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  • Kamala Harris, le fardeau des anti-Trump est devenue leur meilleur espoir | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220724/kamala-harris-le-fardeau-des-anti-trump-est-devenue-leur-meilleur-espoir

    Longtemps considérée comme trop effacée, la vice-présidente est désormais vue comme la femme providentielle des démocrates. À plus de cent jours de l’élection, elle est le dernier rempart contre un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

    Apparemment, ils se sont tous donnés le mot pour dépolitiser le choix de candidat pour ce qui est supposé être « la gauche » aux US (il n’y a pas de doute, la candidate démocrate est déjà connue, pas la peine de débattre en interne, voyez comme l’argent des petites gens coule à flot maintenant que celui que personne n’a voulu désigné comme sénile, depuis 4 ans qu’on le voit, a décidé d’enfin lâcher l’affaire).

    Entre nous, ça ressemble à ce qu’il se passe chez nous, je pense à ceux qui tâchent de nous dire que pour gagner, à gauche, il faudrait un peu moins parler de salaire, et un peu plus parler victoire (et tendresse), histoire d’un peu moins évoquer ce qui fâche (certains).

    (quand on veut gagner, on ne doit pas parler des désaccords, on doit tous être d’accords, il ne doit y avoir qu’une seule tête, et tout le monde doit la soutenir, sinon, c’est qu’on est des perdants ; le débat, la délibération, c’est pour les perdants)

  • Sur la « #route_de_l’apartheid » : en #Cisjordanie, la #ségrégation à grande vitesse

    En Cisjordanie occupée, les gigantesques #routes_israéliennes ouvrent depuis longtemps la voie à une #annexion de facto et favorisent la #colonisation. Depuis le 7 octobre, les colons construisent routes et avant-postes illégaux à un rythme sans précédent.

    Autrefois, Saleh Mahmoud venait tous les jours sur la terre de sa famille. Ce Palestinien de 69 ans descendait d’Issawiya, où il habite, crapahutait une centaine de mètres à travers champs jusqu’aux oliviers en contrebas et passait quelques heures sur place. Mais depuis janvier 2019, lorsque Israël a inauguré la route 4370 reliant Jérusalem aux colonies israéliennes du sud de la Cisjordanie, l’axe de béton a littéralement coupé l’accès direct à sa terre. Un long #mur jouxte l’autoroute, et les flots de voitures ne se mélangent pas. D’un côté, les Israéliens, de l’autre, les Palestiniens. Ces derniers l’appellent « la route de l’apartheid ».

    Saleh Mahmoud prend le temps d’expliquer comment est né leur #isolement. Comment ils se sont battus, en vain, pour faire modifier le tracé de la route et quels chemins détournés ils sont désormais obligés d’emprunter – en voiture – pour se rendre sur leur champ. Il raconte comment le village d’Al Za’im, où se trouve sa terre, est cerné par les #colonies et les #implantations_sauvages, coincé entre plusieurs ponts. « La logique des Israéliens, c’est de tout prendre. Surtout ce qui est à proximité de Jérusalem », confie, las, le vieil homme à la barbe grisonnante en haussant les épaules.

    Depuis des années, la question des #axes_routiers est cruciale dans l’accélération de la #colonisation_israélienne. Çà et là, quelques affiches publicitaires vantent – en hébreu – la future construction d’immeubles ultramodernes dans les colonies, et sur les bas-côtés, du nord au sud de la Cisjordanie, des bulldozers dévorent les montagnes et creusent des tunnels.

    Le gouvernement israélien a engagé depuis 2015 la construction de 107 kilomètres de nouvelles routes et l’extension de 230 kilomètres de voies existantes pour les prochaines années. « Ces routes relient les colonies entre elles et les rapprochent en temps de trajet des villes israéliennes, une manière d’attirer davantage de population », explique Dror Etkes, fondateur de Kerem Navot, expert de la politique de la colonisation. « Ce sont aussi des #barrières infranchissables pour les Palestiniens. » Un quadrillage des terres palestiniennes, en somme, qui répond à une véritable logique de ségrégation et à la volonté de briser toute #continuité_territoriale pour un hypothétique État palestinien.

    Le Luna Park est désormais silencieux

    Les Palestinien·nes n’ont d’autre choix que de s’adapter. « Il suffit d’entendre des chauffeurs de taxi palestiniens parler entre eux, confirme Mahmoud Muna, écrivain et militant palestinien de Jérusalem. Même leur vocabulaire a changé ces dernières années. Avant, ils se donnaient les itinéraires en parlant des villages palestiniens. Maintenant, vous les entendrez parler des noms des colonies pour se conseiller des trajets. »

    Ces axes contraignent aussi toute possibilité de développement des enclaves palestiniennes. Du moins, quand ils n’impliquent pas la démolition des infrastructures déjà existantes. « Nous savions que le gouvernement travaillait sur cette route de contournement de Huwara pour les colons. Mais je ne m’attendais pas à ce que le Cogat [un organe du ministère israélien de la défense – ndlr] vienne toquer à ma porte avec un avis me demandant de vider et de détruire ma piscine car elle est sur le tracé de la route », explique Ashraf Awda, propriétaire de Luna Park, un des rares parcs d’attractions du nord de la Cisjordanie.

    Ce parc de loisirs, Ashraf en rêvait depuis qu’il était enfant. Le businessman local a les yeux pétillants lorsqu’il raconte sa construction – sur sa terre, en zone C, mais sans permis car le gouvernement israélien n’en délivre pas ici – et l’ouverture au public en 2012. Sur son téléphone, nostalgique, il fait défiler des vidéos du grand bassin bondé, de la file d’attente pour les attractions et des cris de joie des jeunes enfants.

    Désormais, tout est silencieux et lugubre : les nacelles de la grande roue, immobile, se balancent dans le vide et les autos tamponneuses sont rouillées. « On nous dit que cette route est au bénéfice de la population palestinienne, mais c’est faux. La plupart des habitants ont vu leurs terres confisquées pour sa construction. Si on en profite, ce ne sera que par ricochet… juste parce qu’il y aura moins d’embouteillages dans le village », souffle-t-il. En perdant sa piscine, la petite entreprise familiale perd 40 % de ses revenus annuels.

    Un peu plus au nord, depuis un terrain vague à proximité du mont Gerizim, on devine l’avant-poste de Givat Sne Ya’akov et ses quelques préfabriqués à flanc de colline. La vue est imprenable sur les oliveraies, les villages palestiniens dans la vallée et les colonies au sommet. Immédiatement, une jeep de l’armée israélienne s’approche et deux jeunes soldats en uniforme en sortent, regard méfiant, fusil d’assaut en bandoulière et doigt sur la détente. Une fois qu’ils se rendent compte que nous sommes deux journalistes – et non des Palestiniens –, leur ton change radicalement.

    « C’est dangereux de rester ici, il y a plein de terroristes », lance l’un d’eux dans un anglais médiocre en faisant un geste du menton en direction de Huwara. L’autre, 26 ans, kippa de tricot sur la tête, raconte qu’il s’est installé avec ses cinq enfants dans la colonie à proximité, Har Brakha, dont on aperçoit les barbelés. Il coupe le moteur du véhicule et suit de son doigt, à l’horizon, le tracé de cette nouvelle route qui contourne la ville palestinienne. « C’est pour éviter les confrontations. Pour nous, Israéliens, c’est bien plus rassurant. Ma femme ne me laissait plus traverser #Huwara par exemple », fait-il remarquer, sans préciser que, pour la construction de cette route, les Israéliens ont saisi 40 hectares de terres palestiniennes.

    Ce réserviste est convaincu de son bon droit à résider en territoire palestinien. « C’est notre terre, c’est notre pays, ce n’est pas nous les agresseurs », répète-t-il, comme s’il devait s’en persuader. Pourtant, la violence organisée des colons ne cesse de croître. En intensité et en nombre d’attaques, 2023 a été la pire année en la matière, d’après l’ONG israélienne Yesh Din, mais lui n’y croit pas une seconde. « Ce ne sont que des histoires inventées !, continue le jeune soldat, déblatérant des paroles qu’il a entendues en boucle sur les chaînes de télévision israéliennes. Citez-moi un seul colon violent. Les Arabes violents, nous ne les comptons plus. Juste en bas, ils ont assassiné deux jeunes ! »

    L’attaque à laquelle il fait référence remonte à février 2023. Un Palestinien avait ouvert le feu sur une voiture, tuant deux frères âgés de 22 et 20 ans, Hillel et Yagel Yaniv, de la colonie israélienne voisine. À cette date, depuis un an déjà, Huwara s’était transformée en poudrière et dès la mort des soldats, les représailles contre les habitant·es n’avaient pas tardé.

    Les colons des alentours, lourdement armés, s’étaient rendus dans la vallée, incendiant voitures, commerces et maisons, tuant par balle un Palestinien du village voisin, blessant une centaine d’autres. À l’époque, rarement les attaques avaient été si violentes sous le regard d’une base de l’armée toute proche. Mais aux yeux de ce jeune, le cataclysme du 7 octobre n’a fait que confirmer qu’il fallait plus de « fermeté » envers les Palestiniens. « Les Arabes vont nous faire la même chose que ce qu’ils ont fait près de Gaza dès qu’ils en auront la possibilité », rétorque-t-il.

    Plus au sud, entre Bethléem et Hébron, comme à quasiment chaque portion de la route 60, des tractopelles s’affairent et quelques travailleurs, truelle en main, escaladent un échafaudage. Tous sont palestiniens. « La route, c’est pour les colons, soupire Nabil, 43 ans, un des ouvriers, comme s’il était conscient qu’il participait malgré lui à l’entreprise de colonisation. Mais la terre, c’est la nôtre. » Pour beaucoup, crise économique oblige, le réalisme prend le pas sur l’idéologie et la politique.

    Depuis le 7 octobre et les mouvements contraints des Palestinien·nes en Cisjordanie, il n’y a pas que les chantiers des axes routiers gouvernementaux qui s’accélèrent en Cisjordanie. Les routes illégales – reliant les avant-postes entre eux – se bâtissent elles aussi à une vitesse sans précédent. « Historiquement, on sait qu’en temps de guerre, les colons profitent de l’occasion pour bâtir davantage, raconte Yonatan Mizrahi, de l’organisation La Paix maintenant. Des colonies, des avant-postes et des routes : entre le 7 octobre et début décembre, on en a recensé dix-huit. Depuis, j’ai arrêté de compter. Les colons savent surtout que l’administration civile sera occupée par d’autres choses et ne s’occupera pas de l’application de la loi. »

    « L’apartheid », « l’#enclavement » et « l’#annexion_de_facto » sont des termes que les Palestiniens utilisent depuis longtemps pour parler de leur sort. Jamal Sa’ed en sait quelque chose. L’endroit où il vit, Khallet Sakariya, est entouré de seize colonies et se trouve littéralement au sein de deux implantations. Dans ce minuscule hameau palestinien, les trente-quatre maisons ont toutes reçu des ordres de démolition. « L’armée israélienne vient toutes les nuits et, en attendant, ces immeubles poussent comme des champignons », soupire l’homme de 51 ans, les traits tirés et la moustache grisonnante, montrant les tours des colonies israéliennes qui se construisent à l’autre bout de son jardin.

    Depuis 2015, la communauté entière se sent coupée du monde. Il n’y a plus aucun transport public pour rejoindre les villes palestiniennes, et leurs plaques d’immatriculation ne permettent pas aux habitant·es d’emprunter la route qui est réservée aux colons. « Comme si c’était pour mieux nous pousser à partir », souffle Ghada, la femme de Jamal, en servant le café délicatement. Elle jette un regard aux fillettes du village qui crapahutent dans le terrain vague voisin entre les oliviers et les amandiers. « Je ne sais pas ce qu’elles deviendront », ajoute-t-elle la voix basse, précisant que déjà seize familles ont dû partir, faute de place dans le village, faute de pouvoir construire.

    Un exil que les résident·es ont vécu comme un transfert forcé. « Parfois, mes enfants font la comparaison avec les colons. Ils me demandent pourquoi ils ont une meilleure école, pourquoi ils ont de meilleurs jeux, pourquoi ils ont une meilleure route. » La mère de famille marque une pause puis hausse les épaules. Que pourrait-elle répondre ? « Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que ça me brise le cœur. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/210724/sur-la-route-de-l-apartheid-en-cisjordanie-la-segregation-grande-vitesse
    aussi signalé par @loutre : https://seenthis.net/messages/1062983

    #infrastructure #infrastructure_routière

  • Sur la « route de l’apartheid » : en Cisjordanie, la ségrégation à grande vitesse
    21 juillet 2024 à 18h53| Mediapart | Alice Froussard (texte) et Arthur Larie (photos)
    https://www.mediapart.fr/journal/international/210724/sur-la-route-de-l-apartheid-en-cisjordanie-la-segregation-grande-vitesse

    En Cisjordanie occupée, les gigantesques routes israéliennes ouvrent depuis longtemps la voie à une annexion de facto et favorisent la colonisation. Depuis le 7 octobre, les colons construisent routes et avant-postes illégaux à un rythme sans précédent. (...)

  • Hymnes à Mussolini et « Sieg Heil » : à l’intérieur du mouvement de jeunesse du parti de #Giorgia_Meloni

    Une journaliste du site italien Fanpage s’est infiltrée au sein du mouvement de jeunesse de la première ministre Giorgia Meloni. Son enquête #vidéo montre le vrai visage de ces jeunes : derrière une façade respectable, la #Gioventù_nazionale célèbre le fascisme.

    Dans leurs chants, les militantes et militants se présentent comme « la migliore gioventù » (« la meilleure des jeunesses »). En public, Giorgia Meloni les qualifie de « ragazzi stupendi » (« jeunes magnifiques »). Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) les définit tout simplement comme « l’âme et le moteur » nécessaires à la victoire du parti de la première ministre italienne. Cependant, derrière une façade respectable, la Gioventù nazionale (« Jeunesse nationale »), l’aile jeunesse de Fratelli d’Italia, célèbre le fascisme et scande « Duce » (Benito Mussolini, fondateur du fascisme) et « Sieg Heil », tout en regrettant l’époque du terrorisme néofasciste des années 1970.

    C’est ce que révèle une enquête vidéo réalisée par le site italien Fanpage, que Mediapart diffuse. On y voit de jeunes militants appartenant à Fratelli d’Italia, qui participent à des concerts d’extrême droite en effectuant le salut fasciste, ou en chantant des slogans fascistes comme « Boia chi molla » (« ceux qui abandonnent sont des traîtres »). Entre eux, ils se désignent comme des « légionnaires ». Ces actions, menées au vu et au su des chefs du mouvement, sont non seulement tolérées mais parfois même encouragées.

    Créée en 2014, la Gioventù nazionale compte aujourd’hui des milliers de membres et prétend être le mouvement de jeunesse le plus important parmi les partis italiens. Sur la scène d’#Atreju, le festival annuel organisé par Fratelli d’Italia, la première ministre Giorgia Meloni a remercié les jeunes militants de son parti : « C’est ce que tant de gens nous envient, que nous ayons des jeunes qui croient encore à la politique et au militantisme ! C’est rare ; c’est inestimable. »

    L’enquête de Fanpage révèle comment #Flaminia_Pace, la jeune leader émergente du mouvement de jeunesse, qui dans le passé a publiquement défendu le parti contre les accusations de fascisme, affirme en privé son souhait de voter « trois fois pour le Duce » aux élections européennes et insulte les minorités. La journaliste infiltrée de Backstair, l’unité d’investigation de Fanpage, rapporte que Pace a également révélé auprès de militants des liens familiaux avec des personnalités historiques du terrorisme néofasciste des années 1970, responsable de nombreux morts, notamment dans l’attentat de Bologne en 1980 (85 morts et plus de 200 blessés).

    La formation des militants est imprégnée d’idéologies extrémistes. Les adolescents et les jeunes étudiants universitaires qui rejoignent le mouvement sont plongés dans un environnement où il est accepté d’insulter les professeurs queers et de tenir des propos racistes.

    Comme le montre l’enquête vidéo, l’un des moments les plus significatifs pour les militants est le rite consistant à scander « présent » en commémoration de leurs camarades d’extrême droite tombés au combat. Lors de ces cérémonies, les jeunes militants font preuve de discipline militaire, et les responsables veillent attentivement à ce que des comportements compromettants, comme le salut romain, ne soient pas filmés.

    Les partis d’opposition dénoncent le « silence incompréhensible » de Giorgia Meloni

    Les caméras de Fanpage ont vu l’eurodéputé #Nicola_Procaccini, coprésident du groupe de l’#ECR, celui des conservateurs radicaux dans la précédente législature, les députés #Marco_Perissa et #Paolo_Trancassini effectuer des gestes typiquement fascistes, comme le fait de se saluer en se tenant les avant-bras. L’enquête révèle également la participation des jeunes militants à des événements secrets, comme des concerts de musique d’extrême droite au siège même de Fratelli d’Italia où, loin de la presse, les jeunes militants de Giorgia Meloni se déchaînent, se livrant à des saluts romains et à des chants fascistes.

    L’enquête a provoqué des réactions. Les partis italiens d’opposition, le Parti démocrate (PD), le Mouvement cinq étoiles (M5S) et l’Alliance des Verts et de la gauche, ont réclamé une enquête et dénoncé le « silence incompréhensible » de Giorgia Meloni. La présidente du groupe SD (Socialistes et démocrates), Iratxe García Pérez, a jugé sur le réseau social X qu’« il n’y a pas de normalisation possible de l’extrême droite en Europe ». « Ces images choc nous rappellent le passé impardonnable de ceux qui vantent encore le fascisme, le racisme, l’intolérance », a-t-elle ajouté. « J’étais trop près de quelqu’un. L’un de nous s’est saisi de mon biceps, il s’est saisi de mon coude », s’est défendu Procaccini.

    Nous avons interrogé la journaliste qui s’est infiltrée, Selena Frasson.

    Mediapart : Qu’est-ce qui vous a décidée à entreprendre cette enquête ?

    Selena Frasson : La Gioventù nazionale est le mouvement de jeunesse le plus important d’Italie et elle jouit d’une excellente représentation dans la presse. Il suffit de penser qu’en janvier dernier, l’un des principaux journaux télévisés nationaux de la télévision publique a consacré un reportage entier à l’une des manifestations organisées par le mouvement au cimetière de Verano, à Rome, la qualifiant d’apolitique alors qu’en réalité, seuls des membres de Gioventù nazionale l’avaient organisée et y avaient participé. Malgré ce récit, les liens entre certains représentants du mouvement et des mouvements d’extrême droite, comme Casaggì, à Florence, sont connus.

    À partir de ces éléments, Backstair, l’unité d’investigation de Fanpage pour laquelle je travaille et qui est spécialisée dans les enquêtes sous couverture, a voulu comprendre les connexions du mouvement à Rome, dans la capitale, où les relations avec les institutions et le parti sont plus solides. Dès le premier instant, il est apparu clairement que les mêmes militants qui montrent le visage le plus modéré devant les caméras ressentent un lien profond avec la sous-culture d’extrême droite, celle qu’ils ne peuvent pas rappeler en public mais dont ils ne cessent de se vanter en privé, au sein des sections et lors de rassemblements.

    Combien de temps avez-vous mis pour réaliser l’enquête ?

    Plusieurs mois. Dans ce type de travail, il n’y a pas que la phase opérationnelle qui demande du temps. Il y a d’abord une longue phase de planification et d’étude. Le point crucial du journalisme d’infiltration est la construction d’un profil fiable concernant l’environnement dans lequel on décide d’entrer ; nous devons acquérir la confiance des personnes avec lesquelles nous entrons en contact, et ce n’est qu’après avoir surmonté cet obstacle que nous commençons à découvrir quelque chose qui pourrait être très pertinent pour l’opinion publique, ce qui est toujours notre objectif.

    N’était-ce pas psychologiquement exigeant de mener une telle enquête ?

    Lorsque vous travaillez sous couverture, vous devez faire attention à tout ce qui vous entoure : vous devez observer ce qui se passe et être prêt à l’intercepter sans attirer l’attention pour ne pas éveiller les soupçons et protéger votre identité secrète.

    J’ai vécu les moments les plus difficiles au camp communautaire, par exemple, parce que l’endroit était très isolé, que le téléphone ne fonctionnait pas et que je ne pouvais pas entrer en contact avec mon équipe ; dans ces cas-là, la seule façon de se protéger et de protéger son travail est de rester extrêmement lucide. Ce type de travail implique différents niveaux d’implication émotionnelle et psychologique, et il devient compliqué de ne pas se laisser absorber ; il faut aussi savoir trouver des espaces pour reprendre contact avec sa réalité, et dans cette perspective, le travail d’équipe est essentiel.

    Quelles réactions avez-vous eues après la diffusion de votre enquête ? Craignez-vous des pressions ou des intimidations ?

    Nous ne nous attendions pas au silence et à l’absence totale de réponses de la part des institutions, à commencer par la première ministre, Giorgia Meloni, cheffe du parti qui a célébré avec enthousiasme son mouvement de jeunesse. En effet, vous ne pouvez ignorer aucun signal lorsque vous décidez de vous engager dans un travail comme celui-ci.

    Vous savez que vous prenez des risques, mais Backstair, en tant qu’unité d’investigation, et Fanpage, en tant que journal, mènent des enquêtes sous couverture depuis plusieurs années, et nous savons tous comment nous préparer à n’importe quel scénario. Je suis journaliste, et tout journaliste a le devoir de documenter les choses et de raconter ce qu’il voit. Même si ce que vous montrez met mal à l’aise le pouvoir en place, je n’ai fait que mon travail.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/270624/hymnes-mussolini-et-sieg-heil-l-interieur-du-mouvement-de-jeunesse-du-part

    #Fratelli_d'Italia #fascisme #néo-fascisme #Italie #jeunesse #TAR #Nazione_futura #Ferrante_de_Benedictis #Giovanni_Donzelli #Andrea_Piepoli #Piermarco_Silvestroni #Marco_Silvestroni #Casa_Italia #Arianna_Meloni #Colle_Oppio #Fabio_Rampelli #Patrizio_Silvestroni #musique #Aurora #Azione_giovani #Fabio_Roscani #Marco_Perissa #Paolo_Trancassini #Cabiria #extrême_droite

  • Détruisons l’empire Bolloré & ses chaînes TV - Un dangereux milliardaire militant pour l’extrême droite et l’ultra-capitalisme
    https://ricochets.cc/Detruisons-l-empire-Bollore-ses-chaines-TV-Un-dangereux-milliardaire-milit

    Tout le monde le sait, grâce aux larges souplesses du libre marché et à la perméabilité de nombreux politicards (le poisson pourrit par la tête), Bolloré a batit un empire médiatique pour implanter l’extrême droite dans les têtes, dans les débats et les nouvelles références, afin de permettre à l’extrême droite de prendre le pouvoir. Les institutions de la soi-disant démocratie n’ont rien fait pour empêcher ça. Dans le capitalisme, le plus riche peut légalement et tranquilllement dominer (...) #Les_Articles

    / #Médias_et_expressions, Autoritarisme, régime policier, démocrature...

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://www.france24.com/fr/france/20240702-comment-bollor%C3%A9-et-son-empire-m%C3%A9diatique-ont-port%C3%A9
    https://mediascitoyens-diois.info/2024/07/au-coeur-de-lextreme-droite-video-pour-comprendre-leur-haine-
    https://www.vivendi.com
    https://www.havas.fr
    https://www.lagardere.com/en/home
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1

    • #Canal+ sur le point de contrôler le marché de la #télé_payante en #Afrique | Mediapart
      #tv

      https://www.mediapart.fr/journal/international/030724/canal-sur-le-point-de-controler-le-marche-de-la-tele-payante-en-afrique?us

      DepuisDepuis quelques semaines, Vincent Bolloré fait parler de lui en Afrique du Sud. Canal+, l’un des fleurons de son groupe, est en train de mener une opération financière qui sera, si elle est finalisée, la plus importante jamais conclue dans l’audiovisuel africain. Surtout, elle lui donnera un pouvoir inédit sur la télévision par satellite en Afrique. « The French billionaire and the fight for our #TVs » (« Le milliardaire français et la bataille pour nos télévisions »), a titré en réaction l’hebdomadaire sud-africain The Continent. 

      La multinationale française l’avait bien précisé, lorsqu’elle avait annoncé fin 2021 la vente de ses activités africaines de logistique : il n’était pas question qu’elle se « désengage » du continent. « Nous continuerons à y investir, notamment avec Canal+, premier opérateur de télévision payante en Afrique francophone », avait écrit Cyrille Bolloré, le PDG du groupe, à ses salarié·es. 

      Canal+, filiale de Vivendi dont la famille Bolloré est l’#actionnaire_majoritaire, peut en réalité difficilement se passer de l’Afrique : le marché africain est devenu ces dernières années l’un de ses principaux leviers de développement. Présent dans vingt-cinq pays, principalement francophones, il y vend des bouquets de chaînes par satellite et édite lui-même une quarantaine de chaînes de divertissement, dédiées à la jeunesse, au sport, aux télénovelas, etc. Il produit également des programmes, dont des fictions et des séries.

  • Kiss of Death ? Merci Poutine ! La Russie plaide pour le RN | 16h06 Libé Live | 03.07.24

    https://www.liberation.fr/politique/elections/en-direct-legislatives-2024-tondelier-attal-et-bardella-en-lice-pour-le-p

    La Russie plaide pour le RN. A quelques jours du second tour des élections législatives, le ministère des Affaires étrangères russe apporte implicitement son soutien au RN. Dans un tweet, son compte officiel déclare que « le peuple français veut une politique étrangère souveraine qui serve ses intérêts nationaux et une rupture avec le diktat de Washington et de Bruxelles ». Et ajoute : « Les responsables français ne pourront ignorer ces profonds changements d’attitude de la grande majorité des citoyens ». Son message est accompagné d’une photo de Marine Le Pen.

    #célérusses

  • Minuit moins dix à l’horloge de Poutine – #Politoscope

    https://politoscope.org/2024/07/3471

    David Chavalarias, Directeur de Recherche CNRS

    Le projet Politoscope observe depuis 2016 le militantisme politiques sur \X{}. Nous avons développé des méthodes pour analyser les dynamiques sociales et de débats, ainsi que les manipulations d’opinions.

    Permettant de passer en accéléré ces dynamiques sociales, il est possible de caractériser un processus d’affaiblissement puis d’inversion du front républicain à l’approche des #législatives de 2024 et d’identifier les stratégies de subversion qui l’ont favorisé. Ces stratégies de basse intensité, pilotées ou influencées pour la plupart par le Kremlin, se déploient sur des échelles de temps trop longues pour que les acteurs du débats en aient conscience. Elles visent à déstructurer la société française de manière systémique pour provoquer une transition vers une société fermée ou une démocratie illibérale.

    Dans un contexte de reconfiguration brutale de l’espace politique suite à la dissolution de l’#Assemblée_nationale, les efforts du #Kremlin sont sur le point de payer. Cette étude identifie une convergence d’intérêts entre le régime de #Poutine et l’extrême-droite française. Elle explicite certaines mesures actives mises en place par le Kremlin depuis au moins 2016 pour déstabiliser la société française et montre comment certaines d’entre-elles entrent en synergie ces jours-ci pour faire tomber voire s’inverser le front républicain. Ceci est la dernière étape avant la prise de contrôle de la France par des personnalités politiques moins hostiles au régime de Poutine.

    https://x.com/TheoLaubry/status/1512009330991763457/photo/1

    Dans ce dispositif, les communautés politiques préoccupées par le conflit israélo-palestinien et la montée de l’antisémitisme ou de l’islamophobie sont instrumentalisées afin de compromettre tout barrage contre une extrême-droite banalisée au second tour des législatives

    rapport en entier : https://hal.science/hal-04629585v1/document

    • Je ne dis pas que Poutine ne tente rien. Je dis que c’est désopilant comme on nous découvre systématiquement un complot russe hyper-efficace et hyper-complexe, pour expliquer ce que tout le monde sait pourtant clairement : plutot hitler que le front populaire. Mais nan, c’est Poutine qui tire les ficelles. Que depuis 2 ans, il est manifeste que des membres du RN ont eu des postes importants dans nos institutions, afin de gouverner avec Macron, et on va te dire que c’est de la faute à Poutine, qui est intervenu avec des armées d’usines à trolls sur X, où évidemment, tout le monde sait que c’est là bas que les décisions se prennent.
      Les effets des inégalités, des politiques du FMI, du néolibéralisme, du TINA, tout cela, ça n’existe pas, pour ces gens très sérieux, adepte du tag #célérusses (et si cépalérusses, cémélenchon ou n’importe quelle tête de gauche qui dépasse un petit peu trop).

    • on aura plus de billes après l’émission demain auposte... il me semble que ce papier ne fait qu’un état des lieux d’un changement de forme des forces politiques dans leurs argumentaires (Fig. 8). Il ne parle pas d’influence Russe ici, même si c’est l’idée que la propagande de poutine est à l’origine de cela (improuvable). Je suis d’accord que la causalité n’est pas a question, mais je trouve l’analyse des réseaux intéressante... Une polarisation qui change de sens (sans jugement de valeur à priori ni sur les causes de ce changement de polarisation : politiques néolibérales ou propagande russo/chinoise... ou encore stratégie politiques des partis fr).

    • mais j’approuve le danger à pointer du doigt uniquement l’ingérence russe, qui n’est clairement qu’une part des causes de ces changements de polarisation du débat français

    • Je n’ai pas lu au delà de l’extrait. De plus, j’approuve et accepte toutes tes nuances.

      Mais. L’idiocratie dans laquelle nous sommes contraints de naviguer, elle doit beaucoup à l’ingérence multiforme américaine. Même si dans nos contrées, on continue de faire comme si elle n’existait pas, comme si les dirigeants allemands n’étaient pas complètement intoxiqués par cette ingérence, et tous les autres autour, comme si Nuland n’avait jamais éructé « Fuck the EU », etc.

      C’est impressionnant comme pour faire sérieux, on s’escrime à ignorer l’éléphant au milieu de la pièce.

    • https://www.mediapart.fr/journal/international/030724/legislatives-la-russie-affiche-sa-preference-pour-le-rn?userid=67f9b701-15

      [...]
      Un soutien embarrassant pour le #RN
      Sept ans plus tard, le soutien de la Russie est devenu embarrassant pour le Rassemblement national. Depuis l’invasion de l’Ukraine, Jordan Bardella tente de faire oublier les onze années de soutien actif au Kremlin de son parti, et les deux prêts obtenus en 2014 par celui-ci et son fondateur, à hauteur de 11 millions d’euros. « Il y a eu une naïveté collective à l’égard des intentions et des ambitions de Vladimir Poutine », avait déclaré le président du RN en février 2022. En septembre 2023, le parti a fini par rembourser son prêt russe, tant le sujet était devenu un « boulet » et un « angle d’attaque politique », de l’avis même de ses cadres.

      Mais dans le même temps, le RN a exclu les armes offensives de l’aide à apporter à l’Ukraine, s’est opposé aux sanctions énergétiques à l’égard de la #Russie, a souhaité, parmi les modalités de résolution du conflit, la reconnaissance d’une Crimée russe et la garantie d’une Union européenne et d’une Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) sans l’Ukraine. Quant à Marine Le Pen, si elle a estimé, dès les premiers jours de la guerre en Ukraine, que Poutine avait « franchi la ligne rouge », elle s’est par la suite montrée clémente à l’égard de la Russie, imputant l’« escalade » à Emmanuel Macron, qu’elle qualifie de « va-t-en-guerre ».

      En juin, aux élections européennes comme aux élections législatives, le parti a investi des candidats ostensiblement prorusses, à l’image de Thierry Mariani et Pierre Gentillet, qui dirigent respectivement le Dialogue franco-russe et le Cercle Pouchkine. Selon le décompte de Mediapart, au moins quinze candidat·es investi·es aux législatives ont effectué, avant 2022, des missions d’observation électorale pour la Russie ou des visites à haut niveau à Moscou, ou bien ont été les piliers d’associations faisant la promotion du régime de Vladimir Poutine.

      Le RN compte aussi toujours dans ses rangs la Franco-Russe Tamara Volokhova, conseillère politique de son groupe au Parlement européen, qui a été en contact avec un espion russe, mais aussi en lien avec Alexandre Babakov, le conseiller de Poutine à l’origine du prêt accordé au RN. Questionné sur son cas par Gabriel Attal, lors du débat télévisé, le 25 juin, Jordan Bardella a semblé embarrassé.

      Deux jours plus tard, Mediapart révélait que la fondation de l’ex-eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser avait perçu 255 000 euros en échange d’interventions pro-Poutine au Parlement européen, en marge du prêt russe qu’il avait négocié pour le parti en 2014.

      Dès son arrivée à la tête du Front national, en 2011, Marine Le Pen avait érigé le soutien au Kremlin en politique officielle du parti. En novembre 2014, année de l’obtention des deux prêts russes, elle avait convié une délégation de la Douma et offert une tribune à son vice-président. Deux ans plus tard, elle avait à nouveau signé un projet de prêt russe – finalement resté sans suite – qui prévoyait le versement de 3 millions d’euros pour « financer la campagne électorale présidentielle ».

      En 2017, deux mois avant d’être reçue par Vladimir Poutine, la présidente du Front national avait à nouveau donné des gages au Kremlin : elle avait affirmé à CNN, à rebours de la position de l’Union européenne et des États-Unis, qu’il n’y avait pas eu d’« invasion de la Crimée » et que celle-ci n’avait « jamais été ukrainienne ».

      À l’étranger, le Rassemblement national a reçu tout récemment un autre soutien : celui du ministre israélien des affaires de la diaspora. Le 1er juillet, Amichai Chikli a déclaré que la possibilité que Marine Le Pen devienne présidente de la République était « excellent pour Israël », compte tenu de sa « position ferme » au sujet du Hamas, de la Cour pénale internationale et de l’antisémitisme, a rapporté Haaretz. Le ministre a ajouté que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou était « apparemment du même avis »

    • l’entretien, très riche, avec David Chavalarias :

      https://www.auposte.fr/elections-revelations-le-kremlin-a-lassaut-des-reseaux-sociaux-et-de-la-repu

      « Une étude du #CNRS, révélée dimanche soir, dévoile des manœuvres de longue haleine pour affaiblir le débat public en france. Selon #David_Chavalarias, directeur d’études du CNRS, les élections #législatives sont le point d’orgue d’une #manipulation à l’œuvre depuis 2016. »

  • Ilan Pappé : « La guerre à Gaza n’est pas de l’autodéfense, mais un génocide » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/240624/ilan-pappe-la-guerre-gaza-n-est-pas-de-l-autodefense-mais-un-genocide

    Je pense que nous assistons presque à une guerre civile. Pas une véritable guerre civile comme au Liban en 1975, quand les Libanais se tiraient dessus. Mais c’est une guerre civile froide. Il n’y a pas de lien entre deux secteurs de la société juive israélienne : le bloc libéral le plus laïque que j’appelle l’État d’Israël et le bloc de tradition religieuse, que je nomme l’État de Judée, qui comprend en particulier les colons de Cisjordanie. Ils se battent l’un contre l’autre.

    C’est tellement grave que je pense que cela peut faire tomber Israël. J’espère me tromper mais j’ai le sentiment que le camp le plus fanatique et le plus extrême va gagner. Trois mois après le début de la guerre, la popularité de Nétanyahou était très faible. Aujourd’hui, il ne cesse de grimper dans les sondages. Lui ou quelqu’un comme lui, peu importe en fait, amènera Israël à devenir plus théocratique, plus raciste, plus sioniste et moins soucieux du droit international, en comptant sur l’arrivée au pouvoir et le soutien de l’extrême droite française, européenne, américaine. C’est un scénario possible.

    Un scénario de l’espoir vous anime-t-il, malgré tout ?

    Oui, celui d’un seul État démocratique. Je travaille pour cela. Je ne rêve pas. Je fais partie de One Democratic State Campaign – ODSC (« campagne pour un seul État démocratique ») qui regroupe des Palestiniens et des Israéliens. Nous recevons de plus en plus de soutien, plus de la part des Palestiniens, bien sûr, c’est logique, moins de la part des Israéliens, mais nous avons bon espoir.

    Deux États, cela ne marche plus et cela n’a jamais été une bonne idée. Ce n’était pas une idée palestinienne. C’était une idée de l’Occident israélien : « Peut-être que si vous donnez aux Palestiniens 20 % de la Palestine et que vous la divisez en deux petites régions, Gaza et la Cisjordanie, ils seront heureux. »

    Un seul État ne signifie pas la disparition d’Israël en tant qu’État mais en tant qu’État d’apartheid. Je ne souhaite pas à Israël de disparaître mais il ne peut pas être fondé sur une idéologie d’apartheid. Tout le monde doit être égal.

    La solution des deux États ne respecte pas le principe d’égalité, ne propose pas de solution pour les réfugiés palestiniens et ne corrige pas les injustices commises à l’égard de la Palestine dans le passé, comme l’appropriation de ses terres et la dépossession. Il faut un régime démocratique, comme en France, où tout le monde est égal entre le Jourdain et la Méditerranée. Il ne sera pas facile de vivre ensemble après tant d’années mais les êtres humains peuvent s’adapter.

    (...) Israël a créé l’instrumentalisation de l’antisémitisme, une arme pour faire taire les gens, pas vraiment pour protéger les juifs. Bien sûr, il y a de l’antisémitisme en France. Nous le savons. Cela a toujours été le cas. Cela doit être dénoncé, combattu. Il s’agit de traiter le racisme sous toutes ses formes. L’une des plus grandes erreurs de toutes les campagnes contre l’antisémitisme est de distinguer racisme et antisémitisme, comme s’il s’agissait de deux choses distinctes.

    Est-ce que le racisme contre les juifs est pire que le racisme contre les musulmans ? Je ne l’accepte pas. Le racisme est une attitude humaine abjecte. Il ne faut pas le déraciner en disant : « Je m’intéresse particulièrement à une forme de racisme. » Cela montre qu’il s’agit d’une question politique, d’une manipulation, que ce n’est pas une préoccupation réelle.

  • Julian Assange est libre | BFMTV/WikiLeaks | 25.06.24

    https://www.bfmtv.com/international/europe/angleterre/julian-assange-le-fondateur-de-wiki-leaks-sur-le-point-d-etre-libere-de-priso

    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/sa-libert%C3%A9-est-notre-libert%C3%A9-wikileaks-se-f%C3%A9licite-de-l-annonce-de-la-lib%C3%A9ration-de-julian-assange/ar-BB1oP6rq?cvid=fb2a2298f8884f37a58c1958e7fde166&ei=19

    « Julian Assange est libre » et a quitté ce lundi 24 juin le Royaume-Uni et la prison de haute-sécurité près de Londres où il était incarcéré depuis cinq ans, a affirmé WikiLeaks après l’annonce d’un accord de plaider coupable avec la justice américaine.

    Selon WikiLeaks, l’Australien de 52 ans a quitté ce lundi matin la prison de Belmarsh, a été libéré par la justice britannique à l’aéroport londonien de Stansted dans l’après-midi, d’où il a embarqué à bord d’un avion et a quitté le Royaume-Uni.
    Poursuivi pour avoir exposé au grand jour des centaines de milliers de documents confidentiels, Julian Assange doit comparaître ce mercredi à 9 heures, (à 1h00 dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Paris) devant un tribunal fédéral des îles Mariannes, territoire américain du Pacifique, selon des documents judiciaires rendus publics dans la nuit de lundi à mardi.
    [...]
    Le fondateur de WikiLeaks a conclu un accord de plaider coupable avec le ministère américain de la Justice. En échange, il ne sera pas extradé vers les États-Unis. Au contraire, les procureurs américains réclameront une peine de 62 mois, ce qui équivaut au temps passé par Julian Assange en prison en Angleterre, explique CNN. L’accord permettrait donc à Julian Assange de retourner immédiatement en Australie, son pays natal.

  • Dans les territoires occupés, l’État hébreu s’acharne contre la population palestinienne
    Gwenaelle Lenoir | 20 juin 2024 à 12h43 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/200624/dans-les-territoires-occupes-l-etat-hebreu-s-acharne-contre-la-population-

    Véhicules incendiés après une attaque de colons israéliens à Burqa, en Cisjordanie, le 7 juin 2024. © Photo Jaafar Ashtiyeh / AFP

    C’est l’autre guerre d’Israël. Attaques de colons incessantes, campagne massive d’arrestations, mauvais traitements infligés aux personnes détenues, ou encore circulation entravée : l’occupation destructrice de la Cisjordanie se poursuit.

  • Sanctions contre Israël aux Jeux olympiques : le CIO sous pression | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/150624/sanctions-contre-israel-aux-jeux-olympiques-le-cio-sous-pression

    Plusieurs associations de soutien au peuple palestinien et des partis de gauche demandent que les mêmes sanctions que celles imposées à la Russie soient appliquées aux athlètes israéliens. Le CIO est pour l’instant inflexible.

    Emmanuel Riondé

    15 juin 2024 à 17h56

    #BDSJO

  • Gaza : la ☮️, oui, mais non, enfin, peut-être | Mediapart | 02.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/international/020624/benyamin-netanyahou-plus-que-jamais-sous-pression-apres-la-presentation-du

    Malgré l’ébauche de ce plan de paix [américain proposé au nom d’Israël par Biden] et les protestations internationales, Israël poursuit pour l’heure son offensive à Rafah, au sud de la bande de Gaza où la vie est devenue « apocalyptique » selon les Nations unies. Samedi, l’armée de l’air et l’artillerie israéliennes ont encore intensément bombardé la ville.

    En début de semaine, les États-Unis, principal fournisseur d’armes de leur allié, avaient fait savoir que l’opération en cours ne constituait pas une ligne rouge.

    voilà voilà 😁

    • « Nétanyahou ne comprend que le langage de la force, analyse pour Mediapart le politologue Hasni Abidi, codirecteur de l’ouvrage collectif Le Moyen-Orient selon Joe Biden (Éditions Érick Bonnier). Biden n’ayant pas choisi cette approche et étant dans une situation de vulnérabilité électorale, Nétanyahou en profite. Tant que les États-Unis n’activent pas les leviers qui pourraient l’arrêter, il poursuit sa priorité pour se maintenir au pouvoir : la continuation de la guerre et de la destruction de Gaza – et non pas l’anéantissement du Hamas. »

      Signe de la fébrilité états-unienne, Joe Biden a été jusqu’à évoquer lors de son discours de vendredi une normalisation des relations d’Israël avec l’Arabie saoudite, bien que l’attaque du Hamas le 7 octobre et la guerre contre Gaza ont porté un coup d’arrêt aux tentatives. « C’est un bon indicateur de l’embarras et du désespoir de Biden, qui dans l’espoir de convaincre Nétanyahou, lui promet une normalisation avec un des pays musulmans majeurs de la région et du monde », estime Hasni Abidi.

      Samedi 1er juin, un des slogans des milliers d’Israéliens qui manifestent chaque semaine depuis des mois à Tel-Aviv pour exiger la libération des otages était : « Biden, sauve-les de Nétanyahou ».

  • Die Linke, un parti à l’histoire complexe, embarque Carola Rackete | Mediapart | 30.05.24

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300524/europeennes-la-capitaine-carola-rackete-la-rescousse-de-la-gauche-allemand

    Die Linke, un parti à l’histoire complexe. Carola Rackete l’a appris à ses dépens à la suite d’un entretien accordé fin 2023 à l’hebdomadaire Die Zeit, où l’activiste a eu le malheur d’affirmer que Die Linke devrait se distancer plus clairement de son passé sous le régime communiste est-allemand et pourquoi pas penser à changer de nom. Encore un tabou, même plus de trente ans après la réunification.

    Cette sortie a conduit l’activiste à s’excuser platement, lors du congrès approuvant sa nomination, pour toutes les « idioties qu’[elle a] racontées dans Die Zeit ». Selon Uwe Jun, l’épisode est intéressant car il montre que pour la direction de Die Linke, Carola Rackete est peut-être un symbole et un espoir. Mais pas pour tous, notamment dans les campagnes de l’est du pays.

    « Die Linke y est encore pas mal implanté, au niveau communal, cantonal et régional. Or, c’est là que l’extrême droite marque des points, avec un électorat plus xénophobe et plus méfiant par rapport au récit climatique. En résumé, Carola Rackete n’est pas facile à vendre dans ces contrées. Ce que le courant dit “pragmatique” n’a d’ailleurs pas manqué de faire savoir à la direction du parti », explique l’universitaire.

  • Dooouceuuuu fRaaannceu | Mediapart | 27.05.24

    https://www.mediapart.fr/journal/international/270524/guerre-gaza-la-france-ne-peut-plus-etre-complice

    Depuis dimanche, les condamnations pleuvent. Josep Borell, le patron de la diplomatie européenne, est « horrifié », Emmanuel Macron est « indigné ». Cela fait huit mois que le président de la République masque son impuissance derrière l’affichage de sa compassion.

    Ce n’est pas ce qu’on attend d’un dirigeant politique. Ce qu’on attend de lui, comme des autres, c’est qu’il agisse, publiquement, et en coulisses, pour que cesse le massacre, pour le respect du droit international et pour une paix juste et durable au Proche-Orient, comme on disait autrefois.

    [et que fait Paris ?]

    Paris s’oppose à toute sanction économique ou diplomatique contre l’État d’Israël, au niveau national ou au niveau européen. Ni embargo sur les produits issus des colonies, ni suspension des missions économiques, ni pause dans les échanges commerciaux : la France ne veut rien entendre. Pas même un examen du respect de l’accord d’association UE-Israël.

    À ce jour, la France n’a pris qu’une seule sanction : elle a interdit de territoire 28 colons violents pour des faits commis en Cisjordanie, où la colonisation se poursuit – là encore en toute impunité et en dépit du droit international. Non seulement c’est mince, très mince (les gauches demandent, par exemple, d’y adjoindre le gel des avoirs), mais cela ne concerne aucunement les agissements de l’armée à Gaza.

  • La Seine et les fleuves européens contaminés par un « polluant éternel » passé sous les radars


    Les rives de la Seine, à Paris, le 11 mai 2024. DIMITAR DILKOFF / AFP

    Les analyses menées par le Réseau européen d’action contre les #pesticides dans dix pays de l’Union montrent une présence généralisée de l’acide trifluoroacétique, qui appartient à la famille des PFAS, à des niveaux élevés.
    Par Stéphane Mandard

    Près de 1,5 milliard d’euros d’investissements, quatre ouvrages d’assainissement créés, dont un bassin de rétention des eaux usées et pluviales d’une capacité équivalente à 20 piscines olympiques… L’Etat et les collectivités n’ont pas ménagé leurs efforts pour rendre la Seine baignable pour les Jeux olympiques puis pour le public à partir de 2025. La « baignabilité » de la Seine renseigne seulement sur sa qualité bactériologique à travers la surveillance de deux familles de bactéries (Escherichia coli et entérocoques). Une autre pollution, d’origine chimique, passe sous les radars. Un rapport publié lundi 27 mai révèle une « contamination généralisée » des cours d’eau en Europe par l’acide trifluoroacétique (TFA), un « polluant éternel » aussi peu connu que réglementé, issu notamment de la dégradation des pesticides appartenant à la grande famille des substances per- et polyfluoroalkylées (#PFAS).

    [...]

    L’exposition aux PFAS est associée à certains cancers, à des troubles endocriniens et du système reproducteur ou encore à une baisse de la réponse immunitaire aux vaccins. Faute d’étude épidémiologique spécifique, de nombreuses zones d’ombre demeurent sur la toxicité du TFA. « Nous ne savons pas encore si le TFA a un effet toxique sur notre système immunitaire, note Jacob de Boer. Si ce n’est pas le cas, le problème est de moindre importance. Si c’est le cas, nous avons un sérieux problème. »

    [...]

    Aucune plate-forme chimique produisant du #TFA n’est présente sur la #Seine, à proximité de #Paris. Les ONG privilégient la piste des pesticides. « En amont de Paris, la Seine et ses affluents ont traversé la Côte-d’Or, l’Yonne, la Marne, l’Aube… autant de grands départements agricoles », commente François Veillerette, le porte-parole de Générations futures, qui a supervisé la partie française des analyses. Outre à Paris, l’association a effectué des prélèvements en zone agricole, dans l’Aisne et l’Oise, en amont de Compiègne, et dans la Somme, en amont d’Amiens. Les concentrations, comprises entre 1 500 ng/l et 2 400 ng/l, sont également parmi les plus élevées retrouvées en Europe. A contrario, les cinq prélèvements mesurés en dessous de la valeur limite européenne de 500 ng/l proviennent tous de rivières échantillonnées en Autriche, pays européen qui compte la plus grande surface agricole cultivée en biologique (27 %).

    [...]

    A l’instar des ONG, Jacob de Boer appelle à une « interdiction » des pesticides PFAS – comme des gaz fluorés – et à la mise en œuvre de la restriction générale de toute la famille des « polluants éternels » en discussion au niveau européen. Le chercheur rappelle que le TFA résiste aux traitements classiques (charbon actif ou ozonation) des stations d’épuration. Seule la technique dite de l’#osmose_inverse serait efficace. Une technologie très consommatrice en eau, très énergivore et aux coûts exorbitants. C’est le pari fait par le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, qui prévoit d’investir plus de 1 milliard d’euros pour équiper ses trois usines à l’horizon 2030. Un choix contesté par le président d’Eau de Paris, Dan Lert, qui prône une « sanctuarisation » des captages d’eau potable et souligne la question non résolue de l’élimination des concentrés de polluants issus des traitements : « Ils seront rejetés dans la Seine, la Marne et l’Oise qui serviront de poubelles. »

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/05/27/la-seine-et-les-fleuves-europeens-contamines-par-un-polluant-eternel-passe-s

    https://justpaste.it/1p6q7

    #eau #agriculture

  • Reconnaissance de la Palestine en Europe : sans la France | Mediapart | 27.04.24

    https://www.mediapart.fr/journal/international/270424/reconnaissance-de-la-palestine-vers-une-coalition-de-volontaires-en-europe

    Dans ce contexte de mobilisation européenne, la position française reste un point dur, alors que le Quai d’Orsay juge qu’« il ne sert à rien de faire les choses de manière désordonnée ». « Une alliance de la Belgique, de l’Irlande et de l’Espagne, ce n’est malheureusement pas un moteur assez important pour déplacer le curseur européen », regrette Simon Moutquin, qui ajoute : « J’espérais que la France serve de contrepoids à la position allemande, totalement déconnectée sur Gaza, mais force est de constater qu’elle ne l’a pas fait. »

  • L’armée française entraîne des néonazis ukrainiens au combat | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220524/l-armee-francaise-entraine-des-neonazis-ukrainiens-au-combat


    Faut qu’ils fassent gaffe à Mediapart : ils sont à ça 🤏 d’être inculpés de Poutinophilie.

    Plusieurs pays occidentaux forment des militaires ukrainiens au maniement des armes. Un groupe venu en France à la fin de l’année 2023 comptait dans ses rangs d’authentiques néonazis. Une donnée que l’armée française ne pouvait ignorer : l’un portait le symbole de la SS tatoué sur le visage.

    • J’aime comme il est de bon temps, notamment chez les bonnes âmes de gauche, de décréter que le Hamas (voire le Hezbollah), c’est rien que des fascistes, donc ils n’ont rigoureusement aucune légitimité à quoi que ce soit, et que c’est du « campisme » de dire le contraire. Mais quand on trouve d’authentiques nazis chez les Ukrainiens (ce qui surgit à intervalle régulier), c’est du « campisme » de le dire.

    • хто хоче жити той побиней боротись
      ахто не захоче чинитй опір у цьому світі вічної боротьби
      той не заслугобуе права на життя

      citation exacte de l’original allemand :

      Wer leben will der kämpfe also
      und wer nicht streiten will in dieser Welt des ewigen Ringens
      verdient das Leben nicht.

      Mein Kampf, ch. 11 Volk und Rasse

      de très nombreuses affiches de propagande ou cartes postales sont bâties exactement sur ce principe graphique : citation + portrait, p. ex.

  • Mandats d’arrêt : « Le conflit israélo-palestinien est marqué par une impunité généralisée » | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/monde/israel-palestine/mandats-darret-le-conflit-israelo-palestinien-est-marque-par-une-impuni

    propos recueillis par Pierre Coudurier*

    Avocat spécialiste du droit international, Johann Soufi analyse la demande du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d‘arrêt contre le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, son ministre de la Défense ainsi que trois responsables du Hamas. Entretien.

    Le procureur de la Cour pénale internationale a demandé, lundi, des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien et des dirigeants du Hamas. Comment qualifiez-vous cette procédure ?
    C’est un événement historique, car le conflit israélo-palestinien est marqué par une impunité généralisée pour les crimes commis des deux côtés. Depuis des années, nous avions l’impression que cette région échappait au droit international. Aujourd’hui, ça n’est plus le cas. De plus, la CPI était accusée de sélectivité en concentrant ses poursuites principalement contre des chefs de guerre africains, notamment des responsables de niveau moins élevé. En ce sens, le mandat d’arrêt émis à l’encontre de Vladimir Poutine avait déjà marqué un tournant historique dans l’histoire de la Cour. Mais il a aussi été interprété par certains comme un positionnement stratégique du Bureau du procureur aligné sur les intérêts occidentaux, en particulier suite à l’annonce du procureur de « déprioriser » ses enquêtes sur les crimes de guerre commis par des Américains en Afghanistan.

    Cette fois, c’est une vraie rupture. On le voit, d’ailleurs, à la réaction virulente de certains dirigeants occidentaux contre le procureur de la Cour. D’habitude, la Cour ne communique que lorsque le mandat d’arrêt a été émis. Mais, cette fois, l’annonce a été faite dès le lancement de la requête du procureur, probablement pour avoir un effet dissuasif et dans le but d’éviter certaines pressions. Les juges vont maintenant avoir un rôle de certification. Selon moi, il a peu de chance qu’il y ait de changement majeur. D’ici deux à trois mois, les mandats d’arrêt seront délivrés par la Cour.

    Alors que Joe Biden se réjouissait du mandat d’arrêt contre Poutine, le président des États-Unis trouve « scandaleuse » la procédure lancée à l’encontre de ses alliés israéliens. Les Américains sont-ils pris à leur propre jeu ?
    Ce n’est pas tant une question de jeu politique, qu’une question de cohérence entre les valeurs que Washington proclame, fondées sur l’importance du respect du droit international, et ses actes, qui sont parfois en contradiction avec ces valeurs. La justice n’a de sens qu’à partir du moment où elle s’applique de manière impartiale. Or Washington instrumentalise le droit et la justice internationale depuis le début de l’existence de la Cour. Le procureur, Karim Khan, l’a bien indiqué dans une interview à CNN, lundi, en expliquant qu’un responsable américain lui a dit que la Cour était réservée « aux dirigeants africains et aux puissances ennemies ». La cohérence du discours américain vis-à-vis de la justice internationale doit aussi être analysée en tenant compte de ce double standard et de cette hypocrisie.

    La France, à l’inverse, a affirmé soutenir la CPI
    Pour les 124 États qui y adhèrent - ce qui n’est pas le cas des États-Unis ni d’Israël - soutenir la CPI est une exigence légale. Tout comme le fait d’arrêter les personnes sous mandats d’arrêt si elles se trouvent sur le territoire national. La France et les autres États membres doivent aussi faciliter le travail de la Cour. D’abord financièrement, en contribuant au budget de la Cour, mais aussi en fournissant des informations issues des services de renseignement et des ressources matérielles comme c’est le cas concernant les enquêtes du procureur en Ukraine.

    Quelles incidences pour les responsables du Hamas et ceux d’Israël ?
    S’ils sont émis, ces mandats d’arrêt vont contribuer à marginaliser davantage ces individus sur la scène internationale. Quelle que soit la légitimité alléguée de leurs combats respectifs, ces mandats d’arrêt démontrent qu’ils agissent en violation du droit international humanitaire et qu’ils ont probablement commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Pour les responsables israéliens, le crime d’extermination, de persécution, mais aussi l’utilisation de la famine comme une arme de guerre. Du côté des dirigeants du Hamas, le crime d’extermination, la torture, le viol. Ce sont des crimes qui choquent notre conscience.

    Ces mandats permettent de remettre en question l’idée que la fin justifie les moyens. Au-delà des considérations politiques, il y a un instrument commun qui s’appelle le droit.

  • Menachem Klein sur la situation en Israël | Mediapart | 21.05.24

    https://www.mediapart.fr/journal/international/210524/menachem-klein-la-decision-de-la-cpi-est-une-honte-pour-israel

    La société et les dirigeants israéliens vivent toujours le 7 octobre, et cela, en effet, explique en partie le rejet de la requête de Karim Khan. Tous les discours portent sur ce qui nous est arrivé le 7 octobre. Y compris le slogan à propos des otages : « Ramenez-les à la maison maintenant ». À l’exception d’un petit groupe de personnes à l’esprit critique, qui suit les médias internationaux, les Israéliens sont totalement aveugles à ce qui se passe à Gaza. Ils ne sont pas intéressés. Ils sont enfermés dans leur propre traumatisme. Ils n’ont pas l’esprit critique. La propagande de l’armée et celle du gouvernement font de leur mieux pour maintenir les Israéliens enfermés dans le 7 octobre. La guerre est toujours perçue comme une revanche. Le 7 octobre justifie tout. Il n’y a pas de discussion publique sérieuse sur la guerre.

    • Il semble que la guerre soit sur le point de se terminer. Enfin, l’armée israélienne s’était préparée à faire au Liban ce qu’elle fait à Gaza, à savoir détruire de grandes parties de Beyrouth, où se trouve le quartier général du Hezbollah, mais elle va devoir revenir sur ces plans.
      [...]
      Vue d’Europe, la société israélienne semble plus divisée que jamais.

      Au contraire, concernant la guerre et les Palestiniens, elle n’a jamais été aussi peu divisée. Le centre s’est déplacé vers la droite et la gauche vers le centre. Une partie de la société veut se débarrasser des Palestiniens, envoyer ceux de la bande de Gaza vers l’Égypte et ceux de Cisjordanie vers la Jordanie. La grande majorité veut les gouverner avec brutalité. Ils ne les considèrent pas comme des partenaires pour la coexistence. Benny Gantz [considéré comme centriste, il siège au cabinet de guerre – ndlr] a dit hier qu’il soutenait l’opération à Rafah. Yaïr Lapid, qui concourt pour la tête du Parti travailliste, s’est dit favorable à une occupation du Liban Sud si le Hezbollah ne cesse pas ses tirs. Même ce centre-gauche qui plaide en faveur de la solution des deux États en repousse la mise en œuvre à un avenir lointain. Aujourd’hui, personne ne propose une véritable alternative à la politique de Nétanyahou.

      Comment définiriez-vous Israël aujourd’hui ?

      Depuis le début, depuis 1948, Israël est une société militaire. Quelques processus démocratiques adoucissaient ce militarisme. Seulement, au XXIe siècle, les institutions démocratiques se sont affaiblies. Elles sont aujourd’hui gravement malades et faibles. Ce qui domine et définit Israël aujourd’hui, c’est la suprématie juive. Israël n’est plus celui de Yitzhak Rabin [ancien premier ministre assassiné en 1995 – ndlr]. Il a changé de façon spectaculaire. C’est une société et un régime ethnocentrés.

      Et son armée ?

      Les soldats messianiques religieux nationaux représentent une grosse minorité dans les unités combattantes, jusqu’à 30 ou 40 %. Ils considèrent qu’ils mènent une sorte de djihad, de guerre sainte juive contre le Hamas et ils veulent se réinstaller dans la bande de Gaza. Parmi eux, il y a des commandants en chef, des généraux même. Ils ont un impact certain sur les parachutistes et les unités de combat. Le nouveau chef du Commandement central est un colon. Il est maintenant le commandant de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

      (fin)