http://editions-b2.com/les-livres/67-l-odyssee-de-l-espace-ibm.html
    L’Odyssée de l’espace IBM est d’abord une histoire des années 1950 : celle liant le nouveau PDG d’IBM, Thomas Watson Jr., à ses corporate designers, l’architecte Eliot Noyes et le publiciste Paul Rand. Ensemble, ils feront de la firme le n°1 mondial de l’informatique. Dans son essai, John Harwood retrace cette saga au sein de l’espace moderniste réinventant le rapport entre intérieur et extérieur, et entre hardware et software. Des bâtiments et machines « IBM » à ses conseils pour le film 2001de Stanley Kubrick, Noyes aura façonné un univers d’entreprise au sens strict, identité homogène et monde clos héritiers du style international et du brutalisme américains, mais augmentés des bunkers SAGE, des tele-computer centers et des white rooms...

    Un peu cher l’exemplaire, mais je crois que c’est un petit #éditeur.

  • Sirop de gingembre

    350 gr de gingembre épluché et coupé en petits morceaux
    750 gr de sucre
    750 gr d’eau

    Dissoudre le sucre dans l’eau et ajouter le gingembre. Cuire à feu doux pendant 1 heure et laisser mariner 12 heures. Filtrer, mettre en bouteille et conserver au réfrigérateur. Un délice.

    A utiliser comme un sirop pour une boisson rafraichissante.
    Dans du lait chaud, avec ou sans un peu de chocolat.
    Pour amateurices de cocktails, il pourra agrémenter un punch ou autre.
    Pour parfumer des bananes poêlées.
    ...

    #recette

  • #Degooglisation : question - Beaucoup de mes contacts ne reçoivent pas les mails que j’envoie depuis l’une ou l’autre adresse dégooglisée. Ces mails sont soit totalement bloqués soit atterrissent dans les spams, m’obligeant à garder un adresse google en back up. Avez-vous déjà rencontré le problème, comment faites vous pour le régler/contourner le retour à ggl. Merci #seenthis.

    • Figurez-vous que cette semaine, j’étais absent, et c’est le moment que hotmail a choisi pour griller l’IP d’un de mes serveurs.

      Dans ce cas là, mes utilisateurs reçoivent ce gentil message... et ils comprennent que leur mail n’a pas été transmis, ce qui est plutôt positif, entre nous...

      bounced (host eur.olc.protection.outlook.com[XX.XX.XX.XX] said: 550 5.7.1 Unfortunately, messages from [XX.XX.XX.XX] weren’t sent. Please contact your Internet service provider since part of their network is on our block list (S3140). You can also refer your provider to http://mail.live.com/mail/troubleshooting.aspx#errors. [PU1APC01FT014.eop-APC01.prod.protection.outlook.com] (in reply to MAIL FROM command))

      Mais les utilisateurs, ils se tournent alors vers moi. Et ils me disent que ça ne va pas. Et j’en ai plusieurs des utilisateurs...

      Microsoft, qui gère Hotmail, a mis en place des outils pour aider à résoudre ces blocages. Et on finit par obtenir le déblocage. J’étais absent, je n’ai pas réussi à débloquer rapidement... il a fallu 4 jours... c’est énorme. Et il a fallu s’y reprendre à 3 fois.

      D’expérience, chez Google, ils peuvent refuser de prendre en charge un message pendant plusieurs heures/jours. Mais ils finissent en général par l’accepter. C’est le cas lorsque trop de messages ont été transmis en même temps depuis un serveur particulier, et que ces messages sont louches ou trop nombreux à la fois.

      Free, c’est plus opaque. Ils bloquent... avec un délai de 24 heures ou plus. Puis ils débloquent... et ils rebloquent, parce qu’ils considèrent que c’est toujours du spam... Les mails du serveur SeenThis vers Free ont été bloqués pendant plusieurs mois de ce fait, ils étaient remis... avec plusieurs jours/semaines de retard. Jusqu’à ce que mes mails de demande de prise en compte de la spécificité du serveur transmis à l’adresse dédiée à ces demandes aboutissent... sans pour autant qu’un quelconque échange avec un humain ait eu lieu.

      Mon problème le plus cruel est celui que je rencontre au quotidien avec les mails transmis chez Microsoft (tous les utilisateurs Office 365). J’ai des utilisateurs hébergés sur mes infras Linux qui ont un mal fou à communiquer avec Microsoft. Et pour cause, il y a des filtres sur des critères impossibles à deviner... et qui font que certains noms de domaines expéditeurs ont leurs mails qui passent systématiquement en « courrier indésirable » quand ils arrivent sur Office 365. Pire... apparemment, parfois, des mails n’arrivent tout simplement pas. Dans ces cas là, je demande les détails techniques à mon utilisateur... heure, expéditeur, destinataire, et je vérifie dans les logs. Et systématiquement, je transmet à mon client les accusés de réception de la part de Microsoft. Le mail en question a bien été reçu par Office 365, mais il a été ensuite... effacé ? Je n’en sais rien. Et le support Microsoft ne veut/peut pas répondre. Quand j’en cause avec un humain, c’est forcément la faute de mes IP dont la réputation est mauvaise... des accusations sans éléments factuels...

      Le monde du mail est une jungle où chacun expérimente les solutions les plus absurdes en décidant qu’il est légitime de supprimer des mails sans avertir personne.

      Quand je suis parano, j’en viens à penser qu’il s’agit d’une stratégie volontaire. Un de mes clients, qui n’en pouvaient plus de devoir demander à ses interlocuteurs d’aller dans le dossier des Courriers indésirables, a fini par me demander à être migré chez Office 365. C’est une aberration à mon sens. Mais c’est comme cela que de plus en plus de mes clients vont chez Microsoft. Je gagne toujours de l’argent, mais ça m’écœure.

      Anecdote : en même temps que je vous cause de mes déboires de messagerie Internet, j’ai des logs en visualisation :

      «relay»: «tigre.interieur.gouv.fr»,
      «to»: «secretariat-prefet@rhone.pref.gouv.fr»,

      Les préfectures ont un serveur de messagerie dont le nom de domaine est « tigre ». Comme le surnom de Clémenceau ?

    • Très juste @gastlag, outil utile entre gens civilisés. Si on a 10/10 et que les mails ne passent pas, c’est qu’on ne peut pas faire grand chose.
      Et c’est bien mon problème systématiquement 10/10 (car SPF, DKIM, DMARC, pas d’image, pas d’url, pas de signature à rallonge...) et Office 365 qui te marque « SPAM » dans l’entête reçu.

    • Pour un conseil complémentaire à Gastlag, c’est qu’il faut demander à ton hébergeur d’activer SPF et DKIM sur ton domaine. Et de lui demander à vérifier que ses IP d’émission de mails sont bien « vertes » sur les principales listes noires. Pour les admins de serveur qui ne connaitraient pas, on utilise ces deux outils :
      https://rblwatcher.com
      https://mxtoolbox.com/blacklists.aspx

      Le second, sachez que c’est celui vers lequel le support Microsoft renvoie quand il vous explique que vos mails ne peuvent pas fonctionner, parce que l’IP qui héberge votre site Web est dans le rouge sur une des 70 listes disponibles (l’IP du site de ma société n’est pas utilisée pour envoyer des mails, d’où l’aspect incongru de la réponse du support...)

    • J’ai des potes qui utilisent une adresse gmail (si, si :-D). A une époque je n’avais plus que 7/10 au test, à cause d’une config que j’avais pétée en déménageant le serveur (spf je crois)... Après correction, malgré le retour du 10/10 évoqué plus haut, les mails de mon serveur arrivaient encore dans leurs SPAM... Retroussage de manches, adresses de test, etc. La « solution » super facile : les contacter pour qu’ils retirent/effacent du dossier SPAM tous les mails légitimes qui s’y trouvent et tous ceux que je leur avais envoyé en particulier...
      Hotmail fonctionne parfois, parfois pas... J’ai tenté d’y voir plus clair avec une voisine. A priori, il faut suivre un peu les services qui listent les serveurs/IP spammeurs et réagir à chaque fois puis attendre... Je fais ça de temps en temps du coup (et je pense sérieusement à basculer les mails sur un service dédié...). Mais là aussi il semble qu’on dépende du fait d’avoir des mails dans les dossiers SPAM du destinataire...

    • J’ai des potes qui utilisent une adresse gmail (si, si :-D). A une époque je n’avais plus que 7/10 au test, à cause d’une config que j’avais pétée en déménageant le serveur (spf je crois)... Après correction, malgré le retour du 10/10 évoqué plus haut, les mails de mon serveur arrivaient encore dans leurs SPAM... Retroussage de manches, adresses de test, etc. La « solution » super facile : les contacter pour qu’ils retirent/effacent du dossier SPAM tous les mails légitimes qui s’y trouvent et tous ceux que je leur avais envoyé en particulier...
      Hotmail fonctionne parfois, parfois pas... J’ai tenté d’y voir plus clair avec une voisine. A priori, il faut suivre un peu les services qui listent les serveurs/IP spammeurs et réagir à chaque fois puis attendre... Je fais ça de temps en temps du coup (et je pense sérieusement à basculer les mails sur un service dédié...). Mais là aussi il semble qu’on dépende du fait d’avoir des mails dans les dossiers SPAM du destinataire...

  • Sorry, kombucha fans: Dentists say it’s ruining our teeth
    Billed as a “healthy” drink, the fermented tea could be worse than soda for your oral health

    “However, the rise in this drink among the health conscious has come with a price: your teeth. Some dentists are noticing a rise in eroded enamel coinciding with kombucha’s popularity, questioning its so-called miraculous impact.”

    ahhaha
    “I am a firm believer that water and milk are the drinks of choice.”
    #santé #modes #consommation

  • Le nouvel AZERTY - Une norme pour le clavier français
    http://norme-azerty.fr

    Le projet a été engagé fin 2015 sur proposition de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture), partant du constat que les claviers de modèle « azerty » actuels contraignent l’écriture du français, des langues régionales et des langues européennes à alphabet latin.

    Pour la première fois, une norme (NF Z71-300) définit le placement des caractères sur le clavier français. Elle propose deux dispositions, dont l’une suit de près le #clavier #AZERTY utilisé par la plupart des personnes qui écrivent en français. Cependant, elle est à bien des égards supérieure à l’ancien clavier :

    elle contient l’ensemble des caractères requis pour saisir du texte en français (par exemple É, œ et « )
    elle est conçue pour être plus ergonomique et permettre une saisie plus rapide
    elle inclut presque 60 caractères supplémentaires pour la saisie de langues étrangères, de contenu technique, etc.
    pourtant, les caractères restent faciles à localiser grâce à des groupements intuitifs

    La nouvelle disposition AZERTY a été développée à l’aide d’algorithmes informatiques. Ceux-ci s’appuient sur les résultats des recherches les plus récentes en matière de saisie de texte, sur une grande quantité de données de textes français (des journaux au code de programmation en passant par Twitter), et sur des études à grande échelle de la vitesse de frappe au clavier.

    Cette page web a vocation de servir de référence pour toute personne intéressée à explorer la nouvelle disposition AZERTY et à en apprendre davantage sur les méthodes derrière sa conception..

  • Les Technologies de contrôle et le droit en mer
    https://vimeo.com/album/5745782/video/320933340

    Conception, animation : Isabelle Arvers (commissaire d’expositions), intervenant.es : Violaine Carrère (Gisti), Malin Björk (eurodéputée), Charles Heller (Watch the Med), Erwan Follezou (SOS MEDITERRANEE) La séquence s’ouvre sur la projection d’un extrait de Sailing for geeks 2, projet initié par Nathalie Magnan. Les intervenant.es rappellent que l’espace maritime est régi par des lois et expliquent comment les États en sont venus à s’exonérer du droit dans la guerre qu’ils mènent contre les personnes qui fuient leur pays pour trouver refuge en Europe. Dans un tel contexte, la société civile s’organise et mobilise toutes sortes de technologies pour venir au secours des personnes en danger mais aussi pour témoigner, déterminer les responsabilités et tenter de faire respecter les lois. Nous sommes en (...)

  • N°1 Archives privées contemporaines : quel traitement ? quel devenir ? - vendredi 16 mars 2018, 11h-13h
    https://vimeo.com/319003179

    Conception : Reine Prat (coordinatrice générale de l’événement), intervenant.es : Emilie Blanc, Adam Evrard, Valentin Gleyze et Adelin.e Leménager (doctorant.es Université Rennes 2), Elvan Zabunyan (historienne de l’art contemporain, professeur à Rennes 2), Ewen Chardronnet (artiste, commissaire d’expositions), Alain Carou (BnF), Catherine Gonnard (Ina), Catherine Lord (artiste, écrivaine).

    Après la projection du court-métrage « Nathalie Magnan, théoricienne des médias » de Christophe Écoffet, Cyril Thomas et Gilles Beaujard, interrogent les frontières du #genre et le rôle majeur de Nathalie Magnan pour l’enseignement et la diffusion des pensées #féministes et #queer nord-américaines en France. Cette introduction est conclue par Elvan Zabunyan qui évoque ses rencontres avec la théoricienne des médias. Ewen Chardronnet propose une navigation à travers les #archives de #Nathalie_Magnan en datavisualisation à partir de l’outil Zotero. Catherine Gonnard intervient du double point de vue de documentaliste à l’Ina et de militante engagée dans les archives féministes et lesbiennes. Alain Carou précise dans quelles conditions la BnF accueillera et s’attachera à valoriser, dans toutes leurs dimensions, ses archives. Catherine Lord revient sur les spécificités des archives Lgbtq et présente un slide-show, réalisé à partir d’une sélection des quelques 25 000 photographies numériques personnelles de l’activiste, ce qui suscite une forte émotion dans la salle.

  • N°3 Les #Technologies alternatives et #open_source - vendredi 16 mars 2018, 17h-19h
    https://vimeo.com/323091711

    Conception, animation : Isabelle Arvers (commissaire d’expositions), intervenant.es : Nicola Triscott (Arts Catalyst), Pablo de Soto (Hackitectura), Tim Boyckett (Time’s Up), Marthe Van Dessel (Seed Journey Project)

    Les deux premier.es intervenant.es ont été partie prenante de #Sailing_for_geeks 2, un projet de navigation sur la toile et à la voile initié par #Nathalie_Magnan dans le détroit de Gibraltar dans le cadre de Fadaiat. Leurs témoignages permettent de comprendre ce qu’a été l’expérimentation concrète des difficultés de navigation dans le détroit et des technologies de #contre-surveillance, jusqu’aux contacts établis à Tanger avec des groupes d’activistes marocains. Puis sont abordés les projets de Time’s up (recours à des technologies de navigation plus anciennes à vocation écologique) ou le projet Seed Journey de migration inversée des graines (de l’Europe vers leur pays d’origine) visant à résister au brevetage de l’industrie en favorisant l’accès des petits cultivateurs aux biens communs, ou encore le projet de #piratage du champ des ondes magnétiques (BolwerK) à comparer avec les techniques de semaison manuelle.

    #conférence #technologie

  • Le tutoiement au travail, un subtil marqueur social, Baptiste Coulmont, Professeur de sociologie à l’Université Paris VIII
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/03/25/le-tutoiement-au-travail-un-subtil-marqueur-social_5440691_1650684.html

    Pour le sociologue Baptiste Coulmont, l’usage du « tu » reflète les frontières au bureau : entre groupes professionnels, entre groupes de sexe, entre générations.

    Carte blanche. Le tutoiement, affaire de feeling ou d’habitude ? Certains ont le tutoiement si facile qu’il semble être dans leur nature. Mais il se généralise, signe qu’il ne dépend pas que des individus. Il était déjà hégémonique pendant l’enfance, puis dans le monde étudiant. Il est maintenant omniprésent au #travail. C’est une des premières règles qu’on m’a indiquées, à mon arrivée à l’université Paris-VIII : « Ici on se tutoie. »

    On se tutoie parce qu’on s’estime être égaux. Mais voilà qu’aujourd’hui, en majorité, c’est aussi son chef qu’on tutoie, alors même qu’il nous commande. L’enquête COI sur les changements organisationnels et l’informatisation a demandé à 16 000 salariés, parmi de nombreuses autres questions, s’ils tutoyaient leur supérieur hiérarchique. Le plus souvent, la réponse est « oui ». Alex Alber (université de Tours) déplie les tenants et les aboutissants de cette pratique sociale faussement anodine dans le dernier numéro de la revue Sociologie du travail :
    « C’est d’abord une pratique d’hommes et de cadres du secteur privé. Seule une femme sur deux tutoie son chef. C’est pourtant le cas de sept hommes sur dix. »

    Les cadres tutoient leur « n + 1 » (qui est aussi cadre, et souvent de sexe masculin). Les employées et employés le font moins : leur chef n’est pas employé, il est cadre ou profession intermédiaire, et souvent d’un autre sexe qu’eux. Les plus jeunes tutoient plus que les plus âgés… et on tutoie d’autant plus son chef qu’il est plus jeune que nous.

    La plus ou moins grande fréquence du tutoiement reflète alors les frontières : entre groupes professionnels, entre groupes de sexe, entre générations. C’est un marqueur subtil des différences de pouvoir et de distance entre groupes. On voit bien qu’il ne s’agit pas là simplement de feeling : les grandes variables sociales sont associées à la fréquence du tutoiement du chef.

    Nouvelles formes d’organisation du travail

    Mais le plus intéressant émerge quand le sociologue se demande alors s’il ne s’agit pas d’habitudes ou d’une « culture » du tutoiement, qu’on sait fréquent dans les start-up, par exemple.

    Plutôt que vers une « culture du tu », c’est vers les nouvelles formes d’organisation du travail qu’il faut tourner son regard : on tutoie son « n + 1 » quand ce dernier n’a plus l’habit du « petit chef ». Le tutoiement du chef direct est plus fréquent quand les salariés font l’objet d’évaluations individualisées ou reçoivent des primes : le « management par objectifs », associé à l’autonomie dans les méthodes de travail, s’accompagne d’un recours plus intense au tutoiement.

    L’organisation en « groupes de projet », qui réunissent des salariés de niveaux hiérarchiques différents et venant de directions différentes, développe encore le recours au tutoiement, lingua franca des interactions. Dans ces mondes professionnels, le contrôle de l’activité est délégué à des outils standardisés qui servent d’interface entre le chef et ses subordonnés. Ce n’est plus le chef qui sanctionne, c’est la machine.

    Selon l’enquête COI, un monde résiste. Pourquoi donc ? Le tutoiement est associé à des relations souples, horizontales, égalitaires, des formes d’interactions socialement valorisées. Qui n’en voudrait pas ? Dans les administrations publiques de l’Etat, le recours au tutoiement est moins important. On vouvoie son chef. L’individualisation des carrières y est moins poussée que dans le secteur privé, car « le caractère impersonnel du statut limite la possibilité, pour le supérieur hiérarchique direct, de négocier les conditions d’emploi de l’agent », écrit Alex Alber. Le modèle bureaucratique distribue clairement les rôles hiérarchiques des fonctionnaires et limite alors l’attrait du tutoiement : la fiction du patron-copain n’y est pas tenable.

    J’ai pas l’âge, mais pour instaurer un minimum de distance, il m’arrive de répondre au #tutoiement qu’on a pas fait 68 ensemble. Ralbol de ces fausses proximités.

    #égalité (fausse)

  • Une série de textes sur le mouvement des #Gilets_jaunes publiés par la revue Temps critiques

    Sur le mouvement des Gilets jaunes
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article386

    Sur cette révolte en général et sur celle des Gilets jaunes en particulier
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article387

    Une tenue jaune qui fait communauté
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article392

    Ce qui dure dans la lutte des Gilets jaunes
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article393

    L’envie de Révolution française des Gilets jaunes
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article395

    Gilets jaunes : « une République du genre humain »
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article398

    Gilets jaunes : Sur la ligne de crête
    http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article399

    (...) Si le mou­ve­ment des Gilets jaunes ne se définit pas par ce qu’il n’est pas (antisémite, anti-migrant, sexiste, homo­phobe), ce qui serait se mettre dans la contre-dépen­dance des atta­ques de ses enne­mis ou des médias, il ne se définit pas non plus par ce qu’il est. Comme dans tout mou­ve­ment qui possède une vérita­ble dyna­mi­que propre, des cli­va­ges présentés comme une réalité incontour­na­ble par l’État, les socio­lo­gues et les médias, n’en sont plus pour lui. Pour « les gens d’en bas » qui se soulèvent contre l’ordre des domi­nants, les frac­tion­ne­ments entre « quar­tiers sen­si­bles » et com­mu­nes périur­bai­nes sont rela­ti­visés lors­que les lycéens de Mantes-la-Jolie mon­trent qu’en ban­lieue aussi la survie n’est plus sup­por­ta­ble ; frac­tion­ne­ment réduit entre assistés et chômeurs ciblés par la phrase assas­sine de Macron « il n’y a qu’à tra­ver­ser la rue pour trou­ver un emploi » puis­que de nom­breux chômeurs, présents sur les ronds-points, dévelop­pent soli­da­rité et convi­via­lité ; frac­tion­ne­ment effacé entre tra­vailleurs pau­vres (l’emploi n’est plus gage de vie décente) et petits salariés, arti­sans ou auto-entre­pre­neurs.
    3 Par sa dyna­mi­que propre, par l’action directe, le mou­ve­ment des Gilets jaunes a réfuté pra­ti­que­ment les repro­ches idéolo­gi­ques que lui adres­sent abs­trai­te­ment les milieux poli­tico-média­ti­ques domi­nants.
    4 Au sein d’une frange de la popu­la­tion, qui n’a pas tou­jours été la plus active dans les mou­ve­ments sociaux précédents, parce qu’elle a à la fois voulu et subi les pro­ces­sus d’indi­vi­dua­li­sa­tion, se fait jour la bonne vieille idée redécou­verte dans chaque lutte d’impor­tance, celle que le pou­voir divise pour mieux régner. Mais force est de reconnaître qu’après trois mois de lutte, ces avancées poli­ti­ques sont insuf­fi­san­tes. En effet, alors qu’il a aussi connu une cer­taine matu­ra­tion dans le dis­cer­ne­ment de ses objec­tifs (de la lutte anti­fis­cale à la lutte pour la jus­tice sociale, par exem­ple), le mou­ve­ment ne par­vient tou­jours pas à vérita­ble­ment se définir. Cela nuit non seu­le­ment à son exten­sion vers les marges de sym­pa­thi­sants hésitants, mais rend abs­traite l’idée sou­vent mal com­prise à l’extérieur du « Tous Gilets jaunes » puis­que sans défini­tion plus précise de ce qu’il est, toutes ces fran­ges pro­ches devraient l’intégrer et, à l’inverse, au nom de qui ou à partir de quel prin­cipe pour­rait-il dire : « non, vous, vous n’êtes pas Gilets jaunes » ? Ni l‘appel de l’assemblée des assemblées à Commercy ni les com­mu­niqués du groupe Gilets jaunes Lyon-centre n’ont réussi à lever cette équi­vo­que par rap­port, par exem­ple, à la présence de l’extrême droite à l’intérieur du mou­ve­ment.

    C’est que la #com­mu­nauté_de_lutte pose comme première valeur poli­ti­que la #soli­da­rité dans le désac­cord, c’est-à-dire l’inverse de l’appréhen­sion tra­di­tion­nelle de la poli­ti­que, y com­pris à l’extrême gauche qui, quant à elle, pose au contraire le désac­cord comme prin­cipe pre­mier et « ligne » de par­tage. Cette dis­po­si­tion première, en faveur de la com­mu­nauté de lutte et de la soli­da­rité qui en découle, amène le mou­ve­ment à ne pas abor­der ou à reléguer au second plan « les sujets qui fâchent ». Ne pas trop en dire pour pou­voir conti­nuer à se dire les choses. Ainsi, alors que les Gilets jaunes par­lent beau­coup de votes et les uti­li­sent pour pren­dre des décisions, alors que nom­breux sont ceux qui, parmi eux, met­tent en avant le vote par RIC, la ques­tion du droit de vote n’est abso­lu­ment pas abordée, car elle frac­tion­ne­rait la soli­da­rité des Gilets jaunes à partir du moment où il fau­drait pren­dre une posi­tion sur le qui est citoyen et sur­tout qui ne l’est pas, au risque du désac­cord.

    Dans les AG, il est ainsi sou­vent néces­saire d’inter­ve­nir déjà pour faire cor­ri­ger l’appel­la­tion « assemblée citoyenne » sou­vent utilisée dans les assemblées issues de ronds-points pour coor­don­ner action et réflexion entre com­mu­nes périur­bai­nes. Car le flou per­siste sou­vent sur les contours de la citoyen­neté d’autant que dans ces actions, les Gilets jaunes n’hésitent pas à faire appel à des salles de mairie et à y accep­ter des élus muni­ci­paux ou même des députés, ce qui fait qu’on a par­fois du mal à dis­tin­guer ces débats du « Grand débat ».

    Ce n’est peut-être qu’un pis-aller, mais en l’état actuel des choses la notion « d’assemblée popu­laire » utilisée dans les assemblées de Commercy et celles (plus urbai­nes) qui les ont rejoin­tes reste dans le vague. Malgré tout, cette dénomi­na­tion d’assemblée popu­laire prête moins à confu­sion tout en étant fort para­doxale. En effet, les « assemblées citoyen­nes » sont d’une com­po­si­tion sociale bien plus popu­laire que les « assemblées popu­lai­res » qui sont, elles plus « citoyen­nes » au sens Révolu­tion française du terme. Pourtant, à l’ori­gine, sur le ter­rain des ronds-points, la ques­tion ne s’était pas posée abs­trai­te­ment, mais de façon pra­ti­que, car il parais­sait dif­fi­cile d’être sur un bar­rage ou un rond-point avec un « étran­ger » qui se bat contre l’injus­tice fis­cale à côté de vous et de lui dire que le RIC ce n’est pas pour lui… parce qu’il n’a pas la natio­na­lité française et qu’il ne peut pas voter ! La référence à la Révolu­tion française devrait ici encore servir : est « citoyen » celui qui par­ti­cipe à la « révolu­tion », quelle que soit sa natio­na­lité.

    Si, pour beau­coup de Gilets jaunes, la référence à la Révolu­tion française est réelle et pro­fonde, alors il faut que le mou­ve­ment assume sa part de sans-culot­te­rie sans qu’elle soit sans cesse rabat­tue sur celle d’un citoyen juste conçu comme sujet du pou­voir d’État en rem­plis­sant des devoirs qui don­nent lieu à des droits. Par ailleurs, cela met­trait fin pra­ti­que­ment à cette idée sau­gre­nue, partagée par cer­tains Gilets jaunes, d’un vote considéré comme obli­ga­toire et donc comme un devoir plus qu’un droit. Mais ce serait faire preuve d’opti­misme de penser que le mou­ve­ment pour­rait en quatre mois acquérir une cons­cience de la com­mu­nauté (humaine) qui efface toute frontière. La com­mu­nauté de lutte trace, cons­ciem­ment ou non, ses frontières dans la lutte. L’exem­ple frap­pant en est de la dis­tinc­tion qui apparaît dans des dis­cus­sions entre Gilets jaunes « de base » sur la ques­tion des migrants1. Si les immigrés sont bien reconnus et acceptés par les Gilets jaunes — d’autant qu’il s’en trouve un nombre non négli­gea­ble parmi eux — ils le sont sur la base de l’ancienne figure du tra­vailleur immigré. Des des­cen­dants de tra­vailleurs immigrés et qui sont Gilets jaunes par ailleurs, considèrent que leurs parents et eux sont deve­nus ou sont français parce qu’ils ont contribué à la cons­truc­tion et à la prospérité du pays, alors qu’à leurs yeux les migrants d’aujourd’hui ne cher­chent pas à se fixer et s’établir (cf. Calais et tous ceux qui veu­lent abso­lu­ment passer en Angleterre) et relèveraient d’une ges­tion inter­na­tio­nale de crise qui échappe à la com­mu­nauté de lutte. En conséquence, cela res­treint considérable­ment le champ de sa ten­sion vers la com­mu­nauté humaine. Plus concrètement, c’est aussi une situa­tion à courte vue, car si la force de tra­vail est glo­ba­le­ment surnuméraire aujourd’hui dans le procès de valo­ri­sa­tion du capi­tal, le sur­nom­bre n’est pas tou­jours là où on le croît, comme le mon­trent les efforts actuels d’entre­pri­ses comme MacDo, Starbucks et autres gros­siums de l’hôtel­le­rie-res­tau­ra­tion ou du BTP, qui vont jusqu’à pro­po­ser à des migrants fraîche­ment arrivés3, des cours accélérés de français parce qu’elles recher­chent des « peti­tes mains » à des condi­tions tel­le­ment à la marge du droit du tra­vail que per­sonne ne les accep­tent.

    Un discours plus protestataire que révolutionnaire ou réformiste

    Si l’expres­sion d’une juste colère a fait la force du mou­ve­ment à ses débuts, il cher­che aujourd’hui un second souf­fle qui le trans­for­me­rait en une lutte sociale plus glo­bale contre un ensem­ble struc­turé par l’État et le capi­tal. Ce qu’il a ten­dance à résumer par les termes de lutte contre le « système », sans cher­cher à davan­tage le définir. Faute d’y par­ve­nir, cette colère a ten­dance à se trans­for­mer en haine contre l’oli­gar­chie (le « je vous hais com­pris » écrit par­fois sur des gilets jaunes dénote en pas­sant d’une cer­taine culture poli­ti­que et d’un humour de bon aloi), elle-même réduite à quel­ques gran­des entre­pri­ses ou ban­ques et à quel­ques indi­vi­dus (poli­ti­ques, jour­na­lis­tes influents) « que l’on va aller cher­cher » comme le disent les mani­fes­tants. C’est comme s’il fal­lait leur faire payer indi­vi­duel­le­ment leur for­fai­ture, alors pour­tant que les Gilets jaunes ont pris cons­cience pro­gres­si­ve­ment qu’ils ont affaire à un « Système ». En cela Macron est vic­time de son propre « dégagisme ». Il croyait avoir fait le plus dur en se débar­ras­sant de l’ancien monde poli­ti­que et c’est l’ancien monde popu­laire qui lui tombe sur le dos ; un monde net­te­ment plus dif­fi­cile à faire dis­paraître.
    10 Cette colère anti-Système des Gilets jaunes est confortée par une vision oli­gar­chi­que du pou­voir, vouant à la vin­dicte popu­laire seu­le­ment les 1 % les plus riches qui oppri­me­raient les 99 % autres, alors que tous les rap­ports sociaux sont tra­versés par des hiérar­chies et des inégalités qui divi­sent et frag­men­tent ; le procès de domi­na­tion par­court l’ensem­ble du rap­port social. Reconnaître cela, ou au moins en tenir compte, serait reconnaître que la notion de peuple n’existe pas en soi, qu’elle se cons­truit dans le conflit et la ten­sion entre ceux qui diri­gent, à quel­que titre que ce soit (écono­mi­que, poli­ti­que, cultu­rel) et ceux qui n’ont aucun titre pour le faire. Mais il n’y a pas non plus de raison de faire porter aux Gilets jaunes le poids d’une supposée inexpérience poli­ti­que alors que c’est une opi­nion bien partagée, aussi bien par les Occupy Wall Street américains que par un parti poli­ti­que comme La France insou­mise !

    Il s’ensuit que le mou­ve­ment est sou­vent guetté par la recher­che du bouc émis­saire ou par les thèses com­plo­tis­tes d’autant que les réseaux sociaux culti­vent faci­le­ment l’entre-soi et par­ti­culièrement Facebook qui est leur relai le plus utilisé. Cela a été le cas, plu­sieurs fois, quand, dans cer­tai­nes villes, le mou­ve­ment a projeté de lancer des actions contre la banque Rothschild, une cible privilégiée parce qu’elle serait un sym­bole du capi­ta­lisme mon­dia­lisé et aussi parce que Macron y a été associé-gérant. Que ce type d’action soit repris par un groupe spon­tané comme Article 35–Insurrection est une chose, puis­que sa révolte se situe dans l’immédia­tisme et l’action directe. Mais que l’on en arrive à devoir expli­quer en AG, où des représen­tants des divers grou­pes de Gilets jaunes sont présents, qu’il faut arrêter avec les sym­bo­les et regar­der plutôt la réalité du système ban­caire dans le fonc­tion­ne­ment global du capi­ta­lisme est le signe d’une réelle fai­blesse théorique. Sur ce point comme sur le rôle des action­nai­res dans la for­ma­tion du capi­tal, la cri­ti­que du « système » est biaisée par le fan­tasme d’une finance qui représen­te­rait le mal absolu.

    Nous l’avons déjà dit, on ne peut repro­cher aux Gilets jaunes dont la matu­rité poli­ti­que est de quatre mois de com­met­tre les mêmes sim­pli­fi­ca­tions que celles pro­dui­tes par des orga­ni­sa­tions poli­ti­ques d’extrême gauche confirmées ou par des jour­naux comme Le Monde diplo­ma­ti­que. La dif­fi­culté consiste à essayer de cor­ri­ger le tir sans jouer aux experts… et en tenant compte du fait que l’ana­lyse des Gilets jaunes est limitée d’entrée de jeu par le fait qu’elle isole le procès de cir­cu­la­tion du capi­tal du procès de pro­duc­tion alors que le capi­tal jus­te­ment tente, à tra­vers les réformes libérales, de l’uni­fier.

    Pour rester concrets les Gilets jaunes ont par­fois ten­dance à se rat­ta­cher à des chif­fres censés parler par eux-mêmes, mais qui don­nent lieu à une surin­terprétation proche du contre­sens. Par exem­ple dans un tract Gilets jaunes sur la finance, dont une partie est consacrée aux action­nai­res et aux divi­den­des. La présen­ta­tion qui en est faite pour la France tend à accréditer l’idée que c’est en France que les divi­den­des attei­gnent la meilleure rémunération en pour­cen­tage pour les action­nai­res, ce qui serait abso­lu­ment scan­da­leux et ferait de celle-ci un modèle de capi­ta­lisme spo­lia­teur. Or, c’est jus­te­ment parce que jusqu’à main­te­nant la France a mieux résisté au modèle anglo-saxon de capi­ta­lisme et à ses exi­gen­ces, que la France a plus besoin d’atti­rer de capi­taux. Ainsi, elle a refusé le pas­sage aux retrai­tes par capi­ta­li­sa­tion, ce qui la prive de ses pro­pres fonds de pen­sions et l’amène à rétri­buer davan­tage les pla­ce­ments. Le problème n’est pas tant que cette appro­che est fausse, mais qu’elle empêche de com­pren­dre le fonc­tion­ne­ment d’ensem­ble du capi­ta­lisme au niveau théorique et au niveau pra­ti­que, ce qui bloque sou­vent les dis­cus­sions. Le mou­ve­ment ayant ten­dance à porter une atta­que « morale » plus que poli­ti­que cela inclut l’idée d’une mora­li­sa­tion pos­si­ble des choses et des rap­ports sociaux. Cette ten­dance ne peut être contre­carrée que par des actions qui com­men­cent juste, mais se dévelop­pent en sou­tien à des conflits sociaux, dans des sec­teurs qui sont deman­deurs parce que les syn­di­cats y sont peu présents, comme les entre­pri­ses de sous-trai­tance de la grande dis­tri­bu­tion. Elles complètent les actions premières de blo­cage de la cir­cu­la­tion en direc­tion des pla­te­for­mes en ce qu’elles met­tent l’accent sur la dénon­cia­tion de l’exploi­ta­tion et qu’elles peu­vent jouer dans un sens favo­ra­ble sur le rap­port de force.

    Un universalisme contradictoire au risque de l’isolement

    Après avoir élargi ses reven­di­ca­tions de départ et continué à refu­ser de négocier, ce point étant essen­tiel dans le main­tien d’un rap­port de force anta­go­ni­que avec les pou­voirs en place, le mou­ve­ment ren­contre des dif­fi­cultés à s’étendre sur cette base ini­tiale. Difficultés ren­contrées dans la jonc­tion du 5 février et avec l’échec de la liai­son avec le mou­ve­ment lycéen en décembre, qui condui­sent le mou­ve­ment à faire retour sur lui-même, dans des reven­di­ca­tions qui font peut-être son ori­gi­na­lité, mais qui ne sont plus que les sien­nes pro­pres. Le mou­ve­ment des Gilets jaunes a certes raison de vou­loir affir­mer à la fois sa préséance dans la lutte et son auto­no­mie par rap­port aux autres forces. Par là, il s’est placé comme une sorte d’avant-garde de masse (« Tous Gilets jaunes ») dans la mesure où le fait d’enfi­ler le gilet jaune deve­nait tout à coup un acte de résis­tance en lui-même, un signe de reconnais­sance ensuite et enfin le pre­mier pas vers autre chose. De ce fait, il n’avait rien à atten­dre de l’appel tra­di­tion­nel et le plus sou­vent « bidon », à une « conver­gence des luttes », tarte à la crème des années 2000 ayant succédé au « Tous ensem­ble » des années 1990. Le fiasco de la mani­fes­ta­tion com­mune du 16 mars entre Climat et Gilets jaunes montre que le chemin sera long avant que tout le monde devienne « Gilets jaunes » où que les Gilets jaunes se fon­dent dans la révolu­tion ou la Républi­que du genre humain ». Mais il n’est pas dit que cer­tains de ceux-là ne se retrou­vent pas plus faci­le­ment sur des actions de blo­cage de l’écono­mie (énergie) ou dans des actions de sou­tien aux salariés en lutte ; autant d’inter­ven­tions qui peu­vent pro­fi­ter de la désta­bi­li­sa­tion générale des pou­voirs en place. Le problème est alors de savoir quel rôle y jouer. Sans vou­loir tran­cher défini­ti­ve­ment, notre expérience actuelle de la chose nous montre qu’il serait dom­mage qu’on y rejoue le sou­tien aux luttes du peuple tenu par les maos dans les années 1970. Les Gilets jaunes, sous prétexte qu’ils sont mobi­lisés et déterminés ne doi­vent pas être une sorte de bras armé (même sans arme) des salariés ou de n’importe quelle autre lutte. (...)

    #Temps_critiques
    Sur cette notion d’#avant-garde_de_masse, voir La horde d’or pages 344, 391, 416

  • Enchaîné, maltraité, forcé à manger du porc : un rescapé des centres de « rééducation » pour musulmans en Chine raconte
    https://www.lalibre.be/actu/international/enchaine-maltraite-force-a-manger-du-porc-un-rescape-des-centres-de-reeducat

    Dans les centres de « rééducation » pour les minorités musulmanes de Chine, la journée commence avec des chants patriotiques, avant des séances d’autocritique et des repas à base de porc, dont la consommation est interdite par l’islam, raconte un rescapé à l’AFP. Omir Bekali, un homme de 42 ans au visage grêlé, dit avoir passé plusieurs semaines à l’automne 2017 dans l’un de ces camps à Karamay, au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine où vivent plusieurs minorités musulmanes, dont les Ouïghours et les Kazakhs. (...)

    #Islam #surveillance

  • #Networks_with_an_Attitude: Stories - de-google/de-gafam your organisation/digital life - Standards and Human Rights
    http://constantvzw.org/site/Networks-with-an-attitude-Stories-de-google-de-gafam-your-organisation-

    Stories and reports on what has been happening in the first part of the worksession entitled ’The internet is dead’. - Agnez Bewer will talk about several initatives who emphasize providing services like mail, federated communication platforms, webhosting, cloudstructures and a lot more with care for privacy, data portability and transparency. All projects use Free Libre Open Source Software. Some structures are more geared towards the professional user, others are axed on personal use. (...)

    Networks with an Attitude

    / #Presentation

    https://nubo.coop/en
    https://www.domainepublic.net
    https://libreho.st
    https://www.chatons.org
    https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc8280.txt

  • Tire ton plan
    http://www.radiopanik.org/emissions/on-est-des-pigeons/tire-ton-plan

    Un « plan régional Air-Climat-Energie » a été adopté par le Gouvernement bruxellois le jeudi 2 juin 2016, lors d’une séance spéciale du Gouvernement dédiée au climat.

    64 mesures & 144 actions pour réduire les émissions de 30% d’ici 2025 (par rapport à 1990) et atteindre les objectifs en matière d’air et d’énergie.

    Le gouvernement il dit que c’est bien. Pas sûr que tout le monde soit d’accord avec lui. Pas sûr non plus que ceux qui objectent ne veulent pas atteindre les mêmes objectifs. Mais ils n’oublient pas d’autres objectifs, qui peuvent parfois sembler incompatibles et contradictoires, comme la création d’emploi ou le maintien du pouvoir d’achat.

    Benoît DASSY, du Service d’Etudes de la CSC nous livrera les analyses, critiques et propositions du syndicat sur ce "plan (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/on-est-des-pigeons/tire-ton-plan_06426__1.mp3

  • Le nouvel ordre mondial de l’information selon la Chine
    https://gallery.mailchimp.com/5cb8824c726d51483ba41891e/files/f201bb1a-809a-4687-8424-4f1c908a052a/FR_RAPPORT_Chine_WEB_FINAL.pdf

    Depuis une décennie, la Chine s’emploie à établir un « nouvel ordre mondial des médias » sous son contrôle, pour dissuader ou empêcher les critiques à son égard. Moins connu que celui des nouvelles routes de la soie, mais tout aussi ambitieux, ce projet menace la liberté de la presse dans le monde. En Chine, pays placé au 176e rang sur 180 au classement 2018 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), des dizaines de journalistes et de blogueurs se retrouvent emprisonnés pour (...)

    #journalisme #surveillance #RSF

  • N°4 #Zelig RTM - (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre - samedi 17 mars 2018, 11h-13h

    Conception : Peggy Pierrot (chercheuse indépendante), Philippe Rivière (journaliste), animation : Peggy Pierrot @supergeante, intervenant.es : Geert Lovink (théoricien des média @geert), Aris Papatheodorou (Réseau Samizdat @aris), Philippe Rivière (@fil), Marie Lechner (Gaîté lyrique)

    Peggy Pierrot rappelle la genèse des rencontres Zelig au début des années 2000 qui ont permis de développer un discours alternatif aux média dominants et de créer des « média tactiques ». Puis le court « Internautes » de #Nathalie_Magnan est projeté. Les intervenant.es abordent alors la nécessité pour les « réseaux des réseaux » de développer un discours critique, des actions stratégiques (s’extraire du Cloud, créer des plateformes opensource, relever le défi d’un web ouvert), des positions dialectiques (lien entre machines/usages et identités/subjectivités), des réseaux de pairs égaux, le tout face aux GAFA. Il est également question de ponts entre les générations et de préservation des lieux indépendants dont certaines initiatives (Lundi matin, Rebellyon, Seenthis, Mastodon, Framasoft, Les Chatons, Ronja, Mesh, Guifi, Freifunk, Athens Wireless Metropolitan Network, Consume.net, Call, etc.) sont des exemples.

    https://vimeo.com/325920764

    #conférence #internet #web_indépendant #cccp

  • Désabonnez-moi ! | ploum.net
    https://ploum.net/desabonnez-moi

    Bonjour,

    En vertu de la loi #RGPD, pourriez-vous m’informer de la manière par laquelle vous avez obtenu mes coordonnées et effacer toutes données me concernant de vos différentes bases de données. Si vous les avez acquises, merci de me donner les coordonnées de votre fournisseur.

    Bien à vous,

    Merci @sebsauvage qui n’est pas ici mais qui est là : https://sebsauvage.net/links ?

  • Facebook says it has removed 1.5 million copies of the New Zealand terror attack video - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/the-download/613133/facebook-says-it-has-removed-15-million-copies-of-the-new-zealand-

    The sheer scale of efforts by Facebook, YouTube, and Twitter to take down clips of the video shows how hard it is to stop people from spreading horrific content.

    The news: Facebook has said that in the first 24 hours after the attack it removed 1.5 million versions of the video filmed by the gunman who killed over 50 people in two mosques in Christchurch, New Zealand. Of those, 1.2 million were blocked while they were uploading, so they never made it onto the site. YouTube and Twitter are yet to release figures.

    The gunman live-streamed the shooting over 17 minutes on Facebook, and it was quickly re-posted by people both on that platform and others. There are almost certainly still versions of the video available online, despite the efforts to remove them.

    What next: There are growing calls for social-media companies to change their policies after the outrage—but it’s not always clear exactly what that means in practice. Bloomberg reports that New Zealand’s prime minister, Jacinda Ardern, is seeking talks with Facebook over live-streaming but hasn’t set out any specific demands.

    Supply and demand: The problem, according to Facebook’s former chief security officer, Alex Stamos, is not just virality. It’s that the biggest tech companies have much less control over whether people in free societies trade data than you might think. It also reflects a systemic issue, which is that social platforms often don’t even see themselves as arbiters of content in the first place. And perhaps a more profound question: do we really want them to be?

    #Facebook #NZ_massacre #Vidéo #Alt_right #Fascisme

  • Myspace loses all content uploaded before 2016
    https://www.theguardian.com/technology/2019/mar/18/myspace-loses-all-content-uploaded-before-2016

    Faulty server migration blamed for mass deletion of songs, photos and video Myspace, the once mighty social network, has lost every single piece of content uploaded to its site before 2016, including millions of songs, photos and videos with no other home on the internet. The company is blaming a faulty server migration for the mass deletion, which appears to have happened more than a year ago, when the first reports appeared of users unable to access older content. The company has (...)

    #MySpace #cloud

    https://i.guim.co.uk/img/media/255dbf4745086cd7ba6409bda732b8a4f1a8bf84/0_474_3500_2101/master/3500.jpg