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  • A Lesbos, double fronde contre la construction d’un nouveau camp de réfugiés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/17/a-lesbos-double-fronde-contre-la-construction-d-un-nouveau-camp-de-refugies_

    Comme à cette période, certains habitants ont organisé des blocus sur les routes près du camp dévasté de Moria pour empêcher les bulldozers de passer et d’effectuer des travaux. Mais cette fois, le gouvernement conservateur a déployé des canons à eau, et des renforts de police impressionnants. « Même si je préférerais qu’il n’y ait pas de camp à l’entrée du village, il fallait bien trouver une solution, admet Stratos, un restaurateur. Tous ces migrants ne peuvent pas rester dans la rue au milieu des ordures. Depuis une semaine, nous ne pouvons même plus accéder au port de Mytilène sans faire de grands détours, et, surtout, ils représentent un risque sanitaire pour tous les habitants. » Selon l’agence de santé publique grecque, 35 demandeurs d’asile avaient été testés positifs au Covid-19 et devaient être mis en quarantaine avant le premier incendie qui s’est déclenché à Moria. Les responsables grecs ont accusé des migrants de s’être révoltés contre cette mesure de confinement et d’avoir volontairement mis le feu au camp de Moria. Mercredi, six jeunes Afghans ont été déférés au parquet, mais trois d’entre eux ont été libérés dans la soirée.
    Depuis un an, les attaques contre les exilés mais aussi les associations humanitaires se sont multipliées. Maurice Joyeux, un prêtre qui vient en aide aux réfugiés sur l’île de Lesbos depuis 2015, redoute une augmentation des violences à leur égard : « Deux écoles pour des enfants réfugiés que nous tenions avec des ONG à Moria ont été brûlées ces derniers mois. A Lesbos, il y a désormais un climat anti-athénien, anti-réfugiés, anti-ONG, et un solide groupe de militants du parti néonazi Aube dorée qui s’est installé à Mytilène, s’inquiète le jésuite français. Le ras-le-bol des réfugiés qui vivent dans des conditions inhumaines et la colère des insulaires constituent un cocktail explosif. » D’après lui, « un nouveau camp ne résoudra rien ».

    #Covid-19#migrant#migration#grece#lesbos#camp#sante#politiquemigratoire#asile#refugie#confinement#test

  • A Calais, 12 ONG saisissent la justice sur la question des distributions alimentaires aux migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/16/calais-la-justice-saisie-par-les-defenseurs-des-migrants-pour-retablir-les-d

    Dans un arrêté du 10 septembre, la préfecture du Pas-de-Calais a interdit, jusqu’à la fin du mois, « toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires » qui serait effectuée par une association non mandatée par l’Etat dans le centre de Calais, ville emblématique de la crise migratoire de 2015. Les autorités invoquaient, dans ce texte, les risques sanitaires dans le contexte du Covid-19 et la salubrité publique.Les défenseurs des migrants ont saisi, mercredi 16 septembre, le tribunal administratif de Lille pour demander la « suspension immédiate » de cet arrêté préfectoral qui porte des « atteintes graves et manifestement illégales (…) à plusieurs libertés fondamentales », estiment douze ONG et associations, dont le Secours catholique ou encore la Fédération des acteurs de la solidarité, dans un recours consulté par l’Agence France-Presse (AFP). Un juge des référés doit examiner leur requête vendredi. La décision, officiellement motivée par « le non-respect des mesures de distanciation sociale » ainsi que des distributions estimées « suffisantes » de la part de l’association mandatée par l’Etat, la Vie active, avait suscité une vague d’indignation.« L’accélération des politiques d’expulsion de terrains, de transferts forcés loin du Calaisis et de harcèlement quotidien depuis le 10 juillet dernier est concomitante d’une restriction de l’accès aux services vitaux tels que l’eau, la nourriture, l’hygiène et les soins », dénoncent encore ces organisations, estimant entre 1 000 et 1 500 les exilés présents dans la région.
    Atteinte « au droit à la dignité, au principe de fraternité »
    Le texte préfectoral est « attentatoire au droit à la dignité, au principe de fraternité, à la possibilité d’aider autrui, et aboutit à interdire, en pratique, toutes les distributions et dons en centre-ville, y compris ceux de simples citoyens », commente Patrice Spinosi, avocat qui représente les organisations requérantes. Pour lui, l’arrêté est d’autant plus grave qu’il pourrait faire tache d’huile : « On sait que la ville de Calais fonctionne comme un laboratoire en ce qui concerne les migrants » et que cette « solution pourrait être reprise par d’autres villes », craint-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#refugie#aidehumanitaire#camp#sante#droit#politiquemigratoire

  • Un rapport de l’#ONU dévoile des exactions systématiques dans les régions kurdes occupées par les Turcs en #Syrie

    Les enquêteurs de la Commission indépendante internationale sur la Syrie décrivent une occupation militaire marquée dans les zones kurdes par des violations organisées des droits humains.

    Par Allan Kaval Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h26

    Un jour d’hiver, dans un centre de détention installé dans une ancienne école de la ville occupée d’#Afrin, les miliciens stipendiés par la #Turquie de l’Armée nationale syrienne (ANS) ont hurlé à leurs prisonniers kurdes l’ordre de sortir de leurs cellules. Ils les ont réunis dans le hall du bâtiment pour une occasion spéciale, quelque chose de différent des tortures et humiliations routinières auxquelles ils sont habituellement soumis. Une jeune fille mineure capturée dans cette région kurde syrienne venait d’être arrachée de sa cellule et amenée devant eux. La jeune fille était kurde et, sous les yeux des détenus rassemblés, les geôliers l’ont violée, puis violée encore, les uns après les autres, en les forçant à regarder son supplice.

    Cet épisode, dont Le Monde a pu consulter le compte rendu complet, n’est qu’une exaction parmi tant d’autres à avoir retenu l’attention des enquêteurs de la Commission indépendante internationale des Nations unies sur la Syrie. Leur rapport sur la situation des droits humains dans le pays, paru mardi 15 septembre, porte sur des violations documentées par l’ensemble des acteurs du conflit syrien, du régime de Damas aux djihadistes du groupe Hayat Tahrir Al-Cham en passant par les forces kurdes et leurs alliés. Il décrit toutefois avec une autorité jusqu’alors inédite et en profondeur l’ordre de terreur imposé dans les régions kurdes de Syrie passées sous la coupe de la Turquie et de ses supplétifs islamistes syriens début 2018, depuis l’opération « Rameau d’Olivier ». Une source diplomatique turque a indiqué au Monde qu’Ankara n’avait pas pour l’heure de réaction à apporter, rappelant que la Turquie avait coopéré avec les enquêteurs de la commission.

    Menée contre les Forces démocratiques syriennes (#FDS), à dominante kurde, dans la région d’Afrin, cette opération s’est traduite depuis par une situation d’#occupation, reproduite après une deuxième offensive dans le nord-est du pays. Sans précédent, du fait de sa précision et de ses implications, le texte rédigé sous le mandat du Conseil des droits de l’homme des Nations unies souligne la responsabilité d’Ankara dans ces violations graves, et va jusqu’à décrire, en creux, la #Turquie comme la puissance occupante de ces territoires, un statut potentiellement lourd de conséquences.

    Politique d’exactions planifiée
    Ces violations sont commises dans deux territoires distants de près de 300 kilomètres, Afrin et Ras Al-Aïn, qui ont été visés par des offensives turques dans le contexte du conflit qui oppose Ankara au Parti des travailleurs du #Kurdistan (#PKK), dont les FDS ne sont, du point de vue turc, qu’une émanation. Ces deux enclaves passées sous la domination des forces armées turques sont, selon le rapport de la commission d’enquête onusienne, soumises à des exactions similaires, ce qui pointe vers des pratiques systématiques dont les responsables se trouvent à Ankara.

    Pour la première fois, le rapport des #Nations_unies ne se contente pas d’énumérer des actes isolés mais une politique raisonnée dans le cadre de laquelle les exactions visant les populations #kurdes ont été organisées, coordonnées, planifiées. Les enquêteurs notent ainsi des « pillages systématiques » menés par les supplétifs syriens d’Ankara, des confiscations de propriétés, des détentions arbitraires, le déplacement forcé de familles kurdes fuyant « meurtres, menaces, racket, enlèvements, tortures et détentions », sous les yeux – voire avec la coopération – des autorités militaires et civiles turques qui règnent en maître dans cette zone grise, livrée au chaos et au droit du plus fort. Dans son rapport, la commission note ainsi que « les forces turques étaient informées et présentes dans les installations contrôlées par l’ANS où les mauvais traitements des détenus étaient généralisés, y compris lors des sessions d’interrogatoires au cours desquelles des actes de #tortures ont eu lieu ».

    Le #viol comme arme de guerre
    Un trait saillant se dégage par ailleurs des conclusions des enquêteurs onusiens : la guerre systématique que les miliciens syriens soutenus par Ankara mènent aux femmes kurdes dans les régions qu’ils occupent. Le rapport publié mardi a pu ainsi confirmer la pratique endémique du viol et d’autres violences sexuelles comme armes de guerre dans la région d’Afrin par des membres des groupes armés pro-Turcs qui forment l’ANS. Par ailleurs, à Afrin comme à Ras Al-Aïn, « les femmes kurdes (…) ont subi des actes d’intimidation par des membres de brigades de l’ANS, créant un climat généralisé de peur qui les confine dans leur foyer ». Les femmes issues de la communauté yézidie, une minorité religieuse kurdophone et non-musulmane ravagée en Irak par l’organisation Etat islamique, comptent ainsi parmi les plus vulnérables. L’une d’entre elles, enlevée par des miliciens pro-turcs, a ainsi été intimée de se convertir à l’islam lors d’un interrogatoire, d’après les enquêteurs.

    « La région d’Afrin se trouve dans un angle mort depuis que les forces turques en ont pris le contrôle en 2018, relève un expert international proche du dossier. Le climat de peur qui y règne dissuade les habitants de témoigner. Ils savent que si les nouvelles autorités décèlent le moindre signe qu’ils ont communiqué avec l’extérieur sur les conditions de l’occupation, ils risquent la torture ou la mort. » De fait, les moyens de coercition mis en place dans ces territoires dépassent les capacités de simples groupes armés. Ils sont adossés à la toute puissance d’un Etat, la Turquie, membre de l’OTAN.

    L’implication turque « est totale »
    « Les réseaux téléphoniques syriens ont été remplacés par le réseau turc. Les forces de l’ordre turques ont déployé des caméras de surveillance, mènent des arrestations conjointes… Leur implication est totale », juge un spécialiste du dossier. D’après des informations obtenues par Le Monde et non incluses dans le rapport, la gendarmerie turque de même que les forces spéciales de la police turque occupent ainsi de manière permanente deux anciennes écoles à Afrin. Face à cette présence, des groupes clandestins liés aux forces kurdes mènent des opérations de guérillas. Des attentats visant les casernements de groupes armés pro-Ankara ont également été commis, provoquant de nombreuses pertes civiles. Le dernier en date, une attaque au véhicule piégé, a fait trois morts civils dans le centre d’Afrin, lundi.

    Les autorités civiles turques sont aussi impliquées dans cette occupation qui se traduit par l’utilisation de la livre turque dans les échanges commerciaux, la supervision de la gouvernance de ces territoires par des fonctionnaires turcs, dans les secteurs de la santé comme de l’éducation. Ce travail de reconstruction s’accommode volontiers de nombreux crimes de guerres, comme l’appropriation forcée de propriétés civiles, qui induisent un changement démographique de ces régions. Le rapport note à cet égard un cas des plus parlants, qui dénote de la relation organique qu’entretiennent les miliciens de l’ANS, l’administration civile turque et certaines organisations à vocation humanitaire proches du gouvernement d’Ankara.

    Les enquêteurs ont ainsi montré qu’à Ras al-Aïn, « des membres de la brigade Hamza se sont approprié le domicile d’une famille kurde transformé ensuite en institut d’études coraniques contrôlé par la Fondation pour les droits humains, les libertés et l’aide humanitaire (IHH) ». Depuis le début du conflit syrien, l’IHH, organisation à coloration islamiste, est un acteur connu pour évoluer dans une zone grise de la frontière turco-syrienne entre les intérêts sécuritaires de l’Etat turc, le soutien aux groupes armés issus de l’opposition et l’assistance aux populations civiles. Le rapport note que l’inauguration officielle de cet institut a eu lieu en la présence du gouverneur du département turc voisin de Sanliurfa. Cet événement, largement médiatisé localement, a eu lieu le 23 juin.

    Puissance occupante
    La répression qui s’est abattue sur les régions majoritairement kurdes syriennes contrôlées par la Turquie et ses alliés ne connaît pas non plus de frontière. La commission des Nations unies sur la Syrie déclare, dans le rapport publié mardi, que « des ressortissants syriens, y compris des femmes, ont été détenus par l’ANS dans la région de Ras Al-Aïn, transférés par les forces turques à la République de Turquie, accusés de crimes commis dans la même région, notamment de meurtre ou d’appartenance à une organisation terroriste, le tout conformément au droit pénal antiterroriste turc. »

    Le choix de mettre en avant cette réalité n’est pas anodin. L’objectif réel des conclusions juridiques de la partie du rapport consacrée aux régions placées sous influence turque est de pointer vers le fait que la Turquie y exerce un rôle de puissance occupante et de mettre ainsi Ankara en face de ses responsabilités au regard du droit international. Du point de vue juridique, le rapport conclut que la Turquie détient un « contrôle effectif » de ces territoires. Il pointe la responsabilité de la Turquie d’« assurer autant que possible l’ordre public et la protection des femmes et des enfants ».

    Entre les lignes, c’est bien du statut de puissance occupante régi par les conventions de Genève auquel il est fait référence. La commission note par ailleurs que les autorités turques n’étant pas intervenues alors que des exactions documentées étaient commises par leurs alliés locaux, Ankara « pourrait avoir violé [ses] obligations ». Le travail de documentation des enquêteurs de la commission et le début de qualification juridique des faits offrent une perspective aux victimes mais, dans les régions kurdes occupées par Ankara au nord de la Syrie, l’impunité règne toujours, sous le drapeau turc.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/15/un-rapport-de-l-onu-devoile-des-exactions-systematiques-dans-les-regions-sou

    • Ça doit être nouveau, ce comportement, de la part des gentils révolutionnaires qu’on nous a tant vantés depuis 2011. Parce qu’avant ils étaient notoirement exemplaires. Se souvient-on des envolées lyriques de notre presse lorsque de la « libération » d’Alep ? Et s’agit-il des mêmes parfaits démocrates dont on pleurait encore récemment le sort à Idlib ?

  • Des villes allemandes proposent d’accueillir des migrants du camp de l’île de Lesbos ravagé par les flammes

    Cinq ans après l’accueil de centaines de milliers de réfugiés, ces appels de la gauche, des Verts mais aussi de certains responsables conservateurs font resurgir le débat qui avait agité le pays à l’époque.

    Cinq ans après avoir accueilli des centaines de milliers de réfugiés, des villes et des régions allemandes réclament de prendre en charge des migrants après l’incendie qui a ravagé mercredi le camp de Moria, en Grèce. Qualifié de « catastrophe humanitaire », par le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, l’incendie du camp insalubre et surpeuplé occupait la « une » de tous les grands titres de la presse allemande jeudi 10 septembre.

    Ces appels qui proviennent de la gauche, des Verts mais aussi de certains responsables conservateurs font ressurgir le débat ayant agité le pays en 2015. Des manifestations dans tout le pays, en particulier à Berlin, ont également rassemblé plusieurs milliers de personnes mercredi soir, assurant sur leurs banderoles : « Nous avons de la place ! » L’Allemagne compte actuellement quelque 1,8 million de personnes ayant obtenu ou demandé le statut de réfugié, toutes nationalités confondues.

    « Un impératif humanitaire »

    La Rhénanie du Nord-Westphalie, la région la plus peuplée d’Allemagne, s’est notamment dite prête à prendre en charge jusqu’à un millier de migrants coincés à Moria, sur l’île grecque de Lesbos. « Nous avons besoin de deux choses : une aide immédiate pour Moria et une aide européenne durable pour la prise en charge des enfants et des familles », a affirmé le dirigeant de la région, Armin Laschet, successeur potentiel d’Angela Merkel l’an prochain et qui brigue la tête de leur parti conservateur en décembre. Fait notable : Armin Laschet est un des rares responsables politiques à s’être rendus en août dans le camp qualifié de « honte pour l’Europe entière » par plusieurs ONG alors que son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), a mis la barre à droite sur les questions d’immigration depuis 2016.

    D’autres Länder comme la Basse-Saxe ou la Thuringe lui ont emboîté le pas. Le gouvernement fédéral leur a toutefois opposé à ce jour une fin de non-recevoir en réaffirmant privilégier un compromis européen sur la répartition des migrants sur le continent.

    Evacuer les milliers de migrants de l’île de Lesbos « est un impératif humanitaire », a de son côté alerté jeudi le président de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Francesco Rocca, lors d’une conférence de presse organisée par l’Association des correspondants accrédités auprès des Nations unies. La FICR a présenté un rapport sur les risques menaçant migrants et réfugiés avec la pandémie de Covid-19. Les migrants « sont maintenant dans une situation terrible. La population locale, les ONG, la Croix-Rouge… Tout le monde fait le maximum, mais pour combien de temps ? », s’interroge M. Rocca.

    « Les capacités d’accueil existent »

    « Les capacités d’accueil, la place existe, il y a la bonne volonté extrêmement grande de Länder et de communes », a insisté la coprésidente des Verts allemands, Annalena Baerbock. Depuis des mois, des maires enjoignent au gouvernement d’Angela Merkel d’agir. Dans les villes comme Berlin ou Hambourg, des banderoles fleurissent aux fenêtres depuis le printemps : « Evacuer Moria » ou « #LeaveNoOneBehind » (« ne laisser personne derrière »).

    Un collectif d’ONG a fait installer lundi 13 000 chaises devant le Reichstag, le bâtiment qui abrite la chambre des députés, pour réclamer l’évacuation des migrants de Lesbos. Plus de 170 communes, de Hambourg à Cologne en passant par Munich, se sont également regroupées pour réclamer la prise en charge des personnes sauvées en mer Méditerranée.

    Une décision qui contraste avec l’automne et l’hiver 2015 quand de nombreuses villes avaient été contraintes, faute de place, d’installer des réfugiés dans des casernes désaffectées, des gymnases et des containers. A l’époque, beaucoup avaient tiré la sonnette d’alarme, affirmant être débordés.

    Cinq ans plus tard, des élus locaux assurent disposer de nombreux lits vides dans des foyers de demandeurs d’asile. « Notre ville a les capacités en termes de personnel et d’organisation », a ainsi réaffirmé le responsable des affaires intérieures de la ville de Berlin, Andreas Geisel. La gestion de la « crise » par la capitale allemande avait pourtant été l’une des plus erratiques, avec des gens contraints d’attendre dehors des jours durant pour se faire enregistrer. « C’est pour moi incompréhensible que l’Etat fédéral ne permette pas aux communes qui y sont prêtes de fournir une aide rapide et solidaire », a déploré le maire de Berlin, Michael Müller. La municipalité veut présenter un programme d’accueil devant les représentants des Etats régionaux au Bundesrat.

    L’arrivée de centaines de milliers de réfugiés en 2015 avait dans un premier temps suscité un immense élan de solidarité parmi les Allemands. Mais le vent avait ensuite tourné, notamment à la lumière des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne attribuées à des migrants nord-africains, et de faits divers utilisés par l’extrême droite pour dénoncer la politique d’accueil.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/10/des-villes-allemandes-proposent-d-accueillir-des-migrants-du-camp-de-moria-r

    #réfugiés #asile #migrations #Allemagne #villes-refuge
    #incendie #Lesbos #Grèce

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    Ajouté à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

    Ajouté à la métaliste sur l’incendie de Lesbos de septembre 2020 :
    https://seenthis.net/messages/876123

  • L’île grecque de Kastellorizo, en première ligne face aux menaces de la Turquie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/14/kastellorizo-l-ile-qui-ne-s-en-faisait-pas-trop_6052061_3210.html

    Plutôt que la fuite des touristes grecs et européens à la suite du « bang » aérien de juillet, c’est plutôt l’absence des touristes turcs ou de pays lointains, due à l’épidémie de Covid-19, qui inquiète Megisti. D’une part, les frontières étant fermées avec la rive d’en face, les visiteurs turcs de Kas, qui avaient deux navettes quotidiennes avec l’île, sont absents depuis mars, et les îliens, qui ne produisent rien hors de la pêche, doivent aller très loin en ferry, jusqu’à Rhodes, pour acheter ce dont ils ont besoin. D’autre part, les « Kassies », comme s’est surnommée la diaspora kastellorizienne d’Australie, qui prennent traditionnellement leurs quartiers d’été à partir de juin dans le village de leurs ancêtres, sont cette année confinés dans le Pacifique. A Megisti, le chiffre d’affaires saisonnier est en baisse d’environ 70 %.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#turquie#australie#diaspora#sante#economie#politique#confinement#tourisme

  • Covid-19 : Israël se reconfine pour les fêtes du Nouvel An juif
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/14/coronavirus-israel-se-reconfine-pour-les-fetes-du-nouvel-an-juif_6052115_321

    Ce retour à l’isolement est le résultat d’un échec politique : le gouvernement a renoncé la semaine dernière à imposer un confinement local à des villes arabes et ultraorthodoxes, parmi les plus pauvres du pays, les plus touchées par l’épidémie. Les alliés religieux de M. Nétanyahou, indispensables à son gouvernement de coalition, s’y étaient refusés.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Israël, la deuxième vague de Covid-19 touche surtout les communautés ultraorthodoxes et arabes
    Israël pouvait se féliciter d’avoir mieux fait face que d’autres à la première vague, en confinant rapidement et en fermant ses frontières, en mars. Mais l’épidémie était repartie à la hausse dès le mois de mai. Les autorités s’interrogent encore pour savoir si cela est dû à la réouverture des écoles. Elles ont multiplié depuis les arbitrages illisibles, et déplorent le manque de discipline des Israéliens.Pour Arnon Afek, membre de l’équipe qui coordonne la réponse sanitaire, les fêtes de fin d’année représentent « le moment le moins inapproprié. Mais sans stratégie de sortie, ce sera inutile : vous obtiendrez un pays très appauvri et un nouveau reconfinement à terme ». Cette stratégie se met en place depuis deux mois : le gouvernement entend décentraliser le traitement de l’épidémie, en travaillant avec les maires, reconfiner au cas pas cas les points chauds, et fait confiance à l’armée pour tracer les contaminations et tester les cas suspects. Mais l’architecture informatique nécessaire à un tel système ne sera opérationnelle qu’en novembre au plus tôt. Cela laisse craindre que le reconfinement s’éternise après la fin des fêtes.

    #Covid-19#migrant#migration#israel#sante#santepublique#religion#frontiere#pelerinage#reconfinement

  • Trump réussit à faire élire son candidat à la tête de la Banque interaméricaine de développement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/12/trump-reussit-a-faire-elire-son-candidat-a-la-tete-de-la-banque-interamerica


    Mauricio Claver-Carone, le 15 janvier 2020, à La Paz, en Bolivie.
    Juan Karita / AP

    Mauricio Claver-Carone, un avocat de 44 ans d’origine cubaine connu pour être l’architecte de la politique dure de Washington envers le Venezuela et Cuba, a été élu samedi avec 66,8 % des voix.

    Donald Trump a gagné la partie. Malgré l’âpre bataille menée par l’Argentine pour éviter ce que d’aucuns perçoivent comme une nouvelle atteinte au multilatéralisme, le président des Etats-Unis a finalement remporté son pari de faire élire son candidat à la tête de la Banque interaméricaine de développement, la principale source de financement des pays latino-américains.

    Cette élection met ainsi fin à une tradition, non écrite mais toujours respectée jusque-là, que l’institution soit présidée par une personnalité latino-américaine, bien que les Etats-Unis en soient le premier bailleur de fonds aux côtés des 47 autres Etats membres (dont 28 de la région).

    Mauricio Claver-Carone, un avocat de 44 ans d’origine cubaine connu pour être l’architecte de la politique dure de Washington envers le Venezuela et Cuba, a été élu samedi 12 septembre avec 66,8 % des voix. Pour être élu, il devait obtenir plus de 50 % des voix, et être choisi par au moins 15 des 28 pays membres de la région. Il a finalement obtenu le vote de 30 pays, dont 23 d’Amérique latine selon une source interne de la BID.

  • Athènes maintient sa ligne dure après l’incendie du camp de Moria sur l’île de Lesbos
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/11/athenes-maintient-sa-ligne-dure-apres-l-incendie-du-camp-de-moria_6051791_32

    Le chef de l’opposition (Syriza) et ex-chef de gouvernement Alexis Tsipras a, de son côté, accusé l’actuel premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, d’être « personnellement responsable du drame ». « La blessure de Moria devait être refermée (…). Nous avions déjà avancé le plan de décongestion [du camp] avec cohérence et respect pour nos semblables. Mais les 5 000 personnes à Moria sont devenues 20 000 en un an, avant que les transferts ne reprennent timidement », a lancé M. Tsipras. En ligne de mire également de l’opposition : le durcissement de la politique du premier ministre de droite arrivé au pouvoir en juillet 2019, qui aurait conduit à l’exaspération et à la révolte des migrants de Moria. A la suite de l’incendie, Kyriakos Mitsotakis a réagi : « Je reconnais les conditions difficiles [à Moria], mais rien ne peut servir d’alibi pour des réactions violentes contre les contrôles sanitaires. » Le journal de gauche Efimerida Ton Syntakton (« le journal des rédacteurs ») l’accusait, jeudi, de poursuivre à tout prix une politique de la « loi et l’ordre » en parlant essentiellement de sécurité nationale et de santé publique sans égard pour la crise humanitaire. Le gouvernement conservateur a voté une nouvelle loi sur le droit d’asile à l’automne 2019, permettant d’augmenter les durées de détention autorisées pour les demandeurs d’asile et de faciliter les renvois en Turquie des candidats déboutés. Depuis des mois, le gouvernement Mitsotakis est accusé de favoriser les refoulements de migrants vers la Turquie à la frontière terrestre mais aussi en mer. Les témoignages recueillis par plusieurs ONG et même le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies accumulent les preuves contre le gouvernement et les gardes-côtes qui ont toujours démenti et parlent de « fake news » véhiculées par Ankara. L’accès au système de santé a été rendu plus difficile, et plus de 11 000 réfugiés étaient menacés d’être expulsés de leur hébergement depuis le mois de juin après la décision prise de réduire la période pendant laquelle les réfugiés ayant obtenu l’asile peuvent rester dans les appartements attribués par le HCR. Surtout, le gouvernement grec a promis la construction de nouveaux centres d’enregistrement fermés à Lesbos – ce qui n’était pas le cas de Moria – et sur les quatre autres îles de la mer Egée, où s’entassent déjà plus de 24 000 personnes au total. Face à la fronde des insulaires, qui se sont mobilisés à plusieurs reprises, parfois avec violence, avant l’épidémie due au coronavirus, le gouvernement avait reculé. Mais, pour le premier ministre, la destruction de Moria ne remet pas en cause le projet, bien au contraire. « Nous avions averti qu’il fallait fermer Moria et avoir une nouvelle structure plus adaptée », a clamé jeudi sur la chaîne de télévision ANT1 le ministre des migrations, Notis Mitarachi.

    #Covid-19#migration#migrant#grece#moria#camp#demadeurdasile#refugie#sante#politiquemigratoire#UE#crisehumanitaire#crisemigratoire

  • Démission du patron français de Rio Tinto à la suite de la destruction d’un site aborigène
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/11/demission-du-patron-francais-de-rio-tinto-apres-la-destruction-d-un-site-abo

    L’enquête interne a montré que Rio Tinto avait bien obtenu les autorisations légales pour détruire le site mais que, ce faisant, le groupe n’avait pas respecté ses propres standards. Elle a estimé que ce dynamitage n’était « pas le résultat d’une seule cause ou d’une seule erreur », mais « le résultat d’une série de décisions, d’actions et d’omissions sur une longue période ».
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Rio Tinto : les dollars troubles de Simandou

    (...)

    L’importance culturelle du site avait été établie par des fouilles réalisées un an après que Rio Tinto eut obtenu l’autorisation de le détruire. Ces fouilles avaient permis de découvrir l’outil en os le plus ancien découvert à ce jour en Australie, réalisé il y a 28 000 ans avec un os de kangourou. Des analyses ADN avaient établi un lien entre le peuplement du site et des personnes habitant toujours dans la zone.

  • « C’est un enfer sans fin » : le plus grand camp de réfugiés d’Europe est parti en fumée
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/10/moria-est-mort-le-plus-grand-camp-de-refugies-en-europe-est-parti-en-fumee_6

    Selon le ministre grec des migrations, Notis Mitarachi, plusieurs feux se sont déclenchés en même temps mardi soir, et des demandeurs d’asile qui protestaient contre la quarantaine imposée après la détection de cas de Covid-19 dans le camp seraient à l’origine de la catastrophe. La semaine dernière, un premier cas avait été détecté chez un résident du camp et avait entraîné la mise en quarantaine de celui-ci : les réfugiés n’étaient plus autorisés à sortir, seul le personnel de sécurité – après que leur température a été prise –, pouvait se rendre à l’intérieur de la structure. Quelques jours plus tard, 35 personnes, dont la plupart étaient asymptomatiques, avaient été placées en isolement dans une clinique à l’extérieur du camp. Les autorités sanitaires devaient continuer le dépistage lorsque la révolte a grondé mardi.Depuis mars, les centres d’identification et de réception situés aux frontières de la Grèce avec la Turquie étaient déjà soumis à des mesures restrictives limitant les sorties, les activités et l’intervention des ONG dans les camps. « Après tant d’années, où les violences se multipliaient et les conditions devenaient de plus en plus sordides dans le camp, les autorités grecques auraient dû se douter qu’un jour la situation allait exploser mais les transferts des personnes vulnérables étaient trop lents et les seules décisions prises comme les mesures restrictives liées à l’épidémie due au coronavirus n’ont fait que détériorer les conditions de vie des demandeurs d’asile à Moria qui étaient à bout », estime Salam Aldeen, un volontaire de l’ONG Team Humanity. Depuis l’accord entre l’Union européenne (UE) et la Turquie de 2016, le camp de Moria était conçu pour dissuader les migrants de venir en Europe. Les exilés qui s’y trouvaient devaient rester dans la structure le temps de l’examen de leur demande d’asile puis, ensuite, étaient soit gratifiés du statut de réfugié, soit renvoyés en Turquie ou vers leur pays d’origine.Mais la surcharge de travail des services d’asile et les arrivées qui ne se sont jamais totalement taries, ont finalement conduit à créer un « monstre », qui s’étalait désormais dans les champs environnants. Les services, les sanitaires, les douches, n’étaient plus adaptés pour autant de personnes.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#lesbos#moria#UE#sante#politiquemigratoire#refugie#demandeurdasile

  • La Chine met en scène sa « victoire » sur le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/09/la-chine-de-xi-jinping-met-en-scene-sa-victoire-sur-le-covid-19_6051523_3210

    Sans même attendre le 1er octobre, la Chine s’est offert un avant-goût de fête nationale mardi 8 septembre. Le chiffre 8 porte bonheur en Chine. Les autorités chinoises avaient choisi de mettre fin au confinement de Wuhan le 8 avril. Cinq mois plus tard, il s’agit de célébrer sous les ors du Grand Palais du peuple « la victoire à Wuhan, la victoire au Hubei, la victoire en Chine » de la « guerre du peuple » contre le coronavirus, selon les termes du président Xi Jinping. Alors que le monde entier continue de faire face à l’épidémie de Covid-19, notamment les deux principaux rivaux de la Chine, les Etats-Unis et l’Inde, les autorités chinoises entendent bien tirer parti de leur gestion de l’épidémie. Celle-ci, officiellement, n’a fait que 4 634 morts, dont l’immense majorité à Wuhan, la capitale du Hubei, confinée durant soixante-seize jours. Depuis plusieurs semaines, seuls quelques cas importés sont recensés dans le pays. Mardi, devant environ 3 000 personnes portant un masque, à la fois tendues et émues, Xi Jinping a notamment distingué quatre personnalités. Zhong Nanshan, expert des maladies respiratoires, a obtenu « la médaille de la République », plus haute distinction de l’Etat. Déjà couvert de gloire depuis son action contre le SRAS en 2003, c’est cet expert de 84 ans qui, après sa visite à Wuhan le 18 janvier, a convaincu les dirigeants de confiner la ville de 11 millions d’habitants. Autres distingués : Zhang Boli, promoteur très médiatisé de la médecine traditionnelle chinoise, utilisée en complément de la médecine occidentale contre le virus ; Zhang Dingyu, responsable de l’hôpital de Jinyintan à Wuhan, et une femme, scientifique militaire, Chen Wei, qui a rang de général de division. Tous trois sont désormais des « héros du peuple ».

    #Covid-19#migrant#migration#chine#sante#santepublique#gestion#epidemie#politique

  • Levée de boucliers contre Mulan, l’héroïne chinoise de Disney
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/09/levee-de-boucliers-contre-mulan-l-heroine-chinoise-de-disney_6051460_3210.ht

    Non contente d’avoir mobilisé contre elle une coalition de militants prodémocratie de Hongkong, de Taïwan et de Thaïlande, la deuxième adaptation de Mulan par Disney, disponible le 4 décembre sur le site de vidéo à la demande Disney+, est dans le collimateur des défenseurs du peuple ouïgour, la minorité opprimée du Xinjiang, où une partie du tournage du film a eu lieu.
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    Le générique de Mulan remercie les départements de la propagande du Parti communiste de la région autonome du Xinjiang, celui de la ville de Turpan ainsi que son bureau de sécurité publique, c’est-à-dire la police. En soi, rien de très étonnant : la plupart des grands films d’action se passant en Chine sont tournés au Xinjiang, qui offre des paysages exceptionnels de montagnes et de déserts. Avec, comme il se doit, l’imprimatur des bureaux de propagande et de police.

    Mais la répression féroce par la Chine des Ouïgours, après avoir été ignorée pendant des années, ne laisse plus indifférent. Sur Twitter ou Facebook, des défenseurs des droits de l’homme en Occident et en Asie, mais aussi de nombreux Ouïgours en exil, pointent le fait que le studio américain a de fait collaboré avec une entité, la police, qui est complice d’actes extrêmement graves contre le peuple ouïgour, comme l’internement de masse de plus d’un million de personnes. Ces crimes font l’objet de plusieurs lois votées par le Congrès américain pour punir les plus hauts responsables politiques de la région autonome.
    Défenseuse servile de l’Etat chinois

    Mulan raconte l’histoire, très populaire dans le monde chinois, d’une jeune femme qui se déguise en homme pour remplacer son père âgé dans l’armée impériale. Et se distingue au combat contre les envahisseurs. Mais l’actrice chinoise choisie par Disney, Liu Yifei, a cru bon, en août 2019, au plus fort des manifestations antigouvernementales de Hongkong, de déclarer sur Weibo, le Twitter chinois, son soutien à la police du territoire, honnie par les manifestants pour sa brutalité. Une position qui à Hongkong a fait d’elle la défenseuse servile de l’Etat chinois.
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    L’arrestation à Hongkong, le 10 août, d’Agnes Chow, l’une des membres de l’ancien parti politique Demosisto, a ravivé la polémique : les jeunes Hongkongais, qui depuis les propos de Liu Yifei avaient déclaré vouloir boycotter le film, ont décidé de faire d’Agnes Chow « [leur] Mulan », l’héroïne hongkongaise qui se bat contre les barbares du Nord, c’est-à-dire la Chine.

    Ils ont été rejoints par des hordes d’internautes de Taïwan et de Thaïlande, qui s’étaient déjà mobilisés en avril, en pleine épidémie, sous la bannière virtuelle de « #milkteaalliance », l’Alliance du thé au lait, contre les prétentions chinoises à faire partout la loi. Un couple d’acteurs thaïlandais avait alors été pris à partie par les ultranationalistes chinois suite à des déclarations ambiguës, à leurs yeux, sur Taïwan et Hongkong, suscitant en réponse une campagne coordonnée de moqueries.

    Brice Pedroletti

    #Mulan #Disney #Culture #Mouvements_sociaux #Hashtag

  • En Grèce, un énorme incendie dévaste le camp de migrants de l’île de Lesbos
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/09/un-incendie-se-declare-dans-le-camp-de-migrants-de-moria-a-lesbos_6051482_32

    D’après l’agence de presse grecque ANA, les feux auraient été déclenchés à la suite de la révolte de certains demandeurs d’asile qui devaient être placés en isolement, ayant été testés positifs au coronavirus ou proches d’une personne détectée positive.« Il y a 35 cas positifs et ils doivent être isolés (…) pour empêcher la propagation » du virus, a déclaré Selios Petsas à la chaîne publique ERT. Tous les réfugiés du camp ont l’interdiction de quitter l’île, a-t-il ajouté. Selon le site d’information locale Lesvospost, plus de 3 000 tentes, des milliers de conteneurs, des bureaux de l’administration et une clinique au sein du camp ont été brûlés.
    Les pompiers affirment dans leur communiqué avoir « été empêchés d’entrer dans le camp pour intervenir » par certains groupes de réfugiés à leur arrivée, et avoir fait appel aux forces de l’ordre pour pouvoir poursuivre l’opération de sauvetage. Stand by Me Lesvos, une association regroupant locaux et réfugiés, rapporte de son côté certains témoignages selon lesquels « des locaux bloquent le passage [des réfugiés] dans le village voisin ». « Depuis plusieurs heures, des grands feux entourent le centre de réception. Les foyers se multiplient (…) et, avec la force du vent, le feu s’étend rapidement », commente sur sa page Facebook l’association des habitants de Moria et des autres villages environnants.
    « La zone paie le prix de l’indifférence et de l’abandon », poursuit Stand by Lesvos, qui appelle les autorités à agir rapidement pour trouver une solution pour les demandeurs d’asile qui se retrouvent sans abri. La semaine dernière, les autorités ont détecté un premier cas de coronavirus à Moria et ont mis le camp en quarantaine pour quinze jours. Après la réalisation de 2 000 tests de dépistage, 35 personnes ont été détectées positives au Covid-19 à Moria et placées à l’isolement.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#lesbos#moria#isolement#refugie#demandeurdasile#sante#politiquemigratoire#UE

  • En Israël, la deuxième vague de Covid-19 touche surtout les communautés ultraorthodoxes et arabes
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/08/israel-peine-a-endiguer-la-deuxieme-vague-de-coronavirus-qui-frappe-ses-mino

    Les rabbins se disent prêts à travailler avec l’armée pour repérer les malades et les isoler dans des hôtels. Dimanche, ils ont reçu le ministre de la défense à Bnei Brak. Mais ils refusent de fermer les écoles religieuses, où les étudiants demeurent de toute façon enfermés jusqu’aux fêtes de Rosh Ashana et de Kipour. D’ici une semaine, des centaines de bus doivent converger de tout le pays vers Jérusalem et Bnei Brak, où les religieux s’entasseront à plusieurs dizaines dans des appartements loués pour l’occasion.D’autres comptent venir d’Europe et des Etats-Unis, pour prier à plusieurs milliers, dans les plus grandes synagogues, pendant deux jours. « Ils ne porteront pas de masques ou peu. Et après ils rentreront tous chez eux, malades pour un grand nombre… De quoi auront-ils l’air alors ? Bien sûr qu’ils seront blâmés ! », s’emporte Dov Halbertal, figure critique au sein de la communauté, qui ne voit d’autre solution que d’imposer un retour au confinement à tout le pays durant les fêtes. C’est exactement ce qu’a proposé le ministre ultraorthodoxe Aryeh Deri : ce sera tout le monde ou bien personne.

    #Covid-19#migration#migrant#israel#etatsunis#europe#sante#religion#contamination#communaute

  • Coronavirus : en Inde, l’épidémie semble hors de contrôle
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/08/coronavirus-en-inde-l-epidemie-semble-hors-de-controle_6051361_3210.html

    La plupart des restrictions imposées lors du confinement général sont maintenant levées, à l’exception des écoles qui restent closes et des liaisons internationales qui demeurent suspendues. Mais l’atmosphère dans la capitale n’est plus la même, les lieux festifs et touristiques, les parcs, d’habitude si prisés, sont déserts.Les conséquences du confinement et de la crise économique qui frappe de plein fouet le deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,3 milliard d’habitants, sont désastreuses. La ville en porte les stigmates. Des magasins, des restaurants, des petites entreprises ont fermé définitivement leurs portes. Dans les rues de la capitale, le long des axes de circulation, les travailleurs migrants de retour patientent en quête de nourriture distribuée par des ONG, ou des particuliers.Le métro a également repris dans les autres grandes villes de l’Inde, mais, à Bombay, la configuration est toute différente ; il est marginal dans cette mégapole, où la desserte des banlieusards est assurée par des trains maintenus à l’arrêt. La capitale financière du pays, très durement touchée depuis le début de l’épidémie, vit sous une chape de plomb depuis cinq mois. Le confinement n’a jamais été levé et la ville, d’habitude bruyante et frénétique, est l’ombre d’elle-même. Les journaliers, les employés à domicile, les vendeurs de rue n’ont plus de travail et leurs difficultés risquent de se prolonger encore longtemps. Les autorités viennent d’annoncer que le confinement est prolongé au moins jusqu’au 30 septembre. Egalement située dans l’Etat du Maharashtra, épicentre de l’épidémie (940 000 cas), Pune laisse les experts perplexes. Cette ville moyenne, réputée tranquille, beaucoup moins dense que Bombay ou Delhi, comptant peu de travailleurs migrants, ou de voyageurs internationaux, figure désormais au rang des cinq villes les plus affectées du pays.

    #Covid-19#migrant#migration#inde#sante#migrantinterne#deplacement#confinement#travailleur#deplacement#transport

  • Affaire Jamal Khashoggi : le verdict final saoudien annule les peines capitales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/07/affaire-jamal-khashoggi-le-verdict-final-saoudien-annule-les-peines-capitale


    Photo du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
    TIMOTHY A. CLARY / AFP

    Un tribunal saoudien a condamné, dans un verdict final, huit accusés à des peines allant de sept à vingt ans de prison pour l’assassinat du journaliste critique du pouvoir à Istanbul en octobre 2018.

    Un tribunal saoudien a annulé, lundi 7 septembre, dans un verdict final, les cinq peines capitales prononcées pour l’assassinat du journaliste critique du pouvoir Jamal Khashoggi, condamnant huit accusés à des peines allant de sept à vingt ans de prison, selon l’agence officielle SPA (Saudi Press Agency).

    « Cinq prévenus ont été condamnés à vingt ans de prison et trois autres à des peines allant de sept à dix ans de prison », a précisé l’agence de presse, citant les services du procureur général. Ce jugement, qualifié de verdict final, intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé, en mai, « avoir pardonné » ses tueurs. Les personnes condamnées n’ont pas été identifiées.

  • Un mois après l’explosion au port de Beyrouth, l’enquête pointe la négligence des autorités
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/04/un-mois-apres-l-explosion-au-port-de-beyrouth-l-enquete-pointe-la-negligence

    En l’absence de communication officielle, les Libanais en sont réduits à spéculer sur les origines du drame qui a causé la mort d’au moins 190 personnes le 4 août.

    Par Hélène Sallon Publié aujourd’hui à 06h46, mis à jour à 13h49
    Rumeurs, fuites et informations parcellaires scandent, depuis un mois, l’avancée de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, qui a fait au moins 190 morts, le 4 août. En l’absence de communication officielle, les Libanais en sont réduits à spéculer sur les pièces d’un puzzle, encore largement incomplet, avec le sentiment que ni la vérité ne sera faite ni la justice rendue. Une vingtaine de responsables liés à l’administration du port et à sa sécurité, ainsi que trois ouvriers, ont été arrêtés. Le premier ministre démissionnaire, Hassan Diab, a été entendu, jeudi 3 septembre, par le juge Fadi Sawan, en charge de l’instruction.

    La cargaison était-elle au cœur d’un trafic de contrebande ? L’explosion était-elle accidentelle ou d’origine criminelle ?

    La négligence des autorités du port, qui sont considérées comme l’une des institutions les plus corrompues du Liban, semble faire peu de doute pour expliquer comment 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium ont été entreposées durant six ans au cœur de Beyrouth. Les sources judiciaires et sécuritaires proches du dossier que Le Monde a interviewées, ainsi que les journalistes qui enquêtent sur l’affaire, pointent de nombreuses zones d’ombre et des questions encore en suspens. La cargaison était-elle au cœur d’un trafic de contrebande ? L’explosion était-elle accidentelle ou d’origine criminelle ? Les responsabilités s’étendent-elles au sommet de l’Etat ?

    Spéculations
    La première zone d’ombre concerne l’arrivée du Rhosus, avec à son bord le nitrate d’ammonium, dans le port de Beyrouth, en novembre 2013. Parti de Géorgie en septembre avec pour destination annoncée le Mozambique, le cargo sous pavillon moldave a fait escale en Turquie et en Grèce, avant de rejoindre le Liban. Il devait y charger une cargaison supplémentaire, selon son capitaine Boris Prokoshev. Il s’agissait de machines d’études sismiques que le ministère de l’énergie et de l’eau, alors dirigé par Gebran Bassil, le gendre du président Michel Aoun, devait renvoyer en Jordanie. M. Bassil a affirmé, par la voix de son avocat, n’être pas intervenu dans le choix du navire.

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    La cargaison n’a pas pu être embarquée sur le vieux cargo surchargé. Constatant d’importants problèmes techniques, les autorités portuaires l’ont empêché de reprendre la mer. Il a été saisi, en décembre 2013, à la suite de plaintes déposées au Liban par deux sociétés réclamant au propriétaire du Rhosus le recouvrement de dettes. Ce dernier a été identifié comme étant le Russe Igor Grechushkin, résident à Chypre. Mais, le 21 août, un rapport publié par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a semé le doute. L’OCCRP a établi que le bateau appartenait au Chypriote Charalambos Manoli. Ce dernier a assuré à la presse l’avoir vendu en mai 2012.

    M. Manoli, poursuit l’OCCRP, aurait bénéficié, en 2011, d’un prêt de quatre millions de dollars de la banque libanaise Federal Bank of the Middle East (FBME). En juillet 2014, la FBME a été sanctionnée par le Trésor américain pour blanchiment d’argent. Elle est soupçonnée par Washington de financer le parti chiite libanais Hezbollah et de faciliter l’achat d’armes chimiques pour le gouvernement syrien. L’existence de ce prêt n’atteste aucunement de liens entre le Rhosus, le Hezbollah et le gouvernement syrien. Le rapport de l’OCCRP alimente toutefois les spéculations. Le Mozambique était-il un leurre ? Le nitrate d’ammonium était-il destiné à des parties libanaises, et au-delà à l’un des belligérants syriens ?

    Négligence
    La suite des événements démontre ne serait-ce que la négligence des autorités portuaires. Le bateau menaçant de couler, la justice libanaise a autorisé, en juin 2014, le ministère des transports à décharger la cargaison, jugée « dangereuse » et comportant un « risque environnemental », dans un « endroit sûr » et gardé, selon une source proche du dossier. Le nitrate d’ammonium a été entreposé dans le hangar n° 12, réservé aux matériaux dangereux, là où il a explosé le 4 août dernier. Pendant trois ans et demi, la direction des douanes a adressé au moins six requêtes pour obtenir l’autorisation de vendre la marchandise ou de la réexporter, pour lesquelles le juge des référés s’est déclaré incompétent.

    « Personne n’est jamais allé récupérer les décisions au tribunal. Ils n’ont pas non plus respecté la procédure de dépôt des requêtes, en les envoyant par simple courrier », s’étonne une source proche du dossier, qui s’interroge sur la bonne foi de la direction des douanes, qui a cessé toute procédure début 2018. Le journaliste d’investigation Riyad Al-Qobeissi, de la chaîne de télévision Al-Jadeed, est convaincu que les douanes « ont harcelé le juge pour qu’il les autorise à revendre la marchandise. (…) Il y avait une compétition entre le ministère des transports et les douanes pour mettre la main sur la cargaison. Ils ont juste vu le potentiel de se faire 1,5 million de dollars et n’ont même pas considéré la dangerosité du produit ».

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    Aucune des autorités présentes sur le port ne semble avoir réalisé la dangerosité de la marchandise. Sollicitée par les douanes pour récupérer le produit, l’armée s’est contentée de décliner. Ce n’est qu’en décembre 2019 que l’alerte a été donnée sur le risque que le nitrate d’ammonium, concentré à 35 % d’azote, soit utilisé pour fabriquer des explosifs. Dans un rapport que Le Monde a pu consulter, la direction générale de la sûreté de l’Etat a notifié avoir constaté que le hangar n’était pas gardé et qu’il y avait un trou dans la façade sud et une porte forcée. Des photos prises à travers de trou montrent des sacs ouverts et incomplets.

    « L’enquête avance »
    Ce constat suggère que des vols ont pu avoir lieu dans le hangar n° 12. Le résultat de l’enquête technique, menée avec l’aide d’experts internationaux, dont des Français, permettra peut-être de déterminer quelle quantité de nitrate d’ammonium a explosé et donc si une partie de la marchandise avait déjà quitté le hangar. Le 1er septembre, depuis le Liban, le président Emmanuel Macron s’est contenté de dire que « l’enquête avance » et que « les coopérations techniques se passent bien ».

    Le rapport de la sûreté de l’Etat a été transmis au procureur de la République, Ghassan Oweidat, en mai 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Le juge Oweidat a ordonné de sécuriser les lieux. Aucune mesure n’avait été encore prise lorsque, en juin, le directeur de la sûreté de l’Etat a prévenu un conseiller du premier ministre Diab de l’affaire, selon une source au sein des renseignements. Le rapport a été transmis au président Aoun et à M. Diab le 20 juillet. Dix jours se sont encore écoulés avant que des ouvriers ne soient dépêchés pour effectuer les travaux requis. Ces travaux de soudure pourraient être à l’origine de l’incendie qui s’est déclaré dans le hangar, vers 17 h 50, le 4 août.

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    L’incendie pourrait avoir, à son tour, entraîné l’explosion de produits chimiques et de matériaux explosifs ayant causé la première déflagration, celle qui a précédé l’explosion du nitrate d’ammonium. Le juge Oweidat a confirmé au Washington Post que l’enquête avait déterminé la présence dans le hangar de « kérosène, de gasoil, de 25 tonnes de matériel pour feux d’artifice, de fusées détonantes utilisées dans les mines et les carrières et de solvant ».

    La piste accidentelle est privilégiée par les enquêteurs, sans qu’ils excluent à ce stade de l’enquête une possible piste criminelle. Dans une société habituée aux affres de la guerre et de plus en plus polarisée politiquement, la thèse d’une attaque a les faveurs de nombreux Libanais, qui veulent voir dans l’accident la responsabilité d’Israël et du Hezbollah, qui détient de nombreux dépôts d’armes illégales dans le pays. Beaucoup d’autres encore restent convaincus d’avoir entendu des avions dans le ciel juste avant l’explosion.